mercredi 4 mars 2009

Monde. Pêche illégale : Tous complices des braconniers des mers ?

Qui n’a pas mangé au moins une fois dans sa vie du poisson pané, du surimi, du filet congelé de colin d’Alaska, de hoki, de merlu ou de cabillaud ? Une étude estime qu’entre 20% et 70% des poissons blancs capturés dans le monde sont issus de la pêche illégale et non déclarée. Ne sommes-nous pas tous complices d’un braconnage mondialisé qui n’épargne aucun océan ?

Les braconniers des mers qui se cachent bien souvent derrière des pavillons de complaisance, tirent de la pêche illégale une manne substantielle comprise dans une fourchette de 10 à 23,5 milliards de US$ par an, un montant comparable au commerce mondial des bois illégaux. C’est l’une des principales conclusions de l’étude canado-britannique publiée fin février 2009 dans la revue scientifique Plos One : Estimating the Worldwide Extent of Illegal Fishing

Les auteurs estiment qu’entre 11 et 26 millions de tonnes de produits de la mer proviennent des captures illégales et non déclarées. Comparés aux débarquements officiels destinés à la consommation humaine de près de 60 millions de tonnes, ces chiffres montrent l’ampleur des activités illicites qui représenteraient entre 20 % et 40 % des prises mondiales officielles !

Captures illégales et non déclarées, exprimées en pourcentage des captures signalées, par groupe d'espèces (2000-2003)


La France échappe-t-elle à ce trafic ?

Cinquième importateur mondial de produits de la mer, la France participe directement ou indirectement à ce trafic de poisson surtout qu’il concerne principalement les poissons blancs (colin d’Alaska, merlu, hoki, cabillaud,…) le groupe de poissons le plus consommé dans notre pays (à gauche du graphique), ainsi que les salmonidés et les crustacés. Les catégories les moins touchées par la pêche illégale sont les poissons de faible valeur marchande, mais aussi la grande famille des thonidés et les poissons plats (à droite du graphique).

Les braconniers pillent surtout les côtes des pays du Sud

Les braconniers des mers pillent des ressources vitales au développement des pays du Sud, en particulier africains, latino-américains et asiatiques (du sud-est), victimes de la convoitise de flottes souvent sous pavillon de complaisance, venues des quatre coins du monde. Toutefois aucune mer n’est épargnée par ce braconnage qui contribue à la surexploitation des ressources, représente une entrave à la récupération des stocks de poisson et porte atteinte aux écosystèmes.

Depuis longtemps la FAO a lancé des plans d’action internationaux visant à prévenir, contrecarrer et éliminer la pêche illégale. Mais pour le moment, les objectifs sont loin d’être atteints. Pour les auteurs de l'étude, il y a une corrélation significative entre gouvernance et niveau de la pêche illégale. En Afrique de l’Ouest caractérisée par une mauvaise gouvernance, les captures réelles sont 40% plus importantes que les débarquements officiels. Ces niveaux d'exploitation représentent un frein sérieux à la gestion durable des écosystèmes marins et au développement des communautés littorales qui tirent de la mer l'essentiel de leurs ressources alimentaires et financières.

C'est la raison pour laquelle les organisations de la pêche artisanale qui participent actuellement à la 28ième session du COFI à Rome, refusent toutes certifications des pêcheries qui pour elles sont un moyen de camoufler bien des dérives.

Philippe FAVRELIERE

Autres articles :

Informations complémentaires :

Photo prise dans le port de Montevideo (Uruguay) à la belle époque de la pêche soviétique.

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Transnational Crime in the Developing World

Transnational Crime in the Developing World

Jeremy Haken

February 2011

Global Financial Integrity

XI. The Illicit Fish Trade.......... 43

Pour télécharger le document, cliquer Ici









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Revue de Presse

Le 28 août 2009

Empêcher la pêche illégale d’être payante (OCDE)

La pêche pirate, ou pêche illégale, épuise les stocks halieutiques mondiaux et sape les efforts déployés pour assurer leur pérennité et leur renouvellement futur. Elle compromet, en outre, le bien être économique et social de ceux qui pêchent en toute légalité et diminue l’incitation à respecter les règles. Or, en dépit des efforts consentis aux niveaux national et international, la pêche pirate continue de prospérer dans l’ensemble du monde.

D’après les informations disponibles, le braconnage en haute mer est très répandu, bien qu’il porte essentiellement sur quelques espèces à grande valeur marchande, comme la légine australe et le thon. Les estimations du volume des captures illégales, non déclarées et non règlementées et de l’ampleur de leurs répercussions sur l’environnement varient énormément, mais l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) indique que, dans certaines zones de pêche importantes, ces prises peuvent représenter jusqu’à 30 % de la totalité des prélèvements et que, pour certaines espèces, elles peuvent même s’élever à trois fois la quantité autorisée.

Quelle que soit l’ampleur des captures, la pêche illégale menace la durabilité des stocks halieutiques mondiaux, et les pirates de la mer bénéficient d’un avantage économique injuste sur les pêcheurs qui opèrent en toute légalité.

Ces dernières années, la pêche pirate est devenue un des dossiers internationaux prioritaires des décideurs responsables de la pêche, et les pouvoirs publics du monde entier ont intensifié leurs efforts pour la combattre. Il n’en reste pas moins que la pêche illégale demeure une entreprise rentable malgré l’introduction, au niveau international, d’un certain nombre de mesures préventives et, tant qu’il en sera ainsi, les braconniers de la mer continueront de sévir. Bien qu’un grand nombre de méthodes différentes aient été testées, il faut reconnaître que la pêche illégale reste en fait un problème économique. C’est pourquoi, nous examinons dans cette synthèse ce qui peut être fait pour rendre la pêche illégale moins rentable et de ce fait moins attrayante pour ceux qui la pratiquent.

Le 3 octobre 2009

L’Afrique se dote de moyens pour lutter contre la pêche illégale (Afrique Avenir)

Chaque jour, des centaines de chalutiers asiatiques ou européens pénètrent dans les eaux africaines pour pêcher sans permis la crevette, la sardine, le thon et le maquereau. Pour l’Afrique, cette pêche illégale entraîne un manque à gagner d’un milliard d’euro par an. En théorie, les zones de pêche africaines devraient être protégées par le droit international. Mais les efforts des Etats africains pour mettre fin aux activités de pêche illégales sont entravés par le manque de compétences et de moyens. Pour faire face au problème, des initiatives régionales se développent sur les deux rives du continent pour coordonner la lutte contre ce commerce illégal. Suite sur Afrique Avenir

Lutte contre la pêche illicite : la surveillance satellitaire en perspective (le soleil)

La Commission sous-régionale des pêches (Csrp) a reçu vendredi dernier, une enveloppe de 256 000 dollars (112,5 millions FCFA) pour la mise en œuvre d’un plan d’action international. Ce soutien du Fonds des Nations Unies pour l’Agriculture et l’Alimentation (Fao) aux pays de l’Afrique de l’Ouest engagés dans la croisade contre la pêche illicite, sera utilisé pour renforcer le système de surveillance satellitaire. « Nous voulons diversifier les système de surveillance dans la lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée », a laissé entendre le représentant permanent résidant de la Fao au Sénégal, Amadou Ouattara. Les pays bénéficiaires sont la Guinée, la Guinée-Bissau, la Gambie, la Mauritanie, la Sierra-Léone, le Cap-vert, et le Sénégal. Les experts procéderont avant tout à une radioscopie des systèmes de chaque pays avant d’identifier les axes sur lesquels il faut renforcer. « Ce projet nous aidera à ramer à contre courant de la pêche illicite qui affecte plus les pays comme la Guinée, la Guinée-Bissau, la Sierra-Léone, » a reconnu le secrétaire permanent de la Csrp, Kane Ciré Amadou. Les experts sont convaincus qu’aucun pays pris isolément ne peut lutter de façon efficace contre la pêche illicite. I. SANE

Le 26 octobre 2009

Pêche illégale: Bissau arraisonne des bateaux sénégalais, coréens, espagnol (AFP)
La Guinée-Bissau veut intensifier les contrôles dans ses eaux très poissonneuses, après l'arraisonnement début septembre de deux navires sud-coréens, de 80 pirogues sénégalaises et d'un navire espagnol, a annoncé vendredi à l'AFP le ministre bissau-guinéen de la Pêche.
"Nous allons intensifier les contrôles en nous appuyant sur notre Marine nationale", a déclaré le ministre bissau-guinéen de la Pêche, Carlos Mussa Baldé, interrogé par téléphone.
"Tout navire arraisonné dans nos eaux pour activité illicite verra toute sa capture confisquée et nous appliquerons sans demi-mesure une amende sévère sur le bateau" a assuré M. Baldé.
Selon le ministre, les propriétaires de deux bateaux sud-coréens récemment arraisonnés devront s'acquitter chacun d'une amende de 200.000 dollars. Quant aux propriétaires des pirogues, ils se verraient infliger une amende globale de 30 millions de francs CFA (environ 48.000 euros).

Des marins espagnols retenus en Guinée-Bissau disent "perdre patience" (AFP)
Les marins d'un navire de pêche espagnol retenu depuis deux semaines par les autorités de Guinée-Bissau, qui l'accusent d'avoir fait le plein de gazole trop près de leurs côtes, ont confié "perdre patience" au journal El Mundo de samedi.
"Nous perdons patience", ont déclaré ces pêcheurs à un journaliste du quotidien espagnol.
"Bien sûr que nous ne sommes pas bien (...). Nous pêchons depuis des années dans cette zone et nous avons toujours eu de bonnes relations" avec les autorités, a expliqué à El Mundo Manuel Ribero Escudero, capitaine du bateau "Sierra de Huelva".
Selon les autorités espagnoles, trois navires au total, le "Sierra de Huelva", le "Febel III" et le "Alfonso Riera I", tous basés dans la province de Huelva (sud), sont retenus depuis le 9 octobre par les autorités bissau-guinéennes, qui leur reprochent d'avoir fait le plein de gazole au large de leurs côtes.
Selon les médias espagnols, ces bateaux devraient payer une amende d'environ 100.000 euros par navire, mais affirment qu'ils ont agi en conformité avec la législation internationale en la matière.
L'Union européenne verse chaque année à Bissau 7,5 millions d'euros pour que des bateaux battant pavillon européen - thoniers, chalutiers pour la prise de crevettes ou de céphalopodes, etc. - soient autorisés à opérer dans ses eaux....

Juillet 2010

Communiqué de presse du Ministère des pêches du Mozambique du 5 Juillet 2010

Trois palangriers espagnols accusés de ne pas avoir déclaré leurs captures dans la ZEE du Mozambique

Mozambique / Maputo – Le défaut de se conformer à la déclaration des captures en vertu de la législation mozambicaine de la pêche a abouti à la condamnation de 3 palangriers espagnols opérant dans l'accord de partenariat de pêche entre la Communauté européenne et la République du Mozambique.

Depuis le début de la saison de pêche 2010, trois navires battant pavillon espagnol, à savoir Alexia, O Covelo et Zumaya Dous, détenue par la société de pêche ORPAGU (Organización de Palangreros Guardese) ont pêché dans la partie sud de la ZEE du Mozambique. Ils ciblent des espèces dans le cadre du mandat de la Commission des thons de l'océan Indien, le thon obèse, l'albacore, l'espadon, le requin bleu et le requin taupe.

En vertu de la législation mozambicaine de la pêche, les navires de pêche sont tenus de fournir des données détaillées sur les captures à bord du navire à l'autorité compétente, à entrée et sortie de la ZEE. L'absence de déclaration de capture est considérée comme une infraction grave. Le protocole de l'accord de partenariat entre l'UE et le Mozambique régit également les conditions spécifiques relatives à ces rapports, comme suit: «Les navires communautaires notifient, au moins trois heures à l'avance, aux autorités compétentes mozambicaines chargées du contrôle de pêche de leur intention d'entrer ou sortir de la zone de pêche du Mozambique et de déclarer les quantités globales et les espèces à bord ".

L'enquête menée par la Direction générale des Pêches a constaté que les trois bateaux n’ont pas les déclarations de captures à bord lors de l'entrée et la sortie de la ZEE du Mozambique. Entre janvier et mai 2010, l'enquête a compté 14 rapports d'entrée / sortie sans aucune déclaration de captures, ce qui constitue une violation de la loi à la fois de la pêche du Mozambique et les dispositions de l'accord de partenariat signé en 2007 entre l'UE et la République du Mozambique.

Les trois navires de la compagnie ORPAGU ont été condamnés pour non-déclaration des captures à l'autorité compétente comme spécifié dans la loi. Une fois l'amende et les sanctions accessoires prononcées par le ministre des Pêches, l'entreprise dispose de 8 jours pour payer l'amende. La loi du Mozambique prévoit des sanctions allant de la saisie de la capture à l’annulation de la licence de pêche.

Note aux rédacteurs : Contact: Ministério das Pescas / Ministère des pêches, Direction générale des pêches, Pedroso Consiglier Rua 347, CP 1723 - Maputo, Mozambique - Océan Indien. Courrier électronique: adnap@mozpesca.gov.mz

Le 31 août 2010 : Côte d’Ivoire - Pêche illégale de la société chinoise Donggang Daping Fishery group Cltd exerce ses activités de pêches chalutières (poissons) sous la licence numéro Lpna 015/2007

Pêche frauduleuse de crevettes : Les produits saisis distribués au Chu et structures sociales (Le Temps)

Plusieurs tonnes de produits de mer, dont 38,8 tonnes de crevettes saisies la semaine dernière, à une société chinoise ont été distribuées aux Chu et autres structures sociales. Lundi dernier, le Service d'inspection et de contrôle sanitaires vétérinaires en frontières (Sicosav), structure sous tutelle du ministère de la production animale et des ressources halieutiques, a saisi 3240 cartons, soit 38,8 tonnes de crevettes à la société chinoise Donggang Daping Fishery group Cltd. Ces produits de mer issus d'une pêche frauduleuse devraient être exportés vers la Chine par le biais de la société Maesrk. Ce, en violation des accords internationaux en vigueur qui l'interdissent. En effet, ces accords indiquent que la pêche de crevettes pour les navires chalutiers devrait osciller entre 2 à 5%. Alors que dans ce cas d'espèces, la société Donggang Daping Fishery group Cltd a pêché jusqu'à 30%. Remis donc à Dr Charlotte Amatcha-Lepry, le directeur du Sicosav, le jeudi dernier, après avoir rempli les formalités administratives, ces 38, 8 tonnes de crevettes, ont fait l'objet d'une distribution hier lundi, à plusieurs formations sanitaires d'Abidjan ainsi que des structures sociales….. Pour Dr Charlotte Amatcha-Lepry, cette saisie doit servir de leçon à tous les armateurs véreux qui pensent que les eaux ivoiriennes sont à leur portée. "C'est un signal fort que nous donnons à tous ceux qui pillent les eaux maritimes de la Côte d'Ivoire", dit-elle. Outre la saisine de ces produits, la patronne du Sicosav, par ailleurs directeur des services vétérinaires souhaite que les autorités, notamment le ministre de la production animale et des ressources halieutiques, Dr Alphonse Douati prenne des mesures draconiennes à ce niveau. "Nous avons fait notre travail en tant que technicien. Mais, nos autorités doivent retirer la licence à cette société", fait-elle remarquer. A rappeler que, la société Donggang Daping Fishery group Cltd exerce ses activités de pêches chalutières (poissons) sous la licence numéro Lpna 015/2007. Avant cette saisie, le syndicat des armateurs à la pêche avait quelques jours auparavant, prévenu le Dr Douati des activités peu orthodoxes de cette société. Joseph Atoumgbré

Le 8 septembre 2010

Madagascar – Pêche illégale : un navire intercepté (malango)

Vendredi soir, une bateau de pêche sous pavillon taïwanais, le Shun Feng, a été surpris en flagrant délit de pêche illégale, destinée au commerce d'ailerons de requins. Le Shun Feng a été arraisonné par le patrouilleur Atsantsa, du centre de surveillance des pêches de Madagascar. Le Shun Feng détenait à bord 3,2 tonnes d'ailerons de requins qu'il a pêché sans autorisations. Cela correspond à environ 65 tonnes de requins capturés illégalement, « ce qui porte un grave préjudice à une espèce halieutique considérée comme fragilisée par la pratique du « shark fining » consistant à pêcher le requin intensivement pour ne conserver que ses ailerons prisés des consommateurs » a regretté le plan régional de surveillance des pêches de la COI (Commission de l'océan Indien) dans un communiqué. La valeur de cette cargaison illégale est estimée à prés de 100.000 dollars, soit environ 75.000 euros. Un kilo d'ailerons de requin se négocie entre 50 et 80 euros. C'est le patrouilleur Atsantsa, du centre de surveillance des pêches de Madagascar, qui a surpris le navire palangrier Shun Feng en action de pêche illégale, vendredi soir à environ 200 kilomètres au large de Morondava, sur la côte Ouest de Madagascar. Le navire a été escorté par le patrouilleur Atsantsa jusqu'au port de Tulear pour être remis aux autorités compétentes. Le patrouilleur a ensuite repris sa mission de surveillance avec à son bord des inspecteurs des pêches du centre de contrôle des pêches de l'Union des Comores, du centre de surveillance des pêches de Madagascar et du centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage de la Réunion.

Des requins massacrés pour quelques centaines de grammes d'aileron….

Le 30 septembre 2010

Pirates - Les pêcheurs esclaves qui remplissent nos assiettes (”The Guardian”)

Au départ, l’Environmental Justice Foundation voulait mener une enquête sur les bateaux pirates pour montrer leur impact négatif et jusqu’ici non mesuré sur les stocks de poisson. Mais ses membres ont découvert une situation bien pire que ce à quoi ils s’étaient attendus : montés à bord de certains de ces bateaux pirates, ils y ont rencontré des situations d’abus des droits proches de l’esclavage.

Dans un rapport, l’EJF décrit des bateaux-poubelles aux équipages recrutés dans les zones déshéritées de l’Afrique de l’Ouest et d’Asie. Lors de campagnes de pêche dont ils ne connaissent pas à l’avance la durée, ils sont soumis à “des violences de la part de leurs employeurs, parfois à des périodes de détention, à des retenues sur salaires, à la confiscation de leurs papiers et à des conditions de vie et d’hygiène déplorables”, écrit le Guardian.

Une vidéo réalisée par l’EJF montre des conditions de travail qui rappellent le livre-manifeste Le Bateau-Usine de Kobayashi Takiji, qui décrivait ce genre d’exploitation des ouvriers et des victimes de l’exode rural dans le Japon des années 1930. Quatre-vingts ans après, cette pratique s’est déplacée sur les côtes d’Afrique de l’Ouest, au large de la Sierra Leone ou de la Guinée.

ALL AT SEA-The Abuse of Human Rights on Illegal Fishing Vessels from Environmental Justice Foundation on Vimeo.

La plupart de ces bateaux sont enregistrés sous pavillon de complaisance mais ont des autorisations pour commercialiser leur poisson sur les marchés asiatiques et européens, ajoutant au non-respect des droits humains la concurrence déloyale et l’épuisement des ressources naturelles.

Le 2 octobre 2010

Pillage des ressources halieutiques africaines : Greenpeace indexe les grands bateaux européens (Le Soleil)

Le rapport d’une expédition réalisée par l’organisation Greenpeace dénonce le pillage des ressources halieutiques en Afrique de l’Ouest par les navires de pêches de l’Union européenne (Ue). Selon le document, les plus grands bateaux européens pêchent dans les eaux des pays les plus pauvres à travers des accords de partenariat de pêche et des sociétés mixtes.

C’est à croire que l’Afrique de l’Ouest, plus particulièrement, constitue la vache laitière de l’Union européenne (Ue) en matière de pêche. En effet, selon un rapport de Greenpeace, les eaux africaines seraient les plus importantes sources d’approvisionnement pour les flottes européennes dont la capacité de pêche serait aussi de deux à trois fois supérieur à une pratique de pêche durable. Une expédition a été réalisée dans la période du 24 février au 1e avril 2010, par Greenpeace sur les côtes sénégalaises et mauritaniennes, afin de comprendre l’étendue et le type de pêche étrangère dans la région. Elle a révélé certains problèmes de la surpêche à travers une série d’exemples et démontré aussi comment l’Afrique nourrit l’Europe, du fait de la présence d’un important nombre des plus grands bateaux de pêche européens dans les eaux des pays parmi les plus pauvres à travers des accords de partenariat de pêche ou des sociétés mixtes. Selon Greenpeace expédition report (le rapport d’expédition de Greenpeace du mois de septembre), cela contribue à mettre en péril la sécurité alimentaire locale en ne prenant pas en considération de façon adéquate les besoins des communautés côtières en matière d’accès au poisson comme source de nourriture et de revenus.

Durant son expédition, le bateau de Greenpeace Arctic Sunrise aurait documenté près de 126 bateaux de pêche (excepté les pirogues) ainsi que quatre reefers (bateaux congélateurs utilisés pour le transport du poisson). Sur les 93 bateaux étrangers documentés, les 61 étaient de l’Ue. Le rapport d’expédition de Greenpeace donne aussi un aperçu des types de bateaux rencontrés durant l’expédition et le point de vue de pêcheurs sénégalais et mauritaniens. La révélation est que les communautés de pêche locale assistent impuissantes à la réduction de leurs propres captures et à la destruction de leurs ressources marines par les opérateurs étrangers sans en tirer profit, en bénéficiant que de maigres revenus. Conscients de l’important apport des ressources halieutiques dans la lutte contre la pauvreté, la croissance économique et la sécurité alimentaire, les ministres des Pêches et de l’Aquaculture africains se sont retrouvés pour la première fois (du 20 au 23 septembre 2010) à Banjul, pour rechercher des solutions durables aux problèmes de la pêche en Afrique. Adama MBODJ

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Le 20 octobre 2010

Un bateau de pêche sud–coréen capturé par les pirates (Bruxelles 2)

Un gros bateau de pêche sud–coréen, battant pavillon du Kenya, le FV Golden Wave (aussi dénommé KEUMMI 305) aurait été capturé dans les eaux somaliennes le 9 octobre. Capture relatée par le programme d’assistance aux marins d’Afrique de l’Est (SAP) et confirmée, aujourd’hui par le QG de l’opération européenne anti–piraterie Atalanta. Le bateau comprend un équipage de 43 personnes (39 Kenyans, 2 officiers chinois et 2 sud coréens, le capitaine et l’ingénieur en chef). Selon l’ONG Ecoterra, le navire serait détenu au large d’Harardheere (Somalie centrale) et pourrait avoir opéré de façon illégale. L’ONG ajoute que ce bateau est « très bien connu depuis de nombreuses années pour ses activités de braconnage, comme l’association maritime Malindi au Kenya (MaMa-Sea) et ECOP Marine l’ont rapporté. Le navire a pénétré illégalement sur les zones de pêche somaliennes, à plusieurs reprises, en toute impunité depuis de nombreuses années » explique l’organisation qui souligne que le FV Golden Wave a couvert ses activités en allant également sur les rives du Kenya du Nord et au large de Malindi.

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Le 4 novembre 2010

La pêche illégale en Afrique : une véritable menace pour l’économie africaine (Afrique Expension)

La Sierra Leone a décidé d’interdire tous les navires de pêche étrangers dans ses eaux territoriales dans le but de combattre la pêche illégale qui fait « beaucoup de dégâts » à l’économie nationale. Selon le ministre sierra-léonais de la Pêche Joseph Koroma, cité par l’Afp, le pays perd 30 millions de dollars par an à cause de ces pêches illégales, non recensées et non régulées.

« Cette mesure met un terme à l’utilisation du pavillon de complaisance pour des bateaux appartenant à des étrangers, car les statistiques montrent qu’ils utilisent du matériel de pêche prohibé et opèrent dans les zones réservées à la pêche artisanale », a-t-il expliqué.

Le cas de la Sierra Leone n’est pas exceptionnel sur le continent africain. En effet, comme le soulignent certains experts, l’Afrique de l’Ouest, avec la faible capacité des gouvernements à faire respecter les règles et sa proximité de l’Europe, premier marché mondial pour le poisson, représente l’endroit rêvé pour la pêche clandestine. Même s’il faut reconnaître qu’aucune zone du globe n’est épargnée, il n’en demeure pas moins que le fléau touche spécialement les pays du Sud, notamment africains, qui ne disposent pas des moyens techniques et financiers pour contrôler efficacement leurs vastes espaces maritimes. Greenpeace, l’organisation de défense de l’environnement reconnaît dans un de ses rapports publiés récemment que l’Afrique est devenue, ces dernières années, une cible privilégiée des braconniers des mers. Elle pointe notamment du doigt les navires étrangers, essentiellement asiatiques et européens. En outre, un rapport du Fonds mondial pour la nature (WWF) estime à 10 milliards de dollars le « chiffre d’affaires » global annuel de la pêche illicite à l’échelle mondiale, faisant de cette filière, le deuxième producteur mondial de produits de la mer derrière la Chine. Près de 30% de ces produits extraits des océans ne figurent selon la FAO, dans aucune déclaration de capture…

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Le 10 novembre 2010

Madagascar : Pêche illégale: après les Taiwanais viennent les Portugais (tananews)

L’interpellation de quatre navires de pêche dans le territoire maritime de Madagascar n’a pas suffit à dissuader le « Baluero ». Ce bateau de pêche d’origine Portugaise a en effet été intercepté au large de la Sainte-Marie avec 70 710 kg de produits de pêche à son bord. 51 % de cette cargaison, soit plus de 38 tonnes s’agissait de requins, alors que l’opérateur ne dispose que d’une licence de pêche au Thon. Le « Baluero » étant actuellement ancré au port Ehoala à Fort Dauphin, le ministère de la pêche et des ressources halieutiques est en train de déterminer la somme des amendes contre cet opérateur, et les produits saisis feront prochainement l’objet d’un appel d’offres. Le Ministre Mandehatsara Georget d’affirmer que près de 286 millions d’ariary ont versés dans les caisses du Ministère de tutelle à titre d’amandes au cours des trois derniers mois. Et comme toujours tout le monde aura son compte à gagner, enfin, presque tout le monde.

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Le 11 novembre 2010

Malaisie et Singapour, ports d’appui des braconniers de légine australe

La Commission pour la conservation des ressources vivantes marines de l'Antarctique (CCAMLR) demande à la Malaisie et à Singapour de ne plus recevoir les bateaux inscrits sur la liste noire de la pêche illégale de légine australe.

« Ces braconniers sont en mesure de nuire à l'écosystème de l'océan Austral, parce qu'ils ont été en mesure de trouver des moyens pour écouler sur le marché de la légine capturée illégalement », a déclaré Rob Nicoll, responsable du WWF pour l'Antarctique et l'océan Austral. «Ces pêcheurs continueront de nuire aussi longtemps que des lacunes existeront. » Cette légine illégale, en hausse de 30 à 50 % au cours des quatre dernières années, est ensuite écoulée sur le marché chinois et Hong Kong. Source : Countries worldwide ask Singapore & Malaysia to shun toothfish poachers (Fis)

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Le 14 décembre 2010

Pêche illicite : 36 bateaux déroutés et saisis depuis le début de l'année en Guyane (Mer et Marine)

Dans le cadre de leur mission de lutte contre la pêche illégale fixée par le préfet de la région Guyane, les services en charge de l'action de l'Etat en mer ont intercepté, depuis le début de l'année, pas moins de 36 bateaux, qui ont été déroutés puis saisis. Les dernières opérations en date, menées notamment par la Marine nationale, les Affaires maritimes et la Douane, ont permis, le 9 décembre, d'intercepter trois tapouilles dans les eaux guyanaises….

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Le 23 mars 2011

Indonésie : Du maquereau importé illégalement par milliers de tonnes


Des milliers de tonnes de poissons de contrebande ont été saisis en Indonésie par le gouvernement. Les importateurs peu scrupuleux sont priés de retourner leurs marchandises sous 3 jours dans les pays d’origine notamment la Chine. Les autorités indonésiennes n’ont malheureusement pas indiqué l’origine première de ces maquereaux (peut-être de l’Atlantique nord-est ?).

La raison officielle qui pousse l’Indonésie à lutter contre les importations illégales, est la protection des pêcheries locales. L'Indonésie est l'un des 10 plus grands pays producteurs de poisson dans le monde, avec une consommation nationale d'environ 30,47 kg de poisson par habitant et par an. Le secteur halieutique indonésien vise une production de 27 millions de tonnes de poissons cette année… Soit plus de 30 fois la production française ! Thejakartpost : Importers told to return tons of illegal fish

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Le 31 mars 2011

Mozambique : Deux thoniers senneurs français coupables de sous déclarations de leurs captures dans la ZEE du Mozambique


France Terre - SAPMER (La Réunion)

Avel Vad - CMB (Concarneau)

Un contrôle des captures de thon en 2010 dans la ZEE du Mozambique effectué par la direction générale de l'administration des pêches du Mozambique fait apparaître deux infractions graves commises par les senneurs Avel Vad de Concarneau et Franche Terre de la Réunion. Ces infractions constituent une violation à la fois des lois mozambicaines et des dispositions de l'accord de pêche signé en 2007 entre l'Union européenne et le Mozambique. Source : Ministère des pêches, République du Mozambique, 10 mars 2011. Pour plus d'informations : Collectif Pêche et Développement


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Le 8 avril 2011

La France lutte contre la pêche illégale... Les armements français pratiquent la pêche illégale....

On est toujours mieux servi chez le voisin !!!

Polynésie française : Pêche illégale : 47 milliards Fcfp d’enjeu (Les Nouvelles de Tahiti)

L’administration maritime a présenté hier à la base navale, le bilan de l’opération internationale Tautai. Six zones du Pacifique situées entre les ZEE de Kiribati, des Cook et de la Polynésie jusqu’au nord des Marquises, ont été ratissées du 16 au 24 mars. Si aucune infraction n’a été constatée dans notre zone, l’opération se voulait avant tout dissuasive contre la pêche illégale, qui représente 47 milliards de Fcfp.

L’opération avait trois objectifs : dissuader la pêche illicite, renforcer la coopération régionale et l’émergence du centre maritime commun (CMC).

La pêche en termes de poids économique dans le Pacifique représente environ 155 milliards de Fcfp et la pêche illégale, environ 47 milliards de Fcfp

Le nord des Marquises est tout particulièrement surveillé puisqu’il se trouve proche de la “tuna belt”

Plus de trois millions de tonnes de thon (soit 70% des prises mondiales) sont capturées dans l’Océan Pacifique (source : Espace des sciences). Et quand on sait que la ZEE (zone économique exclusive) de la Polynésie représente une surface de cinq millions de kilomètres carrés à surveiller, soit la moitié de l’ensemble des ZEE françaises, on a une petite idée de l’enjeu pour la Polynésie et la France.

“La pêche en termes de poids économique dans le Pacifique représente 1,3 milliard d’euros. La pêche illégale 400 millions d’euros, ce qui n’est pas anodin”, rapporte le commandant de la zone maritime de Polynésie française, Bertrand Mopin, qui présentait hier les résultats de l’opération internationale de contrôle et de surveillance, baptisée Tautai. À cette occasion six zones ont été ratissées entre la ZEE de Kiribati, celle des Cook et celle de la Polynésie, avec une concentration des efforts sur le nord des Marquises. Une zone fréquentée par des bateaux principalement chinois et nord-coréens, selon le commandant.

Le nord des Marquises est tout particulièrement surveillé puisqu’il se trouve proche de la zone dite “tuna belt” qui abriterait environ 50% des réserves mondiales de thonidés migrateurs. “Les experts estiment que si rien n’est fait au niveau des grandes puissances pour lutter contre la pêche illégale, en 2035 on aura épuisé le stock de grands migrateurs de thonidés dans le monde” avertit Bertrand Mopin. Les retombées économiques et environnementales sont donc importantes pour la Polynésie française et pour les états riverains. Bilan : 19 navires de pêche ont été contrôlés en huit jours, dont quatre en infraction. Si aucune infraction n’a été constatée dans notre ZEE, l’opération multinationale Tautai aura surtout permis une action dissuasive contre la pêche illicite. Avec des moyens en majorité français (Le Prairial, La Railleuse, La Tapageuse et deux Gardian), la Marine confie avoir travaillé principalement à l’extérieur de notre ZEE, histoire de “montrer qu’on exerce un contrôle”. Le cotre des garde-côtes américains, un C130 américain et le patrouilleur des Cook, Te Kukupa, ont également participé à l’opération.

Une opération qui visait également à “renforcer la coopération régionale en matière de police des pêches”. Ainsi l’opération a associé les États-Unis, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, les îles Cook et la France. Par la même occasion, cette opération devrait permettre de renforcer le centre maritime commun (CMC) de la Polynésie, basé à Taaone….

Du thon débarqué à Maurice sous déclaré au Mozambique par des navires français (L’express mu)

Deux navires français se sont retrouvés dans la ligne de mire de Maputo. Ils sont accusés de n’avoir pas déclaré des prises qui ont été transbordés à Maurice, à Madagascar et aux Seychelles.

Des navires français pêchant dans les eaux territoriales mozambicaines ont fait une fausse déclaration de capture durant l’année 2010. Conséquence, Maputo a souffert d’un manque à gagner et une bonne partie de ces prises ont fini par se retrouver aux Seychelles, à Madagascar et à Maurice. C’est ce qui a été révélé par le ministère mozambicain au moment où le sommet de la Commission des thons de l’océan Indien s’ouvrait à Colombo, au Sri-Lanka, il y a quelques jours. Alors que onze navires français opèrent sous les parallèles 10°32 et 20°, deux d’entre eux, à savoir l’Avel Vad et la Franche Terre, sont accusés de fraude.

Le premier navire appartient à la CMB, à Concarneau, dans le Finistère, alors que la seconde est la propriété de la Sapmer, une entreprise basée à la Réunion mais qui a aussi des intérêts à Maurice. Il est reproché à l’Avel Vad de n’avoir pas déclaré 71 tonnes de thon contre 58 tonnes pour la Franche-Terre. A l’hôtel du gouvernement, l’on explique n’avoir jamais été averti de cette affaire et que si faute il y a, des sanctions seront prises. D’autant que Maurice est un membre actif de la Commission des thons de l’océan Indien et n’a pas hésité à collaborer avec les Françaisdans l’affaire des légines pêchées dans les mers australes il y a quelques années. Cependant, chez les Français eux-mêmes, c’est un autre son de cloche. La Sapmer a fini par reconnaître son tort après avoir appris par une coupure de presse mozambicaine du délit qui lui est imputé. Au Quotidien de la Réunion le vendredi 25 mars dernier, le directeur général de la Sapmer, Yannick Lauri, fait ressortir que « cela n’aurait pas dû arriver ».

Après avoir eu confirmation des accusations auprès de Maputo, la firme a promis de payer l’amende qui lui a été imposée, sous peine de ne plus pouvoir pêcher dans les eaux mozambicaines et se voir saisir son navire. L’infraction, précise-t-il, n’a pas été intentionnelle, une erreur de positionnement du Franche-Terre étant survenu au moment de la pêche.

Cette affaire est très embrassante pour les Français, d’autant qu’elle est tombée à un moment où l’Union européenne va renégocier les accords de pêche avec le Mozambique. Elle a d’ailleurs été au menu des discussions au sommet de la Commission des thons de l’océan Indien. La France a frisé l’incident diplomatique dans cette affaire, le Mozambique ayant estimé que cette falsification de données constituent non seulement une infraction mais une remise en question des accords passés en 2007 avec l’Union européenne.

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Le 18 avril 2011

Safeway pour la légine australe (Jdle)

Fidèle à son credo de ne pas vendre d’espèces menacées, Safeway vient de prendre un nouvel engagement en la matière. Le distributeur américain vient d’annoncer qu’il n’achèterait plus de légine australe (Dissostichus eleginoides) pêchée dans la mer de Ross, en Antarctique. Parallèlement, Safeway encourage les 36 pays membres (dont la France !) de la Convention sur la conservation de la faune et la flore marines de l'Antarctique à déclarer zone maritime protégée la mer de Ross.

Initiée au milieu des années 1990, la pêche de la légine ne cesse de se développer. Selon les années, les captures ont oscillé entre 5.000 et 17.000 tonnes, rapporte une note du secrétariat de la convention. Poisson à la chair très appréciée des consommateurs, américains et japonais notamment, la légine fait aussi l’objet d’un important braconnage. Selon Traffic, le volume de légines illégalement pêchées représente de 14 à 23% des quotas officiels selon les années. Habituée des grands fonds (on la trouve à plus de 2.000 mètres de profondeur), la légine est encore peu connue des scientifiques. Raison de plus pour ne pas réduire ses stocks à néant.

http://www.ccamlr.org/pu/E/e_pubs/fr/10/appF.pdf

http://www.traffic.org/fisheries/

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Le 20 avril 2011

Pêche illégale : Saisie record de 1.100 tonnes de poissons à Las Palmas aux Canaries

Plus de 4,5 millions d’euros de poulpes, calmars, soles, crevettes et mérous ont été interceptés par les autorités espagnoles au port de Las Palmas dans les îles Canaries suite à une information communiquée par l’Environmental Justice Foundation, une ONG reconnue pour son travail dans la lutte contre la pêche illicite en Afrique de l’Ouest.

Comme beaucoup de bateaux impliqués dans la pêche pirate, les trois chalutiers inspectés (sous pavillon sud-coréen, chinois et panaméen) ont choisi Las Palmas considéré comme l’une des portes d’entrée les plus sures et les plus rentables pour écouler les captures de la pêche illégale pratiquée sur la côte ouest africaine.

Sans l’alerte de l’ONG, ces produits de la mer auraient suivi un circuit de commercialisation bien rôdé depuis les usines de transformation de Las Palmas où ces prises illégales sont blanchies en passant au registre des captures espagnoles, jusqu’à l’assiette des consommateurs européens.

Cette prise, d'une valeur estimée à plus de 4,5 millions d'euros, est la plus importante réalisée depuis le lancement par Bruxelles d'un plan pour combattre la pêche illégale. « Ces bateaux de pêche pourraient être totalement interdits de commerce avec l'UE, » a déclaré Maria Damanaki, commissaire aux affaires maritimes et de la pêche. « La pêche illégale est un cauchemar. Un grand nombre de pays perdent de l'argent à cause de cette pratique pendant que nous parlons d’aide au tiers monde ; si nous arrêtions la pêche illégale la population de ces pays pauvres en bénéficierait. » The Guardian : Fish une valeur de £ 4m saisis lors de la répression de l'UE sur la pêche illégale

Rappel à l’ordre ?

Le directeur des pêches et de l'aquaculture espagnol, Alejandro Polanco, s'est entretenu le 29 avril 2011 avec le délégué du Gouvernement des îles Canaries, Dominique Fernandez, le président de l'Autorité portuaire de Las Palmas, Javier Sánchez-Simon et des représentants d'associations d'entreprises sur le port, afin de résoudre le problème des débarquements de poissons dans les îles Canaries par les navires étrangers.

L'emplacement stratégique du port de Las Palmas en Atlantique Centre-Est, au carrefour de l'Europe, de l’Afrique et de l'Amérique, et à proximité des lieux de pêche d’Afrique de l'Ouest, signifie que de nombreuses flottilles des pays tiers utilisent les installations des Canaries comme centre d’opérations , ce qui entraîne l'arrivée d'un grand volume de biens et de produits de la pêche.

Alejandro Polanco rappelle que depuis le 1er Janvier 2010, les règles de l'UE en matière de pêche illicite, sont applicables et notamment des contrôles spécifiques à l’entrée des produits de la pêche issus de pays tiers…. Agrocope : El MARM estudia medidas para garantizar el cumplimiento de la normativa en la descarga de pescado

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Le 20 mai 2011

FishPopTrace lutte contre les falsifications d’identité

Un constat : une proportion très importante des poissons est présentée sur les étals sous une fausse identité... Pour différentes raisons : prix, disponibilité, pêche illégale,....

Solution : FishPopTrace, la police criminelle du poisson

Etiquetage mensonger des poissons vendus sur nos étals

Publiée dans la revue Frontiers in Ecology and the Environment, une récente étude menée dans les magasins et les supermarchés de Dublin, en Irlande, révèle qu’un quart des poissons vendus sous l’appellation de morue ou d’églefin n’en sont pas.

Afin de procéder à l’identification des espèces des poissons vendus dans les « fish and chip », les poissonneries et les supermarchés de 10 banlieues de Dublin, ces travaux ont recouru à la technique du code-barre ADN. On a ainsi pu extraire des tissus de morue et d'églefin fumés, frits, en beignets, frais et congelés, et comparer les séquences des gènes avec celles de plusieurs bases de données.

Au final, 39 des 156 produits vendus sous l'étiquette « morue » ou « églefin » étaient, en réalité, issus d'autres espèces. Pour les seuls poissons fumés, la proportion d'étiquetage erroné a représenté 28 échantillons sur 34, soit plus de 80 %. Environ un quart des échantillons de morue étaient vendus sous l'étiquette d'églefin (et réciproquement), de goberge (colin d'Alaska), de merlu blanc ou de morue bleue. On a, par ailleurs, constaté des cas où la morue du Pacifique était commercialisée sous l'étiquette de morue de l'Atlantique.

Pour la doctorante Dana Miller de l'University College Dublin, membre de l’étude, les résultats observés prouvent l'échec de l'application de réglementations strictes pour l'Union européenne.

Toutefois, ce problème ne concerne pas que l’Europe, comme en témoignent d’autres études américaines s’étant également penchées sur la question de l’étiquetage des poissons disponibles à la vente. Appliquant la même méthode d’analyse que dans le cas irlandais, une équipe de l'université de San Diego de Californie aux États-Unis a découvert que 25 % des appellations des poissons servis dans des restaurants de New York étaient fausses.

Pour Mlle Miller, la dimension mondiale de ce phénomène pourrait réduire à néant les efforts réalisés en faveur de la reconstitution des stocks de poissons fragilisés. En effet, « La falsification de l'étiquetage des poissons s'accompagne de nombreux problèmes, par exemple celui de faire croire à la disponibilité du vivaneau rouge aux États-Unis en dépit de l'appauvrissement des stocks ». De même, en Irlande, l’abondance de poissons vendus sur les étals comme étant de la morue pourrait induire en erreur les consommateurs, en leur faisant croire, à tort, à son abondance dans la nature.

Pour le Dr Stefano Mariani de l'University College Dublin, autre auteur de l’étude, la traçabilité des stocks de poissons relève également du droit fondamental du consommateur à savoir ce qu’il achète : « Le consommateur doit pouvoir acheter en sachant qu'il obtient bien ce pour quoi il paie, surtout lorsque le produit est vendu dans l'UE où de nombreuses réglementations d'étiquetage et de suivi sont déjà en place. » Point positif tout de même, il ajoute que la traçabilité des stocks des poissons deviendra plus abordable et disponible grâce aux progrès rapides en bioinformatique.

« On peut espérer que ceci facilitera le bon étiquetage des poissons et encouragera la transparence dans le secteur », conclut le Dr Mariani. « En retrouvant la confiance envers les détaillants et les décideurs politiques, le secteur de la pêche peut devenir une activité durable à l'échelle mondiale. » Source : Univers Nature

Fishpoptrace, la police criminelle du poisson

Les nouvelles technologies basées sur la biologie moléculaire, la génétique, la microchimie et la criminalistique offrent d’importantes possibilités d’applications variées liées à la gestion des pêcheries et à la conservation des ressources. Toutefois, il manque toujours une approche compatible au transfert de ces nouvelles technologies à ces applications. D’importants enjeux liés aux pêcheries peuvent être abordés par les méthodologies émanant de FishPopTrace, notamment l’évaluation, la modélisation et la surveillance de :

  • la biodiversité,
  • les aires marines protégées,
  • l’aquaculture,
  • l’estimation des stocks,
  • l’augmentation des stocks d’origine marine,
  • la détection des poissons génétiquement modifiés

Une nouvelle méthode permettrait d'identifier l'origine des poissons et de réduire l'activité illégale...

Colin, cabillaud, sole ou hareng soumis à des tests ADN: l’idée du consortium de scientifiques, nommée FishPopTrace, pourrait être une solution à la pêche illégale. En reconstituant le patrimoine génétique des poissons selon leur habitat naturel, les quinze scientifiques qui ont travaillé sur le projet assurent qu’il serait maintenant possible de connaître la provenance exacte d’un poisson par un simple test ADN, rapporte le New Scientist. Une méthode qui pourrait empêcher la revente de poissons pêchés dans les zones fermées à la pêche ou hors quotas.

Les résultats des travaux du consortium ont été présentés à Bruxelles mercredi, après trois années de séquençage du génome des poissons. Le cabillaud et le hareng d’Atlantique, le colin européen ou encore la sole commune ont été étudiés par les chercheurs pour identifier les centaines de variations de leur ADN dues à leur milieu naturel. Dans une même espèce, des différences infimes dans le patrimoine génétique permettraient de connaître le groupe d’origine des poissons.

Un outil de dissuasion de la pêche illégale

«L’identification des espèces et des zones de pêche est la base des programmes de pêche durable», explique Blake Lee-Harwood, membre de l’ONG Sustainable fisheries partnership.Grâce au système FishPopTrace, une simple puce permettrait de rechercher les caractéristiques marquant l’origine des poissons. Simple et efficace contre la fraude selon Jann Martinsohn, de la Commission européenne: «Les pêcheurs se demandent parfois si ça vaut la peine de se soumettre à des règles qui vont les désavantager par rapport à ceux qui ne les respectent pas. Cet outil sera très efficace pour les en dissuader.»

Le cabillaud de l’Atlantique fait l’objet d’un suivi précis de la part des autorités, qui redoutent un épuisement de l’espèce comme cela s’est produit dans la mer du Nord. En 2005, le WWF estimait que 100.000 tonnes de cabillaud était pêchées illégalement chaque année en mer de Barents. Malgré les réglementations européennes sur l’indication de l’origine des poissons et les contrôles effectués de visu, la pêche illégale perdure. Et inquiète particulièrement les Européens cette année avec la fermeture des eaux libyennes à la pêche au thon rouge: les thoniers censés rester au port pourraient bien être tentés d’échapper aux contrôles. Audrey Chauvet de 20 Minutes

Référence et plus d'informations :

Miller, D., and Mariani S. (2010) Smoke, mirrors, and mislabelled cod: poor transparency in the European seafood industry. Frontiers in Ecology and the Environment (sous presse), publié en ligne le 21 avril. DOI: 10.1890/090212.

Documentation sur FishPopTrace, cliquer Ici

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Le 20 juin 2011 : Algérie

Les marins pêcheurs ont énergiquement dénoncé ce fléau qui gangrène et qui menace sérieusement leur source de vie.

La pêche à la dynamite prend de plus en plus d’ampleur au point de devenir une pratique banalisée. C’est du moins ce qui ressort d’une journée de sensibilisation organisée la semaine écoulée au niveau de la maison de jeunes et animée par M.Bellot Hocine président du comité national des marins pêcheurs en présence du commandant du groupement territorial des garde- côtes. D’emblée, M.Bellout Hocine a attiré l’attention de l’assistance sur les conséquences préjudiciables découlant de la pêche interdite par la réglementation à savoir la pêche dans les zones de fraie pendant la période du repos biologique, l’utilisation des filets pélagiques à cordes, les filets dérivants et notamment l’utilisation de la dynamite devenue une pratique courante.

«Un bâton de dynamite tue toute vie sur un rayon de 5km pendant 50 ans», révèle l’orateur. Tout au long de son intervention, le président a tenté d’expliquer à son auditoire que les pêcheurs qui utilisent cette pratique, ceux qui la cautionnent, sont en train de détruire leur source de vie, porter atteinte à l’économie du pays et mettre en péril la richesse de la faune et de la foire de notre côte. Il justifie ses déclarations en évoquant la forte baisse de la production halieutique que connaît le secteur ces dernières années. «La production annuelle, à en croire les statistiques émanant du ministère de la tutelle, est estimée à 170 000 tonnes /ans, alors que les pays riverains, le Maroc et la Tunisie, produisent respectivement 1,5 millions et 650 000 tonnes /ans», indique M.Bellout.

Atteinte au milieu marin

Le manque de confiance qui s’est peu à peu installé entre les marins pêcheurs et les différents intervenants dans le secteur, la peur de se retrouver au chômage expliquent clairement l’incapacité ou le manque de volonté à dénoncer les massacreurs. Les débats ont porté aussi sur les conditions socioprofessionnelles des gens de mer. Toutefois, M.Bellout a regretté l’absence des responsables de la pêche, des autorités locales qui auraient pu alimenter ces débats et réfléchir sur les mesures à prendre pour lutter efficacement contre ce fléau.

Pour sa part, le commandant du GTGC a mis en garde les marins pêcheurs sur les peines qu’ils encourent en pratiquant la pêche illicite sous toutes ses formes. À l’unanimité, les marins pêcheurs, qui ont pris part à cette rencontre, organisée à l’initiative du comité national des marins pêcheurs bureau de Tlemcen, ont énergiquement dénoncé ce fléau qui gangrène et qui menace sérieusement leur source de vie. Cette prise de conscience, qui est en train de prendre forme dans le milieu marin, est-elle un point de départ d’une lutte pour éradiquer ce phénomène dévastateur ? Voilà une question qui reste en suspens tant les marins pêcheurs que nous avons approchés ont manifesté un certain scepticisme quant à la mise en place d’une véritable action de lutte contre ce fléau.

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Le 30 juin 2011


Le Ruang Lap No 8 a été intercepté à 365 miles nautiques au Nord-Est de Maurice. Le bateau avait des thons, des requins, des carangues et des sacrés-chiens dans sa cale. Il devra toucher Port-Louis le samedi 2 juillet.

Un exercice de surveillance conjointe par la marine indienne et les gardes-côtes mauriciens dans notre Zone économique exclusive (ZEE) a permis de prendre un chalutier en flagrant délit de pêche illégale sur les Bancs de Nazareth ce mardi 28 juin.

Parti en patrouille le dimanche 19 juin, l’INS Shardul a croisé la route du Ruang Lap No 8 tard dans la nuit du mardi 28 juin. En fait, son radar a détecté le chalutier à environ 365 miles nautiques au Nord-Est de Maurice et une petite vérification avec Port-Louis a permis d’établir que les autorités mauriciennes ne lui ont pas délivré de permis de pêche.

Avec les dix gardes-côtes, les trente soldats de la Special Mobile Force (SMF) et 2 officiers du ministère de la Pêche à son bord, les officiers de l’INS Shardul ont investi le chalutier et découvert que sa cale était remplie de thons, de requins, de carangues, de sacrés chiens et d’autres poissons.

Le capitaine n’ayant pu certifier la provenance de ses prises, il a été informé qu’il devra faire route vers la rade de Port-Louis, sous l’escorte de l’INS Shardul. Avec ses 28 membres d’équipage, le Ruang Lap No. 8 devra être à quai ce samedi 2 juillet.

Au pire, l’armateur devra régler une caution d’un million de dollars pour pêche illégale dans la ZEE mauricienne. La prise devra être saisie et les marins forcés de rester à bord du chalutier.

L’INS Shardul devra reprendre la mer le lundi 11 juillet pour poursuivre sa mission de surveillance.

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Le 5 juillet 2011

Cameroun : La pêche aux produits chimiques fait des victimes (Mutations)

Malgré l’interdiction des autorités, les poissons pris à la Gamaline sont vendus au détriment de la santé des clients. Il y’a six semaines, une information diffusée à la Crtv Littoral indiquait que quatre personnes ayant consommé du poison cuit dans le Mbongo auraient été intoxiquées. Un décès aurait été enregistré avec pour cause, la consommation de ce poisson pêché à la Gamaline (pesticide). Une affaire qui vient nourrir le torrent des intoxiqués régulièrement enregistré dans les hôpitaux de Douala.

Pourtant plusieurs fois, il a été annoncé l’interdiction de la pêche avec la Gamaline au Cameroun et plus particulièrement sur le fleuve Wouri. Or sur le terrain, la pêche aux produits chimiques n’a pas pour autant disparu. «En mer, il y a des endroits où les pêcheurs nigérians pêchent à l’aide de la gamaline.

Ce sont des endroits un peu cachés avec des arbres. Ils jettent de la gamaline pendant la marée basse. Celle-ci tue les poissons qui remontent à la surface pendant la marée haute. Et lorsque la marée est à nouveau basse, ces pêcheurs nigérians viennent ramasser le poisson», confie le pêcheur Frankson Abiassou.

Une note d’information signée conjointement par le chef de Centre d’alevinage et de contrôle des pêches (Cacp) de Youpwe, du régisseur du marché de Youpwe et par le chef de poste de police de Youpwe, précise : « Les opérateurs du secteur poissons frais (pêcheurs, grossistes, détaillants et usagers) sont informés qu’à compter dû 17 juin 2011, certaines dispositions ont été prises. Tout produit d’origine halieutique destiné à la commercialisation devra au préalable être soumis à l’inspection sanitaire, vétérinaire avant toute vente. En outre, toute personne surprise entrain d’exercer avant 6h s’expose à des poursuites judiciaires.»

Poison

Sur le terrain, les agents sanitaires et les vétérinaires sont en poste au marché de la base navale, au marché d’Essengue et au marché de Youpwe, les principaux points de vente du poisson fraîchement sorti de l’eau à Douala. «Depuis la découverte de la cargaison du poisson pêché aux produits chimiques, la police maritime contrôle la pêche en mer, tandis que les vétérinaires contrôlent la qualité du poisson dès qu’il est débarqué des pirogues», informe l’agent du poste de police de Youpwe.

La vente de ce poisson, bien qu’interdite, est toujours effective dans nos marchés. «Le poisson pêché à la Gamaline a la bouche ouverte. Ce poison étouffe le poisson qui à la recherche de l’air meurt la bouche ouverte. En plus il coûte moins cher que le bon poisson capturé de façon artisanale», conseille Frankson Abiassou, pêcheur à Youpwe.

Toutefois, la mauvaise qualité du poisson ne résulte pas seulement de la pêche aux produits chimiques. «Un poisson de mauvaise qualité n’est pas seulement celui pêché avec la gamaline, il peut être aussi de mauvaise qualité à cause du temps qu’il passe dans les pirogues en mer», explique Fabrice écailleur de poissons.

Même si les revendeuses de poissons dans les marchés situés au bord de la mer se défendent de posséder les poissons pris à l’aide de la gamaline, certains clients se rétractent. «J’étais une grande consommatrice du poisson de Youpwe. Mais depuis qu’il est de mauvaise qualité avec les produits chimiques utilisés par certains pêcheurs, je ne le mange plus», avoue Gaëlle Donfack. La fréquentation au marché du Youpwe a considérablement diminué de ce fait. «Les commandes des restaurateurs ont été divisées par deux ou trois parfois. Depuis que la radio a annoncée que des personnes ont été intoxiquées au poisson tué à la», confie une vendeuse au marché de Youpwe.

------ 19 juillet 2011 ------

Pêche pirate en Afrique

Selon l’organisation Environmental Justice Foundation (EJT) qui arme un navire de surveillance dans les eaux d’Afrique de l’Ouest :

  • Les pêcheurs pirates capturent chaque année dans les eaux africaines pour une valeur estimée à 1 milliard de dollars de poissons,
  • Les pêcheurs de la Sierra Leone capturent moins de poisson en raison des navires de pêche illégale,
  • Jusqu'à 16% des importations de l'UE provient de sources illégales en 2009.

Pour plus d’informations : 'Pirate' fishermen looting West African waters (Cnn)

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Le 14 septembre 2011

La lutte contre la pêche illégale se poursuit (info.re)

Les patrouilleurs français, seychellois et malgaches de surveillance des pêches unissent leurs efforts dans le cadre de la mission régionale de surveillance des pêches menée dans le Sud-Ouest de l’Océan Indien. Cette opération qui a démarré le 27 août dernier vise à contrôler les activités de pêches maritimes.

Les patrouilleurs français Osiris et malgache Atsantsa mènent une opération conjointe de surveillance des pêches maritimes. Les deux bâtiments parcourront ensemble plus de 17 000 kilomètres, ce qui représente un demi-tour du monde. Le patrouilleur seychellois Maya Dugong, le patrouilleur malgache Tendromaso et le patrouilleur mauricien Guardian participeront également à l’opération.

Au travers de cette mission, il s’agit pour les autorités de maîtriser davantage les activités de pêches dans leurs espaces maritimes. Et le défi est grand dans la mesure où cette surface représenté plus de 5 millions de km2, soit deux fois la mer Méditerranée.

Mis en place en 2007, le dispositif régional de surveillance a pour objectif la lutte contre la pêche illégale et la promotion d’une pêche durable et responsable. A l’occasion d’un point presse organisé ce mardi, le Préfet de La Réunion Michel Lalande s’est félicité de la mise en commun des moyens et des compétences, insistant sur le modèle d’intégration régionale que cette collaboration symbolise.

Au coeur de ce dispositif de surveillance, les patrouilleurs Osiris et Atsantsa affichent de très bons résultats. A eux seuls, ils ont arraisonné cinq navires en situation illégale. Ce plan régional de surveillance, résultat d’un partenariat entre la Commission de l’Océan Indien et l’Union Européenne, a nécessité un budget de 10 millions d’euros sur la période 2007-2011.

Résultats du plan régional 2007-2009 :

  • 502 jours de patrouille en mer ;
  • 144 contrôles à la mer ;
  • 11 PV d’infractions ;
  • Arraisonnement d’un navire à Madagascar et d’un autre aux Seychelles.

Les autorités entendent renforcer les effectifs et accentuer la surveillance des activités de pêches maritimes pour éradiquer le braconnage.

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Le 5 octobre 2011

Kamtchatka : 18 tonnes de caviar rouge saisis (Voix de Russie)

Les gardes-frontières, la police et les agents du FSB ont saisi une importante cargaison de caviar rouge au large de la presqu'île de Kamtchatka. Elle était préparée pour transport maritime vers Petropavlovsk-Kamtchatski depuis la côte Est de la presqu'île, informe ITAR-TASS.

Lors de la visite du navire de pêche Gritan, qui s'appêtait à partir le 4 octobre de la baie d'Ossora, les gardes-frontières et les inspecteurs de la pêche ont découvert dix-huit tonnes d'œufs de saumon et plus de dix tonnes de salmonidés. Le convoyeur de la cargaison a présenté une carte de police, expliquant que le caviar et le poisson étaient confisqués aux braconniers et seront maintenant remis pour stockage à la SA Galatée-Khabarovsk, dont le représentant se trouve également sur le navire. L'authenticité des papiers étant douteuse, les gardes-frontières ont averti de leur visite la police, le FSB et le parquet. Lorsque les agents de sécurité et les policiers se sont rendus sur place, l'homme a tenté de nier les faits, indiquant qu'il n'a présenté aucun document et n'avait rien à voir avec la cargaison. Lors de la visite du navire, les agents ont découvert à bord du Gritan deux autres personnes, qui s'occupaient du covoi de la cargaison, sans pouvoir présenter des documents de transport valides.

Le caviar rouge et les saumons ont été confisqués et mis sous surveillance par les autorités. Les quatre faux convoyeurs ont été conduits au commissariat d'Ossora pour enquête.

------ 13 octobre 2011 ------

Agence internationale de lutte contre la pêche illégale

Les pêcheries de petits pélagiques sont de plus en plus précieuses. Elles sont ciblées par les armements internationaux dans les ZEE mais aussi au-delà des 200 miles. Des organisations comme Pew charitable trusts demande la mise en place d’une Agence internationale de lutte contre la pêche illégale pour contrôler l’activité de ces grands armements comme le chinois Pacific Andes ou le néerlandais Parlevliet & van der Plas.

Devant cette proposition, l’industrie de la pêche fait la sourde oreille….


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Le 7 novembre 2011

Combattre la pêche illégale au niveau mondial

Rapport sur la lutte contre la pêche illégale au niveau mondial - le rôle de l'UE

(2010/2210 (INI)) du 18 octobre 2011

Comité de la pêche

Rapporteur: Isabelle Lövin

Pour accéder à tout le dossier et au rapport, cliquerPECH (en Fr) et FISH (plus de détail en En)

Agir sur le plan international pour lutter contre la pêche illégale (europarl.europa.eu)

La pêche illégale perturbe non seulement les marchés des pêcheurs et des consommateurs européens, mais elle menace également de détruire la biodiversité des océans, a averti la commission de la pêche mardi. La pêche illégale représente environ 15% des prises mondiales, soit entre 11 et 26 millions de tonnes chaque année. Le rapport d'initiative de la commission appelle l'UE à promouvoir des actions internationales en vue de maintenir les stocks de poisson au niveau mondial.

Compte tenu de la mobilité élevée des stocks de poissons et des flottes de pêche, seule une coopération internationale permettra de lutter efficacement contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN), déclarent les députés, soulignant que l'UE, en tant que plus grand importateur de produits de la pêche du monde, devrait jouer un rôle clé en vue de mobiliser la communauté internationale dans la lutte contre la pêche INN.

La pêche illégale représente environ 15% des prises mondiales, soit entre 11 et 26 millions de tonnes chaque année, ce qui rend impossible une gestion durable de l'exploitation des ressources marines, selon le texte. Outre la menace qui pèse sur la viabilité des stocks de poisson et sur la sécurité alimentaire, qui touche tant les consommateurs que les communautés de pêcheurs, la pêche illégale constitue une source de concurrence déloyale pour les pêcheurs qui respectent les règles, explique le rapport.

"L'Union européenne doit faire davantage en vue de promouvoir une coopération internationale efficace pour lutter contre la pêche illégale", a déclaré le rapporteur Isabella Lövin (Verts/ALE, SE), soulignant que "nous devons garantir que les opérateurs sans scrupules ne puissent pas simplement changer le drapeau de leur navire pour éviter leurs responsabilités. Alors que de nombreux stocks de poissons sont déjà sérieusement menacés dans le monde entier, la pêche illégale pourrait être la goutte d'eau qui fait déborder le vase".

Imposer des sanctions aux États négligents

Alors que des outils technologiques existent désormais pour contrôler et prévenir la pêche illégale, c'est la volonté politique qui fait défaut, déclarent les députés. La commission parlementaire invite instamment la Commission européenne et les États membres à mettre la question en avant sur la scène internationale, comme à l'OMC, et appelle à des sanctions contre les États qui ne respectent pas leurs obligations internationales, par exemple en assurant que les vaisseaux qui battent leur pavillon respectent les règles.

La commission a également déclaré que l'aide octroyée via le système de préférences généralisées de l'UE ne devrait être allouée que si le pays candidat respecte les règles de la FAO et de l'ONU visant à lutter contre la pêche INN, et que la Commission et les États membres devraient accroître l'aide financière et technique dédiée aux programmes de surveillance dans les eaux des pays en développement.

Fermer les marchés aux produits issus de la pêche illégale

Dans la mesure où deux tiers des océans échappent aux juridictions nationales, de nouvelles mesures sont nécessaires, telles que l'enregistrement obligatoire des navires de pêche de plus de 10 GT (tonnage de jauge brute), un programme mondial de certification des captures, l'échange d'informations sur les activités des navires au niveau international, le contrôle des importations, et un accord sur la fermeture des marchés aux produits de la pêche capturés illégalement, déclarent les députés.

Pour être efficaces, de telles mesures doivent être soutenues par les grands marchés des produits de la pêche. Les députés exhortent l'UE à consulter les grands États de commercialisation, tels que les États-Unis, le Japon, et la Chine, en vue de définir, probablement sous l’égide de l'OMC, des instruments juridiques internationaux afin de mettre un terme au commerce relevant de la pêche INN, de le poursuivre et de le sanctionner.

Autres mesures

En outre, les députés souhaitent que l'UE établisse un registre des navires de pêche autorisés à pêcher et dresse une liste noire des navires impliqués dans la pêche illégale. Ils préconisent également la multiplication des inspections en mer, la mise en place de schémas de documentation des captures, l'interdiction des transbordements, l'utilisation obligatoire de systèmes de surveillance de navires par satellite (SSN), et le renforcement des organisations régionales de gestion des pêches, en vue de couvrir toutes les pêcheries en haute mer.

Prochaines étapes

La commission parlementaire a voté unanimement en faveur du rapport (20 voix pour). Le Parlement dans son ensemble se prononcera sur les recommandations lors de la session plénière du 14 au 17 novembre à Strasbourg.

Sous la présidence de: Carmen FRAGA ESTÉVEZ (PPE, ES)

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Le rôle de l'Union européenne dans le combat contre la pêche illégale au niveau mondial (touteleurope.eu)

Lors de la première session plénière du Parlement européen de novembre, l'eurodéputée Isabella Lövin (Suède, Verts/ALE) présentera son rapport sur le rôle de l'Union européenne dans la lutte contre la pêche illégale au niveau mondial. Ce phénomène concerne entre 11 et 26 millions de tonnes de poisson par an, soit au moins 15 % des captures mondiales. Cette situation aboutit à de grosses pertes économiques, et les répercussions sur l'emploi dans ce secteur sont importantes. De plus, le contrôle des ressources marines est fortement remis en cause.

La législation européenne en la matière comprend déjà deux règlements : le règlement 1005/2008 établissant un système communautaire destiné à prévenir, à décourager et à éradiquer la pêche illicite, non déclarée et non réglementée, et le règlement 1224/2009 instituant un régime communautaire de contrôle afin d’assurer le respect des règles de la politique commune de la pêche.

Reconnaissant l'importance de cette législation, le rapport préconise toutefois l'adoption de nouvelles mesures sur ce que l'Union européenne pourrait mettre en œuvre, cette fois-ci dans les forums mondiaux appropriés. En effet, en raison du caractère transnational de ce phénomène, la lutte contre la pêche illégale doit être également pensée aux niveaux bilatéral et multilatéral.

La nécessité de plus de transparence dans ce domaine

La sécurité des aliments pour les consommateurs est un des thèmes abordés par ce rapport. Il propose d'améliorer la transparence en matière de traçabilité des poissons pêchés. A cette fin, il est demandé à la Commission européenne et aux Etats membres d'améliorer les différents labels alimentaires, comme par exemple le MSC (Marine Stewardship Council) qui procure aux consommateurs des informations quant à la gestion des pêcheries et les conséquences de leurs activités sur l'environnement (degré de dégradation de l'environnement, impact sur les stocks halieutiques, etc.). D'autre part, les députés européens demande également à la Commission européenne et aux Etats membres de développer les techniques de traçabilité de la production de poissons, à travers un système de contrôle satellite des bateaux de pêche, ou encore l'établissement de test ADN permettant d'identifier l'origine géographique des poissons.

Une meilleure transparence dans la mise en œuvre de la législation européenne par les Etats membres est également préconisée. Le rapport demande ainsi à la Commission de publier un rapport annuel sur les performances de chaque Etat membre dans la mise en œuvre de la politique commune de pêche. Celui-ci permettra de mettre en avant les aspects de la législation à améliorer, et les faiblesses au sein des Etats membres. Il permettra également d'identifier les Etats qui ne se conforment pas à la législation européenne en la matière.

Dans les cas de non-respect de la législation européenne, les députés ont insisté sur le fait que la crédibilité de l'Union européenne sur la scène internationale dans ce domaine ne pourra être totale que si elle met en œuvre les sanctions adéquates contre les Etats (membres ou tiers) qui ne respectent pas la législation. Le respect de la législation par les Etats membres passera notamment par un contrôle sur l'appui ou la participation de citoyens européens à ce phénomène illégal.

D'autre part, comme le souligne le rapport, le secret et le manque d'information entourant la pêche illégale entraîne un accroissement de cette pêche. Dès lors, le rapport souligne son soutien à la Commission dans sa volonté d'établir un registre public au sein duquel sera listée l'identité des propriétaires de bateaux qui participent à cette pêche illégale. Le rapport préconise en outre que ce registre devra être mis en lien avec celui de l'Agence communautaire de contrôle des pêches.

Un appel à une plus grande coordination entre les acteurs présents

De nombreuses dispositions du rapport se rapportent aux actions que l'UE doit envisager de faire pour combattre la pêche illégale au sein des Organisations régionales de gestion de la pêche (ORGP) auxquelles elle est partie contractante.

Les organisations régionales de gestion de la pêche (ORGP) sont des organismes internationaux mis en place par des pays ayant des intérêts en matière de pêche dans une zone géographique spécifique. Certaines organisations sont chargées de gérer l'ensemble des stocks de poissons d'une zone donnée. D'autres se concentrent sur des espèces hautement migratoires, comme le thon, évoluant au sein de zones géographiques beaucoup plus vastes.

Le rapport comporte de nombreuses propositions que l'UE pourrait faire au sein de ces ORGP, notamment :

  • la mise en place de comités de conformité afin d'analyser l'action des parties contractantes, et le cas échant leur imposer des sanctions ;
  • mettre en place des inspections en mer des bateaux, ainsi que des programmes d'observation ;
  • proposer l'interdiction des transbordements en mer (acheminer la cargaison d'un autre bateau) ;
  • mettre en œuvre des évaluations obligatoires et régulières de la performance des ORGP individuelles, par un organisme indépendant comme l'ONU, avec une exigence que les recommandations soient suivies.

D'autre part, en raison du caractère diversifié des approches des ORGP dans le domaine de la pêche illégale, et de la dimension mondiale de la pêche, le rapport préconise une action mondiale de l'UE dans ce domaine :

  • encourager la ratification ou l'adhésion des États aux instruments internationaux relatifs aux pêches juridique, en les ajoutant à la liste des instruments à respecter pour être un pays éligible au Système de préférences généralisés (SPG+) ;
  • soutenir la mise en place d'une base mondiale de données génétiques provenant des stocks de poissons afin de permettre l'identification des espèces et des stocks.

Outre la demande d'une plus grande coopération au niveau mondial, le rapport contient également des propositions en matière de coordination Union européenne / Etats membres. Les députés européens demandent en effet à la Commission européenne de créer des gardes côtes européens afin de permettre un contrôle commun en matière de combat contre le terrorisme, la piraterie, la pêche illégale, le trafic et la pollution marine. Le rapport demande de plus à la Commission de continuer ses efforts de promotion des 'échanges d'informations afin d'intégrer la surveillance maritime et d'harmoniser les services de gardes côtes au niveau européen.

Lier pêche illégale et activités des organisations criminelles

L'un des points importants de ce rapport est la volonté des députés européens de voir liés plus étroitement deux phénomènes : la pêche illégale et les activités des organisations criminelles. Pour ce faire, les eurodéputés se fondent sur un rapport de 2011 du l'office des Nations-Unis contre la drogue et le crime. Ce rapport analyser la vulnérabilité de l'industrie mondiale de la pêche face aux activités de ces organisations criminelles et dresse un constat assez sombre de l'expansion d'éléments de ces organisations au sein des activités de pêche au niveau mondial et européen.

En effet, selon le rapport, l'industrie de la pêche semble poreuse à certaines pratiques criminelles comme le trafic d'êtres humains, l'évasion fiscale, la fraude douanière ou encore la corruption. Parfois même, les bateaux de pêche sont utilisés pour le trafic de drogues, d'armes et même le terrorisme.

Dès lors, le rapport parlementaire souligne la nécessité pour l'UE de soutenir certaines des recommandations contenues dans le rapport des Nations-Unies, notamment :

  • améliorer la capacité d'investigation sur les activités criminelles organisées en mer ;
  • améliorer la transparence et la traçabilité des poissons pour dénoncer les activités criminelles et réduire les profits issus de ces activités ;
  • améliorer le suivi des activités des navires de pêche et leurs liens avec les navires marchands.

Cette lutte ne pourra se faire qu'au niveau mondial, le rapport appelle donc également à une plus grande coopération entre l'Union européenne et les pays avec lesquels elle a signé des accords de partenariat dans le domaine de la pêche. Le rapport souligne enfin que la meilleure arme pour lutter contre ce phénomène illégal est l'arme commerciale. Les eurodéputés appellent dès lors à plus de coordination entre la DG Commerce et la DG des affaires maritimes et de la pêche au sein de la Commission européenne.

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Le 10 mars 2012

Le chalutier russe, Oleg Naydenov, continue sa campagne dans les eaux africaines....

En campagne sur les côtes ouest-africaines, Greenpeace repère un chalutier russe à 25 miles des côtes gambiennes, le vendredi 24 février 2012.

Un chalutier spécial : ses marquages ne sont pas visibles, tout est caché derrière des bâches. Son signal ARGOS éteint, impossible de l’identifier.

Après que l’hélico de Greenpeace ait soufflé un vent fort, la bâche qui cachait le signal d’appel a cédé et laissé une ouverture qui nous a permis de lire et d’identifier le bateau. Il s’agit du tout puissant Oleg Naydenov, chalutier présent dans les eaux sénégalaises depuis les accords controversés de 2010.

La Gambie n’a pas d’accord de pêche avec les russes.... Source : Greenpeace

Le chalutier russe Oleg Naydenov pris les mains dans le sac


Greenpeace juge « scandaleuse » la décision autorisant un navire russe à pêcher (Soleil)

L’Ong Greenpeace accueille favorablement la décision de la Direction de la surveillance des pêches (Dpsp) d’arraisonner le chalutier russe « Oleg Naydenov » et de lui demander de payer immédiatement une caution correspondant à l’amende maximale pour les infractions constatées.

Cependant, la Dpsp doit surseoir à la « décision scandaleuse » d’autoriser le navire à reprendre ses activités de pêche dans les eaux sénégalaises, après paiement de la caution, conseille Greenpeace dans un communiqué. Selon l’Ong, le « Oleg Naydenov » est un « multirécidiviste, arraisonné par la Dpsp pour des délits similaires en 2011 et déjà photographié, toute identification masquée, dans les eaux sénégalaises par Greenpeace en 2010 ».

Raison pour laquelle l’Ong invite la Dpsp à « prendre en considération le passif multi-délictueux » du navire russe, comme l’y invite le Code de la pêche maritime. De l’avis de Greenpeace, les autorités sénégalaises devraient recommander l’inscription du bateau « Oleg Naydenov » sur les registres de bâtiments convaincus de pêche illicite, non déclarée et non réglementée (Inn) ou sur toute éventuelle liste noire de bâtiments interdits de pêche dans la sous-région. « Le cas du « Oleg Naydenov », et la quasi impunité dont il a pu jouir jusqu’à présent, sont révélateurs d’un mode opératoire opaque et délictueux, généralisé à l’ensemble de la flotte de super-chalutiers pélagiques actuellement à l’œuvre dans les eaux sous juridiction sénégalaise.

Une enquête approfondie doit être entreprise sur les conditions de la présence de ces navires dans les eaux sénégalaises, car elle contredit les lois en vigueur », estime Greenpeace.

L’Ong trouve « irresponsable et contraire à l’intérêt général, d’autoriser d’immenses navires usines étrangers, qui ne débarquent même pas leurs prises au Sénégal, à venir concurrencer la pêche artisanale pour une ressource en déclin ». Malick CISS

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Le 20 mars 2012

Le satellite, ce mouchard des océans (Ouest France)

Les scientifiques inquiets sur la continuité des observations d’Envisat. En dix ans, il a révolutionné la connaissance.

C’est le plus gros satellite de surveillance de l’environnement jamais construit. Depuis 2002, Envisat, ce géant de 26 mètres (huit tonnes) a fait 50 000 fois le tour de la Terre. Sept groupes d’instruments observent l’atmosphère (ozone, méthane, CO2…), les terres émergées (répartition des forêts, séismes…) et les océans (température, transparence, courants…). « On a appris beaucoup de choses sur la terre » se félicite Henri Laur, responsable d’Envisat à l’Agence spatiale européenne (Esa). La pollution de l’air qui s’est multipliée par deux en Chine ou qui varie du simple au double sur les villes européennes entre le week-end et la semaine, la répartition des glaces en mer Baltique, l’impact du tsunami japonais mesuré jusqu’en Antarctique…

(....)

Doutes sur le financement

Côté opérationnel, c’est aussi Envisat qui a permis de réduire la pêche frauduleuse à la légine autour des Kerguelen, en repérant des taches blanches, comme autant de bateaux, dans cette immense zone impossible à surveiller par bateau....

(...)

L’Agence spatiale européenne tire quelques dividendes de ces services. Mais pour Henri Laur, cette mission est « surtout un service public ». À partir de 2013, sept satellites Sentinel (1,7 milliard d’euros), doivent prendre le relais d’Envisat. Cette phase est financée, mais les acteurs ont quelques inquiétudes pour la suite. La France, pour des raisons budgétaires, envisage de ne plus verser sa participation au volet « observation de la Terre » de l’Esa (1,8 milliard d’euros sur 5 ans)....

Patrick Vincent, directeur général d’Ifremer insiste : « Les observations des océans ont besoin de continuité dans le temps. C’est aussi évident que pour la météorologie. On ne maîtrisera pas par exemple les changements à venir en Arctique sans cette observation ». Sébastien PANOU.

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Estelle Bastien

Le Ruanglap Charoench 1, bateau battant pavillon thaïlandais, a été surpris en flagrant délit de pêche illégale au banc de Nazareth, situé à 800 km au nord de Maurice, le dimanche 9 septembre dernier. Il a été arraisonné et est attendu au port ce jeudi.

La Commission de l’océan Indien (COI) a fait appel au patrouilleur français Osiris pour mission de surveillance qui avait démarré le 6 septembre dernier. Aidé par un avion de la National Coast Guard, ce navire se dirigeait vers le banc de Nazareth. Cette région de l’océan Indien est réputée comme étant très poissonneuse. En cette période de l’année, elle est peu fréquentée puisque les bateaux mauriciens ne s’y aventurent pas à cause des mauvaises conditions de navigation.

Cette zone est particulièrement exposée à la pêche illégale. « Le banc constitue un site exceptionnel, long de plus de 240 km et large de 150 km. Il est très exposé aux activités illégales étant très proche des eaux internationales et très difficile d’accès. Mais il est aussi riche en poissons à haute valeur ajoutée qui sont aussi fragiles car contrairement aux thons, ils ne se déplacent pas », précise le secrétaire général de la COI, Jean-Claude de l’Estrac.

Le patrouilleur Osiris effectuait un contrôle sur un navire taïwanais suspect le dimanche 9 septembre à proximité du banc de Nazareth. A 11h50, l’avion de la National Coast Guard a signalé un navire en campagne de pêche. En début d’après-midi, le Ruanglap Charoench 1 a été pris en flagrant délit de pêche illégale par le patrouilleur. Durant la soirée du dimanche au lundi soir, le bateau thaïlandais a tenté de prendre la fuite.

«Dans des conditions très difficiles, l’équipe d’inspection a pu se rendre au contact du navire sans pouvoir monter à bord. Elle a pu relever son nom et identifier son pavillon thaïlandais. Après négociations, le capitaine du navire de pêche illégale a accepté l’arraisonnement et son déroutement vers Port-Louis sous escorte du patrouilleur Osiris », souligne Xavier Nicolas, coordonnateur du plan régional de surveillance des pêches à la COI.

Il faut dire que cela fait bien des années que Maurice détient des informations sur des activités illégales dans l’océan Indien, précisément au banc de Nazareth. Mais le directeur attaché au ministère de la Pêche, Daroomalingum Mauree, soutient que le gouvernement n’a pu agir, faute de moyens.

«Certains opérateurs nous avaient déjà informé de la présence de navires dans cette région qui péchaient illégalement. C’est d’ailleurs l’information que j’ai transmise à la COI dans le cadre de cette mission qui a été un succès », soutient Daroomalingum Mauree.

Le Ruanglap Charoench 1 est attendu à Port-Louis, le jeudi 13 septembre. Les coupables seront jugés à Maurice.

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