lundi 26 avril 2010

Pacifique : Le Cartel du thon interdit aux thoniers-senneurs ses eaux territoriales !

A partir du 1 janvier 2011, les thoniers équipés de senne tournante et coulissante (1) n’auront plus accès à l’une des zones de pêche les plus riches en thon tropical dans le monde. C’est la proposition audacieuse de huit petits pays insulaires du Pacifique, signataires de l’Accord de Nauru (PNA), véritable Cartel du thon.

Ces huit nations océaniennes - Papouasie Nouvelle-Guinée, Palau, îles Salomon, Etats Fédérés de Micronésie, Kiribati, Nauru, Tuvalu et îles Marshall - se serrent les coudes pour mieux profiter du thon à l’intérieur de leurs vastes zones maritimes territoriales (ZEE) qui représentent près de 25% du thon mondial (soit des captures de plus de 500.000 tonnes par an)

Le PNA pèse plus de 500.000 tonnes de thon


Générant un chiffre d’affaires global annuel de 4 milliards de dollars américains, le thon est une industrie qui pèse lourd dans le Pacifique, mais qui profite peu aux Etats insulaires. 85% des revenus du thon reviennent aux sociétés de pêche et autres pêcheries internationales basées principalement aux USA et au Japon. Ce constat pourrait être étendu aux pêcheries africaines, côté atlantique et côté indien, exploitées essentiellement par des armements de thoniers-senneurs européens, français et espagnols.

La première décision du cartel du thon a été d’augmenter le prix des licences de capture accordées aux pêcheries internationales…. Après quoi, les 8 pays qui ont la ferme volonté de protéger cette ressource vitale pour leur avenir, ont décidé d’interdire la pêche à la senne coulissante dans un espace maritime grand comme la moitié du territoire étatsunien (4,5 millions de km2). Cette technique de capture très productive est pratiquée essentiellement par des armements industriels asiatiques, américains et européens.

« C’est notre filon d’or, alors les signataires de l’Accord de Nauru doivent absolument se battre pour faire fructifier nos ressources en thon », a précisé le Président de Palau, Johnson Toribiong.

Le cartel du thon frappe fort en s’attaquant aux armements de thoniers-senneurs qui concentrent l'essentiel des captures mondiales de thonidés. Bien plus fort que l’Union Européenne avec sa flottille de thoniers-senneurs tant décriée dans l’affaire du thon rouge en Méditerranée. Philippe FAVRELIERE (modifié le 30 avril 2010)

(1) Voir document IFREMER : La senne tournante et coulissante

Autres articles :


Pour aller plus loin...
  • Le Marine Stewardship Council traque les 500.000 tonnes de thon gérées par le NPA : Plus de 500.000 tonnes de thon listao sont entrées dans l’évaluation MSC - Jusqu'à 50% de l'ensemble du thon listao capturé dans le Pacifique occidental et central, qui est géré par les huit États signataires de l'accord de Nauru (PNA) seront évaluées en fonction des normes de gestion pêche durable MSC. En cas de succès, plus de 560.000 tonnes de listao seront autorisées à porter le label écologique MSC. Lire le communiqué de MSC : Over 500,000 MT of skipjack tuna entered into MSC full assessment

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La pêche dans les îles du Pacifique


La pêche dans les îles du Pacifique : Information régionale et nationale

Fisheries of the Pacific Islands : Regional and national information

Robert Gillett

Organisation pour l'alimentation et l'agriculture de l'Organisation des Nations Unies
Bureau régional pour l'Asie et le Pacifique
Bangkok 2011

Résumé (traduction google)

La région des îles du Pacifique se compose de quatorze pays indépendants et huit territoires situés dans l'ouest et le centre de l'océan Pacifique. Celles-ci comprennent environ 200 îles hautes et quelque 2 500 îles basses et atolls. La pêche côtière est d'une importance fondamentale dans les îles du Pacifique. Une grande partie de la nutrition de la région, le bien-être, de la culture, l'emploi et les loisirs sont basées sur les ressources biologiques dans la zone entre la rive et les récifs extérieurs. La poursuite du mode de vie actuel, les possibilités de développement futur et la sécurité alimentaire sont fortement tributaires des ressources halieutiques côtières.

Bien éclipsée en volume et en valeur par la pêche au thon au large des côtes, la pêche des îles du Pacifique qui sont fondées sur les ressources côtières fournissent la plupart des approvisionnements en poisson non-importé dans la région. La pêche côtière récolte un très large éventail de poissons, les invertébrés et les algues. Contrairement à la pêche au thon, la quasi-totalité des captures côtières est entreprise par les Polynésiens eux-mêmes, avec très peu d'accès des navires de pêche étrangers.

Cette publication présente des informations sur la pêche côtière et en mer dans la région. L'information est divisée en catégories de ressources, les principaux types de pêche, les espèces importantes, le statut de ces ressources, et la gestion de la pêche qui se produit. Le livre fournit également des renseignements complémentaires sectoriels et de gouvernance liés à la pêche dans les 14 pays indépendants et territoires océaniens.

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Etude sectorielle de la filière thonière européenne


Etude sectorielle de la filière thonière européenne


Rapport final


Avril 2009


Oceanic Développement, MegaPesca (2007). «Contrat cadre pour la réalisation d'évaluations, d'études d'impact et de suivi concernant les accords de partenariat dans le domaine de la pêche (FPA) conclus entre la Communauté européenne et les pays tiers, et plus généralement sur le volet externe de la Politique Commune de la Pêche : Etude sectorielle de la filière thonière européenne»

Résumé (extrait)

1. Les armateurs européens sont présents dans les 3 principaux secteurs de la pêche au thon : la senne, la canne et la palangre. La flotte européenne de senneurs comptait (2008) 55 unités dont 33 espagnoles, 22 françaises et 1 italienne pour un tonnage (GT) stable. Cette flotte travaille dans les eaux de l’Atlantique, de l’Indien et du Pacifique avec une priorité sur les deux premiers océans.

2 La flotte européenne de senneurs travaillant dans l’océan indien représente l’essentiel de l’effectif des senneurs opérant dans cette zone : en incluant les navires sous pavillon tiers, les intérêts européens contrôlent 50 senneurs sur les 54 travaillant régulièrement dans la zone. Dans le Pacifique Est, l’Espagne dispose de 4 senneurs et contrôlerait 12 unités sous pavillon tiers. Dans l’Atlantique, la flottille communautaire de senneurs représente 18 unités auxquelles il convient d’ajouter 9 unités sous pavillon tiers.

3. Les canneurs battant pavillon européen n’exploitent que les eaux de l’océan atlantique. La flottille est assez modeste avec 10 unités : 6 espagnoles et 4 françaises, travaillant essentiellement depuis Dakar (Sénégal). Une flottille saisonnière de 20 unités espagnoles et de 20 unités portugaises travaillent depuis les Canaries, les Açores et Madère. Les autres canneurs en exploitation dans l’Atlantique sont sous pavillon du Ghana, du Sénégal et du Cap Vert. Dans l’océan indien, le métier de la canne n’est pratiqué qu’aux Maldives par une importante flottille de navires (1 500 unités) de dimensions modestes. Dans le Pacifique, le Japon dispose d’une flottille importante de canneurs (390 unités), ainsi que l’Indonésie (140 unités).

4. La flotte européenne de palangriers serait de 269 unités dont 194 espagnoles, 40 portugaises, 33 françaises et 2 britanniques. Cette flottille opère essentiellement en Atlantique et de façon plus minime dans l’océan indien et l’océan pacifique. Cette flottille est relativement modeste à l’échelon de la flotte mondiale palangrière, dominée par les nations asiatiques.

5. Les captures de thonidés majeurs sont stables sur la période 2002-2006 (entre 4,3 et 4,6 M de tonnes). L’océan pacifique fournit les captures les plus importantes (66%), devant les océans indien et atlantique.

6. Le Japon reste la principale puissance de pêche thonière avec 500 000 tonnes/an, devant la CE (400 000 tonnes/an) Les autres grandes nations de pêche sont essentiellement asiatiques. (Taiwan ; Indonésie ; Philippines ; Corée).

7 Les thonidés utilisés pour la transformation en conserve peuvent être évalués à 3 M de tonnes/an. Le Pacifique Central et Ouest est la principale source d’approvisionnement des conserveries, même si des fluctuations importantes quand à la productivité d’un bassin océanique interviennent régulièrement. Cela a notamment été le cas pour l’océan indien en 2007 qui a vu sa production baisser de façon très significative. (-40%)

8. Les flottes mondiales des senneurs utilisent un nombre relativement restreint de ports pour y débarquer ou transborder leurs captures. Dans l’océan Indien, le port de Victoria s’est imposé comme port privilégié de débarquement/transbordement. Les transbordements représentent 70% des captures, le solde approvisionnant la conserverie de l’île. Dans l’Atlantique Est, les débarquements se font à Abidjan (Côte d’Ivoire), Tema (Ghana) et Dakar (Sénégal), Abidjan représentant 53% des transbordements/débarquements. Dans le Pacifique Est, Manta (Equateur) est le principal port de débarquement des captures (50% du bassin océanique) et l’industrie locale absorbe l’essentiel des captures. Dans le Pacifique Ouest, les ports des Etats Fédérés de Micronésie sont utilisés de façon principale (30% des transbordements) ainsi que ceux de PNG (24%).

9. Les stocks mondiaux de listao apparaissent être dans un état satisfaisant. Cependant, leurs potentiels (en termes de PME) sont encore inconnus. Les stocks d’albacore sont au mieux dans un état de pleine exploitation, avec une situation de surexploitation possible dans l’océan atlantique. S’agissant du patudo, les stocks sont tous jugés proches de la pleine exploitation, voire surexploités, avec souvent des prises bien supérieures aux PME estimées.

10. Les pêcheries thonières mondiales sont confrontées à un problème de surcapacités, aggravé par une incidence importante de la pêche INN, dans un contexte où les indicateurs biologiques relatifs à FPA 08/TUN/16 l’état de certains stocks (thon obèse et espadon) sont inquiétants. Les ORGP thonières existantes se sont réunies à Kobé (Japon) début 2007. Elles ont convenu que les capacités thonières ne devraient pas augmenter ou être réduites, selon les cas, tout en reconnaissant l’aspiration des Etats en développement, notamment les petits Etats et territoires insulaires en développement, à voir leurs industries de la pêche se développer. Ainsi, la capacité de la flotte thonière communautaire est appelée à être gelée à ses niveauxactuels, voire réduite…
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Pour télécharger le rapport, cliquer Union Européenne

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Thon : L’appât-vivant des canneurs pose question…

La pêche à la canne est la technique la plus « écologique » pour capturer le thon.

Cependant, cette pêcherie n’est pas parfaite…. L’appât-vivant des canneurs pose question…

Le rapport « Ensuring Sustainability of Livebait Fish » publié en avril 2012 par l’ONG « International Pole And Line Foundation (IPNLF) » analyse les impacts environnementaux et socio-économiques des captures d’appât-vivant associées à cette pêcherie de canneurs.

L’auteur du rapport, Steve Rocliffe de l'Université York, estime à 25.000 tonnes la quantité de poisson capturé comme appât-vivant dans le monde. Des petits poissons balancés à la mer pour attirer les thons et faciliter ainsi leur capture…

Il propose des voies pour aller vers une pêcherie plus durable....

Pour télécharger le rapport, cliquer Ensuring Sustainability of Livebait Fish


Les grands spécialistes du thon à la canne sont les pêcheurs des Maldives, cliquer Ici ou Sportive, la pêche écolabellisée MSC du thon made in Maldives

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Informations complémentaires :
  • Lire l’article daté du 26 avril 2010 sur le site Atuna.com qui donne la parole au directeur du PNA : Pacific PNA Nations Permanently Close Major Tuna Fishing Grounds To Purse Seiners F.S. Micronesia, Interview with PNA director Dr. Transform Aqorau
    Written by Natalia Freitas, for Atuna.com
    The Parties of the Nauru Agreement (PNA) countries have decided over the last weekend to close a huge high sea areas and major tuna fishing ground surrounding these countries, starting on January 1st 2011. Although the high seas are not under their jurisdiction, and outside their EEZ’s, it means that if purse seiners want to obtain licenses to fish in the tuna –rich EEZ’s of the PNA countries- they would lose their license if they would also fish in the restricted high sea areas. This restrictive measure will have a major effect on the future global tuna supply.
  • Information complémentaire d'Agritrade/CTA (avril 2010) : Accord entre les dirigeants des îles du Pacifique – Résultats du premier sommet présidentiel de PNA (Agritrade/CTA)
    Les dirigeants des îles du Pacifique parties de l’Accord de Nauru (PNA) se sont rencontrés au Premier Sommet Présidentiel pour discuter d’innovations visant à maximiser les gains économiques de la gestion durable des ressources thonières des Etats membres de PNA. C’était la première fois que ces dirigeants se sont rassemblés dans le cadre d’un forum exclusivement consacré aux enjeux concernant la pêcherie thonière du Pacifique Centre Ouest…. Le Sommet des Présidents s’est conclu par la Déclaration de Koror, qui enjoint aux membres de PNA d’unir leurs efforts pour augmenter la valeur économique et récolter plus de bénéfices de leurs ressources thonières…..
  • Rapport du Conseil Economique, Social et Environnemental (CESE) sur les accords de pêche : Ce document traduit bien la position française en matière de pêche internationale et ses relations avec les pays ACP - Ce document ne donne pas du tout la parole à l'autre partie prenante des accords. Dans ce cas, les accords UE/ACP relèvent plus d'une main-mise des ressources halieutiques extérieures à l'Europe que d'un partenariat équitable entre les pays du Nord et du Sud ! : Les enjeux des accords de pêche Union Européenne / Pays africains - Projet d’avis (CESE avril 2010)
    Document présenté au nom de la section des relations extérieures par M. Gérard d'Aboville, rapporteur
  • Les Etats insulaires du Pacifique perdent-ils leurs droits sur les ressources thonières ? (CTA/Agritrade)
    Une nouvelle étude publiée en décembre 2009 dans Development Viewpoint souligne que, en dépit d’être doté des plus importantes et précieuses ressources thonières, les pays insulaires du Pacifique situés dans l’Océan Pacifique Centre Ouest n’ont pas été capables de maximiser l’utilisation de ces ressources pour leur développement économique, et sont maintenant confrontés à leur appauvrissement.
    Cette étude explore les facteurs qui sous tendent cette situation, soulignant que la souveraineté de ces Etats, et dès lors le contrôle qu’ils exercent sur les ressources de pêche, a changé de manière significative au cours du temps. Récemment, les flottes de pêche lointaine ont gagné en influence politique par rapport aux Etats insulaires souverains, dans le cadre des organisations régionales de pêche…..
    L’étude conclut que, ‘Même si on a donné à la Commission régionale thonière (WCPFC) pour tâche de régler les problèmes de surpêche et améliorer les retombées économiques pour les pays insulaires du Pacifique, sa structure de prise de décision régionale, ainsi que les intérêts commerciaux des flottes étrangères ont commencé à éroder le contrôle que peuvent exercer les pays insulaires du Pacifique sur leurs propres ressources thonières’.
    Etude : Are Pacific Island States Losing Their Rights to Tuna Resources ? (CDPR - décembre 2009) by Elizabeth Havice* and Liam Campling

Accord de pêche entre l'Europe et les pays du PNA : Qu'en sera-t-il des accords de pêche entre l’Union Européenne et chaque Etat insulaire du PNA ?

Les accords de pêche bilatéraux UE-pays tiers (Europa)
La négociation et la mise en œuvre des accords de pêche bilatéraux conclus entre la Communauté européenne et les pays tiers sont des composantes essentielles de la politique commune de la pêche (PCP). Ces accords visent à encourager le développement d'une pêche responsable et durable dans les eaux des pays tiers en limitant l'accès des flottes européennes aux ressources halieutiques uniquement excédentaires en soutenant la politique sectorielle de ces pays. Les conditions particulières des accords (aspects techniques et financiers, types de ressources, etc.) sont spécifiées dans des protocoles portant chacun sur plusieurs années.

Les accords de pêche sont extrêmement importants tant pour l'Union européenne que pour ses partenaires. Grâce à eux, l'industrie européenne peut compter sur un apport supplémentaire substantiel en poisson. Ils fournissent en outre un emploi à de nombreux Européens. Dans les pays partenaires de l'UE, le versement d'une contrepartie financière a des effets importants sur les recettes budgétaires et sur l'économie nationale, notamment en matière de création d'emplois. La nature des accords de pêche varie selon le pays partenaire. Les accords conclus avec les pays ayant les moyens d'exploiter leurs propres ressources, c'est-à-dire principalement les pays d'Europe du Nord, prennent généralement la forme d'un simple échange de quotas. Avec d'autres, essentiellement les pays en développement d'Afrique et du Pacifique, mais aussi avec le Groenland, qui n'exploitent pas totalement leurs ressources halieutiques, l'UE conclut des accords de partenariat prévoyant le versement d'une contrepartie financière en échange de l'accès à leurs zones de pêche.....

Voir la liste des accords de partenariat dans le domaine de la pêche (APP) conclus entre l'UE et les pays tiers peut être consultée sur le site de la DG Mare de la Commission européenne. Il suffit de cliquer Ici

Et en particulier les APP avec les signataires de l’accord de Nauru (PNA) :

Actuellement l'accord UE et Etats fédérés de Micronésie est en renégociation. Qu’adviendra-t-il des six thoniers à senne coulissante espagnols jusqu'à maintenant dans les eaux micronésiennes ?

Le Conseil de l’UE a donné mandat, le 26 avril, à la Commission européenne pour renégocier l’accord de pêche qui lie l’Union aux Etats fédérés de Micronésie (Pacifique). L’accord, conclu en 2005, définit les conditions d’exercice, pour les navires des États membres, des activités de pêche au large de ces îles. Prévu pour une durée de trois ans reconductible, il autorise l’exercice de la pêche à six navires à senne coulissante et à douze palangriers de surface au cours de la première année d’application. Une augmentation des possibilités de pêche, dans des proportions déterminées par les pays du Pacifique central et occidental, était prévue à dater de la seconde année. En contrepartie, l’UE s’était engagée à verser aux États fédérés de Micronésie une compensation financière de 559 000 euros (pour une capture annuelle de 8 600 tonnes de thonidés). A partir de la deuxième année, l’attribution d’une licence supplémentaire pour les navires à senne a donné lieu à une majoration de 65 000 euros par an. Cette compensation est destinée à mettre en place d’une politique de la pêche durable et à assurer une exploitation rationnelle et responsable des stocks de poissons dans les eaux des États fédérés de Micronésie. (Source : Europolitque)

Le 25 août 2010

Les Philippines vont demander à huit pays du Pacifique de lever l’interdiction de la pêche le thon dans leurs zones économiques exclusives. Cela se fera en décembre prochain à l’occasion de la Commission des pêches de l’Ouest et du Centre Pacifique. Selon le directeur du bureau des pêcheries philippin, Malcolm Sarmiento, la demande des Philippine sera appuyée par la Corée, Taïwan et le Japon, indique Radio Australia. La Commission des pêches de l’Ouest et du Centre Pacifique a pourtant décidé l’interdiction totale de la pêche au thon pour deux ans à Palau, en Micronésie, aux Iles Marshall, à Nauru, aux Salomon et en Papouasie Nouvelle Guinée, où les stocks de thon avaient atteint un seuil critique. Les Philippines ont une importante industrie de conditionnement du thon. Ils ont besoin de diversifier leurs approvisionnements. Si la Commission des pêches de l’Ouest et Centre Pacifique accorde cette licence aux Philippines, elle irait à contre-courant des politiques halieutiques mondiales : il y a quelques mois, face aux pertes inquiétantes de thon, l’Union Européenne, a interdit la pêche au thon rouge en Méditerrannée et dans l’Atlantique Est pour les bateaux battant pavillon européen.

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Le 29 octobre 2010

Une vaste étude sur l’avenir des pêches en Océanie révèle que, si aucune action stratégique concertée n’est menée dès à présent, les ressources halieutiques de la région risquent de s’épuiser dans les vingt-cinq prochaines années. Cet épuisement des ressources aura de graves conséquences économiques et mettra en péril la sécurité alimentaire dans une région où la population devrait doubler d’ici à 2035.

Cette étude, intitulée L’avenir de la pêche en Océanie, porte sur les secteurs de la pêche hauturière, de la pêche côtière, de l’aquaculture et de la pêche en eau douce. Elle a été soumise hier à l’approbation du Comité des représentants des gouvernements et administrations (CRGA) de la Communauté du Pacifique (CPS). Elle a déjà été approuvée par les membres de l’Agence des pêches du Forum des Îles du Pacifique (FFA).

L’étude met en lumière les principales menaces qui, si elles ne sont pas écartées, pèseront grandement sur l’ensemble de la région dans les années à venir. On constate déjà des signes de surexploitation des ressources hauturières, les captures de thons obèses atteignant des niveaux inquiétants. S’ajoute à cela la pression grandissante exercée par les navires de pêche étrangers qui cherchent à avoir accès aux eaux océaniennes.

Selon cette étude, certaines ressources côtières sont déjà surexploitées et le secteur de l’aquaculture souffre d’un manque de compétitivité et de compétences, et les acteurs de la filière ne bénéficient pas de suffisamment d’accès aux marchés et de mesures d’incitation, plus de 95 pour cent de la production se concentrant dans seulement deux Territoires…..

L’étude montre clairement que les services des pêches aux échelons national et régional doivent s’adapter face à la complexité croissante des questions afférentes à la gestion des pêches. À l’heure actuelle, ces services ne disposent pas de compétences et de structures suffisantes pour coordonner une action stratégique et garantir le développement durable des ressources halieutiques de façon à nourrir les générations futures et à subvenir à leurs besoins.

Le rapport ainsi qu’une brochure de synthèse de huit pages peuvent être téléchargés sur le site Web de la Division pêche, aquaculture et écosystèmes marins de la CPS, aux adresses suivantes : http://www.spc.int/fame/doc/corporate_docs/Future_of_PI_fisheries_Report_VF.pdf

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26 novembre 2010

Accord de partenariat dans le secteur de la pêche entre l'Union européenne et les Îles Salomon

Le Parlement a donné son consentement à un nouvel accord de pêche entre l'UE et les Îles Salomon. Le partenariat sur la pêche instaure un financement de l'UE de 400 000 euros par an aux îles Salomon en échange de la permission pour les bateaux européens de pêcher dans les eaux du pays. L'entente, renouvelable, couvre une période de trois ans, et attribue des possibilités de pêche de 4000 tonnes de thon par an à quatre senneurs français et espagnols. Le rapporteur de cette résolution, adoptée ce mardi, est Maria do Céu Patrão Neves (PPE, PT).


 
Texte adopté le 23 novembre 2010 par le Parlement européen sur la proposition de décision du Conseil relative à la conclusion d'un accord de partenariat dans le secteur de la pêche entre l'Union européenne et les Îles Salomon.

Cliquer sur le tableau pour agrandir

Contexte général des accords de partenariat : La conclusion d'accords de pêche bilatéraux entre la Communauté européenne et des pays tiers est une pratique courante de la politique commune de la pêche/PCP, et constitue un pilier important de sa dimension externe. La réforme de 2002 de la PCP a vu l'introduction du concept de "partenariat", en vue du renforcement de l'objectif de la CE, qui sous-tend ces accords, à savoir, soutenir le développement du secteur de la pêche nationale dans les pays partenaires. À partir de 2004, les accords ont été dénommés "Accords de partenariat dans le domaine de la pêche (PCP)"….

Observations de la rapporteure : L'appréciation de l'accord de partenariat entre l'UE et les Îles Salomon nécessite quelques considérations de différents ordres. Premièrement, il convient de souligner que la ZEE des Îles Salomon se situe dans le Pacifique Ouest, une des zones de pêche au thon les plus riches du monde. Le secteur de la pêche des Îles Salomon représente près de 14% du PIB national, d'où l'énorme importance de l'exploitation des ressources de pêche pour ce pays. Le budget mis à disposition par le ministère de la pêche pour le développement du secteur avoisine 2,5 millions d'euros, la majeure partie provenant de contributions financières découlant des accords avec des pays tiers, parmi lesquels la Nouvelle-Zélande, le Japon et l'UE. De même, l'état général des stocks de thon dans la ZEE des Îles Salomon est satisfaisant, en particulier pour l'espèce de listao. Néanmoins, le rapport d'évaluation commandité par la Commission européenne à des consultants externes révèle que les espèces de thon à nageoires jaunes et patudo se trouvent en danger potentiel de surexploitation….. Texte intégral, cliquer Ici

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Le 14 décembre 2010

La Commission des pêches du Pacifique Ouest et Central (Cppoc) a échoué à prendre des mesures efficaces pour protéger les stocks en déclin de thons obèses (big eye) et thons jaunes (yellowfin), indique le WWF dans un communiqué du 11 décembre.

Cette annonce intervient quelques semaines après l’échec de la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique (Iccat) à réduire de façon significative les quotas de pêche 2011 pour le thon rouge, au grand dam des ONG [voir le JDLE].

Réunie la semaine dernière à Hawaii, la Cppoc a pourtant vu des pays pêcheurs, comme le Japon et l’Union européenne (UE), intervenir sur la nécessité urgente de - au minimum - geler les capacités de pêche de la flotte industrielle et la pression de pêche sur la région entière, en ciblant les stocks de thons les plus en danger, note l’ONG.

Mais en dépit de ces prises de position et de l’accord d’autres pays comme les Etats-Unis, la Commission a ignoré les conseils de son propre comité scientifique qui recommandait une réduction immédiate de 29 % de la mortalité des thons obèses due à la pêche.

Des points positifs ont toutefois été adoptés pour la protection des requins et du thon rouge du Nord face à la surpêche, ajoute le WWF.......

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HONOLULU, lundi 13 décembre 2010 (Flash d'Océanie) – La dernière réunion de la commission thonière sur le Pacifique central et occidental, qui vient de s’achever en fin de semaine dernière à Honolulu (Hawaii), semble avoir laissé un goût d’inachevé à certains participants, dont certains, rassemblés au sein d’une nouvelle organisation n’hésitent pas à critiquer ouvertement ce qu’ils considèrent comme l’immobilisme de ce genre de réunions.

Ce rassemblement de la Commission thonière a néanmoins débouché sur une résolution concernant directement la mise en place de mesures spéciales pour une zone située entre les îles Cook et la Polynésie française, où l’activité de pêche illicite et non signalée est fréquente.

Mais sur l’épineux sujet de la protection et de la meilleure gestion des espèces de thon les plus menacées, comme en premier lieu le thon obèse (Big Eye), les réactions de déceptions se sont multipliées à l’issue de cette réunion. Le groupement des pays signataires de l’ « Accord de Nauru » s’est montré le plus virulent face à l’échec d’une motion qui était pourtant censée limiter de manière plus radicale la surpêche du thon obèse.

L’agacement poli de la FFA - Plus modérée, une autre organisation régionale spécialisée dans la pêche, sous l’égide du Forum des Îles du Pacifique, la FFA (Forum Fisheries Agency, basée à Honiara, îles Salomon), a évoqué ce sentiment d’ « inachevé » à la clôture de cette réunion (qui se déroulait dans la station balnéaire de Ko Olina), dont l’examen de nombreux points a tout simplement été reporté à l’an prochain… en décembre 2011.

« Les pays insulaires du Pacifique sont les gardiens des derniers stocks de thon sain au monde, ils gèrent une superficie maritime de trente millions de kilomètres carrés, avec le soutien technique et les services de la FFA. Les membres de la FFA participent à la commission thonière (…) avec d’autres nations pêcheuses (comme les nations asiatiques, l’Union Européenne et les États-Unis) pour mettre en place des règles en matière de pêche dans cette zone du Pacifique central et occidental », a déclaré la FFA dans un communiqué poli.

Moins en nuance, le communiqué des partenaires de l’accord de Nauru (États Fédérés de Micronésie, Kiribati, îles Marshall, Nauru, Palau, Papouasie-Nouvelle-Guinée, îles Salomon et Tuvalu) qui, dans un autre communiqué, « expriment leur déception concernant les résultats » de cette réunion d’Honolulu.

Le coup de semonce des PNA - Ces partenaires, qui se désignent sous l’acronyme de PNA (Parties to the Nauru Agreement), estiment contrôler pas moins de vingt cinq pour cent des ressources mondiales en thon.
« Nous sommes venus à cette réunion avec des propositions spécifiques dont nous pensions que la commission tiendrait compte dans la gestion des ressources thonières de la région. Mais il semble désormais clair que cette commission est incapable de prendre des décisions, comme cela a été évident cette semaine (dernière) et comme en témoigne aussi la longue liste de points qui ont été remis à l’avenir. (Cette commission) est en train de devenir empêchée par l’inflexibilité des États pêcheurs dès qu’il s’agit d’aborder le sujet des thons obèse et jaune (Yellowfin) », n’a pas hésité à lancer Glen Joseph (îles Marshall), l’actuel Président du groupe PNA.

Tout comme, dans un domaine voisin, la Commission baleinière internationale (CBI), la Commission thonière océanienne comporte au sein de ses membres tout aussi bien des États riverains que des États qualifiés de « distants », pour la plupart pêcheurs.

Le syndrome de la CBI - Et tout comme la CBI, les oppositions croissantes entre ceux qui privilégient la protection des espèces exploitées et ceux qui appartiennent à la filière de la pêche, entraînent généralement une incapacité de ces organisations à prendre toute décision non consensuelle.

Tout en intégrant les membres de la FFA (17), la Commission thonière qui estime représenter 54 pour cent des ressources mondiales de thon) y rajoute les nations pêcheuses « distantes », pour donner au total la liste suivante :

Australie, Chine, Canada, îles Cook, Union Européenne, États Fédérés de Micronésie, États-Unis d’Amérique, Fidji, France, Japon, Kiribati, Corée du Sud, îles Marshall, Nauru, Nouvelle-Zélande, Niue, Palau, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Philippines, Samoa, îles Salomon, Taïwan, Tonga, Tuvalu et Vanuatu.
Photographie : Thonier-senneur français (NOAA)

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Le 31 mars 2011 : les grandes manoeuvres européennes en Océanie

PORT-MORESBY, lundi 28 mars 2011 (Flash d'Océanie) – Le tout récent passage en Papouasie-Nouvelle-Guinée du commissaire européen au commerce, Karel De Gucht, dans le cadre d’une tournée océanien qui l’a aussi emmené, au courant de la seconde quinzaine de mars 2011, en Malaisie, en Australie, en Nouvelle-Zélande et en Papouasie-Nouvelle-Guinée, a confirmé le rôle clé de cet État mélanésien dans le processus de traitement des prises de pêche au thon destinés aux marchés européens.

Concernant le poisson et plus particulièrement le thon du Pacifique en provenance de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, mais aussi de Fidji, le Parlement européen a adopté mercredi 19 janvier 2011 le principe d’un « feu vert » en vue conclure un accord de partenariat économique (APE), sur une base intérimaire.

Les eurodéputés ont motivé leur choix par le fait que ces deux pays « réalisent d'importantes exportations vers l'UE ».

Un énorme site régional de conserverie de thon est actuellement en voie d’achèvement, à Madang, où M. De Gucht s’est rendu lors de son récent passage.

En janvier, les eurodéputés avaient noté que « la Papouasie-Nouvelle-Guinée et la République des Îles Fidji – les deux pays ACP du Pacifique qui exportent en quantités significatives vers l'Union européenne – sont jusqu'à présent les seuls membres de la région du Pacifique à avoir conclu l'accord, tandis que d'autres pays de ce groupement régional ont, en raison de leur faible niveau d'échanges de marchandises avec l'Union, choisi de ne pas le signer ».

Toutefois, les eurodéputés avaient exprimé, simultanément à leur vote de janvier 2011, des « préoccupations » au sujet de « l'impact qu'un accord aurait sur la solidarité régionale et l'intégration économique dans la région du Pacifique. Une deuxième résolution non contraignante met en exergue les conséquences de l'accord pour la Papouasie-Nouvelle-Guinée et les Iles Fidji en termes de relations commerciales avec les deux plus proches et principaux partenaires commerciaux, de l'Australie et la Nouvelle-Zélande, ainsi que les conséquences sur l'industrie de la pêche, et les industries de conserveries et de transformation. Plus précisément, les députés se déclarent inquiets à propos de la décision de la Papouasie-Nouvelle-Guinée de déroger aux règles sur l'origine des produits transformés de la pêche, qui a fait de ce pays "une véritable usine" de transformation en conserve du thon en provenance de pays comme les Philippines, la Thaïlande, la Chine, les États-Unis et l'Australie. Cela peut avoir un effet déstabilisateur sur l'industrie de l'UE de poisson en conserve, s'inquiètent les députés qui demandent à la Commission de suspendre les dispositions exceptionnelles sur les règles d'origine si un rapport d'évaluation de l'UE prévu pour 2011 montre un effet déstabilisateur sur l'industrie européenne », estiment les parlementaires.

Le Parlement européen a également relevé que « l'APE intérimaire a donné lieu en Papouasie-Nouvelle-Guinée au développement de projets industriels comme la zone industrielle maritime du Pacifique à Madang, où il est prévu de produire, en deux ans, plus de 400.000 tonnes de conserves de thon » tout en observant « avec préoccupation avec préoccupation les données de la Commission des pêches pour le Pacifique occidental et central montrant l'augmentation de la capacité de pêche des pays tiers dans ces eaux du Pacifique et, donc, le risque de pêche illégale, non déclarée et non réglementée et de surpêche, et ce au détriment du développement durable du secteur de la pêche à l'échelle locale ».

Toujours au chapitre de la gestion des ressources halieutiques en Océanie, les eurodéputés ont d’ailleurs, toujours mercredi, « invité la Commission (européenne) à présenter au Parlement, dans les meilleurs délais, un rapport sur ces aspects particuliers du secteur de la pêche dans les États du Pacifique ainsi que sur la gestion des stocks de poissons dans le Pacifique, notamment quant aux pratiques de développement durable ».

Les Accords de Partenariat Économique signés avec Fidji et la Papouasie-Nouvelle-Guinée demeurent néanmoins intérimaires, en attendant qu’un pacte à vocation régionale, signé avec le bloc océanien réuni sous l’égide du Forum des Îles du Pacifique (FIP), soit finalisé.

Le processus de négociation de ces « Accords de Partenariat Économique » (APE) avait été lancé en 2006 par le commissaire européen au commerce de l’époque, Pascal Lamy.

Mais depuis, les pays du Pacifique ont exprimé des réserves en demandant notamment que les « spécificités » de leur région, ainsi que la petite taille de leurs économies soient pris en compte.

Lors de son escale en Papouasie-Nouvelle-Guinée, M. de Gucht a évoqué avec les autorités gouvernementales de cet État océanien membre du Forum des Îles du Pacifique et du groupe ACP (Afrique, Caraïbe, Pacifique) sa récente décision d’adopter une version provisoire des Accords de Partenariat Économique (APE).

Ces APE lient désormais les pays ACP à l’UE en matière d’échange commerciaux et succèdent à la séquence Lomé (I à IV) puis Cotonou, qui mettait auparavant l’accent sur les achats subventionnés de matières premières à ces pays du Sud.

Or, le régime des achats subventionnés a depuis été déclaré incompatible avec les nouvelles règles du commerce mondial de l’OMC.

Depuis 2006, l’UE négocie avec les ACP pour mettre en place ces APE.

La date initiale d’entrée en vigueur de ces APE avait été fixée au 1er janvier 2008, mais les pays océanien de ce groupe (essentiellement les 14 États insulaires du Forum, hormis l’Australie et la Nouvelle-Zélande) rechignent toujours depuis à s’engager sous forme de bloc, mettant en avant une demande de prise en compte plus grand de leurs spécificités régionales.

À part la Papouasie-Nouvelle-Guinée, le seul autre État ACP océanien ayant signé un APE provisoire est Fidji.

Tout en soulignant la valeur des échanges commerciaux avec ces deux pays (notamment en matière agricole), le Commissaire devrait aussi tenter de mettre en exergue les bénéfices d’un accord régional avec le bloc océanien tout entier.

Les ressources cibles de pays comme la Papouasie-Nouvelle-Guinée et Fidji sont à la fois liées au domaine minier (pétrole, or, cuivre, bauxite, nodules sous-marines), mais tiennent aussi aux énormes ressources halieutiques (et en premier lieu le thon) de leurs zones maritimes de souveraineté.

Le poisson fidjien à nouveau UE-compatible

Tout récemment, le thon fidjien a de nouveau obtenu fin 2010 le très attendu feu vert pour les marchés européens, après une parenthèse prolongée (entamée en 2004) pour cause de non-conformité aux règles européennes et une série d’incidents survenus notamment chez des consommateurs français, courant 2007.
Le poisson fidjien à l’export avait alors perdu un marché d’une valeur estimée à près d’une cinquantaine de millions d’euros par an.

Une mission d’inspection sur place des services vétérinaires et alimentaires européens, en septembre 2010, a finalement jugé à nouveau UE-compatible le poisson produit et traité à Fidji.

Cette réouverture des marchés européens a fait l’objet, le 18 mars 2011, d’une cérémonie formelle en présence de hauts-responsables du gouvernement local, ainsi que de l’ambassadeur chef de la délégation de l’UE pour le Pacifique, basée à Suva, Wiepke Van Der Goot.

Ce dernier a néanmoins tempéré l’enthousiasme ambiant en rappelant que jusqu’ici, seules deux sociétés fidjiennes répondait de manière satisfaisante aux normes alimentaires européennes.

L’UE vient de lancer la seconde phase, au plan océanien, de son programme baptisé « DevFish », pour un financement (dans le cadre du Fonds Européen de Développement, le FED) de 8,2 millions d’euros au cours des cinq années à venir, en vue de mieux gérer la ressources thonière, mais aussi d’accentuer la lutte contre la*es activités de pêche illicite et non signalée, phénomène grandissant dans la région de la part de vaisseaux notamment asiatiques.

Ces activités de surveillance devraient s’appuyer sur les marines des quatre puissances riveraines de la région : l’Australie, la Nouvelle-Zélande, la France et les États-Unis.

Reprise souhaitée des exportations de kava vers l’Europe : la France et le Royaume-Uni à l’écoute

Lors d’une récente rencontre avec les représentants à Fidji de la France et du Royaume-Uni (les deux pays membres de l’UE représentés à Fidji), le 10 janvier 20111, en mode bilatéral, le gouvernement fidjien, représenté par son directeur de cabinet au ministère de l’agriculture, le Colonel Mason Smith, a aussi soulevé l’épineuse question d’un autre « feu vert » attendu depuis dix ans à Fidji et dans toute la région, y compris le voisin Vanuatu : il concerne la reprise des exportations des racines de kava (piper methysticum, famille du poivrier), ingrédient principal dans la concoction d’une boisson relaxante très répandue dans le Pacifique et dont un élan, sous forme manufacturée vers l’Europe, avait été stoppé net au début des années 2000 en raison de l’apparition de plusieurs cas mortels d’hépatite fulminante (y compris en Allemagne).

Plusieurs enquêtes, depuis, ont établi la nécessité, en cas de reprise de cette filière, de mieux contrôler l’origine et la qualité des racines broyées.

« Les questions soulevées ont concerné la formation au sein du département (fidjien) de l’agriculture et du département des pêches et des forêts, l’acquisition de compétences techniques pour mettre à jour nos législations et ainsi mieux accéder aux marchés (européens), a estimé le Colonel à l’issue de son entrevue avec les deux diplomates, le Britannique Mac McLachlan (Haut-commissaire -ambassadeur- à Fidji) et l’Ambassadeur français Gilles Montagnier.

En novembre 2010, la délégation régionale de l’Union Européenne pour le Pacifique, basée à Suva, organisait par ailleurs un atelier de formation spécifiquement destiné aux exportateurs locaux afin de leur permettre de prendre connaissance des formalités et conditions à remplir en vue de mieux accéder aux marchés européens.

En guise de suivi, cette délégation régionale a aussi annoncé la création d’un « Bureau d’aide à l’Export » (Export Helpdesk), dont la tâche est de venir en aide et de répondre aux questions des acteurs locaux candidats à l’export vers l’UE.

Lors de son périple océanien, le commissaire européen s’était aussi entretenu longuement avec de hauts responsables des gouvernements d’Australie et de Nouvelle-Zélande (dont le ministre australien du commerce extérieur, Craig Emerson) devaient porter sur les accords généraux de commerce au plan mondial, le cycle de Doha dans le cadre de l’OMC, ou encore la question de l’approvisionnement en matières premières.

Concernant l’Australie, l’UE représente pour ce pays le second volume bilatéral d’échanges commerciaux.
La valeur ces échanges marchands, pour l’année 2010, a été annoncé par l’UE à 26,7 milliards d’euros en exportations européennes vers l’Australie (véhicules automobiles, machines et matériel de télécommunications ou encore produits pharmaceutiques) et dans l’autre sens, 9,8 milliards d’euros importés en Europe de l’Australie (essentiellement des minerais, des produits agricoles et viticoles).

Pendant son séjour en Nouvelle-Zélande, le Commissaire européen a rencontré le ministre du commerce extérieur Tim Groser.

Les échanges commerciaux de l’UE avec la Nouvelle-Zélande sont également significatifs : « l’UE est notre second partenaire commercial (…) et la Nouvelle-Zélande demeure engagée en vue de renforcer encore nos liens avec nos partenaires européens », soulignait en mars 2011 M. Groser.

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« Continuez à améliorer vos structures d'exportation et à augmenter le nombre de bateaux de pêche dans le pays. » Tel était le message adressé aux partenaires de l'industrie locale de la pêche par l'ambassadeur de l'Union européenne pour le Pacifique, Wiepke Van Der Goot, qui célébrait officiellement la réinscription de Fidji sur la liste européenne des pays autorisés à exporter du poisson vers l'Union. M. Van Der Goot a déclaré qu'actuellement, seules 2 entreprises satisfont aux normes de l'UE et a ajouté que pour améliorer le développement économique dans le pays, il était nécessaire d’intensifier les efforts. D'après M. Van Der Goot, le retrait de Fidji de la liste de l’UE en 2004 était dû à de graves manquements aux normes européennes et au fait que des gens étaient tombés malades après avoir consommé du poisson venant de Fidji. Il a toutefois déclaré que Fidji se retrouve à nouveau sur la liste cette année, ce qui est un bon signe qui doit encourager le pays à profiter pleinement des possibilités d'approvisionnement qu’offre le Règlement sur l'accès au marché. D'après M. Van Der Goot, les Européens sont de grands consommateurs de poisson et de produits de la pêche puisque la consommation moyenne par habitant est de 25 kg par an. L'UE est le plus grand importateur de poisson au monde, avec un marché total d'environ 500 millions de consommateurs. En fait, pas moins de 60% des produits de la pêche demandés par l'UE proviennent de pays tiers.

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Le 18 août 2011

Un conflit d’intérêts dans la renégociation des accords de pêche entre l’Union européenne et Fidji et la Papouasie Nouvelle-Guinée- C’est en tout cas l’accusation de l’Association nationale espagnole des producteurs de conserves de poissons et de fruits de mer. Elle estime que des négociateurs servent les intérêts de l’Agence des Pêcheries du Forum des Îles du Pacifique et selon les Espagnols, l’Agence est hostile aux conserveries de thon européenne. L’Association nationale espagnole des producteurs de conserves de poissons et de fruits de mer demande à la Commission européenne d’user de son influence pour remplacer les négociateurs. Source : 24heures dans le pacifique

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Le 29 août 2011

Sous l’APE intérimaire UE-Pacifique signé par la Papouasie-Nouvelle-Guinée (PNG), une dérogation aux Règles d’Origine (RoO) permet au thon capturé par les navires de n’importe quel pays d’être débarqué et transformé dans les conserveries de PNG avant d’être importé vers le marché européen. Dès l’entrée en vigueur de ces nouvelles règles (initialisées en 2007), l’industrie thonière européenne a exprimé son inquiétude, estimant que cette dérogation ouvrirait la porte à des importations massives dans l’UE de produits d’origine douteuse vis-à-vis des normes SPS et INN.

En janvier 2011, la Commission Pêche du Parlement européen a souligné que cette dérogation pour l’approvisionnement global "a fait de ce pays un véritable carrefour pour le traitement d’énormes quantités de thon de divers pays, (...) a causé une perturbation considérable sur le marché du thon en conserve, et constitue une concurrence déloyale pour le secteur européen, déjà désavantagé économiquement en raison des coûts du travail beaucoup plus élevés et de l’application de normes environnementales, de santé et d’hygiène beaucoup plus strictes".

Les intérêts espagnols, comme le signale un récent article dans The Courier, ont franchement remis en cause cette dérogation : "Bien que le Parlement européen a ratifié l’APE avec la PNG, des protestations se font encore entendre de la part d’un certain nombre de MPE au sujet de l’accès de la PNG au marché de l’UE, notamment du côté de l’Espagne qui possède également une industrie de la conserve".

Suite à une requête fondée sur le règlement concernant l’accès à l’information, la CAPE a reçu une copie d’une étude récente (2010) commandée par la DG Mare au sujet des règles d’origine préférentielles pour les produits de la pêche et de l’aquaculture. Celle-ci tend à montrer que cette réticence des importateurs européens au sujet des produits en provenance de PNG ne concerne que le thon en boîte. En effet, sur la même période (2007-2009), l’étude montre que les importations de longes de thon en provenance de PNG à destination des conserveries européennes ont presque triplé. Les conserveries de thon européennes sont fortement dépendantes des matières premières en provenance de pays tiers pour approvisionner le marché de l’UE (70% à 80% de la consommation de thon dans l’UE est basée sur les importations) et exporter leurs produits.

En ce qui concerne l’Espagne, le rapport Globefish de la FAO sur le marché du thon pour le premier trimestre de 2011 observe une meilleure performance des exportations espagnoles de thon en conserve, "qui se reflète dans ses importations de matières premières sous la forme de longes de thon précuites, qui ont augmenté de 31,8% par rapport à l’année précédente". Il est utile de noter que, durant la même période (1er trimestre de 2011), la PNG a subi un revers du côté de ses exportations de thon en boîte vers l’Europe, et que celui-ci a été compensé par les importations espagnoles de longes de thon en provenance de PNG.

On est donc en droit de se poser la question suivante : pourquoi l’industrie espagnole ne s’inquiète-t-elle pas des questions de SPS et de pêche INN quand il s’agit d’importer des longes de thon pour ses propres conserveries sous les nouvelles règles d’origine ?

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Mardi, 10 Janvier 2012 16:07

Mail de PACIFICAL : cynthia@pacifical.com
YEAH! PNA Free School Skipjack Officially MSC Certified

Dear Philippe

Hope you are already having a successful 2012!

Well Philippe, what we had been hoping for has finally happened: our PNA free school skipjack fishery has been MSC certified!

We just received the official MSC announcement yesterday, January 9th 2012, and wanted to wait for this official statement before sharing it with you. In fact the approval was already sent by the independent adjudicator, Ms. Melanie Carter, on December 13th 2011 after a long journey of objections by the ISSF and other tuna industry groups.

We want to thank you for all the support youve shown throughout this long process in 2011. Knowing all along that Pacifical could count on your constant interest gave us enough confidence throughout the development of the MSC certification to continue working for our purpose, we finally did it!

Within a couple of months the distinctive blue MSC logo, along with our Pacifical co-brand, will accompany our skipjack tuna cans indicating that this tuna comes from well-managed and sustainable fisheries.

From now on, MSC certified FAD free tuna caught in schools will be a sustainable alternative option to pole and line caught tuna; supplying the world with mature skipjack and reducing by-catch to the maximum level lead by our PNA nations, and doing away with bait-fish problems. Also our skipjack is caught by purse seiners, which allows us to serve a much larger group of consumers with sustainable tuna.

With MSC certification onboard, we set sail to start delivering sustainable tuna as well as giving our people the right of getting benefit from their own resources. We live in this region, we live and breathe tuna and for many of our members, they have nothing else but tuna said Dr. Transform Aqorau, director of PNA.

This journey has just started and after certification there is a lot of work to be done. PNA and Pacifical are now in the process of starting to get the fleets organized to fish based on MSC procedure and chain of custody (CoC). We are also getting appointments with several of our exclusive partners to confirm details in regard to specifications.

It is worth to mention that in the start-up period the amount of MSC tuna that Pacifical will have available is going to be limited. So we will be able to serve only a selected group of highly dedicated retailers, food service and food processing companies. With time the amount of free school skipjack available will rise as more fishing companies and vessel owners participate in our CoC.

Right now there are about 265 tuna vessels in total in PNA waters. Some of them are already actively working with Pacifical and enthusiastic with the idea of having separate wells for free school skipjack. We are expecting a lot more to join within this year!

Eventually we could be catching 500.000 metric tons of free school skipjack in the PNA, which would fill 1.4 billion 185g cans of tuna every year, enough to serve 4.2 billion meals, bringing extremely healthy high protein sustainable produced food to every corner of the world, at an affordable price and with least of environmental impact!

Philippe, other than beef, chicken or farmed fish, we are talking about a purely wild species that requires no farming, no antibiotics, no massive amounts of feeds and water, and therefore causes no water or land pollution.

As PNA, as guardians for our people and the world, all we need to do is to manage and catch it in a sustainable way according to MSC principles- and this highly fecund and fast growing skipjack will be able to provide us healthy food for generations to come!

We look forward to having the first Pacifical MSC certified skipjack on the shelves in Europe at the start of summer this year!

Kindest Regards,
Your Friends at Pacifical
PACIFICAL cv
Ph direct: +31-162-430520

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Le 30 octobre 2012

Pacifical : La marque du thon MSC pêché dans 8 pays insulaires du Pacifique


Pour plus d'informations : PACIFICAL

Pacifical veut se faire une place parmi les grands....

En décembre 2011, les 8 pays signataires de l'Accord de Nauru (PNA) ont obtenu le label MSC pour leur thon listao. Cet écolabel MSC certifie que le thon a été pêché de manière durable dans les eaux de la Papouasie Nouvelle-Guinée, des Etats Fédérés de Micronésie, de Kiribati, des Iles Marshall, de Nauru, Palau, des Iles Salomon et de Tuvalu.

Trois poids lourds de l'industrie du thon se sont opposés à la certification MSC du thon listao de ces 8 pays du Pacifique : l'organisation des producteurs espagnols, l'OPAGAC, la Fondation internationale pour la durabilité des produits de la pêche, une ONG regroupant des industriels, des scientifiques, WWF, et Eurothon, le Comité Européen Interprofessionnel du Thon Tropical.

Les explications de Giff Johnson, rédacteur en chef du Marshall Islands Journal :

«Cette opposition, c'est en partie parce que les pays de l'Accord de Nauru (PNA) sont les derniers venus sur le marché et ils essaient de se faire une place au soleil parmi les gros producteurs asiatiques, américains et européens. Ces gros producteurs voient d'un mauvais œil l'arrivée de ce consortium de 8 petites îles qui vient leur dire: "on va changer de méthodes". Et elles le font déjà depuis quelques années. Donc les gros producteurs ont fait de l'obstruction, mettant en doute la capacité des pays de l'Accord de Nauru à conduire un tel programme de pêche durable. La juge de Londres estime que c'est bon, même si ces pays devront travailler dur pour conserver leur label.»

Le point central de ce nouveau programme de pêche des pays de l'Accord de Nauru, c'est la lutte contre les dispositif de concentration du poisson - les DCP.

Giff Johnson, au micro de Geraldine Coutts sur Radio Australie :

«Le thon pêché sans DCP et labellisé MSC se vend plus cher sur les marchés européen et américain. Il y a une motivation financière à abandonner les DCP. Aujourd'hui, selon des industriels du thon auxquels j'ai parlé, environ 60% des prises de thon listao se font à l'aide de DCP. C'est bien pour ça que les pays de l'Accord de Nauru veulent occuper le marché naissant du thon pêché sans DCP. Ils ont déjà interdit les DCP trois mois par an, en juillet, août et septembre pour laisser les thons se reproduire.»

D'après un article de Radio Australie

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Le 6 février 2013

Fidji. Que vaut un thon certifié s'il est invendable ?

Le thon albacore de Fidji va obtenir la certification MSC. Mais sera-t-il autorisé sur le marché de l’UE qui vient de classer ce pays dans sa liste de la pêche pirate ?

La Pêcherie à la palangre de thon albacore de Fidji a été certifiée par le Marine Stewardship Council (MSC). Il s’agit de la première pêcherie de Fidji à être certifiée. Ceci « représente une opportunité de développer de nouveaux marchés dans des régions où la demande de produits de la mer durables est déjà élevée », souligne le secrétaire de l’Association des armateurs thoniers de Fidji. 

L’évaluation a mesuré la santé des stocks thoniers, la stratégie de gestion à long terme dans le Pacifique Sud pour cette pêcherie, ainsi que les impacts potentiels sur les écosystèmes de la pêcherie fidjienne, pour garantir que cette ressource reste durablement exploitée. L’évaluation a révélé que le stock d’albacore était en bonne santé, et que la flotte fidjienne suivait des principes de bonne gestion, avec un impact marginal sur les écosystèmes. Le processus d’évaluation a bénéficié de l’aide technique et financière du projet DEVFISH financé par l’UE, géré par l’Agence des pêches du Forum et le Secrétariat de la Communauté du Pacifique.

Toutefois, d’autres défis se posent aux producteurs fidjiens qui souhaitent exporter vers l’UE. À la mi-novembre, Fidji a été averti qu’il se verrait appliquer des sanctions commerciales par l’UE pour non coopération dans la lutte contre la pêche INN. Plus particulièrement, des manquements en matière de surveillance, contrôle et surveillance des activités de pêche ont été identifiés. D’après la CE, ceux-ci sont liés au manque d’instruments juridiques adéquats, en particulier de dispositions spécifiques dans le cadre juridique national portant sur des mesures visant à prévenir, décourager et éradiquer les activités de pêche INN.


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Le 28 février 2013

Comment l'industrie thonière détruit les équilibres locaux

Canning Paradise a reçu le prix spécial du jury au Festival international du film documentaire océanien (Fifo), qui s'est achevé à Tahiti le 17 février dernier. Une enquête sans concession sur le développement de l'industrie de la conserverie en Papouasie-Nouvelle-Guinée.

Source : Courrier international par Christine Chaumeau |

Site web du documentaire : Canning Paradise

C'est en regardant une vidéo You Tube dénonçant les conséquences néfastes de l'implantation à Madang de l'entreprise philippine RD Tuna que le réalisateur Olivier Pollet a découvert le problème de la Papousie-Nouvelle-Guinée. Un pays aux ressources naturelles incommensurables convoitées par des investisseurs et des industriels du monde entier. A Madang, le géant de la conserverie RD Tuna offre certes des emplois, mais ne respecte pas les minimums sociaux. Surtout, depuis l'implantation de la compagnie, les bateaux dégazent dans les eaux du lagon et les prises des pêcheurs se sont raréfiées.

Le film se concentre sur le projet d'ouverture de la Pacific Maritime Indistrial Zone, une zone industrielle en cours de construction malgré l'opposition des habitants de la région, qui devrait regrouper jusqu'à dix conserveries de thon. On voyage entre les communautés qui vivent de la pêche à Madang, les manifestations qui s'opposent à la construction des usines et le parlement européen. Car les décisions prises à Bruxelles ont un impact direct sur la vie des habitants de Madang.

Attirés par les dispositions de l'Union européenne qui a augmenté le quota d'importation des produits en provenance de PNG, de nombreux investisseurs courtisent le gouvernement promettant emplois et retombées économiques.

Du parlement européen aux rives de Madang, ce film démonte les conséquences tangibles des politiques européennes et plus largement interroge sur le modèle de développement en vigueur proposé par les grands organismes internationaux.

"Les enjeux de développement restent trop souvent cantonnés aux discussions dans les universités, explique le réalisateur Olivier Pollet. Je tenais à faire un documentaire pour que ce sujet touche le plus grand nombre."

Le développement économique n'est pas forcément la panacée. C'est le message de Canning Paradise. Les parlementaires européens citent les chiffres des emplois qui seront supposément créés par l'implantation d'entreprises sans parler du contexte, précise le réalisateur qui a justement voulu éclairer le contexte et aller au delà des chiffres. "Il faut savoir ce que l'on définit par pauvreté, ajoute Olivier Pollet. En Papouasie-Nouvelle-Guinée, les gens n'ont certes pas accès aux infrastructures de base comme l'école ou l'hôpital, mais ils disposent de ressources naturelles très importantes. Si le type de développement aujourd'hui proposé semble séduisant sur le papier, c'est un peu la catastrophe en réalité. Il crée de la pauvreté en cassant un mode de vie."

Canning Paradise a impressionné  le jury du Festival du film documentaire océanien (FIFO) par la qualité de l'enquête menée par le réalisateur qui signe là son premier film. Il est d'ailleurs nominé pour the F4 award, un concours pour désigner le jeune réalisateur australien le plus prometteur de l'année.

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Le 18 mars 2013

La Sapmer se lance dans un Pacifique envahi par d'immenses réserves marines

L’armement réunionnais Sapmer crée une holding pour gagner le Pacifique. Treize senneurs de 80 mètres à construire pour le groupe concarnois Piriou.

Étrave inversée, silhouette plus trapue que celle des précédents senneurs construits par Piriou, large plate-forme pour hélicoptère sur la passerelle, 79,90 mètres de long pour répondre aux règles d’exploitation dans l’océan Pacifique… Le nouveau thonier surgélateur imaginé par le chantier concarnois symbolise les ambitions de la Sapmer.

« La Papouasie-Nouvelle-Guinée vient de nous accorder dix licences d’exploitation, indique Yannick Lauri, directeur général de l’armement. Le premier bateau doit y entrer en service dès 2015. » Dix unités identiques seront exploitées au nord de l’île de Madang, « où tout est à construire ». L’armement réunionnais mise sur un potentiel de plus de 10 000 tonnes de thon par navire. « Le poisson est à deux heures de route de notre futur site d’implantation où 2 000 emplois vont être créés, équipages compris », indique Yqannick Lauri. La Sapmer emploie aujourd’hui près de 600 personnes.

Se renforcer dans l'océan Indien

Avant de faire tourner ses sennes dans le Pacifique, Sapmer va continuer à se renforcer dans l’océan Indien. Deux nouveaux thoniers de 90 m, en construction chez Piriou au Vietnam, « vont rejoindre, en août et novembre, les cinq que nous possédons déjà. Suivront en 2014, trois autres unités de 80 m destinées, elles aussi, à travailler dans l’océan Indien. » Toutes ces commandes honorées, Sapmer disposera d’une vingtaine d’unités. Dans le même temps la société réunionnaise annonce la construction d’une nouvelle usine de 21.000 tonnes à l’île Maurice.

Diversification réussie

Depuis sa diversification dans le thon tropical, l’armement basé à La réunion connaît une progression spectaculaire. Son chiffre d’affaires 2012 s’élève à 93 millions d’euros. Il était de 33 millions en 2009. En jouant la valorisation de ces captures congelées à - 40° au sortir de l’eau, l’armement a développé une clientèle importante en Asie. La conjoncture économique autour du thon tropical lui a aussi été favorable. « Cette année, le thon brut destiné à la conserve a atteint des niveaux records », explique le directeur général. Pour satisfaire leur appétit les conserveurs paient le kilo autour de 2 €, le double du prix payé en 2010. Le marché du thon se négociant en euro, la Sapmer a également bénéficié d’un taux de change très favorable avec le dollar.

« Internationaliser notre groupe »

Malgré ces succès, la Sapmer a atteint ses limites d’investissement. Avec la livraison de deux senneurs en 2012, l’endettement a grimpé de 51 millions à 91 millions l’an dernier. Pour intéresser de nouveaux investisseurs et ne pas affoler ses banquiers, la société vient de créer une société de droit singapourien, la Sapmer holding PTE limited. Objectif : « Internationaliser notre groupe. » Méthode : « Créer des sociétés dédiées à la Réunion, à l’île Maurice et dans le Pacifique. »

À l’automne 2013, l’armement prévoit aussi d’exploiter un quota d’environ 1 000 tonnes de poisson des glaces qu’il va chaluter dans les mers australes où il exploite déjà la langouste et la légine. Des filons en or.

Jean-Pierre BUISSON.

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Pacifique: Palau, sanctuaire de requins, veut bannir la pêche commerciale

L'archipel de Palau (ou Palaos), dans le Pacifique, veut bannir toute pêche commerciale dans ses eaux et créer une réserve marine vaste comme la France, a annoncé son président, le 15 mars 2013. 

Faisant partie des îles Carolines, ce micro-État de près de 300 îles ne compte que 21.000 habitants, mais sa zone économique exclusive recouvre 603.978 km2, une superficie supérieure à la France métropolitaine. Il tire près de 4 millions d’euros de revenus annuels des autorisations de pêche accordées aux bateaux étrangers, dont l’essentiel par le Japon et Taïwan.

Déjà proclamé sanctuaire pour les requins, Palau deviendrait, selon le président, Tommy Remengesau, « un espace si bien protégé » qu'il fera de Palau « le plus grand sanctuaire marin au monde » d’un seul tenant - un titre déjà revendiqué par les îles Cook et le Kiribati.

Les bateaux étrangers pêchant autour des 300 îles de l'archipel ne rapportent quasiment rien à ses 21.000 habitants au regard du coût écologique supporté et des revenus du tourisme qu'une interdiction pourrait générer.

« Palau ne sera plus simplement un sanctuaire pour les requins mais un sanctuaire marin protégeant toute la vie marine à l'intérieur de sa zone économique exclusive (ZEE) », a-t-il dit.

Selon le ministre des Ressources naturelles, Umiich Sengebau, le pays tire chaque année quelque 5 millions de dollars de revenus de l'activité des bateaux de pêche étrangers, dont 4 millions proviennent de la pêche au thon pratiquée essentiellement par les Japonais et les Taïwanais.

« Une zone d'exclusion de la pêche commerciale dans la ZEE signifierait que seules seraient autorisées la pêche de subsistance pour les habitants de Palau et la pêche sportive touristique qui prévoit le rejet des poissons vivants » à la mer, a souligné le président Remengesau.

Le manque à gagner serait couvert par une hausse du nombre de touristes étrangers attirés par la biodioversité marine de l'archipel. Palau ne dispose cependant actuellement que d'un seul bateau --vieillissant-- de surveillance maritime. D'après Le Marin  et Sciences et avenir

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Le 6 septembre 2013

Pêche illégale. Le travail des observateurs océaniens salué par la NOAA....

L'Agence étatsunienne des Océans salue le travail des observateurs des pêches... C'est aussi la reconnaissance de la formation des contrôleurs des pêches organisée par deux organisations du Pacifique, CPS (Secrétariat Général de la Communauté du Pacifique basé à Nouméa en Nouvelle-Calédonie) et FFA (Agence des Pêches du Forum des Iles du Pacifique basée dans les îles Salomon). La CPS travaille donc en étroite collaboration avec ces instances politiques régionales, leur fournissant des avis scientifiques de haute qualité, avec l’appui de nombreux partenaires financiers tels que l’Union Européenne, les gouvernements d’Australie, de Papouasie Nouvelle-Guinée, de France, du Japon et de Nouvelle-Zélande, la Banque mondiale et des fonds de bienfaisance comme les Fondations Heinz ou Pew.

Des observateurs appelés à la barre des deux procès pour pêche thonière illicite

Les témoignages de six observateurs des pêches de la région océanienne ont permis de faire aboutir les poursuites engagées contre les armateurs, les exploitants et les capitaines de pêche de six thoniers senneurs. Ces derniers ont été condamnés à payer de lourdes amendes pour un montant total de plus de 1,5 million de dollars des États-Unis.

Les six bateaux incriminés ont été accusés de pêche illicite autour de dispositifs de concentration du poisson (DCP) en 2009, en pleine période d’interdiction de la pêche sur DCP. Cette mesure a été introduite dans l’ensemble de la région dans l’optique de réduire les captures de thons obèses de petite taille. D’autres faits étaient reprochés à plusieurs senneurs : installation de nouveaux DCP pendant le moratoire et pose de sennes sur des cétacés.

Les observateurs ont témoigné à deux procès de longue haleine engagés par les autorités américaines, compétentes pour faire appliquer les réglementations halieutiques à leur flottille opérant dans les eaux océaniennes aux termes de la loi régissant la mise en œuvre de la Convention relative à la conservation et à la gestion des stocks de poissons grands migrateurs du Pacifique occidental et central et de la loi sur la protection des mammifères marins.

Une responsable de la section police des pêches maritimes de la NOAA (Agence de l’océan et de l’atmosphère des États-Unis d’Amérique) a rendu hommage aux six observateurs océaniens.

« Les deux affaires ont pu être instruites grâce au travail fantastique des observateurs. En rendant sa décision, le juge a signifié toute la confiance qu’il a placée dans le témoignage des observateurs, jugé crédible et convaincant », affirme Alexa Cole, directrice adjointe de la section.

Originaires des Îles Salomon, des Îles Marshall et des États fédérés de Micronésie, les observateurs  ont été appelés à la barre au tribunal d’Honolulu début 2012. Les six hommes avaient été dépêchés par l’Agence des pêches du Forum sur les senneurs mis en cause, après avoir été formés par le personnel du Secrétariat général de la Communauté du Pacifique (CPS).

Un formateur de la CPS a renseigné le tribunal sur le contenu de la formation dispensée aux observateurs et sur les normes régionales d’observation des pêches qu’ils sont tenus de respecter. Également cité à la barre, un économiste de la FFA a précisé la valeur des prises thonières, élément capital dans le prononcé de la peine.

Les observateurs sont formés pour recueillir des informations scientifiques sur les opérations de pêche et les prises, mais aussi pour signaler toute activité de pêche illicite.

Depuis de nombreuses années, la CPS et la FFA accompagnent la mise en place de programmes nationaux d’observation dans leurs pays insulaires océaniens membres. Quelque 700 observateurs sont aujourd’hui en activité en mer. Les senneurs opérant dans la région sont tenus d’embarquer un observateur pour toutes leurs campagnes de pêche. La formation des observateurs est actuellement subventionnée par plusieurs partenaires du développement (Union européenne, Nouvelle-Zélande, Australie et Japon), mais c’est le secteur de la pêche qui finance indirectement les autres coûts associés au programme d’observation. Source : Des observateurs appelés à la barre des deux procès pour pêche thonière illicite

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Journée mondiale du thon : mais que fait la CPS ?

Ce 2 mai 2013 est l’occasion de rappeler que le Secrétariat Général de la Communauté du Pacifique (CPS) contribue depuis 1977 à la gestion des stocks de thons, ressource naturelle primordiale pour les pays et territoires du Pacifique. Elle assure l’appui scientifique à ses pays membres afin qu’ils soient en mesure de prendre les orientations et décisions adaptées pour pérenniser thons obèses, thons jaunes, thons germons ou autres bonites dans nos assiettes.

Pourquoi gérer la ressource en thons ?

Car face à une population mondiale en augmentation exponentielle et à des techniques de pêche gagnant en efficacité, les stocks de thon subissent une pression croissante. Sachant qu’ils sont aussi la source principale de revenus pour une majorité des pays et territoires du Pacifique, il est important pour ces pays de tirer des bénéfices optimums de cette ressource, en augmentant la valeur des captures ainsi que la part du volume total des captures revenant aux flottilles nationales. Et cette stratégie est dépendante d’une ressource en bonne santé, dont la gestion se base sur des informations scientifiques justes.

Un processus de travail élaboré

Les pays et territoires du Pacifique fournissent à la CPS un énorme volume de données récoltées dans le Pacifique central et occidental : des centaines de milliers de tableaux de données communiquées par les navires de pêche, les observateurs et les agents d’échantillonnage au port, sont ainsi saisis et vérifiés chaque année.

Sur cette base, les chercheurs de la CPS réalisent un important travail d’analyse permettant de conserver une idée juste et un regard indépendant sur les pêches océaniques de la région : ils sont ainsi en mesure de répondre aux centaines de demandes d’information des pays membres sur la biologie des thonidés (taux de croissance, reproduction, régime alimentaire), les prises annuelles et leur valeur, les stocks ou l’impact du changement climatique sur les différentes espèces.

Des partenaires et une reconnaissance internationale

Ces informations sont essentielles pour améliorer la gestion et le développement de la pêche thonière régionale. Les mesures de gestion qui garantiront la viabilité des stocks des différentes espèces de thons sont prises principalement au niveau de l’Agence des Pêches du Forum des Iles du Pacifique (FFA), des Parties à l’Accord de Nauru (PNA) et au niveau de la Commission des pêches du Pacifique occidental et central (WCPFC), qui regroupe les nations océaniennes et les nations de pêche, telles que le Japon, la Corée, l’Union européenne, la Chine et les États-Unis d’Amérique.

La CPS travaille donc en étroite collaboration avec ces instances politiques régionales, leur fournissant des avis scientifiques de haute qualité, avec l’appui de nombreux partenaires financiers tels que l’Union Européenne, les gouvernements d’Australie, de Papouasie Nouvelle-Guinée, de France, du Japon et de Nouvelle-Zélande, la Banque mondiale et des fonds de bienfaisance comme les Fondations Heinz ou Pew.

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Le 16 septembre 2013

Les négociations d’APE UE-Pacifique mises en suspens ?


D’après une déclaration de presse publiée par le Secrétariat ACP le 18 juillet 2013, « l’UE a suspendu ses efforts visant à conclure un accord commercial avec le bloc des 14 pays ACP du Pacifique ». L’annonce faisait suite à une réunion conjointe au cours de laquelle les deux camps ont été « incapables de résoudre de sérieuses divergences ». Les gouvernements des pays ACP du Pacifique (PACP) ont refusé que l’UE utilise le processus d’Accord de partenariat économique (APE) pour forcer des changements « dans la législation nationale des pays du Pacifique en matière de gestion des pêcheries », ainsi qu’obtenir des « engagements spécifiques sur l’accès aux ressources de pêche du Pacifique ». Les gouvernements PACP ont affirmé que ces questions seraient soumises à la Commission des pêches du Pacifique occidental et central, « l’organe compétent en la matière ».

Parmi les autres questions litigieuses pour lesquelles il subsiste de sérieuses divergences figurent l’approvisionnement global pour les produits de la pêche exportés vers l’UE, le commerce de services et l’accès au marché. Bien que les gouvernements PACP aient demandé une réunion supplémentaire en septembre 2013, la CE a semble-t-il « reporté les pourparlers pour prendre un “temps de réflexion” afin de consulter les parties prenantes ».

Les représentants ACP du Pacifique considèrent maintenant qu’« un accord d’ici la fin de l’année est peu probable à moins d’un changement majeur de la position de l’UE ». 

Sources : Agritrade / Cta

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Le 18 Juin 2014

Les Etats-Unis annoncent un sanctuaire marin dans le Pacifique


Les États-Unis veulent créer le plus grand sanctuaire marin du monde dans le Pacifique : L'aire marine protégée du Pacific Remote Islands Marine National Monument pourrait passer de 199 500 km2 à 2 millions de km2. (Carte Marine Conservation institute)

Les États-Unis ont l’intention de créer dans le Pacifique le plus vaste sanctuaire marin du monde. Le président américain, Barack Obama, en a fait l’annonce le mardi 17 juin 2014 à l’occasion de la conférence internationale « Our Ocean » sur la protection des océans. Il s’agit d’étendre une aire marine protégée existante, le Pacific Remote Islands Marine National Monument, située au sud et à l'ouest de Hawaï, qui couvre 199 500 kilomètres carrés. Sa superficie serait décuplée pour atteindre 2 millions de kilomètres carrés. La protection passerait de 50 à 200 milles autour des îles Howland, Baker et Jarvis ; des atolls de Johnston, de Wake et de Palmyra ; et, enfin, du récif corallien de Kingman. Les États-Unis entendent interdire dans ce périmètre la pêche commerciale et l’exploitation énergétique. (d'après le marin)

Cet espace, d'une superficie sans précédent, a été défini en coopération avec des Etats insulaires de la région, directement menacés par les dégâts causés aux océans.

Les Etats-Unis ont annoncé mardi 17 juin un projet de création du plus vaste sanctuaire marin de la planète dans le Pacifique et des mesures «historiques» pour réprimer la pêche illégale, lors d’une conférence internationale sur la protection des océans en péril. Le secrétaire d’Etat John Kerry a reçu lundi et mardi au département d’Etat les représentants de 80 pays, aux côtés d’experts et d’industriels, pour pousser la communauté internationale à se doter d’une stratégie pour sauver les océans menacés par le réchauffement climatique, la pollution et la surexploitation des réserves de pêche.

Au total, plus d’1,8 milliard de promesses de dons ont été récoltées, dont 1 milliard fourni par la seule Norvège pour lutter contre le changement climatique. «Assurons-nous que nous pourrons regarder nos enfants dans les yeux et leur dire : oui, nous avons agi et nous avons préparé un monde plus sûr et plus stable», a exhorté le président Barack Obama, dans un message vidéo adressé à la conférence.

D’après la communauté scientifique, la santé des océans, qui couvrent 72% de la planète, et de leur écosystème s’est dégradée de manière spectaculaire depuis 70 ans. De fait, a égrené Barack Obama, «la hausse des niveaux de dioxyde de carbone provoque une acidification des océans. La pollution met en péril la vie marine. La surpêche menace toutes les espèces et les populations qui en dépendent pour leur alimentation et moyens de subsistance.»

Selon la Maison Blanche, le chef de l’exécutif a demandé à son gouvernement de mettre sur pied un projet de préservation d’aires marines dans les eaux territoriales américaines, notamment autour des îles Howland, au centre du Pacifique.

Pêche commerciale interdite dans le Pacifique

D’une surface de plus de deux millions de km2, il s’agirait du plus vaste sanctuaire marin du monde. Les Etats-Unis entendent y interdire la pêche commerciale et l’exploitation énergétique. Au total, avec les engagements d’autres pays comme les Îles Cook ou les Kiribati, «plus de trois millions de km2» d’aires marines devraient être sanctuarisées dans le Pacifique, selon John Kerry. «Nous devons faire davantage ailleurs, mais c’est un début formidable», s’est-il félicité.

C’est la République des Kiribati qui avait fait lundi la première annonce concrète, le président de ces archipels d’Océanie, Anote Tong, interdisant dès janvier 2015 la pêche commerciale, malgré l’impact économique. Les Kiribati font partie, avec l’archipel polynésien des Tuvalu et les Maldives, des pays qui pourraient disparaître avec la montée du niveau des océans si rien n’est fait contre le réchauffement climatique, selon l’ONU.

Le président Obama a aussi annoncé qu’il avait réclamé à son administration «une stratégie nationale pour combattre la pêche pirate». Aujourd’hui, 20% des réserves de poissons sont pêchées illégalement, soit 26 millions de tonnes par an, accélérant la disparition de certaines espèces, selon la fondation écologiste The Pew Charitable Trusts. John Kerry a promis que tous les produits de la mer vendus aux Etats-Unis seraient «traçables», pour lutter contre la fraude et la pêche illégale et des associations écologistes ont salué «un pas en avant historique».

Leonardo DiCaprio, quant à lui, a déclaré : «Nous croyons que dans presque tous les cas, vous pouvez toujours avoir la conservation marine et la protection marine, et encore permettre des activités de pêche récréative durable qui auront lieu», ajoutant « il n'y a presque pas d'activité de pêche sportive dans la région parce que c’est un sacré périple, là-bas. Notre préoccupation est évidemment le précédent que cela pourrait créer ». (d'après : Leonardo DiCaprio milite avec Barack Obama)

«Si nous ne réglons pas ces problèmes, si nous épuisons les ressources de nos océans, non seulement nous sapons les trésors de l’humanité, mais nous nous privons aussi d’une source majeure d’alimentation et de croissance économique», a mis en garde le président Obama. Il a été soutenu par la star d’Hollywood Leonardo DiCaprio qui a promis, via sa fondation, sept millions de dollars sur deux ans pour la protection des océans. L’acteur est un défenseur de l’environnement et un plongeur émérite. «J’ai été le témoin direct de la destruction de l’environnement», a dit DiCaprio en racontant ses plongées il y a une vingtaine d’années près de la Grande barrière de corail, le long de la côte orientale de l’Australie. «Ce qui ressemblait autrefois à un paysage de rêve sous-marin sans limites est aujourd’hui truffé de coraux blanchis et de zones mortes», s’est alarmé le comédien. (d'après AFP)

Pour plus d'informations :

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Le 28 juin 2014

Depuis le Sénat, les océaniens lancent un appel à la France... Seront-ils entendus ?

Calédoniens, Wallisiens, Tahitiens et autres Polynésiens français... Sont-ils audibles maintenant que les autorités françaises semblent jeter leur dévolu sur les USA pour la région Pacifique. En effet, Pascal Lamy, en tant que Commissaire de la Commission Océan Mondial, "roule" maintenant pour les intérêts étatsuniens....

Représentation de la France au Forum des îles du Pacifique

Sénat - 14 ème législature

Question orale sans débat n° 0782S de M. Robert Laufoaulu (Iles Wallis et Futuna - UMP-R)
publiée dans le JO Sénat du 15/05/2014 - page 1100

M. Robert Laufoaulu attire l'attention de M. le ministre des affaires étrangères et du développement international sur la représentation de la France au prochain Forum des îles du Pacifique qui se tiendra à partir du 29 juillet 2014.

Il est d'autant plus important que la France marque fortement son intérêt pour le Forum que ce dernier, dont une des missions essentielles est la préservation de l'environnement, avec un volet relatif à la lutte contre le réchauffement climatique, offre un cadre idéal de discussions en vue de la préparation de la conférence sur le climat qui devrait se tenir à Paris à la fin de l'année 2015.

Il lui demande, en conséquence, de lui indiquer si la France sera représentée, dans les discussions du « post-Forum », par un membre du Gouvernement de la République.

Réponse du Secrétariat d'État, auprès du ministère des affaires étrangères et du développement international, chargé du commerce extérieur, de la promotion du tourisme et des Français de l'étranger
publiée dans le JO Sénat du 18/06/2014 - page 4886

M. Robert Laufoaulu. Madame la secrétaire d'État, ma question porte sur la représentation de la France au prochain forum du Pacifique qui se tiendra à partir du 29 juillet 2014 aux Îles Palau.

Le Forum, qui réunit seize États membres, ainsi que des membres associés, comme la Nouvelle-Calédonie ou la Polynésie française, et des membres observateurs, comme Wallis-et-Futuna, se tient chaque année et se termine par un dialogue post-forum avec une douzaine de pays partenaires, dont les États-Unis, le Japon, la Chine et, bien sûr, la France, puissance du Pacifique avec ses trois territoires ultramarins de la zone.

Notre pays avait depuis un certain temps compris l'importance stratégique de la zone Asie-Pacifique, importance qu'elle avait un peu perdue à la fin de la guerre froide, mais qu'elle retrouve pleinement dans le nouvel ordre géopolitique mondial. C'est ainsi qu'en 2011, Alain Juppé, alors ministre des affaires étrangères, conduisait la délégation française, à Auckland, lors du dialogue post-forum.

Toutefois, en 2012, à Avarua, aux Îles Cook, tandis que Hillary Clinton était présente, la France, malgré mes demandes renouvelées auprès du Gouvernement, a été représentée non pas au niveau ministériel mais seulement par notre ambassadeur. La situation s'est reproduite, en 2013, à Majuro, aux Îles Marshall.

Je suis tout sauf un homme partisan, madame la secrétaire d'État. Je n'hésite pas à voter les projets de loi du Gouvernement lorsqu'ils me paraissent aller dans le bon sens. Je me sens donc d'autant plus à l'aise pour dire les choses lorsqu'elles ne sont pas satisfaisantes.


Alors voilà : quelle que soit la qualité de nos diplomates, l'absence répétée de membres du gouvernement français au dialogue post-forum est vécue par les pays de la zone comme une marque de dédain. Quant à nous, Français du Pacifique, nous ressentons un profond malaise, pour ne pas dire plus.

Il est pourtant d'autant plus important que la France marque fortement son intérêt pour le forum que ce dernier, dont l'une des missions essentielles est la préservation de l'environnement, avec un volet sur la lutte contre le réchauffement climatique, offre un cadre idéal de discussions en vue de la préparation de la conférence sur le climat qui se tiendra à Paris à la fin de l'année 2015.

Si nous voulons vraiment que cette conférence sur les changements climatiques, dite « COP 21 », soit un succès, si en tant que pays hôte nous voulons aboutir à cette occasion à un nouvel accord international sur le climat applicable à tous les pays, dans l'objectif de maintenir le réchauffement mondial en deçà de deux degrés centigrades, nous devons, en amont, travailler aussi avec les États du Pacifique qui sont tellement concernés par la question.

En conséquence, je souhaiterais savoir si la France sera représentée, cette année, dans les discussions post-forum par un membre du Gouvernement de la République.

M. le président. La parole est à Mme la secrétaire d'État.

Mme Fleur Pellerin,secrétaire d'État auprès du ministre des affaires étrangères et du développement international, chargée du commerce extérieur, de la promotion du tourisme et des Français de l'étranger.Monsieur le sénateur, le quarante-cinquième sommet du forum des îles du Pacifique et le dialogue post-forum de Koror, qui se dérouleront du 29 juillet au 1er août 2014, ainsi que la troisième conférence internationale sur les petits États insulaires en développement, qui se tiendra aux Îles Samoa en septembre prochain, sont des échéances extrêmement importantes dans le contexte de la préparation de la conférence Paris Climat 2015.

Nous le savons, monsieur le sénateur, les îles du Pacifique sont parmi les territoires les plus exposés aux impacts du dérèglement climatique. La déclaration de Majuro pour un leadership sur le climat, signée l'an dernier à l'occasion de la quarante-quatrième édition du forum des îles du Pacifique, avait montré l'extrême préoccupation et la forte mobilisation des îles du Pacifique sur ce sujet.

Le réchauffement climatique, la montée du niveau de la mer, l'acidification des océans, les variations de précipitations, les cyclones et les tempêtes tropicales auront des effets importants dans beaucoup de régions du monde. Mais ces évolutions auront des conséquences sans commune mesure avec ce que pourraient connaître les écosystèmes et les économies des territoires insulaires, menacés pour certains de disparaître.

Avec Laurent Fabius, nous sommes parfaitement conscients de l'extrême vulnérabilité de ces territoires, qui méritent toute notre attention.

Pour répondre précisément à votre question, monsieur le sénateur, et vous rassurer par la même occasion, je tiens à vous informer que la France sera représentée au dialogue post-forum par son secrétaire permanent pour le Pacifique. Ce dernier conduira la délégation française qui sera présente lors du forum des îles du Pacifique.

M. le président. La parole est à M. Robert Laufoaulu.

M. Robert Laufoaulu. Madame la secrétaire d'État, je suis un peu déçu de votre réponse. Comme je l'indiquais dans ma question, voilà deux ans que la France n'est plus représentée au niveau ministériel lors des réunions du forum des îles du Pacifique. Les îles de la région y voient a minima une marque de dédain à leur égard. Je réitère donc ma demande : il me semble que le Gouvernement devrait être représenté au niveau ministériel lors de ce forum, réunion internationale de la région du Pacifique.


Pétition de Pascal Lamy à l'adresse du Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon

Contribuez à assurer un océan vivant, l'alimentation et la prospérité. 

Proposez de nouvelles normes pour la protection de la haute mer en Septembre 2014

Pascal Lamy (3e à droite) est Commissaire de la Commission Océan Mondial, organisation lancée en 2013 par la fondation étatsunienne PEW (Photo extraite du document : From decline to recovery - A rescue package for the global ocean")


Pascal Lamy, Commissioner, Global Ocean Commission
France

L'océan est en danger. Il est essentiel pour notre avenir. Faisons de sa protection une priorité de l'action des Nations Unies.

Il nous offre des aliments, de l’eau fraîche, de l’énergie, des médicaments, la moitié de l’oxygène que nous inspirons et même le cadre de nos vacances : un océan sain est essentiel à toute vie sur Terre.

Cependant, pendant trop longtemps, nous avons capturé trop de poissons, pollué aveuglément et dégradé de fragiles habitats des fonds marins. Nous poussons le système océanique jusqu’à son point de rupture, risquant ainsi notre propre santé et prospérité.


Les ressources marines et côtières atteignent une valeur de 3 000 milliards de dollars US par an – environ 5 % du PIB mondial – et, à travers le monde, 350 millions d’emplois sont liés à l’océan tandis que 97 % des pêcheurs vivent dans les pays en développement.

Mais sans la mise en œuvre de lois efficaces pour protéger un océan vivant, une minorité continuera à abuser de la liberté de la haute mer, à piller les richesses qui se trouvent sous sa surface, à prélever une part non équitable, et à en tirer profit au détriment du reste du monde, en particulier des plus pauvres.

La bonne nouvelle, c’est que nous avons l’extraordinaire possibilité de changer le cours des choses.

En septembre de cette année, l’Organisation des Nations unies (ONU) va entamer un débat sur l’avenir de la haute mer et sur la manière dont celle-ci devrait être gouvernée. Cela ne se reproduira pas de sitôt et c’est donc maintenant que nous devons tirer le meilleur parti de cette opportunité.

La haute mer – constituée des eaux internationales et recouvrant 45 % de la surface de la Terre – nous appartient à tous. Elle ressemble pourtant à un État en déliquescence au-delà de la juridiction de tout gouvernement. Personne n’en est globalement responsable, ce qui a pour conséquence alarmante un déclin important de la santé de tout l’océan.

Il est temps d’étendre l’État de droit jusqu’à cette moitié bleue de notre planète. Nous avons besoin d’un nouvel accord international (dans le cadre de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer) afin de garantir le bon état de l’océan, l’utilisation durable et équitable des ressources de la haute mer, et la préservation de celles-ci.

Cela aidera à nous assurer que nous disposons de suffisamment de nourriture pour tous, d’un accès équitable aux nouveaux médicaments issus des organismes d’eau profonde pour lutter contre le cancer et d’autres maladies graves, d’une résistance suffisante face aux effets les plus graves du changement climatique et d’une protection des habitats marins précieux contre les industries destructrices.

Le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, s’est engagé en faveur de la santé et de la protection de l’océan, mais il a besoin de notre soutien pour être en position de force en septembre lorsqu’il appellera les dirigeants de la planète à préparer ce nouvel accord.

Joignez-vous à la mission pour un océan sain et vivant, et demandez à Ban Ki-moon de lancer un appel en faveur de la protection de la haute mer et de la santé de l’océan.

Source : Change.org

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Le 16 Août 2014

Pacifique : souriez, vous êtes filmé

Les pêcheurs de thon sont sous surveillance. Plusieurs initiatives pour protéger les ressources des pays insulaires. Le Secrétariat général de la Communauté du Pacifique (CPS) teste en ce moment une innovation.

Protéger la pêche et nos mers



Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD)

Pour beaucoup de communautés dans le monde, l'océan est à la base de tout : culture, mode de vie et moyens de subsistance. Découvrez les efforts fournis par nos équipes en Asie Pacifique pour lutter contre la surpêche du thon avec le suivi des thoniers et l'intervention d'une flotte aérienne (Nouvell-Zélande,..)

La CPS teste la caméra de surveillance...

Le Secrétariat général de la Communauté du Pacifique (CPS) projette d'installer des caméras de surveillance sur les bateaux de pêche trop petits pour accueillir un observateur en chair et en os. Des caméras de surveillance ont été placées sur deux bateaux de pêche. Ils sont trop petits pour accueillir à leur bord un observateur de la CPS. Alors la CPS a trouvé la parade : la caméra de surveillance.

Source : Radio Australia par Caroline Lafargue

Généralement l'observateur embarqué peut être chargé aussi bien d'une mission scientifique que de veiller au respect des quotas et des techniques de pêche par l'équipage. La caméra de surveillance qui le remplace va faire à peu près le même travail. Malo Hosken, le coordonnateur du recueil des données électroniques à la CPS:

« Les caméras sont reliées à un logiciel de surveillance, qui localise le navire, enregistre son trajet et sa vitesse. Quand le bateau rentre au port, ce logiciel permet d'analyser toutes ces informations, pour savoir exactement ce qui a été pêché. On peut aussi voir si la pêche a eu lieu dans une zone autorisée ou interdite, et cela dépend du type de licence de pêche accordée au navire. »

Ce mouchard embarqué rend le braconnage en mer un peu plus compliqué. Car il est impossible de trafiquer la caméra de surveillance:

«  Si quelqu'un essaie de désactiver ces petites caméras, elles envoient un signal au fabricant, puis à l'agence de contrôle des pêches. Donc l'équipage n'a pas intérêt à trafiquer les caméras de surveillance. Il risque une amende. »

Ce système n'est pas encore généralisé. Il est testé depuis un mois et demi sur deux bateaux aux Îles Salomon.

« Les caméras embarquées sur les deux navires nous envoient des captures d'écran toutes les 10 minutes. Et tout fonctionne très bien. Les relations entre l'entreprise de pêche concernées et nous sont bonnes. Nous attendons le retour des bateaux dans un mois pour analyser les données enregistrées par les caméras. »

Malo Hosken, coordonnateur du recueil des données électroniques à la CPS, répondait à Richard Ewart sur Radio Australie. Un deuxième essai est prévu sur d'autres bateaux, et le projet pilote sera bouclé d'ici la mi-août.

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9 Octobre 2014

90 millions de dollars pour 8300 jours de pêche par les thoniers US !

Pacifique: le traité de pêche le plus cher du monde


Au moment où Obama proclamait au monde entier la création du plus grand sanctuaire marin au centre du Pacifique, son gouvernement négociait un "gros" accord de pêche avec les Etats insulaires de l'Océanie.... Par ailleurs, qu'en est-il vraiment de ce sanctuaire marin après avoir lu cette article d'IPS : Championing Ocean Conservation Or Paying Lip Service to the Seas? (Le gouvernement étatsunien aurait créé cette vaste réserve marine pour protéger sa flottille de pêche basée à Hawaï et Samoa ?)

90 millions de dollars pour 8300 jours de pêche. C'est ce que va payer la flotte des bateaux américains pour pouvoir pêcher le thon dans le Pacifique en 2015.

Source : Radio Australia par Caroline Lafargue

Un coût supporté par l'industrie de la pêche et le gouvernement américains.

L'accord a été conclu hier à Hawaï après des mois de négociations ardues, entre les 17 pays membres de l'Agence des Pêches du Forum des Îles du Pacifique et les États-Unis.

C'est un accord historique, le traité de pêche le plus cher du monde. 90 millions de dollars pour un an de pêche dans le Pacifique, cela représente une augmentation de 328% par rapport à 2009, et de 42% par rapport à l'année dernière.

James Movick, le directeur-général de l'Agence des Pêches du Forum : « Tous ces pays se partagent les 90 millions, mais évidemment les pays où va pêcher la flotte américaine reçoivent plus que les autres, il s'agit des pays de l'Accord de Nauru, plus Tokelau. Le reste de la somme est distribué équitablement et servira à financer des projets de développement dans les autres pays de l'Agence des Pêches. »

Les pays de l'Accord de Nauru sont Nauru bien sûr, les Îles Salomon, Tuvalu, Kiribati, les Îles Marshall, la Papouasie Nouvelle-Guinée, les États Fédérés de Micronésie et Palau.

Toute la difficulté pour eux est de se mettre d'accord sur un tarif collectif, qui ne désavantage personne, alors qu'un pays peut se retrouver avec plus de thons dans ses eaux pendant une certaine période, qu'un pays voisin, vu que le thon tropical est un grand migrateur. Plus de 60% du thon pêché dans le monde provient du Pacifique, et les droits de pêche représentent le principal revenu des pays de l'Accord de Nauru.

Le système des jours de pêche, est également, selon James Movick, une mesure de conservation du thon, car le quota est réduit régulièrement. Organiser la rareté permet aussi de maximiser les profits pour les pays du Pacifique : « En réduisant l'accès des flottes étrangères aux zones de pêche, on fait monter les prix, c'est ce qui s'est passé avec les Américains. Les autres flottes étrangères vont, elles aussi, payer plus. »

Les autres flottes étrangères viennent principalement de la Chine, du Japon, de la Corée du Sud, d'Espagne, et d'Amérique du Nord et du Sud.

https://secure.avaaz.org/fr/ocean_of_hope_loc/



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