jeudi 23 mai 2013

Clapage. Opération sauvetage de la « demoiselle » du Pays Bigouden

Quelle est jolie la « demoiselle* » après le clapage** des boues du port de plaisance de Loctudy au coeur des zones de pêche !

* La « demoiselle de Loctudy » est une langoustine, fleuron de la pêche bigoudène. ** Le clapage est l'opération consistant à déverser en mer des substances (généralement, déchets ou produits de dragage), en principe à l'aide d'un navire dont la cale peut s'ouvrir par le fond.

Photographie de Stéphane Guihéneuf extraite des caisses de boues du reportage plein de vases dans Le Télégramme :  Boues de Loctudy. On nous dit que c'est propre, on montre que c'est sale.

Boues de Loctudy. On nous dit que c'est propre, on montre que c'est sale.

Les pêcheurs bigoudens très remontés contre les opérations de rejet en mer des boues de dragage du port de Loctudy ont exprimé leur ras-le-bol... Ce mercredi 22 mai 2013, ils ont mené une opération coup de poing... Une opération sauvetage de la langoustine, fleuron de la pêche bigoudène : Encerclement de la barge dédiée aux opérations de clapage, débarquement à la criée de caisses de vase et dépôt de ces dernières devant la mairie de Loctudy.

Une trentaine de bateaux de pêche du Pays bigouden et de Concarneau s'est mobilisée ce mercredi, contre les opérations de clapage, au large du Guilvinec, des boues de dragage du port de Loctudy. Une action symbolique débutée tôt le matin par le blocage de l'Empedocle, la barge chargée des opérations, suivi de quelques traits de chaluts dans la zone de clapage, et qui s'est terminée, en fin de journée, par le dépôt de caisses remplies de vase et le déversement de vase sur les marches de la mairie de Loctudy. Ils n'entendent pas relâcher la pression.

"On nous dit que c'est propre, nous on montre que c'est sale"

En début d'après-midi, les pêcheurs se sont dirigés vers le port du Guilvinec, où les attendaient les gendarmes. Là, devant un public assez fourni venu assister à la vente de la pêche du jour, ils ont pu montrer leurs caisses de poissons et de langoustines maculées des boues . "On nous dit que c'est propre, nous on montre que c'est sale", a indiqué Jean-Paul Biger, président de l'association des pêcheurs professionnels du littoral. Maintenant, a-t-il menacé, "s'il faut se faire violence, on se fera violence".

Même détermination du côté de Jean-Jacques Tanguy, président du comité départemental des pêches. "Cette action est partie du fond du coeur, sans être préméditée. Elle témoigne du ras-le-bol de la base. Les pêcheurs ont fait le choix de montrer la misère jusqu'au bout, au risque de perdre un peu de leur image".

« Tout remettre à plat pour faire autre chose »

Pour le symbole, une vingtaine de caisses ont été déposées sur les marches de la mairie de Loctudy. Certaines étant même déchargées à même le sol. À Joël Piété et Christine Zamuner (adjointe aux finances), ils ont redit qu'ils n'étaient pas opposés au dragage. Mais la méthode du clapage ne leur convient pas. « Vous pensiez vraiment qu'on n'aurait rien dit, qu'on aurait laissé faire ? », interroge Jean-Paul Biger. « On ne peut pas dire qu'on défend la pêche quand on fait ça ! ». Pour Dominique Faou, la situation « ne peut pas continuer, sinon ça risque de dégénérer en mer ».

Les pêcheurs défendent leurs droits humains

Les pêcheurs côtiers langoustiniers des quartiers maritimes du Guilvinec et de Concarneau qui ont bloqué la barge « Empédocle » chargée de 500 M3 de vase en provenance du port de plaisance de Loctudy « défendent leurs droits humains » (1). Ces pêcheurs artisanaux défendent le droit de vivre de leur métier, dénonçant le déversement en mer « d'une vraie poubelle » (2). Les boues déversées en mer sont constituées de vase, mais aussi de « macro-déchets, de bouteilles, de frigos », a indiqué Dominique Faou, membre de l'Association de protection des pêcheurs professionnels du littoral, qui regroupe une cinquantaine de navires opposés à ces rejets en mer.

« C'est une vraie poubelle que le conseil général [du Finistère] et la commune de Loctudy jettent dans nos zones à langoustines par 90 mètres de fond », a-t-il regretté. « Cette vase a la même densité que de la roche », a déploré Johan Gueguen, un autre pêcheur. « Au bout d'un mois de clapage [ce genre de rejet en mer], la zone est massacrée, a-t-il assuré. On réclame l'arrêt des clapages partout en France, c'est inadmissible, en 2013, de faire ce genre de choses. »

Débutées fin mars 2012, les opérations de dragage de ce port doivent s'achever en 2014. Elles ont cependant été arrêtées pendant plusieurs semaines en raison d'un recours déposé auprès du tribunal administratif de Rennes par le Comité régional des pêches. Elles ont repris samedi dernier après le rejet du recours.
Robin des Bois, solidaire des pêcheurs... Pas les Fishlove de studio !

L’association écologiste Robin des Bois exprime, dans un communiqué, « sa solidarité avec les pêcheurs », soulignant que la zone où sont rejetées les boues, au sud du Guilvinec, est « riche en biodiversité et en ressources halieutiques à vocation commerciale ». Elle juge « inquiétante » la dérogation accordée aux opérations de clapage et réclame « de nouvelle modalités de traitement des déblais » (3). « Ce blocage est de la légitime défense non violente face au rejet en mer des boues de dragage du port de Loctudy », indique cette association, solidaire des pêcheurs.

Pendant ce temps, les « Fishlove » soutenus par la coalition Ocean 2012, se pavanent nus dans les studios contre la surpêche....

Philippe Favrelière (actualisé le 23 mai 2013)

(1) Comité départemental des pêches du Finistère : Clapage : les pêcheurs défendent leurs droits humains.
(3) Le Télégramme : Clapage. Les pêcheurs n'en veulent plus 

Autre article



Communiqué de l'association Robin des Bois : Dénatura 2000

Le schéma départemental de gestion de dragage du Finistère favorise l’immobilisme et consolide les mauvaises habitudes. L’immersion des boues de dragage des ports de Loctudy et de Lesconil dans le site marin Natura 2000 des Roches de Penmarc’h en est la preuve. Ce site Natura 2000 abrite une forêt de laminaires et une biodiversité d’importance patrimoniale ou économique exceptionnelle. Il est battu par les courants. La décharge sous-marine des déchets portuaires du Finistère sera dispersive et affectera les eaux du Morbihan.

Débutées fin mars 2013, les opérations de dragage devaient s’achever en février 2014. Elles sont aujourd’hui interrompues grâce à l’intervention des pêcheurs professionnels.

Dans 165.000 m3 de boues de dragage, l’instance de pilotage du Conseil Général n’a repéré que 625 m3 de déchets pollués, soit 0,38%. Par abus de langage, la masse des déblais à immerger est qualifiée de non contaminée. C’est faux. Tous les déblais de dragage contiennent des traces de micropolluants chimiques et bactériologiques et des macrodéchets. Les plus gros ne sont pas forcément les plus dangereux pour la faune marine. Les plus petits sont ingérés par les oiseaux, les mammifères marins et les tortues. Les tortues luth sont des visiteurs occasionnels du site Natura 2000 des Roches de Penmarc’h.

Comme d’habitude, pour justifier la vidange en mer des fonds de bassin pollués, l’arrêté préfectoral d’autorisation met en avant la sécurité de la navigation portuaire et la nécessité de rétablir la profondeur initiale. Il s’avère que les vases sont en partie constituées de blocs qui, après leur rejet en mer, empêchent les pratiques de pêche aux arts trainants, endommagent les outils de pêche et exposent les bateaux de pêche professionnelle à des risques supplémentaires de naufrage. Est-il logique que la restauration de la sécurité à un endroit instaure l’insécurité dans un autre ?

L’opération de dragage des ports de Loctudy et de Lesconil présente par ailleurs une particularité dérogatoire inquiétante. A titre de précaution, les dragages dans les secteurs touristiques, balnéaires et conchylicoles sont à l’ordinaire interdits du mois de mai au mois d’octobre. Or, les dragages de Loctudy et de Lesconil sont seulement interdits entre le 1er juillet et le 31 août 2013.

1- Ainsi, le chantier va favoriser en période estivale les efflorescences de planctons toxiques susceptibles de contaminer les coquillages et les consommateurs de coquillages. Des souches de planctons toxiques sont souvent enkystées dans les sédiments portuaires. L’étude d’impact élaborée par le Conseil Général du Finistère n’a pas pris en compte ce risque émergent maintenant bien identifié par les experts.

2- Ainsi, le chantier va libérer en mer côtière des apports importants d’azote alors que la température de l’eau sera élevée et favorisera le développement des algues vertes. Les sédiments portuaires sont des puits ou des réservoirs d’éléments nutritifs. Ifremer dit « qu’il n’y a pas de cas avéré de marée verte en lien avec des opérations de dragage et que ces opérations n’apparaissent pas devoir entretenir des phénomènes de marée verte ». Cette goutte de certitude dans un océan d’incertitudes relève plus de l’attitude militante que du rationnel scientifique.

3- Ainsi, la continuation des opérations de dragage pendant la saison touristique et le pic de fréquentation des eaux de baignade exposera les usagers aux risques sanitaires des contaminants bactériologiques dormant eux aussi dans les sédiments à cause des rejets des eaux noires des bateaux de plaisance.

En appui des pêcheurs professionnels, Robin des Bois souhaite que les opérations de dragage soient suspendues sine die tant que de nouvelles modalités de traitement des déblais n’auront pas été mises au point. Source : Robin des Bois

lundi 20 mai 2013

Campagne 2013 : Frénésie autour du thon rouge...


La campagne de thon rouge commence dans quelques jours en Méditerranée... Cette nouvelle saison s'annonce torride... Pour Jean-Pierre du journal en ligne Consoglobe, "ça va saigner !" (1)

En Angleterre, la femme nue qui chevauche le thon rouge, se prépare à traverser la Manche. Elle va débarquer à Paris dans le cadre de la campagne « Fishlove ». (2)

Au Japon, la femme nue attend en position sushis de thon rouge selon la "tradition" nyotaimori en plein développement dans le monde (3)


Surpêche... Droit humain... Instrumentalisation du thon rouge !

L'origine du nyotaimori reste floue, aucun restaurant au Japon ne proposant ce type de service. Cette pratique est plutôt considérée au Japon comme jeu sexuel et non comme une tradition culinaire, bien qu'elle soit présentée ainsi dans les autres pays du monde... Pratique dénoncée par plusieurs organisations (notamment féministes) car elle porte atteinte à la dignité des femmes... (4)

Pendant ce temps, des stars se déshabillent contre la surpêche (5), elles se dénudent à l'image de Mélanie Laurent pour Le Marin (6), et posent nues par amour des poissons ! (7)
 
(1) Consoglobe : Pêche au thon, nouvelle saison – ça va saigner !
(2) Fishlove : la campagne dénudée contre la surpêche arrive à Paris
(3) Manger des sushis sur une femme nue (interdit -18 ans)
(4) Wikipedia : Nyotaimori

Autres articles :

Images : femmes nues "table à sushi" (Sources : Reuters et Sushi Maki)

Pour aller plus loin....

En 2013, les quotas de thon rouge repartent à la hausse...

samedi 18 mai 2013

Défi des ports de pêche, de la compétition à la défense d’un métier

“26ème Défi des Ports de Pêche” à Palavas-Les-Flots

Palavas-les-Flots : “26ème Défi des Ports de Pêche”

Du samedi 18 au mercredi 22 mai 2013

Palavas-les-Flots

Régates sur des bateaux monotypes, animations et dégustations au Village Pêcheurs

30 ports de pêche représentés (Manche, Atlantique et Méditerranée)

Comme chaque année depuis l’an 2000, Palavas-Les-Flots, grâce aux Pescaïres Palavasien, participe au Défi des Ports de Pêche. La Ville a terminé 2ème en 2009 à Groix, 1er en 2010 au Grau du Roi, 3ème en 2011 à Granville et 1er en 2012 à l’Ile D’Yeu

Le défi des Ports de Pêche a été créé pour réconcilier pêcheur et plaisancier. Les professionnels de la mer regardant parfois d’un œil agacé ces navigateurs du dimanche venus jouer sur leur lieu de travail. Il a fallu un peu de temps pour que ces deux familles, somme toute unies par le même amour de la mer, acceptent de naviguer bord à bord en parfaite harmonie.

C’est ainsi qu’il y a 23 ans germa la bonne idée de créer le Défi des ports de pêche dans le but premier de rapprocher ces deux mondes à la cohabitation parfois difficile. Cet appel reçut immédiatement un écho favorable dans les divers ports de pêche français.

Palavas-Les-Flots, un port de pêche

La Cigogne et Le Calimar

Non, ce n'est pas le titre d'une fable oubliée de Jean de La Fontaine. C'est celui d'une histoire humaine d'aujourd'hui. Ce sont les surnoms de deux incontournables pêcheurs de Palavas-les-Flots, Jean-Marie Bénézech et André Altere, tous deux conseillers municipaux délégués au port de pêche. Leurs visages aux traits forts résument à eux seuls toute une vie consacrée à la pêche, avec ses grands moments et ses grandes contraintes.

« La particularité du littoral palavasien réside dans la présence d'une série d'étangs salés, communiquant avec la Méditerranée par des passes appelés graus, explique La Cigogne. Jusque dans les années soixante-dix, 65 pêcheurs vivaient de l'étang de l'Or ». Le Calimar renchérit : « On y pêchait des anguilles, des jols, des daurades, des crevettes grises, des solettes... ». Les étangs étaient d'une telle richesse que les pêcheurs se permettaient, jusqu'en 1975, de prendre des vacances en juillet. C'est dire...
 
La pollution et l'exploitation ont menacé rapidement ces aires de vie aquatique. « Ils ont servi de stations d'épuration pendant des années, se souvient Jean-Marie Bénézech, la pollution a vidé les étangs ». Alors, les hommes ont dû se tourner vers la mer. « Nous avons dû changer de matériel, pour pêcher des soles, des merlans et des thons, décrit André Altère. Nous sommes repartis quasiment de zéro ».

Sur les 250 pêcheurs travaillant à Palavas en 1960, il n'en reste plus qu'une trentaine, ainsi que 8 sur les étangs. Mais la tradition de la pêche avec de petites unités est toujours aussi forte. Chaque jour, il n'est que de voir les toiles blanc et bleu des parasols parsemant les quais, au bord du canal du Lez, et les visiteurs venant acheter leur poisson tout frais sur les étals protégés du soleil de plomb du Midi. Si frais qu'il saute parfois des bassines en plastique...

La Cigogne et Le Calimar sont tombés dans la marmite du Défi des Ports de Pêche en 2000, attirés par un de leurs amis du Grau-du-Roi.

« On ne connaissait rien à la voile, raconte Jean-Marie, car on pêche au moteur. Il a fallut s'y mettre, avec des techniques et des termes différents ». De son côté, André en frémit déjà : « Cela va être notre treizième Défi et on déborde tous d'enthousiasme. Car on s'est pris au jeu. Et puis, nous sommes tellement heureux de recevoir nos amis de tous les océans ».

Car de Boulogne-sur-Mer à Palavas-les-Flots, ces hommes parlent tous le même langage et partagent tous la même passion. 

La mer.
 
Au-delà de la compétition, le défi offrait la possibilité à des marins pêcheurs aguerris de s’embarquer pour une découverte de la navigation à la voile comme la pratiquaient professionnellement leurs anciens, parents et grands parents.

Au fil des ans, le Défi des ports de pêche a jeté l’ancre dans bon nombre de ports de pêche de France et mis sous les projecteurs, élus, marins, décideurs et les offices de tourisme invités à tenir salon dans le village des pêcheurs.

Cliquer Ici pour plus d'informations sur le programme

Cliquer Ici pour accéder à la liste des participants et au déroulement des régates...

Cliquer Ici pour le dossier de presse


Résultat :

« Pays Bigouden » vainqueur du Défi des ports de pêche

Source : Ouest France

L’équipage des Ports de Pêche du Pays Bigouden gagne le vingt-sixième Défi des Ports de pêche, onze ans après avoir remporté le titre à Capbreton en 2002.

Du 18 au 22 mai, vingt concurrents se sont affrontés pendant neuf régates au large de Palavas-les-Flots, le tenant du titre, qui cette année, monte sur la seconde marche du podium.

Le port de La Cotinière-Oléron, dont certains équipiers ont participé aux 26 défis, prend la troisième place. Dans le groupe « jeunes », le Lycée maritime du Guilvinec remporte, pour la 4e année consécutive, le Trophée des lycées maritimes !

Classement : 1 : Pays Bigouden. 2 : Port de Palavas-les-Flots. 3 : La Cotiniere. 4 : Royan. 5 : Le Grau-du-Roi/Port Camargue. 6 : Lycée Le Guilvinec. 7 : Île d'Yeu. 8 : La Tremblade. 9 : Lycée Sète. 10 : Pornic. 11 : Grandcamp-Maisy. 12 : Port de Lorient. 13 : Lycée Paimpol. 14 : Lycée La Rochelle. 15 : Lycée Boulogne/Le Portel. 16 : Port en Bessin. 17 : Saint-Vaast-la-Hougue/Val de Saire. 18 : Étaples-sur-Mer. 19 : Lycée Bastia. 20 : Lycée Fécamp.

Point le 20 mai 2013

Le défi des ports de pêche de Palavas : les Bretons face à la Méditerranée
Le défi met tout le monde d'accord. Qu'ils s'appellent Grau du Roi, Royan ou Pays Bigouden, les bateaux sont tous logés à la même enseigne pour cette série de régates en hommage aux marins-pêcheurs de toutes les mers. Une 26 ième édition particulièrement ventée.



Source : France 3 Languedoc Roussillon par Laurence Creusot / Reportage de Jérôme Gaussen

Des régates et un village de pêcheur. Voici résumée l'ambiance du défi des ports de pêche.
25 ports de pêche de toute la france participent à la comptétition mais aussi des lycées maritimes.
Et on se retrouve ensuite au village à Palavas pour se raconter des histoires de marins.

Le défi se poursuit jusqu'au 23 mai.

vendredi 17 mai 2013

Dépendance aux poissons d’importation. L’étude de la Nef est une imposture !

Dépendance de la France aux poissons d’importation. L’étude de la Nef est une imposture !

Demain samedi, les Français auront mangé tous leurs poissons...

Si les Français ne consommaient que les poissons pêchés dans les eaux européennes, ils auraient mangé les derniers de l'année dès ce vendredi 17 mai 2013, selon une étude de la New economics foundation (Nef) pointant notre «dépendance» accrue aux produits pêchés ailleurs dans le monde en liaison avec l’épuisement des ressources en poisson dans les eaux de l’Europe Bleue.

Chaque année depuis 2011, la Nef et Ocean2012, une coalition d'Ong, calculent, pour chaque pays de l'Union européenne, le jour à partir duquel il devient dépendant des importations et de la pêche menée hors des eaux européennes. C'est une façon pour ces organisations de reparler de surpêche, en lançant une campagne médiatique sur le niveau de consommation «insoutenable» de l'Europe au regard de l'état catastrophique de ses réserves de poissons.

La France dépendrait ainsi de poissons pêchés hors des eaux européennes pour assurer 62% de sa consommation de poissons. Traduit en jours pour 2013, la France aurait ainsi "virtuellement" consommé les poissons capturés en Europe par les bateaux français dès ce vendredi et commence à dépendre de pêche plus lointaine à partir de samedi, selon les associations. (1)

Ce jour était intervenu le 21 mai en 2012, le 13 juin en 2011 et en septembre en 1990 : signe que la "dépendance" de la France s'accroît année après année, à la fois en raison d'une augmentation de la consommation et d'un épuisement des réserves, selon le rapport.


Ce «jour de dépendance» est une «imposture»

Pour le Comité national des pêches maritimes et des élevages marins (CNPMEM), ce «jour de dépendance» est une «imposture» car il donne l'impression que «les pêcheurs font n'importe quoi». La part de plus en plus importante de produits non européens sur les étals français s'explique moins par la surexploitation et l'épuisement des réserves que par une hausse continue de la consommation de produits de la mer des Français, affirme son directeur général Hubert Carré. «En dix ans, on a quasiment doublé la consommation», passée de 17 à 34 kg environ par an et par personne, fait-il valoir.

La pêche française couvre 15% de la consommation du pays, et 50% si on écarte la consommation de deux produits phare importés, le saumon (Norvège et Ecosse) et les crevettes (Madagascar et Asie), assure-t-il.


En criée, débarquements à la hausse depuis 2009

Alors que la Nef et Ocean 2012 expliquent à grand renfort de communiqués de presse que la ressource en poisson se raréfie et que la France est de plus en plus dépendante des poissons d’importation avec ce «jour de dépendance» de plus en plus précoce : le 21 mai en 2012, le 13 juin en 2011 et en septembre en 1990, le rapport annuel de FranceAgriMer sur les filières pêche et aquaculture en France (2) montre que les débarquements dans les criées françaises sont repartis à la hausse depuis 2009 (voir le graphique et le tableau ci-dessus).

Faire pression sur la réforme de la PCP

« Environ les deux-tiers des stocks de poissons européens sont surexploités, ce qui signifie qu'ils fournissent beaucoup moins de poissons que si on leur permettait de se restaurer », indique le rapport de New economics foundation (Nef). Les eaux européennes peuvent « fournir à long terme des poissons et des emplois, mais seulement si ces ressources de pêche sont gérées de façon durable », ajoute ce même rapport. La réforme de la pêche actuellement discutée au niveau européen pour «verdir» cette activité «est une occasion majeure pour restaurer ces stocks et réduire notre dépendance aux poissons non européens», indique Aniol Esteban, responsable environnement à la Nef et principal auteur du rapport.

Ce que retiennent les médias de l’étude de la Nef


« Au total, la NEF souligne que ce phénomène n'est pas seulement préoccupant pour l'environnement marin, il a aussi un impact sur l'économie, puisque des stocks halieutiques en régression entraînent fatalement une diminution des emplois dans le secteur de la pêche et de la transformation.... »


« Signe que la « dépendance » s’accroît, ce jour était survenu le 21 mai en 2012, le 13 juin en 2011 et au cours du mois de septembre en 1990. À l’échelle de l’Europe des 27, cette date est fixée au 8 juillet. Pour le Comité national des pêches maritimes et des élevages marins, cette dérive s’explique par l’augmentation de la consommation, passée en France de 17 à 34 kg par an et par personne en l’espace de dix ans.

Les deux associations, elles, mettent l’accent sur l’épuisement des réserves. Surexploités à 60 %, les stocks « fournissent beaucoup moins de poissons que si on leur permettait de se restaurer », révèle les associations dans leur rapport.... »

Actu-Environnement : Réserves halieutiques : la France n'est plus autosuffisante


"La France devient dépendante pour son approvisionnement en poissons à partir du 18 mai", indique une étude de la New economics foundation (Nef) et d'Ocean 2012...

La surpêche est la principale cause de ce phénomène, explique l'étude. Près de deux tiers des stocks de l'Union européenne (UE) évalués sont surexploités, rappelle-t-elle. Or, "si nous cessions complètement de pêcher les stocks surexploités aujourd'hui, la plupart pourraient être entièrement reconstitués en l'espace de cinq ans". La pêche durable relève d'après elle d'un bon sens économique qu'elle détaille dans son rapport. La reconstitution des stocks halieutiques apporterait des bénéfices en termes d'alimentation, de revenus et pourrait même créer des emplois.
 
Philippe Favrelière (actualisation le 23 mai 2013)
 
(1) Selon le rapport de la Nef, les Allemands auraient été privés de poisson depuis le 7 avril, les Italiens depuis le 14 avril, les Portugais depuis le 29 avril, les Espagnols depuis le 16 mai et les Grecs à partir du 5 septembre. A l'échelle de l'Europe des 27, la dépendance commencera le 8 juillet, ce qui signifie que quasiment un poisson sur deux consommé dans l'UE est pêché hors des eaux communautaires.
(2) FranceAgriMer : « Les chiffres-clés - Les filières pêche et aquaculture en France – Edition avril 2013 »

Cliquer Ici pour télécharger le document de la Nef "Fish dependence – 2013 Update / The increasing reliance of the EU on fish from elsewhere"

Autres articles :

Pour aller plus loin dans l'imposture de la NEF (en association avec Ocean 2012)

Selon la Nef, la pêche durable relève du bon sens économique

Après le vote historique du Parlement européen en faveur d’une pêche durable

Le 18 Mai : la France devient dépendante pour son approvisionnement en poissons

Dans le journal en ligne CDurable, le 18 mai 2013

En février 2013, le Parlement européen votait à une écrasante majorité (502 voix contre 137) le projet de loi sur la réforme du règlement de base de la politique commune de la pêche (PCP). La France devient dépendante pour son approvisionnement en poissons à partir du 18 mai, ce qui signifie qu’elle a besoin de poissons non communautaires pour soutenir 62 % de sa consommation annuelle. Voici un aperçu des recherches de la nef (new economics foundation), avec la collaboration de OCEAN2012, démontrant que la pêche durable relève du bon sens économique.

La pêche durable relève du bon sens économique

Les ministres de la Pêche peuvent créer des emplois et aider les économies de leurs pays en fixant des objectifs clairs de reconstitution des stocks halieutiques de l’Union européenne

Les poissons sont une ressource renouvelable : si elle est correctement gérée, elle peut apporter des bénéfices inestimables à la société en termes d’alimentation, de revenus et d’emplois. Malheureusement, près de deux tiers des stocks de l’UE évalués sont désormais surexploités. Cela signifie que les captures sont moins volumineuses, les revenus moins élevés et les emplois moins nombreux que si les stocks étaient à leur rendement maximal durable. Les mesures visant à faire cesser la surpêche sont encore généralement perçues comme étant de mauvais augure pour le secteur de la pêche. Mais le rapport "Des Emplois à la mer" (1) de la nef estime que la restauration de 43 stocks européens surpêchés à un niveau de biomasse capable de supporter le rendement maximal durable (Brmd) apporterait à la France les bénéfices suivants :
  • 220 000 tonnes de poissons supplémentaires débarqués chaque année (assez pour soutenir la consommation annuelle de poissons de 7,1 millions de Français).
  • 206 millions d’euros de revenus complémentaires générés chaque année grâce à ces débarquements supplémentaires.
  • 6 100 nouveaux emplois créés
En réalité, les avantages de la reconstitution des stocks de poissons européens – en termes de captures, revenus et emplois supplémentaires – pourraient être nettement plus importants pour la France, peut-être même le double de ce qui est annoncé dans cette étude, car elle ne tenait pas compte des stocks méditerranéens...

Télécharger ce document de propagande : "La pêche durable relève du bon sens économique" en français

(1) Nous avions analysé le rapport de Nef "Des Emplois à la mer" dans cet article : Moratoire de la pêche : Les va-t-en guerre de la NEF 

    mardi 14 mai 2013

    Chronique minotière de Fish-Peru.com : Le Niño Asiatique (ou la ruée sur l'anchois du Pérou)

    Le Niño Asiatique (ou la ruée sur l'anchois du Pérou)

    Nous saluons un tout nouveau dans la blogosphère halieutique : Fish-Peru.com. Il nous vient de Lima au Pérou et il écrit en français !

    Fish-Peru.com nous donnera à n’en point douter des nouvelles fraiches et régulières du poisson n°1 dans le monde : « L'ANCHOIS DU PÉROU »

    Lors de son lancement, fin 2012, Fish-Peru.com annonçait la couleur : « Découvrez l’anchois du Pérou. Depuis la période pré-inca à nos jours. Première ressource mondiale, elle est le fer de lance de l’industrie de la pêche péruvienne. » Les rubriques de Fish-Peru.com rappellent que le Pérou est un grand pays halieutique, riche d’une grande diversité : Merlu, Pota (calmar), Saint-Jacques (pétoncle),...

    L’un des premiers messages de Fish-Peru.com concerne l’accaparement de la ressource en anchois par des « puissances étrangères », Corée du Sud (Dwongwon Group), Chine (China Fishery) et Chili (Angelini). La Norvège n’est pas citée dans cet article daté du 3 avril 2013 mais dans celui-ci : Le groupe norvégien Cermaq acquiert plus de 50% de Copeinca pour US$ 600 millions !

    Cette ruée étrangère sur l'anchois du Pérou intervient à un moment où le président péruvien Ollanta Humala mène une politique contre la malbouffe (1) et souhaite développer la pêche "vivrière" avec l’extension à 10 milles nautiques de la zone de pêche réservée pour la consommation humaine directe (ce qui repousse la pêche minotière au-delà de cette limite au grand dam des industriels péruviens) (2) : "La anchoveta pour la consommation humaine", des anchois sur la table des péruviens afin de lutter en particulier contre la malnutrition infantile encore très présente dans le pays. Lire : Au Pérou, des carpes au secours des villageois !

    "Chronique Fish-peru : Le Niño Asiatique" de Pedro Trillo


    Alors que la tension entre le gouvernement et le secteur industriel minotier devrait fragiliser ce dernier, les valeurs des entreprises n’ont jamais été aussi hautes.

    Récemment le président Humala attaquait de front les industriels de la pêche minotière, les accusant de s’enrichir sur le dos de la pêche artisanale et de piller l’anchois. Faux, "nous ne détruisons pas l'anchois" rétorquait la SNP (Société Nationale de la Pêche ndlr (3)) qui de son côté, via son avocat Aureliot Loret, montrait du doigt la pêche « illégale» soutenue par la ministre Triveño. Pour lui le Président est mal informé par sa ministre qui en faisant voter le décret Suprême DS-005-2013 PRODUCE  favorise tout simplement cette pêche illégale.

    Depuis un an la législation s’est durcie contre la pêche industrielle minotière, le quota d’anchois a été divisé par deux, la zone de pêche a été porté au-delà des 10 milles nautiques, rendant quasiment impossible la pêche dans le sud du pays où le plateau continental est très étroit. Déjà 12 usines de la région annoncent des licenciements pour manque d’approvisionnement d’anchois.

    Alors que ces mesures devraient fragiliser le secteur, en moins d’un mois deux entreprises majeures, COPEINCA et PESQUERA DIAMANTE, respectivement deuxième et troisième du secteur subissent des tentatives de rachat, l’une par l’entreprise chinoise CFG, l’autre par le géant coréen DWONGWON GROUP. Pesquera Diamante a refusé une offre de 600 Mio USD et Copeinca est sous le joux d’une OPA hostile, sa valeur a doublée en 5 ans, on dépasse là aussi les 600 Mio USD. Alors que ni l’une, ni l’autre ne dépassent les 300 Mio USD de CA, qu’est ce qui justifie des valeurs au-delà des ratios économiques qui plus est dans un contexte de crise et de conflits ouvert avec le gouvernement ?

    Une stratégie commune

    Le Pérou exporte plus de 3 Milliard USD, les 2/3 en farine et huile de poisson et 1/3 en produits de la mer pour la consommation humaine directe. Pour l’instant 20% de l’industrie minotière est contrôlée par des entreprises étrangères, mais cette situation pourrait changer très vite et ne serait pas souhaitable pour la souveraineté alimentaire du pays et en contradiction avec la politique du gouvernement qui veut lutter contre la malnutrition infantile encore très présente.

    Pour des puissances étrangères, il reste potentiellement 80% des entreprises disponible à la vente. Et les derniers événements démontrent que tout a un prix !

    Si l’on regarde de plus près la situation est très simple. Deux leaders asiatiques, chacun dans leur domaine ont affiché leur volonté d’étendre leur leadership au niveau mondial et pour cela ils sont appuyés par leurs gouvernements respectifs. Mais ils ont compris qu’ils devraient s’unir pour arriver à leurs fins.

    En effet pourquoi une entreprise leader dans le thon s’intéresse t’elle à une entreprise de farine au Pérou.

    Mais pourquoi le géant coréen DWONGWON, leader dans le thon, s'intéresse-t-il à l'anchois du Pérou ?

    La réponse est Ici dans la suite de l'article de Pedro Trillo

    (1) Le Monde du 18 mai 2013 : Le Pérou part en guerre contre la malbouffe
    (2) fish-peru.com : Le décret 005 de Produce en grand danger: Les industriels sont confiants
    (3) La Société Nationale de la Pêche (SNP) est une organisation regroupant les représentants des entreprises du secteur aquacole, de la farine et des armateurs

    Autres articles :

    Illustration : pulsamerica.co.uk


    lundi 6 mai 2013

    Phoques du Canada, Phoques du Pas-de-Calais, Phoques du Bangladesh,...


    Ancien titre : Les phoques du Cambodge. Droit animal / Droits humains !

    Les phoques du Canada. Militante écologiste ou pas, il ne viendrait pas à l’idée de Vanessa Paradis de porter un manteau en peau de phoque du Canada... Militante des droits humains ou pas, Vanessa Paradis porte sans sourciller les robes du « géant suédois H&M... pour incarner sa collection Conscious 2013, composée de pièces bohèmes éco-responsables. » Pourtant, ces robes sortent tout droit des usines asiatiques dans lesquelles les ouvriers-ères vivent des conditions de travail inhumaines comme nous le rappelle la catastrophe de l’usine textile au Bengladesh...  

    Les phoques du Pas-de-Calais : Colère anti-phoque des pêcheurs, un collectif de défense se crée

    La prolifération des phoques menace la faune et la flore de la côte. Un message relayé par un nouveau collectif de défense contre la prédation des phoques, né samedi matin à Cucq. Regroupant des pêcheurs à pied, des pêcheurs professionnels ou de plaisance, le collectif proteste contre la pression des mammifères marin, jugée trop forte, sur l’écosystème de la côte. Force de protestation, le collectif se veut aussi une force de proposition à travers Fabrice Gosselin et Pierre-Georges Dachicourt. (Source : Voix du Nord du 7 avril 2013)

    Les phoques du Bangladesh. Que nous soyons militants ou pas du droit animal et/ou des droits de l'homme, Guy konopnicki nous interpelle dans une chronique de Marianne : « Les phoques du Bangladesh »


    En tant que militant des droits humains, je vous invite à signer la pétition de Peuples Solidaires : Cambodge, pour un salaire vital

    H&M au Cambodge : l’UNconscious collection

    Alors qu’H&M fait la promotion, avec Vanessa Paradis, de sa Conscious Collection, ligne de vêtements « socialement et écologiquement soutenables », des centaines d’ouvrières perdent connaissance dans les usines qui confectionnent ses vêtements au Cambodge, faute d’un salaire suffisant pour se nourrir correctement. Signez cet Appel Urgent pour que celles et ceux qui travaillent pour H&M, Gap, Zara et Levi’s reçoivent un salaire minimum vital.

    « Nous voulons que [nos clients] puissent être sûrs que tout ce qu’ils achètent chez nous est fabriqué dans le respect des êtres humains et de l’environnement »(1), proclame Karl-Johan Persson, le PDG de H&M. Avec sa collection « Conscious » (conscient), la marque communique haut et fort sur sa responsabilité sociale et écologique. C’est à se demander… si H&M est vraiment « consciente » des conditions de travail des ouvrières et ouvriers qui fabriquent ses vêtements au Cambodge.

    Sous-alimenté-e-s et surmené-e-s

    Au Cambodge, les produits de la confection représentent plus de 85 % des exportations totales de marchandises du pays. Mais cette industrie ne profite pas à tout le monde : maintenu-e-s dans la pauvreté par des salaires de misère, les ouvriers-ères s’épuisent à la tâche. Plus de 2 900 cas d’évanouissement par épuisement ont ainsi été recensés depuis 2011, dont plusieurs centaines dans des usines où H&M se fournit. Le phénomène a pris une telle ampleur qu’il a été largement médiatisé dans le pays.

    Les organisations locales en lutte

    Sur place, les travailleurs-ses s’organisent. Il y a deux ans, plus de 200 000 personnes prenaient ainsi part à d’immenses grèves pour protester contre les mauvaises conditions de travail et les salaires insuffisants. Depuis, les syndicats continuent à se battre pour que le salaire minimum légal atteigne 115 euros. Le 21 mars, à l’issue de négociations tripartites, celui-ci a été porté de 47 à 57 euros, bien en-deçà des 215 euros dont un-e ouvrier-ère cambodgien-ne et sa famille ont besoin, pour assurer leur besoins fondamentaux, selon l’Asia Floor Wage Alliance. D’autant que ce salaire minimum perd chaque année de sa valeur réelle à cause de l’inflation.

    H&M, Gap, Levi’s et Zara : une responsabilité considérable

    Contrairement à d’autres pays, le Cambodge dispose d’atouts pour que la situation change : le taux de syndicalisation est élevé et l’Organisation internationale du travail (OIT) y pilote un programme d’amélioration des conditions de travail. Mais pour que la situation des travailleurs évolue réellement, il est indispensable que les grandes marques de prêt-à-porter qui se fournissent dans le pays modifient leurs pratiques, en cessant la pression à la baisse exercée sur les coûts et les délais de production.

    H&M, Gap, Levi’s et Zara font partie des principaux acheteurs d’habillement au Cambodge. Avec des bénéfices qui se chiffrent en milliards d’euros – 2 milliards pour H&M en 2012 – ces entreprises ont les moyens de verser un salaire décent à celles et ceux qui fabriquent leurs produits.

    A nous d’agir

    « Les consommateurs ont un pouvoir de pression considérable, particulièrement dans les pays occidentaux » explique Phork Hoeurng, coordinatrice du Centre d’information des travailleurs.

    En tant que citoyen-ne-s et consommateurs-trices, exigeons des marques qu’elles versent un salaire décent aux travailleurs cambodgiens. Signez cet Appel Urgent et diffusez-le à vos contacts !

    Consommer équitable, c'est pourtant simple... : Quinzaine du commerce équitable du 4 au 19 mai 2013 et Plateforme pour le commerce équitable

    Autres articles :

    Pour aller plus loin....

    Au Canada : La chasse au phoque devrait progresser de 40%

    Source : Agence France-Presse via Canoé (18 avril 2013)

    Vêtements traditionnels Inuit (Phoque et Caribou) / Photographie de Ansgar Walk dans wikipedia

    Les chasseurs canadiens prévoient d'abattre 100 000 phoques en 2013, contre 69 000 tués en 2012.

    Les prises effectuées lors de la chasse au phoque au Canada devraient progresser de 40% cette année par rapport à 2012, ont indiqué jeudi des représentants de cette industrie boycottée par l'Europe. Les chasseurs canadiens prévoient d'abattre 100 000 phoques en 2013, contre 69 000 tués en 2012. Le manque de glace dans la golfe du Saint-Laurent avait en effet sérieusement compliqué cette activité l'année dernière. Ottawa a fixé cette année, comme en 2012, un quota maximum de 400 000 têtes, sur une population de phoques du Groenland estimée à quelque 9 millions dans l'Atlantique Nord-Ouest, selon les relevés du ministère canadien des pêches.

    Scientifiques et officiels s'entendent pour dire que cette population a plus que triplé depuis les années 1970.

    Les prises

    vendredi 3 mai 2013

    Depuis longtemps, les pêcheurs dénoncent les fossoyeurs de l’océan...

    Fossoyeur, par Viktor Vasnetsov (1871)

    Les pêcheurs dénoncent tous ces fossoyeurs qui travaillent à la ruine de l’océan...

    Quand les plus grands défenseurs de l’océan apportent leurs soutiens aux plus grands pollueurs de l’océan….

    « Pechiney a financé plusieurs études visant à prouver le faible impact des rejets. A Cassis les pêcheurs rigolent encore -avec une rage contenue- de la venue de Jacques-Yves Cousteau en 1966 avec la Calypso. Chargé par l’industriel d’apporter sa caution à l’autorisation de rejet, le commandant s’était beaucoup discrédité sur le port avec une démonstration publique où il versait des boues rouges dans un aquarium contenant quelques poissons marins, et concluait à l’innocuité des déchets, puisque les animaux semblaient n’avoir aucune réaction. Au même moment la Calypso effectuait les sondages préalables à l’installation du tuyau ». Par Robin des Bois, in « le Pastis de Pechiney », La Flèche, n°33, 1999. P2.

    Omerta sur les boues rouges de La Ciotat

    Le parc national des calanques a profondément divisé La Ciotat (Bouches-du-Rhône, 34 000 habitants), du projet à sa création en mars 2012. Partisans et opposants s’y sont affrontés, au point de fissurer la droite à la tête de la municipalité. La pression semblait retombée lorsqu’une poignée de Ciotadens découvrent que l’usine d’alumine de Gardanne déverse ses boues rouges dans la décharge du Mentaure. Le comité écologique de La Ciotat est alerté. Suite dans l’Encre de Mer avec le lien de l’article source dans Mediapart

    Sur cette page, nous allons déterrer tous les fossoyeurs de l'océan et tous leurs complices....

    En voici quelques exemples : 
    Depuis longtemps, les pêcheurs alertent...
    Illustration : Image wikipedia

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    Le 11 mai 2013

    Monaco, un éco-quartier entre corail rouge et herbier à posidonies !

    Monaco veut s'agrandir de 6 hectares sur la mer... et lance un appel à candidatures

    Source : Le Monde.fr avec AFP | 06.05.2013

    A Monaco, le secret bancaire est de mise : contrairement aux banques françaises, les banques monégasques sont dispensées de centraliser toutes les ouvertures de comptes, avec identité des titulaires ou mandataires dans un fichier central, comme le système français FICOBA qui permet aux autorités fiscales et judiciaires d'obtenir les caractéristiques de tous les comptes. bancaires détenus sous un même nom.

    La principauté de Monaco a officiellement lancé un appel à candidatures pour son projet d'extension territoriale de 6 hectares gagnés sur la mer, dont la première étape sera la construction d'une immense "dalle" sous-marine d'un coût d'un milliard d'euros, a détaillé, lundi 6 mai, le gouvernement monégasque.

    L'équation est compliquée pour un Etat très à l'étroit dans ses 2 km2 : construire de nouveaux logements de luxe pour attirer une clientèle internationale fortunée, et préserver l'environnement marin défendu dans ses discours par le souverain Albert II.

    Sur une carte du littoral monégasque, le gouvernement a délimité une surface d'une dizaine d'hectares où pourra se loger le nouveau quartier de six hectares. Cet espace est actuellement situé en face d'un jardin japonais et de la salle de spectacles et de congrès Grimaldi Forum.

    A seulement vingt mètres de là, sur la droite du futur quartier, démarre la réserve marine du Larvotto, fierté de la principauté avec sa riche biodiversité, ses posidonies, ses grandes nacres et ses mérous bruns. A quarante mètres sur la gauche se situe le "tombant des Spélugues", avec ses cavernes sous-marines tapissées de corail.

    Un socle à 20 mètres de fond

    Entre ces deux univers protégés doit surgir dans une dizaine d'années un nouveau quartier d'immeubles de 6 à 10 étages, comprenant logements de grand luxe, parkings sous-marins, commerces, bureaux et une marina d'une quarantaine d'anneaux.

    Au préalable, le constructeur retenu devra préparer à vingt mètres de fond un socle pouvant soutenir toutes ces constructions, pour un coût estimé à un milliard d'euros. Différentes techniques sont possibles, comme le remblaiement avec de la terre ou la pose de caissons flottants acheminés par la mer puis immergés (solution qui pourrait être privilégiée car elle est moins violente pour l'environnement marin).

    En échange de cet investissement colossal, l'opérateur disposera de droits à construire, même s'il devra rétrocéder à l'Etat certaines surfaces bâties ou non bâties. Les dossiers peuvent être déposés jusqu'au 23 juillet. Dix postulants au maximum seront sélectionnés, puis trois après des auditions. Le premier de la liste disposera de douze mois de négociations avec l'Etat pour finaliser son offre globale. Le projet d'extension pourrait ainsi voir le jour vers 2024.

    "La protection de l'environnement" figure en bonne place dans l'appel public, qui parle aussi "d'éco-quartier" et de la réalisation "d'études d'impact". Les candidats devront aussi pouvoir avancer de sérieuses garanties financières.

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    Greenwashing. Comment les plus gros pollueurs de la planète « s’achètent » des organisations écologistes

    Source : Bastamag par Simon Gouin (15 juin 2011)

    Jusqu’où les organisations environnementales sont-elles prêtes à se compromettre pour conclure des partenariats avec des grandes entreprises ? Basta ! a recueilli le témoignage accablant d’une ancienne salariée de la puissante ONG états-unienne Conservation International, Christine MacDonald, journaliste et auteur du livre Green. Inc. En échange de généreuses donations, cette organisation aide des multinationales comme Monsanto, BP, Total ou Walmart à « verdir » leur image. Ou conseille le vendeur d’armes Lockheed Martin pour recycler les éclats d’obus ramassés sur les champs de bataille.

    Peut-on être à la fois vendeur d’armes et protéger environnement ? Oui, répond Conservation International, une ONG états-unienne. Dans une vidéo publiée par le magazine anglais Don’t Panic (voir ci-dessous), deux journalistes se sont fait passer pour des représentants de Lockheed Martin, une entreprise américaine qui équipe de nombreuses armées en avions de chasse et bombardiers. Leur objectif ? Voir comment l’association de préservation de l’environnement peut les aider à « verdir » leur image.

    Les actions en faveur de l’environnement présentées par les faux représentants de Lockheed Martin sont pour le moins stupéfiantes : « Nous leur avons dit qu’une de notre principale stratégie pour préserver l’environnement était le recyclage des éclats d’obus des zones de batailles, que nous utilisions pour fabriquer de nouvelles bombes », raconte Heydon Prowse, un journaliste de Don’t Panic. Des arguments développés sur le site de Lockheed Martin. De quoi indigner la représentante de Conservation International ? Pas du tout. Elle propose aux vendeurs d’armes de devenir membre d’un « Conseil du Business et de Soutenabilité » qui rassemble déjà les entreprises Cargill, Shell, Monsanto ou Chevron – des modèles de développement durable ! – et d’apparaître ainsi sur le site de l’ONG dans la liste des entreprises engagées dans la protection de l’environnement.

    Des « oiseaux de proie » comme mascotte

    En échange, l’entreprise américaine doit s’acquitter de 37.500 dollars. Et pour 240.000 dollars environ, d’autres options de sponsoring peuvent être envisagées. Autres possibilités : développer des « messages verts » pertinents ou utiliser les « oiseaux de proie » d’Afrique du Nord, une espèce en danger, comme une mascotte pour Lockheed Martin, actif dans le secteur de l’aviation.

    Comme l’industrie pétrolière ou celle des OGM, les entreprises de « défense et de sécurité » ne semblent pas être incompatibles, pour Conservation International, avec la défense de l’environnement. Northrop Grumman, une entreprise de défense étasunienne, fournisseur du Pentagone, fait déjà partie de son fameux conseil de « soutenabilité ». Le directeur de Northrop est d’ailleurs membre du Conseil d’Administration de Conservation International. Bienvenue au club !

    Christine MacDonald connaît bien Conservation International. Cette journaliste indépendante a travaillé pendant sept mois, en 2006, pour l’organisation environnementale, dans le secteur de la communication. De son expérience et d’un travail d’investigation qui a suivi, elle a écrit un livre, Green Inc. : An Environmental Insider Reveals How a Good Cause Has Gone Bad, qui expose son regard très critique sur ces organisations environnementales de conservation. Entretien.

    Basta ! : Que pensez-vous de l’enquête réalisée par Don’t Panic ?

    Comment expliquer que cette organisation environnementale, comme d’autres, semble ne pas se soucier de la nature des activités de grosses entreprises avec qui elle passe des accords ?

    Comment fonctionnent ces organisations de conservation de l’environnement ?

    Certaines organisations, comme le WWF, affirment qu’ils doivent travailler main dans la main avec les grosses entreprises de façon à les faire changer. Qu’en pensez-vous ?

    Depuis des décennies, des ONG comme CI, The Nature Conservancy (TNC), le WWF, liées à des grosses entreprises, clament qu’elles influencent leurs bienfaiteurs du monde de l’entreprise vers un fonctionnement plus respectueux de l’environnement. On se rend compte facilement que les progrès réalisés par ces entreprises sont superficiels. L’approche court-termiste, qui valorise les logiques boursières plutôt qu’une croissance soutenable, continue de dominer.

    Ce qui ne semble pas déranger de nombreuses associations de préservation...

    Si vous regardez la composition des donateurs et des membres du Conseil d’administration d’organisations comme CI, WWF ou le TNC, c’est le bottin mondain des pires pollueurs de la planète ! Ces mêmes entreprises financent des campagnes de lobbying extrêmement coûteuses à Washington pour bloquer des lois qui visent à répondre aux enjeux climatiques. Ils attaquent l’Agence étasunienne de Protection de l’Environnement et affaiblissent les lois contre la pollution ou pour la santé publique. Tout en utilisant, parallèlement, leurs liens avec ces groupes environnementaux pour revaloriser leur image publique. Depuis longtemps, ces grands pollueurs savent faire taire les critiques. À chaque fois qu’une entreprise fait une donation à un groupe environnemental, cela sert à « utiliser » l’organisation et à affaiblir ses missions.

    Quand vous travailliez pour CI, les employés étaient-ils conscients de cette manipulation et de ce greenwashing ?

    Comment ont réagi vos anciens collègues à la publication de votre livre ?

    Les réactions ont été variées. Plusieurs employés actuels ou anciens de CI ont aimé mon livre. Ils ont l’impression qu’enfin, ces questions sont rendues publiques. Mais pour ceux qui continuent à travailler dans ce secteur, prendre la parole est très risqué. Un employé de Nature Conservancy a perdu son emploi après avoir fait l’éloge de mon livre sur Internet. D’autres, à l’intérieur de Conservation International, ont essayé de discréditer mon livre comme étant inexact, mais ils n’ont pas vraiment eu de succès.

    Trois ans après sa publication, Green Inc. semble avoir plus d’écho, alors que de nombreuses personnes deviennent conscientes que ces groupes environnementaux sont redevables vis-à-vis des entreprises avec qui elles travaillent. On commence à se demander si ce lien avec les entreprises polluantes n’est pas une des raisons pour lesquelles le mouvement environnemental n’a pas réussi à mobiliser dans la lutte contre le changement climatique. Je me réjouis de voir un débat s’ouvrir sur les moyens de revitaliser le mouvement environnemental. Ce qui est moins clair, c’est de savoir si ce débat mènera à l’action ou non.

    Propos recueillis par Simon Gouin


    jeudi 25 avril 2013

    Bretagne. Dégraissage dans le saumon fumé ?

    Saumon. Le norvégien Marine Harvest liquide ses sites industriels en Bretagne ?

    Marine Harvest "transformateur de saumon" perd de l'argent en Bretagne. En cause, la flambée du prix du saumon d'élevage. Mais, Marine Harvest "éleveur de saumon" en gagne beaucoup en Norvège, Ecosse et Irlande...

    Pour l'année 2012, Marine Harvest annonce une production record de 392.306 tonnes de saumon d'élevage avec un bénéfice* de 83,9 millions d'euros (1).

    L'année 2013 commence en fanfare : Le 1e trimestre affiche un bénéfice* record de 63,8 millions d'euros !!! La valeur boursière de la multinationale continue sur sa lancée : elle a doublé au cours des 12 derniers mois... (1 bis)

    En décembre 2012, le Norvégien Marine Harvest leader mondial dans l'élevage de saumon fait l’acquisition de 48,5% des parts du groupe polonais Morpol, numéro 1 européen dans le saumon fumé et mariné. Ces deux multinationales du Saumon cotées à la bourse d'Oslo, représentent un groupe de toute première importance, parmi les 5 premiers mondiaux en matière de produits halieutiques : Marine Harvest (2,2 milliards d'euros de CA pour 6200 emplois) + Morpol (500 millions d'euros de CA pour 3000 emplois).  

    Voir en annexe : OPA de MH sur son principal concurrent norvégien, l'entreprise d'Etat, Cermaq / Salmonopoly : Quand les revenus du pétrole sont investis dans l'élevage du saumon....

    « Cette acquisition est en ligne avec notre stratégie de construire une entreprise intégrée de fourniture de protéines qui compte parmi les leaders mondiaux », a estimé le président de Marine Harvest, Ole-Eirik Lerøy. (2)
     
    Depuis l'acquisition de Morpol, Marine Harvest liquide ses sites de transformation les moins rentables ? Réponse ici dans cet article de FIS daté du 1 mai 2013 (jour du travail) : Marine Harvest VAP Europe's revenues fall in Q1 ou dans cet article d'Undercurrentnews daté du 2 mai 2013 : Chairman not ruling out Marine Harvest plant closures.

    Qui aurait imaginé, il y a seulement 3 ou 4 ans, que la Bretagne, l'un des plus grands centres de production de saumon fumé en Europe (3), serait dans la ligne de dégraissage des opérateurs majeurs du saumon en France, le pays où le saumon fumé s'est imposé sur toutes les tables, le pays qui a contribué à l'enrichissement du "Patron" de Marine Harvest, John Fredriksen, l’une des plus grandes fortunes, magnat du transport maritime (n°1 mondial dans les tankers).

    Meralliance finaliste au Seafood Prix d’Elite 2013 avec du poisson fumé « en direct des ports bretons »

    Meralliance, numéro 1 français du saumon fumé, sent le vent tourner ?

    Depuis 2012, la société basée à Quimper propose du poisson fumé en direct des ports bretons. Du merlu, de l'églefin et du lieu jaune fumés sous la marque Armoric.

    Ce poisson fumé issu non pas des élevages norvégiens, mais des ports de pêche du Finistère : Le Guilvinec, Concarneau et Audierne, était sur la liste des finalistes au Seafood d’Elite 2013 à Bruxelles.

    Outre la très bonne qualité du produit, Meralliance favorise l’économie locale tout en innovant sur le made in France (voire in Bretagne) : poissons pêchés en Atlantique Nord-Est de façon responsable, débarqués en Finistère Sud à Concarneau, au Guilvinec ou à Audierne, puis fumés et tranchés à Quimper.

    Du « Human & local : proximité à visage humain » selon des experts en marketing : Au puissant levier que représente le concept de solidarité, la proximité vient adjoindre une capacité de visualisation, d’identification, qui donne une réalité et confère un sens à l’acte d’achat “local”. Elle conjugue les notions de citoyenneté (“j’aide de petits producteurs régionaux, je contribue au soutien de l’activité économique de ma région”) et de réassurance (“je sais d’où viennent les produits et qui les fabrique”). L'éclairage TNS Sofres : Les produits locaux et régionaux suscitent de l'intérêt pour 7 consommateurs sur 10, notamment en France, Allemagne, Russie et Chine. (4)

    Marine Harvest a qualifié la situation de « catastrophique »