dimanche 27 mars 2011

Japon. Catastrophe nucléaire : Menace radioactive sur la pêche et l’aquaculture !!!

Catastrophe nucléaire : Menace radioactive sur la pêche et l’aquaculture

Plus de la moitié de la production halieutique japonaise est sous la menace de la contamination radioactive de la centrale de Fukushima-Daiichi. (cliquer sur la carte pour agrandir)

Revue de presse actualisée le 26 juillet 2012 ci-dessous....

A La Rochelle (Vieux Port) - Chaine Humaine pour sortir du nucléaire : Cliquer Fukushima 11 mars 2012

En janvier 2011, les pêcheurs et les aquaculteurs de la région de Tohoku se préparaient à recevoir des indemnités financières après les dégâts du tsunami 2010 (suite au séisme chilien du 28 février). Une année plus tard, l’énorme tsunami du 11 mars 2011 allait tout balayer, installations aquacoles, bateaux de pêche, infrastructures portuaires… Quelques jours après, la radioactivité menacerait définitivement la survie de centaines de communautés de pêcheurs sur toute la côte nord-est du Japon, la plus riche en ressources halieutiques de l'archipel....

La centrale nucléaire de Fukushima, endommagée par le séisme du 11 mars 2011 puis submergée par le tsunami, rejette ses eaux irradiées directement en mer. Selon l'Agence de sureté nucléaire japonaise, la radioactivité monte en flèche dans les eaux à proximité de la centrale de Fukushima-Daiichi. L’augmentation très importante de cette pollution atomique fait craindre une réaction en chaine dans l’ensemble des écosystèmes marins au nord-est du Japon, jusqu'à Hokkaïdo. Selon les statistiques du ministère de l'agriculture et de la pêche japonais, la zone littorale comprise entre les départements de Kanto et d'Hokkaïdo concentre plus de la moitié de la production de la pêche et de l’aquaculture du pays avec une production annuelle de près de 3 millions de tonnes (500.000 tonnes en aquaculture + 2.500.000 tonnes à la pêche).

Au niveau mondial, cette région est leader dans les productions de pétoncles, d’algues (nori, wakamé, kombu,…), d’ascidies, de saumons, de calmars, de maquereau, d’huîtres (captage), d’oursins, d’ormeaux,…

Après les destructions du séisme / tsunami, la radioactivité condamnerait la pêche et l’aquaculture de cette région halieutique d’importance mondiale. l’Express vient de consacrer un des rares articles sur ce secteur économique vital pour le Japon. Cependant, Benjamin Massot pour l'agence Reuters ne mesure pas la catastrophe halieutique qui se profile à l’horizon avec les rejets radioactifs en mer. C'est la survie de centaines de communautés de pêcheurs qui est actuellement menacée. Dans le département d'Iwate, plus de 100 ports de pêche artisanale !!!

Le blues des pêcheurs japonais après le tsunami

Le tsunami qui a dévasté le nord-est du Japon le 11 mars a également porté un coup très dur à l'industrie de la pêche, très importante dans l'archipel.

Outre le raz-de-marée, qui a détruit les élevages de poissons et ravagé le littoral, les radiations de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi, endommagée par le séisme, font craindre des répercussions sur le milieu marin. « Les pêcheurs ont perdu leurs équipements, leurs bateaux, presque tout. La moitié d'entre eux vont probablement abandonner le secteur », juge Yuko Sasaki, poissonnière travaillant à Kamaishi, ville très durement touchée par le sinistre. « Une question demeure: quelles sont les conséquences du tsunami sur la mer?", s'interroge-t-elle.

Dans la région d'Iwate, il est probable que les élevages d'ormeaux, d'oursins, d'huitres, de coquilles Saint-Jacques et d'algues aient tous été détruits. Ils représentaient 80% des revenus des pécheurs locaux. « L'unique moyen de revenir à la situation d'avant est que le gouvernement accorde d'importantes subventions et lance un programme d'investissements », estime Yuichi Sato, un habitant de Yamada âgé de 66 ans. « L'industrie de la pêche et le tourisme étaient en train de se reprendre avant le tsunami. Maintenant, ces deux économies sont complètement sinistrées », ajoute Yuji Shirahata, responsable d'une équipe de secours sur l'île d'Oshima.

Surtout, même en cas d'une relance de l'activité, il est à craindre que les acheteurs de poisson ne se pressent pas en raison des inquiétudes liées aux radiations.... « Après cette catastrophe, les oursins et les ormeaux pourraient être contaminés. Nous devons tous les récupérer et recommencer à zéro. Nous devons remettre la mer en état de marche », estime Masashi Sasaki, un pêcheur de 40 ans à Iwate. Suite Ici

Autres articles :

Photographies de Philippe Favrelière :

  • en haut : Fertilisation d'un filet d'algues Nori dans la baie de Matsushima (Miyagi)
  • en bas : Récolte des pétoncles (coquilles saint-jacques) élevés en lanterne dans la baie de Mutsu (Aomori)
Sources d'information....

Le Web mondial suit la catastrophe de Fukushima :


Pour aller plus loin....

Le courant chaud de Kuroshio (l'équivalent de notre Gulf Stream en atlantique) longe la côte sud-est du Japon. Depuis début avril, il a tendance à monter plus au nord avant d'obliquer vers l'est direction océan Pacifique... Toutefois, les courants marins restent toujours très faibles sur le littoral proche de la centrale de Fukushima Daiichi. Les éléments radioactifs rejetés en mer par la centrale restent donc concentrés sur la bordure côtière... Ce qui explique la forte contamination de plusieurs espèces marines et l'interdiction de pêche dans un rayon de 30 km autour de la centrale. Le lançon, un poisson qui concentre l'iode et le césium radioactifs (plus que les autres espèces pour des raisons non expliquées), n'est plus capturé par les pêcheurs dans tout le département d'Ibaraki au sud de Fukushima. Les algues qui concentrent les radionucléides, dépassent de 5 fois les limites de sécurité officielles : 2000 Bq/kg pour l’iode-131 et 500 Bq/kg pour le césium-137 (source : Greenpeace).

(cliquer sur la carte pour agrandir)

Actuellement, les éléments radioactifs s'accumulent principalement dans les écosystèmes marins côtiers. Ils ne sont pas dilués dans le vaste océan pacifique :

D’une part, la centrale de Fukushima Daiichi est construite dans une zone où le marnage ne dépasse pas 2 mètres au moment des plus grandes marées (par comparaison à Flamanville dans la Manche, le marnage peut atteindre 12 mètres).

D’autre part, le courant chaud de Kuroshio qui longe la côte sud-est du Japon, n’atteint pas encore la zone de Fukushima ; il oblique vers l’est au niveau du département d’Ibaraki, 100 km au sud de la centrale. L’interprétation de la photo satellite des températures fournie par l'administration état-sunienne montre un calme « plat » sur la carte à proximité de la centrale. Les courants forts se situent actuellement plus au nord (froid) et plus au sud (chaud)…

« La centrale se trouve à la frontière entre 2 grands systèmes océaniques, ce qui complique la simulation de la dispersion en mer des radio-éléments » explique Claude Estournel du Groupe SIROCCO. « Les eaux chaudes du Kuroshio, homologue pacifique du Gulf Stream, y côtoient des eaux plus froides. »

Ces deux cartes sont tirées des bulletins quotidiens de l'administration océanographique du Japon, (la carte de droite est établie d'après une photo satellite transmise par l'administration étatsunienne NOAA qui suit l'évolution de la courantologie et la température de l'eau de mer autour de l'archipel japonais). Pour voir toutes les données, cliquer Ici

Simulation de la dispersion des radionucléides

À la demande de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), l’Université et le CNRS de Toulouse ont simulé la dispersion des radionucléides rejettés en mer par la centrale nucléaire de Fukushima Daichi selon un modèle dénommé SIROCCO.

Les premières hypothèses que nous émettions, sont corroborés par les chercheurs toulousains à savoir une dispersion le long du littoral...

Toutefois, la simulation indique une dispersion vers le nord alors que les premiers poissons (lançons) contaminés à l’iode et au césium radioactifs auraient été pêchés à 80 km au sud de la centrale de Fukushima ? Pour plus d’informations, cliquer SIROCCO

Ministère de l’Agriculture et de la Pêche : Analyse de l’iode et du césium radioactifs dans les produits de la mer depuis la région de Kanto au sud, jusqu'à la région d'Hokkaïdo au Nord, cliquer Suivi de la radioactivité des produits de la mer ou Ici.


Juin 2011 : Tout à changer !!!

Depuis fin mai /début juin 2011, les courants marins sont beaucoup plus actifs en face de la centrale de Fukushima. L'eau de mer s'est réchauffée....

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REVUE DE PRESSE

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====== 26 juillet 2012 ======

Naoto Matsumura, dernier habitant du no man’s land de Fukushima (Le Monde)


Le dernier homme de Fukushima. Entretien avec le... par Mediapart

Entre avril 2011 et mai 2012, le photographe Antonio Pagnotta a pénétré à plusieurs reprises dans la zone interdite entourant la centrale de Fukushima. Il est revenu chargé de clichés tous plus incroyables les uns que les autres, témoignages d'une terre laissée à l'abandon. Flore brûlée par la radioactivité, cadavres d'animaux putréfiés, araignées géantes...

Dans un entretien (payant) au site Mediapart qui publie un portfiolio de Pagnotta, ce dernier explique qu'il a dû se rendre dans la zone de nuit pour éviter les patrouilles de police. Plus étonnant encore, il a pu rencontrer Naoto Matsumura, 51 ans, qui est le dernier habitant de Tomioka, une commune proche de Fukushima. Cet ancien agriculteur refuse d'être évacué malgré une radioactivité par endroit 50 fois supérieure à la dose annuelle acceptable selon la réglementation française.

Dans la journée, l'homme nourrit les animaux survivants, chiens, vaches, cochons et même autruche. Le soir, sans électricité, il s'éclaire à la bougie, récupère l'eau qui vient des montagnes et se contente de quelques conserves qu'il trouve. Et c'est comme ça depuis onze mois....

====== 23 juillet 2012 ======

Fukushima : le rapport qui change tout


The National Diet of Japan

The official report of The Fukushima Nuclear Accident Independent

Investigation Commission

Executive summary

Michel de Pracontal

« Le tremblement de terre et le tsunami du 11 mars 2011 ont été des désastres naturels d’une ampleur qui a choqué le monde entier. Bien que déclenché par ces événements cataclysmiques, l’accident qui s’est ensuivi à la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi ne peut pas être regardé comme un désastre naturel. Ce fut un désastre profondément causé par l’homme – qui aurait pu et aurait dû être prévu et prévenu. Et ses effets auraient pu être atténués par une réponse humaine plus efficace. »

Ces lignes sont tirées du rapport de la commission d’enquête parlementaire japonaise sur l’accident de Fukushima (Naiic, ou National diet of Japan Fukushima nuclear accident independant investigation), dont une synthèse (en anglais) a été publiée récemment [1]. Ce rapport, peu traité par la presse, brosse pourtant un tableau dévastateur de l’action du gouvernement de Tokyo, des autorités nucléaires japonaises et de Tepco, l’exploitant de la centrale de Fukushima.

On y apprend que les populations ont été évacuées de manière « chaotique », au point que soixante patients hospitalisés sont morts « de complications liées à l’évacuation ». Le rapport révèle que la gravité de l’accident, souvent imputée à la fatalité du tsunami, est due à « une multitude d’erreurs et de négligences délibérées », qui expliquent l’impréparation de Tepco face aux événements du 11 mars 2011. Le rapport de la Naiic montre aussi que le gouvernement a diffusé des informations tronquées et inadéquates, répétant que les radiations n’entraînaient pas « d’effet immédiat pour la santé », et donnant au public « une fausse impression de sécurité ».

La commission parlementaire indépendante s’est appuyée sur une masse considérable d’informations : 900 heures d’auditions ont permis d’entendre 1 167 personnes – dirigeants de Tepco, responsables gouvernementaux, membres de l’autorité de sûreté nucléaire, etc. La commission s’est rendue dans douze municipalités qui se trouvent aujourd’hui dans la zone d’exclusion. Elle a recueilli 10 633 réponses à un questionnaire adressé aux habitants évacués. La commission a aussi relevé plus de mille commentaires de travailleurs qui se trouvaient à la centrale de Fukushima Daiichi, le 11 mars 2011.

Les révélations du rapport de la Naiic ne sont pas toutes inédites, mais c’est la première fois qu’autant d’éléments divergents de la version officielle se trouvent rassemblés dans un même document. Les enseignements qui se dégagent de cette somme d’informations peuvent être récapitulés en six points :

1. Des négligences sont à l’origine de l’impréparation de Tepco

2. L’accident nucléaire a sans doute été déclenché par le séisme, et pas seulement par le tsunami.

3. La gestion de la crise sur le site nucléaire a été confuse.

4. L’évacuation a été « chaotique ».

5. L’information et le suivi sanitaire des populations sont insuffisants.

6. Les travailleurs du nucléaire de Fukushima ont payé un lourd tribut aux radiations.

7. Fukushima a été un drame typiquement japonais, ou peut-être pas…

Texte intégral dans Europe Solidaire

Pour télécharger le rapport (Résumé en anglais), cliquer Fukushima

====== 20 juillet 2012 ======

Peut-on rire des radionucléides après Hiroshima, Nagasaki et Fukushima ?

Peut-on encore rire aujourd’hui de la radioactivité au Japon, pays où la population mange une grande quantité de poissons et de produits de la mer ?

Peut-on rire des radionucléides alors que beaucoup de japonais ne souhaitent plus vivre sous la menace nucléaire ?

Les autorités tokyoïtes veulent banaliser la radioactivité dans la vie quotidienne à l’image de ce couple avec deux enfants qui annonce dans l’hilarité les nouvelles normes de radionucléides des denrées alimentaires (riz, poisson, viande, lait, légumes, eau,...). Image extraite de l’entête d'un document mis en ligne par l’Agence gouvernementale de la consommation : CAA

Depuis le 1e avril 2012, la norme standard de la radioactivité dans les poissons est passée à 100 becquerels de césium radioactif par kilo (50 Bq/kg pour les enfants). Une année plus tôt, elle avait été fixée dans la plus grande précipitation à 500 Bq/kg de poisson, lors de la découverte des premiers lançons contaminés au césium et à l’iode radioactifs à leur débarquement dans le port de pêche d’Ibaraki, 60 km au Sud de la centrale nucléaire de Fukushima Daichi.

Toujours est-il qu’au pays d’Hiroshima et de Nagasaki, beaucoup de japonais prennent au sérieux le risque nucléaire et refusent cette banalisation de la radioactivité dans leur quotidien.

Des dizaines de milliers de Japonais ont répondu, le lundi 16 juillet 2012, à l'appel à manifester du mouvement « Adieu l'énergie nucléaire ! ». Traumatisés, ils s'opposent au redémarrage des centrales. Lire Ouest France : Japon : manifestations anti-nucléaires monstres.

Peut-on rire des radionucléides quand la liste des espèces aquatiques contaminées s'allonge ?


Depuis le 1 avril 2012, la liste des poissons contaminés s'allonge et elle concerne non seulement des espèces marines de la préfecture de Fukushima, mais aussi des poissons marins des 3 préfectures plus au Nord : Miyagi, Iwate et Aomori... Dans la région du Sanriku, l'épicentre de la catastrophe du 11 mars 2011... (voir la carte plus bas)

Pour rappel : Le tsunami a coûté plus de 11,5 milliards d'euros au secteur de la pêche selon les estimations du Ministère de l'Agriculture et de la Pêche. Il faudrait y ajouter le coût des rejets radioactifs dans l'océan Pacifique ainsi que dans les étangs et les rivières... en liaison avec les interdictions de pêche.... Les pêcheurs de Fukushima n'ont repris leur activité que depuis le 20 juin 2012 en ciblant des espèces éloignées de la côte (100 km ?) et épargnées par la contamination radioactive comme les pieuvres, les poulpes et les buccins (voir la vidéo plus bas)....

Le Ministère de l'Agriculture et de la Pêche (MAFF) met en ligne beaucoup de données :

Les nouvelles limites standard pour les radionucléides dans les aliments (par le ministère de la Santé, du Travail et des Affaires sociales), cliquer Ici

Mi-juin 2012 : Reprise de la pêche au large de la Préfecture de Fukushima


Pour plus de détails sur la reprise de la pêche dans le port de Soma (Préfecture de Fukushima), l'article de FIS : Seafood caught off Fukushima finally goes back on sale

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====== 8 juin 2012 ======

Des thons rouges californiens marqués aux isotopes radioactifs de Fukushima

Ces thons rouges du Pacifique ont transporté de la radioactivité depuis le Japon jusqu’en Californie....

Des radionucléides de Fukushima bons pour les sciences marines !

"Fukushima a des retombées positives pour la science marine" (Fukushima has positive fallout for marine science) titre la célèbre revue Nature, à un moment où le réacteur n°4 de la centrale nucléaire de Fukushima Daïchi redevient menaçant....

Pendant plusieurs décennies, les chercheurs ont exploité les isotopes radioactifs relâchés lors de tests nucléaires pendant la guerre froide. Dans les années 1940 et 1950, les îles Marshall dans le mi-Pacifique ont été le théâtre de nombreuses explosions nucléaires, qui ont relâché du tritium et du carbone-14 dans l’eau.

La catastrophe de Tchernobyl en Ukraine en 1986 avait relâché du caesium-137 soluble dans l’eau et du strontium-90. Ken Buesselet, un chimiste marin pour l’Institut Océanographique Hole dans le Massachusetts, a commencé sa carrière en analysant les courants dans la Mer Noire en utilisant des radio-isotopes de Tchernobyl.

On savait déjà que les thons rouges traversaient le Pacifique !

Le thon rouge se reproduit dans les eaux japonaises avant de rejoindre la côte californienne. Des chercheurs qui ont testé 15 poissons attrapés après la catastrophe en mars 2011 ont découvert que tous contenaient des traces de caesium-134, un radio-isotope soluble dans l’eau et rejeté dans l’océan lors de la crise de Fukushima.

Les poissons ayant voyagé jusqu’en Californie avant 2011 ne transportaient pas cet isotope. Les résultats de cette étude ont été publiés par le journal Proceedings of the National Academy of Sciences.

L’accident nucléaire de Fukushima a ainsi donné une opportunité aux experts en science marine d’étudier la migration des poissons ainsi que la circulation de l’air dans cette région de l’Océan Pacifique, d'après un article du journal Nature.

Les chercheurs ont comparé les ratios de caesium-134 et de caesium-137 pour estimer que les thons rouges en question avaient quitté les eaux japonaises environ quatre mois avant d’être capturés. Le calcul a pris en compte la croissance des poissons et le niveau de radioactivité.

Le cycle migratoire du thon rouge est assez bien connu, c’est pourquoi l’étude « ne nous a pas appris grand-chose sur les régimes de migration du thon » a indiqué Daniel Madigan, un biologiste marin pour l’Université de Stanford et co-auteur de l’étude.

Remarque : L'article ne dit pas si les japonais vont se réserver ce thon rouge dont la radioactivité est bien inférieure aux normes sanitaires fixées par le Japon

A partir d'Actualités News Environnement : La catastrophe de Fukushima a des retombées positives pour la science marine ?

====== 4 juin 2012 ======

Effets des rayonnements ionisants

Rapport du comité scientifique des Nations Unies pour l’études des effets ionisants 2010

Cinquante-septième session, y compris le rapport sur les effets des rayonnements à faibles doses sur la santé

Télécharger : Unscear 2010 report

Publications

Since its inception, UNSCEAR has issued 20 major publications. These reports are highly regarded as principal sources of authoritative information.

The latest publication is the UNSCEAR 2010 Report: "Summary of low-dose radiation effects on health".

The UNSCEAR 2010 Report comprises the main text of the 2010 report to the General Assembly (A/65/46) and a scientific report.

Les effets des rayonnements de Fukushima

Fukushima's Radiation Effects: World Experts to Assess Impacts from Japanese Power Plant (Les effets des rayonnements de Fukushima : Les experts du monde évaluent les impacts de la centrale électrique japonaise), cliquer Sciencedaily

The Fukushima-Daiichi nuclear power plant accident

UNSCEAR's assessment of levels and effects of radiation exposure due to the nuclear accident after the 2011 great east-Japan earthquake and tsunami

On 11 March 2011 the Fukushima-Daiichi nuclear power plant suffered major damage from the failure of equipment after the magnitude 9.0 great east-Japan earthquake and subsequent tsunami. It was the largest nuclear accident since the Chernobyl accident of 1986. There was release of radioactive material from the damaged plant and thousands of people were evacuated.

UNSCEAR is undertaking a major study to assess the radiation doses and associated effects on health and environment. At the high-level meeting on nuclear safety and security convened in New York on 22 September 2011, the Secretary-General of the United Nations called on Member States to ensure that UNSCEAR has the necessary capacity and resources to accomplish its task. The work was also endorsed by the UN General Assembly resolution 66/70 on 9 December 2011. To date eighteen UN Member States have offered more than 60 experts to conduct the analytical work cost-free. Pour plus d’informations: unscear

====== 10 mai 2012 ======

Enseignements de Fukushima

Enseignements de Fukushima

Greenpeace

Mars 2012

La course à l’indemnisation : Chronique d’une zone sinistrée

Il y a bientôt 12 mois débutait le désastre nucléaire de Fukushima. Bien qu’il fut provoqué par le Grand séisme de l’Est du Japon et par le tsunami qui s’ensuivit, les principales causes de l’accident nucléaire résident dans les failles institutionnelles du lobbying politique et de la réglementation du secteur de l’industrie.

Les institutions humaines ont échoué dans la reconnaissance des risques réels des réacteurs, dans l’établissement et la mise en application de normes de sécurité nucléaire appropriées et, finalement, dans la protection des hommes et de l’environnement.

Ce rapport, commandé par Greenpeace International, étudie les leçons que nous pouvons tirer de cette catastrophe. Le premier anniversaire de l’accident de Fukushima est une occasion unique de nous interroger sur les enseignements de cette tragédie qui est loin d’être terminée pour des centaines de milliers de Japonais. Et cela soulève une autre question, à savoir si nous sommes prêts à recevoir ces enseignements.

D’autres questions plus générales et essentielles méritent également notre attention :

• Comment est-il possible que, malgré toutes les assurances, un accident nucléaire d’une ampleur comparable au désastre de Tchernobyl en 1986, se soit reproduit, dans l’un des pays les plus industrialisés au monde ?

• Pourquoi les plans d’urgence et d’évacuation n’ont-ils pas réussi à protéger la population d’une exposition excessive aux retombées radioactives et à la contamination qui en résulte ? Pourquoi, un an plus tard, le gouvernement ne réussit-il toujours pas à protéger ses citoyens des rayonnements ?

• Pourquoi les 100 000 personnes, qui souffrent le plus des conséquences de l’accident nucléaire, ne reçoivent-elles toujours pas le soutien social et financier nécessaire à la reconstruction de leur habitat, de leur vie et de leur communauté ?

Voici les questions fondamentales que nous devons nous poser pour être en mesure de tirer un enseignement du désastre nucléaire de Fukushima. Ce rapport les étudie en profondeur et en tire des conclusions importantes :

1. L’accident nucléaire de Fukushima signe la fin du paradigme de la « sûreté nucléaire ».

2. L’accident nucléaire de Fukushima révèle l’échec systémique, dans toute sa profondeur, des institutions mêmes censées contrôler l’énergie nucléaire et protéger le peuple des accidents qu’elle engendre.

Pour télécharger le document, cliquer Greenpeace

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Initiatives citoyennes au Japon suite à la catastrophe de Fukushima

Initiatives citoyennes au Japon suite à la catastrophe de Fukushima

Février 2012

Etude réalisée à la demande de l’Autorité de Sûreté Nucléaire

ACRO - Association pour le Contrôle de la Radioactivité dans l’Ouest

L’accident nucléaire enclenché le 11 mars 2011 au Japon, est l’une des plus graves catastrophes nucléaires de l’histoire dont les conséquences dureront plus longtemps que le séisme et le tsunami qui ont provoqué la fusion de trois coeurs de réacteur de la centrale de Fukushima daï-ichi. Il a en effet, provoqué une contamination durable d’un vaste territoire et une pollution marine sans précédent.

Face à une situation aussi exceptionnelle, les autorités japonaises ont donné l’impression d’improviser continuellement lors du déroulement de la catastrophe, subissant les évènements plutôt que les anticipant. Les réactions de la société civile, quant à elle, sont très variées. Nous allons tenter d’en brosser un portrait en se basant essentiellement sur ce qui est paru dans la presse écrite japonaise1 et quelques entretiens que nous avons pu mener. Cette approche préparatoire est forcément réductrice et ne dispense pas d’une étude plus approfondie des conséquences sociétales de l’impact d’une catastrophe nucléaire majeure.

Le stress subi par la population est multiple. Tout le pays est confronté à une baisse de la quantité d’électricité disponible car les réacteurs nucléaires ne sont pas autorisés à redémarrer suite aux arrêts de routine. En effet, les élus locaux exigent des garanties sur la sûreté que l’autorité de sûreté, complètement décrédibilisée, est incapable de donner. En avril 2012, tout le parc japonais sera à l’arrêt. Les 54 réacteurs produisaient environ 30% de l’électricité du pays.

Le pays entier s’est aussi trouvé confronté à la nourriture contaminée : puis-je avoir confiance en ce que j’ai dans mon assiette ? En particulier dans la restauration collective où les familles n’ont pas de contrôle.

S’est aussi ajouté le problème des énormes volumes de déchets issus du tsunami. Pour y faire face, le gouvernement veut les répartir dans tous les centres de traitement de déchets du pays, mais les populations y sont opposées par crainte de la radioactivité.

Plus localement, le déplacement des populations a créé un traumatisme. Outre le fait de tout perdre, c’est aussi le lien social, très fort au Japon, qui est détruit. Et pour les personnes qui restent dans les territoires contaminés, c’est un questionnement constant.

Face à tous ces problèmes, on peut se demander comment les différentes corporations, médecins, avocats, scientifiques, élus… ont réagi. Outre les réactions individuelles des gens, de nombreuses initiatives collectives ont été créées. Soit parmi des métiers spécifiques, soit de manière transversale.

Dans la suite de ce rapport, nous allons essayer de croiser ces différents thèmes avec les différents niveaux de réaction.

Pour télécharger le document, cliquer ACRO

======== 6 avril 2012 =========

"Comme l’abeille qui fait tourner la Terre"

"Comme l’abeille qui fait tourner la Terre"

Un documentaire de Hitomi Kamanaka

La Rochelle au Carré Amelot

Vendredi 6 avril à 19h30. Entrée gratuite.

Association Shiosaï

1 an après Fukushima…

Comment le monde satisfera ces futures besoins énergétiques ?

La recherche pour l’indépendance énergétique, en Suède et au japon

Un engagement local qui peut changer le monde

Depuis 28 ans les habitants d'Iwaishima, une petite île située dans la mer intérieure du Japon, s'opposent à la construction d'une centrale nucléaire qui menace les magnifiques paysages marins alentours. Les pêcheurs et les villageois de l'île vivent de leur travail de la terre et de la mer. Le plus jeune d'entre eux, Takashi Yamato, espère également que l'île devienne énergétiquement auto-suffisante. Mais le pouvoir économique et politique est d'un tout autre avis et soutient la construction de la centrale nucléaire.

A l’opposé, à l'autre bout du monde, la Suède, qui a renoncé à l'énergie issue du pétrole et du nucléaire et intensifie l'utilisation des sources d'énergie renouvelables, s’oriente vers une société durable.

Comment pouvons-nous choisir et créer nos propres sources d'énergie? Les envies et les pensées des gens ordinaires se rejoignent par-delà les frontières nationales pour créer une nouvelle vision. C’est ici et maintenant que les Hommes créent leur futur. Nous pouvons entendre résonner le son de leurs activités, semblables au bourdonnement des abeilles dont l'énergie est en harmonie avec la nature.

Site envisagé du complexe nucléaire de Kaminoseki

En 1982, la Compagnie C.E.P. a commencé à élaborer un projet pour développer une centrale nucléaire sur le site. A Iwaishima, une ile proche, les habitants vivent en harmonie avec la nature depuis plus de mille ans. Les habitants de l'île ont passé les 28 dernières années à s'opposer à la construction de cette centrale qui limiterait l'accès à l'abondance de la mer dont leur vie dépend. Ce complexe mettrait également en danger un grand nombre d'espèces en voie de disparition.

Depuis sa sortie en 2010, ce film indépendant a été projeté plus de 450 fois dans l’ensemble du Japon par des groupes de citoyens et aussi aux cinémas. Après le 11 mars 2011, le nombre de projection se multiplie. Il compte plus de 110 000 spectateurs au total en janvier 2012.

Trois prix ont été décernés sur ce film en 2011, notamment à Kinema Junpo dans la catégorie « film culturel »

========= 15 mars 2012 ==========

Il y a 1 an : l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi

IRSN : Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire

Le 11 mars 2011, un séisme de magnitude 9.0 se produisait à 80 km au large de l'île d'Honshu au Japon. Il entraînait un tsunami, privant la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi de ses sources externes d'électricité et de ses moyens internes de refroidissement du coeur des réacteurs nucléaires. Un an après l’accident, l’IRSN propose 2 nouveaux dossiers qui font le point sur la situation au Japon.

Fukushima, un an après

Le 28 février 2012 à Paris, l'IRSN organisait un point presse sur le thème "Fukushima, un an après", avec la participation de Jacques Repussard, Directeur général de l’IRSN, Thierry Charles, directeur général adjoint chargé de la sûreté des installations et des systèmes nucléaires, Didier Champion, directeur de la crise, et Jean-René Jourdain, adjoint à la directrice de la protection de l’homme.

Ce dossier contient les enregistrements vidéos et les présentations des sujets traités durant ce point presse : le bilan de l’accident de Fukushima (état de sûreté du site, de la contamination des sols, suivi sanitaire de la population), les perspectives de reconquête des territoires contaminés, les collaborations scientifiques de l’IRSN au Japon.

Consulter le dossier : « Fukushima, un an après »

Sinon Télécharger directement le rapport : Fukushima, un an après - Premières analyses de l’accident et de ses conséquences / Rapport IRSN/DG/2012-001 du 12 mars 2012, cliquer IRSN

========= 11 mars 2012 ==========

Témoignage d'un couple franco-nippon : Ne plus vivre avec la radioactivité !

« Crêperie Bretonne », c’est écrit sur la devanture de ce petit établissement à Sasazuka, un quartier de Tokyo calme et résidentiel. David est Breton. Avec sa femme Eiko, cela fait 5 ans qu’ils travaillent dur pour développer leur affaire. Et ça commençait à bien marcher. Mais ils ont pris une décision très lourde : partir du Japon. Leur fille Yuna a quatre ans. Eiko et David ne veulent pas jouer à la roulette russe. Si le problème n’était que la radiation, cela serait encore gérable....
Voir le reportage réalisé par Alain de Halleux sur Arte "La grande question" : http://fukushima.arte.tv/#!/4883

Pour aller plus loin....

Bioécologie : Vivre avec la radioactivité : récits de vie (Fukushima, Japon)

Dans bien des cas, l'analyse et la compréhension d'une problématique environnementale exige un regard global sur l'objet d'étude. Seule une approche écosystémique peut permettre d'acquérir une vision d'ensemble d'une situation environnementale. Les sciences humaines et sociales sont, entre autre, deux disciplines incontournables pour atteindre ce but. Associées aux sciences de l'environnement, cette interdisciplinarité conduit ainsi à une analyse fine d'une problématique environnementale. Sans m'étendre sur le sujet, il est aussi à souligner l'apport indispensable d'un certain nombre de disciplines, telles que les sciences économiques, politiques, géographiques,...pour une compréhension la plus globale possible d'une situation environnementale... Suite : http://bioecologie.over-blog.com/article-vivre-avec-la-radioactivites-recits-de-vie-fukushima-japon-101332725.html.

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Décryptage sur Arte d'une supercatastrophe nucléaire

Enquête sur une supercatastrophe nucléaire

Il a fallu attendre plusieurs jours, après le 11 mars 2011, avant que les responsables japonais n'admettent qu'il y avait eu à Fukushima un accident nucléaire sans doute plus grave que celui de Tchernobyl. Puis les autorités - l'exploitant Tepco, le gouvernement, les services de surveillance - n'ont cessé de minimiser l'ampleur de la catastrophe. Le documentaire tente de faire la lumière sur ce qui s'est passé dans les réacteurs 1 à 4 de la centrale. Il analyse aussi la gestion de crise du lobby nucléaire japonais et international et montre que celui-ci met tout en oeuvre pour préserver un marché mondial lucratif.

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Arte. Le dessous des cartes

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ARTE - Thema : « Les leçons de Fukushima »

Mardi 6 mars 2011

Un an après Fukushima, le gouvernement nippon prétend que le site serait sécurisé, mais les Japonais en doutent.

Enquête sur un accident sans précédent, qui a réactivé le débat sur le nucléaire en France et en Allemagne.

Au sommaire :

  • Enquête sur une super catastrophe nucléaire (documentaire de 20:35 à 21:30).
  • Nucléaire, la fissure franco-allemande (documentaire de 21:30 à 22:25).
  • Débat (de 22:25 à 22:50).
  • Un héritage rayonnant : les déchets nucléaires (documentaire de 22:50 à 23:45).
  • Le Dessous des Cartes : le nucléaire civil en 2012 (magazine de 23:45 à 23:55).
  • Minamisanriku : la ville engloutie (documentaire de 23:55 à 00:50).

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Chaine humaine pour sortir du nucléaire

Dimanche 11 mars 2012, à partir de 13h30 sur la N7

Réagissons ensemble pour sortir du nucléaire !

Un an jour pour jour après Fukushima formons une grande chaîne humaine de Lyon à Avignon dans la région la plus nucléarisée d’Europe

Sortir du nucléaire, c’est possible !

Rejoignez la grande chaine

Voir tous les évènements dans le monde

Voir l'agenda du Réseau Sortir du Nucléaire

===== 26 janvier 2012 =====

Le fossé nucléaire se creuse entre le gouvernement japonais et ses citoyens

Le Japon prévoit de relancer ses exportations nucléaires alors que le pays peine toujours à apaiser la colère de ses citoyens en ce qui concerne les fuites radioactives de la centrale de Fukushima Daiichi. Celle-ci a été détruite par un séisme suivi d’un tsunami le 11 mars 2011.

Selon Yuki Tanabe, expert au Japan Centre for a Sustainable Environment and Society (JACSES), « le Japon stimule ces exportations risquées car elles sont synonymes d’opportunités commerciales et d’influence diplomatique dans les pays émergents ».

Le mois dernier, la commission des Affaires étrangères de la Chambre des Représentants a approuvé des projets de loi visant à autoriser l’exportation de centrales nucléaires vers le Vietnam et la Jordanie. Ces exportations constituent une des clauses d’un accord bilatéral.

Le Premier ministre japonais, Yoshihiko Noda, a justifié cette décision en déclarant que le Vietnam et la Jordanie « ont cruellement besoin de la technologie de pointe japonaise ». Il a cependant ajouté que le Japon devait aider « à améliorer la sécurité des centrales nucléaires dans ces pays ». D’autres accords sont sur le point d’être signés avec d’autres pays, dont l’Inde, le Bangladesh et la Turquie. Ils comprennent la construction de centrales nucléaires, leur exploitation et leur gestion par des entreprises japonaises.

Cependant, les activistes environnementaux japonais ont uni leurs efforts contre ces projets dans une campagne qui a pris de l’envergure à la suite de l’accident de Fukushima. Outre les importants risques sanitaires que présente la contamination radioactive, les activistes soulignent que le nucléaire entraîne des coûts exorbitants, un fait tangible au Japon ces derniers mois. La contamination radioactive qui a suivi la fusion du cœur du réacteur à Fukushima a contraint plus de 150.000 personnes résidant aux environs de la centrale à fuir.

En outre, des dizaines de milliers d’hectares de terres arables ont été répertoriées comme étant nocives pour la production alimentaire. Les tests effectués ce mois-ci sur l’eau de mer aux abords de la centrale ont révélé que les ressources marines sont contaminées et ne conviennent donc plus à la consommation.

Des compensations s’élevant à plus de 60 milliards de dollars sont aujourd’hui réclamées à Tepco, l’opérateur privé de la centrale de Fukushima. La société est donc obligée de demander l’intervention du financement public.

Ces questions épineuses ont été abordées les 14 et 15 janvier à Yokohama, lors d’une conférence antinucléaire organisée par des organisations japonaises et internationales luttant pour un monde sans nucléaire. Des intervenants des quatre coins du globe, notamment de Corée du Sud, du Canada et de l’Union européenne ont exposé les arguments antinucléaires de leur pays respectif. Praful Bidwai, le célèbre militant indien pour une énergie saine et renouvelable, a souligné, lors d’une de ses interventions, que des manifestations régulières des personnes qui vivent à proximité des centrales sont essentielles..... Suite IPS

===== 24 janvier 2012 =====

« À ce rythme, la plupart des enfants de l’Est du Japon seront malades ou maladifs dans 10 ans. »

Cantine du Lycée franco-japonais de Tokyo : Aucun produit en provenance du nord de Tokyo !


Plus aucun produit de la grande région autour de Fukushima dans le menu de la cantine du lycée franco-japonais !!!

Un parent d’élève s'inquiète et interpelle les autorités japonaises....

J’ai distribué plusieurs exemplaires d’articles de Bandajevsky et de Babenko puis j’ai expliqué les risques de la contamination alimentaire chronique pour les enfants, de la façon la plus factuelle et scientifique possible. J’ai montré que même pour l’IRCP, un seul becquerel de césium 137 ingéré chaque jour donnait 200 bq en permanence dans le corps au bout de 400 jours. Que ceci faisait déjà 10 bq par kg de masse corporelle pour un enfant de 20 kg : exactement le seuil à partir duquel les maladies commencent, chez les enfants en Biélorussie.

Je sentais bien que je dérangeais : les fonctionnaires demeuraient dans un silence de mort.

Surtout quand j’ai conclu : « À ce rythme, la plupart des enfants de l’Est du Japon seront malades ou maladifs dans 10 ans. »

Source : Netoyens.info : Aucun produit en provenance du nord de Tokyo dans les cantines !

------ 25 novembre 2011 ------

Les risques d’un accident nucléaire par l’IRSN

Des dangers qui font froid dans le dos !!!

Le corium : c'est quoi ?

La fusion du coeur d'un réacteur nucléaire se produit lorsque celui-ci n'est plus correctement refroidi. Le combustible nucléaire qui le compose fond et se transforme en un mélange incandescent hautement radioactif : le corium. (source : bioecologie)

Pour en savoir un peu plus sur ce phénomène regardez cette vidéo :

Fusion du coeur et produits de fission

------ 24 novembre 2011 ------

Les Japonaises unies contre les mensonges d'Etat (Le Monde)

Elles sont en première ligne. Actives au sein d'associations et d'ONG oeuvrant pour la prise en charge des personnes âgées, pour l'éducation, pour la défense de l'environnement ou pour la sécurité alimentaire, les Japonaises animent une solidarité locale exprimée lors de la plus grande manifestation antinucléaire, le 19 septembre à Tokyo.

La majorité des participants était des femmes. Un millier d'entre elles, venues de Fukushima, manifestaient à nouveau le 29 octobre dans les rues de Tokyo pour demander des mesures de protection de leurs enfants, protester contre la collusion de l'administration et des intérêts privés pour minimiser un danger mal évalué, et rappeler les valeurs que l'Etat est censé défendre, à commencer par la protection de la population.

La diffusion de cartes des dépôts de matières radioactives, d'inquiétantes mesures de radiation réalisées plus ou moins officiellement, des informations comme la leucémie aiguë contractée par Norikazu Otsuka, présentateur de la télé qui consommait en direct des produits de la préfecture de Fukushima, alimentent la méfiance des mères japonaises qui n'ont souvent qu'un seul désir : déménager.

"Je n'ai aucune confiance dans ce que dit le gouvernement, confie Kozue Nogami, dont la petite fille est à l'école primaire à Tokyo. Ni dans les médias qui ne font que reprendre le discours officiel." Ce qui les retient : l'emploi du mari, le prêt pour la maison familiale.

Contraintes de se débrouiller, ces mères créent des blogs pour échanger les informations ou font leurs courses sur Internet, où elles trouvent des produits venant de l'ouest du Japon, présumés plus sûrs. Mme Nogami, dont le budget alimentaire a augmenté de 15 000 yens (145 euros) par mois, oblige sa fille à apporter une gourde d'eau à l'école. Elle aimerait que cette dernière puisse aussi apporter son bento (plateau-repas) pour ne pas avoir à manger à la cantine, mais le proviseur n'y est pas favorable.....

------ 3 octobre 2011 ------

------ 29 septembre 2011 ------

Appel contre arrestation à Tokyo d'un militant anti-nucléaire (Cyberaction)

Le 23 septembre 2011, Sono Ryota, un des organisateurs de plusieurs manifestations à Tokyo et initiateur des « 50 jours de manifestations consécutives pour la liberté » sur un thème différent chaque jour, a été arrêté et emprisonné.

Sono Ryota est un militant anti-nucléaire, syndicaliste du « Freeter Union » (syndicat des jeunes précaires) et membre de NoVox Japon. Le 23 septembre, la coordination des mouvements sociaux contre toute sorte de discrimination et pour la solidalité internationale avec le slogan « il n’y a pas de frontière pour le droit de vivre » a organisé une manifestation pacifiste dans un quartier populaire et multiculturel de Tokyo, souvent la cible d’attaques par les mouvements extrême droite. Ce jour-là, cette manifestation contre le racisme exigeait aussi la libération de militants arrêtés au Mali contre accaparement de leur terres et pour apporter son soutien aux familles en lutte explusées de leurs logements où à la rue en France.

Pendant la manifestation, les policiers sont intervenus violement.

Cette intervention brutale des policiers a eu lieu suite à un ordre «arrêtez-le » visant directement Sono Ryota.

Pour se saisir de Sono, les policiers ont tabassé les manifestants qui essayaient de le protéger, puis ils l’ont menotté et conduit avec force dans la voiture de police. Selon l’avocat qui a pu le rencontrer, Sono était bléssé au visage et son corps couvert de bleus. Une prise forcée de ses impreintes digitales et des photos ont été pratiquées pourtant elles ne sont autorisées que lors des arrestations pour les criminels et les étrangers. A sa contestation contre la violation des droits humains fondamentaux, un policier lui a répondu « tu n’as pas de droit humain ». Manifestement la police sur ordre a décidé en mettant ce militant en prison de faire taire une voix importante du mouvement anti-nucléaire et des sans voix du réseau NoVox Japon.

Nous vous appelons à envoyer des messages à l'ambassade du Japon pour exiger sa mise en liberté et le respect du droit de manifester, de s’exprimer pour que vive la démocratie.

Cliquer : action appel contre arrestation à Tokyo d'un militant anti-nucléaire

------ 28 septembre 2011 ------

Fukushima : Manger les poissons issus de la côte ouest du Japon

L'Institut de Radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) conseille aux ressortissants français vivant au Japon de consommer des produits de la mer issus de la côte Ouest dans le Bulletin d’information n° 7 du 22 septembre 2011. En d'autres termes, manger des produits de la mer issus de la Mer du Japon et éviter ceux du Pacifique... (Traduction en français métropolitain, manger du poisson de Méditerranée, et éviter celui de l'Atlantique !)

Extrait du bulletin

Les rejets radioactifs accidentels provenant de la centrale de Fukushima Dai-Ichi ont causé une pollution radiologique impactant une partie du territoire terrestre et maritime du Japon, principalement les préfectures de Fukushima, Tochigi, Ibaraki et Miyagi. Les informations et recommandations fournies dans ce bulletin ont pour objectif d’aider à limiter autant que possible les expositions à cette pollution environnementale persistante….

Dans le milieu marin, la pollution radioactive déposée sur le fond entraîne une contamination des espèces végétales et animales qui y sont exposées….

L’étude des données communiquées montre que, depuis le 1e août les dépassements des normes de commercialisation ou de consommation encore observés ont concerné entre autres :

  • certains poissons de mer (éperlan japonais – japanese smelt, raie, sébaste, limande…) ou de rivière (ayu* de la rivière Mano dans la Préfecture de Fukushima),
  • des algues et des oursins,…

Recommandations de bonnes pratiques alimentaires pour l’ensemble des résidents français au Japon

Même si aujourd’hui la plupart des contrôles menés sur les denrées alimentaires produites au Japon montre une nette diminution de la contamination des denrées végétales, l’IRSN estime nécessaire de maintenir une vigilance sur les denrées provenant des préfectures significativement touchées par les retombées radioactives de l’accident de Fukushima Dai-Ichi.

L’IRSN recommande ainsi :

« pour ce qui concerne les poissons de mer ou de rivière (en particulier le lançon japonais, l’éperlan japonais – japanese smelt, la raie, le sébaste, la limande – voir la liste complète ci-dessous) ou de rivière (ayu, saumons), ainsi que les algues et les fruits de mer, de s’assurer que les résultats des contrôles montrent qu’ils sont conformes à la réglementation japonaise en vigueur ou qu’ils proviennent de zones de pêches identifiées situées à l’ouest des côtes japonaises… »

Espèces marines ou de rivière pour lesquelles des dépassements des normes japonaises en vigueur ont été mesuré d’après l’Agence japonaise pour la pêche :

Japanese sandlance – lançon japonais

Whitebait - friture

Ayu sweetfish

Japanese smelt - éperlans japonais

Land-locked salmon - saumon

Mediterranean mussel - moule méditerranéenne

Wakame seaweed – algue Wakame

Hijiki seaweed – algue Hijiki

Arame seaweed – algue Arame

Japanese dace - vandoise

Northern sea urchin - oursins

Surf clam - clam

Fat greenling

Brown hakeling

Stone flounder - limande

Whitespotted char - omble

Japanese mitten crab - crabe

Rockfish - sébaste

Ocellate spot skate

Slime flounder - limande

Olive flounder - limande

Goldeye rockfish - sébaste

Willow gudgeon (d’élevage) – gougeon

Source : IRSN. Bulletin d’information n° 7 du 22 septembre 2011

------ 6 septembre 2011 ------

Un village de pêcheurs japonais contre le nucléaire

Depuis le premier réacteur construit dans les années 70, le Japon en compte aujourd'hui 55. A Iwaishima, ce petit village de pêcheurs s'est forgé une réputation dans tout le pays pour son abnégation contre la construction de deux réacteurs nucléaires.


Un village de pêcheurs japonais contre le... par BFMTV

Source : BFM TV via Scoop.it

------ 4 septembre 2011 ------

La réponse des autorités japonaises aux habitants inquiets de Fukushima

Voici une vidéo étonnante qui circule sur You Tube et qui n’a pas échappée au journaliste Fabrice Nicolino dont le blog Planète sans visa est une riche source d’infos pour celles et ceux qui veulent un décryptage corrosif de notre monde ou comme Nicolino aime le dire lui même "une autre façon de voir la même chose". Le journaliste, prudent, écrit : "Je ne peux garantir à 100 % ce film sorti sur Youtube, mais vous verrez tout comme moi qu’il est (presque) certainement authentique. Nous sommes le 19 juillet 2011 et des bureaucrates du gouvernement japonais affrontent une salle qui réclame des informations fiables sur la contamination nucléaire qui a suivi l’horreur de Fukushima". Sans commentaire. Source : Cdurable

La vidéo est sous-titrée en français :

------ 29 août 2011 ------

Fukushima et le droit de la mer

Fukushima et le droit de la mer (Partie I) : Marquette University Law School Faculty Blog

Il y a 2 jours, la NISA (Agence de régulation nucléaire japonaise) a divulgué les estimations du volume de matières radioactives qui s'est échappé du complexe de Fukushima depuis le séisme et le tsunami de mars. L'agence estime que le volume des déchets radioactifs émis par le césium est environ 168 fois supérieur à celui de la bombe atomique larguée sur Hiroshima à la fin de la Seconde Guerre mondiale, et que les volumes d'iode radioactif et de strontium sont environ 2,5 fois plus élevés. Tous sont cancérigènes, et les isotopes de césium et de strontium peuvent persister dans l'environnement pendant des décennies.

Les estimations sont vraiment alarmantes. Certains ont soutenu que l'impact sur les êtres humains sera limité car la grande majorité du matériel est tombé ou déversés dans l'océan, où il se dispersera et sera substantiellement dilué. Mais la dilution n'est pas pour rassurer. Compte tenu de la longue demi-vie de certains de ces matériaux, il est à craindre raisonnablement que le rayonnement de Fukushima va endommager les habitats marins pendant des années et, à son tour, nuire aux citoyens du Japon et d'autres pays proches.

Bien qu'il n'en ait pas été discuté dans les médias, la fuite de rayonnement peut également violer le droit international. La Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, qui est entré en vigueur en 1994, exige que les Etats-membres, comme le Japon, de prendre des mesures pour prévenir et contrôler la pollution dans les océans. Une de ses dispositions pour les États est de prendre les mesures nécessaires « pour prévenir, réduire et maîtriser la pollution du milieu marin », y compris la pollution impliquant la libération « de substances toxiques, nuisibles ou nocives, en particulier celles qui sont persistantes, à partir de sources terrestres. » Une autre disposition stipule que les membres doivent « prendre toutes les mesures nécessaires pour prévenir, réduire et maîtriser la pollution du milieu marin résultant de l'utilisation des technologies sous leur juridiction ou leur contrôle ».(...)

Source via Scoop.it : Marquette University Law School Faculty Blog

------ 21 août 2011 ------

Clandestin à Fukushima

Pour la TSR, Georges Baumgartner n’a pas hésité à pénétrer sans autorisation dans la zone interdite après la catastrophe nucléaire. Il raconte.

TTM: Comment êtes-vous parvenu à vous rendre si près de la centrale nucléaire?

Georges Baumgartner: M. Sakurai, maire de Minamisoma, dont une partie est incluse dans la zone d’interdiction, s’est rendu au Club des correspondants étrangers (FCCJ), à Tokyo, pour raconter ce que vivait sa ville. Il a accepté que je puisse entrer dans la zone avec un cameraman. Mais le jour de notre départ, la préfecture de Fukushima a mis son veto car le Japon a décidé de renforcer la censure. Sur la route, nous avons rencontré deux éleveurs qui disposaient d’un laisser-passer pour la zone. Ils nous ont cachés sous une bâche, dans la remorque de leur camion.

TTM: Qu’avez-vous ressenti lorsque vous étiez dans cette remorque ?

Réponse et suite de l’article de Le Matin

------19 août 2011 ------

Faut-il analyser la radioactivité du saumon rouge ?

Sondage : Faut-il analyser la radioactivité du saumon rouge suite à la catastrophe de Fukushima ?

« Oui » répondent à 93% les lecteurs du journal en ligne canadien straight.com

« Oui » répond la célèbre biologiste Alexandra Morton.

Au moment où le saumon sockeye (ou saumon rouge) revient en masse dans le fleuve Fraser sur la côte Pacifique du Canada après la crise de 2009, Alexandra Morton explique « Il y a eu un rejet important de matières radioactives dans l'eau et dans l'air. » « J’estime que cette génération de saumons rouges étaient hors de portée de Fukushima, probablement sur le chemin du retour. Mais à mon avis, il est important d’analyser les saumons partout où nous le pouvons. Dès que j'ai entendu parler de la catastrophe, j’ai couvert mon jardin. Je soupçonne le gouvernement qui ne sait comment s’y prendre, de vouloir étouffer le problème. »

Depuis le début de la campagne de pêche, « on estime que quatre millions de saumon sockeye ont commencé à remonter le fleuve Fraser, et les pêcheurs sont là pour les capturer. »

Selon Morton, les saumons rouges sont connus pour aller aussi loin que la mer de Béring, et de là, repartir dans l'océan Pacifique. « Avant de retourner à la maison, ils décrivent un large cercle dans l’Océan Pacifique… Ils mangent du plancton qui mange de toutes petites choses. » Source : Radiation tests urged for sockeye salmon (straight.com)

------ 6 août 2011 ------

Hiroshima, Nagasaki et Fukushima

D'Hiroshima à Fukushima, la tragédie du nucléaire (Le Monde)

Le 6 et le 9 août 1945 - jours des bombardements atomiques sur Hiroshima puis sur Nagasaki - sont des dates qui hantent la mémoire des Japonais. Une autre est appelée à scander l'histoire nationale : le 11 mars 2011, jour du séisme suivi du tsunami qui ont entraîné à la centrale de Fukushima la plus grave catastrophe nucléaire depuis celle de Tchernobyl, le 26 avril 1986.

Il n'y a certes pas de commune mesure entre un pays vaincu, rasé, avec des centaines de milliers d'atomisés morts sur le coup et d'autres qui allaient souffrir tout le reste de leur vie, et un désastre nucléaire, dont on ne fait certes encore qu'entrevoir les dramatiques conséquences mais qui reste, pour l'instant, circonscrit à une région.

Les témoignages des survivants d'Hiroshima et de Nagasaki lors des cérémonies d'hommage aux victimes n'en prennent pas moins cette année un caractère encore plus poignant. Comment un Etat dont le peuple a connu dans sa chair l'horreur du feu nucléaire a-t-il pu être aussi peu attentif aux risques présentés par l'atome - a fortiori dans un pays soumis aux forces telluriques ?

Au fil de témoignages, de révélations et d'opinions d'experts longtemps ostracisés par le lobby nucléaire et ignorés des médias, les Japonais commencent à entrevoir l'arrière-plan de la catastrophe dont ils mesurent chaque jour un peu plus l'ampleur. Ils prennent conscience du coupable "pari" de leurs élites qui ont minimisé le risque. Au-delà des problèmes de bonne gouvernance de l'opérateur de la centrale, Tokyo Electric Power Co (Tepco), et de la question "pour ou contre le nucléaire" se pose celle d'un Etat qui n'a pas su protéger la nation et d'élus qui ont trahi les attentes légitimes de sécurité de ceux qu'ils représentent. Le premier comme les seconds ont ignoré, sinon confisqué, le droit de la population à être alertée.

Cinq mois après l'accident qui est loin d'être maîtrisé, on cherche vainement des responsables à un désastre dans lequel se mêlent insuffisance de précaution, dissimulations, falsifications de documents, mensonges et manipulation de l'opinion. "Pas plus qu'à Tchernobyl, personne n'assume de responsabilité", estime Kenzaburo Oe, Prix Nobel de littérature. Comment en serait-il autrement ? L'incurie se dissout dans une nébuleuse de collusion entre administration, opérateurs, fabricants de réacteurs et grands médias qui répercutaient les assurances des experts de ce que l'on nomme ici le "village nucléaire".

La catastrophe de Fukushima ouvre une crise de confiance qui touche les institutions : une bureaucratie, qui, depuis la restauration de Meiji (fin du XIXe siècle, époque du basculement dans l'ère moderne), a géré le pays non sans morgue, reléguant le politique à la seconde place. Avec succès certes. Le "triangle de fer" (administration, politique et milieu d'affaires) a fait du Japon vaincu l'une des premières puissances économiques du monde.... Suite de l'article de Philippe Pons

La liste des espèces halieutiques contaminées s'allonge....

------ 20 juillet 2011 ------

La radioactivité s'incruste dans toute la chaîne alimentaire marine

Baleines et bœufs radioactifs remettent Fukushima dans le fil des actualités....

A terre, bœufs radioactifs… En mer, baleines contaminées… Et n’oublions pas les dizaines d’espèces halieutiques contaminées au large des côtes nord-est du Japon.

Avec le retour des beaux jours et le réchauffement de l’eau de mer, la vie marine a décuplé son activité sur le littoral du Tohoku (cliquer sur la carte pour agrandir). La convergence des eaux froides du Nord et des eaux chaudes du Kuroshio fait de cette région océanique, l’une des plus productives au monde. Un véritable bouillon de cultures atomique…. Lire : Fukushima : Bloom atomique au large de la centrale nucléaire

Pour éviter une panique alimentaire… « Le gouvernement japonais a annoncé le mardi 19 juillet 2011 l’interdiction de la vente du bœuf élevé dans la préfecture de Fukushima, quatre mois après l’accident d’une centrale nucléaire dans la région. « Nous avons donné l’ordre au gouverneur de la préfecture de stopper les livraisons de l’ensemble du bétail de Fukushima », a déclaré le porte-parole du gouvernement, Yukio Edano. « Nous allons prendre toutes les mesures possibles pour indemniser les éleveurs de façon convenable ». Ouest France : Nucléaire. Le Japon interdit la vente du bœuf de Fukushima

Côté mer.... Le gouvernement japonais n’a pas pris de mesure d’interdiction même si à ce jour des dizaines d’espèces halieutiques dépassent ou sont proches de la limite commerciale des 500 Bq de césium/kg de poisson.

Depuis la découverte de lançons radioactifs débarqués au port de pêche d’Ita-Ibaraki, dans la Préfecture voisine de Fukushima, deux semaines après les catastrophes du 11 mars 2011, les autorités locales suivent l’évolution du niveau de la contamination marine selon un protocole d'analyse défini début avril 2011. Des échantillons sont prélevés dans les différents catégories d’espèces halieutiques depuis la région tokyoïte au Sud jusqu’à Hokkaïdo au Nord.

C’est parmi ces centaines d’échantillons prélevés dans les ports de pêche que des baleines débarquées à Hokkaïdo ont été analysées en mai 2011. A 31 Bq de césium/kg de viande fraiche, un niveau bien inférieur à bien d’autres espèces halieutiques capturées au large des côtes de Fukushima, la contamination des cétacés serait passée inaperçue sans la tenue de la réunion annuelle de la Commission Baleinière Internationale (CBI) début juillet 2011 à Jersey. Lire l’article de Novethic : Commission Baleinière Internationale : les conséquences de Fukushima éludées

Voir la liste des espèces halieutiques contaminées : Fukushima : Boeufs radioactifs, baleines contaminées et toute la vie marine...

====== 13 juillet 2011 ======

L'IRSN et la pollution radioactive marine

L'institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (Irsn) fait le point sur la pollution radioactive des écosystèmes aquatiques...

Synthèse actualisée des connaissances relatives à l’impact sur le milieu marin des rejets radioactifs du site nucléaire accidenté de Fukushima Dai-ichi

Cette note d’information du 11 juillet 2011 présente et commente les informations les plus récentes recueillies par l’IRSN, depuis la seconde note d’information du 13 mai consacrée au même sujet.

Une forte contamination radioactive du milieu marin s’est produite après l’accident survenu dans la centrale nucléaire de Fukushima Dai-ichi. Elle a pour principale origine le déversement direct d’eaux contaminées depuis la centrale, qui a duré environ jusqu’au 8 avril, et dans une moindre mesure les retombées dans l’océan d’une partie des radionucléides rejetés dans l’atmosphère entre le 12 et le 22 mars. A proximité immédiate de la centrale, les concentrations dans l’eau de mer ont atteint fin mars et début avril jusqu’à plusieurs dizaines de milliers de becquerels par litre (Bq/L) pour les césiums 134 et 137 et même dépassé 100.000 Bq/L pour l’iode 131. L’iode 131 a rapidement diminué en raison de sa période radioactive courte (8 j) et les résultats de mesure sont passés sous la limite de détection fin mai. Les concentrations en césium ont commencé à décroitre dans cette zone à partir du 11 avril, pour atteindre fin avril une valeur proche de 100 Bq/L, puis de quelques dizaines de Bq/L en juin. Les radionucléides dissous dans l’eau de mer continuent d’être transportés par les courants marins et de se disperser dans les masses d’eau océaniques sur des distances très importantes, à des concentrations de plus en plus faibles. Le césium radioactif restera détectable durant plusieurs années à l’échelle du Pacifique Nord, mais à des concentrations très faibles (environ 5000 fois plus faibles que la concentration en potassium 40, radionucléide naturel présent en permanence dans l’eau de mer).

Les radionucléides qui se fixent sur les particules en suspension dans l’eau entraînent une contamination des sédiments superficiels, notamment sur le littoral proche de la centrale où une contamination des sédiments a été mesurée fin avril et confirmée par de nouvelles mesures en mai et en juin.

Une pollution significative de l’eau de mer sur le littoral proche de la centrale accidentée pourrait persister dans le temps, à cause des apports continus de substances radioactives transportés vers la mer par le ruissellement des eaux de surface sur des sols contaminés.

La pollution radioactive de l’eau de mer entraîne une contamination des espèces végétales et animales qui y sont exposées. Les lançons japonais, poissons côtiers pêchés jusqu’à fin avril au sud de la centrale de Fukushima Dai-ichi, ont présenté des concentrations en radionucléides de plusieurs centaines à plusieurs milliers de becquerels par kilogramme, atteignant jusqu’à 25 fois le niveau maximal admissible pour leur commercialisation. D’autres espèces marines prélevées dans la préfecture de Fukushima continuent de présenter des contaminations significatives, de plusieurs dizaines à plusieurs centaines de Bq/kg, justifiant le maintien d’une surveillance malgré la diminution des concentrations en radionucléides dans l’eau de mer…

(....)

Les radionucléides dans les espèces vivantes

4.1. Résultats de mesures obtenus sur des poissons pêchés en mer ou dans certains fleuves

Des prélèvements de produits de la mer (essentiellement des poissons) ont été réalisés depuis fin mars en différents lieux principalement au sud de la centrale de Fukushima Dai-ichi.

(ndlr les prélèvements sont réalisés selon un protocole fixé par les autorités japonaises et ils concernent toutes les espèces halieutiques d'intérêt commercial depuis Hokkaïdo au nord, jusqu'à la région de Tokyo au Sud en passant par les espèces pélagiques au large.... MAFF : Carte de la radioactivité des espèces halieutiques du 11 juillet 2011)

Sur la figure 11, sont reportés les résultats de mesure concernant les espèces pour lesquelles des données sont obtenues relativement régulièrement. Outre les animaux exclusivement marins, la figure 11 présente également les données relatives à deux espèces amphihalines (espèces qui effectuent des migrations entre les eaux douces et les eaux de mer), qui ont été prélevées à partir de début mai, reportées avec des marques de couleur rose.

Césiums (Bq/kg frais) dans quelques produits de la mer. Les marques roses correspondent à des espèces amphihalines qui ont été pêchées principalement en rivière.

4.2. Concentrations observées dans les poissons marins

Parmi les produits marins, les niveaux les plus élevés concernent généralement les lançons japonais.

(ndlr en plus des lançons, 17 autres espèces halieutiques dépassent la barre des 500 bq de césium par kilo comme indiqué ci-dessus sur la carte du ministère japonais de l'agriculture et de la pêche datée du 11 juillet 2011)

Les césiums 137 et 134 ont été détectés dans tous les échantillons de cette espèce prélevés dans les préfectures de Fukushima et Ibaraki. Ces radionucléides ne sont cependant pas détectés dans deux échantillons prélevés au large. L’anguille des sables ou lançon japonais (Ammodytes personatus) est pêchée et consommée par les Japonais aux stades larvaires et juvéniles qui sont des stades pélagiques (qui vivent dans la colonne d’eau) sur la période janvier-avril. Les adultes quant à eux vivent enfouis dans le sédiment du mois de mai jusqu’au mois de décembre et ne sont plus pêchés, ce qui explique la quasi-disparition des données relatives à cette espèce à partir de fin avril.

Outre les concentrations dans les anguilles des sables, la figure 11 montre l’évolution des concentrations pour les deux isotopes du césium chez d’autres espèces qui font l’objet de prélèvement régulier. Les flétans sont particulièrement bien représentés dans ces prélèvements.

Les niveaux les plus élevés concernent tous des prélèvements effectués dans la préfecture de Fukushima. Outre les poissons, il est à noter quelques niveaux élevés dans des échantillons d’oursins et de palourdes prélevés également dans la préfecture de Fukushima, dont la tendance reste à suivre dans la durée.

Des valeurs également élevées (au-dessus des niveaux maximaux admissibles pour la consommation alimentaire) concernent quelques échantillons prélevés de manière occasionnelle ; elles ne sont pas reportées sur la figure 11. Il s’agit de petite friture, de moules méditerranéennes (Mytilus galloprovincialis), d’algues Wakame (Undaria pinnatifida), ou encore de poissons scorpaeniformes ou gadiformes, tous provenant de la préfecture de Fukushima.

(ndlr, il ne s'agit pas d'échantillons prélevés de manière occasionnelle, mais d'échantillons prélevés dans le cadre d'un protocole fixé par les autorités japonaises dès le début du mois d'avril 2011 pour surveiller l'ensemble des espèces halieutiques capturées sur les littoraux et au large des côtes du nord-est du Japon).

MAFF : Taux de contamination des espèces halieutiques en juin 2011

MAFF : Taux de contamination des espèces halieutiques

4.3. Concentrations observées dans les poissons amphihalins pêchés en eau douce

Les données acquises sur les poissons amphihalins concernent l’Ayu-sweetfish (Plecoglossus altivelis), espèce amphidrome et les saumons, essentiellement le saumon masou (Onchorynchus masou), espèce anadrome.

Les échantillons les plus marqués ont tous été récoltés dans des rivières de la préfecture de Fukushima, ce qui est à mettre directement en relation avec des niveaux de contamination importants de ces milieux. (ndlr les derniers relevés dans le département de Miyagi donnent des niveaux de concentration proche de 500 bq pour l’Ayu-sweetfish)

4.4. Évolution attendue

De manière générale, ce sont les poissons qui seront à moyen et long termes les meilleurs indicateurs de la contamination de la zone en césium. En effet, le césium présente des facteurs de concentration plus élevés chez les poissons et montre une tendance à augmenter pour les espèces les plus élevées dans la chaîne trophique. En conséquence, si à court terme, les concentrations les plus élevées sont plutôt trouvées chez les espèces situés au début de la chaîne alimentaire, à plus long terme, une fois que le transfert dans les différents maillons des réseaux trophiques sera effectif, ce seront les prédateurs en haut de la chaîne alimentaire qui devraient présenter des niveaux plus élevés.

Pour télécharger le document, cliquer IRSN

====== 29 juin 2011 ======

Toujours plus de contamination radioactive : 17 espèces halieutiques interdites à la commercialisation !!!

17 espèces halieutiques interdites à la commercialisation ; ces produits de la pêche ou de l'aquaculture dépassent la barre de 500 bq/kg de césium radioactif qui avait été fixée 3 semaines après la catastrophe de Fukushima.... Et beaucoup d'autres espèces toujours plus contaminées....

Carte des niveaux de radioactivité des produits de la pêche et de l'aquaculture sur la côte autour de la centrale de Fukushima (départements de Fukushima, d'Ibaraki, de Chiba,...)

A la date du 24 juin 2011, l’Agence japonaise des pêches a noté 17 espèces qui dépassaient le taux de 500 bq/kg en césium radioactif, maximum à ne pas dépasser pour la commercialisation des produits de la pêche et de l’aquaculture :

* Algue (Wakame, Hiziki, Arame)

* Coquillage (Moule, Clam,..)

* Oursin

* Poisson (Plie, Lançon, Salmonidé, Type Rascasse,…)

* Poisson d’eau douce (Ayu…)

* Crustacé (Crabe,…)

Pour accéder à la carte, cliquer Ici

Pour plus de détails sur le résultat des analyses en césium radioactif des différentes espèces halieutiques, cliquer : MAFF

====== 25 juin 2011 ======

Témoignage d'un français vivant à Fukushima

====== 19 juin 2011 ======

Fukushima : désespoir et révolte des Japonais

Une riveraine, Atsuko Ushioda Barouh nous a écrit :

« Le centrale de Fukushima fuit toujours…Et nous sommes désespérés.

Une amie cinéaste a filmé notre manifestation du samedi dernier. Dans ce pays ou la tristesse a tendance a faire dormir la révolte, notre inquiétude et colère s'amplifient. Les manifestations deviennent de plus en plus amples.

Toutefois, les médias japonais préfèrent ignorer ces évènements.

Ce sont des musiciens, des jeunes mères de familles, des chanteurs, des danseurs qui ont défilé devant TEPCO, le 11 juin, 3mois après le désastre. Ce jour-là dans tout le pays, il y a eu des dizaines et des dizaines de groupes comme nous qui ont manifesté.

Merci de diffuser cette vidéo.

Source : Rue 89

====== 14 juin 2011 ======

Le Marine Biological Laboratory a commencé une évaluation de la radioactivité dans l’Océan Pacifique.

Le Marine Biological Laboratory, basé à Woods Hall dans le Massachusetts, a commencé à évaluer le niveau de contamination radioactive dans l’Océan Pacifique. Et selon Arnie Gundersen, le MBL a déjà déclaré qu’au jour d’aujourd’hui, la contamination radioactive dans l’Océan Pacifique émanant de Fukushima est dix fois supérieure à celle de la Mer Noire ayant émané de Tchernobyl. Source : Realinfos

Expert : il convient de surveiller l'impact du strontium sur la faune marine | NHK WORLD French

Selon le professeur Takashi Ishimaru de l'Université des sciences et technologies marines de Tokyo, les résultats étaient attendus car de faibles quantités de strontium radioactif avaient déjà été détectées dans la mer, aussi bien au large qu'à proximité de la préfecture de Fukushima.

Bien que le niveau détecté dépasse la norme de sécurité fixée par le gouvernement, M. Ishimaru a déclaré dimanche que l’impact du strontium sur le corps humain devrait être minimal car la quantité prélevée n’est pas plus importante que celle du césium détecté en même temps.

Le strontium a des propriétés similaires à celles du calcium. Le professeur Ishimaru précise que des analyses supplémentaires devraient être effectuées pour découvrir si la substance s’accumule dans les os et arêtes des poissons et d’autres formes de vie marines. Source : Scoop.il

====== 11 juin 2011 ======

Fukushima : Impact écologique plus grave en mer qu'en forêt !!!

Début juin 2011 avant le retour de la saison des pluies, les rejets en mer sont estimés à près de 105 millions de litres d’eaux contaminées pour 720.000 terabecquerels (contre 630.000 terabecquerels dans l’atmosphère depuis le 12 avril 2011)

Les rejets radioactifs en mer préoccupent les chercheurs après le déversement en mer du trop plein de refroidissement des réacteurs en fusion…

Depuis le 4 juin, un groupe interdisciplinaire de scientifiques a commencé à mesurer la radioactivité de l'océan à l’Est du Japon. Dirigée par Ken Buesseler de Woods Hole Oceanographic Institution (WHOI), la campagne océanographique mobilise 17 chercheurs de plusieurs pays pendant 15 jours.

Pendant ce temps, des chercheurs japonais et français continuent de garder un œil attentif sur l'eau à proximité de Fukushima Daiichi. Les calculs effectués à proximité de la centrale nucléaire par Jacqueline Garnier-Laplace, Karine Beaugelin-Seiller et Thomas G. Hinton de l'Institut français de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN Service d’Etudes du Comportement des radionucléides dans les Ecosystèmes, Cadarache, France), montrent un risque d'atteinte à la vie marine, en particulier pour les animaux nés au printemps.

La mer plus touchée que la forêt

Contrairement à l'écosystème forestier encore en « dormance » à la sortie de l’hiver, les analyses indiquent que les écosystèmes côtiers sont fortement impactés par les rejets radioactifs à proximité de la centrale de Fukushima Daiichi :

  • Des concentrations en radionucléides variables : plus basses pour les oiseaux marins, plus hautes pour les algues marines (macroalgues) et intermédiaires pour les poissons benthiques, les mollusques (coquillages) et les crustacés,
  • Des concentrations élevées en radionucléides avec des effets marqués sur la reproduction, et même la mortalité pour la plupart des organismes radiosensibles, prévisibles pour tous les groupes d'animaux marins vivant dans la zone proche des rejets de contaminants.

Selon les chercheurs, il est urgent de vérifier sur le terrain la distribution des radionucléides dans la zone côtière, de quantifier le rôle des transferts trophiques dans les réseaux trophiques, et de déterminer dans quelle mesure les sédiments marins agiront à titre secondaire comme source d'absorption de radionucléides par le biotope.

Pour une évaluation complète de l’impact écologique sur les écosystèmes marins, les chercheurs indiquent qu’en plus des effets des radionucléides sur les écosystèmes marins, il sera nécessaire d’accorder plus d’attention au rôle complexe de toutes les substances chimiques rejetées en mer après le tsunami. Source : Fukushima Wildlife Dose Reconstruction Signals Ecological Consequences / Environ. Sci. Technol., Article ASAP DOI: 10.1021/es201637c / Publication Date (Web): May 23, 2011

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Le week-end dernier le Ministère des Sciences japonais a libéré des données de mi semaine faisant état de présence en grandes quantités d'iode radioactif découverte dans de l'eau douce près de la côte. Selon le Ministère, "le niveau découvert d'iode 131 était 79.4 becquerels par litre, est deux fois la norme juridique pour l'eau renvoyée d'un plant nucléaire "

Ces renseignements suivent des nouvelles qui sont sorties par petits bouts à propos de fuites présumées à l'usine où l'eau radioactive fuit dans la terre sous l'usine. Pendant que le danger de radioactivité au Japon et ailleurs était généralement minimisé, ces découvertes lèvent plusieurs questions potentiellement significatives pour le Japon, le Pacifique central et du Nord et pour les États-Unis, essentiellement pour les états d'Alaska, du Washington et l'Oregon.

En premier : Les poissons.

Les courants Pacifiques courant le long de la côte japonaise vont d'abord vers le nord en haut de la côte asiatique avant de tourner vers la Mer de Béring et ensuite vers le bas par le Golfe d'Alaska, puis vers la côte nord-ouest des États Unis. Ces courants bougent surtout d'ouest en est. Le poisson est sous l'influence de ces courants ; en particulier les grands bancs de thon qui vivent le long des eaux plus chaudes au-dessus et en-dessous de l'équateur.

Dans une description des mouvements migrateurs des Poissons, la NOAA (National Oceanic and Admospheric Administration) une branche Américaine dépendante du ministère des affaires étrangères écrit : « Le Thon Albacore parfois appelé Thon Blanc commence typiquement sa migration de masse au printemps et au début de l'été dans les eaux du Japon puis continue pendant la fin d'été dans les eaux côtières de la côte Pacifique américaine et finit à la chute de l'hiver dans l'Océan Pacifique occidental … »

Presque tous les Thon Albacore récoltés dans les pêcheries commerciales américaines viennent du Pacifique, surtout des eaux du Washington et d'Oregon. Une grande partie de cette prise est destinée aux marchés étrangers (particulièrement l'Espagne, le Japon et le Canada.) Le reste est vendu aux États-Unis avec d'ailleurs les Thons importés de Thaïlande et d'Indonésie.

Cela soulève la possibilité qui ces poissons pêchés ont peut-être été exposés à des radiations et vont se retrouver dans des conserves ou des produits surgelés importés d'Asie et à destination du marché Américain Etats-Unis particulièrement en Alaska et dans le Nord-ouest Pacifique.

En deux : Les oiseaux

Les oiseaux sont une autre préoccupation majeure selon « l'International Waterfowl and Wetlands Research Bureau Japan Committee (IWRBJ) – Bureau de la Recherche sur les oiseaux vivant dans des zones marécageuses : Au moins 404 espèces d'oiseaux sont reconnues vivant dans la région Asie-Pacifique. De celles-ci, 243 espèces, en raison de leur nature, entreprennent des migrations annuelles entre leurs régions de reproduction et de non reproduction, le long de plusieurs différents couloirs migrateurs. Ces oiseaux survolent au moins 57 pays et territoires de cette région. Quelques-unes de ces espèces entreprennent les plus grands vols continuels du monde en couvrant au moins 6,000 km sans un arrêt. Tous les experts et les scientifiques américain, qui se sont exprimés à la télévision ou dans la presse générale, nous ont assurés chacun que les possibilités de radiation sont insignifiantes ou au pire minimales. Mais le poisson et les oiseaux peuvent être les signes avant coureur de problèmes possibles dans le futur ; de problèmes pour l'instant peu analysés ou connus....

En trois : On nous raconte des conneries !

====== 10 juin 2011 ======

Rejets d’eaux radioactives : Trop c’est trop !!!

L’Agence japonaise des pêches s’opposent à tout rejet d’eau radioactive…

Le mardi 7 juin 2011, Tepco avait annoncé son intention de rejeter dans la mer environ 3.000 tonnes d’eau « faiblement radioactive » provenant cette fois, de la centrale de Fukushima Daini. « Nous envisageons de relâcher 3.000 tonnes d’eau à partir du site Fukushima Daini (numéro 2) vers l’océan, après en avoir abaissé le niveau de radioactivité à un seuil inférieur à celui que peuvent détecter les équipements de mesure », a annoncé un porte-parole de Tepco.

Suite au tsunami du 11 mars dernier qui a ravagé le nord-est du Japon, de l’eau de mer aurait inondé partiellement le second site basé à quelques kilomètres seulement de la centrale de Fukushima Daiichi. Dès lors, les 4 réacteurs de Fukushima s’étaient mis automatiquement à l’arrêt, sans problème apparent. L’eau s’est alors accumulée dans les installations (bâtiments des réacteurs et turbines), ce qui pourrait à terme, fragiliser les canalisations et provoquer d’autres fuites de matières radioactives. Toutefois, avant d’entamer le processus de rejet dans la mer, cette eau subira une phase de décontamination, et cette opération devra obtenir l’aval de l’Agence de sûreté nucléaire nippone. Source : Tepco disposé à relâcher 3.000 t d’eau radioactive ! (Japonation)

Le 10 juin 2011, l’Agence japonaise des pêches s'est vivement opposée à Tokyo Electric Power Co (TEPCO), relayant les inquiétudes du secteur de la pêche déjà fortement impacté par les rejets de la centrale de Fukushima Daiichi… Source : Govt rejects TEPCO's plan to release water from nuclear plant (Fis)

====== 4 juin 2011 ======

Campagne océanographique : La radioactivité après 3 mois de rejets en mer

Depuis trois mois, la centrale de Fukushima Daiichi rejette des quantités sans précédent d'isotopes radioactifs dans l’océan. Le 4 juin, au début de la saison des pluies, un groupe interdisciplinaire de scientifiques a commencé à mesurer la radioactivité de l'océan à l’Est du Japon. Dirigée par Ken Buesseler de Woods Hole Oceanographic Institution (WHOI), la campagne océanographique mobilise 17 chercheurs de plusieurs pays pendant 15 jours.

« Nous devons déterminer où sont partis les radionucléides, et combien ils en restent au large », explique Steven Jayne, un océanographe de WHOI. Le navire de recherche, Kaimikai-O-Kanoloa, permettra de suivre les niveaux de radiation sur plus de 400 km2, dans une zone soumise au fort courant de Kuroshio qui monte vers le nord le long de la côte Est du Japon. Selon Jayne, « L’étude des rejets est une occasion de mieux connaitre les courants japonais. » « C'est comme verser un colorant dans l'océan », dit-il. Le courant de Kuroshio, semblable au Gulf Stream de l'Atlantique, joue un rôle déterminant dans la migration des poissons et il peut aussi ralentir ou accélérer les navires de commerce sur l'océan Pacifique. Le groupe WHOI analysera l'eau jusqu’à 300 km au large des côtes, dans une grande zone de pêche au thon et autres espèces….

Dans une interview la veille du départ, le chef de l'expédition Buesseler a expliqué qu’en plus de l’iode-131 et du césium-137, ils allaient mesurer la propagation et la bioaccumulation des isotopes rares comme plutonium, le strontium et le tritium, dont on ne sait presque rien…. 15 jours de relevés qui devraient demander jusqu’à un an d’analyse ! Science : Updated: Marine Scientists Begin Cruise Off Fukushima

====== 3 juin 2011 ======

La biodiversité menacée par les radiations autour de Fukushima

Les radiations liées à la catastrophe nucléaire à la centrale nucléaire de Fukushima au Japon pourraient avoir un impact important sur les espèces de la biodiversité de la région, directement affectées par les radiations. Les radiations relâchées par la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi au Japon suite au séisme et au tsunami qui l’ont affectée, pourraient avoir des conséquences sur le long terme pour l’environnement naturel entourant la centrale, d'après un article du journal Nature.

Les scientifiques estiment qu’au cours des trente premiers jours suivant l’accident du 11 Mars dernier, les arbres, les oiseaux et les mammifères vivant dans la forêt ont été exposés à des doses quotidiennes 100 fois supérieures aux doses considérées comme sans danger. Les poissons et les algues marines auraient de leur côté été exposés à des doses 1000 fois supérieures.

Les radio-écologistes de l’Institut Français de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (ISRN) à Cadarache ont transformé les concentrations de radio-isotopes mesurés dans le sol et l’eau de mer en doses auxquelles les différents groupes d’espèces de la biodiversité ont probablement été exposés. Leurs résultats ont été publiés cette semaine dans le magazine Environmental Science & Technology.

Nous avons besoin de beaucoup plus d’échantillons avant de pouvoir essayer de déterminer l’étendue des effets écologiques de Fukushima…. Les échantillons d’eau de mer ont été prélevés dans une région proche du site des réacteurs. Ces échantillons ont été prélevés à la fin du mois de Mars. L’équipe française indique qu’environ 50 radio-isotopes ont été relâchés, l’iodine 131 et le caesium 137 étant les plus abondants. A la fin du mois de Mars, les concentrations de caesium-137, qui a une durée de vie de 30 ans- atteignaient 47000 becquerel par litre dans l’eau de mer, et 72900 becquerels par kg dans les sols.

L’équipe a ensuite utilisé un logiciel baptisé ERICA (Environmental Risk from Ionising Contaminants) pour calculer la dose de radiation reçue par chaque groupe d’espèces de la biodiversité…. L’équipe a découvert que les mollusques, les crustacés et certaines espèces d’algues se trouvant au large de Fukushima ont reçu des doses de radiation susceptibles de faire augmenter de façon très significative la mortalité de ces espèces. Les organismes terrestres s’en sortent mieux. Cependant, les doses sont suffisamment élevées pour réduire les capacités de reproduction des oiseaux, des rongeurs et des arbres, notamment chez les espèces de pins et d’épicéas… De nombreuses espèces terrestres de la biodiversité pourraient s’en sortir relativement bien du fait que l’accident s’est produit au tout début de la saison de floraison. Si elle avait eu lieu au milieu du printemps, les dégâts auraient été bien plus graves, notamment chez les espèces végétales. Texte intégral et source : Actualités news environnement

------ 30 mai 2011 ------

Pêcher illégalement est un crime !… Déverser des eaux radioactives en mer ?

Pêcher illégalement est un crime (*)… Déverser des eaux radioactives en mer ?

Depuis le séisme/tsunami du 11 mars 2011, la centrale nucléaire de Fukushima Daïchi rejette délibérément ses eaux radioactives en mer. Début mai 2011, le ministère des Sciences du Japon a relevé des niveaux de radioactivité plusieurs centaines de fois supérieurs à la normale sur une bande côtière de 300 kilomètres au large de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi…

Alors que de plus en plus d’espèces marines sont contaminées et des dizaines de communautés de pêcheurs sont touchées, Tepco, l’opérateur électrique, continue à déverser impunément tous ses rejets radioactifs en mer !!!

Radioactivité anormalement élevée sur une bande côtière de 300 km !

Des niveaux de radioactivité plusieurs centaines de fois supérieurs à la normale ont été relevés début mai sur une bande de 300 kilomètres de fonds marins au large de la centrale accidentée de Fukushima, a rapporté samedi l'agence Kyodo, citant le ministre des Sciences. Celui-ci a annoncé vendredi soir que des matières hautement radioactives avaient été détectées sur un axe nord-sud allant des préfectures de Miyagi à Chiba et mis en garde contre une possible contamination de la faune marine. Une contamination du lit de la mer avec de l'iode 131 et du césium 137 a été relevée en douze points, situés de 15 à 50 kilomètres du bord de mer entre les 9 et 14 mai, a-t-il précisé. AFP : Japon: radioactivité hautement anormale dans le lit marin près de Fukushima

Le Ministère des Sciences du Japon vient de contredire les litanies désespérantes du chef de cabinet quant au fait que les produits de la mer soient propres à la consommation. En effet, ce Ministère a commandité une analyse des sols marins sur une bande côtière de 300 km de Kesennuma City, dans la préfecture de Miyagi, à Choshi City, dans la Préfecture de Chiba. Tout d’abord, il faut préciser que la même étude réalisée en 2009 mit en valeur l’absence totale de césium 137 et la présence de césium 134 à hauteur de 1 becquerel/kilo de sol. L’analyse réalisée entre le 9 et le 14 mai a mis en exergue des niveaux de contamination radioactive plusieurs centaines de fois au-dessus de la norme. Les échantillons de sédiments marins furent prélevés sur 12 sites situés de 15 à 50 km de la côte. Tous les échantillons de sédiments étaient radioactifs et la plus forte contamination se trouvait à 30 km des côtes face à la centrale de Fukushima et à 126 mètres de profondeur: le césium 134 était à 260 becquerels/kilogramme et le césium 137 était à 320 becquerels/kilogramme. Aucune analyse n’a été commanditée eu égard à la présence de strontium, de plutonium, etc.Source : Realinfos

(*) La pêche illégale est un crime. Quand la criminalité ignore les frontières, la loi devrait l’imiter. Gunnar Stølsvik, chef du groupe norvégien consultatif national contre la pêche INN, fait valoir que la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée (convention CTO) constitue un outil pouvant faciliter les enquêtes criminelles sur la pêche illégale…. cfp-reformwatch : «La pêche illégale ignore les frontières – la loi doit en faire autant»

====== 28 mai 2011 ======

De plus en plus d’espèces marines contaminées

Cabillaud, crevette, ormeau, oursin, saumon, moule...

Voir les Résultats de l'inspection sur les matières radioactives dans les produits de la pêche du 26 mai 2011 sur le site du ministère de l'agriculture et de la pêche, cliquer Ici

Moule, algue wakamé et saumon s'ajoutent au lançon dans les espèces au-dessus des taux autorisés

Espèces au-dessus des normes autorisées de 500 Bq de cesium/kg

  • Moule : Mediterranean mussel (Mytilus galloprovincialis) : 650 Bq de césium/kg - Iwaki – Fukushima
  • Algue : Wakame seaweed (Undaria pinnatifida) : 1200 Bq de césium/kg - Iwaki – Fukushima
  • Saumon : Land-locked salmon (Oncorhynchus masou) : 990 Date City (inland waters) - Fukushima

Espèces entre 100 et 500 Bq de cesium/kg

  • Cabillaud : Pacific cod (Gadus macrocephalus) - Iwaki CityFukushima
  • Ormeau: Ezo abalone (Haliotis discus hannai) – Kitaibaraki – Ibaraki
  • Oursin: Northern sea urchin (Strongylocentrotus nudus) – Kitaibaraki – Ibaraki
  • Crevette : Botan shrimp (Pandalus nipponesis) - Kamisu City – Ibaraki Offshore
  • Greeneyes (Chlorophthalmus borealis) - Iwaki CityFukushima
  • Fat greenling (Hexagrammos otakii) - Iwaki CityFukushima
  • Whitespotted char (Salvelinus leucomaenis) – Kitashiobara Village (inland waters) –Fukushima
  • Japanese dace (Tribolodon hakonensis) – Inawashiro Town (inland waters) - Fukushima

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Le 27 mai 2011

La radioactivité n'est plus une menace, mais une réalité...

Eaux, algues, poissons et crustacés sont contaminés au large de Fukushima (Le Matin)

Greenpeace a fait des relevés à l’extérieur de la zone des 12 milles nautiques correspondant aux eaux territoriales nippones. L’organisation écologiste Greenpeace a annoncé que les produits de la mer au large de Fukushima présentent des taux de radioactivité au-dessus de la limite légale. La pêche est toujours arrêtée dans cette zone. L’organisation écologiste Greenpeace a annoncé jeudi que les tests qu’elle a effectués sur des produits de la mer au large de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima (nord-est du Japon) avaient révélé des taux de radioactivité au-dessus de la limite légale.

Le groupe antinucléaire, qui a fait des relevés à l’extérieur de la zone des 12 milles nautiques correspondant aux eaux territoriales nippones, a critiqué les autorités japonaises pour leur "réponse inadéquate à la crise nucléaire de Fukushima" provoquée par le séisme et le tsunami géant du 11 mars. Toutefois, la préfecture de Fukushima a indiqué que les activités de pêche n’avaient pas repris dans cette zone et qu’aucun produit de la mer de la région n’était mis sur le marché.

Greenpeace affirme avoir détecté des niveaux de radioactivité nettement supérieurs à la norme légale dans des algues, ce qui, selon elle, "suscite des inquiétudes graves sur les risques à long terme que représente l’eau de mer contaminée pour la population et l’environnement"....

Greenpeace ajoute que ses tests, vérifiés de manière indépendante par des laboratoires français et belges, ont également décelé des quantités anormales d’iode radioactif et de césium 137 dans plusieurs espèces de poissons et de coquillages. "Nos résultats montrent que des volumes importants de contamination continuent de se répandre à une grande distance de la centrale nucléaire de Fukushima", a déclaré Jan Vande Putte, expert de Greenpeace, lors d’une conférence de presse à Tokyo. Les autorités japonaises soulignent pour leur part que les courants et les marées devraient rapidement diluer la radioactivité dans l’océan. "Nous avons restreint la pêche de nous-mêmes en attendant que des tests soient effectués", a déclaré un responsable de la préfecture de Fukushima. "Nous prendrons une décision après avoir analysé les résultats des relevés, qui devraient intervenir rapidement."

Huîtres, poissons et…concombres de mer fortement radioactifs au large de Fukushima (jim)

Les activités de pêche n’ont pas encore repris au large de Fukushima. Une prudence nécessaire si l’on en juge par les résultats d’analyse communiqués hier par l’association écologiste Greenpeace. Ayant effectué des mesures au-delà des eaux territoriales japonaises, l’organisation a constaté une contamination radioactive importante des poissons et coquillages. Ainsi, des niveaux de césium de 740 becquerels/kg ont été retrouvés dans des huîtres, de 857 becquerels/kg chez des poissons et de 1 285/kg dans des concombres de mer, quand la limite légale au Japon est de 500 becquerels/kilo. Autre information inquiétante aux yeux de Greenpeace, la forte radioactivité des algues qui « informe sur la façon dont la contamination se propage le long des côtes » selon l’expert de Greenpeace, Jan Vande Putte. Autant d’éléments qui conduisent l’association à critiquer fortement la gestion de la crise nucléaire par les autorités japonaises : le déversement de tonnes d’eau radioactive dans la mer est notamment très critiqué. Ces informations sont révélées alors qu’un récent rapport de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire français (IRSN) affirme que de nouvelles évacuations seront nécessaires pour prévenir efficacement le risque radioactif.

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Le 22 Mai 2011

Selon Tepco, les radionucléides ne se dispersent au large que depuis le 11 mai !!!

« Ne vous inquiétez pas, les éléments radioactifs déversés en mer sont dispersés dans le vaste océan par le courant de Kuroshio ! », nous répétaient les autorités nucléaires depuis le début de la catastrophe de Fukushima.

Or, il n’en était rien !

Selon Tepco, les éléments radioactifs déversés en mer par la centrale de Fukushima Daiichi n’ont commencé à se disperser dans l’océan Pacifique qu’à partir du 11 mai 2011.

La simulation publiée par Tepco et présentée à la télévision japonaise NHK le 22 mai 2011 :Radioactive sea water simulation, indique que l’eau contaminée a d’abord progressé le long du littoral au sud de la centrale de Fukushima avec des concentrations très élevées en radionucléides jusqu’au 11 avril 2011. L'eau radioactive a atteint un point situé à environ 150 km au sud de la centrale avant que le taux de radioactivité ne diminue le 1 mai. A partir du 11 mai, l'eau a commencé à s'étendre vers l'est entrainée par le courant Kuroshio. Tepco estime que la pollution radioactive se dissipe maintenant plus loin, mais affirme qu'il continuera à surveiller la dispersion de l'eau contaminée

Tepco estime que la radioactivité totale cumulée dispersée en mer s’élève à plus de 4.700 milliards de becquerels.

La simulation publiée le 9 mai 2011 par le ministère de l'éducation, des sciences et des techniques confirme que la radioactivité est restée concentrée sur le littoral pendant les deux premiers mois de la catastrophe nucléaire. (graphique ci-dessous tiré du document : Simulation of Radioactivity Concentrations in the Sea Area (the fourth report) / May 9, 2011 / Ministry of Education, Culture, Sports, Science and Technology)

Depuis le 11 mars, pendant ces deux mois de contamination marine, où sont donc passés tous ces milliards de becquerels s’ils n’ont pas été dispersés au large comme le prétendait au départ les autorités nucléaires ?

Bioaccumulation des radionucléides dans l'écosystème marin côtier !!!

Lire aussi : Fukushima : Bloom atomique au large de la centrale nucléaire !

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Le 21 mai 2011

Chine et Corée très préoccupées par les rejets radioactifs dans l’Océan

Rencontre entre le Japon, la Corée du Sud et la Chine autour du nucléaire à Fukushima

Le Premier ministre chinois Wen Jiabao, le président sud-coréen Lee Myun Bak et le Premier ministre japonais Naoto Kan sont arrivés, le samedi 21 mai 2011, à Fukushima pour un sommet tripartite. Ils ont rendu visite à des survivants du tsunami et ont visité un centre d'accueil pour des milliers de personnes forcées d'évacuer leurs villages dans un rayon de 20 km autour de la centrale. Les trois dirigeants doivent discuter de la façon dont le Japon entend résoudre l'accident nucléaire et éviter de rejeter de l'eau contaminée dans l'océan.

Le président sud-coréen, Lee Myung-Back, s’est recueilli à Natori, une petite ville de pêcheurs, devant les débris laissés par le tsunami. Le Premier ministre chinois, Wen Jiabao, est allé à Onagawa où Mitsuru Sato, le patron d’une entreprise des produits de la pêche, a sauvé du tsunami vingt de ses ouvriers chinois avant d’être noyé par la vague géante.

Le sacrifice de ce patron japonais a été largement rapporté en Chine et suscite toujours beaucoup d’émotion. Alors que le Premier ministre japonais, Naoto Kan, est très impopulaire dans les zones sinistrées. Sa gestion de la crise est jugée désastreuse et les survivants se disent abandonnés du gouvernement.

Le Premier ministre chinois et le président sud-coréen demandent au Premier ministre japonais d’arrêter de rejeter dans l’océan de l’eau radioactive. Les pêcheurs chinois et sud-coréens sont aussi touchés par cette pollution. Les dirigeants chinois et sud-coréens réalisent que la situation dans la centrale est loin d’être stabilisée. Le combustible dans trois de ses réacteurs a fondu et il est à craindre que d’autres rejets radioactifs se produisent. Source : RFI/Reuters

"Selon Kyodo news, ce sommet tripartite de deux jours a surtout pour objet de « demander à la Chine et à la Corée du Sud de faciliter l’entrée des produits alimentaires japonais sur leurs territoires ». Les becquerels dans les épinards, les curies dans l’océan et ses poissons, plus généralement l’incurie dans le traitement de la crise, ne plaisent pas du tout aux voisins du Japon. Et ils peuvent y trouver un moyen de pression sur l’archipel – naguère locomotive économique de la région – alors même que son affaiblissement n’a pas eu, loin de là, que des désavantages pour eux (la baisse de certaines exportations japonaises, voitures et produits high tech a plutôt servi la Corée du sud ces dernières semaines)… Ce sera un signe tangible de dialogue, qu’on imagine à l’avance interprété – il y aura des caméras – en termes de « ça va mieux ». Quand, techniquement, rien n’est résolu. Les problèmes au cœur de la centrale, invisibles, ne peuvent pas être filmés et visualisés et le « cœur » du problème demeure bien trop radioactif pour qu’on s’en approche…." Extrait de l’article de Dominique Leglu directrice de la rédaction de de Sciences et Avenir « FUKUSHIMA (suite 37) Le premier ministre japonais privé d'informations cruciales ? » qui explique par ailleurs les dysfonctionnements au plus haut de l’Etat dès le début de la crise Nucléaire. Quand le Premier Ministre survolait les zones dévastées le lendemain du tsunami, il n’était toujours pas au courant des fortes émissions radioactives dégagées par la centrale de Fukushima Daiichi. Sinon, aurait-il survolé les zones proches de la centrale ?

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Le 18 mai 2011

Fukushima : Saumon de Russie, OK… Poissons de Fukushima, Niet....

Au moment du lancement de la campagne du saumon en Pacifique Nord, la Russie le plus gros producteur de saumon sauvage avec l’Alaska (USA) - 400.000 tonnes/an chacun – souhaite lever les inquiétudes sur la pollution radioactive… Pendant ce temps, les espèces marines mais aussi des poissons d’eau douce autour de la centrale de Fukushima Daiichi sont de plus en plus contaminés…

Radiation des espèces halieutiques - Agence de la pêche : Point au 16 mai 2011

Jusqu’à la fin avril 2011, seul le lançon (Ammodytes personatus) dépassait les normes autorisées de 500 Bq/kg de césium radioactif ou 2000 Bq/kg d’iode radioactif.

Dorénavant, 4 catégories de poissons dépassent la limite de 500 Bq/kg de césium :

  • Japanese sandlance (Ammodytes personatus) 2900 Bq césium/kg - Iwaki (Fukushima)
  • Japanese sandlance (Ammodytes personatus) 1374 Bq césium/kg - Kitaibaraki city (Ibaraki)
  • Japanese smelt (Hypomesus nipponensis) 870 Bq césium/kg - KitashiobaraVillage(Fukushima)
  • Ayu sweetfish (Plecoglossus altivelis) 760 Bq césium/kg - Iwaki (Fukushima)
  • Whitebait 850Bq césium/kg - Iwaki (Fukushima)

Et 7 espèces halieutiques dont une espèce d’eau douce sont comprises entre 100 et 500 Bq/Kg de césium radioactif :

  • Land-locked salmon (Oncorhynchus masou) - Furudono Town (Fukushima)
  • Japanese dace (Tribolodon hakonensis) - Furudono Town (Fukushima)
  • Giant Pacific octopus (Paroctopus dofleini) - Iwaki (Fukushima)
  • Marbled flounder (Pleuronectes yokohamae) Iwaki (Fukushima)
  • Olive flounder (Paralichthys olivaceus) - Iwaki (Fukushima)
  • Brown hakeling (Physiculus maximowiczi) - Kashima City (Ibaraki Offshore)
  • Ayu sweetfish (Plecoglossus altivelis) - Utsunomiya City (Kinu River) / Motegi Town(NakaRiver) / Tochigi City (Omoi River) dans la préfecture de Tochigi

Fukushima: pas de pollution empêchant la pêche de saumons du Pacifique

Les observations scientifiques dans le nord-ouest du Pacifique n'ont pas relevé de pollution nucléaire qui nécessite d'interdire notamment la pêche et la consommation cette année de 400.000 tonnes de saumon par la Russie, a indiqué mardi un organisme public russe.

Depuis le début des observations de la radioactivité à la mi-mars par des navires scientifiques, aucun dépassement des normes de radioactivité maximale n'a été observé ni dans l'air, ni dans l'eau, ni dans les prises de pêche, déclare le centre scientifique d'étude de la pêche en Extrême-Orient (Tinro) dans un communiqué.

Compte-tenu des particularités des courants dans le Pacifique du nord-ouest et dans les eaux russes, il n'y a pas de menace pour la pêche à la suite de l'accident de la centrale nucléaire japonaise de Fukushima, ajoute ce communiqué.

Une attention particulière a été accordée aux questions de sécurité des saumons du Pacifique, une espèce d'exploitation massive, qui vit ou migre dans les eaux du nord-ouest du Pacifique, a ajouté le communiqué. Source : AFP

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Le 16 mai 2011

Accident nucléaire de Fukushima-Daiichi : l’IRSN publie une mise à jour de sa note d’information sur l’impact sur le milieu marin des rejets radioactifs consécutifs à l’accident

A proximité immédiate de la centrale (moins de 500 mètres), les concentrations de césiums 134 et 137 et d'iode 131 ont commencé à décroître à partir du 11 avril. Les radionucléides dissous dans l'eau de mer vont continuer d'être transportés par les courants marins et vont se disperser dans les masses océaniques sur des distances très importantes à des concentrations de plus en plus faibles.

Cette pollution radioactive a entraîné une contamination des espèces végétales et animales qui y sont exposées. C'est le cas notamment de certaines espèces de poissons tels le lançon japonais dont la contamination atteint parfois jusqu'à 25 fois le niveau maximal admissible pour leur commercialisation.

Télécharger le document : « Impact sur le milieu marin des rejets radioactifs consécutifs à l’accident nucléaire de Fukushima-Daiichi »

Pour accéder au site de l’IRSN, cliquer Ici

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Le 14 mai 2011

Fukushima : Deux mois après le tsunami, le chaos nucléaire !!!

Réacteur en fusion… Eau de refroidissement dans des cuves-passoires... En réalité, Eau de lessivage larguant ses éléments radioactifs directement en mer…

« La cuve contenant le réacteur 1 est percée, a reconnu l’exploitant de la centrale de Fukushima Daiichi. Une passoire contenant des combustibles qu’il faut en permanence maintenir sous l’eau pour les refroidir : voilà schématiquement à quoi ressemble le réacteur n°1 de la centrale de Fukushima…. » (Sciences et avenir)

Tepco présente ses excuses aux pêcheurs pour l’eau fortement radioactive déversée en mer… Le gouvernement présente ses excuses aux agriculteurs pour les milliers de tête de bétail condamnés à l'intérieur du périmètre de 20 km autour de la centrale… Pour Greenpeace qui prélève des algues, les nouvelles ne sont pas bonnes... Pour l’expert français de retour du Japon tout va pour le mieux !!!

Fukushima : « ce n’est plus une situation d’urgence pour la population »

Olivier Isnard, spécialiste en radio-écologie et radioprotection, a été envoyé par l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire au Japon peu après le séisme. Il a conseillé l’ambassade de France et noué des contacts avec ses homologues japonais, transmis de précieuses informations. De retour, il nous parle surtout de la protection des populations.

Où en est la crise nucléaire de Fukushima Daichi en termes de protection des populations ?

A ce stade, ce n’est plus une situation d’urgence comme celle qui prévalait lors de l’évacuation des populations vivant autour de la centrale. Mais une contamination dont on estime qu’elle ne va pas s’aggraver du fait de nouvelles émissions et qu’il faut affronter avec des dispositions permettant d’en minimiser les conséquences…. Source : Libération

De l'eau radioactive s'écoule à nouveau dans la mer à Fukushima

Le taux de césium-134 est 18.000 fois supérieur à la normale dans certains échantillons d'eau de mer.

Deux mois après le séisme et le tsunami, l'opérateur Tepco (Tokyo Electric Power) tente toujours d'abaisser la température dans les réacteurs de la centrale de Fukushima Daiichi (n°1). Non sans difficultés. Jeudi 12 mai, de nouveaux problèmes sur la centrale nucléaire ont été communiqués. Une fuite au niveau de la cuve d'un des réacteurs entraînerait le déversement d'eau contaminée dans l'océan. Tepco a également indiqué que de nouveaux relevés effectués cette semaine ont montré que l'eau injectée dans la cuve sous pression s'était échappée rapidement. Le niveau d'eau a chuté au-dessous de la base des barres de combustible, hautes de quatre mètres…. Source : NouvelObs

Réacteur n°1 « Etat de fusion » : Analyse de la situation des réacteurs de Fukushima Dai-ichi

Comme Tepco l'a annoncé, le réacteur numéro 1 de la centrale Fukushima Dai-ichi est dans un état de "fusion". Aujourd'hui (13 mai 2011 ndlr), nous avons interviewé Tetsuo Ito, directeur de l'Institut de recherche sur l'énergie atomique de l'université du Kinki. Il revient sur l'état du combustible nucléaire à la centrale.

Tetsuo Ito : « Je n'aurais jamais imaginé que le réacteur puisse être dans une telle situation. Je ne suis pas certain de l'état du combustible nucléaire…. » Source : NHK

« Les nouvelles ne sont pas bonnes » selon Greenpeace

Sur zone avec le Rainbow Warrior, Greenpeace dévoile la réalité radioactive marine cachée par les autorités japonaises.

Les résultats des analyses de Greenpeace ont montré des niveaux de contamination bien au-delà des limites autorisées pour les algues. « Sur 22 échantillons d'algues prélevés jusqu'à 85 km au large de la centrale de Fukushima, des niveaux significativement élevés de contamination radioactive ont été relevés, » a indiqué Greenpeace. « Dix échantillons d'algues ont atteint des niveaux de plus de 10.000 Bq/kg. » 5 fois les limites de sécurité officielles sont de 2000 Bq/kg pour l’iode-131 et 500 Bq/kg pour le césium-137.

« Cette radioactivité nous inquiète », a déclaré Ike Teuling, experte néerlandaise en radiation qui dirige les recherches au Japon. « Les algues sont un ingrédient essentiel de l'alimentation japonaise. La saison des algues s'ouvre la semaine prochaine. Tout indique que la contamination radioactive s'accumule dans l'écosystème marin qui fournit près du quart des produits de la mer au Japon. Pourtant, les autorités ne réagissent pour ainsi dire pas pour protéger la santé de la population. »

Protéger les consommateurs et les pêcheurs

« Pour les communautés côtières soucieuses de reconstruire leur vie après le tremblement de terre et le tsunami du 11 mars, cette contamination radioactive de la vie marine est une nouvelle tragédie », témoigne Wakao Hanaoka de Greenpeace Japon. « Il est crucial et urgent que les autorités lancent des études pour protéger la santé et la sécurité des pêcheurs et des consommateurs. »

Greenpeace en lien avec des laboratoires indépendants va poursuivre ses analyses détaillées de l'eau de mer, poissons, coquillages et algues recueillies dans l'océan ou sur la côte et l’organisation devrait publier des résultats complets la semaine prochaine. Greenpeace Belgique : Fukushima : algues contaminées

Le début d’une contamination planétaire généralisée selon Jean-Jacques Crèvecoeur

Les eaux de l'Océan Pacifique sont contaminées par des milliers de tonnes d'eau qui ont arrosé, tous les jours, les réacteurs de la centrale. Ce qui veut dire que progressivement, toute la chaîne alimentaire marine sera contaminée et deviendra impropre à la consommation. Dans deux à trois ans, les eaux de tous les océans de la Planète seront contaminées....

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Le 12 mai 2011

Taux de radioactivité du poisson toujours en hausse

L’analyse des sédiments marins prélevés le 29 avril par Tepco, l’opérateur de la centrale de Fukushima Daiichi, avait révélé des teneurs importantes en radionucléides. « À 15 km vers le nord de la centrale, Tepco a relevé 1 400 becquerels de césium 137 par kilo et 1 300 becquerels de césium 134 par kilo de sédiment. À 20 km vers le sud, il y avait 1 200 becquerels par kilo pour chacun des césium. L’opérateur a également noté une contamination en iode 131 (entre 98 et 190 becquerels par kilogramme). »

De son côté, l’agence des pêches (de MAFF) continue de publier les résultats du niveau de la radioactivité dans les produits de la pêche…. Le dernier bulletin daté du 10 mai 2011 confirme une hausse du taux de Césium radioactif. (Pour télécharger ce bulletin, cliquer Ici)

La limite légale de radiations autorisées pour la commercialisation des produits de la mer :

  • Iode 131 : 2000 Bq/kg
  • Césium 134 et 137 : 500 Bq/kg

Tendance à la hausse

Depuis avril, le lançon (1) est interdit à la vente dans l’ensemble du département de Fukushima. Plus au sud, les coopératives de pêcheurs ont pris la décision de ne plus commercialiser le lançon sur tout le littoral du département d’Ibaraki. Dans ces deux départements, les taux de radioactivité du lançon sont toujours élevés avec une tendance à la hausse du césium….

Autres espèces marines : Césium radioactif indétectable avant avril pour la plupart des espèces à l’exception du lançon… Depuis fin avril, plusieurs espèces révèlent des niveaux de Césium radioactif compris entre 10 et 100 Bq/kg et 3 espèces entre 100 et la limite de 500 Bq/kg à savoir :

  • Flétan bastard / Olive flouder (Paralichthys olivaceus) - (voir la photographie de ces poissons plats ci-dessus)
  • Poisson des glaces / Japanese icefish (Salangichthys microdon)
  • Alevins / Whitebait

(1) Lançon : Japanese sandlance (Ammodytes personatus)

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Le 9 mai 2011 : Deux mois après, la situation ne s'améliore pas...

La situation reste « très sérieuse » dans la centrale nucléaire de Fukushima

La situation reste très sérieuse dans la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi au Japon, qui a été ébranlée par un séisme et un tsunami le 11 Mars dernier et dans laquelle la situation n’est toujours pas contrôlée.

La situation à la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi reste très sérieuse presque deux mois après la survenue du séisme et du tsunami qui l’ont gravement endommagée, d’après ce qu’a déclaré un haut responsable de l’Agence Internationale pour l’Energie Atomique des Nations Unies. Ce dernier a détaillé les mesures en cours prises par les autorités japonaises en réponse à l’incident catastrophique, d’après un communiqué des Nations Unies….

« Dans l’ensemble, la situation à la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi reste très sérieuse » a déclaré Denis Flory, Sous Directeur Général de l’Agence et Responsable du Département de la Sécurité Nucléaire, lors d’une conférence de presse à Vienne…. Source : Ane

Présence de strontium radioactif dans le sol de la centrale

La compagnie d'électricité de Tokyo a relevé des niveaux élevés de strontium radioactif dans le sol à l'intérieur de la centrale nucléaire Fukushima Dai-ichi.

Le strontium peut provoquer des cancers et comme le calcium, il a tendance à s'accumuler dans les os, une fois inhalé.

Jusqu'à 570 becquerels de strontium 90 par kg de sol sec ont été décelés dans des échantillons recueillis en trois endroits différents, le 18 avril, à environ 500 mètres des réacteurs 1 et 2. La concentration était approximativement 130 fois supérieure à celle mesurée avant l'accident.

Tepco a également annoncé avoir relevé 4 400 becquerels de strontium 89 radioactif par kg de sol sec aux mêmes endroits. Source : NHK

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Fukushima et radioactivité : Protection des pêcheurs japonais

Agence de la pêche : pas de risque d'irradiation au-delà de la zone de 30 km

L'Agence japonaise de la pêche annonce qu'il est possible pour les pêcheurs de conduire leurs activités normales en toute sécurité, dans les eaux au-delà de la zone d'exclusion de 30 km autour de la centrale nucléaire Fukushima Dai-ichi. (sachant que le poisson peut-être fortement contaminé au-delà de 30 km comme le lançon ndlr)

La décision est basée sur les conclusions de la Commission de sûreté nucléaire, qui a effectué une étude des niveaux de radiation sous-marins au-delà de la zone d'exclusion. La commission a conclu qu'une personne travaillant loin au large serait exposée à un maximum de 1,13 millisievert par an tandis qu'un pêcheur opérant le long de la côte à plus de 30 km de la centrale serait exposé à un maximum de 1,43 millisievert par an.

Ces chiffres sont supérieurs à la limite annuelle de 1 millisievert pour les citoyens ordinaires, mais la commission estime que de tels niveaux ne seraient pas dangereux pour la santé. Source : NHK / Ministère de la pêche : informations complémentaires (en japonais)

Fukushima et radioactivité : La protection des populations japonaises

{Sciences²} publie une interview d'Olivier Isnard, spécialiste en radio-écologie et radioprotection, envoyé par l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) au Japon peu après le séisme. Il a conseillé l’ambassade de France, et noué des contacts avec ses homologues japonais, transmis de précieuses informations. De retour, il nous parle surtout de la protection des populations.

Où en est la crise nucléaire de Fukushima en termes de protection des populations ?

Olivier Isnard : A ce stade, ce n’est plus une situation d’urgence comme celle qui prévalait lors de l’évacuation des populations vivant autour de la centrale. Mais une contamination dont on estime qu’elle ne va pas s’aggraver du fait de nouvelles émissions et qu’il faut affronter avec des dispositions permettant d’en minimiser les conséquences.

Quelles dispositions ?

Olivier Isnard : La CIPR (commission internationale de protection radiologique) propose des valeurs guides pour gérer ce genre de situation. Le niveau de référence pour l’exposition des populations se situe entre 1 millisievert par an- celui admis pour une installation nucléaire en fonctionnement - et 20 mS/an. L’objectif consiste donc à ne pas dépasser les 20 mS/an, puis à se rapprocher de 1 mS/an avec des mesures de décontamination.

Cette valeur de 20 mS/an a provoqué la démission spectaculaire de Toshiso Kosako, un scientifique conseiller du Premier ministre japonais, et refusant cette valeur pour des cours d'écoles…

Olivier Isnard : L’exposition est une agression radiologique, mais il n’y a pas de changement de régime de risque connu entre 1 et 20 mS/an. Il n’y a pas un effet de seuil sanitaire à 20 millisieverts par an, ni d’observation de risque de cancer accru. Cette dernière valeur est d’ailleurs celle que certaines populations connaissent toute leur vie du fait de la radioactivité naturelle qui peut même aller au double.

Et si la dose va au delà ? Réponse et suite Ici

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Le 6 mai 2011

Pollution marine : Mieux vaut parler des perspectives à 1, 2 ou 3 ans sur le Pacifique…

Que donner des explications sur la forte hausse de radioactivité le long du littoral japonais.... et maintenant dans les sédiments sur les fonds marins....

Des niveaux élevés de radioactivité détectés dans les sédiments marins

L'exploitant de l'usine de Fukushima Daiichi a dit qu'il a détecté des niveaux élevés de matières radioactives sur les fonds marins près du complexe nucléaire.

Tokyo Electric Power Company, connue sous le nom TEPCO, a prélevé des échantillons de sédiments le 29 avril à une profondeur de 20 à 30 mètres sur des fonds marins à proximité de la centrale. Les échantillons contenaient 90.000 becquerels de césium-134 et 87.000 becquerels de césium-137 par kilogramme. 52.000 becquerels d'iode-131 par kilogramme ont également été détectés. Télécharger les résultats de Tepco, Ici

Il n'y a pas de normes gouvernementales en matière de contamination radioactive des sédiments marins. Mais le taux de césium-137 est 38.000 fois plus élevé que le niveau enregistré dans l'enquête précédente de TEPCO au même endroit. Le Césium-134 et l'iode-131 n'avait pas été détecté dans les prélèvements antérieurs. Tepco estime que les éléments radioactifs sur les fonds marins sont originaires de la fuite d'eau fortement contaminée à partir du réacteur 2. Source : NHK Vendredi 6 mai 2011 09:25 0900 (JST)

Greenpeace qui a envoyé son navire sur zone, donne plus de détails dans : Fukushima : le point au 5 mai 2011

Inquiétudes autour de la radioactivité en mer

Mardi 3 mai, Le Rainbow Warrior, vaisseau amiral de Greenpeace, a entamé des mesures sur la qualité de l’eau au large de Fukushima. Ces premiers tests, menés au sud de la centrale, visent à mesurer le niveau de contamination de la faune et la flore marine et les impacts possibles sur la chaîne alimentaire. Il s’agit d’une des dernières expéditions du Rainbow Warrior II avant le lancement du Rainbow Warrior III, prévu à l’automne.

Tepco a rendu public ses propres résultats d’analyse de sédiments marins prélevés le 29 avril, à quelques kilomètres de la centrale – précisément dans la zone où Greenpeace voulait envoyer le Rainbow Warrior. À 15 km vers le nord, Tepco a relevé 1 400 becquerels de césium 137 par kilo et 1 300 becquerels de césium 134 par kilo de sédiment. À 20 km vers le sud, il y avait 1 200 becquerels par kilo pour chacun des césium. L’opérateur a également noté une contamination en iode 131 (entre 98 et 190 becquerels par kilogramme). Dans le même temps, les autorités n’ont rien trouvé dans les sédiments à 50 km au sud de la centrale.

Tepco prétend aussi vouloir nettoyer la mer en pompant de l’eau et en la filtrant pour capter certains radioéléments. En effet, malgré le colmatage de la fuite, les niveaux de contamination restent élevés. La compagnie ne peut exclure que la centrale fuit toujours dans la mer, à un moindre niveau que par le passé. Les seules mesures disponibles actuellement concernent l’eau de mer. Pour les êtres vivant dans la mer, il faut multiplier ces valeurs par un facteur de concentration. Quelques valeurs de facteurs de concentration sont données ici sur le site de l’ACRO.

En Belgique, des traces de radioactivité « pas alarmantes » ont été retrouvées sur trois conteneurs d’un bateau provenant du Japon qui avait fait escale en Malaisie. Le bateau était parti de Yokohama, au sud de Tokyo, cinq jours après le séisme. Un article du Asahi (version anglaise) daté du mercredi 4 mai rapporte que selon des sources gouvernementales, le montant des compensations s’élèverait à 33 milliards d’euros. Tepco devrait en prendre 50 % à sa charge. Il ne s’agit que d’une première estimation puisque la catastrophe n’est pas terminée.

AIEA : L'eau contaminée peut atteindre la côte ouest américaine

L'International Atomic Energy Agency explique que l'eau radioactive a fui de la centrale de Fukushima Daiichi. La contamination nucléaire dans le nord du Japon peut atteindre la côte ouest de l'Amérique du Nord dans une ou deux années.

L'agence de sûreté nucléaire a tenu une séance d'information pour les pays membres à Vienne jeudi 5 mai 2011 sur la situation actuelle de l'usine, qui n'a pas été mise sous contrôle depuis le tremblement de terre du 11 Mars et le tsunami.

L'AIEA a déclaré que, fondée sur une analyse des données fournies par le Japon et d'autres sources, l'eau contaminée peut se propager à travers le Pacifique via le courant Kuroshio, et atteindre la côte de l'Amérique du Nord l'année prochaine au plus tôt.

Il a dit aussi que des traces de césium 134 et césium 137 rejetées par la centrale peuvent être mesurée dans le Pacifique pendant 2 ou 3 ans, mais à des niveaux trop bas pour représenter une menace pour la santé humaine.

Le Directeur général adjoint de l'AIEA, Denis Flory, a donné la feuille de route pour mettre l'usine sous contrôle, publiée le mois dernier par Tokyo Electric Power Company. Il a évalué favorablement le plan et a déclaré que l'AIEA suivra de près la façon dont elle sera mise en œuvre. Source : NHK. Vendredi 6 mai 2011 10:51 0900 (JST)

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5 mai 2011

Très forte hausse de la radioactivité au large de Fukushima

La très forte hausse de la radioactivité au large de Fukushima de ces derniers jours contredit un article de Science et Avenir « Radioactivité : la forte capacité d'absorption des océans » ?

Hausse du niveau des substances radioactives au large de Fukushima (NouvelsObs/AFP)

Des échantillons collectés à 15 km de la centrale contiennent 1.400 becquerels de césium 137 par kilogramme, soit un chiffre 600 fois supérieur au niveau maximum trouvé jusqu'à présent.

Le niveau des substances radioactives a fortement augmenté en mer à une quinzaine de kilomètres au large de la centrale nucléaire de Fukushima (nord-est), accidentée après le tsunami du 11 mars, a indiqué mercredi 4 mai l'opérateur de la centrale.

600 fois supérieur au niveau maximum

Des échantillons collectés dans le lit marin à 15 km de la centrale contiennent 1.400 becquerels de césium 137 par kilogramme, selon Tepco Electric Power (Tepco). Ce chiffre est 600 fois supérieur au niveau maximum de 2,3 becquerels trouvé jusqu'à présent au large de la côte nord-est où se trouve la centrale de Fukushima. Les échantillons prélevés vendredi dernier contenaient également 1.300 becquerels de cesium 134 et 190 becquerels d'iode 131, selon un communiqué de Tepco. La présence de cesium 137 et 134 était trop faible jusqu'à présent pour être mesurée, a déclaré une porte-parole de Tepco. L'opérateur n'a pas précisé si les niveaux actuels sont considérés comme dangereux.

Des échantillons prélevés à un autre endroit, à 20 km de la centrale, montrent des niveaux tout aussi élevés. "Nous ne pouvons rien dire après ces analyses. Nous allons effectuer d'autres prélèvements et continuer à surveiller", a ajouté la porte-parole.

Les premiers échantillons ont été prélevés à une profondeur comprise entre 20 et 30 mètres, à 3 km de la côte.

Mardi, Greenpeace a entamé des mesures sur la qualité de l'eau au large de Fukushima. Ces premiers tests, menés au sud de la centrale, visent à mesurer le niveau de contamination de la faune et la flore marine et l'impact possible sur la chaîne alimentaire. Source : NouvelObs AFP du 4 mai 2011

Forte contamination du lançon débarqué dans le port de Kitaibaraki

Science et Avenir de Mai 2011 : Radioactivité : la forte capacité d'absorption des océans

La catastrophe aura pourtant des répercussions sur le littoral proche de Fukushima. La pêche pourrait être interdite pour longtemps.

C'est la première fois qu'une centrale accidentée rejette de l'eau fortement radioactive en mer. Pourtant, les scientifiques s'inquiètent peu de ses répercussions.

Masses mouvantes couvrant 70 % de la surface de la Terre, les océans absorbent en effet la radioactivité d'origine anthropique depuis une soixantaine d'années "sans nuisance évidente à l'environnement, ce qui est contraire à la perception du public", selon Terry Hamilton, du Laboratoire national Lawrence de Livermore (Etats-Unis).

Ils ont essuyé les essais atmosphériques des armes nucléaires, probablement la source la plus forte de contamination (1) et les rejets atmosphériques de Tchernobyl : on observe encore un pic de césium 137 consécutif à cette catastrophe dans les sédiments déposés à l'époque.

Ils absorbent les rejets liquides des usines de Sellafield (RoyaumeUni) et de la Hague (France) et ont englouti fûts radiotoxiques (légalement jusqu'en 1980), sous-marins nucléaires accidentés... Résultat, une radioactivité anthropique, cent fois inférieure à sa radioactivité naturelle, en termes de dose.

Pêche interdite

A Fukushima, la catastrophe aura des répercussions sur le littoral proche où toute pêche pourrait être longtemps interdite. S'il n'existe pas de réseau mondial dédié, de nombreux observatoires internationaux suivent depuis des décennies le devenir en mer des particules radioactives, y compris à des taux très faibles. "Certains radionucléides, solubles (tritium ; technétium ; antimoine) sont transportés par les courants marins et se dispersent dans les masses océaniques sur des distances très importantes.

D'autres (cobalt, ruthénium, plutonium) ont tendance à se fixer sur les particules solides en suspension dans l'eau, et contaminent les sédiments après dépôts sur les fonds océaniques", explique Dominique Boust (IRSN).

A Fukushima, la pollution pourrait durer des mois - à des niveaux décroissants au fil du temps -, et s'aggraver si le corium, ce mélange d'acier de la cuve et de combustible en fusion, venait à traverser le socle de béton des réacteurs. Mais il est exclu qu'il coule comme de la lave vers la mer. "Il serait vraisemblablement stoppé par la roche terrestre et refroidirait en piégeant de nombreux éléments radioactifs, explique Thierry Charles, de l'IRSN.

Du plutonium dans l'eau de mer ?

Toutefois, il pourrait alors être balayé par les eaux de ruissellements qui entraîneraient ensuite des radioélements, dont du plutonium, vers l'océan." Pour le moment, les Japonais n'ont pas vérifié s'il y avait du plutonium dans l'eau de mer. Mais ils ont trouvé de l'iode 131, du ruthénium 106, du césium 134 et surtout le persistant césium 137, en forte quantité.

Un membre de l'équipe monégasque de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a rejoint le navire de recherche océanographique Hakuho-maru pour participer aux mesures.

Selon les modèles de l'équipe Sirocco (CNRS et université de Toulouse), une grande partie des radionucléides est entraînée vers le sud et l'est par le courant Kuroshio. A hauteur de Tokyo, ils sont emportés vers le centre du Pacifique. Ils mettraient quinze ans pour atteindre la zone équatoriale et quarante pour gagner le sud de l'océan Atlantique. Leur comportement au nord suscite encore des questions. (ndlr Mais pour le moment ce n'est pas le cas voir ci-dessus la carte avec les courants.... Ce qui expliquerait la forte hausse de radioactivité au large de Fukushima).

Effets à long terme

Takuya Kobayashi, de l'Agence japonaise de l'énergie atomique (JAEA), a étudié la région de l'usine de Rokkasho-Mura, tout au nord du pays, et a travaillé à un modèle couplant océan et atmosphère pour prédire la dispersion des contaminants. Il vérifie "si ce modèle peut-être utile pour Fukushima".

Quid des effets à long terme sur les écosystèmes ? Il est trop tôt pour le dire, selon Dominique Boust. En effet, l'effet de faibles doses de radioactivité sur le cycle de vie des organismes marins (croissance, nutrition, reproduction, etc.) commence à peine à être étudié. De premiers résultats, obtenus à Cherbourg, suggèrent qu'elles pourraient perturber la croissance des larves d'huître. Source : Rachel Mulot Science et Avenir

Article publié dans le magazine Sciences et Avenir n° 771 de mai 2011

(1)"Radionuclide levels in oceans and seas", Worldwide marine radioactivity studies (WOMARS), 2007. AIEA. www-pub.iaea.org/MTCD/publications/ PDF/TE_1 429_web.pdf

(2) http ://sirocco.omp.obs-mip.fr/ou-tils/Symphonie/Produits/Japan/Sym-phoniePreviJapan.htma

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Le 3 mai 2011

Japon : Pays de Minamata et maintenant de Fukushima

Le pays de la maladie de Minamata nie la bioaccumulation des radionucléides dans le poisson !

Le schéma mis en ligne par le ministère de l’agriculture et de la pêche du Japon (Radionucleotides in fish) explique que le poisson n’accumule pas les radionucléides…. Si internet avait existé 50 années plus tôt, ce même ministère aurait probablement mis en ligne le même schéma pour expliquer que le mercure ne s’accumulait pas dans la chair de poisson ?

Souvenirs d’étudiant : Dans les années 70, quand le nucléaire commençait à faire débat dans les amphis, nous découvrions les premières images des ces pêcheurs japonais défigurés par la maladie de Minamata et la cruauté d’un propriétaire d’usine qui avait préféré pour des questions lucratives construire un hôpital plutôt que d’arrêter la pollution mortelle… Les victimes habitaient le village de Minamata au sud-ouest de l’archipel nippon.

Alors que les scientifiques du monde entier se posent des questions sur les incidences des déversements d’eaux radioactives de la centrale de Fukushima Daiichi à l'encontre des écosystèmes marins et notamment sur « l’empoisonnement » des produits de la mer, et qu’ils constatent un manque criant d’études sur le sujet, l’administration japonaise évacue le problème en expliquant que les poissons n’accumulent pas les éléments radioactifs comme le césium !

A Minamata au cours du siècle dernier, une usine chimique a déversé pendant des décennies ses eaux résiduelles chargées de mercure dans une rivière alors que les populations riveraines consommant le poisson manifestaient des symptômes très spécifiques et très graves. Il a fallu attendre plus d’un demi siècle pour que les familles atteintes de la maladie de Minamata gagnent leurs procès contre les propriétaires de l’usine très proches du Pouvoir et qu’elles soient ensuite indemnisées…

En ligne de Fisheries Agency (FA) : Radionucleotides in fish ou télécharger le document en japonais

Lire cette étude étatsunienne avec ses nombreuses interrogations : Les effets des Radiations de Fukushima Daiichi sur l'environnement marin américain

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Le 2 mai 2011

Nouvelles traces de substances radioactives dans l'eau de mer, à proximité de la centrale de Fukushima

Tepco a par ailleurs détecté des substances hautement radioactives dans des échantillons d'eau de mer prélevés au niveau d'une conduite reliée à un réacteur. Selon l'opérateur de la centrale, 130 becquerels d'iode radioactif 131 par centimètre cube ont été détectés samedi dans des échantillons prélevés à proximité d'une conduite d'eau, près du réacteur numéro 2. Un niveau 3 300 fois supérieur à la limite officielle et qui dépasse de 30 pour cent les relevés de vendredi. Au même endroit, Tepco a détecté samedi du césium radioactif 134 d'un niveau 120 fois supérieur à la normale, ainsi que du césium 137 dont le taux est 81 fois supérieur aux normes officielles. Concernant ces 2 isotopes, les chiffres étaient toutefois en baisse pour le 3ème jour consécutif.

L'exploitant de la centrale compte poursuivre le contrôle des niveaux de radiation mais il observe qu'aucune fuite d'eau fortement contaminée n'a été enregistrée ces derniers temps. Source : NHK

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Centrale de Fukushima : TEPCO va-t-il indemniser les pêcheurs ?

Les pêcheurs de Fukushima et d’Ibaraki impactés par la contamination radiaocative seront-ils indemnisés par Tepco ?

Dans un premier temps, l'opérateur électrique Tepco avait annoncé qu’il limiterait ses indemnités aux ménages déplacés autour de la centrale et que les pêcheurs ne recevraient rien de l’opérateur électrique. « C’est au gouvernement qui a décidé l’interdiction de commercialiser le lançon avec la mise en place de normes radioactives, d’indemniser les pêcheurs », avait dit TEPCO

Japon-Les indemnités dues par Tepco ne seront pas limitées

Le gouvernement japonais ne permettra pas à Tokyo Electric Power de limiter le montant des indemnités liées à l'accident survenu sur sa centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, a déclaré le secrétaire général du gouvernement japonais Yukio Edano.

Selon la loi japonaise, un opérateur nucléaire peut se voir attribuer une dérogation pour des dégâts causés sur un réacteur si l'on estime que l'accident a été causé par "un désastre naturel d'une ampleur exceptionnelle".

Interrogé à la sortie d'un commission parlementaire, Yukio Edano a déclaré que le tremblement de terre et le tsunami du 11 mars dernier qui ont endommagé la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi ne pourraient pas prétendre à cette qualification, estimant à la fois qu'une catastrophe de cette ampleur avait déjà eu lieu dans le passé et que le risque encouru était connu.... Suite et Source : Reuters

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Le 30 avril 2011

Courantologie : Calme plat en face de la centrale de Fukushima Daiichi

Ce que ne dit pas le hors-série de Science et Vie « Nucléaire, Le choc »

Science et Vie propose sous le titre « Nucléaire, Le choc » un numéro hors série spécial consacré à la catastrophe de Fukushima. C'est l'occasion de faire un point sur le parc nucléaire français et sur les leçons de Tchernobyl. On y trouve aussi un article sur les différentes filières nucléaires en activité dans le monde.

Selon Didier Barthes du blog « Economie durable » il s’agit d’« Un bon dossier pour qui, sans être spécialiste, veut aller un peu au delà des informations télévisées. »

Toutefois, le petit paragraphe consacré aux rejets d’eau radioactive en mer « Fukushima : Une première dans la pollution radioactive maritime » reprend la version officielle à savoir que les radionucléides sont dilués dans le vaste océan avec la force des marées et le fort courant chaud de Kuroshio.

En réalité, les radionucléides (iode, césium et autres) évacués dans la mer restent sur la bordure côtière. Depuis la catastrophe du 11 mars 2011, les courants restent très faibles sur la bordure côtière où est installée la centrale nucléaire.

(cliquer sur la carte pour agrandir)

D’une part, la centrale de Fukushima Daiichi est construite dans une zone où le marnage ne dépasse pas 2 mètres au moment des plus grandes marées (par comparaison à Flamanville dans la Manche, le marnage peut atteindre 12 mètres).

D’autre part, le courant chaud de Kuroshio qui longe la côte sud-est du Japon, n’atteint pas encore la zone de Fukushima ; il oblique vers l’est au niveau du département d’Ibaraki, 100 km au sud de la centrale. L’interprétation de la photo satellite des températures fournie par l'administration état-sunienne montre un calme « plat » sur la carte à proximité de la centrale. Les courants forts se situent actuellement plus au nord (froid) et plus au sud (chaud)…

« La centrale se trouve à la frontière entre 2 grands systèmes océaniques, ce qui complique la simulation de la dispersion en mer des radio-éléments » explique Claude Estournel du Groupe SIROCCO. « Les eaux chaudes du Kuroshio, homologue pacifique du Gulf Stream, y côtoient des eaux plus froides. »

Une situation océanique complexe qui joue sur la dispersion selon le Groupe SIROCCO

Depuis les débuts de l’accident nucléaire japonais, le groupe SIROCCO à Toulouse, sous tutelle du CNES, simule la dispersion de la contamination en mer grâce aux images des satellites Jason et Envisat. A la demande de l’IAEA (International Atomic Energy Agency), le groupe produit, depuis les 1ers jours de l’accident à la centrale nucléaire japonaise de Fukushima-Daiichi, un modèle prévisionnel de dispersion en mer des radioéléments, tel le Césium 137.

« Pour ne rien arranger, la région étudiée se situe à la frontière entre 2 grands systèmes océaniques » rappelle Claude Estournel du Groupe SIROCCO. Les eaux chaudes du Kuroshio, homologue pacifique du Gulf Stream, y côtoient des eaux plus froides. « Les écarts de température, de l’ordre de 12 à 15°C créent de gros tourbillons, qui participent à la dispersion des radioéléments vers le nord ou vers le sud » souligne Claude Estournel.

Les images satellites des régions où la circulation océanique est particulièrement intense permettent d'anticiper à plus long terme les trajectoires. A l’heure actuelle, la contamination en mer est principalement localisée le long des 50 km de côte au nord et au sud de la centrale. Suivant la distance, les mesures s’échelonnent de quelques 10 000 Bq/L à 100 Bq/L. La dilution au large est, proportionnellement, 10 fois plus importante.

L’IRSN et l’IAEA, tous 2 intéressés par le modèle du groupe SIROCCO, soulignent la nécessité d’étudier l’impact de la pollution radioactive sur les chaînes alimentaires. Pour plus de renseignements, lire l'article du CNES : Fukushima : prévoir la dispersion de la radioactivité en mer

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Le 30 avril 2011

Fukushima : interdiction de consommer le lançon (anguille des sables)

Les autorités japonaises ont interdit depuis le mercredi 20 avril 2011 la consommation d’anguilles des sables (ou lançon "Amnodites personatus") pêchées aux alentours de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima, à cause d’un taux de radioactivité trop élevé. Une semaine plus tard, le lançon prélevé dans la zone d'Iwaki (à près de 60 km au sud de la centrale de Fukushima Daiichi) dépasse toujours les normes sanitaires de radiation, à savoir : 2 000 becquerels/kg d'iode 131 et 500 becquerels/kg de césium 137.


Le 20 avril 2011, le gouvernement avait proscrit la vente et la consommation de ces petits poissons dans les ports de pêche de la préfecture de Fukushima, où se situe la centrale Fukushima Daiichi (N° 1, nord-est). Après les fuites et le déversement massif d'eau fortement contaminé dans les deux premières semaines d'avril, le ministère de la Santé avait détecté un taux de 3 900 becquerels par kilogramme d’iode 131 et de 14 400 becquerels/kg de césium 137 dans un de ces poissons. Le gouvernement vient de fixer des limites légales à ne pas dépasser à respectivement 2 000 becquerels/kg et 500 becquerels/kg.

Les pêcheurs professionnels de la préfecture de Fukushima n’exercent plus, nombre de leurs navires ayant été détruits par le tsunami du 11 mars, mais les autorités ont néanmoins décrété cette interdiction de crainte que des particuliers ne pêchent l’anguille des sables pour leur propre consommation. Endommagée par un séisme de magnitude 9 et un tsunami de 14 mètres de haut, la centrale de Fukushima Daiichi a laissé s’échapper des eaux contaminées dans l’océan Pacifique, provoquant une augmentation de la radioactivité dans les algues et les poissons de la zone. D'après : AFP du 20 avril 2011

Situation à Ibaraki, au sud du département de Fukushima

Dans le département d'Ibaraki où toutes les coopératives de pêcheurs ont décidé de ne plus pêcher le lançon après des concentrations radioactives au-dessus des limites légales dans le port de Kitaibaraki (à près de 100 kms de la centrale de Fukushima Daiichi), la situation semble s'améliorer (à suivre...)


Situation à Hokkaïdo et Tohoku (Miyako)

Au nord du Japon, lieux de débarquement des principales espèces de poissons : saumons, lieu d'Alaska et cabillaud




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Le 29 avril 2011

L’IRSN fait un bilan des rejets directs d’eau contaminée dans la mer

Une fissure du puits adjacent au bâtiment turbine du réacteur 2 a entraîné un rejet direct d’eau fortement contaminée dans la mer. TEPCO a stoppé ce rejet le 6 avril vers 6h00 heure locale en colmatant la fuite par une injection de silicate de sodium. Une partie de l’eau contaminée présente dans ce puits a été pompée et stockée dans le condenseur de la turbine afin de la « confiner ».

Du 4 au 10 avril, TEPCO a effectué des rejets volontaires en mer d’une eau qu’il qualifie de « faiblement contaminée ». Il s’agit principalement de 10 000 tonnes d’effluents liquides stockés dans des réservoirs, qui étaient en attente de traitement et de rejet avant l’accident. TEPCO justifie cette opération par le besoin de libérer des capacités de stockage sur site pour accueillir les eaux fortement contaminées présentes dans les bâtiments des trois unités accidentées. Après vérification de l’étanchéité des réservoirs de stockage, TEPCO a commencé le 19 avril le transfert de l’eau présente dans le bâtiment turbine du réacteur 2 dans ces réservoirs.

Les mesures effectuées pendant plusieurs jours dans l’eau de mer à proximité de la centrale ont montré une forte contamination du milieu marin, conséquence de l’écoulement vers la mer d’une partie des eaux très contaminées présentes dans les unités accidentées…..

Plan de sortie de crise

Le 17 avril, TEPCO a présenté son plan de sortie de crise pour la centrale de Fukushima.

Le plan prévoit 2 phases. La première phase qui devrait durer 3 mois a pour objectif de réduire les rejets radioactifs, de fiabiliser le refroidissement des réacteurs et des piscines et de sécuriser les stockages d’eau contaminée. La seconde phase qui devrait durer entre 3 et 6 mois a pour objectif de sécuriser les bâtiments afin de maîtriser les rejets radioactifs rendus faibles à l’issue de la phase 1, ainsi que d’atteindre un état d’arrêt froid pour les réacteurs et de diminuer la quantité d’eau contaminée présente sur site.

Par ailleurs, des travaux de renforcement des structures sous la piscine 4 (endommagées par l'explosion) vont être engagés. TEPCO a indiqué qu’il n’y avait pas de fuite sur la piscine n°4.

L’IRSN estime que les actions décrites dans ce plan d’action sont crédibles, mais qu’il convient de rester prudent sur les délais qui ne peuvent être qu’indicatif compte tenu de l’accessibilité très difficile en raison de la contamination. Source : Situation de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi au Japon - Point de situation du 29 avril 2011

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Le 28 avril 2011

La catastrophe nucléaire de Fukushima réveille la société civile japonaise !!!

Au Japon, les organisations de la société civile ont toujours été en marge de la politique générale. Mais, depuis le 11 mars 2011, le tremblement de terre et le tsunami de Tohoku sont devenus le catalyseur d’un séisme sociétal important. Les dangers de l’énergie nucléaire ont déstabilisé un ordre établi. La catastrophe nucléaire a coupé court à cette longue histoire conservatrice qui donne la priorité à l'harmonie sociale par-dessus tous les intérêts particuliers.

« Après la catastrophe, des milliers de personnes se sont joints à nos protestations contre l'énergie nucléaire. C'est un changement énorme dans notre stratégie de lutte qui consistait jusqu'alors à attirer l’attention du public », a déclaré Sawako Sawaii, porte-parole du Réseau des citoyens sur l'information nucléaire (CNIC), une organisation non gouvernementale qui depuis longtemps mène campagne contre l'énergie nucléaire. La popularité croissante du CNIC devient maintenant une force pour organiser des manifestations régulières à travers tout le pays contre TEPCO (Tokyo Electric Power Company), l'opérateur de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi.

« Je crois qu'il faut une tragédie comme celle-ci pour réveiller la société civile et qu’elle puisse jouer un rôle important », a déclaré le Professeur Akiko Nakajima de l'Université féminine de Wayo. « La confiance envers le gouvernement s’est « érodée » rapidement après l'accident nucléaire, les gens ne font plus confiance aux autorités. »…

Sawaii se réjouit de ce changement. Mais, elle souligne également que la route sera encore longue. « Le défi qui nous attend, est de maintenir la pression sinon la mobilisation risque de s’affaiblir avec le temps. » « En face, les compagnies d’électricité, riches et puissantes, se préparent à une nouvelle stratégie afin d’évacuer toute l’anxiété accumulée dans la population en promettant des technologies sophistiquées et donc très sûres, » a-t-elle dit. Source : Civil Society Gaining Ground Following Quake (IPS)

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Le 27 avril 2011

Une bombe envoyée d’Australie

Alors que Tepco tire des plans sur la comète pour se débarrasser des 200.000 tonnes d’eau fortement radioactive qui seront produites d’ici la fin de l’année pour refroidir les réacteurs en surchauffe, l'experte en nucléaire Helen Caldicott annonce depuis l’Australie que la catastrophe de Fukushima est pire que celle de Tchernobyl.

Dans son dernier rapport, Caldicott revient sur Tchernobyl et indique que près d'un million de personnes sont mortes suite à cette catastrophe nucléaire et dénonce le silence des autorités sur le sujet. Mais pour elle, la situation dans laquelle se trouve la centrale nucléaire de Fukushima est encore moins enviable !

« Jamais auparavant, six réacteurs nucléaires d'une centrale n'ont été gravement endommagés au même moment. Ces réacteurs sont condamnés », explique-t-elle. « Trois ingénieurs ayant contribué à la conception de Fukushima se sont retirés du projet à l'époque car ils savaient que la centrale n'était pas sûre, que la région était sujette aux séismes »….

« …Tchernobyl n'est rien par rapport à ce qui s'est passé à Fukushima. L'un des éléments les plus meurtriers est le plutonium, qui vient de Pluto, dieu des enfers. Un millionième de gramme vous donne le cancer, si vous l'inhalez. Si vous répartissez un demi kilo de plutonium à travers le monde, c'est toute la population mondiale qui souffrira d'un cancer. Fukushima contenait 250 kilos de plutonium... C'est suffisant pour dire adieu à l'hémisphère Nord. »

Et ça ne s'arrête pas là... « Vous ne pouvez pas détecter le goût des éléments radioactifs, ils n'ont pas d'odeur, on ne peut pas les reconnaître. Une fois dans votre corps, il faut cinq à soixante ans pour qu'un cancer se développe. Toute la radioactivité est nuisible, chaque dose augmente le risque de cancer. La nourriture contaminée le restera durant 600 ans! Et le pire est qu'il n'y a plus rien à faire... » D’après "Fukushima est bien pire que Tchernobyl" (7sur7)

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Le 26 avril 2011

Conséquences de la catastrophe de Fukushima en Inde…

Après avoir interdit l'importation de produits alimentaires japonais, l’Inde voit monter la vague de contestation contre un projet nucléaire d’Areva… Les pêcheurs indiens de la région côtière de Konkan ne veulent pas de la plus grande centrale nucléaire au monde….

Pravin Gaonkar, un pêcheur et agriculteur de 57 ans à la tête du mouvement de contestation, affirme que les inquiétudes ont été amplifiées par la crise au Japon car la région de Konkan est également sujette aux activités sismiques.

« Dites non au nucléaire. Nous ne voulons pas être malades ». Dans le village de pêcheurs de Sakhri Nate, il n'est pas difficile de savoir ce que les habitants pensent du projet de construire la plus grande centrale nucléaire au monde, juste à côté de chez eux. Le slogan en hindi écrit sur une bâche couvrant une cahute vendant du thé et des en-cas est un message adressé au géant français du nucléaire, Areva, qui a signé un accord de l'ordre de 7 milliards d'euros pour fournir les premiers réacteurs EPR (de troisième génération) à l'Inde.

« Non à Areva », dit un autre slogan en anglais inscrit à la craie sur un mur. L'opposition au projet nucléaire de Jaïtapur, dans l'ouest de l'Inde, est de plus en plus virulente dans cette partie de la région de Konkan, où la population vit de la pêche et de l'agriculture depuis des générations. Comme chez de nombreux habitants de cette région côtière reculée, à environ 400 km de Bombay, le discours d'Abdul Majod, un pêcheur de 45 ans, est bien rôdé: au moins 5000 personnes travaillent sur environ 600 bateaux pour ramener chaque jour 50 tonnes de poisson frais, crevettes et calamars. Si la centrale est construite, tous ces emplois seront menacés, prévient-il.

« Une fois qu'ils mettront en place les tubes (dans lesquels circule de l'eau pour le circuit de refroidissement des réacteurs qui est ensuite rejetée dans la mer, ndlr), nous ne pourrons plus sortir pêcher », dénonce-t-il en désignant la mer d'Arabie. « L'eau chaude de la centrale va affecter les réserves de poissons, il y aura de la pollution. C'est totalement hors de question », dit-il.

A terme, le site de Jaïtapur devrait produire près de 10 000 mégawatts fournis par six EPR…. Source : Inde: la contestation enfle contre un projet nucléaire d'Areva (AFP)
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21 avril 2011

La Criirad pour un moratoire des poissons, coquillages et algues du Japon !!!

L'eurodéputée EELV et fondatrice de la Criirad Michèle Rivasi demande un moratoire sur les produits japonais. Michèle Rivasi de la Criirad connait-elle la réalité et la situation de la pêche et l’aquaculture japonaise pour demander un moratoire sur tous les produits alimentaires du Japon ?

Ce moratoire va toucher en premier les coopératives de pêche qui regroupent les pêcheurs côtiers et les aquaculteurs de coquillages et d’algues… Et tout particulièrement les producteurs de pétoncles (coquille saint-jacques) du nord du Japon (Hokkaïdo et Aomori) ainsi que les algoculteurs dont le nori (porphyra) avait été récolté avant le séisme/tsunami (photographie d'algues nori récoltées en décembre dans la baie de Matsushima à côté de Sendaï), et le wakame devait être récolté à partir de mars, mais toutes les installations d'algoculture ont été totalement détruites et la production perdue… Des explications plus complètes après le week-end de Pâques…

Lire l’article d’Actu-Environnement : ''L'abaissement des seuils européens de contamination radioactive des aliments est une première étape !''

Extrait : Alors que l'UE vient de réduire provisoirement les seuils de contamination radioactive des denrées importées du Japon, l'eurodéputée EELV et fondatrice de la Criirad Michèle Rivasi appelle à appliquer ces normes dans le prochain règlement européen et demande un moratoire sur les produits japonais.

AE : Quels sont les produits nippons contaminés ? L'UE pourrait-elle prochainement les boycotter ?

MR : Si M. Barroso accepte de s'aligner sur les normes basses de contamination japonaises, il n'a pas évoqué de blocage des aliments importés comme les brocolis, les épinards ou encore les algues et les poissons du Pacifique. Ce n'est pas un accident européen et la Commission ne remet pas en cause l'approvisionnement des aliments japonais. Or, les produits importés constituent un très faible pourcentage et représentent seulement 0,4%. L'UE ne devrait donc pas s'amuser à faire un contrôle de tous ces produits japonais mais au contraire ne pas les accepter. Quels que soient leurs niveaux de contamination, nous devons tout simplement les empêcher de pénétrer le marché européen. Comme les Indiens, je demande un moratoire. Car en ne voulant pas pénaliser l'économie japonaise en boycottant leurs produits, la Commission prend le risque de contaminer les populations en Europe. Quitte à aider économiquement le Japon, trouvons d'autres alternatives. L'économie ne doit pas primer au détriment de la santé ! De toute façon, les consommateurs vont boycotter les produits japonais. Toute personne sensée ne va pas acheter du poisson sans connaître son origine.

AE : L'abaissement des normes suffira-t-il à réduire les impacts sur la santé ?... Réponse Ici

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20 avril 2011

La concentration en radioéléments augmenterait-elle ? !!!

Sinon pourquoi ce communiqué alors que la pêche est interdite depuis plus d'une semaine dans un rayon de 30 km autour de la centrale... Il s'agit plutôt du lançon (Japanese sandlance - Ammodytes personatus) dont la pêche est aussi interdite depuis plusieurs jours dans tout le département voisin d'Ibaraki

Les autorités japonaises ont interdit ce mercredi 20 avril la consommation d’anguilles des sables pêchées aux alentours de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima, à cause d’un taux de radioactivité trop élevé.

Le gouvernement a proscrit la vente et la consommation de ces petits poissons dans les ports de pêche de la préfecture de Fukushima, où se situe la centrale Fukushima Daiichi (N° 1, nord-est). Le ministère de la Santé a détecté un taux de 3 900 becquerels par kilogramme d’iode 131 et de 14 400 becquerels/kg de césium 137 dans un de ces poissons. Le gouvernement vient de fixer des limites légales à ne pas dépasser à respectivement 2 000 becquerels/kg et 500 becquerels/kg.

Les pêcheurs professionnels de la préfecture de Fukushima n’exercent plus, nombre de leurs navires ayant été détruits par le tsunami du 11 mars, mais les autorités ont néanmoins décrété cette interdiction de crainte que des particuliers ne pêchent l’anguille des sables pour leur propre consommation. Endommagée par un séisme de magnitude 9 et un tsunami de 14 mètres de haut, la centrale de Fukushima Daiichi a laissé s’échapper des eaux contaminées dans l’océan Pacifique, provoquant une augmentation de la radioactivité dans les algues et les poissons de la zone.

Saumon sauvage

Beaucoup s’interroge sur la contamination du saumon sauvage… Les autorités japonaises donnent des résultats d’analyse pour du saumon keta (Chum salmon) d’Hokkaïdo, cliquer Ici

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18 avril 2011

Radioéléments : Des concentrations anormalement élevées plus au large

Alors que Tepco annonce qu’il faudra 9 mois pour refroidir les réacteurs, la radioactivité de l’eau de mer repart à proximité de la centrale et plus grave elle devient anormalement élevée au-delà du périmètre de 30 km interdit à la pêche.

Selon le ministère des sciences, le niveau de radioactivité de l’eau de mer n’a jamais été aussi élevé au large de la centrale de Fukushima Daiichi. De l'iode-131 radioactif à une concentration de quatre fois le niveau maximal autorisé par la loi, et du césium-137 à une concentration de deux fois le niveau maximal autorisé, ont été détectés dans des échantillons d'eau de mer prélevés à 34 km au large des côtes vendredi 15 avril 2011. Des taux de radioactivité anormalement élevés au-delà du périmètre de 30 km interdit à la pêche !

TEPCO qui ne connait pas le principe de précaution va commencer à analyser la radioactivité des espèces marines à proximité de la centrale après plusieurs millions de litres et fuites d’eaux contaminées déversés en mer… Source : Seawater radiation checks off N-plant to be widened

On peut interdire la consommation des poissons, pas de respirer

Quand va-t-on commencer à analyser le plancton, le premier maillon de la chaîne alimentaire ?

A moins que cette contamination marine soit sans importance.... Selon l'IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire), cette contamination marine reste moins grave qu'une contamination atmosphérique. Elle est beaucoup plus maîtrisable dit M. Charles. On peut interdire la consommation de ces produits, pas de respirer."

Au-delà des côtes japonaises les radio-éléments sont transportés par les courants marins. Comme pour les émissions dans l'air, les radio-éléments sont alors dilués... Source : La contamination préoccupante du milieu marin - Le Monde du 1 avril 2011 et ce n'est pas un poisson d'avril ! "la contamination marine est beaucoup plus maîtrisable. On peut interdire la consommation de ces produits, pas de respirer."

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Le 17 avril 2011

Le courant chaud de Kuroshio (l'équivalent de notre Gulf Stream en atlantique) longe la côte sud-est du Japon. Depuis début avril, il a tendance à monter plus au nord avant d'obliquer vers l'est direction océan Pacifique... Toutefois, les courants marins restent toujours très faibles sur le littoral proche de la centrale de Fukushima Daiichi. Les éléments radio-actifs rejetés en mer par la centrale restent donc concentrés sur la bordure côtière... Ce qui explique la forte contamination de certaines espèces marines et l'interdiction de pêche dans un rayon de 30 km autour de la centrale. Le lançon qui concentre l'iode et le césium radioactifs (plus que les autres espèces pour des raisons non expliquées) est interdit de pêche dans tout le département d'Ibaraki au sud de Fukushima.

La situation peut évoluer quand le courant chaud de Kuroshio sera plus au nord... Les éléments radioactifs seraient alors dilués dans le vaste océan pacifique !!!

(cliquer sur les cartes pour agrandir)

Ces deux cartes sont tirées des bulletins quotidiens de l'administration océanographique du Japon, (la carte de droite est établie d'après une photo satellite transmise par l'administration étatsunienne NOAA qui suit l'évolution de la courantologie et la température de l'eau de mer autour de l'archipel japonais). Pour voir toutes les données, cliquer Ici

Simulation de la dispersion des radionucléides

À la demande de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), l’Université et le CNRS de Toulouse ont simulé la dispersion des radionucléides rejettés en mer par la centrale nucléaire de Fukushima Daichi selon un modèle dénommé SIROCCO.

Les premières hypothèses que nous émettions, sont corroborés par les chercheurs toulousains à savoir une dispersion le long du littoral...

Toutefois, la simulation indique une dispersion vers le nord alors que les premiers poissons (lançons) contaminés à l’iode et au césium radioactifs auraient été pêchés à 80 km au sud de la centrale de Fukushima ? Pour plus d’informations, cliquer SIROCCO

Ministère de l’Agriculture et de la Pêche : Analyse de l’iode et du césium radioactifs dans les produits de la mer des départements de Fukushima, d’Ibaraki et Chiba (situation au 15 avril 2011)… Pour télécharger le tableau cliquer Ici

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Le 15 avril 2011

Radioactivité : Océaniens mais aussi Espagnols veulent en savoir plus

Une équipe de scientifiques espagnols, qui poursuit actuellement un tour du monde à bord d’un navire océanographique, dans le cadre d’une étude sur les effets des changements climatiques sur les écosystèmes sous-marins, a indiqué son intention de réorienter ses recherches sur un éventuel impact des incidents de la centrale nucléaire japonaise de Fukushima sur la région Pacifique.... Les membres de cette expédition de sept mois baptisée « Malaspina », après avoir fait leur dernière escale à Sydney, se trouvent en milieu de semaine dans le port d’Auckland.

« Nous allons maintenant ajouter un élément à nos recherches, qui n’était de toute évidence pas prévu au départ (…) en raison du rejet de volume significatifs de radio-isotopes », a indiqué le professeur Carlos Duarte, chef de l’expédition. Ces recherches (à bord du navire Hesperides de la marine espagnole) devraient se concentrer sur la partie centrale de la région Pacifique….

En début de semaine, lundi 11 avril 2011, une organisation non gouvernementale océanienne, la Pacific Conference of Churches (PCC), tout en exprimant ses condoléances au peuple japonais, soulignait sa « grave préoccupation au sujet des fuites de radiations émanant des réacteurs endommagés à Fukushima ». « Le PCC condamne comme inacceptable la décision du gouvernement japonais de pomper l’eau de mer pour refroidir les réacteurs pour ensuite rejeter cette eau dans notre Océan Pacifique. Cette eau de mer irradiée pose une menace durable aux écosystèmes du Pacifique et aux communautés insulaires qui dépendent de l’environnement marin pour survivre et posséder un sentiment d’identité », poursuit l’association dans un communiqué. Le PCC, qui fut aussi en pointe, au cours des dix dernières années, dans l’opposition au transport de déchets nucléaires à travers le Pacifique, réitère par ailleurs sa condamnation de l’usage de centrale nucléaires et « demande à la communauté internationale de plaider en faveur de l’adoption d’énergies propres et renouvelables ».

Greenpeace et son antenne dédiée au Pacifique réagissait elle aussi ces derniers jours en dénonçant « une crise qui est encore largement hors de contrôle ». « Il est donc encore trop tôt pour savoir quel impact le rejet de ces substances dangereuses aura sur les communautés océaniennes, sur leurs stocks de poisson, en particulier dans le Pacifique Nord-ouest et Nord-est », a estimé Josephine Prasad, porte-parole de Greenpeace Pacific, tout en rappelant que la première campagne lancée par cette ONG, en 1971, se plaçait en opposition au nucléaire et que cette campagne s’est poursuivie dans les années 1980 contre les essais français en Polynésie.

Début avril 2011, John Hampton, spécialiste en gestion des ressources halieutiques au Secrétariat Général de la Communauté du Pacifique (CPS, basé à Nouméa), n’envisageait pas de danger immédiat du fait de la situation nucléaire japonaise sur les stocks de poisson (et en particulier de thon) dans les mers du Pacifique. Il basait alors se raisonnement à la fois sur les schémas migratoire de thonidés et le facteur « dilution » dans les énormes masses d’eau de cet Océan. Tahiti infos : Retombées radioactives de Fukushima dans le Pacifique : une équipe espagnole veut en savoir plus

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Le 14 avril 2011

Fukushima : Conséquences diplomatiques

Les dernières annonces officielles pourraient accentuer les problèmes diplomatiques rencontrés avec les pays voisins du Japon. La semaine dernière, le déversement dans l'océan Pacifique d'une dizaine de milliers de mètres cubes d'eau radioactive avait inquiété la Chine, la Russie et la Corée du Sud. Le ministre des affaires étrangères japonais avait alors assuré que cette opération n'était pas contraire aux conventions internationales (1). Le relèvement du niveau de gravité au maximum de l'Ines, ravive les inquiétudes. Interrogé par Reuters, Kenji Sumita, un expert de l'université d'Osaka, estime que cela "a de graves conséquences diplomatiques" car "c'est dire aux gens que l'accident peut potentiellement poser problème à nos voisins."

Ainsi, la Chine a réitéré ses craintes et a demandé aux autorités japonaises des informations précises sur la situation. Hong Lei, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, a déclaré que la Chine "[espère] que le Japon va fournir des informations d'une manière opportune, précise et complète", selon des propos rapportés par l'AFP. Par ailleurs, la Chine étend progressivement son embargo sur les denrées en provenance du Japon. Source Actu-Environnement : Fukushima : la catastrophe élevée au niveau d'accident nucléaire "majeur"

(1) Le déversement de l'eau dans l'océan inquiète les pays voisins :

Cependant, ces progrès ne mettent pas totalement fin à la contamination puisque l'opérateur de Fukushima a débuté, lundi 4 avril, le déversement dans l'océan 11.500 m3 d'eau radioactive. Le niveau de radioactivité de cette eau est estimé à 100 fois la norme, ce qui est présenté par l'opérateur de Fukushima comme "relativement faible." L'opération devrait s'étaler sur cinq jours et les déversements auront lieu au large à environ 250 km de la centrale afin que la dispersion des éléments radioactifs ait un impact limité sur les côtes japonaises. L'opération vise à libérer les réservoirs présents sur le site afin d'y stocker de l'eau beaucoup plus contaminée, pour un volume de 10.000 m3, et à évacuer 1.500 m3 accumulés dans les sous-sols à proximité des réacteurs 5 et 6.

Une initiative qui a soulevé de vives critiques de la part de la Fédération nationale des coopératives de pêche (NFFC) qui a qualifié d'"outrage" la décision prise par Tepco et les autorités sans concertation préalable. Du côté de Tepco, un porte-parole en larme a déclaré à la télévision japonaise ne pouvoir "exprimer combien [Tepco est désolé]."

D'autre part, à l'annonce de l'opération, la Corée du Sud s'est inquiétée et a demandé au japon l'autorisation de vérifier le taux de radioactivité de l'eau sur les lieux du déversement. De même, un membre de l'Académie des sciences russe, Boris Preobrazhensky, s'est lui inquiété des risques supportés par les poissons migrateurs et de l'impact pour les pêcheries russes. L'agence Kyodo rapporte que Takeaki Matsumto, ministre japonais des affaires étrangères, est monté au créneau pour assurer que le déversement de cette eau n'est pas contraire aux traités internationaux. En particulier il a assuré que la mesure ne viole pas la Convention sur la notification rapide d'un accident nucléaire, signée en 1986. Le ministre a expliqué avoir informé l'AIEA, plutôt que les pays riverains, conformément à la Convention. De même le gouvernement dit faire tout son possible pour limiter la contamination, conformément à la Convention sur les droits de la mer de 1982. Source : Actu-Environnement : Fukushima : Les difficultés se succèdent

Des champs de riz trop contaminés : La commune d'Iitate serait particulièrement affectée

L'Association pour le Contrôle de la radioactivité dans l'Ouest (Acro) annonce ce mardi avoir analysé des échantillons de terre et d'eau en provenance des municipalités d’Iitate, de Kawamata et de Fukushima, situées entre 40 km et 50 km au Nord Ouest de la centrale accidentée. Les résultats, consultables sur le site de l'association, témoignent de niveaux de contamination élevés au césium 137, dont la demi-vie est de 30 ans. "Le gouvernement japonais vient de fixer à 5.000 Bq de césium 137 par kg de terre la limite au-dessus de laquelle il ne sera pas possible de cultiver le riz", explique l'Arco ajoutant que "tous les sols d’Iitate mesurés par l'Acro sont au-dessus de cette limite [et] seul le champ de riz d'Iisaka dans la commune de Kawamata est en dessous." L'association a enregistré une contamination au césium allant jusqu'à 39.600 Bq par kg de terre sur la commune d'Iitate.

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Le 13 avril 2011

« Le Japon exagère la gravité de Fukushima »

Le directeur de l'Agence russe de l'énergie atomique (Rosatom), Sergueï Kirienko, a déclaré mercredi 13 avril 2011 que le Japon exagérait la gravité de l'accident de la centrale nucléaire de Fukushima, peut-être pour des raisons financières.

M. Kirienko s'adressait à des journalistes à Sanya, dans le sud de la Chine, à la veille d'une réunion des grands pays émergents ou BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud). Le responsable russe commentait la décision de l'Agence japonaise de sûreté nucléaire, annoncée la veille, d'élever l'accident de Fukushima au niveau 7, le niveau maximal, sur l'échelle des événements nucléaires et radiologiques (INES), le plaçant ainsi au même niveau que la catastrophe de Tchernobyl. « Il est difficile pour moi d'évaluer pourquoi les collègues japonais ont pris cette décision », a déclaré M. Kirienko. « Je soupçonne que c'est plus une question financière qu'une question nucléaire. » « Je suppose que cela pourrait être lié à la définition de la force majeure en ce qui concerne les assurances? Je crois qu'il faut regarder cela avec attention. C'est un peu étrange », a poursuivi le responsable russe.

M. Kirienko a déclaré qu'initialement les autorités japonaises avaient cherché à minimiser le niveau de l'accident de Fukushima mais qu'à présent la situation à la centrale était en train de s'améliorer. « Nos estimations ont montré que le niveau était situé entre 5 et 6. Aujourd'hui, il n'atteint pas le niveau 6 », a-t-il insisté. Source : 7/7

De son côté, Greenpeace international plaide pour une extension de la zone d’évacuation

Les Japonais vivant dans les environs de la centrale de Fukushima Daiichi (N°1) ne savent pas s'ils peuvent ou non manger leurs propres légumes en toute sécurité, a indiqué mercredi 13 avril 2011 Jan Vande Putte, de Greenpeace. Ce dernier revient précisément du Japon, où il a coordonné les tests de radioactivité de Greenpeace International dans la préfecture de Fukushima.

Des mesures ont été effectuées en 261 points situés en dehors de la zone d'évacuation de la centrale. Les résultats sont jugés inquiétants. Ainsi, une forte concentration de Césium 137 a été relevée dans les villes de Fukushima et Koriyama, toutes deux situées à quelque 60 km de la centrale. Greenpeace plaide dès lors pour une extension de la zone d'évacuation. A défaut, il y a lieu d'évacuer les petits enfants et les femmes enceintes, et de fermer les écoles, qu'il faut déplacer ailleurs, dans des zones moins contaminées. Les chercheurs ont également relevé des niveaux de radioactivité supérieurs aux normes dans des légumes cultivés dans des jardins, et dans un échantillon provenant d'un supermarché de la ville de Fukushima.

"Les populations sont mal informées car elles ne connaissent pas la signification des résultats qui sont communiqués par les autorités", a commenté M. Vande Putte, lors d'un point presse à Bruxelles. "Les données des autorités et de Greenpeace sont similaires, mais leur interprétation est différente", a-t-il expliqué. A cet effet, une lettre a été adressée par Greenpeace au Premier ministre japonais, comprenant des questions précises sur la publication des données. Source : « L'information est incompréhensible »

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Le 12 avril 2011

Le courant froid d’Oyashio protège les pêcheries russes !


La direction que prennent les courants de la mer du Japon exclut la présence de substances radioactives dans la mer du Japon, a indiqué Guennadi Khen du laboratoire d'océanographie industrielle du Centre d'industrie de pêche du Pacifique (TINTRO-Centre), selon ITAR-TASS.

Les courants empêchent l'entrée dans la mer du Japon de toutes substances nocives provenant du littoral oriental du Japon. Le courant froid Oyashio naît au large des îles Kouriles et baigne au nord de Hokkaido. Près du site de l'accident de la centrale Fukushima-1, il croise un autre courant Kuroshio, le fusionne pour faire route vers le Pacifique. Le scientifique a rappelé que le niveau de l'eau en mer du Japon est supérieur de cinq mètres à celui du niveau de l'eau du Pacifique, l'entrée de substances néfastes par le détroit de Sungari étant totalement exclue.

En ce qui concerne les vents, ils soufflent à l'est ou au nord-est. Les masses d'air en provenance du Japon atteignent très rarement le territoire du Primorie (Extrême-Orient russe). Des cas analogues sont recensés en été uniquement. Pour le moment, il n'y a aucune raison d'évoquer un éventuel risque de pollution couru par cette région russe, rapporte ITAR-TASS.

Un autre spécialiste de TINTRO-Centre, Vladimir Touponogov, estime que les zones de pêche russes ne courent, elles aussi, aucun risque de contamination. La zone de pêche russe, située dans le Pacifique, ne court aucun risque de pollution. Un type de poisson particulier, le saury, est pêché au nord du Japon à partir de l'été. Cette espèce du poisson ne vit que deux ans. D'autres espèces de poissons sont pêchées à une distance importante du site de l'accident.

Selon TINTRO-Centre, l'accumulation de substances nocives dans la chaire du poisson prend assez de temps alors que la semi-désintégration de l'iode ne dure que huit jours. Les particularités hydrologiques de cette région excluent une éventuelle entrée du plancton dangereux en mer du Japon au moment actuel, rapporte ITAR-TASS.

TINTRO-Centre continue à effectuer le mesurage dosimétrique de l'environnement et du poisson pris dans les ports extrême-orientaux. Quatre navires transportant des scientifiques dont le Professeur Kiziwetter et le Professeur Levanidov qui procèdent au mesurage en mer du Japon au large du littoral occidental du Kamtchatka, le TINTRO, dans le nord-ouest du Pacifique, et le Professeur Kaganovski, au large des Kouriles du Sud. Les spécialistes prélèvent des échantillons d'eau, mesurent le niveau de radioactivité et examinent la teneur en éléments radioactifs dans les échantillons de la faune marine. A en croire les informations fournies par tous les navires, le niveau de radioactivité correspond à la norme admise. Source : Voix de Russie : Mer du Japon : absence de radioactivité grâce aux courants marins

Selon, les scientifiques chinois les courants "voyagent" en direction du sud-est vers les Philippines !!!

Les experts nucléaires et océaniques de Shanghai essaient de calmer les craintes qui se sont répandues au sujet de la sécurité des produits de la mer, disant que la probabilité que de les eaux contaminées provenant de la centrale nucléaire japonaise endommagée de Fukushima n'atteignent les régions côtières de la Chine demeuraient faibles.

Tokyo Electric Power Co a déversé plus de 10 000 tonnes d'eau radioactive dans le Pacifique, alimentant des inquiétudes au sujet des impacts possibles sur la vie marine et la sécurité des approvisionnements alimentaires de la Chine.

Tang Wenqiao, Professeur à l'Université Océanique de Shanghai et spécialisé dans la pêche et les sciences océaniques, a déclaré au Global Times que les courants océaniques provenant des eaux situées à proximité de Fukushima n'atteindraient pas la Mer de Chine Orientale ou la Mer Jaune avant la fin de l'été. « Les courants qui viennent du Japon voyagent en direction du Sud-Est vers les Philippines, ce qui fait que les eaux radioactives n'atteindront pas les eaux côtières de la Chine », a dit le Professeur Tang. Il a ajouté que quand les courants océaniques atteindront les zones côtières de la Chine, les éléments radioactifs auront été dilués, parce que la pollution nucléaire s'amoindrit au fur et à mesure qu'elle s'éloigne de sa source, et les produits de la mer et l'eau en Chine demeureront dans les niveaux de sécurité édictés par l'Organisation Mondiale de la Santé.

D'après Fan Shoulin, Président de l'Association Commerciale des Pêcheries de Shanghai, seuls 2% des 800 000 tonnes annuelles de la ville sont venues du Japon l'année dernière. « La majorité des produits de la mer fournis localement est élevée dans des fermes marines situées le long des côtes de la Mer de Chine Orientale, qui n'ont pas été touchées par les fuites radioactives ». Il a ajouté que les pêcheurs locaux partent habituellement vers le pacifique entre mai et novembre, dans des eaux situées à environ 300 miles nautiques de la centrale, trop loin pour qu'elles soient touchées par la contamination.

Cependant, d'après M. Fan, il est nécessaire que les autorités accentuent la surveillance de l'alimentation, afin d'assurer que les produits alimentaires importés du Japon sont sûrs pour la consommation publique. Le Centre Chinois pour le Contrôle et la Prévention des Maladies a confirmé qu'il n'avait trouvé aucun élément radioactif dans le lait ou l'eau potable…. Chen Wei, directeur du Département National de Contrôle de Sécurité des Radiations au Bureau de Protection de l'Environnement de Shanghai, a déclaré lundi au Global Times que les autorités continuaient à surveiller la situation. Source : Les scientifiques chinois rassurants sur la sécurité alimentaire (Quotidien du Peuple)

Tokyo n'a pas informé à temps les états voisins du déversement de l’eau radioactive

Le premier ministre japonais Naoto Kan a reconnu que Tokyo avait commis l’erreur de ne pas informer à temps les états voisins du déversement dans l’océan de l’eau radioactive provenant la centrale accidentée de Fukushima-1.

Il a dit que le Japon aurait dû donner des explications nettes des actions entreprises par le personnel de la centrale. La Chine et la Corée du Sud ont exprimé leur préoccupation face au rejet dans l’océan de 11,5 tonnes d’eau faiblement radioactive. Source : Voix de la Russie

Japon. L'accident de Fukushima passe au niveau 7

Le Japon a de nouveau été frappé ce matin par un séisme de magnitude 6,4. Une réplique ressentie à Tokyo, déjà fragilisée hier par un tremblement de terre de magnitude 6,6. L'Agence japonaise de sûreté nucléaire a par ailleurs élevé ce matin au niveau maximum de 7 l'accident nucléaire de Fukushima, au même degré que Tchernobyl, tout en précisant que les radiations ne représentent que 10% de celles enregistrées en Ukraine en 1986.

Pékin exige à nouveau des informations "précises" du Japon

La Chine a de nouveau demandé que le Japon fournisse des informations "précises et complètes" sur la situation à la centrale nucléaire de Fukushima. "Nous espérons que les mesures prises par le Japon vont permettre d'améliorer efficacement la situation", a déclaré Hong Lei, porte-parole du ministère des Affaires étrangères 11H10. Fukushima: la situation se stabilise "pas à pas", affirme le Premier ministre

A Tokyo, les légumes de Fukushima s'achètent par solidarité

Asperges, tomates ou fraises, les fruits et légumes récoltés à une cinquantaine de kilomètres de la centrale de Fukushima se sont arrachés mardi sur un marché spécialement organisé pour soutenir les agriculteurs affectés par la catastrophe. Source : Le Télégramme

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Le 10 avril 2011

Rejets radioactifs de Fukushima : Bioaccumulation ou dispersion océanique ?

La dispersion des rejets radioactifs dans l’océan dilue la pollution selon Tepco, l’exploitant de la centrale nucléaire de Fukushima Daïchi… Alors que la dispersion biologique diffuse puis concentre la pollution radioactive dans la chaîne alimentaire marine selon des biologistes marins…

Deux thèses s'affrontent... Dilution radioactive dans l’océan et bioaccumulation dans la chaîne alimentaire...

Réflexion d’un lecteur de La Tribune de Genève : Fukushima Daiichi au Japon et Le voyage des poisons.

Assis devant son écran, bien tranquillement, ordispectateurs nous allons vous présenter le voyage des poisons.

Cela commence avec les anguilles : L’anguille d'Europe ou anguille commune (Anguilla anguilla) est une espèce de poisson serpentiforme mesurant de 40 cm à 150 cm et pesant jusqu'à 4 kg pour les femelles.

L’anguille est une voyageuse et son territoire et vaste.

L’anguille se nourrit de vase et absorbe déjà en grande quantité es produits reprotoxiques plomb ou des perturbateurs endocrininiens dont le mercure ou certains PFC dangereux pour l’humain mais en plus quand elle pond. Des études écotoxicologiques récentes laissent penser que l'anguille pourrait transmettre à ses œufs et à la génération suivante une partie de sa charge en certains polluants persistants. Lorsque les adultes repartent pondre en mer, ils consomment leurs réserves de graisses, lesquelles avaient concentré de nombreux polluants.

Vous vous imaginez bien que si c’est valable pour l’anguille ce n’est pas différent pour les autres poissons.

L’anguille ne fait pas que transmettre dans et à travers les nouvelles générations certains polluants persistants, les anguilles ont des prédateurs qui ont eux-mêmes absorber des polluants.

Et ainsi de suite....

Alors vous imaginez bien que nos anguilles japonaises et ses copains les autres poisons vont traverser les océans et se faire manger par des prédateurs et vont continuer à pondre des œufs radioactifs à trois têtes, avec un cancer ? Quand nous parlons de prédateurs nous incluons les prédateurs volants comme les mouettes ou autres oiseaux à trois becs. Et aussi les prédateurs terrestres comme vous et moi et les animaux qui nous entourent à six pattes.

Puis vous les hommes vous vous croyez à l’abri à quelques milliers de kilomètre parce que l’on interdit certains produits japonais et que l’on vous tient un discours fait pour endormir les enfants ?

Foutaise !

Dans votre assiette va se retrouver l’anguille, mangée par un thon que vous retrouverez dans votre salade…. Suite dans la Tribune de Genève, cliquer Ici

Foutaise tout ceci ! Doivent penser certains spécialistes en radio-écologie marine….

Lire l’article publié le 6 avril 2011 dans la revue scientifique étatsunienne Science : Primer: Will Radiation Lay Waste to Japan's Fish?

Pourtant, les analystes ne croient pas que des niveaux élevés de radioactivité dans les poissons puissent nuire à la santé humaine. Par exemple, parce qu'il ne faut que 8 jours pour que l'iode131 perde la moitié de sa radioactivité… Il suffit d’attendre et tout disparaitra… Cependant, le Césium 137 qui peut s'accumuler dans les muscles, pose plus de problème du fait qu’il ne perd la moitié de sa radioactivité qu’au bout de 30 ans….

En outre, les crustacés qui vivent dans l'océan, sont extrêmement robustes et résistants aux radiations, selon le radio-écologue marin Bruno Fievet de l'IRSN, l'Institut français de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire. « Le niveau de rayonnement nécessaire pour tuer les espèces marines ou même les blesser, est dans un ordre de grandeur qui ne peut nuire à un être humain », dit Fievet, qui étudie les effets des centrales nucléaires sur le développement de larves de crustacés. Lorsque les chercheurs apportent des échantillons d'espèces marines au laboratoire pour étudier si les rayonnements peuvent provoquer des mutations, ils les exposent aux rayons gamma, le même genre de rayonnement utilisé pour stériliser le matériel et la nourriture. Le niveau de rayonnement utilisé par Fievet dans son laboratoire est beaucoup plus élevé que le rayonnement dans l'eau autour de Fukushima.

Dilution dans l’océan ou bioaccumulation dans les algues brunes

Mais, la vie marine dans la zone côtière est exposée à un rayonnement à travers une « route » plus directe. Contrairement aux rayons gamma qui traverse les cellules, les plantes et les animaux absorbent les particules de césium et d’iode radioactifs, en fixant ces isotopes directement dans leurs tissus. Cette irradiation de l'intérieur peut causer des changements génétiques et nuire à la croissance et à la reproduction, même si elle n'est pas assez puissante pour tuer les espèces. « Cependant, les scientifiques ne savent pas quels seront les effets », dit Fievet, « parce que la manipulation de ces radionucléides est tout simplement trop difficile à faire en toute sécurité et efficacement dans le laboratoire ».

Dans le monde entier, des radio-écologistes de l'IRSN, de laboratoires étatsuniens et d’universités spécialisés dans l'énergie atomique, commencent à programmer des travaux pour connaitre l’influence de la radioactivité dans la chaine alimentaire et son accumulation dans les organismes, ce qu’on appelle la « bioaccumulation »... Certaines espèces, comme les algues brunes sont extrêmement efficaces en matière de bioaccumulation. Dominique Boust, un autre radio-écologiste marin à l'IRSN, dit que les algues peuvent stocker l'iode 137 dans ses tissus à une concentration 100.000 fois plus grande que… (En fait, la culture d'algues brunes au large des côtes de Fukushima a même été proposée comme un moyen de nettoyer l'eau, bien que la plupart des scientifiques ne crois pas que ce soit une bonne solution). Le meilleur nettoyant selon Fievet, est la dilution massive dans l'océan Pacifique.

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Japon de plus en plus isolé... Tepco s'excuse… Mais, le mal est déjà fait !

L'opérateur nucléaire japonais Tepco a formulé samedi 9 avril 2011 des excuses pour les fuites radioactives émanant de la centrale de Fukushima-Daiichi, tandis que l'agence de sûreté nucléaire annonçait que le déversement d'eau radioactive en mer durerait jusqu'à dimanche.

Les excuses de Tokyo Electric Power sont intervenues au lendemain des craintes exprimées par la Chine et la Corée du Sud au sujet de la vidange des eaux contaminées de la centrale nippone frappée par le séisme et le tsunami du 11 mars, signe d'un malaise croissant face à cette crise.

« Il y a près d'un mois que ce tremblement de terre a eu lieu. Je souhaite exprimer des excuses du fond de mon coeur pour les inquiétudes et les problèmes que nous causons à la société en raison de la fuite de matières radioactives dans l'atmosphère et l'eau de mer », a dit Sakae Muto, l'un des vice-présidents de Tepco, lors d'une conférence de presse.

« Nous avons suscité des inquiétudes et des difficultés en prenant cette décision sans prendre assez de temps pour expliquer la question au préalable aux personnes affectées, à la presse, à l'industrie de la pêche et aux peuples d'outre-mer, ce dont nous sommes navrés », a-t-il ajouté.

Le Japon de plus en plus isolé et critiqué

A Djakarta, le ministre nippon des Affaires étrangères Takeaki Matsumoto a exposé samedi la politique anticrise du Japon à ses homologues des dix pays asiatiques de l'Asean. Son porte-parole Satoru Sato a exhorté les voisins du Japon à ne pas exagérer les faibles taux de radioactivité enregistrés. « Nous sommes réellement navrés que les centrales nucléaires aient été la cause de ces craintes et de ces soucis dans le monde entier, mais il vous faut contrôler le degré de radioactivité dont parle l'AIEA », a dit le porte-parole…

Plusieurs Etats ont restreint les importations de produits alimentaires en provenance du Japon.

La Chine va interdire les produits agricoles de 12 régions japonaises, ont fait savoir les autorités sanitaires du pays. Pékin avait annoncé auparavant son intention de surveiller de près les initiatives du Japon, en s'inquiétant des effets du déversement d'eau radioactive en mer sur l'environnement. Satoru Sato, porte-parole du chef de la diplomatie nippone, a déclaré sur ce point : "La Chine est pleinement en droit de prendre des mesures nécessaires, mais nous espérons que ces mesures seront raisonnables." La Corée du Sud a aussi critiqué le Japon, lui reprochant de ne pas avoir informé ses voisins de ces rejets dans l'océan. Source : Tepco présente des excuses pour les fuites radioactives (Reuters)

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Fukushima : Reste d'animaux abandonnés à la radioactivité !

Un journaliste japonais, Tetsuo Jimbon, circule dans la zone interdite des 20 km autour de la centrale de Fukushima... Armé d'un compteur Geiger, le journaliste constate aux crépitements de son appareil le degré de toxicité des émanations. Il nous offre des images prises à moins de 1,5 km de la centrale en bordure de mer dévastée.... Chiens et vaches errent dans ce no man's land !!!!


Le gouvernement élargit la zone d'évacuation autour de la centrale

Une zone d'évacuation de 20 km autour de la centrale de Fukushima était actuellement en vigueur. Le gouvernement a décidé ce lundi matin d'élargir cet espace. "C'est une chose très difficile, mais nous allons demander aux populations concernées de partir dans le mois à venir", précise Yukio Edano, porte-parole du gouvernement. Au-delà des 20 km, il est prévu d'ordonner aux habitants de localités précises, et non dans un périmètre circulaire donné, de quitter leur domicile. Le gouvernement prendra pour cela en compte les mesures de radioactivité effectuées et le cumul des radiations que les humains sont susceptibles d'y recevoir sur une longue durée.

Greenpeace appelle à l'extension de la zone d'exclusion

La demande de Greenpeace a été faite alors que le gouvernement a indiqué étudier la possibilité de réviser les contours de cette zone, qui couvre actuellement un rayon de 20 km autour de la centrale, d'où ont été évacués quelque 80.000 habitants. "Elle ne restera pas un cercle. Nous allons prendre en compte l'analyse détaillée des relevés (de contamination) et de la géographie des lieux", précise ce matin Yukio Edano, le porte-parole du gouvernement. (Source : Le Télégramme)

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Le 9 avril 2011

Des chercheurs toulousains modélisent la dispersion des émissions radioactives en mer

À la demande de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), l’Université de Toulouse a simulé la dispersion dans l'eau de mer de radionucléides émis par la centrale nucléaire de Fukushima Daichi selon un modèle dénommé SIROCCO.

Les premières hypothèses que nous émettions, sont corroborés par les chercheurs toulousains à savoir une dispersion le long du littoral (voir ci-dessous)... Toutefois, la simulation sur la carte (à gauche) indique une dispersion vers le nord alors que les premiers poissons (lançons) contaminés à l’iode et au césium radioactifs auraient été pêchés à 80 km au sud de la centrale de Fukushima ?

Les chercheurs toulousains émettent toutefois des réserves, « La centrale nucléaire de Fukushima a rejeté dans l'atmosphère et l'eau de mer des radionucléides à des moments différents et à des quantités variables. Un modèle de dispersion a besoin d'une bonne connaissance des sources pour être en mesure de calculer correctement la dispersion. Bien sûr, très peu d'informations est disponible pour construire des scénarios élaborés des émissions radionucléides. Par ailleurs, l'évolution de la dispersion dans la mer exige également de savoir très bien le comportement des radionucléides, par exemple la fraction qui est dissous dans l'eau de mer, la fraction particulaire et sa vitesse de sédimentation associés. Même si nous savions tous ces renseignements, les radionucléides peuvent agréger des particules marines et leur vitesse de sédimentation peuvent évoluer. Enfin, les courants océaniques calculés par notre modèle ne sont pas la réalité : ils sont le résultat d'équations mathématiques trop simples pour représenter pleinement la complexité de la nature. Le vent qui pousse fortement les courants océaniques, est également une prévision dont l'exactitude n'est pas connu…. » Pour plus d’informations cliquer Ici

L'IRSN se veut rassurant

De son côté, l’IRSN (Institut de radioprotection et de sureté nucléaire) a publié le 4 avril 2011 un rapport « Impact sur le milieu marin des rejets radioactifs consécutifs à l’accident nucléaire de Fukushima-Daiichi » dans lequel une carte projette la dispersion des radionucléides dans l’océan Pacifique vers le grand large (carte à droite). Pour télécharger le document cliquer Ici

Or depuis le 11 mars 2011, aucun courant marin d'envergure ne longe la bordure côtière de Fukushima pour éloigner et disperser la radioactivité dans le vaste océan Pacifique. Le Kuroshio (l’équivalent de notre Gulf Stream en Atlantique nord) passe actuellement nettement plus au large même s’il a tendance à remonter vers le nord.

Pendant ce temps, le cycle biologique continue de tourner : Phytoplancton, zooplancton, coquillage, algue, poisson,.... fixent les éléments radioactifs près des côtes.... Quand le courant chaud Kuroshio venant du sud arrivera sur la côte de Fukushima, il sera trop tard... Tous les éléments radioactifs seront fixés près de la côte !!!

Pourtant dans ce même document, l’IRSN donne des projections sur la chaine trophique marine pas très rassurantes, « A court terme, l’ensemble des maillons des chaînes trophiques marines du domaine côtier proche de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi risque d’être impacté par la pollution radioactive de l’eau de mer. Pour le moment, il est difficile de quantifier l’importance de cet impact, qui peut être très variable en fonction :

  • de l’importance et de la poursuite de rejets radioactifs liquides de la centrale nucléaire ;
  • des retombées atmosphériques sur la surface de la mer ;
  • des apports de radionucléides par le réseau hydrographique drainant les territoires contaminés ;
  • du renouvellement des masses d’eaux sur le littoral, etc.

Une attention particulière devra être apportée aux installations aquacoles (algues, mollusques et poissons) situées sur le littoral proche de la centrale nucléaire, même si il est probable que ces installations ont été sévèrement affectées par le tsunami du 11 mars. L'iode a une forte affinité pour les algues brunes qui font l'objet d'une exploitation importante au Japon. Il existe donc un risque de contamination de ce type d’algues par des iodes radioactifs, notamment l’iode 131. Toutefois, compte tenu de la courte période radioactive de ce radionucléide, ce risque ne sera significatif que pendant quelques mois.

À plus long terme, c’est la zone côtière soumise aux apports de radionucléides par lessivage des bassins versants contaminés qui pourraient être impactée par une pollution radioactive persistante.

► Des phénomènes de remise en suspension de sédiments contaminés pourraient également contribuer à maintenir des niveaux de concentration significatifs de certains radionucléides dans l'eau et dans certaines espèces vivantes.

► Des phénomènes d’accumulation dans les espèces vivantes pourraient conduire à des concentrations supérieures à celles mesurées dans l’eau, d’un facteur 10 à quelques milliers suivant le radionucléide et l’espèce considérés (rapport entre les concentrations massiques dans l’espèce et dans l’eau de mer). La capacité d’accumulation dépend du métabolisme de chaque espèce, A titre d’exemples, pour le césium, les facteurs de concentration varient de 50 pour les mollusques et les algues à 400 pour les poissons. Pour l’iode, les facteurs de concentration varient de 15 pour les poissons à 10 000 pour les algues. Ces phénomènes d’accumulation sont de nature à justifier la mise en place de programmes de surveillance radiologique, sur des zones géographiques dont l’étendue devrait être précisée par des études cartographiques à caractère prédictif, des espèces végétales et animales entrant directement ou indirectement dans la chaîne alimentaire humaine.»

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Hypothèse à la date du 5 avril 2011

Le courant chaud de Kuroshio passe toujours plus au sud du littoral de Fukushima... Les éléments radio-actifs rejetés en mer par la centrale restent donc concentrés sur la bordure côtière et ils ne sont pas envoyés très loin au large dans l'océan Pacifique pour le moment... La situation peut changer quand le courant chaud de Kuroshio sera plus au nord...

(Cliquer sur les cartes pour agrandir)

Le fort courant chaud de Kuroshio n'atteint donc pas la côte de Fukushima... Malheureusement, l'institut océanographique japonais a arrêté de donner des informations sur cette zone côtière depuis le séisme/tsunami... alors que deux cartes avec cette précision étaient programmés (le 18 mars 2011 et le 1 avril 2011), cliquer ici

Dès lors, le seul moyen d'interprétation est la carte satellitaire quotidienne de l'administration étatsunienne Noaa qui montre une stabilisation des températures de l'eau le long de la côte de Fukushima... On peut en déduire qu'il n'y a pas d'évolution de la courantologie, cliquer Ici



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Le 8 avril 2011

Rejets radioactifs en mer, involontaires et volontaires…

Les pays voisins du Japon s’inquiètent de la forte contamination en mer et des décisions de Tepco et le font savoir…


En plus de la centrale de Fukushima, celle d'Onagawa, à une centaine de km plus au nord, laisserait filtrer de l'eau radioactive après une forte réplique sismique le jeudi 7 avril 2011 : De petits débordements d'eau faiblement radioactive ont lieu au niveau des piscines de désactivation de combustible usé à la centrale nucléaire d'Onagawa (nord-est) à cause du séisme d'hier soir. "En raison des secousses, plusieurs anomalies ont été relevées dans les bâtiments des réacteurs, notamment le n°2", a expliqué un responsable de l'Agence, soulignant toutefois que le niveau de radioactivité était "très inférieur" à la limite légale. Tohoku Electric Power exploite cette centrale qui compte trois réacteurs. Source : Le Télégramme

Le ministère chinois des Affaires étrangères a exprimé ce vendredi 8 avril 2011 ses inquiétudes concernant la persistance des fuites radioactives qui s'échappent de la centrale nucléaire de Fukushima…. Le gouvernement de Pékin a appelé Tokyo à prendre des mesures pour assurer la protection de l'environnement marin. L’océan Pacifique, s’il constitue un «réservoir» où les produits radioactifs devraient se diluer, est fragile. Toute la biodiversité marine subit, aux abords de la centrale, une très forte contamination dont les conséquences à moyen et long termes sont toujours inconnues.

«Comme notre voisin japonais, nous exprimons naturellement notre inquiétude. Nous espérons que le Japon va agir conformément au droit international et adopter des mesures efficaces pour protéger l'environnement marin», a déclaré Hong Lei, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, dans un communiqué. «La Chine suit avec attention l'évolution et maintient un contact étroit avec le Japon tout en continuant à mener ses propres évaluations. Nous demandons que le Japon fournisse à la Chine toutes les informations nécessaires de manière rapide, complète et précise», a ajouté ce responsable. Source : Reuters via 20 Minutes)

La Russie est inquiétée par le déversement des eaux radioactives de la centrale nucléaires nipponne Fukushima 1 en Océan Pacifique au regard du risque de contamination des eaux baignant l’Extrême-Orient russe. C’est ce qu’a déclaré l’ambassadeur de Russie au Japon Mikhaïl Bélyï. D’après lui, la partie russe n’en a été informée qu’après.

« Nous comprenons que c’est une mesure forcée, destinée à prévenir des complications de la situation à la centrale nucléaire, a noté M. Bélyï. – Néanmoins nous avons appelé la partie japonaise d’entreprendre des démarches nécessaires afin de pronostiquer le mouvement des eaux contaminées en océan, compte tenu des courants et de nous informer des résultats de ce travail ». Source : Voix de Russie

Pour rappel :

Les opérations de rejets en mer de 11.500 tonnes d'eau faiblement radioactive, selon Tepco, doivent se poursuivre jusqu'à samedi 9 avril 2011 en face de la centrale de Fukushima Dai-Ichi et à 250 kilomètres seulement de la mégapole de Tokyo et de ses 35 millions d'habitants. L'évacuation de cette eau dans l'océan, où les radioéléments sont censés se diluer, est nécessaire afin de libérer des cuves de stockage destinées à être remplies d'eau hautement radioactive qui s'est accumulée dans les installations et les galeries techniques des réacteurs 2 et 3. Cette eau polluée contient notamment de l'iode 131, dont la durée de vie se réduit de moitié tous les huit jours, et surtout du césium 137, qui lui reste actif pendant des décennies.

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Le 7 avril 2011

Impact radioactif du plancton au pêcheur…


La radioactivité larguée dans l’océan va impacter toute la chaine alimentaire… jusqu’à la pêche côtière…

Extrait de l’article de Bioécologie : Contamination radioactives de l'océan : quel sera l'impact sur l'écosystème marin ?

Effectivement, il est important d'évaluer l'impact sur la faune et la flore et de communiquer à ce sujet. Mais il faut bien comprendre que mesurer un impact ce n'est pas seulement quantifier le niveau de contamination des poissons, des coquilles, des algues,... Oui, cet aspect est important, en particulier, quand on s'intéresse à la consommation de ces produits par l'Homme (voir par exemple le cas de l'iode). Ces mesures peuvent être réalisées assez rapidement.

Mais il est aussi nécessaire d'évaluer les effets à moyen et long terme sur les populations, les communautés animales, végétales, microbiennes,...et également le fonctionnement des écosystèmes. Par exemple, quid des effets de cette contamination sur certaines espèces de poissons ? Leur reproduction va-elle être affectée ? Dans quelle mesure ? Cela pourrait avoir des conséquences sur la pêche locale, donc l'économie et au final le mode de vie de toute une population. Une étude d'impact est complexe et nécessite l'expertise de nombreux chercheurs dans divers domaines. Juste un autre exemple. Au premier abord, il se peut que la reproduction des poissons ne soit pas directement affectée. Mais si par exemple le plancton est impacté - qui peut représenter une source de nourriture importante pour certains jeunes poissons (les alevins) - alors on peut s'attendre à des effets sur la taille des populations futurs (par exemple, une diminution du nombre de poisson adultes). Un autre exemple de la complexité et de la nécessité d'évaluer les effets dans le temps : de nombreuses études ont déjà démontré que le sédiment (c'est-à-dire la "vase" qui tapisse à certains endroits le fond des océans) va être le réceptacle privilégié de certaines particules radioactives. Ces particules vont donc s'accumuler dans ce compartiment. Dans le temps, ces substances peuvent être remobilisées sous l'action de divers organismes qui vivent dans le sédiment (on appelle ce phénomène la bioturbation) et contaminer de nouveau la colonne d'eau (l'océan) et donc la faune et la flore qui y vivent. C'est ce qu'on appelle en écotoxicologie l'effet "bombe à retardement".

En conclusion, il sera important d'entreprendre des travaux de recherche rigoureux et interdisciplinaires, à court, moyen et long terme. Des hydrologues, des biogéochimistes, des chimistes, des océanographes, des écologistes, des écotoxicologistes, des radioécologistes, des spécialistes du plancton marin, de la dynamique des populations, des modélisateurs,...et bien d'autres devront unir et coordonner leurs efforts pour bien évaluer les effets de cette contamination radioactive sur l'écosystème marin (sa structure et son fonctionnement). Ceci est également vrai pour tous les autres écosystèmes qui sont (ou seront) contaminés. On parle des écosystèmes aquatiques d'eau douce (rivières, lacs,...) et terrestres (forêts, prairie,...)....

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5 avril 2011

Les premiers poissons contaminés à l’iode radioactif !

Selon les autorités japonaises, les taux élevés de radioactivité dans l'eau de mer près de la centrale nucléaire de Fukushima, ne constituaient pas un risque immédiat pour la santé humaine ; elles avaient seulement quelques craintes à long terme pour la pêche locale…

Mardi 4 avril 2011, la détection de petits poissons (launce en anglais, poisson type anguille) contaminés à l’iode radioactif débarqués dans la préfecture voisine d’Ibaraki en a refroidi plus d’un, notamment les pêcheurs de la coopérative locale de Kitaibaraki City qui ont immédiatement suspendu toutes leurs activités.

En l'absence de seuil de radiation pour les poissons, le gouvernement japonais a utilisé la limite des légumes de 2.000 becquerels pour retirer les poissons dangereux !

Les préfectures d’Ibaraki et de Chiba plus au sud vont renforcer le contrôle des produits de la mer, notamment dans le grand port de pêche de Choshi (préfecture de Chiba) et les installations aquacoles de Nakaminato à Hitachinaka dans la préfecture d'Ibaraki… Source : Radioactive iodine found in some Japanese fish (seafoodsource)

Il est évident que l'interdiction de pêche dans un rayon de 20 km autour de la centrale n'englobe pas toute la zone marine contaminée. Poissons pélagiques et autres poissons ne connaissent pas ces frontières... Euronews : Japon : la pêche interdite dans un rayon de 20 km autour de la centrale

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Mercurée à Minamata (1)…Atomisée à Fukushima… Mer sacrifiée !!!!

«Nous n'avons pas d'autre choix que de rejeter cette eau contaminée dans l'océan comme mesure de sécurité», a déclaré pour sa part le porte-parole du gouvernement japonais, Yukio Edano, à la télévision.

(1) Mer poubelle, un éternel recommencement ! (pollution au mercure à Minamata)

Pour Didier Champion, directeur de l’environnement à l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), «il est clair qu’en termes d’impact sanitaire sur l'homme, les rejets à la mer ne sont pas une priorité, ce sont les retombées atmosphériques et la contamination des sols agricoles qui doivent l’être…. »

Tepco a affirmé que les rejets en mer n'auront pas de conséquence sur la santé. «Un adulte qui consommerait chaque jour des algues et des produits de la mer de cette région peut être exposé à une radioactivité d'environ 0,6 millisievert sur un an. Dans l'environnement naturel, les gens sont exposés à des radiations de 2,4 millisieverts par an», a affirmé un représentant de la société. Mais un peu plus tard, un porte-parole de l'opérateur de la centrale, ému aux larmes et la voix brisée par les sanglots, s'excusait à la télévision pour cette pollution. «Nous avons déjà causé tellement de souffrances et de torts aux habitants locaux. Nous ne pouvons exprimer combien nous sommes désolés d'avoir à imposer ce nouveau fardeau», a-t-il déclaré.

Dans Le Figaro : Fukushima : 11.500 tonnes d'eau radioactive à la mer

Extrait : Les populations ne seront pas directement menacées par ce déversement, contrairement à un rejet atmosphérique. «Une partie des particules radioactives va se fixer dans les sédiments près du littoral, tandis que d'autres vont se disperser au large, explique Didier Champion. Nous ne nous attendons pas à un impact sévère loin de la côte. Le principal risque pour la population réside dans la consommation de poissons, crustacés ou algues contaminés, explique Didier Champion. Je recommanderais d'interdire la pêche dans cette zone». Quant aux embruns, ils peuvent disperser dans l'air une partie de la contamination, mais ces particules n'atteindront qu'un littoral déjà fortement pollué....

Libération : Fukusima : Les shadoks et l’eau radioactive

Déverser à l’océan plus de onze mille tonnes d’eau « faiblement » radioactive… pour faire de la place à celle très contaminée. C’est la décision des Japonais - gouvernement et l’opérateur Tepco… Comment s’en débarrasser, sans la rejeter à la mer ? Et ainsi accentuer les futurs problèmes de contamination du littoral.

Cette décision s’explique aussi par la contamination radioactive de la mer, devant la centrale nucléaire, déjà élevée. A 300 mètres de la centrale, note Didier Champion, directeur de l’environnement à l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, on a relevé jusqu’à «un maximum de 100 000 becquerels/litre».

Les conséquences ? Pour Didier Champion, «il est clair qu’en termes d’impact sanitaire sur l'homme, les rejets à la mer ne sont pas une priorité, ce sont les retombées atmosphériques et la contamination des sols agricoles qui doivent l’être. L’impact sera concentré sur le littoral au nord de la centrale. A long terme, il suppose que lorsque les activités de pêche et d’aquaculture reprendront - tout est dévasté par le tsunami - il faudra un plan de surveillance des produits de la mer et des sédiments. Il faudra regarder certaines espèces avec attention, comme les poissons sédentaires et à très court terme les algues brunes qui sont très avides d'iode. Le risque essentiel, à plus long terme c’est l’accumulation du césium-137 dans la vase». Le long du littoral, la contamination va se diluer lentement, au rythme des marées. Plus au large, la contamination sera reprise par le grand courant du Kuroshio (un peu l'équivalent de notre Gulf Stream) et diluée dans le Pacifique.

Sur le site, les travaux se poursuivent pour remettre en marche les systèmes de refroidissement. Et des techniciens testent l’épandage d’une résine destinée à bloquer la poussière radioactive au sol (photo à droite). Le gouvernement n’espère pas avoir bloqué toute source de contamination avant … «des mois».

L'IRSN vient de publier un document plus complet sur cette contamination de la mer par les rejets liquide et aériens de Fukushima, ainsi que des simulations sur la dispersion proche et à grande échelle dans le Pacifique par le Kuroshio (l'équivalent de notre Gulf Stream). C'est ici en pdf. En voici la conclusion : http://sciences.blogs.liberation.fr/files/irsn-ni-impact-accident-fukushima-sur-milieu-marin_04042011.pdf

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Le 4 avril 2011

« Cet accident va peser sur les plus faibles, les agriculteurs et les pêcheurs », a déclaré Mitsue Matsuda, 47 ans, originaire de la préfecture d'Iwate (nord-est). « La terre va rester contaminée pendant des décennies. »

Dimanche après-midi, une centaine d'opposants au nucléaire ont manifesté devant le siège de Tepco à Tokyo, aux cris de "Plus jamais de centrales nucléaires" ou "Tepco, gouvernement - prenez vos responsabilités".

Au même moment, les ouvriers à la centrale nucléaire accidentée de Fukushima tentaient de colmater une fuite d'eau contaminée dans l'océan Pacifique, alors que le gouvernement a averti que les émanations radioactives pourraient durer des mois….

Cet accident, le plus grave depuis la catastrophe nucléaire de Tchernobyl en 1986, « va être une longue bataille », a reconnu Goshi Hosono, conseiller spécial du Premier ministre Naoto Kan, lors d'une interview à la télévision Fuji TV. Il a souligné qu'il faudrait « probablement plusieurs mois avant de stopper les fuites radioactives ».

« Cet accident va peser sur les plus faibles, les agriculteurs et les pêcheurs », a déclaré Mitsue Matsuda, 47 ans, originaire de la préfecture d'Iwate (nord-est). « La terre va rester contaminée pendant des décennies. »

Tepco doit maintenant évacuer ces nappes hautement radioactives, dont une partie a réussi à s'échapper dans l'océan tout proche, à travers une brèche de 20 cm découverte dans une fosse reliée au réacteur 2. Une première tentative de colmatage à l'aide de ciment a échoué. Des ouvriers ont utilisé dimanche un mélange de polymères, de papier journal et de sciure pour boucher une canalisation par laquelle s'infiltre l'eau contaminée venant du réacteur.

« Jusqu'à présent, il n'y a pas eu d'indication claire que le volume d'eau s'échappant (dans l'océan) ait diminué », a toutefois déclaré le porte-parole de l'Agence de sûreté nucléaire, Hidehiko Nishiyama. Une plateforme flottante en acier de 136 mètres de long et 46 mètres de large devrait arriver dans les prochains jours en face de Fukushima Daiichi. Ses réservoirs d'une capacité de 10.000 tonnes pourraient servir à évacuer l'eau contaminée de la centrale.

Deux barges de la marine américaine ont également acheminé de l'eau douce, qui est en cours de transvasement dans des cuves utilisées pour le refroidissement des réacteurs et des piscines de combustible usé. Selon le journal Yomiuri Shimbun, 550 tonnes d'eau sont injectées chaque jour dans les réacteurs…. AFP : Fukushima: tentative de colmatage d'une fuite radioactive vers l'océan

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Le SOS du maire de Minami Soma dans le périmètre des 30 km de Fukushima

Minamisoma est une ville portuaire à moins de 30 km au nord de la centrale de Fukushima....

Ceci est « un appel au monde », appel à l’aide du maire de Minamisoma (ville de 70 000 habitants en période normale) dans la préfecture de Fukushima, M. Katsunobu Sakurai, SOS qu’il a lancé le 24 mars (voir adresse Web ci-dessous). On ne peut, dix jours plus tard, que se poser une question : où en est-on dans cette ville de Minamisoma ? Après le désastre dû au séisme et au tsunami, on se rend compte qu'une évacuation due a des rejets radioactifs pose des problèmes bien spécifiques (qui se rajoutent ici à toutes les autres difficultés), dont nous ne citerons que deux : peur de se rendre dans la zone par ceux venus de l’extérieur, pour le ravitaillement, notamment (nourriture, mais aussi fuel pour les transports etc.). Difficulté pour les individus sur place de prendre des décisions (partir ou rester ?), et tout particulièrement si le gouvernement et ses relais ne donnent pas d’informations claires, voire pas d'information du tout. Difficulté aussi, sauf à employer les nouveaux moyens de communication, à faire savoir ce qui se passe - surtout si les médias "classiques" ne viennent pas (ou plus) sur les lieux.

Pour plus d’informations : Bellaciao

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3 avril 2011 - Quand les pro-nucléaires mènent le monde en bateau....

Quand les pro-nucléaires mènent le monde en bateau, un chien surgit de l'océan, accroché aux flotteurs et cordages des filières d’algues wakamé emportés par le reflux tsunamique....

Depuis quelques jours, les promoteurs du nucléaire nous assènent que le vaste Océan Pacifique n’a aucun problème pour absorber les éléments radioactifs qui s’écoulent de la centrale de Fukushima Dai-Ichi. Que les courants marins et la marée entrainent ces éléments dangereux très loin des côtes du Japon, et qu’ils (se) fondent ensuite dans l’immense masse d’eau océanique…

D’où vient ce chien ?

Après avoir dérivé sur ce "vaste" océan pendant 3 semaines, ce chien accroché aux débris tsunamiques comme ces installations aquacoles (aussières et flotteurs de filières d'algues) a été récupéré par les gardes-côtes japonais au large de la baie de Kesennuma à 2 km du rivage !

En plus des séismes et des tsunamis, l'industrie nucléaire n’aurait-elle pas étudié et mesuré les risques liés aux conditions océanographiques des côtes du Japon. Dans cette zone littorale, pas de marnage, ni de courants marins importants ?….

Après vérification des cartes mises en ligne par l'institut océanographique japonais, le fort courant marin de Kuroshio qui remonte la côte sud du Japon, n'atteint pas le littoral proche de la centrale de Fukushima ; il oblique en direction de l'est direction océan Pacifique à hauteur de Tokyo. Situation le 4 avril 2011. Pour voir les dernières données, cliquer Ici.

Quant au marnage, le maximum indiqué par l'institut océanographique pour le port de Soma situé à 50 km au nord de la centrale, il n'excède pas 1,50 m (à titre de comparaison le marnage en Manche - La Hague atteint près de 10 mètres).

Les pêcheurs japonais frappés de plein fouet

Frappés de plein fouet par le tsunami qui a emporté leurs bateaux et leur matériel, les pêcheurs japonais rescapés de la catastrophe doivent aujourd'hui repartir pratiquement de zéro. Ils étaient spécialisés dans la pêche à la truite, au saumon, au maquereau, dans un archipel où les habitants consomment énormément de produits de la mer. Le Premier ministre japonais Naoto Kan a assuré samedi que le gouvernement allait envisager des soutiens publics à l'industrie des produits de la mer. Une fois que les marins pêcheurs auront repris la mer, ils auront à faire face à un autre souci: les rejets radioactifs de la centrale nucléaire de Fukushima.

Un travailleur de Fukushima : "nous sommes les kamikaze des temps modernes"

Hiroyuki Kohno employé de la Tepco vient d'accepter de retourner travailler à Fukushima pour une mission qu'il sait périlleuse. "Pour être franc, personne ne veut y aller", confie le contrôleur de radioactivité de 44 ans. Il a toujours travaillé dans des installations nucléaires. Il sait "qu'en y allant cette fois", il reviendra"avec un corps qui ne sera plus capable de travailler dans une centrale nucléaire". Mais qu'importe. "Nous nous disons que le Japon a été profondément ravagé lors de la deuxième Guerre mondiale. Aujourd'hui le Japon est à nouveau brûlé dans sa chair. Même si le terrain de lutte est différent, nous sommes les kamikaze des temps modernes", affirme-t-il. "Nous n'avons pas l'intention de mourir mais de sauver le Japon". Le Télégramme : Séisme au Japon. Fukushima : "nous sommes les kamikaze des temps modernes"

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2 avril 2011 - Tepco s’inquiète de la radioactivité en mer !

L'opérateur de la centrale nucléaire de Fukushima Dai-Ichi, au Japon, a annoncé samedi 2 avril la découverte d'une fissure sur une structure en béton du réacteur n°2 et indique que de l'eau radioactive s'écoule en mer. Selon la Tokyo Electric Power (Tepco), la radioactivité mesurée à cet endroit est de 1 000 milliSieverts par heure. Cette fissure pourrait être à l'origine de la radioactivité mesurée au large de la côte nord-est du Japon où se trouve la centrale accidentée. On ignore en revanche si l'eau contaminée provient du réacteur lui-même. L'importance de la fuite – et donc la quantité d'eau radioactive rejetée en mer – reste également à déterminer. Le monde : Une fissure découverte sur le réacteur n°2 de la centrale de Fukushima.

Tepco admet enfin que de l'eau radioactive s'écoule en mer, mais l’opérateur de la centrale nucléaire de Fukushima Dai-Ichi ne dit pas si l’eau contaminée provient directement du réacteur fissuré (n°2). Toutefois, Tepco annonce qu'il va pratiquer dans les prochains jours des analyses du niveau de radioactivité de l'eau de mer, en prélevant des échantillons près de la centrale ainsi qu'à trois endroits différents situés à 15 kilomètres du site….

Ces derniers jours, la contamination radioactive en mer est montée en flèche. Les mesures qui sont prises à environ 300 mètres de la centrale, indique : l'iode 131 et le césium 137 y apparaissent à des concentrations beaucoup plus élevées que la normale, plus de 5.000 pour l'iode et 25 à 80 fois pour le césium. Toutefois, Tepco et certains spécialistes ne semblent pas inquiets et comptent sur le pouvoir « tampon » de la masse d’eau du Pacifique. « Cette contamination importante a été détectée très près des installations de la centrale. Or l'océan Pacifique agit comme un "réservoir" gigantesque où ces polluants se diluent très rapidement sous l'effet du brassage des courants et des marées », résume Didier Champion, directeur de l'environnement à l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire français (IRSN).

Pas de marnage ni de courant marin importants près de la centrale nucléaire


Didier Champion a probablement oublié de regarder les photographies satellites quotidiennes de l’administration océanique étatsunienne NOAA et les hauteurs de marée de l'institut océanographique japonais. Les cartes océanographiques ne montrent actuellement pas de courant marin important près de Fukushima. Sur cette côte japonaise où le marnage n'excède pas 1,50 m près de la centrale, la marée est très faible… Il ne peut pas y avoir un brassage important de la masse d’eau contaminée par la centrale nucléaire.

Par contre, Simon Boxall, professeur au Centre national d'océanographie de l'Université de Southampton (Grande-Bretagne), donnent des explications plus précises. « A l'échelle planétaire, ou même à l'échelle du Pacifique, cela ne créera aucun problème. Mais à proximité immédiate de Fukushima, il va falloir envisager une interdiction stricte de la pêche durant quelques mois », estime Simon Boxall. « Car si les éléments radioactifs se diluent dans l'eau pour revenir à des concentrations négligeables, les organismes marins peuvent à leur tour les "reconcentrer", en particulier les algues et certains mollusques. »

Pour tenir compte de cette faculté de "bio-accumulation", les spécialistes ont calculé des "facteurs de concentration", extrêmement variables selon les espèces et les éléments radioactifs. Des espèces d'algues, dont certaines sont abondamment consommées par les Japonais, ont ainsi un facteur de concentration estimé à 100.000 pour l'iode. Autrement dit, « les algues vont l'absorber très rapidement. Cet iode va entrer dans la chaîne alimentaire, mais seulement localement », explique M. Boxall.

L'iode ayant une "vie radioactive" très courte - sa radioactivité diminue de moitié en huit jours - la contamination aura disparu au bout de quelques mois, même en cas de forte "reconcentration". Le césium 137, lui, "présente des capacités de fixation assez faibles chez les espèces marines", avec des facteurs de concentration compris entre 10 (mollusques céphalopodes) et 400 (poissons), selon l'IRSN. Mais sa période radioactive est bien plus longue, 30 ans, d'où un risque de contamination durable des sédiments des fonds marins.

« Ma principale inquiétude serait pour le voisinage immédiat du site, à deux ou trois kilomètres autour de la centrale de Fukushima, où il pourrait y avoir une augmentation de la concentration en radioactivité des dépôts sous-marins », précise Simon Boxall. Une telle éventualité nécessiterait une "zone d'exclusion" de la pêche dans la durée, comme ce fut le cas dans la Baltique après Tchernobyl en 1986. « Là, on parle d'années », précise-t-il. « Dans cette zone d'exclusion, il n'y aurait aucune pêche. Au-delà, il y aurait une autre zone qu'on surveillerait régulièrement pour déceler d'éventuelles traces de radioactivité », explique l'océanologue. « Mais c'est difficile à évaluer tant qu'ils n'ont pas fait des mesures pour déterminer l'ampleur de la pollution », conclut-il. A partir de Le Monde : Radioactivité: un impact au large de Fukushima, pas de risques pour le Pacifique

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Vendredi 1 avril 2011 : A Fukushima, pêcheurs et agriculteurs en colère !

..... Ils ne vivront plus sur la terre de leurs ancêtres

« Ces centrales nucléaires produisent de l'énergie consommée à Tokyo. C'est pourquoi les gens sont en colère. Nous avons vendu nos terres pour ces centrales électriques et, maintenant, les gens de Tokyo n'achètent plus notre production agricole (et nos poissons ndlr). Les gens se sentent trahis », s'indigne Tomo Honda, membre du conseil municipal de Fukushima, impliqué depuis le premier jour dans les opérations humanitaires. « La malédiction des gens de Fukushima, c'est que ce nom restera associé aux radiations, peut-être dans le monde entier. Ce n'est qu'un petit bout de campagne, mais les gens savent désormais exactement où ça se trouve », conclut-il.

Fukushima, future ville fantôme ? (L’Express)

Les dizaines de milliers de pêcheurs et d'agriculteurs qui vivaient près de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi commencent à réaliser qu'ils pourraient bien ne jamais rentrer chez eux. Près de trois semaines après le séisme et le tsunami à l'origine de la plus grande catastrophe nucléaire depuis celle de Tchernobyl, en 1986, la perspective d'un règlement rapide de la crise semble s'éloigner chaque jour un peu plus.

Les autorités japonaises ont fait savoir mardi que les sols autour de la centrale avaient été contaminés au plutonium. Une radioactivité anormale avait auparavant été décelée dans les eaux qui baignent la côte de Fukushima, dans les légumes de la région et même brièvement dans l'eau courante distribuée à Tokyo.

Chacune de ces nouvelles a relancé l'angoisse des Japonais, mais c'est au plus près de la centrale, parmi ses 200.000 riverains, que la crainte, teintée d'incrédulité, est la plus vive.

"Ces terres leur venaient de leurs ancêtres et leur attachement pour elles est énorme. La première étape est de dire vraiment à ces sinistrés qu'ils ne peuvent pas rentrer, mais les gens n'arrivent pas encore à se rendre à la raison", explique Tomo Honda, membre du conseil municipal de Fukushima, impliqué depuis le premier jour dans les opérations humanitaires.

Outre les 28.000 morts et disparus, la catastrophe du 11 mars a entraîné l'évacuation des 70.000 personnes qui vivaient dans un rayon de 20 km autour de la centrale. Les 130.000 autres établis entre 20 et 30 km ont été invités à quitter les lieux où à ne pas sortir de chez eux. Tokyo s'est jusqu'ici refusé à étendre l'ordre d'évacuation à cette deuxième zone, mais les pressions en ce sens sont de plus en plus intenses et les experts jugent la mesure inévitable. A l'angoisse, s'ajoute désormais un sentiment d'isolement. Les services administratifs de plusieurs localités de la région ont été déplacés, les transporteurs hésitent à s'y risquer, ce qui donne lieu à des pénuries, et le tableau ne devrait pas s'améliorer de sitôt.

"Le temps que prendra la résolution de cet accident ne se mesure pas en jours ou en semaines, mais en mois ou même en années", avertit Robert Gale, professeur d'hématologie à l'Imperial College de Londres, qui s'est rendu sur les lieux. L'universitaire conteste en outre le bien fondé des recommandations du gouvernement aux riverains qui vivent entre le 20e et le 30e kilomètre.

Après la catastrophe de Tchernobyl, la région a été entièrement évacuée 30 km à la ronde et la plupart des habitants n'y ont jamais remis les pieds....

La ville et sa région s'étendent dans une zone plate, constituée de champs et de forêts entre le Pacifique et une chaîne de hautes montagnes. Outre la production d'énergie, nucléaire et thermique, pêche et culture, en particulier celle du riz et de fruits, sont les activités principales. Lorsque la vente des légumes produits dans le secteur a été interdite, un cultivateur de 64 ans s'est pendu, selon la presse locale.

« Ces centrales nucléaires produisent de l'énergie consommée à Tokyo. C'est pourquoi les gens sont en colère. Nous avons vendu nos terres pour ces centrales électriques et, maintenant, les gens de Tokyo n'achètent plus notre production agricole. Les gens se sentent trahis », s'indigne Tomo Honda, membre du conseil municipal de Fukushima, impliqué depuis le premier jour dans les opérations humanitaires. « La malédiction des gens de Fukushima, c'est que ce nom restera associé aux radiations, peut-être dans le monde entier. Ce n'est qu'un petit bout de campagne, mais les gens savent désormais exactement où ça se trouve », conclut-il. Jean-Philippe Lefief pour le service français (Reuters)

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31 mars 2011 - La radioactivité s’amplifie en mer… de l’iode 131 et plus grave du césium 137…

L'agence de sûreté nucléaire japonaise a indiqué ce jeudi que la radioactivité dans l'eau de mer au large de la centrale de Fukushima-Daiichi avait augmenté et était désormais 4.385 fois supérieure à la limite admise, 30% au dessus de ce qui avait été relevé mardi. Les niveaux systématiquement élevés de radioactivité relevés en mer signifient probablement que des substances radioactives s'écoulent en permanence dans la mer, a déclaré jeudi l'Agence de sûreté nucléaire japonaise. "C'est une possibilité", a reconnu le directeur général adjoint de l'agence de sécurité, Hidehiko Nishiyama, lors d'une conférence de presse, en ajoutant qu'il ignorait où pouvaient se produire les fuites radioactives.

« Bizarrement, les dépêches se focalisent sur les taux spectaculaires de l’iode (qui ne posera pas de problème sanitaire à condition d’interdire la pêche pendant quelques mois). C’est pourtant le césium 137 qui selon NHK est à 527 fois la valeur limite, qui pose le plus de problème à long terme dans l’environnement marin, puisqu’il disparait de moitié tous les 30 ans, contre une demi-vie de 8 jours pour l’iode 131. », selon Denis Delbecq dans Mille corps abandonnés, par peur de contamination (Effets de terre).
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30 mars 2011 - Pollution radioactive en mer : Faut-il croire Tepco et l'Agence de sûreté nucléaire nippone ?

A proximité de la centrale de Fukushima, la radioactivité dans la mer est 3 000 fois supérieure à la normale…. Selon Tepco et l'Agence de sûreté nucléaire nippone, cette radioactivité relâchée dans la mer se dilue avec les marées et le risque sur les algues et les animaux marins n'est pas important.

Selon d'autres spécialistes, si ces rejets radioactifs dans le Pacifique seront sans conséquence majeure à l'échelle planétaire, ils pourraient avoir un impact notable, voire durable, sur la vie marine au large de la centrale japonaise.

D’après les relevés satellitaires de l'agence étasunienne NOAA, les courants marins sont très faibles sur le littoral de Fukushima. Le courant important de Kuroshio, plus au Sud, n'a actuellement pas d'impact sur la courantalogie en face de la centrale.

Faut-il croire Tepco et l'Agence de sûreté nucléaire nippone ?

Selon David Boiley, physicien et président de l’Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest (ACRO), le danger pour la faune et la flore laisse libre à toute spéculation, puisque « les poissons et les algues concentrent l’iode 1000 fois plus que l’eau ». En l’absence d’études sur les impacts de la radioactivité sur les animaux marins, les experts incitent ainsi à la plus grande prudence. Source : Japon : L’iode radioactif contamine l’océan Pacifique (carevox.sante)

Refroidissement. Les eaux irradiées débordent dans l'océan !

Quant au risque de déversement dans l'océan, un représentant de Tepco, cité par l'AFP, a indiqué que l'entreprise est "en train de vérifier si l'eau peut avoir été directement en contact avec la mer." Une hypothèse hautement probable puisque de l'eau a été trouvée dans trois tunnels situés à 60 mètres de l'océan. Dans ce contexte, "l'exploitant a mis en place des blocs de béton ainsi que des sacs de sable pour prévenir un écoulement vers la mer en cas de débordement sur le réacteur n°1 car le niveau de l'eau est situé à seulement 10 cm du seuil de débordement (les puits ont plus de 15 mètres de profondeur)", annonçait l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) à l'occasion de son dernier point, mardi 29 mars.

Par ailleurs, le niveau de radioactivité semble croître progressivement dans l'océan aux abords de la centrale. Dimanche l'opérateur de la centrale avait enregistré dans l'eau de mer prélevée à proximité des réacteurs un taux d'iode radioactif 1.850 fois supérieur à la norme légale. Ce mercredi, le taux est passé à 3.355 fois la norme réglementaire, c'est-à-dire le plus fort taux enregistré depuis le début de la catastrophe. Des données à prendre avec précaution cependant, car il semble que Tepco annonce des chiffres provenant de points plus ou moins éloignés du site ce qui rend hasardeux un suivi précis. Il n'en est pas moins vrai que des niveaux élevés sont enregistrés dans l'océan à des distances allant de 300 m à 1,5 km des réacteurs.

Tepco étudie différentes solutions pour évacuer l'eau

L'évacuation de l'eau radioactive pose un réel problème car, si les premières informations faisaient état de "flaques d'eau", il apparaît aujourd'hui que Tepco doit gérer une grande quantité. En effet, ce sont des milliers de mètres cubes d'eau qui ont été déversés sur les installations depuis deux semaines. L'IRSN indique que "pour les réacteurs 2 et 3, l'exploitant envisage de pomper l'eau très fortement contaminée vers un réservoir puis de la transférer à l'intérieur des bâtiments réacteurs (suppression pool)", ajoutant toutefois que "cette action n'est pas engagée du fait de l'absence de capacité suffisante dans le réservoir."

Une autre solution consisterait à transférer l'eau pompée vers un bateau-citerne, potentiellement un de ceux utilisés pour acheminer l'eau douce actuellement utilisée pour refroidir les installations, pour ensuite la traiter. "Cette option est techniquement faisable, mais elle entraîne de nombreux problèmes", a indiqué un expert interrogé par la télévision NHK et dont les propos sont rapportés par l'AFP. Un des problèmes est que ces navires ne sont pas adaptés à une cargaison radioactive.

En attendant, il semblerait que, selon Greenpeace, Tepco ait réduit de 17 tonnes par heure à 7 tonnes par heure la quantité d'eau injectée dans le réacteur 2. En conséquence, "la température a augmenté à 152°C le 29 mars", indique l'ONG. Tepco chercherait le juste équilibre entre la quantité d'eau nécessaire au refroidissement des réacteurs et les capacités d'évacuation de l'eau radioactive. Source : Fukushima : l'augmentation de la radioactivité sur le site ralentit les opérations (Actu-Environnement)

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29 mars 2011 - Pas de trace radioactive dans le poisson des voisins coréens et taïwanais… A quelques milliers de kilomètres du Japon, la Belgique s’interroge sur la contamination de ses poissons !!!

La Corée du Sud a commencé vendredi à tester les poissons attrapés dans ses propres eaux, pour vérifier qu'ils ne souffraient d'aucune contamination radioactive (cesium, iode et autres substances radioactives), a indiqué mardi le ministère de l'Agriculture. "Aucune trace radioactive n'a été trouvée pour le moment dans nos poissons ou ceux importés du Japon", a indiqué à l'AFP un responsable du ministère.

Les tests sont prévus à un rythme hebdomadaire mais leur fréquence sera accrue si la crise nucléaire au Japon s'aggrave, a-t-il ajouté. Deux gros détaillants de Corée du Sud, pays le plus proche géographiquement du Japon, ont suspendu les ventes de poissons japonais. Séoul avait interdit la semaine prochaine l'importations de certaines denrées (légumes, lait) provenant des préfectures situées près de la centrale nucléaire de Fukushima.... Source : Des traces d'iode radioactif, faibles, détectées en Corée du Sud (AFP)

Un peu moins de 9500 kilomètres séparent à vol d'oiseau Tokyo et notre Côte belge. Une distance énorme pour la plupart des vertébrés aquatiques. Peu de chances donc de pêcher du saumon japonais à Ostende. "Impossible, peut-être pas ... mais ça me semble peu probable", glisse un représentant de l'Union Rurale qui regroupe notamment l'Union Professionnelle des Pisciculteurs de Belgique.

D'anciennes études font état de migrations à longue distance d'espèces entre l'Amérique et le vieux continent. Mais rien à ce jour ne semble nous permettre d'affirmer qu'un poisson est capable ou non de venir jusqu'à chez nous depuis le Japon.

Du côté de l'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire, l'éventualité de pêcher chez nous du poisson contaminé n'a même pas été abordée. "Ça n'a pas été prévu à première vue tant l'éventualité nous semble faible", nous confie Pierre Cassart, porte-parole de l'AFSCA.

Mais si tel était le cas, "ça ne servirait à rien de paniquer". Des tests de radioactivité existent déjà actuellement, en dehors de la situation actuelle causée par la catastrophe au Japon. Ainsi, selon le porte-parole de l'AFSCA, "149 tests de radioactivité ont été effectués l'année dernière chez nous, tant dans des abattoirs que dans des viviers, etc.". Source : Fukushima: peu probable de manger du poisson radioactif en Belgique (Rtbf)

Les zones de pêche traditionnelles autour de Taiwan ne présentent aucune contamination radioactive, a déclaré hier l’agence de la Pêche, qui dépend du ministère de l’Agriculture, en s’appuyant sur les résultats des analyses effectuées en mer depuis le 25 mars.

Un navire de l’Institut de recherche sur la pêche a prélevé des échantillons dans les eaux des trois zones de pêche du nord de Taiwan, autour de l’îlot de Pengjia, au large d’Yilan et autour de l’île de Guishan. Aucun des échantillons ne présentait des niveaux anormaux en matière de radioactivité. L’agence de la Pêche continue par ailleurs de surveiller par satellite les mouvements des navires de pêche taiwanais, lesquels ont l’interdiction de se rendre dans les zones affectées par les retombées radioactives provoquées par la centrale nucléaire endommagée de Fukushima, au Japon. De même, les tests effectués sur les produits de la mer dans les divers ports de pêche de Taiwan n’ont mis en évidence aucune contamination radioactive.

Liu Wen-hsi, directeur adjoint du département de la protection contre les radiations, au ministère de l’Energie atomique, a assuré que le poisson vendu à Taiwan ne présentait aucun risque. Il est peu probable que les substances radioactives susceptibles d’être rejetées à la mer par la centrale japonaise atteignent les eaux de Taiwan, dans la mesure où le courant du Kuroshio les emporterait vers le nord, a-t-il encore expliqué. Source : Pas de contamination radioactive enregistrée ni sur le littoral de Taiwan ni dans le poisson (Taïwan info)

Information sur Taïwan : Accident nucléaire au Japon – Info pour Taiwan

Taiwan étant localisé à 2,200 km au sud de la centrale nucléaire de Fukushima, l’île n’est pas protégée du passage d’un éventuel nuage radioactif. Nous tenons ici une page qui sera régulièrement mise à jour pour tenir informé la communauté francophone sur la situation et les risques éventuels encourus à Taiwan. Voir la carte interactive des émanations aériennes, cliquer Ici

Mesures de la radioactivité en temps quasi réel à Taiwan : Le Centre de l’Energie Atomique de Taïwan (http://www.aec.gov.tw) possède des dizaines de capteurs installés à travers l’île. Les mesures sont exprimées en microsievert par heure (µSv/h) Cliquez ici pour la voir la carte en totalité (il vous faudra recharger votre page)

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Des fuites d’eau radioactive à une pollution massive dans le Pacifique !

Lundi 28 mars 2011 - De l'eau fortement radioactive s'est échappée des bâtiments des réacteurs de la centrale nucléaire de Fukushima, au Japon, a reconnu l'opérateur Tokyo Electric Power (Tepco). La fuite fait craindre une pollution massive autour du site et dans l'océan Pacifique. C'est la première fois que les ingénieurs de Tepco décèlent de l'eau polluée à l'extérieur. L'eau contaminée avec un niveau de radioactivité supérieur à 1000 millisieverts par heure a inondé des tunnels techniques sous la salle des machines des réacteurs 1, 2 et 3. Ces tunnels sont situés à soixante mètres environ de l'océan Pacifique. L'eau contaminée pourrait avoir déjà ruisselé jusqu'au rivage, a reconnu Tepco, qui effectue des vérifications pour voir si l'eau a été en contact avec la mer….

Les pays voisins observent les courants marins autour de la centrale de Fukushima

--- cliquer sur les cartes pour agrandir ---

Ces deux cartes sont tirées des bulletins quotidiens de l'administration océanographique du Japon, (la carte de droite est établie d'après une photo satellite transmise par l'administration étatsunienne NOAA qui suit l'évolution de la courantologie autour de l'archipel japonais).(Attention, l'emplacement de la centrale nucléaire est 40 km plus au sud, le carré rouge se situe sur le port de Soma). Pour voir les dernières données, cliquer Ici

Pour le moment, pas de danger de pollution radioactive en Mer de Chine et en Mer du Japon....

Le puissant courant chaud de Kuroshio qui remonte la côte Sud du Japon, dérive peu avant la centrale vers le grand large, du côté de l’océan Pacifique. Actuellement, la pollution semble circonscrite à une zone littorale proche de la centrale selon l’administration océanique chinoise qui ajoute que la contamination radioactive pourrait atteindre la côte nord-est du Japon. Source : Oceanol

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27 mars 2011 - Radioactivité élevée à Tokyo et dans la mer

A Tokyo, samedi matin, une radioactivité de 0,22 microSievert par heure était enregistrée, soit six fois la normale. Un tel degré de radioactivité ne présente cependant rien d'inquiétant pour la santé des populations, selon les autorités. En revanche, un fonctionnaire du ministère des sciences a confirmé que le niveau de radioactivité quotidienne dans la zone située à 30 km au nord-ouest de la centrale de Fukushima avait dépassé la dose d'une année de radiation naturelle. Et plus on se rapproche de la centrale, plus le taux est élevé.

Ainsi, le gouvernement japonais a mesuré des niveaux d'iode radioactif 1 250 fois supérieurs à la norme légale dans la mer, au large de Fukushima, renforçant les craintes d'une rupture de l'étanchéité d'un ou plusieurs réacteurs. Mardi, un renforcement des contrôles sur les poissons et fruits de mer pêchés le long des côtes avait été instauré. "Si vous buvez 50 centilitres d'eau courante avec cette concentration d'iode, vous atteignez d'un coup la limite annuelle que vous pouvez absorber. C'est un niveau relativement élevé", a expliqué un porte-parole de l'Agence de sûreté.

Les autorités japonaises précisent cependant que la radioactivité relâchée dans l'océan pourrait se diluer avec les marées et que la quantité d'iode absorbée par les algues et animaux marins pourrait être moindre. Reste la crainte de diffusion du césium 137, une substance radioactive dont la concentration ne se réduit de moitié que tous les 30 ans. Tepco dit avoir mesuré une concentration presque 80 fois supérieure à la limite légale de cette substance. L'organisation écologiste Greenpeace a annoncé qu'elle allait effectuer des relevés de radioactivité en dehors de la zone d'exclusion de 20 km autour de la centrale, estimant que "les autorités ont en permanence donné l'impression de sous-estimer à la fois les risques et l'étendue de la contamination radioactive". Le Monde : Japon : une pollution très radioactive détectée au large de Fukushima

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Fukushima : "la situation est préoccupante pour les poissons" (NouvelObs)

"De l'eau hautement radioactive s'écoule dans les bâtiments puis retourne en mer, ce qui est préoccupant", explique Olivier Isnard de l'IRSN. Des niveaux d'iode radioactif 1.250 fois supérieurs à la norme légale ont été mesurés en mer près de la centrale. De plus, Tepco a découvert des fuites d'eau radioactive dans le sous-sol du réacteur n°1. (c) Afp

L'état des réacteurs de la centrale accidentée de Fukushima continue d'inquiéter, d'autant que de nouvelles mesures indiquent des niveaux élevés de radioactivité, particulièrement en mer. Explications à l'AFP d'Olivier Isnard, expert de l'Institut français de la radioprotection et de la sûreté nucléaire (IRSN) en mission au Japon.

La compagnie d'électricité Tokyo Electric Power (Tepco) reconnaît que la cuve du réacteur 3 peut être endommagée, quels nouveaux risques pose une telle éventualité ? - On ne sait pas encore où est située la fuite, dans la cuve elle-même ou au niveau d'une vanne. Quoi qu'il en soit, de l'eau hautement radioactive s'écoule dans les bâtiments puis retourne en mer, ce qui est préoccupant pour les poissons et végétaux marins. Une hypothèse avancée est que la cuve soit percée et que du corium (mélange de combustible et d'acier fondus) très radioactif s'écoule dans le bâtiment du réacteur puis ultérieurement au-delà.

Est-ce que dans ces circonstances, les rayons d'évacuation (20 km) et de mise à l'abri (confinement) des populations (de 20 km à 30 km) autour de la centrale sont suffisants ?...

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24 mars 2011 - Les premières réflexions sur la radioactivité dans l'océan

« Qu’il s’agisse de vitesse de propagation des rejets, de diffusion de la radioactivité, de l’effet sur la faune marine, la catastrophe du Fukushima constitue une première du genre. Et les chercheurs ne disposent pas des informations de base concernant la quantité de rejets radioactifs évacués dans la mer. D’où le silence, jusqu’à présent, des scientifiques… qui ne se posent pas moins des questions », conclusion de l’article de Gilles Bridier sur le site Slate :

Alertez les poissons, de Fukushima et d'ailleurs

Les rejets effectués en mer à la centrale de Fukushima et les retombées du nuage radioactif vont-ils affecter la chaîne alimentaire? Y a-t-il un risque à consommer du poisson, au Japon et ailleurs?

Pour l’instant, comme à la pêche, personne ne pipe mot. Ou presque. Pour ne pas effrayer les poissons… qui auraient toutes les raisons de l’être. Et pas seulement eux. Quelles vont être les conséquences de la catastrophe nucléaire de Fukushima sur les produits de la pêche? Les Japonais, bien sûr, sont les premiers à se poser la question. La façon dont ils désertent les poissonneries est assez éloquente.

Les vents ont poussé le nuage radioactif vers le Pacifique. Mais que va-t-il advenir lorsque les éléments radioactifs vont retomber et se disperser dans le milieu aquatique? En outre, les réacteurs ont été refroidis à l’eau de mer… qui a été évacuée dans l’océan, chargée elle-aussi d’éléments radioactifs. Quelles conséquences sur la vie marine, locale d’abord et même au-delà?

Des informations inaccessibles

Les autorités japonaises prennent le problème avec des pincettes.…

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), il en est des poissons comme du lait ou des épinards: «le césium et l’iode radioactifs sont les principaux radionucléides à l’origine du risque sanitaire», auquel le public est exposé en consommant de la nourriture contaminée. Les déclarations supposées apaisantes du gouvernement japonais insistant sur la destruction des infrastructures locales de pêche et donc l’impossibilité de mettre sur le marché des poissons prélevés à proximité de Fukushima, ne risquent guère de calmer les esprits, au Japon et même bien au-delà. Car les informations font défaut pour affiner le diagnostic.

A la Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité (Criirad), on réclame des précisions sur les niveaux d’exposition: «Si les autorités considèrent que les niveaux de risques sont minimes, elles doivent le démontrer, chiffres à l’appui», insiste le laboratoire en situation de gestion de crise. A propos de la contamination alimentaire, il souligne que «des quantités très importantes de produits radioactifs sont rejetés à la mer. Il faut donc vérifier l’impact de ces rejets dans les zones proches et en fonction des courants». Bien au-delà des seules zones de pêches sinistrées.

Tout commence avec le plancton

Le problème est celui de la chaîne alimentaire, qui commence au plancton. Le processus est d’ailleurs le même que pour les épinards ou les salades. Ce plancton est constitué d’algues microscopiques, unicellulaires, qui utilisent l’énergie solaire pour fabriquer de la matière organique. La contamination du milieu aquatique se fixe sur ce plancton, absorbé par des crevettes ou d’autres petits animaux marins, nourritures des petits poissons comme les anchois qui sont eux-mêmes les proies de poissons un peu plus gros comme les maquereaux, qui iront nourrir les thons eux-mêmes à la merci des requins…

Parfois, la chaîne est plus courte, comme lorsque le krill, composé de petites crevettes qui se nourrissent de plancton, est directement absorbé par les baleines ou les phoques. Mais dans tous les cas, si le plancton est contaminé, on retrouve les éléments radioactifs aux autres niveaux de la chaîne alimentaire.

Or, à quelque niveau que l’on se situe – crevettes, anchois, maquereaux, thons, requins ou baleines – l’homme effectue des captures qu’il consomme – et notamment s’il est japonais. Compte tenu des migrations aquatiques de certaines espèces et des courants qui traversent les mers et océans, il est bien évident que le phénomène de contamination ne saurait être confiné aux abords de la centrale nucléaire de Fukushima.

En revanche, la dispersion dans les eaux abaisse les taux de radioactivité jusqu’à des seuils où elle n’est plus dangereuse. Encore faudrait-il avoir des éléments chiffrés à l’origine de la source de radioactivité pour établir des scénarii réalistes.

Quelles conséquences sur la pêche? Réponse Ici

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Photographies de Philippe Favrelière :

  • en haut : Fertilisation d'un filet d'algues Nori dans la baie de Matsushima (Miyagi)
  • en bas : Récolte des pétoncles (coquilles saint-jacques) élevés en lanternes dans la baie de Mutsu (Aomori)

1 commentaire:

code d'einstein a dit…

Blog(fermaton.over-blog.com)No-8: THÉORÈME DES CATASTROPHES
morts potentiels?