samedi 7 novembre 2009

Avis de recherche : Fraser attend toujours près de 9 millions de Sockeye

Fraser River est le plus grand fleuve de Colombie-Britannique sur la côte Ouest du Canada. Long de 1370 km, il prend sa source dans les Montagnes Rocheuses pour se jeter dans l'océan Pacifique à Vancouver.

Sockeye est un type de saumon, facilement reconnaissable. Il se colore en rouge au moment du retour dans le fleuve Fraser avant de s’y reproduire et mourir. D’après les estimations des scientifiques, 10,6 millions de Sockeye auraient dû reprendre le chemin des frayères pendant la période estivale. Or, à ce jour près de 9 millions de saumons rouges manquent à l’appel.

Déclenchement de l’avis de recherche

Le gouvernement canadien a accordé vendredi 6 novembre 2009 à un juge de la Cour suprême de la Colombie-Britannique les pleins pouvoirs pour déterminer les causes de la disparition du saumon rouge dans le fleuve Fraser.

Le juge Bruce Cohen présidera la commission d'enquête sur la disparition massive survenue cette année de cette espèce également connue sous le nom de saumon sockeye. Il jouira du pouvoir de contraindre toute personne à comparaître devant lui, et il pourra proposer des recommandations aux politiques et procédures du ministère des Pêches et des Océans.

Des disparitions mystérieuses

Les indices sur cette disparition massive de saumons rouges restent nébuleux. Certains évoquent un nouveau prédateur. D’autres la température plus chaude de l'eau et même des changements dans la chaîne alimentaire. Il y a ceux pointant un parasite qui se serait développé dans les élevages de saumons. Une combinaison de tous ces indices n’est pas à écarter.

D'ici mai 2010, la commission Cohen devra soumettre des recommandations pour expliquer ces disparitions plutôt mystérieuses.

Dans l’attente, la pêche commerciale du saumon rouge a été suspendue. Les principales victimes de cette disparition sont les peuples indigènes. Pour Ernie Crey, conseiller en matière de pêche pour la Première Nation Sto:Lo, la disparition des saumons est un véritable désastre pour les autochtones de la province. Le saumon constitue encore la base de l'alimentation pour bon nombre de Premières Nations, souligne-t-il.
Philippe FAVRELIERE (à partir de Radio Canada)

Autres articles :

Reportages video de Radio Canada :

Commentaire :

Canada: la disparition de saumons pourrait modifier la politique de pêche (AFP)
Le gouvernement canadien a lancé officiellement vendredi une enquête judiciaire sur la disparition mystérieuse de millions de saumons dans l'ouest du pays et annoncé qu'elle pourrait déboucher sur des modifications dans la politique de pêche.

L'initiative du gouvernement, qui avait été annoncée dès jeudi par le Premier ministre Stephen Harper, a été accueillie avec satisfaction par les professionnels de la pêche.
"C'est une très grande nouvelle", s'est réjoui dans une déclaration à l'AFP Phil Eidsvik, porte-parole de la Coalition pour la survie de la pêche en Colombie-Britannique.
"Je ne connais aucun autre gouvernement au monde qui aurait lancé une enquête judiciaire pour examiner sa propre politique de pêche. La plupart des gouvernements, y compris tous les gouvernements canadiens précédents, ont tout fait pour dissimuler leur mauvaise gestion de la pêche", a-t-il dit.

"Cela évitera peut-être au saumon de Colombie-Britannique de connaître le sort de la morue de l'Atlantique", a ajouté M. Eidsvik.
Le gouvernement canadien a interdit en 1992 la pêche à la morue sur sa façade atlantique après un effondrement des stocks consécutif à la surpêche.

Illustration : Saumon rouge Sockeye Oncorhynchus nerka (Wikipedia - Timothy Knepp of the Fish and Wildlife Service)

Informations complémentaires :

Salmoniculture : Une victoire pour les amérindiens de Colombie Britannique

Vendredi 20 novembre 2009, les peuples premiers Kwicksutaineuk et Ah-Kwa-Mish (KAFN) ont applaudi la décision de la cours suprême de Colombie Britannique dans une affaire les opposant à des salmonicultures

En février 2009, KAFN avait déposé un recours collectif contre le gouvernement provincial, affirmant que les élevages de saumons portaient atteinte aux saumons sauvages et à leur mode de vie. KAFN attaquait le gouvernement pour la baisse des stocks de saumon rose après avoir autorisé 29 sites de salmoniculture dans la région de l'archipel de Broughton.

Une semaine après le dépôt de la plainte, le tribunal avait jugé que la réglementation du gouvernement provincial relative à l'élevage du saumon était illégale et que le gouvernement fédéral avait compétence sur l’aquaculture. Le tribunal a statué que les stocks de poissons en élevage dans les salmonicultures devaient être réglementés comme les stocks de la pêche, et non comme le cheptel dans un élevage terrestre, éliminant ainsi tout droit privé pour les eaux à vocation aquacole.

«Nous sommes heureux de la réponse de la cour » a déclaré Bob Chamberlin, Chef KAFN. « Le gouvernement de Colombie Britannique n’était pas de notre côté repoussant toujours l’examen de notre plainte à l’égard des élevages de saumons ». « C'est un grand soulagement, nous sommes sur la bonne voie pour une reconnaissance de nos droits. » (Source : Seafoodsource)

Le 29 janvier 2010

Le MPO dispose de temps additionnel pour terminer l'élaboration du règlement de la Colombie-Britannique sur l'aquaculture avant décembre 2010 (Pêches et Océans Canada)
La Cour suprême de la Colombie-Britannique (CSCB) a annoncé le 26 janvier 2010 que le régime de gestion et le cadre de réglementation actuels visant l'industrie de l'aquaculture en Colombie-Britannique demeureraient en vigueur jusqu'au 18 décembre 2010. Le gouvernement disposera ainsi de plus de temps pour élaborer et mettre en oeuvre un nouveau règlement fédéral et un nouveau cadre de réglementation en vertu de la Loi sur les pêches.
L'année dernière, la CSCB a statué que la pratique de l'aquaculture du poisson est une pêche et relève des compétences du gouvernement fédéral conformément à la Loi constitutionnelle de 1867. La Cour a ordonné que le régime de réglementation de l'aquaculture existant, géré en grande partie à l'échelle provinciale, soit maintenu jusqu'au 10 février 2010.
Récemment, le gouvernement du Canada a demandé une prolongation de la date butoir imposée par la Cour, afin que Pêches et Océans Canada (MPO) ait plus de temps pour élaborer un nouveau régime de réglementation de la gestion de l'aquaculture en Colombie-Britannique…..

Le 17 avril 2010

Canada - Commission Cohen : Commission d'enquête sur le déclin des populations de saumon rouge du fleuve Fraser

Le 5 novembre 2009, le gouverneur en conseil a publié un décret établissant le mandat de la Commission Cohen (la Commission d’enquête sur le déclin des populations de saumon rouge du fleuve Fraser). L’honorable Bruce Cohen, juge de la Cour suprême de la Colombie-Britannique, a été nommé commissaire en vertu de la Partie I de la Loi sur les enquêtes.

L’enquête comportera deux volets. Durant le premier, le commissaire examinera et évaluera les études, enquêtes et rapports antérieurs qu’il juge pertinents au sens de l’enquête, ainsi que les réponses du gouvernement à ces études, enquêtes et rapports.

Dans le cadre du deuxième volet, le commissaire fera enquête et formulera des conclusions indépendantes concernant :

  • les raisons pour lesquelles les populations de saumon rouge du fleuve Fraser diminuent, notamment l’impact des changements environnementaux dans les environs du fleuve Fraser, les conditions du milieu marin, l’aquaculture, les prédateurs, les maladies, la température de l’eau et d’autres facteurs pouvant avoir une incidence sur la capacité du saumon à atteindre les frayères qu’il occupe généralement et/ou l’océan;
  • l’état actuel et à long terme des stocks de saumon rouge du fleuve Fraser;
  • l’accroissement de la viabilité de la pêche au saumon rouge du fleuve Fraser, notamment, si nécessaire, en modifiant les politiques, les pratiques et les procédures appliquées par le ministère (des Pêches et des Océans) concernant la gestion de la pêche du saumon rouge du fleuve Fraser.

Brian J. Wallace, c.r., est l’avocat principal de la Commission, Keith Hamilton, c.r., en est le conseiller en politiques. Wendy Baker, c.r., Brock Martland et Patrick McGowan ont été nommés pour appuyer le processus des audiences. Jennifer Chan, Kathy Grant, Maia Tsurumi ainsi que Lara Tessaro ont été nommées conseillères en recherche.

Le bureau de la Commission est situé à Vancouver, en Colombie-Britannique (Canada).

Télécharger : Rapport d’étape du 24 mars 2010

Le 15 juin 2010

Disparition de saumons - L'enquête fédérale commence (Radio Canada)
La commission d'enquête fédérale chargée de faire la lumière sur la disparition de millions de saumons sockeye dans le fleuve Fraser doit commencer mardi à Vancouver.
Présidée par le juge Bruce Cohen de la Cour suprême de la Colombie-Britannique, cette commission se penchera sur tous les aspects de l'industrie, y compris la structure organisationnelle au ministère des Pêches, le système de prédiction des remontées des saumons et la présence des fermes d'élevage.
L'année dernière, Pêches et Océans Canada s'attendait à ce que 10,6 millions de saumons sockeye remontent le fleuve Fraser durant la saison estivale. Or, seulement 1,5 million de poissons y ont frayé. Le gouvernement fédéral avait alors ordonné la tenue d'une enquête à ce sujet.
Pendant cette commission, des experts doivent examiner les répercussions des fermes d'élevage sur la population de saumon rouge. Ces installations très controversées situées le long de la route migratoire du saumon sockeye sont montrées du doigt dans la disparition du poisson.

20 juillet 2010

Canada : Règlement du Pacifique sur l’aquaculture

Vol. 144, no 28 — Le 10 juillet 2010

Voir plus bas le texte de décembre 2010

Résumé

Question : Le 9 février 2009, la Cour suprême de la Colombie-Britannique (CSCB) a statué que l’aquaculture est une pêche et qu’elle relève donc de la compétence exclusive du gouvernement fédéral. Essentiellement, cette décision signifie que la majorité des aspects du régime réglementaire de l’aquaculture de la province de la Colombie-Britannique ne sont pas de compétence provinciale. L’actuel régime réglementaire fédéral ne réglemente pas adéquatement l’aquaculture en Colombie-Britannique. Afin de donner le temps au gouvernement fédéral de proposer lui-même une mesure législative (y compris un règlement), la CSCB a suspendu sa décision jusqu’au 18 décembre 2010. Un régime réglementaire fédéral doit être mis en place d’ici cette date pour veiller à ce que les opérations aquacoles nouvelles et existantes puissent obtenir les permis afin d’exploiter légalement en vertu de la Loi sur les pêches (la Loi).

Description : Les dispositions applicables des règlements existants, comme le Règlement de pêche(dispositions générales), conjuguées au projet de Règlement du Pacifique sur l’aquaculture (le projet de règlement), remplaceraient l’actuelle réglementation provinciale qui s’applique à la culture des poissons. Le projet de règlement fonctionnerait en synergie et assurerait la gestion et la réglementation de l’aquaculture sur la côte du Pacifique.

Ce projet de règlement établirait un régime de permis, conforme au régime des autres types de pêche gérés par le ministère des Pêches et des Océans (MPO), mais qui serait taillé sur mesure pour tenir compte de la spécificité du secteur de l’aquaculture. En vertu du projet de règlement, les conditions de permis réglementeraient la plupart des aspects de l’aquaculture qui étaient visés dans l’ancienne réglementation provinciale, alors que certains autres aspects, comme les autorisations de rejet de substances nocives (article 36), seraient gérés directement par le projet de règlement.....

Le 9 août 2010

Saumon sockeye : La pêche commerciale à nouveau autorisée (Radio Canada)

Après quatre années d'attente, les pêcheurs du fleuve Fraser, en Colombie-Britannique, sont enfin autorisés à capturer du saumon rouge, mieux connu sous le nom de saumon sockeye. Les autorités prévoient qu'entre 10 et 13 millions de saumons sockeye remonteront le fleuve Fraser cet été. Certains pensent même que ce nombre pourrait atteindre 20 millions. Cette situation réjouit Troy Takasaki, l'un des derniers descendants japonais de la communauté de Steveston à pêcher pour gagner sa vie. Il raconte que son père pouvait vivre en ne pêchant que du saumon et du hareng. Or, ce n'est plus possible de nos jours et M. Takasaki doit diversifier ses pêches. Mardi après-midi, il raconte qu'il ira pêcher du saumon sockeye sur le fleuve Fraser pour la première fois depuis longtemps. Même si ce n'est que pour trois heures, il dit être excité. Rappelons que les retours de saumons des dernières années ont été désastreux. L'année dernière, Pêches et Océans Canada s'attendait à ce que 10,6 millions de saumons sockeye remontent le fleuve Fraser durant l'été. Or, seulement 1,5 million de poissons y ont frayé. Le gouvernement fédéral a d'ores et déjà annoncé qu'une commission d'enquête se tiendra sur la volatilisation des saumons sockeye. Cette commission doit commencer ses travaux cet automne.

Le 25 août 2010

Mystérieusement disparu en 2009, le saumon sockeye revient en masse au Canada (AFP)

Le saumon sockeye, dont la disparition mystérieuse en 2009 fait l'objet d'une enquête officielle au Canada, est revenu en masse, avec 25 millions de poissons attendus dans le fleuve Fraser, niveau jamais atteint depuis 1913, a annoncé mardi soir la Commission du saumon du Pacifique. Cette abondance extraordinaire tranche avec la situation catastrophique d'il y a un an, lorsque environ dix millions de poissons étaient attendus, mais seulement un peu plus d'un million sont arrivés, au grand dam des pêcheurs et des Amérindiens, pour qui ils constituent une source importante de nourriture et de revenus. Les raisons de cette chute n'ont pas encore été éclaircies. La commission d'enquête dite Commission Cohen du nom de son président Bruce Cohen, juge de la Cour suprême de Colombie-Britannique, n'a commencé à siéger qu'en juin. Des experts pensent que les poux de mer, des parasites dont la prolifération serait favorisée par des élevages de saumons, nombreux dans la région, pourraient avoir une part de responsabilité. Les bonnes perspectives de la saison 2010 ne signifient pas que la crise du saumon soit finie, a estimé la ministre canadienne des Pêches, Gail Shea. Cette nouvelle, "nous l'accueillons avec un optimisme prudent", a dit Mme Shea citée mercredi dans le quotidien de référence Globe and Mail.

Le 9 septembre 2010

Les rivières de l'Ouest canadien sont rouge saumon cette année (AFP)

Après des années de grisaille, les rivières de l'ouest canadien et américain se sont mises soudain à rougeoyer - littéralement -, envahies par le saumon revenu après une longue absence qui a fait craindre une crise de l'espèce. Depuis la mi-août, le saumon sockey afflue, pléthorique, de l'océan Pacifique. Il remonte en masse le courant du fleuve Fraser et bondit à contre-courant, dans les torrents des Etats américains de Washington, de l'Oregon, de l'Alaska et de la province canadienne de Colombie Britannique.

A quoi doit-on ce retour presque miraculeux après la tout aussi mystérieuse disparition l'année dernière? Personne ne semble détenir la clé de l'énigme, alors que le débat s'amplifie sur le rôle du changement climatique, des quotas de pêche et de la politique gouvernementale en la matière. "Nous n'en savons rien", reconnaît Barry Rosenberger, du ministère fédéral canadien des Pêches et des Océans. Tous les experts sont d'accord pour dire que les conditions ont été pratiquement idéales cette année pour le saumon sockey, connu pour sa couleur rouge vif et dont la vie suit un scénario quadriennal. Depuis leur éclosion dans les eaux intérieures en 2006, les sockeys ont migré en 2008 vers l'océan où ils se sont épanouis, avec abondance de krill et de plancton pour nourriture, les basses températures qu'ils préfèrent et un petit nombre de prédateurs. Des millions de saumons ont ainsi mûri pour retourner sur leurs lieux de naissance pour se reproduire - et mourir. "Le saumon nous promène sur les montagnes russes", explique le spécialiste en biologie marine John Reynolds, de l'université Simon Fraser. "L'année dernière nous avons eu le retour le plus faible depuis au moins 50 ans et cette année on va vers un niveau record qu'on n'a pas vu depuis près d'un siècle", poursuit le chercheur.

Plusieurs mauvaises années consécutives et la quasi-disparition du saumon en 2009 ont poussé le Canada à créer une commission d'enquête. Celle-ci a commencé à siéger au moment même où la vague rouge est arrivée, plus haute que jamais.

Le phénomène est mondial, touchant aussi le Japon et la Russie. Aux Etats-Unis, quelque 40 millions sockeys sont entrés dans six réseaux de rivières d'Alaska via la baie de Bristol, battant tous les records, selon M. Rosenberger. Dans l'Oregon aussi, le retour du sockey dans le fleuve Columbia est le plus massif depuis 1938. Mais c'est Vancouver qui est en passe d'établir un record. Mardi, la Commission du saumon du Pacifique, un organisme canado-américain, a estimé le nombre de poissons dans le fleuve Fraser à 34,5 millions, tandis que l'administration fédérale a indiqué que les pêcheurs - industriels, indiens et individuels - en avaient pris déjà environ 10,7 millions.

La pêche commerciale a été close mardi, pour protéger les poissons pendant la période du frai, mais les prises abondantes ont d'ores et déjà provoqué une baisse de 70% des prix. Le long des quais à Vancouver, les passants achètent de gros saumons à 15 dollars pièce, en direct du bateau. L'abondance rappelle celle de 1913, quand 39 millions de poissons étaient entrés dans le fleuve Fraser, avant de périr, presque tous, à un endroit surnommé Hell's Gate (Portes de l'Enfer), quelque 200 km au nord-est de Vancouver. Une équipe d'ouvriers travaillant sur un chantier ferroviaire avait laissé tomber des rochers dans cette gorge étroite du Fraser et quelque 38 millions de saumons sont morts en tentant en vain de franchir l'obstacle. Aujourd'hui, le pays tout entier respire, car, comme l'a dit le quotidien de référence Globe and Mail, "si le Canada doit avoir un plat national, c'est du saumon sauvage".

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Le 25 octobre 2010

Saumon sockeye : Début de l'enquête publique (Yahoo)

À Vancouver, la commission d'enquête publique Cohen se penche à partir de lundi sur les raisons qui ont provoqué le déclin de la population de saumons sockeye en 2009 en Colombie-Britannique. Rappelons que Pêches et Océans Canada s'attendait à ce qu'environ 10,6 à 13 millions de saumons remontent le fleuve Fraser pendant la saison estivale 2009. Or, seulement 1,5 million de saumons y ont frayé. Voilà ce qui a poussé le gouvernement canadien à instaurer une enquête sur la volatilisation de millions de poissons.

Au total, 21 groupes d'intérêts témoigneront au cours des prochains jours pour partager leur théorie sur la diminution des stocks de saumons de l'année dernière. Les opinions sont partagées à ce sujet : certains attribuent le phénomène au climat, alors que d'autres en imputent les causes aux fermes d'aquaculture ou à la surpêche. Dimanche, des chefs des Premières Nations, des pêcheurs, des environnementalistes et des politiciens ont uni leurs voix pour appuyer la commission d'enquête publique Cohen.

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Le 5 novembre 2010 : Saumon, un mode de vie

Le Gomery du Saumon (Blog de Francis Plourde)

Malgré leur aspect scientifique, les audiences de la commission Cohen - sur le déclin du saumon rouge sur le fleuve Fraser - se sont ouvertes sur une note politique aujourd’hui (25 octobre 2010). La biologiste Alexandra Morton, militante bien connue sur la côte ouest pour ses positions contre les fermes d’élevage, a rassemblé le 20 octobre dernier une soixantaine de pagayeurs qui sont partis de Hope, à l’embouchure du fleuve Fraser, pour se rendre à Vancouver, juste à temps pour les audiences de cette longue et complexe commission. (La commission Cohen, créée l’automne dernier à la suite la « disparition » de 8 millions de saumons Sockeye sur le fleuve Fraser, devrait s’étirer jusqu’au printemps.) Les pagayeurs sont finalement arrivés ce matin, au moment même ou la commission s’ouvrait. Ils n’étaient pas seuls : une centaine de personnes étaient réunies au parc Vanier, à Kitsilano, pour les accueillir. Parmi eux, une proportion importante d’autochtones, provenant des quatre coins de la province…..

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Le 11 décembre 2010

Aquaculture : Les entreprises d'aquaculture seront désormais réglementées par le gouvernement fédéral (Radio Canada)

Le 18 décembre, le gouvernement fédéral deviendra l'unique responsable de la gestion et du développement de l'industrie de l'aquaculture en Colombie-Britannique. Les gouvernements de Victoria et d'Ottawa ont annoncé vendredi matin qu'ils avaient conclu une entente de principe sur la question. Le ministère des Pêches et Océans s'est engagé à débourser 8 millions de dollars et à créer 55 nouveaux emplois afin d'assurer un meilleur respect de la réglementation entourant l'aquaculture et pour mieux gérer son développement.

Réactions - Le transfert de pouvoir est applaudi par la directrice administrative de l'association des éleveurs de saumons de la Colombie-Britannique, Mary Ellen Walling. Elle dit que les nouvelles réglementations envisagées permettront une gestion simplifiée de l'industrie et que les éleveurs auront accès à d'autres possibilités d'affaires. Pour leur part, les environnementalistes soutiennent que le ministère des Pêches et Océans se place en position de conflit d'intérêts. Le ministère sera responsable du bien-être d'une industrie qui est accusée de menacer les populations de poissons que le ministère doit aussi protéger.

Un transfert de pouvoir rendu obligatoire - Le transfert de la responsabilité de l'aquaculture du provincial au fédéral a été rendu nécessaire par une décision émise par la Cour suprême de Colombie-Britannique en 2009. Cette décision stipulait que le gouvernement fédéral et non provincial devait gérer l'industrie de l'aquaculture, car il la responsabilité constitutionnelle des océans. C'est la biologiste Alexandra Morton, opposée de longue date à l'aquaculture à enclos ouvert, qui a porté la cause devant les tribunaux.

Règlement du Pacifique sur l’aquaculture (DORS/2010-270) / Règlement à jour en date du 30 novembre 2010, cliquer Ici

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Le 16 décembre 2010

Colombie Britannique (Canada) : L’effondrement des stocks de saumon sauvage ne serait pas du aux Poux de mer

Les poux de mer - largement tenus pour responsables d'un effondrement catastrophique des stocks de saumon en Colombie-Britannique en 2002 - sont une « menace mineure » et ne sont pas à blâmer dans la baisse du nombre de saumons, selon une nouvelle étude.

L'étude de l’University of California (Davis) publiée dans la revue américaine « Proceedings of the National Academy of Sciences », analyse les données sur 10 ans concernant les poux du poisson provenant des piscicultures en Colombie-Britannique, Elle en conclue qu'ils ne pouvaient pas être la principale cause de l'épuisement des stocks. Source : Sea lice not to blame for collapse of B.C. salmon stocks: study

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Le 30 décembre 2010

Colombie britannique : Une étude montre que les poux de mer se développent avec la présence des salmonicultures

Sur la côte Pacifique du Canada, les pêcheurs de saumon sauvage explique le déclin de certaines pêcheries par le développement des poux de mer qui parasiteraient les jeunes saumons en migration au moment de leur passage dans les zones d’élevage de saumon.

Une étude publiée fin décembre 2010 indique que les fermes de saumon de l'archipel Broughton en Colombie Britannique ont considérablement amplifié le développement des poux du poisson dans les eaux côtières et souligne les défis que doit relever l'industrie pour enrayer ce problème.

L'étude, “Dynamics of outbreak and control of salmon lice on two salmon farms in the Broughton Archipelago, British Columbia,” a été publiée dans la revue en ligne « Aquaculture Environment Interactions ». L’étude montre le développement des poux sur deux fermes de la région située sur le chemin de migration des jeunes saumons sauvages, et elle a confirmé que les épidémies de poux sur le saumon d'élevage sont principalement liées à la reproduction et la croissance des poux dans les piscicultures. «L'étude fournit de nouvelles informations sur la dynamique des épidémies de poux dans les fermes ; ce qui nous aide à mieux comprendre les défis auxquels nous sommes confrontés en matière de contrôle des poux dans les zones où le saumon sauvage peut être affecté », affirme l'auteur principal, le Dr Martin Krkosek, professeur à l'Université de Otago en Nouvelle-Zélande. Les résultats de cette étude contredisent les résultats de l'autre étude publiée quelques jours avant par l’University of California Davis School of Veterinary Medicine qui montrait que les poux n’étaient pas à l’origine du déclin des populations sauvages de saumon. Source : Sea lice study blames B.C. salmon farms (Seafoodsource)

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Le 14 janvier 2011

Canada: les saumons du Pacifique peut-être victimes de gènes défectueux (AFP)

La population de saumons du Pacifique du Canada pourrait être décimée par une faiblesse immunitaire due à un problème génétique et qui rendrait l'animal plus sensible aux virus, selon une étude publiée jeudi (ndlr 13 janvier 2011). Entre 40 et 95% de la population de ce poisson, appelé saumon rouge ou saumon sockeye, a disparu ces dernières années, laissant craindre une extinction progressive de l'espèce et mettant en danger la survie du secteur de la pêche en Colombie-Britannique (ouest du Canada), qui pèse un milliard de dollars par an. Les chercheurs se sont penchés sur le profil génétique des saumons ayant réussi à atteindre les frayères et à se reproduire et l'ont comparé avec celui des saumons morts en route, selon cette étude parue dans le magazine américain Science.

Les scientifiques ont découvert que les poissons qui n'avaient pas réussi à atteindre les frayères avaient en commun "une signature génétique clé montrant qu'ils souffrent d'un problème de métabolisme et d'immunité", selon l'étude, dirigée par Kristina Miller. "Notre hypothèse est que le signal génétique associé à une mortalité plus élevée répond à un virus qui infecte les poissons avant qu'ils ne commencent à remonter les rivières et qui persiste jusqu'aux frayères", expliquent les auteurs. La mort des poissons au moment où ils se trouvent dans les rivières n'est pas attribuable à une cause unique, mais des analyses statistiques ont permis de repérer dans une bonne partie de ces saumons "un groupe régulier de gènes" qui sont "connus pour être liés à l'activité virale".

La population de saumons rouges a recommencé à augmenter en 2010, après plusieurs années au cours desquelles leur rareté a conduit à la fermeture de nombreuses zones de pêche, en particulier au Canada. Leur quasi-disparition du Fraser, le plus grand fleuve de Colombie-Britannique, en 2009 avait amené les autorités canadiennes à mettre en place une commission d'enquête sur la question.

Source : Genomic Signatures Predict Migration and Spawning Failure in Wild Canadian Salmon

Kristina M. Miller 1,2,*, Shaorong Li1, Karia H. Kaukinen 1, Norma Ginther 1, Edd Hammill 3, Janelle M. R. Curtis 3, David A. Patterson 4, Thomas Sierocinski 5, Louise Donnison 5, Paul Pavlidis 5, Scott G. Hinch2, Kimberly A. Hruska 2, Steven J. Cooke 6, Karl K. English 7 and Anthony P. Farrell 8 - Science 14 January 2011: Vol. 331 no. 6014 pp. 214-217 - DOI: 10.1126/science.1196901 : http://www.sciencemag.org/content/331/6014/214.short

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Le 3 février 2011

Encore une année pour la commission Cohen (Radio Canada)

La Commission Cohen sur la disparition des saumons rouges dans le fleuve Fraser a jusqu'à juin 2012 pour remettre son rapport final.

Les Premières Nations ne voient pas cela d'un bon oeil et pensent que ce délai aura des répercussions sur leurs négociations de traités. Le gouvernement fédéral, qui est l'initiateur de cette commission, a déjà fait savoir qu'il ne comptait pas inclure la question de la pêche aux négociations des traités avec les Autochtones tant que les travaux de la commission étaient en cours. La pêche est vitale pour certaines Premières Nations dont les membres ont dû recourir à des emprunts pour poursuivre leurs activités en attendant les résultats de la commission et éventuellement la signature de traités.

Ce nouveau délai vient compliquer leur situation en raison de la dette qui s'accumule et qui est projetée d'augmenter de 30 millions de dollars d'ici le dépôt du rapport. La Commission des traités de la Colombie-Britannique demande pour sa part au gouvernement fédéral plus de transparence. Elle recommande le remboursement des prêts contractés durant les travaux de la commission Cohen. Elle demande également une exception pour certaines Premières Nations pour inclure les droits de pêche aux traités en négociation.

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Le 31 mars 2011

Au Canada, de "super-saumons" rouges capables de survivre au réchauffement (AFP)

Certains saumons rouges de l'Ouest canadien appelés Chilko sont dotés de capacités physiques uniques qui leur permettent de survivre à la montée des températures dans les eaux douces due au réchauffement climatique, selon une étude parue jeudi aux Etats-Unis. Les eaux du fleuve Fraser, qui court sur 2.000 km à travers la Colombie-Britannique, se sont réchauffées de près de deux degrés en soixante ans.

Ce réchauffement serait en partie responsable de la forte mortalité observée chez les saumons rouges, dont une centaine d'espèces différentes transitent par ce fleuve, explique Erika Eliason, du département de Zoologie de l'Université de Colombie-Britannique (UCB) et principal auteur de cette étude parue dans la revue Science datée du 1er avril. "Alors que le changement climatique (continue) à altérer l'environnement dans le fleuve Fraser, nous craignons que certaines populations de ces saumons rouge ne soient pas capables de s'adapter suffisamment vite à ces changements pour survivre", ajoute-t-elle.

Cette étude est la première, selon les auteurs, "à examiner à grande échelle comment des populations de poissons de la même espèce s'adaptent à différentes conditions environnementales lors de leur migration annuelle". Pour ce faire, ces scientifiques ont examiné le métabolisme et le rythme cardiaque de saumons adultes de huit espèces différentes en les plongeant dans un gros tube capable de simuler différentes températures et forces de courants.

Dans les eaux les plus chaudes, les chercheurs ont observé que la capacité de nager des saumons déclinait, probablement à cause d'un affaiblissement de leur capacités cardio-vasculaires. Tous, sauf le saumon Chilko. Pour Erika Eliason, ce saumon est "un super-poisson", au regard de ses capacités d'adaptation physiques exceptionnelles et de la difficulté particulière du parcours de leur migration. Chaque année, ils nagent plus de 650 kilomètres en remontant le fleuve sur un dénivelé de 1.000 mètres afin d'atteindre un lac aux eaux glaciales où ils frayent.

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Le 11 avril 2011

Écosystèmes: Le saumon du Pacifique joue un rôle dans la biodiversité de la flore des rivières (Sympatico)

Le saumon du Pacifique joue un rôle important en apportant des nutriments à proximité des cours d'eau de la plus grande forêt humide tempérée du monde, en Colombie-Britannique. C'est ce qu'a démontré une étude menée par l'équipe de Morgan Hocking, de l'Université Simon Fraser, en Colombie-Britannique, et publiée dans la revue Science. Lors de leur migration annuelle, les saumons remontent les rivières de l'Ouest canadien pour se reproduire. Mais nombre d'entre eux sont attrapés par les loups et les ours, qui charrient les poissons morts loin des cours d'eau.

Cela permet à certaines plantes de pousser avec succès dans ces zones. L'équipe de chercheurs en déduit qu'un changement dans la population des saumons aurait un impact certain sur la biodiversité. « Le long de la côte pacifique, tous les saumons meurent après la reproduction. Leurs carcasses se trouvent en masse dans les rivières. Mais nombre d'entre eux sont tués avant cela par les ours et les loups, explique John Reynolds, professeur d'écologie et coauteur de la publication. Cela représente une grande quantité de nutriments déversés dans les cours d'eau ou près des rives. »

Mais la question que s'est posée l'équipe est de savoir où aboutissent en fin de compte ces nutriments que les poissons ont consommés pendant leur croissance en mer. Les scientifiques ont mené leur recherche dans le réseau de 50 rivières de la Great Bear Rainforest, en Colombie-Britannique. Ils ont trouvé que « les ours et les loups ne mangent qu'une petite partie du saumon, a indiqué John Reynolds. Ils abandonnent le reste dans une zone de 5 à 15 mètres du cours d'eau. » Les ours, par exemple, ont des plateformes d'alimentation. Ils attrapent un poisson, l'emportent sur la rive, le mangent et retournent en pêcher un autre.

Avant même d'effectuer ces recherches, les chercheurs pensaient que si les saumons avaient un impact sur la biodiversité, ce serait près des rivières. Ce qu'a justement démontré leur étude. Les chercheurs ont en effet découvert que près des cours d'eau, la flore était dominée par des plantes qui s'étaient développées grâce à un large apport d'azote, comme la ronce ou le sureau....

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Le 19 août 2011

Fukushima : Faut-il analyser la radioactivité du saumon rouge ?

Sondage : Faut-il analyser la radioactivité du saumon rouge suite à la catastrophe de Fukushima ?

« Oui » répondent à 93% les lecteurs du journal en ligne canadien straight.com

« Oui » répond la célèbre biologiste Alexandra Morton.

Au moment où le saumon sockeye (ou saumon rouge) revient en masse dans le fleuve Fraser sur la côte Pacifique du Canada après la crise de 2009, Alexandra Morton explique « Il y a eu un rejet important de matières radioactives dans l'eau et dans l'air. » « J’estime que cette génération de saumons rouges étaient hors de portée de Fukushima, probablement sur le chemin du retour. Mais à mon avis, il est important d’analyser les saumons partout où nous le pouvons. Dès que j'ai entendu parler de la catastrophe, j’ai couvert mon jardin. Je soupçonne le gouvernement qui ne sait comment s’y prendre, de vouloir étouffer le problème. »

Depuis le début de la campagne de pêche, « on estime que quatre millions de saumon sockeye ont commencé à remonter le fleuve Fraser, et les pêcheurs sont là pour les capturer. »

Selon Alexandra Morton, les saumons rouges sont connus pour aller aussi loin que la mer de Béring, et de là, repartir dans l'océan Pacifique. « Avant de retourner à la maison, ils décrivent un large cercle dans l’Océan Pacifique… Ils mangent du plancton qui mange de toutes petites choses. » Source : Radiation tests urged for sockeye salmon (straight.com)

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Le 5 novembre 2011

Après le saumon atlantique, la maladie ISA s'attaque au saumon sauvage du Pacifique !

Colombie-Britannique : Découverte d'un cas d'anémie infectieuse du saumon (ISA)

Vancouver - L'Agence canadienne d'inspection des aliments affirme qu'elle a découvert un autre cas présumé de saumon infecté, mais qu'il lui faudra plusieurs semaines pour effectuer les vérifications nécessaires.

L'organisme fédéral a confirmé cette semaine qu'un laboratoire de l'université de l'Île-du-Prince-Édouard avait détecté le virus de l'anémie infectieuse du saumon chez un saumon coho de la Colombie-Britannique. Un laboratoire du ministère de la Pêche et des Océans situé à Moncton, au Nouveau-Brunswick, travaille présentement à valider les résultats.

Les observateurs du débat qui oppose les propriétaires de fermes d'élevage de saumons et leurs détracteurs depuis près de 20 ans soutiennent que, si la présence de la souche européenne du terrible virus est confirmée, cette découverte pourrait fournir aux écologistes le prétexte qu'ils attendent depuis longtemps pour monter aux barricades.

Selon Peter Robson, l'auteur du livre «Salmon Farming: The Whole Story», si les échantillons testés présentement s'avèrent une variante du virus que l'on retrouve ailleurs dans le monde, cela pourrait causer beaucoup de tort à l'industrie canadienne du saumon puisque cela voudrait dire qu'une maladie aurait été importé au pays pour la première fois de l'histoire de ce secteur.

Cette nouvelle survient à un moment important en Colombie-Britannique. La Commission Cohen, qui examine les causes de la crise du saumon rouge (Sockeye) de la rivière Fraser en 2009, a en effet annoncé vendredi qu'elle tiendrait deux jours d'audience publique à la mi-décembre afin de recueillir des renseignements sur le virus, entendre de nouveaux témoins et recevoir de nouvelles preuves. Source : Métro

Remarque : La Colombie Britannique est la 4e zone d'élevage de saumon atlantique dans le monde, après la Norvège, le Chili, l'Ecosse (y compris Shetland). Beaucoup de pêcheurs de cet Etat canadien vivent de la pêcherie de saumon sauvage du Pacifique (Sockeye, Coho, Chum, Chinook,...) ; ils sont opposés à cet élevage de saumon atlantique qui a été développé depuis plus de 20 ans par les multinationales norvégiennes dans leur région.

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Le 29 juin 2012

Sauvez notre saumon

Ce manifeste vise à protéger et restaurer nos pêches

par Sinclair Philip

Le Dr. John Volpe, spécialiste des systèmes alimentaires marins de l’École des études environnementales de l’Université de Victoria, C-B, et moi, avons rédigé ce manifeste, adopté unanimement par les présidents des conviviums présents à la Réunion nationale de Slow Food Canada tenue à Calgary le 23 avril 2006. Ce texte sera révisé en vue d’adresser et d’inclure les préoccupations des membres des provinces atlantiques. Celle imprimée ici est une version condensée du manifeste original. Nous développons notre site Web national et espérons y inclure le manifeste dans son intégralité bientôt.

Slow Food Canada encourage uniquement la consommation saisonnière de saumon sauvage de la côte ouest, décourage la consommation de toute forme de saumon d’élevage incluant le saumon d’élevage « biologique », et s’engage à la restauration des réserves de saumon sauvage.

Dans le Canada atlantique, plusieurs facteurs dont la surexploitation, la diminution des sources d’alimentation traditionnelle, la mauvaise gestion gouvernementale et la destruction de l’habitat ont réduit les réserves de saumon sauvage à un niveau frisant l’extinction. Ces menaces sont amplifiées par l’homogénéisation des bassins génétiques sauvages, résultat des fuites importantes et fréquentes de saumon en élevage dans le milieu sauvage, érodant la diversité génétique. Presque toutes les réserves de saumon sauvage dans les provinces atlantiques sont gravement atteintes et ne devraient pas être consommées. Dans le Pacifique, où plusieurs réserves sont plus saines, même si certaines se sont dégradées dans les dernières 100 années, nous avons remarqué que l’élevage de saumon n’allège pas le fardeau des réserves de saumon sauvage. En effet, l’élevage de saumon ne fait que modifier l’économie de l’offre et de la demande et mettre en danger les réserves sauvages en réduisant les prix et conséquemment, le niveau de vie des pêcheurs, pouvant mener même jusqu’à la disparition complète de ces économies.

Nous croyons que les saumons sauvages sont la pierre angulaire culturelle et écologique de l’espèce, dont l’importance est capitale pour leur habitat autochtone. Nous soutenons donc que tous les efforts sont nécessaires pour protéger et restaurer ces pêches afin d’éviter le destin dramatique qu’ont connu les pêches de morue. Le saumon sauvage exprime un aspect important de notre héritage culinaire. Son existence est profondément ancrée dans le tissu écologique et culturel de nos terres et de nos océans, et doit être préservée comme une expression de notre mode de vie…. Suite...

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Le 5 novembre 2012

Au Canada, le juge Bruce Cohen rend son verdict sur le déclin du saumon rouge

3 ans d'enquête, 138 jours d’audiences ayant permis d’entendre 179 témoins et de recueillir 2 145 pièces (+ 892 observations du public) ont abouti sur le rapport "Un avenir incertain pour le saumon rouge du Fraser".

Les canadiens du Colombie Britannique tiennent beaucoup à leurs saumons sauvages et tout particulièrement à leur saumon rouge (sockeye)... De nombreuses communautés indiennes (Peuples Premiers) vivent depuis des générations de cette pêcherie.

En 2009, les pêcheurs du fleuve Fraser tablaient sur plus de 10 millions de saumons rouges... Mais, cette année-là, ils attendirent en vain leur saumon favori...

D'où, la commission d'enquête présidée par le juge Bruce Cohen...

Parmi les 75 recommandations, la commission pointe du doigt les élevages de saumon atlantique très nombreux dans cette région du Canada...

Voir Ici tous les rapports de l'enquête (en français)...

Les 3 volumes sont une "mine" d'informations pour connaitre le secteur halieutique canadien et en particulier :
  • la pêcherie de saumon sauvage de Colombie Britannique
  • La situation en détail de l'élevage de saumon en Colombie Britannique (contrôler par trois sociétés norvégiennes : 80.000 tonnes/an). Pour télécharger cette partie de la salmoniculture, cliquer Ici

Commission Cohen : Vidéo d’introduction (longueur de la vidéo : 9 minutes et 52 secondes)

Peut-on mener des enquêtes de cette ampleur en France ? Pour le déclin de l'anguille, la mortalité des huîtres...

Feuille d'information : l’enquête de la commission Cohen en chiffres

Documents communiqués à la Commission : 573 381
Ces documents provenaient à 98 % du gouvernement du Canada
Nombre de pages dans les documents communiqués à la Commission : plus de trois millions
Nombre de collectivités où la Commission a tenu des audiences publiques : 10
Personnes présentes aux audiences publiques : plus de 600
Intervenants aux audiences publiques : 109
Lieux importants pour le saumon rouge du Fraser en Colombie-Britannique visités par le Commissaire : 14
Observations du public présentées à la Commission : 892
Membres du public ayant présenté des observations à la Commission : 810
Participants ou groupes de participants ayant reçu qualité pour agir dans le cadre de l’enquête : 21
Particuliers, groupes et organismes représentés par les participants ayant reçu qualité pour agir : 53
Entretiens menés par les avocats de la Commission : 380
Jours alloués à l’audition de témoins : 133
Témoins entendus : 179
Avocats ou autres représentants qui ont pris part à l’audition de témoins : 95
Pièces présentées pendant l’audition de témoins : 2 147
Nombre de pages dans les transcriptions originales en anglais des audiences consacrées à l’audition de témoins : 14 166
Nombre de pages dans la traduction en français des transcriptions des audiences consacrées à l’audition de témoins : 16 376
Décisions rendues par le Commissaire : 44
Capacité mémoire occupée par les documents de la Commission : 4 007 Go
Pages dans la version anglaise du rapport de fin d’enquête du Commissaire : 1 191
Pages dans la version française du rapport de fin d’enquête du Commissaire : 1 378
Personne-ressource pour les médias
Carla S. Shore
Directrice des Communications, Commission d’enquête Cohen



L’honorable Bruce Cohen a présenté le 31 octobre 2012 au public le rapport final de la Commission d’enquête sur le déclin des populations de saumon rouge du fleuve Fraser, dont il est commissaire. Le rapport, intitulé L’avenir incertain du saumon rouge du fleuve Fraser.

Le mandat de la Commission Cohen, qui a été instituée le 5 novembre 2009, chargeait le commissaire de faire enquête et de tirer des conclusions de fait sur le déclin du saumon rouge du Fraser, et de formuler des recommandations afin d’améliorer la viabilité de la pêche de ce poisson. Son rapport vient couronner 138 jours d’audiences ayant permis d’entendre 179 témoins et de recueillir 2 145 pièces ; il tient aussi compte de 892 observations du public.

Dans L’avenir incertain du saumon rouge du fleuve Fraser, le commissaire Cohen examine les causes du déclin de la productivité du saumon rouge du Fraser, qui dure depuis des décennies, et il fait 75 recommandations en vue de pérenniser la ressource.

« Je soupçonne que d’aucuns s’attendaient à ce que nous découvrions “l’arme du crime”, à savoir une raison expliquant à elle seule les deux décennies de déclin de la productivité; cependant, il est peu probable qu’un seul événement ou facteur d’agression soit responsable du déclin », déclare le juge Cohen.

Il fait remarquer que, tout en permettant d’en découvrir beaucoup sur les raisons du déclin du saumon rouge du Fraser, l’enquête a aussi mis au jour de grandes lacunes dans nos connaissances sur les facteurs d’agression individuels et sur leurs effets cumulés et différés. Selon ses conclusions, le déclin prolongé a pu résulter à la fois de facteurs d’agression propres au fleuve Fraser et de phénomènes touchant la région tout entière.

« Des recherches approfondies sont indispensables pour comprendre la productivité et la viabilité à long terme du saumon rouge du Fraser, affirme M. Cohen. Il faut notamment mieux comprendre ses profils de migration et d’alimentation dans toutes les aires marines. J’en ai appris assez sur le réchauffement des eaux pour en arriver à la conclusion que le changement climatique est un facteur d’agression important pour le saumon rouge et qu’il déterminera, en combinaison avec d’autres facteurs, le sort de cette ressource. »

Le juge Cohen a souligné que le ministère des Pêches et des Océans (MPO) doit compléter la mise en œuvre et le financement de la Politique concernant le saumon sauvage de 2005 et de la Politique sur l’habitat de 1986. « Le MPO doit honorer son engagement à mettre en œuvre la Politique concernant le saumon sauvage et, sans plus tarder, élaborer et publier un plan d’exécution détaillé tel que promis, insiste-t-il. Les buts de la Politique sur l’habitat ainsi que le principe d’aucune perte nette qu’elle stipule sont judicieux et doivent être conservés. »

Pour éliminer l’éventualité d’un conflit entre les mandats de promotion et de réglementation des fermes salmonicoles endossés par le MPO, le commissaire a recommandé que celui-ci ne soit plus responsable de la promotion de l’industrie salmonicole et de son produit, le saumon d’élevage. « Tant que le MPO aura comme mandat la promotion de la salmoniculture, il existera le risque qu’il agisse de façon à mettre en avant les intérêts de l’industrie salmonicole au détriment de la santé des stocks de poissons sauvages », explique-t-il.

M. Cohen a conclu que la présence d’élevages salmonicoles le long des voies de migration du saumon rouge dans les îles Discovery comporte un risque d’introduction de maladies exotiques et d’aggravation des maladies endémiques, et partant, d’effets négatifs sur le saumon rouge du Fraser. « La prise de mesures d’atténuation ne doit pas être différée faute de certitude scientifique », fait-il remarquer.

Pour cette raison, le juge Cohen a recommandé un moratoire sur l’augmentation de la production des élevages salmonicoles dans les îles Discovery jusqu’au 30 septembre 2020. « Si, à cette date, le MPO n’a pas établi avec certitude que le risque d’un préjudice grave aux stocks sauvages est minime, il devra interdire tout élevage salmonicole en filet dans les îles Discovery », a-t-il dit. En outre, le juge Cohen a recommandé que si, d’ici le 30 septembre 2020, le gouvernement établit avec certitude que les élevages salmonicoles posent plus qu’un risque minime pour le saumon rouge du Fraser, il ordonne la cessation immédiate de leurs activités.

Dans son rapport en trois volumes, le commissaire a passé en revue toutes les données probantes dont il a pris connaissance au cours des audiences et par l’entremise des observations du public. Dans le premier volume, il examine les données sur les ressources en saumon rouge; dans le deuxième volume, il se penche sur les causes possibles du déclin de ces ressources; et dans le troisième volume, il formule des recommandations, décrit le cheminement de l’enquête et présente un résumé analytique du rapport.

Le juge Cohen appelle à ce que la mise en œuvre de ses recommandations commence sans tarder. « En retardant la mise en œuvre des réformes et des projets de recherche, les réductions de ressources du gouvernement pourraient prolonger l’exposition du saumon rouge aux facteurs d’agression et à la détérioration de son habitat, fait-il remarquer. Je conseille instamment au gouvernement fédéral, dans l’intérêt de la conservation de cette espèce de saumon emblématique, de tenir compte de mes constatations et de mettre en œuvre mes recommandations. »

Le commissaire s’est aussi penché sur les récentes modifications législatives apportées au processus d’évaluation environnementale et à la Loi sur les pêches. « La tendance dont témoignent certaines de ces modifications m’inquiète, dit-il. Nombre d’experts ont souligné qu’il est important de protéger l’habitat du poisson, de promouvoir la biodiversité et d’adopter des pratiques de gestion écosystémiques. Les récentes modifications apportées à la Loi sur les pêches semblent faire prendre au MPO une direction très différente. »

Le rapport de fin d’enquête de la Commission Cohen est publié sur le Web à l’adresse www.commissioncohen.ca.

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