dimanche 19 décembre 2010

Huître triploïde : D’où vient la « charolaise » des huîtres ?


D’où vient la « charolaise » (1) des huîtres ?

Regardez bien cette huître toute en forme. C'est une championne, elle vient de gagner le prix « NOAA Sea Grant Awards » d'un montant de 394.000 US$ en Californie. Cette somme rondelette va aider les deux sélectionneurs, Dennis Hedgecock et Donal Manahan, à booster encore plus les performances de cette huître japonaise dont la vitesse de croissance atteint déjà le double d'une Crassostrea gigas ordinaire. Pour plus d'informations : NOAA Sea Grant Awards $394,000 to Breed a Bigger, Better Pacific Oyster.

La « charolaise » des huîtres serait dotée d’une « vigueur hybride ». Nous en avions déjà parlé dans un article précédent, mais à ce moment-là, aucune photo n’avait été publiée par les deux chercheurs de l’University of Southern California (USC) : Quatre saisons après, l'huître immortelle !

Observez mieux la photographie dans l'angle du haut à gauche.... Cette huître a un petit bec recourbé.... Elle ressemble étrangement à l’huître triploïde commercialisée en France sous l’appellation « Huître des 4 saisons » ou « Huître de l'été ».

Et bien oui, les chercheurs californiens ont gagné leur prix avec la copie conforme d'une huître de Marennes-Oléron comme l'atteste cette photographie publiée dans l’encyclopédie en ligne : Wikipedia !!!

Etrange, vous avez dit étrange ? Comme c'est étrange !!!

Ce qui nous amène à nous interroger sur l’origine de cette huître californienne à la « Vigueur hybride ». Ne sortirait-elle pas tout droit du laboratoire « Génétique » d’Ifremer à La Tremblade (situé au coeur du bassin de Marennes-Oléron) ?

De plus, cette histoire étrange ne dit pas si cette super huître à la vigueur hybride résiste ou bien sombre sous les attaques mortelles de l'herpès virus de l’huître 1 μvar (OsHV-1 μvar) !!!

Aussi terminerons-nous sur le proverbe : « Rien ne sert de courir ; il faut partir à point !»

Philippe Favrelière (texte modifié le 20 décembre 2010)

(1) Chez les bovins, la charolaise est la race à viande par excellence

Autres articles :

Pour aller plus loin...

Le 13 Décembre 2014

Huître triploïde, une nouvelle variété

Dans un document sur les huîtres pour les fêtes de fin d'année, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) présente les huitres triploïdes, comme une nouvelle variété!!!

L’huître triploïde, une nouvelle variété

L’huître triploïde possède trois lots de chromosomes alors que l’huître est naturellement biploïde (deux lots de chromosomes). Cette particularité est issue du croisement entre une huître tétraploïde (ayant subi un choc thermique agissant sur la fécondation) et une huître biploïde. Ces huîtres à l’état de larves sont exclusivement produites en écloserie. Stérile et donc sans laitance, l’huître triploïde présente l’avantage de grossir plus vite et sa texture est constante toute l’année. Saisie par la DGCCRF, l’Anses a confirmé l'innocuité de cette huître pour le consommateur et l’absence de risques pour l’environnement. Source : DGCCRF


Avez-vous eu connaissance de la saisine de la DGCCRF auprès de l'Anses ? et de la réponse de l'Anses sur l'innocuité de l'huître triploïde pour le consommateur et l'absence de risques pour l'environnement ?

La réponse est dans cet avis de l'Afssa signé par Martin Hirsch en novembre 2001

Saisine n° 2001-SA-0080 – Maison Alfort, 23 novembre 2001

Avis de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments relatif à la présentation d'éléments scientifiques d'appréciation de l'équivalence des huîtres Crassostrea gigas triploïdes, par rapport à des organismes diploïdes ou "sauvages", en vue de répondre à certaines inquiétudes des consommateurs

L'Agence française de sécurité sanitaire des aliments a été saisie le 20 mars 2001 par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes afin de disposer des éléments scientifiques d'appréciation de l'équivalence des huîtres Crassostrea gigas triploïdes, par rapport à des organismes diploïdes ou "sauvages", en vue de répondre à certaines inquiétudes des consommateurs. L'Association Force Ouvrière Consommateurs avait également saisi l'Afssa sur ce sujet le 18 septembre 2000.

Contexte

Des recherches effectuées sur les organismes marins et plus récemment sur les huîtres ont conduit à produire des organismes stériles dotés de trois génomes de base par croisement d'huîtres tétraploïdes avec des huîtres diploïdes. Sur le plan organoleptique, les huîtres triploïdes ne sont plus laiteuses (gamétogenèse incomplète) et présentent, toute l'année, les caractéristiques des huîtres hivernales. Par ailleurs les gains de croissance observés seraient de 22% à 38 %.

Le comité d'experts spécialisé "Biotechnologie", réuni le 22 octobre et le 21 novembre 2001, a orienté sa réflexion sur les questions suivantes :
  • le caractère polyploïde constitue-t-il en lui-même un facteur de risque sanitaire ?
  • des incidents particuliers liés à la consommation d'huîtres triploïdes par rapport à des huîtres diploïdes ont-ils été rapportés ?
  • le caractère triploïde a-t-il une influence sur les performances biologiques par rapport aux huîtres diploïdes, notamment au regard du pouvoir de filtration et du risque d'accumulation vis-à-vis des contaminants de l'environnement ?

La polyploïdie dans le règne végétal et animal

Le génome de base d'un organisme est caractérisé par le nombre de chromosomes non homologues contenu dans le noyau d'une cellule (par exemple 23 chez l'homme, 10 chez l'huître, 14 chez le blé dur). Les êtres vivants, surtout dans le règne animal, sont généralement diploïdes, leur génome étant constitué de deux génomes de base, l'un d'origine maternelle, l'autre d'origine paternelle....

Suite en téléchargeant l'avis de l'Anses (ex Afssa) : Saisine n° 2001-SA-0080

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Requiem pour les huîtres

Documentaire

Enquête sur le mystérieux syndrome de disparition qui frappe les naissains d’Huîtres partout en France.

52min. 2012. HD. Ushuaia TV & TEBEO

Réalisation : Rémi Laugier

Synopsis de Requiem pour les huîtres

Depuis 2008, l'ostréiculture connaît une crise sans précédent : un virus frappe chaque année les jeunes huîtres et handicape gravement la profession.

Résumé : Depuis 2008, l'ostréiculture connait une crise sans précédent. En effet, un virus frappe chaque année les jeunes huîtres et handicape gravement la profession. Parallèlement à l'expansion de ce virus, de nouvelles pratiques ostréicoles ont vu le jour avec notamment, depuis une quinzaine d'années, la création d'une huître issue de laboratoire et modifié chromosomiquement : L'huître triploïde. Ce documentaire partira à la rencontre des ostréiculteurs, scientifiques, écloseurs... afin d'entendre leurs points de vue sur les mortalités et de découvrir le métier d'ostréiculteur souvent méconnu.

Toutes les diffusions TV
  • Mer 12 décembre 2012 à 20h40 sur Ushuaia TV
  • Ven 14 décembre 2012 à 08h35 sur Ushuaia TV
  • Dim 16 décembre 2012 à 07h32 sur Ushuaia TV
  • Mer 19 décembre 2012 à 09h28 sur Ushuaia TV

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Un plateau d'huîtres modifiées pour Noël ? (Le Point)

Développées dans les laboratoires de l'Ifremer, les huîtres triploïdes sont en passe de détrôner les huîtres naturelles pour le meilleur ou... pour le pire.

Les huitres triploïdes sonneront-elles la fin des huitres naturelles ?

Par Victoria Gairin

On l'appelle huître "triploïde" ou plus poétiquement "huître des quatre saisons"... Vous l'avez sans doute déjà consommée sans le savoir, car elle représente une part importante de la production ostréicole. La triploïde a subi des manipulations chromosomiques importantes, la faisant passer de 2 à 3 paires de chromosomes et la rendant stérile. Pas très anodin... Pourtant, aucune obligation d'étiquetage ni étude préalable ne sont requises car, légalement, elle n'est pas un OGM mais un OVM, c'est-à-dire un organisme vivant modifié.

Danger pour la biodiversité

Face aux risques de prolifération de ces organismes manipulés, une réglementation plus contraignante devrait voir le jour... dans les prochaines années. "Il y a un véritable consensus de la communauté scientifique mondiale sur les risques liés aux OVM et sur l'importance d'une évaluation avant la mise sur le marché ", explique Jean-Patrick Le Duc, du Muséum national d'histoire naturelle.

"Aujourd'hui, ils ne sont pas assez évalués ni encadrés alors que l'on n'a aucun recul. Les cas des huîtres triploïdes ou du saumon transgénique - qui constitue désormais l'essentiel de l'offre du saumon d'élevage - sont emblématiques : on les a introduits massivement au risque de déséquilibrer complètement les écosystèmes, sans appliquer le principe de précaution. D'après moi, l'huître triploïde constitue un danger pour la biodiversité et l'hécatombe ostréicole qui sévit depuis 2008 pose la question de la fragilité de ces organismes modifiés".

Maturité accélérée

Développée depuis 15 ans au sein de l'Ifremer, l'huître triploïde a été initialement conçue pour augmenter la production durant l'été. Théoriquement stérile, elle ne produit pas de laitance (gamètes) entre mai et août et remplace donc avantageusement l'huître naturelle, laiteuse durant cette période de reproduction. La triploïde réserve un autre avantage de taille pour les producteurs : plutôt que se reproduire, elle met à profit son énergie pour grandir plus vite et arrive ainsi à maturité en deux ans contre trois bonnes années pour l'huître naturelle.

"Pour fabriquer la triploïde plusieurs méthodes se sont succédé", explique Jean-François Samain, ancien directeur de recherche à l'Ifremer. "La première technique nécessitait l'utilisation d'un produit mutagène au stade embryonnaire. En théorie c'est sans risque, mais pour des produits destinés à l'alimentation humaine, je déconseille ce genre de procédés... Aujourd'hui, certaines écloseries (sites de reproduction des huîtres) l'utiliseraient encore. La deuxième méthode mise au point donnait des individus résistants, mais c'était un processus plus long, aussi en 2007, un troisième procédé plus rapide a vu le jour et prédomine aujourd'hui." À savoir : on crée une huître tétraploïde, dotée de quatre paires de chromosomes, sorte de super mâle qui féconde des millions de femelles diploïdes (deux paires de de chromosomes).

Risque de dissémination

Procédé coûteux et complexe, l'huître tétraploïde serait vendue 1 000 euros l'étalon aux écloseries et nécessite des installations hautement sécurisées pour éviter tout risque de dissémination de la précieuse semence. "Nous ne sommes pas à l'abri d'une manipulation malheureuse et un tel accident pourrait signer la fin des huîtres naturelles", s'inquiète Jean-François Samain. D'autant qu'il existerait des écloseries clandestines en France, notamment en Bretagne.

Face à ce risque de dissémination, l'association des ostréiculteurs traditionnels a déposé une requête devant le tribunal administratif de Rennes contre l'Ifremer pour "développement de biotechnologies sans en mesurer les conséquences". Benoît Le Joubioux, qui dirige ce mouvement, souhaite que le principe de précaution soit appliqué et réclame des zones de préservation des huîtres naturelles, surtout après l'épisode de l'herpès virus, qui décime depuis plusieurs années tous les élevages. "En 2009, après le début de l'épidémie, l'Ifremer a constaté que la mortalité touchait surtout les triploïdes - jusqu'à 95 % des jeunes huîtres -, mais aujourd'hui on ne comprend plus rien ! L'épidémie s'est étendue à tout le bassin et il n'y a plus aucun repère, tout crève."

La fin de l'huître naturelle ?

Alors que les anti-triploïdes accusent les huîtres modifiées d'être moins résistantes et d'avoir ainsi propagé partout l'épidémie, les pro-triploïdes soutiennent qu'il s'agit d'un virus particulièrement virulent qui n'a rien à voir avec leur protégée. Au sein d'un milieu conchylicole divisé, les expertises se succèdent et les soupçons s'accumulent sur l'implication des nouvelles venues dans cette pandémie.

L'huître modifiée sonnera-t-elle la fin du coquillage naturel ? Pour arrêter cette épidémie, les ostréiculteurs du bassin d'Arcachon demandent un moratoire afin de suspendre l'introduction des triploïdes dans la mer. En attendant, des consommateurs avertis la boudent déjà. En l'absence d'étiquetage, on la reconnaît à sa coquille qui rebique comme la proue d'un bateau mais certains ostréiculteurs couperaient cette partie pour faire passer la belle incognito...

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1 commentaire:

Anonyme a dit…

Bonjour
nous vous conseillons la lecture de l'article d'Inf'OGM : Huître triploïde : une « manipulation » bien cachée (en ligne : http://www.infogm.org/spip.php?article3767)
Cordialement