vendredi 30 avril 2010

Pêche et aquaculture : Les liaisons dangereuses de WWF

Le géant de l’agro-alimentaire Unilever pour la pêche durable, les multinationales du saumon et de la crevette pour l’aquaculture durable, l’industrie halio-alimentaire européenne pour la réforme de la pêche et même le Prince de Monaco pour le thon rouge. Un échantillon des liaisons qu’entretient l’organisation de défense de l’environnement WWF dans le cadre de ses activités de protection des écosystèmes halieutiques….

WWF a choisi la plus grande vitrine mondiale de l’industrie du poisson, European Seafood de Bruxelles, pour annoncer son alliance avec les industriels et les négociants de la filière pêche (1). Réforme de la pêche : WWF et les industriels s'allient pour faire campagne. Comme toujours, il s’agit d’un regroupement dans l’intérêt des ressources en poisson ! Notamment des ressources de nos côtes françaises puisque cette industrie halio-alimentaire s’approvisionne essentiellement sur le marché international pour une question de prix !

Rendez visite au stand de Boulogne à l'European Seafood de Bruxelles et vous comprendrez : Envie d'exotisme ? Allez jeter un coup d'oeil dans les congélateurs des négociants. Voici le pageot (Méditerranée), le petit rouget du Vietnam, le mahi-mahi (Pacifique), les coquilles Saint-Jacques du Japon au corail volumineux ou le king-crab aux pattes géantes (Alaska). La Voix du Nord : À Bruxelles, les Boulonnais mettent sur la table leurs dernières nouveautés.

WWF prétend défendre la pêche artisanale en France….

D’un côté, WWF défend la pêche artisanale et les communautés de pêcheurs en s’associant avec Slow Food Provence et le Collectif Pêche et Développement dans la campagne : Avec la réforme de la Politique Commune des pêches, c’est notre choix de société qui est en jeu.

De l’autre, l'accord du WWF avec les industriels de l’halio-alimentaire qui s’approvisionnent au prix le plus bas sur le marché mondial et qui poussent à une libéralisation du commerce international du poisson, va à l’encontre de l’intérêt des pêcheries artisanales européennes.

Lisez Le Marin du 23 avril 2010 : Alain Coudray, président du comité local des pêches de la baie de Saint-Brieuc ne digère pas son dernier repas de fruits de mer. "J'étais dans un petit port de pêche du coin, face à la mer, et quand j'ai demandé au serveur le provenance de ses coquilles, il m'a répondu "Canada"." Fureur du président qui voit chaque semaine la pourtant réputée coquille de la baie partir au prix de retrait de 2 euros le kilo...et se désespère de voir plus de 80% des coquilles pêchées partir à l'usine de décorticage depuis le mois de janvier.

…. et les piroguiers en Afrique !

Cette ambigüité se retrouve en Afrique. WWF France prétend défendre une autre politique des accords de pêche entre l’Union Européenne et l’Afrique dans l’intérêt des pêcheries africaines essentiellement piroguières. Communiqué WWF France : Discussion du projet d’avis sur les accords de pêche UE/Afrique : Il est impératif de passer de la prédation à la coopération : « …. il faut dès maintenant réorienter les accords de pêche dans l’optique d’un co-développement propice. Les accords devraient être avant tout des accords de coopération, dans lesquels l’UE exporterait son savoir-faire en matière de recherche, de sélectivité des engins de pêche, de qualité des produits et de gestion durable des pêcheries…. Et WWF France propose 4 piliers structurants :
1/ Assurer la sécurité alimentaire des pays des zones de pêche,
2/ Permettre le développement économique des communautés littorales,
3/ Mettre en place des plans de gestion locaux assurant la durabilité de ces pêcheries,
4/ Investir dans la recherche locale.

Dans le même temps, WWF international fait le forcing pour sanctuariser de vastes zones côtières dans ces pays africains. L'organisation internationale "pousse" les autorités locales à créer des Aires Marines Protégées (AMP) interdites à la pêche piroguière au grand dam des communautés littorales qui survivent de la ressource en poisson. Plus au large, les flottilles industrielles internationales continuent en toute impunité d’écumer les mers africaines ; une pêche illégale florissante qui alimente à bas coût l’industrie halio-alimentaire mondialisée !!! AFP : Piraterie, pêche illégale, déchets: l'Afrique veut sécuriser ses eaux.

Au Sénégal, plusieurs AMP intégrales avec interdiction de la pêche ont été créées en 2004 sous l’impulsion du WWF sans autres considérations que la surpêche des stocks en poisson et le maintien de la biodiversité marine. Communiqué du WWF : Le Sénégal célèbre la création de cinq nouvelles aires marines protégées

Conclusion : De quel côté penche WWF ? A vous de juger.... Philippe FAVRELIERE (modifié le 2 mai 2010)

(1) L'association des industries du poisson de l'UE (4.000 entreprises, 130.000 employés) et Eurocommerce, qui représente les professionnels de la distribution, du commerce de gros et de détail de quelque 31 pays, dont les groupes Carrefour, Auchan, Delhaize, Rewe ou Edeka, ont annoncé qu'ils partageaient "les mêmes objectifs" que le WWF sur cette question, lors d'une conférence de presse commune en marge de la foire européenne des produits de la mer de Bruxelles. Concrètement, le WWF et les industriels feront campagne commune auprès des institutions européennes, mais aussi des Etats, pour la mise en place de plans de gestion des stocks obligatoires de long terme, fondés sur des recommandations scientifiques, en lieu et place des négociations annuelles de quotas de pêche, a indiqué Tony Long, directeur du bureau de politique européenne au WWF. (AFP)

Autres articles :

Information complémentaire :

  • Rapport du Conseil Economique, Social et Environnemental (CESE) sur les accords de pêche : Ce document traduit bien la position française en matière de pêche internationale et ses relations avec les pays ACP - Ce document ne donne pas du tout la parole à l'autre partie prenante des accords. Dans ce cas, les accords UE/ACP relèvent plus d'une main-mise des ressources halieutiques extérieures à l'Europe que d'un partenariat équitable entre les pays du Nord et du Sud ! : Les enjeux des accords de pêche Union Européenne / Pays africains - Projet d’avis (CESE avril 2010) - Document présenté au nom de la section des relations extérieures par M. Gérard d'Aboville, rapporteur
  • Les APE toujours non favorables au développement, malgré les promesses de l’UE (Ips)
    Isolda Agazzi s’entretient avec Dr EL HADJI DIOUF, spécialiste des accords de partenariat économique. Les accords commerciaux controversés appelés accords de partenariat économique (APE), dans leur forme actuelle, ne feront aucun bien aux pays africains puisqu’ils continuent toujours à ne pas considérer les besoins de développement de ces pays, malgré une telle promesse de l'Union européenne (UE).
    Tel est l'avis du Dr El Hadji Diouf, directeur du programme des APE et du régionalisme au Centre international pour le commerce et le développement durable (ICTSD) basé à Genève.
    L’ICTSD est une organisation non gouvernementale (ONG) qui cherche à autonomiser les acteurs en matière de politique commerciale et influencer le système commercial international pour promouvoir le développement durable…..

WWF et le saumon

Salmonopoly (United docs)

Marine Harvest est la plus grande société aquacole dans le monde. Produisant plus de 100 millions de saumon d'élevage par an, Marine Harvest approvisionne les consommateurs en Europe, aux Etats-Unis et au Japon.

Mais à quel prix?

Cet empire mondial est dirigé par John Fredriksen, une des fortunes les plus grandes au monde. En Norvège, il est appelé le "Big Wolf», il se dit "vert", "durable" et "transparent". Mais la réalité contredit la philosophie de l'entreprise, notamment au Chili, où Marine Harvest est de loin le plus gros producteur avec plus de 70 exploitations piscicoles.

Au Chili, la législation environnementale est défaillante ; c’est un paradis pour les investisseurs. Tout ce qui est interdit aux producteurs de saumons en Europe, est permis au Chili. Résultat : après 18 mois d'élevage, le saumon est un produit chimiquement chargé.

En avril 2008, afin d'améliorer son image en matière d’élevage piscicole, Marine Harvest a conclu un partenariat avec le WWF. Contre un don de 100.000 € par an, Marine Harvest peut utiliser le logo panda du WWF pour promouvoir ses saumons d'élevage produits industriellement.

Tout à fait suspect sur le plan écologique, mais grande réussite économique : après leur effondrement pendant la crise financière, les actions de la société ont augmenté de 270% quelques mois après en été 2009. John Fredriksen est le principal protagoniste dans cette éco-thriller dans le monde trouble d'un géant alimentaire mondial.

Rétrospective: la fièvre du saumon (WDR)

Un film de Wilfried Huisman et Schumann Arno

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Voir le film intégral : Rückschau: Lachsfieber (WDR) (Film von Wilfried Huismann und Arno Schumann) et consulter le dossier : Ici

En 2006, le norvégien John Fredriksen prend le contrôle du groupe Marine Harvest

Nutreco se sépare de Marine Harvest (Agro-alimentaire) : Le groupe Marine Harvest, spécialiste de l'aquaculture et du saumon au niveau mondial, s'apprête à changer de mains. Jusqu'à présent détenu à 75% par le néerlandais Nutreco et à 25% par le norvégien Stolt-Nielsen, il va bientôt être racheté par le norvégien John Fredriksen, déjà actionnaire d'une autre société de saumon : Pan fish….

John Fredriksen est d’origine norvégienne ; c’est l’armateur de la plus grande flotte de pétroliers dans le monde. Grâce à ses sociétés d'investissement Hemen Holdings et Meisha, il contrôle les sociétés Frontline et Golar LNG. Il a également des intérêts importants dans la société Seadrill (opérateur sur les plates-formes pétrolières) et dans la société Golden Ocean Group (vrac sec). Source : Marine Harvest: Geveran extends TRS agreements (Fis)

==== 31 octobre 2011 ====

Quand les revenus du pétrole sont investis dans l'élevage de saumon....


La demande mondiale de saumon ouvre des perspectives plus que juteuses pour des investisseurs comme le norvégien John Fredriksen, le principal actionnaire du plus grand éleveur de saumon au monde, Marine Harvest. Le réalisateur allemand Wilfried Huismann décrypte les pratiques de cette société aussi discrète que puissante et dévoile dans son documentaire «Salmonopoly» la réalité des fermes aquacoles chiliennes. Interview.

Novethic : Vous abordez dans ce documentaire la grande épidémie qui a touché entre autres les élevages de saumon chiliens infectés par le virus IAS. Que se passe-t-il avec les poissons qui contractent ce virus et quel impact a-t-il sur les salariés de Marine Harvest ?

Wilfried Huismann : Le poisson infecté saigne intérieurement et il n’existe pas de traitement contre ce virus [qui ne constitue pas une menace pour l’espèce humaine, ndlr]. On doit alors tuer les saumons malades qui, au Chili, atterrissent ensuite dans la production de farine de poisson. Elle sert par la suite à nourrir les saumons d’élevage. Ce sont les plongeurs qui doivent ramasser les poissons mort ou malades. Ils doivent plonger par tous les temps, y compris quand la mer est agitée, et ils doivent plonger trois fois plus longtemps et plus profond que la loi chilienne ne le permet. Mais personne ne vient contrôler et pourtant ils risquent leurs vies en plongeant dans ces conditions. Durant ces dix dernières années, cent plongeurs sont morts au Chili, contre un en Norvège. Le plongeur Cristián Soto a perdu beaucoup de ses amis. Les conditions de travail sont catastrophiques, la société économisent sciemment sur les équipements techniques qui permettrait d’assurer la sécurité des plongeurs. Lors de mes interviews, ils m’ont dit que des plongeurs morts coutent moins chers à la société que ces équipements techniques.

Qui est John Fredriksen, le principal actionnaire de Marine Harvest ?

John Fredriksen est un investisseur à la tête d’une fortune privée estimée entre 5 et 10 milliards d’euros. Il détient des plateformes pétrolières ainsi que la plus grande flotte de pétroliers au monde. Il n’a donc au départ rien à voir avec l’industrie du saumon. Lorsqu’il a perçu les gains possibles offerts par cette industrie, il a racheté une entreprise au bord de la faillite qu’il a ensuite fusionnée avec deux autres. Et il est devenu d’un coup le numéro un mondial de l’industrie du saumon. C’est un investisseur qui cherche toujours à être le plus grand. Il vient d’un milieu très modeste, n’a rien hérité de ses parents, et a toujours dû faire ses preuves. C’est une personnalité très timide, il évite tout contact avec le public mais il est aussi hargneux et dangereux dans les affaires. J’ai interviewé deux journalistes économiques norvégiens qui se sont penchés sur l’origine de sa fortune et qui dévoilent les sources mafieuses de cette fortune.

Voir le film intégral en espagnol, cliquer "Salmonopoly, Fiebre de Salmon"

Vous avez filmé au Chili en 2009. Savez-vous ce qu’est devenu Cristián Soto ?

Comment expliquer les ravages du virus AIS dans les fermes de Marine Harvest ?

Qui sont les habitants de cette région du Chili travaillant dans ces fermes aquacoles ?

Qui est John Fredriksen, le principal actionnaire de Marine Harvest ?

Pourquoi vous êtes-vous concentré uniquement sur Marine Harvest sans évoquer l’autre géant du saumon, le norvégien Cermaq ?

Cliare Stam à Francfort (Allemagne)

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L'aquaculture peut-elle devenir durable ? (Novethic)

Le secteur de l'aquaculture connait l'essor le plus rapide de tous les secteurs de l'industrie agro-alimentaire et couvre aujourd'hui près de la moitié de la demande mondiale en poisson. Encore vantés il y a peu comme une «révolution bleue» capable de remédier à la surpêche, les élevages de poissons, de crevettes et de fruits de mer connaissent les mêmes dérives que l'agriculture intensive.

«Le grand loup». Tel est le surnom en Norvège de John Fredriksen, première fortune du pays et principal actionnaire de Marine Harvest, le plus grand éleveur de saumon au monde. Ses fermes sous-marines situées au large des côtes chiliennes sont l’exemple le plus extrême des dérives que peut connaitre le secteur de l’aquaculture : conditions de travail exécrables, salaires minimes pour risques maximales, abus d’antibiotiques dans les élevages, risques sanitaires pour le consommateur, dégradation de la faune marine locale...la liste des impacts sociaux et environnementaux est longue. Le tout est pourtant cautionné par la WWF, cette dernière ayant scellé un partenariat avec Marine Harvest afin de la «conseiller» dans le développement d’une aquaculture plus durable... « Marine Harvest s’est acheté une conscience verte » critique à ce sujet Wilfried Huismann, journaliste et réalisateur allemand, qui dévoile dans son documentaire «Salmonopoly» les agissements de la société norvégienne (voir interview ci-dessus).

52,5 millions de tonnes en 2008

Qu’un investisseur comme Fredriksen, qui possède la plus grande flotte de pétroliers au monde et qui n’a donc a priori rien à voir avec l’élevage de poissons, s’intéresse à l’aquaculture montre assez les perspectives offertes par l’expansion prodigieuse du secteur.....

L’aquaculture s’enliserait-elle alors dans les mêmes dérives que l’agriculture intensive ?

Vers des marchés régionaux ?

Cette régionalisation de l’industrie du poisson, et donc de l’aquaculture, semble s’étendre lentement dans le monde (la situation est similaire dans les pays asiatiques producteurs de crevettes) et se retrouve également dans un pays consommateur de poissons comme l’Allemagne....

Claire Stam à Francfort (Allemagne)

==== 1 juillet 2011 ====

Mutinerie au WWF France : Les matelots veulent la peau du capitaine !

Mutinerie au WWF France : Les matelots veulent la peau du capitaine, mais l’armateur soutient son capitaine !

Crise au WWF France : les salariés de l’ONG demandent le départ de leur directeur général

Aïe ! Alors que le WWF fête cette année son cinquantième anniversaire, l’antenne française de l’ONG mondiale est entrée dans une période de tourmente. Fabrice Nicolino avait déjà dans son dernier pamphlet (Qui a tué l’écologie ?) égratigné le panda quant à sa proximité avec les pouvoirs économiques et politiques. La semaine dernière, c’était au tour de L’Express de s’interroger sur la stratégie partenariale menée par l’antenne française avec les multinationales, comme Lafarge. C’est désormais au tour de Rue89 de publier une lettre des salariés demandant la démission de leur directeur général, Serge Orru. La Présidente, la navigatrice Isabelle Autissier, répond "choquée" dans un courrier interne, défendant son directeur et menaçant de considérer comme faute grave le fait de parler à la presse... Ambiance ! Suite sur Cdurable

Revue de presse :

Le 20 mai 2010

Experts en eau (Sud-Ouest)
Oui, il faut agir, et il est grand temps de se réconcilier avec nos fleuves et surtout de sensibiliser enfants et adultes au respect de l'environnement ! Dans cette perspective, le WWF-France mène depuis 2001 des actions concrètes d'éducation à l'environnement par le programme « Action rivières vivantes ». Il propose aux enseignants de monter des projets scolaires permettant aux enfants de prendre conscience des enjeux environnementaux de l'eau douce et des actions qu'ils peuvent mettre en place pour la préserver.

Rapport national
Aussi, cette journée découverte est pour les élèves et leurs enseignants, l'occasion de découvrir leurs rivières, ainsi que la faune qui l'habite et la flore qui s'y développe, mais également d'aborder selon leur situation locale d'autres questions comme la protection des zones de captage de l'eau potable, la nécessité de réapprendre à vivre avec le risque lié aux inondations, ou la pisciculture durable.
Contact WWP France : Georges Emblanc, coordonnateur de la campagne « Action Rivières Vivantes » pour le WWF-France 06 76 75 87 66/gemblanc@wwf.fr

Le 5 août 2010

Environnement : un son de cloche différent sur la protection de la nature (CLPM Le Guilvinec)

Un article du Guardian publié le 29 juillet 2010 met en lumière un point de vue peu courant sur l’environnement et les pratiques de certaines Organisations Non Gouvernementales, comme le WWF. Rosalyne Duffy, après quinze années d’étude publie un livre intitulé "Crime Nature" qui met en perspective ce que les pêcheurs et leurs organisations contestent souvent : l’obligation de mettre en œuvre de fausses-bonnes solutions pour protéger certaines espèces ou certains habitats.

Traduction de l’article sur le livre "Crime nature" de Rosalyne Duffy

La question est de savoir si la nouvelle façon de voir les choses à la moindre chance de modifier le comportement des grandes ONGs environnementales. Probablement pour celles qui sont encore accessibles aux critiques, surtout positives, certainement pas pour celles qui se comportent comme de nouvelles religions, acceptant comme les anciennes, quelques hérétiques mais refusant de changer de cap au nom de la logique et du bon sens. Article de René-Pierre Chever

Le 16 août 2010

Economie et biodiversité : vers une entente féconde ? (Cdurable)

Quatrième université de rentrée du WWF les 16 et 17 septembre 2010 à Paris

Le WWF France dédie la quatrième édition de son université de rentrée aux relations étroites entre l’économie et la biodiversité, entre les entreprises et la biodiversité. Durant deux jours, scientifiques, décideurs d’entreprises, responsables politiques, ONG et journalistes se rencontreront pour comprendre les liens étroits entre l’économie et la biodiversité, les enjeux pour l’entreprise, les outils dont elle dispose aujourd’hui et les voies d’une entente féconde.

La biodiversité est l’héritage commun de toute l’humanité. La biodiversité, c’est la diversité génétique, la diversité des espèces et la diversité des écosystèmes. La biodiversité est également à l’origine de biens et de services indispensables au bien-être des sociétés humaines : fertilité des sols, purification de l’eau et de l’air, stockage du dioxyde de carbone… Or, en 2005, 60 % des services offerts par la biodiversité ont été dégradés. Sur les deux cents dernières années, le rythme de disparition des espèces est estimé de 10 à 100 fois supérieur au rythme naturel d’extinction. Ce que certains appellent déjà la sixième crise d’extinction de la biodiversité ne résulte pas, contrairement aux précédentes, de bouleversements géologiques. Elle est liée à l’activité d’une seule espèce, qui se met elle-même en danger : homo sapiens…..

Le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) estime entre 21 000 et 72 000 milliards de dollars la valeur annuelle des services offerts à l’Homme par les écosystèmes dans le monde. Le revenu national brut mondial s’élevait, quant à lui, en 2008, à 58 000 milliards de dollars. La dégradation de la richesse de la biodiversité a et aura des répercussions économiques. La sphère économique et les entreprises dépendent de la sphère écologique et pèsent considérablement sur les équilibres naturels. Pourtant, l’érosion de la biodiversité n’est pas une fatalité. L’économie peut apprendre à vivre en symbiose soutenable avec celle qui l’abrite et dont il fait partie. Les outils pour vivre en « harmonie » avec le vivant se développent. La compréhension et la sensibilisation gagnent les consciences. La réglementation évolue, les entreprises apprennent à prendre en compte le capital naturel et à le préserver, de nouvelles manières de produire émergent… Une nouvelle ère doit s’ouvrir.

Programme….

Quelques conférenciers :

  • La biodiversité, base du système économique avec Jacques Weber, Directeur de recherche au Cirad, Membre du Conseil économique du développement durable (CEDD), Membre du Conseil Scientifique du patrimoine naturel et de la biodiversité (CSPNB),
  • La biodiversité, capital pour l’entreprise avec Arnaud Colson, Directeur Affaires Publiques et Développement Durable Lafarge Granulats Bétons - Stéphane Voisin, directeur du département ISR, Crédit Agricole Cheuvreux,
  • Agriculture et alimentation avec Hélène Jessua, responsable communication développement durable du Groupe Carrefour - Jacques Morineau, président de la FNCIVAM,
  • Innover et développer des symbioses avec la biodiversité avec David Rochat, directeur associé de SOFIES, expert en écologie industrielle - Cédric Péchard, Secrétaire général de ZERI Francophonie, promoteur de "The Blue Economy – 10 Years, 100 Innovations, 100 Million Jobs"

Le 26 août 2010

USA : King & Prince, filiale du géant japonais Nissui, est partenaire du WWF

Le WWF a annoncé le mardi 24 août 2010 qu'il va aider King & Prince à évaluer les produits de la mer utilisés par cette filiale étatsunienne du groupe japonais Nissui. Cette multinationale Nissui détient également F.W. Bryce and Gorton’s à Gloucester (Massachusetts), et UniSea à Redmond (Washington). « Cette collaboration avec le WWF est une étape importante pour valider les efforts soutenus dans notre politique de développement durable en matière d’approvisionnements en matières premières, qui est un aspect non-négociable dans notre service à la clientèle », a déclaré le Président de King & Prince,Volker Kuntzsch. Plusieurs grands fournisseurs de produits de la mer aux USA ainsi que des détaillants ont également travaillé avec le WWF pour développer une politique d'approvisionnement durable de produits de la mer, comme Kroger, Supervalu, Giant Eagle et Sysco. Source : King & Prince, WWF partner (Seafoodsources)

Le 3 septembre 2010

Les écolabels ne garantiraient pas contre la surpêche (Le Figaro)

Des scientifiques dénoncent le laxisme et l'inefficacité du label MSC censé protéger les ressources marines.

Il va devenir de plus en plus difficile d'acheter du poisson sans se demander si on ne participe pas, sans le savoir, au pillage des mers. Une équipe d'océanographes conteste en effet l'efficacité du principal écolabel des produits de la mer - le MSC (Marine Stewardship Council). Ils affirment dans une tribune publiée jeudi par la revue scientifique Nature que cette organisation doit se réformer si elle veut promouvoir et garantir une pêche réellement durable. C'est la première fois que la petite étiquette ovale et bleue est contestée de manière aussi radicale.

Le MSC a été créé en 1997 par la firme Unilever et le WWF (Fonds mondial pour la nature) pour lutter contre la surpêche. Quatre critères ont été retenus: toute pêcherie certifiée doit assurer la pérennité de son activité et ne pas surexploiter la ressource; elle doit préserver la productivité et la diversité de l'écosystème dont elle dépend; elle doit respecter toutes les réglementations et, enfin, assurer la traçabilité «du bateau à l'assiette»….

Le 5 novembre 2010 : Partenariat Sodexo - WWF

Une nouvelle filière de poisson durable pour Sodexo (Néorestauration)

Sodexo lance au niveau européen une nouvelle filière « produits de la mer responsables » dans le cadre de sa politique de protection des espèces de poissons menacées, en partenariat avec le WWF. Depuis le 1er octobre, trois poissons « polluants » ont été retirés des menus : la raie, le flétan et la dorade rose. A l’inverse, le panga et le tilapia sont les bienvenus en tant qu’espèces herbivores, permettant de ne pas contribuer à la pêche minotière qui fournit les farines de poissons....

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Le 2 juin 2011

La certification des élevages de crevettes met en péril les mangroves

L’élevage industriel de crevettes est une activité destructrice qu’aucun critère existant ne peut rendre « plus durable ». L’industrie que le Fond Mondial pour la Nature (WWF) espère certifier applique un système d’aquaculture axé sur la capacité de production, qui dégrade les écosystèmes et les ressources mêmes dont il dépend.

La certification est devenue un outil pervers dans les mains des grandes entreprises : elles l’utilisent comme un « label vert » pour imposer des systèmes de production intrinsèquement nuisibles, qui deviennent une menace pour des écosystèmes de grande valeur. C’est ce qui arrive à présent aux mangroves, des écosystèmes à forte diversité biologique.

Plusieurs ONG qui travaillent avec les populations locales des pays producteurs de crevettes et avec les consommateurs des pays importateurs de crevettes ont sonné l’alarme au sujet du dénommé WWF-ShAD (Dialogue sur l’aquaculture de la crevette, d’après l’anglais), dont les critères et le processus lui-même seraient criblés de défauts.

Ayant participé à un de ces « dialogues », ces ONG ont pu vérifier par elles-mêmes que le panorama est encore pire : le produit final prédéterminé – les critères pour la certification des crevettes d’élevage – sera obtenu en se passant de toute participation équitable des parties prenantes ou des usagers des ressources. En revanche, la plupart des présents à ces « dialogues » sont des représentants de l’industrie crevettière et des usagers des ressources locales. Depuis que le processus a démarré il y a trois ans, la grande majorité de ceux qui sont touchés par l’élevage de crevettes brillait par son absence. Ce manque de contribution de la population locale au « dialogue » rend fortement discutable l’intention de certifier cette activité, et contredit surtout les déclarations du WWF, qui dit que les critères en question répondent aux vœux des communautés locales.

L’organisation Mangrove Action Project et d’autres objecteurs de conscience de tout le processus du « dialogue » ont essayé, sans succès, de convaincre le WWF et ses alliés de ne pas publier ces normes en tant que « critères sociaux et environnementaux », puisqu’il s’agit surtout de critères techniques qui, dans le meilleur des cas, correspondraient seulement à de « bonnes méthodes de gestion ».

D’autre part, en plus du manque de participation des communautés locales à la formulation des critères, nous reprochons au WWF de n’avoir pas recommandé à ses nombreux adhérents et au public en général d’éviter la consommation de crevettes bon marché. Si les consommateurs de crevettes d’élevage limitaient leur demande, il y aurait une diminution immédiate de l’expansion de cette industrie, et donc une diminution des dégâts provoqués par la forte consommation de ressources que font ces élevages ; ainsi, les effets négatifs de cette industrie toujours croissante, qui envahit sans cesse de nouvelles terres encore intactes, seraient considérablement moindres..... Suite et source : WRM

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Développement durable à Madagascar : Etude de cas - Le Groupe UNIMA

Développement durable à Madagascar : Etude de cas - Le Groupe UNIMA

Sandy Rajaosafara & Thomas du Payrat

Ce document est le fruit d’une étude commandée par le WWF et le Groupe UNIMA à deux experts indépendants : Sandy Rajaosafara Manager à la Fiduciaire Luxembourg Paris Genève (LPG Paris France) et Thomas du Payrat économiste à Odyssée Développement (La Rochelle – France).

Ce travail a été coordonné par Mark Eckstein (Managing Director - International Finance WWF US) et Bertrand Coûteaux (Secrétaire Général du Groupe UNIMA, en charge du Développement Durable).

Cette étude s’inscrit dans le cadre d’un partenariat novateur entre le Groupe UNIMA et le WWF. C’est la première évaluation économique indépendante des actions de développement durable d’un groupe privé à Madagascar.

L’étude décrit le business model et les activités du Groupe UNIMA, le contexte du Développement Durable et les différents aspects du partenariat.

En 2006, la valeur des exportations de crevettes constitue le premier poste d’exportation malgache des produits de la mer. Le Groupe UNIMA est le principal opérateur crevettier à Madagascar. Il commercialise ses crevettes sous des marques de distributeurs ou sa propre marque NOSSI-Bé. Sa production en 2007 est répartie de la façon suivante :

  • Pêche crevettière : 18 chalutiers pêchant 1.923 tonnes de crevettes sauvages par an.
  • Elevage de crevettes : 2 fermes produisant plus de 5.500 tonnes de crevettes par an sur 1.120 hectares.

Pour télécharger le document, cliquer UNIMA

Photographie de Philippe Favrelière : Retour de pêche au Sénégal

1 commentaire:

Encre de mer a dit…

Rares sont les ONG Environnementalistes qui s'appuient sur un nouveau mode de développement économique qui trancherait avec la dynamique productiviste. Par ailleurs, leurs sources de financement sont souvent liées à l'industrie.

Sur le terrain, suite à leurs actions de lobbying, cela se traduit par des mesures généralistes inadaptées aux réalités locales, voire parfois des mesures contre-productives. Tel est le cas de l'interdiction de la thonaille (suite à l'interdiction généralisée des filets dérivants impulsée par Greenpeace) qui entraîne un report sur les espèces dans la bande littorale et une fragilisation de la pêche artisanale, celle qui a les moyens d'être durable et de contribuer favorablement aux développements régionaux.

Dans cette vague déferlante, il faut saluer l'engagement de WWF France dans des gestions régionales des pêches menées avec les pêcheurs locaux et leurs organisations professionnelles (gestion prud'homale de la thonaille, gestion langoustine du Golfe de Gascogne, dossier FEP varois).

Puissent ces expériences faire boule de neige...