Quelle est jolie la « demoiselle* » après le clapage** des boues du port de plaisance de Loctudy au coeur des zones de pêche !
* La « demoiselle de Loctudy » est une langoustine, fleuron de la pêche bigoudène. ** Le clapage est l'opération consistant à déverser en mer des substances (généralement, déchets ou produits de dragage), en principe à l'aide d'un navire dont la cale peut s'ouvrir par le fond.
Photographie de Stéphane Guihéneuf extraite des caisses de boues du reportage plein de vases dans Le Télégramme : Boues de Loctudy. On nous dit que c'est propre, on montre que c'est sale.
Boues de Loctudy. On nous dit que c'est propre, on montre que c'est sale.
Les pêcheurs bigoudens très remontés contre les opérations de rejet en mer des boues de dragage du port de Loctudy ont exprimé leur ras-le-bol... Ce mercredi 22 mai 2013, ils ont mené une opération coup de poing... Une opération sauvetage de la langoustine, fleuron de la pêche bigoudène : Encerclement de la barge dédiée aux opérations de clapage, débarquement à la criée de caisses de vase et dépôt de ces dernières devant la mairie de Loctudy.
Une trentaine de bateaux de pêche du Pays bigouden et de Concarneau s'est mobilisée ce mercredi, contre les opérations de clapage, au large du Guilvinec, des boues de dragage du port de Loctudy. Une action symbolique débutée tôt le matin par le blocage de l'Empedocle, la barge chargée des opérations, suivi de quelques traits de chaluts dans la zone de clapage, et qui s'est terminée, en fin de journée, par le dépôt de caisses remplies de vase et le déversement de vase sur les marches de la mairie de Loctudy. Ils n'entendent pas relâcher la pression.
"On nous dit que c'est propre, nous on montre que c'est sale"
En début d'après-midi, les pêcheurs se sont dirigés vers le port du Guilvinec, où les attendaient les gendarmes. Là, devant un public assez fourni venu assister à la vente de la pêche du jour, ils ont pu montrer leurs caisses de poissons et de langoustines maculées des boues . "On nous dit que c'est propre, nous on montre que c'est sale", a indiqué Jean-Paul Biger, président de l'association des pêcheurs professionnels du littoral. Maintenant, a-t-il menacé, "s'il faut se faire violence, on se fera violence".
Même détermination du côté de Jean-Jacques Tanguy, président du comité départemental des pêches. "Cette action est partie du fond du coeur, sans être préméditée. Elle témoigne du ras-le-bol de la base. Les pêcheurs ont fait le choix de montrer la misère jusqu'au bout, au risque de perdre un peu de leur image".
« Tout remettre à plat pour faire autre chose »
Pour le symbole, une vingtaine de caisses ont été déposées sur les marches de la mairie de Loctudy. Certaines étant même déchargées à même le sol. À Joël Piété et Christine Zamuner (adjointe aux finances), ils ont redit qu'ils n'étaient pas opposés au dragage. Mais la méthode du clapage ne leur convient pas. « Vous pensiez vraiment qu'on n'aurait rien dit, qu'on aurait laissé faire ? », interroge Jean-Paul Biger. « On ne peut pas dire qu'on défend la pêche quand on fait ça ! ». Pour Dominique Faou, la situation « ne peut pas continuer, sinon ça risque de dégénérer en mer ».
Les pêcheurs défendent leurs droits humains
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Les pêcheurs défendent leurs droits humains
Les pêcheurs côtiers langoustiniers des quartiers maritimes du Guilvinec et de Concarneau qui ont bloqué la barge « Empédocle » chargée de 500 M3 de vase en provenance du port de plaisance de Loctudy « défendent leurs droits humains » (1). Ces pêcheurs artisanaux défendent le droit de vivre de leur métier, dénonçant le déversement en mer « d'une vraie poubelle » (2). Les boues déversées en mer sont constituées de vase, mais aussi de « macro-déchets, de bouteilles, de frigos », a indiqué Dominique Faou, membre de l'Association de protection des pêcheurs professionnels du littoral, qui regroupe une cinquantaine de navires opposés à ces rejets en mer.
« C'est une vraie poubelle que le conseil général [du Finistère] et la commune de Loctudy jettent dans nos zones à langoustines par 90 mètres de fond », a-t-il regretté. « Cette vase a la même densité que de la roche », a déploré Johan Gueguen, un autre pêcheur. « Au bout d'un mois de clapage [ce genre de rejet en mer], la zone est massacrée, a-t-il assuré. On réclame l'arrêt des clapages partout en France, c'est inadmissible, en 2013, de faire ce genre de choses. »
Débutées fin mars 2012, les opérations de dragage de ce port doivent s'achever en 2014. Elles ont cependant été arrêtées pendant plusieurs semaines en raison d'un recours déposé auprès du tribunal administratif de Rennes par le Comité régional des pêches. Elles ont repris samedi dernier après le rejet du recours.
Robin des Bois, solidaire des pêcheurs... Pas les Fishlove de studio !
L’association écologiste Robin des Bois exprime, dans un communiqué, « sa solidarité avec les pêcheurs », soulignant que la zone où sont rejetées les boues, au sud du Guilvinec, est « riche en biodiversité et en ressources halieutiques à vocation commerciale ». Elle juge « inquiétante » la dérogation accordée aux opérations de clapage et
réclame « de nouvelle modalités de traitement des déblais » (3). « Ce blocage est de la légitime défense non violente face au rejet en mer des boues de dragage du port de Loctudy », indique cette association, solidaire des pêcheurs.
Pendant ce temps, les « Fishlove » soutenus par la coalition Ocean 2012, se pavanent nus dans les studios contre la surpêche....
Philippe Favrelière (actualisé le 23 mai 2013)
(1) Comité départemental des pêches du Finistère : Clapage : les pêcheurs défendent leurs droits humains.
(2) Le Monde : Une quarantaine de bateaux de pêche empêchent le rejet en mer des boues d'un port breton
(3) Le Télégramme : Clapage. Les pêcheurs n'en veulent plus Autre article
Communiqué de l'association Robin des Bois : Dénatura 2000
Le schéma départemental de gestion de dragage du Finistère favorise l’immobilisme et consolide les mauvaises habitudes. L’immersion des boues de dragage des ports de Loctudy et de Lesconil dans le site marin Natura 2000 des Roches de Penmarc’h en est la preuve. Ce site Natura 2000 abrite une forêt de laminaires et une biodiversité d’importance patrimoniale ou économique exceptionnelle. Il est battu par les courants. La décharge sous-marine des déchets portuaires du Finistère sera dispersive et affectera les eaux du Morbihan.
Débutées fin mars 2013, les opérations de dragage devaient s’achever en février 2014. Elles sont aujourd’hui interrompues grâce à l’intervention des pêcheurs professionnels.
Dans 165.000 m3 de boues de dragage, l’instance de pilotage du Conseil Général n’a repéré que 625 m3 de déchets pollués, soit 0,38%. Par abus de langage, la masse des déblais à immerger est qualifiée de non contaminée. C’est faux. Tous les déblais de dragage contiennent des traces de micropolluants chimiques et bactériologiques et des macrodéchets. Les plus gros ne sont pas forcément les plus dangereux pour la faune marine. Les plus petits sont ingérés par les oiseaux, les mammifères marins et les tortues. Les tortues luth sont des visiteurs occasionnels du site Natura 2000 des Roches de Penmarc’h.
Comme d’habitude, pour justifier la vidange en mer des fonds de bassin pollués, l’arrêté préfectoral d’autorisation met en avant la sécurité de la navigation portuaire et la nécessité de rétablir la profondeur initiale. Il s’avère que les vases sont en partie constituées de blocs qui, après leur rejet en mer, empêchent les pratiques de pêche aux arts trainants, endommagent les outils de pêche et exposent les bateaux de pêche professionnelle à des risques supplémentaires de naufrage. Est-il logique que la restauration de la sécurité à un endroit instaure l’insécurité dans un autre ?
L’opération de dragage des ports de Loctudy et de Lesconil présente par ailleurs une particularité dérogatoire inquiétante. A titre de précaution, les dragages dans les secteurs touristiques, balnéaires et conchylicoles sont à l’ordinaire interdits du mois de mai au mois d’octobre. Or, les dragages de Loctudy et de Lesconil sont seulement interdits entre le 1er juillet et le 31 août 2013.
1- Ainsi, le chantier va favoriser en période estivale les efflorescences de planctons toxiques susceptibles de contaminer les coquillages et les consommateurs de coquillages. Des souches de planctons toxiques sont souvent enkystées dans les sédiments portuaires. L’étude d’impact élaborée par le Conseil Général du Finistère n’a pas pris en compte ce risque émergent maintenant bien identifié par les experts.
2- Ainsi, le chantier va libérer en mer côtière des apports importants d’azote alors que la température de l’eau sera élevée et favorisera le développement des algues vertes. Les sédiments portuaires sont des puits ou des réservoirs d’éléments nutritifs. Ifremer dit « qu’il n’y a pas de cas avéré de marée verte en lien avec des opérations de dragage et que ces opérations n’apparaissent pas devoir entretenir des phénomènes de marée verte ». Cette goutte de certitude dans un océan d’incertitudes relève plus de l’attitude militante que du rationnel scientifique.
3- Ainsi, la continuation des opérations de dragage pendant la saison touristique et le pic de fréquentation des eaux de baignade exposera les usagers aux risques sanitaires des contaminants bactériologiques dormant eux aussi dans les sédiments à cause des rejets des eaux noires des bateaux de plaisance.
En appui des pêcheurs professionnels, Robin des Bois souhaite que les opérations de dragage soient suspendues sine die tant que de nouvelles modalités de traitement des déblais n’auront pas été mises au point. Source : Robin des Bois


















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