vendredi 22 janvier 2010

Thon Rouge : Parole d’un Grand Chef québécois

« Bien sûr, il est important de régénérer la ressource et de protéger les espèces menacées, mais la surpêche est surtout le fait des gros bateaux industriels. Il serait plus important de soutenir les petits pêcheurs locaux en orientant la politique des quotas afin de permettre à ceux-ci de pêcher des petites quantités de poissons tout au long de l'année de manière responsable. Ce qui est important pour moi, c'est de surveiller la traçabilité des produits que je sers à mon restaurant: de quelle région vient le poisson, qui l'a pêché et quand. Quand les consommateurs disposeront de toutes ces informations en épicerie, on aura fait un grand pas. » (Source : Vive la biodiversité !)

Pour des informations sur l'élevage du thon rouge : Avec le thon rouge, une industrie piscicole de plus en plus vorace et pour suivre la saison de pêche 2011, cliquer Ici

C’est la parole de Normand Laprise, Grand Chef québécois du restaurant Toqué ! à Montréal, qui répond à Olivier Roellinger, Grand Chef breton, vice-président des restaurants Relais & Châteaux, dont les membres de cette association se sont engagés à ne plus servir de thon rouge de l'Atlantique dans leurs restaurants depuis le 1 janvier 2010.

Nous soutenons la démarche de Normand Laprise qui défend la petite pêche locale et la traçabilité des produits de la mer.

Le sushi japonais a rompu un équilibre ancestral

A partir des années 1970, les captures de thon rouge se sont déplacées depuis l’Atlantique du nord-est vers la Méditerranée. Cette période correspond à la mise à l’eau d’une flottille moderne de thoniers senneurs financée en grande partie par l’Europe et les Etats respectifs. Les flottilles traditionnelles et artisanales de thoniers canneurs et de fileyeurs se sont maintenues sur la côte atlantique notamment dans les ports basques et vendéens ainsi que celles de thonailleurs en Méditerranée.

Les captures de thon rouge explosent avec un pic au milieu des années 1990, encouragées par une demande soutenue sur le marché nippon.

Au début des années 2000, la pêcherie de thon rouge concerne un millier d'unités de pêche en Méditerranée : les 2/3 relèvent des pêcheries artisanales ou traditionnelles et le 1/3 des pêcheries industrielles, pour respectivement 10% et 90% des captures totales (voir : Thon rouge : les USA épinglent la France pour pêche illégale).

L'industrialisation de l'activité thonière va mettre à mal les équilibres qui existaient dans cette pêcherie ancestrale. L'augmentation inconsidérée de l'effort de pêche avec le lancement de bateaux de pêche dotés de moyens de captures très importants comme les thoniers-senneurs de plus de 40 mètres, explique les problèmes actuels de cette pêcherie. Depuis le début des années 1980, une activité monospécifique s’est développée en Méditerranée ; ces armements industriels ne ciblent que le thon rouge contrairement aux métiers traditionnels polyvalents.

Bien que les quantités capturées par le secteur artisanal soient sans commune mesure avec celles du secteur industriel, l'interdiction de la pêche du thon rouge affectera tout particulièrement ces centaines de pêcheurs côtiers dont le thon constitue une ressource complémentaire et accessoire mais vitale en Méditerranée (sachant que le filet « thonaille » a été injustement interdit depuis) ainsi qu’en Atlantique notamment à Saint-Jean-de-Luz et dans les ports vendéens. Philippe FAVRELIERE (modifié le 25 janvier 2010)

Autres articles :

Pour aller plus loin ....

Revue de Presse et réactions dans le Midi Libre du 29 et 30 janvier 2010

Sète. Môle - Le thonier remisé prend feu durant son découpage (Midi Libre)
LESFAITS : Les étincelles dégagées par une disqueuse ont enflammé des éléments
Bien que construit en 1995 à Port-Vendres, le Golfe du Lion V est bien sétois : il est mort deux fois. L'ancien thonier senneur de Jean-Louis Jalabert, racheté en 2008 par Jean-Marie Avallone, a fait l'objet d'une sortie de flotte. Première mort. Et hier, vers 16 h, lors du chantier de déchirage (découpage en terme marin) il a pris feu. Deuxième mort.

Thon - Les pêcheurs sur le point d’être lâchés par Sarkozy (Midi Libre)
La France devrait demander l’interdiction du commerce international du poisson
« Depuis jeudi soir tous les contacts que nous avons avec les cabinets de Fillon et de Le Maire convergent. Ce n’est pas bon », Pierre-George Dachicourt, président du Comité national des pêches (CNPMEM) est en pétard. Selon lui, la France devrait faire connaître lundi sa position en vue de l’assemblée générale de la Convention internationale sur le commerce des espèces protégées (Cites). Elle se tiendra en mars à Doha, au Qatar.....

Exclusif : Thon rouge, "ça va être le bordel sur les quais" s'indigne le président du comité des pêches (Midi Libre)
Publié à 11 h 30 - Mis à jour à 16 h 59 - Selon des contacts entre le ministère de l'Agriculture et le Comité national des pêches, Nicolas Sarkozy s'apprêterait à annoncer ce lundi la demande par la France d'inscrire le thon rouge à l'annexe 1 de la convention internationale sur la commercialisation des espèces protégées (Cites).
Cette dernière préconise l'interdiction des exportations et les importations à des fins commerciales de ces espèces. Et de facto, du thon rouge. Ce qui pourrait baisser considérablement la production de pêche….

Quelques réactions sur Midi Libre
29/01/2010 à 20h09 jack
C'est faux, cette menace d'un bordel sur les quais. Les petits pêcheurs, qui représentent 80% de la pêche française, ne suivront pas les thoniers senneurs. Cette pêche industrielle, qui ne se soucie pas de la ressource et donc de l'avenir des pêcheurs, est une honte pour la profession.

29/01/2010 à 18h51 netsen
Il faudra dorénavant interdire la pêche à la "Senne" au moyen de bateaux monstrueusement puissants, qui sont génocidaire du thon rouge, pour le seul profit des milliardaires thoniers. Autoriser la seuleThonaille, moins dangereuse, et aussi remplacer le chalutage, extraction folle er sans discernement , gaspilleuse de fuel, et revenir aux filets maillant seuls capables d'épargner les juvéniles que l'on trouve par dizaines de tonnes vendues en criée ( des lottes de 100gr!, adultes elles pèsent 5 Kg !). Ca aura aussi le mérite de débarrasser les merveilleux canaux de Sète des monstrueux bateaux qui pourrissent la vue !

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Rapport Lecou : Les perspectives d’une pêche durable en Méditerranée

« La Méditerranée n’est même pas une mer, c’est un « complexe de mers », et de mers encombrées d’îles, coupées de péninsules, entourées de côtes ramifiées. Sa vie est mêlée à la terre, sa poésie plus qu’à moitié rustique, ses marins sont à leurs heures paysans ; elle est la mer des oliviers et des vignes autant que celle des étroits bateaux à rames ou des navires ronds des marchands, et son histoire n’est pas plus à séparer du monde terrestre que l’enveloppe de l’argile n’est à retirer des mains de l’artisan qui la modèle » Fernand Braudel

Les perspectives d’une pêche durable en Méditerranée (Assemblée Nationale)

Rapport d’information déposé par la commission des affaires européennes sur les perspectives d’une pêche durable en Méditerranée, et présenté par M. Robert Lecou et enregistré à la Présidence de l’Assemblée nationale le 9 juin 2010. Télécharger le document Ici

Résolution sur la pêche durable en Méditerranée adoptée à l'Assemblée Nationale le 25 juillet 2010. Télécharger le document Ici

Est considérée comme définitive, en application de l'article 151-7 du Règlement, la résolution dont la teneur suit :

  1. Juge indispensable de renforcer la lutte contre la dégradation de l’environnement en Méditerranée, cette action devant être principalement conduite dans le cadre de l’Union pour la Méditerranée (UpM) afin qu’y soient pleinement associés tous les pays méditerranéens ;
  2. Souhaite que la future Politique commune de la pêche qui doit être réformée en 2012 adopte une approche régionalisée pour tenir compte des caractéristiques et conditions particulières des activités de pêche, notamment en Méditerranée ;
  3. Demande que des conversations s’engagent entre les pays méditerranéens pour définir les moyens de sanctionner les contrevenants aux règles de la pêche en Méditerranée afin de garantir une concurrence équitable ;
  4. Juge indispensable de renforcer les moyens d’action et de contrôle de la Commission générale des pêches pour la Méditerranée (C.G.P.M.) ;
  5. Demande que les Prud’homies soient reconnues au niveau européen comme organisme de gestion locale de la pêche dans le cadre d’une décentralisation accrue de la politique commune de la pêche ;
  6. Estime que tous les pays de l’Union européenne riverains de la Méditerranée doivent instituer une zone économique exclusive au large de leurs côtes pour pouvoir, notamment, y exercer un contrôle rigoureux des activités de pêche ;
  7. Souligne la nécessité de développer une approche écosystémique de la pêche en Méditerranée afin de placer les activités humaines au centre de l’écosystème en optimisant, tout en préservant la biodiversité, facteur de richesses dans le futur, les équilibres entre les différents usages de cette mer ;
  8. Souhaite que le maintien de la pêche artisanale méditerranéenne soit une priorité forte de la future Politique commune de la pêche dans la mesure où cette activité est essentielle au maintien d’un tissu économique et social dense sur les littoraux de cette mer ;
  9. Demande que les recherches sur l’évaluation des stocks de poissons méditerranéens fassent l’objet d’une action importante en y associant réellement les pêcheurs ;
  10. Constate que la pêche au thon rouge, du fait de la diminution incessante des quotas et des périodes de pêche, va devenir, pour les pêcheurs à la senne, économiquement non rentable ;
  11. Souhaite donc que ces pêcheurs soient indemnisés pour leur permettre de se réorienter vers d’autres activités de pêche ;
  12. Demande que les quotas de thon rouge soient affectés à l’avenir aux pêcheurs artisanaux ;
  13. Souhaite que les fonds européens accordent un soutien important aux recherches sur le cycle complet d’élevage du thon rouge pour permettre à l’Europe d’occuper les premières places dans ce domaine.

Article de presse : Thon rouge: adoption à l'unanimité d'une résolution à l'Assemblée (AFP)

La commission des Affaires européennes de l'Assemblée nationale a adopté mercredi à l'unanimité une proposition de résolution de Robert Lecou (UMP) sur la problématique de la pêche du thon rouge. Face au constat que la pêche au thon rouge, "du fait de la diminution incessante des quotas et des périodes de pêche, va devenir, pour les pêcheurs à la senne, économiquement non rentable", ce "voeu" parlementaire "souhaite que ces pêcheurs soient indemnisés pour leur permettre de se réorienter vers d'autres activités". La résolution demande que les quotas de thon rouge soient affectés à l'avenir "aux pêcheurs artisanaux" et souhaite que "les fonds européens accordent un soutien important aux recherches sur le cycle complet d'élevage du thon rouge pour permettre à l'Europe d'occuper les premières places dans ce domaine". "Tous les pays de l'Union européenne riverains de la Méditerranée doivent instituer une zone économique exclusive au large de leurs côtes pour pouvoir y exercer un contrôle rigoureux des activités de pêche", peut-on également lire. La résolution demande en outre que "les recherches sur l'évaluation des stocks de poissons méditerranéens fassent l'objet d'une action importante en y associant réellement les pêcheurs". La Commission européenne a sifflé la fermeture anticipée de la pêche au thon rouge dès mercredi soir, six jours avant la fin officielle de la campagne 2010, invoquant l'épuisement des quotas alloués, au grand dam des pêcheurs français encore en mer.

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Gibraltar : Technique millénaire de pêche au thon rouge

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Le 4 février 2010 : Réactions des canneurs artisans basques

Thon rouge : Les Basques amers (Sud-Ouest)
« Nous sommes extrêmement déçus, même si on pouvait s'y attendre. C'est une décision politique, franco-française, irrationnelle et totalement incompréhensible », commentait hier soir Serge Larzabal, président de la commission thon rouge du Comité national des pêches maritimes.
Il conteste que le thon rouge soit en voie d'extinction, « grâce aux mesures de gestion prises depuis 2006 et renforcées les années suivantes ». Il en veut pour preuve les survols réalisés en Méditerranée par l'Ifremer qui ont donné des « indices encourageants » quant à la population de thon rouge. Serge Larzabal rappelait en outre le discours du Havre, en juillet dernier, lorsque le président de la République s'était engagé à « tenir compte des avis scientifiques », et craignait que la France ne se retrouve isolée tant au niveau communautaire que lors du Cites de mars prochain.

« Écoeurement »
Au port de Saint-Jean-de-Luz, le sentiment général est « l'écoeurement ». « Nous payons les excès des senneurs dans les années 90. Nous les avons dénoncés à l'époque, sans être entendus. Et aujourd'hui, nous nous retrouvons tous dans le même sac, alors que nous pêchons à la ligne et en préservant les ressources. » Didier Martinez, depuis vingt ans sur l'« Aerosa », est la quatrième génération de pêcheurs de thon. Son père a connu l'époque où Saint-Jean-de-Luz était le premier port thonier de France, à la veille des années 60. Aujourd'hui, l'activité emblématique de la Cité des corsaires est très menacée.

Thon rouge : Sauver la pêche artisanale (Sud-Ouest)
« On nous dit en substance : sauvons l'espèce, mais pas tout de suite ! », a regretté François Chartier (lire aussi ci-contre), chargé de campagne Océans à Greenpeace, en reprochant au gouvernement de « plier devant les pêcheurs, tout en voulant sauver les apparences ».
Mais l'urgence, pour M. Le Maire, c'est de mettre à profit ce délai pour sauver la pêche côtière artisanale, « qui ne menace pas la ressource mais représente la majorité des emplois et des activités », a-t-il souligné.
Il lui faut pour cela obtenir une modification du règlement européen qui interdit le commerce des espèces protégées sur le marché communautaire, notamment la création d'une zone économique exclusive (ZEE) française en Méditerranée. Le ministre de l'Agriculture réclame également des financements européens au profit des thoniers senneurs, qui seraient empêchés de pêcher. Ceux-ci, qui s'étaient développés dans les années 80-90 à grands coups de subventions communautaires, font déjà l'objet d'un plan de sortie de flotte qui les conduira à réduire cette année de 28 à 22 leur nombre de bateaux.

Les pêcheurs de thon de St Jean de Luz craignent de disparaître (Sud-Ouest)
Si la demande d'interdiction française est avalisée au niveau international, le port de Saint-Jean-de-Luz se prépare à une crise économique qui pourrait lui être fatale. Grosses inquiétudes sur le port de Saint-Jean-de-Luz-Ciboure. Les craintes manifestées lundi par une trentaine de pêcheurs basques et landais, devant les portes de la direction des Affaires maritimes à Bayonne se sont en effet confirmées hier. La France est donc favorable « au nom de la protection de l'espèce » à l'interdiction de la commercialisation du thon rouge, dans un délai de 18 mois... Mais la décision définitive qui relève de la communauté internationale n'est pas encore prise.
« On sentait un vent très écolo souffler depuis des mois sur la pêche. David Milly, directeur de l'OP Cap Sud (Organisation des producteurs). Le vrai ministère de tutelle aujourd'hui c'est l'Environnement, et il suit les écologistes les plus intransigeants. La question

Saint-Jean-de-Luz : Premier port thonier de France en 1959 (Sud-Ouest)
Inutile de rappeler que la pêche traditionnelle au thon rouge fut l'image même du port de Saint-Jean-de- Luz-Ciboure, le premier thonier de France en 1959, bien avant que la Méditerranée ne s'y mette et ne soit soit pillée.
Cette pêche est jugée absolument vitale pour les pêcheurs basques du sud, notamment à Fontarabie où l'on pratique la pêche traditionnelle…..

Thon : une position équilibrée (Midi Libre)
Le Ministre de la Pêche Bruno Le Maire a jugé, hier, que la position de la France en faveur d'une interdiction du commerce international du thon rouge était « équilibrée » , garantissant à la fois la survie des thons tout en prenant en compte les intérêts des pêcheurs. « On a pris une décision équilibrée, a insisté M. le Maire, interrogé sur France Info, qui permet de garantir le renouvellement de la ressource en thon rouge ( ... ) tout en tenant compte des contraintes économiques et sociales des pêcheurs » .
Le ministre a rappelé que la position française était assortie de « garanties » et de « conditions » pour les pêcheurs. Il s'agit d'attendre 18 mois et notamment « l'évaluation scientifique » du stock de thon rouge qui sera connue en octobre 2010, de pouvoir « maintenir la pêche côtière » (10 % des quotas de pêche mais très pourvoyeuse d'emploi et d'activité), et d'obtenir un « accompagnement financier de la Commission européenne pour tous les pêcheurs-senneurs qui seraient obligés de renoncer à leur activité » . Si les scientifiques nous disent, en octobre 2010, « le thon rouge a une ressource suffisante, le stock de poisson s'est renouvelé, et nous n'avons pas d'inquiétudes sur la garantie de ressource en thon rouge, il faudra en tirer toutes les conséquences sur les décisions que nous aurons à prendre ».

Le 5 février 2010 : Le palangrier de l'Île d'Yeu

Ile d’Yeu - Les pêcheurs défendent l’accès au thon rouge (Ouest France)
L’été dernier, le palangrier de l’Ile d’Yeu « Le Mammouth » a démontré que la pêche au thon rouge pouvait être très sélective à l’hameçon.
La pêcherie de thon rouge a considérablement diminué depuis cinq ans. Mais elle apporte un complément non négligeable pour les armements à la pêche. Les Vendéens défendent le caractère artisanal de leurs techniques et veulent continuer à pêcher pour le marché intérieur. Mercredi, le gouvernement s’est positionné pour le soutien de l’interdiction du commerce international de l’espèce.

Le 23 février 2010 : Tout le monde est du côté des artisans ?

Pêche du thon rouge
Assemblée nationale - XIIIe législature - Session ordinaire de 2009-2010
Compte rendu intégral - Deuxième séance du mardi 23 février 2010

M. le président. La parole est à M. Étienne Mourrut, pour le groupe de l’Union pour un mouvement populaire.

M. Étienne Mourrut. Monsieur le ministre de l’agriculture et de la pêche, j’attire votre attention sur le soutien que la France a apporté à la proposition de la Principauté de Monaco d’interdire la pêche et le commerce international du thon rouge.

La position prise par la France en faveur de l’inscription du thon rouge à l’annexe I de la convention de l’ONU sur le commerce international des espèces menacées d’extinction – CITES – doit être tranchée à Doha du 13 au 25 mars prochain. Cette décision dont le principal objectif est de protéger cette espèce et d’éviter son extinction met cependant à mal tous les navires et les marins embarqués qui pratiquent cette pêche.

Député d’une circonscription maritime et maire d’une ville qui compte un port de pêche sur la façade méditerranéenne, je tenais à affirmer mon soutien inconditionnel à la pêche artisanale du thon rouge pratiquée sur nos côtes depuis la nuit des temps comme sur la côte basque et qui n’a aucune incidence sur l’épuisement des stocks de l’espèce.

Je comprends et je partage l’inquiétude et le désarroi des professionnels et des marins qui travaillent sur les thoniers senneurs. Après avoir été largement soutenus par les instances régionales, nationales et européennes, ils devront recevoir un accompagnement économique.

Monsieur le ministre, pouvez-vous réaffirmer votre soutien à la pêche artisanale en définissant une nouvelle zone de pêche, mais aussi une nouvelle zone de vente sur le marché communautaire ?

Pourriez-vous également nous indiquer quels accompagnements et modes de restructuration vous prévoyez de mettre en place pour les professionnels de cette pêche, sachant que vous devrez préserver l’équilibre de l’effort de pêche que nos professionnels ont eu tant de mal à trouver en Méditerranée ? (Applaudissements sur les bancs du groupe UMP.)

M. le président. La parole est à M. Bruno Le Maire, ministre de l'alimentation, de l'agriculture et de la pêche.

M. Bruno Le Maire, ministre de l'alimentation, de l'agriculture et de la pêche.

Avec Jean-louis Borloo, nous avons défendu auprès de la Commission européenne et des autres États européens l’inscription du thon rouge à l’annexe I de la CITES, c’est-à-dire l’interdiction de toute commercialisation de ce poisson. Je me réjouis que la Commission européenne ait annoncé hier qu’elle allait suivre cette recommandation. Nous avons assorti cette proposition de trois conditions très claires, qui ne sont pas encore remplies. Nous allons poursuivre les discussions avec l’Union européenne de façon à ce qu’elles le soient dans les meilleurs délais possibles.

Première condition, c’est un avis scientifique sérieux et incontestable que Jean-Louis Borloo et moi-même attendons de la commission scientifique de la CICTA, qui doit se prononcer en octobre prochain. Cela fournira une base scientifique incontestable pour asseoir notre décision et la rendre légitime auprès des pêcheurs.

Deuxième condition essentielle, nous avons besoin d’un engagement financier de la Commission pour aider à la reconversion des senneurs. Aucun engagement financier n’a pour l’instant été pris. On nous dit de nous appuyer uniquement sur le fonds européen de la pêche mais celui-ci est déjà entièrement engagé.

Troisième condition, à laquelle Jean-louis Borloo et Chantal Jouanno étaient particulièrement attachés : préserver la pêche artisanale. Vous le savez, car nous avons eu l’occasion d’en parler à plusieurs reprises, notamment avec Robert Lecou ou Daniel Poulou, je suis fermement déterminé à me battre pour le maintien d’une pêche artisanale qui représente à peine 10 % des quotas mais beaucoup d’emplois, beaucoup d’activité artisanale dans les ports de pêche, aussi bien en Méditerranée, chez vous, qu’au pays basque, en particulier à Saint-Jean-de-Luz.

La proposition de la Commission est d’autoriser la pêche artisanale dans la seule zone de souveraineté nationale, ce qui est insuffisant. Nous voulons que la pêche artisanale soit autorisée dans la zone économique exclusive. (Applaudissements sur les bancs du groupe UMP.)

Le 6 mars 2010 : Le scientifique prend la parole

Pêche : « Le thon, ce n'est pas le panda, il ne disparaîtra pas » (Midi Libre)
Jean-Marc Fromentin est l'un des experts mondiaux du thon rouge. Délégué de l'Union européenne au comité scientifique de la Commission pour la conservation des thonidés (Cicta), il a toujours préconisé un renforcement des restrictions de pêche, au grand dam des thoniers qui en ont fait leur bête noire. L'homme s'exprime rarement mais à quelques jours de l'assemblée générale au Qatar de la Cites (l'organisation de l'ONU pour la protection des espèces en danger) qui pourrait interdire la commercialisation du thon, ce chercheur de l'Ifremer-Sète, parle. Entre jusqu'au-boutisme des ONG écologistes et activisme du lobby de la pêche, son propos remet les pendules à l'heure….

Thon rouge: l'UE penche en faveur d'une interdiction de la pêche industrielle au thon rouge (Midi libre)
Les pays de l'Union européenne sont proches d'un accord visant à demander l'interdiction de la pêche industrielle au thon rouge au niveau international pour protéger cette espèce très appréciée des Japonais pour les sushis, a indiqué vendredi soir une source diplomatique.
"Une très, très grande majorité des Etats membres de l'UE sont en faveur" d'une telle solution, qui permettrait à la pêche dite artisanale de se poursuivre, a indiqué cette source, à l'issue d'une réunion sur le sujet des représentants des 27 pays de l'UE à Bruxelles.

Le 17 mars 2010 : 2 jours avant la réunion de la Cites à Doha (Qatar)

Anciens thonailleurs, reconvertis dans la ligne et la palangre après l’interdiction de leurs filets, les petits pêcheurs méditerranéens de thon rouge ne veulent pas payer pour la surpêche et la pêche illicite des thoniers-senneurs et s’interrogent sur les réelles intentions du ministère quant à l’avenir de la pêche artisanale.

Les petits pêcheurs méditerranéens de thon rouge expriment leur "ras-le-bol"
Les petits pêcheurs de thon rouge des environs de Marseille ont dit mercredi leur "ras-le-bol" face à la faiblesse du quota qui leur a été attribué pour 2010, s'interrogeant sur les "réelles intentions" du ministère quant à l'avenir de la pêche artisanale.

"Une fois de plus, l'arrêté de répartition des quotas ne correspond pas à la politique affichée par le gouvernement ni aux demandes de certaines ONG: promouvoir la pêche artisanale", dénonce la coordination des pêcheurs de l'étang de Berre et de la région dans un communiqué.

"Malgré nos protestations depuis plus d'un an, nous allons devoir comme l'an passé rembourser le dépassement de quota de 2007 des thoniers senneurs (gros navires spécialisés qui pratiquent une pêche industrielle, NDLR), soit 22 tonnes en moins pour les ligneurs et palangriers en Méditerranée sur le quota 2010 qui viennent s'ajouter aux 10 tonnes de 2009", souligne le syndicat qui demande la restitution de ces 32 tonnes.

Au total, les 70 bateaux de la coordination se partagent 98 tonnes de quota sur les 300 tonnes attribués aux pêcheurs artisanaux d'Atlantique et Méditerranée, tandis que les 28 thoniers senneurs disposent de 1.700 tonnes. La décision gouvernementale vise "soi-disant à répondre à des critères socio-économiques, comme si, depuis plusieurs années la réduction drastique des quotas ne s'appliquait qu'aux seuls thoniers senneurs". Or "tout le secteur subit des difficultés économiques", estiment les anciens "thonailleurs" qui ont dû se reconvertir, "sans aucune aide publique ni technique", dans la pêche à la ligne et à la palangre après l'interdiction de leur filet (la "thonaille") par l'UE depuis 2002.

La France s'est prononcée début février en faveur d'une interdiction du commerce international du thon rouge, menacé par la surpêche, sous condition d'un sursis de 18 mois pour négocier à Bruxelles des dérogations pour la pêche artisanale (180 bateaux pour 10% des prises).....

20 Mars 2010 : Cites pas d'interdiction pour la commercialisation

Thon rouge : Les enseignements de Doha (Cites)

Le Japon n’est plus depuis longtemps la première puissance de pêche mondiale, mais le pays défend et sécurise coûte que coûte son approvisionnement en produits de la mer. N’est-il pas le premier marché halieutique dans le monde ?

Rien n’était joué… Avant la réunion de la Cites à Doha, les japonais étaient dans le doute et beaucoup avaient misé sur l’interdiction du commerce international du thon rouge de Méditerranée et de l’Atlantique Est. A la bourse de Tokyo, les actions des sociétés impliquées dans le thon ont monté jusqu’à la réunion de Doha puis elles ont chuté après le rejet de l'interdiction du commerce international de thon rouge.

Avant Doha... Les actions des entreprises de pêche ont progressé après l'accord annoncé par l'Union Européen sur l'interdiction de la pêche du thon rouge (espèce menacée), selon journal économique Nikkei. Les entreprises favorisées par cette nouvelle sont notamment les producteurs de poissons d'élevage : Tohto Suisan a grimpé en flèche de 9,9% à 167 yens, tandis que Hayashikane Sangyo a progressé de 4,6% à 138 yens. Nitto Seimo Co spécialisé dans l'élevage de thon a gagné 5,7% à 111 yens tandis que Maruha Nichiro Holdings éleveur de thon rouge, a gagné 1,6% à 131 yens. Source : La Bourse de Tokyo s'affiche en hausse (La Tribune)

Le lendemain de la votation, Hayashikane Sangyo a perdu 8,21%. Source : La Bourse de Tokyo finit en hausse de 0,75% (Le Point)

De Récife à Paris, en passant par Doha, les experts du thon rouge poursuivent leur migration… Ils voyagent après ce grand migrateur.....

Certains spécialistes pensaient que l’interdiction du commerce international du Thon rouge aurait des répercussions sur l’ensemble des thonidés. « L’industrie thonière aura de nouveaux défis à affronter ces prochains mois: les conserveries de thon s’attendent à ce qu’une décision de lister le thon rouge à l’annexe 1 de la CITES (proposition qui sera discutée lors de la réunion de la CITES de Mars 2010) ait des répercussions sur la consommation générale de thon en conserve. Le consommateur moyen ne reconnaît pas les différentes espèces de thon, ni la situation des différents stocks, et une action visant à préserver une espèce sera vue comme applicable à toutes. » Source : Nouveaux défis pour les marchés européens du thon (Agritrade)

Peut-on encore manger du thon ? (et si oui lequel ?) (Terra Eco) - Pratique - Le sort du thon rouge est depuis ce week-end entre les mains des pays membres de la CITES, qui discutent d'une interdiction de son commerce international. Mais les autres espèces sont-elles à l'abri de notre appétit vorace ?
Vu de l’Hexagone, le feuilleton du thon rouge est surtout une affaire de pêcheurs. Le poisson ne fait en effet pas exactement partie de notre menu typique, et la diminution du stock s’expliquerait plutôt par la gourmandise des Japonais, qui voient dans sa chair la Roll’s des sushis. De quoi donner une bonne conscience au consommateur français. Sauf qu’il engloutit 215 860 tonnes de thon en moyenne par an, en majorité sous forme de conserves, ce qui en fait le premier produit de la mer dans notre assiette. En se focalisant sur le thon rouge, rebaptisé "panda des mers", ne perd-on pas de vue les risques que courent les autres espèces ? Pas simple d’y répondre….

Arrêté du 28 janvier 2010 établissant les modalités de répartition du quota de thon rouge (Thunnus thynnus) de l'océan Atlantique à l'est de la longitude 45° O et la Méditerranée accordé à la France pour l'année 2010

Art. 1 :
Le quota de thon rouge (Thunnus thynnus) de l'océan Atlantique à l'est de la longitude 45° O et la Méditerranée alloué à la France par le règlement (CE) du Conseil, établissant pour 2010 les possibilités de pêche et les conditions associées pour certains stocks halieutiques et groupes de stocks halieutiques, applicables dans les eaux communautaires et, pour les navires communautaires, dans les eaux soumises à des limitations de captures, est réparti, pour l'année 2010, dans les proportions suivantes :
89 % du quota français sont répartis entre les navires immatriculés en mer Méditerranée selon les modalités décrites à l'article 2, soit 1 800 tonnes ;
10 % du quota français sont répartis entre les navires immatriculés en Atlantique selon les modalités décrites à l'article 3, soit 202 tonnes ;
1 % du quota français est réparti de façon collective entre les navires immatriculés en mer Méditerranée et en Atlantique dans le cadre de la pêche sportive et récréative, soit 20 tonnes.
textes.droit.org/JORF/2010/02/10/0034/0040/

Le 24 mars 2010

Thon rouge, une réaction des scientifiques (Libération)
Le refus des pays membres de la CITES (Convention sur le commerce des espèces sauvages menacées) d'interdire le commerce international du Thon rouge a suscité une réaction de l' Association Française d'Halieumétrie (AFH). Dans une note précédente, j'avais attiré l'attention sur la confusion jetée sur ce problème par des informations non vérifiées parues dans la presse.

Les halieutes sont les spécialistes es-stocks de poissons. L'intérêt de cette association savante est de permettre une expression totalement libre des scientifiques. Alors que les halieutes de l'Ifremer, par exemple, lorsqu'ils sont en mission pour le compte de l'Etat français dans des structures de l'Union Européenne, doivent défendre un point de vue agréé par le gouvernement. Conscient d'éventuelles contradictions entre leur expertise et cette mission, l'ex-PDG de l'Ifremer, Jean-François Minster, avait fait rédiger une charte de l'expertise qui stipulait bien qu'en ce cas l'expert était porteur d'une parole gouvernementale et non d'une parole strictement scientifique.Voici leur texte.«La conférence de Doha vient d’écrire une nouvelle page, dans la déjà longue et souvent triste histoire du thon rouge de l’Atlantique. En cette occasion, l’Association Française des chercheurs en Halieutique souhaite rappeler plusieurs éléments.

La demande d’inscription du thon rouge sur l’annexe 1 de la Cites ne résultait pas de l’expertise scientifique. D’une manière constante depuis plusieurs années, les chercheurs impliqués dans l’évaluation du stock répètent que ce stock se porte mal, que des mesures très sérieuses de régulation de la pêche doivent être prises, mais que l’espèce en tant que telle n’est pas aujourd’hui menacée d’extinction. Ce point de vue a par exemple été rappelé par la dernière réunion plénière du Conseil Scientifique Technique et Economique des Pêches de l’Union Européenne. Face à l’inertie des décideurs politiques, on peut comprendre que des ONGs écologistes aient tenté de recourir à l’arme absolue de l’interdiction du commerce international et donc de la pêche elle-même. Dans le même temps, cette demande comportait un risque réel de décrédibilisation des outils mis en place par la communauté internationale pour préserver les espèces en danger réel de disparition. Le thon rouge de l’Atlantique n’est pas le tigre du Bengale et nos travaux montrent qu’il est possible à moyen terme de concilier des objectifs de durabilité écologique et d’exploitation économiquement....

Le 12 avril 2010

Thon : défendre la pêche artisanale en novembre (Sud-Ouest)
Après les négociations de Doha, les pêcheurs luziens espèrent que l'évaluation scientifique de la ressource permettra d'ouvrir davantage les quotas pour la campagne 2011.
Le combat pour sauver la pêche artisanale au thon rouge n'est pas fini. photo patrick bernière
Les professionnels luziens se doutaient un peu que la Convention sur le commerce international des espèces menacées (Cites) n'inscrirait pas le thon rouge à l'annexe 1, c'est-à-dire qu'elle n'interdirait pas totalement sa commercialisation, mais ils pensaient que la vente du thon rouge (et donc sa pêche) serait étroitement encadrée au sein de l'annexe 2. Finalement, la conférence de Doha a refusé de suspendre les exportations, suivant la proposition martelée, notamment, par le Japon.
La balle est désormais dans le camp de l'ICCAT (commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique) qui statuera sur le sort du thon rouge en novembre à… Paris !

Est-il bon d'interdire le thon ? (Sciences et avenir)
Alors que les Etats-Unis et l Europe se prononcent pour l interdiction du commerce international du thon rouge, les scientifiques jugent cette mesure inadéquate, privilégiant une pêche « durable » avec des quotas réduits.
Agrandir la fonte Rétrécir la fonte
« Le thon rouge n'est pas le panda des mers ! », s'agace Alain Fonteneau, de l'Institut de recherche pour le développement (IRD), las de l'alarmisme ambiant sur la disparition présumée de l'espèce. Sous la pression des ONG, l'Europe et les Etats-Unis se sont prononcés pour l'interdiction du commerce international de Thunnus thynnus (lire p. 76), une mesure qui pourrait entrer en vigueur en mai 2011. Une décision excessive selon les chercheurs, qui plaidaient pour une gestion raisonnée des captures. « L'homme aurait du mal à éradiquer le thon rouge comme il l'a fait pour des animaux terrestres tels le dodo de l'île Maurice. L'océan est vaste et profond », poursuit Alain Fonteneau. « Une seule femelle mature peut pondre des dizaines de millions d'oeufs. On ne pourra jamais traquer jusqu'à la dernière larve », renchérit Jean Marc Fromentin, de l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer).....

Le 14 avril 2010

Le magazine Diplomatie a consacré deux articles sur le thon rouge.

Avant la Conférence de la Cites à Doha du 13 au 25 mars 2010 : Le thon rouge de Méditerranée. L’occasion pour l’Europe d’exercer sa diplomatie ? (Magazine Diplomatie)
Tandis que les ONG de préservation de la nature mènent une campagne active auprès des 175 États signataires de la Convention, les pays européens et méditerranéens sont loin de faire front commun.

Après la conférence : Le thon rouge de Méditerranée – Fin de partie (Magazine Diplomatie)
..... Elle démontre si besoin était que la Méditerranée constitue une zone de fracture plus que de conscience d’un avenir commun – la rive Sud ayant voté contre la proposition monégasque d’interdire la pêche au thon rouge dans le cadre de la CITES......

Le 30 avril 2010

Fréjus/Saint Raphaël : Gendarmerie maritime : 384 bateaux sanctionnés en 2009 (Var matin)
Ces gendarmes-là, vous ne les trouverez pas dans les campagnes, aux abords des ronds-points ou des péages d'autoroute car leur terrain, c'est la grande bleue. Et la tâche est vaste. La brigade de gendarmerie maritime de Saint-Raphaël (un effectif total de 8 sous-officiers), dont la principale mission est la surveillance en mer, couvre en effet une zone s'étendant de la frontière italienne à Fos-sur-Mer, soit 50 ports de plaisance et 50 000 anneaux. « Nous travaillons souvent en trinôme avec les vedettes Vésubie de Nice et l'Huveaune de Marseille. Mais notre action propre reste surtout concentrée sur la zone Antibes-Port-Cros », précise l'adjudant-chef Gille Baccot, qui commande la brigade raphaëloise et la vedette « Argens ».

En 2009, l'équipage de cette dernière a contrôlé 788 bateaux, établi 341 procédures, et relevé 384 contraventions et délits dont 277 concernent des faits liés à la navigation et à la sécurité. A noter qu'en la matière, une contravention n'est pas signalée par un timbre-amende mais par une convocation au tribunal de police. Les sommes dues sont, en outre, plus élevées que pour une voiture….

Surveiller la pêche au thon rouge
Si l'attention de la vedette « Argens » se porte principalement sur les plaisanciers, beaucoup plus nombreux dans la région que les pêcheurs professionnels, la pêche demeure un poste incontournable dans sa mission. Un seul thonier est installé sur Saint-Raphaël, mais « avec les évolutions de la législation sur la pêche au thon rouge il va falloir être vigilants. A terme, normalement, les plaisanciers n'auront le droit de pêcher, à chaque sortie en mer, qu'un thon de 30 kg minimum, suivant des quotas », explique l'adjudant-chef. Reste que le thon n'est pas la seule espèce protégée, donc à surveiller. Treize contraventions ont concerné en 2009 des anomalies liées à cette activité. T. R.

Le 11 mai 2010 : A Sète, la campagne s'ouvre le 15 mai et à Tokyo le marché aux poissons réouvre ses portes aux touristes

A Tokyo, le plus grand marché au poisson au monde rouvre aux touristes (Aujourd’hui le Japon)
Après deux années passées sans avoir vu l'ombre d'un visiteur, le plus célèbre marché au thon du monde, rouvre ses portes aux touristes étrangers.
Cette décision prise par la ville de Tokyo s'accompagne cependant de strictes restrictions. Après délibérés entre les différentes parties, les autorités locales sont parvenues à aboutir à un compromis : le quota de visiteurs est à présent fixé à 140, la capacité d'accueil normale étant déjà de 70…..

Sète. Les thoniers de Méditerranée réduits à la pêche minimum (La dépêche)
C'est la plus petite flottille de l'histoire de la pêche nationale française qui s'apprête à quitter les ports de Méditerranée pour la plus courte campagne de thon rouge. Dix-sept bateaux, ultramodernes ont demandé et obtenu de la commission ICCAT, le permis de pêche spécial qui leur permettra de sillonner et de prélever des thons entre le 15 mai minuit et le 15 juin. Dans les heures qui viennent, ils quitteront les ports de Sète, Agde et Marseille. Ils ont trente jours pour atteindre le quota national réduit à 1 700 tonnes, soit la possibilité théorique de pêcher 100 tonnes par équipage. « Pendant cette courte période il faut faire avec le mauvais temps et le vent. La pêche du thon est un exercice de beau temps et de mer calme. Ces mesures de réduction sont destructives. Et pourtant le thon est bien présent, partout, au large » estime Jean Marie Avallone, patron d'armement sétois qui s'apprête à lancer trois de ses bateaux dans cette petite bataille de Méditerranée, sous le contrôle intégral de l'ICCAT. La Commission internationale de protection des thonidés basée à Madrid, donne les autorisations de pêche avec embarquement d'un contrôleur dans chacun des bateaux pour avoir l'œil sur toutes les manœuvres, notamment les débarquements de poissons. «Je me demande si cette rigueur ne va pas faire le jeu des pêcheurs illégaux non communautaires jamais contrôlés en Méditerranée » estime Henri Carré du Comité national des Pêches…..

Thon Les pêcheurs méditerranéens partent en campagne… médiatique (Midi Libre)
Ramenée à un mois, la traque du thon rouge débute ce samedi
Le soleil est avec eux. Ils espèrent que l’opinion publique le sera. C’est ce qu’a expliqué hier lors d’un point presse unitaire le Sétois Jean-François Florès, vice-président du syndicat des thoniers de Méditerranée et porte voix du président Mourad Kahoul, absent : « Nous savons préserver la nature depuis très longtemps. »
Entre un thonier et le Crédit maritime, la banque des pêcheurs, la contre-offensive s’est déroulée symboliquement sur un quai sétois en présence de plusieurs représentants professionnels. Cette année, in extremis, les thoniers français pourront aller pêcher "l’or rouge".
L’interdiction de commercialiser thunnus thynnus a été rejetée en mars à Doha. Les Japonais
pourront encore s’en régaler, au grand dam de nombreuses organisations écologistes considérant l’espèce menacée de surexploitation. Et ce même si la campagne, qui débute le 15 mai, est limitée à un mois. Quant aux quantités de poissons, elles ont fondu.
Directeur de l’organisation de producteurs Sa. Tho. An (sardines, thon, anchois) Bertrand Wendling a précisé : « Un seul mois de mer, c’est très peu. Surtout que les conditions météo peuvent être très difficiles et il peut y avoir des problèmes mécaniques. Les professionnels sont des gens respectables. Ils suivront les avis des scientifiques qui n’ont pas les mêmes visions alarmistes que les ONG… »
Sète, c’est la moitié du quota national : 1 700 tonnes. Soit 100 tonnes en moyenne par bateau, puisque seulement 17 thoniers sur 30 ont obtenu cette année le feu vert pour jeter filets et sennes en Méditerranée. Dix bateaux se sont arrêtés de pêcher, dont certains seront détruits.
Venu spécialement de Paris, Hubert Carret, directeur général du Comité national des pêches, expliquait vouloir « expliquer ce métier difficile au-delà de la polémique ». Le secteur emploie en Méditerranée 1 500 personnes. Jean-François Florès confiera : « Les méchants pêcheurs de thon, ce n’est pas nous. Nos bateaux sont dûment enregistrés, déclarés, contrôlés… On n’a rien à voir avec d’éventuels "préleveurs" de ressources anonymes. Nous sommes unis et responsables. » Cette année encore, les thoniers, déjà surveillés par satellite (via une balise Argos) embarqueront des "observateurs" qu’ils paieront et devront déclarer quotidiennement leur pêche.

Lamya Essemlali Présidente de Sea Shepherd France
« Lutter contre le braconnage »
Votre association va agir pour la première fois lors de cette campagne de pêche : dans quel but ?
C’est la pêche industrielle dans son ensemble que nous dénonçons. A court terme, nous voulons lutter contre le braconnage. Il n’y a pas de police des mers et en 2007, il a été vendu trois fois plus de thons qu’autorisé par les quotas. A long terme, nous voulons maintenir la pression et rappeler que le thon rouge n’est qu’un exemple. L’espadon aussi est dans une situation critique.

Sète. Pêche : Les thoniers sétois entrent dans l'ère de la communication (Midi Libre)
RAPPEL : Le Comité national des pêches organisait à Sète une conférence de presse censée mettre les choses au clair
Morad Kahoul , le bouillant président du Syndicat des thoniers, « retenu mais représenté », aura un peu manqué au casting.
Mais force est de reconnaître qu'il y avait du lourd, hier après-midi, quai d'Orient. Et que retrouver pêle-mêle sur un quai de Sète le directeur du Comité national des pêches et élevages marins Hubert Carret, le directeur de l'organisation de producteurs sétoise Sa. Tho. An - « 50 % d u quota français » soit 890 tonnes tout de même - Bertrand Wendling, le président du Comité régional des pêches Henri Gronzio, des patrons de tous bords et de toutes envergures (Jean-François Florès, Gérald Lubrano, Généreux Avallone...), c'était du jamais - ou alors très rarement - vu.
D'autant qu'ils étaient presque tout sourire, avec ça, ou en tout cas largement avenants, alors que la perspective d'une campagne 2010 tronquée tant sur la durée que les volumes ne prête pas franchement à la plaisanterie…..
Et c'était bien l'objectif du Comité national des pêches : mettre cartes sur table après des années où, comme le soulignait d'emblée Hubert Carré : « Beaucoup de choses ont été dites, pas tout à fait exactes... » Sur la campagne qui débute samedi, tout aura donc été dit, hier, dans la plus grande transparence (après un petit briefing préparatoire, toutefois) : on sait que 100 % des 17 thoniers senneurs de Méditerranée seront soumis au contrôle d'un observateur Iccat (commission internationale pour la conservation des thonidés), que ce contrôle est à leur charge, que la campagne durera un mois, pas moins, pas plus (même si la météo n'est pas de la partie), que le quota global est de 1 699 tonnes, que les bateaux seront suivis par balises Argos, que la "menace" de Paul Watson et de son organisation Sea Shepherd « est la bienvenue puisqu'elle menace la pêche illégale, qui ne nous concerne pas »... Et que dans ces conditions, il sera difficile, pour les armements, de gagner leur vie. Allez, le dernier mot à l'incontournable Jean-Marie Avallone : « On contrôle, on est clair. Il était temps de siffler la fin de la partie. »

Sète. Effet pervers (Midi Libre)
Effet pervers On n'est, dit-on, jamais mieux servi que par soi-même. Y compris en terme de communication. Ça, les ONG l'ont bien compris quand elles ont placé dans leur champ de tir la pêche thonière. Et la communication, ça les connaît. Avec des effets louables - espère-t-on - pour lutter par exemple contre les baleiniers nippons et autres détrousseurs de requins. Mais quels ont été les effets de la surmédiatisation de la pêche au thon rouge, orchestrée par les mêmes ONG ? Une inscription au rang des espèces protégées ? Non. Un bannissement des navires, turcs par exemple, qui puisent allégrement dans les stocks sans contrôle ? Pas encore. Non, l'action des ONG a dans un premier temps eu des répercussions sur les flottilles contrôlables, dont les thoniers sétois. Avec un côté positif : faire reconnaître aux patrons thoniers qu'ils étaient allés un peu loin, en 2003, quand régnait « une certaine anarchie », et des sanctions immédiates. Mais aussi des effets pervers qui ont fait que des mois durant, tout pêcheur de thon a été considéré comme un pilleur de planète. Hier, en prenant la parole face aux journalistes, représentants professionnels et patrons ont fait un grand pas : ils ne laisseront plus personne parler de leur métier à leur place

Sète. Généreux Avallone : « Il était impératif de communiquer » (Midi Libre)
A 46 ans, Généreux Avallone porte sur les épaules, au-delà des responsabilités liées à la viabilité de ses trois bateaux - français - qui partiront en campagne samedi, la pérennité d'une aventure familiale engagée par son grand-père dans les années 1950, poursuivie par son père et son oncle. Cette année, il ne sait encore si ses bateaux se dirigeront vers Malte ou Les Baléares pour tenter de pêcher, « si la météo est avec nous », les 440 tonnes de thon qui leur sont attribuées. Il sait seulement que c'est ce qu'il faudra "sortir" de la mer pour être viable avec un thon « qui, apparemment, serait acheté entre 4 et 6 € le kilo ».

Sète. Éric Valentin : « Un savoir-faire sétois... » (Midi Libre)
Matelot sur un thonier à l'âge de 17 ans, commandant à 21, Éric Valentin a 25 ans de mer derrière lui. Ce qui le mine dans cette affaire ? C'est le gâchis : « Ce savoir-faire sétois, expérimenté dès les années 1950, qu'on ne met plus en pratique ; le matériel, qui ne tourne pas assez et sur lequel on déplore, du coup, de la casse, puis enfin ces matelots qui, à défaut de pouvoir gagner leur vie au thon (le mois de mer n'y suffira pas), vont travaille r à droite et à gauche

Sète. Jean-Gérald Lubrano : « C'est un tel gaspillage... » (Midi Libre)
Jean-Gérald Lubrano : « C'est un tel gaspillage... » Jean-Gérald Lubrano est dans la pêche au thon depuis l'âge de 20 ans. A 29 ans, le Balarucois est le patron, avec son frère, du Ville d'Arzew II, navire acheté à La Ciotat. Il partira samedi pour "réaliser" un quota de 62 tonnes à peine.Ce jeune patron déplore les répercussions sociales d'une campagne d'un mois sur les matelots, « qui deviennent de petits saisonniers et n'ont pas accès à une couverture sociale », mais aussi le fait que « nos bateaux sont restés 11 mois à quai alors que nous avons justement été subventionnés il y a quelques années pour renouveler notre flottille, permettre une pêche dans d'excellentes conditions sanitaires et de sécurité. Aujourd'hui, on envoie à la casse des bateaux fabriqués en 2005 ! »C'est donc « le gaspillage »,

Sète. Pêche au thon : Cartes sur table aujourd'hui quai d'Orient (Midi Libre)
RAPPEL : A 4 jours du début de la campagne de pêche au thon, comité des pêches et professionnels proposent un recadrage
Le temps d'une conférence de presse, Sète sera, cet-après-midi, au centre du monde. Du monde de la pêche, s'entend.
C'est en effet le premier port thonier de Méditerranée que le président du Comité national des pêches Pierre-Georges Dachicourt et les représentants de la profession ont choisi afin de remettre les pendules à l'heure à quelques jours seulement d'une campagne de pêche au thon dont on sait qu'elle sera aussi limitée dans le temps (un mois) que dans les volumes de prises (les quotas) accordés aux armements français (*). Aussi la conférence de presse programmée devant le siège du Crédit Maritime, quai d'Orient, cet après-midi à 14 h 30, a-t-elle pour principal objectif de séparer le grain de l'ivraie. Autrement dit d'expliquer à la presse nationale, régionale, locale que « si le Comité des pêches fait bloc avec la profession pour éradiquer la pêche illégale », la campagne - encadrée - dans laquelle se lanceront samedi 17 thoniers méditerranéens, dont 11 immatriculés dans le quartier de Sète, n'est pas un danger pour la survie de l'espèce, répondant en tout cas aux préconisations de l'Iccat (commission internationale pour la conservation des thonidés).

La Marine en campagne de contrôle de la pêche au thon rouge (Franceactunet)
L’aviso Commandant Bouan et le patrouilleur de service public Arago participent actuellement à la campagne de contrôle de la pêche au thon rouge dans le canal de Sicile. Ce dispositif est complété par un avion de surveillance maritime Falcon 50 .
Le contrôle de la pêche au thon rouge est coordonné par les Affaires maritimes. Les inspecteurs des affaires maritimes sont embarqués sur le Commandant Bouan puis sur l’Arago. Les moyens hauturiers et aériens de la marine nationale permettent de contrôler les senneurs français et européens présents sur zone.
La pêche au thon revêt un aspect particulier. Une fois le banc de thon repéré, il est encerclé par la senne. Le thon ainsi capturé reste dans la senne jusqu’à l’arrivée d’un remorqueur tractant une cage sous-marine. Une fois le transfert des thons de la senne à la cage réalisé, la cage est tractée vers les fermes d’élevage. Les contrôles sont réalisés au moment du transfert du banc vers la cage car ils permettent de s’assurer du respect des quotas.
Ces contrôles, d’une pêche très sensible ouverte un mois dans l’année, garantissent une pêche responsable et en accord avec la réglementation.

13 mai 2010

Début de la pêche au thon rouge samedi, sous haute surveillance (AFP)
La campagne de pêche au thon rouge en Méditerranée qui ouvre samedi pour un mois se fera "dans un cadre de mesures strictes de limitations et de contrôle", a affirmé mercredi le ministère de la Pêche dans un communiqué.
Alors que le thon rouge se fait plus rare, la campagne a été limitée à un mois, au maximum, contre deux en 2009 et les 17 thoniers senneurs français (contre 28 l'an passé) ne pourront pas pêcher plus de 1.700 tonnes de "Thunnus Thynnus" (2.000 tonnes tous bateaux confondus contre 3.017 en 2009).
Chaque navire dispose d'un quota individuel qui sera surveillé par un "observateur indépendant" présent à bord.

Trois thoniers retardés par Greenpeace à Frontignan (Le Télégramme)
Des militants de Greenpeace ont bloqué provisoirement hier, dans le port de Frontignan (Hérault), trois thoniers senneurs qui s'apprêtaient à prendre la mer pour la campagne de thon rouge. Les militants, au nombre de 14 selon Greenpeace, ont pris place sur trois canoës et un canot pneumatique pour empêcher le départ des trois navires. Ils ont aussi entouré ces bateaux de lignes flottantes ancrées dans le port. Les militants ont également déployé une bannière sur laquelle était écrit: «Thon rouge, liquidation totale avant fermeture». «On demande qu'il y ait un moratoire sur la pêche au thon rouge en France», a indiqué de son côté le chargé de campagne Océans chez Greenpeace, Emmanuel Buovolo.
«Profession réglementée»
«On marche sur la tête, a déploré Jean-Marie Avallone, patron de l'armement sétois éponyme auxquels appartiennent les trois bateaux bloqués….

Algérie: strictes modalités pour la pêche au thon rouge (AFP)
L'Algérie a interdit à tout navire battant pavillon national de s'associer avec des opérateurs étrangers durant la prochaine campagne de pêche de thon rouge dans sa zone exclusive, dans un décret ministériel paru mercredi au Journal officiel.
"Les opérations de pêche conjointes au thon rouge avec des navires battant pavillon étranger dans les eaux sous juridiction nationale sont interdites", précise le décret du ministère de la Pêche.
Le décret prévoit la présence de deux contrôleurs à bord de chaque navire, tous les thoniers "autorisés ainsi que les remorqueurs" devant en outre être "équipés d'une balise de détection" afin d'assurer le suivi de cette pêche.
Les deux contrôleurs représenteront l'administration chargée des pêches et les gardes-côtes qui recevront aussi des rapports des capitaines des thoniers pour chaque capture avec sa localisation précise….

Frontignan - Grain de sel de Greenpeace sur le thon (Midi Libre)
Les thoniers sétois comptaient pouvoir se lancer assez sereinement dans la campagne 2010, qui ne durera qu’un mois. C’est raté. Hier, un commando d’une dizaine d’hommes de l’organisation Greenpeace est venu retarder le départ vers Malte de trois thoniers sétois de l’armement Avallone.
Vers 9 h, les choses paraissaient assez mal engagées pour les navires prêts à appareiller et la quarantaine de matelots à bord, d’autant que les prévisions météo pour la fin de semaine (annonçant une dégradation) imposaient aux thoniers senneurs de prendre la mer au plus vite.
La conférence de presse organisée en début de semaine à même les quais sétois par le Comité national des pêches et les patrons thoniers n’a donc pas eu l’effet escompté. Pas sur l’organisation Greenpeace en tout cas…..

Le 14 mai 2010 : Ouverture sous tension

Cannes : Greenpeace met en scène samedi un "cimetière de thons rouges" (Webtimemedias)
Le Festival de Cannes offre une formidable vitrine planétaire pour toutes les actions de protestation ou de sensibilisation. L'association Greenpeace, qui a déjà monté cette année sur la Côte d'Azur plusieurs actions contre l'extraction des sables bitumeux ou contre le nucléaire a choisi d'utiliser la grande tribune du festival pour une sensibilisation au pillage du thon rouge, espèce menacée. Cela pour marquer l'ouverture de la saison de pêche 2010, entre le 15 mai et le 15 juin….

Thon rouge : les pêcheurs de Méditerranée sous tension (Le Figaro)
Pris pour cible par Greenpeace, les bateaux français entament la plus brève campagne de leur histoire.
La flottille française de thoniers-senneurs de Méditerranée s'apprête à mener la campagne la plus réduite de son histoire. À partir de samedi minuit, ils disposeront de trente jours pour prélever au maximum 1 700 tonnes de thon rouge, contre 3 000 tonnes en 2009 et 4 500 tonnes en 2008.
Depuis mercredi, le départ des bateaux, principalement du port de Sète, s'effectue sous tension après le blocus organisé par Greenpeace dans le port de Frontignan (Hérault). «Leur action répond surtout à des préoccupations médiatiques et certainement pas économiques ou environnementales. Les rapports scientifiques écrivent noir sur blanc que la population de thons rouges est en cours de reconstitution. Et, cette année, les armateurs ont consenti un effort considérable pour se glisser dans le cadre strictement légal édicté par la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique (Iccat). Les pêcheurs sont fatigués d'être montrés du doigt comme des exterminateurs et des voleurs», explique Bertrand Wendling, le directeur général de la coopérative de pêche sétoise (Sathoan). Cette année, les pêcheurs de la façade Atlantique Est et de la Méditerranée ne devront pas dépasser les 13 500 tonnes de prélèvement avec égalité de quotas entre l'Espagne, l'Italie et la France.

1 500 familles concernées
Le choix de réduire la flottille en 2010 (17 bateaux, contre 28 en 2009 et 32 en 2008) a été dicté par un double souci de rentabilité et de démonstration de la bonne volonté des pêcheurs. «Chaque bateau pourra donc pêcher 100 tonnes cette année, alors qu'il faudrait un prélèvement de 130 à 140 tonnes pour équilibrer dépenses et amortissements. Ce sacrifice financier est un pari sur l'avenir. Car nous croyons à l'avenir de la pêche au thon rouge», explique Jean-Marie Avallone, armateur sétois historique des thoniers, qui engage seulement trois de ses quatre bateaux fabriqués en France depuis 2002 dans la campagne, avec, à bord, un contrôleur accrédité par l'Iccat.
Pour l'armement Rosine Arthur de Marseille, le sacrifice est encore plus éloquent: un thonier sur quatre pêchera. «Les pêcheurs français de Méditerranée seront placés sous haute surveillance pour cette campagne. En sera-t-il de même pour les navires de pêche illégaux qui vont continuer de prélever sans contrôle, limitation ou quota?» s'agace Henri Carré, du Comité national des pêches. L'enjeu est de taille pour les ports de Méditerranée: «1 500 familles vivent de cette pêche », selon Bertrand Wendling. Cela, malgré la réduction de la «voilure» et les cours du thon qui plafonnent entre 5 et 8 euros le kilo (sorti du bateau).

Du 4 juin au 8 juin 2010 : bataille navale au large des côtes de Malte

Pêche - Entre les thoniers de Sète et Greenpeace, c’est la guerre
La saison de pêche au thon rouge a commencé le 15 mai dernier. Les quotas ont été réduits, la durée de la campagne aussi puisque c’est le 15 juin qu’elle s’achèvera. De quoi mettre à vif les nerfs de pêcheurs quasiment aux abois, des pêcheurs de plus "surveillés" par les militants de Greenpeace. Pas vraiment étonnant alors que des incidents aient éclaté hier au large de Malte, un activiste ayant été grièvement blessé à la jambe. La guerre du thon semble bel et bien déclarée ! Jean-Marie Avallone, l’armateur sétois du Jean Marie Christian VI, le thonier pris pour cible par les écologistes, fait part de son ras-le-bol...
Un militant de Greenpeace a été grièvement blessé hier à la jambe, par un harpon, lors d'une altercation violente avec des pêcheurs au thon rouge près de Malte, a annoncé l'organisation écologiste. Frank Huston, un Britannique, a été évacué vers un hôpital de Malte. « Ses jours ne sont pas en danger, mais il est gravement blessé », a déclaré Isabelle Philippe, de Greenpeace....

Pêche au thon - Bataille navale sous haute surveillance (Midi Libre)
Vendredi au large de Malte, des incidents ont éclaté entre un thonier sétois et l'ONG écolo Greenpeace. Reportage sur le bateau de contrôle de la CEE
Tel un chien dans un jeu de quilles, Greenpeace ne s'est pas fait que des amis, vendredi, dans les eaux de la Méditerranée, entre Malte et la Tunisie. C'est là, au milieu de dizaines de bateaux, que l'agence européenne de pêche (CFCA) traque les infractions pendant la campagne du thon rouge, sur son puissant Jean Charcot , habité par le fantôme de Cousteau mais aussi par une poignée de journalistes européens conviés à suivre les inspections. Et samedi la tension liée aux incidents de la veille est palpable, même si les infos arrivent au compte-goutte. « On ne s'implique pas dans ce problème » évacue l'agence. En off, les paroles ne sont pas tendres pour Greenpeace qui, déjà, ignore leur – réel – travail de contrôle et en plus « a, comme d'habitude, tout fait pour provoquer l'altercation. Sans image, ils n'existent pas » analyse un fin connaisseur européen.

Méditerranée : Greenpeace, les thoniers et la mer... (Midi Libre)
Vendredi au large de Malte, des incidents ont éclaté entre un thonier sétois et l’ONG écolo. Reportage sur le bateau de contrôle de la CEE
Tel un chien dans un jeu de quilles… Greenpeace ne s’est pas fait que des amis, vendredi, dans les eaux de la Méditerranée, entre Malte et la Tunisie. C’est là, au milieu de dizaines de bateaux, que l’agence européenne de pêche (CFCA) traque les infractions pendant la campagne du thon rouge, sur son puissant Jean Charcot, habité par le fantôme de Cousteau mais aussi par une poignée de journalistes européens conviés à suivre les inspections. Et samedi la tension liée aux incidents de la veille est palpable, même si les infos arrivent au compte-goutte.
« On ne s’implique pas dans ce problème » évacue l’agence. En off, les paroles ne sont pas tendres pour Greenpeace qui, déjà, ignore leur – réel – travail de contrôle et en plus « a, comme d’habitude, tout fait pour provoquer l’altercation. Sans image, ils n’existent pas » analyse un fin connaisseur européen.
Les inspecteurs se méfient aussi. Depuis le matin, la petite armada de l’ONG – les deux bateaux Raimbow Warrior et Artic Sunrise et un hélicoptère – pointe le bout de son nez. Ils rôdent. Lorsqu’un thonier sétois se rapproche, l’inspection s’effectue en toute discrétion.
Pas question de communiquer sur les ondes, celà peut attirer ces militants qui sont à l’écoute, surtout s’ils apprennnent que des médias sont là… « Ce sont des pros de la com’» souffle un inspecteur. Le pêcheur héraultais, lui, maudit depuis le début de la campagne, ne veut pas entendre parler de journalistes, exception faite pour Midi Libre.

Les thoniers évoquent une surenchère entre écolos (Midi Libre)
« Ces gens de Greenpeace ont une drôle de conception de l' écologie. Ils agressent ceux qui pêchent dans la légalité mais on ne les voit pas trop dans le golfe du Mexique où des milliers d' espèces de poissons sont menacées par les excès de l' industrie pétrolière » , estime Pierre-Georges Dachicourt , président du Syndicat national des pêches m aritimes et des élevages marins (SNPMEM) .
Le monde de la pêche faisait bloc hier, au lendemain de la "bataille navale" de Malte, rappelant que l es thoniers senneurs sont légalement autorisés à pêcher, suivis avec des balises GPS et avec, chacun à bord un observateur de l' Iccat, l' organisme qui encadre la pêche au thon rouge au niveau international, souligne le Comité.
Les pêcheurs français de thon rouge redoutent de faire les frais d'une surenchère entre organisations écologistes au large de Malte et ont demandé à l' Etat français de garantir leur sécurité. « C'est la course au premier qui fera l'action la plus sensationnelle et ce sont les pêcheurs qui paient le prix fort » , a déclaré Bertrand Wendling, directeur général de la Sathoan , la coopérative des thoniers sétois. Outre Greenpeace qui a mobilisé les navires Rain bow Warrior et Arctic Sunrise pour cette campagne de pêche prévue jusqu' à mi-juin, Sea Shepherd, l' organisation de Paul Watson, a annoncé sa venue en Méditerranée en promettant sur son site « une intervention bien ficelée contre les braconniers du thon rouge » .

Pêche illégale de thon rouge. Sea Sheperd entre dans la bataille (Le Télégramme)
Après Greenpeace, l'organisation écologiste Sea Shepherd lance demain sa campagne contre la pêche illégale du thon rouge, l'opération "Blue rage" ("Rage bleue").
Le Steve Irwin, le bateau de Sea Shepherd, est arrivé hier soir à Malte, dans la zone où s'est produite vendredi l'altercation entre des pêcheurs de thon et Greenpeace.....

Thon rouge: le Comité national des pêches accuse Greenpeace d'aggression (Midi Libre)
Le Comité national des pêches a affirmé samedi que des pêcheurs de thon rouge français avaient été "attaqués" vendredi par des militants de l'organisation écologiste Greenpeace au large de Malte, rejetant les propos de Greenpeace qui évoque une "opération non-violente".

"Les pêcheurs français ont bien été attaqués par les militants de Greenpeace casqués, équipés et engagés dans une action violente : la destruction de l'outil de travail", écrit le Comité national des pêches maritimes et des élevages marins (CNPMEM) dans un communiqué.
"Après avoir tenté par une lecture erronée des données scientifiques en ce qui concerne l'état du stock de thon rouge de faire classer en vain cette espèce comme étant en voie de disparition, voilà que Greenpeace s'arroge le droit d'attaquer les pêcheurs français en pleine mer", ajoute-t-il.....

Thon rouge: affrontement sans précédent entre Greenpeace et des pêcheurs (Midi Libre)
Greenpeace et les pêcheurs de thon rouge ont donné samedi des versions opposées des circonstances de l'affrontement qui a fait un blessé parmi les écologistes vendredi au large de Malte, l'ONG parlant d'"opération non violente" et les pêcheurs d'"attaque de brigands".
Cet incident est sans précédent depuis le début il y a cinq ans des campagnes de Greenpeace contre la pêche au thon rouge, une espèce qui fait les délices des amateurs de sushis.
Un porte-parole du ministère de l'Agriculture et de la Pêche a "déploré les heurts", souhaitant qu'on "laisse la pêche se dérouler dans le cadre légal". Les représentants des pêcheurs ont demandé à l'Etat "d'intervenir pour garantir la sécurité des marins".
Greenpeace devrait pour sa part porter plainte lundi auprès du parquet de Paris pour "coups et blessures et tentatives de coups et blessures".

Thon rouge: le gouvernement français demande que les pêcheurs puissent travailler (Midi libre)
Le gouvernement français "déplore les heurts" et demande que les pêcheurs puissent faire leur travail, a indiqué samedi un porte-parole, au lendemain d'une violente altercation au large de Malte entre des thoniers et des militants de l'organisation écologiste Greenpeace.
"Il faut laisser la pêche se dérouler dans le cadre légal", a déclaré un porte-parole du ministère de l'Agriculture et de la Pêche, à l'AFP.

Thon rouge: le militant de Greenpeace blessé toujours hospitalisé (Midi Libre)
Au lendemain de la violente altercation en Méditerranée entre Greenpeace et des pêcheurs français, le militant écologiste blessé était toujours hospitalisé samedi à Malte tandis que le gouvernement français a appelé à la poursuite de la pêche au thon "dans un cadre légal".
Frank Hewetson, un Britannique de 45 ans, participait à une action de l'organisation écologiste au large de Malte pour empêcher la pêche au thon rouge lorsque cinq à six thoniers sont venus les encercler, a-t-il expliqué à l'AFP.
"Nous étions en train d'essayer d'abaisser des filets avec des sacs de sable pour libérer les poissons, quand les pêcheurs ont lancé un crochet sur notre zodiac. Lorsqu'ils ont tiré sur la corde pour rapprocher notre pneumatique de leur bateau, le crochet s'est planté dans ma jambe gauche, entre l'os et le muscle".
"C'était terriblement douloureux. Les pêcheurs tiraient sur la corde pour rapprocher les bateaux mais j'ai réussi à retirer le crochet. En plus, ils nous ont frappés avec des batons quand nous nous sommes retrouvés côte à côte", a ajouté le Londonien, qui affirme avoir alors craint pour sa vie.

Thon: les pêcheurs français accusent Greenpeace de les mettre "en danger" (AFP)
Le comité national des pêches maritimes (CNPMEM) accuse l'organisation environnementale Greenpeace de mettre "en danger la vie des pêcheurs" qui "pêchent légalement", après un incident opposant lundi l'ONG et des thoniers au large de Malte, le second depuis vendredi.
Le bateau de Greenpeace Arctic Sunrise, "a violemment abordé le remorqueur tunisien Mahdia, venant prendre livraison des thons pêchés par les armements français. Un des marins tunisiens du Mahdia a risqué mourir broyé entre la passerelle de son bateau et la coque de l' Arctic Sunrise", ont affirmé les pêcheurs dans un communiqué lundi soir.
Greenpeace a assuré, au contraire, qu'il "n'y a eu aucun contact entre
(ses) militants et les équipages des bateaux de pêche. Et donc aucun blessé".
L'Arctic Sunrise, "a tenté de libérer les thons" rouges remorqués en cage vers les fermes d'engraissement mais a fait demi-tour à l'approche de deux thoniers qui se dirigeaient sur la zone, a indiqué lundi à l'AFP Isabelle Philippe, porte-parole de Greenpeace.
"Ce qui nous inquiète, c'est cette escalade de la violence", a indiqué mardi à l'AFP une porte-parole du Comité des pêches.

Thon rouge : après la bataille navale, l'affrontement judiciaire (Le Monde)
Greenpeace et le Comité national des pêches ont tous deux l'intention de saisir la justice après l'incident qui a eu lieu au large de Malte, vendredi 4 juin, entre un thonier-senneur –navire de pêche industrielle au thon rouge – et les embarcations de l'organisation écologiste. Un militant de Greenpeace, Frank Hewetson, 45 ans, a été blessé à la jambe dans l'affrontement, dont les deux parties livrent des versions radicalement opposées.
"C'est une agression, Greenpeace était animée de la volonté d'en découdre, affirme Hubert Carré, directeur du Comité national des pêches et des élevages marins (CNPEM). Les militants portaient des combinaisons et des casques. Leurs Zodiac sont allés à l'assaut des thoniers." Selon lui, le militant écologiste a été blessé par une "gaffe" utilisée pour éloigner les Zodiac. Deux d'entre eux ont coulé. "C'est un risque quand ils vont au choc avec des navires", affirme le représentant des pêcheurs.

Campagne de pêche du Thon rouge 2010 : N'oublions pas l'essentiel (WWF)
La campagne 2010 de pêche du thon rouge a été marquée ces derniers jours par des actes d’une rare violence, perpétrés à l’encontre de militants pacifiques. Cette situation est intolérable et rappelle à chacun qu’en démocratie la violence n’est pas un mode acceptable de résolution des problèmes. Toutefois ces faits ne doivent pas masquer la question essentielle pour l’opinion publique de l’avenir de l’espèce.

Les étapes à venir de la gouvernance de la pêche du thon rouge.
Au deux tiers de la saison 2010 de pêche au thon rouge, la question de l’avenir de cette espèce se pose plus que jamais. D’ici quelques semaines, les scientifiques de la Commission Internationale pour la Conservation des Thonidés de l’Atlantique (ICCAT) vont se pencher sur la situation de la population de thons rouges afin de présenter en septembre prochain,….

Pendant ce temps-là, la pêche artisanale se meurt !
Enfin, depuis l’instauration des quotas, cette pêche industrielle a évincé petit à petit la véritable pêche artisanale qui ne dispose pas des mêmes moyens de lobby, ni d’alliés dans la représentation professionnelle au niveau national. Cette pêche artisanale millénaire permettrait une exploitation responsable de la ressource, à forte intensité en emplois et favorisant un développement pérenne des filières. Nous sommes donc surpris, voire indignés du soutien aveugle et inconditionnel dont bénéficient une poignée d’armements, au regard de leurs actes passés et présents, de la part des représentants nationaux de la pêche, de l’administration et du Ministère de la Pêche.
Le moratoire sur la senne et le suivi strict des recommandations scientifiques dans l’établissement des quotas par l’ICCAT sont désormais les deux seules options qui s’imposent pour la mise en place d’une pêche durable en Méditerranée.....

Pour WWF, le thon rouge aux mains des affairistes (ddmagazine)
Dans un communiqué de ce jour, l'association WWF n'y va pas avec le dos de la cuillière : "en définitive, ces quelques armateurs [les thoniers français, ndlr] sont pour la plupart des hommes d’affaires qui ont su utiliser habilement les fonds publics et les subventions européennes pour constituer, avec le soutien du contribuable, une flotte surpuissante et suréquipée, tout en ayant, par ailleurs, une politique sociale mise en question par de récentes déclarations d’anciens matelots (absence de contrats, de fiche de paie…)". Le communiqué fait suite aux actes de violences perpétrés à l’encontre des militants pacifiques de Greenpeace.
Selon WWF, les thoniers senneurs, navires industriels fortement dotées en technologie, ont besoin de 100 à 200 tonnes de thon rouge par saison pour accéder à la rentabilité. Ils représentent en réalité peu d’emplois à l’année, valorisent de façon médiocre le fruit de leur activité en vendant le thon en grande quantité mais à faible prix (jusqu’à moins de 6€/kg). De plus, ils ne favorisent nullement la filière aval nationale (mareyeur, poissonnier, restaurateur) puisque leur politique commerciale est principalement orientée vers la vente de thons rouges vivants à des fermes d’engraissement exclusivement étrangères, principalement espagnoles et maltaises.

Le 30 août 2010

Canada : Avec 14 thons, la pêche a été bonne (Le Courrier)

La pêche a été très bonne au 7e tournoi annuel de la pêche sportive au thon de Wedgeport, organisé par le Musée de la pêche sportive au thon et centre d’interprétation. Un total de 14 thons répartis en trois espèces a été débarqué le dernier jour du tournoi, le samedi 21 août. Cela se compare à 7 thons l’an dernier et à 16 thons l’année précédente. Un quota de 5 200 livres limitait les prises du thon rouge (Thunnus thynnus), qui est le plus recherché pour sa chair vendue très chère, surtout au Japon. Aucun quota ne limitait la prise des autres espèces. Voir les prises lors du tournoi : neuf thons rouges pour un total de 3 158 livres, quatre thons obèses (Thunnus obesus) totalisant 458 livres et un thon blanc (Thunnus alalunga) de 45 livres pour un grand total de 3 661 livres.

Le 18 septembre 2010

La pêche au thon rouge, un gouffre financier pour l'Europe (Le Point)

Le contrôle et la surveillance de la pêche au thon rouge ont coûté entre 8 et 10 millions d'euros aux pays de l'Union européenne pour la seule campagne 2010. C'est énorme. Aucune autre pêche, à tonnage comparable, n'engage une telle dépense. C'est en réponse à une question de Greenpeace que la Commission européenne a révélé cette effarante addition. La somme a servi à affréter les navires de surveillance, dont le Jean Charcot, et le personnel chargé de contrôler les thoniers-senneurs. Une première petite division très simple à effectuer aboutit à une dépense de 300.000 euros par bateau senneur ! Une deuxième, tout aussi simple, chiffre la surveillance de chaque tonne de thon rouge pêché à quelque 1.000 euros ! Et encore, font remarquer les ONG, dans ce total, les subventions octroyées aux propriétaires de thoniers pour construire leurs navires, ou pour les indemniser de rester à quai (comme cela a été le cas des senneurs italiens), n'ont pas été incluses. "Bien sûr que le contrôle est essentiel, mais devant un montant aussi élevé pour si peu de captures, les États doivent s'interroger sur la nécessité d'autoriser la poursuite d'une telle pêche", commente Julie Cator, éditeur du site www.cfp-reformwatch.eu.

Le 20 septembre 2010

La bataille du thon rouge: la défaite de l’esprit scientifique (OI)

Comment les pouvoirs publics ont-ils cédé aux ONG sur une question de biodiversité alors qu’ils avaient fait la sourde oreille aux scientifiques travaillant sur la question? L’Union européenne, suivant la recommandation de la Commission, et les Etats Unis ont demandé en mars, à la Convention internationale sur le commerce des espèces menacées, l’interdiction de la pêche au thon rouge malgré l’opposition des thoniers. La proposition n’est pas passée vu le blocage qu’a effectué le Japon à l’origine de la grande majorité des prises de thon rouge. Cette proposition d’interdiction est le résultat de 3 variables qui se sont rejointes sur la scène politique publique: le discrédit de l’organisation internationale Cicta, le manque de visibilité des scientifiques, l’offensive médiatique des ONG. Le discrédit de la Cicta, la Commission Internationale pour la Conservation des Thonidés de l’Atlantique: ses statitisques approximatives et son incapacité manifeste à imposer ses règles aux Etats membres ont mis cette insitution internationale, supposée être garante de l’ordre, hors jeu. L’offesive des ONG: en 2006, les ONG se lancent dans la bataille. Le WWF et Greenpeace font du thon rouge le symbole de la rapacité humaine: elles dicotomisent de la sorte le monde en bons écolos / méchants pêcheurs et s’accaparent, par ce biais cognitif, de toute la légitimité ncessaire pour auréoler leurs dicsours et y donner de la résonnance. Mais surtout, au travers de cette expèce menacée, elles pointent l’incapacité des Etats à gérer leurs ressources, incompétence d’autant plus grae qu’on est dans le domaine alimentaire: le discours touche donc la corde très primale de la peur du manque, de la faim….

Le 28 septembre 2010

Avis relatif à la fermeture de la pêche sportive et de loisir du thon rouge (Légifrance)

Avis relatif à la fermeture de la pêche sportive et de loisir du thon rouge, réalisant la capture, la détention à bord et le débarquement du thon rouge

Conformément à l'article 3 alinéa 3 de l'arrêté du 5 mai 2010 précisant les conditions d'exercice des pêches sportive et de loisir réalisant des captures de thon rouge dans le cadre du plan pluriannuel de reconstitution des stocks de thon rouge dans l'Atlantique Est et la Méditerranée : La détention à bord et le débarquement du thon rouge pêché dans l'Atlantique Est et la Méditerranée sont interdits après le 15 septembre 2010 aux pêcheurs sportifs et de loisir. JORF n°0225 du 28 septembre 2010 page 17537 texte n° 95

Le 4 octobre 2010 : Ne pas oublier le cousin du thon rouge européen !

Thon rouge du Canada - Une saison de pêche peut-être écourtée (Radio Canada)

La saison de pêche au thon rouge à l'Île-du-Prince-Édouard pourrait être interrompue dès mardi. Les pêcheurs de l'île ont droit collectivement à 132 tonnes de thon rouge, ce qui représente environ 400 poissons. Quand leurs prises auront atteint la moitié de ce quota, Pêche et Océans Canada suspendra la pêche pour évaluer la gestion de la ressource. Le président de l'Association des pêcheurs de l'Île-du-Prince-Édouard, Mike McGeoghegan, affirme que la pêche pourrait ainsi se terminer dès mardi. Il ajoute que des pêcheurs de l'île ont proposé à Pêche et Océans Canada de limiter les quotas à un thon aux deux semaines par permis afin d'éviter une surabondance sur les marchés et une chute des prix, mais les discussions ont achoppé.

Une espèce en voie de disparition? Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada évalue quant à lui la possibilité de placer ce poisson sur sa liste d'espèces en voie de disparition. Un porte-parole de Pêche et Océans Canada, Colin McIsaac, explique que le thon rouge est abondant près de l'Île-du-Prince-Édouard, mais qu'ailleurs, il décline fortement. Une commission internationale doit publier un rapport sur les stocks de thon la semaine prochaine.

Le 11 octobre 2010 : Campagne 2011 thon rouge Méditerranée et Pacifique

Thon rouge : réduire les captures pour préserver l’espèce (Jdle)

Le groupe d’experts scientifiques indépendants de la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique (Iccat) a rendu le 7 octobre à Madrid ses travaux sur les saisons à venir de pêche au thon rouge.

Les scientifiques invitent les pays membres de l'Iccat (dont la France) à établir avec précaution les quotas de pêche.

Pour envisager une reconstitution du stock de thon rouge en 2022, avec une probabilité d’au moins 60 %[1] , le niveau de captures totales annuelles devraient être fixées « entre 0 et le 13.500 tonnes ». Pour sauver totalement l’espèce, le total admissible de captures doit être de 6.000 t/an. Soit moitié moins qu’aujourd’hui. Les scientifiques de l’Iccat ont également identifié 6 zones principales de reproduction du thon rouge en Méditerranée à protéger en priorité…..

Fustigeant « l’incapacité des membres de l’Iccat à gérer durablement la pêche au thon rouge et l’immense incertitude qui pèse sur l’état réel de la population de cette espèce », Greenpeace France estime préférable de réduire drastiquement les captures, voire de fermer la pêche industrielle. La seule allocation de quotas ne devant profiter qu’à la pêche artisanale.

Dans le cadre de sa stratégie pour le milieu marin, l’UE contraint juridiquement les Etats membres à adopter des mesures de gestion qui permettront aux stocks de poissons de retrouver un état satisfaisant d'ici 2020. « L’Union européenne n’a pas d’autre choix que de demander une réduction des quotas à moins de 6.000 tonnes, pour ne pas être en contradiction avec ses propres règles », selon François Chartier, chargé de campagne Océans à Greenpeace France. Sur la même longueur d’onde, le WWF préconise également l’arrêt de la pêche du thon rouge à la senne en Méditerranée, « largement responsable, avec les fermes d’engraissement, de la situation actuelle ». Cette technique (qui consiste à encercler les bancs avec un grand filet dont les deux extrémités sont reliées pour que les poissons ne puissent pas s'échapper) ne distingue pas les thons des autres espèces marines. De plus, l’association « exhorte les pays membres de l’Iccat à interdire l’accès des principales zones de reproduction du thon rouge aux navires de pêche »….

Thon rouge/Greenpeace : la survie de l’espèce passe par un arrêt de la pêche industrielle (Ane)

Dans un communiqué de presse su 7 Octobre, le comité scientifique de l’Iccat, l’organisme international chargé de gérer la pêche du thon rouge, a fait savoir que ses travaux viennent de se terminer à Madrid.

L’organisme a, en effet, estimé que pour les saisons de pêche à venir :

- un maximum de 13 500 tonnes de captures laisserait une probabilité de 63 % à la population de thon rouge de se reconstituer d’ici à 2022 ;

- pour relever à 80 % la probabilité de sauver le thon rouge à horizon 2022, le quota de pêche ne devrait pas dépasser 2 000 tonnes. Cela signifie concrètement que les pêcheurs industriels ne devraient plus capturer de thon rouge dès l’année prochaine.

François Chartier, en charge de la campagne Océan à Greenpeace France, déclare à cet effet : « On ne peut pas jouer à pile ou face avec la survie d’une espèce comme le thon rouge. L’Iccat doit suivre les recommandations qui permettraient à 80 % la reconstitution du stock de thon rouge. L’incapacité des membres de l’Iccat à gérer durablement la pêche au thon rouge et l’immense incertitude qui pèse sur l’état réel de la population de cette espèce devraient amener à la fermeture de la pêche industrielle du thon rouge. »

« Les membres de l’Iccat, doivent adopter une réduction drastique des captures, pour donner une chance au thon rouge de ne pas disparaître. L’Union européenne n’a pas d’autre choix que de demander une réduction des quotas à moins de 6 000 tonnes, pour ne pas être en contradiction avec ses propres règles. Les autres pays doivent suivre cette demande », ajoute François Chartier….

Pacifique : Conférence internationale sur la pêche au thon rouge à Taipei (Taïwan infos)

Depuis samedi et jusqu’à jeudi se tient à Taipei une conférence internationale sur la pêche au thon rouge au cours de laquelle plusieurs décisions sur les quotas de pêche seront prises.

Selon l’Agence de la pêche, l’objectif principal de cette conférence est de finaliser un accord sur la gestion des procédures sous l’égide de la Commission pour la conservation du thon rouge du sud (CCSBT), une organisation dont les membres sont l’Australie, le Japon, l’Indonésie, la Nouvelle-Zélande, la Corée du Sud, et Taiwan. Cet accord doit entrer en vigueur en 2011 et servira de base pour la détermination des quotas de pêche au thon.

Selon la CCSBT, dont le siège est à Canberra, ses membres sont tombés d’accord pour réduire de 20% la pêche au thon dans le courant de cette année et en 2011, faisant passer les prises de 11 810 t aujourd’hui à une moyenne de 9 449 t.

A l’occasion de cette conférence, plus de 90 représentants des six Etats membres sont présents à Taipei, ainsi que ceux d’organisations non gouvernementales. Des représentants de l’Union européenne sont également présents aux côtés de ceux des Philippines et de l’Afrique du Sud au titre d’une coopération avec l’organisation, bien qu’ils n’en soient pas membres.

Dans les années 60, la pêche annuelle au thon rouge atteignaient 80 000 t. La CCSBT a été créée en 1994 pour tenter de protéger cette espèce dont la population est déclinante.

Le 13 octobre 2010 : La saga du thon rouge continue - L'Algérie n'aurait pas pêché son quota

Algérie : Thon et thoniers dans le collimateur (Elwatan)

Les 1100 tonnes de thon allouées pour 2010 à l’Algérie par la Commission internationale pour la conservation du thon (ICCAT) n’ont pas été pêchées, a déclaré à la Chaîne III le nouveau ministre de la Pêche, Abdallah Khanafou. Une information que nous donnions déjà au mois de juin dernier, à l’issue de la campagne de la pêche au thon en Méditerranée.

Le ministre de la Pêche et des Ressources halieutiques (MPRH) le regrette sans en donner les raisons. Les Algériens n’ont pas pêché de thon cette année, comme les années précédentes par ailleurs, car l’interdiction de recourir à des étrangers introduite pour la campagne 2010 a mis au jour les véritables capacités des thoniers algériens qui ne font des pêches miraculeuses que s’ils s’associent avec des Turcs. Ceci pour les embarcations qui se faisaient passer pour des thoniers et qui étaient néanmoins portées par le MPRH sur la liste de l’ICCAT pour être homologuées. Une supercherie employée depuis 2003 et qui a montré toute son ampleur avec l’affaire de Annaba et le scénario de l’échange virtuel en haute mer de centaines de tonnes de thon rouge, le plus prisé. Pour les rares thoniers algériens capables de faire une pêche digne de ce nom et que l’on peut compter sur les doigts d’une seule main, ils n’ont pas été informés à temps par le MPRH, durant le mois de janvier, de l’existence d’une autre disposition de l’ICCAT. Celle de s’acquitter avant terme du montant d’un million de dinars environ pour la présence d’un observateur indépendant à bord de chaque embarcation. Un oubli loin d’être innocent car il arrangerait bien certaines affaires puisqu’on peut ainsi justifier l’absence des Algériens dans la campagne de 2010 par le défaut du paiement des armateurs et surtout écarter un observateur indépendant gênant….

Canada : Les quotas de thon mis en question (Radio Canada)

Un comité international de scientifiques recommande de diminuer de moitié le quota mondial de thon rouge. Cette recommandation a été soumise aux 40 pays membres de la CICTA, la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique. Cette espèce est considérée comme menacée d'extinction.

Le quota de thon rouge accordé aux pêcheurs canadiens cette année s'élevait à 432 tonnes. Les pêcheurs de l'Île-du-Prince-Édouard ont eu droit à 132 tonnes, ceux de la Nouvelle-Écosse à 201 tonnes. Cette pêche est aussi pratiquée à Terre-Neuve-et-Labrador (61,5 tonnes), au Québec (20 tonnes) et au Nouveau-Brunswick (17,5 tonnes). Si ce quota est réduit de moitié l'an prochain, les conséquences sur l'industrie canadienne pourraient être désastreuses. La recommandation de réduire le quota sera débattue lors de la réunion des pays membres de la CICTA prévue en novembre à Paris. L'Association des pêcheurs de l'Île-du-Prince-Édouard va y envoyer un délégué, car cette pêche représente pour ses membres des revenus de 11,5 millions de dollars. Le président de l'Association, Mike McGeoghegan, dit que son groupe veut d'abord voir les données scientifiques et qu'il réagira à la décision après. Dans une déclaration officielle diffusée en juin dernier, la ministre Shea a réitéré son intention de respecter les avis scientifiques. Elle encourageait ses homologues à faire preuve de la même volonté pour assurer la durabilité des stocks. Le quota canadien ne représente qu'une fraction des prises mondiales, qui s'élèvent à 14 000 tonnes. Presque 80 % des prises mondiales sont exportées au Japon pour y satisfaire un appétit prononcé pour le sushi.

Saint-Jean-de-Luz : Dépassement des quotas de pêche au tribunal (France 3 Aquitaine)

Des pêcheurs, des mareyeurs et la criée du Port, soit 26 prévenus, sont accusés de surpêche du thon rouge.

Les fraudes sont multiples. En premier lieu, les quotas de pêche du thon rouge, imposés au niveau européen, ont été largement dépassés (180 tonnes prélevées au delà de la norme légale) par les pêcheurs incriminés. Le poisson était ensuite présenté à la criée de Saint-Jean-de-Luz-Ciboure comme du "patudo", un thon obèse, cousin du thon rouge. Il était acheté comme tel par les mareyeurs et revendu au final comme du thon rouge. C'est donc toute la filière qui a été pointée par l'enquête réalisée par la Gendarmerie Maritime de décembre 2007 à mars 2009. Les armateurs, pêcheurs, mareyeurs et représentants de coopérative sont poursuivis pour "pêche d'espèces dans des quantités non-autorisées, faux en écriture et tromperie sur la marchandise". Le tribunal correctionnel de Bayonne examine l'affaire depuis ce matin. Ce n'est pas la première fois que la justice étudie pareil cas. Une affaire similaire avait été jugée en vendée en 2007. Les prévenus avaient été condamnés à des amendes allant de 1300 à 3300 euros.

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  • Le 25 octobre 2010

Position du CCR Med sur la pêche au Thon rouge

Pêche du thon rouge : les scientifiques sont redevenus optimistes (Midi Libre)

Comme il le fait chaque deux ans, l’Iccat, groupe d’experts indépendants de l’organisation mondiale encadrant la pêche du thon rouge, vient de procéder à l'évaluation des stocks du poisson. Réuni la semaine dernière à Madrid, ces scientifiques ont émis un avis en vue de l'assemblée des 48 nations membres de l'Iccat, en novembre, à Paris. Ils préconisent « au moins » le maintien des quotas au niveau de l’an passé. Chercheur à l’Ifremer de Sète, Jean-Marc Fromentin explique pourquoi lui et ses collègues sont redevenus optimistes.

Entretien

Le thon se porte-t-il mieux ? Nous avions eu des signes positifs en 2009. Ils se confirment. Les mortalités par pêche semblent avoir baissé de manière significative sur les gros poissons. Le signal sur la biomasse, en particulier la reproductive, est un petit peu moins clair, ce qui est normal car nous avons affaire à une espèce à vie longue. Pour qu’il devienne franchement positif, il faudra encore deux à trois ans.

Est-ce le seul constat ? Les captures sous-déclarées ont fortement baissé. Cela signifie que, depuis 2008, les captures déclarées à l’Iccat correspondent à peu près aux captures réalisées par les flottilles des pays membres.

Comment en êtes-vous certain ? Depuis la fin des années 90, la pratique des sous-déclarations était constante. Les flottilles se développaient et prospéraient alors que les quantités déclarées ne cessaient de baisser avec les quotas. Nous avons fait des estimations à partir des capacités de pêche. Nous savons ce que sont les rendements des bateaux. Il suffisait de faire une règle de trois. Avant 2007, les captures étaient de 50 000 tonnes. Bien plus en 2007 avec le trafic de quotas. Or, à cette époque, les TAC (*) fluctuaient entre 20 000 et 30 000 tonnes. Nous l’avons dit haut et fort et les ONG nous ont relayés provoquant un débat très vif.

Et depuis ? Depuis 2008, les estimations sont du même ordre que les captures déclarées. Nous ne sommes plus sur ces niveaux de 50 000 tonnes. Un changement dû au renforcement des mesures d’encadrement. En 2008, l’Europe a déployé des observateurs sur les thoniers, dans les fermes, avec une période de pêche réduite à un mois et demi.

En quoi cette baisse de la mortalité par pêche est-elle spectaculaire ? C’est la première fois que je l’observe depuis que je fais des évaluations de stocks en 1998.

Vos modèles sont-ils fiables ?....

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  • Le 27 octobre 2010

Thon rouge . Refus européen d'une baisse des quotas (Le Télégramme)

Favorable à une nouvelle baisse des quotas de prises de thon rouge, la Commission européenne s'est heurtée hier au refus de l'ensemble des pays européens concernés, dont la France. Lors d'une réunion à Luxembourg des ministres de la Pêche de l'Union européenne, ceux des Etats méditerranéens, unanimes, ont rejeté la proposition de Bruxelles de faire passer de 13.500 tonnes en 2010 à 6.000 tonnes en 2011 le quota mondial de cette espèce très convoitée. Les Japonais notamment s'arrachent ce poisson à prix d'or pour en faire des sushis. Il y a urgence: l'UE doit définir sa position en vue de la prochaine réunion de la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique (Iccat), prévue du 17 au 27novembre à Paris. Les Européens avaient milité en vain au printemps pour une interdiction du commerce international du thon, échouant, notamment du fait des pressions japonaises, à le faire classer par l'ONU «espèce menacée».

Réduire de moitié - Désormais, un moratoire n'est plus à l'ordre du jour. La Commissaire européenne à la Pêche, Maria Damanaki, propose de réduire de moitié le quota mondial de thon rouge, dont l'UE s'octroie chaque année plus de 50% (7.000 tonnes en 2010). Elle dit se fonder sur l'avis des scientifiques, selon lesquels une telle mesure permettrait d'ici à 2020 de porter le stock à un niveau de rendement maximum durable, avec une probabilité de 66%. Les marges d'incertitudes des avis des scientifiques incitent à la prudence, souligne Maria Damanaki. Des ONG de défense de l'environnement jugent un tel quota insuffisant. «Si l'UE veut réellement sauver le thon rouge, elle devrait décréter un moratoire pour l'an prochain», affirme Saskia Richartz, de Greenpeace….

La France et l'Italie veulent continuer à pêcher le thon... (20 minutes)

Le thon n’a pas fini de faire parler de lui. Les ministres français et italien de l'Agriculture et de la Pêche ont opposé mardi une fin de non recevoir à l'idée d'une réduction substantielle des quotas de pêche au thon rouge, préconisée la semaine dernière par la Commission européenne. Le Français Bruno Le Maire a plaidé en faveur d'un maintien du quota existant de 13.500 tonnes, à son arrivée à une réunion des ministres européens à Luxembourg où doit être discutée la question.

13.500 tonnes de thon pour 500 emplois - «Les scientifiques estiment qu'un quota de 13.500 tonnes est raisonnable pour parvenir en 2022 au rendement maximum durable, ce qui est l'objectif de la France, a estimé Bruno Le Maire. C'est un objectif qui préserve la ressource et qui en même temps garantit les emplois pour les pêcheurs», a déclaré le ministre de l’Agriculture, affirmant que «toutes les autres solutions, notamment celles de quotas plus restrictifs de 6.000 tonnes par exemple, entraîneraient la suppression de 500 emplois de pêcheurs en France».

Thon rouge: Autissier (WWF-France) dénonce la "volte-face" de la France (Le Monde)

La navigatrice Isabelle Autissier, présidente de l'organisation écologiste WWF-France, a dénoncé la "volte-face" de la France qui, avec d'autres pays européens, s'est opposée mardi à l'idée d'une réduction des quotas de prises de thon rouge proposée par la Commission européenne." La France a fait volte-face. En février dernier, elle considérait l'espèce en danger au point de prétendre vouloir en interdire le commerce international et aujourd'hui, pour des raisons visiblement électorales, elle mène la fronde contre la proposition équilibrée de la Commission européenne", a déclaré la navigatrice, dans un communiqué de l'organisation. "C'est un bien triste message qu'envoie notre pays, qui possède le deuxième domaine maritime mondial, à l'heure où 80% des espèces pêchées sont surexploitées ou en passe de l'être", ajoute-t-elle.

Selon un rapport : Le thon rouge à la hausse (Canoe)

Après avoir subi un dur coup à la suite du déversement de pétrole dans le golfe du Mexique, les stocks de thons rouges du Canada Atlantique connaissent maintenant une augmentation, selon un nouveau rapport. Le rapport biennal de la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique montre que la population de poissons a augmenté de 10 % depuis 2008. Le rapport indique également qu’il y a eu davantage de naissances de thons en 2003 et que ces poissons sont aujourd’hui en âge de frayer.

Les pêcheurs de l’Île-du-Prince-Édouard soutiennent depuis quelques années que le thon rouge abonde, mais les groupes environnementaux font pression pour identifier ce poisson comme une espèce en voie de disparition. Le ministère fédéral des Pêches et des Océans estime que les stocks de thon rouge ont diminué de 70 % au cours des 40 dernières années. Aux États-Unis, le Center for Biological Diversity, un organisme spécialisé dans la biodiversité, affirme que les stocks de thon ont décru de 80 % depuis 1970 en raison de la surpêche. Selon un organisme qui étudie les milieux océaniques, le déversement de pétrole dans le golfe du Mexique survenu en avril dernier a tué 20 % des stocks annuels de thon rouge.

Le 28 octobre 2010

Thon rouge : Autissier (WWF) cartonne Le Maire (Maxiscience)

Lors du dernier conseil des ministres européens, la commissaire européenne à la pêche Maria Damanaki a proposé que le total admissible de capture (TAC) de thon rouge soit divisé par deux pour l’année prochaine. Soit un total de 6 000 tonnes, correspondant aux engagements pris par l’Union Européenne de suivre les recommandations scientifiques. Pour sa part, Bruno Le Maire, ministre français de l'Agriculture et de la Pêche, a plaidé pour un statu quo, soit le maintien d’un TAC à 13 500 tonnes pour 2011. Cette position fait vivement réagir le WWF France présidé par la navigatrice Isabelle Autissier.

« Bruno Le Maire assène des contre-vérités » Charles Braine, responsable du programme pêche durable au WWF-France, accuse : « Bruno Le Maire assène des contre-vérités afin de maintenir les intérêts de quelques-uns. Il prétend que 500 emplois de pêcheurs sont en jeu, alors que la baisse du quota à 6 000 tonnes, ne toucherait que la pêche industrielle à la senne, soit 17 bateaux pêchant un mois par an. Contrairement à la pêche artisanale, cette pêche génère peu d’emplois à bord comme à terre – les thons étant vendus directement à des fermes d’engraissement étrangères – alors qu’elle capture l’immense majorité du quota français. »....

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Le 7 novembre 2010 : Fraude au thon rouge

Thon rouge : la France accusée de fermer les yeux sur "la surpêche" (Le Monde)

Le gouvernement français est pointé du doigt par une longue enquête de l'International consortium for investigative journalists, un réseau mondial de journalistes, qui l'accuse de fermer les yeux sur les dépassements des quotas de pêche de thon. Le document, mis en ligne sur le site de l'organisation après sept mois d'enquête, décrit l'existence d'un marché noir du thon rouge de l'Atlantique qui a pesé près de 4 milliards de dollars entre 1998 et 2007. Et certains gouvernements, dont la France, y jouaient un rôle conséquent.

L'enquête met en cause dix pays, notamment la France, accusée d'être de mèche avec le secteur pour maquiller les chiffres concernant la pêche du thon afin d'alimenter un marché particulièrement lucratif dominé par le Japon. Elle souligne notamment des chiffres datant de 2007, lorsque Paris a déclaré avoir pêché près de 10 000 tonnes de thon, soit presque le double des quotas alloués par la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique (Iccat).

"Nous avons découvert que le système avait échoué sur toute la ligne. Les bateaux pratiquaient la surpêche, et les responsables officiels faisaient mine l'ignorer depuis des années", raconte Kate Willson, une des responsables de l'organisation. Trois ans après les faits, "il n'y a pas moyen de savoir si la situation s'améliore. Nous sommes obligés de leur faire confiance", explique-t-elle, ajoutant que le ministère de l'agriculture français avait refusé de répondre à leurs questions….

Le thon, un marché noir où la France n'a pas le beau rôle (Le Télégramme)

La folie des sushis dans le monde entier alimente un marché noir du thon pesant des milliards de dollars et où les gouvernements collaborent avec le secteur de la pêche, selon une étude publiée dimanche 7 novembre, qui accuse particulièrement les autorités françaises. Durée: 01:35

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Communiqué de Presse du 9 novembre 2010

Le CCR MED demande à la Commission Européenne le maintien du quota thon applicable en 2010 pour l’année 2011.

Mais la Commissaire Maria Damanaki ne prévoit pas de consultations et demande des réductions supplémentaires du quota, sans prendre en compte aucune évidence scientifique.

Le CCR MED a approuvé à la majorité (à l’exception du WWF qui a exprimé un avis contraire, et d’une organisation espagnole de pêche récréative qui a émis une réserve) avec consultation écrite un avis élaboré par le groupe de travail réuni à Bruxelles le 22 Octobre, qui demande à la Commission EU de prendre dûment en compte la réduction de l’effort de pêche déjà adoptée au cours de ces dernières années (passant de 32.000 t en 2007 à 13.500 en 2010) ainsi que les résultats du rapport d’évaluation sur l’état du stock présenté par le Comité Scientifique de l’ICCAT et de défendre lors de la réunion de l’ICCAT de Paris une position favorable au maintien du quota applicable en 2010 (13.500 T) pour la période 2011-2013.

Le Comité Scientifique de l’ICCAT, lors de la réunion du 4-8 Octobre qui a eu lieu à Madrid, a fait état d’une récupération du stock et d’une diminution du taux de mortalité par pêche, non pas d’un risque d’effondrement du stock, qui stipule qu’en maintenant le quota à son niveau actuel, il serait possible d’atteindre, d’ici 2022, le niveau de biomasse optimal en respectant l’objectif de l’UE.

Le CCR MED, dans son avis, déplore enfin l’absence totale de consultation et d’information sur cette question de la part de la Commission qui s’apprête à participer à la session de l’ICCAT et se dit perplexe pour avoir pris connaissance dans la presse, des orientations annoncées par la Commission Européenne au Parlement.

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Le 11 novembre 2010

Problématique autour du thon rouge (Le Monde)

Je suis mareyeur au Pays Basque et dirige avec mon associé deux sociétés de mareyage (une du côté français et l'autre du côté espagnol). Je commerce du thon rouge pêché à la ligne par les bateaux caneurs basques depuis 1980. La technique est ancienne. Dans un premier temps, elle oblige le bateau à collecter vivant du petit poisson qui sera stocké sur le pont dans des cuves. Cet appât vivant balancé par-dessus bord sert à fixer le thon autour du bateau et doit permettre en principe — si le thon s'y prête — de le pêcher. Cette pêcherie mobilisait il y a une vingtaine d'années environ 80 bateaux de part et d'autre de la Bidassoa. Actuellement sont recensés sur le quartier maritime de Bayonne un canneur avec environ treize hommes d'équipage et une demi-douzaine d'embarcations employant de 3 à 5 marins. Sur la partie Sud du Pays Basque, regroupés essentiellement dans trois ports, se comptent une quarantaine de canneurs employant aussi une douzaine de marins par unité.

Pour l'ensemble de cette flottille ont été allouées cette année par leur gouvernement respectif 80 tonnes à pêcher du 15 juin au 15 octobre sur Bayonne et 480 tonnes pour leurs homologues du Sud pour la même période. Tous les débarquements sont annoncés quatre heures avant d'arriver au port et font l'objet d'un contrôle par les autorités maritimes. Le comptage se fait poisson par poisson. Chaque pièce se voit attribuer un badge enserrant la queue qui reprend certaines informations de débarquement ainsi qu'un numéro qui lui est propre. Il s'agit d'une opération simple de traçabilité qui garantit la filière et le consommateur contre toute tricherie. Le mareyeur tient une comptabilité précise des pièces qu'il vend et accompagne chaque thon d'un document de capture qui valide l'ensemble du processus cité supra.

Cette description de la vie quotidienne de nos pêcheurs sur les trois mois d'été nous éloigne des constats énoncés par les différentes organisations écologiques, relayés par la presse. Il s'avère de façon sûre que de graves dysfonctionnements ont été vérifiés. Il est évident aussi que tout le monde s'est engouffré dans la brèche créée pour lancer de grandes campagnes « anti thon rouge ». Mais la plupart des détracteurs ont pratiqué un amalgame entre une pêche que je qualifierai d'industrielle de par le tonnage capturé et la clientèle constituée par des multinationales asiatiques et celle pratiquée à la ligne sur nos côtes qui intéressent peu les Asiatiques (faible teneur en graisse), mais qui permet au commun des mortels de se nourrir de ce poisson de saison. Malheureusement pour les Basques le stock de référence qui est pris en compte par les scientifiques et qui se nomme « Atlantique Nord Est » inclut aussi la Méditerranée. De là surgit le profond sentiment d'injustice ressenti cette année par l'ensemble de la filière basque.

De plus, les ténors de la grande distribution et de la cuisine étoilée française ont scellé depuis 2007 le sort du thon rouge au Pays Basque en l'interdisant sur leurs bans et leurs tables et en occultant dans leur réflexion cette distinction que tous connaissent parfaitement. La survie de cette économie, qui représente énormément en termes d'emplois et de chiffre d'affaires pour notre région, ne dépendra uniquement que de notre capacité à nous faire entendre. De nombreux contacts ont été pris afin de faire connaître cette problématique. J'espère seulement que le temps qui nous reste sera suffisant.

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Thon rouge. Greenpeace bloque l'accès au ministère (Le Télégramme)

Des militants de Greenpeace ont bloqué, hier, l'un des accès au ministère de l'Agriculture à Paris avec une «thonmobile», voiture surmontée d'un énorme thon en plastique, pour protester contre la position française sur la pêche au thon rouge. «On est là pour dénoncer la position que défend la France en matière de quotas de pêche et demander la fin de la pêche industrielle du thon rouge», a expliqué François Chartier, responsable de campagne océans de Greenpeace France.

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Point de vue : Drapeau blanc pour le thon rouge ! (Le Monde)

Du 17 au 27 novembre, se tiendra à Paris la 17e réunion extraordinaire de la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique (Cicta). De l'issue de cette réunion dépendra en grande partie l'avenir du thon rouge. Alors qu'en février, le gouvernement français semblait avoir franchi un pas important en soutenant l'interdiction du commerce international du thon rouge, il prend aujourd'hui la tête d'une fronde contre la proposition éclairée de la commissaire européenne à la pêche, Maria Damanaki. Cette dernière soutient une diminution des quotas de pêche reposant sur le principe de précaution à la suite des recommandations des scientifiques de la Cicta. En effet, les marges d'incertitudes relatives à l'état du stock de thon rouge incitent à la plus grande prudence. Le ministre de l'agriculture et de la pêche, Bruno Le Maire, est en train de jouer avec l'avenir du thon rouge en défendant publiquement un quota de pêche pour 2011 de 13 500 tonnes, alors qu'il devrait être de moins de 6 000 tonnes pour permettre de rétablir la population de thon rouge d'ici à 2020.

Sommes-nous frappés d'amnésie ? Dans une situation similaire, il y a vingt ans, de l'autre côté de l'Atlantique, le gouvernement canadien, en agissant de même, a conduit à l'effondrement du stock de cabillaud, mettant ainsi des milliers de marins au chômage. Voulons-nous voir nos ports de pêche devenir des quais fantômes ?

Outre la violation de la charte de l'environnement, du traité européen et de la directive-cadre européenne "Stratégie pour le milieu marin", la position de notre ministre contredit l'engagement présidentiel prononcé en clôture du Grenelle de l'environnement : "La France sera, dorénavant, à la tête de la politique environnementale européenne, avec la Commission et le Parlement européen qui sont le moteur de cette politique. Toutes les initiatives de la Commission pour accroître les normes, nous les soutiendrons."

Hors de contrôle - Il est encore temps de se ressaisir et de retrouver le chemin de la cohérence. Pour cela, il est impératif que la France respecte intégralement ses engagements. Avec le soutien du WWF-International, nous appelons également les membres de la Cicta à interdire, d'avril à juillet, la pêche du thon rouge sur les six zones de reproduction connues en Méditerranée. Le ministère français de l'agriculture et de la pêche a affirmé que, depuis 2007, toute la filière de la pêche était sous contrôle, alors que de nouveaux éléments venus des observateurs de la Cicta ont mis en lumière cette semaine de nouvelles fraudes. Ceci prouve que la pêche industrielle est toujours hors de contrôle.

Il est impératif de réorienter la pêche vers des pratiques plus responsables. Cela passe, d'une part, par la réversion à la pêche artisanale de l'intégralité des quotas alloués à la pêche industrielle. D'autre part, par la suspension de la pêche industrielle à la senne (filet capable de capturer jusqu'à 200 tonnes de poisson en une fois) et des fermes d'engraissement. Cette pratique, démesurée et boulimique, largement financée par le contribuable européen, emploie peu de marins au regard de ce qu'elle pêche et a précipité le stock de thon rouge dans un état catastrophique en quelques années. Une réglementation est efficiente uniquement si les sanctions sont réellement appliquées. La France doit rembourser son dépassement de quota de 2007 (1 510 tonnes en 2011 et en 2012). Sinon, elle se décrédibiliserait en encourageant la pêche illégale. En contradiction avec l'engagement présidentiel, le vote inconséquent prôné par le ministre de la pêche placerait notre pays, sur ce sujet, en flagrant déni !

Avec le WWF-International, le WWF-France appelle les Françaises et Français à se mobiliser durant la Cicta pour faire aboutir ces demandes et signifier aux publics qu'il est grand temps d'engager des pourparlers pour sauver l'espèce.

Hissons le drapeau blanc pour le thon rouge ! Isabelle Autissier, présidente du WWF-France et Serge Orru, directeur général du WWF-France

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Le 16 novembre 2010

Quotas : les pêcheurs sétois s'inquiètent (Midi Libre)

A quelques jours d'une réunion internationale à Paris pour fixer les quotas de pêche de thon rouge pour l'an prochain, l'inquiétude prévaut à nouveau dans le port de Sète, en raison du risque de diminution du niveau des captures. « C'est sûr qu'on est inquiet », témoigne Raphaël Scannapieco. Et même « en colère », assure de son côté Jean-Marie Avalonne, patron de l'armement sétois du même nom. Les récentes propositions de la Commissaire européenne à la Pêche, Maria Damanaki, n'ont rien fait pour détendre l'atmosphère qui règne sur les quais du port héraultais. Alors que la réunion de la Commission internationale pour la conservation des thonidés atlantiques (CICTA ou ICCAT en anglais) se déroulera du 17 au 27 novembre, la commissaire a d'abord envisagé fin octobre une réduction du quota de pêche pour l'an prochain à 6 000 tonnes contre 13 500 cette année. Elle a ensuite rectifié le tir en ne parlant que d'une baisse substantielle, sans chiffre, des captures de ce poisson très prisé par les Japonais.

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Thon rouge Les quotas de pêche discutés à Paris

Réunion à partir du 17 de la Commission internationale pour la conservation des thonidés. Dix jours décisifs : en effet, du 17 au 27 novembre, les écologistes, défenseurs de la réduction, voire de l’arrêt, de la pêche au thon rouge qu’ils disent menacé et les pays pêcheurs comme la France et l’Espagne, partisans du maintien des quotas en 2011, vont se livrer bataille à Paris. Les 48 membres de la Commission internationale pour la conservation des thonidés dans l’Atlantique (CICTA) qui régule la pêche, se réunissent pour fixer les quotas de pêche. Face à la chute des stocks de thon rouge de 85 % depuis les années 1970 et après 15 ans de plan de gestion de la CICTA, les ONG exigent de cet organisme qu’il prenne enfin des mesures conservatoires en Méditerranée, désigné comme l’Atlantique Est dans le jargon de la commission. Cela passe pour Greenpeace et le WWF par des quotas de pêche compris entre 0 et 6 000 tonnes pour l’année prochaine, contre 13 500 tonnes actuellement, le chiffre avancé dans la recommandation des scientifiques de la CICTA. La pêche au thon rouge a été entachée de fraudes massives entre 1998 et 2007 avec des dépassements de quotas. Depuis la CICTA a dépêché des observateurs sur les thoniers, aux frais des armateurs, et instauré le document de capture (BCD) pour chaque bateau qui est censé garantir la légalité de chaque thon tout au long de la filière. La situation s’est améliorée. De leur côté, les scientifiques ont souligné qu’il était « indispensable de maintenir les mesures de suivi et de contrôle de la pêche et de la commercialisation du thon rouge », selon Jean-Marc Fromentin, chercheur français à l’Ifremer à Sète et membre du comité scientifique de la CICTA. La France et ses voisins méditerranéens au sein de l’UE se basent sur la recommandation scientifique pour plaider en faveur du maintien du quota.

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Thon rouge : « Il y a trois ans encore, c'était le far west » (Le Télégramme)

Surpêche, marché noir : un collectif de journalistes publie une enquête détaillée sur le thon rouge. Et n'épargne pas la France. Questions à Kate Wilson, coordinatrice de l'étude.

Terra eco : quelle est la responsabilité de la France dans la surpêche du thon rouge et son commerce illégal ? Kate Wilson : Notre reportage court de 1998 à 2007, qui sont des années de far west. C'était n'importe quoi : il n'y avait aucune application des règles, les quotas ne voulaient rien dire. La France a joué un rôle de laisser-faire en permettant à son industrie de pêcher ce qu'elle voulait pendant des années. Ce n'était pas pire que d'autres pays comme l'Espagne et l'Italie, mais on a eu plus d'informations sur le cas de la France, notamment parce qu'elle a dit la vérité en 2007 en déclarant ses prises réelles : 10 000 tonnes soit le double du quota. Après, est-ce l'industrie qui a sous-déclaré ou les pays ? Je pense que c'est un peu des deux. Mais ce que l'on a vu, nous, c'est que les ministères avaient un vrai rôle à jouer. Si vous allez à Sète, les pêcheurs vous diront : « Si personne ne nous arrête, on pêche ».

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« Il va falloir se battre pour sauver nos quotas » (Sud-Ouest)

L'avenir de la pêche au thon rouge se joue à partir de demain. Les derniers canneurs de la baie croisent les doigts pour que leur spécificité puisse être reconnue. Si la baie de Saint-Jean-de-Luz et de Ciboure était une arène, on parlerait de banderilles et d'estocade. Les banderilles : les réductions successives des quotas de thon rouge ces dernières années qui ont déjà fait fondre le nombre de pêcheurs spécialisés sur le port. L'estocade : la possibilité de voir ce quota passer sous la barre fatidique des 13 500 tonnes. « Si les quotas diminuent encore, il y a un vrai risque d'abandon total de cette pêche. Nous avons déjà atteint le seuil minimum au Pays basque », s'alarme David Milly, le directeur de l'organisation de producteurs Capsud, qui gère les quotas de thon rouge pour ses adhérents de Saint-Jean-de-Luz…. Le président du Comité des pêches, Serge Larzabal, sera également du voyage pendant ces dix jours. Mais c'est avec sa casquette de président de la commission thon du Comité national des pêches qu'il viendra défendre la position des professionnels de la mer : « Il va falloir se battre pour sauver nos quotas. Ça va être très dur », prévient-il….

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Grande majorité des Français pour interdire la pêche au thon en zone de frai

PARIS - Plus des trois quarts des Français apportent leur soutien à l'idée d'interdire la pêche au thon rouge, espèce menacée de disparition, dans les zones de frai, selon un sondage de l'ONG environnementale américaine PEW effectué en France et en Espagne et publié lundi.

Les personnes interrogées dans les deux pays ont été informées du déclin estimé de 85% des stocks de thon rouge dans l'Atlantique depuis les années 1970 ainsi que des conséquences dramatiques, selon les scientifiques, de la disparition de ce poisson pour la santé des océans.

Ainsi 94% des Espagnols et 96% des Français ont apporté leur soutien à l'idée de fermer les zones de frai à la pêche.

De même 94% des Espagnols, et 92% des Français interrogés sont pour un moratoire sur la pêche au thon rouge afin de laisser les populations halieutiques se reconstituer dans l'océan et pour la mise en place d'une nouvelle politique de gestion des captures.

Le sondage a été effectué auprès de 1.000 personnes en Espagne et autant en France entre le 5 et le 10 novembre une semaine avant l'ouverture le 17 novembre à Paris d'une réunion internationale de 48 pays pêcheurs pour fixer les quotas de prise de thon rouge pour 2011.

Cette année les quotas étaient fixés à 13.500 tonnes par an. Les ONG souhaitent un quota entre 0 et 6.000 tonnes pour l'an prochain afin de permettre au thon rouge de se reconstituer.

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Le procès de la surpêche du thon rouge se termine en queue de poisson (Eitb)

La morale de l'histoire est quelque peu ébranlée, quand les pêcheurs luziens qui ont avoué sont condamnés à des amendes de 800 à 3.000 euros, tous les autres étant relaxés "faute de preuves".

Le jugement rendu ce mardi après-midi par le Tribunal de Bayonne dans une affaire de surpêche de thon rouge à St Jean de Luz en 2007 devrait alimenter bien des discussions dans la criée basque les jours prochains.

Confrontés à des "présomptions" de dépassements délibérés du quota fixés, de pêche sans autorisation ou de tromperie sur la marchandise, les 14 pêcheurs et les 9 sociétés de pêche qui avaient été cités à comparaître le 13 octobre dernier ont vécu des fortunes bien diverses, quand tous ceux qui ont avoué avoir "modifié" leurs journaux de pêche ont été condamnés à des amendes de 800 à 3.000 euros, alors que tous ceux qui n'ont pas souhaité confirmer les faits ont été relaxés.

La Présidente du Tribunal l'a reconnu aisément : ce procès était marqué par l'absence de constats de délits par les gendarmes, ce qui ouvrait la porte à l'incapacité de la justice de s'appuyer sur des preuves. "A l'avenir", prévint-elle, "les gendarmes seront plus vigilants sur la recherche de délits", la seule morale de l'histoire à retirer finalement de ce procès qui a mis l'Etat français dans une position difficilement tenable…..

Au total 26 personnes étaient poursuivies, accusées d'avoir camouflé le commerce du thon rouge au port de Saint-Jean-de-Luz pour échapper aux contrôles.

Ils auraient notamment dissimulé les prises et les ventes de thon rouge en le rebaptisant "patudo", un thon obèse assez similaire au thon rouge, moins cher et soumis à des quotas beaucoup moins drastiques. En estimant qu'aucune preuve matérielle n'avait été apportée pour démontrer la fraude, la défense avait plaidé la relaxe.

Le 10 novembre dernier, une enquête d'un réseau mondial de journalistes d'investigation accusait la France d'avoir en particulier collaborer avec le marché noir du thon, qui pèserait jusqu'à 4 milliards de dollars, et d'avoir laissé les pêcheurs dépasser leurs quotas de pêche entre 1998 et 2007

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Le 17 novembre 2010

Cher thon rouge (CLPM Le Guilvinec)

Le thon rouge nous concerne, certes d’une manière plus indirecte que les poissons de fond, mais qui sait de quoi l’avenir sera fait ? En tant que citoyen-pêcheur, nous avons de toute façon notre mot à dire. L’institut océanographique de Monaco dont un des bâtiments se trouve dans le 5ième arrondissement à Paris ( le Centre de la Mer) tenait le 16 novembre 2010, de 17 à 20 heures, une conférence préparatoire à la réunion de l’Iccat qui doit se tenir à Paris cette semaine.......

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18 novembre 2010 : Les premiers senneurs à pêcher le thon rouge ne sont pas les méditerranéens mais bien les norvégiens dans les années 1950/1960 (voir carte ci-dessus)

Sauvegarde du thon rouge : un sommet décisif s’ouvre à Paris (Actu-Environnement)

La 17ème réunion extraordinaire de la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique (CICTA/ICCAT) a dix jours pour décider du sort du thon rouge de l’Atlantique, espèce menacée.

Le stock Est-Atlantique de thon rouge (Thunnus Thynnus) est pêché depuis l’Antiquité en Méditerranée. La pêche à la madrague fait partie de la culture méditerranéenne ; elle a permis de fonder de nombreux villages et cités. Jusqu’au XIXe siècle, les hommes ont cru les océans sans limites. Dès le XIVe siècle, les pêcheurs français avaient été frappés par la fécondité des harengs. Alexandre Dumas, quelques siècles plus tard, évoquait ces océans sur lesquels on pouvait marcher. Cette illusion de surabondance perdure, malgré l’effondrement des stocks en Atlantique ouest il y a trente ans et leur déplétion en Méditerranée. Le thon rouge, espèce naguère abondante, est aujourd’hui au bord de l’extinction. L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) l’a classée en danger critique.

Car les techniques ont évolué. Apparue à la fin des années 1980, la pêche à la senne s’est développée à grande vitesse, "avec l’aide du contribuable européen", rappelle la présidente du WWF France, Isabelle Autissier, lors d’un séminaire co-organisé le 16 novembre à Paris par le Pew Environnement Group, et l’Institut du développement durable et des relations internationales (IDDRI). La machine s’est emballée. Avec seulement 17 thoniers senneurs (dont les filets coulissants peuvent capturer jusqu’à 200 tonnes de poisson en une prise), la France a dépassé de 5.000 tonnes en 2007 son quota de capture de thon rouge, tandis que la pêche artisanale agonise.

Dans cette guerre industrielle, l’Union européenne se taille la part du lion. En Méditerranée, la France, l’Espagne, l’Italie et Malte pêchent le plus de jeunes thons rouges, engraissés dans des fermes, situées pour la plupart en Croatie, puis revendus sur le marché japonais. Pour Rémi Parmentier, conseiller de Pew Environnement, "l’empreinte écologique de l’Union européenne sur la biodiversité marine est comparable, par sa magnitude, à l’empreinte écologique des Etats-Unis sur le climat".

Une guerre industrielle - Pour les ONG, l’enjeu de ce 17ème sommet de la CICTA est crucial. Le Pew Environment Group, le WWF, Greenpeace et Oceana demandent aux 48 pays de la CICTA de suspendre la pêche au thon rouge de l’Atlantique des deux côtés de l’océan jusqu’au rétablissement des stocks, et l’abolition de la pêche illicite en Méditerranée. De son côté, la CICTA se fonde sur des calculs de probabilité et de coûts-bénéfices : le niveau supportable de captures est mis en balance avec les bénéfices escomptés de l’industrie. "Autrement dit, les politiciens décident, en fonction de profits à court terme, quel risque se justifie pour les biotopes et les écosystèmes", souligne le Pew dans un communiqué…..

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Thon rouge : décryptage juridique d'un problème écologique (Arnaud Gossement)

Les représentants de 48 Etats se réunissent aujourd'hui et jusqu'au 27 novembre à Paris pour définir les quotas de pêche au thon rouge pour 2011, à l'occasion de la réunion de la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique (CICTA). Au lendemain de l'accord vert pâle de Nagoya et alors que la Mer a quitté le Ministère de l'écologie, le thon devrait voir rouge.

Concrètement, les Etats pêcheurs européens (France, Italie, Espagne) souhaitent un quota stable en 2011, soit 13500 tonnes alors que la Commissaire européenne à la Pêche, Maria Damanaki a proposé une réduction dudit quota à 6000 tonnes.

A la veille de la réunion, le Comité national français des pêches a pour sa part appelé au maintien des quotas à 13.500 tonnes, dont 2.022 tonnes pour la France, estimant (AFP) que "descendre en dessous de ces quotas mettrait en péril la pêche française, en détruisant des entreprises et des emplois".

Les principales ONG françaises investies sur ce dossier comme Greenpeance et WWF demandent depuis longtemps un moratoire, soit une interdiction de pêche pour permettre à l'espère de se reconstituer. Les scientifiques de la CICTA estiment de leur côté que le maintien du quota de 2010 permettra la reconstitution du stock de thon rouge d'ici 2022 avec une probabilité de chances de réussite de 60%....et donc un taux d'échec de 40% !...

Que penser de tout ceci ? Qu'une nouvelle fois, il aurait été préférable de ne pas laisser s'installer un conflit entre écologistes et professionnels confrontés à une dégradation de leur outil de travail. La problématique du thon rouge est connue depuis des années, a été portée en justice mais, malheureusement le "courtermisme" a une nouvelle fois frappé...

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Pêche du thon rouge en Méditerranée: une activité sous surveillance (20 Minutes)

Faire respecter les quotas - Pour préserver le thon rouge, des quotas de capture ont été instaurés par la Cicta et la Commission européenne. Au niveau mondial, le quota de pêche pour 2010 est de 13.500 tonnes, dont 2.012 tonnes pour la France (environ 15%). Ce quota concerne les dix-sept thoniers senneurs français pêchant en Méditerranée.

Pour contrôler les prises, la Direction des pêches maritimes et de l’aquaculture (DPMA) au ministère de l’Agriculture et de la Pêche tient un registre. «Quand un navire capture des thons, il en informe la DPMA, explique Etienne Jarry, coordinateur des programmes d’observation chez Cofrepêche. Il donne un relevé avec une estimation de la quantité capturée et demande une autorisation de transfert précisant dans quelle ferme, dans quelle cage et à quel moment le poisson sera transféré. La DPMA a 24 heures pour donner son accord ou refuser, le temps de vérifier où le bateau en est de son quota. Une fois atteints les 80%, le navire est fermé à la pêche», précise Etienne Jarry à 20minutes.fr.

Des observateurs embarqués sur les thoniers - Malgré cet encadrement, les ONG dénoncent des dépassements de quotas fréquents et un marché noir du thon rouge. Le programme régional d’observateurs de la Cicta pour le thon rouge, durant la campagne de pêche du 15 mai au 15 juin 2010, pourrait permettre de repérer les contrevenants. Les observateurs indépendants embarqués dans les thoniers les plus importants (plus de 24 mètres) ont la mission de tenir un journal de tout ce qui se passe sur le bateau, mais aussi de ce qui se passe autour. «Les observateurs notent tous les bateaux qu’ils croisent. En rapprochant ces informations des listes de thoniers autorisés de la Cicta, qui lui rapportent leurs mouvements, on peut en déduire si ce sont des navires litigieux», explique Etienne Jarry. De la même manière, les transferts frauduleux de poissons entre bateaux doivent être rapportés par les observateurs. Audrey Chauvet.

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Alerte au thon rouge : M. Le Maire, cessez de noyer le poisson !

Pour sauver la pêche et les emplois qui y sont liés il faut sauver les ressources halieutiques et en particulier le thon rouge. La France, par la voix de son ministre de l’agriculture, continue pourtant de privilégier une politique de court terme qui programme la disparition totale de l’espèce et des pêcheurs.

En quelques années, le thon rouge est devenu le symbole de l’hyperconsommation des ressources halieutiques, victime d’une sur-pêche qui risque d’entrainer la disparition totale de l’espèce dans 40 ans. Aujourd’hui, le thon rouge de la mer Méditerranée est sans doute le plus menacé car les quotas annuels de pêche sont systématiquement dépassés. En cause, notamment, la pêche illégale destinée à satisfaire le marché japonais qui engloutit 80% du thon rouge pêché en Europe.

Alors qu’aujourd’hui la Commission internationale pour la conservation des thonidés dans l’Atlantique (Cicta) se réunit à Paris, M. le ministre Bruno le Maire continue de nager en eaux troubles. Pris dans les filets des grands lobbies de la sur-pêche industrielle, il refuse d’entendre parler de suspension de la pêche demandée par les ONG, d’arrêt d’exportation ou même d’une simple réduction des quotas qui permettrait de donner une chance de survie au thon rouge.

De plus, cette indéfendable position n’est rien de moins qu’une trahison des engagements pris par la France voilà quelques jours à la convention internationale sur la biodiversité de Nagoya. Elle s’était alors déclarée prête à exploiter de façon durable tous les stocks de poissons d’ici 2020....

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9 Français sur 10 pour une politique de la pêche plus écologique (AFP)

Près de neuf Français sur dix (87%) estiment que les ministres de la Pêche de l'UE devraient agir plus vigoureusement, à travers les quotas de pêche, pour minimiser le risque d'effondrement des stocks de poissons dans les océans, selon un sondage publié jeudi.

Cet avis est largement partagé, dans des proportions similaires, dans les trois autres pays européens où ce sondage a été réalisé: Allemagne, Grande-Bretagne et Pays-Bas.

Le sondage a été réalisé pour le compte de Ocean2012, alliance d'ONG européennes, à l'occasion de la journée mondiale de la pêche vendredi. Plus de 70% des stocks de poissons concernés par la pêche européenne sont victimes de la surpêche et que 20% des prises vont au-delà des limites biologiques durables sûres, souligne Ocean2012. Une cinquantaine d'Etats pêcheurs sont réunis jusqu'au 27 novembre à Paris pour fixer les quotas 2011 pour la pêche au thon rouge, une espèce lucrative au Japon et dont les stocks ont chuté de plus de 80% en 30 ans. Le sondage a été effectué par la société Opinium Research LLP auprès de 4.000 personnes en France, Grande-Bretagne, Allemagne et aux Pays-Bas entre le 28 octobre et le 2 novembre dernier au moyen d'un questionnaire en ligne.

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Thon rouge : les 27 se mettent d'accord (TF1 News)

Alors qu'une cinquantaine de pays ont commencé mercredi à Paris de délicates négociations sur les quotas de pêche au thon rouge, les Européens se sont entendus pour y plaider en faveur d'un quota stable ou légèrement réduit.

Au premier jour de délicates négociations à Paris sur les quotas de pêche au thon rouge, les Européens semblent avoir trouvé un accord. Les 27 se sont entendus pour y plaider en faveur d'un quota stable ou légèrement réduit, selon des diplomates. "Consciente de la situation précaire des stocks de thon rouge et de la nécessité d'une gestion durable" l'Union européenne a trouvé un compromis qui lui "assure une position ambitieuse et donne aux négociateurs assez de marge de manoeuvre pour prendre en compte les dynamiques sur place", a estimé la présidence belge de l'UE dans un communiqué.

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Sauvegarde du thon rouge : 10 jours pour décider (Science-Ethique)

La Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique tient depuis hier sa 17e réunion extraordinaire à Paris : une rencontre importante de 10 jours (17 au 27 novembre) pour déterminer la politique à suivre et prendre les décisions réglementaires et techniques pour la pêche au thon. C’est la première fois que la France accueille la réunion extraordinaire de l’ICCAT - regroupant les 48 parties contractantes -. Près de 500 conférenciers vont siéger pour déterminer les quotas de pêche, notamment sur le thon rouge, (dont les stocks ont chuté de 85% en 30 ans. ) mais aussi les manières d’exercer les contrôles, les plans de gestion pour des espèces comme l’espadon, le requin….

Cette conférence intervient après la conférence de la Cites (Convention de l’Onu sur le commerce international des espèces sauvages menacées d’extinction) tenue en mars dernier, et la question des réserves de cette espèce menacée est de nouveau sur le devant de la scène.

François Gauthiez, le directeur adjoint des Aires marines protégées - qui était intervenu aux entretiens Science et Ethique 2010 (voir son intervention ICI) a été nommé parPhilippe Mauguin, directeur des pêches maritimes et de l’aquaculture, ministère de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche responsable d’un groupe de travail sur le thon.....

A la veille de la réunion, le Comité national français des pêches a appelé au maintien des quotas à 13.500 tonnes, dont 2.022 tonnes pour la France, estimant que «descendre en dessous de ces quotas mettrait en péril la pêche française, en détruisant des entreprises et des emplois».

S’agissant des techniques de pêche à la senne, apparues à la fin des années 1980, Isabelle Autissier, présidente du WWF France, indiquait qu’elle s’est développée, "avec l’aide du contribuable européen", lors d’un séminaire co-organisé le 16 novembre à Paris par le Pew Environnement Group (3è Think Tank US et financeur de Greenpeace), et l’Institut du développement durable et des relations internationales (IDDRI). Pour Rémi Parmentier, conseiller de Pew Environnement, "l’empreinte écologique de l’Union européenne sur la biodiversité marine est comparable, par sa magnitude, à l’empreinte écologique des Etats-Unis sur le climat".

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Ecologistes et pays pêcheurs se livrent bataille sur le thon rouge à Paris (Sciences et avenir)

Les quatre principales ONG internationales ont lancé un appel commun mardi à la suspension de la pêche industrielle du thon rouge lors de la réunion de 48 pays pêcheurs de thonidés dans l'Atlantique qui s'ouvre mercredi à Paris. (c) Afp

Les écologistes, défenseurs de la réduction, voire de l'arrêt, de la pêche au thon rouge menacé et les pays pêcheurs comme la France et l'Espagne, partisans du maintien des quotas en 2011, vont se livrer bataille à partir de mercredi à Paris.

Les 48 membres de la Commission internationale pour la conservation des thonidés dans l'Atlantique (CICTA, ICCAT en anglais), l'instance de régulation de la pêche, se réunissent jusqu'au 27 novembre dans la capitale française, où ils doivent notamment fixer les quotas de pêche du thon rouge, objet d'un marché particulièrement lucratif au Japon. "Cette réunion sera un test très important pour la crédibilité de la CICTA", a souligné à l'AFP Michael Hirschfield, responsable scientifique de l'ONG américaine Oceana.

Mardi, le Comité national français des pêches a demandé un maintien des quota de prise de thon rouge à 13.500 tonnes/an pour tous les pays concernés, dont 2.022 tonnes pour la France. De leur côté, quatre grandes ONG internationales - Greenpeace, le WWF, Pew et Oceana - ont lancé mardi un appel commun à la CICTA pour qu'elle se prononce en faveur de la suspension de la pêche industrielle du thon rouge.

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Les thons rouges de Méditerranée sous surveillance périgourdine (La Provence)

Périgord Travail Aérien (PTA), petite entreprise aéronautique de Périgueux (Dordogne), a participé de mai à septembre aux observations et au comptage des thons rouges en Méditerranée. Cette base de données servira à établir les quotas de pêche pour 2011 de cette espèce menacée d'extinction et dont le stock a baissé de 75% en un demi-siècle…..

Jean-Claude Rigal, créateur de PTA en 1998 sur le site de l'aéroport de Périgueux-Bassillac, pratique l'observation des poissons depuis déjà de nombreuses années, notamment les thonidés pour le compte de l'Ifremer (Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer) depuis 2003, ce qui lui a valu d'être choisi par l'Iccat avec deux autres opérateurs espagnol et italien. "Grâce à cette expérience, nous avons été chargés de constituer deux équipes opérationnelles et une en réserve avec un pilote, un scientifique spécialisé et un observateur expérimenté dans la pêche", précise le fondateur de PTA qui a mis à disposition ses avions Cessna 337, des bimoteurs à six places qui ont une autonomie en vol de huit heures. Lors de chaque mission, le tracé du vol, les quantités observées et toutes les données scientifiques ont été stockées sur ordinateur. De nombreuses photos ont été prises. Au total, ce sont 140 heures de vol, à partir de Malte et de Chypre, qui ont été nécessaires, non sans difficultés.

"La Lybie a refusé au dernier moment les autorisations de survol de sa zone alors que c'est une des plus poissonneuses. On a eu aussi des problèmes avec la Turquie mais Ankara a finalement accepté grâce au travail de la diplomatie française et en Israël il n'a pas été possible de survoler la zone qui était sous embargo. Enfin, en Egypte, on nous a refusé les vols à basse altitude", raconte Jean-Claude Rigal. Pour PTA, cette première expérience se veut un coup d'essai et Jean-Claude Rigal espère être à nouveau choisi l'année prochaine par l'Iccat. "Nous sommes les seuls en France à faire ça. En plus, pour nous, c'est un bol d'oxygène. Nous avons failli tirer le rideau en 2006 avec l'arrivée des quotas, alors que notre activité principale était l'observation et le repérage des bancs de poissons pour les pêcheurs privés", poursuit le chef d'entreprise. "C'est un peu le chasseur qui devient garde-chasse", plaisante-t-il….

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Le 19 novembre 2010 : Le contrôle de la marchandise pose question ?

L'avenir du thon rouge se joue cette semaine (Novethic)

La Commission pour la conservation des thonidés se réunit du 17 au 27 novembre à Paris pour fixer les futurs quotas de pêche alloués aux thoniers méditerranéens. Cette réunion extraordinaire est déterminante pour éviter l'effondrement du stock et protéger l'avenir du thon rouge….

Le comité scientifique justifie ce taux de 13 500 tonnes comme étant le seuil minimal permettant d’atteindre un état durable du stock en 2022, avec une probabilité de 63%. Une marge d’erreur jugée trop risquée par les écologistes. D’autant que de l’avis même de ces experts, les données scientifiques dont ils disposent présentent de fortes incertitudes.

Des données scientifiques peu fiables pour évaluer les stocks - Fournies par l’industrie de la pêche, ces données sont incomplètes et ne permettraient pas d’évaluer correctement l’état du stock. C’est en tout cas le constat dressé par Roberto Mielgo Bregazzi, Directeur du cabinet indépendant Advanced Tuna Ranching Technologies, qui considère que « le dernier rapport du comité scientifique est un monument de la science vaudou, truffé d’incertitudes. » La Cicta a pourtant mis en place un système de suivi de chaque thon rouge, depuis sa capture, son transfert par cage en mer, son arrivée dans une ferme d’engraissement jusqu’à son abattage et son exportation. Roberto Mielgo, qui a analysé ces documents, révèle que « la moitié d’entre eux sont incomplets ! Il manque soit le tonnage, soit le nom du bateau. Plusieurs captures se retrouvent même sous un même numéro … » Le président de la Cicta le reconnaît, il reste des efforts à faire. Il propose d’ailleurs la mise en place d’un suivi électronique de chaque thon rouge capturé, dont les données seraient accessibles à tous.

Les ONG appellent à une suspension de la pêche industrielle - Pour les ONG Greenpeace, Oceana, WWF et le Groupe Pew Environnement la surpêche est en partie responsable de ces déficiences. D’après François Chartier, chargé de la campagne Océans de Greenpeace France, « il existe un système de tricherie sur les déclarations de pêche depuis la création de la filière d’engraissement il y a plus de 20 ans. Le système de contrôle des captures coûte cher et ne fonctionne pas. » Face à l’urgence, la question de la fiabilité des données scientifiques est donc aujourd’hui dépassée. Leur message est sans équivoque : la pêche industrielle du thon rouge est devenue incontrôlable et doit être suspendue. Comme le rappelle Maria José Cornax, chargée de la campagne Pêcheries d’Oceana, « en 2007, le comité scientifique de la Cicta estimait la surpêche à 61 000 tonnes, alors même que le total admissible de capture s’élevait à 29 500 tonnes. Face à la surcapacité des thoniers senneurs méditerranéens, promue par l’Union Européenne à grand renforts de subventions, le thon rouge est sans avenir. » Les ONG, de leur côté, recommandent un quota maximum de 6 000 tonnes, alloué exclusivement à la pêche artisanale.

Pourtant, si l’UE veut respecter l’engagement qu’elle s’est fixé de « reconstituer un stock durable pour 2020 », le seul moyen d’y parvenir serait de « cesser la pêche », selon Roberto Mielgo Bregazzi. D’après lui, « le quota de 13 500 tonnes correspond en réalité au seuil minimal de viabilité économique de la filière. Les ténors de cette imposture, Bruno Le Maire en tête, oublient de façon éhontée que leur propos violent la législation européenne. » Les récentes déclarations du ministre de l’agriculture en faveur du quota de 13 500 tonnes déçoivent effectivement les défenseurs de l’environnement, qui dénoncent une posture contradictoire avec les engagements pris dans le cadre du Grenelle, et le soutien français de l’inscription du thon rouge en annexe 1 de la Cites et mars dernier (voir article lié).

L’objectif de reconstitution du stock thon rouge d’ici 2015 fixé lors du sommet de Johannesburg en 2002 est aujourd’hui clairement inatteignable. Mais le succès du sommet de Nagoya sur la biodiversité est encore présent dans les esprits. La communauté internationale restera-t-elle sur sa lancée ? Anne Farthouat

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Le Japon, premier consommateur de thon rouge, réclame des contrôles sévères (Midi libre)

Le Japon, qui absorbe 80% des thons rouges pêchés en Méditerranée, a réclamé vendredi, lors d'une réunion des pays pêcheurs à Paris, des contrôles plus sévères pour enrayer la pêche illégale et le marché noir de cette espèce dont les stocks ont chuté de façon vertigineuse.

Tokyo insiste sur la traçabilité de chaque thon rouge arrivant sur ce marché très lucratif compte tenu de l'engouement nippon pour la chair raffinée de ce poisson, très recherché pour les suhsis et sashimis, dont le prix peut atteindre plus de 100.000 euros aux enchères.

Les ONG environnementales ont salué ces annonces, mais ont cependant appelé les dirigeants de l'archipel à passer de la parole aux actes.

La délégation japonaise, dirigée par Masanori Miyahara, à la réunion de la Commission pour la conservation des thonidés de l'Atlantique (CICTA) a proposé d'interdire dès 2011 la pêche aux flottes qui ne présenteraient pas de plan spécifique de prévention de la fraude.

"Avant que la pêche ne commence, chaque pays devrait apporter la preuve de sa capacité à respecter les règles et présenter un plan spécifique en ce sens pour la saison de pêche 2011", a suggéré M. Miyahara.Si les plans présentés s'avéraient insuffisants et n'étaient pas approuvés par le comité de contrôle de la CICTA, alors "le pays en question ne devrait pas pouvoir pêcher en 2011", a-t-il ajouté. Il a précisé que son pays avait refusé cette année, en une seule livraison, plus de 3.000 tonnes de thon rouge venant de la Méditerranée, car ils ne présentaient pas les documents légaux nécessaires…..

L'Union européenne préconise un maintien ou une réduction "partielle" des quotas. Les 27, très divisés sur cette question, se sont mis d'accord pour négocier des quotas situés entre 13.500 tonnes (niveau actuel) et 11.500 tonnes, selon des sources diplomatiques.

Pour le chef de la délégation de l'UE, Pierre Amilhat, la situation est claire: il y a actuellement "trop de bateaux et pas assez de poissons". "Les décisions que nous devons prendre peuvent s'avérer difficiles pour les pêcheurs mais ils comprendront que ces décisions à court terme serviront leurs intérêts à long terme", a-t-il prévenu.

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Le 20 novembre 2010

Communiqué de presse de Robin des bois : Liberté de Thon n°1

Commission Internationale pour la Conservation des Thonidés de l’Atlantique et des eaux adjacentes– CICTA.

17-27 novembre, Paris.

Le Japon voit rouge.

Le Japon dans les premières heures de la réunion s’est montré intraitable sur l’origine et la traçabilité du thon rouge dont il est au monde le principal consommateur. La délégation japonaise a démoli le système de suivi et de contrôle mis au point par la CICTA et appliqué par les Etats-pêcheurs. Les pays exportateurs ont été soigneusement mis sur le banc d’accusation. Selon le Japon, la pêche au thon rouge en Méditerranée est dans l’illégalité. Par miracle, tous les thons capturés pèsent 31 à 32 kg ; le poids minimal réglementaire est de 30 kg. Le Japon estime que la moitié des thons rouges capturés pèsent moins de 30 kg. Il s’amuse de ce que la compilation de 17 B.C.D., (Bluefin Catch Document, déclaration de capture de thon rouge), totalise 5.258 thons mis en cage d’engraissement pendant 6 mois et qu’il en ressort 6.350. De la capture en Méditerranée au marché aux poissons de Tokyo, la liste est longue des embrouilles et des infractions. La mortalité des thons pendant les différents transports que subissent les spécimens vivants avant l’abattage final n’est pas comptabilisée. Le parcours du thon capturé dans les filets est en effet très long depuis la zone de pêche jusqu’à la cage d’engraissement distante de 500 à 800 milles nautiques en Espagne, à Malte, en Croatie, en Grèce, en Tunisie. Le convoyage en remorque dans les cages de transit jusqu’à la cage finale d’engraissement peut durer jusqu’à 2 mois et la mortalité atteindre 20 à 25%. Les thons morts pendant le transport disparaissent des quotas de pêche attribués à chaque pays. Ils sont consommés par les équipages et font surtout l’objet d’une commercialisation informelle. L’Etat de la ferme d’engraissement met en cage les thons sans l’autorisation écrite de l’Etat du pavillon du remorqueur. Précisons que cette anomalie n’a rien d’étonnante quand des remorqueurs immatriculés au Honduras, pavillon noir de la communauté maritime, sont utilisés par des pays de l’Union Européenne pour convoyer les thons vers leurs fermes d’engraissement. Le Japon estime que la fermeture des fermes marines deviendra nécessaire si des mesures additionnelles de contrôle et de suivi ne viennent pas contrarier les mauvaises habitudes et la routine. Le principal consommateur de thon rouge exige que la CICTA interdise les opérations de pêche conjointe qui mobilisent plusieurs navires battant pavillon de plusieurs Etats. Il demande à ses fournisseurs que chaque ferme marine suive statistiquement le grossissement des thons capturés et communique les résultats. Le Japon estime aussi qu’un autre point capital est l’embarquement d’observateurs internationaux à bord des remorqueurs qui font le lien entre les navires de pêche et les fermes marines.

« Si vos pêches sont mal documentées, ne les exportez pas » lance le Japon aux délégations de l’Union Européenne et de l’Afrique du Nord, estomaquées. La posture de consommateur responsable du Japon est louable ; il serait utile qu’elle s’étende avec autant de détails et de rigueur à la chasse à la baleine que la flotte japonaise s’apprête une nouvelle fois à mener en Antarctique (voir communiqué Robin des Bois) et à la commercialisation des viandes.

Des observateurs dans l’incapacité d’observer.

Pendant ces deux premières journées de la réunion extraordinaire de la CICTA consacrés aux non conformités aux règles et résolutions qu’elle entend faire appliquer, un premier bilan a été fait sur le fonctionnement du programme d’observateurs internationaux embarqués à bord des navires de pêche et dans les fermes marines.

La pêche hauturière aux thons rouges en Méditerranée se pratique avec des sennes, longs filets coulissants. 68 senneurs sur 93 ont fait l’objet d’une rapide inspection des équipements de sécurité. 13 navires étaient dépourvus de radeaux de survie, 3 étaient équipés de radeaux de sauvetage de capacité insuffisante, 1 était équipé d’un engin de sauvetage périmé, 3 n’avaient pas de gilets de sauvetage en quantité suffisante et 35 étaient dépourvus de balises de détresse, autant d’infractions à la Convention maritime SOLAS pour la sauvegarde de la vie humaine en mer. Ces constatations navrantes ont été réalisées pendant la campagne de pêche 2010 ! Elles confirment la déchéance sociale des marins-pêcheurs en Méditerranée, la négligence des armateurs et des inspections de sécurité dans les ports.

Pour ce qui est du comptage, pilier du plan de restauration du stock de thons rouges et instrument déterminant de la vérification des quotas attribués à chaque Etat, le tableau n’est guère plus rassurant. Il s’avère plus difficile de compter les thons capturés et transférés des sennes vers les cages de transit puis des cages de transit vers les cages d’engraissement que de compter les manifestants entre la place de la République et la place de la Bastille. « Tous les observateurs disent qu’il est impossible de faire une estimation visuelle du nombre de thons capturés ». A la différence des techniques de pêche conventionnelles, les poissons restent dans l’eau et les thoniers n’ont pas d’équipement permettant d’évaluer d’une manière fiable le nombre et le poids des captures. Le transfert des thons entre la senne et la cage de transit avec l’assistance de plongeurs faisant office de gardiens de prison constitue la meilleure séquence d’observation mais les thons ne passent pas un par un et dans la première phase du transfert qui dure pendant une heure, ils nagent dans les deux sens, de la senne vers la cage et de la cage vers la senne. Seuls des enregistrements vidéo de haute qualité permettraient après examen minutieux et dans le cadre d’une méthodologie numérique éprouvée de délivrer une estimation fiable de la quantité de thons et de leur poids. La vidéosurveillance est gérée depuis le remorqueur ou le navire auxiliaire des plongeurs. Dans les circonstances habituelles, ils quittent les lieux dès que l’opération est terminée et les observateurs ne sont pas toujours, loin de là, en capacité d’obtenir des copies des vidéos de transfert. Ils se contentent donc des vidéos de l’action de pêche, quand elles existent et qu’elles sont de bonne qualité.

Plusieurs délégations – Tunisie, Libye, Turquie, Maroc – qualifient en retour les observateurs de touristes, d’amateurs, de menteurs, de perturbateurs incapables de rendre dans des délais raisonnables des rapports clairs et étayés. Elles sont appuyées en ce sens par la Croatie et la Mauritanie qui s’étonne que des étudiants non assermentés prétendent relever des infractions présumées.

Le programme d’observateurs embarqués pour contrôler les actions de pêche et le va et vient des différents maillons de la filière thon rouge en Méditerranée est fortement critiqué. L’Union Européenne et les Etats-Unis reconnaissent que le système est perfectible, que les voies de progrès sont nombreuses ; ils insistent cependant sur l’absolue nécessité de maintenir le dispositif – le sort du programme d’observation sera décidé ultérieurement et probablement soumis à un vote. « Le programme d’observateurs, ça devient un cauchemar pour le gouvernement du Japon ; comment on va s’en sortir pour y voir clair à la fin de l’année quand les thons engraissé vont arriver sur notre marché »

Une nouvelle grande ONG : La Libye.....

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Le 22 novembre 2010

La Tunisie défend son quota de thon rouge (AfricanManager)

Une délégation tunisienne participe actuellement à Paris aux réunions de la commission pour la conservation des thonidés de l'Atlantique (CICTA) qui doit fixer d'ici au 27 novembre les quotas de pêche de thon rouge, dont les stocks ont chuté de 75% en un demi-siècle, pour l'année 2011. Les plénipotentiaires tunisiens qui représentent l’administration et la profession s’emploient à défendre le quota de la profession qui est de 1064 tonnes pour 2010, soit un recul d’environ 40% par rapport à 2009. Le directeur général de la pêche au ministère de l’Agriculture, Hachemi Missaoui, a , dans une déclaration au journal « Assabah », exprimé l’espoir que le quota de la Tunisie sera maintenu ou, au pire, réduit dans des proportions raisonnables prenant en compte les intérêts de la profession dans le cadre de solutions consensuelles. Le dossier plaidé par la Tunisie comprend des rapports exhaustifs et précis sur l’évaluation de la saison 2010 et la conformité des armateurs tunisiens aux normes établies par la CICTA.

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Le 24 novembre 2010

Thon rouge : la voix des pêcheurs artisans (L’Encre de Mer)

Incompréhension : En septembre dernier, la mer regorgeait de thons. De mémoire de pêcheur, je n’en avais jamais vu autant ; si on laisse faire, d’ici 4 à 5 ans, ils arriveront au bord des côtes comme du temps des madragues.

Fin avril, début mai, ils étaient même dans les plages, dans la baie des Sablettes. Il parait qu’on les voyait aussi du sémaphore de Villefranche. Ils n’avaient jamais vu autant de poissons sous leurs pieds !

Au printemps, dans la baie de Sanary, ils étaient en-dedans du Rouveau (petite île qui ferme la rade). En juillet, on a bien pêché ; en août, nous avons eu du mauvais temps, et en septembre, il n’y avait plus de quotas. Le marché local était demandeur et on avait l’interdiction de le pêcher car notre quota était atteint ».

NB : Le quota global pour les pêcheurs artisans de Méditerranée française est de 98 tonnes pour 80 bateaux (160 familles environ)

Injustice :

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Thon rouge : de la thonaille à la canne, bilan négatif pour les artisans et l’environnement (L’Encre de Mer)

Les détails d’une reconversion par un pêcheur artisan

Avec l’interdiction de la thonaille, nous nous sommes reconvertis à la canne. Nous avons 8 cannes à bord et pêchons à la traîne, à une vitesse de 8 nœuds. Chaque poisson est remonté à bord au fur et à mesure de sa capture. Nous avons perdu 50% de nos captures et de notre chiffre d’affaire par rapport à la thonaille. Déjà, nous ne prenons plus les prises accessoires : espadon, grande castagnole. Quant au germon, il a disparu avec l’augmentation du thon rouge. Nous pouvons, en principe, travailler 3 à 4 mois. L’été dernier, nous avons bien pêché en juillet. Au mois d’août, il y avait mauvais temps. En septembre, notre quota était épuisé. Pour être rentable, il nous faudrait un quota de 10 tonnes par bateau (bateau de moins de 12m, 2 à 3 hommes à bord). Une tonne de poissons, cela paie tout juste le gas-oil.

Avec la thonaille, on travaillait d’avril-mai à octobre. On était un peu plus limité par le mauvais temps et la lune mais les captures étaient plus importantes : de 20-30 à parfois 100 poissons dont des espadons et des grandes castagnoles, avec des filets de 2500 m. C’était suffisant, et bien diversifié, pour le marché local. La moitié se vendait à quai et le surplus aux mareyeurs. A la canne, on prend en moyenne 20 poissons et uniquement du thon. Il doit rester 9 bateaux à faire ce métier, dans le Var et les Alpes-Maritimes….

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Thon rouge, espadon, dorade rose… : pour une réglementation qui colle au terrain (L’Encre de mer)

Cibler les capacités de pêche et les droits d’usage, s’adapter en continue au territoire

"La réglementation prud’homale a toujours ciblé les capacités de pêche et les droits d’usage. Il faut une réglementation qui n’entraîne pas de rejets inutiles et qui s’adapte, dans le temps, aux conditions de pêche sur le territoire. L’an dernier, nous n’avons pas pu prendre de merlus. C’est une pêche qui se pratique au large, il y a eu beaucoup de mauvais temps, les poissons ne se regroupaient pas, il y avait trop de courant pour pêcher… On doit pouvoir s’adapter à notre environnement immédiat. Ce n’est pas gérable de Bruxelles…"

Des règles applicables et justes

"C’est comme la taille minimale de la dorade rose qui est passée du jour au lendemain de 18 à 33 cm ! C’est une espèce sans quotas, ciblée seulement au palangre. 33 cm, cela correspond à des poissons de 500 à 600 g qui sont difficiles à vendre à la clientèle. Le plus demandé, c’est des poissons de 200 à 300 g, soit 25 cm environ. Ca se joue à très peu. Une taille de 25 cm serait raisonnable d’autant plus que ce poisson est pêché à 300 m de fond et qu’il est mort quand il remonte à bord. Encore une fois, on doit rejeter du poisson mort…. Ce qui est incompréhensible, c’est qu’il est surtout ciblé en Atlantique (en grande quantité par les pélagiques) et que, là-bas, la taille minimale est de 25 cm ! Nos mareyeurs font venir d’Atlantique des poissons de plus petite taille…"

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Thon rouge: les fermes d'engraissement au coeur du système (AFP)

Face aux écologistes réclamant la suspension de la pêche industrielle du thon rouge en Méditerranée, les fermes marines, alimentées par ces navires pour y engraisser ce poisson emblématique, mettent en avant leur "transparence" et affirment protéger les stocks à leur manière. La pêche à la senne, avec des navires allant jusqu'à 40 mètres, sert surtout à alimenter cette aquaculture développée depuis les années 1990 en Méditerranée, Adriatique et dans le Golfe du Mexique. Les thons sont pêchés par centaines de tonnes dans des filets coulissants sur leurs zones de frai où ils migrent en masse pour se reproduire.

Les fermes marines engraissent les jeunes thons rouges de six mois à trois ans pour qu'ils aient la couleur et la teneur en graisse correspondant parfaitement à la demande des gourmets japonais, prêts à payer des dizaines de milliers d'euros pour sa chair raffinée à consommer crue en sushi et sashimi. "Nous engraissons les poissons jusqu'à ce qu'ils atteignent 500 voir 1.000% de leur poids d'origine" à leur arrivée dans les cages précise à l'AFP Karl Petur Jonsson, responsable communication de l'Atlantis Group, société islandaise propriétaire d'une ferme à Zadar (Croatie) sur l'Adriatique. Les poissons y sont engraissés puis surgelés et revendus au Japon et aux Etats-Unis essentiellement, ajoute ce délégué de la Fédération européenne des producteurs d'aquaculture, qui a un statut d'observateur à la réunion de la Commission pour la conservation des thonidés de l'Atlantique (CICTA) qui se tient actuellement à Paris. "Comme les thons pèsent 10 ou 12 kg quand on les mets en cage, et que nous les élevons jusqu'à ce qu'ils fassent 90 kg, nous créons donc dix fois plus de biomasse que ce que nous extrayons de la mer", explique Miro Mirkovic, responsable de Kali Tuna, la filiale de l'Atlantis Group en Croatie...........

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Le thon en boîte n'est pas toujours celui qu'on croit (AFP)

Près d'un tiers des boîtes de thon en vente sont mal étiquetées ou contiennent un mélange d'espèces dans le même contenant, pratique interdite dans l'UE, selon une nouvelle étude indépendante réalisée pour le compte de Greenpeace.

L'étude porte sur une cinquantaine de marques de thon en boîte venant d'Autriche, d'Australie, d'Allemagne, du Canada, d'Espagne, d'Italie, de Grèce, de Grande-Bretagne, des Pays-Bas, des Etats-Unis, de Nouvelle-Zélande et de Suisse. Au total 165 produits différents ont été soumis aux tests.

Ainsi, certaines des boîtes étiquetées comme étant du thon listao, une espèce très commune dans l'océan indien et le Pacifique, contenaient en fait également du thon obèse et du thon albacore, deux espèces dont les stocks ont connus des déclins massifs ces dernières années.

Cette nouvelle étude a été publiée alors que les pays pêcheurs, y compris ceux de l'Union européenne, membres de la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique, sont réunis jusqu'au 27 novembre à Paris. Ils doivent fixer les quotas de pêche pour 2011 dans le respect d'une gestion durable des ressources halieutiques. "Les entreprises remplissent leurs boîtes de thon avec plusieurs espèces, y compris des juvéniles d'espèces en déclin, alors que les consommateurs s'attendent à juste titre à n'y trouver que des produits issus de pêche durable", a souligné Nina Thuellen, de la campagne océans de Greenpeace. Le mélange des espèces de poissons et la présence de juvéniles victimes de la surpêche sont essentiellement dus à une technique utilisant des objets flottants pour attirer le plus de poissons possible en pleine mer et faciliter la pêche dans d'énormes filets, a-t-elle précisé. Il arrive ainsi que des espèces menacées de tortues et de requins meurent piégées dans ces filets......

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Le 28 novembre 2010

Thon rouge: le quota réduit de 600 tonnes, déception des écologistes (Eitb)

Le quota annuel pour la pêche au thon rouge dans l'est de l'Atlantique et en Méditerranée passe de 13.500 tonnes à 12.900 tonnes pour l'an prochain. La Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique (ICCAT) a décidé samedi d'une baisse modeste de 600 tonnes pour le quota de pêche au thon rouge. Le quota annuel pour la pêche au thon rouge dans l'est de l'Atlantique et en Méditerranée passe de 13.500 tonnes à 12.900 tonnes pour l'an prochain. Le Comité national des pêches estime que "la raison l'a emporté à l'ICCAT". Le gouvernement basque a également salué la décision. Les décisions "ont été adoptées à base d'études scientifiques", garantissant la "soutenabilité" du thon, a estimé le gouvernement basque dans un communiqué.

Les ONG - Greenpeace, Oceana et Pew Environment Group -, par contre, jugent toutes trois que cette restriction est insuffisante, à cause de la surpêche illégale en Méditerranée. "Ce chiffre ne laisse qu'environ 30% de chance au stock de se reconstituer d'ici à 2020", dénonce Greenpeace. Greenpeace observe un "échec sur toute la ligne". Les 12 900 tonnes sont un résultat "déplorable" dans la mesure où ce chiffre "ne laisse qu'environ 30 % de chance au stock de se reconstituer d'ici à 2020, alors que la communauté internationale s'est engagée à ce que tous les stocks de poissons soient exploités de façon durable à cette date, lors de la Convention internationale sur la biodiversité de Nagoya," indique Greenpeace dans un communiqué.

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Echec de l'ICCAT : le thon rouge dans le couloir de la mort ! (Cent pour cent naturel)

Les Etats pêcheurs de thon rouge réunis à Paris ont opté samedi pour une quasistabilité des quotas de pêche pour 2011 ! Après dix jours de tractations, les 48 membres de la Commission internationale pour la Conservation des thonidés de l'Atlantique (CICTA ou ICCAT) ont abaissé les quotas à 12900 tonnes pour 2011, contre 13500 tonnes en 2010, soit une baisse de 600 tonnes par rapport à 2010, bien loin du maximum de 6 000 tonnes recommandé par les propres scientifiques de l’ICCAT. Les ONG, dont Greenpeace et le WWF, réclamaient une limite à 6000 tonnes ainsi que l'instauration de sanctuaires dans les zones de reproduction.

Greenpeace a déploré dans un communiqué un résultat "déplorable" en contradiction avec l'engagement à ce que tous les stocks de poissons soient exploités de façon durable d'ici à 2020 pris lors d'une récente convention internationale sur la biodiversité de Nagoya. "Une nouvelle fois, les délégations ne se sont pas préoccupées d'assurer la sauvegarde d'une espèce emblématique et menacée", a déclaré François Chartier, chargé de campagne Océans de Greenpeace. Pour Greenpeace, la réunion a "conduit le thon rouge dans le couloir de la mort"... la décision de la Cicta "démontre que seul prime l'intérêt économique à court terme de la pêche industrielle". Pour le WWF, une fois de plus la Commission Internationale pour la Conservation des Thonidés de l’Atlantique (ICCAT) n’a pas rempli son rôle. « Il est incroyable que cette instance continue à céder aux intérêts à court terme de certains sans se soucier réellement de la pérennité du stock ni de l’avenir de la pêche artisanale » déclarait Isabelle Autissier, Présidente du WWF France.

Quant à elle, l'ONG Oceana qualifie la réunion de l'ICCAT "d'échec massif pour le thon rouge et l'espadon". Pour l'organisation, l'ICCAT a dit "Je ne peux pas".

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Le 28 novembre 2010

Thon rouge : nouvel échec diplomatique pour la France (Cdurable)

Les parties prenantes ont fixé un Total Admissible de Captures (TAC) de 12 900 tonnes pour 2011, soit une baisse de 600 tonnes par rapport à 2010, bien loin du maximum de 6 000 tonnes recommandé par les propres scientifiques de l’ICCAT.

Aucune mesure concernant la protection des zones de reproduction n’a été adoptée malgré de nouveaux éléments scientifiques allant dans ce sens et les prises de position de certains Etats et des ONG environnementales. Malgré des éléments positifs sur le renforcement des contrôles, les problèmes concernant les transferts de poissons vivants n’ont pas été pris en compte et la pêche industrielle à la senne va perdurer bien que cette filière soit incontrôlable. Une fois de plus la Commission Internationale pour la Conservation des Thonidés de l’Atlantique (ICCAT) n’a pas rempli son rôle. "Il est incroyable que cette instance continue à céder aux intérêts à court terme de certains sans se soucier réellement de la pérennité du stock ni de l’avenir de la pêche artisanale" s’indigne la présidente du WWF-France, Isabelle Autissier. "L’ICCAT n’est en rien une instance démocratique. Alors que cette commission est en charge de la gestion d’une ressource commune, les décisions se prennent derrière des portes closes entre diplomates n’ayant pour objectifs que de préserver des intérêts nationaux" a déclaré Charles Braine, Responsable du programme pêche durable au WWF-France. "Quel sort funeste réserve-t-on au thon rouge en cette année internationale de la biodiversité ?" interroge Serge Orru, Directeur général du WWF-France….

La France perd sur tous les fronts : en ne voulant pas donner l’exemple, elle se tire une balle dans le pied car elle sera la seule à avoir un quota drastiquement réduit en 2011. En octobre, la France avait pris la tête d’une fronde contre la commissaire européenne, Mme Damanaki, qui avait proposé un TAC de 6000 tonnes, seul montant permettant de respecter le principe de précaution et la directive cadre « Stratégie pour le milieu marin ». Un TAC de 12 900t peut donc sembler être une victoire pour le gouvernement français. Mais la France, ayant pêché le double de son quota en 2007, a une dette en thons rouges qui s’élève à 1510t pour 2011 et 2012 et qui seront soustraites de son quota, ce qui ne laisse qu’environ 900 tonnes à pêcher pour la France. "Si Bruno Le Maire est réellement soucieux des emplois, il doit absolument donner la priorité à la pêche artisanale ! Contrairement à ce qu’il a fait en 2009 et 2010 quand il a imputé ce remboursement aussi petits métiers alors que, eux, n’avaient pas triché" demande Charles Braine, Chargé de programme pêche durable au WWF-FR…….

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On pêchera un peu moins le thon rouge (Ouest France)

Le quota de pêche passe à 12 900 tonnes contre 13 500 l'an dernier. Les Français seront privés de 80 % de leurs captures. « L'Union européenne a eu une attitude scandaleuse vis-à-vis de nos pêcheurs. » Hier en fin d'après-midi à l'issue de la réunion de l'Iccat (Commission internationale de conservation des thonidés dans l'Atlantique), les membres du Comité national des pêches étaient furieux. Alors que le Maroc avait déposé un amendement de dernière minute permettant d'étaler le remboursement des surpêches françaises de 2007, la Norvège et l'Union européenne s'y sont opposées.

Conséquence : en 2011 et 2012, la France va voir son quota amputé de 1 500 tonnes. « Impossible de faire vivre nos flottilles avec 800 tonnes. Il faut s'attendre à un plan de sortie de flotte », craignent les pêcheurs. En Méditerranée et Atlantique, 200 bateaux sont concernés. Greenpeace estime que ces tonnages « devraient être alloués en priorité aux pêcheurs artisans, et non aux senneurs. La pêche industrielle est seule responsable des dépassements de 2007 ». L'organisation écologiste réclamait l'arrêt de la pêche ou, à défaut, un quota limité à 6 000 tonnes. « En adoptant un quota de 12 900 tonnes, l'Iccat démontre que seul prime l'intérêt économique à court terme. Elle continue de jouer à la roulette russe avec le thon rouge », commente François Chartier, son représentant……

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Le 1 décembre 2010

Thon rouge : incertitude « la plus totale » (Sud-Ouest)

Les quotas sont quasi stables mais les professionnels français doivent rembourser une grosse dette. Les canneurs basques sont inquiets

ONG écologistes et pêcheurs de thon rouge attendaient avec impatience les conclusions de la réunion de la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique (Cicta), qui s'est réunie pendant dix jours jusqu'à samedi à Paris. Au final, personne ne se satisfait de la décision des États pêcheurs de maintenir - quasiment - les quotas de pêche de thon rouge en 2011 (12 900 tonnes contre 13 500 tonnes en 2010). Pour la commissaire européenne à la Pêche, Maria Damanaki, et les ONG, qui demandaient la réduction de moitié des quotas (jusqu'à 6 000 tonnes), c'est un véritable camouflet. « On a conduit le thon rouge dans le couloir de la mort », a même réagi Sue Lieberman, de Greenpeace. Pour le président de la commission thon du Comité national des pêches, Serge Larzabal, la réaction est évidemment différente : « Malgré la pression énorme des ONG, les États ont suivi les recommandations des scientifiques en ne diminuant pas trop les quotas. » Les arguments du ministre de la Pêche Bruno Le Maire ont, semble-t-il, pesé dans ce dossier.

Un quasi-moratoire - Malheureusement pour les professionnels français, la bonne nouvelle fut de courte durée. Car la France doit restituer sa « dette » de thon rouge, suite à des dépassements datant de 2007. « Nous ne nions pas ces dépassements. Mais nous avons proposé de les rembourser sur six ans. Tout le monde était d'accord, sauf la Norvège, qui a suivi l'avis de la Commission européenne. C'est scandaleux », a fustigé Serge Larzabal, en rentrant dimanche à Saint-Jean-de-Luz…..

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5 décembre 2010

Maintien des quotas de pêche au thon rouge : "tous perdants" (Sud-Ouest)

Les quotas sont stables mais les Français doivent rembourser une dette.

ONG écologistes et pêcheurs de thon rouge attendaient beaucoup de la réunion de la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique (Cicta) qui s'est réunie pendant 10 jours jusqu'à samedi à Paris. Au final, personne ne se satisfait de la décision des états pêcheurs de maintenir - quasiment - les quotas de pêche de thon rouge en 2011 (12 900 tonnes contre 13 500 tonnes en 2010). Pour la commissaire européenne à la pêche, Maria Damanaki, et les ONG, qui demandaient la réduction de moitié des quotas (jusqu'à 6 000 tonnes), c'est un véritable camouflet. « On a conduit le thon rouge dans le couloir de la mort », a même réagi Sue Liebermann, à Greenpeace.

Pour le président de la commission thon du Comité national des pêches, Serge Larzabal, la réaction est évidemment différente : « Malgré la pression énorme des ONG, les États ont suivi les recommandations des scientifiques en ne diminuant pas trop les quotas. » Les arguments du ministre de la Pêche, Bruno Le Maire ont semble-t-il pesé dans ce dossier.

Un quasi-moratoire - Malheureusement pour les pêcheurs français, la bonne nouvelle fut de courte durée. Car la France va devoir restituer sa « dette » de thon suite à des dépassements datant de 2007. « Nous ne nions pas cette dette. Mais nous avons proposé de la rembourser en l'étalant sur six ans. Tout le monde était d'accord sauf la Norvège qui a suivi l'avis de la commission européenne. C'est scandaleux », ajoute Serge Larzabal en rentrant dimanche à Saint-Jean-de-Luz…

Qui va faire les frais de cette diminution des quotas ? Certains senneurs de Méditerranée ont déjà prévu d'envoyer leurs navires à la casse. Et pour les pêcheurs traditionnels, comme les ligneurs basques ? « On ne sait pas encore. Le dépassement a été causé par les grosses embarcations. Il n'y a pas de raison que les métiers de l'hameçon (palangriers, ligneurs) en fassent les frais. Des décisions vont devoir être prises dans les mois qui arrivent. »...

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Le 6 décembre 2010

Marché mondial du thon rouge : Le quota Algérie, objet de toutes les convoitises (El Watan)

La monde associatif militant pour la défense de la nature et d’autres causes en Algérie est appelé à adhérer à la mobilisation accrue, observée ces derniers jours, un peu partout dans le monde, autour de la lutte contre la surpêche et la surexploitation du thon rouge.

En effet, l’Association nationale de protection de l’environnement et de lutte contre la pollution (ANPEP) vient d’être saisie par le réseau citoyen mondial Avaaz à l’effet de s’allier aux actions de sensibilisation engagées depuis le 17 novembre, date coïncidant avec la tenue, à Paris, du 17 au 27 novembre, de la 17e réunion extraordinaire de la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique ICCAT. «Le thon rouge est menacé de disparition. Ce poisson majestueux est au cœur de la chaîne alimentaire marine - sans lui, les écosystèmes océaniques pourraient s'effondrer. Mais le sommet crucial de Paris pourrait être l'occasion unique d'obtenir un plan vital pour la survie de l'espèce, si nous nous mobilisons partout dans le monde», prévient le réseau Avaaz, fort de près de six millions de membres issus de 13 pays du monde, dans un communiqué parvenu à notre rédaction le week-end dernier.

Un marché informel estimé à 4 milliards de dollars - L’Algérie, comme le reste des pays de l’Atlantique et la Méditerranée dont la population de thon rouge est menacée de disparition totale, est appelée à prendre les mesures nécessaires pour se dépêtrer de l’emprise d’une poignée de puissants pêcheurs industriels qui contrôlent le marché mondial informel, estimé à plus de 4 milliards de dollars, le prix d'un thon pouvant aller jusqu’à 100 000 dollars. Un enjeu autour duquel les intervenants dans la grande pêche industrielle se livrent bataille où l’Algérie a toujours brillé par son absence, car étant «sous-armée» avec une flottille quasi-inexistante. Faisant de son quota annuel, fixé par l’ICCAT, l’objet des convoitises de plus d’un parmi les pays voisins ou autres.

Ainsi, lors de la réunion de Paris, plusieurs pays présents avaient postulé pour les 616 tonnes de thon rouge, représentant le quota de l’Algérie pour la campagne 2011, légitimant leur revendication par son sous-équipement pour ce type de pêche. Et ils ont fini par avoir gain de cause puisque, notre pays n’aura finalement droit qu’à 138 tonnes, les 478 tonnes dont a été amputé son quota pour 2011, ont été partagées entre 4 pays : 300 t pour la Libye, 100 t pour la Turquie, 48 t pour la Croatie et 30 t pour l’Egypte. Interrogés à ce propos, plusieurs hauts responsables du secteur de la pêche, à l’image de Zaïd Ammoura, restent tout de même optimistes quant à une reprise effective de la pêche au thon rouge dans notre pays avec le renforcement attendu de sa flottille. Ce qui va permettre aux pêcheurs nationaux de mettre à profit le savoir faire capitalisé auprès des étrangers. Et pour cause, expliquent-ils, contrairement aux précédentes années quand les étrangers étaient autorisés à intervenir dans les eaux sous juridiction nationale pour ce type de pêche, notre pays a, depuis 2010, la possibilité de pêcher le thon rouge avec les quotas arrêtés par l’ICCAT mais, sans pouvoir l’exporter, la production devant être exclusivement destinée à la satisfaction du marché national. Partant, les thoniers étrangers ont été exclus de la pêche du thon rouge au large de nos côtes…..

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Le 10 décembre 2010 : Algérie dépouillée de son quota pour une question de visa

Révélations du ministre de la Pêche (TSA) : Thon rouge : « l’Algérie n’a pas pu défendre son quota pour faute de visas » français

Le quota de pêche de thon rouge attribué à l’Algérie pour 2011 sera de 138 tonnes seulement. C’est presque cinq fois moins qu’en 2010 avec un quota de 680 tonnes. « Cette année, nous n’avons pas été présents à la réunion de l’ICCAT faute de visas. Nos deux représentants n’ont pas pu avoir les visas à temps de la part du consulat de France», a déclaré jeudi , Abdallah Khenafou, ministre de la Pêche et des ressources halieutiques. Il a pris soin de souligner que les représentants de l’ambassade d’Algérie à Paris étaient présents à la réunion.

Fin novembre 2010, la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique (ICCAT) s’est réunie dans la capitale française pour décider, comme chaque année, des nouveaux quotas de pêche pour certaines espèces menacées dont le thon rouge. L’ICCAT a décidé de réduire de 5 % les quotas à pêcher de poissons passant de 13.500 tonnes en 2010 à 12.900 tonnes pour 2011. L’Algérie semble avoir fait les frais d’une telle décision. Surtout que l’Algérie n’a pas pêché entièrement le quota de 680 tonnes alloués cette année en raison du manque de thoniers dans le pays.....

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Le 1 février 2011 : La pêche sportive s'inquiète

Inquiétudes des charters pêche au gros méditerranéens pour 2011 (Communiqué)

Depuis déjà deux ans, les armements de charter pêche au thon en Méditerranée, ont enregistré une baisse sensible de fréquentation due aux mesures drastiques instaurées concernant la pêche au thon. Leurs interventions auprès de leurs administrations de tutelle pour obtenir une dérogation sur la quantité des poissons pêchés afin de pouvoir procéder à un partage entre les pêcheurs de la journée, n’ont eu guère de résultats.

Les amateurs de pêche au gros Méditerranéens se battent pour pouvoir, en fin de journée de pêche, offrir du poisson à leurs clients. On peut se le demander, car il faut savoir que la majeure partie de leurs prises est constituée de thons rouges dont le prélèvement est très sévèrement contrôlé.

Ce que recherche le client d’un charter pêche : Passer une bonne journée en mer dans une ambiance sympathique sur un bateau confortable et surtout comme cela se pratique dans le monde entier, pouvoir garder pour lui en fin de journée, un peu du produit de la pêche du bateau.

Depuis 2 ans déjà, les règlements édictés par la CICTA concernant la protection de la ressource ont mis un frein aux prélèvements.

A l’heure actuelle, les charters pêche sont soumis aux règlements appliqués à la pêche plaisance récréative : un thon rouge par sortie (minimum 1,15 m ou 30 k) avec pose de bague obligatoire. Le Ministère de la Pêche et de l’Agriculture leur a octroyé un quota de 6 T sur les 2500 T du quota français, soit 0,24% de ce dernier.

Il faut savoir que c’est à l’ouest de Marseille que vivent les gros spécimens de thon rouge. Ces poissons sont pêchés « au broumé » bateau ancré. Les charters situés à l’est de Marseille (région Provence-Côte d’Azur) pratiquent dans une zone où le relief sous-marin ne se prête pas à cette technique. Ils pêchent à la traîne, moyen avec lequel les captures de poissons de plus de 30 K sont exceptionnelles. Cela à entraîné une baisse de fréquentation de l’activité : les prises étant insuffisantes, pour le partage entre les clients.

Chaque armement injecte annuellement une moyenne de 700.000 euros dans l’économie locale, ce qui n’est pas négligeable. Pour pérenniser leurs entreprises en fidélisant leur clientèle ils demandent au titre des pêches accessoires (ce qui est déjà accordé au pescatourisme), de pouvoir pêcher au moins 3 poissons sous maille à concurrence de 30 k de poids total par sortie. De cette façon, les thons rouges de plus de 30 k (poids de maturité sexuelle) remis à l’eau, pourraient contribuer avec efficacité, à la protection du stock, et les 30 k prélevés par sortie resteraient conformes aux exigences du quota, l’impact sur la ressource étant négligeable du fait du faible poids du prélèvement.

Louis PROT

http://www.peche-croisiere-charter.com

louis@peche-croisiere-charter.com

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Le 2 mars 2011

Attention au thon piqué aux colorants interdits et vendu dans le commerce (Sud Ouest)

Des sociétés espagnoles injectent des colorants interdits dans le thon bas de gamme pour le faire passer pour du thon rouge

Dans son édition de ce mercredi, Midi Libre révèle que des pratiques frauduleuses "sur le marché européen et français" pour transformer artificiellement le thon ordinaire en thon rouge inquiètent les mareyeurs. Ces transformateurs peu scrupuleux fixent la couleur "dans les longes de thon de mauvaise qualité" en y injectant des colorants puissants.

Deux entreprises de Catalogne sont suspectées par la répression des fraudes et son homologue espagnole qui se sont saisies de l'enquête. Leur but est de vendre du thon bas de gamme et de conserve en le faisant passer pour de la marchandise de qualité. Ils peuvent alors le revendre 18 mois plus tard en steak sur les étals.

En pratique, ils injectent dans le poisson des nitrates, des nitrites et de la bétadine. Un procédé "très difficile à détecter", explique un connaisseur du dossier. "C’est un peu comme si on vendait un vin de table en AOC"….

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Le 3 mars 2011

Maquillage du thon : la vidéo qui accuse (Midi Libre)

La méthode que l'on appellera "bain coréen", révélée par un grossiste, est utilisée pour transformer le thon commun en thon rouge. Une variété prisée par les amateurs. On découvre dans la vidéo, tournée en Corée, la technique utilisée.Les morceaux de poissons sont plongés dans une solution colorante jusqu'à obtenir l'effet souhaité.

Le cocktail de produits chimiques utilisé, est composé entre autres de colorants, d'anti-oxydants et d'additifs chimiques interdits par la réglementation européenne. Un procédé frauduleux qui vient s'ajouter à d'autres techniques en vogue chez les transformateurs peu regardants, notamment espagnols, qui eux aussi fixent artificiellement la couleur du poisson avec des produits chimiques eux aussi interdits.

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Fraude. Scandale du faux thon rouge maquillé : "un mal pour un bien", selon un restaurateur (Midi Libre)

Le procédé peut prendre différentes formes, selon nos informations : le thon frelaté peut être chimiquement modifié par un cocktail contenant de la bétanine - un colorant à base de betterave interdit pour le poisson - et/ou de l'antiseptique Bétadine, parfois accompagnés d'un autre adjuvant. A ce jour, le service des fraudes mène toujours l'enquête. Au lendemain de notre enquête sur le thon commun transformé artificiellement en thon rouge (notre édition d’hier), les réactions sont nombreuses.

Le prud’homme major, Raphaël Scannapiéco, confirme le trafic

Au lendemain de notre enquête sur le thon commun transformé artificiellement en thon rouge (notre édition d’hier), les réactions sont nombreuses. Des restaurateurs sétois se disent « écœurés » par cette pratique qui utiliserait un cocktail chimique à base de nitrates, nitrites et de Bétadine pour “rougir” un poisson bas de gamme, le faire passer pour un poisson de catégorie supérieure et le vendre plus cher. Mais en deçà du prix du marché.

Des mareyeurs s’élèvent contre ces pratiques….

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Le 7 mars 2011

Nous n'irons plus pêcher le thon rouge en Libye (Le Point)

Partenaires de sociétés proches du clan Kadhafi, plusieurs armateurs français risquent aujourd'hui de tout perdre.

Depuis 2004, plusieurs propriétaires de thoniers-senneurs français avaient passé une partie de leur flotte sous pavillon libyen pour accéder aux eaux hyper poissonneuses situées au large du pays de Kadhafi. Chaque printemps, des dizaines de milliers de thons rouges s'y donnent rendez-vous pour une immense bacchanale, plus préoccupés d'amours que de sécurité. Il suffit d'y jeter un filet pour emprisonner jusqu'à cent tonnes d'individus, soit une recette de 600 000 euros (l'an dernier le kilo de thon vivant se vendait entre 4,5 et 7 euros aux fermes d'engraissement) ! Plus fort que le Loto. Les eaux libyennes sont d'autant plus prisées par les pêcheurs qu'elles sont très peu surveillées, d'où un fort soupçon de pêche illégale. Mais qui aurait eu l'audace d'effectuer des contrôles dans la cour de Kadhafi ? Personne. D'autant qu'il est de notoriété publique que son deuxième fils, le fameux Seif el-Islam Kadhafi, avait fourré son nez dans cette pêche miraculeuse.

Avec la révolution libyenne, le pactole risque de se tarir brutalement. Les Scannapieco et Avallone, les deux principaux armateurs sétois à s'être acoquinés avec les Libyens sont inquiets. Déjà, l'organisation Robin des bois vient de dénoncer ces accords en publiant la liste des thoniers-senneurs que ces armateurs ont fait passer sous pavillon libyen : le Jarjaroma, ex-Rosine Arthur, l'AOEA, ex-Jean-Marie Christian II, le Ras Etten ex-Marcal et le Regatta, ex-Jean-Marie Christian. Leur inquiétude est d'autant plus vive que la Libye ne pourra probablement pas disposer de son quota 2011. En effet, occupé sur un autre front, le gouvernement n'a pas rédigé ni transmis à la CICTA le plan de gestion de pêche obligatoire. Il est donc fort probable que la pêche au thon rouge sera fermée en Libye en mai prochain, ce qui est d'autant plus rageant pour les pêcheurs "libyanisés" que Tripoli avait reçu, cette année, un quota bien supérieur à celui de l'an dernier.

Les profits tombent à l'eau - En 2002, le Sétois Janvier Scannapieco est le premier armateur français à jeter ses filets dans les eaux libyennes. Il fait un carton. Dès l'année suivante, alléchés par cette pêche mirifique, d'autres propriétaires français de thoniers mettent le cap sur la Libye. Parmi eux, Jean-Marie Avallone (Médi Pêche), ou encore les frères Giordano. Mais les Libyens ne sont pas fous. Ils ont vite fait de comprendre qu'ils possèdent là une véritable mine d'or... rouge, ils mettent donc en vente des licences de pêche. Cela ne suffit pas. En 2004, Tripoli décide de réserver la capture des thons rouges aux seuls bateaux libyens. Du coup, certains armateurs français (pas les frères Giordano, par exemple) signent des accords avec des sociétés libyennes de pêche, passant leurs plus vieux thoniers-senneurs sous pavillon libyen, mettant sous drapeau français les bateaux hypermodernes construits cette même année 2004 avec des subventions européennes. L'une de ces sociétés libyennes est la Ras Al Hilal Marine Services qui appartiendrait au fils de Kadhafi.

Dès lors, la pêche au thon se pratique en meute par les thoniers libyens et français. Les premiers rabattent le poisson vers les seconds qui, mieux équipés, les capturent. Les tonnages sont ensuite répartis entre les thoniers de façon à pouvoir prétendre à la fois aux quotas français et libyens. Sans compter les milliers de tonnes non déclarées. Pendant quelques années, les entreprises franco-libyennes se goinfrent avec la bénédiction du clan Kadhafi qui reçoit une part du butin. Jusqu'à l'an dernier, quand l'Union européenne interdit aux thoniers français la pêche en meute. Néanmoins, certains observateurs restent persuadés que les captures illégales se poursuivent. En zone libyenne, mais aussi ailleurs. Il existe bien un observateur officiel embarqué à bord de chaque bateau pour surveiller les conditions de pêche, mais comment contrôler les tonnages capturés quand le poisson ne sort jamais de l'eau ? Il est transféré directement depuis la senne qui l'a capturé jusque dans la cage qui le transportera à la ferme d'engraissement. Le comptage se fait par des plongeurs. Les rapports d'après la campagne de 2010 signalent bien l'incapacité des observateurs à... observer.

Soupçons de pêche illégale - S'il est quasi impossible de prendre le pêcheur la main dans le sac, en revanche, la compilation des documents officiels remplis à chaque transfert de poisson laisse apparaître un fort soupçon de triche. Un expert très connu dans ce milieu, mais qui a voulu rester anonyme, a pu consulter ces documents en principe confidentiels. "Curieusement, quand le pêcheur déclare une pêche de 100 tonnes, celle-ci devient 120 tonnes lors de la vente à la ferme d'engraissement, puis 140 tonnes quand le thon est vendu au Japon, puis 160 tonnes quand elle rejoint les entrepôts à Tokyo. Cette inflation du tonnage est bien la preuve qu'il existe une pêche illégale", s'exclame-t-il….

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Sète, port d’attache des bateaux du fils du colonel Kadhafi ? (Midi Libre)

Ils se nomment Dila, Safa ou encore Al Hader. Ils sont immatriculés à Tripoli en Libye et arborent le pavillon vert de la Jamahiriya du colonel Kadhafi. Que vont devenir ces bateaux armés pour la pêche aux thons qui passent l’hiver loin du golfe de Syrte dans les eaux calmes du port de Sète, certains d’ailleurs sous les fenêtres de l’administration maritime ? « Nous n’avons que de très rares nouvelles de nos associés. Selon eux, pour l’instant, ça bouge surtout dans l’Est. La situation serait plus calme à Tripoli où nous pêchons. La campagne débute dans deux mois et demi. Si on nous demande de ne pas y aller, on n’ira pas », explique Jean-Marie Avalonne, dont six bateaux ont été “libyanisés”.

Transférer des thoniers sous contrôle libyen, c’était, pour les pêcheurs français, la condition d’accès aux eaux poissonneuses du golfe de Syrte, dans cette vaste zone à 60 milles des côtes que Kadhafi s’était attribuée au mépris des traités. Et de la communauté internationale qui l’avait laissé faire sans broncher. Les pêcheurs français sont donc passés sous les fourches caudines des autorités libyennes en signant des accords de prestation de services : ils fournissent une partie des équipages, le savoir-faire, offrent le bateau et se payent sur une partie de la pêche.

Avalonne s’est ainsi associé à Ras Alhilal Marine Services Company, installée dans l’une des tours du quartier des affaires de Tripoli. Une société qui serait, plus que les autres, liée au régime en place. Dans un inventaire de la pêcherie méditerranéenne publié en 2004 et repris par les ONG écologistes, l’expert espagnol Roberto Mielgo affirmait que Ras Alhilal MSC était la propriété de Seif al-Islam, le fils de Mouammar Kadhafi. Numéro 2 du régime, on l’a vu dimanche à la télévision agitant à la fois la réforme et le chaos. L’année suivante, Malta Today, le grand journal de La Valette, affirmait la même chose.

À Sète, Avalonne dément : « Tout cela est faux. Encore une fois, on cherche à nous flinguer, martèle le pêcheur sétois. Si nous cessons de travailler avec la Libye, plusieurs dizaines de marins français resteront à terre ». Ras Alhilal MSC annonce cependant, sur son site internet, que son président est un certain Mustafa Zarti, membre de l’Autorité libyenne des investissements et très proche de Seif al-Islam.

Pour l’heure, les autorités françaises ne se prononcent pas sur le devenir des bateaux exotiques amarrés à Sète et moins encore sur le sort des partenariats de pêche. Seule reste la déclaration de Nicolas Sarkozy hier en conseil des ministres (lire ci-dessous) et cette réflexion, très pragmatique, d’un pêcheur : « Si le régime de Kadhafi doit passer, il passera mais il restera toujours des poissons en Méditerranée et des Libyens pour vouloir les pêcher ». JEAN-PIERRE LACAN jplacan@midilibre.com

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Le 4 mai 2011

Trésor Rouge : Surexploitation du thon rouge en Méditerranée ?

Une enquête de Julien Pfyffer

Une enquête, publiée le 5 mai 2011, qui se lit comme un récit de la découverte d’une filière aux ramifications et à la complexité peu commune. Et une activité qui est désormais au coeur de l’attention des médias, et de la communication des grandes ONG, comme le montrent les premières pages du livre, qui raconte la bataille navale entre Greenpeace et les thoniers français en juin 2010. Et son envers, à savoir la version des pêcheurs, un peu moins héroïque que ne l’ont laissé entendre les passagers du Rainbow Warrior.

Des navires français « libyannisés » aux manips des ONG : plongée dans la filière du thon rouge

34 millions d’euros. C’est la valeur des thons rouges qui, en 2010, tournaient en rond dans les cages de Charles Azzopardi, un « fermier » maltais qui récupère la pêche des thoniers français avant de les engraisser puis les revendre à Mitsubishi et aux grands consortiums industriels japonais, qui écument la Méditerranée avec leurs gigantesque navires-congélateurs. De quoi justifier amplement le titre du livre que signe Julien Pfyffer, journaliste et fondateur de l’agence de presse Ocean 71 : Trésor rouge.

Prédateur en danger

Mais le trésor, c’est peut-être aussi ce prédateur redoutable dont la biologie est encore peu comprise, qui peut peser jusqu’à 800 kilos, capable de nager à 30 km/h sur de longues distances, équipé d’un »échangeur thermique », et que seuls les orques et les requins mako s’aventurent à attaquer.

Une espèce dont on suivra la controverse autour de l’évaluation du stock, et donc du danger d’une disparition, mais aussi l’évolution des techniques de pêche, de la madrague (sorte de labyrinthe où viennent se perdre les thons) importée par les Phocéens à Marseille (Montredon ça vous dit quelque chose ?) jusqu’aux thoniers senneurs à 4 millions d’euros, dont les filets traînent sur des kilomètres et peuvent ramener en une prise 250 tonnes.

Un projet de ferme au Cap Canaille

On découvre d’ailleurs un projet de ferme d’engraissement entre Cassis et La Ciotat, porté en 2004 par Advanced Tuna Ranching Technologies, »avec un dossier basé sur l’expérience des Espagnols, qui a été présenté au conseil général des Bouches-du-Rhône mais qui n’a pas dépassé ce stade », nous raconte l’auteur, qui explique l’absence totale de ferme de thon rouge sur les côtes françaises, principal pays pêcheur, que « l’élevage de poisson est assez mal perçu ici et que pour le thon rouge il y a beaucoup plus d’impact en terme de taille et de quantité de nourriture. Il y a aussi des préoccupations pour le tourisme, avec des odeurs ».

Mais, en parallèle de toute la filière industrielle – notamment les très lucratives fermes d’engraissement et les Sogo Shosha, ces conglomérats japonais qui détiennent dans leurs frigos l’équivalent de 5 ans de pêche – Julien Pfyffer remonte aussi le fil des multiples fraudes, failles et autres astuces autour du thon. Ainsi ces navires français « libyannisés » pour pouvoir accéder aux eaux territoriales étendues par Kadhafi. Ou ces BCD (bluefin tuna catch document), des bouts de papiers censés mettre un terme à la fraude en identifiant chaque prise.

N’épargnant aucun aspect, ni aucun acteur, il prend également le Thalys pour mettre l’Europe face à ses contradictions, elle qui a subventionné la construction d’une flotte démesurée (le Marcas III, basé à Marseille, a ainsi touché 857 000 euros en 2004) sans même poser des critères, ni savoir quel type de poisson était pêché…

Suite et source : Marsactu

Interviuw de Julien Pfyffer

Julien Pfyffer, auteur de Trésor rouge : « Mourad Kahoul, pas forcément l’image que les pêcheurs veulent dégager »

Des pêcheurs pointés du doigt, une pression de plus en plus forte des ONG, des négociations internationales, des accusations de fraudes, des incertitudes scientifiques : le dossier du thon rouge occupe la scène médiatique depuis maintenant plusieurs années. Auteur d’un livre-enquête qui navigue entre filières industrielles, techniques de pêche, biologie de l’espèce, Julien Pfyffer analyse la bataille de comm’ et les failles de l’action internationale, et évoque les conséquences inattendues de la révolte libyenne et du tsunami au Japon....

Quel peut être l’impact du « printemps arabe », y compris sur l’application des règles, et de la catastrophe au Japon, plus gros consommateur mondial, que vous évoquez en épilogue ?

On va voir quand les régimes se stabiliseront mais ce n’est pas parce que l’on était sous Kadhafi ou Ben Ali qu’il n’y avait pas de contrôle. Seulement, les profits du business du thon rouge étaient en partie détournés… Pour la Tunisie, qui a un quota assez important, on n’a pas la réponse de ce qui va se passer mais en Libye, qui avait cette année autour de 1000 tonnes de quota (pour un total de 12 900, ndlr), l’émissaire a annoncé à l’ICCAT qu’il n’y aurait pas de pêche. Ce qui pose problème aux Français dont environ la moitié de la flotte comptait sur cela pour faire tourner leurs bateaux et leurs marins. Pour le Japon, on ne sait pas quelle peut-être l’implication lointaine mais il y a une conséquence directe cette année : le gouvernement a dit aux industriels de concentrer leur moyens sur la reconstruction du pays. Les Sogo Shosha vont donc acheter moins de thon rouge. Si l’on ajoute un quota réduit de 13 500 à 12 900 tonnes, cela va être plus calme cette année pour le poisson… Suite sur Marsactu

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Le 7 mai 2011

Thon rouge: les bateaux sous pavillon libyen pas autorisés à pêcher (AFP)

Les bateaux sous pavillon libyen basés à Sète (Hérault) ne sont pas autorisés à participer cette année à la saison de pêche au thon rouge qui débute le 15 mai, le plan de pêche de la Libye étant pour le moment suspendu, a-t-on appris vendredi auprès du ministère de l'Agriculture.

Ces bateaux ne sont pas autorisés à pêcher le thon rouge tant que le plan de pêche libyen ne sera pas approuvé, a-t-on rappelé au ministère, qui surveille avec vigilance ces bateaux à une dizaine de jours de la saison de pêche du thon rouge, dont la capture est contrôlée pour préserver l'espèce.

Selon le ministère, la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique (CICTA) a pour le moment suspendu le plan de pêche de la Libye, qui bénéficie d'un quota de 902 tonnes pour la saison 2011 prévue du 15 mai au 15 juin.

Si jamais ce plan devait être mis en consultation auprès des parties contractantes, la France proposerait à l'Union européenne de s'y opposer, a-t-on précisé au ministère de l'Agriculture, pointant le manque de garanties pour pouvoir contrôler, en raison des événements en Libye, le respect des obligations imposées aux pêcheurs.

Les 48 Etats pêcheurs de la CICTA ont accepté de limiter la pêche au thon rouge en Méditerranée à 12.900 tonnes en 2011, contre 13.500 tonnes en 2010, au désespoir des ONG écologistes qui réclamaient une réduction drastique pour sauvegarder cette espèce particulièrement appréciée des Japonais.

------ 19 septembre 2011 ------

Le Japon dans la pêche africaine !

En Afrique de l'Ouest, la Comhafat est une courroie de transmission de l'industrie de la pêche japonaise !

La Comhafat, Conférence Ministérielle sur la Coopération Halieutique entre les Etats Africains Riverains de l’Océan Atlantique, est une organisation intergouvernementale créée en 1989 et regroupant 22 Etats ; s'étendant de la Namibie au Sud au Maroc au Nord. La Convention constitutive de la Comhafat « la convention régionale de l’Atlantique pour la coopération halieutique », adoptée en 1991, fixe les domaines et modalités de la coopération halieutique régionale entre les Etats membres.... La Comhafat a renforcé son cadre institutionnel par l’amendement de ses statuts, de même qu’elle a crée un Fonds de Promotion des Pêches pour l’Afrique avec l’appui de la Fondation japonaise de coopération internationale en mer de pêche (OFCF). Ce fonds permet le financement des projets de développement dans le domaine du renforcement des capacités des Etats membres dans la pêche et l'aquaculture ainsi que l'appui à la mise en œuvre des réglementations internationales.

Thon rouge. Les conseils de vote de la délégation japonaise !

La huitième Session de la Comhafat s'est tenue à Accra (Ghana), le 19 février 2010, à l'aimable invitation de la République du Ghana. La réunion des Ministres a été précédée par une réunion des Experts les 17 et 18 février 2010….

Dans son exposé, le représentant de la Délégation japonaise a donné des informations sur la 15ème Session de la Conférence des Parties à la CITES qui se tiendra au mois de mars à Doha (Qatar) et de la proposition monégasque d’inscription du thon rouge de l’Atlantique dans l’Annexe I de la CITES, qui sera examinée lors de la CITES - COP/15.

Il a relevé que l’inscription du thon rouge de l’Atlantique à l’Annexe I de la CITES pourrait porter préjudice à l’utilisation durable de cette espèce.

Il en est de même de l’inscription à l’Annexe II de la CITES, de huit espèces de requins et de coraux précieux.

Il a sollicité l’appui des Etats membres de la Comhafat pour le soutien de la position du Japon, à savoir le dessaisissement de la CITES de cette question, au profit des organisations en charge de la gestion de ces espèces telles que l’ICCAT. La Réunion a exprimé son appui à la position japonaise qui reste fidèle aux principes d’utilisation durable des ressources halieutiques…. Source : Comhafat

Quels seront les futurs conseils du Japon ?

Réunion à El Jadida (Maroc) du 18 au 20 septembre 2011 du bureau de la Comhafat pour consacrer le nouveau format de l'organisation : restructuration du secrétariat Exécutif de l'organisation régionale et adoption des nouveaux textes organiques.

La réunion, qui doit rassembler sept ministres des états qui forment le Bureau actuel, le Secrétariat Exécutif de la Conférence et des responsables et des experts de la pêche et de l'aquaculture des ces états, doit se pencher, en effet, sur le rapport du groupe de travail qui s'était réuni à El Jadida du 14 au 15 avril dernier pour finaliser le travail sur la refonte des instruments juridiques de l'organisation et sa restructuration pour un repositionnement stratégique devenu impératif, indique un communiqué de la Comhafat. Source : Comhafat

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Le 24 septembre 2011

Conseil d’Etat : Annulation des modalités de répartition du quota de thon rouge en Méditerranée (droit-finances)

Conseil d’Etat du 19 juillet 2011 : Annulation de l'arrêté du ministre de l'agriculture et de la pêche du 8 avril 2009 portant modification de l'arrêté du 30 janvier 2009 établissant les modalités de répartition du quota de thon rouge (Thunnus thynnus) de l'océan Atlantique à l'est de la longitude 45° O et la Méditerranée accordé à la France pour l'année 2009…

Vu, 1°), sous le n° 327479, la requête et le mémoire complémentaire, enregistrés les 28 avril et 24 juin 2009 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentés par la SOCIETE CHRISDERIC, dont le siège est 5 rue Blaise Pascal à Saint-Cyprien (66750), représentée par son gérant ; la SOCIETE CHRISDERIC demande au Conseil d'Etat :

1°) d'annuler l'arrêté du ministre de l'agriculture et de la pêche du 8 avril 2009 portant modification de l'arrêté du 30 janvier 2009 établissant les modalités de répartition du quota de thon rouge (Thunnus thynnus) de l'océan Atlantique à l'est de la longitude 45° O et la Méditerranée accordé à la France pour l'année 2009 ;

2°) d'enjoindre au ministre de l'agriculture et de la pêche de prendre un nouvel arrêté établissant les modalités de répartition du quota de thon rouge (Thunnus thynnus) de l'océan Atlantique à l'est de la longitude 45° O et la Méditerranée accordé à la France pour l'année 2009 ;

3°) d'enjoindre à l'Etat de mettre en recouvrement les sommes correspondant au montant de l'aide illégalement versée au producteur Thon du Nord en application de l'arrêté du 8 avril 2009, dans un délai de trois mois à compter de la notification de la décision du Conseil d'Etat et sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard, en application de l'article L. 911-1 du code de justice administrative ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

Vu, 2°), sous le n° 327481, la requête et le mémoire complémentaire, enregistrés les 28 avril et 24 juin 2009 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentés par la SOCIETE RAYMOND ELISE, dont le siège est 33, rue des Jardins de la Mer Le Grau d'Agde à Agde (34300), représentée par son gérant ; la SOCIETE RAYMOND ELISE demande au Conseil d'Etat :

1°) d'annuler l'arrêté du ministre de l'agriculture et de la pêche du 8 avril 2009 portant modification de l'arrêté du 30 janvier 2009 établissant les modalités de répartition du quota de thon rouge (Thunnus thynnus) de l'océan Atlantique à l'est de la longitude 45° O et la Méditerranée accordé à la France pour l'année 2009 ;

2°) d'enjoindre au ministre de l'agriculture et de la pêche de prendre un nouvel arrêté établissant les modalités de répartition du quota de thon rouge (Thunnus thynnus) de l'océan Atlantique à l'est de la longitude 45° O et la Méditerranée accordé à la France pour l'année 2009 ;

3°) d'enjoindre à l'Etat de mettre en recouvrement les sommes correspondant au montant de l'aide illégalement versée au producteur Thon du Nord en application de l'arrêté du 8 avril 2009, dans un délai de trois mois à compter de la notification de la décision du Conseil d'Etat et sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard, en application de l'article L. 911-1 du code de justice administrative ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;…

(…)

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

Considérant qu'aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. ;

Considérant que, sur le fondement de ces dispositions, les requérants présentent des conclusions tendant à ce que le Conseil d'Etat enjoigne au ministre de l'agriculture et de la pêche de prendre un nouvel arrêté établissant les modalités de répartition du quota de thon rouge (Thunnus thynnus) de l'océan Atlantique à l'est de la longitude 45° O et la Méditerranée accordé à la France pour l'année 2009 et enjoigne à l'Etat, sous astreinte, de mettre en recouvrement les sommes correspondant au montant des aides qui auraient été selon eux illégalement versées aux producteurs Thon du Nord et Avallone Frères en application de l'arrêté du 8 avril 2009 ; que la présente décision n'implique pas nécessairement que soit pris un nouvel arrêté de répartition du quota de thon rouge pour l'année 2009, ni que soit ordonné le reversement d'aides d'Etat qui auraient été versées aux producteurs Thon du Nord et Avallone Frères , dès lors que ces producteurs n'ont bénéficié d'aucune aide de ce type, comme il a été dit ci-dessus ; que, par suite, les conclusions présentées par les requérants aux fins d'injonction doivent être rejetées ;…

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Le 18 octobre 2011

Le commerce du thon rouge dépasse ce que les quotas de pêche prévoient, selon une étude (NouvelObs)

Le commerce du thon rouge est plus de deux fois supérieur à ce que prévoient les quotas de pêche, selon une étude publiée mardi dont les résultats soulignent les menaces qui pèsent sur la survie de cette espèce.

Selon cette étude du Pew Environment Group, l'écart de 141% entre le commerce du thon rouge et ce que les quotas de pêche permettent normalement, ces deux dernières années, ne prend même pas en compte le marché noir, ce qui mettrait encore plus en lumière la pression extrême exercée sur les stocks d'un des poissons les plus chers du monde, particulièrement apprécié en sushis.

Selon Lee Crockett, un expert du Pew Environment Group, "le commerce du thon rouge est marqué par la fraude et la désinformation".

D'après le Pew Environment Group, le commerce du thon rouge dépassant les quotas de pêche autorisés depuis douze ans représente plus de deux milliards d'euros.

La Commission européenne a souligné les problèmes concernant la comptabilisation des prises, et annoncé qu'elle fera une proposition visant à mettre en place un système de contrôle électronique performant pour répertorier rapidement les captures. Elle doit la présenter lors d'une conférence, qui aura lieu du 11 au 19 novembre, de la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique (ICCAT) à Istanbul, en Turquie.

Face à ce risque d'extinction, "la question est 'comment changer', et nous croyons qu'avoir un système électronique, c'est mieux et plus efficace", a affirmé Oliver Drewes, porte-parole de la Commission européenne.

Au cours des 35 dernières années, les stocks de thon rouge en Méditerranée ont baissé d'environ 80%. AP

Pour accéder à l'ensemble du dossier, cliquer Dossier Pew

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Le 9 novembre 2011

Thon rouge : les révélations fracassantes d'un pêcheur repenti (Le Point)

Quelques jours avant la réunion du 11 novembre à Istambul de la Cicta, la commission internationale sur la pêche des thonidés...

Selon Vincenzo Consiglio, la pêche illégale a battu son plein dans les eaux libyennes en 2010 et 2011. Il s'appelle Vincenzo Consiglio. Longtemps il a été spotter, c'est-à-dire un observateur monté à bord d'un avion pour repérer les bancs de thons rouges, ce qui est formellement interdit aujourd'hui. "J'ai même été le commandant d'un thonier-senneur de 1973 à 1993", écrit-il dans une longue lettre envoyée à la Cicta (Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique).

Du thon rouge, il en a donc envoyé des milliers finir dans l'estomac des Japonais. Mais le grand massacre qu'il a découvert ces deux dernières années depuis son coucou l'a tellement écoeuré qu'il a décidé de vider son sac. Dans son courrier, il dénonce maints actes illégaux qu'il a surpris, et pour être sûr qu'il ne soit pas rangé au fond d'un tiroir, il l'a transmis à Greenpeace et au WWF.

Le Point.fr s'est procuré une copie électronique de cette lettre. Vincenzo explique avoir assisté au printemps dernier à des transferts suspects de plusieurs centaines de tonnes de poissons entre des thoniers italiens et des fermes d'engraissement maltaises. Suspectant l'absence de déclaration de ces captures, il demande à la CICTA de mener une enquête. Il insiste en précisant que beaucoup des thons qu'il a vus n'affichaient pas 30 kilos, le poids minimum requis pour être capturés.

26 avions italiens, espagnols et français illégaux

Par ailleurs, Vincenzo affirme que 70 tonnes des thons rouges morts accidentellement lors des opérations de pêche ont été écoulées illégalement sur les marchés de Naples et de Sicile, sans donc être décomptés des quotas autorisés. Il rappelle que chaque année, les pêcheurs opérant dans les eaux libyennes oublient de déclarer des milliers de tonnes de thons morts dans des conditions accidentelles. Et de citer le cas en 2009 du thonier le Tenace Secondo, qui entreprit de capturer 500 tonnes de thon lors d'une tempête.

Bilan : le bateau faillit couler et tous les thons périrent. L'année précédente, c'est un thonier français, cette fois-ci, qui ne parvint pas à transférer ses thons dans la cage, ce qui se traduisit par plusieurs centaines de tonnes de poissons morts. "Voulez-vous savoir où se trouvent tous ces poissons morts ? Sur le fond des océans ! Sur les documents de capture, il n'y a jamais plus de dix ou vingt poissons morts d'inscrits, car en Libye... il n'y a pas de marché pour eux, et les autorités libyennes n'autorisent pas les thoniers à quitter leurs eaux avant la fin complète de la campagne de pêche." Quant aux inspecteurs de la CICTA montés à bord, s'ils n'ont rien vu, c'est qu'un "paquet de cigarettes suffit à les acheter".

Il dénonce encore l'utilisation de petits avions pour repérer les bancs de poissons par certains pêcheurs italiens alors que c'est formellement interdit. "Croyez-vous qu'il soit correct que deux groupes (de pêcheurs) utilisent des avions pendant que les autres, sans assistance, doivent rester près des côtes à cause du mauvais temps ?" Les pêcheurs français sont également accusés par lui d'utiliser une assistance aérienne. Vincenzo affirme que lorsqu'il était spotter entre 2007 et 2009 en Libye, basé sur l'aérodrome de Misrata, il a recensé jusqu'à 26 avions italiens, espagnols et français.

Un dépassement de 19 039 tonnes

Et Vincenzo de prévenir la Commission que certains armements italiens (il cite les noms) se préparent d'ores et déjà à investir les eaux libyennes l'an prochain pour effectuer une nouvelle razzia. Il interpelle le directeur de la CICTA : "Cher monsieur, j'espère que ce témoignage sera pris en compte, car je ne peux que vous faire confiance, vous qui êtes chargé de la protection de cette espèce, et s'il vous plaît, diffusez cette déclaration à la prochaine réunion de la CICTA ; si j'ai écrit ce témoignage, c'est parce que j'ai vu des faits incroyables et que même si je sais que mes fils sont impliqués et qu'ils peuvent perdre leur job, je ne peux pas laisser ces irrégularités se poursuivre, et vous pouvez imaginer mon émotion".

Il y a quelques jours, le site internet de la BBC en rajoutait une couche en se disant être en possession d'une carte signalant la présence de nombreux thoniers-senneurs dans les eaux libyennes en juin dernier, alors que la pêche au thon y était fermée pour cause de révolution en cours. "Cette carte ne signale pas quels étaient les navires présents, quoique la CICTA semble posséder cette information", souligne Richard Black, l'auteur de l'article.

Ces révélations interviennent quelques semaines après la publication par l'ONG américaine Pew Environment Group d'une compilation des ventes de thon rouge sur le marché international en 2010. Total : 32 565 tonnes, alors que le quota délivré par la CICTA était de 13 525 tonnes. Un dépassement de 19 039 tonnes ! Des chiffres imparables. Est-il possible de continuer à fermer les yeux sur une telle fraude ?

Le 11 novembre, les 48 gouvernements membres de la CICTA se réuniront à Istanbul pour discuter des moyens de protéger le thon rouge. Comme cela tombe bien ! Le Greenpeace et le WWF se sont empressés d'envoyer une lettre commune à Driss Meski, le directeur de la CICTA, pour lui demander de diligenter des enquêtes sur les allégations de Vincenzo Consiglio et du site de la BBC, d'inscrire les thoniers convaincus d'activités frauduleuses sur la liste noire, et d'ordonner aux fermes qui engraissent les thons pêchés illégalement de les relâcher immédiatement. Pour l'instant, la CICTA n'a pas réagi. Mais le fera-t-elle ?

Lire aussi l’article de Notre Planète : Le thon rouge de Méditerranée souffre plus que jamais de surpêche et de fraudes

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