vendredi 2 janvier 2009

Polynésie francaise : développement de la pêche au thon

Les thoniers se dotent de nouvelles technologies

Le ministre de la mer, de la pêche et de l'aquaculture a présenté ce mardi en conseil des ministres un projet d'aide pour équiper les thoniers polynésiens de nouvelles technologies en matière de sécurité en mer et de communication satellitaire.

Ce dispositif, cofinancé en grande partie par le pays, s'inscrit dans la volonté ferme du ministre de la mer d'optimiser la rentabilité de la pêche hauturière en Polynésie française. Il comprend quatre éléments primés :

  • 1 radio VHF aux normes internationales;
  • 1 balise radar anticollision;
  • 1 système Inmarsat C permettant la réception et l'émission de signaux de détresse, ainsi qu'un VMS pour suivre l'activité du bateau à intervalle régulier;
  • 1 téléphone irridium pour échanger des informations en mer.

Vingt thoniers ont déjà déposé des dossiers de demande d'aide pour bénéficier de ces nouvelles technologies. Le service de la pêche continuera d'instruire d'autres demandes, l'objectif étant d'équiper l'ensemble de la flottille du Pays dès le début de l'année 2009.

En faisant le nécessaire pour permettre l'installation de ce dispositif, le ministre de la mer a anticipé l'application d'une réglementation internationale qui n'est pas encore en vigueur en Polynésie française, mais qui est une nécessité pour se conformer avec les normes internationales en matière de sécurité en mer (normes SMDSM).

De plus, le projet comprend un dispositif qui donnera la possibilité de localiser à tout instant les navires de pêche par satellite. Un dispositif qui est obligatoire dans le cadre des engagements de la Polynésie française vis à vis des organisations régionales de pêche, comme la commission des pêches du Pacifique occidental et central (WCPFC) à laquelle le ministre de la mer a participé récemment.

Enfin, les thoniers seront munis d'un téléphone irridium permettant d'échanger des données par mail. Ces transmissions permettront aux navires de recevoir des versions actualisées des cartes d'aide à la pêche et de mieux orienter leur route en fonction des ces données.

Les avantages de l'installation de ces nouveaux matériels sont multiples :

  • nette augmentation de la sécurité à bord.
  • contrôle de l'activité des navires.
  • performance grâce à la réception des données sur les zones de pêche en direct.
  • obligation de s'équiper de ces matériels pour envisager de pêcher dans d'autres zones économiques exclusives ou dans les eaux internationales.

Conscient que le développement de la pêche en Polynésie française passe également par l'utilisation des nouvelles technologies, le ministre de la mer accorde une importance toute particulière à ce projet.

Source : Présidence de la Polynésie Française

Le 29 septembre 2009

Polynésie française - Teva Rohfritsch rencontre Jean-Louis Borloo (Tahitipresse)

Le ministre polynésien des Ressources de la mer, Teva Rohfritsch, a rencontré lundi, à Paris, Jean-Louis Borloo, ministre de l’Ecologie, avec lequel il a évoqué l'Institut de la mer, la labellisation du thon rouge, ou encore la protection des zones économiques exclusives au profit des Polynésiens. Des dossiers qui "avancent bien" et qui devraient justifier un déplacement du ministre d’Etat en Polynésie française en janvier 2010, indique la Délégation de la Polynésie française à Paris.

"J’ai été très heureux de remercier mon ami Teva qui a pris une part morale et technique très importante dans le lancement du Grenelle de la Mer à l’hôtel de la Marine, place de la Concorde au mois de juin dernier", a tenu à déclarer Jean-Louis Borloo aux médias, au sortir de son entretien d’une demi-heure avec le ministre polynésien.

Teva Rohfritsch était lui aussi visiblement satisfait de cette rencontre jugée "très fructueuse et intéressante". Les discussions ont porté sur l’Institut de la Mer "avec des formations professionalisantes sur tous les métiers de la Mer. Formations liées à la navigation maritime, la pêche, le commerce, avec des baccalauréats professionnels et je le souhaite des Brevet de Techniciens Supérieurs voire des licences de gestion d’armement, de fermes perlières et d’entreprises aquacoles", a précisé Teva Rohfritsch.

Il a souligné que ce projet se réaliserait en coopération avec le ministère de l’Ecologie, de l’Energie du développement durable et de la Mer. Ce projet ayant été retenu au niveau du Grenelle national, Teva Rohfritsch a, de surcroît, bon espoir que l’Etat le cofinance. La phase d’étude devrait être clôturée fin du premier trimestre 2010. Elle sera suivie par celle des

Labellisation du thon rouge

L’entretien a aussi porté sur la labellisation du thon rouge. L’Union Européenne a envisagé récemment une interdiction totale de son commerce. "Cette annonce a suscité beaucoup d’émotion en Polynésie française", a indiqué le ministre des Ressources de la mer.

"J’ai rappelé que nous gérions de manière éco-responsable la ressource. Jean-Louis Borloo en a convenu et veillera à ce que nous ne soyons pas concernés par une éventuelle interdiction. Il était de toute manière tout à fait conscient que les espèces des eaux polynésiennes n’étaient pas celles qui pourraient être sous le coup d’une interdiction en Méditerranée. Il m’a dit qu’il souhaitait que l’Etat puisse travailler avec le Pays pour la surveillance de la zone", a confié Teva Rohfritsch.

Jean-Louis Borloo en Polynésie début janvier

Les deux hommes ont, par ailleurs, fait un bilan du Grenelle de la mer. "De nombreux projets voient le jour et la venue du ministre d’Etat marquera leur lancement", s’est réjoui Teva Rohfritsch. Les aires maritimes, comme celles des Marquises par exemple, en font notamment partie et "nous avons pour ambition d’y protéger la biodiversité présente. Les maires y sont sensibles",a-t-il martelé.

Pour sa part Jean-Louis Borloo a indiqué qu’il comptait se rendre en Polynésie française début janvier : "Je devais y aller il y a trois semaines. Cela n’a pu se faire mais ce n’est que partie remise et finalement, ce sera encore mieux car cette visite interviendra au début de l’année mondiale pour la biodiversité. Je trouve qu’être, symboliquement, à ce moment là en Polynésie, c’est formidable. On essaiera d’organiser cela aux alentours de la deuxième semaine de janvier", a-t-il conclu.

Teva Rohfritsch doit poursuivre ses rencontres au ministère de l’Agriculture pour y rencontrer des experts de la filière perle qui devraient venir effectuer un audit en Polynésie française. Il doit aussi s’entretenir avec les responsables de la Coopération maritime qui, au mois d’août, à l’initiative du ministère des Ressources de la mer, étaient venus faire un audit de l’organisation de la pêche polynésienne.

Teva Rohfritsch a prévu de quitter Paris pour Papeete le jeudi 1er octobre.

Le 30 octobre 2009

Tahiti - Ressources de la mer: le moratoire bancaire adopté à l'unanimité (Tahitipresse)
Le projet de loi sur le moratoire bancaire d'un an, accordé aux professionnels de la perliculture, de l'aquaculture et de la pêche a été adopté à l'unanimité, vendredi matin à l'Assemblée. Présenté par le ministre des Ressources de la mer, ce texte a pour objectif de donner de "l'oxygène" à ces professionnels pendant la restructuration de ces filières.

Adopté par 46 voix, le projet de loi concernant la mise en place d'un moratoire bancaire d'un an a pour objectif de geler l'ensemble des dettes professionnelles des secteurs de la perliculture, de la pêche et de l'aquaculture. Cette procédure est basée sur le volontariat. Au total, ce sont 250 millions Fcfp (env. 2 millions d'euros) que le Pays attribue à cette mesure. Ainsi donc, le Pays et les banques prendront en charge deux tiers des intérêts différés, et le bénéficiaire n'aura plus qu'un tiers à payer. Il aura un an pour payer ces intérêts différés. "C'est une aide très forte en urgence pour soutenir le secteur", a souligné Teva Rohfritsch.

À l'occasion de cette séance, les élus ont interrogé le ministre à propos de certains de ses projets. Ainsi est-il revenu sur la Maison de la Perle qui ouvrira ses portes le 16 novembre prochain et qui permettra notamment de faire un point sur les chiffres réels concernant les perles. " Nous faisons fasse à un grave déficit d'information sur le nombre de perles produites, sur les stocks existants", a-t-il rajouté. Autre sujet abordé, une base avancée aux Marquises pour les bateaux de pêche. Mais ce projet n'en est qu'au point des discussions.

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Le 29 décembre 2010 : Un vendéen en Polynésie

Christophe Moreau, pêcheur de thon du Pacifique (Ouest France)

Les marées au thon durent en général une quinzaine de jours.

Fetutea II, le catamaran de 25 mètres commandé par Christophe Moreau a été construit en Vendée. Marin-pêcheur local (Saint-Gilles-Croix-de-Vie), ce professionnel est parti naviguer au milieu du Pacifique. Fidèle au thon germon, il a vécu la mutation de la ligne traînante à la technique de la longline. Christophe Moreau fait partie de ces marins-pêcheurs partis naviguer sous d'autres latitudes. Certains professionnels locaux sont partis à La Réunion, lui a choisi la Polynésie française. Bien connu sur le port de pêche de Croix-de-Vie, le fils de Jean-Claude Moreau a été bercé dans le milieu de la pêche dès sa plus tendre enfance. Embarqué à bord de l'Océan des tempêtes, un thonier en bois construit en 1967 aux chantiers Bénéteau, il a vécu la fin de la pêche au thon à la ligne traînante.

Depuis, Christophe Moreau est toujours resté fidèle à l'espèce du thon blanc. Il le traque aujourd'hui à la longline (une grande ligne-mère pouvant mesurer plusieurs kilomètres), dans les eaux du Pacifique. Ses marées durent une quinzaine de jours à bord d'un catamaran de 25 mètres en aluminium sorti du chantier sablais Ocea. Parmi ses captures, il travaille également le thon rouge.

Marché local - « Les Tahitiens sont de gros mangeurs de poissons. Presque toute la production des 40 à 50 thoniers polynésiens est consommée sur le marché local. Le thon blanc est la principale espèce pêchée. Les Tahitiens le mangent crû arrosé de jus de citron et de lait de noix de coco. Un réel délice ! Durant les fêtes, forcément, la consommation augmente. Certains bateaux comme nous rentrent avant Noël et passent toutes les fêtes à terre. D'autres font le choix de passer Noël ou le Nouvel an, en mer. Mais très peu restent au large durant toutes les fêtes. Les prix du poisson augmentent surtout au mois de janvier, après le Nouvel an, car beaucoup de bateaux sont à quai. »

La pêche polynésienne est très tributaire de son marché. Les opportunités d'exportation sont compliquées par les frais d'expédition sur d'autres destinations. Une petite part de la production prend toutefois ce chemin. Après avoir un temps conditionné le poisson congelé, Christophe Moreau est revenu au marché du frais, plus intéressant, mais assez exigeant. À bord le poisson est dénervé avant d'être conservé en cale. La qualité du poisson varie beaucoup d'un point à un autre du Pacifique. Au nord de Tahiti, les captures de thon se sont déjà différenciées par une chaire plus grise. À terre, le poisson est d'ordinaire commercialisé auprès des mareyeurs locaux.

« Pour les fêtes, en Polynésie, on trouve de tout au supermarché, même de la dinde et les fruits de mer qu'on consomme en France. Si on veut manger des huîtres, en général, elles viennent de Nouvelle-Zélande ! »

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Le 19 janvier 2011

Papeete : Le thon blanc vendu jusqu’à 790 Fcfp/kg (La Dépêche de Tahiti)

Prises à la baisse, prix à la hausse

Les prises sont peu nombreuses en ce début d’année, environ 30 poissons par lâcher, ce qui s’en ressent sur les prix. Le prix du thon blanc monte en flèche, allant jusqu’à 790 Fcfp le kilo, tandis que le thon rouge redevient abordable. La situation n’est pas encore alarmante pour les pêcheurs, lesquels connaissent toujours un creux à cette période. Mais ils craignent néanmoins une situation analogue à celle des années 2002 à 2005.

Six thoniers ont débarqué leur pêche, hier matin : Ava Iti III, Mata’u, Fetu, Mokai, Kathé et Moorea Rava’ai III. “Le mordage est en baisse”, tel est le constat général des capitaines de pêches et des armateurs.

Si Petelo Keletolona, sur Mata’u, et Pierre Bonnet, sur Fetu, arrivent encore à 30 poissons par lâcher, les autres parlent de 12 à 20, et même hier, un navire de l’armement d’Arnaud Le Morvan a signalé “seulement deux poissons pour toute la journée, alors qu’il y a peu, nous étions à la centaine !”

Du coup, le prix des criées satisfait les armateurs. Les quantités pêchées sont en forte baisse, et le prix du thon blanc monte en flèche : la criée a enregistré jusqu’à 790 Fcfp le kg le 13 janvier dernier. Le prix moyen suit, 743 Fcfp le kilo lundi, contre 717 Fcfp jeudi dernier.

“On a du mal à trouver le poisson”

Il est vrai que le nombre de thons blancs présentés en criée avait chuté de moitié, tandis que les pièces étaient plus grosses.

Pour le thon rouge, “le prix est à peine au-dessus de celui du thon blanc, au lieu de 1 000 Fcfp le kilo. Les prix sont faibles, eu égard à sa mauvaise qualité”, indique Torea Thuret, président directeur général de S3P qui gère la criée.

Les thons rouges présentés à la criée apparaissent bien petits, entre 20 et 23 kg en moyenne, ce qui est de saison. “Le poisson est dispersé”, explique Henry Butscher, armateur du Mata’u et du Moorea Rava’ai III. “On a du mal à trouver le poisson, il s’est éparpillé, on est à la ramasse”, explique Arnaud Le Morvan. Où qu’ils pêchent, au Nord-Est (Tuamotu), à l’Ouest, au Sud-Est (Hereheretue), au Sud Ouest, le constat est partout le même, à l’exception du Mata’u qui est revenu avec 420 poissons (dont 317 thons blancs) en 13 lâchers et le Jour de l’An en mer.

“C’est un peu bas quand même”

“La pêche est un peu dure en ce moment, mais à l’endroit où l’on était, il y avait du poisson.

Ce n’est pas ce que nous espérions, nous qui étions habitués à 60 par lâcher, mais dans le Nord, il n’y a pas grand-chose”, indique Pelo Keletolona.

Pierre Bonnet, sur le Fetu, parti vers le Nord-Est, a fait 10 lâchers pour ramener 280 pièces : 100 thons blancs, 110 thons rouges et les divers. “À la fin de l’année dernière, cela mordait un peu mieux. C’est un peu bas quand même.”....

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