mercredi 11 février 2009

Colin d’Alaska, la mort du poisson « Roi » de la transformation ?

On raconte que quand une institutrice avait demandé à ses élèves de dessiner un poisson, certains avaient tracé sur leur ardoise un carré, qui représentait le célèbre poisson pané des cantines françaises. Calibré, sans arête et prêt à cuire, le poisson pané est le symbole même de l’industrialisation de la filière de la pêche. Derrière cette production de masse, il y a le colin d’Alaska, la pêcherie à vocation alimentaire la plus importante au monde. Cependant depuis le début du millénaire, cette pêcherie du Pacifique Nord donne des signes d’épuisement. Comment les industriels de la transformation réagissent-ils ?

Vous ne trouverez jamais le colin d’Alaska sur les étals des poissonneries. Pourtant cette espèce fait partie des 5 premiers produits halieutiques consommés en France avec le saumon, la crevette, le thon et l’huître. En plus des poissons panés, vous trouverez le colin d’Alaska dans le rayon des surgelés sous forme de filets et de plats cuisinés, mais aussi dans le rayon du surimi. Ce poisson blanc capturé dans les eaux du Pacifique Nord entre Corée, Japon et Russie à l’Ouest et Alaska à l’Est, est transformé avant d’atteindre le marché européen. Filet, "bloc" et autre surimi arrivent par dizaines de milliers de tonnes sur le marché européenne en transitant pour une bonne partie dans les usines de filetage en Chine. Chaque année, la France importe près de 40 000 tonnes de filets congelés de colin d’Alaska auxquels s’ajoutent les "blocs" et le surimi.

Le déclin du colin d'Alaska

Dans les années 80, les captures de colin d’Alaska dans les eaux russes, japonaises et alaskiennes, rivalisaient en tonnage avec la pêcherie minotière d’anchois du Pérou, la plus importante en volume dans le monde. Depuis, les captures n’ont pas cessé de plonger. Certains spécialistes incriminent les pêches illégales dans les eaux russes. En 1990, la production s’élevait à près de 6 millions de tonnes. Dix ans plus tard, la production encore importante avoisinait 3 millions de tonnes. Et en 2009, les captures ne dépasseront pas 1,5 millions de tonnes dont 815 000 tonnes fixées par quota dans les eaux alaskiennes.

Les industriels japonaises diversifient et sécurisent leurs approvisionnements

Le plus grand consortium de la pêche japonaise, Nippon Suisan Kaisha Ltd (Nissiu) vient d’annoncer qu’à partir de mars, il remplacera le colin d’Alaska par du koki pour son « poisson frit à la sauce tartare ». De nombreux acheteurs, aux États-Unis et en Europe, sont désormais à la recherche d'autres poissons blancs tels que le hoki, le merlu et le merlan. Le hoki de Nouvelle-Zélande, du Chili et d’Argentine fait l’objet d’un intérêt tout particulier avec des regroupements stratégiques d’entreprises, notamment japonaises et néozélandaises.

Dans l’hexagone, Findus France, grand producteur de poisson pané, adopte la même stratégie de diversification. En décembre dernier, la société avait annoncé la reprise de ses achats de cabillaud issu des pêcheries de la Mer du Nord (Findus joue son avenir dans la pêche).

Philippe FAVRELIERE (à l'aide d'un article de Seafoodsources modifié le 22 septembre 2009)

Autres articles :

Pour plus d'informations :

Commentaire : L'Alaska fournit entre 5 à 10% des besoins en produits halieutiques de la France, essentiellement colin d'Alaska, saumon sauvage et cabillaud du Pacifique.

Voir les documents :

Photo d'Alaska Seafood : colin d'Alaska (ou lieu d'Alaska ou Alaska Pollock)

^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^

Le colin d'Alaska n'est pas tout à fait mort : La pêcherie de colin d’Alaska se stabilise dans le Pacifique Nord

La baisse dans les eaux étatsuniennes (Alaska) est compensée par la hausse dans les eaux russes…


Alaskan pollock market update
* Russia and the US supply approximately 90% of the worlds’ pollock. The remaining 10% comes from Canada, Japan and China.
* Since 2000, Russian and US Pollock supplies have averaged 2.47 million metric tonnes.
* Pollock is Alaska’s biggest fishery and represents 30% of total US seafood landed by weight.
* Between 2000 and 2010, global pollock landings have fluctuated. Since 2007, increases (32%) in Russian quotas have offset decreases (35%) in Alaskan quotas.

Pour plus d’informations : Fis

^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^

Revue de Presse :

22 septembre 2009

La grande pêcherie en danger ? (Science)

Malgré les assurances du gouvernement que la ressource de colin d’Alaska de la mer de Bering – la plus grande pêcherie mondiale - est gérée de façon durable, les stocks de poisson continuent à diminuer. A Seattle dans l’Etat de Washington, le North Pacific Fishery Management Council a présenté ses études pour l’année 2009 qui montrent que la population a chuté de 24% et se trouve à son plus bas niveau depuis 1980, alors que les scientifiques du gouvernement prévoyaient une légère reprise. Cette baisse a probablement des conséquences sur le déclin des otaries à fourrure de la région et des populations de lions de mer de Steller, selon les écologistes. L'an dernier, la pêche a été fixée à 815.000 tonnes, une baisse de 1 million de tonnes par rapport à l'année précédente, et une réduction de 46% par rapport à 2006. Les organisations environnementalistes condamnent la surpêche. Les quotas de 2010 seront fixés en décembre.

le 16 mars 2009 :

Surimi : tension sur la matière première et remontée du dollar US vont continuer à peser sur les prix en 2009 (Cuisine collective)

Alors que la demande en surimi base sur le marché mondial avoisine les 600.000 tonnes annuelles, l'offre continue à se contracter, et les opérateurs s'attendent à ce qu'elle ne couvre pas les besoins en 2009.
En ce qui concerne le Colin d'Alaska, le quota de pêche a de nouveau été revu à la baisse de 15 % en 2009 (après - 25% en 2008). Les scientifiques espèrent seulement en 2011 un retour à un bon équilibre de la biomasse pour cette espèce. Les industries du poisson ont déjà subi en 2008 les conséquences de cette situation, avec une disponibilité en Colin d'Alaska qui s'est réduite de 27 % pour le filet et de 20 % pour le surimi base.
Au Chili, les difficultés économiques et météorologique ne permettent d'exploiter que 60 % du quota de pêche du chinchard utilisé pour la fabrication de surimi base, entraînant une rupture partielle des approvisionnements en provenance de ce pays.
De plus, le marché du surimi base se traitant pour majorité en dollars US, la dépréciation récente de l'€uro va encore alourdir cette tendance.
Seul facteur favorable, la production s'est réorganisée en Asie, notamment au Vietnam, ce qui a permis de compenser partiellement le déficit global d'approvisionnement.

Les observations des statistiques officielles montrent clairement les incidences que la situation décrite ci-dessus a eues sur l'évolution des prix d'importation du surimi base en France en 2008.
En effet, le prix moyen des importations de surimi base en France est passé de 1,32 €/kg à 2,29 €/kg, ce qui représente une hausse de + 73,5 %. La hausse la plus forte est atteinte par les fournitures en provenance du Chili qui ont atteint + 112 %. Pour le surimi en provenance des USA, principal pays fournisseur, la hausse atteint 78,6 %. Pour le deuxième fournisseur, le Viêt-Nam, la hausse s'affiche à + 62 % (Source = douanes françaises).

le 12 août 2009

Parmi les 100 premières sociétés alaskiennes en matière d’emplois, 7 entreprises interviennent dans la filière de la pêche : Trident Seafoods No. 6, UniSea No. 30, Icicle Seafoods No. 32, Westward Seafoods No. 37, Peter Pan Seafoods No. 40, Ocean Beauty Seafoods No. 45 et North Pacific Seafoods No. 71.

Le 29 octobre 2009

La prochaine génération se réunira au Sommet des jeunes pêcheurs de l'Alaska (Fishnewseu)
Les jeunes pêcheurs alaskiens se réunissent tous les ans lors d’un sommet, une occasion de se rencontrer et d’échanger sur des thématiques : commerce mondial, technologie, sécurité,….. Le prochain sommet aura lieu à Anchorage du 7 au 9 décembre 2009

Le 8 décembre 2009

Bretagne - Cité Marine, numéro un français du poisson pané (Ouest France)
Des contrôles réguliers permettent de vérifier la cuisson à coeur du poisson enrobé.
Colin d'Alaska, hoki du Chili ou d'Argentin, simple enrobé ou meunière, l'entreprise installée au Porzo, à Kervignac, produit 900 000 portions par jour.
20 000 tonnes par an, 75 millions de chiffre d'affaires, 430 salariés... Cité Marine mène plutôt bien sa barque depuis sa création par Daniel Gallou, il y a vingt ans. L'entreprise est aujourd'hui le numéro un français du poisson enrobé, sa spécialité. Concoctée dans ses deux usines : la principale (350 emplois) est installée dans la zone du Porzo, à Kervignac, en bordure de la route express Vannes-Lorient ; la seconde à La Prénessaye, près de Loudéac.

Cité Marine est classée 20e du Top 100 des cent trente premières entreprises françaises de produits de la mer, établi par notre confrère PdM (lire ci-dessous). « Tous les types d'activités sont mêlés. Ce classement n'est guère exploitable en soi », commente Daniel Gallou. Il reste un indicateur. Année après année, Cité Marine conforte son rang, ou l'améliore.

Recettes de chefs
A la base, essentiellement du colin d'Alaska, du hoki du Chili ou d'Argentine mis en filet et congelé à bord, en bloc de 7,5 kg, « un standard mondial ». Le poisson arrive par conteneur au port du Havre, d'où il est acheminé par camion vers Kervignac. S'en suit alors un processus de préparation très strict, où hygiène et sécurité règnent en maîtres.
Sciage des blocs, décongélation, moulage en forme d'étoile de mer, de dauphin ou encore de simple filet. La portion défile sur les tapis des lignes de fabrication. Ici elle est farinée, une fois ou deux, puis citronnée, ou épicée, etc., selon les recettes élaborées par des chefs cuisiniers étoilés.

Une cuisson à coeur
Le poisson, enrobé, est frit. Plongé dans un bain d'huile pendant une minute environ. L'immersion, rapide, est suivie d'une cuisson à coeur au four, « à 70 °C », explique Benoît Besson, directeur de l'usine. Le but : permettre à la ménagère ou au cuisinier d'une collectivité de réchauffer le poisson, vite. « Quelques minutes suffisent. »
Cité Marine produit 900 000 portions par jour. L'entreprise travaille pour les marques des distributeurs français et pour la restauration collective, en particulier les hôpitaux. L'entreprise s'est aussi diversifiée dans les plats élaborés de légumes (timbales et mousses).

Le 14 décembre 2009

Alaska - Légère diminution des quotas de colin (ou lieu) d’Alaska en 2010
La NOAA a retenu l’avis des scientifiques qui avaient recommandé 813.000 tonnes en 2010 au lieu de 815.000 en 2009.
Bering Sea pollock quota cut (SeafoodSource)
Last year’s pollock spawning biomass was at its lowest level since 1980. As a result, NOAA set the 2009 Bering Sea pollock quota at 815,000 metric tons, down 19 percent from the 2008 quota and 46 percent from the 2006 quota.
Bering Sea pollock is one of the world’s largest fisheries and is certified as sustainable by the Marine Stewardship Council.

^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^

Le 16 avril 2013

Les Français, premiers consommateurs de surimi d'Europe


C'est en France que ces bâtonnets de poisson sont le plus consommés en Europe. En 2012, les habitants de l'Hexagone en ont mangé près de 60.500 tonnes, "multipliant par cinq leur niveau de consommation en un peu moins de 20 ans", selon l'Association pour le développement des industries du surimi (Adisur). Sept foyers sur dix en achètent et consomment en moyenne près de 2,9 kg par an, toujours selon ces chiffres publiés vendredi 12 avril.

Par ailleurs, la France produit sur son territoire 90% du surimi qu'elle consomme. Production qui a connu une hausse exponentielle : de 8.000 tonnes en 1995, elle a été quasiment multipliée par sept en 17 ans, pour atteindre près de 53.600 tonnes en 2012. La norme associée à cette fabrication n'impose que "30% au moins de chair de poisson" dans les différentes recettes de surimi. Source : Bfmtv

Dossier "Surimi" dans le magazine PdM d'Avril/Mai 2013, cliquer Ici 

^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^

Le 21 Mars 2014

La croissance de Findus stoppée net par le scandale de la viande de cheval

Il y a plus d'un an, la marque de surgelés Findus était dans la tourmente. La révélation, début février 2013, de la présence de viande de cheval substituée à celle de boeuf dans des lasagnes commercialisées par l'entreprise levait un voile sur un scandale alimentaire qui secouait l'Europe.

Source : Le Monde | 18.03.2014 | Par Laurence Girard

L'affaire a coûté cher à Findus France. Selon les chiffres publiés mardi 18 mars, sa croissance a été stoppée net en 2013, son chiffre d'affaires restant stable à 210 millions d'euros. En cause, le plongeon de 17 % des ventes de plats cuisinés surgelés, dont les fameuses lasagnes, sur cette période.

Pourtant, début 2013, Matthieu Lambeaux, PDG de Findus France, était optimiste, espérant une progression de près de 10 % du chiffre d'affaires, après une hausse de 7,6 % en 2012. C'était avant le scandale de la viande de cheval.

« Entre le retrait des plats cuisinés incriminés et le temps de mise sur le marché de notre nouvelle gamme 100 % viande bovine française, nous avons été absents quatre mois des rayons avec cette catégorie de produits », explique M. Lambeaux. Les nouveaux produits ont été présentés en mai 2013. Les gratins et autres poêlées Findus contenant des éléments carnés sont désormais fabriqués par la société bretonne Celtigel à Plelo (Côtes-d'Armor). Et non plus par le français Comigel dont l'usine luxembourgeoise avait produit les lasagnes à la viande de cheval.

Diversité des produits

En présentant sa nouvelle offre, le PDG misait encore sur une croissance de l'activité de 4 % à 5 %. Mais les consommateurs français ont continué à bouder les plats cuisinés et conserves à base de viande de boeuf. M. Lambeaux estime que la chaleur de l'été a aussi joué en défaveur des ventes. Globalement, le manque à gagner se chiffre donc à près de 20 millions d'euros.

Le PDG de Findus veut relativiser l'impact de la crise sur son entreprise. « Les plats cuisinés ne représentent que 10 % de notre chiffre d'affaires. » Et de mettre en exergue la progression de 12 % de ses ventes de légumes en 2013. L'entreprise a, il est vrai, investi 2 millions d'euros auprès de son partenaire industriel breton Gelagri à Loudéac (Côtes-d'Armor), pour renouveler les emballages de ses épinards. Et l'activité poisson, qui représente 60 % de ses ventes, a progressé de 3 %.

La diversité des produits commercialisés sous la marque Findus lui a permis d'amortir le choc. D'autres entreprises, également atteintes par le scandale de la viande de cheval, ont été plus durement touchées encore.

A commencer par Spanghero, installée à Castelnaudary (Aude). La filiale de la coopérative Lur Berri, qui avait vendu à Comigel de la viande de cheval étiquetée boeuf, mais avait aussi importé du mouton britannique, interdit à la commercialisation en Europe, a été placée en liquidation judiciaire.

Rebaptisée La Lauragaise et reprise, en juillet 2013, par son fondateur, Laurent Spanghero, elle tente de se redresser.

La pêche en Alaska



Fleury Michon, le 20 mars 2014

Venez vérifier comment les pêcheurs de « l'Arcturus » ramènent les poissons qui servent à la préparation du surimi.
 
Étendre le territoire de la marque

Comigel a aussi choisi de changer de nom pour se refaire une virginité et s'est rebaptisée, début 2014, CookUp Solutions.

Le fabricant de lasagnes Fraisnor, installé à Feuchy (Pas-de-Calais), lui, n'a pas résisté à la chute de ses ventes. La liquidation judiciaire a été prononcée en mai 2013. Et fin janvier 2014, la société JB Viande a annoncé la reconversion du site en une unité de transformation de viande de porc.

Enfin, le trou d'air des ventes a précipité la fermeture de l'usine Nestlé de Beauvais, qui fabriquait lasagnes et hachis parmentier pour la marque Maggi.

Findus France espère, dès 2014, renouer avec la croissance, avec une progression de ses ventes de 5 %. Au-delà, l'entreprise s'est fixé comme objectif de doubler son chiffre d'affaires, à 400 millions d'euros d'ici à 2018. L'idée est d'étendre le territoire de la marque Findus. « Déjà présents dans le poisson, les épinards, les pommes de terre, les snacks, les plats cuisinés, nous allons entrer dans quatre nouvelles catégories d'ici à 2015-2016 », affirme M. Lambeaux.

 « Made in France »

Croustibat de Findus soutient Alaska Seafood "sauvage, naturel et durable" dans Findus communique ses engagements !

Au programme, un nouvel investissement de 10 millions d'euros dans l'usine de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais). Un temps, les 200 salariés du site ont été inquiets pour leur avenir. Mais l'usine a été confortée par un investissement de 10 millions d'euros entre 2012 et 2014. De quoi réintégrer la production des poissons en sauce, en plus des poissons panés ou en filets. Mais aussi pour Findus de communiquer autour du « made in France ». Un dossier suivi de près par le ministre de la mer, Frédéric Cuvillier, tête de liste (PS) aux élections municipales de Boulogne-sur-Mer.

Ce nouvel investissement industriel doit être approuvé par les financiers qui pilotent maintenant le groupe Findus. En effet, Findus France, Royaume-Uni et Scandinavie ont été rachetés, en 2008, par le fonds d'investissement Lion Capital qui, écrasé par la dette, a tenté, en vain, de revendre en 2011. En 2012, les principaux créanciers, la banque JPMorgan et son fonds spéculatif High Bridge, ont pris 70 % du capital, Lion Capital détenant les 30 % restants.

Le groupe Findus, qui pèse 1,4 milliard d'euros, s'est étendu à l'Espagne et, depuis février, à la Belgique, avec le rachat de Lutosa. Un spécialiste de la frite belge qui affiche un chiffre d'affaires de 10 millions. Les salariés de Findus France restent vigilants sur les intentions des actionnaires, alors que le marché des surgelés pourrait subir une vague de consolidation.

^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^

Le 12 Juillet 2014

Arctique : Préoccupations européennes pour un enjeu global


Rapport d'information de M. André GATTOLIN, fait au nom de la commission des affaires européennes n°684 (2013-2014) - 2 juillet 2014

Source : Sénat

Un accès aux ressources naturelles facilité
L’exploitation des minerais en Arctique : la nouvelle ruée vers l’or
La fièvre des hydrocarbures et le cauchemar d’une marée noire en milieu polaire
La pêche en Arctique : une ressource à gérer durablement


Les dernières années ont montré un fol emballement autour de l'océan Arctique et sa région en raison des effets du réchauffement climatique sur la fonte de la banquise. Les spéculations sur les richesses supposées de son sous-sol en ont fait un nouvel eldorado. Les fantasmes de nouvelles routes commerciales mondiales autour du Pôle Nord agitent les puissances exportatrices et les pays qui souhaiteraient exploiter ces routes, la Russie et le Canada. Enfin, la fonte de la banquise permettrait, dit-on, de pêcher toujours plus de poissons !

Derrière cette agitation, se cache une réalité plus sévère : l'Arctique se réchauffe au moins deux fois plus vite que le reste de la planète, ce qui entraine un changement profond et peut-être irrémédiable de la vie dans la région. C'est le cas pour ses habitants et aussi pour un environnement qui reste fragile.

Cela n'a pas empêché plusieurs États d'avoir élaboré une stratégie ou une politique visant à leur permettre d'agir et d'être présents dans cette région du monde en pleine mutation. Les États côtiers de l'Arctique, certes, mais aussi des pays européens ou encore des pays asiatiques, grands exportateurs et armateurs.

Dans ce contexte, que peuvent faire l'Union européenne et la France ? Le Parlement européen a adopté une résolution le 12 mars 2014 et le Conseil des conclusions le 12 mai. Pour sa part, la France, en plus du « chantier arctique », lancé par le monde de la recherche, est en train d'élaborer une Feuille de route nationale pour l'Arctique qui guidera son action dans la région pour les années qui viennent. Le rapport présente et analyse l'ensemble de ces aspects, afin de permettre une meilleure compréhension des enjeux et des évolutions de l'Arctique.

Cliquer Ici pour accéder au sommaire du rapport et cliquer pour accéder directement à la partie consacrée à la pêche dans l'Océan Arctique : "La pêche en Arctique : une ressource à gérer durablement"

Cliquer Ici pour télécharger le rapport d'information du Sénat : "Arctique : Préoccupations européennes pour un enjeu global"

^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^

Le 16 Juillet 2014

« Je souhaite m’assurer que les générations futures auront du poisson dans leur assiette »

Entretien exclusif. 

Maria Damanaki, Commissaire européen aux Affaires maritimes et à la Pêche, confirme son souhait de rester à la Commission pour un second mandat de cinq ans. Elle se montre toujours aussi ferme sur les filets dérivants et la fin du chalutage en eau profonde.

Source : Ouest France par Lionel Changeur

Quel bilan dressez-vous de ces cinq années ?

 Nous avons une nouvelle politique commune de la pêche (fin des rejets en mer et de la surpêche entre 2015 et 2020). Avec des stocks en bonne santé, les pêcheurs européens pourront capturer par an plus de 2 millions de tonnes de plus de poissons. Lorsque je suis arrivée à la Commission, en 2009, 5 stocks de poissons étaient pêchés à des niveaux durables en Atlantique. Nous en avons maintenant 27, et peut-être 30 l’an prochain.

Souhaitez-vous rester au sein de la Commission ?

Oui, je souhaite exercer un second mandat de commissaire (à la pêche ou ailleurs), mais c’est au gouvernement grec d’en décider. Il n’a pas encore désigné son futur commissaire.

En France, les professionnels vous reprochent d’être proches de certaines ONG. Que répondez-vous ?

Mon rôle est de trouver un équilibre entre les différents intérêts. Je souhaite m’assurer que les générations futures auront du poisson dans leur assiette. Je n’ai pas un intérêt particulier à interdire telle pêcherie ou tel engin. Un exemple : entre 2005 et 2009, la pêche à l’anchois a été fermée dans le golfe de Gascogne car il n’y avait plus de poisson. La ressource est revenue et nous proposons pour 2014/2015 une hausse de 18% des quotas ! Mais je comprends les difficultés que connaissent nos pêcheurs. C’est pourquoi nous voulons les aider.

Les Etats membres auront-ils suffisamment de fonds européens pour moderniser les bateaux de pêche ?

L’interdiction des rejets pose des problèmes aux pêcheurs. Comment les aider à s’adapter ?

Des quotas plus élevés ?

Vous avez proposé en avril d'interdire en 2015 les filets maillants dérivants. Accepteriez-vous une dérogation pour la petite pêche ?

L’interdiction des chaluts en eau profonde est toujours sur la table. Comment voyez-vous l’évolution du dossier ?

La France demande une mise sous quota du bar ? Des données scientifiques montrent que le stock ne va pas bien. Que préconisez-vous ?

Allez-vous proposer de modifier le plan anguille, depuis le retour des civelles dans les estuaires en France ?

L’Espagne a été sanctionnée pour avoir dépassé son quota de maquereaux. La Commission enquête-t-elle sur d’autres cas similaires ?

Toutes les réponses de Maria Damanaki aux questions de Lionel Changeur dans : Ouest France

Remarque : Une question que Lionel Changeur aurait pu poser à Maria Damanaki qui a dit un jour que la pêche illégale était un crime... Pourquoi la Commission européenne s'attaque-t-elle à une multitude de petits pays : Belize, Fidji, Togo, Panama, Vanuatu, Sri Lanka, Cambodge, Guinée, Philippines, Papouasie,... Et laisse agir en toute impunité tous ces gros trafiquants internationaux qui "déversent" des produits défiant toute concurrence sur le premier marché des produits de la mer dans le monde qu'est l'UE (des importations qui tirent vers le bas le prix des poissons issus des pêcheries françaises et européennes) ?..

Une analyse de l'expert Francisco Blaha : Is the EU IUU Regulation working?

A partir de cette étude de Gilles Hosch and Shelley Clarke (2013) sur le trafic de Saumon et de Colin d’Alaska entre la Russie et la Chine avant exportation sur le marché européen : “Traceability, legal provenance & the EU IUU Regulation” et de l'étude du Parlement européen (2013) : Compliance of imports of fishery and aquaculture products with EU legislation

Le marché du Colin d'Alaska serait tellement "pourri" que dans son dossier "Pêches françaises 2014", Le Marin passe sous silence cette espèce du Pacifique Nord, alors que le Colin d'Alaska (ou Lieu d'Alaska) fait partie du Top 5 des espèces les plus consommées en France. C'est le poisson phare de l'industrie halio-alimentaire, espèce consommée essentiellement sous forme de panés, plats cuisinés, surimi et autres préparations...



Sinon, cliquer Ici pour accéder au dossier du Marin "Pêches Françaises 2014" 

^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^
=================

Sitka (Alaska) : Ouverture de la pêche de Hareng à la senne tournante
sur fonds de séisme/tsunami au Japon

=================

Aucun commentaire: