vendredi 5 décembre 2008

Pacifique : le changement climatique menace la sécurité alimentaire

2 décembre 2008, Rome - Le réchauffement des océans, les cyclones tropicaux fréquents, les inondations subites et les sécheresses risquent d’avoir des effets dévastateurs sur les systèmes de production vivrière dans les îles du Pacifique, met en garde la FAO aujourd’hui.

Les catastrophes liées au changement climatique mettent déjà à rude épreuve le développement dans ces pays qui semblent se trouver en "mode permanent de relèvement", selon un nouveau rapport intitulé Changement climatique et sécurité alimentaire dans les pays insulaires du Pacifique, publié conjointement par la FAO, le Secrétariat du Programme régional océanien de l’environnement et l’Université du Pacifique Sud.

"Le rapport annonce de sombres projections climatiques pour les pays insulaires du Pacifique qui indiquent un recul de la sécurité alimentaire, en particulier pour les ménages", a indiqué M. Alexander Müller, Sous-directeur général de la FAO, Département des ressources naturelles et de l’environnement.

"Il est fondamental de renforcer la résilience des systèmes alimentaires pour conjurer d’énormes pertes économiques dans l’agriculture, les pêches et les forêts. Les pays devront évaluer la vulnérabilité de leurs systèmes alimentaires et la manière dont ils peuvent adapter l’agriculture, la foresterie et les pêches aux catastrophes climatiques futures. Il faut agir sans délai", a-t-il ajouté.

Menaces liées au changement climatique

La production agricole dans les pays insulaires du Pacifique est fortement tributaire des pluies d’été. Les prédictions de changement climatique pour la région suggèrent des variations prolongées des précipitations normales avec des effets dévastateurs sur l’agriculture, notamment un stress hydrique, une recrudescence de ravageurs et d’adventices, l’érosion et la perte de la fertilité des sols.

L’aggravation des inondations côtières, de la salinisation et de l’érosion sous l’effet du relèvement du niveau des mers et des activités humaines pourrait contaminer et réduire les superficies agricoles productives et, de ce fait, menacer la sécurité alimentaire des ménages et des communautés, souligne le rapport.

La hausse projetée du niveau des océans et les changements escomptés de leur température de surface risquent fort d’aboutir à une baisse de la productivité des pêches et de la sécurité alimentaire.

La plupart des écosystèmes dont dépendent les pêches côtières en subiront les contrecoups. Les pays insulaires du Pacifique consomment beaucoup de poisson - 70 kg en moyenne par personne et par an - et dans certains pays, les exportations de poisson représentent 70 pour cent des exportations totales.

S’adapter au changement

Les pays insulaires du Pacifique ont déjà adhéré à un certain nombre d’accords internationaux et régionaux (UNFCCC, Protocole de Kyoto et Plan pour le Pacifique) visant à affronter les impacts du changement climatique dans le cadre de leurs stratégies de développement durable. Mais dans l’ensemble, indique le rapport, la réponse de ces pays au changement climatique est au coup par coup, fondée sur les projets et fortement tributaire des ressources externes. "L’intégration de l’adaptation au changement climatique dans les politiques, stratégies, programmes et budgets nationaux relatifs à l’agriculture, aux forêts et aux pêches, devrait devenir une priorité absolue", a insisté M. Müller.

Le rapport invite à adopter une approche plus systématique face au changement climatique, avec des plans de développement nationaux prévoyant des mesures d’adaptation qui font intervenir les gouvernements, le secteur privé et la société civile.

Les pays insulaires du Pacifique sont appelés à réviser sérieusement leurs politiques agricoles, forestières et halieutiques, ainsi que leur politique de développement de l’eau potable, à la lumière des nouvelles informations dont on dispose sur le changement climatique. Les agriculteurs devraient recevoir les meilleures informations et directives disponibles sur le choix des variétés culturales, des options de gestion des sols et des eaux compte tenu des nouvelles conditions environnementales afin de conjurer le risque de pertes de récolte."

Les nations qui ont privilégié les systèmes de production en monoculture pour approvisionner les marchés étrangers vont devoir évaluer leur potentiel de sécurité alimentaire. Il est désormais reconnu que dans des scénarios de changement climatique, les systèmes de culture diversifiés obtiendront de meilleurs résultats", affirme le rapport.
Source : FAO

Pour aller plus loin....
Photographie : Nouvelle-Calédonie - Île des Pins (Philippe Favrelière)

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Vulnerability of Tropical Pacific Fisheries and Aquaculture to Climate Change

Un ouvrage publié à l’occasion de la 7ième Conférence du SCP qui s’est tenue les 7 et 8 nov. 2011, à Nouméa en Nouvelle-Calédonie

Ce document de près de 1000 pages, publié par le Secrétariat de la Communauté du Pacifique comprend les contributions de 88 scientifiques internationaux et des spécialistes des pêches.

L'ouvrage présente d'abord les communautés des régions étudiées, les pêcheries, l'aquaculture. Il poursuit en s'intéressant aux changements observés et projetés pour en venir ensuite aux vulnérabilités des différents habitats et des écosystèmes, puis des pêcheries océaniques, côtières, et d'eau douce.

Il finit en traitant de l'impact du CC sur les économies et communautés et en proposant quelques pistes d'adaptation, en termes de gestion, de politiques et d'investissements.

L’ouvrage prédit par exemple que l'acidification de l'océan et la disparition d'habitats importants, tels que les récifs coralliens, les herbiers, les mangroves et les intertidaux, diminuera dramatiquement poissons et crustacés dont se nourrissent et vivent de nombreuses communautés côtières. Celles-ci deviendraient plus tributaires des ressources en thon.

A contrario, la pêche en eau douce pourrait bien tirer son épingle du jeu, tout particulièrement grâce à des améliorations attendues dans l’aquaculture d'eau douce. Mais, malgré ces progrès, elle pourrait ne pas pouvoir faire face à l’accroissement rapide de la population.

Dans son dernier chapitre, l’ouvrage décrit quelques stratégies d’adaptation possibles, incluant l’installation de dispositifs de concentration de poissons qui rapprocheraient les thons du rivage, et l’encouragement de l’aquaculture d’eau douce.

Publié par le Secrétariat de la Communauté du Pacifique, Nouméa, Nouvelle Calédonie (Email: spc@spc.int)

Une version consultable en ligne est disponible à l'adresse http://www.spc.int/climate-change/fisheries/assessment/

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L'AFD finance l'adaptation au changement climatique dans les pays du Sud...

Quel engagement pour une agence de coopération en matière d’adaptation au changement climatique

AFD – Agence française de développement

L’AFD renforce ses financements de lutte contre le changement climatique

Le Conseil d’Administration de l’Agence Française de Développement confirme son positionnement ambitieux en matière de financement pour le climat en approuvant son plan d’action 2012-2016.

Parce que la lutte contre le changement climatique et le développement économique et social sont intrinsèquement liés, tous les pays sont aujourd’hui concernés par cet enjeu planétaire. Les négociations mondiales en cours devraient conduire à définir un cadre d’action à long terme et établir des moyens plus structurants. De nombreux acteurs comme l’AFD sont d’ores et déjà mobilisés.

Financer l’adaptation dans le secteur de l’agriculture et de la pêche

L’agriculture et la pêche sont des secteurs très dépendants des conditions climatiques puisque les températures et les précipitations sont des facteurs déterminants pour la croissance des cultures, le développement des parasites et donc le volume des récoltes, tandis que la température est le facteur critique de la reproduction et de l’alimentation des espèces halieutiques. Cela a des conséquences immédiates sur le revenu des agriculteurs, des répercussions sur la variabilité des prix des marchés locaux, souvent déconnectés des marchés internationaux. Les variations de ces conditions liées au changement climatique induiront donc des modifications des conditions de production agricole et halieutique rendant nécessaires des actions d’adaptation.

Contexte général

Les impacts du changement climatique sur le secteur agricole sont nombreux et se déclinent sous plusieurs formes : disponibilité de la ressource en eau, fertilité des sols, productivité de l’élevage, maladies et ravageurs…

Concernant le secteur de la pêche, le réchauffement des mers et des océans a de fortes probabilités d’induire à court et moyen-terme une localisation spatio-temporelle différente des espèces marines, ainsi que de leurs migrations, cette nouvelle répartition des espèces (en particulier pour celles qui ont une forte valeur commerciale) fragilisant les économies de certains pays. Par ailleurs, l’assèchement des lacs et cours d’eaux internes conduira à une raréfaction des ressources, et donc des captures, entrainant donc une augmentation du risque d’insécurité alimentaire et nutritionnelle. L’apport en protéines animales d’origine halieutique, qui reste majeur dans bon nombre de pays d’Afrique subsaharienne, pourrait également être modifié dans la diète alimentaire

Dans les pays en développement, presque 70 % de la population vit en zone rurale et dépend directement ou indirectement de l’agriculture et de la pêche pour ses revenus et son alimentation. La baisse des rendements agricoles aura donc de sérieuses conséquences qu’il est important d’anticiper. Il s’agit dès lors d’intégrer les impacts du changement climatique dans les politiques agricoles afin d’être mieux à même de faire face à ces nouveaux enjeux.

D’un montant de 2,8 milliards d’euros en 2010, les projets de développement contribuant à la lutte contre le réchauffement climatique ont pris une part croissante dans l’activité de l’AFD ces dernières années. Ils représentent aujourd’hui 40% des octrois annuels du groupe. Avec 10% des financements publics internationaux, l’Agence est devenue l’un des acteurs majeurs du financement « climat » dans les pays en développement.

Pour la période 2012-2016, l’AFD entend poursuivre ce rôle d’acteur pivot de la mise en œuvre des engagements français sur le climat vis-à-vis des pays en développement. Elle entend aussi jouer un rôle majeur dans la mobilisation des financements internationaux en faveur de la lutte contre le changement climatique… Suite Cdurable

Pour télécharger le document "Quel engagement pour une agence de coopération en matière d’adaptation au changement climatique" de cliquer AFD

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