mercredi 6 mai 2009

La finance a ses paradis fiscaux, la pêche ses écumeurs des mers !

Qu’attend-on pour arrêter tous ces écumeurs des mers ? Les principaux sont listés par Greenpeace. Nous avons aujourd’hui tous les moyens satellitaires et autres pour suivre et arrêter ces flottilles qui pêchent en toute illégalité aux quatre coins de la planète. Ce fléau mondial touche tout particulièrement les pays les plus pauvres et naturellement les pays d’Afrique, Caraïbes et Pacifique (ACP) comme l’explique très bien Adama MBODJ dans un article du journal sénégalais « Le Soleil ». En fait, nous sommes Tous complices des braconniers des mers ?

Qui n’a pas mangé au moins une fois dans sa vie du poisson pané, du surimi, du filet congelé de colin d’Alaska, de hoki, de merlu ou de cabillaud ? on estime qu’entre 20% et 70% des poissons blancs capturés dans le monde sont issus de la pêche illégale et non déclarée.

Pêche illicite : Impacts et défis pour les ACP

Devenue un fléau mondial, la pêche illicite non déclarée et non réglementée (INN) est désormais considérée comme un crime mondial. Réunis récemment à Bruxelles, les différents partenaires, notamment les représentants de l’Afrique, les Caraïbes et le Pacifique (ACP) et l’Union européenne ont planché sur les impacts et les défis pour les pays ACP.

L’impact négatif de la pêche illicite non déclarée et non réglementée (INN) sur les économies les plus fragiles, notamment dans les pays Acp, se traduit sur les statistiques. Près de 24 milliards de dollars de pertes totales mondiales annuelles représentant 11 à 26 millions de tonnes de poisson. Et les pays en développement ont été identifiés comme les plus vulnérables face à la pêche illicite. Les pertes totales en Afrique sub-saharienne atteignent environ 1 milliard de dollars. Le dixième briefing organisé la semaine dernière dans la capitale belge (Bruxelles) sur « la lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée dont le thème est axé sur les impacts et défis pour les pays ACP » a donc permis d’examiner en profondeur les principaux défis économiques, sociaux et environnementaux soulevés par la pêche Inn au niveau régional et mondial, en particulier dans le contexte ACP. Considérée comme un fléau mondial, la pêche Inn fait l’objet de plus en plus de l’attention des différents acteurs de la pêche, notamment les organisations intergouvernementales, les Etats, la société civile, les secteurs privés, etc. Tous ont reconnu l’urgence à accentuer la lutte contre ce phénomène que certains n’ont pas d’ailleurs hésité à appeler un crime économique qui affecte beaucoup de pays africains, notamment ceux de la côte ouest africaine où les eaux sont réputées très poissonneuses. Malheureusement, bon nombre d’observateurs admettent que la lutte contre la pêche Inn nécessite beaucoup de moyens. A côté des instruments juridiques et des équipements, certains préconisent d’autres mesures plus contraignantes. Par exemple, avant de procéder à la commercialisation de son produit, le chalutier doit être en mesure de justifier qu’il a légalement pêché. « C’est un outil additionnel, et c’est cela que l’on appelle les mesures du ressort de l’Etat du port qui, avant d’autoriser un bateau à utiliser ses infrastructures pour débarquer son poisson, doit prouver que ce poisson a été pêché légalement », explique Ndiaga Guèye, chef de service des institutions internationales et de liaison au département des pêches et de l’aquaculture à la Fao.

La question de la pêche illégale sera d’ailleurs au cœur des préoccupations du premier conseil des ministres ACP sur la pêche qui se tiendra au mois de juin prochain à Bruxelles. L’enjeu de ce conseil sur lequel travaille le comité des ambassadeurs ACP est de mettre en place un mécanisme ministériel pour la coordination des questions de pêche. Pour le président du groupe de travail des ambassadeurs ACP à l’UE, Barry Faure, par ailleurs, ambassadeur des Seychelles, c’est un gap qui sera ainsi comblé au profit de plusieurs pays qui bénéficient beaucoup de la pêche. Parce que près de 50 pays ACP sont des Etats côtiers, environ 60 autres exportent du poisson, et une douzaine de pays ACP ont des accords de partenariat de pêche avec l’Union européenne. « Nous avons, au cours de ce briefing, identifié certaines préoccupations qui sont à jour, comme le règlement de l’UE sur la pêche illégale, les questions de l’accès aux marchés européens, tout comme les questions de développement des pêcheries nationales dans les pays Acp qui incluent aussi l’aquaculture », relève M. Faure.

Si l’Union Européenne cherche les moyens les plus efficaces et les moins coûteux pour mettre en place un règlement sur la pêche Inn, d’autres pensent qu’il faut établir un bon équilibre entre l’efficacité et les implications économiques que la mauvaise application de ce règlement pourrait entraîner. (Source : Le Soleil)

Pour plus d'informations sur la pêche illégale :

Informations ajoutées le 29 juillet 2009

Etude sur les incidences du nouveau règlement INN
La Commission européenne a publié une étude sur les impacts du Règlement (CE) n°1005/2008 du Conseil du 29 septembre 2008, établissant un système communautaire destiné à «prévenir, décourager et éradiquer la pêche illicite, non déclarée et non réglementée», qui sera applicable à compter du 1er janvier 2010. L’étude, intitulée «Analyse des conséquences du règlement sur la pêche INN pour les pays en développement et identification des mesures nécessaires à l’application dudit règlement», a été réalisée par les cabinets de consultants Megapesca Lda (Portugal) et Oceanic Développement (France). Elle fait un examen approfondi des incidences ce cette nouvelle réglementation dans huit pays: Sénégal, Mauritanie, Maroc, Namibie, Maurice, Équateur, Indonésie et Thaïlande. Selon les conclusions de l’étude, l’éradication de la pêche INN coûterait en moyenne 218 euros/tonne avec le nouveau règlement, soit une taxe additionnelle moyenne de 8 euros/tonne sur les importations de produits de la pêche maritime. En supposant que les coûts de mise en conformité supportés par les autorités compétentes des pays tiers concernés soient répercutés d’abord sur le secteur de la pêche et ensuite sur le consommateur, la charge additionnelle devrait alors globalement représenter une hausse de 0,26% du prix moyen des produits de la pêche maritime exportés vers la CE. Source : CE/megapesca.com

Le 9 septembre 2009

Pêche illégale - Les flottes occidentales continuent de piller les eaux africaines (Le Maghreb)

Les zones de pêche appartenant aux pays africains sont protégées par le droit international. En réalité, les flottes de pêche étrangères continuent à exploiter les eaux africaines, ce qui entraîne chaque année pour la région d'énormes pertes économiques avec de graves répercussions sociales. Chaque jour, des centaines de chalutiers pénètrent dans les eaux africaines pour pêcher sans permis la crevette, la sardine, le thon et le maquereau. Une étude effectuée par le " DFID " l'organisme officiel d'aide au développement du gouvernement britannique, a calculé que ces chalutiers coûtent à l'Afrique environ 1 milliard de dollars par an. Mais la pêche illégale n'est pas uniquement un problème africain, explique Arona Soumaré, directeur de la conservation pour l'Ouest de l'Afrique du Fonds mondial pour la nature (WWF) , des pays développés se débattent avec le même problème. Cependant, pour les pays africains, les conséquences sociales et économiques de ces pertes sont énormes ". Les zones de pêche africaines devraient être protégées par le droit international. En 1982, la Convention de Montego Bay a fixé une limite de 200 milles au large des Etats côtiers à l'intérieur desquels la pêche n'est pas autorisée sans permis. Mais les efforts des Etats africains pour mettre fin aux activités de pêche illégales dans ces limites sont entravés par le manque de compétences et de moyens. Seuls quelques Etats africains, comme la Namibie et l'Afrique du Sud, ont la capacité de patrouiller leurs eaux, explique Sloans Chimatiro, conseiller principal des pêches au Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (Nepad). Divers accords nationaux et internationaux exigent des bateaux détenteurs d'un permis qu'ils respectent certains quotas de prise et ne pêchent pas dans les zones protégées. Il est également interdit à ces vaisseaux d'utiliser les longs filets dérivants qui capturent tout ce qui est à leur portée, le poisson en trop étant alors tout simplement rejeté à la mer. Selon André Standing, de l'Institut sud-africain des études de sécurité, pour s'assurer que les flottes de pêche respectent ces règles, les Etats concernés ont besoin de bateaux de patrouille, de moyens de surveillance aérienne et de systèmes de contrôle. Les Etats maritimes doivent aussi investir dans la formation de personnel, mettre en place des procédures d'enquêtes adéquates, évaluer les stocks de poisson et créer des programmes de pêche durable ; mais la plupart des pays africains n'ont pas les finances et les compétences nécessaires pour le faire. La pêche constituant un moyen de subsistance pour de nombreux Africains, elle a aussi des implications sociales. Les pêcheries, apportent une contribution vitale à la sécurité alimentaire et nutritionnelle de plus de 200 millions d'Africains et fournissent des revenus à plus de 10 millions de pêcheurs essentiellement artisanaux…
Une étude réalisée en 2005, par l'Alliance pour le développement durable des produits de la mer en Afrique de l'Ouest, a conclu qu'environ 5,6 millions d'emplois étaient liés à la pêche en Afrique de l'Ouest, et que les revenus d'exportation des produits de la pêche se montaient pour la région à 711 millions de dollars. Pour l'ensemble de l'Afrique, le poisson et les produits de la pêche constituent en moyenne une contribution annuelle de 2,7 milliards de dollars aux exportations du continent. Malgré le rôle important des pêcheries, les Etats africains ont peu investi pour protéger et gérer ces ressources. Pour que la lutte contre la pêche illégale soit efficace, il faut que les Etats échangent compétences et renseignements afin que les flottes qui sont écartées des eaux d'un pays, ne puissent pas se diriger vers celles d'un pays voisin. Des organisations tentent de mettre sur pied cette coordination, la Commission sous-régionale des pêches (Csrp) de Dakar, au Sénégal, sert de base de coopération entre le Cap-Vert, la Gambie, la Guinée, la Guinée-Bissau, la Mauritanie, le Sénégal et la Sierra Leone. Le Comité des pêches pour l'Atlantique Centre-Est (Copace) est censé jouer un rôle similaire. Mais il n'a pas de pouvoirs réglementaires et le CSRP a une juridiction géographiquement limitée. La Commission sous-régionale des pêches pour l'Ouest de l'Afrique qui a également un mandat régional pour harmoniser la politique de la pêche, n'est pas encore complètement opérationnelle.
Dalila B.

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Le 21 janvier 2011

La pêche illégale est un crime !

Discours de Maria Damanaki, Commissaire Européenne chargée des Affaires Maritimes et de la Pêche, lors du 6ème Forum international sur la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) à Londres, le 13 janvier 2011…Extrait du discours…

Tout d'abord quelques mots sur la pêche illégale : Mesdames et messieurs, la pêche illégale ne peut être décrit comme une chose : La pêche illégale est un crime.

Ce n'est pas seulement un crime contre l'environnement. La pêche illégale a des conséquences fâcheuses à plusieurs niveaux: elle sape nos efforts de protection de l’environnement ; elle perturbe les marchés avec une concurrence déloyale; elle étouffe les stratégies de développement que nous avons si vivement essayé de programmer.... Et bien sûr, elle détruit les stocks de poissons.

Ainsi, la pêche illégale a des conséquences très négatives non seulement vis-à-vis de l'environnement mais aussi vis-à-vis de l'intérêt public. Dans une perspective à long terme, elle affecte lourdement l'ensemble du secteur de la pêche, même dans les zones où les résultats sont satisfaisants. La pêche illégale est l'une des principales menaces pour les stocks de poissons, mettant en péril le fondement même de toute politique de la pêche.

Pêche illégale, 10 milliards d’euros

Permettez-moi de vous donner une idée de ces activités dévastatrices : la pêche illégale représente l’équivalent d’une production qui la placerait derrière la Chine au deuxième rang des plus grands pays de la pêche dans le monde, avec une valeur estimée à 10 milliards d'euros. Ce chiffre représente 19% des captures dans le monde entier.

Je dois être honnête avec vous, l'UE n’est pas un saint. Nous soutenons indirectement la pêche illégale par l'importation du poisson illégalement pêché. Bien qu'il soit difficile de déterminer la quantité précise de ces importations, il a été estimé que l'UE a importé pour 1,1 milliard d'euros de poissons illégaux chaque année. Cela représente près de 16% des importations de l'UE en poisson. (Dans ce paragraphe, M. Damanaki avait utilisé le passé !)

L'UE en tant qu’acteur clé de la pêche, ne pouvait tout simplement plus rester les bras croisés et laisser cette activité illicite se développer. C'est pourquoi nous avons décidé de jouer un rôle actif dans la lutte contre la pêche illégale en adoptant un règlement communautaire appliqué depuis le 1 janvier 2010. Ce règlement est le plan de notre politique de tolérance zéro contre la pêche illégale. J'ose dire que nous avons freiné cette tendance en 2010 et les résultats doivent encore être améliorés en 2011 et au-delà. La logique de ce règlement est simple : Faire en sorte que la pêche illégale n’ait plus la possibilité de faire du profit. Faire en sorte que la commercialisation des produits pêchés illégalement devienne extrêmement difficile, voire impossible…. Voir tout le discours de Maria Damanaki : La tolérance zéro sur la pêche illégale (Europa)

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