jeudi 3 septembre 2009

Pêche profonde. Grenelle de la Mer : Et vogue la galère !

Aux commandes du vaisseau « Grenelle de la Mer », Le Pensec avait été choisi pour accomplir une première mission : atteindre le cap «pêche en eaux profondes ».

Dans la marine il n’y a qu’un seul maitre à bord… Personne ne peut déroger à cette règle. Pas même l’armateur, et pourtant…..

Trahi, le commandant quitte le navire. Solidaire, tout l’équipage met pied à terre. Seuls restent à bord les passagers de fortune… et vogue la galère !

« Les pêcheurs basques claquent la porte du Grenelle de la Mer »

« Inscrit dans les objectifs du Grenelle de la Mer, le dossier du chalutage en eaux profondes dans les eaux européennes réunit depuis mi-juillet le secteur professionnel de la pêche et un consortium de scientifiques et de représentants d'organisations environnementales. Sous l'autorité de l'ancien Ministre socialiste de la Mer Louis le Pensec, les conclusions sont attendues pour fin octobre, un délai que le gouvernement français a certainement trouvé trop long.
Pressée par l'ONU de faire entendre sa position le 17 septembre prochain, la France aurait semble-t-il déjà arrêté sa position, en faveur de l'arrêt de cette pêche pour les eaux internationales. Un passage en force qui, parvenu à la connaissance du Président de la Commission, a provoqué la colère, puis la démission de cette personnalité politique unanimement appréciée par les membres du collège qualifié du Grenelle de la Mer, parmi lesquels Serge Larzabal, Président du Comité de Pêche de St Jean-de-Luz (Pays Basque nord).
Le 11 août dernier, le Ministre de la Pêche, Bruno Le Maire, avait tenu à rassurer les pêcheurs de St Jean-de-Luz sur le maintien de leurs activités "dans le respect des exigences environnementales" : trois semaines plus tard, les professionnels ont un peu l'impression d'avoir été pris pour des thons... »
(Lire la suite de ce très bon article du journal basque : eitb)

Ambition maritime de la France ?

La France se targue de posséder le deuxième domaine maritime dans le monde, un espace océanique de 11 millions de km2 (8% de la ZEE de la planète) dont l’étendue est 20 fois supérieur au territoire métropolitain. En mettant en chantier le Grenelle de la Mer, le Ministère de l’Ecologie devait impulser une politique maritime à la France. Après sa mise à l’eau et un premier cap : chalutage dans les grands fonds, force est de constater que le navire gîte fortement du côté environnementaliste. Après ce premier flop, nous sommes en droit de nous demander si la France s’est donnée tous les moyens pour administrer et mettre en valeur un si vaste territoire confié à notre pays dans le cadre de la convention internationale sur le droit de la mer de Montego Bay en 1982.

Près de 30 années après la délimitation de cette si généreuse zone économique exclusive (ZEE), on ne peut pas dire que la France en ait vraiment tiré profit ; elle reste une puissance maritime modeste dans le monde. A l’exception de l’exploration des grands fonds, la France est en recul dans tous les secteurs stratégiques, transports maritimes et activités halieutiques. La pêche française se place au 24e rang mondial loin derrière l’Islande, la Corée du Sud ou Taïwan des pays beaucoup moins lotis en espace maritime….

L’ambition maritime de la France ne se résumerait-elle qu'à sanctuariser 20% de son domaine maritime, construire des marinas et installer des éoliennes et hydroliennes offshore ?

Hoki, une pêcherie en eaux profondes certifiée durable MSC

Hier, le filet maillant, aujourd’hui le chalut en eaux profondes, demain interdiction de tout chalutage. Bientôt il ne restera plus aux marins-pêcheurs que la pêche à la ligne, ou plutôt la pêche à main nue, j’oubliai les associations de bien-être animal pour lesquelles l'hameçon est considéré comme un engin de torture !

Avec le chalutage en eaux profondes, les pêcheurs ne souhaitent pas être pris dans un engrenage d’interdits. Ils sont prêts à adapter leurs techniques de captures, mais pas à n’importe quelles conditions. Plusieurs programmes significatifs sont en cours avec l'IFREMER.

Cette "fixation" sur les engins de pêche fait oublier que ce n’est pas tel engin ou tel autre qui est condamnable en lui-même, mais plutôt l’intensité avec lequel il est utilisé dans une zone de pêche donnée. Par exemple : dans le cadre de la pêche à la langouste en zone Caraïbes, l’utilisation massive de casiers a des effets négatifs sur les récifs coralliens et elle contribue à la surpêche, pourtant les casiers (ou nasses) sont considérés comme des arts dormants, passifs et sélectifs.

La principale pêcherie en eaux profondes dans le monde concerne le hoki au large des côtes de Nouvelle-Zélande. Chaque année, plusieurs dizaines de milliers de tonnes de hoki sont écolabellisées « pêche durable » depuis 2001 par le Marine Stewardship Council (MSC). En Europe, la pêcherie des grands fonds concerne empereur, lingue et grenadier. La Scapêche du groupe « Intermarché » est le principal armement français à cibler ce type d’espèces pour une quantité de 7000 tonnes (près du quart des ventes en criée à Lorient).

Carte de la ZEE française tirée de Wikipedia

Autres articles :

Pour plus d'informations :

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Septembre 2011 : La pêche profonde en accusation !

"Il faut interdire la pêche en haute mer !"

Un groupe de scientifiques vient de publier un rapport accablant concernant la pêche en haute mer et appelle les autorités internationales à l'interdire, d'après le Washington Post.

Dans leur rapport, ces scientifiques décrivent les fonds marins, autrefois luxuriants et remplis de vie, comme des déserts d'où toute vie marine a disparu ou presque.

Les pêcheurs se sont déplacés au large des côtes à la recherche de stocks de poissons, comme le loup de mer chilien ou l'hoplostète orange. Pour eux, quasi toutes les espèces marines sont désormais en danger de disparition, la surpêche les empêchant de reconstituer les populations de manière à ce que celles-ci restent viables.

Une catastrophe

"Vu que les pêcheurs ne trouvent plus de poissons le long des côtes, ils avancent au large et déciment le peu de poissons encore en vie. Les gens doivent réaliser que les stocks de poissons ne sont pas inépuisables. Que feront tous ces gens et ces pêcheurs quand il n'y en aura plus aucun? Il est déjà presque trop tard pour enrayer la machine. C'est pourquoi il faut interdire tout de suite la pêche en haute mer!"préviennent ces scientifiques.

Ils soulignent également les dégâts faits sur les récifs de corail, des dommages qui mettront des milliers d'années à se réparer, s'ils y parviennent un jour... "Les gens s'obstinent à ne pas comprendre l'importance des coraux dans les écosystèmes marins, ni des conséquences de leur consommation de poisson". Le fameux "bah, c'est pas pour un... De toute façon, il est déjà mort puisqu'on me le propose dans le menu" qui ne permette pas de changer la donne.

"Pour permettre à la vie marine de se reconstituer, il faut interdire toute pêche en haute mer, ça peut paraître radical, mais c'est la seule solution", mettent-ils en garde. "Quand le poisson aura disparu, comment les gens feront-ils pour se nourrir? Une fois que les poissons auront disparu, ça sera définitif! Les pêcheurs et les consommateurs auront beau se plaindre, ils seront les seuls responsables de ce gâchis" concluent-ils. Source : 7sur7.be

Lire le communiqué de Marine Conservation

Pour télécharger l'étude pilotée par Elliott A. Norse : Sustainability of deep-sea sheries

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Le profil écologique et socio-économique des pêches profondes

Le profil écologique et socio-économique des pêches profondes

Claire Nouvian

Bloom 2011

en collaboration avec la Fondation pour la Nature et l’Homme, Greenpeace et la Deep Sea Conservation Coalition

Communiqué de presse :

100% des Français financent la pêche destructrice

C'est ce que révèle une étude inédite de l'association Bloom sur la pêche profonde en France. En effet, les deux principales flottes pratiquant la pêche au chalut de fond jusqu'à 1500 m dans l'Atlantique Nord-Est ont touché plusieurs millions d'euros de subventions publiques. C'est le cas notamment de la flotte du groupe Intermarché (Scapêche), responsable de plus de la moitié des captures d'espèces profondes en France, qui a perçu depuis 1996 près de dix millions d'euros de subventions pour ses chalutiers profonds. La flotte boulonnaise Euronor a touché 7,8 millions d’euros. Ces chiffres n’intègrent pas les aides de l’Etat au gasoil sans lesquelles les chalutiers hauturiers qui consomment 7000 litres de fioul par jour seraient incapables de quitter le port et opéreraient à perte. L'analyse des comptes des entreprises de pêche réalisée par Bloom révèle en outre que celles-ci! (Scapêche, Euronor, Dhellemmes) montrent un déficit chronique malgré les aides de l’Union européenne et de l’Etat français.

100% des Français sont ainsi mis à contribution financière d'une pratique de pêche non durable écologiquement ni même économiquement. Suite du communiqué, télécharger Ici

Pour télécharger l'étude "Le profil écologique et socio-économique des pêches profondes", cliquer Ici

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Management of Deep-Sea Fisheries on the High Seas

The Implementation of UNGA Resolutions 61/105 and 64/72 in the Management of Deep-Sea Fisheries on the High Seas

IPSO / DSCC

May 2010

For the past eight years, the issue of protecting biodiversity in the deep sea in areas beyond national jurisdiction – the high seas – has been extensively debated by the United Nations General Assembly (UNGA) and in other international fora. The UNGA adopted a series of resolutions, beginning with Resolution 59/25 in 2004, which called on high seas fishing nations and regional fisheries management organisations (RFMOs) to take urgent action to protect vulnerable marine ecosystems (VMEs) from destructive fishing practices, including bottom trawl fishing, in areas beyond national jurisdiction (UNGA, 2004)

Pour télécharger le document, cliquer Ici

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Présentation des armements hauturiers français impliqués dans la pêche des grands fonds dans cet article du Télégramme (15/09/09)

Grands fonds. Inquiétudes sur les quais (Le Télégramme)
La pêche de grands fonds n'est qu'accessoire pour la dizaine de bateaux bigoudens qui la pratique. Les nouvelles menaces ont pourtant conduit à une levée de boucliers. Le monde de la pêche y voit une attaque du chalut.

La nomination d'une écologiste au titre d'ambassadrice des océans par Jean-Louis Borloo, le ministre du Développement durable et de la Mer n'en finit pas de soulever des inquiétudes sur les quais. Dans le sillage de la démission de Louis LePensec, le président de la commission consacrée à l'avenir de la pêche de grands fonds, toute la profession dénonce ce qu'elle estime être une mascarade politique. «On ne peut pas, au plus haut niveau, faire croire qu'un comité d'experts va rendre un avis impartial et, de l'autre, donner mandat à l'assemblée générale de l'Onu, de signifier l'abandon par la France de ses pêcheries de grandsfonds», soulignait il y a peu, Robert Bouguéon, le président de la fédération des comités locaux des pêches du Finistère. Une fois de plus, toute la filière craint sérieusement pour l'avenir de ses chalutiers de grands fonds. Le Pays bigouden compte une dizaine de chalutiers hauturiers pratiquant cette pêche. Même si, contrairement aux chalutiers lorientais de la Scapêche, ils ne pratiquent les grands fonds que de manière accessoire.

Des captures accessoires
Au Guilvinec, le Bara Lodenn est le seul chalutier hauturier à disposer d'un permis de pêche spécial (PPS) grands fonds. Pourtant, depuis 2007, seul un tiers de ses captures est composé d'espèces de grands fonds. Les deux autres navires de l'Armement bigouden à pratiquer cette pêche (Le Bara Brenn et le Bara Dous) utilisent des PPS tournants et débarquent des quantités encore plus faibles de poissons des grands fonds. Comme cinq chalutiers artisans. «La lotte reste notre espèce cible. Les PPS nous permettent de ne pas rejeter les captures accessoires», explique Soizig LeGall, la patronne de l'Armement bigouden.

Élément d'équilibres
Pour Tristan Douard, le directeur adjoint de Pêcheurs de Manche et Atlantique, l'association des deux principales organisations de producteurs concernées, «ces prises sont malgré tout importantes dans les comptes d'exploitations des bateaux». Reconnu pour sa politique sociale, l'Armement bigouden craint de ne plus pouvoir tenir le cap, en la matière. «Si nous perdons ces droits de pêche, on peut s'attendre à perdre une partie de nos équipages», craint Soizig Le Gall. Un risque que les armements estiment démesuré compte tenu de l'importance des captures. Patron de l'armement La Houle, Jo Loussouarn y voit d'ailleurs une lourde contradiction des environnementalistes: «Ces PPS sont un bien pour la ressource. Ils nous permettent des rotations saisonnières qui soulagent les fonds traditionnellement travaillés par nos bateaux». Les Calanques et La Houle, deux de ses chalutiers, bénéficient de PPS tournants.

«Le chalut menacé»
Pour l'armateur de Saint-Guénolé comme pour l'ensemble de la profession, la principale inconnue reste la définition des grands fonds. Une question à laquelle la commission présidée par Louis Le Pensec devait répondre. Avant sa démission. «Elle oscille entre 200m pour les environnementalistes et 400m pour les scientifiques», poursuit Tristan Douard. Le terrain de travail de toute la pêche hauturière cornouaillaise, qui pourrait ainsi être menacée. La profession y voit une attaque déguisée du chalut de fonds.
Jean Le Borgne

Lorient - Le port ne veut pas perdre ses poissons des grands fonds (Ouest France)
Les poissons des grands fonds représentent 40 % de la production des trois grands chalutiers de la Scapêche. L'arrêt possible de la pêche des poissons des grands fonds, au nord de l'Écosse, mettrait à mal le port de Keroman. La filière se mobilise et en appelle à tous les élus.
Et si la pêche était interdite...
L'arrêt des les grands fonds serait dramatique pour Keroman. Cela annoncerait la fin probable de la Scapêche et le déclin assuré de l'activité de mareyage. Or, l'État français est favorable à l'interdiction de cette pêche... dans les eaux internationales. Pourquoi en irait-il différemment dans les eaux européennes ? C'est ce qui a poussé Louis Le Pensec à démissionner de la présidence de la commission « Pêches profondes » mise en place cet été par le ministre Borloo.
Grands fonds, petit rappel
Sabre noir, lingue bleue, grenadier... Ce sont ces poissons que les trois grands chalutiers de la Scapêche des bateaux de 46 m de long pêchent de 300 m à 1 000 m de profondeur. Leurs zones de pêche sont situées au nord et au nord-ouest de l'Écosse, à une dizaine d'heures de trajet du port de Lochinver. Où les bateaux reviennent débarquer leurs captures tous les neuf jours. Le poisson, conditionné en caisses de 25 kg, est acheminé par camions jusqu'à la criée de Lorient.
Sans matière première... Suite Ouest-France

Revue de presse :

Pêches profondes. L'union sacrée de la filière (Le Télégramme)
Aujourd'hui Lorient, demain Boulogne, Le Guilvinec, La Rochelle, Saint-Jean de Luz. Le monde de la pêche est en colère alors que la France pourrait décider l'arrêt de la pêche des espèces de grands fonds. Suite Le Télégramme

Comité national des pêches. Un ultimatum au Premier ministre (Le Télégramme)
Le Comité national des pêches maritimes (CNPM), solidaire de la décision de Louis Le Pensec, se retire de la mission sur le chalutage en eaux profondes, et a lancé hier soir un ultimatum au Premier ministre. «Solidaires de la décision de démission de Louis Le Pensec (...), nous suspendons notre participation à la mission qu'il présidait», écrit le CNPM dans un communiqué. Suite Le Télégramme

Démission de Louis Le Pensec - Les pêcheurs basques claquent la porte du Grenelle de la Mer (eitb)
Alors que professionnels et associations environnementales planchent sur le chalutage en eaux profondes, la tentative française de passer outre leurs travaux provoque la colère des pêcheurs basques. Les pêcheurs du Pays Basque contestent le passage en force du gouvernement français.
Inscrit dans les objectifs du Grenelle de la Mer, le dossier du chalutage en eaux profondes dans les eaux européennes réunit depuis mi-juillet le secteur professionnel de la pêche et un consortium de scientifiques et de représentants d'organisations environnementales. Suite eitb

Mission pêches profondes: l'armement d'Intermarché s'inquiète (AFP)
L'armement Scapêche qui gère la flotte de bateaux d'Intermarché s'inquiète de la récente démission de Louis Le Pensec de la mission pêches profondes qui estime que le sort de cette pêche est d'ores et déjà "scellé", a indiqué mercredi Fabien Dulon, directeur de Scapêche. L'ancien ministre de la Mer a justifié lundi sa démission par le fait que la France avait déjà arrêté sa position en faveur de "l'arrêt des pêches profondes" et qu'elle la défendra devant l'ONU les 17 et 18 septembre. Suite AFP

Grenelle de la mer: pêcheurs en colère (AFP)
Le Comité national des pêches maritimes et des élevages marins (CNPMEM), interlocuteur privilégié du gouvernement et des administrations, a décidé de suspendre sa participation à la mission sur le chalutage en eaux profondes.

La pêche sur les grands fonds concerne aussi le quartier maritime du Guilvinec (CLPM Le Guilvinec)
Depuis la démission fracassante de Louis Le Pensec du Comité d’experts chargé de faire des propositions sur la pêche des grands fonds, plusieurs structures professionnelles se sont exprimées. Voici les positions du Comité National, du Comité régional de Bretagne et du Comité local des pêches du Guilvinec. Suite CLPM Le Guilvinec

Grands fonds. Les Bretons écrivent à Sarkozy (Le Télégramme)
Le président du comité des pêches de Bretagne, André Le Berre, a demandé hier Nicolas Sarkozy des discussions «saines et constructives» sur le chalutage en eaux profondes, que le gouvernement est soupçonné de vouloir remettre en cause. «Nous avons appris avec beaucoup de colère et une vive déception que l'Etat français avait fait le deuil de ses pêcheries de grands fonds avant même que le groupe de travail technique dédié à ce sujet n'ait pu terminer ses travaux», écrit André Le Berre dans son courrier adressé au président de la République. «Cette affaire est grave. Suite Le Télégramme

Pêches profondes. Moriceau attaque Sarkozy (Le Télégramme)
Janick Moriceau, vice-présidente du Conseil régional en charge de la mer, a réagi hier à la démission du Finistérien Louis Le Pensec du comité d'experts chargé d'étudier l'avenir des pêches de grands fonds. «Une fois de plus, le gouvernement Sarkozy démontre son machiavélisme en faisant croire à l'opinion publique à grand renfort de communication qu'il mène une réflexion ouverte sur l'avenir de la mer tout en arrêtant des positions non concertées», écrit-elle. «Décréter du jour au lendemain l'interdiction de la pêche de grands fonds sans avoir eu aucun dialogue avec les hommes qui pratiquent cette pêche et qui depuis des années réclament une expertise de leurs pratiques, sans être entendus, relève du despotisme.»

L'avenir de la pêche passe par la Bretagne (APB)
Le positionnement de l'Etat Français et de son gouvernement sur la pêche de grands fonds, sans attendre les conclusions de la commission Le Pensec issue du Grenelle de la Mer, va une fois de plus coûter très cher à la pêche bretonne.
Alors qu'il est nécessaire d'avoir des exigences écologiques extrêmement rigoureuses (compte tenu notamment du cycle de reproduction des espèces de grands fonds), il est insupportable que les travaux d'une commission dédiée à cette fin ne soient pas attendus pour prendre des décisions. Suite APB

Le Comité national des pêches soutient la démission de Louis le Pensec du comité d’experts sur la pêche de grands fonds et demande au premier Ministre de clarifier la position que la France défendra devant les Nations Unies mi-septembre. En attendant, la mobilisation des professionnels est très grande dans les ports. Le maire de Ploemeur (56), membre du groupe du Grenelle de la mer, rappelle l’importance de cette pêche dans les ports de Lorient, Concarneau, Boulogne-sur-Mer, Le Guilvinec...

Nicolas Sarkozy soutient l’idée de faire de la moitié des aires marines protégées des réserves de pêche et cantonnement, ce qui représente 10 % de ces zones sans pêcheur en 2020. "Une aberration", selon Pierre-Georges Dachicourt, Président du Comité national des pêches.
Ouest-France, page Marine

Des menaces sur la pêche de grand fond pratiquée par Euronor (La Voix du Nord)
À Boulogne, les bateaux industriels d'Euronor pêchent des espèces de grand fond.
La mission « Le Pensec » devait se prononcer sur une réglementation plus dure de la pêche des espèces de grands fonds (3 bateaux Euronor à Boulogne) dans le cadre du Grenelle de la Mer. Mais la France va militer pour interdire cette pêche dans les eaux internationales. S'estimant doublée, la mission a donc claqué la porte. Pierre-Georges Dachicourt, président du Comité national des pêches, la soutient.
Que s'est-il passé pour que le comité chargé des espèces de grands fonds claque la porte ?
« La mission sur les espèces de grands fonds se mettait en place mais dans le même temps le cabinet du ministre de l'Écologie a confié une lettre de mission à une ONG écologiste pour convaincre, au niveau de l'ONU, les autres États d'interdire la pêche de chalut au grand font dans les eaux internationales dans un premier temps. Mais cela voulait dire aussi qu'on ouvrait la porte au reste. Tout cela, alors que les compte rendus de la mission Le Pensec n'étaient pas revenus. Donc Le Pensec a claqué la porte. »

Grands fonds - Polémique sur le rôle du CNPM
Plusieurs membres de la mission Pêches profondes soutiennent que le Comité national des pêches avait donné son accord à l'équipe de Jean-Louis Borloo pour un moratoire sur la pêche de grands fonds en eaux internationales.
MARIN (LE) - 18/09/2009 - 1 p - URVOIS Philippe

Polémique : le Comité national des pêches a-t-il donné son accord de principe pour que la France soutienne à l’ONU l’idée d’un moratoire pour la pêche de grands fonds en eaux internationales ?
Le Marin, page 6

Pêche en eau profonde : la France ne demanderait l’interdiction à l’ONU que dans les eaux internationales ce qui n’impliquerait pas la même mesure de rigueur à l’intérieur de la zone économique où travaillent les flottilles bretonnes et boulonnaises.
Ouest-France, page Marine

Le 15 septembre 2009

Les groupes environnementalistes demandent à Borg de mettre fin aux pêcheries qui détruisent les oiseaux dans l'UE (Fishnewseu)
La RSPB et BirdLife International exhorte le commissaire européen pour la pêche, Joe Borg, à prendre des mesures pour éviter la mort de plus de 200.000 oiseaux de mer qui sont tués par la pêche dans les eaux européennes chaque année, notamment par la pêche à la palangre...

Le 7 septembre 2009

Polynésie française : Formation aux rouages de la pêche (les nouvelles de Tahiti)
Jeudi, le thonier Mata’u s’est prêté au jeu du navire école en permettant aux officiers de la Marine nationale d’approfondir leurs connaissances sur les rouages de la pêche en Polynésie.
Afin de maintenir la pression sur la pêche illicite dans notre zone économique aussi vaste que l’Europe, le haut commandement de la Marine nationale a organisé jeudi sur la base navale de Papeete, une formation à la surveillance et au contrôle des pêches, destinée aux commandants des navires de la gendarmerie maritime, les douanes et de la Marine. Pour cela, toute une matinée a été consacrée à la partie théorique avec une conférence sur les missions et les procédures d’infractions à la réglementation sur les pêches. Après la théorie, la pratique, ces marins dépendants de l’État ont eu la possibilité de monter à bord du thonier le Mata’u pour inspecter ce navire de pêche et questionner l’équipage afin de se faire une idée précise de la vie à bord. Le commandant Bertrand Mopin explique l’importance d’une telle formation : “Nous avons organisé une rencontre avec Henry Butscher, armateur du thonier Mata’u et son capitaine, Keletolona Petelo, pour que la trentaine d’officiers de la Marine nationale et de la gendarmerie maritime présents puissent prendre contact avec ces professionnels de la mer afin de connaître les rouages d’un tel navire. Cela va des techniques de pêches aux lieux de système de gestion administrative, en passant par la chaîne de traitement du poisson une fois pêché.” Loin de la répression, ces soldats des océans voulaient faire passer un message de travail en commun pour protéger les ressources marines : “On s’attache avant tout à protéger la ressource halieutique afin de mettre en place un développement durable de la pêche dans notre zone. Nous avons certains accords avec des pays du Pacifique pour protéger cette ressource et qui ont donné lieu à des règles comme notamment le respect de la périodicité de pêche de certaines espèces de poissons. Il est donc important pour un commandant de connaître toutes ces finesses afin de faire respecter les règles”, conclura le commandant Bertrand Mopin.
Réunion - Connaissez-vous le germon ? (zinfos974)
Le Comité régional des pêches maritimes et élevages marins (CRPMEM) a entamé une réflexion globale autour de la commercialisation du germon. Ce thon blanc, pourtant réputé pour avoir une chaire de qualité, souffre à La Réunion d’un manque certain de notoriété, supplanté par la tradition du thon rouge.
La Réunion est une grande consommatrice de thon albacore. Au point que cette variété de thon rouge fait de l’ombre au thon blanc, dit germon, dont la pêche s’intensifie à partir du mois d’octobre. Le germon est le plus petit des thons. Pour le différencier des autres, outre sa taille, il faut regarder ses nageoires pectorales, plus longues.
A l’instar de la saison des fruits, il existe des saisons plus propices à la pêche de certaines variétés de poissons. Le germon arrive en masse sur les étalages dans environ un mois. Selon les années, on estime entre 2.500 et 3.500 tonnes de germon qui débarquent.

Une question d’habitude
"Les gros volumes arrivent mais les gens ne sont pas habitués à en manger alors que c’est un produit de qualité", explique Philippe Guerin, membre de l’organisation des producteurs de produits marins de La Réunion. Non pas que ce poisson ne soit pas apprécié par la population réunionnaise, il est juste inconnu au bataillon ! A titre de comparaison, à Tahiti, près de 80% de la consommation locale de thon est du germon.
Pour remédier à ce phénomène chez nous, les professionnels de la pêche tentent de trouver des solutions pour faire connaître le produit. "Il faut avant tout que la population comprenne que comme les fruits il y a des saisons pour les poissons. Quand c’est la saison, il faut en profiter. Nous avons des produits de qualité qui ne sont pas très chers, je trouve dommage que l’on en profite pas", assure Philippe Guerin. Il évoque là aussi la consommation d’espadon qui reste timide : "Celui qu’on expédie tous les jours vers l’Europe est vendu à 30 euros le kilo. Ici on le vend à 16 ou 17 euros le kilo".

Une réflexion est menée entre les différents professionnels de la filière pour organiser l’écoulement, par des actions collectives en lien avec la grande distribution, et permettre aux bateaux de rentabiliser la pêche. D’ores et déjà, l’appel est lancé aux consommateurs : Dans environ un mois, le thon blanc arrivera sur les étalages des poissonniers, l’occasion de goûter et se faire son idée…
Le 21 septembre 2009 : très bonne synthèse de Sophie Paitier dans le Télégramme
Pêche. La bataille des grands fonds (Le Télégramme)
Sarkozy se prononcera-t-il cette semaine à l'ONU pour un moratoire sur la pêche de grands fonds ? La bataille fait rage entre écologistes et pêcheurs sur ce dossier chaud. L'avenir de cette filière qui pèse lourd en Bretagne est en jeu.

Poissons de grands fonds, qu'est-ce que c'est?
Ce sont des espèces qu'on trouve au-delà du plateau continental
entre 400 et 1.500m. Elles sont connues pour vivre longtemps et grandir lentement. Certaines ont une maturité sexuelle tardive (plus de dix ans), comme l'empereur et le grenadier. D'autres, comme la lingue bleue ou le sabre, ont une durée de vie de 15-20 ans et une maturité sexuelle à 3-4 ans. Toutes les espèces ne sont donc pas à mettre dans le même panier. Parmi elles, on trouve des requins profonds, comme le siki, l'aiguillat noir ou le chien espagnol.

Qui les pêche et où?
Ces poissons ont commencé à être pêchés vers la fin des années 80 par des navires français. En premier lieu, de Lorient, Boulogne-sur-Mer et Concarneau. A cette époque, ils ont attaqué un stock vierge. Ils ont été rapidement rejoints par d'autres: Écossais, Irlandais, Espagnols. À la fin des années 90, cette pêcherie est exploitée à plein régime. Avec sans nul doute des excès. Les zones de pêche se situent dans l'Atlantique Nord-Est et sur les grands bancs à l'ouest des îles britanniques dans la Zone économique exclusive des 200 milles. Actuellement, 25 chalutiers français ont un Permis de pêche spécial sur les grands fonds, dont dix de l'armement lorientais d'Intermarché, Scapêche. Les grands fonds représentent 7.000 t sur les 12.500 pêchées chaque année par la Scapêche, soit 40% de son chiffre d'affaires et la moitié du tonnage débarqué à Lorient.

Comment est gérée la pêcherie?
La compétence sur cette pêcherie est exclusivement européenne. Elle est très encadrée. Premier niveau: l'organisation des pêches de l'Atlantique Nord-Est (NEAFC), qui gère les stocks, tout en protégeant l'environnement. Sur ses propositions, l'Union européenne a fermé certaines zones de l'Atlantique Nord-Est, pour protéger les coraux abîmés par les chaluts de fonds. Depuis 2003, ces espèces sont soumises aux quotas. Ils sont fixés par Bruxelles qui s'appuie sur les recommandations des experts halieutiques internationaux réunis dans le Conseil international pour l'exploitation de la mer.

Quelle est la position des pêcheurs français ?
Ils ne comprennent pas la position du gouvernement français qui aurait l'intention, à l'occasion d'une réunion des Nations Unies cette semaine, de prendre la tête d'une campagne visant à interdire la pêche des grands fonds dans les eaux internationales. Comment, en toute logique, permettre dans les eaux communautaires ce qui serait interdit à quelques encablures dans les eaux internationales? Ce serait la mort annoncée de la pêcherie. Et le coup porté viendrait de leur propre gouvernement! Les pêcheurs mettent en avant le travail qu'ils estiment exemplaire des armements. Les bateaux pêchent moins profond, plus près des côtes. Ils sont tracés, via des balises, 24h sur 24. Les patrons de pêche collaborent depuis 1992 avec les scientifiques pour évaluer l'état des stocks.

Quelle est la position des scientifiques ?
Ifremer collecte des informations sur ce qui est pêché. Depuis une dizaine d'années, les scientifiques constatent une stabilité du rendement, sans savoir s'il traduit une stabilité du stock. Ils réclament du temps pour analyser les informations qu'ils ont sur 22.000 traits de chalut. Mais le temps, les politiques ne souhaitent visiblement pas leur en donner.
Sophie Paitier
Le 24 septembre 2009
Pêche de grands fonds. «Aucune décision n'est prise» (Le Télégramme)
Le dossier de l'avenir des pêches en eaux profondes a été évoqué, hier, à l'Assemblée nationale, suite à une question au gouvernement de la députée du Morbihan Françoise Olivier-Coupeau, associée notamment à Annick Le Loch, députée du Finistère. Les deux parlementaires, revenant sur la démission de Louis Le Pensec de la présidence du comité d'experts constitué sur le sujet, ont interrogé Jean-Louis Borloo, ministre de l'Ecologie, sur «la position que s'apprêterait à prendre la France au niveau international et qui viserait à soutenir l'arrêt total des pêches profondes en haute mer.» Selon Dominique Bussereau, secrétaire d'Etat aux Transports, qui a répondu à la place de son collègue, «il faut trouver un équilibre entre le difficile travail de nos pêcheurs et le respect de la biodiversité». «La France n'a jusqu'à maintenant pris aucune position définitive», a affirmé le secrétaire d'Etat, notant que ce qui a motivé la décision de démission de Louis Le Pensec n'était pas avéré.

Le 28 septembre 2009

SOS grands fonds (France Info)
Greenpeace lance une tournée européenne mercredi prochain pour sensibiliser les consommateurs à la fragilité des grandes profondeurs et aux espèces qui y vivent. Une exposition, des débats et l’interrogation de la grande distribution pour qu’elle cesse de commercialiser les poissons d’eau profonde. Tout a commencé dans les années 90...

Lorsque la pêche traditionnelle a commencé à manquer de poissons - de cabillaud, de lieu, de merlu - elle est allée chercher plus loin et surtout plus profond. Or les poissons qui vivent là ont une biologie très lente. Ils se reproduisent très tard et peu souvent. Dans ce monde un peu sombre rencontrer l’âme sœur n’est pas très facile. Comme la nature est bien faite elle a compensé ce handicap en leur permettant de vivre vieux : plus de 100 ans pour certains. L’empereur vit jusqu’à 150 ans et ne se reproduit qu’à l’âge de 20 ans. D’après la FAO l’exploitation de cette ressource ne peut pas être durable. Elle casse tout renchérit Greenpeace. Elle casse tout parce que les filets qui trainent sur les fonds raclent tout sur leur passage. Elle casse aussi en ramassant des espèces qui n’intéressent pas les pêcheurs. Alors on les rejette à la mer... mortes évidemment.

Ces poissons ont souvent une sale gueule... on les présente en filet sur les étals. On les utilise dans les plats cuisinés. Pas facile dans ce cas de les reconnaitre et de refuser d’en acheter. L’exposition de Greenpeace veut populariser les noms de ces poissons d’eau profonde. Ils représentent 4% des captures mondiales... seulement reconnait François Chartier de Greenpeace et il ajoute justement, on peut s’en passer et enrayer le déclin des populations. En France le grenelle de la mer avait évoqué la reconversion de la Vingtaine de bateaux pratiquant cette pêche. Mais la question ne semble plus d’actualité.

Le 3 octobre 2009 :

Sabre, grenadier, flétan, des poissons qu'il ne faut plus considérer comme de la nourriture (Le Monde)
Empereur, grenadier, sébaste, hoki, flétan du Groenland, siki, sabre noir, lingue bleue : qui n'a jamais consommé ces poissons, vendus en filets dans tous les supermarchés, présents aux menus des restaurants et des cantines ? Pourtant, selon les associations de protection de l'environnement, ces espèces pêchées en eau profonde, particulièrement vulnérables, et pour certaines gravement menacées, "ne devraient pas être considérées comme de la nourriture". Encore faut-il que les consommateurs le sachent.

Dans cet objectif, Greenpeace mène, jusqu'au 13 octobre et dans sept villes françaises, une tournée baptisée "SOS grands fonds marins", qui se poursuivra en Espagne et en Italie. Il s'agit, au travers d'une exposition, de projections de films, et d'interventions devant les points de vente, de sensibiliser le grand public aux "dégâts dramatiques" provoqués par cette forme de pêche, et d'aider à repérer ces poissons, parfois vendus sous des noms trompeurs (dorades pour les sébastes, chiens de mer pour les requins profonds comme le siki...). Les espèces profondes, qui vivent entre 200 et 2 000 mètres, ont une longévité exceptionnelle : une centaine d'années en moyenne, jusqu'à 160 ans pour l'empereur. Leur cycle de reproduction très lent les rend particulièrement fragiles. "Elles n'ont pas une capacité de régénération suffisamment rapide pour supporter une exploitation commerciale", explique Claire Nouvian, de l'association Bloom, spécialisée dans la défense des grands fonds. Selon le Conseil international pour l'exploration de la mer (CIEM), qui coordonne les recherches scientifiques dans la zone Atlantique nord-est, la plupart de ces espèces, surexploitées, sont en déclin. Les populations de grenadiers ont ainsi baissé de 80 % en vingt ans. Suite Le Monde Sinon voir les commentaires sur le site de Greenpeace

Le 8 octobre 2009

Auchan annonce l'arrêt de la vente d'espèces de requins menacés (AFP)
Le groupe de distribution français Auchan a annoncé mercredi "l'arrêt de la commercialisation de toutes les espèces de requins menacées" dans les douze pays où il est implanté, affirmant être la première enseigne internationale à le faire.
"Cette décision concerne les ventes à l'étal, le frais emballé, les conserves et le surgelé. Les consommateurs pourront se reporter sur les 6 espèces non menacées", précise le groupe dans un communiqué.
La décision s'applique immédiatement en France (également dans les enseignes Simply Market), Espagne, Luxembourg, Pologne, Hongrie, Roumanie, Chine, Taïwan, Russie et Ukraine, mais à la fin de l'année en Italie et au Portugal.
"L'année dernière, la partie que nous arrêtons" représentait "de l'ordre de 200 tonnes en terme de commercialisation, mais "entre 300 et 400 tonnes en termes de captures", a expliqué à l'AFP Jacques Le Cardinal, responsable de la poissonnerie Auchan France.
L'enseigne arrête ainsi la vente de toutes les espèces de requin (notamment le siki), à l'exception des deux espèces de roussette, trois espèces de saumonette et un stock d'aiguillat des côtes est-américaines, a-t-il précisé.

Le 20 octobre 2009

Installation mercredi de la nouvelle mission sur les pêches profondes (Marine Marchande)
Un nouveau groupe de travail sur l'avenir des pêches en eaux profondes, présidé par le député-maire UMP de Pornic Philippe Boënnec, sera mis en place mercredi après-midi, un mois et demi après la démission de Louis Le Pensec, qui présidait une première mission sur le sujet.
L'ancien ministre socialiste de la Pêche avait démissionné, fin août, estimant que la France avait déjà arrêté sa position en faveur de "l'arrêt des pêches profondes" et que sa mission n'avait donc "plus lieu d'être".
A sa suite, les représentants du Comité national des pêches avaient également suspendu leur participation à cette mission.
M. Le Pensec dénonçait la nomination de Claire Nouvian, "ardente avocate de la cessation de cette activité" à la tête d'une mission de "sensibilisation de nos partenaires européens et étrangers pour faire avancer cette interdiction".

Le 2 novembre 2009 : manif greenpeace dans GMS

Greenpeace s’invite au supermarché (Le Parisien)
Un squelette de poisson sur fond rouge, barré de la mention « poisson de grand fond issu d’une pêche destructrice ! » et signé Greenpeace. C’est, sous forme d’autocollant, la signature que l’association environnementale a laissé dans deux supermarchés de Massy et de Gif-sur-Yvette samedi matin.
Des poissons menacés en vente....

Rouen - Dans les filets de Greenpeace (Paris Normandie)
Les militants de Greenpeace ont mené des actions dans deux supermarchés rouennais samedi, ici place Saint-Marc
Deux supermarchés qui vendent des poissons de grands fonds ont été la cible de militants samedi.

Le 14 novembre 2009

Lorient - Pêche profonde. Greenpeace pour le principe de précaution (Le Télégramme)
Les Verts organisent, ce soir, un débat sur la pêche en eaux profondes. Emmanuel Buovolo, chargé de campagne Océan pour Greenpeace France, sera présent. Interview.
Quelle est la position de Greenpeace sur la question des poissons de grands fonds?
On a affaire à des poissons avec une biologie particulière. Enl'état actuel des connaissances, ce sont des pêches qui ne sont pas durables. Les avis des scientifiques vont tous dans le même sens.
Certains scientifiques semblent pourtant prudents et disent qu'il ne faut pas mettre toutes les espèces de grands fonds sur le même plan?
Je me réfère aux avis des scientifiques du CIEM, le Conseil international pour l'exploration de la mer, qui guide les décisions de la commission européenne. C'est vrai qu'il ne faut pas faire d'amalgame entre la lingue bleue et l'empereur, par exemple. Mais ces pêches restent d'exception. On sait que la Scapêche, à Lorient, fait des efforts et communique ses données à l'Ifremer, mais le CIEM n'a pas encore exploité ces données.

En matière de pêche profonde, vous prônez le principe de précaution. Pourquoi ?

Le 1 décembre 2009

Les pêcheurs ont désormais un prédateur, l'écologie (Les Echos)
Face à l'audience croissante des mouvements écologistes qui militent pour l'arrêt de certaines pêches, les pêcheurs sont de plus en plus sur la défensive. Trouver un terrain d'entente entre les deux prendra du temps.
Au nom de la protection des espèces ou des écosystèmes, un certain nombre de pêcheries sont sur la sellette. C'est le cas, en Europe, pour le thon rouge, pour certaines espèces de raies et de requins, l'anguille et donc son précieux alevin la civelle, et pour les poissons de grands fonds. Des mouvements environnementalistes comme Greenpeace, WWF, Oceana, Robin des Bois, la fondation Nicolas Hulot ou l'association Bloom militent pour l'arrêt de ces pêches.

Face à cela, les pêcheurs sont sur la défensive. Ils plaident la fragilité économique et sociale des flottilles et des ports, les efforts de gestion des pêches. Mais ils ont l'impression de ne plus être audibles.

« Actuellement, les attaques ciblent surtout les grands fonds. Demain, cela peut être d'autres pêcheries. Car c'est tout le chalutage qui est visé, par exemple lorsqu'on veut protéger les coraux d'eau froide. Le secteur est victime d'une attaque en règle qui peut lui être fatale , estime Jacques Pichon, directeur de l'organisation de producteurs Pêcheurs de Manche et d'Atlantique. Pour des raisons de communication et de marketing politique, on peut maintenant rayer du jour au lendemain une flottille de la carte. »

« Un enjeu de société »
L'interdiction, en 2002, du filet maillant-dérivant, qui était utilisé pour la capture du thon germon et du thon rouge et était accusé -à tort -de capturer de grandes quantités de dauphins, est dans toutes les mémoires. La décision fut prise par l'Europe à la suite d'une campagne médiatique de Greenpeace. « Ce qui est nouveau , explique Sébastien Chauvet, secrétaire du comité local des pêches de l'île d'Yeu, dont la flottille a été malmenée par cette interdiction, c'est que la pêche est devenue un enjeu de société. Les organisations environnementalistes sont en train de devenir des acteurs incontournables dans ce domaine. Elles ont désormais voix au chapitre au sein même des institutions. »

« Notre audience a changé parce que la place des questions environnementales n'est plus la même dans la société , répond François Chartier, chargé de campagne « océans » à Greenpeace France. Cela représente pour nous une opportunité politique. Mais cela a du sens car l'organisation est capable d'apporter une vraie expertise sur les questions environnementales. »

L'Europe a, la première, ouvert la porte aux environnementalistes en leur octroyant, en 2004, une représentation au sein des conseils consultatifs régionaux, qui participent à la gestion des pêcheries. En France, les ONG ont commencé à participer, en 2009, au Grenelle de l'environnement et à celui de la mer, puis aux Assises de la pêche, destinées à préparer la contribution française à la réforme de la politique européenne de la pêche.

« Le débat environnemental touche tous les champs d'activité et la “gouvernance à cinq” -Etat, syndicats, employeurs, élus et société civile -devient une réalité » , constate Denez L'Hostis, de France Nature Environnement. « Mais, s'interroge Sébastien Chauvet, peut-on réduire la société civile aux seules ONG environnementalistes et les laisser se livrer à une surenchère sur le dos des pêcheurs ? » Ces derniers vivent d'autant plus mal cette irruption dans les institutions de la pêche que les ONG, en parallèle, ne réduisent pas leur lobbying sans concession auprès des politiques et du grand public. Certains représentants de la pêche dénoncent, pour cette raison, leur manque de loyauté ou une attitude peu démocratique.

« De nouveaux acteurs »
« Nous ne voulons pas perdre notre rôle d'aiguillon , explique François Chartier. Pouvoir faire évoluer une situation par le rapport de force peut être nécessaire lorsqu'il y a urgence. Comme pour le thon rouge. » « Les modes de régulation, les tutelles et les institutions traditionnelles de la pêche s'effondrent , note pour sa part un responsable de la filière pêche. Ce sont de nouveaux acteurs qui émergent au détriment des organes détenant une légitimité politique et élective. Ces deux éléments dessinent en creux la pêche de demain. » « Les structures de la pêche ont-elles plus de légitimité pour représenter les pêcheurs ? , s'interroge Denez L'Hostis. Les pêcheurs croient connaître l'environnement parce qu'ils sont en mer. Mais cela se limite souvent à leur cadre de travail. La dimension environnementale a longtemps été ignorée. Aujourd'hui, le balancier est parti dans l'autre sens. Cela dit, il y a des terrains d'entente à trouver entre pêcheurs et environnementalistes. Cela va prendre du temps, mais c'est la seule solution. »

« Nous ne voulons pas perdre notre rôle d'aiguillon , explique François Chartier. Pouvoir faire évoluer une situation par le rapport de force peut être nécessaire lorsqu'il y a urgence. Comme pour le thon rouge. » « Les modes de régulation, les tutelles et les institutions traditionnelles de la pêche s'effondrent , note pour sa part un responsable de la filière pêche. Ce sont de nouveaux acteurs qui émergent au détriment des organes détenant une légitimité politique et élective. Ces deux éléments dessinent en creux la pêche de demain. » « Les structures de la pêche ont-elles plus de légitimité pour représenter les pêcheurs ? , s'interroge Denez L'Hostis. Les pêcheurs croient connaître l'environnement parce qu'ils sont en mer. Mais cela se limite souvent à leur cadre de travail. La dimension environnementale a longtemps été ignorée. Aujourd'hui, le balancier est parti dans l'autre sens. Cela dit, il y a des terrains d'entente à trouver entre pêcheurs et environnementalistes. Cela va prendre du temps, mais c'est la seule solution. » Philippe Urvois

Le 12 mars 2010

Grands fonds : "peut-être faudrait-il écouter les pêcheurs ?"
La mission française dédiée à la pêche profonde doit conclure ses travaux début avril. Elle donnera le "la" pour une décision communautaire. Mais, selon les patrons spécialisés dans ce métier, elle ne les écoute pas. Le point de vue de Thierry Le Du et de Christophe Paullac, deux patrons concernés. C’est deux commandants de chalutiers, qui pratiquent la pêche dans les grands fonds, demandent que leur connaissance en la matière soit prise en compte avant de prendre des décisions. Selon eux, cette pêche est durable, financièrement et écologiquement.
Le Marin, édition du N° 3270, page 22 et 23 ( transmis par les CCI Quimper et Côte d’Opale)

Conférence : La pêche des poissons de grands fonds : quel avenir ? (Ocim)
Mardi 23 mars à Lorient : Les Mardis de la Thalassa
Par Alain BISEAU, biologiste des pêches à l’Ifremer et expert international en halieutique, Tristan DOUARD, directeur général de la Scapêche, armement hauturier à Lorient, Charles BRAINE, chargé des ressources halieutiques pour WWF France.

La pêche en eau profonde est pratiquée dans l’Atlantique nord-est par des navires européens.
Les espèces capturées sont le grenadier, le sabre noir, la lingue bleue, l’empereur, le cardinal et des requins des grands fonds comme le siki. Certaines d’entre elles comme le grenadier et l’empereur sont connues pour leur croissance lente et leur reproduction tardive. D’autres comme le sabre noir et la lingue bleue ont des caractéristiques biologiques qui se rapprochent des espèces communes vivant sur le plateau continental tel que le lieu noir, ce qui les distinguent des premières…..

Le 27 juin 2010

Un rapport réalisé par la Deep Sea Conservation Coalition
Un rapport scientifique condamne l’absence de gestion des pêches profondes en haute mer (Cdurable)
La Deep Sea Conservation Coalition (une coalition internationale de plus de 60 ONG) a publié hier un rapport qui décrit les principales insuffisances de l’application des résolutions onusiennes visant à protéger les eaux profondes de l’impact destructeur de la pêche. L’auteur principal du rapport, le Dr Alex Rogers du Programme international sur l’état de l’océan (IPSO), estime que "les organisations régionales de gestion de la pêche (ORGP) ne parviennent pas à gérer la pêche profonde en haute mer de manière durable du point de vue des espèces ciblées et des prises accessoires. Pour la plupart des pêcheries profondes en haute mer, il n’existe pas (ou peu) d’informations sur l’état des stocks de poisons et dans de nombreux cas, nous ne savons même pas où se déroule la pêche".
Ce rapport est le premier examen scientifique complet de la gestion de la pêche profonde au niveau mondial. L’analyse a été réalisée à partir des données rendues disponibles par les organisations régionales de gestion de la pêche, les ORGP, organismes chargés de l’application des résolutions des Nations Unies. Le rapport souligne le fait que même si certaines zones en haute mer, comme dans l’Atlantique Nord‐Est, ont été fermées à la pêche profonde pour protéger les écosystèmes coralliens, la plupart de la haute mer reste ouverte à une pêche profonde soutenue, avec très peu de contraintes. La pêche au filet maillant en haute mer a été interdite dans le Nord‐Est et le Sud‐Est de l’Atlantique, le Pacifique Sud et l’océan Austral, mais la pêche au chalut de fond, l’engin de pêche le plus destructeur pour les écosystèmes profonds, a seulement été interdite dans l’océan Austral autour de l’Antarctique. En outre, de nombreux écosystèmes marins vulnérables n’ont pas même été pris en compte dans la gestion de la pêche profonde. Dans certains cas, ceux‐ci n’ont pas été protégés, malgré l’existence de preuves solides de leur présence sur le fond.

L’Assemblée Générale a invité toutes les ORGP et les pays pêcheurs à effectuer des études d’impact environnemental de la pêche en haute mer avant de les autoriser à poursuivre leur activité – cette mesure est une grande première dans l’histoire de la gestion des pêches en haute mer. Or le rapport souligne que les études d’impact n’ont pas été correctement effectuées pour la majorité des pêcheries profondes, notamment dans la région de l’Atlantique Nord, bien que la pêche y soit intensive. Le rapport conclut également que de nombreuses espèces ciblées et non ciblées continuent d’être très vulnérables à une pêche excessive et non réglementée.

Le Dr Alex Rogers rappelle que "l’absence de toute action visant à protéger les espèces qui sont menacées d’une disparition régionale, voire d’extinction mondiale, est une préoccupation d’importance particulière en termes de biodiversité marine."

"Les résolutions de l’Assemblée Générale des Nations Unies engagent les pays pratiquant la pêche profonde à gérer ces pêcheries de façon durable sinon à les interdire." a dit hier à l’ONU Matthew Gianni, de la Deep Sea Conservation Coalition. "Notre espoir est que les pays qui ne pratiquent pas la pêche profonde, de loin la majorité des Etats, pourront utiliser cette information pour demander des comptes aux nations qui pêchent en haute mer vis‐à‐vis de leurs engagements politiques et de leur responsabilité envers la communauté internationale".

Pour télécharger le rapport The Implementation of UNGA Resolutions 61/105 and 64/72 in the Management of DeepSea Fisheries on the High Seas par le Dr Alex Rogers et Matthew Gianni, cliquez ici.

Le 15 juillet 2010

Pêche en eaux profondes : les associations de défense de l'environnement fulminent (Maxisciences)

Après 9 mois de réflexions, la Mission pêches profondes (MPP), mandatée par les deux ministres de la Pêche et de l’Écologie lors du Grenelle de la Mer a rendu son rapport. Dans un communiqué commun, les diverses associations de défense de l'environnement impliquées dénoncent une "imposture" doublée d'un "échec cuisant à tous points de vue."

Le WWF, Greenpeace ou encore l'association Bloom récusent aujourd’hui le rapport produit par Alain Biseau de l’Ifremer, rapporteur de la mission présidée par le député-maire de Pornic, Philippe Boënnec. Pour elles, la MPP n’a pas répondu à sa lettre de mission dont l’objectif principal était de "s’assurer que les pêches en eaux profondes sont viables économiquement, socialement et écologiquement, pour que leur poursuite, éventuellement adaptée, puisse être envisagée." Cet objectif s’inspirait de la logique des dernières résolutions des Nations unies encadrant les pêches profondes. En effet, depuis 2006, deux résolutions exigent que les pêches profondes apportent la preuve que leurs pratiques n’impactent pas de façon significative les habitats profonds et les espèces qui les peuplent pour pouvoir opérer.

Problème : pour les associations, les conclusions du rapport sont "biaisées et orientées" : "Les conclusions de la mission en matière de rentabilité économique s’inscrivent en complète contradiction avec le bilan économique des trois principaux armements concernés" (Scapêche, Dhellemmes et Euronor, présentant tous des bilans négatifs). Elles soulignent en outre que ces activités, très consommatrices de gazole (7 000 litres/jour pour un chalutier de 40 mètres, 1000 litres/jour pour un chalutier de moins de 25 mètres) rendent ces armateurs particulièrement vulnérables à l’augmentation des prix du pétrole. Un facteur qui suffirait en lui-même à mettre en cause la durabilité de ces pêches comme le soulignait, dès 2006, le rapport Poséidon du secrétariat général Mer rattaché à Matignon.

Sur le plan environnemental enfin, le rapport présenterait des conclusions aux antipodes de celles publiées par la communauté scientifique internationale....

Le 16 septembre 2010

Pêches profondes: la mission propose une amélioration, mais pas d'arrêt (AFP)

Le groupe de travail chargé par les ministres français de l'Ecologie et de la Pêche d'une mission sur l'avenir des pêches profondes s'est déclaré jeudi favorable à une "révision" et une "amélioration" de cette activité, mais pas à son arrêt, souhaité par les ONG. Le groupe de travail, présidé par le député UMP Philippe Boënnec, a examiné trois scénarios : l'arrêt, le statu quo et l'amélioration des pratiques actuelles, et tous les membres, à l'exception de ceux des ONG environnementales, se sont prononcés en faveur du troisième, a expliqué son président en présentant le rapport à la presse.

Le chalutage de grands fonds, qui permet de capturer entre 400 et 1.500 mètres des espèces telles que le grenadier, le sabre noir ou la lingue bleue, concerne en France une vingtaine de grands navires. Une douzaine d'entre eux pêchent en Atlantique Nord-Est au large de l'Ecosse, les autres dans les mers australes. Le rapport, remis "la semaine dernière" aux ministres concernés, préconise de "geler", c'est-à-dire de ne pas étendre les zones de pêches existantes, et de développer les connaissances scientifiques, notamment sur la ressource, d'améliorer les pratiques de pêche, la formation des marins, et de renforcer les contrôles. "Il faut renforcer et mutualiser les moyens de recherche", souligne M. Boënnec. Ce type de pêche s'est développé à la fin des années 80 "alors que les connaissances scientifiques étaient quasi-inexistantes", souligne-t-on dans le rapport. Cette forme de pêche a connu un essor lorsque la ressource a commencé à se raréfier à des profondeurs moindres.

En juillet, à l'issue de la dernière réunion de ce groupe de travail, les ONG (WWF, Greenpeace, Bloom, Fondation Nicolas Hulot) avaient dénoncé "une imposture", estimant que cette mission entérinait la destruction des écosystèmes profonds. "Le chalutage n'est pas assez sélectif pour cibler les espèces, les victimes collatérales sont très nombreuses", avait expliqué Claire Nouvian, présidente et fondatrice de Bloom association. Les ONG tirent depuis plusieurs années la sonnette d'alarme. Dès le départ, les discussions au sein de ce groupe de travail du Grenelle de la mer ont été très tendues.

Nommé à la présidence du groupe à l'été 2009, l'ancien ministre socialiste de la Pêche Louis Le Pensec avait rapidement démissionné, jugeant que la France avait déjà arrêté sa position en faveur de l'arrêt des pêches profondes et que sa mission n'avait donc "plus lieu d'être". Ce groupe de travail n'a qu'un avis consultatif. La présidence d'un nouveau groupe de travail avait été confiée en octobre à M. Boënnec, par ailleurs maire de Pornic (Loire-Atlantique).

En métropole, deux armements (Euronor et Scapêche) se partagent un secteur qui a débarqué 11.000 tonnes de poisson en 2008 et emploie 300 salariés (dont 250 marins). Les poissons de pêche profonde, essentiellement vendus sous forme de filet, font aussi travailler directement 200 personnes chez les mareyeurs.

Le 17 septembre 2010

La pêche profonde échappe à son interdiction (Ouest France)

La mission Boënnec est favorable à la poursuite de l'activité, sous réserve de bonne conduite. Soulagement des pêcheurs, colères des écologistes. La mission « Pêches profondes » présidée par le député UMP de Loire-Atlantique, Philippe Boënnec, n'a pas été de tout repos. Depuis novembre 2009, il a fallu pas moins de seize réunions, souvent houleuses, avant qu'un avis puisse être émis…..

Une contre-expertise du rapport de la mission Boënnec aurait été réclamée. « Le scénario retenu propose de mettre en pratique l'approche écosystémique en essayant de concilier conservation et exploitation. Il implique le développement des connaissances scientifiques et la formation des marins. Il préconise aussi l'amélioration significative des pratiques pour réduire les impacts », détaille Philippe Boënnec. Par ailleurs, les zones de captures (Atlantique nord-est et mers australes) ne pourront être élargies, sauf accord préalable des scientifiques.

La parole est désormais au gouvernement. On peut imaginer que l'avis de la mission lui servira de base pour les discussions concernant la révision du règlement communautaire d'accès à la pêche profonde début 2011. En France, cette pêche concerne 17 chalutiers de 40 à 50 mètres et une vingtaine de 30 à 50 mètres. Ils capturent chaque année 34 000 tonnes, dont 19 000 tonnes de poissons de grands fonds (grenadiers ou sabres noirs...) jusqu'à 1 500 mètres. Concarneau, Lorient et Boulogne-sur-Mer sont les ports le plus concernés par cette activité qui emploie 900 marins et 140 salariés à terre.

Pêches profondes. Aux ministres de trancher ! (Le Télégramme)

La mission sur l'avenir des pêches profondes a enfin bouclé son rapport. Il préconise de mieux encadrer, de «réviser et d'améliorer» cette activité. Pas de l'arrêter, comme le demandaient les ONG. La mission «Pêches profondes», pilotée par le député-maire UMP du Croisic, Philippe Boënnec, a remis sa copie aux ministres de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo et de l'Agriculture et de la Pêche, Bruno Le Maire. Un consensus ne pouvait émerger de ces pêches profondes, un dossier sensible. Il touche des ports comme Lorient, et Boulogne-sur-mer, (la Scapêche et Euronor comptent plus de 300 marins), Le Guilvinec et Concarneau. «Il aura fallu 16 réunions de travail, souvent houleuses, pour terminer le rapport, a expliqué hier Philippe Boënnec. Les ONG environnementales, (Greenpeace, WWF, Bloom, la Fondation Nicolas Hulot), qui demandaient haut et fort, l'arrêt de la pêche, avaient quitté la table en juillet dernier, lors du dernier rendez-vous , dénonçant «une imposture». Trois scénarios ont été examinés lors de ces travaux : l'arrêt de l'activité, le statu-quo, ou «la révision et l'amélioration» des pratiques actuelles. La mission n'a pas souhaité l'arrêt. C'est le troisième scénario, une pêche mieux encadrée, qui a eu la préférence.

Concilier conservation et exploitation…

Le scénario retenu, à savoir l'amélioration de cette activité, implique le développement des connaissances scientifiques. Il faut encore, selon Philippe Boënnec améliorer les pratiques de pêche. Important : le rapport préconise le "gel" de l'empreinte biologique. Il s'agit de ne pas étendre les zones de pêches existantes, en Atlantique Nord-Est et dans les mers australes, au large des Kerguélen. Le rapport est désormais sur les bureaux des ministres.Ils n'ont pas la même fibre, Jean-Louis Borloo sensible aux amis des poissons, Bruno Le Maire étant plus l'ami des pêcheurs. Il devront trancher.

En dépit de l'opposition des ONG, la France soutient la pêche en eaux profondes (Le Monde)

La pêche, contestée, des espèces profondes - grenadier, flétan, sabre, lingue bleue, etc. - devrait continuer à être pratiquée en France, et défendue par Paris au niveau international. La mission "Pêches profondes", mandatée par les ministères de l'agriculture et de l'écologie dans le cadre du Grenelle de la mer de juillet 2009, a rendu un rapport, jeudi 16 septembre, qui préconise la poursuite de cette activité, moyennant certaines améliorations. Et ce, malgré l'opposition des associations de protection de l'environnement qui réclament son arrêt total, considérant que la mission "entérine la destruction des écosystèmes profonds".

Le sujet est très polémique. Les organisations non gouvernementales (ONG) ont quitté, début juillet, la mission présidée par le député (UMP, Loire-Atlantique), Philippe Boënnec, qualifiant son travail d'"imposture". "L'enjeu, ce n'est pas seulement l'activité de pêche dans les zones sous juridiction française, qui sont assez limitées, estime Charles Braine, du Fonds mondial pour la nature (WWF). C'est aussi le positionnement de notre pays au niveau européen, où un nouveau règlement est en train d'être négocié, et au niveau international, où des discussions se déroulent aux Nations unies." Le groupe réunissait, outre les écologistes, des représentants des pêcheurs, et des scientifiques. Selon les ONG, les poissons qui vivent dans les grandes profondeurs (au-delà de 200 mètres) ne devraient pas être considérés comme de la nourriture. Leur longévité exceptionnelle (jusqu'à 160 ans pour l'empereur) et leur rythme de reproduction très lent les rendent particulièrement vulnérables. De plus, toujours selon les écologistes, les chaluts qui raclent les fonds ont des conséquences dramatiques sur les écosystèmes marins, détruisant coraux et éponges…..

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Le 7 octobre 2010

Pêche de grands fonds. La vérité du survivant (Le Télégramme)

Dix ans après avoir fait naufrage avec l'AnOriant, XavierLéauté, patron d'un chalutier lorientais, a accueilli des caméras à son bord pour défendre sa pêche. Celle des poissons de grands fonds, actuellement dans le collimateur des écologistes. Survivant, Xavier Léauté l'est à plus d'un titre: d'abord en tant que capitaine du Jack Abry 2, l'un des derniers chalutiers hauturiers qui pêchent encore, entre 400 et 1.000m, des poissons de grands fonds, en Atlantique Nord-Ouest; puis en tant que capitaine survivant d'un naufrage. Celui de l'An Oriant, le chalutier qu'il commandait, il y a dix ans, le 1eroctobre 2000 précisément, au large des côtes irlandaises. Huit hommes qui perdent la vie. Trois qui s'en sortent, après plusieurs heures dans l'eau froide.

Vérités d'hier et d'aujourd'hui - L'homme sera demain soir, sur France3, «le dernier des Mohicans», un reportage diffusé dans le cadre de l'émission Thalassa. Il sera le porte-parole des pêcheurs, celui qui n'hésite pas à exhiber le contenu de son chalut devant les caméras, «pour montrer ce que l'on fait en mer, en matière d'écologie». La pêche aux poissons de grands fonds est dans le collimateur des organisations non gouvernementales. Elles militent pour son interdiction. «Sans rien savoir», s'exaspère Xavier Léauté, auditionné dans le cadre du Grenelle de la mer….

Des océans en crise : Greenpeace propose un plan de sauvetage

Nos océans sont en crise. Pas une semaine ne passe sans qu’une nouvelle étude importante relie la perte de la biodiversité marine à l’activité humaine. Les scientifiques multiplient les avertissements, et soulignent que de nombreux écosystèmes marins approchent à grands pas du point de rupture, et de leur irrévocable dégradation.

La prise de conscience est croissante - La dégradation des mers et des océans est susceptible d’avoir un impact profond sur nous tous, menaçant la sécurité alimentaire et la survie même de millions de personnes. Face à cette crise, des solutions existent : la création de réserves marines – des zones marines préservées des impacts des activités industrielles telles que la pêche, l’extraction de ressources combustibles en hydrocarbures, mais aussi des pollutions et des impacts des changements climatiques … – permettrait de protéger et restaurer les écosystèmes marins. En outre, en créant des réseaux de réserves marines et la mise en œuvre de gestion durable sur le reste des océans, non seulement nous pourrons préserver les espèces et les habitats marins, mais également garantir l’existence de poissons pour l’avenir.

Les réserves marines : une urgence pour la survie des océans - Les réserves marines sont le moyen existant le plus puissant pour la conservation marine, la restauration de la biodiversité marine, mais aussi pour la gestion durable des activités humaines en mer ou encore pour lutter contre l’insécurité alimentaire et la pauvreté. C’est pourquoi Greenpeace publie aujourd’hui son « Emergency Ocean Rescue Plan » (son plan de sauvetage d’urgence des océans – en anglais). Le rapport met l’accent sur un certain nombre de zones prioritaires pour la création des réserves marines, à la fois dans les eaux internationales et territoriales, citant notamment les Baléares, zone cruciale car lieu de reproduction d’espèces menacées, et tout particulièrement du thon rouge.

N’abandonnons pas le thon rouge !....

Le poisson des grands fonds sur le gril écolo (Ouest France)

Sabre noir, lingue bleue, grenadier sont les principales espèces pêchées par les chalutiers de la Scapêche au nord-ouest de l'Écosse. Ici, à bord du « Mariette Le Roch II », navire de 46 m Tristan Douard, directeur général de la Scapêche.

En novembre, la Commission européenne va rediscuter des quotas de pêche de sabre noir, de lingue bleue, de grenadier... Des poissons essentiels pour la Scapêche et le port de pêche.

Entretien : Les quotas de pêche dans les eaux profondes, entre 400 m et 1 500 m, vont être renégociés. Faut-il s'attendre à de fortes diminutions des possibilités de captures ? Pour l'instant, il n'y a pas de chiffres précis mis sur la table, stock de poisson par stock de poisson. Mais le document d'intention élaboré par la Commission européenne est clair : il évoque des baisses de quotas de 15 % à 20 %, au titre de la précaution.

Il vous faudra batailler ferme... Nous craignons sans cesse une application trop aveugle de la précaution. Malgré les efforts importants menés par les bateaux depuis des années, malgré l'encadrement strict de la pêcherie de sabre noir, de lingue bleue, de grenadier nos espèces principales, malgré aussi les observations faites à la mer : les tailles des poissons capturés augmentent.

Ce qui signifie ?....

Pêche en eaux profondes : les quotas 2011-2012 en baisse (Jdle)

La Commission européenne a présenté ce mercredi 6 octobre ses propositions de quotas de pêche pour certains stocks de poissons d'eaux profondes[1] pour 2011 et 2012, dans les eaux de l’UE et dans les eaux internationales de l’Atlantique du Nord-est. Conformément aux avis scientifiques[2], les quotas pour la pêche en eaux profondes ne seront pas augmentés par rapport à ceux de 2009-2010, indique Bruxelles dans son communiqué. Les totaux admissibles des captures (TAC) par espèce et par zone ont été réduits au maximum de 15 % par an, par rapport à 2010. Par ailleurs, la pêche en eaux profondes des requins et de l’hoplostète orange sera progressivement interdite. Depuis la mise en place d’une réglementation de la pêche en eaux profondes en 2003, les TAC ont considérablement baissé, souligne la Commission. Les espèces qui y vivent ont une croissance lente et vivent longtemps, ce qui les rend particulièrement vulnérables à l'activité de pêche.....

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Le 26 octobre 2010

Proposition de la Commission pour des opportunités de pêche dans des eaux profondes 2011-2012 (Europa)

Pas d'augmentation des possibilités de pêche en eau profonde pour 2011 et 2012

La Commission européenne propose de ne pas octroyer d'augmentation des possibilités de pêche concernant les poissons d'eau profonde dans les eaux de l'Union européenne et dans les eaux internationales de l'Atlantique du Nord-Est pour 2011 et 2012 tant qu'une tendance favorable dans l'évolution des stocks de poissons d'eau profonde n'aura pas été clairement mise en évidence. La proposition de la Commission repose sur des avis scientifiques. Toutefois, la stabilité de certains totaux admissibles de captures (TAC) importants sera assurée. La Commission maintient également son engagement à interdire progressivement la pêche du requin des grands fonds et de l’hoplostète orange tant qu'on ne dispose d'aucune preuve manifeste en ce qui concerne le niveau des prises accessoires inévitables de ces espèces recherchées.

Mme Maria Damanaki, membre de la Commission européenne chargé des affaires maritimes et de la pêche, a déclaré à ce propos: «La proposition de la Commission est dictée non seulement par sa volonté de respecter les avis scientifiques, mais également par le fait que des normes internationales propres aux poissons d'eau profonde ont été établies. Étant donné qu'elles ont généralement une longue durée de vie et qu'elles ne sont capables de se reproduire qu'après de nombreuses années, les espèces d'eau profondes sont particulièrement vulnérables à l'activité de pêche. Dès lors que nous n'avons aucune certitude quant à l'état des stocks, nous devons à tout le moins nous assurer de ne pas pêcher plus qu'à l'heure actuelle tant que nous ne disposons pas de meilleures informations concernant l'état biologique réel de ces stocks. Les mesures à prendre incluent notamment la réduction des totaux admissibles de captures lorsque ceux-ci sont nettement supérieurs aux niveaux de capture officiels enregistrés ces dernières années. Nos connaissances dans ce domaine s'améliorent progressivement et nous nous rendons compte que le schéma de croissance des espèces d'eau profonde peut varier sensiblement d'une espèce à l'autre. Nous disposons ainsi de meilleures informations nous permettant d'assurer une gestion plus durable des espèces d'eau profonde à l'avenir.»

Les modifications apportées aux TAC de 2010 se sont limitées à des réductions annuelles ne dépassant pas 15 %, à mettre en œuvre, le cas échéant, sur la période de deux ans. Depuis 2003, les TAC des stocks d'eau profonde ont connu des baisses sensibles. La proposition pour 2011 et 2012 aligne globalement les TAC sur les avis scientifiques préconisant des niveaux de précaution en matière de captures. La proposition se fonde sur les avis scientifiques émis par le Conseil international pour l’exploration de la mer (CIEM) et le comité scientifique, technique et économique de la pêche (CSTEP)1.

Il n'en demeure pas moins que les conséquences négatives du chalutage hauturier sur les habitats des fonds marins et sur l'écosystème restent préoccupantes. Les efforts déployés par les États membres pour désigner des zones de protection spéciale devraient améliorer la situation dans une certaine mesure, mais la Commission estime que le secteur de la pêche devra participer davantage à l'élaboration de mesures spécifiques visant à réduire les conséquences négatives de cette activité, notamment des limitations de l'effort de pêche ciblées sur certaines pêcheries et l'utilisation d'engins ayant une incidence moins importante sur les espèces non ciblées.

Tableau en annexe: vue d'ensemble de la proposition de la Commission pour 2011 et 2012.

Proposition: http://ec.europa.eu/fisheries/cfp/fishing_rules/tacs/info/com_2010_545_fr.pdf

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Le 4 novembre 2010

[Europe - Ecologie] Médias – Thalassa : flagrant délit de propagande et de désinformation pour la pêche profonde – notre-planete.info

Lettre ouverte de Claire Nouvian, présidente de l’association BLOOM, à propos du reportage de Thalassa sur la pêche profonde intitulé “Les Derniers Mohicans”(1) Décryptage succinct d’un reportage mensonger à destination de tous ceux qui désirent lire entre les lignes de la désinformation audiovisuelle.

Je prends la parole directement puisque j’apparais dans le reportage de THALASSA « Les derniers mohicans », diffusé le 8 octobre 2010, qui est un exemple flagrant de désinformation. Il semblerait qu’il a été consciemment réalisé de façon partiale et mensongère pour servir de soutien médiatico-politique précieux aux rares groupes industriels concernés par l’activité de pêche profonde dont il est question dans le film. Pour parvenir à ses objectifs, le reportage tronque la vérité, sélectionne les points de vue, les propos et les informations, fait grossièrement passer les défenseurs de l’environnement pour des bourgeois parisiens aisés et les pêcheurs industriels pour des victimes de leurs attaques….

1. Les opérateurs de pêche profonde ne sont pas rentables : l’exemple de la Scapêche

La lecture en libre accès des comptes d’exploitation des trois principaux armements de pêche profonde (Scapêche, Euronor, Dhellemes : www.societe.com) révèle des pertes financières chroniques et substantielles malgré des subventions publiques très importantes. Sans rentrer dans le détail (même s’il y a beaucoup plus à dire) et pour ne prendre que l’exemple de la Scapêche (flotte du distributeur Intermarché) dont il s’agit principalement dans le reportage, notons que l’examen des comptes de 2002 à 2008 révèle une situation désastreuse : malgré les aides directes (aides à la construction, Fonds de prévention des aléas à la pêche, FPAP ) et indirectes de l’UE et de l’Etat (détaxe gasoil), la Scapêche affiche une perte cumulée dans son résultat d’exploitation de 7,32 millions d’euros de 2002 à 2008. Dans des conditions d’exploitation réelles (avec réintégration des aides indirectes, c’est-à-dire s’il leur fallait payer le gasoil au prix réel), le déficit serait lourdement accentué. Autrement dit, les activités de la Scapêche ne sont absolument pas viables (bilans gratuits ici)......

2. Un bilan carbone épouvantable

Alors que les navires de moins de 12 mètres ont une consommation moyenne de 30 à120 litres de gasoil par jour (déclarations des professionels/UAPF ; pour une part du carburant dans le chiffre d’affaires de 8%)(IFREMER 2008, pdf), les chalutiers industriels de plus de 40 mètres tels que ceux qu’on voit dans le film ont une consommation moyenne d’environ 7000 litres de gasoil par jour (pour une part du carburant dans le chiffre d’affaires au moins équivalente à 28% pour l’ensemble des chalutiers de fond (FAO 2007, pdf, page 148)….

Une étude de l’IFREMER (pdf) sur les débarquements effectués par les flottes françaises dans le golfe de Gascogne entre 1973 et 2002 montre que la composition des débarquements a fortement changé au cours de la période, avec un accroissement important de la part des espèces pélagiques (anchois, harengs, maquereaux etc.) qui ont doublé en 30 ans dans les débarquements et un déclin marqué des débarquements de poissons benthiques (vivant sur le fond…) à partir de la fin des années 1980 (de 45% en 1973 à seulement 20% en 2002).

Ce changement trophique a entraîné une perte de 45% de la valeur des captures, montrant qu’à mal gérer les écosystèmes et les stocks, tout le monde y perd.

La fin des années 80 est précisément le moment où les chalutiers ont démarré la pêche profonde de façon à compenser ces pertes de ressources et de revenus.

Etant donné que la pêche profonde est reconnue par les chercheurs comme étant une aberration écologique et économique, les restrictions de quotas dictées par les avis scientifiques européens ont déjà eu raison de la plupart des navires français (49 en 2000 à 17 en 2008, d’après les données communiquées par A. Biseau / IFREMER au sein de la mission pêches profondes).

Aujourd’hui, 11 navires en France réalisent 90% des captures d’espèces profondes, soit 0,2% de la flotte française métropolitaine.

L’avenir des pêches profondes est sombre, quoi que peuvent en dire les pêcheurs, les ONG ou les médias, et l’armement Euronor (Boulogne-sur-Mer) l’a bien compris qui a commencé sa reconversion (et son retour) à son métier traditionnel de pêche du lieu noir. »(2)

En réalité, le débat sur la pêche profonde est bloqué en France par la Scapêche (flotte Intermarché), qui a fait le choix délirant (mais amplement subventionné) en 2004 de réinvestir massivement dans la construction de trois navires « spécialistes » des grands fonds au moment où les espèces profondes passaient sous quotas ! (mais juste avant que l’Europe ne cesse de subventionner la construction de navires), et ce, bien que les promesses explicites de réduction régulière des quotas, qui furent tenues par la suite, eussent été clairement annoncées par les scientifiques et la Commission européenne .

Bien mystérieuse est la « vision » d’une direction qui fait ce genre de choix stratégique alors que n’importe quel consultant lambda conseillerait de ne pas s’engouffrer dans une activité sans avenir, sachant en outre que l’amortissement des bateaux se fait au minimum sur vingt ans.

La Scapêche a dorénavant les pieds et les poings liés à la pêche profonde par le biais de ses navires neufs, car comme le précise un article du Marin(3) : « Leur capacité de cale limitée ne leur permet guère de cibler des espèces de masse comme le lieu noir, dont le prix de marché vient à peine de se stabiliser autour d’1 euro. » Il leur faudrait donc des poissons qui se vendent plus cher, au moins le double (prix moyen des espèces de grands fonds, 2,43 Euros/kg en 2009) pour ne pas creuser leur déficit plus avant.

Voilà donc l’explication du blocage du dossier « pêches profondes » : pour les erreurs stratégiques d’investissement d’un groupe leader de la grande distribution, les Français se trouvent pris en otage et contraints de contribuer financièrement à des pratiques de pêche dénoncées comme les plus destructrices au monde par l’ensemble de la communauté scientifique internationale ainsi que par toutes les nations siégeant aux Nations Unies (en dehors des 10 pays pratiquant la pêche profonde, naturellement).....

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Le 25 novembre 2010

Pêche profonde : biodiversité en danger (Info Sciences sur France Infos)

Marie-Odile Monchicourt

Les 29 et 30 Novembre, les ministres européens doivent se prononcer sur les quotas de pêche en eau profonde. Les associations de protection de la nature s’inquiètent des décisions qui seront prises à cette occasion. La pêche dans les grands fonds a débuté à la fin des années 1960, quand les stocks de poissons de surface ont commencé à décliner. C’est alors qu’on a vu les premiers chalutiers déployer d’immenses filets, lestés et traînés sur le plancher océanique. Cette méthode industrielle est redoutée par les scientifiques et les associations de protection de la nature... Et pour chause ! le chalutage ne permet pas la pêche sélective. En raclant les fonds marins, il détruit définitivement des écosystèmes qui ont mis des milliers d’années à se former. « La pêche profonde génère une altération du milieu marin profond jugée irréversible par les experts et des pertes vertigineuses d’espèces animales » affirme Claire Nouvian, fondatrice de l’association de conservation marine Bloom.

Ecouter Claire Nouvian Présidente de l’association Bloom (4'33")

Aujourd’hui, 285 chalutiers pratiquent ce type de pêche, dont une centaine en Europe et moins de 10 en France. Au moins 8 espèces de poissons vivant en eau profonde ont rejoint les étales de nos supermarchés : l’empereur, le flétan du Groenland, le grenadier de roche, le hoki, la lingue bleue, le sabre noir, le sébaste et le siki.

Claire Nouvian est également l’auteur d’un très beau livre intitulé "les abysses".

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Le 1 décembre 2010

Poissons de grands fonds. Quotas en baisse (Le Télégramme)

L'Union européenne a décidé lundi soir de légères réductions des quotas pour des poissons pêchés dans les grands fonds, à des profondeurs de 800 à 1.000 mètres, une décision aussitôt critiquée par les ONG qui dénoncent ses conséquences pour l'environnement. Les quotas concernaient en particulier des espèces comme le sabre noir et le grenadier de roche pour lesquels les quotas restent soit inchangés, soit réduits au maximum de 12% par rapport à l'an dernier, dans certaines zones de pêche. Les prises accessoires de quelque 14 espèces de requins sont tolérées en 2011 à hauteur de 3%, mais seront interdites à partir de 2012. Les pays concernés sont principalement la France, l'Espagne, le Portugal, et la Pologne.

Inquiétudes à Lorient - La pêche des espèces des grands fonds n'est pas remise en cause certes mais la baisse des quotas annoncée suscite des inquiétudes à Lorient, et tout particulièrement les réductions concernant le sabre noir. «Ces deux baisses consécutives sur le sabre (deux fois 7,5%) ne seront pas sans conséquence sur notre activité», réagit Tristan Douard, le directeur de la Scapêche. L'armement lorientais réalise près de 40% de son chiffre d'affaires (sur 10.000 tonnes annuelles) sur les poissons de grands fonds, principalement le grenadier, la lingue bleue et le sabre noir. «Les deux prochaines années s'annoncent délicates. La perte d'exploitation risque d'être fatale pour certains bateaux».

Décalage frappant….

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Possibilités de pêche applicables à certains stocks d’eau profonde (CTA)

Lors de la 3050ème session du Conseil Agriculture et Pêche qui s’est tenue à Bruxelles le 29 novembre 2010, les ministres ont dégagé un accord politique unanime sur les possibilités de pêche applicables à certains stocks d’eau profonde pour 2011 et 2012 sur la base d’un compromis de la présidence, élaboré en accord avec la Commission, en ce qui concerne un projet de règlement établissant, pour 2011 et 2012, les totaux admissibles des captures (TAC) et les quotas pour certains stocks de poissons d’eau profonde, tels que certains requins des grands fonds, le sabre noir (Aphanopus carbo), le grenadier de roche (Coryphaenoides rupestris), le béryx (Beryx spp.) et les mostelles (Phycis blennoides). Lors d’une prochaine session, le Conseil adoptera ce règlement, dont le texte sera mis au point par les juristes-linguistes.

Conseil de l’Europe : 3050ème session du Conseil Agriculture et pêche

Bruxelles, le 29 novembre 2010

Possibilités de pêche applicables à certains stocks d'eau profonde pour 2011 et 2012 : http://www.consilium.europa.eu/uedocs/cms_data/docs/pressdata/fr/agricult/118127.pdf

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Le 5 décembre 2010

Pêches profondes : le double jeu de l’Europe (Cdurable)

Communiqué de l’association BLOOM, la Fondation Nicolas HULOT et le WWF

La décision du Conseil des ministres de l’Union européenne d’une baisse minimale sur les quotas de pêche pour les espèces d’eau profonde en 2011 et 2012 révèle l’incapacité de l’UE à remplir ses obligations internationales et à assurer une gestion durable des stocks de poissons. En effet, estiment Bloom, la fondation Nicolas Hulot et le WWF, les quotas de pêche pour les espèces profondes sont plus élevés que les limites pourtant déjà biaisées proposées par la Commission. Cette décision donne la possibilité aux flottes françaises, espagnoles et portugaises de continuer à surexploiter les stocks en feignant d’ignorer les avis scientifiques selon lesquels 100% des captures de poissons profonds se trouvent « en dehors des limites de sûreté biologique ».

L’Union européenne enfreint ainsi l’engagement qu’elle a pris devant la communauté internationale de protéger les espèces et les écosystèmes profonds dans l’Atlantique Nord-Est. Fin 2009, l’ONU appelait les nations à "prendre d’urgence les mesures suivantes (…) : adopter des mesures de conservation et de gestion (…) afin d’assurer la durabilité à long terme des stocks des grands fonds et des espèces non ciblées et la reconstitution des stocks épuisés [1]" et à "faire en sorte que les navires cessent leurs activités de pêche de fond tant que ces évaluations n’auront pas été effectuées". La résolution onusienne oblige également l’UE à s’assurer que ses navires ne s’engagent pas dans la pêche de fond tant que des études d’impact des pêches profondes n’auront pas été réalisées et demande aux Etats "d’interdire les activités de pêche de fond tant que de telles mesures n’auront pas été adoptées et mises en œuvre".

En vertu de l’accord de l’ONU sur les stocks chevauchants de 1995, les résolutions onusiennes concernant les stocks profonds (qui sont « chevauchants ») s’appliquent aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur des eaux communautaires. La situation dicterait l’application sans plus tarder de l’approche de précaution, ainsi que l’avait noté la Commission européenne à propos des pêches profondes : "Les TAC et les limitations de l’effort ont été fixés de manière quelque peu arbitraire. Pour appliquer dans toute sa rigueur l’approche de précaution, il aurait fallu les établir à des niveaux beaucoup plus bas, voire fermer les pêcheries concernées." En outre, "La proposition de la Commission datant du 6 octobre rappelle explicitement qu’il n’existe pas assez de données scientifiques pour évaluer le statut, ni même la taille, des populations de poissons profonds. Cela signifie que la pêche en eaux profondes continue à être réglementée de façon arbitraire et à être conduite à l’aveugle, sans aucune garantie de durabilité pour les stocks ou d’innocuité des méthodes de pêche pour les écosystèmes profonds. Ceci, avec l’adoubement des ministres qui ont pour mission, ose-t-on le rappeler, de protéger le bien commun contre les intérêts à court terme de certains. Cette décision est une farce qui coûte cher à la société" a déclaré Claire Nouvian, présidente de l’association BLOOM. Rappelons que l’activité défendue par le ministre français Bruno Lemaire à Bruxelles ne concerne qu’environ 12 navires industriels français [2] et que plus de la moitié d’entre eux appartient au groupe Intermarché. "On peut se demander pour qui travaille le ministre" commente Claire Nouvian. Ces activités destructrices sont lourdement subventionnées par l’Europe et l’Etat français.

"Après la position désastreuse de la France sur le thon rouge, Bruno Lemaire s’impose définitivement comme le ministre de la pêche industrielle destructrice en soutenant les pêcheries chalutières de grands fonds" commente Charles Braine du WWF. Une bonne nouvelle émerge de cette décision décevante : le Conseil a convenu de fixer à zéro les quotas de prises accessoires de requins profonds, mais étant donné que les pêches profondes sont autorisées pour d’autres espèces, cela signifie que les requins, dont certaines espèces sont en danger critique d’extinction dans l’Atlantique Nord-Est, continueront à être capturés….

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Grands fonds. Remous à venir à la Scapêche (Le Télégramme)

La réduction de quotas de pêche dans les grands fonds, décidée lundi soir à Bruxelles, ravive l'inquiétude sur les quais lorientais. La Scapêche, et ses sept chalutiers, redoute de lourdes pertes d'exploitation.

Les conclusions de la mission «pêches profondes» du ministère de l'Écologie en septembre dernier l'avaient promis, l'Union européenne, cette fois, l'a garanti lundi soir: la pêche des espèces des grands fonds n'est pas remise en cause. «C'est la seule bonne nouvelle, avec le statu quo des zones de pêche, du rendez-vousbruxellois», tempère Tristan Douard, le directeur de la Scapêche, qui s'inquiète déjà des conséquences de la baisse des quotas, et tout particulièrement des réductions concernant le sabre noir.

«Deux années à venir difficiles»

«Ces deux baisses consécutives sur le sabre (deux fois 7,5%) ne seront pas sans conséquence sur notre activité», a réagi le directeur de l'armement lorientais qui réalise près de 40% de son chiffre d'affaires (sur 10.000 tonnes annuelles) sur les poissons de grands fonds, principalement le grenadier, la lingue bleue et le sabre noir. «Les deux prochaines années s'annoncent délicates. La perte d'exploitation risque d'être fatale pour certains bateaux». Pas de quoi donc rassurer les quais lorientais. Cette mesure est d'autant plus regrettable, pour le directeur, qu'elle n'est pas conforme à l'état de la ressource…..

------ 31 janvier 2011 ------

Scapêche : Les projets du dernier armement industriel français (en dehors pêche au thon)

La Scapêche maintient son cap. Sur fond de stabilité des comptes, elle vient d'acheter un sardinier et d'embaucher un scientifique.

La Scapêche va finir par faire figure de survivante. L'armement lorientais des Mousquetaires d'Intermarché est le dernier armement dit «industriel», ou du moins hauturier - ses dirigeants préfèrent employer le mot «structuré» - 100% français depuis que l'armement boulonnais d'Euronor a été racheté par les Néerlandais de UK Fishing. La Scapêche est plus que jamais en première ligne face aux organisations environnementales. Elles aimeraient bien la voir disparaître de la surface de la mer, pour mettre un point final à la pêche des poissons de grands fonds, le fonds de commerce de l'armement lorientais. Une situation qui accentue encore le goût de la discrétion cultivée depuis toujours par le groupement Intermarché et érigé aujourd'hui comme une condition de survie....

La Scapêche affiche un chiffre d'affaires en légère hausse, en 2010 : 35MEUR, contre 34MEUR en 2009, avec un résultat net en léger positif, sans plus de précisions. Les perspectives pour l'année? «Elles sont complexes», reconnaît Tristan Douard. Se reporter sur d'autres espèces que celles des grands fonds pour répondre à la baisse des quotas sur ces espèces, comme le merlu, par exemple? «Ce report est déterminé par ce que l'on peut vendre», rétorque le directeur.

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Le 19 mai 2011

Les ravages de la pêche en eaux profondes (La Recherche)

La pêche se pratique de plus en plus dans les profondeurs des océans. Des ONG et des scientifiques dénoncent ses effets destructeurs et son manque de rentabilité économique.

Grenadier, Sabre noir, Lingue bleue, Empereur... Ces poissons des profondeurs, hier encore inconnus des consommateurs, sont devenus courants dans les poissonneries. Ce n'est que depuis la fin des années 80 qu'ils sont capturés en Europe, à des profondeurs comprises entre 500 et 1500 mètres. Pour les professionnels de la pêche, ces poissons représentent une nouvelle ressource, susceptible de pallier la diminution des stocks observée depuis plusieurs décennies dans les zones de pêche plus conventionnelles. Mais pour les ONG de protection de la nature, la pêche en eaux profondes constitue surtout une menace pour les écosystèmes des fonds marins. Dans un rapport publié récemment, l'association Bloom, spécialisée dans le milieu marin, montre que cette pêche est également difficile à justifier d'un point de vue économique.

L'Empereur (Hoplostethus atlanticus) est pêché entre 400 et 1500 mètres de profondeur. Très prisé des consommateurs, il est aujourd'hui menacé par la surpêche.

Ce qui suscite l'inquiétude des associations environnementales, et de bon nombre de scientifiques, c'est la vulnérabilité des espèces ciblées par la pêche en eaux profondes. Les poissons des profondeurs ont souvent un développement lent, et n'atteignent leur maturité sexuelle qu'après plusieurs années de croissance : il faut par conséquent de nombreuses années pour que leurs stocks se reconstituent après une surexploitation.

La technique la plus souvent utilisée pour les capturer, le chalutage, est elle aussi décriée. D'une part, parce qu'elle s'accompagne de nombreuses prises accessoires ; d'autre part, parce qu'elle entraîne la destruction des fonds marins, qui abritent des écosystèmes riches en biodiversité, comme les récifs de coraux.

En Europe, la pêche en eaux profondes est principalement pratiquée dans l'Atlantique Nord-Est, par trois pays : l'Espagne, la France et le Portugal, qui ensemble sont responsables de près de 90% des prises. En France, seule une dizaine de bateaux sont spécialisés dans ce type de pêche. Relativement marginale économiquement, cette pêche est pourtant lourdement subventionnée par la France et par l’Union Européenne, comme le montre le rapport de Bloom, intitulé « Le profil écologique et socio-économique des pêches profondes ». En France, les deux principales flottes pratiquant la pêche au chalut de fond auraient touché chacune plusieurs millions d’euros de subventions publiques au cours de ces dernières années, d’après les calculs de l’association. Sa présidente, Claire Nouvian, juge « éthiquement problématique que ces subventions soutiennent une pêche qui anéantit des écosystèmes et des espèces vulnérables ».

Sous la pression des chercheurs et des associations, l’Assemblée générale de l’ONU a déjà plusieurs fois débattu de la nécessité de limiter la pêche en eaux profondes. En septembre prochain, de nouvelles négociations débuteront, qui pourraient permettre de mieux encadrer cette activité.

Pascaline Min

A télécharger : Le profil écologique et socio-économique des pêches profondes

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Le 16 juin 2011

Biodiversité : vers un cadre juridique pour la protection des eaux internationales ? (Actu-Environnement)

Des aires marines protégées, un accès et partage des avantages des ressources génétiques, une évaluation environnementale des activités émergentes, c'est ce que propose un groupe de travail de l'ONU pour la haute mer, peu protégée par le droit.

Après une issue mitigée de la conférence de Nagoya en octobre dernier, les conclusions du groupe de travail sur la conservation et la protection de la biodiversité marine en haute mer semblent être une première victoire pour les défenseurs de la biodiversité.

Réunis du 31 mai au 3 juin au siège de l'ONU à New York, près de 200 participants, représentant les gouvernements, les institutions des Nations Unies, les organismes intergouvernementaux et les organisations non gouvernementales, ont planché sur la conservation et l'utilisation durable de la biodiversité marine au-delà des zones de juridiction nationale. Ils y ont pris ''les premières mesures essentielles pour combler les lacunes énormes qui existent en droit international sur la haute mer, ces zones situées au-delà de la juridiction nationale et si mal protégées''. Ces propositions pourraient aboutir à un nouvel accord multilatéral visant à conserver et gérer de manière durable la biodiversité marine en haute mer et à partager équitablement les avantages découlant de ses ressources génétiques marines.

''Ce fut vraiment une percée inattendue. Nous espérions obtenir ce genre d'engagement à la conférence de Rio +20 l'an prochain, et non pas lors de cette réunion. Mais les gouvernements sont prêts à faire des compromis sur certaines questions clés'', se réjouit Kristina M. Gjerde, conseillère politique de l'UICN (Union nationale pour la conservation de la ntaure). Mais celle-ci prévient : ''nous avons encore un long chemin à parcourir''.

Des pressions anthropiques croissantes

La haute mer couvre près de la moitié de la surface planétaire et 64 % des océans. Si la biodiversité côtière et marine dans les eaux nationales est protégée par de nombreux accords internationaux (Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, Convention sur la diversité biologique), la haute mer n'est pas cocnernée et est entourée d'un vide juridique.

Pourtant, de nombreuses études scientifiques soulignent la richesse mais aussi la vulnérabilité de la biodiversité marine dans les Zones Au-Delà de la Juridiction Nationale (ZADJN). Les monts sous-marins, les cheminées hydrothermales et les récifs coralliens des eaux froides sont particulièrement fragiles. Or, les pressions anthropiques sont croissantes. Et de nouvelles activités apparaissent comme la pêche et la bio-prospection en mer profonde.

Dès 2004, la Convention sur la diversité biologique ''a mis en exergue le besoin urgent d'une coopération et de mesures internationales permettant d'améliorer la conservation et l'utilisation durable de la biodiversité marine dans les ZADJN, notamment à travers l'établissement de nouvelles aires marines protégées ; et a recommandé que les parties, l'Assemblée générale et les diverses institutions compétentes, prennent d'urgence les mesures nécessaires à court, moyen et long termes, pour éliminer et éviter les pratiques destructrices'', rappelle l'Institut international du développement durable (IIDD), qui publie un compte rendu des négociations. Un groupe de travail spécial a été mis en place pour étudier ces questions. C'est lors de sa quatrième réunion que ce groupe de travail à aboutit à de véritables avancées.

Des négociations portées par l'UE et les pays en développement…

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Le 17 août 2011

Echouage du chalutier Jack Abry II : La fatigue du capitaine !

Source : Fishnewseu : Skipper’s tiredness led to trawler grounding, says report

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19 juillet 2012

Ces Espèces de Grands Fonds dans le collimateur de la Commission européenne


Pour télécharger le poster complet avec le nom des poissons, cliquer Europa

LienPêcheries : la Commission présente de nouvelles mesures visant à améliorer la protection des stocks d’eau profonde et de leurs habitats

La Commission européenne a proposé de nouvelles mesures visant à réglementer la pêche des espèces d’eau profonde dans l'Atlantique du Nord-Est. Les écosystèmes démersaux et les espèces qui y vivent sont particulièrement vulnérables aux activités humaines. Le nouveau règlement vise à garantir une exploitation durable des espèces d'eau profonde, une diminution des prises accessoires indésirées, une baisse des répercussions sur les habitats vulnérables situés en eau profonde et une augmentation des données disponibles sur la biologie de ces espèces.

À cette fin, la Commission propose de durcir le système des autorisations et de supprimer progressivement les engins de pêche qui ciblent spécifiquement les espèces d’eau profonde d’une manière moins durable, à savoir les chaluts de fond et les filets maillants de fond. La Commission prévoit également d’instaurer des exigences spécifiques pour la collecte des données sur les activités de pêche en eau profonde. Les ajustements nécessaires à la mise en œuvre de ces mesures pourraient bénéficier d’un soutien financier au titre des fonds de l'UE.

Les stocks d’eau profonde peuvent être capturés en tant que prises accessoires dans de nombreuses pêcheries. Cependant, il existe également des bateaux de pêche qui ciblent spécifiquement ces espèces. Ce sont ces derniers qui dépendent le plus de ces ressources et ils n’auront un avenir que si leur activité est gérée de manière à être durable. Cela suppose, tout d'abord, de mettre en place une transition progressive vers des techniques de pêche plus sélectives, dont les répercussions sur les habitats situés en eau profonde sont moindres.

La Commission propose de retirer progressivement les autorisations de pêcher les espèces d’eau profonde au moyen de chaluts de fond et de filets maillants de fond, car ces méthodes sont plus nocives que d'autres pour les écosystèmes démersaux vulnérables et entraînent des niveaux élevés de prises accessoires indésirées (20 à 40 % en poids, voire davantage). Les autres pêcheries commerciales utilisant les chaluts de fond ne seront pas touchées, les mesures proposées ne concernant que les pêcheries qui ciblent les poissons d’eau profonde.

Les pêcheurs coopèrent déjà avec les scientifiques pour accroître les connaissances sur les écosystèmes d’eau profonde, largement méconnus. Afin de trouver des moyens de tester des engins de pêche moins nocifs et de réorienter le secteur vers des techniques et des stratégies de pêche qui ont moins de répercussions sur ces écosystèmes fragiles, la Commission a décidé de financer une étude sur cette question, en collaboration avec des sociétés pratiquant la pêche en eau profonde.

Contexte

Les espèces d’eau profonde sont capturées dans les eaux de l'Atlantique au-delà des principaux lieux de pêche du plateau continental, à des profondeurs pouvant atteindre 4 000 mètres. Leurs habitats et écosystèmes sont largement méconnus, mais nous savons qu'elles abritent des récifs coralliens vieux de plus de 8 500 ans et des espèces anciennes qui sont encore peu étudiées. Il s’agit d’un environnement fragile qui, une fois abîmé, a peu de chances de se reconstituer. Extrêmement vulnérables à la pêche, les stocks de poissons d’eau profonde s’effondrent rapidement et sont lents à se rétablir du fait de leurs faibles taux de reproduction.

Le sabre noir et la dorade rose sont des espèces d'eau profonde à haute valeur commerciale, tandis que d’autres telles que la lingue bleue et les grenadiers présentent pour les pêcheurs une valeur moyenne. Certains stocks d’eau profonde sont gravement menacés, notamment l’hoplostète rouge et les requins d’eau profonde. D’autres peuvent être exploités (lingue bleue, grenadier de roche), mais impérativement dans des conditions respectueuses de l'environnement (en évitant les prises accessoires inutiles, par exemple).

Les pêcheries en eau profonde dans l'Atlantique du Nord-Est exercent leur activité dans les eaux de l’Union européenne, notamment les régions ultrapériphériques de l'Espagne et du Portugal, ainsi que dans les eaux internationales régies par des mesures de conservation adoptées au sein de la Commission des pêches de l'Atlantique du Nord-Est (CPANE), où les États membres de l'UE pêchent, au même titre que les autres pays, dans cette zone.

Les pêcheries en eau profonde représentent environ 1 % du poisson débarqué de l'Atlantique du Nord-Est, mais certaines communautés locales de pêcheurs sont tributaires, dans une certaine mesure, de ce type de pêcherie. Sous l’effet de l’épuisement des stocks, les captures – et les emplois qui y sont liés – diminuent depuis des années.

Dans le passé, ce type de pêcherie a perduré dans un contexte en grande partie non réglementé, ce qui de toute évidence a eu des répercussions négatives sur les stocks concernés. En 2003, l’Union européenne a commencé à fixer des limites à la quantité de poissons pouvant être capturée, au nombre de navires autorisés et au nombre de jours pouvant être passés en mer (l’effort de pêche) pour pêcher ces espèces.

Le graphique ci-dessus montre dans quelle proportion l'effort de pêche a diminué ces dernières années. Diminution de l'effort de pêche depuis 2000, selon les informations communiquées par les États membres de l'UE concernés

Pour de plus amples informations : DG MARE

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Améliorer la protection des stocks de poissons d'eau profonde et de leurs habitats

Questions et réponses

1. Quelles sont les pêcheries visées par les mesures proposées et celles qui ne le sont pas ? Quels sont les régions et secteurs de la pêche concernés ?

Les navires directement concernés sont essentiellement français, espagnols et portugais. Ces navires actifs dans les pêcheries d’eau profonde ne sont pas uniquement les grands chalutiers opérant au large de la côte ouest des îles britanniques (zones de «Hatton bank» et de «Rockall bank»), mais également ceux qui, dans certaines régions ultrapériphériques de l'Union (Açores, Madère, Canaries, par exemple), se livrent à la pêche artisanale à la palangre, sans utiliser de chalut de fond. Les gros chalutiers sont principalement basés en Bretagne et Normandie (France), ainsi qu’en Galice, dans les Asturies et au Pays basque (Espagne).

De l'avis de la Commission, l'importance économique des captures d’espèces d’eau profonde est globalement faible: les 34 334 tonnes d’espèces d’eau profonde débarquées de l'Atlantique du NordEst (2008) ne représentent qu'environ 1 % du total des débarquements (3 563 711 tonnes) de cette zone (données sur les captures de pêche en eau profonde fournies par le Centre commun de recherche). Dans un contexte régional, la situation peut être différente, mais les répercussions d’une suppression progressive des chaluts de fond et des filets maillants de fond restent limitées. Par exemple, en ce qui concerne la France, le gouvernement et le secteur concerné ont examiné, il y a deux ans, la situation de cette activité et ont estimé que 180 emplois environ étaient liés aux navires de pêche en eau profonde, des chalutiers pour la plupart, même si ces derniers opèrent également dans d'autres pêcheries. Quelque 200 poissonneries sont spécialisées dans les poissons d’eau profonde. Les quatre ports dont les activités sont le plus tributaires des pêcheries d’eau profonde sont BoulognesurMer, Lorient, Concarneau et Le Guilvinec. La proposition de la Commission aurait une incidence très limitée au niveau national, mais plus sensible au niveau local (Bretagne).

2. Cette initiative estelle le prélude à une interdiction totale de la pêche au chalut de fond dans les eaux de l’Union européenne ?

Telle n’est absolument pas l'intention de la Commission. Les pêcheries d’eau profonde, tant celles qui ciblent ces espèces que celles qui les capturent en tant que prises accessoires, seront définies sur la base du poids total journalier des captures d'un mélange d'espèces répertoriées avec précision. Le seul segment qui sera progressivement supprimé est celui des pêcheries ciblées. Les autres pêcheries commerciales ne seront pas touchées. Il s’agit en réalité d’espèces qui sont principalement pêchées au chalut, notamment la langoustine, à forte valeur économique.

3. Quels sont les efforts déjà entrepris en matière de recherche et de gestion dans le secteur des pêcheries en eau profonde ?

L’UE finance actuellement un projet (Deepfishman) dans le cadre de son programmecadre de recherche, qui vise à fournir une évaluation fiable des principales espèces d'eau profonde. Les efforts accomplis par l’industrie pour recueillir des données plus détaillées portent déjà leurs fruits; ainsi les avis scientifiques du Conseil international pour l’exploration de la mer devraientils être de meilleure qualité cette année.

En outre, la Commission poursuit ses recherches et ses essais pour améliorer les techniques de pêche, avec pour objectif final la durabilité. Au titre du cadre de l’UE pour la collecte de données, une étude a été commandée en vue de soutenir la recherche sur les améliorations des engins qui seraient de nature à contribuer à une exploitation plus durable des stocks d’eau profonde tout en réduisant les effets négatifs sur l'écosystème. L'étude est mise en œuvre en coopération avec l'industrie de la pêche et prévoit l’embarquement d’observateurs à bord des navires de pêche commerciaux.

Parallèlement, la Commission recueille des données très détaillées fournies par des localisateurs de navires par satellite et les croise avec des données sur les captures afin d’établir plus précisément quelle est l’empreinte des activités de ces flottes. Cela permettra d’avoir une idée claire des zones où cette pêche s’effectue pour les différentes flottes concernées et aidera aussi les scientifiques à comprendre avec une précision toujours plus grande où et comment les stocks de poissons évoluent.

4. Pourquoi les chaluts posentils des problèmes dans les pêcheries d'eau profonde et comment peuvent-ils être remplacés par des techniques de pêche plus respectueuses de l'environnement? Qu’en estil des filets maillants de fond ?

Par rapport à d’autres méthodes de pêche, la pêche au chalut de fond peut s’avérer plus nocive pour les espèces d’eau profonde et habitats vulnérables. D’autres voix se sont élevées pour dénoncer le fait que la pêche au chalut de fond a de graves incidences sur la faune benthique des grands fonds, en particulier les coraux formateurs de récifs1. Ce type de pêche peut expliquer, entre autres, la diminution des taxons d’eau froide et autres taxons constituant des habitats2. Étant donné que cet engin de pêche est remorqué sur le fond de la mer, ses effets sur certains habitats et écosystèmes sont plus importants. Par ailleurs, la pêche au chalut de fond entraîne des niveaux élevés de captures indésirées: les «prises accessoires». Les taux estimés de captures indésirées dans les pêcheries au chalut ainsi observées se situent en moyenne entre 20 et 30 % en poids (CIEM) 2010. La diversité des espèces rejetées par les chalutiers dépend principalement du lieu de pêche et de la saison. Par exemple, sur le versant occidental de «Hatton Bank», dans le cas de la pêche expérimentale au chalut ciblant les grenadiers de roche et des alépocéphalidés, les rejets sont principalement les grenadiers et les requins d'eau profonde3.

Les filets maillants de fond sont des filets «plantés» de manière fixe au fond de la mer ou de l’océan et dans lesquels les captures s'enchevêtrent. Les navires reviennent après un certain temps pour les remonter et récupérer les captures. L’incidence de ces filets sur l'environnement est estimée en termes de captures indésirées et, dans les cas où ceuxci sont perdus ou abandonnés, la pêche fantôme continue pendant très longtemps. Ces filets sont déjà frappés d'une interdiction générale à des profondeurs de plus de 600 mètres. La proposition présentée ici consolide pour l’essentiel les règles qui leur sont applicables.

La Commission est prête à collaborer avec l’industrie et les États membres afin de faciliter une transition vers des méthodes plus sélectives ou pour remplacer les engins de pêche ciblant les espèces d’eau profonde et/ou redéployer les navires concernés vers d'autres pêcheries susceptibles de les accueillir. Conjointement avec les autorités nationales, qui sont en premier lieu responsables, la Commission est disposée à étudier les possibilités de recourir aux fonds de l’UE pour atténuer les effets de l’arrêt définitif des activités de pêche en eau profonde et des pertes d'emplois potentielles (par exemple, en réaffectant les emplois à d’autres pêcheries).

5. Puisque les pêcheurs se sont montrés responsables en contribuant à améliorer la qualité des données, que, partant, la science progresse, et que, de fait, il y a des chances de pouvoir même pêcher davantage que par le passé, estil raisonnable de proposer la suppression progressive de la pêche au chalut en eau profonde ?

Il est généralement admis au sein de la communauté scientifique que de nombreux stocks de poissons d’eau profonde dans l'Atlantique du Nord-Est ont diminué et sont désormais en dehors des limites biologiques de sécurité4. Toutefois, les informations sur l'état de la plupart des stocks de poissons d’eau profonde restent limitées ou de mauvaise qualité, en dépit des initiatives prises récemment pour développer le prélèvement d’échantillons et les analyses de données. Ces efforts doivent être poursuivis et, dans certains cas, amplifiés. Un engagement à long terme sera nécessaire pour améliorer, en définitive, les évaluations des pêcheries d’eau profonde.

La réponse à la question posée est oui. En 2012, le CIEM a pour la première fois mis en œuvre une approche qui permet de donner des avis quantitatifs dans les cas où les données sont de mauvaise qualité, en se fondant sur le principe de précaution et, dans la mesure du possible, en tenant compte également du RMD. Si certains stocks très peu nombreux – devaient, sous l'effet d'une amélioration des résultats scientifiques, évoluer dans un sens positif, les pêcheurs pourront bien entendu voir leurs efforts récompensés.

Toutefois, cet argument n’enlève rien au principe de bon sens selon lequel il convient d’encourager le secteur de la pêche à exploiter ces espèces d’une manière plus durable et, pour ce faire, il convient de se pencher non seulement sur les niveaux des captures, mais aussi sur les traces laissées par les engins de pêche. Si, en ce qui concerne certains de ces stocks encore une fois, très peu nombreux– le poisson est plus abondant, on le doit également aux limites qui ont été imposées aux captures ces dernières années. Nous devons à présent aider l’industrie à se réorienter ellemême vers des moyens de pêche plus respectueux de l’environnement. La possibilité d'accroître, en toute sécurité, les captures pour certains stocks, pour autant que la science affirme que cela est possible, constitue pour les flottes de chalutiers une chance à saisir pour augmenter leur rentabilité économique à court terme. Autrement dit, elles doivent saisir cette chance unique de se restructurer en s’équipant à plus long terme d’engins dont les effets sur l’environnement sont moindres.

Pour l’avenir, une solution consistant à associer des stocks en meilleure condition et des méthodes de pêche plus propres, qui permettent de diminuer sensiblement les captures d’espèces indésirées et dont les effets sur les habitats en eau profonde sont bien moindres a toutes les chances de donner de bons résultats.

Pour en savoir plus : DG Mare

1 : Fosså et al., 2002.

2 : Gage et al., 2005.

3 : Duran Muñoz et al., 2012.

4 : Campbell et al., 2011.

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