jeudi 15 avril 2010

Cabillaud : Cooke Aquaculture jette l'éponge, pas la Norvège !

Cooke Aquaculture, leader canadien de la salmoniculture, met fin à son aventure dans le cabillaud d’élevage. Avec l’Islande qui a considérablement réduit la voilure, ne reste que la Norvège à persévérer dans cet élevage de gadidés. Cook Aquaculture jette l’éponge après une année d'essais. Le cabillaud d’élevage ne repeuplera donc pas (même enfermé dans des cages) les côtes de Terre-Neuve.

Après le saumon Atlantique, les sociétés d’aquaculture nordiques ont misé sur le cabillaud. Elles tablaient sur un déclin des pêcheries mondiales de cabillaud à la suite de l’effondrement des captures sur les bancs de Terre Neuve dans les années 1980.

Malgré les prévisions pessimistes voire alarmistes des Ong environnementalistes à l’encontre de Gadus morhua (morue de l’Atlantique) toujours dans leur liste rouge des poissons à ne pas consommer, les stocks naturels se portent au mieux en Mer de Barents. La bonne gestion des pêcheries de cabillaud a permis de conforter les captures dans le Pacifique Nord et en Mer de Barents les deux principales zones de production avec près d’un million et demi de tonnes annuelles.

Certains analystes l’avaient prédit. L’élevage ne sera rentable qu’en cas de pénurie du cabillaud sauvage associée à des cours mondiaux élevés.

« Nell Halse, porte-parole de Cooke Aquaculture, explique qu'il est impossible d'atteindre le seuil de rentabilité en raison de coûts de production. Ces derniers sont deux fois plus élevés que prévu. De plus, une hausse des prises de la morue sauvage a fait baisser les prix, ce qui a provoqué une crise mondiale, selon Cyr Couturier, directeur de l'association aquacole de Terre-Neuve-et-Labrador. « Les Islandais avaient 50 fermes d'élevage. Il n'en reste que deux maintenant. Plusieurs fermes en Norvège ont fermé leurs portes », précise M. Couturier.

Cyr Couturier reste toutefois convaincu que l'élevage de la morue peut devenir viable. « Mais il faut quand même faire de la recherche pour baisser les coûts de production, sinon cette industrie ne pourra pas survivre », dit-il. Cooke Aquaculture précise qu'elle a investi plus de 3 millions de dollars dans cette entreprise, en plus d'une subvention totale de 2 millions de dollars provenant des gouvernements du Canada et de Terre-Neuve-et-Labrador. »
Source : Aquaculture - Cooke renonce à la morue.

La pisciculture au service de la pêcherie de cabillaud

De leurs côtés, les sociétés piscicoles norvégiennes ne sont pas prêt d'abandonner.... L’élevage de cabillaud a progressé rapidement pour atteindre une production annuelle de près de 20.000 tonnes. Au cours des deux dernières décennies, la Norvège a acquis un savoir-faire dans le cabillaud qui pourrait orienter l’élevage dans une autre direction.

Avec l’abondance retrouvée du cabillaud sauvage et la chute des cours, le « tout élevage » de cabillaud n’est pas rentable. C’est un fait. Mais, n’y aurait-il pas la possibilité de mettre les connaissances piscicoles au service de la pêche ? La pêcherie de cabillaud est très saisonnière alors que la commercialisation est étalée sur toute l’année. La fourniture d’un produit frais représente une valeur ajoutée incontestable.

« Lorsque le cabillaud sauvage est maintenu en vie dans une cage d’élevage, il peut être vendu frais toute l'année ; certains clients sont prêts à payer plus pour un approvisionnement régulier », affirme Øystein Hermansen, chercheur à Nofima.

Partant de ce constat, Nofima étudie actuellement la faisabilité technico-économique d’une nouvelle stratégie qui associe capture en mer et pisciculture en cages. Le concept est d'attraper les poissons sauvages, de les transférer dans des cages en mer, les nourrir jusqu'à ce qu'ils pèsent deux fois plus et enfin les vendre à un bon prix quand l'offre en poissons sauvages est faible. Les premiers essais avec une production de 2000 tonnes de cabillaud en 2009 sont encourageants. Les scientifiques y croient ferme ainsi que les autorités norvégiennes qui ont accordé aux pêcheurs des quotas supplémentaires pour la fourniture de poisson aux piscicultures. Source : Capture based aquaculture could work for cod, say Norwegian researchers (fishnewseu)

Conclusion : La pêcherie de cabillaud a encore de beaux jours devant elle.

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Autres informations :

Revue de presse :

Le 14 mai 2010

L’élevage toujours remplaçant
En France, le cabillaud d’élevage est encore, le plus souvent, sur le banc des remplaçants : « Nous en avons surtout lorsque le sauvage manque, constate Sébastien Bessin, du Cora d’Evreux. Une majorité de nos clients préfère le poisson sauvage. » Malheureusement, le cabillaud d’élevage ne bénéficie pas d’un prix particulièrement attractif par rapport à son cousin sauvage. « Cette année, le sauvage s’est vendu entre 3 et 6 €/kg (rendu Boulogne) selon la période, constate Henri Lapeyrere. Pour qu’il soit rentable, il faudrait vendre le cabillaud d’élevage 4,50 €/kg, vidé décapité. » Néanmoins, hors période de pêche, le cabillaud d’élevage retrouve sa compétitivité. Le fait est que de nombreux producteurs de cabillaud norvégiens ont mis la clé sous la porte. Seules 22 000 t ont été produites en Norvège en 2008, quand certains prévoyaient encore, il y a quelque années, la centaine de milliers de tonnes. Marine Harvest, le champion du saumon, a jeté l’éponge sur ce poisson blanc depuis un an et demi. Chez Lerøy, les 2 400 t de 2009 seront réduites à 1 500 t en 2010. « Nous n’arrêtons pas, car nous voyons à plus long terme », assure Henri Lapeyrere. L’avenir du cabillaud d’élevage peut paraître incertain, mais il a un atout : « Dès le 1er janvier 2010, la Norvège devra indiquer la date de pêche sur les certificats de capture pour toutes les espèces sauvages à destination de l’Union européenne, explique François Agussol, représentant en France de CodFarmers, premier producteur de cabillaud d’élevage norvégien. Là, le client s’apercevra que le cabillaud de Norvège aura près d’une semaine entre la date de pêche et sa présentation en rayon. En élevage, on gagne entre trois et quatre jours. » Quant aux coûts de production, qu’il estime à 3,60 €/kg aujourd’hui, ils devraient diminuer à 2,50 €/kg d’ici trois ans, grâce a une baisse de la mortalité des juvéniles et à une croissance plus rapide. Le réflexe « élevage si pas de sauvage » est toujours là, mais CodFarmers précise avoir doublé son chiffre d’affaire sur la France en un an. « On se heurte à la résistance culturelle de chefs de rayons qui ont une vision négative de l’élevage, observe François Agussol. Mais les mentalités changent, et celles des clients aussi. Des livraisons régulières sont organisés toutes les semaines, notamment chez Carrefour. » La question est de savoir si ce changement sera assez rapide pour le cabillaud d’élevage : « Il faut à peu près deux ans pour élever un cabillaud, il est clair que 2010 sera l’année de vérité : on verra si l’industrie remet des poissons à l’eau en fin d’année ou non », poursuit François Agussol. En attendant, voyons le positif : du cabillaud moins cher, c’est toute l’image du rayon qui en bénéficie. Les grands perdants sont plutôt les espèces comme le panga. « De janvier à septembre, les ventes de panga en France ont diminué de 23 % par rapport à la même période en 2008, avec un prix qui a augmenté, passant de 7,33 à 7,55 €/kg, observe Johan Kvalheim, du centre des produits de la mer de Norvège. Seuls 9 % des foyers français en ont acheté sur cette période. » (Source : 2010, l'année du cabillaud (Linéaires))

Le 6 août 2010

Critère de qualité : Des saumons en moins de 4 heures !

Au Chili, Los Fiordos, l’un des plus gros producteurs de saumon du pays, garantit un saumon conditionné en moins de 4 heures entre la sortie de l’eau et la sortie des chaines d’emballage : Salmon processed in less than four hours (Seafoodtoday)

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Le 6 juillet 2011

Cook Aquaculture : Unique dans la mer halieutique

En 1985, les frères Michael et Glenn Cooke ont lancé avec l’aide de leur père, Gifford, Cooke Aquaculture à St. George. Ils n’avaient alors qu’un seul enclos piscicole qui renfermait 5 000 saumons. Aujourd’hui, l’entreprise dirige son exploitation dans les quatre provinces de l’Atlantique, dans l’État du Maine et au Chili.

Ayant plus de 2 000 employés à temps plein, Cooke Aquaculture traite et vend maintenant plus de 115 millions de livres de saumons de l’Atlantique et 35 millions de livres de truites aux marchés nord-américains chaque année.

L’un des avantages de ce secteur important pour la région de l’Atlantique est la création d’emplois dans les milieux ruraux.

« À Harbour Breton, à Terre Neuve et-Labrador, par exemple, l’usine de transformation du poisson avait fermé et les gens s’exilaient », raconte Nell Halse, vice-président aux communications de Cooke Aquaculture. « Après avoir rouvert l’usine, on a commencé à construire de nouvelles maisons et de nouvelles routes, et de nouveaux commerces ont ouvert. Dans la ville avoisinante de St. Alban’s, nous inaugurerons bientôt une station salmonicole de pointe qui subviendra aux besoins des fermes piscicoles terre neuviennes et-labradoriennes et qui rendra nos opérations autarciques dans cette province.

Aider des collectivités à prospérer tout en répondant à la demande des consommateurs est une source de fierté pour Cook Aquaculture. Il en est de même pour son engagement à rendre ses activités aussi vertes que possible.

En fait, Cooke Aquaculture est devenue en 2008 la première entreprise salmonicole nord américaine à obtenir la certification Seafood Trust relative à l’étiquetage écologique grâce à ses efforts à assurer un écosystème marin diversifié.

Son engagement à l’égard de la recherche et de la mise au point fait en sorte qu’elle cherche continuellement à améliorer ses processus, parmi lesquels on compte un concept nommé « aquaculture multi-trophique intégrée ».

« Élever différentes espèces ensemble permet à certaines espèces de bénéficier des nutriments créés par d’autres. Nous réduisons ainsi les effets sur l’environnement et vendons quand même des produits de qualité », explique Nell. Le procédé est actuellement à l’essai dans plusieurs fermes salmonicoles de Cooke Aquaculture et a été l’objet d’une émission de The Nature of Thing’s à CBC en 2009.

Nell affirme que l’aide de l’APECA était absolument cruciale pour le succès de Cook Aquaculture, surtout les premières années, lorsque le financement était difficile.

« Lorsqu’il est question d’innovation, l’Agence a la même vision que nous et elle appuie nos efforts. Grâce au Fonds d’innovation de l’Atlantique et au Programme de développement des entreprises, elle a contribué à notre succès en tant que véritable partenaire. »

Cependant, lorsque l’on se rend compte que Cook Aquaculture adhère aux normes internationales exigeantes en matière de qualité, de traçabilité et de méthodes de travail durables, on sait que l’entreprise est bien spéciale dans la mer des entreprises halieutiques en plein essor. Source : Agence de promotion économique du Canada atlantique

Image de cabillaud de l'Atlantique (NOAA)

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