lundi 22 juin 2009

Canada. Poux de mer : Les pêcheurs ne veulent pas d'Alphamax dans les salmonicultures

L'Alphamax, c'est un pesticide qui élimine les poux de poisson. Il sera testé pour la première fois au Canada, cet été, dans les salmonicultures de la baie de Fundy.

Ce pou est un petit parasite qui s'incruste dans la peau du saumon. C'est un parasite courant, mais il peut devenir problématique dans un élevage comptant des milliers de saumons. Il se propage et il peut compromettre la qualité du produit.

Pour en venir à bout, l'industrie aquacole ajoute des antibiotiques dans la nourriture des saumons. Toutefois, cette pratique comporte un risque de résistance aux antibiotiques, explique Mike Beattie, vétérinaire au ministère de l'Agriculture et de l'Aquaculture du Nouveau-Brunswick.

Pour résoudre ce problème, les fermes aquacoles du nord de la baie de Fundy vont tester dans les bassins d'élevage l'Alphamax à compter du mois de juillet. M. Beattie précise qu'on n'utilisera qu'une petite concentration, ce qui est selon lui sans danger pour les autres espèces aquatiques.

Cet argument ne rassure pas les communautés de pêcheurs environnantes. Leur porte-parole, Maria Recchia, redoute l'effet du produit sur l'environnement particulier de la baie de Fundy, même si ce pesticide a déjà fait ses preuves en Norvège, au Royaume-Uni et au Chili.

Maria Recchia, qui représente l'Association des pêcheurs du nord de la baie de Fundy, affirme que les scientifiques et les gouvernements ont souvent induit les pêcheurs en erreur. Elle cite en exemple le DDT, un pesticide qui a été interdit dans de nombreux pays dans les années 1970.

Les entreprises aquacoles se font rassurantes. Elles disent que si on détecte des effets nocifs dans l'environnement au cours des premiers tests, elles n'utiliseront plus l'Alphamax. Cela n'apaise pas les craintes des pêcheurs, qui se demandent pourquoi ces tests n'ont pas lieu en laboratoire.
Source : Radio Canada

Autres articles :

Pour plus d'informations :

L’élevage de saumon au NouveauBrunswick

L’élevage de salmonidés a débuté en 1978 sur un seul site commercial, et il se pratique actuellement dans plus de 90 sites. La salmoniculture représente actuellement la denrée alimentaire unique la plus importante au NouveauBrunswick en termes de valeur des ventes, qui était estimée à 192 millions de dollars en 2008. La ville de St. George est considérée comme le berceau de l’industrie, mais les îles Deer, Campobello et Grand Manan ont aussi profité de la salmoniculture. Parmi les douze plus grands pays producteurs de saumon, le Canada se classe au quatrième rang derrière la Norvège, le Chili et l’Écosse. Le NouveauBrunswick représente environ 40% de toute la production canadienne de saumon.

Le succès de la salmoniculture au NouveauBrunswick peut être attribué à deux facteurs. D’abord, les eaux limpides de la baie de Fundy, avec leurs courants, leurs remous et les hautes marées, offrent un environnement sain pour l’élevage du poisson. Deuxièmement, la proximité des grands marchés pour les poissons et fruits de mer dans les États de la côte Est américaine procure au NouveauBrunswick l’avantage de fournir un produit d’une fraîcheur irréprochable. Le saumon peut se retrouver sur une table en NouvelleAngleterre dans les 24 heures après sa sortie de l’eau.

Environ 60 p. 100 des saumons produits au NouveauBrunswick sont exportés dans le nord des ÉtatsUnis…. L’industrie de la salmoniculture au NouveauBrunswick emploie quelque 1 500 personnes dans les industries directes et indirectes, notamment la production d’aliments pour les animaux, la fabrication de cages et de filets, la construction de bateaux, la vente de moteurs, la transformation du poisson, la vente d’ancres, d’amarrages et de cordages, les industries du transport et de la construction, les services de santé des poissons, les services de vétérinaires de cabinet privé, l’emballage, la recherche, la consultation et les écoles qui offrent des cours spécialisés. L’industrie de la salmoniculture représente environ un emploi sur cinq dans le comté de Charlotte. Source : L'aquaculture au Nouveau Brunswick

Is salmon farming bad for the oceans? (Scientific American)

Expedition Voices: The Legacy of Atlantic Canada's Salmon Farming from Alexandra Cousteau on Vimeo.

Crédit photographique : Alexandra Morton, Raincoast Research

Revue de presse

Le 2 février 2010

Pollution - Homards victimes d'un pesticide (Radio Canada)
La cyperméthrine est mise en cause dans la mort de centaines de homards retrouvés l'automne dernier dans la baie de Fundy, entre le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse. Ce pesticide est pourtant interdit en milieu aquatique au Canada.
Lorsqu'ils ont soulevé leurs casiers, les pêcheurs du sud-ouest du Nouveau-Brunswick ont constaté que leurs homards étaient morts. Le pêcheur Reid Brown affirme qu'il n'avait jamais vu des homards dans cet état.
À quelques semaines d'intervalle, on a trouvé près d'une tonne de homards malades ou morts sur les côtes des îles Deer et Grand Manan.
Selon Maria Recchia, porte-parole de l'Association des pêcheurs de la baie de Fundy, c'est la première fois que les pêcheurs obtiennent des preuves de la présence de ce pesticide dans la baie.
En effet, Environnement Canada a décelé des traces de la cyperméthrine dans les carcasses de homards. Selon Harvey Millar, représentant de Pêches et Océans Canada, l'enquête confirme que le pesticide affecte le crustacé.

À la recherche des pollueurs - Deux enquêtes sont toujours en cours. Environnement Canada veut déterminer d'où provient le pesticide. Les environnementalistes montrent déjà du doigt l'aquaculture, très pratiquée dans la baie. David Thompson, du groupe Fundy Baykeeper, soupçonne que la cyperméthrine vient des élevages de saumon. Il explique que les industriels ont beaucoup de difficulté à lutter contre le pou de mer. Le pou de mer est un parasite qui s'attaque au saumon d'élevage. En Europe, on utilise la cyperméthrine pour s'en défendre. Les éleveurs de saumons de la baie de Fundy rejettent toutes allégations voulant qu'ils soient responsables de l'utilisation du pesticide dans la baie. Au Nouveau-Brunswick des voix demandent une meilleure réglementation des élevages de saumon. Le député de Saint-Jean, Greg Thompson, demande au gouvernement fédéral d'enquêter sur l'utilisation de la cyperméthrine et son impact sur la ressource marine.

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Le 28 juin 2010

Un vaccin prometteur contre le pou du saumon (BE Irlande)
Une équipe de chercheurs de University College Dublin travaillant sur un vaccin contre le pou de mer, un parasite s'attaquant au saumon d'élevage et menaçant les saumons sauvages, aurait obtenu des résultats prometteurs. Ces chercheurs travaillent en collaboration avec le "Marine Institute", centre de recherche irlandais sur les sciences de la mer et l'université McGill au Canada.

Le pou du saumon est un parasite s'accrochant au saumon, qui cause des dommages à sa peau et à ses écailles et qui provoque un déclin général de l'état de santé du poisson. Les saumons attaqués par ce parasite grossissent moins vite que les poissons sains. Il s'agit d'un problème majeur des éleveurs de saumons qui pourrait à terme se propager à la population sauvage.
En Irlande, jusqu'à présent, les taux d'infestation ont été mesurés régulièrement et des produits chimiques ont été utilisés pour traiter les poissons atteints par ce parasite. Ces traitements chimiques posent des problèmes environnementaux.

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Le 15 août 2010

Baie Sainte-Marie : Opposition grandissante à l'aquaculture (Radio Canada)

Les pêcheurs de homards du sud-ouest de la Nouvelle-Écosse se sont ralliés au groupe de citoyens nommé Save Our Bays, qui veut empêcher l'expansion de l'entreprise Cooke Aquaculture dans la baie Sainte-Marie. Ces pêcheurs se demandent ce qui se passera sous l'eau lorsque Cooke Aquaculture élèvera 2 millions de saumons à la fois dans la baie. Ils craignent surtout que les déchets des saumons d'élevage contaminent cet écosystème où se reproduisent chaque année des milliers de homards.

Avant d'agir, les pêcheurs ont rencontré des représentants de l'entreprise Cooke pour en discuter. Le pêcheur Clifton Thurber, de Tiverton, affirme que les produits chimiques utilisés dans les élevages de poissons ont déjà contaminé un environnement marin. Clifton Thurber cite en exemple un site de Cooke Aquaculture près de l'île Briar. Claire Jacquard, épouse d'un pêcheur de homards, en a été témoin.

Ça fait comme une graisse qui pue sur la côte. Les touristes ne peuvent plus même marcher sur la côte. Il faut absolument que le monde du sud-ouest se réveille parce que ça va détruire notre baie. Déterminés à empêcher l'arrivée de ces élevages dans leurs eaux, les pêcheurs et le mouvement Save Our Bays, lancé sur le site Internet Facebook, font circuler une pétition dans le sud-ouest. Ils espèrent qu'un grand nombre de signatures convaincra le gouvernement provincial d'intervenir.

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Le 9 octobre 2010

Au Canada, l’image du saumon d’élevage se ternit….

Du saumon qui pue (Cyberpresse)

Je ne vous recommande pas de lire l’excellent reportage de mon collègue Charles Côtésur l’élevage industriel du saumon au Nouveau-Brunswick avant de vous faire cuire une petite darne de saumon d’élevage, ou d’aller manger du sushi au dépanneur du coin.

Il va vous couper l’appétit sur le champ. L’élevage industriel de saumon empeste les côtes, comme les mégaporcheries empestent les campagnes. Au sens propre et figuré. Entassés, traités aux antibiotiques, attaqués par les parasites, baignant dans leurs excréments, les saumons d’élevage font penser aux poules industrielles qui n’arrivent plus à se tenir debout tellement leur vie est dénaturée. Bref, je vous recommande fortement de lire l’excellent reportage de mon collègue, mais après un biscuit au chocolat. Ou une salade verte. Bonne lecture, mais pas bon appétit.

Aquaculture: une guerre qui empoisonne l'industrie (Cyberpresse)

L'été anormalement chaud a stimulé les poux de mer, qui s'agglutinent par dizaines sur certains saumons, jusqu'à les tuer. Sur notre photo, un ouvrier soulève un filet rempli de saumons morts, près de Deer Island. Cette année, pour la première fois, l'humanité tirera plus de nourriture de l'aquaculture que des pêcheries. Cependant, l'élevage de poissons et fruits de mer ne se fait pas sans heurts, comme l'a constaté La Presse dans le sud du Nouveau-Brunswick, où des centaines de homards sont morts après avoir été exposés à un pesticide illégal. À bord de la petite barque motorisée, on devrait sentir le parfum vivifiant de la brise du large. Mais c'est plutôt une puanteur âcre qui nous prend à la gorge et nous donne envie de nous éloigner au plus vite.

«C'est fort, n'est-ce pas?» remarque Dale Mitchell, 50 ans, un des dirigeants de l'association de pêcheurs locale, avant de pousser son bateau encore plus près. À une cinquantaine de mètres, des ouvriers s'affairent autour d'une demi-douzaine d'enclos flottants de la société Cooke Aquaculture. Là comme ailleurs dans la baie de Passamaquoddy, qui baigne les côtes du Nouveau-Brunswick et du Maine, l'heure est au grand nettoyage. Des centaines de milliers de saumons d'élevage sont morts, dévorés par le pou de mer, leur principal parasite…..

Un pesticide et des crustacés: Environnement Canada enquête (Cyberpresse)

Grand comme un terrain de football, l'enclos à homards de Mill Creek occupe toute la crique reliée par un bras de mer à la baie de Fundy. Normalement, il peut contenir 100 000 homards. Mais cette année, il restera inutilisé. Le propriétaire Read Brown a trop peur pour sa précieuse marchandise.

Environnement Canada a trouvé des «taux détectables» d'un pesticide illégal, la cyperméthrine, sur des saumons d'élevage recueillis dans des fermes marines appartenant à deux firmes d'aquaculture du Nouveau-Brunswick.

La cyperméthrine est nocive pour le homard et les autres crustacés. Selon Robert Robichaud, gestionnaire de l'exploitation à la direction de l'application de la loi en environnement dans la région, deux enquêtes ont été ouvertes dans ce dossier. Si des accusations étaient déposées, les sociétés risquent des amendes pouvant atteindre 1 million. Dans l'intervalle, les deux firmes, Northern Harvest Seafarms et Ocean Legacy, ont reçu des «directives de l'inspecteur», lesquelles «requièrent de la personne de prendre toutes les mesures raisonnables pour prévenir toute immersion de substance nocive dans l'océan», explique M. Robichaud.

Aucune des deux firmes n'a rappelé La Presse. - Dans un communiqué, Northern Harvest Sea Farms a affirmé qu'elle n'avait pas utilisé de cyperméthrine et que ses propres analyses, confiées à un laboratoire indépendant, n'ont pas détecté la substance. Environnement Canada mène deux autres enquêtes actuellement, à la suite de la mort de centaines de homards l'automne dernier, à Grand Manan et à Deer Island. En outre, des saumons d'élevage ont été prélevés pour analyse après un autre épisode de morts de homards, en septembre de cette année, cette fois à l'île de Campobello. Aucune enquête ne vise la plus importante société du secteur, Cooke Aquaculture, même si deux de ses fermes étaient près du lieu où les homards sont morts à Deer Island l'an dernier, ce qui a soulevé des soupçons chez les pêcheurs de homards. «Nous n'approuvons ni n'encourageons l'emploi de pesticides illégaux», dit Nell Halse, porte-parole de Cooke Aquaculture, en ajoutant que si une entreprise du secteur était reconnue coupable, ce serait «terrible». Mais du même souffle, Mme Halse estime que les autorités sont trop lentes à approuver de nouvelles substances et méthodes permettant de lutter contre les parasites du saumon. Un traitement contre le pou de mer appelé Salmosan vient d'être approuvé, dit-elle, mais il était trop tard pour cette année. Elle dit que les autorisations officielles ont aussi tardé pour l'utilisation d'un bateau spécial affrété en Norvège, qui permet de traiter les saumons avec du peroxyde d'hydrogène, relativement bénin.

Des biologistes marins s'inquiètent de la dépendance de l'industrie aux pesticides. «Il me semble qu'ils se fient beaucoup aux produits chimiques pour combattre le pou de mer, dont les ravages étaient prévisibles étant donné la densité de poissons dans les cages d'élevage», dit Peter Wells, professeur à l'Université Dalhousie et ancien directeur de la recherche scientifique sur les écosystèmes marins à Environnement Canada. D'autres spécialistes pensent qu'il est possible d'utiliser les pesticides de façon responsable. «Il manque à l'aquaculture un arsenal complet qui permettrait d'employer le bon produit au bon moment, tout en réduisant globalement les quantités utilisées, dit John Burka, pharmacologue à l'Atlantic Veterinary College, de l'Université de l'Île-du-Prince-Édouard. C'est ce qu'ils font en Norvège. Si vous vous fiez à un seul produit, c'est sûr que le parasite va créer une résistance.»

L'ingrédient de l'insecticide Raid dans l'eau - La cyperméthrine est l'ingrédient actif dans l'insecticide Raid. Il agit sur le système nerveux des insectes et crustacés. Son usage est interdit en milieu marin au Canada, mais autorisé aux États-Unis dans une formulation spécifique pour l'aquaculture de saumon. Au Canada, il est permis en agriculture terrestre. Le produit est très efficace contre le pou de mer, crustacé qui est le principal parasite du saumon. Il peut l'exterminer à des concentrations de 15 parties par milliard. C'est l'équivalent de quelques gouttes dans une piscine olympique. Mais même à 5 parties par milliard, 75% des poux sont tués, selon un manuel de l'industrie….

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Le 22 octobre 2010

Canada. Baie de Fundy : Pesticide approuvé et controversé (Radio Canada)

Santé Canada autorise l'utilisation de la deltaméthrine dans la baie de Fundy. Ce pesticide est aussi connu sous le nom d'Alphamax. Les aquaculteurs de la région combattent le pou de mer. Malgré sa taille minuscule, ce crustacé tue le saumon. Les aquaculteurs veulent l'éliminer avec des pesticides. Selon Pamela Parker, directrice de l'Association des éleveurs de poissons du Canada atlantique, il serait cruel de laisser les saumons se défendre seuls. Les aquaculteurs se servent depuis 10 ans du pesticide Slice, mais le pou s'y habitue. Ils cherchent aujourd'hui le bon mélange de pesticides. Ils affirment que chaque produit agit de façon complémentaire. Ils se servent en fait d'un plus petit volume de pesticides que par le passé, indique Mme Parker.

Un environnement fragile - Cependant, l'effet des pesticides sur la pêche soulève des doutes. Les Sentinelles de la baie de Fundy, un groupe de défense de l'environnement, dénoncent ce danger haut et fort. « On sait que ces pesticides sont dangereux. Ils sont toxiques aux crustacés, et c'est dangereux aux industries de pêche aussi, spécialement l'industrie du homard », affirme Matthew Abbott, coordonnateur des Sentinelles de la baie de Fundy. Des centaines de homards ont été trouvés morts l'automne dernier dans la baie de Fundy. Les pêcheurs ont immédiatement jeté le blâme sur un pesticide. Pamela Parker dit toutefois que lors de tests effectués l'année dernière, l'Alphamax n'a pas eu d'effet néfaste sur le homard....

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Le 24 octobre 2010

Un pesticide inquiète les pêcheurs de homard (Cyberpresse)

Déjà éprouvés par une série d'empoisonnements de homards, les pêcheurs de homard du Nouveau-Brunswick s'insurgent contre l'approbation récente d'un autre pesticide à l'usage des élevages de saumon.

L'aquaculture industrielle est aux prises avec une infestation de poux de mer, crustacés parasites capables de tuer les saumons par milliers dans les cages d'élevage amarrées dans la baie de Fundy. Le nouveau pesticide approuvé d'urgence par Santé Canada à la demande du gouvernement du Nouveau-Brunswick est la deltaméthrine. Ce produit commercialisé sous le nom d'Alphamax s'attaque au système nerveux des crustacés. L'Association des pêcheurs de la baie de Fundy craint pour tout l'écosystème marin, en raison de l'usage accru de pesticides, légaux ou illégaux, dans la centaine de fermes qui parsèment la baie. «Notre plus grande inquiétude est pour le plancton, dit Maria Recchia, biologiste au service de l'association. Les larves de homard en font partie. Nous craignons qu'elles se fassent tuer en grand nombre.» L'impact pourrait se répercuter sur toute la chaîne alimentaire, jusqu'aux baleines qui viennent se nourrir dans la baie, dit-elle.

Environnement Canada inquiet - Depuis quelques mois, Environnement Canada a ouvert des enquêtes après avoir détecté de la cyperméthrine, un pesticide illégal, dans des homards trouvés morts ou paralysés. Les enquêteurs en ont aussi trouvé dans des saumons prélevés dans des fermes d'élevage appartenant à deux firmes d'aquaculture. La deltaméthrine et la cyperméthrine sont de la même famille chimique. La description de la deltaméthrine dans les bases de données de l'industrie précise que le produit est «très toxique pour les organismes aquatiques» et qu'il «peut causer des effets néfastes à long terme dans les environnements aquatiques»....

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Le 20 novembre 2010

Baie de Fundy - Enquête en profondeur sur un pesticide illégal (Radio Canada)

Environnement Canada a effectué une perquisition, jeudi, dans les bureaux de Cooke Aquaculture, au Nouveau-Brunswick, dans le cadre d'une enquête sur un pesticide illégal. Aucune accusation n'est portée contre l'entreprise.

Les 29 agents chargés de cette perquisition cherchaient des indices. Ils ont fouillé les dossiers et les ordinateurs dans huit bureaux et installations de l'entreprise. « Tout ce que je peux dire, c'est qu'une enquête de façon générale est ouverte à la suite de l'information qui suppose ou qui indique une infraction à la loi des pêches », explique Robert Robichaud, de la direction de l'application de la loi en environnement chez Environnement Canada.

La présence d'un pesticide illégal, le cyperméthrine, a mené à la mort de centaines de homards dans la baie de Fundy, il y a un an. Depuis cet incident, Environnement Canada mène deux enquêtes et tente de remonter à la source du pesticide. Les perquisitions effectuées jeudi font partie de ces enquêtes.

Nell Halse, porte-parole de Cooke Aquaculture, affirme que l'entreprise n'a rien à cacher et qu'elle collabore avec les enquêteurs depuis des mois. Elle dit que cette enquête porte sur toute l'industrie, non seulement sur Cooke. Mme Halse ajoute qu'elle a hâte de ne plus devoir défendre sans cesse l'entreprise et l'aquaculture en général. L'enquête, dit-elle, sème un doute sur les intentions de l'industrie. « Maintenant, les agents de l'application de la loi d'Environnement Canada vont analyser l'information qui a été recueillie hier, et essentiellement, cette information-là va être utilisée pour les deux enquêtes en cours », indique Robert Robichaud….

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Le 30 décembre 2010

Test "pesticides" : Alphamax tue les homards, mais pas les saumons !!!

Les pesticides utilisés pour tuer les poux de mer (petits crustacés fixés sur les saumons d’élevage), ne tueraient-ils pas aussi les homards de la baie de Fundy au Nouveau-Brunswick (Canada) ?

L'Association des pêcheurs de la baie de Fundy (AFPN), basée à St. Andrews, Nouveau-Brunswick, pense que les pesticides utilisés par les salmoniculteurs tuent les homards, selon Sheena Young, directrice d’AFPN.

Quant à l’association des pisciculteurs du Canada atlantique (ACFFA), basée à Letang, Nouveau-Brunswick, elle soutient que les homards des pêcheurs meurent d’autres choses, selon Pamela Parker, directrice d’ACFFA.

Les tests effectués par Environnement Canada (EC) le 27 octobre 2010 n’auront pas pu rapprocher pêcheurs et salmoniculteurs qui sont restés sur leurs positions.

Pourtant, il est clair qu’en mettant les homards en situation de traitement des saumons à savoir dans un bain chimique AlphaMax - pesticide ciblé par les pêcheurs et les environnementalistes - les gros crustacés sont tous morts comme les petits crustacés - les poux de mer – sans avoir tué les saumons ! Voir toutes les explications sur les différents tests : Are salmon pen pesticides killing lobsters ?

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Le 31 décembre 2010

Colombie britannique : Une étude montre que les poux de mer se développent avec la présence des salmonicultures

Sur la côte Pacifique du Canada, les pêcheurs de saumon sauvage explique le déclin de certaines pêcheries par le développement des poux de mer qui parasiteraient les jeunes saumons en migration au moment de leur passage dans les zones d’élevage de saumon.

Une étude publiée fin décembre 2010 indique que les fermes de saumon de l'archipel Broughton en Colombie Britannique ont considérablement amplifié le développement des poux du poisson dans les eaux côtières et souligne les défis que doit relever l'industrie pour enrayer ce problème.

L'étude, “Dynamics of outbreak and control of salmon lice on two salmon farms in the Broughton Archipelago, British Columbia,” a été publiée dans la revue en ligne « Aquaculture Environment Interactions ». L’étude montre le développement des poux sur deux fermes de la région située sur le chemin de migration des jeunes saumons sauvages, et elle a confirmé que les épidémies de poux sur le saumon d'élevage sont principalement liées à la reproduction et la croissance des poux dans les piscicultures. «L'étude fournit de nouvelles informations sur la dynamique des épidémies de poux dans les fermes ; ce qui nous aide à mieux comprendre les défis auxquels nous sommes confrontés en matière de contrôle des poux dans les zones où le saumon sauvage peut être affecté », affirme l'auteur principal, le Dr Martin Krkosek, professeur à l'Université de Otago en Nouvelle-Zélande. Les résultats de cette étude contredisent les résultats de l'autre étude publiée quelques jours avant par l’University of California Davis School of Veterinary Medicine qui montrait que les poux n’étaient pas à l’origine du déclin des populations sauvages de saumon. Source : Sea lice study blames B.C. salmon farms (Seafoodsource)

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Le 27 février 2011

Résistance aux pesticides aquacoles (Radio Canada)

Une vingtaine d'organismes canadiens demande au premier ministre Stephen Harper d'empêcher les changements envisagés dans la réglementation de l'élevage du saumon par le ministère des Pêches et des Océans. Selon ces représentants de pêcheurs et d'environnementalistes, le but de ces changements est de permettre à l'industrie aquacole d'utiliser davantage de produits chimiques pour la lutte contre les parasites.

En raison de leur nature nocive, il est interdit de verser des pesticides dans les cours d'eau au Canada. Cependant, les fermes aquacoles obtiennent du fédéral des permis extraordinaires afin d'utiliser des pesticides pour lutter contre le pou de mer. Selon les pêcheurs et les environnementalistes, les pesticides tuent aussi d'autres espèces marines. Le pesticide deltaméthrine, par exemple, était selon eux responsable de la mort de milliers de homards dans la baie de Fundy en 2009. « Les pesticides dans l'aquaculture, c'est toxique. Ça peut faire mal à l'environnement et aux autres animaux dans l'eau, comme les homards. Avec ces règlements, ça se fait plus facile à utiliser les pesticides et ça enlève le pouvoir d'Environnement Canada pour protéger l'environnement marin », affirme Matthew Abbott, coordonnateur du groupe Sentinelles de la baie de Fundy.

L'industrie aquacole défend ses méthodes - L'industrie aquacole voit autrement les changements proposés par Pêches et Océans Canada. Selon la directrice de l'association des éleveurs de poissons du Canada atlantique, Pamela Parker, le ministère cherche à placer des balises plus claires ou à mieux encadrer l'utilisation de pesticides….

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Le 17 juin 2011

Des résidents s'opposent à un projet d'aquaculture dans la baie Sainte-Marie (Radio Canada)

Environ 50 personnes ont brandi des pancartes et scandé des slogans vendredi matin devant l'Assemblée législative de la Nouvelle-Écosse à Halifax.

Les résidents s'opposent à l'établissement de deux importantes fermes d'élevage du saumon dans la baie Sainte-Marie. Ils craignent qu'une ferme d'élevage nuise à la pêche aux homards et pollue les fonds marins et les plages. Ils avertissent aussi que si le saumon d'élevage s'échappait et se reproduisait avec le saumon sauvage, il affaiblirait l'espèce.

Ce projet mis de l'avant par la compagnie Cooke Aquaculture du Nouveau-Brunswick a déjà reçu l'approbation du gouvernement provincial. Les manifestants reprochent à la province d'avoir accordé les permis sans consultation publique.

La manifestation a rassemblé des environnementalistes, des pêcheurs, des autochtones et des résidents du sud-ouest de la province.

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Le 5 juillet 2011

Des moules pour lutter contre les poux de mer

Les pisciculteurs luttent contre les poux de mer, de petits crustacés qui parasitent les saumons, en versant des insecticides dans les cages d’élevage. Ecologistes et pêcheurs (notamment les pêcheurs de homards) du Canada condamnent ces traitements effectués directement en milieu ouvert causant la mortalité des homards....

Des chercheurs étatsuniens viennent de découvrir que les moules absorbent les larves de ces poux de mer… Il suffirait selon eux de mettre des cordes de moules à côté des cages d’élevage pour diminuer la quantité de ces poux de mer…

Bangor : UMaine researchers: mussels can combat sea lice outbreaks

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Le 16 juillet 2011


Une coalition de villages, de groupes environnementaux et de pêcheurs de la baie Sainte-Marie, en Nouvelle-Écosse, tente de stopper un projet aquacole en faisant appel aux tribunaux.

Pourtant, le promoteur visé, Cooke Aquaculture, soutient qu'il a franchi toutes les étapes réglementaires pour installer des bassins d'élevage dans cette région. L'entreprise ajoute qu'elle n'a pas l'intention de se laisser ralentir par ce recours judiciaire.

Selon la porte-parole de Cooke, Nell Halse, des saumons sont déjà élevés dans un premier site. Le deuxième site d'élevage est en construction. À la fin du mois, 16 personnes y travailleront.

La controverse n'est pas sur le point de s'éteindre. Le ministre des Pêches de la Nouvelle-Écosse et député de cette région, Sterling Belliveau, a convoqué une grande réunion publique, mardi soir, à Shelburne. Quelque 300 personnes y ont participé. Des représentants de plusieurs ministères provincial et fédéral étaient présents pour répondre aux questions des citoyens. Les gens présents ont exprimé des avis divergents. Certains citoyens se réjouissent des emplois qui seront créés dans l'aquaculture tandis que d'autres craignent les conséquences de ces activités sur l'environnement.

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Le 20 décembre 2011

Saumon. Un film d'huile en surface des cages d'aquaculture pour éliminer les poux de mer (BE Norvège)

Un film d'huile, associé à un agent d'épouillage et déposé à la surface de l'eau, dans les cages des saumons d'élevage, peut tuer les poux de mer lorsque le poisson saute à travers. Cette méthode a été testée auparavant, mais il s'est avéré que les saumons ne sautaient pas si souvent. Or il a tout récemment été découvert que si on l'empêche d'atteindre la surface durant un ou deux jours, le poisson ira ensuite naturellement sauter à la surface.

La lutte contre le pou de mer est l'un des plus grands défis de l'industrie de l'aquaculture en Norvège. Aujourd'hui, le poisson est traité en majorité avec des aliments médicamenteux, des bains chimiques ou, de manière plus anecdotique, avec l'utilisation du labre (poisson nettoyeur). Ces solutions présentent des inconvénients majeurs comme l'utilisation de produits chimiques, le rejet de substances chimiques en mer, la résistance toujours accrue des poux de mer due à leur adaptation, la difficulté de mise en oeuvre, etc. Des équipes de recherche conjointes de SINTEF Pêche et Aquaculture [4], l'Université de Melbourne [5] et l'IMR travaillent sur des traitements plus efficaces. L'utilisation du film d'huile présente l'énorme avantage de pouvoir collecter facilement les substances à la surface après le traitement, grâce aux technologies très efficaces mises au point dans l'industrie pétrolière offshore.

A partir de 1989, des expériences ont été réalisées pour tenter de réaliser l'épouillage du saumon d'élevage en le faisant sauter à travers un film d'huile. Les premiers résultats étaient prometteurs, mais les essais à grande échelle se sont avérés inefficaces pour deux raisons : les poissons ne sautaient pas naturellement de manière systématique et l'agent d'épouillage se décomposait rapidement au soleil. Un de ces problèmes semble maintenant pouvoir être résolu. "Dans les cages expérimentales de 12 mètres par 12 mètres (2000 mètres cubes), nous avons empêchés plusieurs groupes de saumons, grâce à des filets, d'avoir accès à la surface pendant des périodes différentes. Quand le filet est retiré, nous enregistrons une très forte fréquence de sauts. Nous avons observé qu'en supprimant l'accès à la surface pendant un à deux jours, 93% des poissons sautaient en moyenne deux à trois fois après le retrait du filet.", dit Tim Dempster [6], qui travaille pour SINTEF Pêche et Aquaculture et l'Université de Melbourne. D'après l'hypothèse la plus probable, le poisson sauterait pour remplir d'air sa vessie natatoire (organe des poissons osseux qui détermine la profondeur à laquelle le poisson flotte dans l'eau et lui permet ainsi de se mouvoir à cette profondeur en ajustant sa densité à celle de l'eau).

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Le 9 mars 2012

Salmoniculture : Etude sur le matériel génétique des poux de mer (BE Norvège)

Après plusieurs années de travail, l'Institut de la Recherche Marine norvégien [1] publie les résultats d'une étude portant sur le matériel génétique des poux de mer, qui pourrait aider au développement de nouveaux traitements contre ce parasite.

Le pou de mer (lepeophtheirus salmonis) [2], parasite d'une dizaine de millimètres se nourrissant de la peau et du sang des salmonidés, est présent naturellement dans les eaux norvégienne mais son champ d'action a augmenté significativement avec le fort développement de l'industrie de l'aquaculture.

L'étude visant à révéler les secrets des poux de mers a demandé beaucoup de temps. Le génome étudié (ensemble du matériel génétique d'une espèce codé dans son ADN) devait d'abord être divisé en morceaux qui étaient cartographiés [3]. Ces morceaux cartographiés étaient ensuite assemblés avant de procéder à une analyse permettant de vérifier la cohérence du génome reconstruit. C'est seulement à partir de là que les chercheurs ont pu travailler sur le matériel génétique du pou de mer. "Les résultats obtenus jusqu'à présent dépassent toutes nos attentes. Nos reconstructions sont bien meilleures que ce que nous osions espérer lorsque le projet a démarré.", annonce Rasmus Skern-Mauritzen [4], chef du projet à l'Institut de la Recherche Marine....

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Le 12 septembre 2012

Des saumons écossais élevés aux pesticides (Jdle)


L'aquaculture écossaise menacée par un parasite?

L’agence de l’environnement écossaise (Sepa) révèle que l’utilisation de pesticides dans les élevages de saumon écossais a augmenté de 110% au cours des 4 dernières années. La faute à un parasite des saumons, devenu en résistant aux traitements: le pou des saumons.

Dans le même temps, la production de saumon n’a augmenté que de 22%, passant à 158.000 tonnes. Alors que l’Ecosse espère augmenter de 50% sa production d’ici 2020.

Les écologistes sont inquiets de l’accumulation de ces produits chimiques dans le milieu marin, des molécules classées comme toxiques pour l’environnement marin. Les fermes aquacoles écossaises utilisent deux molécules principalement. Il s’agit d’un organophosphoré qui attaque le système nerveux des poux et du teflubenzuron, qui inhibe la croissance de leur coquille. Selon le directeur du WWF Ecosse, les biologistes marins auraient démontré que ce dernier est toxique pour les crustacés et notamment les jeunes langoustes, les crabes et les crevettes.

En fait, les fermes aquacoles luttent tant bien que mal contre l’infestation de ce pou des saumons. Un super pou, ultra résistant, a d’ailleurs fait son apparition dans les fermes norvégiennes. En février dernier, on notait l’explosion de la population du parasite dans les îles Shetland. Pour lutter contre ce fléau, les élevages de saumon emploient donc de plus en plus de produits phytosanitaires. Résultats, 54 fermes écossaises ont reçu, en 2011, une mauvaise note du Sepa, notamment à cause de concentrations élevées en résidus de pesticides dans les sédiments marins.

L’association écossaise des pêcheurs de truite et de saumons révèle qu’en 2009, 137 fermes écossaises ont été classées comme étant de mauvaise qualité justement à cause de ces résidus. 64 d’entre elles étant considérées comme très limite.

Mais l’agence écossaise de l’environnement n’a pourtant mené aucune étude sur ce problème, jusqu’à présent.

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Le 19 septembre 2012

Ecosse : L’écloserie de Machrihanish recherche son biologiste

L’écloserie de Machrihanish (*), près de Campbeltown (Ecosse) recherche un biologiste à temps plein (40 heures par semaine)

Cette écloserie se concentre sur le développement du labre nettoyeur, un poisson de la famille des labridés dont le rôle est de limiter la propagation de pou du saumon dans le cadre d’une aquaculture durable...

Le candidat retenu sera directement rattaché au directeur de l’écloserie et il sera responsable de toutes les tâches biologiques sur place. Les principales responsabilités comprendront la surveillance bactérienne du site, la biosécurité, les essais en matière d’alimentation et d’incubation des géniteurs, l'entretien de tout l'équipement scientifique, la recherche sur le labre et la responsabilité des reproducteurs du site.... Pour plus de renseignement : Fishupdate

(*) il s’agit de Machrihanish Marine Farm ltd qui dépend du groupe norvégien Marine Harvest

Pour plus d’information sur le labre : Farmed wrasse as a “green” sustainable sea lice control solution for Scottish farmed salmon

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Lutte intégrée contre le pou du poisson en salmoniculture

Les poux du poisson sont des copépodes parasitaires qui appartiennent à la famille des Caligidae. Ce sont des parasites naturels du saumon sauvage et d’autres poissons de mer. Cependant, ils peuvent causer une maladie grave chez les salmonidés d’élevage. Des poussées épidémiques sérieuses du pou du poisson ont d’abord été rapportées en Norvège au milieu des années soixante-dix après le développement des systèmes d’élevage intensif du saumon dans des parcs en filet. Depuis, des infections au pou du poisson ont été rapportées dans la plupart des régions du monde où l’on élève le saumon.

En Écosse, l’infection au pou du poisson est considérée comme la maladie la plus importante sur le plan économique. En 1996, son coût estimatif pour l’industrie équivalait à 70 millions de dollars sous forme de pertes dues à la mortalité, aux coûts des traitements, à la perte de croissance et à la main-d’oeuvre nécessaire pour s’occuper du problème. Au Canada, des infections sérieuses au pou du poisson se sont déclarées dans des stocks de salmonidés d’élevage sur les deux côtes, mais plus particulièrement dans l’industrie de la pisciculture du saumon du Nouveau-Brunswick. Dans cette province, les infestations du saumon d’élevage par les poux du poisson sont devenues récemment un problème économique et environnemental important pour l’industrie. En 1995, les pertes économiques qui en ont découlé ont été estimées à 20 millions de dollars. Outre les dommages causés directement au saumon, le pou du poisson s’est avéré un vecteur de maladies virales et bactériennes du poisson.... Suite et pour télécharger l’étude, cliquer Ici

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Un film d'huile en surface des cages d'aquaculture pour éliminer les poux de mer (BE Norvège)

Un film d'huile, associé à un agent d'épouillage et déposé à la surface de l'eau, dans les cages des saumons d'élevage, peut tuer les poux de mer lorsque le poisson saute à travers. Cette méthode a été testée auparavant, mais il s'est avéré que les saumons ne sautaient pas si souvent. Or il a tout récemment été découvert que si on l'empêche d'atteindre la surface durant un ou deux jours, le poisson ira ensuite naturellement sauter à la surface.

"Au sein de la station de l'IMR (Institut de Recherche Marine) [1] de Matre, nous avons observé que le saumon sautait beaucoup après que nous l'ayons empêché d'atteindre la surface pendant quelques jours. Cette observation nous a donné l'idée de réutiliser cette ancienne méthode, largement oubliée, dans laquelle le poisson lui-même contribue à éliminer les poux.", dit Tore Kristiansen [2], Chef de Projets à l'IMR. "Une méthode qui nous permettrait de faire sauter le saumon de manière fréquente et prévisible ouvrirait de nouveau la porte au développement des huiles de traitement contre les poux. Nous sommes actuellement à la recherche d'un mélange efficace d'huile et d'agent d'épouillage, puis nous mettrons en place une expérimentation à grande échelle. Si elle est réussie, la méthode pourra être diffusée dans les exploitations commerciales. Elle est beaucoup plus douce que les méthodes actuelles, et entraine donc moins de stress pour le poisson.", ajoute Frode Oppedal [3], Chercheur à l'IMR.

La lutte contre le pou de mer est l'un des plus grands défis de l'industrie de l'aquaculture en Norvège. Aujourd'hui, le poisson est traité en majorité avec des aliments médicamenteux, des bains chimiques ou, de manière plus anecdotique, avec l'utilisation du labre (poisson nettoyeur). Ces solutions présentent des inconvénients majeurs comme l'utilisation de produits chimiques, le rejet de substances chimiques en mer, la résistance toujours accrue des poux de mer due à leur adaptation, la difficulté de mise en oeuvre, etc. Des équipes de recherche conjointes de SINTEF Pêche et Aquaculture [4], l'Université de Melbourne [5] et l'IMR travaillent sur des traitements plus efficaces. L'utilisation du film d'huile présente l'énorme avantage de pouvoir collecter facilement les substances à la surface après le traitement, grâce aux technologies très efficaces mises au point dans l'industrie pétrolière offshore.

A partir de 1989, des expériences ont été réalisées pour tenter de réaliser l'épouillage du saumon d'élevage en le faisant sauter à travers un film d'huile. Les premiers résultats étaient prometteurs, mais les essais à grande échelle se sont avérés inefficaces pour deux raisons : les poissons ne sautaient pas naturellement de manière systématique et l'agent d'épouillage se décomposait rapidement au soleil. Un de ces problèmes semble maintenant pouvoir être résolu. "Dans les cages expérimentales de 12 mètres par 12 mètres (2000 mètres cubes), nous avons empêchés plusieurs groupes de saumons, grâce à des filets, d'avoir accès à la surface pendant des périodes différentes. Quand le filet est retiré, nous enregistrons une très forte fréquence de sauts. Nous avons observé qu'en supprimant l'accès à la surface pendant un à deux jours, 93% des poissons sautaient en moyenne deux à trois fois après le retrait du filet.", dit Tim Dempster [6], qui travaille pour SINTEF Pêche et Aquaculture et l'Université de Melbourne. D'après l'hypothèse la plus probable, le poisson sauterait pour remplir d'air sa vessie natatoire (organe des poissons osseux qui détermine la profondeur à laquelle le poisson flotte dans l'eau et lui permet ainsi de se mouvoir à cette profondeur en ajustant sa densité à celle de l'eau).

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Le 29 avril 2013



C'est dans des fermes d'aquaculture comme celle-ci, dans la baie de Fundy, que le pesticide cyperméthrine a été utilisé.

Source : La Presse   par Charles Côté

Une filiale du plus grand éleveur de saumon au Canada a plaidé coupable hier à des accusations d'avoir usé illégalement de pesticides dans la baie de Fundy.

L'entreprise Kelly Cove a été condamnée à payer 100 000$ d'amende et devra verser 400 000$ à différents fonds environnementaux, en vertu d'une entente avec la poursuite entérinée par la Cour provinciale du Nouveau-Brunswick.

Kelly Cove est une des filiales du géant Cooke Aquaculture, qui détient 80% du marché dans l'est du Canada et vend chaque année 50 000 tonnes de saumon, sous les marques True North et Heritage Salmon.

La condamnation en vertu de la Loi sur les pêches survient après une enquête d'Environnement Canada, déclenchée après la mort de centaines de homards dans le voisinage de fermes d'élevage de saumon en 2009.

Dans l'énoncé conjoint des faits signé par la poursuite et Kelly Cove, il est reconnu que l'entreprise a acheté «72 contenants de 8 pintes de cyperméthrine», un pesticide dont l'usage est interdit en mer au Canada, mais permis aux États-Unis. Ce pesticide a été utilisé dans 15 fermes d'élevage différentes dans la baie de Fundy.

L'entreprise luttait contre une infestation de poux de mer, un parasite du saumon.

«La cyperméthrine est un pesticide agricole dont l'utilisation n'est pas autorisée dans les milieux marins en raison de sa toxicité prouvée pour les crustacés, notamment le homard et la crevette, note Environnement Canada dans un communiqué. Cooke a utilisé le pesticide... en sachant que cette utilisation était illégale.»

Curieusement, en dépit de ce qui est mentionné dans l'énoncé conjoint et de sa reconnaissance de culpabilité, Cooke Aquaculture continue de clamer son innocence.

«Nous avons pris la décision difficile de ne pas contester ces accusations même si nous remettons en doute les allégations», affirme dans un communiqué émis le jour même de la condamnation Glenn Cooke, président et chef de la direction de Cooke Aquaculture.

Ce dernier ainsi que son frère Matt et leur père Gifford étaient également accusés personnellement dans cette affaire, mais cette poursuite est finalement retirée.

«Un grand jour»

«C'est un grand jour aujourd'hui, affirme Matthew Abbott, de l'organisme Fundy Baykeeper. Ça fait plusieurs années qu'on le dit et on voit que c'est vrai qu'il y a un problème avec l'usage des pesticides, mais on ne savait pas qu'il était si étendu. On voit qu'ils reconnaissent l'avoir utilisé dans 15 endroits différents.»

«Les pratiques d'aquaculture n'ont pas vraiment changé ces trois dernières années et l'industrie continue de vouloir utiliser des pesticides, ajoute M. Abbott. Même leur utilisation légale est inquiétante.»

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