vendredi 12 novembre 2010

Tout savoir sur l’industrie du thon dans le monde


Au moment où les organisations environnementales voient le thon tout en rouge, la FAO publie un document fort intéressant qui nous ouvre les yeux sur le monde de l’industrie du thon (ou plutôt des thons). Le thon est le troisième produit de la mer le plus commercé dans le monde, après la crevette et le saumon.

Les quatre auteurs, Makoto Peter Miyake, Patrice Guillotreau, Chin-Hwa Sun et Gakushi Ishimura, font le point sur les évolutions récentes dans la filière du thon dans le monde : les ressources, la pêche, la gestion, la transformation, le commerce et les marchés.

Des études antérieures (Miyake et al., 2004) décrivaient le développement historique des pêcheries thonières et expliquaient les évolutions technologiques liées aux opérations de captures. Le présent document élargit la discussion pour inclure les aspects socio-économiques de l'industrie du thon dans son ensemble ainsi que les récents changements dans la transformation, le commerce, le marketing et les préférences des consommateurs.

Les auteurs soulignent la nécessité d'intégrer des considérations socio-économiques et écologiques dans les processus de décision en matière de capacités et de quotas de pêche. Ils indiquent aussi l’importance de mieux connaitre les particularités de chaque pays afin de résoudre les problèmes actuels dans la gestion des ressources.

Recent developments in the tuna industry : Stocks, fisheries, management, processing, trade and markets - FAO Fisheries and Aquaculture Technical Paper. No. 543. Rome, FAO. 2010. 125p. 

Télécharger le document en anglais mais très illustré, cliquer Ici ou

Autres articles :

Pour aller plus loin....

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Le marché mondial du thon, production et échanges

Le marché mondial du thon, production et échanges

Zoom sur le marché français
FranceAgriMer
Juillet 2011

Le Japon, même s’il n’est plus qu’en deuxième position depuis 2009, est le pays incontournable des captures de thon depuis 1950. Il a connu une croissance considérable entre les années 50 et 80, à la faveur du développement industriel du pays. Depuis les années 90, ses captures se réduisent, ce qui est à relier avec l’essor spectaculaire des pêcheries des autres pays asiatiques Taïwan, Indonésie, Philippines et Corée du Sud.

Les États-Unis, qui étaient un acteur incontournable de la pêche thonière jusqu’en 1990, ne se situent plus qu’au 8ème rang mondial, avec en 2009 des volumes équivalents à ceux des années 70 (environ 200 000 tonnes). De nouveaux acteurs sont apparus depuis une quinzaine d’années, notamment la Chine et la Papouasie Nouvelle-Guinée, qui atteignent respectivement 200.000 et 100.000 tonnes.

Le développement des pêcheries thonières est principalement fondé sur l’essor des captures d’albacore et de listao - qui représentent 85 % des volumes pêchés en 2009 - et dans une moindre mesure, du patudo. Le germon ne représente plus que 6 % des captures (contre 25 % en 1950) et le thon rouge moins de 1 % (contre 6 % en 1950).

Pour télécharger, cliquer FranceAgriMer

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Dynamique du marché et de l’industrie dans la chaine mondiale d’approvisionnement en thon

Market and Industry Dynamics in the Global Tuna Supply Chain
June 2011
FFA
Amanda Hamilton / Antony Lewis / Mike A. McCoy / Elizabeth Havice / Liam Campling

Over a series of ten chapters, this report provides an overview of the current status of the global tuna industry in terms of major tuna fishing fleets, tuna trading companies, processing sites and principal markets....

Pour accéder et télécharger le document en 4 parties, cliquer FFA
Agritrade/CTA a résumé en français ce document, véritable bible sur la filière "Thon" dans le monde


L'Agence des pêches du Forum des îles du Pacifique (FFA) a publié une étude qui décrit, sur dix chapitres, la dynamique de la chaîne d'approvisionnement en thon, en s’intéressant aux principaux acteurs de la chaîne industrielle de ce poisson (flottes de pêche, sociétés de négoce, industrie de transformation et marchés), avec une attention particulière sur les segments de la conserverie, du sashimi et d’autres produits à valeur ajoutée (par ex. les produits frais et surgelés à valeur ajoutée). Le rapport met également en lumière les principaux enjeux auxquels l'industrie du thon est confrontée, tels que les programmes de certification de la durabilité, l'évolution des régimes commerciaux internationaux, les APE, la réglementation de l'UE en matière de pêche INN (illégale, non réglementée et non déclarée) et les négociations à l'OMC au sujet des subventions. Il examine en outre les implications pour les États insulaires du Pacifique (EIP), qui constituent la majorité des membres de la Commission des pêcheries de l’Ouest et du Centre du Pacifique (WCPFC).

Concernant le thon en conserve, l'étude confirme qu’avec cinq grandes entreprises de transformation, dont quatre disposent de leur propre capacité de pêche, l’Espagne constitue le principal transformateur de l'UE dans ce domaine. Quatre autres entreprises de l'UE, dont une seule est détenue par des capitaux européens, sont également actives dans ce secteur. L'étude note : « La vente de MW Brands à Thai Union Frozen (TUF) est la plus importante évolution intervenue dans le secteur de la conserverie de thon de l’UE ces dernières années. Elle a approfondi les niveaux relatifs de concentration des entreprises et de centralisation du contrôle au sein de l’industrie mondiale de la conserve de thon. Cela signifie également que TUF acquiert un siège au groupe de pression de l'UE, Eurothon, qui avait déjà concentré son attention sur la menace concurrentielle des transformateurs du Sud-Est asiatique. L'adhésion de TUF à Eurothon est susceptible de fragmenter la cohérence politique du lobby du thon de l'UE s’agissant des principales questions stratégiques telles que le régime commercial du thon. »

L'étude relance également le concept d'un « cartel du thon » dans le Pacifique : « Les EIP, en tant que propriétaires des plus importantes conserveries de thon du monde, sont en position de force pour faire monter le prix du thon en conserve, par la mise en place de limites efficaces de l'activité de pêche et le contrôle de l'offre. Le pouvoir de marché des grands distributeurs continuera de s’accroître, entraînant du coup une pression sur tous les acteurs en aval de la chaîne d'approvisionnement en conserve de thon. Les transformateurs, notamment ceux des EIP, seront de plus en plus pressés de réduire leurs marges et d'adopter des mesures de réduction des coûts dans leurs unités de production. Pour que les exploitants de navires de pêche lèvent cette pression, des limites inviolables devront être appliquées au volume de poisson capturé. »

Quant aux produits à valeur ajoutée, l'étude souligne que la demande du marché mondial pour ces produits est relativement faible par rapport aux conserves de thon classiques. Toutefois, « pour les unités de transformation des EIP dotées de lignes de conserverie orientées vers l’exportation, le développement de produits à valeur ajoutée offre de réelles opportunités d’accroissement de la rentabilité ».

En conclusion, les auteurs insistent sur le caractère très dynamique et changeant de l'industrie thonière, un secteur où les données et l'analyse deviennent rapidement caduques, car tous les segments de l'industrie thonière mondiale sont sous l'influence constante de multiples facteurs « incluant les préoccupations de durabilité de la ressource, les exigences liées à une réglementation plus stricte, l'augmentation des coûts d'exploitation, l'innovation technologique, les préférences changeantes des consommateurs et l'évolution des régimes des échanges (tarifs) internationaux ».


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Etude sectorielle de la filière thonière européenne


Etude sectorielle de la filière thonière européenne

Rapport final
Avril 2009

Oceanic Développement, MegaPesca (2007). «Contrat cadre pour la réalisation d'évaluations, d'études d'impact et de suivi concernant les accords de partenariat dans le domaine de la pêche (FPA) conclus entre la Communauté européenne et les pays tiers, et plus généralement sur le volet externe de la Politique Commune de la Pêche : Etude sectorielle de la filière thonière européenne»

Résumé (extrait)

1. Les armateurs européens sont présents dans les 3 principaux secteurs de la pêche au thon : la senne, la canne et la palangre. La flotte européenne de senneurs comptait (2008) 55 unités dont 33 espagnoles, 22 françaises et 1 italienne pour un tonnage (GT) stable. Cette flotte travaille dans les eaux de l’Atlantique, de l’Indien et du Pacifique avec une priorité sur les deux premiers océans.

2 La flotte européenne de senneurs travaillant dans l’océan indien représente l’essentiel de l’effectif des senneurs opérant dans cette zone : en incluant les navires sous pavillon tiers, les intérêts européens contrôlent 50 senneurs sur les 54 travaillant régulièrement dans la zone. Dans le Pacifique Est, l’Espagne dispose de 4 senneurs et contrôlerait 12 unités sous pavillon tiers. Dans l’Atlantique, la flottille communautaire de senneurs représente 18 unités auxquelles il convient d’ajouter 9 unités sous pavillon tiers.

3. Les canneurs battant pavillon européen n’exploitent que les eaux de l’océan atlantique. La flottille est assez modeste avec 10 unités : 6 espagnoles et 4 françaises, travaillant essentiellement depuis Dakar (Sénégal). Une flottille saisonnière de 20 unités espagnoles et de 20 unités portugaises travaillent depuis les Canaries, les Açores et Madère. Les autres canneurs en exploitation dans l’Atlantique sont sous pavillon du Ghana, du Sénégal et du Cap Vert. Dans l’océan indien, le métier de la canne n’est pratiqué qu’aux Maldives par une importante flottille de navires (1 500 unités) de dimensions modestes. Dans le Pacifique, le Japon dispose d’une flottille importante de canneurs (390 unités), ainsi que l’Indonésie (140 unités).

4. La flotte européenne de palangriers serait de 269 unités dont 194 espagnoles, 40 portugaises, 33 françaises et 2 britanniques. Cette flottille opère essentiellement en Atlantique et de façon plus minime dans l’océan indien et l’océan pacifique. Cette flottille est relativement modeste à l’échelon de la flotte mondiale palangrière, dominée par les nations asiatiques.

5. Les captures de thonidés majeurs sont stables sur la période 2002-2006 (entre 4,3 et 4,6 M de tonnes). L’océan pacifique fournit les captures les plus importantes (66%), devant les océans indien et atlantique.

6. Le Japon reste la principale puissance de pêche thonière avec 500 000 tonnes/an, devant la CE (400 000 tonnes/an) Les autres grandes nations de pêche sont essentiellement asiatiques. (Taiwan ; Indonésie ; Philippines ; Corée).

7 Les thonidés utilisés pour la transformation en conserve peuvent être évalués à 3 M de tonnes/an. Le Pacifique Central et Ouest est la principale source d’approvisionnement des conserveries, même si des fluctuations importantes quand à la productivité d’un bassin océanique interviennent régulièrement. Cela a notamment été le cas pour l’océan indien en 2007 qui a vu sa production baisser de façon très significative. (-40%)

8. Les flottes mondiales des senneurs utilisent un nombre relativement restreint de ports pour y débarquer ou transborder leurs captures. Dans l’océan Indien, le port de Victoria s’est imposé comme port privilégié de débarquement/transbordement. Les transbordements représentent 70% des captures, le solde approvisionnant la conserverie de l’île. Dans l’Atlantique Est, les débarquements se font à Abidjan (Côte d’Ivoire), Tema (Ghana) et Dakar (Sénégal), Abidjan représentant 53% des transbordements/débarquements. Dans le Pacifique Est, Manta (Equateur) est le principal port de débarquement des captures (50% du bassin océanique) et l’industrie locale absorbe l’essentiel des captures. Dans le Pacifique Ouest, les ports des Etats Fédérés de Micronésie sont utilisés de façon principale (30% des transbordements) ainsi que ceux de PNG (24%).

9. Les stocks mondiaux de listao apparaissent être dans un état satisfaisant. Cependant, leurs potentiels (en termes de PME) sont encore inconnus. Les stocks d’albacore sont au mieux dans un état de pleine exploitation, avec une situation de surexploitation possible dans l’océan atlantique. S’agissant du patudo, les stocks sont tous jugés proches de la pleine exploitation, voire surexploités, avec souvent des prises bien supérieures aux PME estimées.

10. Les pêcheries thonières mondiales sont confrontées à un problème de surcapacités, aggravé par une incidence importante de la pêche INN, dans un contexte où les indicateurs biologiques relatifs à FPA 08/TUN/16 l’état de certains stocks (thon obèse et espadon) sont inquiétants. Les ORGP thonières existantes se sont réunies à Kobé (Japon) début 2007. Elles ont convenu que les capacités thonières ne devraient pas augmenter ou être réduites, selon les cas, tout en reconnaissant l’aspiration des Etats en développement, notamment les petits Etats et territoires insulaires en développement, à voir leurs industries de la pêche se développer. Ainsi, la capacité de la flotte thonière communautaire est appelée à être gelée à ses niveauxactuels, voire réduite…
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Pour télécharger le rapport, cliquer Union Européenne

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Le 14 mai 2012

Thon : L’appât-vivant des canneurs pose question…

La pêche à la canne est la technique la plus « écologique » pour capturer le thon.

Cependant, cette pêcherie n’est pas parfaite…. L’appât-vivant des canneurs pose question…

Le rapport « Ensuring Sustainability of Livebait Fish » publié en avril 2012 par l’ONG « International Pole And Line Foundation (IPNLF) » analyse les impacts environnementaux et socio-économiques des captures d’appât-vivant associées à cette pêcherie de canneurs.

L’auteur du rapport, Steve Rocliffe de l'Université York, estime à 25.000 tonnes la quantité de poisson capturé comme appât-vivant dans le monde. Des petits poissons balancés à la mer pour attirer les thons et faciliter ainsi leur capture…

Il propose des voies pour aller vers une pêcherie plus durable....

Pour télécharger le rapport, cliquer Ensuring Sustainability of Livebait Fish



Les grands spécialistes du thon à la canne sont les pêcheurs des Maldives, cliquer Ici ou Sportive, la pêche écolabellisée MSC du thon made in Maldives


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Informations complémentaires...
  • Le 28 janvier 2011

Greenpeace : Lancement de la campagne thonière 2011 depuis Taïwan....
L'ONG cible tout particulièrement la technique de capture avec des DCP (dispositifs de concentration du poisson) utilisés par la plupart des armements industriels dans le Pacifique mais aussi dans l’océan Indien, avec les thoniers français....


Ce lundi 24 janvier, les activistes de Greenpeace à bord du Rainbow Warrior, à Taïwan, ont bloqué le départ du Lung Yuin, un navire congélateur taïwanais de soutien à la pêche au thon (thon obèse et albacore en particulier). Le Lung Ying a déjà été retenu au Japon pour pêche illégale, et est à nouveau soupçonné d’être en infraction avec la législation et de ne pas avoir de licence en règle. Les navires congélateurs tels que le Lung Yuin participent largement au pillage des ressources en thons tropicaux de l’océan Pacifique, en assurant l’acheminement des captures vers le Japon ou les Etats-Unis. Ces navires pratiquent aussi le transbordement des captures depuis les navires de pêche, ouvrant la porte à toutes les tricheries.

Greenpeace demande à l’agence des pêches taïwanaise de mener les investigations nécessaires, et le cas échéant d’engager des poursuites.

Greenpeace se mobilise contre l’usage des dispositifs de concentration du poisson (DCP)

Cette pratique de ‘concentration du poisson‘ également appelée ‘pêche sur épave’, permet d’attirer les poissons les plus petits et leurs prédateurs, comme les thons. Or si ces dispositifs permettent d’augmenter massivement les captures des thons ciblés ils entraînent aussi des captures accessoires très importantes, telles que des thons juvéniles qui ne sont pas reproduits, requins, tortues de mer ou dauphins… qui se retrouvent ainsi prisonniers des sennes des thoniers.....

Greenpeace vient de lancer au Royaume-Uni un classement des thons en boîte, en se basant notamment sur les méthodes de pêche. La plupart des marques incriminées, telle que Princes, se fournissent auprès d’armateurs utilisant ces dispositifs, dans le Pacifique mais aussi dans l’océan Indien, avec les thoniers français.

D’autres méthodes de pêche, telle que la canne ou la ligne, plus artisanales et bien plus durables, parce qu’elles permettent de ne prendre que les thons ciblés, existent pourtant….

Greenpeace se prépare à mener campagne aux quatre coins des mers en 2011

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Tahiti DCP 2011 : Colloque international « Pêches Thonières et DCP »

Pêches Thonières et DCP (Tahiti DCP 2011)
Tuna Fisheries and FADs
Tahiti – Polynésie Française
28 novembre au 2 décembre 2011
IFREMER / Service de la Pêche - Polynésie française

Objectifs du colloque

Le phénomène naturel de regroupement de poissons pélagiques comme les thons, les dorades coryphènes, les requins, les marlins, etc. autour d’objets flottants au large des côtes, est connu des pêcheurs depuis l’antiquité. Les progrès techniques pour la fabrication de grands filets après le milieu du vingtième siècle ont permis d’exploiter ce phénomène agrégatif à plus grande échelle autour d’objets flottants d’abord côtiers (Philippines, Indonésie) puis plus au large en pleine mer. On estime actuellement que près des ¾ des captures mondiales de thons tropicaux (Albacore, Listao, Patudo) sont réalisées sous ces objets flottants, communément désignés sous le sigle DCP « Dispositifs de Concentration de Poissons » (en français) ou FAD, pour Fish Aggregating Devices (en anglais).

Ce phénomène d’agrégation des grands poissons pélagiques est utilisé à deux échelles très différentes :

En zone côtière, par les pêcheurs de proximité qui ancrent des DCP sur des fonds allant de 50 à 2500 mètres de profondeur favorisant ainsi la concentration des thonidés dans des zones privilégiées connues des pêcheurs pour des sorties journalières. Dans ce cas, le DCP peut être considéré comme un outil de gestion efficace de la petite pêche, permettant un report de la pression de pêche de la côte vers le large, favorisant ainsi la capture d’espèces moins sensibles (les pélagiques) à cette échelle d’exploitation.

Au large, en zone hauturière, par les thoniers senneurs océaniques qui utilisent les DCP dérivants, munis de balises électroniques de repérage permettant une exploitation à grande échelle des stocks de thonidés. Par le volume des captures qu’il engendre au niveau mondial dans les 3 océans, l’utilisation massive de DCP dérivant mérite d’être étudier de façon plus approfondie pour mieux évaluer les impacts potentiels de cette technique de pêche en termes de risque de surexploitation des stocks et de déséquilibre des écosystèmes concernés (notion de piège écologique).

Par la mise en commun des expériences à l’échelle internationale, ce colloque répond donc à quatre objectifs principaux :

Assurer un partage des connaissances permettant de soutenir un développement cohérent et maîtrisé de l’outil DCP ancré au bénéfice des petites pêcheries insulaires tropicales,

Mieux comprendre et mesurer les risques induits par l’utilisation massive, à grande échelle, de DCP dérivants, par les flottilles de thoniers senneurs océaniques.

Quel que soit le type de DCP ancré ou dérivant, progresser sur la définition et la mise en œuvre de techniques de pêches permettant d’éviter les prises accessoires et les captures accidentelles d’espèces marines sensibles comme les mammifères marins, les tortues et les requins.

Mieux comprendre pourquoi les poissons s’agrègent autour de ces objets flottants et quelles peuvent être les conséquences du déploiement de DCP sur l’écologie des espèces.

Pour plus d’informations et inscription, cliquer Ici

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4 février 2011


C'est un bilan nettement moins catastrophique qu'en 2009 qu'a présenté hier l'organisation des producteurs de thon congelé (Orthongel) dont les navires restent confrontés à la piraterie dans l'océan Indien.

De quatre à trois armements. L'organisation des producteurs de thon congelé se compose aujourd'hui de trois armements dont deux sont basés à Concarneau: Saupiquet; la toute nouvelle Compagnie française du thon océanique, née en janvier de la fusion entre France Thon et Cobrepêche; et enfin la Sapmer (La Réunion). Ces trois adhérents de l'organisation emploient 750 marins dont 300 Français.

Une flottille de 22 navires.

Vingt-deux thoniers senneurs composent la flottille d'Orthongel. Les deux plus récents sont le Manapany et le Bernica, deux navires de la Sapmer entrés en pêche depuis quelques mois dans l'océan Indien où l'on compte 13 bâtiments tandis que neuf autres travaillent dans la zone Atlantique. Le Men Goe, armé par l'ex-Cobrepêche est, lui, sorti de flotte en mai dernier….

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Les prises accessoires dans les pêcheries de thon à petite échelle

Bycatch in small-scale tuna fisheries
FAO
Août 2011

Ces dernières années, les prises accessoires de pêche à la senne et la palangre a été l'objet d'un nombre considérable de recherches tandis que la pêche au thon à petite échelle et les prises accessoires associés a reçu relativement peu d'attention. En outre, bien que plusieurs études récentes pointent la pêche artisanale à la capture accessoire d'espèces menacées, aucun travail n'a été réalisé pour obtenir un aperçu global. Un document de la pêche et l'aquaculture de la FAO de nouvelles techniques, dans les pêcheries de thon à petite échelle - une étude mondiale , pour la première fois résume sur une information de capture au niveau national de la pêche thonière à petite échelle et les pêcheries de petite échelle qui pêche au thon. Il vise également à identifier les données sur une base régionale les lacunes, les principaux problèmes et préoccupations de gestion associés à ces pêcheries et de leurs prises accessoires et des points à des domaines prioritaires pour l'amélioration de notre compréhension des prises accessoires dans les petites pêcheries pélagiques.

Pour télécharger le document, cliquer FAO

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Secteur du thon : problèmes et défis


Note de synthèse 2011
Le commerce ACP analysé et décrypté
CTA/Agritrade
Novembre 2011

1. Contexte et principaux enjeux

Par le passé, les pays ACP comptaient sur l’accès des flottes de pêche étrangères à leurs ressources thonières, les droits d’accès leur assurant un revenu régulier. Aujourd’hui, cependant, plusieurs d’entre eux envisagent des options pour développer leurs pêcheries thonières domestiques (voir article Agritrade « Pêcheries thonières : une part plus juste pour les peuples du Pacif...», janvier 2010). Ce développement des flottes thonières ACP peut cependant être freiné par la volonté des ORGP (organisations régionales de gestion des pêches) de geler, voire de réduire, la capacité mondiale de pêche au thon afin de lutter contre la surpêche.

Dans le but de promouvoir la création d’emplois, plusieurs pays ACP s’efforcent de développer la transformation locale, afin d’exporter vers des marchés lucratifs tels que l’UE. Une étude récente se penchant sur la situation dans le Pacifique (voir article Agritrade « Améliorer les retombées économiques de la pêche au large dans le Pacifique », janvier 2011) montre que les revenus des pays des îles du Pacifique augmenteraient considérablement si la région développait davantage la transformation à terre des ressources. Dans le cas de la pêche à la senne tournante, pour 100 tonnes capturées, le secteur génère 0,7 emploi, alors que, si elles étaient transformées à terre, ces mêmes 100 tonnes généreraient sept emplois. Pour la pêche à la palangre, les emplois seraient augmentés de 50 % si les captures étaient transformées à terre. Une autre étude de 2010, entreprise par l'Agence des pêches du Forum des îles du Pacifique, a examiné les raisons des succès ou échecs passés des pêcheries commerciales dans la région, mettant en exergue l’importance d’un engagement approprié du secteur privé, tout en soulignant dans le même temps le rôle du gouvernement dans la mise en place d’un environnement favorable…. 

Suite et téléchargement sur CTA/Agritrade

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30 juin 2012

OMC Différents / Thon : Plainte du Mexique.

Relative à : États-Unis — Mesures concernant l'importation, la commercialisation et la vente de thon et de produits du thon

Source : OMC

Le 24 octobre 2008, le Mexique a demandé l'ouverture de consultations avec les États-Unis au sujet des mesures suivantes: i) l'article 1385 du Titre 16 du United States Code (“Loi visant à informer les consommateurs sur la protection des dauphins”); ii) l'article 216.91 (“Règles en matière d'étiquetage Dolphin Safe”) et l'article 216.92 (“Prescriptions en matière d'étiquetage Dolphin Safe pour le thon capturé dans les eaux tropicales du Pacifique Est par de grands navires équipés de sennes coulissantes”), du Titre 50 du Code of Federal Regulations; et iii) la décision rendue dans l'affaire Earth Island Institute c. Hogarth, 494 F. 3d 757 (9th Cir. 2007). Lien
Le Mexique alléguait que les mesures en cause — qui fixaient les conditions d'utilisation d'un étiquetage “Dolphin Safe” pour les produits du thon et soumettaient l'accès à la marque Dolphin Safe officielle du Département du commerce des États-Unis à la présentation de certains éléments de preuves documentaires qui variaient en fonction de la zone de capture du thon contenu dans le produit du thon et de la méthode utilisée — étaient incompatibles avec, entre autres, les articles I:1 et III:4 du GATT de 1994 et l'article 2.1, 2.2 et 2.4 de l'Accord OTC.

Le 6 novembre 2008, les Communautés européennes ont demandé à participer aux consultations. Le 7 novembre 2008, l'Australie a fait de même.

Le 9 mars 2009, le Mexique a demandé l'établissement d'un groupe spécial. À sa réunion du 20 mars 2009, l'ORD a reporté l'établissement d'un groupe spécial.

Procédure de groupe spécial et procédure d'appel

À sa réunion du 20 avril 2009, l'ORD a établi un groupe spécial. L'Argentine, l'Australie, la Chine, les Communautés européennes, la Corée, l'Équateur, le Guatemala, le Japon, la Nouvelle-Zélande, le Taipei chinois et la Turquie ont réservé leurs droits de tierces parties. Le Brésil, le Canada, la Thaïlande et le Venezuela ont fait de même ultérieurement. Le 2 décembre 2009, le Mexique a demandé au Directeur général de déterminer la composition du Groupe spécial. Le 14 décembre 2009, le Directeur général a arrêté la composition du Groupe spécial. Le 15 juin 2010, le Président du Groupe spécial a informé l'ORD que, conformément au calendrier adopté en consultation avec les parties au différend, le Groupe spécial comptait remettre son rapport final aux parties en février 2011.

À la suite du décès de M. Sivakant Tiwari le 26 juillet 2010, les parties sont convenues, le 12 août 2010, de la désignation d'un nouveau membre du Groupe spécial.

Le 24 février 2011, le Président du Groupe spécial a informé l'ORD que, en raison de la nécessaire modification du calendrier à la suite d'un changement imprévu dans la composition du Groupe spécial, ainsi que de la complexité d'un certain nombre de questions soulevées dans cette affaire, le Groupe spécial comptait maintenant remettre son rapport final aux parties pour le 8 juin 2011.

Le 15 septembre 2011, le rapport du Groupe spécial a été distribué aux Membres.

Résumé des constatations clés
 
Ce différend concerne les mesures suivantes: i) l'article 1385 du Titre 16 du United States Code (“Loi visant à informer les consommateurs sur la protection des dauphins”); ii) l'article 216.91 (“Règles en matière d'étiquetage Dolphin Safe”) et l'article 216.92 (“Prescriptions en matière d'étiquetage Dolphin Safe pour le thon capturé dans les eaux tropicales du Pacifique Est par de grands navires équipés de sennes coulissantes”), du Titre 50 du Code of Federal Regulations; et iii) la décision rendue dans l'affaire Earth Island Institute c. Hogarth, 494 F. 3d 757 (9th Cir. 2007). Ces mesures fixent les conditions d'utilisation d'un étiquetage “Dolphin Safe” pour les produits du thon. Elles soumettent l'accès à la marque Dolphin Safe officielle du Département du commerce des États-Unis à la présentation de certains éléments de preuves documentaires qui varient en fonction de la zone de capture du thon contenu dans le produit du thon et de la méthode utilisée.

Les principales allégations du Mexique étaient que les mesures étaient discriminatoires et qu'elles étaient aussi non nécessaires.
 
Le Groupe spécial a d'abord cherché à déterminer si les dispositions des États-Unis en matière d'étiquetage Dolphin Safe constituaient un règlement technique aux fins de l'Accord OTC. Il a constaté que c'était le cas, et en particulier que les mesures étaient obligatoires au sens de l'Annexe 1.1 de l'Accord OTC. L'un des membres du Groupe spécial a exprimé une opinion dissidente sur cette question, mais a souscrit à l'opinion de la majorité pour le reste du rapport. Le Groupe spécial a ensuite examiné les allégations du Mexique au titre de l'article 2.1, 2.2 et 2.4 de l'Accord OTC.
 
Le Groupe spécial a rejeté la première allégation du Mexique en constatant que les dispositions des États-Unis en matière d'étiquetage Dolphin Safe n'établissaient pas de discrimination à l'égard des produits du thon mexicains et n'étaient donc pas incompatibles avec l'article 2.1 de l'Accord OTC. Bien qu'il ait constaté que les produits du thon mexicains étaient similaires aux produits du thon originaires des États-Unis ou de tout autre pays au sens de l'article 2.1 de l'Accord OTC, le Groupe spécial a conclu qu'il n'était pas accordé aux produits du thon mexicains un traitement moins favorable qu'aux produits du thon originaires des États-Unis et d'autres pays en ce qui concerne les dispositions des États-Unis en matière d'étiquetage Dolphin Safe sur la base de leur origine.
 
S'agissant de l'allégation du Mexique au titre de l'article 2.2 de l'Accord OTC, le Groupe spécial a constaté que le Mexique avait démontré que les dispositions des États-Unis en matière d'étiquetage Dolphin Safe étaient plus restrictives pour le commerce qu'il n'était nécessaire pour réaliser les objectifs légitimes consistant à i) faire en sorte que les consommateurs ne soient pas trompés ou induits en erreur quant à la question de savoir si les produits du thon contenaient du thon capturé d'une manière qui avait des effets nuisibles sur les dauphins, et ii) contribuer à la protection des dauphins, en faisant en sorte que le marché des États-Unis ne soit pas utilisé pour encourager les flottilles de pêche à capturer le thon d'une manière qui avait des effets nuisibles sur les dauphins, compte tenu des risques que la non-réalisation de ces objectifs entraînerait. La conclusion du Groupe spécial était fondée sur les deux constatations ci-après: i) les dispositions des États-Unis en matière d'étiquetage Dolphin Safe ne répondaient que partiellement aux objectifs légitimes recherchés par les États-Unis, et ii) le Mexique avait indiqué au Groupe spécial une mesure de rechange moins restrictive pour le commerce qui permettrait d'obtenir le même niveau de protection que celui de l'objectif recherché par les dispositions des États-Unis en matière d'étiquetage Dolphin Safe.
 
En ce qui concerne l'allégation du Mexique au titre de l'article 2.4 de l'Accord OTC, le Groupe spécial a constaté que les dispositions des États-Unis en matière d'étiquetage Dolphin Safe ne constituaient pas une violation de cette disposition, qui exige que les règlements techniques soient basés sur les normes internationales pertinentes dans les cas où cela est possible. Bien qu'il ait constaté que la norme à laquelle le Mexique faisait référence était une norme internationale pertinente aux fins des dispositions des États-Unis en matière d'étiquetage Dolphin Safe, et que les États-Unis ne l'avaient pas utilisée comme base pour leurs mesures, le Groupe spécial a conclu que cette norme ne serait ni appropriée ni efficace pour réaliser les objectifs des États-Unis.
 
Le Groupe spécial s'est abstenu par ailleurs de se prononcer sur les allégations du Mexique concernant la non-discrimination au titre du GATT de 1994 et a donc appliqué le principe d'économie jurisprudentielle en ce qui concerne les allégations du Mexique au titre des articles I:1 et III:4 du GATT.

Le 31 octobre 2011, le Mexique et les ÉtatsUnis ont demandé à l'ORD d'adopter un projet de décision prorogeant le délai de 60 jours prévu à l'article 16:4 du Mémorandum d'accord jusqu'au 20 janvier 2012. À sa réunion du 11 novembre 2011, l'ORD est convenu, sur demande présentée par le Mexique ou les ÉtatsUnis, d'adopter, au plus tard le 20 janvier 2012, le rapport du Groupe spécial, à moins que l'ORD ne décide par consensus de ne pas le faire ou que le Mexique ou les ÉtatsUnis ne notifient à l'ORD leur décision de faire appel conformément à l'article 16:4 du Mémorandum d'accord sur les règles et procédures régissant le règlement des différends.

Le 20 janvier 2012, les États-Unis ont notifié à l'ORD leur décision de faire appel de certaines questions de droit et interprétations du droit formulées par le Groupe spécial. Le 25 janvier 2012, le Mexique a notifié à l'ORD sa décision de faire appel de certaines questions de droit et interprétations du droit formulées par le Groupe spécial, ainsi que du manquement par le Groupe spécial à son obligation de procéder à une évaluation objective de la question comme le prescrit l'article 11 du Mémorandum d'accord.

Le 20 mars 2012, la Présidente de l'Organe d'appel a notifié l'ORD que l'Organe d'appel ne serait pas en mesure de distribuer son rapport dans le délai de 90 jours en raison en partie de l'ampleur de l'appel, y compris le nombre et la complexité des questions soulevées par les participants. Cela était dû également au grand nombre d'affaires que l'Organe d'appel devait traiter et aux problèmes de calendrier qui en résultaient. L'Organe d'appel prévoit que le rapport concernant cet appel sera distribué aux Membres le 16 mai 2012 au plus tard.

Le 16 mai 2012, le rapport de l'Organe d'appel a été distribué aux Membres.

Résumé des constatations clés

Ce différend découle d'une contestation formulée par le Mexique à l'encontre de certains instruments juridiques des États-Unis (la “mesure en cause”) établissant les conditions d'utilisation d'un label Dolphin Safe pour les produits du thon. Les instruments juridiques indiqués par le Mexique dans sa demande d'établissement d'un groupe spécial comprenaient l'article 1385 du Titre 16 du United States Code (la “Loi visant à informer les consommateurs sur la protection des dauphins” ou “DPCIA”), le règlement d'application et une décision rendue par une cour d'appel fédérale des États-Unis dans l'affaire Earth Island Institute c. Hogarth au sujet de l'application de la DPCIA. La mesure en cause ne rend pas l'utilisation d'un label Dolphin safe obligatoire pour l'importation ou la vente de produits du thon aux États-Unis. Les conditions établies dans la mesure en cause varient selon la zone dans laquelle le thon contenu dans le produit du thon a été capturé et le type de navire et la méthode de pêche utilisés pour la capture. En particulier, les produits du thon fabriqués à partir de thon capturé par “encerclement” des dauphins (à savoir, le fait de chasser et d'encercler les dauphins au moyen d'un filet pour capturer le thon qui leur est associé) ne sont pas admissibles au bénéfice du label Dolphin safe aux États-Unis. Devant le Groupe spécial, le Mexique a allégué que la mesure en cause était incompatible avec les articles I:1 et III:4 du GATT de 1994 et avec l'article 2.1, 2.2 et 2.4 de l'Accord OTC.

S'agissant de la question de savoir si la mesure en cause constituait un “règlement technique”, l'Organe d'appel a constaté que le Groupe spécial n'avait pas fait erreur en qualifiant la mesure en cause de “règlement technique” au sens de l'Annexe 1.1 de l'Accord OTC. Il a noté que la mesure contestée était composée d'actes législatifs et réglementaires des autorités fédérales des États-Unis et incluait des dispositions administratives. Il a ajouté que la mesure énonçait une définition unique et prescrite juridiquement d'un produit du thon Dolphin Safe et prohibait l'utilisation d'autres labels sur les produits du thon qui utilisaient l'expression Dolphin Safe et les termes “dauphins”, “marsouins” et “mammifères marins” et qui ne répondaient pas à cette définition. Ce faisant, la mesure des États-Unis prescrit d'une manière large et exhaustive les conditions qui s'appliquent pour la formulation de toute affirmation concernant un produit du thon quant à son “caractère Dolphin Safe”, indépendamment de la manière dont cette déclaration est faite.

S'agissant de l'allégation formulée par le Mexique au titre de l'article 2.1 de l'Accord OTC, l'Organe d'appel a infirmé la constatation du Groupe spécial selon laquelle les dispositions des États-Unis en matière d'étiquetage Dolphin Safe n'étaient pas incompatibles avec l'article 2.1 de l'Accord OTC et a constaté, au lieu de cela, que la mesure des États-Unis était incompatible avec l'article 2.1. L'Organe d'appel a d'abord fait le raisonnement selon lequel, en empêchant la plupart des produits du thon mexicains d'accéder au label Dolphin Safe et en donnant accès à la plupart des produits du thon des États-Unis et des produits du thon provenant d'autres pays, la mesure modifiait les conditions de concurrence sur le marché des États-Unis au détriment des produits du thon mexicains. L'Organe d'appel a ensuite analysé si, compte tenu des constatations de fait formulées par le Groupe spécial et des faits non contestés versés au dossier, l'effet préjudiciable de la mesure découlait exclusivement d'une distinction réglementaire légitime. En particulier, l'Organe d'appel a examiné si les différentes conditions d'accès au label Dolphin Safe étaient “adaptées” en fonction des risques présentés pour les dauphins par différentes méthodes de pêche dans différentes zones de l'océan, comme l'avaient allégué les États-Unis. Il a noté la constatation du Groupe spécial selon laquelle la technique de pêche par encerclement des dauphins était particulièrement dommageable pour ces derniers et selon laquelle cette méthode de pêche avait la capacité d'avoir des effets nuisibles observés et non observés sur les dauphins. Dans le même temps, le Groupe spécial n'était pas convaincu que les risques posés pour les dauphins par d'autres techniques de pêche étaient négligeables et n'atteignaient pas, dans certaines circonstances, le même niveau que les risques résultant de l'encerclement des dauphins. L'Organe d'appel a noté en outre la constatation du Groupe spécial selon laquelle, la mesure des États-Unis prenait pleinement en compte les effets nuisibles (y compris les effets observés et non observés) résultant pour les dauphins de leur encerclement dans l'ETP, alors qu'elle ne visait pas la mortalité découlant des méthodes de pêche autres que l'encerclement des dauphins dans d'autres zones de l'océan. Dans ces circonstances, l'Organe d'appel a constaté que la mesure en cause n'était pas impartiale dans la manière dont elle remédiait aux risques présentés pour les dauphins par différentes techniques de pêche dans différentes zones de l'océan.

S'agissant de l'allégation formulée par le Mexique au titre de l'article 2.2 de l'Accord OTC, l'Organe d'appel a infirmé la constatation du Groupe spécial selon laquelle le Mexique avait démontré que les dispositions des États-Unis en matière d'étiquetage Dolphin Safe étaient plus restrictives pour le commerce qu'il n'était nécessaire pour réaliser les objectifs légitimes des États-Unis. Ce faisant, il a fait, entre autres, le raisonnement selon lequel le Groupe spécial avait effectué une analyse et une comparaison viciées entre la mesure contestée et la mesure de rechange proposée par le Mexique et il a également noté que cette dernière n'apporterait pas une contribution à la réalisation des objectifs des États-Unis équivalente à celle apportée par la mesure des États-Unis dans toutes les zones océaniques. Sur cette base, l'Organe d'appel a infirmé la constatation du Groupe spécial selon laquelle la mesure était incompatible avec l'article 2.2 de l'Accord OTC.

Le Mexique a formé un autre appel conditionnel au cas où l'Organe d'appel infirmerait la constatation du Groupe spécial selon laquelle la mesure en cause était incompatible avec l'article 2.2 de l'Accord OTC. Étant donné que la condition sur laquelle reposait la demande du Mexique a été remplie, l'Organe d'appel a examiné l'autre appel présenté par le Mexique et a rejeté les deux motifs d'appel, à savoir, l'allégation du Mexique selon laquelle le Groupe spécial a fait erreur en constatant que l'objectif de protection des dauphins des États-Unis était un objectif légitime, et l'allégation du Mexique selon laquelle le Groupe spécial a fait erreur en examinant s'il y avait une mesure de rechange moins restrictive pour le commerce après avoir constaté que la mesure en cause ne pouvait, dans le meilleur des cas, que réaliser partiellement les objectifs des États-Unis.

L'Organe d'appel ne contestait pas la conclusion du Groupe spécial selon laquelle la mesure en cause des États-Unis n'était pas incompatible avec l'article 2.4 de l'Accord OTC. Il a cependant infirmé la constatation intermédiaire du Groupe spécial selon laquelle la définition de la notion de “Dolphin Safe” et la certification Dolphin Safe élaborées dans le cadre de l'Accord relatif au Programme international pour la conservation des dauphins (“AIDCP”) étaient une “norme internationale pertinente” au sens de l'article 2.4 de l'Accord OTC. En particulier, l'Organe d'appel a conclu que le Groupe spécial avait fait erreur en constatant que l'AIDCP, auquel des nouvelles parties pouvaient accéder uniquement sur invitation, était “ouvert à l'organisme compétent de tout pays et [était] donc une organisation internationale à activités normatives” aux fins de l'article 2.4 de l'Accord OTC.

L'Organe d'appel a constaté que le Groupe spécial avait agi d'une manière incompatible avec l'article 11 du Mémorandum d'accord en appliquant le principe d'économie jurisprudentielle en ce qui concerne les allégations formulées par le Mexique au titre des articles I:1 et III:4 du GATT de 1994.

Pour plus d'informations, cliquer OMC

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Le 30 octobre 2012

Pacifical : La marque du thon MSC pêché dans 8 pays insulaires du Pacifique


Pour plus d'informations : PACIFICAL

Pacifical veut se faire une place parmi les grands....

En décembre 2011, les 8 pays signataires de l'Accord de Nauru (PNA) ont obtenu le label MSC pour leur thon listao. Cet écolabel MSC certifie que le thon a été pêché de manière durable dans les eaux de la Papouasie Nouvelle-Guinée, des Etats Fédérés de Micronésie, de Kiribati, des Iles Marshall, de Nauru, Palau, des Iles Salomon et de Tuvalu.

Trois poids lourds de l'industrie du thon se sont opposés à la certification MSC du thon listao de ces 8 pays du Pacifique : l'organisation des producteurs espagnols, l'OPAGAC, la Fondation internationale pour la durabilité des produits de la pêche, une ONG regroupant des industriels, des scientifiques, WWF, et Eurothon, le Comité Européen Interprofessionnel du Thon Tropical.

Les explications de Giff Johnson, rédacteur en chef du Marshall Islands Journal :

«Cette opposition, c'est en partie parce que les pays de l'Accord de Nauru (PNA) sont les derniers venus sur le marché et ils essaient de se faire une place au soleil parmi les gros producteurs asiatiques, américains et européens. Ces gros producteurs voient d'un mauvais œil l'arrivée de ce consortium de 8 petites îles qui vient leur dire: "on va changer de méthodes". Et elles le font déjà depuis quelques années. Donc les gros producteurs ont fait de l'obstruction, mettant en doute la capacité des pays de l'Accord de Nauru à conduire un tel programme de pêche durable. La juge de Londres estime que c'est bon, même si ces pays devront travailler dur pour conserver leur label.»

Le point central de ce nouveau programme de pêche des pays de l'Accord de Nauru, c'est la lutte contre les dispositif de concentration du poisson - les DCP.

Giff Johnson, au micro de Geraldine Coutts sur Radio Australie :

«Le thon pêché sans DCP et labellisé MSC se vend plus cher sur les marchés européen et américain. Il y a une motivation financière à abandonner les DCP. Aujourd'hui, selon des industriels du thon auxquels j'ai parlé, environ 60% des prises de thon listao se font à l'aide de DCP. C'est bien pour ça que les pays de l'Accord de Nauru veulent occuper le marché naissant du thon pêché sans DCP. Ils ont déjà interdit les DCP trois mois par an, en juillet, août et septembre pour laisser les thons se reproduire.»

D'après un article de Radio Australie

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Le 15 novembre 2012

Thon tropical. Les stratégies régionales de pêche de l’UE 

Une entrevue avec Michel Goujon, directeur d'Orthongel

En France, Orthongel est la plus grande organisation de pêche lointaine (en dehors des eaux communautaires). C'est l'organisation française des producteurs de thon congelé et surgelé (association de la loi 1901). Orthongel représente les intérêts d’une flotte de 22 thoniers senneurs, actifs en Océan indien et Océan atlantique pour une production de plus de 100 000 tonnes de thon tropical chaque année.

Orthongel est membre d’Eurothonet a contribué à mettre sur pied l’Association des opérateurs thoniers de l’Océan indien (AOTOI). Ses missions sont d'améliorer les conditions de vente de la production de ses adhérents, d'encourager les méthodes de pêche qui favorisent une pêche durable et responsable, de contribuer à la gestion de la pêcherie et de représenter, défendre et promouvoir les intérêts généraux des armateurs de thoniers congélateurs et surgélateurs tropicaux.

Orthongel est, aussi, membre d'Eurothon, du CNPMEM, du Cluster maritime et du CCR Pêches Lointaines.

Les armements adhérents d'Orthongel sont :
  • la Compagnie Française du Thon Océanique (créée en janvier 2011 par la fusion des armements France-Thon, Cobrecaf et Cobrepêche)  
  • Saupiquet  
  • Sapmer S.A.

Pour en savoir plus, cliquer Orthongel

Les stratégies régionales de pêche de l’UE devraient se centrer sur l’appui à l’harmonisation et à la spécialisation


Dr Michel Goujon, ingénieur-docteur en halieutique, est directeur d’Orthongel, l’organisation française des producteurs de thon congelé et surgelé...

Q : Il y a deux ans, vous avez participé à la création de l’Association des opérateurs thoniers de l’Océan indien (AOTOI). A quoi correspond cette démarche ?

C’est une initiative des conserveries de la région océan indien et des armateurs de pêche à la senne qui y opèrent. On retrouve aujourd’hui dans l’association toutes les conserveries des pays de la COI – Maurice, Seychelles, Madagascar, Comores – ainsi que tous les armements thoniers européens.

La création de l’AOTOI correspond à une période où certains groupes environnementalistes donnaient aux consommateurs, surtout en Grande Bretagne, une image négative de la filière de la pêche du thon à la senne, incitant à ne consommer que du thon pêché à la ligne. La pression des consommateurs, relayée par les importateurs, s’exerçait directement sur les conserveurs, pour que ceux-ci ne s’approvisionnent qu’en thons provenant de ce type de pêche.

Pour nos partenaires de l’Océan indien et aussi pour nous, il était important de recréer la confiance et de démontrer, sur base d’éléments objectifs, que la pêche à la senne peut se faire de façon tout à fait durable.

En effet, au niveau environnemental, la sélectivité de la senne est bonne – comme cela a été documenté pour l’Océan Indien par les scientifiques de la CTOI. Celle-ci résulte notamment du comportement des thons qui se déplacent en bancs. Le repérage du poisson à vue et au sondeur permet aussi aux pêcheurs qui le veulent d'éviter la capture de poissons trop petits. Par ailleurs, le poisson est embarqué vivant, il est alors possible de remettre à l'eau, avec d'excellentes chances de survie, d'éventuelles captures accidentelles comme les requins ou les tortues. Dans le Pacifique est, où les thons sont souvent associés aux dauphins, une méthode est utilisée avec succès pour permettre aux dauphins de s’échapper de la senne.Par ailleurs, opérant en surface et loin des côtes, la senne n'a pas d'impact sur les fonds marins.

Bien sûr, des améliorations des pratiques peuvent toujours se faire, et c’est aussi à cela que nous travaillons au sein de l’AOTOI.

Nous avons d’ailleurs fait tout un travail de préfiguration d’une labellisation, même si ce n’est pas l’objectif premier de l’association.

Q : S’agirait-il là d’un écolabel de plus ?

Nous avons défini un cahier des charges qui est axé sur des aspects tant environnementaux que sociaux, de qualité du produit ou encore de transparence. Au niveau environnemental, par exemple, nous nous engageons à ne pas produire de rejets, exceptés pour les animaux relâchés vivants. Au niveau social, nous nous engageons à respecter les droits des travailleurs, le salaire minimum, la couverture sociale, etc. Pour les bateaux européens pêchant sous accord de partenariat de pêche, cela correspond par exemple à la mise en oeuvre de la clause sociale. Pour les conserveries, il y a aussi des engagements concernant la chaîne du froid, l’évacuation correcte des déchets, etc.

Mais l’AOTOI est aussi une plateforme pour réfléchir et promouvoir des améliorations techniques, comme par exemple le développement et la généralisation de l’utilisation de dispositifs de concentration de poissons (DCP) écologiques afin de minimiser l’impact environnemental de cette technique. En France, nous avons mené un programme pour le développement de ce genre de DCP qui, à terme,seront standardisés et assemblés à terre, ce qui permettra aussi un meilleur contrôle du nombre de DCP mis en mer.

Q : C’est un enjeu central, pour vous, de minimiser l’impact environnemental des DCP, notamment les prises accidentelles de requins et tortues et les captures de juvéniles ?

Oui, c’est vraiment une conviction du secteur. Nous sommes bien conscients que, même si les prises accidentelles sont déjà faibles pour la pêche à la senne, améliorer la sélectivité des engins, c’est tout bénéfice : un écosystème en bonne santé est plus productif, une meilleure sélectivité réduit la charge de travail, etc, sans compter l’amélioration de notre image. Avec les améliorations que nous proposons, nous voulons démontrer que la pêche sur DCP écologiques, bien contrôlée, est une pêche responsable.

Dans ce débat un peu manichéen entre une pêche sur DCP (qui serait mauvaise), et une pêche sans DCP (qui serait bonne), il faut prendre en compte des enjeux techniques et économiques. Il n’est pas possible pour une flotte entière d’être rentable en pêchant uniquement sans DCP. Ce que l’on capture sous DCP, c’est essentiellement du thon listao, qui contribue pour au moins 50% de la matière première des conserves de thon. Ces captures sous DCP sont donc un élément essentiel de la rentabilité, et donc les senneurs qui s’engagent dans la pêche sans DCP ne feront qu’une partie de leurs captures de cette manière. Il faudra donc prévoir des cuves séparées pour stocker le thon pris avec et sans DCP, et organiser une traçabilité sans failles.

De notre point de vue, en plus des améliorations techniques visant à une meilleure sélectivité, d’autres approches sont efficaces pour éviter de pêcher des juvéniles de thon, notamment dans la façon de rémunérer les équipages. Nous payons les équipages au prorata de la valeur du thon capturé, pas au volume de captures. De plus, tout thon capturé de moins de 1,5kg n’est pas payé. Avec ce système, il est évident que les pêcheurs vont cibler les plus gros thons, et pas les juvéniles.

Q : Les DCP sont également un paramètre important qui augmente la capacité de pêche…

Effectivement, c’est un aspect important qui doit être pris en compte lorsqu’on développe des systèmes de gestion de la capacité de pêche thonière au niveau des Organisations régionales de pêche (ORGP).

Dans le cadre du Conseil consultatif régional pour la pêche lointaine (CCRPL) de l’Union européenne, nous avons réfléchi sur les enjeux liés à l’utilisation des DCP, avec l’ensemble de l’industrie et les ONG. La principale recommandation qui en est sortie, c’est qu’il faut adopter un plan international de gestion des DCP, qui devra être appliqué au niveau de toutes les ORGP thonières, afin de gérer l’ensemble de leurs impacts, y compris sur la capacité de pêche.

Cela exigera le recueil continu de données sur l’utilisation des DCP qui viendra s’ajouter au recueil déjà réglementaire de la composition des captures par taille et par espèce et des captures accessoires.

Nous avons demandé à l’UE de porter cette recommandation et de promouvoir cette approche au sein des ORGP thonières.

Q : L’UE est en train de reformer sa politique de pêche et, concernant la pêche lointaine, elle propose de définir des stratégies régionales. Qu’est-ce que cela vous inspire ?

C’est essentiel de développer ces stratégies régionales pour la pêche thonière. Et il faut que ces stratégies aient pour objectif d’appuyer les pays d’une région donnée à harmoniser leurs politiques, notamment en ce qui concerne les conditions d’accès pour les flottes de pêche lointaine, la coopération scientifique et la lutte contre la pêche illégale.

Un autre aspect qui devrait être considéré par les pays partenaires de l’UE, en particulier ceux qui ont des accords de partenariat thoniers avec l’UE, c’est l’intérêt qu’il peut y avoir à développer des spécialisations au sein d’une même région. En effet, il n’est de l’intérêt de personne de construire des usines de transformation semblables partout, si, au bout du compte, les pays ne peuvent les faire fonctionner à plein rendement.

Une concertation entre les états riverains pour déterminer comment répartir de manière juste les divers bénéfices de l’exploitation thonière par les flottes de pêche lointaine serait sans doute salutaire. Si la question de l’installation des usines de transformation est un élément clé à discuter dans ce cadre, le paiement de coûts d’accès harmonisés, représentant une part raisonnable de la valeur des captures réalisées, est un autre élément important à discuter au niveau régional.

D’autres propositions pourraient aussi être faites, pour que certains pays se spécialisent pour devenir, par exemple, des centres régionaux pour la formation d’observateurs, la formation de marins, le Suivi, Contrôle et Surveillance, etc. Ce qui me semble évident, c’est que le développement de stratégies régionales pour la future politique européenne de la pêche doit prendre aussi bien en compte les besoins et les priorités des pays tiers que les contraintes d’exploitation durable des senneurs.

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Le 18 mars 2013

La Sapmer se lance dans un Pacifique envahi par d'immenses réserves marines

L’armement réunionnais Sapmer crée une holding pour gagner le Pacifique. Treize senneurs de 80 mètres à construire pour le groupe concarnois Piriou.

Étrave inversée, silhouette plus trapue que celle des précédents senneurs construits par Piriou, large plate-forme pour hélicoptère sur la passerelle, 79,90 mètres de long pour répondre aux règles d’exploitation dans l’océan Pacifique… Le nouveau thonier surgélateur imaginé par le chantier concarnois symbolise les ambitions de la Sapmer.

« La Papouasie-Nouvelle-Guinée vient de nous accorder dix licences d’exploitation, indique Yannick Lauri, directeur général de l’armement. Le premier bateau doit y entrer en service dès 2015. » Dix unités identiques seront exploitées au nord de l’île de Madang, « où tout est à construire ». L’armement réunionnais mise sur un potentiel de plus de 10 000 tonnes de thon par navire. « Le poisson est à deux heures de route de notre futur site d’implantation où 2 000 emplois vont être créés, équipages compris », indique Yqannick Lauri. La Sapmer emploie aujourd’hui près de 600 personnes.

Se renforcer dans l'océan Indien

Avant de faire tourner ses sennes dans le Pacifique, Sapmer va continuer à se renforcer dans l’océan Indien. Deux nouveaux thoniers de 90 m, en construction chez Piriou au Vietnam, « vont rejoindre, en août et novembre, les cinq que nous possédons déjà. Suivront en 2014, trois autres unités de 80 m destinées, elles aussi, à travailler dans l’océan Indien. » Toutes ces commandes honorées, Sapmer disposera d’une vingtaine d’unités. Dans le même temps la société réunionnaise annonce la construction d’une nouvelle usine de 21.000 tonnes à l’île Maurice.

Diversification réussie

Depuis sa diversification dans le thon tropical, l’armement basé à La réunion connaît une progression spectaculaire. Son chiffre d’affaires 2012 s’élève à 93 millions d’euros. Il était de 33 millions en 2009. En jouant la valorisation de ces captures congelées à - 40° au sortir de l’eau, l’armement a développé une clientèle importante en Asie. La conjoncture économique autour du thon tropical lui a aussi été favorable. « Cette année, le thon brut destiné à la conserve a atteint des niveaux records », explique le directeur général. Pour satisfaire leur appétit les conserveurs paient le kilo autour de 2 €, le double du prix payé en 2010. Le marché du thon se négociant en euro, la Sapmer a également bénéficié d’un taux de change très favorable avec le dollar.

« Internationaliser notre groupe »

Malgré ces succès, la Sapmer a atteint ses limites d’investissement. Avec la livraison de deux senneurs en 2012, l’endettement a grimpé de 51 millions à 91 millions l’an dernier. Pour intéresser de nouveaux investisseurs et ne pas affoler ses banquiers, la société vient de créer une société de droit singapourien, la Sapmer holding PTE limited. Objectif : « Internationaliser notre groupe. » Méthode : « Créer des sociétés dédiées à la Réunion, à l’île Maurice et dans le Pacifique. »

À l’automne 2013, l’armement prévoit aussi d’exploiter un quota d’environ 1 000 tonnes de poisson des glaces qu’il va chaluter dans les mers australes où il exploite déjà la langouste et la légine. Des filons en or.

Jean-Pierre BUISSON.

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Pacifique: Palau, sanctuaire de requins, veut bannir la pêche commerciale

L'archipel de Palau (ou Palaos), dans le Pacifique, veut bannir toute pêche commerciale dans ses eaux et créer une réserve marine vaste comme la France, a annoncé son président, le 15 mars 2013. 

Faisant partie des îles Carolines, ce micro-État de près de 300 îles ne compte que 21.000 habitants, mais sa zone économique exclusive recouvre 603.978 km2, une superficie supérieure à la France métropolitaine. Il tire près de 4 millions d’euros de revenus annuels des autorisations de pêche accordées aux bateaux étrangers, dont l’essentiel par le Japon et Taïwan.

Déjà proclamé sanctuaire pour les requins, Palau deviendrait, selon le président, Tommy Remengesau, « un espace si bien protégé » qu'il fera de Palau « le plus grand sanctuaire marin au monde » d’un seul tenant - un titre déjà revendiqué par les îles Cook et le Kiribati.

Les bateaux étrangers pêchant autour des 300 îles de l'archipel ne rapportent quasiment rien à ses 21.000 habitants au regard du coût écologique supporté et des revenus du tourisme qu'une interdiction pourrait générer.

« Palau ne sera plus simplement un sanctuaire pour les requins mais un sanctuaire marin protégeant toute la vie marine à l'intérieur de sa zone économique exclusive (ZEE) », a-t-il dit.

Selon le ministre des Ressources naturelles, Umiich Sengebau, le pays tire chaque année quelque 5 millions de dollars de revenus de l'activité des bateaux de pêche étrangers, dont 4 millions proviennent de la pêche au thon pratiquée essentiellement par les Japonais et les Taïwanais.

« Une zone d'exclusion de la pêche commerciale dans la ZEE signifierait que seules seraient autorisées la pêche de subsistance pour les habitants de Palau et la pêche sportive touristique qui prévoit le rejet des poissons vivants » à la mer, a souligné le président Remengesau.

Le manque à gagner serait couvert par une hausse du nombre de touristes étrangers attirés par la biodioversité marine de l'archipel. Palau ne dispose cependant actuellement que d'un seul bateau --vieillissant-- de surveillance maritime. D'après Le Marin  et Sciences et avenir

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Juillet 2014

L'or bleu des Seychelles

Histoire de la pêche industrielle au thon dans l'océan Indien

2014
Ed. : IRD,
Coll. : Hors collection
Format 16 x 24 cm
ISBN : 978-2-7099-1759-9
Langue(s) : français,
Prix : 25,00 €
           
Fonteneau A., Marsac F., Michaud P.,

En 1976, année de l'indépendance du pays, il n'existait aux Seychelles aucune pêche thonière industrielle, et peu d'experts prévoyaient un développement majeur de ces pêcheries. Aujourd'hui Victoria, la capitale, devenue l'un des ports thoniers les plus actifs au monde héberge l'une des plus grosses conserveries de la planète et l'industrie thonière constitue la clef de voûte de l'économie du pays. On ignore souvent que le thon en conserve consommé en Europe provient pour l'essentiel des eaux seychelloises, qui recèlent de très importantes ressources en thons, découvertes lors des campagnes expérimentales de pêche menées par des thoniers senneurs français et espagnols.

En l'espace de vingt ans seulement, les retombées socio-économiques ont été considérables, avec création d'emplois et par ailleurs la mise en place d'une flottille palangrière semi-industrielle conduite par des opérateurs locaux. La recherche scientifique a en permanence accompagné ce développement, en assurant un suivi continu de la pêche thonière pour une gestion raisonnée des stocks et la préservation des écosystèmes pélagiques.

Fruit d'une importante recherche documentaire et de témoignages recueillis auprès de scientifiques, de patrons thoniers et de personnalités politiques, cet ouvrage retrace les différentes étapes de cette " épopée thonière ", jalonnée d'échecs et de réussites. Il nous livre le récit détaillé et vivant de cette tranche d'histoire mal connue et pourtant décisive pour le développement et la diversification économique des Seychelles, et pour les pêcheries thonières de l'océan Indien.

Francis Marsac, océanographe biologiste, est directeur de recherche à l'Institut de recherche pour le développement (IRD).

Alain Fonteneau, halieute, est directeur de recherche à l'IRD.

Philippe Michaud, économiste, actuellement conseiller au ministère des Affaires étrangères des Seychelles, est ancien directeur général de la SFA (Seychelles Fishing Authority).

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Conférence grand public sur l’Or Bleu des Seychelles

L’Ambassade de France aux Seychelles et l'Autorité de la pêche des Seychelles (SFA) ont organisé une conférence grand public sur l’Or Bleu vendredi 20 juin 2014 à Victoria, la capitale. Environ 70 personnes étaient présentes, dont le Ministre des Affaires Etrangères, M. Jean-Paul Adam, l’Ambassadeur des Seychelles pour la région Océan Indien, M. Calixte D’Offay, et l’Ambassadeur de France aux Seychelles, Mme Geneviève Iancu. Mme Iancu a salué le talent et l’expérience des trois co-auteurs qu’elle a qualifiés de témoins vivants du développement de la pêche au thon aux Seychelles.

Source : CTA

Le Seychellois Philippe Michaud et les Français Francis Marsac et Alain Fonteneau ont trouvé utile de retracer dans un livre, l’histoire de la pêche au thon aux Seychelles.L’ouvrage qu’ils ont intitulé ‘L’Or Bleu des Seychelles’, part des années 70 avec les premiers plans du gouvernement d’alors de l’exploitation du thon aux Seychelles. Il raconte ensuite les différentes étapes de cette activité importante pour l’économie du pays, allant des recherches, passant par la négociation avec les armateurs Européens et Japonais, l’arrivée des premiers thoniers, un début de pêche difficile, le développement des infrastructures, et les différentes évolutions dont la piraterie, jusqu'une activité importante et profitable aujourd’hui.

Aujourd’hui Victoria, devenue l’un des ports thoniers les plus actifs au monde, héberge l’une des plus grosses conserveries de la planète et l’industrie thonière constitue un des piliers économiques du pays.

En vingt ans seulement, les retombées socio-économiques ont été considérables, avec la création de milliers d’emplois et la mise en place d’une flottille palangrière semi-industrielle conduite par des opérateurs locaux. La recherche scientifique a en permanence accompagné ce développement, en assurant un suivi continu de la pêche thonière pour une gestion raisonnée des stocks et la préservation des écosystèmes pélagiques

Source: afrique-australe.aird.fr

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Le 14 Août 2014

Thonier-senneur. Les tortues marines passent entre les mailles des filets géants


 Thonier-senneur "Glénan" en action de pêche sur Youtube

La pêche à la senne se déroule à bord de thoniers-senneurs, des navires puissants pouvant atteindre plus de 100 mètres de longueur, utilisant des filets (les "sennes") de plus de 1,5 km de long et ciblant les thons tropicaux. Afin d’optimiser les captures, cette pêche industrielle au thon utilise notamment des dispositifs de concentration de poisson (DCP), des systèmes flottants au milieu de l’océan servant à attirer les grands poissons pélagiques et particulièrement les thons tropicaux. Ces méthodes sont souvent accusées de générer des captures accidentelles importantes.

Les tortues marines passent entre les mailles des filets

Bonne nouvelle ! Dans une étude parue le 12 aout 2014 dans la revue scientifique "Biological Conservation", publiée par Elsevier Science, un groupe de chercheurs de l’Ifremer, de l’IRD, de l’IEO et de l’AZTI ont pu affirmer que "l’impact de la pêche à la senne était très faible sur les captures des six espèces de tortues marines présentes dans les océans indien atlantique".



Souvent pointés du doigt au sujet de pêches accidentelles massives et catastrophiques, ces grands navires, les thoniers-senneurs, et leurs filets d'1,5 km de long, ne peuvent finalement pas être accusés de balayer les tortues marines sur leur passage en cherchant à pêcher les thons tropicaux.

Les scientifiques ont ainsi analysé 15 913 données collectées entre 1995 et 2011 par des observateurs embarqués à bord des thoniers-senneurs européens. Pour l’océan Atlantique et l’océan Indien, cela représente respectivement 10,3% et 5,1% de la totalité de cette activité de pêche réalisée pendant cette période. En parallèle, de 2003 à 2011, 14 124 observations liées aux dispositifs de concentration de poisson (DCP) ont été réalisées pour vérifier si les tortues étaient prises dans les filets des DCP.

Le résultat de l’étude n’est pas une surprise pour les chercheurs : "Globalement, l’impact de la pêche à la senne est très faible sur les captures des six espèces de tortues marines présentes dans ces océans. Seulement un petit nombre de tortues restent coincées dans les filets" explique Jérôme Bourjea, premier auteur de la publication. "En plus, 75% des tortues pêchées accidentellement ont été relâchées vivantes".

Bien sûr, les DCP restent un problème car ils "attirent des jeunes tortues marines qui peuvent se retrouver prises dans les filets utilisés pour fabriquer ces DCP. Mais dans l’ensemble, cela joue un faible rôle dans les captures accidentelles", toujours selon l'auteur. Cependant, depuis 2013, "la construction de ces DCP a été modifié par la flottille européenne pour limiter le nombre de tortues emmêlées dans les filets et les premiers retours semblent très positifs".

D'après les articles d'Ifremer : Quels sont les impacts de la pêche thonière à la senne sur les tortues ? et de zinfos974 : Pêche à la senne: Les tortues marines passent entre les mailles des filets   

Pour plus d'informations sur les programmes auxquels la délégation Ifremer Océan Indien participe : 

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    Le 16 Août 2014

    Pacifique : souriez, vous êtes filmé

    Les pêcheurs de thon sont sous surveillance. Plusieurs initiatives pour protéger les ressources des pays insulaires. Le Secrétariat général de la Communauté du Pacifique (CPS) teste en ce moment une innovation.

    Protéger la pêche et nos mers



    Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD)

    Pour beaucoup de communautés dans le monde, l'océan est à la base de tout : culture, mode de vie et moyens de subsistance. Découvrez les efforts fournis par nos équipes en Asie Pacifique pour lutter contre la surpêche du thon avec le suivi des thoniers et l'intervention d'une flotte aérienne (Nouvell-Zélande,..)

    La CPS teste la caméra de surveillance...

    Le Secrétariat général de la Communauté du Pacifique (CPS) projette d'installer des caméras de surveillance sur les bateaux de pêche trop petits pour accueillir un observateur en chair et en os. Des caméras de surveillance ont été placées sur deux bateaux de pêche. Ils sont trop petits pour accueillir à leur bord un observateur de la CPS. Alors la CPS a trouvé la parade : la caméra de surveillance.

    Source : Radio Australia par Caroline Lafargue

    Généralement l'observateur embarqué peut être chargé aussi bien d'une mission scientifique que de veiller au respect des quotas et des techniques de pêche par l'équipage. La caméra de surveillance qui le remplace va faire à peu près le même travail. Malo Hosken, le coordonnateur du recueil des données électroniques à la CPS:

    « Les caméras sont reliées à un logiciel de surveillance, qui localise le navire, enregistre son trajet et sa vitesse. Quand le bateau rentre au port, ce logiciel permet d'analyser toutes ces informations, pour savoir exactement ce qui a été pêché. On peut aussi voir si la pêche a eu lieu dans une zone autorisée ou interdite, et cela dépend du type de licence de pêche accordée au navire. »

    Ce mouchard embarqué rend le braconnage en mer un peu plus compliqué. Car il est impossible de trafiquer la caméra de surveillance:

    «  Si quelqu'un essaie de désactiver ces petites caméras, elles envoient un signal au fabricant, puis à l'agence de contrôle des pêches. Donc l'équipage n'a pas intérêt à trafiquer les caméras de surveillance. Il risque une amende. »

    Ce système n'est pas encore généralisé. Il est testé depuis un mois et demi sur deux bateaux aux Îles Salomon.

    « Les caméras embarquées sur les deux navires nous envoient des captures d'écran toutes les 10 minutes. Et tout fonctionne très bien. Les relations entre l'entreprise de pêche concernées et nous sont bonnes. Nous attendons le retour des bateaux dans un mois pour analyser les données enregistrées par les caméras. »

    Malo Hosken, coordonnateur du recueil des données électroniques à la CPS, répondait à Richard Ewart sur Radio Australie. Un deuxième essai est prévu sur d'autres bateaux, et le projet pilote sera bouclé d'ici la mi-août.


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    Le 22 août 2014

    Martinique : Les DCP veulent se refaire une santé


    Sur la douzaine de DCP dénombrés autour de la Martinique (il y en a eu entre douze et quinze dans les années les plus fastes), beaucoup ont souffert après les derniers courants qui soufflent plus que d'habitude sur l'île.

    Source : France Antilles par Christian Tinaugus 

    Le comité des pêches cherche à renouveler le parc de Dispositifs de concentration de poissons. 45 DCP attendent d'être financés.

    Pas de pêche sans Dispositifs de concentration de poissons (DCP) à la Martinique. 80% de la production locale est réalisée grâce à ce matériel flottant construit en plusieurs points de l'île pour attirer la faune pélagique (thons, daurades, marlins, thazard...), ce qui prouve bien que ce système est de plus en plus utilisé par une majorité de professionnels. Devenus un peu vieillots avec le temps et incapables désormais de résister aux assauts des océans, beaucoup méritent d'être remplacés. Les responsables de la pêche locale ont, dans cette optique, monté un dossier auprès de la Région pour obtenir une subvention pour le renouvellement du parc. Si le Comité des pêches et élevages marins (CRPMEM) reçoit l'aide de la collectivité, il pourrait mettre en place un programme de réalisation de 45 ouvrages sur les deux ans à venir. Une procédure qui restait « compliquée » à mettre en oeuvre via le Fonds européen pour la pêche (FEP), il n'existait pas de d'aide publique pour ce matériel, ce que permet aujourd'hui le Fond européen pour les affaires maritimes et la pêche (FEAMP). Le comité profite ainsi du fait que les collectivités peuvent aujourd'hui financer les projets de ceux qui en font la demande. Sur la douzaine de DCP dénombrés autour de la Martinique (il y en a eu entre douze et quinze dans les années les plus fastes), beaucoup ont souffert après les derniers courants qui soufflent plus que d'habitude sur l'île.

    « Oui de principe »

    L'existant est constitué d'outils réalisés à l'initiative d'associations de marins pêcheurs, exploités par l'ensemble de la profession en dépit de leur caractère privé, contrairement à ce qui se fait à la Guadeloupe, où des équipements ne seraient utilisés que par ceux qui les ont mis en place.

    Une autre partie du matériel a été aussi installée par la Région il y a deux ans. Les conditions climatiques contraignent à les remplacer constamment, ce qui a incité les élus de la pêche à se tourner vers l'Hôtel de Région de Cluny. « La Région nous avait donné un oui de principe. Mais budgétairement, les choses sont difficiles. Il nous faut des financements pour pouvoir boucler ce dossier et mettre à l'eau les DCP. À cause des courants, nous avons une très mauvaise année de Miquelon et de DCP. Il faut tout faire pour renouveler le parc avant la fin de l'année » , envisage le président du Comité des pêches Olivier Marie-Reine. Sachant que la durée de vie d'un DCP n'est pas éternelle, les quarante-cinq DCP ne seront pas opérationnels simultanément. L'idée est d'en programmer une bonne quantité afin de ne pas reconstituer à chaque fois un dossier de demande financement.

    Pose d'un DCP. Il y a deux ans, la mise à l'eau d'un système au large des Trois-Ilets avait créé un petit événement pour les pêcheurs. Depuis, Le manque de matériel est toujours d'actualité.

    Les DCP, ça fonctionne!

    Vous lâchez un objet dans l'eau et vous observerez aussitôt que les poissons se regroupent autour. Ce phénomène, les hommes l'ont mis à profit il y a plusieurs siècles en le mettant au service de la pêche et ça marche!

    Des Dispositifs de concentration de poissons ont été ainsi développés pour des pêcheries artisanales, soit sous forme naturelle (algues, débris végétaux...), soit construits par l'homme. Les premiers auraient été implantés à Hawaï en 1981. À la Martinique, on trouve en grande majorité des DCP ancrés. Ils nécessitent un équipement adapté pour leur mise en place. Aujourd'hui, nos marins pêcheurs ramènent plus des trois-quarts de leur produit de pêche, thons, maquereaux..., grâce à ce procédé.

    Les Martiniquais en sont de gros consommateurs. Les DCP ont aussi l'avantage d'une pratique de l'activité toute l'année alors que la pêche à Miquelon ne dure que de décembre à juin.

    Une quinzaine d'années de développement ont permis de démontrer l'efficience des DCP ancrés, d'améliorer progressivement leur technologie et d'approfondir les connaissances sur les mécanismes d'agrégation des poissons pélagiques.

    Si les modèles de DCP légers ont progressivement évolué vers une longévité accrue, et une meilleure résistance aux courants, ils ont démontré leurs limites en matière de résistance aux forts courants autour de la Martinique. Des inconvénients qui s'ajoutent à une maintenance rapprochée, difficile à organiser, d'où la perte prématurée d'un matériel important.

    Davantage de thons dans nos assiettes

    Les DCP constituent l'avenir de la pêche. Et pour cause, 33% du territoire marin sont interdits de pêche à cause du chlordécone. Dans le même temps, les professionnels doivent faire face à l'invasion du poisson lion dont on incite de plus en plus à consommer. Un contexte expliquant que l'on est aux petits soins pour ce matériel. Une réalité qui explique aussi que le pélagique prend le dessus sur le poisson benthique (les poissons évoluant par bancs). On aura de plus en plus de thons et de thazard dans nos assiettes.

    Pêcheurs acteurs

    La politique du CRPREM vise à impliquer davantage les professionnels dans la fabrication et la pose des DCP. Des marins pêcheurs maîtrisent l'action de déposer et sont capables de répondre à des appels d'offre dans ce domaine, dit-on au siège du comité.

    Les dirigeants font tout pour que ce soit une compétence locale reconnue tant sur la pose, la fabrication, que l'entretien. « Les pêcheurs pourraient être candidats en se regroupant, imagine déjà Olivier Marie. On est en train de voir comment faire juridiquement » . L'implication ne s'arrête pas là. Ils ont leur mot à dire sur les distances et leurs positions dès lors qu'il s'agira de les mettre à l'eau.

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    9 Octobre 2014

    90 millions de dollars pour 8300 jours de pêche par les thoniers US !

    Pacifique: le traité de pêche le plus cher du monde


    Au moment où Obama proclamait au monde entier la création du plus grand sanctuaire marin au centre du Pacifique, son gouvernement négociait un "gros" accord de pêche avec les Etats insulaires de l'Océanie.... Par ailleurs, qu'en est-il vraiment de ce sanctuaire marin après avoir lu cette article d'IPS : Championing Ocean Conservation Or Paying Lip Service to the Seas? (Le gouvernement étatsunien aurait créé cette vaste réserve marine pour protéger sa flottille de pêche basée à Hawaï et Samoa ?)

    90 millions de dollars pour 8300 jours de pêche. C'est ce que va payer la flotte des bateaux américains pour pouvoir pêcher le thon dans le Pacifique en 2015.

    Source : Radio Australia par Caroline Lafargue

    Un coût supporté par l'industrie de la pêche et le gouvernement américains.

    L'accord a été conclu hier à Hawaï après des mois de négociations ardues, entre les 17 pays membres de l'Agence des Pêches du Forum des Îles du Pacifique et les États-Unis.

    C'est un accord historique, le traité de pêche le plus cher du monde. 90 millions de dollars pour un an de pêche dans le Pacifique, cela représente une augmentation de 328% par rapport à 2009, et de 42% par rapport à l'année dernière.

    James Movick, le directeur-général de l'Agence des Pêches du Forum : « Tous ces pays se partagent les 90 millions, mais évidemment les pays où va pêcher la flotte américaine reçoivent plus que les autres, il s'agit des pays de l'Accord de Nauru, plus Tokelau. Le reste de la somme est distribué équitablement et servira à financer des projets de développement dans les autres pays de l'Agence des Pêches. »

    Les pays de l'Accord de Nauru sont Nauru bien sûr, les Îles Salomon, Tuvalu, Kiribati, les Îles Marshall, la Papouasie Nouvelle-Guinée, les États Fédérés de Micronésie et Palau.

    Toute la difficulté pour eux est de se mettre d'accord sur un tarif collectif, qui ne désavantage personne, alors qu'un pays peut se retrouver avec plus de thons dans ses eaux pendant une certaine période, qu'un pays voisin, vu que le thon tropical est un grand migrateur. Plus de 60% du thon pêché dans le monde provient du Pacifique, et les droits de pêche représentent le principal revenu des pays de l'Accord de Nauru.

    Le système des jours de pêche, est également, selon James Movick, une mesure de conservation du thon, car le quota est réduit régulièrement. Organiser la rareté permet aussi de maximiser les profits pour les pays du Pacifique : « En réduisant l'accès des flottes étrangères aux zones de pêche, on fait monter les prix, c'est ce qui s'est passé avec les Américains. Les autres flottes étrangères vont, elles aussi, payer plus. »

    Les autres flottes étrangères viennent principalement de la Chine, du Japon, de la Corée du Sud, d'Espagne, et d'Amérique du Nord et du Sud.

    https://secure.avaaz.org/fr/ocean_of_hope_loc/



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    3 commentaires:

    J. W. Snyder a dit…

    Great Article, the fishery is similar to were I live on the West coast on the United States.

    Aquablog a dit…

    Thanks

    sport et santé a dit…

    A ce propos, une task-force a été mise en place, selon les termes du Projet : “Appui à la Formulation de la Stratégie Nationale de Développement de la Pêche et de l’Aquacutlture avec une attention particulière sur la pêche artisanale” signé entre le Ministère de la Pêche, la FAO, l’ONUDI et le PNUD, et a été officiellement lancé lors de l’atelier « Mise en place de la Task-Force MPRH-FAO-PNUD », le 3 avril 2014 à la Direction de la Pêche de la Wilaya d’Alger. Etaient présent à cet atelier, le Ministre de la Pêche et des Ressources Halieutiques, M. Sid Ahmed Ferroukhi, Mme Cristina Amaral, Représentante résidente du PNUD, M.Nabil Assaf, Représentant de la FAO en Algérie ainsi que des experts tant nationaux qu’internationaux.