jeudi 2 avril 2009

Même en France, les pêcheurs artisanaux défendent leur droit... d'exister...

Depuis quelques semaines, des évènements importants touchant la pêche artisanale se déroulent au Pays Basque....

Lisez la tribune libre parue le 1 avril 2009 dans le Journal du Pays Basque :

Nous avons la volonté d'exister

Depuis quelques semaines, l'ancienne criée du port de Saint-Jean-de-Luz retrouve vie, odeurs, bruit et couleurs : des bateaux luziens et cibouriens ont décidé de se réapproprier cet outil, construit par la génération précédente de pêcheurs. Ces bateaux, regroupés en collectif, ont organisé un espace de vente directe de leur pêche.

Pourquoi et comment en sommes-nous arrivés là ?

Voici trois ans déjà que notre collectif fait sonner la corne de brume pour alerter les gestionnaires de l'actuelle criée de Ciboure (l'Association de gestion de la criée) et du port de pêche (la CCI). Il n'a pas été entendu. Grave erreur ! Car, il ne faut pas perdre de vue que les deux piliers fondateurs du port de pêche (dont découlent toutes les structures) sont la ressource halieutique, et les bateaux, à bord desquels des hommes et des femmes naviguent et partent en pêche.

Si nous avons décidé de passer à l'action, c'est parce que c'est pour nous une question de survie. Les prix pratiqués à la criée, ne nous permettaient pas de vivre dignement, ni même décemment de notre travail.

Une seule structure a pris fait et cause pour notre collectif, la coopérative Loogicoop (composée uniquement d'armateurs navigants), en présentant un projet adapté à notre réalité. Avoir spolié la coopérative dudit projet, que nous avions imaginé et rédigé tous ensemble, n'a fait que mettre le feu aux poudres.

C'est pour cela que cette organisation se retrouve aujourd'hui devant le juge des référés, et encourt le risque de payer une astreinte de 1 000 euros par jour si nous, bateaux luziens et cibouriens ne quittons pas les lieux.

On veut paraît-il aussi nous envoyer les CRS ? Le collectif tient par ce communiqué à affirmer sa volonté d'exister, de rester là.

La loi Colbert autorise tous les pêcheurs à vendre leur poisson directement sur les quais.

Seule une décision inique, validée par un Conseil Portuaire non représentatif des premiers usagers du port, nous met dans «l'illégalité». Nous réaffirmons que notre action est légitime.

Les pêcheurs de Capbreton, dépendant comme nous du quartier maritime de Bayonne, peuvent vendre leur pêche à la table et le reste à la criée, pourquoi nous l'interdit-on ? Pourquoi cet acharnement sur nous et sur la coopérative Logicoop ? Pour, comme l'affirmait un salarié de la CCI : «faire de ce port, un port rentable. Les pêcheurs se soumettront ou disparaîtront» ?

Fort du soutien de la population, notre pétition a déjà recueilli plus de 600 signatures, nous continuerons notre action.

Cette amatxi qui, comme tant d'autres, nous a dit : «je suis luzienne, mais ça fait des années que je n'avais pas mangé de bon poisson comme ça... Trop cher pour moi ! En plus, avec cette crise, vous vous en sortez mieux, et nous aussi ! Continuez, tenez-bon !», n'a fait que nous conforter dans nos choix.

Nous ne bougerons pas, nous irons jusqu'au bout.

LARRAMENDY Georges, DE GAITE Jean-Charles, NOIREAULT Emmanuel, DIRASSAR Dominique, BARTOLINI Emmanuel, CONSTANT Franck, NEROU Yannick, ESTEBAN Jean-Marc, ITURRIOZ Georges, ELISSALDE Béatrice / Le collectif des bateaux luziens et cibouriens

Autres articles :

Autres informations :

  • Vente de pêche sur le quai selon l’Univers des Experts
    Le privilège de la vente directe dite "à la pierre du quai" fut accordé par Colbert aux pêcheurs souhaitant écouler leur prise en petite quantité sans passer par une criée officielle. On pourrait parler de "franchise". Aujourd'hui, cette tolérance subsiste, avec les mêmes principes qu'au XVIIe siècle, à savoir que le poste de vente doit demeurer à moins de deux mètres du bord du quai, en présence du bâteau. Certains pêcheurs procèdent à cette vente depuis le pont du bâteau. La règle n'est pas toujours respectée, mais elle est une garantie pour l'acheteur d'avoir un poisson du jour retour de marée.
    Références : Mes connaissances personnelles sur la question. Je suis descendant d'une famille d'armateurs du Pays Basque.

Informations ajoutées le 3 avril 2009 :

Logicoop condamné par le tribunal à quitter l'ancienne criée luzienne (Le Journal du pays Basque)
Condamnation- Si dans notre édition d'hier, les pêcheurs luziens et cibouriens adhérents de la coopérative Logicoop, considéraient leur action comme «légitime», le tribunal administratif a de son côté estimé que l'occupation de l'ancienne criée luzienne était «illégale». La justice, qui a donc accordé le référé à la CCI Bayonne Pays Basque (concessionnaire du Port), exige que «la société coopérative Logicoop libère le bâtiment de l'ancienne criée du Port de Saint-Jean-de-Luz des matériels qu'elle y a entreposés sous astreinte d'une amende de 150 euros/jour de retard à compter de la notification», c'est-à-dire à compter d'hier.

Idem en ce qui concerne «tous les pêcheurs et occupants sans droit ni titre» qui sont également contraints de quitter les locaux sous peine d'une amende de 150 euros/jour.

Information ajoutée le 4 avril 2009 :

Logicoop : la vente directe se poursuit... sur les quais ! (Le Journal du Pays Basque)

Comme prévu, la décision du tribunal administratif de Pau reconnaissant l'occupation illégale de l'ancienne criée de Saint-Jean-de-Luz par les pêcheurs luziens adhérents de la coopérative Logicoop, n'a pas calmé le climat d'extrême tension qui règne sur le port de Saint-Jean-de-Luz/Ciboure depuis quelque temps déjà.
Rappelons que la justice a condamné Logicoop ainsi que tous les pêcheurs qui avaient réinvesti l'ancienne criée luzienne sans titre d'occupation, à quitter les lieux sous astreinte d'une amende de 150 euros/jour de retard à compter de la notification.

L'action continue... sur les quais

Pour la CCI Bayonne-Pays Basque, cette décision vient «conforter» la structure dans sa mission qui consiste à «garantir l'égalité de traitement entre tous les usagers du port». Une idée que rejettent en bloc les pêcheurs de Logicoop qui, à l'image de Ramuntxo Iturrioz, regrettent la tournure des choses tout en s'interrogeant sur les réelles compétences de la CCI en matière de gestion du port : «Quand on commence à assigner ses propres pêcheurs en justice, ça veut bien dire qu'on est arrivé au bout de ses compétences» explique le pêcheur luzien qui s'empresse de rajouter que «de toute façon, nous allons continuer à vendre sur les quais de Saint-Jean-de-Luz mais à l'extérieur du bâtiment». En effet, le référé accordé à la CCI par le tribunal administratif a reconnu l'occupation illégale du bâtiment mais il n'a jamais été question de vente illicite : «nous avons été condamnés pour occupation illégale or les quais ne concernent plus la Chambre de Commerce mais le Conseil général».
Bien évidemment, cette poursuite du mouvement va à l'encontre de la volonté de la CCI qui «dans un souci d'apaisement, engage les pêcheurs qui souhaitent vendre directement le produit de leur pêche au consommateur, à utiliser les installations prévues à cet effet sur le quai à Ciboure, conformément à la décision prise par le Conseil portuaire». Inutile de préciser que l'idée n'est pas l'ordre du jour du côté des pêcheurs de Logicoop.

Dialogue de sourds

D'un côté, la CCI reste persuadée que la mise en place de ce service de vente directe (quai Elissalt à Ciboure), validée en 2008, représente une bonne chose en «répondant aux besoins des pêcheurs». D'un autre côté les pêcheurs de Logicoop assurent, au sortir d'une réunion au Conseil général, que ce dernier s'est engagé à «entamer une série de discussions sur les ventes directes pour répondre aux attentes des pêcheurs». On l'aura compris, il y a clairement de la friture sur la ligne entre la CCI et la coopérative luzienne.

Information ajoutée le 10 avril 2009 :

France : Capbreton, le détail qui fait la différence

Depuis près de 30 ans, les pêcheurs de Capbreton, dans le quartier maritime de Bayonne, peuvent commercialiser eux-mêmes leurs poissons. "C'est une chance pour nous d'avoir cette vente au détail, mais on ne pourrait pas vendre toute notre production sans la criée de Saint-Jean-de-Luz. La flotille de Capbreton n'a rien d'industrielle. Les zones de pêche sont proches et les bateaux sortent souvent à la journée. "On travaille selon la saison et on est tous polyvalents. Dans la journée, on va utiliser 5 à 6 engins différents"."Sur l'année, la vente en direct nous permet d'avoir un prix moyen de commercialisation de notre poisson plus élevé que si on passait tout sous la halle. C'est ce qui fait notre force".
Source : Loïc Fabrègues,Le Marin, 3 avril 2009

Les pêcheurs contestent les procès-verbaux (Sud-Ouest)

Malgré leur condamnation par le tribunal de Pau, le collectif de pêcheurs poursuit ses ventes directes et conteste la validité des procès-verbaux dressés sur le port

Le bras de fer entre la coopérative Logicoop et la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) de Bayonne se poursuit. Depuis sa condamnation sur plainte de la CCI par le tribunal administratif de Pau, le 2 avril dernier, le collectif de pêcheurs n'a jamais cessé ses ventes directes. Et la menace des 150 euros d'astreinte par personne et par jour de vente dans les locaux de l'ancienne criée du port, côté Saint-Jean-de-Luz, ne les fait pas reculer, comme le confirme leur dernier conseil d'administration, hier soir.
« Nous n'irons pas en cassation mais nous allons contester les procès-verbaux dressés sur le port au cours des ventes directes car il semble qu'elles soient entachées d'irrégularités », annonce Béatrice Ellissalde, membre du bureau de Logicoop. Et d'ajouter : « Comme nous sommes sanctionnés pour occupation illégale de locaux et non pour les ventes directes en soi, nous les poursuivons devant l'ancienne criée et non plus à l'intérieur... ».
Décision invalide
Mardi dernier, les pêcheurs de la coopérative ont déversé une tonne et demie de sardines (sur sept déclassées après une panne de la glacière gérée par Logicoop peu avant) devant la Chambre de commerce et d'industrie de Bayonne, concessionnaire du port de Saint-Jean-de-Luz/Ciboure. Une manifestation jugée « absurde » par le directeur général de la chambre consulaire, Bernard Darretche, qui n'avait pas caché son incompréhension « dans la mesure où les marins refusent de respecter une décision prise, non pas par la CCI mais par le conseil portuaire constitué de dix-sept membres, dont deux seulement représentent la CCI » (voir notre édition du 8 avril).
Des propos qui font bondir les représentants de Logicoop. « Nous dénonçons la validité des décisions rendues par cette commission depuis longtemps. Elle n'est absolument pas représentative des acteurs du port », condamne Ramuntxo Iturrioz, président de la Coopérative des artisans pêcheurs du Sud (CAP Sud) et l'un des administrateurs de Logicoop.
Quelle issue ?
« Comment expliquer que le président de Logicoop, qui représente une trentaine de bateaux, ne soit que suppléant et non titulaire, comme le directeur de la criée et donc qu'il n'ait pas le droit de vote ? Du coup, ils peuvent voter ce qu'ils veulent, on ne peut rien faire... ».
La tension monte et les réunions avec le Conseil général (la dernière en date a eu lieu il y a une semaine), propriétaire du port, ne semblent pas calmer le jeu. Une série d'autres rencontres est prévue dans les jours prochains avec les différents acteurs du dossier. L'objectif : trouver enfin des portes de sortie pour un conflit qui semble s'enliser de semaine en semaine.
Auteur : sophie cicurel

Pays Basque - face aux attaques de Logicoop, la CCI se défend (Le Journal)

«Ça commence à devenir explosif». C'est du moins ce que l'on peut entendre ici et là à propos du parfum de friture qui se dégage des relations «tendues» entre les pêcheurs luziens et cibouriens de Logicoop et la CCI, concessionnaire du port. Rappelons que mardi dernier, les adhérents de la coopérative Logicoop ont déversé près d'une tonne de sardines sur le parvis de la CCI. Une pêche rendue impropre à la consommation à cause d'une panne de «glace».
Or, si pour les pêcheurs de Logicoop cette panne n'est rien d'autres que la conséquence directe d'un nouveau coup bas de la CCI, en l'occurrence le refus catégorique émis par le Conseil Portuaire d'augmenter les tarifs de la glace, pour Bernard Darretche l'incompréhension demeure : «Il y a trois ans que nous discutons avec Logicoop et ça ne débouche sur rien. La Chambre de commerce est prise comme bouc émissaire. Toutes les décisions qui nous sont reprochées, dont le prix de la glace, sont prises par le Conseil Portuaire et sur les 17 membres qui le composent, la CCI n'occupe que deux postes».

Information ajoutée le 5 mai 2009 :

Pêche : le chapiteau de la discorde (Le Journal du Pays Basque)

Dans notre édition du 3 avril dernier, nous revenions sur la décision du tribunal administratif qui estimait que l'occupation de l'ancienne criée luzienne par le collectif des pêcheurs luziens et cibouriens, adhérents de la coopérative Logicoop, était «illégale». La justice, qui a donc accordé le référé à la CCI Bayonne Pays Basque (concessionnaire du Port), exigeait que la société coopérative Logicoop libère le bâtiment de l'ancienne criée du Port de Saint-Jean-de-Luz des matériels qu'elle y a entreposés sous astreinte d'une amende de 150 euros/jour de retard à compter de la notification. Idem pour «tous les pêcheurs et occupants sans droit ni titre». Une décision qui n'avait cependant en rien entravé la poursuite du mouvement de ventes directes sur Saint-Jean-de-Luz.
Cela étant dit, l'histoire ne s'arrête pas là puisqu'un récent référé vient condamner une nouvelle «occupation illégale»... en l'occurrence celle de l'ancienne «grillerie», occupée pendant deux jours pour cause de fortes intempéries. Au final, quatre bateaux sur huit ont été condamnés à des amendes allant de 300 à 450 euros et la coopérative Logicoop à une autre amende de 3 700 euros.
Quoi qu'il en soit, le collectif des pêcheurs luziens et cibouriens n'entend pas en rester là : «nous avons décidé de continuer et de monter un chapiteau sur les quais de Saint-Jean-de-Luz port dès aujourd'hui (hier, ndlr). Par ailleurs, nous allons organiser quelque chose ce week-end par rapport aux amendes reçues puisque nous avons décidé entre tous d'apporter une réponse collective».
Un chapiteau qui sera permanent et qui permettra donc aux pêcheurs du collectif de poursuivre la vente directe sur le port de Saint-Jean-de-Luz... bien au sec ! (auteur : Sébastien VAÏSSE)

Information ajoutée le 1 juin 2009 :

Saint Jean de Luz : Logicoop baptise deux nouveaux bateaux (Sud-Ouest)
L'« Atxik » et le « Mirentxu » se veulent des symboles solides de l'unité du port
La renaissance de deux bateaux, un message d'espoir porté par les pêcheurs.
Il y a longtemps que le port de Saint-Jean-de-Luz n'avait pas connu d'heureux événement. Vendredi soir, deux nouveaux bateaux de pêche, le « Mirentxu I » et l'« Atxik », ont été officiellement baptisés à l'initiative de la coopérative Logicoop devant un parterre d'élus, de représentants des collectivités et de pêcheurs.

Un baptême symbolique -les deux unités de pêche ont déjà commencé à naviguer- mais particulièrement bien venu dans un contexte tourmenté, comme l'a souligné dans son discours Mikel Epalza, l'emblématique aumônier des marins-pêcheurs de Ciboure. « C'est comme un mariage. Deux métiers complémentaires. "Atxik", fileyeur polyvalent pouvant aussi faire la palangre et "Mirentxu" bolincheur pouvant aussi faire la pêche au thon à l'appât vivant. C'est ensemble qu'on s'en sort et non séparés, encore moins divisés. »

« Atxik », tenir bon
Un baptême doublement symbolique puisque les deux bateaux avaient tous deux connus une triste fin dans une vie antérieure : un passage par le fond pour le « Mirentxu » suite à un incident face à la digue de l'Artha, en 2007, et une disparition corps et bien également pour l'« Atxik » (à l'époque « Dar Mad »), emporté par la décrue énorme des eaux diluviennes de la Nivelle, au matin du 4 mai 2007. Mais du « Dar Mad » (« Tiens Bon » en breton) à l'« Atxik » (« Tiens Bon » en basque), il n'y a qu'une langue qui porte tous les espoirs des pêcheurs locaux : celui de voir leur avenir enfin s'éclaircir.

Et si les conflits de ces dernières semaines ont sérieusement entamé leur confiance dans les autorités portuaires locales, leur présence, pour ce baptême, n'est pas passée inaperçue. « Il était appréciable pour les pêcheurs et pour nous, de voir des représentants de la Communauté de communes, du Conseil général et de la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) se préoccuper du port de pêche. Nous commencions à en douter », confie Mathilde Ubera au nom de Logicoop.

« Au-delà des conflits récurrents entre pêcheurs du port et CCI, le message d'espoir de ces baptêmes s'adressait aussi aux jeunes », poursuit Mathilde Ubera. « Les baptêmes sont rares, c'est vrai. Mais nous espérons que cela va en motiver d'autres. Nous voulions montrer que le métier de pêcheur n'est pas fini et que, si nous travaillons ensemble, le port de pêche de Saint-Jean-de-Luz-Ciboure a un avenir. Il y a des jeunes, à l'école de pêche, qui hésitent encore. Et faire une fête comme celle-là, ça remotive beaucoup de gens... »

Informations ajoutées le 10 juin 2009 :

Violente altercation - Triple fracture de la mâchoire à la sortie (Sud-Ouest)
La violente altercation opposant le président du syndicat des mareyeurs à celui de Logicoop s'est soldée par une triple fracture de la mâchoire du premier, et illustre le profond malaise au port
La tension était palpable tout au long de la table ronde. Comme à chaque réunion de pêcheurs, le ton est monté très haut. Cette fois, la situation a dégénéré. Après les paroles, Marcel Mugica, président du Syndicat des mareyeurs, et Robert Ubera, président de la coopérative Logicoop en sont venus aux mains à la sortie de la réunion du Conseil général. Une rixe violente qui a entraîné une triple fracture de la mâchoire à Marcel Mugica.
Ces deux responsables ont l'habitude de se toiser, mais jamais la situation n'avait atteint ce paroxysme. « J'ai déposé plainte au commissariat de Saint-Jean-de-Luz, la triple fracture de la mâchoire entraîne une interruption temporaire de travail de vingt jours qui peut se prolonger », explique Marcel Mugica, que nous avons contacté lundi soir.
« Je regrette les dégâts »
Le mareyeur rentrait de la polyclinique où il venait d'être opéré. Publiquement, il ne veut pas polémiquer, ni s'étendre sur les faits.

Saint-Jean-de-Luz - La table ronde échoue, le conflit s'enlise un peu plus (Sud-Ouest)
La table ronde organisée la semaine dernière au Conseil général pour apaiser les tensions au port a échoué. Les professionnels sont à la fois en colère et désabusés
La situation est toujours aussi tendue au port de Saint-Jean-de-Luz-Ciboure.
Les professionnels de la pêche du port de Saint-Jean-de-Luz-Ciboure espéraient beaucoup de la table ronde initiée par le Conseil général, mercredi dernier, à Bayonne, pour sortir de l'impasse. Las, la tentative de médiation a échoué. Pis, elle s'est soldée par une violente altercation entre deux professionnels entraînant la blessure au visage de l'un d'eux (lire par ailleurs). Le conflit, qui pèse sur le port depuis près de deux ans, a ainsi franchi un nouveau palier au moment où le Département, son propriétaire, avait fait un pas pour tenter de l'apaiser.
À qui la faute ? Difficile de défaire ce noeud marin. Une semaine après les faits, la grogne est toujours aussi forte à Saint-Jean-de-Luz et Ciboure, et au-delà des conflits personnels qui pourrissent la situation, tous les acteurs semblent désabusés par cet enlisement.
Lettre ouverte des pêcheurs
À commencer par les pêcheurs en proie à des difficultés économiques pour vendre le produit de leur pêche et qui constatent, dépités, le temps perdu par leurs dirigeants dans des querelles fratricides au lieu de prôner l'union pour éviter au port de sombrer. Le bateau navigue à vue, sans pilote.

Information ajoutée le 5 août 2009

Pays Basque - Logicoop paie et prépare la sardinade (Sud-Ouest)
La coopérative vient de payer l'amende de sa condamnation, et organise une deuxième sardinade le 14 août
Une deuxième sardinade aura lieu le vendredi 14 août. (archive p. s.)
La coopérative Logicoop, condamnée en avril par le tribunal administratif de Pau à payer une amende pour vente directe illégale de produits de la pêche dans l'enceinte de l'ancienne criée de Saint-Jean-de-Luz, a été sommée de payer ses dettes au 31 juillet, sous peine de recouvrement par voie d'huissier. Elle s'est exécutée et vient de verser 5 150 euros de pénalités. La coopérative précise, dans un communiqué, que les pêcheurs, à titre individuel, n'ont pas, pour l'heure, été concernés par la missive.
« Dans ce contexte de crise que traversent les pêcheurs et leur coopérative, la CCI de Bayonne censée soutenir les entreprises et dynamiser l'activité économique en Pays Basque, réclame 5 150 euros à notre coopérative qui sort d'une année 2008 plus que mouvementée », signale le communiqué.
Pour montrer son enthousiasme et sa vitalité, avec le collectif des pêcheurs luziens et cibouriens, elle organise une sardinade au port de Saint-Jean-de-Luz, le vendredi 14 août, à partir de 19 heures, selon le même principe que celle qui s'est tenue le 9 mai dernier.
« La grillade de sardines organisée le 9 mai 2009 par la coopérative et le collectif des pêcheurs a connu un fort succès populaire, et permis de réunir 990 euros. Depuis, les dons de soutien aux pêcheurs ont continué et nous en sommes aujourd'hui à 1 125 euros. (Nous n'avons) pas manqué de remercier l'ensemble des citoyens pour leur contribution et apprécié la présence de nombreux élus », ajoute le communique qui indique que « chacun pourra déguster de la sardine grillée et soutenir les pêcheurs en fonction de ses moyens ».

13 août 2009

Pêcheurs du Pays Basque : des sardines... aux amendes salées (Le Journal du Pays Basque)

La coopérative Logicoop et un collectif de pêcheurs invitent «l'ensemble des citoyens» à une nouvelle sardinade géante organisée le vendredi 14 août à 19h sur le port de Saint-Jean-de-Luz.
Cette rencontre festive et militante, où tout le monde peut participer en fonction de ses moyens, devrait permettre de rembourser une partie des 5150 euros de frais de justice payés par la coopérative fin juillet à la CCI de Bayonne (Chambre de Commerce et de l'Industrie).

Cette amende faisait suite à leur condamnation, en avril dernier, par le tribunal administratif de Pau pour avoir, contre l'avis du port, pratiqué la vente directe aux consommateurs de poissons fraîchement pêchés à l'ancienne criée de Saint-Jean de Luz.
Compte tenu du contexte de crise qui touche le secteur de la mer en ce moment (baisse des ressources, quotas de pêche, hausse des carburants, etc.), la coopérative, composée uniquement d'amateurs luziens et cibouriens, a du mal à se remettre d'une telle sanction financière.

«Nous aurions préféré cet argent dans des investissements nécessaires pour nos activités», déclare Béatrice Elissalde de Logicoop. Son équipe déplore la réaction de la CCI «qui est censée soutenir les entreprises et dynamiser l'activité économique en Pays Basque».
B. Elissalde se dit convaincue que l'institution veut les «punir parce que Logicoop n'est pas d'accord avec sa politique de gestion du port. C'est une suite sans fin de vexations de leur part...» ajoute-t-elle.

Ayant bénéficié d'un franc succès public et du soutien de plusieurs élus, la première sardinade organisée par les pêcheurs en mai dernier avait permis de récolter 990 euros. Depuis, l'envoi de nombreux dons de soutien a permis de mettre de côté quelques 1125 euros pour régler une seconde amende réclamée par la CCI à un collectif indépendant de 4 pêcheurs.
La rencontre de mardi avec Bruno le Maire, ministre de l'Agriculture et de la Pêche semble n'avoir changé en rien leur situation pour le moment. «Pas avant septembre en tout cas, où des décisions devraient être prises», précise Ramuntxo Iturrioz, président de l'organisation des producteurs de Ciboure (Cap Sud).

Le 31 août 2009

Criée de Ciboure - Le contrôle des pêcheurs provoque des remous (Sud-Ouest)
Une réunion des professionnels de pêche se tient cet après-midi, après le contrôle contesté de la vente directe. Véronique Courtiau espère que ce contrôle servira de leçon.
Il est un peu plus de 11 heures ce dimanche 9 août. Deux gendarmes de la brigade de surveillance du littoral, basée au Cap Ferret, arrivent devant le chapiteau de vente directe de produits de pêche, à côté de la criée de Ciboure. Un contrôle de routine a priori pour vérifier que les poissons ont bien été pêchés par les bateaux vendeurs.
Sauf que la rencontre ne se passe pas bien, et aurait même pu mal tourner sans le sang-froid des témoins de la scène. Trois semaines après, Véronique Courtiau est encore bouleversée. « C'est la première fois que je suis contrôlée depuis que l'on vend notre poisson, explique l'épouse du patron du bateau Ordagna. Le gendarme m'a demandé la feuille du loog-book, où l'on remplit les différentes espèces pêchées, le matériel utilisé pour pêcher, le temps de pêche... Il a exigé de voir cette feuille que je n'avais pas. »

3 700 € d'amende
Et pour cause, autant est-elle obligatoire dans le bateau, autant rien ne dit qu'elle doit figurer parmi les documents nécessaires sur les lieux de la vente directe à la table. Face à l'insistance du gendarme, Véronique Courtiau appelle son mari qui, lui-même contacte les responsables de la criée et du comité local, pour connaître la législation en vigueur.
« Vous vous rendez compte, il m'a dit que je ne coopérais pas, et m'a menacé de me mettre les menottes, il m'a dit aussi que je risquais 3 700 euros d'amende », rappelle Véronique Courtiau.
Les clients présents s'offusquent de la méthode, et commencent à exprimer leur courroux. Un sentiment amplifié au regard de la peur et des pleurs de Jérémy, 12 ans, fils de Véronique présent sur les lieux. Les esprits de pêcheurs, également sur place, s'échauffent.

« Le gendarme m'a dit que l'on était en audition, et m'a demandé mon identité, celle de mes parents... », ajoute, encore secouée, Véronique Courtiau. À côté, Marina Alsuguren, du bateau Kittara, a également été contrôlée, mais sans débordements. Finalement, vers 12 h 30, la situation se calme, Véronique Courtiau reçoit un avertissement pour ne pas avoir présenté le loog- book, et les gendarmes repartent.
Depuis, elle a faxé les documents demandés à la gendarmerie maritime et n'a pas eu de nouvelles. Un nouveau contrôle de la brigade de surveillance du littoral dimanche dernier s'est déroulé sans heurt.
Il n'empêche, au-delà du traumatisme subi par Véronique Courtiau et son fils, les pêcheurs qui vendent directement veulent connaître la législation en matière de traçabilité, et savoir si les gendarmes étaient dans leur droit d'exiger le loog-book ou pas.
« On vend notre poisson »
« Je ne vais pas porter plainte, ce n'est pas mon genre, et je sais que cela n'aboutira à rien. Mon père était gendarme, et j'ai beaucoup de respect pour cette profession, mais là, ils sont allés trop loin. Il ne faut pas que cela se reproduise », insiste Véronique Courtiau.
Pour éviter que cet événement se renouvelle, une réunion se déroule cet après-midi dans les locaux des professionnels de pêche à Ciboure, en présence de l'administrateur des affaires maritimes et des responsables de la criée pour tirer les leçons de ce contrôle et savoir quels sont tous les documents obligatoires pour vendre à la table dans la légalité.
Cette histoire provoque de nouveaux remous dans le port autour de la vente directe des produits de pêche, alors que la conjoncture économique incite plutôt au calme. Elle déclenche aussi des suspicions sur les raisons de ces contrôles.
Seraient-ils le fruit de jalousie ? « Vous savez, on entend de tout, constate Marina Alsuguren qui vend tous les jours la pêche du bateau de son père depuis le mois de novembre à Ciboure. Certains prétendent que l'on ne vend pas que notre poisson, mais franchement, on a déjà du mal à vendre le nôtre, et quand il n'y en a pas, on ne travaille pas, c'est tout. On n'a rien à cacher, le poisson que l'on vend, c'est le nôtre. » Auteur : pierre sabathié

1 septembre 2009 :

Pays Basque - Pour les professionnels de la pêche, «pas de loog-book sur les tables de ventes directes" (Le Journal PB)

Si le contrôle inopiné de la brigade de surveillance du littoral intervenu dimanche dernier sur le site de vente directe à Ciboure, s'est déroulé sans encombre, il n'en fut pas de même il y a quelques semaines lorsque deux gendarmes ont demandé à Véronique Courtiau, du bateau Ordagna, le «loog-book», c'est-à-dire la feuille technique justifiant de l'origine des espèces pêchées, du matériel utilisé... une fiche technique que n'a pas pu présenter Véronique Courtiau et qui aurait pu lui coûter 3 700 euros d'amende.

Or si ce papier est légalement obligatoire sur un bateau en activité de pêche, rien n'est précisé en ce qui concerne les sites de vente directe ou vente à la table. Un flou juridique qui a poussé les professionnels de la pêche à se réunir hier après-midi dans les locaux de Saint-Jean-de-Luz, en présence notamment de l'administrateur des affaires maritimes et des responsables de la criée.

Pour Serge Larzabal, Président du comité local de pêche, «il n'est pas possible d'avoir la feuille de loog-book sur les sites de vente directe puisque le poids réel (qui doit être présenté à l'administration) ne peut-être connu qu'une fois la vente effectuée, donc en fin de journée. Il y a ensuite un délai administratif de 48 heures pour présenter le loog-book.» Concrètement, la réunion a permis aux professionnels de clarifier une situation bien trouble : «Il n'y aura pas de loog-book sur les sites de ventes directes. On en reste à ce qu'on connaît» a conclu Serge Larzabal. Sarean Zer, la nouvelle dans autres sites.

Le 17 octobre 2009

Les "paysans de la mer" invités au prochain Lurrama (eitb)
Si cette 4ème édition de Lurrama conserve son principe de convivialité et de défense d'une agriculture paysanne durable, le monde de la pêche sera également présent cette année à Bayonne fin octobre.
La ''ferme basque Lurrama'' se tiendra à bayonne les 30, 31 oct et 1er novembre. Photo : eitb
Ce rendez-vous annuel pour une agriculture durable et paysanne, Lurrama (la terre-mère) s'est solidement inscrit depuis 4 ans au coeur même de la ville de Bayonne (Pays Basque nord).

Porté par le syndicat basque ELB, cette "Ferme basque" garde comme ambition de promouvoir des produits ruraux qui respectent autant l'environnement que le paysan, la qualité du goût que le savoir-faire.
L'ingrédient indispensable au maintien dans les campagnes d'une profession fortement éprouvée par la crise des matières premières depuis quelques années déjà, et par la crise du lait cette année.
Les vendredi 30 octobre, samedi 31octobre et dimanche 1er novembre, si rien ne sera oublié, les centaines de bénévoles, les éleveurs présents ou les producteurs de produits locaux n'auront pourtant qu'un seul objectif en tête : porter à bout de bras cet évènement atypique.

Nouveauté de cette année : les "paysans de la mer"
Après une première invitation l'an passé à Lurrama au syndicat de pêcheurs de la Logicoop de St Jean de Luz, puis après avoir manifesté leur soutien lors de son conflit avec la CCI de Bayonne, le collectif d'organisation invitera le monde de la pêche basque à la thématique de l'eau choisie pour cette année.
Présents aux côtés des exposants paysans, les pêcheurs seront à l'honneur avec un repas spécial le vendredi soir, où sera proposé aux visiteurs un menu composé de saveurs de poissons à la mode d'Hegoalde (Pays Basque sud).

Le 4 février 2010

Saint-Jean-de-Luz – Ciboure : La vente à la table va souffler sa première bougie (Sud-Ouest)
Pour faire face à la crise, plusieurs pêcheurs vendent directement leur produit aux consommateurs, notamment le collectif qui a initié la formule il y a bientôt un an.
La vente à la table luzienne, qui a débuté sous l'ancienne criée, est désormais sous chapiteau. L'année 2010 va-t-il être plus rude que 2009 ? Au port de Saint-Jean-de-Luz-Ciboure, comme dans de nombreux secteurs d'activités, la question est légitime. L'État français vient de donner sa position sur la commercialisation du thon rouge (lire en page départementale), et l'inquiétude gagne aussi les vendeurs à la table. L'an dernier, plusieurs pêcheurs ont opté pour cette alternative en vendant directement le produit de leur pêche. Une solution plutôt payante.

Sans générer toutefois d'énormes revenus, elle permet de vendre le poisson à un prix décent, légalement en acquittant les taxes à la criée à Ciboure, ou en bravant cette loi sur le quai luzien. Alors que la formule séduit le consommateur, tant sur le quai luzien que cibourien, le début d'année se traduit par une baisse de fréquentation. À Saint-Jean-de--Luz, le collectif de pêcheurs luziens et cibouriens qui a initié la vente il y a bientôt un an, le 24 février 2009, est en mesure de dresser un bilan économique.

C'est d'ailleurs le collectif de pêcheurs luziens et cibouriens qui tirent la sonnette sur la baisse de l'activité économique. « C'est au ralenti que débute l'année 2010 pour les pêcheurs de Saint-Jean-de-Luz-Ciboure, déclare-t-il dans un communiqué. Le mauvais temps et le froid freinent l'activité de nos petits bateaux. On pourrait croire que les quelques acheteurs présents sous notre criée cibourienne s'arrachent le peu de poisson débarqué. Pas du tout ! Malgré la qualité et la fraîcheur du poisson proposé à l'enchère, les prix s'effondrent pour frôler ou atteindre les prix de retrait ».

La sardine est boudée
D'après eux, aucune espèce n'échappe à la règle. « Même les poissons dits nobles tels que la sole, la baudroie, le bar et le merlu de ligne ne sont plus valorisés. La saison de sardine, autrefois produit phare à Saint-Jean-de-Luz, n'inspire rien qui vaille aux derniers bolincheurs du port. Dernièrement, au lieu de vendre le produit de leur pêche à un prix indécent, les pêcheurs de Logicoop ont offert plusieurs caisses de petite sardine aux Restos du coeur et sont prêts à renouveler l'opération. »
Le collectif fait face aux rumeurs, et n'entend pas cesser son activité : « Aujourd'hui encore, après bientôt un an d'exploitation, la vente à la table reste indispensable au maintien de l'activité de certains petits bateaux. Les ventes organisées, sous le chapiteau à Saint-Jean-de-Luz perdurent et continueront malgré les menaces, les assignations et les amendes du concessionnaire du port. Au même titre que l'opposition à la LGV au Pays Basque, la cause des pêcheurs ne doit pas servir les intérêts de Monsieur Berckmans, président de la CCI Bayonne Pays Basque ».

Pas une braderie
Les vendeurs à la table ont réussi à « maintenir leur prix de manière régulière tout au long de l'année. Les gens ont compris qu'on n'était pas là pour organiser la braderie du poisson, mais bien pour vendre du poisson de qualité. C'est grâce à ça qu'on fidélise notre clientèle », explique un membre du collectif.
Six bateaux viennent régulièrement vendre à la table à Saint-Jean-de-Luz, ils sont huit à Ciboure, à l'espace de vente directe légale, située proche de la criée. Eux ont démarré un peu plus tard, au printemps, et leur activité connaît la même évolution que du côté luzien. D'ailleurs, dans le cadre de travaux de réfection de cette dernière, un local aménagé sera prévu pour développer ce type de vente, qui fonctionne également au port de Capbreton. « Nos meilleurs jours sont les mardi et vendredi, jours de marché, et le samedi », ajoute encore un vendeur du collectif luzien et cibourien.

Les pêcheurs restent engagés et n'oublient pas les difficultés des autres filières : « Nous profitons aussi de ces quelques lignes pour réaffirmer notre soutien aux producteurs d'ELB. Nous partageons les mêmes difficultés, la même vision d'une pêche durable et d'une agriculture durable ». Une chose est sûre depuis hier, ils ne vendront pas de thon dans deux ans ! Auteur : pierre sabathié

Image Google earth : Port de Ciboure / Saint Jean-de-Luz

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