vendredi 10 avril 2009

Quand les pêcheurs ensemencent la mer… l’aquaculture de repeuplement

Dans le Sud-Ouest de la France, le retour du saumon pyrénéen est un grand événement pour le monde de la pêche.

« Il y a à peine quelques décennies, on venait de toute la planète pour pêcher le saumon dans le Gave. Dans les Pyrénées Atlantique, Navarrenx accueillait même le championnat du monde de pêche au saumon. Et puis, il y a eu la pêche industrielle, les filets tendus en travers de l'Adour à son embouchure, il y a eu les grands travaux de barrages hydroélectriques, il y a eu aussi des abus écologiques à une époque où l'environnement n'était pas à la mode. Tout ceci a fait que le saumon a quasiment disparu du Gave. » (La Dépêche du Midi)

En France, les pêcheurs à la ligne sèment des bébés saumons

Le retour des saumons pyrénéens n’est pas le fruit du hasard. C’est le résultat de plusieurs années d’alevinage dans le Gave du Pau organisé par la fédération de pêche des Hautes-Pyrénées qui avait décidé de lancer un plan de restauration du saumon sur le Gave. Dès 2004, elle a commencé à élever des petits saumons : les œufs étaient produits par des géniteurs de souche sauvage, gardés à la pisciculture de Cauterets. Début avril 2009, 600 000 bébés saumons de trois mois ont été de nouveau relâchés, à Lourdes pour un coût de 100 000 euros.

En Alaska, les pêcheurs professionnels relâchent des smolts

Dans le principal Etat halieutique des USA, l'Alaska, les saumons n’ont pas disparu comme en France. La production annuelle de saumon dépasse 300 000 tonnes. Pourtant, dans le cadre de la gestion des pêcheries, les organisations de pêcheurs avec l’appui du gouvernement alaskien ensemencent tous les ans l’Océan Pacifique à partir d’une quarantaine d’écloseries qui produisent des smolts par centaines de millions.

En 2008, 1,5 milliards de smolts ont été relâchés dans l'océan avec un retour évalué à 60 millions d’individus. Il semblerait que maintenant dans certaines régions, les saumons d'écloserie représentent la part la plus importante des captures. A Prince William Sound, ils représenteraient 91% des prises alors que dans la zone de Cook Inlet, ils ne seraient que 4%.

L’importance de la part des saumons d’écloseries dans les pêcheries alaskiennes aurait été cachée par les autorités selon certains spécialistes pour ne pas mettre en doute la spécificité « sauvage » des saumons d’Alaska. Mais peut-on considérer des saumons qui n’ont vécu que quelques mois en eau douce dans des bacs (phase de production des alevins) comme des poissons d’élevage et les assimiler à des saumons de pisciculture élevés plus d'une année en cages ?
Philippe FAVRELIERE

Autres articles :

Pour aller plus loin....

Politique de repeuplement dans l’union européenne

Le représentant de la Fédération Européenne des Producteurs Aquacoles (FEPA) a déclaré que l'importance économique de l’industrie aquacole de repeuplement, son rôle en faveur de la pêche et des activités liées au tourisme, ainsi que son importance dans les activités de restauration et de conservation devraient être reconnus. Dans ce contexte, il a fourni des explications sur la résolution adoptée par la FEPA à la réunion du 9 octobre qui s’est tenue à Helsinki. Il a rappelé que la séance plénière du 17 juin 2009 avait demandé qu’une nouvelle proposition soit élaborée conjointement avec les ONG. Cette nouvelle proposition serait examinée et soumise à la séance plénière de la CCPA prévue en décembre. Certains participants ont souligné la difficulté d'harmoniser la législation dans les 27 États membres. Selon la FEPA, il faudrait analyser la situation dans les différents pays et préparer des orientations concrètes pour résoudre le problème.
Conclusion : la FEAP ferait le point sur l’objectif de la résolution avant de le soumettre à la séance plénière.
Source : Compte-rendu succint de la réunion du groupe de travail II (Aquaculture) du Comité Consultatif sur la pêche et l’aquaculture du 13 octobre 2009 (CCPA)

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2011. Le saumon argenté est de retour dans la rivière de Russie !

Quand l’aquaculture se met au service de la pêche, une espèce sauvage quasiment disparue peut renaître. C’est le cas du saumon argenté dans la rivière de Russie !

Le saumon argenté (ou coho) fait partie des cinq espèces commerciales de saumon sauvage les plus importantes du Pacifique nord. Son habitat naturel s’étend depuis Hokkaido - la grande île au nord du Japon - jusqu’à la Californie (USA), en passant par la Russie, l’Alaska et le Canada…

Dans cette région océanique, la plus riche en matière de pêche, la pisciculture marine n’est pas du goût des populations autochtones qui vouent un culte particulier aux espèces sauvages…. Les saumons sauvages font partie des totems de nombreux peuples premiers…

Aquaculture de repeuplement

Cette année, de nombreux saumons argentés remontent de l’océan pour frayer dans la rivière de Russie. Du jamais vu depuis 10 ans. Une lueur d’espoir que le programme d’écloserie, dans la relance d'une espèce menacée.

Il y a dix ans, le nombre de saumon coho était proche de zéro. C’est à ce moment-là que des biologistes ont commencé à élever des saumons. A partir d’une écloserie sur le lac de Sonoma, ils ont commencé à lâcher des jeunes saumons dans la rivière de Russie. Depuis 2001, pas plus de 4 saumons adultes étaient dénombrés. Or, cette année, les biologistes du California Sea Grant estiment qu'il y a eu plus de 190 adultes dans le bassin versant de la rivière.

Vous aurez compris que nous ne sommes pas en Russie mais en Californie. Sur les côtes sibériennes, les populations de saumon sauvage sont parmi les plus denses au monde. Elles se comptent par centaines de millions d'individus de même qu'en Alaska ou au nord du Japon. La rivière de Russie (ou Russian river) est un fleuve de Californie. Dans cet Etat fortement marqué par les activités agricoles, l'urbanisme et de nombreux barrages, les populations sauvages de saumon ont presque totalement disparu à l’image de notre saumon atlantique en Europe. D'après un article de The Fishsite : Coho Salmon Runs Improve In Russian River

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Revue de presse

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Le 11 mars 2010

Gardonne - Des lâchers de saumons (Sud-Ouest)
Comme chaque année, dans le cadre du plan de restauration du saumon atlantique sur la rivière Dordogne, l'association Migado réalise des déversements de jeunes saumons élevés en pisciculture pour repeupler la rivière. Les jeunes saumons lâchés en début de saison sont appelés « smolts ». Il s'agit de saumons âgés de 1 à 2 ans et déjà « prêts » à rejoindre l'océan.

Les déversements de smolts dans la rivière Dordogne doivent être réalisés en aval des barrages du Grand Bergeracois pour faciliter leur migration. Notamment à Gardonne qui est un site privilégié pour une telle opération. D'autant plus qu'avec le récent aménagement, l'accès à la rivière est facilité et permet de réaliser ces déversements dans les meilleures conditions.

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Le 16 avril 2010

Le saumon, ce grand mystère (Sud-Ouest)

Très peu de saumons sont remontés depuis le début de la saison. Et on ne sait pas vraiment pourquoi. Hier, à Asson, un alevinage de saumons dans l'Ouzom. Chaque année, 650 000 tacons sont déversés dans les rivières des Pyrénées-Atlantiques et des Pyrénées-Orientales.
C'est la complainte du pêcheur ces derniers temps. Les saumons ont oublié de remonter. À la mi-avril, le nombre de prises est quasi inexistant, ce qui préoccupe les plus fins connaisseurs de la vie mouvementée du saumon de l'Atlantique. « C'est simple, j'enregistre les captures depuis dix ans dans le coin, et je n'ai jamais vu ça. Déjà, la saison dernière était minable, mais celle-ci démarre plus minablement encore », explique par exemple Claude Valero, qui tient le magasin d'articles de pêche de Navarrenx. Pour l'instant, il n'a pesé qu'un seul poisson, « et encore, j'ignore s'il était de remontée ».
Le constat est à peu près le même chez d'autres pêcheurs qui ont l'habitude d'arpenter les rives du Gave d'Oloron et de ses affluents, où le poisson argenté n'afflue justement plus trop. Pour exemple, seuls trois saumons ont été piégés pour l'instant à Sorde-l'Abbaye, dans les Landes, un point de comptage traditionnel.
Conjectures

Alevinage intensif sur les gaves (Sud-Ouest)

Entre mercredi et jeudi, ce sont 650.000 alevins qui ont été déversés dans les gaves et certains de leurs affluents par des techniciens des fédérations de pêche des Pyrénées-Atlantiques et Pyrénées-Orientales. Un alevinage intensif décidé depuis 2004 par le comité de gestion des poissons migrateurs du bassin de l'Adour, qui regroupe pêcheurs amateurs et professionnels, scientifiques et représentants de l'Etat. Chaque année, on lâche donc ces alevins, «de géniteurs de souche Adour» précieu sement gardés à Cauterets. Les petits «tacons» (alevins de saumons) relâchés hier à Ouzom, mais aussi dans le Gave de Pau, ne survivront pas tous, loin de là.
Migradour, l'association qui observe la population des saumons sur tout le bassin estime par exemple que seuls 0,2 à 0,5 % des alevins remonteront un jour (d'ici trois à cinq ans) le Gave de Pau. Encore faudra-t-il que tous les barrages qui le jalonnent soient mis aux normes, ce qui n'est pas encore tout à fait le cas. Même si ces estimations restent floues, quand on connaît le long chemin du saumon vers les frayères….

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Le 17 avril 2010

Saumons par millions (La Dépêche)
reportage
Le rituel est désormais bien au point et se répète invariablement depuis sept ans déjà. En 2004, à l'initiative de la fédération de pêche des Hautes-Pyrénées, de Migradour et de l'Agence de l'eau Adour-Garonne, le plan de restauration du saumon sur le gave de Pau débutait. Dans les années « 30 », le saumon était abondant sur le gave. Avec la construction des barrages hydroélectriques et la pêche professionnelle en embouchure d'Adour, il avait quasiment disparu. En sept ans, l'eau a coulé dans le gave et ce sont près de 3,5 millions d'alevins qui ont été déversés. À présent, les saumons adultes commencent à remonter : 298 en 2008, 178 en 2009, comptés à la passe filmée d'Artix (aveugle en cas d'eau trouble, ce qui laisse supposer un chiffre plus important).
Cette semaine, les deux fédérations, bigourdane et béarnaise, ont déversé, au coude à coude, pas moins de 640.000 alevins de saumons. Des bébés de 2 cm, conditionnés en grandes poches oxygénées, déversées depuis les rafts d'Ecolorado pour la partie bigourdane, entre Lourdes-Vizens et Saint-Pé, à pied jusqu'à Nay, pour la partie béarnaise.

Souche originelle
Les bébés saumons sont de souche Adour, la souche originelle : ils sont issus de géniteurs sauvages, gardés à la pisciculture fédérale de Cauterets. Les œufs produits sont dirigés vers les écloseries d'Arcizan et de Médous : lorsqu'ils ont entre 3 et 4 semaines, mesurent 2 à 3 cm, ils sont « empaquetés » dans de grandes poches puis relâchés : derrière le raft, le spectacle est assez féerique : un nuage doré et frétillant se déploie dans l'eau, puis s'évanouit : les petits saumons vont devoir affronter la grande aventure de la vie sauvage. Très peu vont en réchapper : seulement 0,3 % environ parviendront à revenir sur leur lieu de naissance, en l'occurrence leur lieu de lâcher, pour se reproduire. « Cette opération, qui a pris une telle ampleur grâce à l'investissement de trois personnes au départ (Marc Delacoste, Jacques Bruno et Jacques Ducos, NDLR) est une réussite : le saumon est à nouveau présent sur le gave », soulignait Jacques Ducos. Mais sa présence reste fragile : c'est pourquoi sa pêche est interdite pour le loisir. Quelques points noirs sont encore présents : les barrages de Cauneille, Orthez et Puyo. La pêche professionnelle en embouchure d'Adour est également un frein à sa remontée. Mais en sept ans, le succès est indéniable, même si l'effort doit se poursuivre pour que le plan réussisse pleinement. Hélène Dubarry.
Depuis sept ans, le plan de restauration du saumon sur le gave de Pau est enclenché : cette semaine, 640.000 nouveaux alevins de souche Adour ont été lâchés entre Lourdes et Nay.

« Ce qui m'intéresse le plus dans ce plan, c'est la qualité du travail accompli. »
Jacques Ducos, président de la fédération de pêche des Hautes-Pyrénées.

Le chiffre : 3,5M
Alevins > Déversés dans le gave depuis sept ans. Une nouvelle génération de jeunes saumons a été lâchée dans le milieu naturel.

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Le 11 août 2010

Dordogne : La survie du saumon passe par ici (Sud-Ouest)

Depuis Bergerac, l'association Migado tente de repeupler la Dordogne en saumons sauvages. Le centre de Migado, à Bergerac, produit des œufs de saumons, pour donner des géniteurs capables de survivre en remontant la rivière, via le barrage de Tuilières. Le saumon est une attraction rare. L'espèce est menacée, mais il y a du monde pour tenter de l'apercevoir : depuis la mi-juillet, l'ascenseur à poissons du barrage de Tuilières, à quelques kilomètres en amont de Bergerac, a accueilli plus d'un millier de visiteurs (lire ci-dessous). C'est la partie visible du travail de repeuplement qui mobilise l'association Migado (pour Migrateurs Garonne-Dordogne) à Bergerac, dans son centre qu'elle occupe au barrage. Là, on recense et on reproduit les migrateurs, qui prennent l'ascenseur à Tuilières, où ils défilent, derrière une vitre : saumons, aloses, lamproies, anguilles, truites de mer, ablettes, barbeaux ou brèmes selon le calendrier et le succès des accouplements.

Condamné au siècle dernier - Au début du siècle dernier, la construction des barrages et la navigation commerciale ont condamné le saumon (entre autres migrateurs), du coup prisonnier de la rivière qu'il remonte pour se reproduire (en hiver) avant de redescendre vers la mer. Les frayères en amont sont devenues inaccessibles, et le salmonidé sauvage, forcé d'aller voir ailleurs. Et tant pis pour les pêcheurs et la qualité de l'eau.

David Clavé, chargé du plan saumon-Dordogne au centre Migado de Bergerac : « Quand la rivière est détériorée, ce sont les migrateurs qui y sont les plus sensibles. Leur perte est synonyme de détérioration de l'habitat. Les retrouver, c'est améliorer cet habitat et l'écosystème qui profite à toutes les autres espèces. Le migrateur, c'est un peu la locomotive de l'environnement. » Voilà l'enjeu du repeuplement, depuis presque trente ans.....

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Le 13 février 2011

«Le saumon pourrait bien disparaître du gave d'Oloron» (La République des Pyrénées)

Lionel Armand, guide de pêche et co-organisateur du colloque de samedi pour l'AAPPMA du gave d'Oloron. © archives Sébastien Lamarque

La mairie accueille aujourd'hui un colloque sur les rivières du Piémont, organisé par l'association de pêche du gave d'Oloron, pour exposer les menaces qui pèsent sur le saumon.

Lionel Armand, guide de pêche, a préparé la 5e édition du colloque sur les rivières du Piémont Pyrénéen pour le compte de la AAPPMA du gave d'Oloron (1). Une association de pêche aujourd'hui très préoccupée par le difficile repeuplement de saumon dans son cours d'eau.

Quelles courbes suivent les populations de saumons et de truites de mer dans le gave d'Oloron ?

Lionel Armand : « On constate depuis deux ans une baisse du cheptel. Le millier de pêcheurs qui sillonnent le gave ont observé leur raréfaction. Et les frayères, que l'AAPPMA surveille année après année, diminuent également. Mais cette tendance n'est pas directement liée à la pression de la pêche à la ligne ou à la qualité de l'eau du gave. C'est la surpêche en milieu marin et dans les estuaires qui est en cause. On l'observe grâce aux ventes à l'étal sur la côte. Avant 2009, on se plaignait des prélèvements des pêcheurs en estuaire. Depuis, la situation s'est aggravée : comme les ressources au large se tarissent, les chalutiers se sont rapprochés des côtes et prélèvent désormais des saumons et des truites.

Le saumon est-il menacé de disparaître du gave d'Oloron ?

Oui, on peut déjà nous classer en zone rouge. Il y en a aujourd'hui juste assez pour assurer la reproduction de l'espèce. Sur la truite de mer, c'est moins grave. Nous avons réussi à stabiliser sa population....

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Le 24 août 2011

Gave de Pau : Le peuple saumoné (Sud Ouest)

36 000 jeunes alevins de saumon ont été lâchés hier dans l'affluent Ouzoum

Hier, grande journée pour des milliers d'alevins. 36 000 alevins de saumon ont été lâchés dans l'Ouzoum, affluent du gave de Pau, dont 8 000 au niveau du pont d'Asson. Habitués aux eaux froides de leur bassin de pisciculture (7 °C), ces poissons sont pour l'instant de petits « pesquits », qui vont devoir s'habituer à une température plus clémente (14 °C) et à un habitat naturel.

Repeupler le gave de son « poisson roi » est une priorité. Car l'espèce a tendance à disparaître malgré les efforts de tous les acteurs du secteur. Cette opération s'inscrit dans un programme plus vaste, le « plan saumon ».

À commencer pour les pêcheurs bien sûr. Représentés par André Dartaud, président de la Fédération des Pyrénées-Atlantiques de la pêche, il se félicite de pouvoir proposer aux licenciés de nouvelles proies, bien que la pêche du saumon y soit interdite hormis sur un secteur restreint de la partie aval au niveau de Bérenx.

Ensuite pour la survie de l'espèce elle-même, qui a disparu du gave de Pau depuis les années 1930 et qui a besoin d'un renouvellement.

L'obstacle des barrages

Le problème qui se pose est surtout celui des barrages hydroélectriques. Au nombre de six sur le lit du gave, ils empêchent les saumons de remonter après avoir transité par l'Océan. « L'équipement des barrages est pour nous primordial », explique Jean-Jacques Barreau, directeur de l'Agence de l'eau.

Souvent gérés par des entreprises hydroélectriques qui en vivent comme d'une rente, ils sont les premiers responsables du taux de mortalité. Mais d'autres facteurs entrent dans la balance, comme la qualité de l'eau, très importante pour la reproduction du poisson.

D'où l'importance de cette journée, qui s'inscrit dans un programme plus vaste. En avril, déjà, 157 000 alevins ont été déversés, et 130 000 en cette fin d'été.

« La restauration du poisson dans le gave de Pau est un projet ambitieux mais ô combien nécessaire », rappelle Marc Delacoste, président de la Fédération de pêche des Hautes-Pyrénées.

Depuis 2004, environ quatre millions d'alevins ont été lâchés dans le gave de Pau, et les résultats sont déjà visibles lors de leur remontée. Ainsi en 2010, le nombre de saumons recensés au niveau d'Artix (dans leur remontée) a été le plus fort depuis quinze ans, et les chiffres de cette année incitent à l'optimisme.

Photographie de l'Alaska Seafood : Saumon rouge ou Sockeye

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Le 21 avril 2012


Pour préserver la ressource, les pêcheurs malouins achètent des Saint-Jacques dans le Finistère, avant de les disperser en mer. En trois jours ils en ont semé un million, qu’ils pêcheront dans trois ans.

REPORTAGE

Le Briscard n’a jamais eu autant de Saint-Jacques à son bord. Sur le pont du chalutier de 11,50 mètres, 450.000 coquilles ont été stockées dans des bacs de criée. Mais celles-ci ne rejoindront pas les assiettes tout de suite. Âgées d’un an, elles ne mesurent que trois centimètres à peine. Elles font route mer pour être dispersées au large de Saint-Malo.

Depuis 1994, les pêcheurs malouins soutiennent leur gisement en semant des jeunes coquilles qu’ils achètent à l’écloserie du Tinduff, à Plougastel-Daoulas dans le Finistère. Ils les laissent ensuite grossir avant de les pêcher, trois ans plus tard. « Quand on a commencé, le gisement était estimé à 420 tonnes ; il est passé à près de 1.300 tonnes », se félicite Pascal Lecler, président du comité départemental des pêches.

François Lemarchand et Olivier Le Provost, les matelots, sont à la manœuvre à l’arrière du bateau. De sa cabine, Jean Briend, le capitaine, ralentit sa vitesse dès qu’il a atteint son but. Le feu vert est donné. « Allez-y pour dix caisses ! »

Les couvercles sont ôtés en quelques secondes et le contenu des bacs déversé dans le sillage du chalutier. Calée sur le bas régime, l’hélice du bateau se charge de la dispersion sous-marine. Pas toujours évident dans les creux causés par la tempête qui se lève. Les matelots prennent les embruns en pleine face. Il faut aller vite, les jeunes coquilles sont fragiles.

La veille, un autre chalutier a procédé à la même opération, dispersant 300.000 coquilles dans un carré situé entre le sud de l’île de Cézembre et Saint-Lunaire. Le Briscard trace sa route autour de ce carré, lâchant une poignée de coquilles sur sept emplacements différents.

« La plupart des bateaux malouins travaillent près de la côte, explique le capitaine. C’est pourquoi on privilégie la zone proche de Saint-Malo. » Et les endroits où la coquille se plaît bien. Les pertes sont déjà importantes (environ 50 %), pas question de les disperser dans des secteurs hostiles.

Sur trois jours, un million de coquilles ont été semées, dont un tiers dans la Rance où la pêche se fait en bouteille. Coût de l’opération pour le comité des pêches : 80 000 €. Stéphanie BAZYLAK.

REPÈRES

D’où viennent les petites coquilles ?

Les coquilles sont nées à l’écloserie du Tinduff, dans le Finistère. Elles sont âgées d’un an, ce qui permet leur transport par camion frigorifique. Autrefois, le comité des pêches achetait des larves de coquilles qu’il faisait prégrossir avant de les disperser en mer lorsqu’elles avaient atteint trois centimètres.

Pourquoi ne plus acheter des larves de coquilles ?

Malgré les six à neuf millions de larves que le comité achetait chaque année, les pertes étaient plus importantes qu’avec les jeunes coquilles déjà formées. « C’est aussi beaucoup plus pratique maintenant parce que ça demande moins de manutention que les larves », souligne Pascal Lecler, le président du comité des pêches.

Qui finance cette opération ?

L’opération Procoq a été lancée par le comité des pêches de Saint-Malo en 1994. Elle est entièrement financée par les pêcheurs, à travers le paiement de leur licence professionnelle. Cette année, le coût total de l’opération s’élève à 80 000 €. Les chalutiers mobilisés pour l’ensemencement sont indemnisés pour les frais occasionnés.

Pourquoi l’opération a-t-elle lieu tous les ans ?

L’opération a lieu tous les ans pour éviter des trous dans les classes d’âge. « Si on ne le faisait pas, il y aurait de gros décalages de taille selon les années, explique Pascal Lecler. L’objectif est qu’il y en ait toujours de pêchable ! » Pour être pêchée, une coquille doit mesurer 10,2 cm minimum.

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