mercredi 31 décembre 2008

Bretagne : cohabitation difficile entre ostréiculture, riverain et tourisme

A Saint-Pabu, 350 personnes manifestent contre l'implantation d'un parc à huîtres

Ce matin, 350 personnes ont formé une chaîne humaine à Saint-Pabu, près de Brest, pour protester contre l'implantation d'un parc à huîtres sur la plage de Corn ar Gazel. Les manifestants souhaitent que ce lieu reste dédié aux pêcheurs à pied, aux plagistes et aux sportifs. Le maire de Saint-Pabu, Loïc Guéganton, faisait partie des manifestants.

Les manifestants souhaitent que la plage de Corn ar Gazel (près de Brest) reste dédiée aux pêcheurs à pied, aux plagistes et aux sportifs.

Source : Ouest France (28/12/08)

Commentaire : on ne peut pas considérer l'ostréiculture comme une activité polluante. L'huître serait plutôt un indicateur de pollution et un produit de la mer très sain pour la santé. Il est nécessaire de trouver un juste compromis entre activités touristiques et activités halieutiques.

Si nous interdisons l'accès de nos professionnels de la mer à leur territoire, ne nous étonnons pas alors à ce que la France devienne de plus en plus dépendante de l'étranger pour son approvisionnement en produits de la mer. Des produits de la mer importés majoritairement congelés et/ou en filets et qui sont parfois produits dans des conditions peu respectueuses des règles sociales et environnementales, comme la crevette tropicale et le saumon d'élevage.

Autres articles :

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  • Les conflits d'usages dans la conchyliculture...
Concepts et outils pour l’analyse spatiale des conflits d’usages / Ion Tillier

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Revue de presse sur les autres conflits

Le 11 septembre 2009

Roscanvel - Concession d'ostréiculture. Des frictions au conseil (le Télégramme)

Mercredi soir, Patrick Le Guillou avait réuni son conseil municipal. Sur les questions diverses, les conseillers ont débattu parfois en s'emportant. Le conseil avait déjà examiné l'agrandissement de la concession d'ostréiculture KarimZanoune, il y a quelques semaines en se prononçant contre. Cette semaine, une visite des Affaires maritimes, d'Ifremer, de Natura 2000, de l'UBO, a entraîné une contre-proposition qui devait être examinée dans la semaine. Le conseil étant programmé, le maire a donc inscrit à l'ordre du jour cette affaire. La quasi-totalité du conseil a souligné que les élus s'étaient déjà prononcés contre cet agrandissement. Le plan local d'urbanisme, voté lors de cette réunion, ne change rien. Des élus justifient leur vote par une dégradation évidente de l'estran, qui est, et doit rester, une richesse. L'acceptation de cet agrandissement serait un saccage supplémentaire. Certains conseillers haussent le ton en se demandant si le vote du conseil a une valeur. En réponse, Patrick Le Guillou signale qu'en tout état de cause, ce sera le préfet qui signera ou ne signera pas.

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Le 24 septembre 2010 : Dans le Nord, au pays des moules-frites, on accepte des motos dans les dunes, mais pas de moules sur les plages !!!!


Les opposants aux moulières - ils sont nombreux à Sangatte ! - baignent depuis mercredi soir dans une douce euphorie. L'arrêt du conseil d'État a été rendu public avant-hier, vers 18 h 30, et il apporte un point final sans équivoque à ce dossier : il n'y aura pas de moulières à Sangatte. Cette décision, pour dire vrai, n'est pas une surprise : depuis le début du mois, on savait que les conclusions du commissaire de la République étaient favorables aux anti-moules. On savait la bonne nouvelle imminente : « Mais là, c'est officiel, écrit noir sur blanc, ferme et définitif ! », énumère Pascal Dubus, l'un des membres les plus actifs du collectif « Non aux moulières ». « C'est une victoire totale, tous les amoureux de cette plage sauvage et magnifique ont gagné. » Enthousiasme….

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Le 29 octobre 2010


A Larmor Baden, le marais de Pen an Toul, est au coeur d'une polémique opposant un groupement d'ostréiculteurs et d'aquaculteurs à une association de défense de l'environnement, la Vigie, soutenue par la SEPNB. Les deux parties souhaitent acquérir ce site naturel. Daniel GRENEGUY, ostréiculteur, et, Patrick LE GALL, aquaculteur souhaitent exploiter le site. Jean François BERTHOU, de l'association la Vigie, et, Jean DAVID, SEPNB, souhaitent quant à eux classer ce site et protéger notamment les oiseaux qui y nichent. Pour voir la video, cliquer Ici

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Le 7 avril 2012

Ces personnes pourtant souriantes sont malades : Allergie aux huîtres !!!

Cette maladie tend à s'entendre sur les côtes françaises...



Vendredi, l'assemblée générale de l'Amicale du Passage s'est déroulée en deux temps. Pierre Courbon, vice-président, a d'abord fait un point sur la section nautique. Il a évoqué l'établissement d'une nouvelle carte du plan d'eau, le choix d'un nouveau prestataire pour le contrôle des mouillages et l'offre aux adhérents d'un contrat d'entretien sur leur mouillage.

Mais le plus gros point a été présenté ensuite par la présidente, Isabelle Geier. Un sujet qui a provoqué l'émoi et soulevé bon nombre de protestations dans l'assemblée. Il s'agit de la création d'une zone d'élevage d'huîtres sur plateau. Cet élevage serait situé face au chemin du bord de mer.

Le bureau craint qu'une autorisation soit délivrée par la préfecture, « malgré une pétition des habitants du Passage et un vote défavorable du conseil municipal ».

« Le chemin du bord de mer est maintenant habité par de nombreuses familles, souligne l'amicale. Les enfants se baignent et pratiquent des sports nautiques. Cela risque de poser des problèmes de sécurité. »

Pour ce qui est des autres sujets abordés, la présidente a parlé des « combats » menés depuis des années. Certains ont abouti : aménagement des routes du port ; maîtrise de la vitesse ; d'autres sont toujours en cours : éclairage des routes, assainissement.

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Le 24 juillet 2012

C'est dans une Maison Ursule pleine à craquer que s'est déroulée, mercredi soir, la réunion de quartier du Fret, initiée par la municipalité.

«Mauvaise communication»

Le sujet brûlant a concerné l'extension du parc à huîtres de Rostelec. Les riverains et propriétaires de résidences secondaires sont montés au créneau, reprochant à la mairie d'autoriser cette extension susceptible d'entraîner, notamment, de nombreuses nuisances.
Autre grief invoqué: la mauvaise communication liée à l'enquête publique, menée du 29mai au 12juin. Du côté de la mairie, on explique que «la consultation s'est réalisée normalement, par voie d'affichage et par publication légale».
Bien décidés à mener des actions
Les propriétaires, eux, auraient souhaité être informés de manière nominative. Une pluie de reproches en tous genres s'est ensuite abattue contre l'ostréiculteur porteur de l'extension du parc, certains indiquant être bien décidés «à mener des actions contre ce projet». Face au vent de fronde contre ce projet, Daniel Moysan, maire, a indiqué qu'il allait alerter la DDTM (Direction départementale des territoires et de la mer) et prendre ce dossier à bras-le-corps....

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Au Crozon, la municipalité s'est ravisée après avoir accepté un projet conchylicole !!!!


Un projet d'extension d'un parc à huîtres au Zorn, dans le quartier du Fret, rencontre une farouche opposition des riverains, qui refusent ce qu'ils appellent une «privatisation du littoral».

Une extension de 6.243m² des parcs déjà existants à Rostellec, plus une création de trois parcs de captage du naissain d'huîtres au Zorn, pour une surface totale de 7.167m²... Au début de ce mois, c'est dans ces termes que le projet de la Sarl Huîtres de Rostellec, gérée par Michel Diverrès, avait été soumis à l'approbation du conseil municipal de Crozon. Cette délibération intervenait juste après la clôture d'une enquête publique qui n'avait pas soulevé la moindre observation. Du reste, elle avait été approuvée à l'unanimité moins une abstention, celle de l'élue d'opposition Nicole Garnier. Mais, oh surprise, quelques jours plus tard, lors d'une réunion de quartier organisée par la ville au Fret, un vent de fronde s'était subitement levé contre le projet. Les riverains reprochant un déficit d'information sur la tenue de l'enquête publique. Avant de multiplier les griefs à l'encontre d'un projet qu'ils jugent hautement préjudiciable.

Le projet de Rostellec rendu caduc

Presque un mois plus tard, où en est-on ? Un comité de défense s'est constitué, avec un noyau dur d'une vingtaine de riverains. Une pétition a aussi recueilli une centaine de signatures. L'association se réunit demain soir pour envisager les possibilités de recours. De son côté, le maire a saisi la Direction départementale des territoires et de la mer(DDTM), comme il s'y était engagé auprès des habitants. Et qu'a-t-il appris? «D'abord, que l'extension à Rostellec est déjà caduque. Elle ne se fera pas car elle se situe sur le bornage du plan Polmar, destiné à protéger la baie de Roscanvel.» Reste le cas du Zorn, où Michel Diverrrès envisage de créer des parcs de captage du naissain d'huîtres à l'aide de collecteurs en plastique déposés sur des tables. Daniel Moysan promet une vraie concertation, associant tous les acteurs: DDTM, ostréiculteur, municipalité et population. «À l'automne, en tenant compte d'une marée favorable, on mettra sur pied une visite sur le site, puis une réunion publique».

Des arguments des deux côtés

[--------] [/--------]Va, pour la concertation, mais les reproches sont bien plus larges. Membre fondatrice de l'association, Caroline Fabien énumère. «D'abord, l'impact environnemental. Où est l'esthétique dans des collecteurs en plastique? Ensuite, il existe suffisamment de publications sur l'invasion des huîtres dans la rade de Brest pour qu'on en rajoute.» Elle craint aussi que cette activité ne signe la fin de toutes les autres sur la grève. «C'est une zone de pêche à pied très prisée, de pratique de loisirs, avec le kayak de mer, la baignade ou la navigation.» Sans compter les nuisances éventuelles générées par le ballet des tracteurs. Sur ce dernier point, l'ostréiculteur se montre néanmoins rassurant, indiquant qu'il n'est envisagé «que quatre manipulations par an». «L'accès est prévu au moyen d'un tracteur et d'une barge, il n'y aura aucun accès par l'impasse Begar Zorn», précise-t-il, en justifiant son projet d'un point de vue économique. «On a 90% de mortalité des huîtres dans la rade. Pour réaliser les mêmes volumes, je suis obligé aujourd'hui d'explorer d'autres zones». Une explication qui ne convainc pas les opposants. «On va dénaturer un site pour un ostréiculteur.On n'est pas d'accord. Nos familles ont déjà été expropriées au moment de la création de l'Ile Longue. Aujourd'hui, on veut nous enlever le peu qu'il nous reste. Pas question. On se battra jusqu'au bout»!


28 juillet 2012

En marge de notre article d'hier, sur la polémique qui agite le quartier du Fret au sujet du projet d'extension d'un parc à huîtres au Zorn, nous évoquions un précédent à Camaret remontant à l'année 2000. Albert Le Moign, qui avait mené la fronde à l'époque contre ce projet sur la grève de Notineau, précise que Michel Diverrès n'avait pas retiré son projet de son premier chef, mais qu'il y avait été contraint. «M.Diverrès avait été condamné par le tribunal administratif de Rennes, auquel il avait fait appel ou, du moins, les Affaires maritimes qui le soutenaient. L'appel au tribunal administratif de Nantes avait également été en notre faveur», rappelle-t-il. Albert Le Moign en profite pour confirmer qu'il a effectivement été contacté par le collectif de riverains récemment constitué à Crozon.


29 juillet 2012

Réuni mercredi, le conseil municipal a annulé la délibération prise le 29juin concernant le projet de parc à huîtres au Zorn, dans le quartier du Fret. À l'unanimité moins une abstention, les élus avaient alors donné leur accord au projet de la SARL Huîtres de Rostellec, pour une extension de 6.243m² à Rostellec et la création de trois parcs au Zorn.

Opposition des riverains

Depuis, le projet fait l'objet d'une farouche opposition de la part des riverains (Le Télégramme de vendredi). Après avoir appris que l'extension à Rostellec est caduque, car située sur le bornage du plan Polmar, le maire, Daniel Moysan a demandé que la question, soit ajoutée à l'ordre du jour, vendredi.

Annulation à l'unanimité

Dans les rangs du public, principalement des habitants du Fret, Vincent Fabien a été autorisé à exposer les motifs de mécontentements liés à la création de ce parc sur la grève du Zorn. Après un tour de table, à l'exception de Joël Torillec, qui a mis l'accent sur l'emploi que pourrait créer cette activité, le conseil a voté, à l'unanimité, l'annulation de la dernière délibération. [A_SUIVRE](À suivre)

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Le 29 août 2012


On reparle de projet d'installations de parcs à moules en baie de Vilaine. Aucun projet n'a été formellement présenté. Mais la convocation d'une commission nautique, le 6 juillet, à Lorient, par la préfecture maritime, a mis en émoi la municipalité. Cette commission avait pour but d'examiner les conséquences sur la navigation que pourrait avoir la création d'une ferme d'élevage de moules sur bouchots dans le secteur des Mâts. Rien n'est pour l'heure arrêté, précise-t-on au Syndicat mytilicole qui ajoute que l'idée d'une implantation aux Mâts est déjà très ancienne. La prudence est donc de mise. Mais on sait que les professionnels vont se trouver confrontés dans les années à venir à des pertes d'exploitation du fait de l'envasement palpable en baie de Kervoyal, qui ne devrait pas s'arrêter. Les mytiliculteurs et pêcheurs de Pénestin et de Billiers, à qui ces parcs de Kervoyal avaient été octroyés en dédommagement de la construction du barrage d'Arzal, avaient déjà dû en demander une restructuration en 1996, parce qu'une partie était alors devenue improductive sous l'effet de l'envasement. Cette fois, il n'y a plus d'extension possible.

Le maire s'oppose

La mairie de Damgan, de son côté, est opposée à des parcs aux Mâts. «Nous avons dit que nous sommes contre en commission nautique. Nous étions déjà contre la restructuration de Kervoyal. Ces pieux pourraient s'avérer dangereux pour la navigation et ils pourraient provoquer une accumulation de vase qui se retrouverait sur nos plages», précise le maire, Alain Daniel.

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La conchyliculture participe à la défense de l’environnement

Sa présence contribue au maintien d’une bonne qualité des eaux.

Le coquillage reste indéniablement la sentinelle la plus efficiente de la qualité sanitaire des milieux. (mise en œuvre par l’Etat de réseaux de surveillance REMI, REPHY, définition d’objectifs prioritaires de contrats de bassins)

Elle rend des services écosystémiques en augmentant la biodiversité locale :
  • en constituant des cantonnements salutaires qui protègent et favorisent le développement des espèces indigènes marines animales ou végétales (nourriceries, nurseries)
  • en constituant des garde manger pour de nombreuses espèces protégées (huîtrier pie, macreuses, eiders, goélands…)
Elle exerce un effet modérateur sur l’eutrophisation des milieux :

Source : Rencontre halieutiques de Rennes – Présentation de Goulven Brest

Pêche et aquaculture : un atout pour l’aménagement des territoires côtiers

Une gestion nouvelle de la pêche et de l’aquaculture pour le développement des territoires : La conchyliculture... Pour télécharger le document cliquer Agrocampus

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Le 12 octobre 2012

Politique Maritime Intégrée (PMI)

Les 5 priorités de l'Europe : les énergies marines renouvelables, l'aquaculture, la biotechnologie, l'exploitation des ressources du sous-sol et le tourisme côtier


Les ministres européens en charge des questions maritimes, réunis à Limassol à l'initiative de la présidence chypriote de l'Union européenne, ont adopté une déclaration commune sur la politique maritime intégrée. ils ont décidé de donner un nouvel élan à l'ambition maritime européenne, dans la suite du Livre Bleu de 2007 qui fixait les grands contours des politiques maritimes pouvant être coordonnées au niveau européen. Cette nouvelle déclaration fixe cinq secteurs prioritaires de travail pour l'action à venir : les énergies marines renouvelables, l'aquaculture, la biotechnologie, l'exploitation des ressources du sous-sol et le tourisme côtier.

Une nouvelle donne saluée par le ministre Frédéric Cuvillier, qui souligne qu' « il faut libérer le potentiel économique de nos mers, littoraux et territoires d'outre-mer. La France plaide pour une croissance bleue, créatrice de richesses durables, autour de la construction navale, du transport maritime, de la recherche, des énergies marines renouvelables, de la pêche durable et des ports, en promouvant l'enseignement et la formation aux métiers de la mer ». 

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Comment concilier 2 priorités européennes qui s'opposent en France : aquaculture et tourisme côtier !!!


L'association Difenn (défense du Fret et de ses environs) créée le 26 juillet de cette année pour défendre l'espace maritime, veut empêcher l'extension du parc à huîtres à Rostellec et la création de trois parcs de captage au Zorn d'une surface de 7 167 m 2 sur la commune du Fret. Des courriers ont été envoyés à différents organismes (mairie, DDTM (Direction départementale des territoires de la mer)...), des tracts et des pétitions distribués. Michel Diverrès, ostréiculteur, sera présent avec un représentant de la DDTM et le maire, Daniel Moysan, sur le site le 19 octobre. Les adhérents préparent une motion avant cette rencontre. Ils se sont rencontrés vendredi soir pour échanger les actions à venir.

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L'association Difenn (défense des intérêts en breton) a vu le jour le 28 juillet dernier. Son objectif : défendre la qualité de vie dans les secteurs du Fret, du Zorn, de Rostellec, de Saint-Driec, de Saint-Fiacre et de ses environs.

1.100 signatures

Forte de 110 adhérents, elle a lancé une pétition contre l'implantation de parcs à huîtres à Rostellec et au Fret. Près de 1.100signatures ont été collectées à ce jour. Ce projet contre l'implantation de parcs à huîtres est le premier combat de l'association, qui entend mener d'autres actions : intervention auprès des autorités compétentes pour provoquer ou suggérer les mesures susceptibles d'assurer la propreté, la sécurité et le bien-être des résidants, ainsi que la sauvegarde et l'amélioration de l'environnement, du cadre de vie, de la nature et du littoral; opposition à toute dégradation du site, notamment à l'octroi de permis de construire ou de concessions modifiant le cadre de vie et la qualité environnementale du site à toutes nuisances, pollutions ou perturbations.

Rassemblement le 19 octobre

Vendredi soir, une réunion a été organisée à la Maison Ursule, au Fret en présence d'une trentaine de membres. Dans un premier temps, la présidente a énuméré les actions entreprises par le bureau, dont l'envoi de courriers et de dossiers aux différents organismes: Direction départementale des territoires maritimes (DDTM), préfecture du Finistère, mairie de Crozon, etc. La préparation du rassemblement prévu le 19 octobre sur la grève du Zorn était également à l'ordre du jour. Une motion est en cours de validation par les membres et son conseil d'administration avant de rencontrer les officiels. «L'association est battante. Elle bouge grâce à tous les gens intéressés et concernés par ce projet de parcs à huîtres», a précisé la présidente qui rappelle, à l'occasion, que le Zorn est un lieu de pêche remarquable avec dorades et bars qui viennent agrémenter le menu des habitants de ce quartier. Le bureaude l'association est ainsi composé : présidente, Marie-Françoise Mérour; secrétaire, Caroline Fabien; trésorière, Bénédicte Duigou.

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mardi 30 décembre 2008

Lac Tanganyika : Vers une protection de la 5e réserve d'eau douce dans le monde

Réunion des ministres des pays riverains du Lac Tanganyika

Les ministres de l'Environnement du Burundi, de la Tanzanie, de la RD Congo et de la Zambie se sont retrouvés ce vendredi à Bujumbura pour mettre en place une stratégie de "gestion durable et partagée" des précieuses eaux du Lac Tanganyika commun aux quatre pays, a-t-on appris de source officielle dans la capitale burundaise.

Le coup d'envoi de la rencontre ministérielle a été donné par un discours alarmant du deuxième vice-président de la République du Burundi en charge des questions économiques et sociales, Gabriel Ntisezerana, qui a déclaré que le lac fait face à de nombreuses menaces, dont la pollution par des déchets ménagers et industriels en provenance des villes côtières, comme Bujumbura, la capitale du Burundi, Rumonge, un important port de pêche burundais, Kigoma, du côté de la Tanzanie, Mpurungu, en Zambie, Uvira et Kalemie de la RD Congo.

Le Lac n'échappe pas, non plus, aux perturbations climatiques qui, aujourd'hui, constituent un problème majeur pour la bonne conservation de la nature, a-t-il enchaîné, dénonçant d'autres phénomènes tels la déforestation, l'érosion, les pesticides utilisés dans l'agriculture ou encore la jacinthe d'eau douce.

Le haut responsable gouvernemental burundais a, en conséquence, appelé à une prise de conscience collective de ces différentes menaces contre une "véritable vache laitière" pour les quatre pays riverains. "Le Lac nous fournit du poisson, de l'eau potable, crée un climat propice à la culture du palmier à huile et facilite les échanges des biens et des personnes", a-t-il souligné, avant d'ajouter que ces bienfaits pourraient être augmentés avec le développement du tourisme et de l'hôtellerie.

Le Lac Tanganyika, qui s'étend sur quelque 677 Km, est le lac le plus long et l'un des plus profonds du monde avec une profondeur de 1 400 mètres. Il représente la cinquième réserve d'eaux douces de la planète. Le lac serait, par ailleurs, âgé de 20 millions d'années et abriterait une flore et faune particulièrement variée de 1 200 espèces animales et végétales recensées.
Bujumbura - 19/12/08

Photo d'après Google earth : vue sur le lac Tanganyika

Information ajouté le 19 mars 2009 :

Burundi : Un cri d'alarme des pêcheurs

La Fédération Burundaise de Pêche et Protection du Milieu Aquatique (FBP), lance un cri d'alarme à la communauté internationale,et aux organisations internationales de pêcheurs, pour venir en aide aux pêcheurs artisans du Burundi scandaleusement affectés par la guerre fratricide qui vient d'endeuiller le Burundi pendant plus d'une quinzaine d'années. En effet, trente mille familles de pêcheurs, rapatriées et sinistrées, sans terre cultivable, et dont la pêche est l'unique source de revenus, croupissent dans une misère sans précédent suite au manque de matériel de pêche adéquat. Pour pouvoir survivre, ils ont recours aux moustiquaires, gratuitement offertes par des hopitaux et les programmes de lutte contre la malaria, pour pêcher et capturent des alévins, ce qui participe à l'épuisement des ressources halieutiques. Pour faire face à cette situation, la FBP vient de se doter d'une coopérative d'avitaillement et de solidarité (CASPEBU) qui a pour mission d'approvisionner les pêcheurs en matériel de pêche adéquat à crédit. Pour répondre aux besoins des pêcheurs, elle aurait besoin d'un capital de 3 millions de dollards américains. Les pêcheurs n'ont pu contribuer qu'à la hauteur de 5%.
Source : Don Trésor IRANTIJE, Président du FBP, 14 mars 2009 / fbp_bff@yahoo.fr

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Le 13 octobre 2009 : Les dangers de l'utilisation des filets-moustiquaire

Zambia : Mosquito-net fishing threatens Lake Tanganyika (Irin)

Frederick Sinjela, a fisherman in Mpulungu district in Northern Province, Zambia, cannot imagine how his actions could affect something as big as Lake Tanganyika, but his harmful practices, multiplied by thousands like him, are a real and growing threat.

"At least we know that fish will never finish - [there are] thousands and thousands - it is just that now [they] have gone deeper." Nevertheless, the extended boat trip was still worth it: "I make about 20,000 kwacha [US$6] per day," giving him a better-than-average income.

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Le 25 mai 2010

Réchauffement important du lac Tanganyika : la vie aquatique menacée (Ane)
Le lac Tanganyika en Afrique, deuxième plus grand lac au monde en volume et en profondeur, a enregistré un réchauffement considérable depuis 90 ans et cette augmentation des températures affecte de manière significative la vie aquatique de la région.
Le lac africain Tanganyika s’est considérablement réchauffé pendant le siècle dernier et est désormais plus chaud qu’il ne l’a jamais été au cours des 1500 dernières années, d’après un article scientifique publié dans le magazine Nature Geoscience.
Ce réchauffement des températures de l’eau du lac représente une menace directe pour la faune et la flore de cette région.
Le lac, qui constitue une frontière naturelle entre la Tanzanie à l’Est de l’Afrique et la République Démocratique du Congo, est le deuxième plus grand lac en volume et en profondeur, d’après l’article….

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Le 5 août 2011

Plaidoyer pour la réglementation de la pêche sur le Lac Tanganyika (Radio Okapi)

LONG dénommée « Les amis du lac Tanganyika » a recommandé, jeudi 4 août, la reprise régulière de la suspension des activités de pêche sur le Lac Tanganyika. Cette recommandation a été faite à l’issue d’un atelier, organisé à l’intention des membres de cette ONG, sur la protection de l’environnement et de la biodiversité de ce lac.

La suspension régulière de la pêche vise, selon les participants, à augmenter la production locale des poissons.

Selon le responsable de cette ONG à Uvira, l’objectif de la rencontre consistait à mobiliser les membres de l’association mais aussi les acteurs locaux étatiques et non étatiques sur les problèmes environnementaux qui touchent le lac.

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Le 18 août 2011

Tanzanie. Total va chercher du pétrole dans un lac (Le Télégramme)

Le groupe pétrolier français Total a été retenu pour chercher du pétrole et du gaz dans la partie nord du lac Tanganyika, en Tanzanie, après un appel d'offres. Dans cette région prometteuse des Grands Lacs, Total est déjà présent en République démocratique du Congo et est en train de s'implanter en Ouganda.

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Le 13 Mai 2015

Burundi en temps de crise

Burundi : une méthode de séchage du poisson qui change la vie



Version courte (8’)

Un projet à succès de la FAO au Burundi: ''Appui à la technologie post-capture de poisson''

Source : FAO

La pêche joue un rôle important dans la vie économique et sociale au Burundi. Pourtant, environ 10 à 15% du poisson et des produits halieutiques étaient perdus au cours de la phase de transformation. Le séchage du poisson qui est la technique de transformation la plus courante dans le pays, était faite généralement sur le sable, à même le sol. Cela avait conduit à l'altération partielle ou totale des produits, et avait considérablement réduit les revenus des opérateurs de pêche tout au long de la chaîne de valeur.

En réponse à ces questions, la FAO (l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture) et la Direction des pêches du gouvernement Burundais ont lancé un projet de $ 282.000 pour améliorer la méthode de transformation du poisson et de réduire les pertes. En 2004, Mvugo, un village de pêcheurs situé au Sud sur la rive du lac Tanganyika, a été choisi comme site pilote du projet où une plateforme de démonstration de technologies améliorées a été construite. En moins d'un an durant la mise en œuvre du projet, des séances pratiques pour les opérateurs de la pêche ont eu lieu sur ce site qui a été fourni avec divers équipements de conservation et de transformation du poisson. Plus précisément, l'utilisation des claies métalliques surélevées pour le séchage du poisson a été fortement favorisée. Les femmes ont eu un avantage particulier au cours de ces sessions de formation. En conséquence, les communautés de pêcheurs bénéficiaires ont adopté la technique améliorée de transformation du poisson, ce qui a conduit à une augmentation de la productivité du secteur de la pêche et des revenus plus élevés pour les transformateurs de poisson, les consommateurs faisant plus confiance désormais aux produits de poisson séché.

Burundi et lac Tanganyika dans l'Afrique des Grands Lacs



Le lac Tanganyika couvre une superficie de 32 900 km2 (approximativement la même superficie que la Belgique) et s'étire sur 677 km le long de la frontière de la Tanzanie (à l’est) et de la République démocratique du Congo (à l'ouest) ; son extrémité nord sépare ces deux pays du Burundi, son extrémité sud les sépare de la Zambie. On retrouve à l'ouest (du côté congolais), les monts Mitumba.

Il est situé sur la branche occidentale de la vallée du Grand Rift. Sa température de surface est de 25 °C en moyenne pour un pH avoisinant 8,4. La profondeur ainsi que la localisation tropicale du lac empêchent le renouvellement total des masses d'eau et la plus grande partie des eaux profondes sont des eaux fossiles et anoxiques.

Le lac Tanganyika fait maintenant partie du bassin hydraulique du fleuve Congo. Il s'y déverse par son émissaire, la Lukuga. Jusqu'en 1878, cette rivière se jetait dans le lac, mais des mouvements tectoniques, et surtout la montée du niveau de l'eau, en ont inversé le sens vers le Congo.

Le bassin drainant du lac Tanganyika couvre une superficie de 250 000 km2. Les principales rivières qui l'alimentent sont la Malagarazi, la Rusizi, la Ifume, la Lufubu et la Lunangwa qui y déversent 24 km d’eau par an ; les pluies, quant à elles, en apportent 41 km par année. La Malagarazi est plus ancienne que le lac lui-même et se trouvait auparavant dans le prolongement du Congo. D'après Wikipedia

Burundi : une méthode de séchage du poisson qui change la vie



Version longue (17’)

Un projet de la FAO visant à doter les petites communautés de pêcheurs des outils et des connaissances nécessaires pour sécher le poisson sur de simples séchoirs surélevés a changé la vie des communautés vivant sur les rives du lac Tanganyika au Burundi.

Auparavant, les femmes séchaient toujours leurs petits poissons argentés (ndagala) pêchés dans le lac sur le sable, où ils étaient à la portée des animaux et risquaient d'être piétinés et contaminés. Durant la saison des pluies, de nombreux poissons étaient balayés par les eaux ou commençaient à pourrir.

Il y a dix ans, en collaboration avec le Département des pêches et de l'aquaculture du Burundi, la FAO a démarré un petit projet dans le village de Mvugo, avec une technique peu onéreuse comportant seulement 48 claies métalliques surélevées à un mètre au-dessus du sol, accompagnées d'une formation et de brochures expliquant comment construire les séchoirs.

Les sécheurs en ont immédiatement saisi les avantages, le temps de séchage étant passé de trois jours à huit heures, ce qui permet de faire sécher plusieurs lots de poisson par jour. Le poisson est hors de portée des animaux, et les treillis peuvent aussi être recouverts de bâches en cas de pluie.

La quantité de poisson perdue ou détériorée pour cause de pratiques inadéquates de séchage a diminué de plus de la moitié, et avec une meilleure qualité du poisson séché, les prix ont plus que doublé, de 4 000 francs burundais (2,5$/kg) en 2004 à 9 000 (6$/kg) en 2013.

"Je peux m'occuper de mon enfant grâce à mon affaire de commerce de poisson," se réjouit Pelousi Ndayisaba, un ancien combattant rebelle reconverti au séchage de poisson. "C'est la seule activité qui me fait vivre".

Year: 2015

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Les activités halieutiques sont-elles menacées par l'acidification des océans ?

Les océans intoxiqués par le gaz carbonique

L'augmentation continue du CO2 dans l'atmosphère entraîne le réchauffement de la planète mais aussi l'acidification des océans. Certains organismes marins commencent déjà à en souffrir sérieusement.

Quelques semaines après que 190 pays se sont réunis à Poznan, en Pologne, pour négocier l'application des accords de Kyoto pour lutter contre le réchauffement climatique, des chercheurs américains montrent pour la première fois que le gaz carbonique dissous dans les océans commence déjà à modifier les écosystèmes marins, avec une réduction notamment des moules dans certains secteurs de l'ordre de 30 %.

Durant huit ans, les chercheurs de l'Université de Chicago ont étudié la répartition des organismes vivant dans la zone de marée sur l'île Tatoosh, près de Seattle, dans le Pacifique. Parallèlement, un appareil mesurait la salinité, la température et l'acidité de l'eau, effectuant ainsi le plus long enregistrement continu de ces paramètres en zone côtière tempérée. Les résultats de l'étude, publiés tout récemment dans les comptes rendus de l'Académie nationale des sciences américaine, ont surpris tous les spécialistes. «Nous avons observé une augmentation de l'acidité dix fois plus rapide que celle prédite par les modèles, indique J. Timothy Wootton, premier auteur du travail. Et de tous les paramètres étudiés qui pouvaient être liés à ce changement, seule la concentration en gaz carbonique atmosphérique évoluait de la même manière.» Or, la dissolution du gaz carbonique dans l'eau augmente son acidité.
L'autre surprise de l'étude est la grande sensibilité de certains organismes à cette augmentation d'acidité : beaucoup d'espèces fixant le calcaire, telles que les moules, les algues calcaires et certains crustacés, commencent déjà à régresser sur le littoral.

Concentration critique

«En moins de dix ans, nous avons observé une réduction des moules qui doit être globalement de 30 %, précise Timothy Wootton, et cela dans un environnement que l'on peut retrouver le long de toute la côte pacifique, du sud-est de l'Alaska au sud de la Californie.» Jusqu'à présent, seules des mesures faites en laboratoire ou dans des conditions naturelles particulières avaient montré la sensibilité d'organismes marins à l'augmentation du gaz carbonique dissous. «Mais ici, pour la première fois, il s'agit d'observations sur le terrain, qui portent de plus non sur une seule espèce mais sur tout l'écosystème côtier», commentent Jean-Pierre Gattuso et Laurent Bopp, spécialistes français respectivement au laboratoire d'océanologie de Villefranche-sur-Mer (CNRS - Université Paris-VI) et à l'Institut Pierre-Simon-Laplace des sciences de l'environnement à Paris.
Coorganisateur du deuxième congrès international sur la question, qui s'est tenu en octobre dernier à Monaco, Jean-Pierre Gattuso souligne que les signaux alarmants d'acidification affluent maintenant de tous les coins du globe. Dans l'océan Antarctique, où les eaux froides et ventées sont propices à la dissolution du gaz carbonique, les analyses effectuées en pleine mer depuis dix ans par une équipe australienne révèlent une solubilisation progressive du calcaire. Selon eux, elle va devenir problématique pour une grosse partie du zooplancton dès 2030, lorsque la concentration critique en gaz carbonique atmosphérique de 450 ppm (parties pour million) sera franchie. «Cette disparition du zooplancton aura des conséquences incalculables sur tout le réseau alimentaire des océans polaires, s'inquiète Jean-Pierre Gattuso. C'est la raison pour laquelle nous avons lancé pour 2009-2010 la campagne d'étude européenne Epoca (European Project on Ocean Acidification) et que les Américains s'apprêtent à faire de même.»

Bien plus au sud, dans le vaste espace des Caraïbes, les chercheurs de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) tirent eux aussi la sonnette d'alarme : là encore, la solubilisation du calcium n'a cessé d'augmenter ces dernières années et menace de bientôt perturber la calcification des nombreux récifs coralliens de la région. Et ils montrent que ce changement est directement en rapport avec l'augmentation du gaz carbonique dissous dans les eaux tropicales.

Acidification

En Australie, la fixation du calcium dans la Grande Barrière de corail a chuté de 21 % en seize ans, une première depuis des siècles, selon une étude du gouvernement australien publiée cette année. Outre les effets néfastes du réchauffement et de la pollution sur la croissance des coraux, l'acidification due au CO2 dissous pourrait aussi en être la cause, estiment les chercheurs.

Depuis deux siècles, les océans ont patiemment absorbé le tiers des émissions de gaz carbonique dues à l'homme, mais cette capacité semble avoir atteint ses limites. «Une augmentation aussi forte et aussi rapide de l'acidité des océans ne s'est pas produite depuis plus de 20 millions d'années au moins, prévient Jean-Pierre Gattuso. Nous savons que toute augmentation supplémentaire du gaz carbonique atmosphérique affecte désormais profondément la vie dans les océans.» Pierre Kaldy

Source : Le Figaro Vert
Crédit photographique : Philippe Favrelière (récolte des moules en Malaisie)

Pour plus d'informations : PNAS Dynamic patterns and ecological impacts of declining ocean pH in a high-resolution multi-year dataset

Autres articles :

Revue de presse :

Le 8 septembre 2009

L'acidité moyenne des océans pourrait tripler d'ici 2100 (Actu Env)

Plus les océans absorbent de CO2, plus leur pH diminue, entraînant un processus d'acidification qui menace les organismes calcificateurs et ceux qui en dépendent, selon les chercheurs du LOV. Le pH devrait diminuer de 0.4 unités d'ici 2100.

Lancé en juin 2008, le programme européen EPOCA (European Project on Ocean Acidification), d'une durée de 4 ans, vise à mieux comprendre les effets encore mal connus de l'acidification des océans - provoquée par l'absorption dans la mer du CO2 de l'atmosphère - et ses conséquences sur l'environnement.

Plus d'un an après le lancement de ce programme, des chercheurs du Laboratoire d'océanographie de Villefranche (LOV) (CNRS / UPMC) montrent dans deux études publiées en août et septembre dans la revue ''Biogeosciences''* l'impact de ce phénomène sur les coraux profonds et les ptéropodes (escargots planctoniques) : des organismes calcificateurs qui prennent une part importante dans la chaîne alimentaire du plancton et jouent un rôle essentiel dans la régulation du climat.

Rappelons qu'au cours des 200 dernières années - depuis le début de l'ère industrielle - , les océans ont absorbé le tiers du gaz carbonique produit par les activités humaines, soit 120 milliards de tonnes. Chaque jour, un tiers du gaz carbonique produit par les activités humaines, soit plus de 25 millions de tonnes, est ainsi absorbé par l'eau de mer. Au contact de l'eau, le CO2 libère des ions carbonates (CO32-) dont la concentration est inversement proportionnelle au pH.

Une diminution du pH de 0.4 unités d'ici la fin du siècle

Plus les océans absorbent de CO2, plus leur pH diminue. Et au rythme des émissions actuelles de CO2, le Laboratoire d'océanographie de Villefranche (LOV) estime que le pH diminuera de 0.4 unités d'ici 2100. Ceci correspond à un triplement de l'acidité moyenne des océans, ce qui est une première dans ces derniers 20 millions d'années, souligne Jean-Pierre Gattuso, directeur de l'équipe du LOV, qui a étudié l'impact d'une telle diminution de pH sur les coraux profonds et les ptéropodes.
L'acidification menace en effet le processus de calcification permettant aux organismes calcificateurs, de fabriquer leurs squelettes externes ou coquilles. Conséquence : ces organismes à squelette calcaire (les coraux, les mollusques…) croissent moins vite quand le pH est plus faible. Les ptéropodes, escargots planctoniques Suite Actu Env

lundi 29 décembre 2008

Europe : Vers une amélioration des ressources halieutiques ?

Les ressources halieutiques dans les eaux européennes se portent mieux à l'image du cabillaud dont le quota de pêche en Mer du Nord est en augmentation de 30%.
Pourtant, certain journaliste titre encore "Les poissons européens menacés de disparition". Tout le monde s'accorde sur le fait que les rejets en mer sont encore trop importants.


Les poissons européens menacés de disparition

BRUXELLES, 22 décembre (IPS) - Les gouvernements de l'Union européenne ont une étrange façon de se préparer à Noël : ils se chamaillent sur le poisson.

Chaque année en décembre, les ministres en charge de la Pêche se réunissent à Bruxelles pour renégocier la manière dont il convient de pêcher et fixent le nombre maximum de poissons à retirer des mers et des océans au cours des 12 mois suivants. Les mises en garde scientifiques sur l'état périlleux de nombreuses variétés sont systématiquement ignorées dans le but d'apaiser les groupes de pression qui craignent les conséquences néfastes pour les communautés côtières si leurs niveaux de capture sont limités. Cette tradition politique a, cette année aussi, été respectée. En mai dernier, la Commission européenne a averti que 88 % des stocks marins dans les eaux de l'Union sont surexploitées, comparativement à une moyenne de 25 % dans le reste du monde. Bien que la politique commune de l’UE relative à la pêche ait été réformée en vue de protéger les stocks les plus vulnérables, aucune amélioration tangible n’a été constatée dans les eaux européennes au cours des cinq dernières années. « La situation des stocks de poissons européens continue d'être alarmante », estimait déjà Joe Borg, Commissaire européen de la Pêche à l'époque.

Parmi les mesures préconisées par Joe Borg, on pouvait lire un arrêt temporaire de la pêche pour le cabillaud, l'églefin et le merlan dans les eaux profondes à l'ouest de l'Ecosse. Mais suite d'intenses pressions exercées par les hommes politiques britanniques, qui craignent une interdiction du chalutage puisse mettre à mal le commerce lucratif des espèces comme la langoustine et la baudroie, l’interdiction de pêcher a été évitée grâce à un accord approuvé par les gouvernements de l'UE le 19 décembre. Par conséquent, le poisson blanc peut toujours être capturé quoique en quantité plus réduite par rapport aux années précédentes. En dépit du désaveu partiel de son propre plan, Borg s’est déclaré satisfait de l'issue de la réunion. L'accord, estime-t-il dit, assure « le total respect des programmes de reconstitution pour les espèces surexploités » et ajoute que l’Union va « continuer à travailler pour une politique de pêche durable dans nos propres eaux. La décision d'aujourd'hui est un pas de plus dans cette voie. ». Les militants écologiques ne sont pas aussi optimistes.

Les données de la Commission européenne indiquent que les quantités maxima de pêche fixées par les gouvernements de l'UE sont en général d’environ 48 % plus élevées que celles recommandées par les scientifiques. Le Fonds mondial pour la nature (WWF) se déclare préoccupé par cette tendance dévastatrice qui semble se poursuivre avec certaines espèces. Plus spécifiquement, le WWF note qu’une augmentation de 15 % dans le quota de merlu austral a été fixée alors que les scientifiques ont déjà fait savoir que le niveau des captures pour cette espèce doit être ramené à zéro. « Chaque année, le cirque des quotas de pêche se joue de la même manière », déplore le porte-parole du WWF Aaron McLoughlin. « Nous devons changer cela si nous voulons préserver les précieux stocks de poissons et la variété de la vie marine. » Le porte-parole regrette que les quotas ne prennent pas vraiment en compte le montant total de poissons enlevés de la mer. En effet, les poissons qui sont rejetés dans la mer parce qu'ils sont jugés trop ou pas assez commercialement prisées ne sont pas comptabilisés dans les quotas. Par exemple, en 2007, les pêcheurs travaillant dans la mer du Nord ont retiré 24.000 tonnes de cabillaud, mais ils en ont rejeté quelque 23.000 tonnes. Pour McLoughlin, la question des déchets doit également être abordée dans le cadre de la poursuite des réformes de la politique commune de la pêche. « Les ministres européens en charge de la Pêche et la Commission européenne ont systématiquement organisé un échec dans la gestion de la politique de pêche. S'ils veulent être sérieux pour assurer la prospérité et la durabilité de la pêche pour l'Europe, ils doivent travailler pour mieux gérer la grande quantité de rejets », estime le porte-parole de WWF.

Pour compenser l'épuisement des stocks dans ses propres eaux, l'UE est devenue le plus gros importateur de poissons dans le monde. Avec plus de 4 millions de tonnes l'année dernière, le montant importé dans l'Union équivaut à 77 % du total des captures de la flotte européenne. Oceana, un autre groupe de défense de la nature, a fait valoir que la grande capacité de l'UE à importer autant de poissons a pour but de détourner l'attention du triste état de ses propres stocks. « C'est un cercle vicieux qui n’a aucun sens », a déclaré Ricardo Aguilar, le directeur du groupe de recherche. « Afin d'augmenter la rentabilité pour le secteur, les quotas de pêche irresponsables sont accordées. Ce qui ne fait qu’empirer la situation pour les stocks déjà surexploités. Ceci en dépit du fait qu'il n’y a quasi plus de poissons à pêcher. » Saskia Richartz, militante de Greenpeace, estime que les gouvernements de l'UE « légitimisent la surexploitation malgré toutes les mises en garde scientifiques ». « Réduire les quotas de pêche n'équivaut pas à pénaliser les pêcheurs », ajoute-elle. « C’est une mesure nécessaire pour assurer qu'il y aura des poissons en vie dans la mer. C'est le seul moyen de récupérer la ressource et garantir l'avenir des emplois dans le secteur de la pêche. »
David Cronin
Source : IPS

Accord européen sur les quotas de pêche 2009

Les ministres de la pêche de l'Union européenne ont trouvé un accord, vendredi 19 décembre, sur la répartition des quotas de pêche de 2009, "adopté à l'unanimité", selon le ministre de la pêche français Michel Barnier. Le principal enjeu de l'accord réside dans les quotas de pêche du cabillaud, une espèce considérée comme menacée.

Pour la première fois depuis longtemps, les quotas de capture de ce poisson vont fortement augmenter en mer du Nord, ainsi qu'en Manche est (+ 30 % par rapport à 2008). "Le plan de reconstitution" du cabillaud, mis en place sur le long terme par l'Europe, "commence à fonctionner", a expliqué le commissaire européen à la pêche, le Maltais Joe Borg. En contrepartie, dans ces zones, des mesures sont prévues pour réduire les rejets de poissons en mer par les pêcheurs, avec des filets et engins de pêche plus sélectifs, notamment, et l'obligation pour les chalutiers de quitter des zones considérées comme trop sensibles. Les ONG estiment que la moitié des poissons capturés en mer en moyenne y sont immédiatement rejetés, parce qu'ils ne sont pas assez grands ou qu'ils ne correspondent pas aux espèces recherchées.

Des négociations apaisées

Dans la plupart des autres zones maritimes de l'Atlantique concernées par l'accord, les quotas de cabillaud seront en revanche de nouveau en forte baisse en 2009, avec une réduction de 25 % en moyenne, conformément à ce que demandait la Commission européenne. Le cabillaud est une espèce peu migrante, l'état des réserves pouvant donc fortement différer d'une zone à l'autre. Parmi les autres décisions prises, les quotas d'aiguillat (petit requin) vont baisser de 50 % (au lieu d'une fermeture demandée par Bruxelles). Dans le golfe de Gascogne, la France a obtenu de ramener la réduction du quota de langoustines à 5 %, contre 15 % proposé au départ. En revanche, la fermeture de la pêche à l'anchois dans le golfe de Gascogne, en vigueur depuis quatre ans, est maintenue.

Les négociations ont été beaucoup plus paisibles cette année que par le passé. Les ONG font notamment valoir qu'avec le temps, les pêcheurs se montrent plus responsables dans la gestion des ressources, ce qui facilite les négociations. "Nous avons trouvé ce point d'équilibre, toujours très difficile, dans un bon climat entre le souci de la gestion responsable et durable des ressources halieutiques fragiles, et celui de l'activité des marins pêcheurs qui mérite d'être encouragée", a dit M. Barnier.

Crédit photographique : AFP/MARCEL MOCHET

Tilapia : une meilleure connaissance du génome pour améliorer son élevage

Décrypter le génome du Tilapia

Le tilapia, un poisson modèle pour la recherche et le séquençage du génome

Le projet de séquençage du génome du tilapia soumis par dix organismes internationaux de recherche (dont le Cirad), représentant le Cichlid Genome Consortium (plus de 100 laboratoires de 25 pays) et accepté en 2006 par le NIH (National Institutes of Health, Etats-Unis) vient de démarrer au Washington University Genome Sequencing Center. Le projet permettra à terme une aquaculture raisonnée garantissant sécurité sanitaire et alimentaire.

Le tilapia, poisson originaire des pays du Sud, a été introduit dans plus de cent pays et représente à lui seul la seconde production aquacole mondiale après les carpes (à 99% produites et consommées en Chine). Son élevage est facile et peu onéreux, il s’adapte bien à l’eau douce ou salée et grossit vite. Contrairement à la plupart des espèces carnassières d’aquaculture (saumons, truites, bars, dorades) pour lesquelles farine et huile de poisson restent des composantes indispensables de leur alimentation, le tilapia figure en bas de la chaîne trophique ou chaîne alimentaire, en se nourrissant d’algues, plancton ou petits animaux. En condition d’élevage extensif ou semi intensif, le tilapia est essentiellement alimenté à partir de déchets végétaux (riz, coton etc.).
Le tilapia, dont la forte production s’élève à plus de 2 million de tonnes par an, contribue ainsi au développement durable en ne ponctionnant pas les ressources marines. C’est l’un des arguments avancés pour les recherches sur le séquençage complet de son génome. Il est par ailleurs l’une des deux espèces d’intérêt aquacole la plus étudiée en laboratoire.

Le déterminisme du sexe au service de l’aquaculture

Ce poisson modèle appartient à l’ordre des perciformes qui regroupe beaucoup d’espèces françaises et européennes comme le bar, la dorade, le pagre. Or, ces poissons ont une maturité sexuelle tardive qui ne facilite pas leur étude génétique. De par son court intervalle de génération, le tilapia peut servir de modèle d’étude à l’amélioration des perciformes. C’est aussi le principal groupe utilisé pour l’étude des phénomènes de spéciation (naissance d’une nouvelle espèce).Parmi les dix laboratoires porteurs du projet de séquençage du génome du tilapia, le Cirad et l’Université d’aquaculture de Stirling (Grande Bretagne) s’intéressent plus particulièrement aux retombées aquacoles du projet et rechercheront les gènes liés à des caractères d’intérêt comme la croissance, la rusticité, le sex-ratio (proportion de mâles et femelles) etc. Les éleveurs de tilapias en appellent à la recherche pour une production sélective de tilapias mâles qui grossissent beaucoup plus vite que les femelles. L’Unité propre de recherche (Upr) Aquaculture et gestion des ressources aquatiques du Cirad développe des programmes de recherche pour mettre en place une alternative propre sans hormones, pour la production de population mono sexe mâle. Compte tenu du danger des hormones pour l’alimentation, la santé humaine et la préservation de la biodiversité, les pistes de la génétique et de l’utilisation des conditions d’élevage semblent être les solutions. « La température élevée de l’eau pouvant influencer le sexe des alevins, nous procédons à la sélection génétique des parents qui donnent une descendance sensible à ce caractère héritable » explique Jean-François Baroiller, chercheur à l’Upr Aquaculture et gestion des ressources aquatiques. L’utilisation de marqueurs génétiques de cette sensibilité thermique permet d’optimiser une telle sélection mais aussi de rechercher des individus d’intérêt dans la diversité naturelle des tilapias. Une approche similaire est mise en place pour répondre à la demande de nombreux pays producteurs de tilapias résistants à de fortes variations de la salinité de l’eau. L’arrivée attendue des premières séquences viendra compléter les nombreuses ressources génomiques spécifiques du tilapia déjà développées par le Cirad. En collaboration avec des organismes de recherche internationaux, trois thésards de l’Upr Aquaculture et gestion des ressources aquatiques sont impliqués à plein temps sur ces problématiques. Les retombées de ce projet de séquençage s’annoncent d’ores et déjà considérables pour la communauté scientifique mais aussi pour l’aquaculture mondiale.

En Savoir plus : CIRAD Aquatrop
Crédits photos : Fishbase par Robbie Cada

Marennes-Oléron : Ostréiculture en eau profonde

L'Oléronnais Jacques Chemin, 28 ans, est l'un des premiers à expérimenter l'élevage d'huîtres en eau profonde. Dans la profession souffle un vent de révolution : Il élève les huîtres en profondeur

Il avait 19 ans quand il négocia son premier emprunt professionnel. Neuf ans plus tard, il prenait directement la main, derrière Jacques, son père, et dans la filiation de trois générations d'ostréiculteurs oléronnais.
À 28 ans, Pierre Chemin incarne aujourd'hui cette nouvelle génération de l'ostréiculture charentaise. Avec ce petit rien de tête brûlée qu'agite le génome familial pour autoriser des prises de risques maximales.
Son père, avant lui, n'était pas le dernier à faire entendre sa voix, haut et fort, entre la Baudissière et les Allards. En son temps, il comptait parmi les premiers professionnels qui ont testé un changement radical de technique d'exploitation.
Dans les années 70, entre Oléron et le continent, Jacques garnissait d'huîtres des poches à mailles serrées qu'il déposait sur des tables surélevées. Ses voisins en étaient encore à relever à la « pelle-fourche » une production élevée à même le fond de sable et de vase.

Le terrien devient marin

Avec Pierre, l'élevage surélevé, c'est presque déjà de l'histoire ancienne. Place aux filières, aux cages, aux dragues et aux lanternes. Place à une production en eau profonde. Au gré de cet éloignement de l'estran, l'ostréiculteur s'est résolu à devenir plus marin, prenant du coup ses distances avec les survivances terriennes du métier. S'il arrive encore à cet Oléronnais de rejoindre certains de ses dépôts en tracteur, une part non négligeable de son intervention s'effectue désormais à partir d'un très gros chaland, le « Petit Poucet » - en l'occurrence le plus gros bateau du bassin de Marennes-Oléron.
Quand il a basculé dans l'aventure, il y a deux ans, Pierre Chemin ne s'est pas plus interrogé que lorsqu'il a pris la relève de Jacques. Avec les techniques en eau profonde, l'éleveur a trouvé le nouveau sel d'un métier dont l'approche est révolutionnée par la technique ; une solution à ses problèmes de main-d'oeuvre. « Nous faisons à deux ce que l'on fait à quatre sur l'estran. »

Un outil pour relancer l'activité

Surtout, comme ces huîtres ne sont jamais mises à sec à marée basse, leur croissance à une profondeur d'une douzaine de mètres est accélérée. Au point de faire gagner une année sur un cycle de trois. Démonstration à l'appui : Jacques, le père (qui n'est jamais bien loin), présente de jeunes bêtes de la taille d'un pouce, soulignant qu'elles étaient des têtes d'épingle à leur mise à l'eau. Entre ces deux étapes, deux mois et demi seulement se sont écoulés !
L'eau profonde, ce n'est pas qu'un formidable accélérateur de croissance. C'est aussi un outil de gestion souple du planning. L'huître d'eau profonde reste immergée quelle que soit la marée. Par conséquent, le professionnel s'affranchit des contraintes horaires. Il va et vient à sa guise sur sa concession. « Sur certains parcs surélevés, je n'ai que trois quarts d'heure pour intervenir avant que l'eau ne remonte. Et encore, deux marées par mois. Tandis que je peux travailler 20 jours par mois sur celles qui sont en eau profonde. »
Le revers de l'histoire, c'est le poids de l'investissement. 200 000 euros rien que pour le bateau, un ancien dragueur. À quoi il convient d'ajouter, au titre des investissements principaux, l'achat des cages en acier dans lesquelles sont rangées les poches (400 euros par cage) et celui des filières auxquelles elles sont accrochées. Mais Pierre Chemin dispose ainsi de neuf longues lignes. Elles lui offrent une capacité de production de 100 tonnes. Et aussi, après la vague de mortalité de l'été dernier, la possibilité de se relancer au mieux, grâce à un cycle d'élevage raccourci.
Auteur et photo : Philippe Baroux
Source : Sud-Ouest

Autres articles :

Pour plus d'informations :

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Le 18 janvier 2012

Pour développer les huîtres de pleine mer (France 3 Poitou-Charentes)

C'est l'épilogue d'une longue bataille entre ostréiculteurs et plaisanciers et de 10 ans de travail sur le dossier, le préfet de la Charente- Maritime a signé l'autorisation pour la mise en place d’un parc de près de 400 hectares au large de l’ile d’Oléron.

Les huitres en filière au large d'Oléron…. Voir cette vidéo

Un champ de filières ostréicoles sera progressivement installé en mer au large d'Oléron pendant les sept années à venir. Environ 400 filières pour l'élevage des huîtres ou des moules seront installées progressivement sur sept ans. Toutes les étapes de la production seront ainsi réalisées en Charente-Maritime.

Cette nouvelle orientation prise par certains ostréiculteurs de Marennes-Oléron vise à lutter contre la surmortalité des naissains et à rapatrier toute la chaîne de production en Charente-Maritime. Ces huîtres Marennes-Oléron, élevées en plein mer, n'iront plus grandir dans les eaux plus froides de Normandie, de Bretagne ou d'Irlande.

Cette technique des filières est déjà utilisée dans d'autres bassins ostréicoles français.

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La SRC Poitou-Charentes a mis en place depuis quatre ans des essais d’ostréiculture en eaux profondes dans le pertuis d’Antioche. Ces essais de nouvelle technique s’inscrivent dans une démarche de restructuration du bassin visant à répondre aux contraintes subies par les ostréiculteurs (surcharge, manque d’espace, accroissement de la mortalité des huîtres, diminution de leur croissance, etc.).
Cette étude a pour objet l’analyse socio-économique du projet d’ostréiculture en eaux profondes en Charente-Maritime. Elle vise à fournir des éléments de décision aux porteurs du projet s’appuyant sur un état des lieux de la conchyliculture en Charente-Maritime, les résultats des simulations de transfert d’huîtres de l’estran vers l’eau profonde, les résultats d’une enquête, une discussion relative à l’émergence de projets innovants en conchyliculture s’enrichissant de quatre expériences de développement d’activités conchylicoles innovantes.
Situation de l’ostréiculture au niveau régional : données économiques et sociales…Suite....

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Mutations dans le secteur conchylicole

Mutations dans le secteur conchylicole ;

Elaboration d’un outil opérationnel d’études et d’analyses technico-économiques

Synthèse des travaux 2010

Dominique Mille (CREAA)

Véronique Le Bihan (CAPACITES, Univ. Nantes)

Février 2011

AGLIA

La conchyliculture connaît en France une situation très contrastée. Alors que la mytiliculture a su faire évoluer ses techniques de production pour rester un secteur rentable, l'ostréiculture connait actuellement une crise importante due à des mortalités des naissains.

L'objectif de cette étude est donc de proposer aux professionnels, désireux de s'installer ou de faire évoluer leur entreprise, des référentiels technico-économiques leur permettant d'intégrer toutes les tâches techniques en termes économiques et d'évaluer ainsi la rentabilité de leur activité.

Pour télécharger le document, cliquer Aglia

Réflexion personnelle

Cet un outil devait valider l’extension de la conchyliculture au large et en particulier valider le développement de l’ostréiculture sur filières et en eaux profondes à partir d’huîtres triploïdes. Une fuite au large devant les problèmes grandissant sur l’estran.

Avec les problèmes de mortalité des juvéniles (jusqu’à 100% dans la zone de référence), l’outil est dans l’attente d’une huître résistante !

Quant à la mytiliculture, l'étude réalisée en 2009/2010 valide l'extension de l'élevage de moule au large notamment sur les filières du pertuis breton.... Eté 2011, la mytiliculture charentaise est en crise ! Sud Ouest : Bouchots : rien ne va plus !

Ne pas minimiser les facteurs environnementaux dans la mutation du secteur conchylicole et l'adaptation de la conchyliculture aux changements climatiques....

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Viet-nam : l'aquaculture menace la pêche artisanale

L’expansion non réglementée de l’aquaculture dans une vaste lagune côtière empêchait les pêcheurs itinérants de gagner leur vie et menaçait même l’environnement de la lagune. Devant l’incapacité ou le refus d’agir des fonctionnaires, une équipe de chercheurs de deux universités et le ministère des Pêches ont décidé de protéger la lagune et le gagne-pain des pêcheurs pauvres en proposant des solutions participatives pour sortir de l’impasse.

La lagune de Tam Giang au Viet Nam est un habitat naturel presque parfait pour la pêche et l’aquaculture. Longue de plus de 70 km et d’une profondeur moyenne d’à peine deux mètres, la lagune est un milieu des plus productifs, tant pour les espèces d’eau douce que pour les espèces marines. Au cours des dernières années toutefois, l’effet combiné de l’appât du gain, de l’inégalité sociale et d’une politique gouvernementale peu judicieuse a donné lieu à des actes de violence au sujet de l’utilisation des eaux et mis en péril l’environnement et son délicat équilibre.

La majorité des 300 000 personnes qui vivent autour de la lagune dépendent de la pêche ou de l’agriculture pour gagner leur vie. L’aquaculture, implantée dans les années 1980, a entraîné un essor qui a débouché sur une rapide augmentation du nombre d’enclos de filets et l’endiguement de champs pour créer des étangs pour la culture d’espèces rentables. La croissance de l’aquaculture a été spectaculaire, mais il a fallu en payer le prix. Bientôt, la lagune peu profonde n’a plus été qu’un enchevêtrement d’enclos et de bermes, installés pour soutenir les étangs traditionnels et d’autres infrastructures aquacoles. La perte des lieux de pêche traditionnels a engendré des conflits entre les pisciculteurs et les pêcheurs itinérants. Puisqu’il fallait à ces derniers des engins plus nombreux et plus puissants pour prendre la même quantité de poisson,
certains ont adopté la pratique illégale de la pêche à l’électricité, qui consiste à utiliser des piles et à submerger des électrodes pour tuer des bancs entiers de poisson. Ce genre de destruction des stocks était proscrit par la majorité des pêcheurs.

La subsistance avant tout

Bien que le gouvernement ait procédé à la réforme agraire, il n’avait pas songé au mode de fairevaloir des ressources aquatiques. Selon les coutumes locales, les familles de la lagune détenaient les meilleures zones de pêche. Elles avaient investi dans des enceintes de pêche fixes, comme des fascines, qui profitent des courants pour conduire le poisson dans d’étroites nasses ou des filets. Les pêcheurs itinérants n’avaient pas de zones de pêche définies. Ils survivaient « en suivant la queue des poissons », mais cela leur était de plus en plus difficile puisque les zones d’eaux libres continuaient à rapetisser avec l’expansion des enclos de filets.

Les pêcheurs itinérants qui vivaient sur leurs bateaux étaient beaucoup plus pauvres que les pêcheurs vivant dans les communautés. Parce qu’il était difficile de leur offrir des services de base comme l’éducation et les soins de santé, le gouvernement les a incités à se joindre aux collectivités vivant le long de la lagune. La commune de Quang Thai à l’extrémité nord de la lagune est une d’entre elles. Une fois installés, les pêcheurs itinérants ont dû batailler ferme pour pêcher aux côtés de voisins établis de longue date qui bénéficiaient en outre de l’accès à de bonnes terres agricoles.

Presque plus d’eaux libres

Au centre de la lagune, la commune de Phu Tan, plus productive, travaillait en collaboration avec les collectivités et le gouvernement local à trouver des solutions aux problèmes posés par la prolifération des petits étangs à crevettes et des enclos de filets. Au début des années 1990, ces enclos étaient relativement peu connus dans les eaux de la lagune, mais, à la fin de la décennie, ils couvraient 75 % du territoire aquatique de la commune. Les étangs à crevettes aménagés dans des rizières irriguées sur les basses terres côtières occupaient encore 20 % de la surface de l’eau. Il ne restait pratiquement plus d’eaux libres !

Tous les ordres de gouvernement encourageaint l’aquaculture, sans songer à comment réglementer son essor. Le gouvernement local a prélevé les droits afférents à l’officialisation de récentes réclamations de propriétés privées, tandis que le gouvernement provincial a perçu des taxes plus élevées. Quant au gouvernement national, ses recettes d’exportation sur les produits de grande valeur ont augmenté. Mais la lagune et ses habitants les plus pauvres en ont souffert. La qualité de l’eau et le régime des courants ont considérablement diminué, créant des conditions propices aux maladies et réduisant la productivité. Les pêcheurs les plus pauvres ont durement ressenti les effets de la privatisation accrue des ressources communes de la lagune puisqu’elle les a forcés à tenter de pêcher dans d’autres territoires déjà grandement exploités.

Les règlements sur la propriété adoptés pour la « privatisation » de la surface de la lagune étaient aussi obscurs que les eaux. En vertu de la loi vietnamienne, les ressources lagunaires sont la propriété de l’État, mais depuis des générations, la pratique coutumière voulait que des parties de la lagune soient réservées à l’utilisation privée. Les familles bien nanties qui avaient détenu le droit d’utiliser des engins fixes ont été les premières à remplacer ces engins par des enclos permanents afin de capturer des poissons de grande valeur. Mais d’autres pêcheurs et des propriétaires fonciers locaux ont eu vent de l’aubaine.

Revendiquant, eux aussi, des droits d’accès privés à l’eau, ils ont investi dans des perches et des filets multicouches pour délimiter leurs zones d’aquaculture privées dans la lagune. Cette privatisation de facto du capital-ressources a souvent donné lieu à des disputes. Les voies d’eau nécessaires à la navigation étaient encloses par les filets. Parfois, des poissons ont été pris de l’intérieur des enceintes et l’équipement a été endommagé. Une fois, des pêcheurs de l’extérieur de la collectivité sont venus pêcher à l’électricité, détruisant les fascines et mettant en danger la vie même des villageois. Pour reprendre les propos de Nguyen Luong Hien, directeur au ministère provincial des Pêches : « Tout le monde reconnaît l’importance de la lagune. Mais personne ne gère ni n’assume la responsabilité de ce qui se passe ici. Tous les organismes veulent avoir des droits, mais ils s’en tiennent là. »

Intervention d'une équipe de chercheurs

Le gouvernement local voulait résoudre les conflits, mais il semblait désarmé devant la situation. Les chercheurs ont saisi cette occasion pour rassembler les autorités gouvernementales, les propriétaires d’enclos et les pêcheurs utilisant des engins de pêche — ces derniers espérant que la réouverture des voies navigables leur permettrait d’améliorer les possibilités de pêche locale.

Telle était la situation révélée, à la fin des années 1990, par une étude sur l’état des ressources aquatiques et l’utilisation qu’en faisaient les collectivités installées dans la lagune. L’équipe de recherche de cette étude, financée par le CRDI et l’Agence canadienne de développement international (ACDI), se composait de spécialistes de l’École d’agriculture et de foresterie de l’Université de Huê (HUAF), de l’École des sciences de l’Université de Huê (HUS) et du ministère provincial des Pêches. Ce projet a fait naître un degré de collaboration exceptionnel entre les chercheurs et les autorités gouvernementales. De fait, comme le souligne Tran Van Minh, recteur du HUAF, « ce projet nous a proposé un nouveau modèle pour travailler efficacement en collaboration avec les ministères du gouvernement ».

Grâce à la cartographie participative, à l’étude de données sur la qualité de l’eau et à des négociations avec divers groupes d’intérêts, l’équipe de recherche a facilité l’élaboration des autorisations nécessaires à la navigation et aux échanges d’eau. Toutefois, des différends entre les pêcheurs itinérants et les propriétaires d’enclos ont retardé la conclusion d’une entente sur les droits de pêche dans les eaux adjacentes aux filets.
Source : IDRC
Photo d'après Google Earth : vue sur des élevages dans une lagune au Sud de Huet