jeudi 5 novembre 2009

Tout baigne sur le marché planétaire du poisson blanc !

Ou comment faire son marché quand l’offre de poisson est globalisée ?

Peu importe la rareté du Cabillaud en Manche ou en Mer du Nord, son voisin de la Mer de Barents et son cousin du Pacifique feront bien l’affaire. Pourquoi pas du Colin d’Alaska, un peu moins cher ? Les débarquements de Merlu dans les ports européens diminuent… Merlu du Cap et Merlu d’Argentine le remplaceront avantageusement. Pourquoi pas du Hoki de Nouvelle-Zélande ?

Après une période d’incertitudes au début des années 2000, le marché des poissons blancs connait maintenant une certaine embellie avec la reprise de l’offre au niveau mondial. Le développement de la pisciculture de Tilapia et de Panga n’est pas étranger à cette situation…. au grand dam des pêcheurs français de cabillaud, merlu et autre lotte dont les prix s’effondrent malgré la baisse des débarquements au niveau local.

Par contre, cette augmentation de l’offre mondiale satisfait les grands intermédiaires, les industriels de la transformation et les Grandes Enseignes de la distribution. Jacques le Cardinal, responsable des produits de la mer à Auchan, le plus grand poissonnier de France, qui s’approvisionne sur ce marché planétaire, constate que « La ressource ne se porte pas si mal » dans une interview accordée au journal « Les Marchés » du 5 novembre 2009.

Augmentation de l’offre mondiale et baisse des prix

Dans son dernier rapport sur le marché des poissons blancs, Globefish de la FAO confirme la reprise de l’offre mondiale : « De bonnes nouvelles pour les poissons de fond et les autres poissons blancs dans les années à venir ».

L'offre mondiale d'espèces de poissons blancs (y compris le pangasius et le tilapia), dépasse 10 millions de tonnes. Ce chiffre est proche des 12 millions de tonnes de cabillaud et autres poissons blancs, atteint il y a environ 25 ans. La retour du poisson blanc est liée à deux grandes tendances : la croissance de l'offre de cabillaud et d’églefin, et la croissance continue de l'aquaculture de poisson blanc comme tilapia, pangasius et poisson-chat.

La fourniture mondiale de cabillaud augmentera de 18% en 2010 par rapport à 2007, celle de pangasius et de tilapia sera en hausse de 16%. Ce qui correspond à une augmentation globale de 817.000 tonnes. Dans le même temps, les volumes de colin d'Alaska resteront stables en 2010, l'augmentation des captures russes va compenser la baisse des captures Alaskiennes avec des quantités respectives de 1,65 millions et 0,9 million de tonnes de colin d’Alaska.

Selon Globefish, la croissance simultanée des productions piscicoles de tilapia et de pangasius, et des captures de cabillaud est une tendance qui est susceptible de durer plusieurs années. D'autre part, il faut s’attendre à des baisses de prix comme en 2009.

Des nouvelles de mauvais augure pour la pêche artisanale française

Toutes ces prévisions, une augmentation de l’offre mondiale de poissons blancs associée à une diminution des cours mondiaux et à une libéralisation des échanges (L’Europe lève ses barrières douanières sur le poisson d’importation !) ne peuvent qu’alarmer la pêche côtière française. La diminution des prix en criée va durer.

Par ailleurs, le secteur de la pêche artisanale ne doit pas compter sur le soutien des industriels halio-alimentaires et des Grandes Enseignes qui tirent un grand profit de cette globalisation du marché des produits halieutiques. Leurs aides ne seraient que des leurres !

Lisez les 2 brèves dans LSA - le magazine des professionnels de la grande consommation

Le 23 octobre 2009 : Les distributeurs soutiennent le merlu (LSA)
Face à l’afflux d’offre de merlu et de tourteau dans les criées, les enseignes de la Fédération du commerce et de la distribution ont décidé de mener des opérations de promotion, « avec des prix très compétitifs et de nombreuses mises en avant », indique un communiqué. Les réductions peuvent atteindre jusqu’à 50 %. La FCD sensibilise aussi les consommateurs sur le début de la campagne de coquilles saint-jacques. Ces actions doivent se poursuivre jusqu’en novembre. Le lobby réaffirme sa volonté de coopérer avec la filière pêche et à valoriser les produits des ports. Et appelle de ses vœux la création d’une interprofession « produits de la mer ».

Alors que la veille dans LSA N° 2108 du 22/10/2009 : Carrefour valorise le saumon de Norvège (LSA)
A l'occasion des 50 ans de Carrefour , le Centre des produits de la mer de Norvège, chargé de faire la promotion des produits norvégiens en France, lance une grande...
Les cinquante jours de la campagne, qui dure jusqu'au 11 novembre, sont rythmés de promotions autour du saumon : cinq vagues de dix jours, une promo par vague sur différents produits : le saumon entier, le pavé, le filet, etc. PLV et théâtralisation sont au programme pour accroître[...]

Pour conclure, une réflexion de Jérôme Bargas sur son site Pêcheur professionnel (St-Elme- La Seyne sur Mer)

La commercialisation des produits de la pêche revêt une importance capitale pour le pêcheur professionnel, car il ne suffit pas d’être un bon pêcheur en multipliant le nombre de prise si on ne maîtrise pas l’art de la vente et les différents circuits de commercialisation. C’est donc par une valorisation des produits pêchés que s’opère la meilleure rentabilité.

Les circuits de commercialisation dans le Var où il n’existe pas de criées : Les pêcheurs varois ajustent au mieux leurs activités en fonction du temps et des techniques, ils sont également des virtuoses de la vente s’adaptant à tous les circuits de distributions. Bien que la vente directe à bord, à quai ou sur les marchés reste le principal circuit de commercialisation, les pêcheurs sont amenés à travailler avec les petites, moyennes et grandes surfaces, avec les poissonniers, les restaurateurs et les mareyeurs.

Philippe FAVRELIERE (texte modifié le 7 novembre 2009)

Autres articles :

Informations complémentaires :

  • Marché mondial du Cabillaud (2009) : Monthly Cod Market (Kontali)
  • A.I.P.C.E (EU Fish Processors’ Association) : White Fish Study 2008 - Brussels, October 2008
  • Survey of the trade flow in the fisheries sector in Asia
    Analysis for the Norwegian Ministry of Fisheries and Coastal Affairs - Gunnar Album - Friends of the Earth Norway/WWF Norway – 2009

    Cod and haddock from the Barents Sea have been transported to China for processing since the late 1990ies. The volume of cod has increased from a few tonnes in the beginning to between 60 and 100 000 tonnes at present. The volume of cod seems to have been stable for the last three years. The haddock imports have increased staidly and are still increasing. The total Chinese haddock import was 42 000 tonnes in 2007. Both in the European side of the cod and haddock trade and in the Chinese import and processing of the fish, there are a multitude of companies involved. Our research, however, indicates that many of these companies are fronts and agents for a relatively limited number of big players. The now Hong Kong based Ocean Trawlers dominates the industry with an estimate of 25% of the landings from Russian vessels......
    There has been a significant change in trade patterns and trade routes over the last two to three years. This might be ascribed to increased control cooperation between Norway and Russia, attention from media and NGOs, and the introduction of the Port State Control Regime in NEAFC. It also seems that the larger companies in the industry decided to get rid of the IUU fish in order to increase the fish prices and that this took place, and had effect, before the Port State Control Regime was in place May 1st 2007.
    Trade statistics do not show any significant reduction in the Chinese import of Atlantic cod and haddock. But trade statistics are unreliable. The main problem is that China does not operate with a separate HS code for Atlantic cod – the same HS code also covers Pacific cod, pollock, various reef cods and probably also other white fish species. Also on the European side, there are sources of inaccuracies, e.g. confusion on country of origin and country of departure. Cod and haddock landed and exported from Norway from Russian flagged vessels, but fished in Norwegian waters seem to be labelled variously as Norwegian or Russian of origin. If this fish is transported to e.g. the Netherlands and repacked, it will get an EU Health Certificate and be recorded on arrival in China as being of Dutch origin.
    The processing industry in China is concentrated in Dalian and Qingdao. Also in China, Ocean Trawlers is the dominating company. Other stable, large processors are Unibond, Pacific Andes and Trident. There seems to have been many smaller players earlier, but most of these have given up with increasing cod prices.
    There is still IUU fishing and illegal transport going on. During the month of October 2007, there were two documented transports of a total of 1500 tonnes of cod and haddock. From industry sources, also other transports of IUU fish are known. The fact that the route and method use to get this fish passed the control systems is worrying.
    New EU regulations to prevent IUU fishing to be introduced in 2010 will require changes in some of the Chinese routines for traceability and labelling. They will also, and maybe more challenging, require the harvesting countries in (in this case) Europe to provide information and traceability that is not in place today.

Revue de presse :

Le 7 novembre 2009 : La norvège prépare le réveillon des français

Alimentation - Réveillon norvégien (restho news)

Le Centre des Produits de la Mer de Norvège lance son opération ’Réveillon norvégien’ et dévoile les plus beaux fleurons issus de ses eaux. 50 restaurants français fêtent le réveillon norvégien ! Afin de faire connaître au plus grand nombre ces produits d’exception - et de créer des liens pérennes entre les petits producteurs norvégiens, les distributeurs et les chefs restaurateurs - le Centre des produits de la Mer de Norvège a sensibilisé 50 restaurateurs de très haut niveau à travers toute la France, les invitant à travailler des recettes autour de ces merveilles de la mer à l’occasion des fêtes de fin d’année. Mettant en place des moyens rendant ces produits plus facilement disponibles, le Centre des Produits de la Mer de Norvège permet à ces chefs, à partir du 1er décembre et jusqu’au 15 janvier prochain, d’imaginer des recettes inventives autour de ces poissons et crustacés uniques et d’offrir à leur clientèle une expérience norvégienne exquise et haut de gamme. Cette opération a vocation à être la première étape d’une collaboration durable avec les Chefs, et sera certainement suivie de projets plus enthousiasmants encore !....Suite....

Colin d’Alaska, colin lieu et lieu noir, quelles sont les différences ? (Picard : réponse aux questions)
Le colin d’Alaska (appelé aussi Lieu d’Alaska) est pêché dans l’océan Pacifique Nord. Sa chair est bien blanche, de bonne tenue, avec une saveur un peu plus prononcée que le cabillaud. C’est un poisson très maigre.
Le colin lieu (appelé aussi lieu noir ou colin noir) est pêché dans l’océan Atlantique Nord. Sur l’étal de votre poissonnier, il est toujours appelé lieu noir. Sa chair est plus foncée (d’où son nom), moelleuse et bien plus prononcée que celle du cabillaud. C’est aussi un poisson très maigre. En Norvège, les pêcheurs le préfèrent au cabillaud car il a « plus de goût ».
En résumé, le colin lieu et le colin d’Alaska sont deux poissons de très bon rapport qualité/prix. Le colin d’Alaska est surtout utilisé dans les recettes mentionnant «poisson blanc » (pané, en sauce…). Le colin lieu est meilleur, un peu moins cher, mais désavantagé par sa couleur, donc peu utilisé.

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Le 5 décembre 2012

Cabillaud, poisson en voie d’extinction !

« Longtemps poisson le plus consommé en Europe, le cabillaud est aujourd'hui menacé de disparition. »

En 2013, Norvège et Russie vont se partager un million de tonnes de cabillaud en Mer de Barents. Un record pour ces deux pays !

Mais, Arte dit : Cabillaud, un poisson en perdition



Les Vikings sont les premiers à avoir pêché intensivement le cabillaud jusqu'à Terre-Neuve. Puis les Basques ont appris à le sécher et à le saler - inventant ainsi la morue. Pendant deux siècles, le cabillaud a représenté 60 % de la consommation totale de poisson en Europe. Aujourd'hui, il est menacé de disparition à cause de la surpêche. Enquête dans la Baltique, en Norvège, en Islande et à Terre-Neuve, ainsi qu'à bord de caboteurs et de chalutiers, dont certains sont de véritables usines flottantes.

Un film de Folke Rydén et Ryszard Solarz
Avec le soutien de Baltic Sea 2020

(Pologne, Etats-Unis, Canada, 2010, 43mn) 

ZDF

Date de première diffusion : Mar., 27 nov. 2012, 17h47

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