« Bien sûr, il est important de régénérer la ressource et de protéger les espèces menacées, mais la surpêche est surtout le fait des gros bateaux industriels. Il serait plus important de soutenir les petits pêcheurs locaux en orientant la politique des quotas afin de permettre à ceux-ci de pêcher des petites quantités de poissons tout au long de l'année de manière responsable. Ce qui est important pour moi, c'est de surveiller la traçabilité des produits que je sers à mon restaurant: de quelle région vient le poisson, qui l'a pêché et quand. Quand les consommateurs disposeront de toutes ces informations en épicerie, on aura fait un grand pas. » (Source :
Vive la biodiversité !)
C’est la parole de Normand Laprise, Grand Chef québécois du restaurant
Toqué ! à Montréal, qui répond à Olivier Roellinger, Grand Chef breton, vice-président des restaurants Relais & Châteaux, dont les membres de cette association se sont engagés à ne plus servir de thon rouge de l'Atlantique dans leurs restaurants depuis le 1 janvier 2010.
Nous soutenons la démarche de Normand Laprise qui défend la petite pêche locale et la traçabilité des produits de la mer.
Le sushi japonais a rompu un équilibre ancestral
A partir des années 1970, les captures de thon rouge se sont déplacées depuis l’Atlantique du nord-est vers la Méditerranée. Cette période correspond à la mise à l’eau d’une flottille moderne de thoniers senneurs financée en grande partie par l’Europe et les Etats respectifs. Les flottilles traditionnelles et artisanales de thoniers canneurs et de fileyeurs se sont maintenues sur la côte atlantique notamment dans les ports basques et vendéens ainsi que celles de thonailleurs en Méditerranée.
Les captures de thon rouge explosent avec un pic au milieu des années 1990, encouragées par une demande soutenue sur le marché nippon.
Au début des années 2000, la pêcherie de thon rouge concerne un millier d'unités de pêche en Méditerranée : les 2/3 relèvent des pêcheries artisanales ou traditionnelles et le 1/3 des pêcheries industrielles, pour respectivement 10% et 90% des captures totales (voir : Thon rouge : les USA épinglent la France pour pêche illégale).
L'industrialisation de l'activité thonière va mettre à mal les équilibres qui existaient dans cette pêcherie ancestrale. L'augmentation inconsidérée de l'effort de pêche avec le lancement de bateaux de pêche dotés de moyens de captures très importants comme les thoniers-senneurs de plus de 40 mètres, explique les problèmes actuels de cette pêcherie. Depuis le début des années 1980, une activité monospécifique s’est développée en Méditerranée ; ces armements industriels ne ciblent que le thon rouge contrairement aux métiers traditionnels polyvalents.
Bien que les quantités capturées par le secteur artisanal soient sans commune mesure avec celles du secteur industriel, l'interdiction de la pêche du thon rouge affectera tout particulièrement ces centaines de pêcheurs côtiers dont le thon constitue une ressource complémentaire et accessoire mais vitale en Méditerranée (sachant que le filet « thonaille » a été injustement interdit depuis) ainsi qu’en Atlantique notamment à Saint-Jean-de-Luz et dans les ports vendéens. Philippe FAVRELIERE (modifié le 25 janvier 2010)
Autres articles :
Revue de Presse et réactions dans le Midi Libre du 29 et 30 janvier 2010
Sète. Môle - Le thonier remisé prend feu durant son découpage (Midi Libre)
LESFAITS : Les étincelles dégagées par une disqueuse ont enflammé des éléments
Bien que construit en 1995 à Port-Vendres, le Golfe du Lion V est bien sétois : il est mort deux fois. L'ancien thonier senneur de Jean-Louis Jalabert, racheté en 2008 par Jean-Marie Avallone, a fait l'objet d'une sortie de flotte. Première mort. Et hier, vers 16 h, lors du chantier de déchirage (découpage en terme marin) il a pris feu. Deuxième mort.
Thon - Les pêcheurs sur le point d’être lâchés par Sarkozy (Midi Libre)
La France devrait demander l’interdiction du commerce international du poisson
« Depuis jeudi soir tous les contacts que nous avons avec les cabinets de Fillon et de Le Maire convergent. Ce n’est pas bon », Pierre-George Dachicourt, président du Comité national des pêches (CNPMEM) est en pétard. Selon lui, la France devrait faire connaître lundi sa position en vue de l’assemblée générale de la Convention internationale sur le commerce des espèces protégées (Cites). Elle se tiendra en mars à Doha, au Qatar.....
Exclusif : Thon rouge, "ça va être le bordel sur les quais" s'indigne le président du comité des pêches (Midi Libre)
Publié à 11 h 30 - Mis à jour à 16 h 59 - Selon des contacts entre le ministère de l'Agriculture et le Comité national des pêches, Nicolas Sarkozy s'apprêterait à annoncer ce lundi la demande par la France d'inscrire le thon rouge à l'annexe 1 de la convention internationale sur la commercialisation des espèces protégées (Cites).
Cette dernière préconise l'interdiction des exportations et les importations à des fins commerciales de ces espèces. Et de facto, du thon rouge. Ce qui pourrait baisser considérablement la production de pêche….
Quelques réactions sur Midi Libre
29/01/2010 à 20h09 jack
C'est faux, cette menace d'un bordel sur les quais. Les petits pêcheurs, qui représentent 80% de la pêche française, ne suivront pas les thoniers senneurs. Cette pêche industrielle, qui ne se soucie pas de la ressource et donc de l'avenir des pêcheurs, est une honte pour la profession.
29/01/2010 à 18h51 netsen
Il faudra dorénavant interdire la pêche à la "Senne" au moyen de bateaux monstrueusement puissants, qui sont génocidaire du thon rouge, pour le seul profit des milliardaires thoniers. Autoriser la seuleThonaille, moins dangereuse, et aussi remplacer le chalutage, extraction folle er sans discernement , gaspilleuse de fuel, et revenir aux filets maillant seuls capables d'épargner les juvéniles que l'on trouve par dizaines de tonnes vendues en criée ( des lottes de 100gr!, adultes elles pèsent 5 Kg !). Ca aura aussi le mérite de débarrasser les merveilleux canaux de Sète des monstrueux bateaux qui pourrissent la vue !
Le 4 février 2010 : Réactions des canneurs artisans basques
Thon rouge : Les Basques amers (Sud-Ouest)
« Nous sommes extrêmement déçus, même si on pouvait s'y attendre. C'est une décision politique, franco-française, irrationnelle et totalement incompréhensible », commentait hier soir Serge Larzabal, président de la commission thon rouge du Comité national des pêches maritimes.
Il conteste que le thon rouge soit en voie d'extinction, « grâce aux mesures de gestion prises depuis 2006 et renforcées les années suivantes ». Il en veut pour preuve les survols réalisés en Méditerranée par l'Ifremer qui ont donné des « indices encourageants » quant à la population de thon rouge. Serge Larzabal rappelait en outre le discours du Havre, en juillet dernier, lorsque le président de la République s'était engagé à « tenir compte des avis scientifiques », et craignait que la France ne se retrouve isolée tant au niveau communautaire que lors du Cites de mars prochain.
« Écoeurement »
Au port de Saint-Jean-de-Luz, le sentiment général est « l'écoeurement ». « Nous payons les excès des senneurs dans les années 90. Nous les avons dénoncés à l'époque, sans être entendus. Et aujourd'hui, nous nous retrouvons tous dans le même sac, alors que nous pêchons à la ligne et en préservant les ressources. » Didier Martinez, depuis vingt ans sur l'« Aerosa », est la quatrième génération de pêcheurs de thon. Son père a connu l'époque où Saint-Jean-de-Luz était le premier port thonier de France, à la veille des années 60. Aujourd'hui, l'activité emblématique de la Cité des corsaires est très menacée.
Thon rouge : Sauver la pêche artisanale (Sud-Ouest)
« On nous dit en substance : sauvons l'espèce, mais pas tout de suite ! », a regretté François Chartier (lire aussi ci-contre), chargé de campagne Océans à Greenpeace, en reprochant au gouvernement de « plier devant les pêcheurs, tout en voulant sauver les apparences ».
Mais l'urgence, pour M. Le Maire, c'est de mettre à profit ce délai pour sauver la pêche côtière artisanale, « qui ne menace pas la ressource mais représente la majorité des emplois et des activités », a-t-il souligné.
Il lui faut pour cela obtenir une modification du règlement européen qui interdit le commerce des espèces protégées sur le marché communautaire, notamment la création d'une zone économique exclusive (ZEE) française en Méditerranée. Le ministre de l'Agriculture réclame également des financements européens au profit des thoniers senneurs, qui seraient empêchés de pêcher. Ceux-ci, qui s'étaient développés dans les années 80-90 à grands coups de subventions communautaires, font déjà l'objet d'un plan de sortie de flotte qui les conduira à réduire cette année de 28 à 22 leur nombre de bateaux.
Les pêcheurs de thon de St Jean de Luz craignent de disparaître (Sud-Ouest)
Si la demande d'interdiction française est avalisée au niveau international, le port de Saint-Jean-de-Luz se prépare à une crise économique qui pourrait lui être fatale. Grosses inquiétudes sur le port de Saint-Jean-de-Luz-Ciboure. Les craintes manifestées lundi par une trentaine de pêcheurs basques et landais, devant les portes de la direction des Affaires maritimes à Bayonne se sont en effet confirmées hier. La France est donc favorable « au nom de la protection de l'espèce » à l'interdiction de la commercialisation du thon rouge, dans un délai de 18 mois... Mais la décision définitive qui relève de la communauté internationale n'est pas encore prise.
« On sentait un vent très écolo souffler depuis des mois sur la pêche. David Milly, directeur de l'OP Cap Sud (Organisation des producteurs). Le vrai ministère de tutelle aujourd'hui c'est l'Environnement, et il suit les écologistes les plus intransigeants. La question
Saint-Jean-de-Luz : Premier port thonier de France en 1959 (Sud-Ouest)
Inutile de rappeler que la pêche traditionnelle au thon rouge fut l'image même du port de Saint-Jean-de- Luz-Ciboure, le premier thonier de France en 1959, bien avant que la Méditerranée ne s'y mette et ne soit soit pillée.
Cette pêche est jugée absolument vitale pour les pêcheurs basques du sud, notamment à Fontarabie où l'on pratique la pêche traditionnelle…..
Thon : une position équilibrée (Midi Libre)
Le Ministre de la Pêche Bruno Le Maire a jugé, hier, que la position de la France en faveur d'une interdiction du commerce international du thon rouge était « équilibrée » , garantissant à la fois la survie des thons tout en prenant en compte les intérêts des pêcheurs. « On a pris une décision équilibrée, a insisté M. le Maire, interrogé sur France Info, qui permet de garantir le renouvellement de la ressource en thon rouge ( ... ) tout en tenant compte des contraintes économiques et sociales des pêcheurs » .
Le ministre a rappelé que la position française était assortie de « garanties » et de « conditions » pour les pêcheurs. Il s'agit d'attendre 18 mois et notamment « l'évaluation scientifique » du stock de thon rouge qui sera connue en octobre 2010, de pouvoir « maintenir la pêche côtière » (10 % des quotas de pêche mais très pourvoyeuse d'emploi et d'activité), et d'obtenir un « accompagnement financier de la Commission européenne pour tous les pêcheurs-senneurs qui seraient obligés de renoncer à leur activité » . Si les scientifiques nous disent, en octobre 2010, « le thon rouge a une ressource suffisante, le stock de poisson s'est renouvelé, et nous n'avons pas d'inquiétudes sur la garantie de ressource en thon rouge, il faudra en tirer toutes les conséquences sur les décisions que nous aurons à prendre ».
Le 5 février 2010 : Le palangrier de l'Île d'Yeu
Ile d’Yeu - Les pêcheurs défendent l’accès au thon rouge (Ouest France)
L’été dernier, le palangrier de l’Ile d’Yeu « Le Mammouth » a démontré que la pêche au thon rouge pouvait être très sélective à l’hameçon.
La pêcherie de thon rouge a considérablement diminué depuis cinq ans. Mais elle apporte un complément non négligeable pour les armements à la pêche. Les Vendéens défendent le caractère artisanal de leurs techniques et veulent continuer à pêcher pour le marché intérieur. Mercredi, le gouvernement s’est positionné pour le soutien de l’interdiction du commerce international de l’espèce.