mardi 3 mars 2009

Le Grenelle de la Mer, c'est avant tout le Grenelle des Terriens

Depuis le lancement du « Grenelle de la mer » par Jean-Louis Borloo, toute la presse environnementale en a fait ses gros titres. Certains prédisent déjà un affrontement entre écologistes et pêcheurs. Voir l'article de Développement durable : "Grenelle de la mer": la mer aussi a droit à son grenelle

Une mémoire d'écologiste bien courte

Je me rappelle dans les années 80, les écologistes aux côtés des professionnels de la mer dans de nombreux combats pour la qualité des eaux littorales.
  • le soutien aux mytiliculteurs de la baie de Saint Brieuc submergés par le flot nauséabond des rivières surchargées de lisier des porcheries industrielles briochines, première cause du développement des algues vertes sur les plages…
  • le soutien aux conchyliculteurs de Marennes-Oléron contre l'installation d'un plan d’eau qui aurait « pourri » l’eau de la Charente, vitale pour le développement des huîtres et plus généralement du phytoplancton, premier maillon de la chaîne alimentaire….
  • le soutien aux pêcheurs côtiers, pour la mise en place du Parc de la Mer d’Iroise dans le Finistère….
  • les exemples sont nombreux, comme les luttes contre l’implantation de ports de plaisance, contre la construction d'une autoroute côtière dans le marais de Guérande,….

Mais depuis quelques années, les professionnels de la mer sont devenus des pilleurs d’océan, des racleurs de fonds marins… A tort ou à raison, les organisations environnementales font un amalgame entre les différents métiers de la pêche. Pourquoi mettre dans le même "filet" des industriels et des artisans ?

Je me rappelle encore les discours d’un syndicaliste, André Bouyé qui pendant des dizaines d’années a défendu son métier de mytiliculteur en Charente-Maritime, notamment pour maintenir une bonne qualité des eaux de la Sèvre Niortaise, de la Vendée et du Lay ;.il appelait ses moules de Charron des «patates de la mer», le mytiliculteur se confondait à un jardinier de la mer dans le prolongement des activités terrestres. Son travail de militant a probablement été l’un des facteurs qui a freiné la multiplication des porcheries dans le Sud Vendée, mais n’a malheureusement pas freiné la monoculture de maïs dans le « Marais Poitevin ».

Ecologistes et pêcheurs, même combat

Alors que le « Grenelle de l’Environnement » n’a pas tranché sur les voies agricoles à suivre et que de nombreux experts s’alarment sur les conséquences de l’intensification de l’agriculture par rapport à son propre avenir et à l’avenir des écosystèmes aquatiques, il serait important que les écologistes voient dans les professionnels de la mer, non pas des pollueurs, mais des alliés, garants du maintien d’un environnement littoral protégé et sain.
Philippe FAVRELIERE

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