vendredi 23 octobre 2009

Thon tropical : Histoires de piraterie

Imaginons la Bretagne dans 30 ou 40 ans. Le réchauffement climatique en a fait une terre aride où rien ne pousse. La seule richesse de cette région côtière est la ressource en poissons. Mais, depuis la réforme de la Politique Commune de la Pêche en 2013, ce sont les bateaux de gros armements étrangers qui sillonnent les rivages des côtes bretonnes et qui vont ensuite débarquer leurs captures dans de grands ports au nord de l’Europe.

Les populations littorales affamées sont devenues des pirates qui attaquent ces énormes chalutiers fortement armés… Les habitants renouent avec une tradition pas trop éloignée quand leurs ancêtres allumaient des feux pour attirer les bateaux qui passaient au large et qui venaient s’éventrer sur les rochers pour mieux être pillés ensuite…

Maintenant imaginons-nous habitant sur la côte de la Corne de l’Afrique. La terre est aride et rien ne pousse. La seule richesse de notre région est la ressource en poissons. Mais, depuis la mondialisation de la pêche, ce sont les bateaux de gros armements de l’Europe et de l’Asie qui sillonnent nos rivages des côtes somaliennes, kenyanes, tanzaniennes et des îles et qui vont ensuite débarquer nos ressources en poisson dans des usines pour alimenter les marchés du nord.

Affamés, nous sommes devenus des pirates qui attaquons ces énormes bateaux de pêche fortement armés…

Un avant-propos pour mieux comprendre l’article paru dans le journal réunionnais Le Témoignage avant les Assises de la Pêche sur l’Île de La Réunion

Pêche dans l’océan Indien : Europe et Asie exploitent plus de 96% nos ressources halieutiques

Les 22 et 23 octobre ont lieu au Centhor les Assises de la Pêche. À ce propos, nous allons faire un rappel de la situation dans notre région. Actuellement, les flottilles des pays membres de la COI (Commission de l’Océan Indien) réalisent entre 2% et 4% des prises selon les années, tandis que celles d’Europe et d’Asie exploitent à plus de 96% nos ressources halieutiques. Notre balance commerciale dans le secteur de la pêche est déficitaire, or, le riche patrimoine halieutique offre des perspectives intéressantes. Le secteur de la pêche est particulièrement indiqué pour mettre en œuvre une politique de co-développement dans notre région.

Il faut savoir qu’en raison de la cote d’alerte atteinte par les réserves de pêche sur les côtes de l’Europe, les autorités européennes ont mis en place une réglementation qui limite les captures dans ces zones. La situation n’est pas la même dans notre région de l’océan Indien, où l’espace maritime est équivalent à celui de toute la Méditerranée, mais où les flottilles des pays membres de la COI réalisent entre 2% et 4% des prises selon les années, tandis que celles d’Europe et d’Asie exploitent à plus 96% nos ressources halieutiques. Sur 10 millions de tonnes de capture (toutes espèces confondues), les pays de la zone ont prélevé moins de 300.000 tonnes.

Il convient aujourd’hui d’adapter la réglementation européenne à la situation spécifique dans notre région afin de permettre le développement en haute mer à partir de La Réunion, dans le respect bien sûr des normes visant à sauvegarder les espèces.

Le secteur de la pêche est particulièrement indiqué pour mettre en œuvre une politique de co-développement dans notre région. Les pays membres de la COI (Commission de l’océan Indien) doivent unir leurs efforts, leurs atouts pour élaborer une véritable stratégie en matière de pêche.

La Réunion importe la plus grande partie de sa consommation. Tandis que les quantités importées augmentent, les quantités exportées diminuent d’année en année. Notre balance commerciale dans le secteur de la pêche est donc déficitaire.

Cette coopération entre les pays de la zone peut se décliner à tous les niveaux : construction, entretien, et maintenance des bateaux, formation des personnels…

Autres pistes, c’est celle du développement de la pêche côtière qui passe par la multiplication du nombre des DCP (Dispositifs de concentration de poissons) et par une augmentation du nombre de pêcheurs. Comme pour l’agriculture, une structure de concentration devra déterminer les conditions d’approvisionnement régulier de produits frais aux consommateurs. Auteur : Sanjiv Dinama

Autres articles :

Informations complémentaires :

Revue de presse :

Le 23 octobre 2009

Comment freiner une piraterie très coûteuse ? (Ouest France)
Organiser des convois et mettre des militaires à bord ? « Les États ne pourront pas tout faire », préviennent les instances européennes.
Elle gagne du terrain dans le golfe d'Aden. La note s'alourdit. Des otages patientent de plus en plus nombreux. Le sujet est au centre des débats de la 3e conférence maritime de Nantes.
Chiffres frais
240 attaques de pirates ont été enregistrées au premier trimestre 2009, contre 114 au cours de la même période l'an dernier. Ce chiffre tout frais a été communiqué, hier, lors de la première journée de la 3e conférence sur la sûreté maritime et portuaire, à Nantes.
La piraterie progresse. Surtout dans la corne de l'Afrique, avec des attaques spectaculaires de chalutiers, de pétroliers ou de yachts comme le Ponant, en mai 2008. Plusieurs membres d'équipages étaient originaires de la région.
La facture s'alourdit

Le 29 octobre 2009

Les pirates du Cap Saint-Vincent arrêtés (Ouest France)
Cette fois encore les pirates (dans les deux embarcations blanches) sont sous les verrous grâce à la coopération des moyens militaires de la mission Atalante.
L'hélicoptère a fait stopper les deux bateaux somaliens. Et c'est une frégate allemande qui a capturé les agresseurs du thonier concarnois.
C'est à l'issue d'une chasse menée d'abord par l'hélicoptère de la frégate espagnole Canarias, puis par la frégate allemande Karlsruhe que les pirates qui s'en étaient pris mardi au thonier concarnois Cap Saint-Vincent ont été arrêtés hier.

Un projet de loi pour juger les pirates en France (Ouest France)
Les sept pirates arrêtés hier vont-ils vraiment être condamnés, et où ? C'est la question que se posent à nouveau, un peu écoeurés, les marins concarnois au large des Seychelles. On se souvient que les précédentes équipes avaient été conduites au Kenya, ou même directement chez eux au Puntland. En France, le parlement travaille sur le dossier, pour qu'au moins dans certains cas, on puisse les traduire devant une juridiction française.

Le 1 novembre 2009

Deux morts dans une fusillade impliquant Atalante au large de la Somalie (Midi libre)
Un Somalien et un Yéménite ont été tués dans la nuit de samedi à dimanche lors d'une fusillade en mer impliquant un navire de guerre norvégien de l'opération européenne antipiraterie Atalante, non loin des côtes de la pointe nord-est de la Somalie.
L'incident est survenu dimanche vers 01H00 (samedi, 22H00 GMT) à 12 miles marins à l'est de la localité d'Alula, dans la région autoproclamée autonome du Puntland, lors d'une opération de contrôle de quatre "dhows", des embarcations traditionnelles de pêche, a-t-on appris auprès de responsables somaliens ainsi que d'Atalante.
Le gouverneur de la province de Bari (Puntland) Muse Gele Farole et le responsable adjoint des forces de sécurité d'Alula, Said Murse, ont affirmé à l'AFP qu'un Yéménite et un Somalien avaient été tués dans la fusillade, et trois autres blessés, dont deux Yéménites.
Dans un communiqué publié dimanche soir, Atalante a reconnu que des militaires du navire de guerre norvégien Fridjof Nansen avaient riposté à des tirs provenant d'une des embarcations contrôlées.
Atalante avait dans un premier temps assuré qu"'aucun élément de la force navale de l'UE" n'avait "été impliqué dans quelque incident de cette nature"....

Des gardes armés pour les thoniers espagnols (RFI)
Vendredi, le Parlement espagnol a voté une loi qui autorise la présence de gardes armés à bord de bateaux civils naviguant en zone dangereuse. Cela fait maintenant des mois que les forces internationales naviguent désormais sur zone au large du golfe d'Aden pour prévenir les attaques contre les navires marchands.

Les thoniers espagnols pourront embarquer des gardes privés qui utilisent des armes de guerre pour se défendre des attaques des pirates. Les autorisations seront délivrées sous condition : respecter les caractéristiques définies par les ministères de la Défense et de l’Intérieur. Les armes de gros calibre pourront être embarquées sous surveillance des autorités qui vont contrôler l’acquisition et l’utilisation de ces armes.

Il s’agit de protéger au mieux les marins pêcheurs dans les eaux de l’océan Indien. Certains bateaux ont d’ailleurs déjà embarqué à bord des gardes privés, mais armés de petits calibres. Le gouvernement espagnol a d’ailleurs annoncé que le décret autorisant les armes plus conséquentes à bord des bateaux entrerait en vigueur la semaine prochaine.

Le 7 novembre 2009

Alakrana : Ultimatum des pirates somaliens et tension extrême à Bermeo (Le journal PB)
Trois marins du thonier Alakrana de Bermeo ont été débarqués jeudi sur la côte somalienne par les pirates qui les retiennent en otage depuis le 2 octobre.
«Si dans trois jours les deux pirates emprisonnés en Espagne ne sont pas libérés, ils nous disent qu'ils tueront ces trois marins et qu'ils continueront jusqu'à la fin» déclarait avant-hier sur les ondes de Radio Euskadi, le patron de l'Alakrana, Ricardo Blach. La ministre espagnole de la Défense a exclu l'hypothèse d'une libération des deux pirates somaliens incarcérés en Espagne pour avoir participé à l'assaut de l'Alakrana. Hier matin, les familles des pêcheurs très inquiètes ont vivement critiqué le Gouvernement espagnol et exigent la libération des deux pirates somaliens emprisonnés.

Pays Basque Sud - Le SOS désespéré des marins de l'« Alakrana » (Sud-Ouest)
Les familles de l'équipage du thonier de Bermeo ont décidé de descendre dans la rue ce midi, sur le port de Bermeo pour exiger la libération urgente des martins-pêcheurs détenus par des pirates somaliens depuis 37 jours.
Ils ne sont plus que 33 à bord, puisque jeudi matin les pirates ont pris trois d'entre eux (deux Galiciens, un Basque) et les ont amenés à terre après avoir menacé de les tuer dans les trois jours, si l'Espagne ne libère pas les deux Somaliens accusés d'avoir participé à l'assaut du bateau le 2 octobre, incarcérés dans la région de Madrid après mise en examen pour « détention illégale ». Ils avaient été interceptés dans les eaux somaliennes par la Marine de guerre espagnole peu après les faits.

Des SOS
« Ils vont nous tuer trois par trois », déclarait jeudi le patron de « l'Alakrana », Ricardo Blach, exceptionnellement autorisé par les pirates à s'entretenir avec quelques médias. « Aide-nous, ne nous abandonnez pas... », a lancé l'un des marins, sommé de lancer un SOS à son épouse par lesp irates. Ces menaces ont suscité une émotion considérable au Pays Basque et en Galice d'où sont originaires 15 des 16 marins espagnols faits prisonniers (la plupart des 20 autres sont d'origine africaine).
Le président basque Patxi Lopez a demandé au gouvernement espagnol de remettre les deux pirates emprisonnés aux autorités kenyanes où ils pourraient être jugés. Il semble que le sort de ces deux hommes soit le seul obstacle à la libération des otages moyennant paiement d'une forte rançon. En début de soirée, on apprenait que les trois marins débarqués à terre avaient été ramenés à bord du thonier par les pirates. Auteur : Anne-Marie Bordes

Thon tropical. Pourquoi un tel enjeu ? (Le Télégramme)
Dans l'océan Indien, des commandos militaires français sont détachés à bord d'une dizaine thoniers bretons afin de les protéger des pirates. Cette présence militaire en dit long sur les intérêts économiques en jeu. Tour d'horizon de cette filière qui emploie plus de 300 marins bretons.

Qui pêche le thon dans l'océan Indien?
Les plus grandes unités à pêcher dans l'océan Indien, sont les thoniers-senneurs-congélateurs européens. Ce sont essentiellement des bateaux espagnols et français. Cette flottille européenne traque le thon tropical dans les océans Indien et Atlantique. En raison de la piraterie, beaucoup d'unités européennes se sont redéployées sur l'Atlantique. Actuellement, seule une dizaine de bateaux français pêche dans l'océan Indien et une trentaine de bateaux espagnols. Les bateaux qui mesurent entre 60 et 90m, voire 100m pour certaines unités espagnoles, ramènent chacun dans leurs filets en moyenne 6.000 à 15.000 tonnes de thon par an. D'autres pays (Iran, Chine, Japon...) pratiquent également la pêche au thon, ainsi que de nombreux pays riverains (Yemen Oman, Maldives, Sri-Lanka...) qui ont développé des flottes de palangriers ou de pêches artisanales. Les Somaliens n'ont pas de tradition de pêche au thon.

Pourquoi les thoniers européens pêchent-ils dans l'océan Indien?
Parce que les stocks de thon en Atlantique s'épuisent et que l'océan Indien en regorge encore, pour l'instant, ce qui en fait une zone très convoitée. Ce qui n'empêche pas les scientifiques d'appeler à la vigilance. Les marins bretons y ont donné leurs premiers coups de filets en 1981. En 1984, année de très mauvais rendements dans l'Atlantique, tous les Concarnois sont partis, emmenant ainsi les premiers thoniers-senneurs dans l'océan Indien. A cause de la piraterie, beaucoup de bateaux reviennent actuellement dans le golfe de Guinée.

Quelles espèces?
Trois espèces principales sont prélevées dans l'océan Indien: le listao (première en quantité) l'albacore et le patudo. Les Européens ne pêchent pas de thon rouge, l'espèce la plus menacée. La senne est un immense filet tournant qui mesure 1.500 mde long et 250m en profondeur.

Quelles contreparties?
Pour pratiquer la pêche dans leurs zones économiques, les armements paient des droits aux pays riverains (Seychelles, Madagascar, Maurice...) par le biais d'accords de pêche qui, en ce qui concerne les Européens, sont gérés et contrôlés par Bruxelles. En revanche la pêche au thon est gratuite et en libre service dans les eaux internationales.

Où va le thon?
Une fois pêché, le thon est aussitôt congelé à -16ºC dans de la saumure et débarqué aux Seychelles ou alors réacheminé dans des cargos, à destination de conserveries dans des pays à faible coût de main-d'oeuvre. Congelé ou conservé, le thon pêché par la flottille européenne rentre en Europe sans droit de douane. Entre les deux océans 350.000 tonnes de thon congelées sont transformées par an. Cette filière représente 20.000 emplois directs, 300.000 personnes vivent de cette activité économique. L'Europe est le plus gros marché mondial de la conserve de thon avec l'Espagne en tête des pays consommateurs.

Quel chiffre d'affaires pour la flottille bretonne?
Trois armements se partagent la gestion de la flottille française: CMB (Chevannes-Merceron-Ballery), Saupiquet et Sapmer. Selon Orthongel, l'organisation des producteurs de thon congelé, la production de l'ensemble de la flotte de thoniers océaniques s'est établie en 2008 à 110.000 tonnes pour un chiffre d'affaires de 130millions d'euros. Ces bateaux embarquent 300 marins bretons. Cinq bateaux espagnols, dont deux actuellement dans l'Océan indien sont commandés par des marins concarnois. Les équipages bretons emploient des matelots sénégalais, ghanéens, ivoiriens, malgaches, seychellois... Frédérique Le Gall

Le 9 novembre 2009

L'opération Atalanta... pas assez efficace pour les Espagnols (Bruxelles2)
Depuis la capture du thonier basque Alakrana par les pirates, la polémique est toujours aussi vive en Espagne. Et l'opération européenne de lutte anti-piraterie Atalanta n'échappe pas à la critique. C'est un véritable tir groupé auxquels se vienent de se livrer les politiques espagnols. Chacun — que ce soit le gouvernement (socialiste) ou l'opposition (parti populaire) — soulignant qu'Atalanta n'est pas suffisamment efficace, soit parce qu'elle ne protège pas suffisamment les bateaux de pêche, soit parce que sa stratégie n'est pas adaptée et doit évoluer davantage vers le blocage des ports de pêche.

Deux propositions espagnoles pour faire évoluer Atalanta Atalanta doit être étendue aux navires de pêche. Carmen Fraga (PP), qui préside la commission de la pêche du Parlement européen (1), a ainsi demandé, lors d'une audition sur la piraterie mercredi à Bruxelles, que les gouvernements de l'UE étendent l'opération Atalanta pour protéger les bateaux de pêche présents dans l'Océan indien........

le 10 novembre 2009

Piraterie. Concarneau : La CFDT Marins demande des compensations (Le Télégramme)
«Face aux nouvelles menaces, le métier au thon tropical évolue: les marins veulent des compensations à leur prise de risque, en terme de salaires ou de congés». Le syndicat maritime CFDT Bretagne réunissait hier à Concarneau ses adhérents pour évoquer la situation dans l'océan Indien liée à la piraterie. L'occasion de réclamer une «nouvelle définition» de la profession, qui se traduirait sur les contrats de travail: «Le manque de reconnaissance de ces nouvelles contraintes est un élément du malaise», indique Sylvie Roux, secrétaire régionale du syndicat. La CFDT Marins a également répété hier son refus catégorique de la généralisation d'une prime de risque et d'un recours à des sociétés de sécurité privées en cas de désengagement de l'armée.

Le 15 novembre 2009

Un accord contre la piraterie dans l'océan Indien
Les Seychelles et l'Union européenne ont signé la semaine dernière un accord contre la piraterie dans l'océan Indien. Ce document intervient dans un contexte d'insécurité et autorise les forces navales européennes à chasser et détenir les présumés pirates somaliens, annonce le ministère des Affaires étrangères des Seychelles.

Le 18 novembre 2008

Piraterie. Les thoniers bientôt mieux protégés? (Le Télégramme)
L'eurodéputé Alain Cadec va tenter, lors d'une rencontre avec le vice-amiral Hudson, d'obtenir une protection plus forte des thoniers au large de la Somalie.
L'eurodéputé Alain Cadec ira bientôt à Northwood, quartier général de l'opération Atalanta, en Grande-Bretagne, pour tenter d'obtenir une protection plus forte des thoniers européens pêchant au large de la Somalie. Lundi soir, celui qui est aussi conseiller général des Côtes-d'Armor a saisi au bond l'invitation que lui a lancé le vice-amiral Hudson qui était venu débattre avec les députés de l'opération de lutte anti-piraterie de l'Union européenne. Le marin britannique a invité l'élu français à traverser la Manche mais ne lui a pas promis d'accéder à sa demande. «Nous voudrions que les thoniers soient inscrits dans la catégorie des navires les plus vulnérables», explique Alain Cadec. Cela leur permettrait de recevoir plus rapidement les informations diffusées par les forces européennes.
Une mission parlementaire très bientôt...

Le thonier espagnol Alakrana et son équipage libérés, annonce Zapatero (AFP)
Le chef du gouvernement espagnol José Luis Rodriguez Zapatero a annoncé mardi que les pirates somaliens avaient libéré le thonier espagnol Alakrana et son équipage, qu'ils retenaient depuis le 2 octobre.
"Je vais vous annoncer une très bonne nouvelle: l'Alakrana navigue librement vers des eaux plus sûres. Tous les membres d'équipage sont sains et saufs", a déclaré M. Zapatero en conférence de presse.

Le 20 novembre 2009 : Qui dit rançon payé, dit plus de pirates

Des milliers de pirates prennent la mer lorsque des rançons de millions de $ sont payées (Portail des sous-marins)
Le responsable de l’opération Atalante de lutte contre la piraterie en océan Indien affirme qu’il n’a pas assez de bâtiments pour protéger les bateaux de pêche dans cette zone et qu’avoir des frégates près de thoniers ne garantie pas qu’il n’y ait pas d’attaques.

Mark Peter Hudson ne laisse aucune question sans réponse, mais les déclarations de cet amiral britannique, commandant en chef de l’opération Atalante, indiquent clairement que le cadre de l’opération européenne contre la piraterie est rigide et que, avec ses compétences directes, la sécurité des pêcheurs basques espagnols n’est pas garantie. De même, il reconnait que les moyens dont il dispose dans le golfe d’Aden et l’océan Indien sont très limités et que, pour élargir la zone surveillée, il faudrait plus de navires de d’avions. Quelque chose qui ne dépend pas de sa volonté, mais des gouvernements européens.

Savez-vous combien de pirates se consacrent à la piraterie ?
Quand ils reçoivent des rançons de 2 ou 3 millions de $ par navire, j’imagine que des milliers de pirates prennent la mer. Qui ne le ferait pas ? Sans travail, il est à peine possible de survivre, la famille survit dans la pauvreté….. Lire la suite de ce très long article

Le 21 novembre 2009

Alakrana. Retour discret en Espagne pour l'équipage du thonier attaqué (Le Télégramme)
Les 16 membres d'équipage espagnols du thonier Alakrana, libérés mardi après avoir été retenus en otage par des pirates pendant un mois et demi, sont arrivés samedi à Madrid sur un vol militaire spécial, a indiqué à l'AFP une porte-parole du ministère de la Défense….. L'Alakrana et ses 36 marins (16 Espagnols, 4 Ghanéens, 8 Indonésiens, 2 Ivoiriens, 2 Malgaches, 3 Sénégalais, un Seychellois), capturés le 2 octobre, ont été libérés mardi contre une rançon de quatre millions de dollars, selon les pirates somaliens qui les retenaient. Le patron du navire, Ricardo Blach, a confié à la presse espagnole aux Seychelles --base des thoniers pêchant au large de la Somalie-- que les conditions de détention avaient été très éprouvantes. "Ils nous ont très mal traités, pire c'est impossible", a-t-il expliqué selon des propos repris samedi dans le quotidien espagnol El Mundo. "Ils me tapaient, m'attachaient et mille autres choses"…..

22 novembre 2009

Les bateaux usines qui pêchent dans l'Océan Indien n'ont pas d'autre alternative (Sud-Ouest)

Les armateurs espagnols des bateaux qui pêchent au large des côtes somaliennnes dans l'Océan Indien, comme le thonier-congélateur Alakrana de Bermeo attaqué par des pirates le 2 octobre, assurent ne pas avoir d'autre alternative. "C'est soit continuer sous protection, soit rester à quai, tout perdre et condamner des milliers de personnes au chômage".

23 novembre 2009

Pays basque sud - L'océan Indien est leur seule possibilité (Sud-Ouest)
Selon les armateurs, « il n'y a pas d'autre option »
La délivrance et les retrouvailles aux Seychelles pour les marins africains, coréens et autres de l'« Alakrana ».
Ces derniers jours les armateurs ont dû répondre aux questions suscitées par le drame de l'« Alakrana » et de dizaines d'autres bateaux attaqués dans l'océan Indien. « Nous n'avons pas d'autre option » ont assuré Jon Uria, président de l'Opagac, (Organisation des grands thoniers congélateurs) et son directeur, Julio Moron, à la presse espagnole.
Leurs bateaux, ont-ils expliqué, travaillent dans des zones où les conditions de pêche sont régies par des organismes internationaux selon les lignes fixées par l'Organisation des Nations Unies, alors que l'Union européenne gère les droits de pêche et les quantités à pêcher de la flotte communautaire... En d'autres termes ont-ils dit, « si nous sommes là, c'est que nous ne pouvons pas aller ailleurs ».

32 bateaux
Le Pacifique et l'Atlantique, qui offrent des paysages moins dangereux, ne leur laisseraient donc aucune possibilité. C'est qu'au cours des deux dernières années, une bonne douzaine de bateaux sont allés y déployer leurs filets après avoir quitté l'océan Indien où l'on ne compte plus que 32 bateaux, en grande majorité français et espagnols. Tous de dernière génération.
Une bonne partie du thon blanc, pêché sous la protection de la marine de guerre française et de mercenaires privés, alimente la conserverie basque et espagnole, galicienne et autre. Les usines de Bermeo en dépendent elles aussi. Au dire de l'Opagac, abandonner l'océan Indien reviendrait à mettre plus 7 000 personnes au chômage.....

Le 1 décembre 2009

Le pêcheur est-africain remercie le pirate somalien (alliancegeostratégique)
Pratiquée jusque dans les eaux territoriales est-africaines par de très nombreux chalutiers provenant de contrées plus au nord et plus à l’est, la pêche sauvage est l’une des causes primaires de la piraterie somalienne. Année après année, cette pratique aussi illégale que déloyale - trop souvent « omise » par les médias internationaux et par les instituts d’études stratégiques – a provoqué une diminution drastique des revenus des pêcheurs de la Corne de l’Afrique (notamment Érythrée, Somalie et Kenya) recourant à des techniques essentiellement artisanales. Article illustré de deux videos ...

Le 8 mars 2010

Corne de l’Afrique : La mer peut remercier les pirates (Politis)
La piraterie en Somalie produit certains effets bénéfiques inattendus, comme la protection du biotope marin contre son exploitation intensive par les pêcheries européennes.
Cet automne, l’Espagne a suivi avec émotion le sort du thonier basque-espagnol Alakrana, entre les mains de pirates somaliens pendant plusieurs semaines. Le navire et les trente-six membres d’équipage ont finalement été libérés après qu’une rançon de ­quatre millions de dollars a été versée par le gouvernement de José Luis Zapatero. Fin septembre, la marine américaine faisait état d’une reprise des actes de piraterie au large de la Somalie à la faveur de la fin de la (...)

Les pirates somaliens suscitent aussi un marché de la protection (AFP)
Les pirates somaliens ont empoché environ 60 millions de dollars de rançons en 2009 mais leurs activités dans l'Océan indien suscitent aussi un juteux marché d'inventions pour protéger les navires.
Les quelque 36.000 bâtiments qui traversent chaque année le Golfe d'Aden en tentant d'échapper aux pirates et de préserver leurs cargaisons constituent un marché florissant.
Alors que l'embarquement de personnel de sécurité reste difficile, on a déjà testé une multitude de jets d'eau, de filets, de lasers, de radars, toute sorte d'appareils de sécurité qui coûtent des millions de dollars et semblent sortir des livres de Harry Potter.....

Le 12 mars 2010

Pêche au thon : Interdiction partielle dans l’océan Indien (Clicanoo)
Le cas du thon rouge a certainement poussé dans ce sens. La dernière session de la commission thonière de l’océan Indien (CTOI), qui a réuni la trentaine de pays membres la semaine dernière en Corée, a adopté des mesures allant vers une meilleure gestion de la ressource. Cette résolution - poussée par l’Union européenne, la France, l’Australie et les ONG environnementalistes - instaure une fermeture spatio-temporelle de la pêche au thon dans l’océan Indien. La proposition initiale, visant surtout à limiter l’impact sur l’albacore et le patudo (*), a été légèrement amendée au cours de vifs débats. La zone interdite aux navires de pêche s’étend sur des milliers de km2 à l’est du golf de Somalie (coordonnées 0°-10° nord et 40°-60° est). En revanche (lire notre édition du 26 février), elle sera effective entre

La piraterie, un boulet économique (Ouest France)
La baisse des résultats a des répercussions sur les salaires.
Le thon tropical, fleuron de la pêche française, est à la peine depuis que sévissent les pirates somaliens. Dépenser plus pour pêcher moins : c'est le sort des thoniers tropicaux depuis que sévit la piraterie dans l'océan Indien. Dès 2009, il a fallu transférer cinq de ces grands senneurs dans les pêcheries de l'Afrique de l'Ouest, plus sûres mais un peu moins productives.

Aujourd'hui, la dizaine de navires français qui restent dans l'océan Indien a pu reprendre le travail autour des Seychelles et dans le canal du Mozambique, grâce à l'embarquement des commandos. Mais, la pêche est moins abondante. Les navires, qui travaillent deux par deux pour se protéger mutuellement, ne peuvent pas mettre leurs filets à l'eau en même temps. Au moins un des deux doit rester mobile. Regroupés, ils prospectent les bancs de thons sur des zones moins vastes…..

Un bateau de pêche espagnol capturé dans l'océan Indien (France 24)
Un bateau de pêche battant pavillon kenyan mais propriété d'un armateur espagnol a été capturé par des pirates dans l'océan Indien, à quelque 400 milles marins à l'est de Dar Es Salam, la capitale tanzanienne.
Un bateau de pêche battant pavillon kenyan mais propriété d'un armateur espagnol a été capturé mardi par des pirates dans l'Océan indien, a annoncé la force navale européenne contre la piraterie, Atalante.....

Commandant-L'Herminier. Fin de la mission anti-pirates (Le Télégramme)
L'aviso brestois Commandant-L'Herminier a rejoint, samedi soir, le port base qu'il avait quitté le 1erdécembre pour une mission dans l'océan Indien. Une mission dans une zone où l'actualité (attaque de chalutiers concarnois et du Beautemps-Beaupré) vient de rappeler le contexte très tendu dans cette région du monde. Une réalité que le capitaine de corvette, Nicolas Vandebrouck, commandant de l'unité, et son équipage fort d'un peu plus de 80unités, ont côtoyée quotidiennement depuis le 15décembre, date de leur arrivée sur zone. En collaboration avec cinq autres bâtiments européens, dans le cadre de la mission Atalante, ils ont ainsi sillonné un secteur où, en moyenne trois navires sont attaqués chaque mois.....

Le 28 juin 2010

Des pirates qui peuvent rapporter gros (Jeune Afrique)
C'est une première en Europe. Le 17 juin, à Rotterdam, cinq pirates somaliens ont été condamnés à une peine de cinq ans d'emprisonnement. L'occasion pour "Jeune Afrique" de revenir sur le phénomène de la piraterie. Malgré des mesures de sécurité renforcées, les attaques se multiplient. Un cauchemar pour les armateurs et les compagnies de pêche... Une aubaine pour les assureurs et les sociétés de protection…..

Devant la menace de certains États de punir les compagnies qui paieraient les rançons, le recours à des sociétés privées de protection devient une évidence. Les États-Unis, l’Espagne ou la Grèce autorisent les bâtiments sous leur pavillon à embarquer des commandos. Ce n’est pas (encore) le cas de la France. Mais CMA CGM, qui s’en remet pour l’instant aux équipes de protection embarquée de la marine nationale, se serait entretenu à plusieurs reprises avec la société française Secopex, spécialisée dans la sécurité, et devrait la rencontrer de nouveau en septembre, a confié à Jeune Afrique une source proche du dossier. Secopex, qui négocie actuellement un agrément avec l’État grec (premier pavillon mondial), propose des équipes composées de huit anciens membres des corps d’élite français (dont un médecin de guerre). Le tout facturé 12 000 euros par jour. Pour une protection allant de la sortie du canal de Suez jusqu’aux côtes yéménites, il faut compter trois jours, soit 35 000 euros en moyenne. Devant le développement de ce business de la sécurité maritime, le français DCNS a décidé de lancer sur ses fonds propres la construction d’un patrouilleur hauturier déjà qualifié d’antipirates. Plus léger qu’une frégate (1 000 tonnes contre 6 000), dix fois moins cher (une frégate coûte 600 millions d’euros), le bâtiment sera testé par la marine française pendant trois ans.

Jusqu'aux Comores et à Madagascar

Mais les plus gros clients potentiels des sociétés de protection sont les entreprises de pêche. Il en va de l’avenir de leur activité. La Compagnie bretonne de cargos frigorifiques (Cobrecaf) est un des premiers producteurs mondiaux de thon tropical destiné à la conserve. Elle a vu ses volumes de thon tropical chuter en deux ans de 100 000 à 80 000 tonnes (600 000 tonnes sont pêchées chaque année dans l’océan Indien), soit une baisse de 25 à 30 % du chiffre d’affaires (100 millions d’euros en 2008) que le PDG, Jacques Kühn, impute directement à la piraterie. Avec cinq bateaux qui pêchent dans le golfe d’Aden et deux cargos qui relient les marchés européens, la sécurité représente environ 6 millions d’euros par an, « la limite de ce qui est acceptable », selon lui. Il supporte trois types de coûts : celui des militaires embarqués (45 000 euros par mois et par bateau, facturés par la marine française) ; celui, indirect, lié à la contrainte du protocole de protection (moins de pêche) ; enfin, celui que représentent les détours ou les traversées à vitesse maximale pour acheminer la marchandise (environ 120 000 euros de carburant par passage).

Michel Goujon, directeur d’Orthongel (France), dont la zone de pêche s’étend principalement autour des Seychelles, cumule une perte de production de 40 % et raconte qu’il est « de plus en plus difficile de sortir car les pirates rodent autour de l’archipel ». Ces derniers temps, ils se sont même rapprochés des Comores et de Madagascar.

Le 4 août 2010

Piraterie. Un lien avec le terrorisme ? (Le Télégramme)

Christian Ménard, député finistérien membre de la commission de la Défense, rentre d'une mission de trois semaines en Afrique de l'Ouest et de l'Est. Il évoque notamment des liens entre les pirates et les terroristes.

Quel était l'objet de votre déplacement en Afrique?

J'ai été désigné en juin dernier, par la commission de la Défense, pour réaliser un nouveau rapport sur la piraterie maritime. À ce titre, je me suis rendu au Nigeria et au Cameroun, avant de prendre la direction de l'est du continent africain: au Kenya, à Djibouti et en Somalie. On connaissait déjà les côtes somaliennes pour leur dangerosité. Mais ce ne sont visiblement pas les seules en Afrique... Il y a trois endroits dans le monde où la piraterie est monnaie courante. Dans le détroit de Malacca, dans le golfe d'Aden et dans le golfe de Guinée. On en parle moins, mais il y sévit une piraterie extrêmement dure et cruelle. Là où les pirates somaliens n'hésitent plus à s'éloigner très loin de leurs côtes - grâce à un bateau-mère auquel ils accrochent deux bateaux rapides, ils parviennent à descendre à près de 1.000 kilomètres au sud - leurs homologues du golfe de Guinée mènent leurs attaques à proximité des plates-formes de forage pétrolier, dans la limite des 12 milles des eaux nationales. Mais ils opèrent de la même façon avec des lance-roquettes et toute l'artillerie qui va avec...

Au Puntland, au nord-est de la Somalie, une partie de l'argent provenant de la piraterie est recyclée sur place, l'autre au Kenya. Et on sait que des éléments d'al-Qaida ou des bandes affiliées à al-Qaida s'y trouvent...

Le 26 août 2010

Jack Lang nommé à l’ONU pour s’occuper des questions de piraterie (Ouest France)

L'ancien ministre français Jack Lang a été nommé conseiller juridique du secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon. Il s’occupera des questions liées à la piraterie.

Susan Rice, ambassadeur des Etats-Unis à l’ONU, « a salué la nomination » du député français, après en avoir fait l’annonce lors d'un débat du Conseil de sécurité portant sur le problème de l'incarcération et du jugement des personnes capturées lors d'actes de piraterie au large de la Somalie. « Nous nous réjouissons de collaborer étroitement avec lui et de pouvoir coordonner nos efforts », a-t-elle ajouté. Âgé de 70 ans, Jack Lang a notamment été professeur de droit, ministre de la Culture et ministre de l’Education nationale.

Le 15 septembre 2010

Océan Indien : ici se joue la grande bataille pour la domination mondiale (mondialisation ca)

Interview : Grégoire Lalieu & Michel Collon par Mohamed Hassan

Le sort du monde se joue-t-il aujourd’hui dans l’océan Indien ? Surmonté par l’arc de l’Islam (qui va de la Somalie à l’Indonésie en passant par les pays du Golfe et l’Asie centrale), la région est bien devenue le nouveau centre de gravité stratégique de la planète. Ce nouveau chapitre de notre série « Comprendre le monde musulman » nous y emmène en croisière. Mohamed Hassan nous explique comment le développement économique de la Chine bouleverse les rapports de force mondiaux et sort les pays du Sud de leur dépendance à l’Occident. Il nous dévoile aussi les stratégies mises en place par les Etats-Unis pour tenter de garder le leadership. Et pourquoi l’empire US est néanmoins voué à s’éteindre. Enfin, il nous prédit la fin de la mondialisation. Reste à savoir si ce hold-up planétaire se terminera sans heurts, ou si les braqueurs liquideront des otages dans l’aventure……

Cet axe Sud-Sud défie l’hégémonie occidentale. Les Etats-Unis et l’Europe laisseront-ils la Chine empiéter sur leurs plates-bandes ?

Globalement, le développement de cet axe Sud-Sud présente deux menaces importantes pour les intérêts des puissances impérialistes, et particulièrement pour les Etats-Unis. Tout d’abord, il retire de la zone d’influence occidentale des pays riches en matières premières. Ensuite, il permet à la Chine de disposer de toutes les ressources nécessaires à la poursuite de son développement fulgurant. En pleine ascension, Pékin est en train de rattraper la première puissance économique : les Etats-Unis. Selon Albert Keidel, ancien économiste de la Banque Mondiale et membre de l’Atlantic Council, la Chine pourrait passer devant en 2035. Aujourd’hui, Washington cherche donc à contenir l’émergence chinoise pour garder le leadership. Et le contrôle de l’océan Indien est au cœur de cette stratégie. La lutte contre la piraterie somalienne est d’ailleurs un prétexte invoqué pour positionner les forces de l’Otan dans l’océan Indien et préserver un contrôle des puissances occidentales sur ce bassin. Le Japon aussi a entamé la construction d’une base militaire à Djibouti pour lutter contre la piraterie.

On parle tantôt de pirates, tantôt de terroristes islamistes. Menace réelle ou prétexte ?

Je ne dis pas qu’il n’y a pas de menace. Simplement, les puissances occidentales l’instrumentalisent pour asseoir leurs intérêts stratégiques dans la région. Comment la piraterie s’est-elle développée en Somalie ? Depuis plus de vingt ans, il n’existe pas de gouvernement dans ce pays. Certaines compagnies européennes en ont profité pour venir piller les poissons au large des côtes, et d’autres pour déverser des déchets toxiques. Dans ces conditions, les pêcheurs somaliens, empêchés de travailler, se sont lancés dans la piraterie pour survivre. Bien sûr, le phénomène a pris une autre dimension depuis. Mais si vous voulez résoudre le problème de la piraterie, il faut l’attaquer à la racine et rétablir un ordre politique légitime en Somalie.

Ordre dont les Etats-Unis n’ont pas voulu jusqu’ici… (lien itw somalie)

Oui, et leur politique insensée pourrait créer des troubles beaucoup plus sérieux. En effet, il faut savoir que la Somalie est le centre historique de l’Islam en Afrique de l’Est. Autrefois, l’influence des chefs religieux somaliens était très importante. Ils avaient porté l’islam sunnite jusqu’au Mozambique. Aussi, lorsque les chiites omanis étendirent leur influence à l’Afrique orientale au cours du 18ème siècle, ils influencèrent énormément la culture de la région, mais ne parvinrent pas à convertir la population au chiisme. Aujourd’hui, un mouvement islamique pourrait se développer à cause des erreurs commises par les Etats-Unis dans la Corne de l’Afrique. Et si les dirigeants de ce mouvement utilisent cette histoire commune pour rallier des membres dans toute l’Afrique orientale et défendre la Somalie en tant que centre historique de l’islam africain, alors la menace deviendra vraiment très sérieuse pour les Etats-Unis !....

Le 28 septembre 2010

L'Espagne veut aider la Somalie à transformer ses pirates en pêcheurs (AFP)

L'Espagne va aider la Somalie à développer la pêche dans le but de combattre la piraterie qui sévit au large de ce pays, a annoncé mardi le ministre espagnol des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos. "L'objectif est de transformer les pirates en pêcheurs", a-t-il expliqué lors d'une conférence de presse marquant la fin de la réunion à Madrid du Groupe international de contact pour la Somalie, soutenu par l'Onu. "Nous pensons que l'Espagne, avec sa grande tradition de pêche et sa capacité à fournir une formation, peut aider la Somalie à rétablir ce secteur qui est fondamental pour le futur du pays", a-t-il déclaré.

Madrid va verser trois millions d'euros au gouvernement somalien de transition, qui - outre son combat contre la piraterie - fait actuellement face aux milices islamistes shebab, qui contrôlent une grande partie du centre et du sud de la Somalie, pays en proie à la guerre civile depuis plus de 20 ans. A l'issue de cette réunion de deux jours, le Groupe international a appelé la communauté internationale à se mobiliser davantage pour donner les moyens d'élargir la force de paix de l'Union africaine (Amisom). M. Moratinos a annoncé que 2.000 troupes de maintien de la paix seraient déployées prochainement pour être ajoutées à l'Amisom et arriver au plafond de 8.000 troupes fixé par l'Onu…..

Le 4 octobre 2010

La menace des pirates plane toujours sur les thoniers basques (Eitb)

Un an après le détournement du thonier basque Alakrana dans les eaux somaliennes, l'incertitude règne toujours dans l'océan Indien. L'Alakrana, originaire de Bermeo (Biscaye), fut pris d'assaut le 2 octobre 2009. Après 47 jours de souffrance et d'agonie, à la mi-novembre, les 36 membres de l'équipage furent libérés contre une rançon de près de 3 millions d'euros. Un an plus tard, des marins sont retournés en océan Indien, alors que d'autres reçoivent toujours d'aide psychologique. Cette année, la situation de sécurité a amélioré grâce à l'opération Atalanta de l'Union Européenne et grâce à la présence d'agents de sécurité privée munis d'armes à bord des thoniers basques et espagnols, a reconnu le directeur gérant de l'Association nationale des navires thoniers d'Espagne (Anabac), Juan Pablo Rodriguez.

Néanmoins, "le problème de la piraterie est toujours là" et les armateurs font tout leur possible pour éviter des détournements comme celui de l'Alakrana, a-t-il souligné….

Selon l'ONG Ecoterra international, qui suit de près la piraterie somalienne, une vingtaine de navires et quelque 400 marins sont actuellement aux mains des pirates….

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Le 21 octobre 2010

Punir et réinsérer les pirates somaliens (Youphil)

Bailleurs, associations et gouvernement tendent la main aux bandits de mer pour les "réintégrer". L'Espagne propose par exemple aux pirates de les transformer en pêcheurs. En tournée cette semaine en Afrique de l'Est, Jack Lang, fraîchement nommé Conseiller Spécial sur les questions juridiques liées à la piraterie auprès du Secrétaire Général des Nations Unies, a beaucoup parlé de "droits" et de "conditions de détention" des pirates capturés, tout en se montrant ferme à leur égard. L'ancien ministre français de la Culture a même effectué une visite en prison à Shimo La Tewa (Mombassa, Kenya). Lang envoyé social. Si la mission de l'émissaire franco-onusien a été définie au siège des Nations Unies en des termes visant clairement l'intransigeance, "aider les pays à poursuivre et à emprisonner les personnes impliquées dans la piraterie", son entourage serait "très réceptif" à des solutions plus douces, à en croire ceux qu'il a rencontrés sur le terrain. "On sait aujourd'hui que seule la force militaire ne peut pas grand chose face au maraudage en mer. On sait aussi que des voies alternatives peuvent aider à résorber durablement le problème. Les diplomates semblent le comprendre aujourd'hui", évoque un représentant d'une association locale travaillant à Hobyo, un centre urbain côtier infesté de pirates, et à Mombassa au Kenya….

Des pirates futurs pêcheurs pro. L'offre la plus concrète vient d'Espagne: Madrid va verser trois millions d'euros pour aider la Somalie à transformer ses pirates en pêcheurs! L'annonce a été officiellement confirmée lors d'une conférence du "Groupe international de contact pour la Somalie"(Onu), en septembre dernier. Une association espagnole opérant en Afrique orientale confirme que "le processus est déjà enclenché pour mettre en place des projets"…..

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Le 30 octobre 2010

Une société charentaise qui traque les pirates (Sud-Ouest)

La société Eurilogic a conçu un système électronique pour la marine nationale qui permet de lutter contre la piraterie, notamment dans l'océan Indien. Marc Potron, directeur de l'établissement de La Couronne, Vincent Maillot, un des ingénieurs qui a travaillé sur le projet, et Olivier Lacrouts, directeur adjoint du groupe Nexeya. L'opération s'appelle Atalante. Il s'agit de lutter contre la piraterie qui sévit au large de la Somalie, dans le golfe d'Aden et plus largement dans l'océan Indien. Dans ce jeu du chat et de la souris, les frégates de la marine nationale se heurtaient à ce problème : comment, à distance, distinguer les pirates des pêcheurs inoffensifs ?

La marine a donc lancé un appel d'offres urgent, dit « urgent opération ». Parmi les solutions proposées par les entreprises, c'est celle de la firme charentaise Eurilogic qui a été choisie. Celle de la PME, installée à La Couronne, parmi les grands noms ! Son système, appelé Sitac, était présenté jusqu'à hier au salon Euronaval, au Bourget. « Nous sommes partis de ce constat : il y a déjà tout sur le bateau, radars, informations militaires, information de trafic aérien, informations portuaires. La seule chose qui manque, c'est l'intelligence », résume Olivier Lacrouts, directeur adjoint du groupe Nexeya, dont fait partie Eurilogic….

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Le 13 novembre 2010 : Le début du business

Piraterie maritime : les tribunaux mieux armés (Ouest-France)

Le droit français n'incriminait plus la piraterie maritime. La nouvelle loi corrige et élargit les compétences de la justice et des militaires. Chaque jour, au large de la Somalie ou dans le Golfe de Guinée, des hommes en armes partent à l'abordage. La piraterie est bel et bien un mal moderne en pleine expansion. Étrangement, en 2007, la France avait abrogé une loi de 1825 relative à la sûreté de navigation et du commerce maritime. Depuis, le droit français n'incriminait donc plus la piraterie en tant que telle. Un an après cette décision, les passagers du Ponant étaient pris en otages. D'autres suivirent, ceux du Carré d'As ou encore du voilier Tanis. Retour de manivelle, la France ne put juger les pirates capturés pour leurs actes. Le projet de loi, adopté par le Sénat le 6 mai, et présenté à l'Assemblée nationale mardi, par le député UMP du Finistère, Christian Ménard, corrige le tir. Il renforce les moyens de la justice et des forces d'intervention.

« Les pirates qui agressent des Français ou qui seront interceptés dans les eaux internationales par des services français seront jugés par des tribunaux français. » Deuxième avancée, « nos forces disposeront d'une habilitation claire pour intervenir ». Les commandants de la Marine auront de compétences proches de celles d'un officier de police judiciaire. « Ils pourront faire face à un acte en cours, mais aussi intervenir si une action est en train de se préparer. »

Les enfants des victimes - La Cour de justice européenne ayant jugé qu'un procureur n'est pas suffisamment indépendant, les pirates auront d'abord affaire au juge des libertés et de la détention. Le gouvernement a aussi souhaité apporter un amendement. « Il s'agit d'une disposition qui étend aux enfants des victimes d'actes de piraterie la qualité de pupille de la Nation. Premier concerné : le fils du skipper du Tanis », tué au cours de l'intervention des militaires. Christian Ménard défend aussi qu'il faut un complément terrestre au dispositif Atalante. « Il s'agit de la mise en oeuvre rapide de solutions, non militaires, dans les pays directement concernés. » C'est le projet Seaphora. Le Breton a convaincu des industriels comme Thalès, EADS, DCNS... de jouer collectif. « L'idée, c'est de proposer une réponse globale. » Exemple, si la mission confiée à Jacques Lang aboutit à la création d'un tribunal dans un pays de l'océan indien, « nous pouvons le construire. Ou fournir des patrouilleurs pour les gardes côtes ». Autrement dit, ne pas laisser le champ libre aux Anglo-saxons souvent plus prompts à faire du business. Jean-Pierre BUISSON.

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Le 1 décembre 2010

Pêche au thon. Une vie au long cours (Le Télégramme)

Sur un bateau depuis l'âge de 17ans, Alain Richard est aujourd'hui capitaine de pêche sur le thonier le Père Briant. En plus de trente ans, il a vu le métier évoluer. Le quotidien d'Alain Richard, 50ans, l'un des deux patrons du thonier le Père Briant (Saupiquet), ce sont sept à quatorze semaines en mer entrecoupées de sept semaines de congés. Des retours à terre qu'il passe en famille, à Kerdoualen, en Moëlan, dont il est originaire. Fils et petit-fils de pêcheur, il a débuté à 17 ans, comme novice sur les navires polythermes de la Cobrecaf. Puis ce sera les chalutiers de l'armement Nicot, le Baccara et l'Héliotrope, au large de l'Irlande, pendant dix-sept ans. «Quinze jours de pêche, trois jours de repos, c'était dur. Notamment pour la vie de famille», reconnaît ce père de trois enfants.

Davantage de temps à terre - En 1996, il embarque sur les thoniers. Même s'il reste longtemps en mer, les périodes passées à terre sont plus longues. Cela permet au moins de partager un peu du quotidien de la famille. «Les gens ne se rendent pas toujours compte, sourit Alain Richard. Quand ils me voient plusieurs semaines d'affilée, ils me disent ?encore en congés! ?». S'il a pêché aux Seychelles, sur le Via Euros, c'est aujourd'hui en Atlantique que le capitaine de pêche exerce. Construit en 1974, le Père Briant, long de 64,65mètres, croise dans une vaste zone, comprise entre l'Angola et le Brésil (25º ouest). Vingt-cinq hommes, neuf Français et seize Africains (Gahnéens, Ivoiriens, Béninois, Sénégalais). Toutes les six semaines, le Père Briant vient débarquer sa pêche en Côte-d'Ivoire. Du thon albacore et listao. C'est aussi l'occasion de faire le plein de vivres et de gazole, ainsi que de la relève pour l'équipage.

L'évolution d'un métier….

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Le 14 février 2011

L'inquiétant rapport de Jack Lang sur la piraterie (Le Monde)

"Une course de vitesse est engagée avec les pirates au large de la Somalie", affirme Jack Lang dans le rapport qu'il vient présenter au Conseil de sécurité de l'ONU, mardi 25 janvier, avant de mettre en garde la communauté internationale : si une riposte ferme, claire et nette n'est pas organisée en extrême urgence, le processus de professionnalisation, d'amplification et d'intensification de la piraterie pourrait atteindre "un point de non retour".

Le document de 50 pages, qui décline à la manière d'une feuille de route vingt-cinq propositions, est le fruit d'une mission de cinq mois que lui avait confiée cet été le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon. C'est à titre de conseiller spécial des Nations unies sur les questions juridiques liées à la piraterie au large de la Somalie, que l'ancien ministre français s'est rendu à deux reprises dans la région, et a mené d'intenses consultations avec près de 50 Etats, organisations internationales, compagnies privées et instituts de recherche.

"Somaliser" des solutions

Jack Lang appelle les Etats concernés à changer d'approche face à ce fléau, qui pourrait à terme, selon lui, affecter l'ensemble de l'économie mondiale. La lutte contre la piraterie doit passer par une "somalisation" des solutions, insiste-t-il, l'idée étant que la communauté internationale concentre ses efforts sur la Somalie, qui est "à la fois principale source et victime de la piraterie".

Exit ainsi l'idée avancée par certains pays d'un tribunal international pour juger les suspects capturés, qui jusqu'ici, faute d'Etat de droit en Somalie, dans 9 cas sur 10 sont relâchés. "Inadapté, trop cher et trop long à mettre en place", lâche le député du Pas-de-Calais à son arrivée à New York. C'est une cour spécialisée somalienne mais extraterritoriale, installée temporairement à Arusha dans les locaux du Tribunal pénal international pour le Rwanda, qui a sa préférence.

L'envoyé spécial, qui espère le vote d'une résolution de l'ONU dans trois ou quatre semaines, dresse un état des lieux alarmant. "La piraterie ne connait aucun reflux depuis sa recrudescence au large des côtes somaliennes en 2007", souligne le rapport, qui dénombre au moins 1 500 pirates aux ordres d'une dizaine de commanditaires. Rien qu'en 2010, 1 200 personnes ont été prises en otage dans le golfe d'Aden, un record….

Prévention et répression

Son plan d'action est composé de trois volets : économique, sécuritaire et juridictionnel/pénitentiaire. Il ne saurait y avoir de répression sans prévention, prévient Jack Lang. L'aide au développement économique et social de ces deux régions, et notamment du Puntland, où se situent les principales zones de refuge des pirates, est un élément-clé de son plan d'action. L'accent est mis sur les activités portuaires, de pêche, l'exportation de bétail et les télécommunications….

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Le 17 février 2011

Somalie : « pirates » ou pêcheurs en lutte ? (Réseau Voltaire)

Moins souvent évoquées par la presse des pays du Nord que les mésaventures des otages, les conditions de vie des « pirates » somaliens et de leurs concitoyens rèvèlent qu’ils sont avant tout des pêcheurs en lutte contre le pillage occidental de la pêche et la décharge de déchets toxiques. Dans cet article retenu par le Projet Censuré 2010, la réalité des conséquences du chaos politique persistant en Somalie n’apparaît pas seulement sous l’aspect de la piraterie : en effet même l’ONU y fait depuis longtemps preuve de négligence quant aux traités en vigueur sur les déchets toxiques…. par Jeffrey St. Clair

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Le 5 mai 2011

Pêche : 439 ans de prison à chaque pirate du senneur espagnol 'Alakrana' ! (Boursier.com)

Un tribunal espagnol a condamné deux pirates somaliens pour leur rôle dans l'attaque du senneur congélateur 'Alakrana' à 439 ans de prison chacun et au versement de 100 KE d'indemnités à chaque marin retenu.

Les pirates écopent de la sentence maximale pour avoir retenu, du 10 octobre au 17 novembre 2009, le senneur et les 36 hommes d'équipage de l'armement thonier espagnol 'Pesqueras Echebaster' au large de la Somalie. Les deux pirates, qui sont incarcérés dans une prison madrilène depuis leur capture à la fin de 2009, ont été reconnus coupables de 36 chefs d'accusation dont la détention illégale et de vol avec violence. En revanche, ils ont été blanchi des accusations de terrorisme, d'appartenance à un groupe criminel organisé, et de torture.

Selon la loi espagnole, les deux pirates somaliens ne pourront être maintenus en détention que pendant 30 ans...

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Le 20 juin 2011

Somalie : Le coût caché de la piraterie (Irin)

La piraterie au large des côtes somaliennes est passée d’une gêne occasionnelle pour les bateaux à une entreprise criminelle de plusieurs millions de dollars, mais son développement a un autre coût, souvent délibérément ignoré : la violence croissante à laquelle se trouvent confrontés des milliers de membres d’équipage quand ils sont capturés.

« La situation a véritablement changé et nous ne savons pas pourquoi, » a dit Pottengal Mukundan, directeur du Bureau maritime international (BMI) au cours d’une réunion qui a eu lieu en juin à Londres sur le sujet.

« Peut-être est-ce dû au fait que ce sont désormais des gens différents qui s’occupent des prisonniers. C’est tout bonnement un gang de voyous qui n’ont jamais été en mer et ne ressentent aucune empathie pour les marins, » a dit M. Mukundan.

Les statistiques de 2010 (tirées de The Human Cost of Somali Piracy, sauf mention contraire) illustrent l’ampleur de l’expansion de la piraterie à l’ouest de l’océan Indien et dans le Golfe d’Aden :

• au moins 4 000 marins attaqués avec des armes à feu, dont des roquettes

• 400 attaques de piraterie, selon l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC)

• 1 016 membres d’équipage pris comme otages (188 dans le monde entier en 2008 – chiffres de l’IMB)

• Plus de 400 otages utilisés comme boucliers humains

• cinq mois de durée de captivité moyenne

• 111 millions de dollars payés en rançons (rapport de l’ONUDC : les flux financiers illicites liés à la piraterie au large de la Somalie)

Jusqu’à récemment, les pirates somaliens étaient connus pour la correction dont ils faisaient preuve envers leurs captifs. Mais aujourd’hui, selon The Human Cost of Somali Piracy, un rapport publié ce mois-ci par Oceans Beyond Piracy, les otages sont passés à tabac, maintenus de force sous l’eau ; certains ont eu les parties génitales enserrées dans des fil de fer et ont été soumis à des simulations d’exécution sophistiquées.

« Que les attaques réussissent ou non, elles exposent les marins à des expériences dangereuses, qui peuvent provoquer des traumatismes physiques et psychologiques à long terme, » explique le rapport.

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Le 12 novembre 2011

Afrique de l’Ouest : Un fonds pour lutter contre l'insécurité maritime

A l’ouverture d'un séminaire régional sur la sûreté maritime tenu du 8 au 10 novembre 2011 à Cotonou, la France a lancé un fonds de solidarité prioritaire dénommé Appui à la réforme du secteur de la sécurité maritime dans le golfe de Guinée (ASECMAR).

D’une valeur de 800.000 euros, il servira à financer un projet sur trois ans (2011-2014). Les premiers bénéficiaires sont le Bénin, le Togo et le Ghana.

Le fonds permettra aux Etats bénéficiaires de garantir la sécurité maritime dans le golfe de Guinée afin de préserver les conditions de leur développement économique et social, explique le général de corps d’armée Clément Bollée, chef de la délégation de la direction de Coopération de sécurité et de défense du ministère des Affaires étrangères français au séminaire. Yawo Ametsipé, chef d’état-major de la marine du Togo, s’en réjouit: «La France, à travers ce fonds, viendra renforcer nos capacités. D’abord en appuyant ce qui se fait déjà à l’intérieur de chaque Etat et, ensuite, en fédérant les efforts sur la côte».

La piraterie dans le golfe de Guinée devient de plus en plus préoccupante. Elle «a pris de telles proportions qu’elle est désormais devenue le problème numéro deux du continent africain dans ce domaine», constate le Conseil de sécurité lors d’une réunion le 19 octobre dernier à New York. «La piraterie représente une perte annuelle de deux milliards de dollars dans les secteurs de la production pétrolière, de la pêche et des transports maritimes», écrit Joy Ogwu, représentante permanente du Nigeria aux Nations unies, dans une lettre du 17 octobre adressée au secrétaire général de l’ONU. Concernant les transports maritimes, les assurances, précise-t-elle, considèrent désormais à haut risque, les eaux du Bénin.

La crainte d’un risque très élevé a eu un impact sur le trafic. Le nombre de bateaux accostant au Port de Cotonou est tombé de 150 cargos à 50 au début du mois d’août 2011, selon les statistiques rendues publiques par la représentante des Etats-Unis à l’ONU, Susan Rice, en octobre dernier. Le fléau, explique Gérard Araud, représentant de la France à l’ONU, «résulte de la contagion de l’insécurité du delta du Niger aux eaux territoriales voisines et du développement de trafics le long de la côte ouest-africaine, comme la drogue, les migrations clandestines ou les pêches illégales».

Ainsi, le Bureau maritime international, constate qu’entre 2006 et 2010, il y a eu 29 attaques enregistrées au Nigeria. Une vingtaine en 2011 au Bénin, dévoile François Abiola, ministre béninois de l’Enseignement supérieur, à l’ouverture du séminaire.... Suite et source : IPS

2 commentaires:

Jonaas17 a dit…

Bravo pour cette "Histoire de pirateries" et votre magnifique (et trop peu souvent exprimée) réflexion sur les rapports entre "Surpêche/Pillage" et "Piraterie",
Ci-joint page de mon site sur "Pêche/ Durabilité/ Enseignement"
avec des réflexions similaires:
http://web.mac.com/jonaas17/Site_JONAAS/Podcast/Entrées/2008/9/17_“Pêche_%26_Nord-Sud_2”%3A_Y_a-t-il_une_relation_entre_“surpêche”_%26_piraterie…_…%28suite%29_2.html
Merci de me dire si il existe des études (ou réflexions dans le monde de la pêche (bretonne)…) sur ce thème.
Voir aussi p.87 du n°107 de Manière de Voir du Monde Diplo sur "Flottes occidentales contre pirates somaliens".
Me permettrez vous de mettre des extraits de votre article sur mon site?
Merci

Aquablog a dit…

Bonjour,
Pas de problème pour reprendre mes articles.

Ce qui m'a incité à écrire cet article ce sont les commentaires suite aux derniers articles du journal breton "Le Télégramme" dans le dossier Histoire de Pirates.

Sinon vous avez des analyses intéressantes sur un blog canadien de Géostratégie : Guérillas
http://www.guerillasblog.com/2008/11/piraterie-pauvret-et-surpche-en-somalie.html
A bientôt
PF