vendredi 1 mai 2009

Les quotas de cabillaud de la Norvège en mer du Nord et en mer de Barents

Au cours du mouvement des pêcheurs de la Côte d’Opale, la Norvège a été la cible des boulonnais, dunkerquois et calaisiens.

Pour connaître les TAC et Quota 2010 de Cabillaud en mer du Nord et mer de Barents : Pour le norvégien Aker Seafoods, toujours plus de cabillaud !

Réponse norvégienne dans un communiqué de presse par son représentant à Paris : Le Centre des Produits de la Mer de Norvège dont le siège (NSEC/Norwegian Seafood Export Council) est situé à Tromsø, en Norvège, à 600 kilomètres au nord du cercle polaire.

1- Peut-on comparer les quotas de pêche français et norvégiens ?

La comparaison est peu pertinente. En effet, les zones de pêche et les ressources concernées ne sont pas les mêmes pour les pêcheurs français et norvégiens : La pêche au cabillaud de Norvège s’effectue principalement sur le cabillaud arctique de la Mer de Barents (plus de 97% des prises totales), tandis que la pêche européenne (et donc française) concerne essentiellement le stock de cabillaud de la Mer du Nord. De plus, la Norvège, pays non membre de l’UE, a négocié des échanges de quotas avec l’UE. Ainsi, la Norvège a obtenu un quota de 4 100 tonnes de cabillaud dans la Mer du Nord en échange d’un quota équivalent pour les navires européens dans ses eaux territoriales.

Les zones de juridiction des pêcheries ont été arrêtées par la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer du 10 décembre 1982. Dans sa zone économique exclusive, la Norvège a le droit de décider de la gestion des ressources naturelles. Cependant, des accords sont négociés à l’automne chaque année avec les autres pays européens (UE, Russie, îles Féroé, Groenland, Islande) afin de permettre des échanges de quotas.

2- Quels sont les quotas norvégiens concernant le cabillaud ?

Contrairement à ce qui a été dit, le quota total de pêche au cabillaud pour la Norvège s’élève à 237 100 tonnes. A plus de 97%, il concerne le cabillaud de la Mer de Barents, pêché au nord de la 62e latitude. La Norvège partage le stock de cabillaud de la Mer de Barents avec la Russie. Ensemble, les deux pays disposent d’un quota de 520 000 tonnes dans la Mer de Barents en 2009, dont 222 100 tonnes pour la Norvège.

La ZEE de la Norvège avec la limite en couleur rouge entre les zones de pêche du cabillaud de la mer du Nord et du cabillaud arctique de la mer de Barents (Fond de carte de VLIZ Maritime Boundaries Geodatabase)

La pêche au cabillaud dans la Mer de Barents est réalisée de manière à préserver le renouvellement de l’espèce, ce qui permet ainsi au stock de cabillaud de la Mer de Barents d’être le plus important au monde. Selon les scientifiques, ce stock comporte près de 1,5 millions de tonnes de cabillaud, contre seulement 156 000 tonnes en Mer du Nord (Source : Institut de Recherche Marine, Norvège). En outre, l’état de reproduction (nombre d’individus en âge de reproduction) du cabillaud de la Mer de Barents est largement au dessus du niveau minimum recommandé par la communauté scientifique.

La pêche au cabillaud dans la Mer du Nord concerne donc un stock de cabillaud différent de celui de la Mer de Barents. Les pays riverains se partagent le produit de la pêche dans la Mer du Nord dans la limite des quotas fixés par l’UE. Lors des négociations avec l’UE, la Norvège a déjà exprimé son inquiétude pour le stock de cabillaud de la Mer du Nord, dont le stock de reproduction est à un niveau critique selon la communauté scientifique. Le quota total de pêche au cabillaud dans la Mer du Nord s’élève à 28 800 tonnes, dont 4 100 tonnes allouées à la Norvège grâce aux échanges de quotas lors des négociations avec l’UE.

3- Comment les quotas norvégiens sont-ils fixés ?

Les quotas sont fixés annuellement sur la base des recommandations du Conseil International pour l’Exploration de la Mer (CIEM). Le CIEM est un réseau de plus de 1600 scientifiques travaillant dans 200 instituts liés entre eux par un accord intergouvernemental (la Convention du CIEM). Il rend des avis scientifiques sur les écosystèmes marins aux gouvernements et aux autorités internationales qui gèrent l’Atlantique Nord et les mers avoisinantes. Une fois les recommandations du CIEM connues, la Norvège et les autres Etats négocient les quotas. Chaque année, d’importantes discussions ont donc lieu avec l’UE, la Russie, le Groenland, l’Islande et les îles Féroé. La coopération internationale sur la gestion des ressources halieutiques est indispensable en raison des migrations de stocks de poissons entre les différentes zones économiques. Le point de départ des négociations des quotas sera donc toujours les avis sur la quantité de poisson qu’on peut prélever sans altérer le niveau de population.

Une fois les négociations de quotas internationales finalisées, la Direction norvégienne de la pêche fait une proposition pour la régulation nationale basée sur le principe de précaution.

4- La pêche norvégienne menace-t-elle la survie de l’espèce ?

Le nombre de cabillauds de la Mer de Barents a connu une forte augmentation ces dernières années, notamment grâce aux mesures prises par la Norvège pour assurer le bon renouvellement des stocks (suivi de l’avis scientifique et application du principe de précaution dans la fixation des quotas, lutte systématique contre la pêche illégale, interdiction de rejet des prises accessoires, taille minimum de capture élevée, régulations privilégiant la petite pêche…) Dans les années 1980, le stock de cabillaud de la Mer de Barents a également connu une phase importante de déclin que la Norvège a su stopper grâce à ces mesures. Le stock étant en forte progression, l’avis scientifique a permis une augmentation du quota de cabillaud dans la Mer de Barents de près de 22 % en 2009.

Le WWF a cité la Norvège en exemple pour les meilleures pratiques mondiales en matière de gestion des stocks (« Management and Technical Measures in the Norwegian Cod and Groundfish Fisheries – WWF Bycatch Initiative », octobre 2008). En outre, le cabillaud de Norvège est désormais sur la « liste verte » dans le guide « Consommateur » pour les produits de la mer de l’ONG.

Depuis des milliers d’années, la pêche est une ressource qui permet aux petites communautés le long des côtes norvégiennes de subsister. En outre, la pêche et l’aquaculture sont l’un des piliers de l’économie norvégienne, avec des exportations de près de 4,5 milliards d’euros chaque année. La gestion durable et responsable des stocks halieutiques est donc un principe fondamental dans la régulation de la pêche norvégienne. (Source : La Norvège : Pays de pêche aujourd'hui et demain)

Autres articles :
Pour plus d'informations :

13 octobre 2010 : Toujours plus de cabillaud en 2011

Accord de la Commission mixte russo-norvégienne sur les quotas de pêche pour 2011

La 39e session de la Commission mixte russo-norvégienne de la pêche a été organisée début octobre 2010 à Svolvær. Une partie du travail de la Commission est de préserver la gestion rationnelle et durable du cabillaud (morue), aiglefin, capelan et flétan du Groenland que la Norvège et la Russie supervisent conjointement dans la mer de Barents.

À la suite des travaux de la première journée de la 39e session de la Commission mixte russo-norvégienne de la pêche, les deux parties ont convenu de:

Définir le quota total de Nord-Est de l'Arctique de morue pour 2011 à 703.000 tonnes en conformité avec la règle de gestion et de la recommandation par le CIEM. Il s'agit d'une augmentation de 16% par rapport à 2010.

Définir le quota total de Nord-Est de l'Arctique Haddock pour 2011 à 303.000 tonnes en conformité avec la règle de gestion et de la recommandation par le CIEM. Il s'agit d'une augmentation de 25% par rapport à 2010.

Réglez le quota total pour le capelan en 2011 à 380.000 tonnes en conformité avec la règle de gestion et de la recommandation par le CIEM. Cela représente une augmentation de 5,5% par rapport à 2010.

Définir le quota total de flétan du Groenland pour 2011 à 15.000 tonnes, en conformité avec l'entente conclue à la 38e session, et de continuer à travailler au cours de la présente session sur les mesures techniques de réglementation pour les captures de flétan du Groenland en 2011.

«Je suis heureux de voir que le conjoint russo-norvégienne de la pêche Commission est parvenue à un accord sur les quotas 2011 en un temps record. Nous adhérons aux stratégies de gestion à long terme préalablement convenue par la Commission, qui forment la base de l'avis donné par le Conseil international pour l'exploration de la mer. Ces stratégies ont été un facteur clé pour permettre à des quotas l'an prochain pour être historiquement élevé », les commentaires de la ministre norvégienne de la Pêche et des Affaires côtières, Lisbeth Berg-Hansen.

Information ajoutée le 5 mai 2009 :

La Guerre de la morue (Ria Novosti de 18 juillet 2008)

La réapparition des navires de guerre russes près du Spitzberg a fait sensation, bien que cela ne fût pas une surprise. En fait, pour la première fois après une longue interruption, la Marine de guerre russe reprend ses fonctions très importantes de garant de la libre navigation et de l'exploitation des ressources maritimes. Il est particulièrement symbolique que ces fonctions soient exercées non pas dans des "eaux neutres" abstraites qui n'intéressent personne, mais dans les eaux autour du Spitzberg, qui font l'objet d'un litige entre la Russie et la Norvège.
L'interprétation du statut particulier du Spitzberg-Svalbard est à l'origine du contentieux. Conformément aux dispositions en vigueur du droit international qui réglementent le statut de l'archipel, ces îles appartiennent à la Norvège, mais la Russie a le droit d'y exercer une activité économique, ainsi que dans les eaux qui l'entourent. Actuellement, cette activité concerne essentiellement l'extraction de houille par la compagnie Arktikougol et la pêche dans les eaux entourant les îles.
Le droit des pêcheurs soviétiques (russes) de pêcher dans les eaux qui baignent l'archipel avait été remis en question en 1977, lorsque, au plus fort de la guerre froide, la Norvège proclama unilatéralement la zone des 200 milles autour des îles comme étant sa zone économique exclusive. Cependant, cette démarche n'eut aucune conséquence concrète: les patrouilles régulières effectuées par les navires, avions et sous-marins de la Flotte russe du Nord dans les eaux des mers de Barents et de Norvège garantissaient aux pêcheurs russes une activité normale.
Cependant, après le démembrement de l'URSS, la situation commença à se détériorer. La Norvège se mit à dicter à la Russie des conditions pour la pêche dans les eaux de l'archipel et à arraisonner les chalutiers dont les équipements ne correspondaient pas aux règlements norvégiens. Le scandale de ce type le plus connu est l'incident survenu avec le chalutier Elektron.
Plus récemment, un incident du même genre s'est produit dans la nuit du 23 au 24 mars 2008, lorsque les gardes-côtes norvégiens ont arraisonné le chalutier russe Koralnes.
Les patrouilles des navires des forces navales russes dans les eaux litigieuses doivent garantir le droit des pêcheurs russes à pêcher librement dans les eaux entourant les îles, conformément au statut particulier de l'archipel. Le navire anti-sous-marins Severomorsk, actuellement en mission dans cette région, sera prochainement relevé par le croiseur lance-missiles Maréchal Oustinov.
Il est peu probable que les gardes-côtes norvégiens osent arraisonner des bateaux de pêche russes alors que de grands navires de guerre capables de se rendre en quelques heures en n'importe quel endroit des eaux entourant l'archipel se trouvent dans la région. Des négociations entre la Norvège et la Russie qui permettraient aux deux parties de parvenir à un accord et d'exclure d'éventuels heurts en matière de partage des ressources des mers du Nord seraient évidemment la meilleure issue.
Si aucun accord n'intervient, le conflit ne fera que s'aggraver, sans parler du fait que, dans les conditions de la crise économique mondiale qui s'approfondit, cette région riche en ressources biologiques pourrait susciter un intérêt croissant de la part des Etats voisins.


Pêche dans l'Arctique : le quota russe pourrait être multiplié par deux (RIA Novosti du 15 octobre 2008)

La Russie pourrait obtenir le droit d'augmenter de deux fois (jusqu'à 500.000 tonnes) son extraction de poissons dans l'Arctique (en mer de Barents et mer de Norvège), a indiqué mercredi le président du comité d'État russe pour la pêche Andreï Kraïni.
"Je ne veux pas anticiper, mais nos marins pourraient bénéficier d'une augmentation considérable du quota de pêche à la morue et au capelan. La Russie recevra ce supplément de 250.000 tonnes dans l'Arctique", a indiqué Andreï Kraïni à la presse, ajoutant que cette décision pourrait être prise à la 37e session de la commission russo-norvégienne pour la pêche.
L'augmentation du quota russe, selon le président du comité d'État russe pour la pêche, est liée à l'abolition de l'interdiction de la pêche au capelan dans l'Arctique, en vigueur ces dernières années à la demande des scientifiques.
"Voici les résultats du moratoire: la pêche a été interdite pendant plusieurs années et la population de poissons s'est reconstituée", - a indiqué le président du comité d'État russe pour la pêche. En outre, cela est lié avec le fait que les pêcheurs russes n'ont pas utilisé leur quota à plein ces derniers temps.


Pêche : Moscou et Oslo formuleront des propositions conjointes avant l'automne (RIA Novosti du 24 mars 2009)

La Russie et la Norvège formuleront des propositions conjointes sur la pêche avant l'automne prochain, a annoncé mardi à Moscou le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov à l'issue d'une rencontre avec son homologue norvégien Jonas Gahr Störe.
"Nous avons confirmé la nécessité d'élaborer au plus vite des documents réglementant cette activité... des propositions en ce sens seront formulées avant la session d'automne de la commission russo-norvégienne pour la pêche", a indiqué le ministre russe.
Ces efforts bilatéraux doivent permettre de "réduire au minimum le nombre des chalutiers russes et norvégiens arraisonnés dans les zones économiques exclusives russe et norvégienne", a estimé M.Lavrov.

Le 13 septembre 2010

Pour WWF, le cabillaud de la mer de Barents est bien géré et le label MSC est justifié….

Alors que l’écolabel MSC est attaqué de tous bords, WWF insiste sur le fait que la pêcherie de cabillaud en mer de Barents est gérée correctement.

Le cabillaud de la mer de Barents est l'un des stocks de cabillauds qui reste en bon état, dit le WWF. Alors que les populations de morue dans d’autres régions sont épuisées en raison de la surexploitation et le manque de systèmes de gestion efficaces, le cabillaud de la mer de Barents a été gérée en utilisant les meilleures pratiques telles que les points de référence de précaution, les règles de contrôle de l'exploitation et les limites de zone. WWF exhorte les fournisseurs de produits de la mer afin d'évaluer leurs chaînes d'approvisionnement stock par stock et pêcherie par pêcherie, et de récompenser les pêcheries qui ont investi dans l’amélioration de la gestion des stocks…

« La pêche de cabillaud en mer de Barents est une réussite qui devrait être célébrée et utilisée comme exemple majeur pour les gestionnaires des pêches dans le monde. Afin de « récupérer » toutes les populations de cabillaud de l'Atlantique, nous devrions appliquer les mêmes systèmes de gestion ailleurs », a déclaré le PDG de WWF-Norvège, Rasmus Hansson. Source : WWF: Don't reject Barents Sea cod (Seafoodsource)

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Le 24 septembre 2011

Morue. Toujours plus de cabillaud dans eaux norvégiennes et en mer de Barents


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Le 20 octobre 2011

Nouvelle campagne de mesure : la mer de Barents serait propre et riche (BE)

Les dernières données environnementales mesurées dans la Mer de Barents montrent que ses eaux seraient riches et relativement peu polluées.

La campagne de mesure de cette année a été conduite par un groupe de surveillance environnementale composé d'experts et dirigé par l'IMR (institut de recherche marine). Les résultats sont diffusés par miljøstatus (portail gouvernemental de diffusion de l'information environnementale). Des campagnes de mesure de la pollution sont menées dans la mer de Norvège et la mer de Barents depuis plus de 30 ans. "Nous suivons de près l'évolution des éléments polluants dans la mer de Barents. Certains restent très longtemps dans l'écosystème et peuvent ainsi s'accumuler dans la chaîne alimentaire et remonter jusqu'aux grands animaux et à l'être humain. Nous travaillons pour une règlementation internationale plus stricte.", explique Ellen Hambro, directrice de KLIF (agence norvégienne de contrôle du climat et de la pollution).

L'écosystème de la mer de Barents est influencé de façon significative par les variations climatiques. Un trait caractéristique de la mer de Barents est que les facteurs climatiques comme la température et la quantité de glace de mer varient considérablement d'année en année. Cela a des effets importants sur l'écosystème. Les températures de l'eau dans la mer de Barents ont montré une tendance croissante au cours des 30 dernières années, avec un maximum en 2006. Depuis, la température a légèrement diminué, mais est encore globalement au dessus de la moyenne des 30 dernières années. En parallèle, l'étendue de la glace de mer a diminué, et il est arrivé plusieurs fois ces 10 dernières années que la mer de Barents soit entièrement libre de glace en été.

Cette augmentation est positive pour le stock de poissons. La morue est un prédateur important, au sommet de l'écosystème. Elle se nourrit d'un large éventail de proies, qui peut changer en fonction de la qualité des aliments et de la disponibilité. Le capelan est une proie particulièrement privilégiée, et la population de morues est grandement influencée par les fluctuations du stock de capelan. Les stocks de morue ont augmenté depuis le début des années 2000, et l'année 2011 présente une quantité de poissons adultes (géniteurs) historiquement élevée. Cela est du à une gestion réussie, grâce aux accords de coopération halieutique entre la Norvège et la Russie, et à l'augmentation de la température de ces dernières années, qui a rendu de grandes zones de la mer de Barents disponibles pour la morue.

Le bilan est plus mitigé en ce qui concerne les oiseaux marins. Un certain nombre d'espèces est en déclin, en particulier les guillemots et les mouettes tridactyles, dans le sud-ouest de la région. Les causes de l'évolution de la population sont inconnues. Cela pourrait être dû, du moins pour les mouettes, à des changements à grande échelle à travers l'Atlantique Nord.

Globalement, le rapport montre que si les écosystèmes de la mer de Barents sont exposés à la pollution, cela provient principalement de sources extérieures à la zone de gestion, transportées par les courants aériens et marins. Dans les filets de morue, les niveaux de mercure, cadmium, plomb et déchets radioactifs sont faibles. Cependant, l'analyse des foies de morue montre des niveaux relativement élevés de certains polluants, comme les dioxines et certains PCB (dérivés chimiques chlorés), les toxines s'accumulant plus facilement dans les corps gras que dans la viande maigre. On peut également noter certaines substances trouvées dans les grands prédateurs. Le rapport montre en effet qu'il y aurait des raisons d'être préoccupé de la situation sanitaire des ours polaires dans plusieurs régions arctiques, notamment Svalbard et le Groenland.

De manière générale, le niveau de pollution serait faible dans le domaine de gestion et les produits alimentaires marins en provenance des eaux de la mer de Barents seraient tout à fais propres à la consommation.

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Le 4 novembre 2011

Norvège : stocks de morue en hausse grâce à la fonte des glaces

Les pêcheurs et les scientifiques n'ont jamais vu autant de morue qu'aujourd'hui. Le recul des glaces en serait la cause car en ouvrant de larges espaces dans les hauts fonds des mers de Norvège et de Barents, les juvéniles se trouvent contraints de fuir les prédateurs.

MARIN (LE) - 28/10/2011 - 1 p (via CCI Côte d'Opale)

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Le 7 février 2012

L'armement norvégien Aker Seafoods commande 3 chalutiers de 70 m
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Ces trois chalutiers de nouvelle génération sont à propulsion diesel électrique

En fin d'année 2011, la multinationale norvégien Aker Seafoods a commandé trois chalutiers de nouvelle génération aux chantiers STX OSV, pour un montant total de 95 millions d'euros.

Aker Seafoods est l'un des armements les plus importants en Norvège. La société cible principalement Cabillaud et Eglefin, notamment en mer de Barents...

Ces chalutiers, de 70 mètres de long et de 1500 tonneaux de jauge, seront équipés de deux hélices et d'une propulsion diesel-électrique. Les coques des bateaux seront construits dans les chantiers roumains de Braila avant d'être remorquées en Norvège pour être équipées. Les navires doivent être livrés entre le deuxième trimestre 2013 et le premier trimestre 2014. Ces trois unités inaugurent un nouveau design de chalutier, dessiné par STX OSV en coopération étroite avec Aker Seafoods. L'accent a été mis sur les performances environnementales, avec notamment une réduction de la consommation grâce à la forme de la carène. Aker Seafoods dispose actuellement d'une flotte de 11 chalutiers. Source : Mer et Marine


Pour découvrir les navires du futur, cliquer STX OSV

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Le 16 février 2012

La Norvège a reconstitué ses stocks de cabillaud (Le Figaro)

Par Marielle Court

REPORTAGE - Malgré une réglementation stricte et des quotas fixés, le pays scandinave affiche des records de prises. Une pêche fructueuse grâce à un système moderne.

Yeux bleus rieurs, moustache et barbe blanches en bataille, Frann Fridthiof Nygaard effectue une dernière manœuvre avant d'accoster dans le petit port de Napp, l'un des points de débarquement pour les pêcheurs de l'archipel des Lofoten au nord-ouest de la Norvège. Sa lourde combinaison orange tranche avec le noir de la nuit polaire. Au fond de la cale, un amoncellement de poissons. Ce jour-là, ce sera près de 400 kg de cabillauds, quelques lieux noirs, des églefins. «Ce n'est pas une très bonne journée», lâche le marin. Qu'importe. Ce sera mieux demain ou le jour suivant.

Les pêcheurs des Lofoten ne sont pas très inquiets. La ressource est là et bien là. Le stock de cabillauds réparti entre la mer de Barents, côté russe, et la mer de Norvège, est évalué à 2,3 millions de tonnes, dont plus de la moitié migre chaque année pour frayer, entre janvier et avril, au large de la côte norvégienne. «Les prises de 2011 ont battu tous les records et à ce jour, on a dépassé les chiffres de l'an dernier à la même époque», se réjouit Johan Kvalheim, le directeur du centre des produits de la mer. Il est d'autant plus satisfait que loin d'une pêche anarchique qui décimerait les derniers spécimens, ces records sont obtenus dans le cadre de quotas particulièrement stricts et d'une réglementation tatillonne.

Une surveillance accrue des stocks

Il y a quelques années, la situation était tout autre. «Historiquement, nous disposions d'un stock de poissons et notamment de cabillauds parmi les plus importants au monde», raconte Olaf Lekve, responsable de la communication à la direction des pêches. Mais les pêcheurs qui arrivaient par milliers chaque saison pour remplir leurs filets ont vite eu raison de cette ressource. «Dans les années 1970, elle avait quasiment disparu», ajoute-t-il.

C'est à cette époque que le gouvernement norvégien décide de mettre en œuvre des quotas en s'appuyant tout d'abord sur un suivi très méticuleux des stocks. «Nous effectuons des prélèvements et des mesures avec des sonars», raconte Kjell Nilssen, chercheur à l'Institut de recherche marine. Les données sont ensuite modélisées, discutées au sein de l'ICES (Conseil International pour l'exploration de la mer) qui établit des recommandations.

Pour cette zone de pêche, les quotas sont ensuite discutés et répartis entre la Norvège et la Russie. En 2012, ceux de harengs et de capelans ont diminué de 16% tandis que ceux de cabillauds et d'églefins ont respectivement augmenté de 7% et de 5%. Avec la possibilité également d'interdire aux bateaux l'accès à des zones très importantes et pour une durée indéterminée tant que les juvéniles sont jugés trop petits et fragiles. «Il en existe une dizaine», commente Olaf Lekve qui regrette que cette pratique reste confidentielle quand on arrive dans les eaux européennes.

«Un système imperméable»

Mais surtout, les autorités ont construit au fil des ans une réglementation très encadrée de la pêche avec l'appui de la filière. «Les produits de la mer ont construit notre pays», rappelle Bénédicte Nielsen, responsable des marchés au sein de la coopérative des pêcheurs qui couvre toute la zone nord. Non seulement cette coopérative assure la traçabilité du poisson tout au long de la chaîne, mais elle établit des droits et des devoirs très encadrés.

Les droits correspondent à la garantie pour tous les pêcheurs d'être payés du produit de leur pêche. Si l'acheteur fait faillite, la coopérative prend le relais sur la base d'un prix minimum. En retour, la loi interdit strictement aux pêcheurs de jeter par-dessus bord les poissons attrapés au-delà de leurs quotas. «Ils doivent rapporter leurs prises, celles-ci sont vendues et servent à financer la surveillance», poursuit Bénédicte Nielsen. «Mais surtout, cela nous permet d'avoir une connaissance beaucoup plus exacte des stocks à la différence des pêcheurs européens qui sont encouragés à rejeter en mer leur surplus, ce qui fausse complètement les statistiques», ajoute-t-elle.

N'y a-t-il pas de braconnage en haute mer loin des regards? Entre la surveillance administrative et les garde-côtes, «le système est imperméable», assure la jeune femme qui évalue la triche à moins de 3%. En 2000, les problèmes sont apparus du côté de la Russie qui pêchait quelque 100.000 tonnes au-delà de ses quotas. «Cela déréglait tout le système.»

Aujourd'hui, un accord signé entre les deux pays a semble-t-il permis de remettre les choses en ordre. Un système dont la majorité semble se féliciter, surtout quand les filets sont pleins.

Un autre facteur entre en jeu: le réchauffement de la température de la mer. «Cela apporte plus de nourriture pour les poissons et participe à l'augmentation du stock», assure Kjell Nilssen. Même si certains redoutent qu'à terme les cabillauds ne migrent plus trouvant celles de l'océan Arctique suffisamment chaudes.

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Le 13 mars 2013

Cabillaud : Beaucoup d'espoir en Norvège... Beaucoup d'inquiétudes à Boulogne...

Le cabillaud abonde en Mer de Barents pour atteindre des quotas historiques. En Manche et en Mer du Nord, l'état des stocks pour les années à venir est préoccupant selon les chercheurs de l'Ifremer...

1 million de tonnes de cabillaud en mer de Barents

Dans l’Arctique russo-norvégien, en raison du réchauffement climatique et d’une stricte gestion halieutique, le poisson est abondant au point que les quotas de pêche (1 million de tonnes partagé entre la Norvège et la Russie en 2013) n’ont jamais été aussi élevés depuis quarante ans...

« Les scientifiques estiment à 3,5 millions de tonnes (1 milliard de poissons) la population de cabillauds dans la mer de Barents aux eaux claires et froides, le plus important stock au monde, dans lequel nous capturons 90% de notre cabillaud. Mais ici, le long de la côte nord de la Norvège, nous débarquons 6% du total de nos captures. Si le cabillaud de la mer du Nord, géré par l’Union européenne, a dramatiquement chuté, celui de la mer de Barents a crû au point que les quotas de pêche (1 million de tonnes partagé entre la Norvège et la Russie en 2013) n’ont jamais été aussi élevés depuis quarante ans », explique Rolf Nilsen, la trentaine, responsable de l’exportation au centre de débarquement du poisson Lorentzen, sur l’île de Sommaroy (île de l’été), à une heure de route de « la capitale de l’Arctique », Tromso. D’après La Croix : En Norvège, les pêcheurs n’ont jamais été aussi chanceux

A ce jour, la Norvège dispose de la plus grande population de cabillauds au monde dans la mer de Barents. Mieux encore : cette population de cabillauds est la seule au monde à avoir progressé ces dernières années ! Il s’agit d’un impressionnant renversement de tendance par rapport à la situation qu’a connu le pays dans les années 80 / 90, époque à laquelle une forte diminution de la population de cabillauds avait été constatée. Aujourd’hui, la Norvège a d’ailleurs été distinguée par le WWF (World Wildlife Fund) qui a cité en exemple ses pratiques en matière de pêche durable !

La Norvège partage le stock de cabillaud de la Mer de Barents avec la Russie. Ensemble, les deux pays disposaient d’un quota de 520 000 tonnes dans la Mer de Barents en 2009, dont 222 100 tonnes pour la Norvège. En 2013, ce quota a été fixé à 1 million de tonnes, soit une augmentation de 249.000 tonnes par rapport à 2012. La Norvège se réserve 418.740 tonnes (auxquelles s’ajoutent 21.000 tonnes dans les eaux territoriales norvégiennes et 7.000 tonnes au titre de la recherche), la Russie dans la même proportion. Reste un reliquat pour des pays tiers... D’après Historically high cod quota in the Norwegian–Russian Fisheries Agreement for 2013

Le réchauffement climatique, une nouvelle chance pour la pêche arctique

En Arctique, la pêche est une activité fondamentale pour l’homme. Dans les eaux froides, la production primaire (plancton) est limitée, la vitesse de croissance des poissons est faible, et leur taux de renouvellement long. «Le réchauffement climatique devrait inverser ces caractéristiques et augmenter la productivité, explique Benjamin Planque, écologue à l’Institut de recherche marine à Tromso. Jusqu’à un certain seuil, car ensuite interagissent de nombreux facteurs qui empêchent de faire de la prévision», poursuit-il.

L’arrivée progressive d’eaux chaudes de l’Atlantique a commencé à changer la donne. Globalement, les principales espèces (morue franche, hareng, maquereau, églefin, sébaste, flétan) montent vers le nord. Mais on observe certaines anomalies, comme par exemple un déplacement des maquereaux des côtes norvégiennes vers l’Islande. Actuellement, beaucoup de recherches portent sur le devenir du plancton et d’un poisson-fourrrage crucial dans l’écosystème marin, la morue arctique. Dans les îles Lofoten, au large desquelles se reproduit la morue, un mouvement populaire s’oppose à l’exploitation pétrolière. Les Norvégiens arriveront-ils à un consensus ? D’après La Croix : L’Arctique, de nouvelles chances, de nouveaux risques
 
Boulogne. Beaucoup d'inquiétudes autour des stocks de cabillaud et de merlan

Pendant un mois, 25 membres d'équipage et 22 scientifiques de la Thalassa (navire de recherche d'Ifremer) ont examiné la ressource en Manche et Mer du Nord. Le nombre de jeunes poissons en mer diminue. C'est en tout cas ce que tendent à démontrer les résultats de la campagne IBTS 2013 en Manche et en Mer du Nord.

Les conclusions présentées mi février 2013 ne sont « pas définitives », dixit Yves Vérin, ingénieur d'études à l'IFREMER de Boulogne. « D'autres bateaux sont encore en mer et l'opération n'est pas totalement terminée », explique le chef de mission de la campagne. Il n'en reste pas moins que les premiers résultats démontrent un recrutement « pas très bon » pour le cabillaud, « médiocre » pour le merlan, et « très faible » pour l'églefin, selon Yves Vérin.

Autrement dit, l'état des stocks pour les années à venir est préoccupant. « La situation n'est pas brillante, mais pas désespérée non plus », estime le chef de mission. Pourtant, les pêcheurs boulonnais sont inquiets. « Pour une fois, on constate la même chose que les scientifiques : une raréfaction de la ressource en mer », regrette Olivier Leprêtre. Le président du comité régional des pêches a demandé à connaître l'état du stock de rouget-barbet, une espèce dont le stock aurait diminué de 70% l'année dernière, « à cause de la surpêche des senneurs hollandais ».

Quel avenir ?

Les marins-pêcheurs souhaiteraient davantage de concertation avec les scientifiques. Gérard Montassine, membre du comité régional des pêches explique : « En tant que professionnels de la mer, nous sommes sur le terrain toute l'année, au plus proche des réalités, contrairement aux scientifiques qui n'organisent des campagnes que 2 fois par an. Nous constatons aussi des choses que nous pourrions faire remonter ».

En attendant, ce sont les constatations scientifiques de " La Thalassa " et des autres navires de la campagne qui serviront aux groupes de travail. Le premier se réunira en mars pour discuter du hareng, une espèce « dont le recrutement est un peu meilleur » selon Yves Vérin. Les conclusions seront ensuite transmises à Bruxelles, pour permettre de définir les quotas de pêche en fin d'année. D'ici là, les pêcheurs continueront de pêcher ce qu'ils peuvent, et les scientifiques repartiront en mer pour une seconde campagne, au mois d'août. D'après : La Semaine dans le Boulonnais

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