mardi 20 octobre 2009

Espagne : Invasion de Panga au pays du Merlu

Qui aurait pu imaginer qu’au pays de la Merluza frita o a la plancha, le merlu serait aussi rapidement détrôné par le panga vietnamien ?

La bataille entre la pêche et l’aquaculture n’aura pas lieu, l’aquaculture a déjà pris le pouvoir sur le plus grand marché de produits de la mer européen qu’est l’Espagne.

La multinationale espagnole, Pescanova, qui avait construit son empire halieutique à partir du merlu capturé aux quatre coins du monde, Afrique du Sud, Argentine, Chili et ailleurs, s’est tournée résolument dans la voie aquacole. Elevage de Turbot en Espagne et Portugal, élevage de Saumon au Chili, élevage de Crevette en Equateur et Nicaragua, élevage de Tilapia en Equateur et maintenant élevage de Panga au Mozambique.

Pescanova qui a vu le vent tourné depuis quelques années, va investir plus de 100 millions d’euros cette année dans l’aquaculture (par une augmentation de capital de la société). C’est en quelque sorte la réponse du plus grand groupe de pêche dans l’Europe des 27, face à l’invasion aquacole internationale sur le marché communautaire et notamment celle du panga vietnamien en Espagne.

« Inconnu il y a 6 ans, le panga a conquis l’Europe et plus particulièrement l’Espagne qui en a importé 121.863 tonnes en 2008. Ce chiffre est cinq fois plus important que les débarquements de merlu en Galice (26.438 tonnes). Une progression spectaculaire jamais connue tant en Espagne que dans le reste de l’Europe : 41.868 tonnes en 2005, 83.413 en 2006, 101.016 en 2007, 121.863 en 2008 et 89.482 tonnes dans les huit premiers mois de 2009. » « Un taux de croissance de 9000% ! » d’après les calculs de José Fernández Polanco, professeur d’économie à l’Université de Cantabrie. Cet expert explique le succès du Panga d’après la théorie de « l’information asymétrique », c’est-à-dire que moins un produit est connu, plus il exerce une attractivité. (source : Aquahoy)

En entrant par la porte du grand marché espagnol, pourtant considéré comme une place forte en Europe, le Vietnam a gagné ses lettres de noblesse. En moins de 10 années, ce pays asiatique est devenu l’une des plus grandes puissances halieutiques dans le monde. Après le saumon norvégien, le panga vietnamien redistribue une nouvelle fois les cartes sur le tapis du marché des produits aquatiques en Europe, avec toutes les répercussions en cascade sur les régions traditionnelles de pêche, notamment en France.

Philippe FAVRELIERE

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Le 3 juin 2011

Espagne : Quand la consommation de poisson va bien, Findus revient…


En Espagne, 11% des dépenses alimentaires des ménages sont consacrées aux poissons et autres produits de la mer. Ce qui représente un chiffre d'affaires de 7,6 milliards d’euros. Avec une part de marché de 17%, le merlu reste le poisson frais le plus vendu mais des produits issus de pays émergents gagnent du terrain comme le panga et la perche.

La consommation de produits halieutiques a augmenté de 70% au cours de la dernière décennie pour une hausse de 10% des poissons congelés. Source : El 11% del gasto en alimentación de los españoles va a productos del mar (Agrocope)

Pour soutenir la filière, José Antonio de la Cal-Breton, nouveau président de l’AECOC(association de transformateurs et de distributeurs), a recommandé de manger 4 fois du poisson par semaine, lors du dernier congrès de l’organisation à Vigo.

Au même moment, le groupe Findus, leader dans les produits de la mer en Europe, révélait sa stratégie de développement en Espagne et la reprise en main des produits de la marque Findus que la multinationale avait cédé depuis 2005 à Ardo. Dans le même temps, le groupe Findus, va faire l'acquisition de Frudesa, une marque de légumes surgelés, et de Salto, une marque de plats cuisinés de Bonduelle. L’objectif est devenir le n°1 du congelé sur le marché espagnol. Source :Findus Group launches Spanish growth strategy (Fishnewseu)

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Pescanova n'est pas un modèle, c’est un désastre pour le monde


La multinationale Pescanova, d'origine galicienne, est accusée dans les pays du Sud de surexploiter les stocks de poissons, de polluer les côtes, de détruire la biodiversité marine et d’employer dans des conditions de travail abusives, voire nier les droits syndicaux.

Pour télécharger le document, cliquer Ici


Pescanova no es un modelo, es un desastre para el mundo

La empresa trasnacional Pescanova, de origen gallego, está acusada en medio mundo de sobreexplotar bancos pesqueros, de contaminar las costas, de destruir la biodiversidad marina y de contratar en condiciones laborales abusivas, incluso negando derechos sindicales.

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16 avril 2013

En faillite, Pescanova pourrait monnayer ses quotas de pêche partout dans le monde !

Personne ne sait exactement la dette du galicien Pescanova... Ce qui est sûr, c’est que les encours de la plus grande entreprise de pêche et d’aquaculture de l’Union Européenne sont colossaux. Entre 1,5 et 2,5 milliards d’euros !

L’entreprise a déclaré des dettes d’1,5 milliard d’euros et plusieurs de ses navires et usines ont été hypothéqués pour une valeur globale de 100 millions d’euros. Cependant, le niveau réel de la dette reste inconnu, puisque les auditeurs ont constaté des écarts dans les informations fournies.

Un conseiller bancaire espagnol a déclaré : « Tout cela était totalement inattendu. Comme de nombreuses autres entreprises espagnoles, Pescanova avait des problèmes d’endettement, mais elle était toujours considérée comme une entreprise solide. Il aurait dû être possible d’éviter cette situation ». L’année dernière, l’entreprise a été évaluée à 500 millions d’euros. Au jour d’aujourd’hui, la valeur de Pescanova a chuté de 60 %. Pescanova compte environ 10 500 employés avec une présence dans plus de 20 pays – notamment la Namibie, l’Afrique du Sud, le Mozambique et l’Angola (ndlr ainsi que Chili, Argentine, Equateur, France - Krustanor à Lorient). Elle compte plus de 100 navires et près de 50 installations d’aquaculture dans ses actifs.

Le journal El Mundo affirme que les Espagnols pourraient venir au secours de Pescanova. Un observateur chilien a déclaré qu’ « ils ont une autre carte à jouer : vendre les quotas de pêche qu’ils ont reçu du Chili au titre du système local de QIT [quotas individuels transférables] ».

Le directeur de l’organisation environnementale chilienne, Ecoceanos, a déclaré que « la situation de Pescanova est la preuve la plus évidente de la politique transnationale de la pêche et de l’aquaculture, qui privatise les bénéfices et socialise les pertes, transférant les coûts sur les États, l’environnement, les travailleurs et les consommateurs ».


Namibie / Afrique du Sud / Argentine

Merlu du Cap. Cœurs de filets de merlu blanc 400G
Les Coeurs de filets de Merlu blanc Pescanova sont taillés main au coeur même du filet. Ils sont présentés sans peau et sans arête et sont emballés individuellement pour plus de praticité au quotidien.
Cette partie du Merlu est très pauvre en matière grasse, et s’adapte à tous les modes de cuisson.
Sa chair tendre et savoureuse est idéale pour la réalisation de nombreuses recettes, des plus simples aux plus élaborées.

Noix de Saint-Jacques 250G
Notre nouveauté : de délicieuses Noix de Saint Jacques (Zygochlamys patagonica) pêchées en océan Atlantique Sud Ouest, en provenance d’Argentine et présentées dans un emballage sous vide pour une meilleure visibilité et une protection optimale contre le givre.
Leur calibre en font des Noix de St Jacques faciles à cuisiner et propres à toutes les préparations culinaires. Elles sont idéales pour vos recettes d’entrées ou de plats principaux, pour des occasions particulières ou pour des recettes plus simples pour se faire plaisir au quotidien !

Guatemala / Equateur

Queues de crevettes cuites 200G
Nos queues de crevettes Pescanova ont une particularité : elles sont cuites sous vide dans leur jus pour conserver leur saveur intacte et leur texture juteuse. Les Crevettes Tropicales proviennent de nos propres élevages en Amérique Centrale. Elles sont récoltées, cuites et surgelées le même jour.
Elles sont idéales pour toutes vos préparations de plats (pâtes, risottos, salades…) ou en snacking.

Crevettes tropicales cuites 500G
Ces Crevettes tropicales proviennent en direct des fermes d’Aquaculture de Pescanova au Guatemala.
Déjà cuites, elles sont prêtes à consommer, après leur décongélation.
Leur calibre généreux les rend faciles à associer à tous vos plats !



  
Chili

Pavés de saumon Atlantique 300G
Les pavés de Saumon atlantique Pescanova proviennent de nos propres fermes d’aquaculture situées dans les fjords naturels de la Patagonie Chilienne.
Ils sont taillés dans des saumons d’environ 4 kg à la chair rose, tendre et fondante, et sont vendus avec peau pour une cuisson plus facile et savoureuse.
Très riches en acides gras, nos pavés de Saumon sont emballés sous vide pour conserver intactes leurs qualités nutritionnelles et gustatives.

Médaillons de saumon Atlantique 400G
Les Saumons Pescanova proviennent de nos fermes d’aquaculture situées dans les fjords naturels de la Patagonie Chilienne.
Les médaillons de Saumon atlantique Pescanova sont constitués de 100% de chair de filets de Saumon et sont proposés sans arête.
Leur présentation les rend très simples d’utilisation et est idéale pour les salades, les quiches, les hamburgers ou encore crus pour les tartares.


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Le 17 avril 2013

Pescanova. Une société de participation luxembourgeoise dans le piège !

L’affaire Pescanova est de plus en plus nébuleuse. Les investisseurs devront passer entre les mailles du filet.... Petits et gros actionnaires sont de plus en plus inquiets face aux malversations du président de Pescanova.

Le géant espagnol du poisson est en cessation de paiement depuis le vendredi 5 avril 2013. La «vraie dette» alourdit les incertitudes et les risques financiers. De la Galice à Luxembourg, l’affaire Pescanova continue de faire des vagues. Pour rappel, le géant ibérique, présent sur toute la filière «mer» de la pêche au conditionnement de produits frais et surgelés, fait partie du portefeuille de la société luxembourgeoise Luxempart, qui se trouve donc exposée dans l’aventure. Et essaie de limiter la casse.

Les deux principales participations sont détenues par Manuel Fernandez de Sousa Faro, le président (14,42%) et Damm, un brasseur catalan (6,18%). Luxempart est le troisième actionnaire de Pescanova ; cette société de participations luxembourgeoise est exposée à hauteur de 56 millions d’euros (10% de sa capitalisation boursière) dans cette société de pêche espagnole, au bord de la faillite, qui semble avoir dissimulé l'ampleur de sa dette.

Espagne-Une grosse société de pêche en plein scandale comptable

Source : Les Echos le 16 avril 2013

La société de pêche espagnole Pescanova, qui a entamé lundi une procédure de dépôt de bilan, cristallise la colère de petits porteurs en raison de l'incapacité du groupe à présenter des comptes 2012 et de l'information montrant que son président a vendu une partie de ses titres sans en avertir qui de droit.

L'entreprise, très connue en Espagne et l'un des premiers fabricants mondiaux de bâtonnets de poisson pané, s'est déclarée en faillite en raison d'une dette d'au moins 1,5 milliard d'euros, accumulée pour financer son expansion avant que la crise économique ne plombe ses résultats.

Plus d'un mois après la date butoir, Pescanova doit encore présenter des résultats 2012 audités. Et le groupe a annoncé lundi que son président Manuel Fernandez de Sousa avait cédé la moitié de sa participation de 14,4% dans l'entreprise entre décembre et février, juste avant de commencer à préparer la procédure de dépôt de bilan.

Manuel Fernandez de Sousa a dit avoir vendu ces actions afin de pouvoir faire un prêt à la société à court d'argent, mais il avait omis d'avertir le conseil et les régulateurs de cette cession, enfreignant ainsi la loi espagnole.

L'action Pescanova a oscillé entre 13,45 et 17,99 euros pendant la période concernée, ce qui signifie que, en vendant 7% de l'entreprise, son président a pu lever au moins 27 millions d'euros, selon des calculs faits par Reuters.

Dans un avis boursier daté de ce mardi, Pesconava précise que Manuel Fernandez de Sousa a prêté 9,3 millions d'euros à l'entreprise à la suite de la cession de titres, avec un taux d'intérêt annuel de 5%.

Cette vente de titres a décuplé la fureur des actionnaires, qui ne peuvent rien faire de leurs participations depuis la suspension de l'action Pescanova le 1er mars, jour qui avait été fixé comme la date butoir pour la présentation des résultats 2012.

La valeur de l'entreprise, majoritairement détenue par de petits porteurs, a fondu de 58% entre le 1er janvier et le 1er mars. Elle avait déjà reculé de 41% sur l'ensemble de 2012.

Pescanova, dont le siège est à Vigo, dans le nord-ouest de l'Espagne, emploie quelque 1.000 personnes dans le pays et 10.000 à travers le monde.


Investissement. Luxempart en situation délicate

Source : paperjam le 25 mars 2013 par : Nicolas Raulot

La société de participations luxembourgeoise est exposée à hauteur de 56 millions d’euros (10% de sa capitalisation boursière) dans cette société de pêche espagnole, au bord de la faillite, qui semble avoir dissimulé l'ampleur de sa dette.

L’épisode ressemble déjà, toutes proportions gardées, à une nouvelle affaire Parmalat, du nom de ce groupe laitier italien où une gigantesque fraude avait été découverte en 2003. Et Luxempart en est une des principales victimes. La société de participations luxembourgeoise, dirigée par François Tesch (CEO de Foyer), est en effet exposée à hauteur d’environ 56 millions d’euros à Pescanova, une société de pêche espagnole, au bord de la faillite, et soupçonnée d’avoir maquillé ses comptes.

En juillet 2011, Luxempart avait acquis une participation de 5,1% dans Pescanova (992.000 actions) pour 29,76 millions d’euros à Manuel Fernandez de Sousa Faro, le président et premier actionnaire de l'entreprise. «La société couvre toute la chaîne de création de valeur, de la pêche, l’élevage de poissons (aquaculture) à la commercialisation de produits de la mer», expliquait alors la filiale de l’assureur Foyer.

Augmentation de capital

Cette participation a été portée à 5,83% suite à une augmentation de capital réalisée l’été dernier et à laquelle elle avait souscrit à hauteur de 9 millions d’euros. Luxempart avait aussi souscrit à une émission d’obligations convertibles de la société pour un montant de 17 millions d’euros. Les obligations servent un rendement de 8,75% sur sept ans.

En tout, l’exposition de la société atteint donc 56 millions d’euros. «La situation est très délicate», confie-t-on aujourd’hui chez Luxempart, qui refuse toutefois d’en dire plus.

La valeur estimée du portefeuille de Luxempart est d’environ 900 millions d’euros dans une trentaine de sociétés. Sa capitalisation boursière atteint environ 570 millions d’euros.
Cotation suspendue

La somme concernée (environ 10% de la capitalisation boursière, donc) semble bien mal engagée aujourd’hui. La cotation de l’action Pescanova (environ 10.000 employés) a été suspendue le 12 mars à la Bourse de Madrid. Ce jour-là, elle s’affichait à 5,91 euros, en repli de 19,26%, après avoir abandonné 17,47% la veille. Le 1er mars, la cessation de paiement avait été annoncée, en même temps que le report de la publication des résultats 2012.

La Commission de surveillance de la Bourse espagnole (CNMV), qui vient d’analyser la situation, estime la dette de l’entreprise galicienne entre 2 et 2,5 milliards d’euros. Pescanova, dont François Tesch est administrateur, est soupçonnée d’avoir édité des fausses factures à des filiales (elle en aurait plus de 80 dans une vingtaine de pays dans le monde) pour minorer l’ampleur de cette dette. L’attention se porte aujourd’hui vers Novapesca, une filiale de l’entreprise qui aurait servi à dissimuler cette dette.
Troisième actionnaire

Luxempart est le troisième actionnaire de Pescanova. Les deux principales participations sont détenues par Manuel Fernandez de Sousa Faro, le président (14,42%) et Damm, un brasseur catalan (6,18%).

L’action Luxempart abandonne 1,54% ce lundi à la Bourse de Luxembourg. Depuis le pic de l’année atteint le 1er février (26,98 euros), le cours a reculé de près de 6%.

Au 1er mai 2012, Luxempart était détenue par Foyer Finance SA (43,5%), Bil (9,95%), Groupe Sofina (5,25%) et par des actionnaires publics et institutionnels (37,1%). Le reste (4,2%) était détenu en actions propres. 

Pescanova en déroute, Luxempart dans le doute

Source : paperjam par Alain Ducat / le 8 avril 2013

Le géant espagnol du poisson est en cessation de paiement depuis vendredi (5 avril). La «vraie dette» alourdit les incertitudes et les risques financiers. L’actionnaire grand-ducal Luxempart a réduit son exposition, mais n’a pas encore tous les éléments en main.

De la Galice à Luxembourg, l’affaire Pescanova continue de faire des vagues. Pour rappel, le géant ibérique, présent sur toute la filière «mer» de la pêche au conditionnement de produits frais et surgelés, fait partie du portefeuille de la société luxembourgeoise Luxempart, qui se trouve donc exposée dans l’aventure. Et essaie de limiter la casse.

Le conseil d'administration de Pescanova s'est officiellement déclaré en cessation de paiement, depuis vendredi dernier. Il ne lui semble «pas possible de parvenir, à court terme, à un accord avec les créanciers de la société», alors que «sa situation financière présente un risque de détérioration». La procédure de préfaillite est enclenchée. Et il faut à présent déterminer le poids réel d’une dette abyssale, qui a manifestement été masquée durant une longue période.

Changement de réviseur

Le conseil d’administration de la société galicienne a révoqué le vérificateur des comptes, BDO Auditores S.L. Luxempart, lors de la publication de ses résultats 2012, indiquait: «BDO, le réviseur de la société depuis plus de 10 ans, a été mandaté par la CNMV (ndlr: la Commission nationale du marché de valeurs, l'autorité espagnole des marchés financiers) pour analyser en détail les comptes de la société et de remettre un rapport sur la situation de Pescanova d’ici le début du mois d’avril», écrivait Luxempart le 28 mars dernier. Il était prévu qu’un CA extraordinaire prenne connaissance du rapport de BDO, «pour examiner et valider la nouvelle version des comptes 2012». Mais, selon la presse espagnole, l’auditeur des comptes a refusé de les signer, car plusieurs centaines de millions d'euros de dettes pourraient avoir été cachées par le biais d'opérations entre les filiales de Pescanova.

La dette «officielle» de Pescanova s'élevait, au 3e trimestre 2012 à 1,5 milliard d'euros. Mais, selon la presse économique ibérique, elle pourrait en réalité être de 2,7 milliards d'euros... En tout cas, Pescanova, en accord avec la CNMV, demande un commissaire aux comptes judiciaire, nommé parmi les principaux cabinets d’audit, pour réexaminer les états financiers de l’année dernière.

Dégringolade boursière

L’autorité des marchés espagnols a donné, vendredi, un nouveau délai de cinq jours. En attendant, la valeur du groupe en Bourse, dont la cotation à Madrid a été suspendue, a chuté de plus de 60% en un mois.

Luxempart, qui n’a pas encore réagi aux derniers éléments du dossier (personne n'a pu y être joint ce lundi matin), est évidemment plongée dans le doute. La société de participations luxembourgeoise a été exposée jusqu’à quelque 56 millions d’euros, avant de réduire la voilure. En juillet 2011, Luxempart avait acquis une participation de 5,1% dans Pescanova, pour 29,76 millions d’euros. La participation avait été portée à 5,83% suite à une augmentation de capital souscrite l’été dernier, pour 9 millions d’euros. Luxempart avait aussi souscrit à une émission d’obligations convertibles de la société pour un montant de 17 millions d’euros (les obligations assurant un rendement de 8,75% sur sept ans).

Mise à zéro

Luxempart, fin février dernier, avait contribué au «halte-là», en refusant, conjointement aux représentants du groupe Damm (société espagnole qui détient 6,2% dans Pescanova), d’arrêter les comptes 2012. La procédure, qui a conduit notamment à la suspension du titre, a mené Luxempart «à passer une dévaluation (impairment) correspondant à une mise à zéro de la participation et une forte réduction de valeur sur les obligations convertibles avec un impact sur le résultat consolidé de 48,22 millions», expliquait Luxempart fin mars dernier. «L’impact sur les obligations convertibles a pu être réduit de 4 millions d’euros, suite à une cession le 7 mars 2013, pour 5 millions d’euros en valeur faciale.»

Il reste à attendre les derniers décomptes en provenance d’Espagne, pour savoir si le dépôt de bilan de Pescanova aura lieu ou si un improbable sauvetage peut être entrepris. Alors seulement, l’investisseur luxembourgeois pourra mesurer l’impact de l’affaire.

Sans pouvoir formellement établir un lien de cause à effet, on peut toutefois observer que, ce lundi, l'action Luxempart à la Bourse de Luxembourg accusait une baisse de -3,21%. Quant au titre Foyer, gros actionnaire de Luxempart (dont l'administrateur délégué, François Tesch, est aussi CEO de Foyer), il perdait 1,95%.

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