Pensez aux Saint-Jacques, crabes, huîtres et langoustines après les fêtes !

lundi 8 février 2010

Marais, tourbières, prairies humides, lagunes, mangroves,….

Marais, tourbières, prairies humides, lagunes, mangroves… ces zones humides entre terre et eau présentent de multiples facettes. Jadis repoussants, ces milieux humides font maintenant l’objet d’une attention toute particulière. Un site Web leur est réservé depuis la journée mondiale du 2 février 2010 : Zones Humides.

Associés à fièvre jaune, paludisme, insalubrité, moustiques, taons et autres vermines, les milieux humides repoussaient les humains à leur périphérie.

Le Cycle du Crabe

Qui aurait pu vivre dans des milieux aussi hostiles ? si ce n’est ces pauvres paysans du Nordeste brésilien qui poussés par la faim se sont réfugiés dans la mangrove en marge de la ville de Recife. Le sociologue brésilien, Josué de Castro, fut probablement le premier à décrire la richesse nourricière de cette mangrove dans le Cycle du crabe (extrait de son livre culte « La géographie de la faim ») : « Avec la chair des crabes, née de la boue, ils fabriquent la chair de leur corps et la chair du corps de leurs enfants, les corps de cent mille citoyens faits de la chair de crabe. Tout ce que l’organisme rejette retourne à la boue du mangle (ndlr mangrove) pour redevenir crabe. »

Ces zones humides se caractérisent par une biodiversité exceptionnelle. Elles abritent en effet de nombreuses espèces végétales et animales. Par leurs différentes fonctions, ils jouent un rôle primordial dans la régulation de la ressource en eau, l’épuration, la prévention des crues et la protection des côtes.

Menacé par les activités humaines, agriculture, urbanisation, transport, etc…, ce patrimoine naturel fait maintenant l’objet d’une attention toute particulière. Sa préservation représente des enjeux environnementaux, économiques et sociaux importants.

Le site Web Zones Humides présente les milieux humides et dresse un panorama des fonctions, des menaces et de la réglementation qui s’y applique. Il apporte également des informations sur les outils et structures compétentes pour mener des actions de préservation et de restauration.

Autres articles :

samedi 6 février 2010

Poisson et Vin se marient bien en Bio !

Selon le Baromètre du Bio 2009, Poisson et Vin sont les deux produits à connaitre la plus forte progression dans les produits alimentaires biologiques (AB). Les poissons sont désormais consommés par 14% des consommateurs-acheteurs bio contre 7% l’an passé et les vins par 18% d’entre eux contre 11% en 2008.

La marge de progression des poissons bio et des vins bio serait encore grande par comparaison avec le niveau des autres produits alimentaires. Les fruits et légumes qui figurent au 1er rang des produits bio consommés, ont la faveur de 80% des consommateurs-acheteurs de Bio. Ils sont suivis des produits laitiers (71%), des oeufs (62%), des produits d’épicerie (huiles, pâtes, riz : 56%), de la viande (49%), du pain (42%) et des boissons (43%).

Selon l’Agence Bio, cette progression importante de la consommation des poissons et vins bio correspond à une augmentation de l’offre. Les viticulteurs français l’ont bien compris. Des vignobles entiers se convertissent actuellement en agriculture biologique. La comparaison entre le vin et le poisson s'arrête là....

Pour nous, le meilleur mariage, c’est un bon vin bio qui accompagne un bon poisson sauvage. Comme le montre le graphique, le poisson sauvage a encore la faveur d’une large majorité des consommateurs bio. Mais pour combien de temps ?

Du poisson bio principalement importé

L’offre française en poisson bio se limite à une trentaine de piscicultures (truite, bar et daurade) qui couvrent près de 20% du marché hexagonal. Les importations constituent donc la part la plus importante, avec du saumon bio d’Irlande, d’Ecosse et de Norvège.

Ces trois pays misent sur un développement important du marché biologique. Le gouvernement norvégien a déjà attribué des concessions piscicoles pour un potentiel de production annuelle de plus de 30.000 tonnes de saumon. L’Ecosse espère atteindre rapidement 10% de sa production salmonicole en bio (plus de 10.000 tonnes).

Il faudra compter aussi sur le tilapia et le panga biologiques....

Nous pouvons déjà nous interroger sur les incidences de ces poissons d'élevage biologique sur le marché traditionnel des poissons sauvages et les parades à mettre en place pour limiter les pertes de marché, un marché français des produits de la mer déjà bien ébranlé par les produits piscicoles classiques. La force de persuasion des multinationales de l'aquaculture est très grande ; elles peuvent faire pencher la balance du côté AB sans trop de problème. « Encore marginal avec 2% du marché alimentaire, le produit bio tient une place grandissante dans le panier du consommateur. » Philippe FAVRELIERE (modifié le 7 février 2010)

Autres articles :

Informations complémentaires :

Revue de presse :

Le 9 février 2010 : Ariège - La 1e truitticulture bio française en 2000

L'élevage de truites bio de Montbel récompensé (ariegenews)
Le «prix de la dynamique agricole et de la Pêche», catégorie agriculture durable. Voici le prix dont vient d’être lauréate la ferme aquacole du Plantaurel en Ariège.
Une reconnaissance bien méritée pour une production qui respecte les animaux et le milieu du début à la fin. D’autant plus que l’exploitation a été la première en France à produire du poisson bio en 2000.
Un pari gagnant pour la ferme en plein essor dans le bio, et qui a concentré son activité sur la production de truites, en se répartissant sur deux sites…..

vendredi 5 février 2010

Attention…. Poissons suspects !

Connaitre l’identité d’un poisson frais et entier n’est pas toujours aisé. Reconnaitre son identité une fois transformé se révèle le plus souvent problématique. Partant de ce constat, il est facile pour les trafiquants d’écouler sans problème des poissons suspects sur le marché international. Falsification d’identité. Blanchiment de la pêche illégale…. La FAO, l’agence onusienne chargée de l’alimentation dans le monde, s’interroge : « Résultat? Un pourcentage inconnu de produits halieutiques sur les étals ne corresponde tout simplement pas aux étiquettes sous lesquelles ils sont vendus. »

En préambule : Trois parades aux poissons et autres produits de la mer suspects : (1) les circuits courts de distribution (par exemple : Vente directe du poisson : Les criées devront faire avec), (2) la vente en frais et entier (lire : Produits de la mer : La valeur ajoutée, c’est la vente en « Frais et Entier » !) et (3) le soutien à la pêche locale (lire dans le journal du Pays Basque : Un fond européen au soutien de la pêche locale)

Vol d'identité ?

"L'identification des poissons non transformés est en général assez facile, explique Michèle Kuruc du département Pêche et aquaculture de la FAO. Mais aujourd'hui, les produits halieutiques sont exportés loin, vers des lieux où ils ne sont pas forcément bien connus. De plus, l'industrie s'est mondialisée et les produits halieutiques sont souvent transformés dans des bateaux-usines avant même d'être débarqués. La plupart du temps, ce que voient les inspecteurs ne ressemble plus du tout à un poisson à l'état sauvage».

Parfois, l'identification précise des poissons dépasse les capacités des inspecteurs. D'innocentes erreurs d'écriture peuvent finir par transformer un type de poisson en un autre. De plus, des pêcheurs et des commerçants sans scrupules se jouent du système pour éviter restrictions ou taxes.

Selon M. Kuruc, les personnes impliquées dans la pêche illicite, non réglementée et non déclarée (IUU) utilisent de nombreuses méthodes pour dissimuler leurs activités illégales et mettre sur le marché leurs produits mal acquis. «La substitution frauduleuse de produits et l'utilisation de fausses dénominations et de documents frauduleux sont fréquemment utilisées pour transporter et commercialiser des produits illicites», affirme-t-elle.

Résultat ? Un pourcentage inconnu de produits halieutiques sur les étals ne corresponde tout simplement pas aux étiquettes sous lesquelles ils sont vendus.

La science médico-légale à la rescousse

Des technologies légales basées sur la génétique et la chimie sont déjà utilisées par certains pays pour surveiller et contrôler le commerce de produits, d'animaux et du bois. Ainsi, la FAO a récemment organisé un atelier d'experts, inspecteurs, agents des services de répression (chargés de faire appliquer la loi), scientifiques et universitaires pour discuter de la façon dont ces technologies pourraient être plus largement déployées dans le contrôle des pêches.

«Nous souhaitons promouvoir une utilisation plus large des techniques médico-légales disponibles, en particulier dans les pays en développement, indique M. Kuruc. Quelques pays ont avec succès utilisé diverses méthodes médico-légales dans des enquêtes et lors de poursuites judiciaires, mais une large part du personnel chargé de la surveillance et du contrôle des pêches ignore encore leur existence».

L'analyse de l'ADN peut révéler l'espèce d'un filet blanc suspect. Des tests chimiques sur des ouïes de poissons indiquent les aliments absorbés et permettent de localiser la région précise où ils ont été capturés.

«Nous devons pousser au maximum l'utilisation de ces techniques, parce que nous pouvons être sûrs que ceux qui sont impliqués dans la pêche IUU le font, ajoute M. Kuruc. Un participant de l'atelier a raconté qu'un groupe reconnu coupable d'un trafic illégal d'ormeaux avait avoué avoir appris les techniques de destruction des preuves en regardant la série télévisée Les experts à Miami». (d’après le communiqué de presse de la FAO : De mystérieux produits halieutiques)

Autres articles :

Revue de presse :

Le 6 février 2010 : Soutien à la pêche locale

Pays Basque - Une manne européenne pour soutenir la filière (Sud-Ouest)
Un peu plus d'un million d'euros de fonds publics est débloqué pour aider les pêcheurs à développer leurs projets. Diversification et développement durable sont prônés.
François Maitia, Éric Guilloteau, Serge Larzabal et Jean-Jacques Lasserre présentent les axes de travail du plan d'action. Le foie de lotte va-t-il connaître la même carrière que le foie de canard ? La question peut prêter à sourire, mais c'est bien en s'inspirant des recettes de la filière agricole que la pêche espère trouver des solutions pour sortir de la crise. Quotas européens, baisse de la ressource et des prix, concurrence espagnole, rien n'est actuellement épargné aux acteurs du port. Et pour s'en sortir, le comité local des pêches a décidé de se démarquer en concourant à l'axe 4 du Fonds européen pour la Pêche.
Concrètement, il s'agissait de remplir un cahier des charges qui vise à soutenir les projets locaux en faveur du développement durable, pour obtenir une subvention européenne. Cette dernière s'élève à 550 000 € auxquels s'ajoute le double versé par l'État et les collectivités territoriales. Soit 1,1 million d'euros au total.
Jusqu'à 2013 et au-delà….

Un fond européen au soutien de la pêche locale (Le Journal du Pays Basque)
Concurrence, quotas européens, baisse des prix et des ressources... on ne cesse de la répéter, mais le monde de la pêche n'est pas au mieux de sa forme. Une situation que le Comité local des pêches de Bayonne, entend bien endiguer via notamment le lancement, en partenariat avec les Pays Pays Basque et Adour Landes Océanes, du programme Axe 4.

Un programme, valable jusqu'en 2013, qui consiste à apporter un soutien financier aux projets locaux s'inscrivant dans un souci de développement durable des zones côtières tributaires de la pêche et qui a bénéficié d'une subvention européenne de 550 000 euros auxquels s'ajoutent les autres 550 000 euros versés par l'État et les collectivités territoriales, soit une subvention totale de 1,1 million.

Aussi, le plan d'actions se décline autour de quatre axes généraux : dynamiser la commercialisation des produits frais, mieux valoriser les produits locaux de la mer, améliorer la gestion environnementale concertée du littoral, renforcer et valoriser le lien Terre-Mer. Organisations professionnelles, coopératives, associations, collectivités locales, organismes publics, entreprises privées du territoire... sont désormais attendus pour présenter des projets qui seront étudiés par le comité de programmation (organe décisionnel) présidé par Serge Larzabal. Chargée de mission Axe 4, Maylis Iribarne aura à charge d'apporter une aide administrative et technique autour des projets.

Près de 400 avis sur la réforme de la pêche européenne !

Plusieurs centaines d’organisations ont participé au grand débat public lancé par la Commission européenne dans le cadre de la réforme de la pêche de l’Europe des 27. Cette consultation a recueilli l'avis de près de 400 personnes intéressées par l'avenir du secteur halieutique européen : « pêcheurs, entreprises de transformation, détaillants, défenseurs de l'environnement, consommateurs et contribuables, soit tous les citoyens de l'UE . Elle vise à connaître leur vision de l'avenir et leurs idées sur les moyens de la concrétiser. Tous ces avis seront mis à profit pour réviser en profondeur la gestion de la pêche en Europe. »

Toutes les contributions sont maintenant consultables : Commission Européenne

Il n'y aurait pas d'avis des associations de consommateurs françaises sur l'avenir des pêches européennes ? Pourtant, UFC Que Choisir prend position, l'association se range derrière la position de certaines organisations environnementales pour le Thon Rouge : Thon rouge - Une question de survie.

Autres articles :

Autres informations :

PCP - Pour la Pologne, les objectifs écologiques doivent être prioritaires aux aspects socio-économiques, les QITs ne sont pas à exclure. Source : Poland on CFP: Ecological objectives must be prioritised, ITQs considered (Fish)

mercredi 3 février 2010

Le plancton et le thon rouge

D’un côté, le plancton invisible, de l’autre, le thon rouge pour lequel sur son cheval de bataille le Prince de Monaco a pris fait et cause en cette période d’extension territoriale de la principauté en mer.

La meilleure défense n’est-elle pas l’attaque ? Porte drapeau de la lutte contre la surpêche du thon rouge, le prince ne voudrait-il pas faire oublier cette extension en mer avec tous les impacts environnementaux sur les écosystèmes côtiers ? (Lire l’Observateur de Monaco : Extension en mer, c’est parti !)

Des écosystèmes côtiers et des zones humides littorales sacrifiés face à l’expansion humaine sur tout le pourtour méditerranéen. C’est pourtant dans ces espaces littoraux tant convoités que prend racine toute la chaine de la vie marine, le plancton.

En conclusion : Défendre le haut de la chaine alimentaire sans se soucier de la base de la pyramide mêne tout droit à l'effondrement de la vie marine !

Autres articles :

Photos NOAA : Zooplancton et thon rouge

Pêche : « L'Europe ne subventionne que les Riches »

Tout le monde connait l’adage « On ne prête qu’aux riches ». Mais connaissez-vous cette nouvelle sentence mise en place par la commission européenne « on ne subventionne que les riches ».

Les riches représentent les armements les plus gourmands en carburant. Lire l’article du Télégramme : « Les bons élèves privés d’aides européennes »

Autre article :

Revue de Presse :

le 3 février 2010

Thon rouge : des subventions pour le pêcher, puis le sauver (Rue 89)
Après avoir aidé les pêcheurs à acheter des thoniers, la France veut subventionner leur destruction, protection du thon rouge oblige.
La France a beau prôner l'interdiction du commerce du thon rouge, elle n'en a pas fini avec les thoniers-senneurs… Ils ne sont que 300 marins méditerranéens pour 28 bateaux. Ils ont touché des millions pour acheter leurs énormes navires, on leur en propose encore plus les mettre à la casse ; ça ne suffit pas à les calmer.
On les entend promettre une « grosse crise », dire qu'ils ne se laisseront « pas mourir », et le gouvernement semble les craindre…. Pourtant les thoniers-senneurs [la senne est une technique de pêche] ne représentent que 10% de la population des pêcheurs de thon, comme le précise Bruno Le Maire à Rue89…..

samedi 30 janvier 2010

Seafood Summit 2010 : Une place à la pêche artisanale

Aux côtés des industriels du poisson pané de la pêche durable, de l’industrie aquacole bio et autres marchands aux gondoles écocertifiées, le Seafood Summit 2010 a réservé une place aux acteurs de la pêche et de la conchyliculture traditionnelles et familiales. Pour les poissons, coquillages et crustacés de la vente locale, en frais et au rythme des saisons…

Contrairement aux autres manifestations, salons et foires de produits de la mer, le Seafood Summit est « le seul événement qui réunit des petites et des grandes entreprises issues de secteurs variés et des représentants des organisations environnementales, afin de faire le lien entre les dernières recherches et la réalité du marché des produits de la mer ».

Le dimanche 31 janvier 2010, Daniel Pauly ouvrira le Seafood Summit 2010 pour 3 jours de discussions, d’interventions et de rencontres, « afin de rendre le marché des produits de la mer durable d’un point de vue environnemental, économique et social ».

Un extrait du Programme complet du Seafood Summit organisé par l'Alliance Produits de la Mer (Seaweb)

Pêche et conchyliculture en 2020 - une démarche environnementale à l’échelle planétaire, une organisation économique et sociale à l’échelle humaine

Une vision prospective fondée sur plusieurs axes :

  1. Les interactions environnementales sous l’angle de la biodiversité et du plancton conduisent à une vision planétaire de la ressource et à une attention particulière à la gestion littorale, avec la coopération des pêcheurs et conchyliculteurs artisans.
  2. Le choix de production est tourné vers l’artisanat, ses capacités d’adaptation aux écosystèmes et d’implication dans les gestions territoriales.
  3. La consommation privilégie les espèces locales, basiques ou de luxe, plutôt que l’importation de produits industriels.
  4. La politique des pêches et aquacultures artisanales, intégrées aux territoires, recourt à une gestion décentralisée, à échelle humaine.

Autres articles :

Revue de presse :

Le 1 février 2010

Pêcheurs, poissonniers, restaurateurs, en première ligne pour sauver la mer (AFP)
Pêcheurs, poissonniers, restaurateurs: c'est d'eux avant tout que dépend la survie des poissons et des océans, plus que des consommateurs qui n'ont pas toujours le temps de s'informer, estime l'Alliance des produits de la mer qui organise jusqu'à mardi à Paris un sommet à ce sujet.
"Si on fait une campagne pour dire +Ne mangez pas de thon rouge+, 3% des consommateurs vont suivre cette recommandation. Si un président dit +Ne mangez pas de thon rouge+, il a à sa disposition toutes les ressources de l'Etat (administration, douanes, etc.) pour faire appliquer cette mesure", explique à l'AFP le Pr Daniel Pauly, universitaire canadien, spécialiste de la pêche et de la biodiversité, en marge du Seafood Summit.
A l'origine de ce congrès international regroupant plus de 600 professionnels de la pêche, utilisateurs de produits de la mer et associations environnementales, l'Alliance des produits de la Mer est un programme lancé par l'ONG internationale Seaweb.....

Pêche. « Elle obéit à une logique à la Madoff» (Le Télégramme)
Selon le chercheur Daniel Pauly, spécialiste des ressources marines, la pêche fonctionne dans une logique de fuite en avant «à la Madoff» où l'on tente de camoufler les pertes de stocks de poissons en ratissant les mers du globe….

Port-en-Bessin accueille le Seafood summit (France 3 Normandie)
La criée de Port-en-Bessin, étape normande du colloque international sur la pêche durable.
Un colloque international réunissant pêcheurs, poissonniers, restaurateurs, tous mobilisés pour sauver la mer.
Parce que c'est d'eux avant tout que dépend la survie des poissons et des océans, plus que des consommateurs qui n'ont pas toujours le temps de s'informer, selon l'Alliance des produits de la mer qui organisait ce sommet sur la pêche durable à Paris....

vendredi 29 janvier 2010

Europe : Le lobby Vert sur tous les fronts de la pêche

Thon rouge, Pêche illégale, Surpêche, Cabillaud, Grands fonds,… En ce début 2010, les organisations environnementales se mobilisent sur tous les fronts de la pêche européenne. Il ne fait plus aucun doute maintenant que la pêche des 27 ira dans le sens de la couleur du livre qui présentait la réforme de la Politique Commune de la Pêche en mars 2009.

Si les Ong traditionnelles, Greenpeace et WWF, se mobilisent autour d’espèces emblématiques comme le thon rouge ou le requin, d’autres organisations moins médiatiques font un travail de fonds auprès du parlement européen et de Bruxelles. C’est notamment le cas du groupe Ocean2012 porté par l'organisation étatsunienne Pew charitable trusts. Cheval de bataille, la lutte contre la surpêche et les subventions associées. Une véritable croisade menée sur toutes les mers du globe avec comme proposition, la gestion des pêcheries par le système des quotas individuels transférables (Qits).

Les Qits passent l’étape de la commission Pêche du Parlement

Premier résultat de ce travail de lobbying. Les eurodéputés, membres de la commission Pêche du Parlement européen, ont défini leurs priorités pour la réforme de la politique commune de la pêche (PCP) dans un rapport adopté le mercredi 27 janvier 2010. Selon Alain Cadec, Vice-Président de cette commission, ce rapport « contient un avis favorable à la mise en place de droits de pêche transmissibles, sans exclure clairement du dispositif la pêche artisanale telle que nous la concevons dans notre pays. J'avais déposé un amendement en ce sens mais je n'ai pas été entendu. »

Dans le communiqué de presse de la commission Pêche, Réforme de la politique de la pêche : les priorités des députés, le rapporteur, Maria Do Céu Patrão Neves, et la présidente, Carmen Fraga Estévez, se sont bien gardées de parler d’une proposition aussi problématique pour la survie de la pêche artisanale européenne et qui a le soutien du secteur industriel : « Explorer avec soin les alternatives aux TAC et aux quotas : Les députés invitent la Commission à examiner attentivement les éventuels nouveaux modèles de gestion en complément du système traditionnel des totaux admissibles de captures (TAC) pour lequel chaque Etat membre dispose d'un quota national annuel. Le cas échéant, ces modèles pourraient englober des périodes limites de pêche ("gestion de l'effort") ou les droits de pêche transférables, ce qui pourrait être introduit sur une base volontaire. »

mardi 26 janvier 2010

Avec Carrefour, la pêche durable positive....

Avec Les Jours Bleus, Carrefour s'engage aux côtés du MSC pour promouvoir la pêche durable. C'est la première campagne de sensibilisation mise en place dans les Hypermarchés Carrefour et Carrefour Market, qui met à l'honneur les produits portant l'écolabel MSC en France. Des produits sortant des usines de trois leader chacun dans leur domaine. Findus dans le poisson pané. Labeyrie dans le saumon fumé. Connétable dans la conserve.

Malheureusement, ce ne sera pas les Jours Bleus pour les pêcheries françaises. Aucune n’a reçu le fameux écolabel MSC et ne pourra prétendre à des Jours Bleus dans les rayons Carrefour. Mais les clients pourront découvrir tout l’exotisme des richesses halieutiques écocertifiées aux quatre coins de la planète, colin d’Alaska, Hoki de Nouvelle-Zélande, saumon d’Alaska, moule du Danemark, Cabillaud de Norvège, Saint-Jacques d'Argentine,…. De quoi renforcer encore plus la présence des produits de la mer étrangers sur le marché français. Au grand dam des pêcheurs qui à l’heure des bilans 2009 affichent plutôt grise mine : chute des cours, diminution des captures et augmentation des retraits liée à une mévente des produits débarqués en criée.

La tentation est grande d’écolabelliser les pêcheries françaises pour s’entrouvrir les portes des GMS

De quoi inciter les pêcheries françaises à se surpasser dans l’écolabellisation pour avoir accès aux étals « pêche durable » de Carrefour. Sardine de Bretagne, Homard manchois, Lieu noir de la Mer du Nord sont sur les rangs… Mais une fois écolabellisées ces espèces émergeront-elles du marasme actuel avec la diminution des cours à la production. Rien n'est moins sûr... D'après une étude de l'association de consommateurs "UFC Que Choisir" concernant les produits bio, ce sont les GMS qui tirent leur image vers le haut et de gros profits sur le dos des producteurs bio et des consommateurs (Prix du Bio en grandes surfaces : L'UFC-Que Choisir demande des comptes !).

« Stop aux poissons de chalut »

Imaginez…. La pêcherie de langoustine du Golfe de Gascogne décide de rentrer dans la démarche d’écolabellisation MSC…. Vous et votre organisation professionnelle font l’effort financier. Tout se passe bien… Les langoustines estampillées MSC ont maintenant accès aux étals écolabellisés des hypermarchés.

Sur cette lancée, toutes les pêcheries de la zone sont certifiées "Pêche durable". Baudroie, Coquille saint-jacques, Merlu, Sole,….

Et Patatras !… Le coup dur…. Avec le soutien d’un groupement de producteurs d'un pays voisin, une ONG environnementale concurrente à votre écocertificateur fait changer d’avis la GMS avec laquelle vous avez passé un contrat. Elle impose maintenant des produits récoltés aux casiers suite à une campagne très médiatisée : « Stop aux poissons de chalut et aux coquilles saint-jacques de drague ».

Pure fiction me direz-vous ?

Et bien non….

Ces jours-ci, la chaine étatsunienne Target (1750 magasins dans 49 Etats) a supprimé du jour au lendemain tous les saumons d'élevage, frais, congelés et fumés présents dans les rayons de tous ses magasins. Sous les coups de persuasion de Monterey Bay Aquarium, une organisation environnementale très influente aux USA, Target fait maintenant la promotion du saumon sauvage.…. Lire le très bon papier de Callander MacDowell sur la puissance des Fondations nord américaines déjà présentes en Europe : reLAKSation 437.

Autres articles :

Informations complémentaires :

Suite au retrait des saumons d’élevage, Greenpeace et l’Asmi (association de promotion des produits de la mer d’Alaska) ont applaudi la décision de la chaine de magasins étatsunienne Target (la 2e dans le pays) : VICTORY! Target discontinues all farmed salmon! Et ASMI applauds Target’s decision (Seafoodsource)

Revue de presse :

Le 6 février 2010 : La chaine de magasins Loblaws s'engage....

Canada - Ne plus vendre de poissons menacés (Vie rurale)
Loblaws a décidé de ne plus vendre de poissons menacés à la grande joie d’organismes environnementaux comme Greenpeace. D’ici 2013, Loblaws va cesser toute vente de poissons menacés d’extinction. À titre d’exemple, il n’y aura plus d’aiglefin et de flétan. Cette façon de faire permettra de vendre uniquement des poissons qui répondent à des critères d’approvisionnement durable. Toutes les chaines d’alimentation sont critiquées pour vendre des espèces de poisson menacées. Loblaws est le premier à s’engager à agir concrètement. «Cette décision va dans la bonne direction pour les océans, a résumé pour Le Devoir, hier, Beth Hunter, coordonnatrice de la campagne Océans de Greenpeace. En effet, 90 % des grands poissons prédateurs ont déjà disparu de nos océans, et il est grandement temps de retirer toutes les espèces [menacées d'extinction] de nos tablettes.».

Certains supermarchés Loblaws n’attendront pas 2013 pour agir. Ils sont cinq supermarchés à avoir décidé, hier de ne plus vendre de poissons dits à risque….

samedi 23 janvier 2010

Consommation : 14% des français pour le thon rouge !

Notre président va-t-il aller dans le sens des 14% de français qui ne sont pas prêts à arrêter de consommer du thon rouge ? Pour le ministre de l’écologie, cela ne fait pas de doutes « Thon rouge : Borloo n'a "pas de doutes" ».

Dans l'attente d’une décision aussi cruciale pour les mangeurs de thon rouge, Greenpeace a mené son enquête auprès de l’ensemble des consommateurs français. A une très forte majorité, les français pensent que le thon rouge est une espèce menacée de disparition, et ils sont majoritairement favorables à l’interdiction de la commercialisation internationale du thon rouge. Réponses logiques aux questions 1 et 2 du Sondage exclusif CSA / GREENPEACE réalisé par téléphone les 20 et 21 janvier 2010 au domicile des personnes interrogées. Echantillon national représentatif de 1014 personnes âgées de 18 ans et plus, constitué d'après la méthode des quotas (sexe, âge, profession du chef de ménage), après stratification par région et catégorie d’agglomération.

Le sondage révèle aussi que 78% des français sont prêts à arrêter de consommer du thon rouge. Réponses à la question 3 - Et personnellement, seriez-vous prêt ou non à arrêter de consommer du thon rouge ? 78% oui - 14% non - 8% ne se prononcent pas.

Trois catégories de français se dégagent de ce sondage CSA/GREENPEACE

1 - Faites-vous partie des 92% de français à consommer du thon rouge alors que vous pensez que ce poisson est une espèce menacée de disparition ?

2 - Faites-vous partie des rares français, probablement les 8% qui n'osent pas se prononcer, à vous contenter du thon albacore en conserve afin d'agrémenter une salade à la niçoise, et exceptionnellement pour sortir de l'ordinaire, du thon blanc « germon » au moment de la saison de pêche sur la côte Atlantique !

3 - Faites-vous partie des 14% de français qui ne sont pas prêts à arrêter de manger du thon rouge et qui demandent son classement à l’annexe 1 de la Cites pour éviter que votre mets favori ne parte sur les tables nippones ?

Remarque : Comment les français sondés dans l’enquête CSA/Greenpeace peuvent-ils répondre majoritairement à 78% vouloir arrêter de manger du thon rouge alors qu'une grande majorité d'entre eux n’en ont jamais consommé ? Le saumon arrive en tête des produits halieutiques avec un taux de pénétration de 44% des ménages.

Autres articles :

Photo Wikipedia de Derek Mawhinney

Informations complémentaires :

Le 30 janvier 2010 : UFC Que Choisir a choisi son camp ?

Thon rouge Une question de survie (Que choisir)
L'opinion publique réussira-t-elle à faire pencher la balance en faveur de la sauvegarde du thon rouge ? Selon un sondage CSA, commandé par l'association Greenpeace, 8 Français sur 10 seraient prêts à renoncer à consommer cette espèce en voie d'extinction. Et 65 % d'entre eux se disent favorables à l'interdiction totale de sa commercialisation. Pourtant, la France hésite à se prononcer pour l'interdiction du commerce international du thon rouge.
Il était temps ! Les scientifiques sont unanimes : le nombre de thons rouges (Thynnus thynnus) a diminué de 80 %....

vendredi 22 janvier 2010

Thon Rouge : Parole d’un Grand Chef québécois

« Bien sûr, il est important de régénérer la ressource et de protéger les espèces menacées, mais la surpêche est surtout le fait des gros bateaux industriels. Il serait plus important de soutenir les petits pêcheurs locaux en orientant la politique des quotas afin de permettre à ceux-ci de pêcher des petites quantités de poissons tout au long de l'année de manière responsable. Ce qui est important pour moi, c'est de surveiller la traçabilité des produits que je sers à mon restaurant: de quelle région vient le poisson, qui l'a pêché et quand. Quand les consommateurs disposeront de toutes ces informations en épicerie, on aura fait un grand pas. » (Source : Vive la biodiversité !)

C’est la parole de Normand Laprise, Grand Chef québécois du restaurant Toqué ! à Montréal, qui répond à Olivier Roellinger, Grand Chef breton, vice-président des restaurants Relais & Châteaux, dont les membres de cette association se sont engagés à ne plus servir de thon rouge de l'Atlantique dans leurs restaurants depuis le 1 janvier 2010.

Nous soutenons la démarche de Normand Laprise qui défend la petite pêche locale et la traçabilité des produits de la mer.

Le sushi japonais a rompu un équilibre ancestral

A partir des années 1970, les captures de thon rouge se sont déplacées depuis l’Atlantique du nord-est vers la Méditerranée. Cette période correspond à la mise à l’eau d’une flottille moderne de thoniers senneurs financée en grande partie par l’Europe et les Etats respectifs. Les flottilles traditionnelles et artisanales de thoniers canneurs et de fileyeurs se sont maintenues sur la côte atlantique notamment dans les ports basques et vendéens ainsi que celles de thonailleurs en Méditerranée.

Les captures de thon rouge explosent avec un pic au milieu des années 1990, encouragées par une demande soutenue sur le marché nippon.

Au début des années 2000, la pêcherie de thon rouge concerne un millier d'unités de pêche en Méditerranée : les 2/3 relèvent des pêcheries artisanales ou traditionnelles et le 1/3 des pêcheries industrielles, pour respectivement 10% et 90% des captures totales (voir : Thon rouge : les USA épinglent la France pour pêche illégale).

L'industrialisation de l'activité thonière va mettre à mal les équilibres qui existaient dans cette pêcherie ancestrale. L'augmentation inconsidérée de l'effort de pêche avec le lancement de bateaux de pêche dotés de moyens de captures très importants comme les thoniers-senneurs de plus de 40 mètres, explique les problèmes actuels de cette pêcherie. Depuis le début des années 1980, une activité monospécifique s’est développée en Méditerranée ; ces armements industriels ne ciblent que le thon rouge contrairement aux métiers traditionnels polyvalents.

Bien que les quantités capturées par le secteur artisanal soient sans commune mesure avec celles du secteur industriel, l'interdiction de la pêche du thon rouge affectera tout particulièrement ces centaines de pêcheurs côtiers dont le thon constitue une ressource complémentaire et accessoire mais vitale en Méditerranée (sachant que le filet « thonaille » a été injustement interdit depuis) ainsi qu’en Atlantique notamment à Saint-Jean-de-Luz et dans les ports vendéens. Philippe FAVRELIERE (modifié le 25 janvier 2010)

Autres articles :

Revue de Presse et réactions dans le Midi Libre du 29 et 30 janvier 2010

Sète. Môle - Le thonier remisé prend feu durant son découpage (Midi Libre)
LESFAITS : Les étincelles dégagées par une disqueuse ont enflammé des éléments
Bien que construit en 1995 à Port-Vendres, le Golfe du Lion V est bien sétois : il est mort deux fois. L'ancien thonier senneur de Jean-Louis Jalabert, racheté en 2008 par Jean-Marie Avallone, a fait l'objet d'une sortie de flotte. Première mort. Et hier, vers 16 h, lors du chantier de déchirage (découpage en terme marin) il a pris feu. Deuxième mort.

Thon - Les pêcheurs sur le point d’être lâchés par Sarkozy (Midi Libre)
La France devrait demander l’interdiction du commerce international du poisson
« Depuis jeudi soir tous les contacts que nous avons avec les cabinets de Fillon et de Le Maire convergent. Ce n’est pas bon », Pierre-George Dachicourt, président du Comité national des pêches (CNPMEM) est en pétard. Selon lui, la France devrait faire connaître lundi sa position en vue de l’assemblée générale de la Convention internationale sur le commerce des espèces protégées (Cites). Elle se tiendra en mars à Doha, au Qatar.....

Exclusif : Thon rouge, "ça va être le bordel sur les quais" s'indigne le président du comité des pêches (Midi Libre)
Publié à 11 h 30 - Mis à jour à 16 h 59 - Selon des contacts entre le ministère de l'Agriculture et le Comité national des pêches, Nicolas Sarkozy s'apprêterait à annoncer ce lundi la demande par la France d'inscrire le thon rouge à l'annexe 1 de la convention internationale sur la commercialisation des espèces protégées (Cites).
Cette dernière préconise l'interdiction des exportations et les importations à des fins commerciales de ces espèces. Et de facto, du thon rouge. Ce qui pourrait baisser considérablement la production de pêche….

Quelques réactions sur Midi Libre
29/01/2010 à 20h09 jack
C'est faux, cette menace d'un bordel sur les quais. Les petits pêcheurs, qui représentent 80% de la pêche française, ne suivront pas les thoniers senneurs. Cette pêche industrielle, qui ne se soucie pas de la ressource et donc de l'avenir des pêcheurs, est une honte pour la profession.

29/01/2010 à 18h51 netsen
Il faudra dorénavant interdire la pêche à la "Senne" au moyen de bateaux monstrueusement puissants, qui sont génocidaire du thon rouge, pour le seul profit des milliardaires thoniers. Autoriser la seuleThonaille, moins dangereuse, et aussi remplacer le chalutage, extraction folle er sans discernement , gaspilleuse de fuel, et revenir aux filets maillant seuls capables d'épargner les juvéniles que l'on trouve par dizaines de tonnes vendues en criée ( des lottes de 100gr!, adultes elles pèsent 5 Kg !). Ca aura aussi le mérite de débarrasser les merveilleux canaux de Sète des monstrueux bateaux qui pourrissent la vue !

Le 4 février 2010 : Réactions des canneurs artisans basques

Thon rouge : Les Basques amers (Sud-Ouest)
« Nous sommes extrêmement déçus, même si on pouvait s'y attendre. C'est une décision politique, franco-française, irrationnelle et totalement incompréhensible », commentait hier soir Serge Larzabal, président de la commission thon rouge du Comité national des pêches maritimes.
Il conteste que le thon rouge soit en voie d'extinction, « grâce aux mesures de gestion prises depuis 2006 et renforcées les années suivantes ». Il en veut pour preuve les survols réalisés en Méditerranée par l'Ifremer qui ont donné des « indices encourageants » quant à la population de thon rouge. Serge Larzabal rappelait en outre le discours du Havre, en juillet dernier, lorsque le président de la République s'était engagé à « tenir compte des avis scientifiques », et craignait que la France ne se retrouve isolée tant au niveau communautaire que lors du Cites de mars prochain.

« Écoeurement »
Au port de Saint-Jean-de-Luz, le sentiment général est « l'écoeurement ». « Nous payons les excès des senneurs dans les années 90. Nous les avons dénoncés à l'époque, sans être entendus. Et aujourd'hui, nous nous retrouvons tous dans le même sac, alors que nous pêchons à la ligne et en préservant les ressources. » Didier Martinez, depuis vingt ans sur l'« Aerosa », est la quatrième génération de pêcheurs de thon. Son père a connu l'époque où Saint-Jean-de-Luz était le premier port thonier de France, à la veille des années 60. Aujourd'hui, l'activité emblématique de la Cité des corsaires est très menacée.

Thon rouge : Sauver la pêche artisanale (Sud-Ouest)
« On nous dit en substance : sauvons l'espèce, mais pas tout de suite ! », a regretté François Chartier (lire aussi ci-contre), chargé de campagne Océans à Greenpeace, en reprochant au gouvernement de « plier devant les pêcheurs, tout en voulant sauver les apparences ».
Mais l'urgence, pour M. Le Maire, c'est de mettre à profit ce délai pour sauver la pêche côtière artisanale, « qui ne menace pas la ressource mais représente la majorité des emplois et des activités », a-t-il souligné.
Il lui faut pour cela obtenir une modification du règlement européen qui interdit le commerce des espèces protégées sur le marché communautaire, notamment la création d'une zone économique exclusive (ZEE) française en Méditerranée. Le ministre de l'Agriculture réclame également des financements européens au profit des thoniers senneurs, qui seraient empêchés de pêcher. Ceux-ci, qui s'étaient développés dans les années 80-90 à grands coups de subventions communautaires, font déjà l'objet d'un plan de sortie de flotte qui les conduira à réduire cette année de 28 à 22 leur nombre de bateaux.

Les pêcheurs de thon de St Jean de Luz craignent de disparaître (Sud-Ouest)
Si la demande d'interdiction française est avalisée au niveau international, le port de Saint-Jean-de-Luz se prépare à une crise économique qui pourrait lui être fatale. Grosses inquiétudes sur le port de Saint-Jean-de-Luz-Ciboure. Les craintes manifestées lundi par une trentaine de pêcheurs basques et landais, devant les portes de la direction des Affaires maritimes à Bayonne se sont en effet confirmées hier. La France est donc favorable « au nom de la protection de l'espèce » à l'interdiction de la commercialisation du thon rouge, dans un délai de 18 mois... Mais la décision définitive qui relève de la communauté internationale n'est pas encore prise.
« On sentait un vent très écolo souffler depuis des mois sur la pêche. David Milly, directeur de l'OP Cap Sud (Organisation des producteurs). Le vrai ministère de tutelle aujourd'hui c'est l'Environnement, et il suit les écologistes les plus intransigeants. La question

Saint-Jean-de-Luz : Premier port thonier de France en 1959 (Sud-Ouest)
Inutile de rappeler que la pêche traditionnelle au thon rouge fut l'image même du port de Saint-Jean-de- Luz-Ciboure, le premier thonier de France en 1959, bien avant que la Méditerranée ne s'y mette et ne soit soit pillée.
Cette pêche est jugée absolument vitale pour les pêcheurs basques du sud, notamment à Fontarabie où l'on pratique la pêche traditionnelle…..

Thon : une position équilibrée (Midi Libre)
Le Ministre de la Pêche Bruno Le Maire a jugé, hier, que la position de la France en faveur d'une interdiction du commerce international du thon rouge était « équilibrée » , garantissant à la fois la survie des thons tout en prenant en compte les intérêts des pêcheurs. « On a pris une décision équilibrée, a insisté M. le Maire, interrogé sur France Info, qui permet de garantir le renouvellement de la ressource en thon rouge ( ... ) tout en tenant compte des contraintes économiques et sociales des pêcheurs » .
Le ministre a rappelé que la position française était assortie de « garanties » et de « conditions » pour les pêcheurs. Il s'agit d'attendre 18 mois et notamment « l'évaluation scientifique » du stock de thon rouge qui sera connue en octobre 2010, de pouvoir « maintenir la pêche côtière » (10 % des quotas de pêche mais très pourvoyeuse d'emploi et d'activité), et d'obtenir un « accompagnement financier de la Commission européenne pour tous les pêcheurs-senneurs qui seraient obligés de renoncer à leur activité » . Si les scientifiques nous disent, en octobre 2010, « le thon rouge a une ressource suffisante, le stock de poisson s'est renouvelé, et nous n'avons pas d'inquiétudes sur la garantie de ressource en thon rouge, il faudra en tirer toutes les conséquences sur les décisions que nous aurons à prendre ».

Le 5 février 2010 : Le palangrier de l'Île d'Yeu

Ile d’Yeu - Les pêcheurs défendent l’accès au thon rouge (Ouest France)
L’été dernier, le palangrier de l’Ile d’Yeu « Le Mammouth » a démontré que la pêche au thon rouge pouvait être très sélective à l’hameçon.
La pêcherie de thon rouge a considérablement diminué depuis cinq ans. Mais elle apporte un complément non négligeable pour les armements à la pêche. Les Vendéens défendent le caractère artisanal de leurs techniques et veulent continuer à pêcher pour le marché intérieur. Mercredi, le gouvernement s’est positionné pour le soutien de l’interdiction du commerce international de l’espèce.

mardi 19 janvier 2010

Pêche européenne : Damanaki succède à Borg et garde le même cap !

Lors de son audition devant les parlementaires européens, Maria Damanaki, candidate au portefeuille des affaires maritimes et de la pêche, a gardé le même cap que le sortant, Joe Borg.

« L'actuelle réforme de la Politique commune de la pêche est vitale et sera, bien entendu, un élément central de mon travail », a déclaré Maria Damanaki dans ses remarques liminaires, en soulignant les mots-clés « durabilité », « responsabilité démocratique de tous les partenaires du secteur », dimension « globale » et « conformité ».

Les principaux points abordés : La réforme de la politique européenne de la pêche et son financement, une prise de décision plus proche de ceux qui sont directement impliqués, la pêche écologiquement durable, la compétitivité et les revenus des pêcheurs européens, le rôle de l'aquaculture et la protection des navires de pêche de l'UE contre la piraterie, telles ont été les questions soulevées par les députés lors de l'audition de la commissaire désignée grecque aux affaires maritimes et à la pêche, le 19 janvier 2010.

En tant que commissaire en charge de la politique maritime intégrée, Mme Damanaki a déclaré : « je serai fière de contribuer à la croissance bleue ». Cette croissance permettra de libérer le potentiel de toutes les ressources de la mer et de créer des « emplois bleus ».

Lutter contre la surexploitation des ressources halieutiques

« Il y a une surpêche dramatique », a expliqué la Grecque Maria Damanaki. Pour la réduire sans porter un coup fatal à l'industrie de la pêche, elle a proposé de moderniser les équipements de pêche, comme par exemple d'utiliser des « filets sélectifs » permettant de réduire les mauvaises prises. Elle a également prôné le développement de l'aquaculture.

Sur la révision du système des quotas et le caractère transférable de quotas individuels, Mme Damanaki n’a pas d‘a priori : « certains Etats membres, comme le Danemark, appliquent ce système avec succès alors que dans d’autres pays, comme la Nouvelle Zélande, l’expérience a été un échec. Ici aussi, la discussion est ouverte », a-t-elle précisé, tentant de répondre aux inquiétudes exprimées par certains députés. La question est liée à la survie de la pêche artisanale : pour Mme Damanaki, il faut avant tout définir ce que l’on entend par « pêche artisanale » (taille des bateaux, types d’engins utilisés/autorisés, nombres de bateaux appartenant à un même opérateur, etc.), ensuite on envisagera les mesures à prendre.

Même prudence sur la réduction des efforts de pêche en sus ou à la place des systèmes de quotas. « Il n’y a pas de solution unique », dit-elle : il faudra, après analyse, sans doute aboutir à une combinaison des deux systèmes selon qu’il s’agisse de pêche d’une espèce unique ou de pêche mixte. Sur les réductions des surcapacités et des subventions, Maria Damanaki estime qu’il faudrait mieux cibler les aides.

Quant à l’aquaculture, elle souligne la difficulté de concilier le développement d‘une aquaculture saine, avec le respect de l’environnement, en tenant compte des exigences du tourisme : au-delà de l’avenir même de ce secteur dont le développement est impératif sur le plan économique, (5,5 millions de tonnes/an de produits issus de l’aquaculture sont importés dans l’UE pour 1,5 million de production communautaire), cette question rejoint celle de la planification de l’espace maritime et donc de la politique maritime intégrée.

Atténuer les difficultés sociales

En réponse aux craintes exprimées quant aux éventuels impacts sociaux négatifs de la nouvelle réforme de la pêche, Mme Damanaki a précisé qu'elle allait examiner si le Fonds social européen pouvait apporter une aide à ceux qui, suite à la réforme, pourraient être amenés à s'arrêter de travailler. Elle a ajouté qu'elle ferait en sorte que les pêcheurs âgés puissent continuer l'activité de la pêche, alors que les plus jeunes seraient redirigés vers d'autres professions via un recyclage.

Régionalisation et diversification : non une renationalisation

Elle a ajouté que, avec le même objectif, le système de captures totales admissibles et de quotas par État membre devrait être revu. Toutefois, le simple remplacement des quotas par un système qui réduirait les périodes de pêche ne serait pas une solution, a déclaré Mme Damanaki. « Il faut une approche adaptée aux différents bassins maritimes et à la pêche », a-t-elle souligné à plusieurs reprises au cours de l'audition.

Mme Damanaki a souligné la nécessité d'associer les régions et les acteurs locaux de manière plus approfondie à la politique de la pêche, mais a insisté sur le fait que « renationaliser » la politique de la pêche « ne serait pas une option ».

Face aux députés européens, Maria Damanaki a salué l'entrée en vigueur du Traité de Lisbonne, qui donne au Parlement européen un rôle de colégislateur dans le domaine. Elle a expliqué que la réforme de la politique commune de la pêche serait l'occasion de trouver le juste milieu entre les intérêts des consommateurs, des pêcheurs, de l'industrie et du tourisme.

Philippe FAVRELIERE à partir du Communiqué de presse du Parlement Européen : Audition de Maria Damanaki : affaires maritimes et pêche

Informations complémentaires :

Pour les écossais, Maria Damanaki a passé son audition avec succès. Avant même qu’elle ne soit officiellement nommée commissaire aux Affaires maritimes, SNP President Ian Hudghton MEP l’invite à se déplacer sur place et voir les efforts en matière de gestion des pêcheries écossaises. Efforts de gestion qui ont reçu un bon point du WWF !... Lire : SNP President invites Damanaki to Scotland to learn from Scottish conservation efforts

Le 28 janvier 2009 : Alain Cadec, vice-Président de la commission Pêche au Parlement Européen, prend position contre les QIT pour la pêche artisanale

La pêche artisanale doit être exclue du dispositif des quotas individuels transférables (Blog Alain Cadec)
Réunis à Bruxelles cet après-midi, les membres de la commission de la pêche du Parlement européen ont voté le rapport sur le Livre vert qui nourrira la réforme de la politique commune de la pêche.
J’ai voté contre ce rapport. Je suis et j'ai toujours été opposé, en ce qui concerne la pêche artisanale, à une gestion par droits de pêche transmissibles. Cette forme de gestion n'est pas compatible avec la préservation de notre modèle de pêche et provoquera une spéculation destructrice si elle est réellement appliquée.
Or la proposition de compromis votée aujourd'hui contient un avis favorable à la mise en place de droits de pêche transmissibles, sans exclure clairement du dispositif la pêche artisanale telle que nous la concevons dans notre pays. J'avais déposé un amendement en ce sens mais je n'ai pas été entendu…..

lundi 18 janvier 2010

Haïti : Malgré les séismes, des haïtiens creusent les sillons du développement

Le monde entier se mobilise pour Haïti après le séisme qui a frappé la région la plus peuplée du pays. Une mobilisation à la hauteur des liens internationaux qu’entretient ce petit bout d’Antilles avec le reste de la planète. Y-a-t-il un autre pays dans le monde avec autant d’Ong et de missions religieuses installées sur son territoire ? Peut-être le Burkina Faso en Afrique. Sans compter la diaspora haïtienne en Amérique du Nord et en Europe.

Malgré la bonne volonté de toutes ces organisations internationales, Haïti ne sort pas de la pauvreté matérielle. Dans ce laboratoire du développement où chaque institution venue de l’étranger prêche pour sa paroisse et expérimente ses propres convictions, les forces vives du pays sont maintenues dans un état de dépendance qui annihile toute forme d’organisations endogènes depuis les communautés villageoises, jusqu’aux quartiers des centres urbains.

De plus, « Haïti se meurt sous le poids d’une classe politique égocentrique polycéphale qui ne trébuche, voire qui ne recule devant rien pour combler ses propres besoins même au détriment du peuple ou de la souveraineté nationale. Le pays stagne dans la médiocrité. Le mode de fonctionnement des différentes instances étatiques, la qualité honteuse de la gestion administrative et la présence récurrente des forces occupantes étrangères sur notre sol en témoignent. ». Tiré du très bon dossier de Ritimo : Haïti

Pour un grand séisme du développement

Dans ce pays sans "Pilote", les populations rurales vivent dans le plus grand anonymat, en marge comme toutes ces communautés de pêcheurs qui jalonnent les côtes haïtiennes. L’économie informelle règne en maitre sur ces territoires isolés permettant à des millions de ruraux de survivre et surmonter tous les chaos environnementaux, cyclones, tempêtes tropicales, sècheresses, inondations,…

Mais, il est nécessaire d’aller au-delà, de sortir de cet état de dépendance vis-à-vis de l’étranger ou de précarité vis-à-vis des éléments naturels. « Il faut trouver de nouveaux moyens d’informer, de présenter Haïti et de sortir de cette succession de clichés qui présentent des paysans sans espoir, des enfants affamés, que des ONG, bien intentionnées, aident grâce à des collectes de fonds. »

Dans la région de Jacmel au Sud du pays, la Coordination Régionale des Organisations du Sud-Est (Crose) mobilise les forces-vives des zones rurales et côtières depuis 1996. CROSE regroupe des organisations paysannes et de pêcheurs ainsi que des associations de jeunes, et de femmes. Solidement implantée et disposant de compétences professionnelles confirmées, CROSE avec l’appui d’une équipe d'Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières (AVSF) mène des actions de développement sur le long terme dans le respect des communautés rurales et de pêcheurs qui elles-mêmes font partie intégrante de l’organisation de développement.

A Jacmel, la pêche artisanale souffre d'un manque de reconnaissance

Les études et autres rapports donnent une image peu reluisante de la pêche à Haïti. "Des pêcheurs peu équipés… une filière mal organisée… Le secteur pêche en Haïti se caractérise tout d’abord par de faibles investissements impliquant des équipements et matériels de pêche rudimentaires. Les bateaux sont de petite taille, fragiles, sans moteur fiable et ne peuvent par conséquent pas s’aventurer très loin de la côte…."

La pêche haïtienne qui repose exclusivement sur le secteur artisanal, est reléguée à tort à une activité d’autosubsistance, et les pêcheurs artisans à des acteurs économiques de « second rang ».

A la demande de CROSE, une étude-diagnostic a été réalisée dans la région de Jacmel en 2007. Elle montre une autre réalité de la pêche. La pêche artisanale est une activité dont les contributions sociales et économiques ont été mésestimées dans le département du Sud-Est. Près de 3300 familles sont impliquées dans cette activité. Elle fait vivre directement 20.000 personnes et indirectement au moins 10.000 personnes, soit au total près de 7% de la population départementale. Du point de vue économique, sa contribution est tout aussi importante. La pêche artisanale génère un chiffre d’affaires annuel supérieur à 5 millions d’euros et les investissements dans les activités de pêche se chiffrent à près de 2,7 millions d’euros pour une production annuelle de près de 2.000 tonnes (Vivaneau, sardine, langouste, lambi,…).

Orientations à partir de l’étude : Les pêcheurs artisanaux qui démontrent de réelle faculté d’adaptation technologique, souffrent plus d’un défaut d’organisation et de formation que d’un manque de moyens techniques. Plutôt que de redéployer la pêche au-delà du plateau continental dans le cadre de l’installation des dispositifs de concentration du poisson (DCP), il serait nécessaire dans un premier temps de renforcer l’organisation de la pêche artisanale et de reconsidérer le rôle déterminant des marchandes de poisson dans la sécurité alimentaire des populations les plus pauvres. Il faudrait accorder davantage d’attention aux considérations d’ordre social concernant le secteur de la pêche artisanale. La pauvreté, la vulnérabilité et le faible degré de développement social compromettent l’aptitude des pêcheurs artisanaux à adopter des pratiques responsables et à participer à la cogestion et aux systèmes communautaires de gestion des pêcheries. La stratégie de développement de la pêche artisanale doit s’appuyer sur un programme de sauvegarde des espèces stratégiques (langouste, lambi et poisson coloré) afin de retrouver le potentiel de production dans les eaux côtières, potentiellement les plus riches, notamment les zones coralliennes.

Lire l'étude complète : Diagnostic du secteur de la pêche – Département du Sud-Est (Haïti) à Télécharger

Pour des nouvelles de la région de Jacmel qui a été durement touchée par le séisme et apporter votre soutien au programme pêche et marchandes de poisson : AVSF

Autre article :

Présentation de la pêche dans le département du Sud-Est par Raymond de Jacmel :

Revue de presse :

Le 27 janvier 2010 : Malheureusement, ce projet ne va pas à la source des problèmes haïtiens. Envoyer nos épaves à Haïti ne résoudra rien. Il y a de très bon charpentier haïtien pour des embarcations adaptées aux zones coralliennes et cycloniques...

Concarneau - Les Concarnois se mobilisent pour aider Haïti (Ouest France)
Régis Michel et Philippe Fontenoy, réalisent un film sur l'envoi du « Breizh da Viken » pour Haïti, qui doit être diffusé dans l'émission « Thalassa ».
Une équipe sur le Breizh da Viken pour Thalassa : deux reporters suivent toute la semaine la restauration du bateau récupéré pour Haïti.
Grosse animation hier sur le chantier du Breizh da Viken. Ce vieux fileyeur lorientais a été récupéré par l'association Solidarité pêche, qui le remet en état pour l'envoyer, en mars, à Haïti. Le projet, qui a vu le jour bien avant le tremblement de terre, est d'autant plus urgent aujourd'hui. Avec le Mercenaire, livré à Haïti en 2008, le Breizh da Viken aidera les communautés de pêcheurs à se rendre sur les lieux de pêche, et leur permettra de ramener le poisson dans de bonnes conditions, en chambre froide.
Le moteur en réfection….

samedi 16 janvier 2010

Perte de biodiversité, une menace pour la pêche côtière

La biodiversité, « ou diversité biologique recouvre l’ensemble des formes de vie sur Terre. La faune, la flore et les milieux naturels. » En fait, la biodiversité ce sont tous ces paysages, toutes ces couleurs vivantes, tout ce fourmillement dans la nature. Ou tout simplement, c’est toute cette vie que découvre la mer à marée basse,…

2010, année de la biodiversité. Préserver la biodiversité fait partie des priorités de la planète au même titre que diminuer les émissions de gaz à effet de serre. C'est préserver les espèces, les écosystèmes et tout ce qu'ils peuvent apporter à l'espèce humaine ; c'est concevoir une utilisation durable des ressources.

Toutes les actions en matière de gestion des pêcheries qui visent à limiter l’impact des activités halieutiques sur les ressources et les écosystèmes marins, sont autant de mesures pour protéger la biodiversité : sélectivité et interdiction des engins, époque et cantonnement de pêche,….

Cependant, la biodiversité marine dépend de multiples facteurs, des activités terrestres et autres activités littorales : urbanisation, tourisme, plaisance, agriculture, industrie,… avec des impacts parfois désastreux liés à certaines activités comme l’extraction de granulats, le bétonnage des côtes, l’assèchement des zones humides,…

Un exemple : La perte des herbiers marins à travers le monde

La perte des herbiers marins (ou prairie) à travers le monde influe directement sur les ressources halieutiques. Les prairies marines sont affectées par les impacts liés au fait que plus d’un milliard de personnes vivent à moins de 50 km des côtes. Ces prairies marines fournissent des « prestations vitales » : habitat pour des milliers de poissons, d'oiseaux et d'invertébrés. Dans les régions tropicales, ces prairies sont une importante source de nourriture pour les dugongs, les lamantins et autres tortues vertes, des espèces en voie de disparition.

Pour le moment, il n'y a pas eu d'évaluation précise de la perte globale d’herbiers dans le monde. Dans une première approche « Accelerating loss of seagrasses across the globe threatens coastal ecosystems », une équipe de chercheurs a estimé que les herbiers disparaissent à une vitesse de 110 km2 par an depuis 1980 et que près du tiers de la surface des prairies a disparu. Ces pertes sont comparables à celles des mangroves et des récifs corralliens. (Lire le très bon article : Les herbiers de Zostères marines du Bassin d'Arcachon)

Monnayer les services rendus par la biodiversité

« Les règles de notre société sont basées sur des règles économiques : de ce constat est née l’idée d’intégrer la biodiversité dans les questions économiques. Jusqu’à présent, nous avions adopté une approche patrimoniale. Elle a abouti à des résultats certes intéressants, tels que la constitution de réserves naturelles, mais limités puisque nous ne sommes pas parvenus à enrayer le déclin de la biodiversité. Cette approche n’est plus suffisante, l’ampleur de la crise actuelle d’extinction des espèces le montre. Pour influer sur les pratiques du secteur privé, il apparaît nécessaire d’adopter une logique économique. »

La méthode privilégiée à l’heure actuelle repose sur l’estimation du coût du « service rendu » par la nature. Par exemple, la valeur des zones humides peut être estimée à partir de leur fonction d’épuration des eaux usées et de prévention des inondations. Dans les années 90, la ville de New-York a ainsi réalisé de fortes économies en renonçant à construire une station d’épuration et en optant pour la restauration des milieux naturels sur ses bassins versants.

Le projet européen TEEB (The economics of ecosystems and biodiversity) propose d’évaluer le prix de l’inaction face à l’érosion de la biodiversité. Il faut en effet renforcer les connaissances scientifiques sur l’évaluation des services rendus par les écosystèmes pour pouvoir intégrer ce coût dans l’analyse financière des projets d’entreprises.

Le chef du projet TEEB, M. Pavan Sukhdev, a déclaré pour sa part que : « le processus alarmant de destruction des écosystèmes et de la biodiversité tient en grande partie à leur absence de visibilité économique, alors que, justement, leur valeur économique pour nos sociétés est inestimable. Les ressources naturelles dont nous disposons (notre capital naturel) sont tout aussi importantes que celles que nous créons (notre capital matériel). La reconnaissance et la prise en compte de la valeur que représentent les bénéfices que ce capital naturel rapporte à la société doivent devenir une priorité stratégique.»

La nature : un investissement rentable

Le rapport TEEB démontre qu’il peut être très rentable d’investir dans la protection des écosystèmes. En effet, la nature sous-tend un large éventail de secteurs économiques et multiplie les possibilités de croissance à long terme. La nature a la capacité de fournir des prestations vitales, telles que la protection des côtes ou la régulation du climat, pour un prix souvent inférieur aux investissements dans des solutions technologiques. Quant aux zones protégées – pierre angulaire de nos politiques de conservation – elles ne sont pas seulement salutaires pour la nature ; elles peuvent aussi engendrer des bénéfices substantiels. En Écosse, on estime que les bénéfices publics de la protection du réseau Natura 2000 (le réseau européen de zones protégées) sont trois fois supérieurs aux coûts correspondants.

Autres articles :

Autres informations :

  • Rapport TEEB : Téléchargement
  • Très bon article sur le bassin d'Arcachon : Les herbiers de Zostères marines du Bassin d'Arcachon
    La Zostère marine (Zostera marina), aussi appelée herbe de mer ou varech marin, de la famille des Zosteraceae, est une plante à fleur aquatique qui se rencontre sur les fonds marins sableux ou sablo-vaseux de l’hémisphère Nord. Cette plante, qui a failli disparaître de l’océan Atlantique dans les années 1930 et accuse actuellement une régression de population, fut une source de nourriture pour les Amérindiens et continue d’avoir, de nos jours, un rôle écologique important par son aptitude à former des herbiers....
  • Réflexion de Christian Lévêque (IRD) : Biodiversité - " Les espèces naissent, prospèrent puis disparaissent " (Science et avenir)
    A l'occasion de l'année de la biodiversité, l'institut de recherche pour le développement (IRD) organise à Marseille un cycle de conférences mensuelles. Premier intervenant, Christian Lévêque, hydrobiologiste, évoque les menaces pesant sur la biodiversité, le rôle de l'Homme et les mesures à mettre en œuvre pour préserver les espèces menacées.

    Sciences-et-Avenir : Quelles sont les menaces qui pèsent sur la biodiversité ?
    Christian Lévêque (1) : On classe généralement les menaces sur la biodiversité en quatre grandes catégories : la pollution, la destruction d'habitat, la surexploitation et les introductions d'espèces qui peuvent concurrencer les espèces autochtones. Cela est vrai, c'est l'aspect factuel, mais si on regarde un peu plus loin, les raisons de l'érosion de la biodiversité sont dans les comportements sociaux. Ce qui est en cause, c'est le profit à court terme : on exploite le plus vite possible pour faire le plus d'argent rapidement. C'est la corruption qui existe dans tous ces domaines de protection des ressources naturelles. Et c'est la pauvreté, dans les pays les plus démunis la biodiversité est une source de profit que ce soit par la surexploitation ou par le braconnage.....
  • L'estuaire de la Loire perd ses poissons (Ouest France)
    La zone la plus riche de l'estuaire de la Loire, entre Cordemais et Donges, est fragilisée. Au fil des siècles, les deux tiers des vasières ont été supprimés par les aménagements successifs. Et les poissons disparaissent.
    Les raisons ? Sans doute la marée noire, le climat... Les solettes et les éperlans manquent notamment à l'appel. Problème : les futures captures des pêcheurs naissent ici.
    « La densité des poissons est la plus faible de toutes les campagnes effectuées dans l'estuaire de la Loire », a révélé, hier, l'universitaire Anne-Laure Barillé en présentant les résultats d'une opération de chalutage scientifique réalisée entre juin et octobre 2008. C'était à Nantes, devant le Syndicat mixte pour le développement de l'aquaculture et de la pêche en Pays de la Loire (Smidap).....
  • Un catalogue en ligne pour tout savoir sur la biodiversité (BE Allemagne)
    Dans le cadre de l'année internationale de la biodiversité (AIB), l'université Goethe de Francfort-sur-le-Main vient de mettre en ligne (et en libre accès) un dossier reprenant de nombreux documents de référence dans le domaine de la biodiversité. La plupart de ces documents sont en anglais.
    Cette sélection provient de la bibliothèque technique vifabio, une ressource spécialisée en sciences naturelles. En plus des nombreuses définitions et des ouvrages disponibles, le dossier en ligne liste également plusieurs sites internet (ex : page de la campagne officielle de l'AIB) ainsi qu'un calendrier des manifestations organisées dans le cadre de cet évènement international. Soutenu par l'Agence allemande de moyens pour la recherche (DFG), le projet de banque de données vifabio a été développé par la bibliothèque universitaire Johann Christian Senckenberg en partenariat avec d'autres bibliothèques ainsi que des organisations spécialisées en biologie.

    Le catalogue est disponible à l'adresse suivante (en anglais et en allemand) : http://www.vifabio.de/iyb2010/?lang=en
    http://www.vifabio.de/iyb2010/

Image Wikipedia : Zostère marine

Revue de presse :

17 janvier 2010 :

Un programme d’actions en faveur de la pérennité des récifs coralliens (Cdurable)
Depuis le 1er juillet 2009, la France, en coopération avec Monaco, et conjointement avec les Samoa assure la présidence de l’Initiative Internationale pour les Récifs Coralliens (ICRI) et ce jusqu’en décembre 2011. La France et les Samoa prennent ainsi la suite des États-Unis et du Mexique. La première Assemblée générale de cette présidence s’est tenue à Monaco du 12 au 15 janvier 2010.
Les récifs coralliens et leurs écosystèmes associés constituent un emblème de la biodiversité de part leur diversité et leur importance dans le fonctionnement écologique global mais également pour leur apport en terme socio-économique (pêche, tourisme...) et dans le développement de hautes technologies médicales. Les coraux fournissent 120 milliards d’euros de « services » à l’humanité chaque année au niveau mondial…..
La France qui compte à elle-seule 57 000 m2 de récifs coralliens et de lagons (10 % de la superficie mondiale), porte une responsabilité mondiale en matière de conservation de la biodiversité corallienne....

La France et Monaco assurent la présidence de l'IRCI (ANE)
« Les récifs coralliens sont un enjeu majeur pour la conservation de la biodiversité littorale et marine. Ils représentent en effet 95 % de la biodiversité côtière nationale et constituent une richesse naturelle inégalée en Europe. Il est de notre devoir de les préserver et il y a urgence à le faire en intervenant tant sur les causes de la dégradation, comme l’amélioration de l’assainissement , la maîtrise des pollutions, la diminution de l’effort de pêche... que par des outils de connaissance, de protection des aires marines concernées et des espèces menacées et de gestion intégrée des activités humaines sur la mer et le littoral », explique Jean-Louis BORLOO, ministre d’État, ministre de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement durable et de la Mer, en charge des Technologies vertes et des Négociations sur le Climat.
La réunion a permis l’élaboration de propositions pour une préservation des récifs coralliens et écosystèmes associées pour la région Caraïbe, et de recommandations, pour une limitation des impacts des pêcheries en milieu récifal, un groupe de travail a notamment été constitué sur cette problématique. Pour sa part la France a proposé d’accueillir le prochain colloque international sur la gestion des écosystèmes marins tropicaux (ITMEMS) en Guadeloupe en 2011....

mercredi 13 janvier 2010

Le poisson du riche dévore la sardine du pauvre !

Dans le monde, sardine, sardinelle, anchois, maquereau, chinchard, hareng et autre petit poisson pélagique tiennent une place considérable dans l’équilibre alimentaire de nombreuses populations parmi les plus pauvres. Ces espèces qui représentent les volumes les plus importants dans les captures de toutes les mers du globe, sont aussi les espèces les plus convoitées par l’industrie minotière.

Plus d’un quart des captures mondiales sont ainsi transformées en farine et en huile pour nourrir de plus en plus de poissons et de crevettes d’élevage. Avec le développement de l’aquaculture intensive pour satisfaire les besoins toujours plus grands des plus riches, les petits pélagiques sont détournés de leur vocation première à savoir nourrir directement les populations les plus pauvres.

A toujours développer l’aquaculture intensive d’espèces carnivores, saumon, bar, turbot, thon, et d’espèces omnivores, tilapia et panga, il ne faudra pas s’étonner que la sécurité alimentaire des populations se dégrade dans les pays où ces petits pélagiques constituent une source importante de protéines.

Il faudrait mettre fin à cette croyance que les petits poissons pélagiques sont impropres à la consommation humaine directe. Ces poissons contribuent à plus de 50% de l'offre alimentaire totale de poisson dans plus de 36 pays en Afrique, en Asie et ailleurs selon Tacon et Metian (Fishing for Feed or Fishing for Food: Increasing Global Competition for Small Pelagic Forage Fish)

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