mardi 30 mars 2010

Huître : Les dix plaies de l’ostréiculture

Près de 700 ostréiculteurs à la Tremblade en Charente-Maritime, environ 150 personnes à Baden dans le Morbihan. Ces deux assemblées ont réuni massivement les ostréiculteurs charentais et bretons qui ne savent plus à quel saint se vouer. Deux années de mortalité des jeunes huîtres inexpliquée en 2008 et 2009. Destruction du matériel à terre au moment du passage de la tempête Xynthia le 28 févier 2010. Et enfin interdiction de la vente des huîtres contaminées par le phytoplancton toxique "pseudo nitzschia australis" juste avant les fêtes de Pâques (1).

Coup sur coup, trois évènements tragiques ont frappé l’ostréiculture. Ces trois catastrophes en lien direct avec la nature montrent la vulnérabilité de l’ostréiculture face à des dysfonctionnements environnementaux.

Jadis, les victimes de sinistre imploraient les dieux comme à l’époque des pharaons au temps des 10 plaies d’Egypte. A ce moment-là, le pays du Nil avait subi 10 fléaux : les sauterelles, les moustiques, la grêle, la peste, la lèpre,….. que la Bible a repris à son compte en expliquant que Dieu avait infligé 10 châtiments à l'Égypte pour convaincre le Pharaon de laisser partir le peuple d'Israël.

Aujourd’hui, les ostréiculteurs attendent des réponses précises, et ils ne peuvent se résoudre aux seules hypothèses émises par la science. Leur survie est en jeu !

Les dix plaies de l’ostréiculture :

Les pesticides,
Les nitrates et phosphates,
Les stations d’épuration,
L’irrigation,
L’urbanisation,
Les ports de plaisance,
Les métaux lourds,
Le changement climatique,
L’assèchement des zones humides,
.....
Philippe FAVRELIERE (modifié le 1 avril 2010)

Autres articles :

Voir aussi : COMITE DE SURVIE DE L'OSTREICULTURE

(1) L'interdiction de commercialisation des coquillages (Sud Vendée et Charente-Maritime) est due à un phytoplancton toxique "pseudo nitzschia australis". Ceci est dû à l'enrichissement nutritif de l’eau de mer suite à la tempête Xynthia (30.000 hectares de terre submergée, stations d'épuration qui ont dé-clapé, et tous les engrais agricoles qui ont été emmenés en mer). Ce phytoplancton peut se nourrir directement de matière organique et peut se multiplier avec peu de lumière dans des eaux turbides. Un rapport de l'IFREMER daté du 30 mars 2010 l'atteste.

Le seuil d'alerte est de 100.000 cellules/litre et nous avions sur l'île d'Aix 830.000 cellules. La toxine "Amnesic Shellfish Poisonning" est l'acide domoïque. La norme maxi est de 20 micro grammes par gramme de chair et nous en avions dans les huîtres près de 4 fois cette dose. La toxine est très dangereuse et se concentre dans la chaîne alimentaire. Les oiseaux comme des cormorans au Canada, certains poissons bleus et les crustacés y sont sensibles.

Les analyses de la semaine dernière ont montré une diminution du nombre de cellules mais une stagnation de l'ASP sur les huîtres. Les 20 lots de claire sont indemnes, 18 en dessous du seuil de détection, 2 autres détectés dont 1 à 6,2 micro grammes par gramme de chair. Cette semaine 113 lots de claire ont été testées semble-t-il avec succès. Nous aurons les résultats des analyses pour la mer demain.
Il n'y a que peu de référentiels pour ce phyto . Un cas suivi au Canada, un autre en baie de Seine sur les coquilles St Jacques et encore un autre sur des moules en baie de Brest. Personne ne sait en combien de temps une huître peut se désintoxiquer. Sur les coquilles cela a mis un an, sur les moules 2 à 3 mois.....

J'espère que ce ne sera pas aussi long pour nous car nous sommes déjà au taquet, et nombreux sont ceux qui songent à fermer boutique. information communiquée le 1 avril 2010 par Jacques Baron

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Marennes-Oléron : Adaptabilité face aux modifications de l'environnement

Adaptabilité des activités conchylicoles aux modifications de leur environnement : Scénarii et solutions

Le cas du bassin de Marennes-Oléron.

Auteurs : D. Mille (CREAA) et O. Le Moine (IFREMER LERPC-La Tremblade)

Août 2011

Creaa / Ifremer / Ancorim

Les enjeux

Le site étudié est le bassin conchylicole de Marennes-Oléron qui constitue avec le reste des rivages de Poitou-Charentes, l’un des plus importants centres conchylicoles européens et le premier en matière ostréicole.

Bien que bénéficiant historiquement de conditions préférentielles pour la réalisation de l’élevage des coquillages, l’activité conchylicole est aujourd’hui menacée outre par les mortalités précoces de juvéniles d’huîtres, par des risques de plus en plus prégnants : dégradation de la qualité des eaux, raréfaction de l’eau douce et augmentation de la fréquence des phénomènes climatiques violents ce qui entraîne une dégradation globale des conditions de production.

Pour télécharger cette très bonne étude, cliquer Ancorim/ CREAA

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Ancorim

Le Réseau atlantique pour la gestion des risques côtiers (ANCORIM – Interreg IVB Secteur de l’Atlantique) est un projet financé par le fonds européen de développement régional (FEDER), visant à renforcer la capacité d’action des décideurs dans les régions de l’Atlantique, dans le but d’éviter et de réduire les risques côtiers, notamment ceux qui sont liés aux changements climatiques. Il est axé principalement sur la mobilité de la ligne de rivage, la qualité des eaux et les activités économiques côtières, ainsi que l’aménagement du littoral.

L’arc atlantique est constitué de 33 régions européennes qui s’étendent sur un linéaire côtier de 2500 km, comptant environ 70 millions d’habitants. Ces régions sont caractérisées par une forte identité, liée à la proximité de l’océan et présentent également une grande diversité naturelle et culturelle. Elles sont aussi très vulnérables en raison des pressions qu’elles subissent d’origine humaine ou naturelle : tourisme, urbanisation, érosion côtière, pollutions …. Les différents risques sont par ailleurs potentiellement accentués par les effets pressentis du changement climatique : surcôte de tempêtes, inondations, …. Dans ce contexte, le projet ANCORIM vise à renforcer les capacités opérationnelles des décideurs et gestionnaires du littoral des régions atlantiques dans le but de faire face aux risques littoraux. Il se propose ainsi de mettre en réseau les ressources scientifiques et techniques existantes à l’échelle de l’espace atlantique européen, ainsi que de fournir des outils d’appui à la décision, et de valoriser les exemples de bonnes pratiques existantes dans les différents territoires concernés. Le projet ne consiste pas à développer des travaux de recherche scientifique mais à intensifier les échanges opérationnels entre la communauté scientifique et les décideurs en vue d’améliorer la prévention et gestion des risques côtiers. Pour plus d'informations, cliquer Ici

Autre étude : Enquête sur les besoins des décideurs et des acteurs pour la gestion du littoral Poitou-Charentes

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Stratégie nationale de gestion du trait de côte, du recul stratégique et de la défense contre la mer

Propositions pour une stratégie nationale de gestion du trait de côte, du recul stratégique et de la défense contre la mer, partagée entre l'Etat et les collectivités territoriales

Rapport présenté par Alain Cousin, Député de la Manche

Novembre 2011

Trait de Côte : Alain Cousin rend son rapport à la Ministre

5 réunions, des dizaines d’auditions de spécialistes d’horizons divers et variés, c’est le travail que le groupe de travail pluri-disciplinaire que j'ai animé a effectué ces derniers mois pour établir des propositions concrètes au ministre relatives à ce que l’on appelle « le Trait de Côte ».

Depuis des dizaines d’années, la défense contre la mer et les effets de l’érosion ont été gérés « en local ». Ces dispositifs, de génie civil parfois très efficaces, ont parfois eu pour conséquences de déplacer les zones d’érosion.

Au terme de ce travail collectif, il ressort que notre pays doit se doter d’une politique globale de gouvernance de l’espace littoral.

Cette nouvelle vision que nous devons avoir au niveau national met en relation des problématiques d’urbanisme, d’aménagement du territoire, de gestion des écosystèmes côtiers, de prévention des risques, de politiques foncières ou de gestion du domaine public maritime. Il est un sujet éminemment politique, car il engage, par les aménagements que nous réalisons aujourd’hui sur le littoral, les générations futures.

Dans le rapport, que je viens de rendre à Nathalie Kosciusko-Morizet, Ministre de l’Ecologie, du Développement durable, des Transports et du Logement, je propose plusieurs objectifs, une méthode et un mode de financement.

Un mode de financement et une concertation qui ne peuvent qu’être partagés avec les acteurs locaux de l’aménagement du territoire.

D’ici la fin de l’année, j’accompagnerai la Ministre sur le terrain pour énoncer ce qui sera, demain, la nouvelle gouvernance de l’espace littoral. Source : Blog Alain Cousin

Conformément aux engagements du Grenelle de la mer, le rapport propose une feuille de route nationale en matière de lutte contre l’érosion côtière et le recul du trait de côte, limite entre la terre et la mer.

La tempête Xynthia, qui a durement frappé le littoral charentais au printemps 2010, a souligné la nécessité pour l’Etat et les collectivités locales de disposer sur tout le littoral d’une vision à moyen et long terme de l’évolution du trait de côte.

Installé en décembre 2010, le groupe de travail présidé par le député Alain Cousin, comprenait des représentant des cinq collèges du Grenelle de la mer (Etat, collectivités, ONG, syndicats, professionnels). Il a permis l’adoption de propositions concrètes et très opérationnelles, partagées par tous les acteurs.

Elles s’articulent autour de quatre axes :

  1. Doter la France d’un outil d'observation de l’évolution du trait de côte et identifier, pour chaque façade maritime, des « zones à érosion forte » où l’action publique sera priorisée.
  2. Dans ces territoires à érosion forte, élaborer des « stratégies locales » partagées entre les acteurs (État, collectivités territoriales, propriétaires privés ou réunis en associations...) en s'appuyant sur les responsabilités et les compétences de chacun.
  3. Sur l’ensemble du littoral français, renforcer la prise en compte de l’érosion côtière dans les documents de planification et d’urbanisme, dans les plans de prévention des risques et dans les autorisations d’occupation du domaine public maritime.
  4. Lancer un appel à projets, au bénéfice des collectivités locales pour expérimenter les solutions de « repli stratégique » et de « relocalisation des biens et des activités ».

Le rapport présente également un guide méthodologique à destination des collectivités locales, afin que la gestion du trait de côte soit pleinement intégrée dans leurs différents documents d’urbanisme.

« Alors que les tempêtes récentes comme Xynthia nous rappelle que notre littoral est vulnérable aux risques naturels, le rapport dessine des orientations claires et directement opérationnelles », a déclaré Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET. « Elles seront intégralement reprises dans la future stratégie nationale de gestion du trait de côte, que je présenterai d’ici janvier ».

Télécharger le document : Trait de Côte

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La mort est dans le pré

France 2 : Documentaire

Date : 17/04/2012

Horaire : 22h41 – 23h35

Durée : 54 mn

Origine : France. (2012) 6.

« Quand on découvrira toute la vérité sur les dangers des pesticides, ce sera un scandale pire que celui du sang contaminé. Je n'ai pas de raisons de me taire ». L'agriculteur qui nous parle est atteint d'un cancer à 47 ans. C'est une victime des pesticides qu'il manipule tous les jours. Des centaines d'agriculteurs sont frappés. Victimes des produits phytosanitaires que l'on croyait «anodins». Ces élèves issus de l'école agricole intensive les utilisent depuis les années cinquante sur leurs exploitations jusqu'au jour où les maux de tête, la fatigue, les comas successifs les ont conduits à l'hôpital

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Le 2 janvier 2012

L'huître a l'origine d'une pensée reliant écologie et économie.....

L’Europe au chevet de l’ostréiculture, ou comment un zoologiste initie une première forme d’écologie économique (1870-1880)

Patrick Matagne. Université de Poitiers – IUFM Poitou Charentes, Laboratoire Ruralités

Cette communication est une contribution à l’histoire de la pensée écologique et économique, inscrite dans le contexte européen de la seconde moitié du XIXe siècle. A l’occasion d’une étude des causes de l’épuisement des bancs d’huître, le zoologiste allemand Karl August Möbius crée, en 1877, le néologisme biocénose, qui va devenir une des deux composantes de l’écosystème (l’autre est le biotope). Croisant les apports et les analyses des naturalistes et des économistes, il dénonce les effets néfastes d’une exploitation non durable des bancs d’huîtres. Il est aux racines d'une pensée reliant écologie et économie.

En 1869, le zoologiste allemand Karl August Möbius est envoyé en mission pour étudier l’ostréiculture. La situation est alors préoccupante. En Prusse comme en France, l’épuisement des bancs d’huîtres compromet l’avenir d’une activité littorale naissante.

Quelle est alors la situation de l’ostréiculture ? Quelles sont les causes de l’épuisement des bancs d’huîtres ? Comment restaurer la productivité ?

C’est à toutes ces questions que le gouvernement prussien demande au professeur Möbius de trouver des réponses. Le zoologiste, dans le cadre de cette mission, va développer une pensée qui relève d’une première forme d’écologie économique, qui le conduit à réfléchir à la durabilité de nos modes d’exploitation des ressources naturelles…. Suite Oeconomia

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Revue de presse

Le 2 avril 2010

Toxine : Le marché du naissain d'huître est paralysé (Sud-Ouest)
L'interdiction du transfert d'huîtres charentaises pénalise aussi les producteurs d'autres bassins, en Bretagne et Méditerranée par exemple.
Temps gris sur la plus grande marée du printemps. Wilfried Joneau remonte la passerelle d'accès au quai du Chapus, glacière à la main, moral à fond de cale. Ce week-end encore, pour la troisième semaine consécutive, le jeune producteur de Bourcefranc n'ira ni dans la Vienne, ni en Touraine, à la rencontre de ses clients sur le marché. Quand bien même les résultats sur la concentration en toxine ASP du milieu seraient favorables aujourd'hui (lire par ailleurs), la réouverture n'interviendrait pas avant une seconde analyse positive, une semaine plus tard.
Comme beaucoup, Wilfried Joneau a succédé à son père. Après un parcours en tandem au sein d'un groupement agricole familial (Gaec), il a créé sa propre société. Puis, il a jeté à terre l'ancienne cabane, avant de construire un établissement neuf. Il y a un an, Wilfried Joneau s'est endetté…..

Transferts d'huîtres interdits
À Port-des-Barques, Michel Grasset dirige l'une des plus grosses unités de captage naturel. « Ces arrêtés commencent à être lourds de conséquences. Les Bretons et les Normands ne peuvent pas récupérer ici le naissain qu'ils élèvent ou achètent. Et les Charentais ne peuvent pas le déplacer sur leurs parcs d'élevage, au nord de la Loire. Tout est bloqué par l'interdiction de transférer les huîtres, alors que nous sommes dans un contexte de manque d'huîtres, et qu'il est bon d'avoir garni ses parcs au printemps, période de bonne croissance des huîtres. »
L'État interdit ces transferts en se basant sur un avis de l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer). Il laisse perplexe le naisseur port-barquais : « Je voudrais bien connaître le pourcentage du risque qu'une huître de Charente-Maritime puisse contaminer un autre bassin de production. Ce chiffre-là, les chercheurs ne nous le donnent pas ! Si l'on me dit qu'il y a un risque de 20 %, je peux le comprendre. Seulement, on ne me dit rien ! »
Le principe de précaution s'applique. Il va souffrir ses exceptions : pour le producteur, il ne fait pas de doute que certains bravent déjà l'interdiction de transférer d'un site de production à l'autre des huîtres non commercialisables. Michel Grasset reçoit chaque jour une demi-douzaine d'appels de collègues extérieurs à la Charente-Maritime en attente de naissain.
Lettre au ministre....

Ostréiculture. 186 dossiers d'aides déposés dans le Morbihan (Le Télégramme)
La Section régionale conchylicole (SRC) de Bretagne-Sud a organisé une réunion d'information sur les mortalités ostréicoles, hier à Baden (56), à destination des professionnels et de leurs partenaires (comités de gestion, banques). Étaient aussi présents le président du Comité national de la conchyliculture (CNC), Goulven Brest, et les représentants de l'État et d'Ifremer. Soit environ 150 personnes. Sur les 370 entreprises ostréicoles recensées dans le Morbihan, 186 ont déjà déposé un dossier d'indemnisation pour 2009, au titre de la redevance domaniale, des fonds d'aide aux charges ou de calamité agricole. «30% des aides disponibles devraient être débloquées fin avril. Parallèlement, des aides régionales se mettent en place petit à petit», souligne Hervé Jenot. Le président de la section régionale conchylicole de Bretagne-Sud incite les ostréiculteurs à demander ces aides, «même si cela ne fait pas encore partie de notre culture».

3.000 emplois indirects
Renan Henry, président du Comité de survie ostréicole (CSO), dénonce des «mesurettes» et demande la mise en place d'un plan de soutien national. Goulven Brest rappelle «qu'au moins 40millions d'euros ont déjà été obtenus auprès de l'État», pour compenser les pertes de 2009, comme en 2008…..

Le 22 juin 2010

Les mille et une vies de l'huître (Sud-Ouest)
Dès l'antiquité, l'huître plate ou « gravette » participe avec la pêche et la chasse au système vivrier local. On la mange et on la vend.
Elle pousse à l'état sauvage à profusion. En 1708, Claude Masse, ingénieur géographe du roi écrit : « Cette pêche est parfois si abondante que l'on en a une charretée pour un écu. » Des charrettes d'huîtres qui partent vers Bordeaux. Le commerce est si lucratif que bientôt, le gisement s'épuise. La pêche aux huîtres sera interdite pendant trois ans à partir de 1750. Déjà ! Et comme aujourd'hui, c'est d'un savant naturaliste que viendra le salut. Il préconise l'élevage des huîtres selon des techniques appliquées dans les lagunes italiennes. On distribue des huîtres reproductrices, comme en ce moment sur le Bassin. Mais l'huître plate est en voie de disparition au début du XXe siècle. Qu'importe ! On fait venir l'huître creuse du Portugal qui ne tarde pas à donner des signes de faiblesse. En 1960, on soupçonne la papeterie de Facture qui rejette ses effluents dans le Bassin. Alors, les ostréiculteurs déménagent leurs parcs, plus à l'ouest, là où l'eau se renouvelle davantage. Dix ans plus tard, l'huître creuse est victime d'une maladie. On importe alors la Gigas ou huître japonaise. Très vite, elle présente des anomalies de calcification. L'origine du mal, des études le prouveront, est un composé organique de l'étain qui entre dans la composition des peintures anti-salissures des bateaux de plaisance.
À chaque fois, les scientifiques trouvent la parade. Mais jamais on ne s'attaquera aux sources de la pollution des eaux.

Le Bassin d'Arcachon, un écosystème en danger (Sud-Ouest)
Les activités humaines mettraient en péril la fantastique diversité naturelle du Bassin.
L'urbanisation et la pression touristique ont-elles eu raison de ce fantastique équilibre naturel ?
Alerte ! Le bassin d'Arcachon est en danger. C'est un livre rare qui nous le dit, un livre d'images savant qui pose un diagnostic sévère sur un milieu naturel menacé. Il pourrait provoquer un déclic chez tous les usagers du Bassin, décideurs politiques en tête, pour sauver ce qui peut l'être encore.
Posons-nous au bord du Bassin à marée basse. Le vert l'emporte sur le bleu. Sous nos yeux s'étale le plus grand herbier du monde. Un véritable jardin aquatique qui nourrit les oiseaux migrateurs qui viennent hiverner et sert de niche aux coquillages et crustacés. Cette faune est un indicateur de la qualité des eaux du Bassin. Elle donne la première alerte d'une dégradation inquiétante. Au début, on n'y a pas prêté attention : quand l'huître plate, l'espèce originelle du Bassin a disparu. Comme l'hippocampe que l'on vernissait quand on était enfant. Puis, les sardines et les mulets ont préféré éviter le Bassin. Aujourd'hui, on se demande s'il y aura encore des huîtres dans cinq ans. C'est le tocsin. L'ostréiculture fait partie de l'identité du Bassin, elle lui donne son cachet, outre une activité économique de 35 millions d'euros.
Dans la stupeur et l'affolement, on fait appel aux scientifiques. Certains lèvent timidement….

Le 29 juillet 2010

Océan : ton phytoplancton fout le camp ! (Jdle)

Sous l’effet de l’augmentation de la température des océans, les concentrations de micro algues dans l’eau ont fortement diminué, estime une étude parue cette semaine dans Nature. Ce qui pourrait avoir de lourdes conséquences sur la faune marine et sur le climat. Il a beau être invisible à l’œil nu, le phytoplancton est d’une importance capitale. Présentes dans les couches superficielles de l’océan, ces minuscules algues jouent un rôle essentiel dans la vie terrestre. Dans l’eau, elles sont à la base de la chaîne trophique. Sans elles, pas de poissons, ni de mammifères marins. Grâce à la photosynthèse, elles absorbent aussi une centaine de millions de tonnes de CO2 par jour et relâchent près de la moitié de l’oxygène composant l’atmosphère. Bref, le phytoplancton, c’est la vie ! Problème, les populations de micro algues ont tendance à diminuer à vitesse grand V. C’est du moins la conclusion d’une étude réalisée par le biologiste Daniel Boyce, de l’université Dalhousie de Halifax (Canada). Publié, cette semaine dans Nature, l’article est des plus inquiétants…..

Le phytoplancton est le premier maillon de la chaîne alimentaire marine. A ce titre, sa raréfaction aura des conséquences directes sur les animaux qui en font grande consommation : un requin baleine consomme une tonne de phytoplancton par jour....

Le 30 juillet 2010

Les eaux françaises saturées en pesticides (Jdle)

Le service de l’observatoire des statistiques du commissariat général au développement durable a publié, le 29 juillet, une étude sur les pesticides dans les milieux aquatiques. Il dresse un état de la contamination des cours d’eau et des eaux souterraines par les pesticides en 2007, en France métropolitaine. Les données proviennent des services de l’État, des établissements publics et de certaines collectivités locales, sous la responsabilité des agences de l’Eau. Le document révèle qu’en 2007, les pesticides étaient présents dans 91 % des points suivis dans les cours d’eau et dans 59 % des points en eaux souterraines. Si les teneurs mesurées sont parfois faibles, elles traduisent très clairement une dispersion quasi-généralisée des pesticides dans les milieux aquatiques. Il apparaît que le niveau de contamination est plus important dans les rivières (où la concentration totale en pesticides est supérieure à 0,5 μg/l sur 18 % des points de mesure) que dans les eaux souterraines (3,8 %). Les régions les plus touchées restent les zones de grande culture céréalière et viticoles. Les substances les plus fréquemment rencontrées sont des herbicides.

Les normes de qualité environnementales (NQE)[1] définies à ce jour ne sont pas respectées sur 11 % des points en cours d’eau et sur 18 % des points en eaux souterraines. « Deux tiers des quinze substances les plus rencontrées dans les cours d’eau – toutes des herbicides – ne sont pas, à ce jour, couvertes par une norme », rappelle l’étude. C’est le cas notamment du glyphosate et de son métabolite l’AmPA[2] qui sont respectivement les troisième et première substances les plus fréquemment quantifiées dans les rivières. Il peut y avoir des spécificités locales. Par exemple, 40 % des points de mesure situés dans la région Île-de-France ne respectent pas les normes à cause du diuron, qui est depuis 2008 interdit à la vente et moyennement soluble dans l’eau….

Etude à télécharger : Les pesticides dans les milieux aquatiques - Données 2007 - Commissariat général au développement durable - Études & documents n°26 Juillet 2010

Le 7 août 2010

Présence de pesticides dans les cours d'eau : Question embarrassante ?

Une réponse qui se fait attendre…. Deux ans après….

Question datée du 4 septembre 2008 : M. André Vantomme attire l'attention de M. le ministre d'État, ministre de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de l'aménagement du territoire sur la présence des pesticides dans les cours d'eau dans une Question écrite n° 05456 de M. André Vantomme (Oise - SOC) publiée dans le JO Sénat du 04/09/2008 - page 1753

Réponse datée du 5 août 2010 : Réponse du Ministère de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de la mer, en charge des technologies vertes et des négociations sur le climat publiée dans le JO Sénat du 05/08/2010 - page 2026

Dans son bilan annuel de la contamination des eaux par les pesticides, le service de l'observation et des statistiques (SoeS, ex-IFEN) du ministère de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de la mer, en charge des technologies vertes et des négociations sur le climat (MEEDDM), fait état de la connaissance de la qualité des eaux de surface et des eaux souterraines depuis 1998 (dernier bilan en ligne consultable sur http://www.stats.environnement.développement-durable.gouv.fr/donneesessentielles/eau/les-pesticides-dans-les-eaux.html). L'effort de surveillance des pesticides dans les cours d'eau et dans les eaux souterraines n'a cessé de s'intensifier lors de la dernière décennie…. Voir réponse complète dans Questions au Sénat

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Le 18 décembre 2010 : Deux documents Ifremer

Caractérisation hydrologique des Pertuis Charentais : Pertuis charentais : Impacts des différents fleuves côtiers (Ifremer)

Ifremer : Laboratoire Environnement et Ressources des Pertuis Charentais (LER/PC)

Contexte : La productivité de l'écosystème conchylicole, et le rendement économique que l'on peut en attendre sont en partie sous la dépendance de la croissance et de la mortalité qui affectent les élevages. Les mauvais rendements observés dans les pertuis Charentais, comparés aux autres bassins conchylicoles (résultats du réseau Ifremer REMORA) sont les premiers responsables de l'inconfortable situation financière de certaines entreprises. L'optimisation des rendements conchylicoles passe par une meilleure connaissance et compréhension des performances de croissance et de survie mais aussi par l’analyse des facteurs physiques et météorologiques (pluviométrie, température, salinité, bathymétrie, nature des fonds, hydrodynamisme, mouvements sédimentaires, ), biologiques (ressource nutritive algale en qualité et quantité, sels nutritifs pour la production primaire, compétiteurs, prédateurs, pathogènes) et réglementaires (organisation du Domaine Public Maritime, schéma des structures, gestion des usages de l’eau douce)….

Conclusion :

Ces approches, quoique théoriques, montrent bien que la Charente, si elle a une influence importante, n’est pas la seule à impacter les Pertuis. La Gironde est également à prendre en compte. En effet, si ses apports sont dilués, l’importance des débits est telle qu’elle impacte l’ensemble de la mer côtière. Peut être en est il de même de la Loire dans le pertuis Breton, selon les conditions de circulation océanique, donc des vents.

D’autre part, les capacités de renouvellement des zones conchylicoles (Pertuis Breton et Marennes Oléron) sont très différentes, et en faveur de Marennes Oléron, mieux alimenté. Les impacts des différents fleuves, et leurs poids respectifs dans les dessalures côtières seront donc de nature différente selon les pertuis.

Les images satellite (cf. couverture) et les réseaux de mesures de l’Ifremer sont des outils qui doivent enrichir nos connaissances en la matière. L’outil par excellence pour ce genre de travail est l’outil « modélisation », qui peut reproduire des situations données (marée, débit, météo…) dans le temps et dans l’espace, afin de décrire l’environnement. Ils permettent en outre de tester des situations très improbables, mais qui éclairent sur le poids des différentes variables dans les systèmes hydrodynamiques « pertuis ».

L’objectif 2009 est donc cette caractérisation spatio-temporelle de l’impact des fleuves sur les zones conchylicoles à l’aide du modèle hydrodynamique MARS, qui devrait apporter des éléments de compréhension du fonctionnement de l'écosystème conchylicole, dans des approches de productivité primaire comme d'explication des mortalités. Pour télécharger le document, cliquer Ici

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Evaluation des risques d'impact de l'écosystème conchylicole des Pertuis Charentais par les pesticides" : Phytosanitaires (Ifremer)

Les produits phytosanitaires employés sur les bassins versants sont acheminés par les rivières et fleuves jusqu’à la mer. A l’heure actuelle, il n’est pas prouvé une relation directe entre les mortalités d’huîtres et des concentrations de produits toxiques mesurées dans l’environnement littoral. La littérature scientifique fournit malgré tout de nombreux exemples d’expériences mettant en évidence des effets nocifs de ces produits sur les huîtres :

l'impact sur le phytoplancton est trivial puisque le vocable "herbicide" contient les effets de ces produits sur les végétaux et donc le phytoplancton. Les effets sont différents en fonction des doses, des molécules et des espèces d'algues. Cet effet est décrit par des travaux expérimentaux. Pour les coquillages qui se nourrissent de micro-algues, les conséquences sur la nutrition peuvent être liées à des changements de quantité d'algues et/ou des changements de qualité (assemblages d'espèces, disparition, apparition d'espèces)

l'impact sur les larves d'huîtres est reconnu et s'exprime par des déformations (embryo-toxicité). Cette caractéristique est même exploitée puisque le taux de malformation et de viabilité de larves est une mesure standardisée et utilisée en écotoxicologie. Pour la conchyliculture charentaise, les zones de captage de la Charente sont les plus productives de France et sont situées en sortie de rivière où les produits phytosanitaire sont peu dilués.

l'impact sur le génome de l'huître a été mis en évidence expérimentalement. Il se manifeste par des cassures de l'ADN, des pertes de chromosome, des mutations qui affectent directement les performances physiologiques (robustesse, croissance, immunité, etc.). Les déformations des larves exposées au chapitre précédent en est un exemple.

l'impact sur l'immunité aussi mis en évidence expérimentalement se manifeste par une plus grande sensibilité des coquillages exploités aux agents pathogènes.....

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Le 19 décembre 2010

L'eau, la Bretagne et le préfet (Médiapart)

Pour vous changer des affaires Bettencourt, Karachi, des soubresauts de la zone euro, de ses plans d'austérité, des offensives de la neige... et des offensives du Medef pour dynamiser la sécu, je vous propose un petit détour par la Bretagne, la première région agricole, comme chacun sait, championne de la production porcine, laitière, ...championne des élevages "hors sol", des épandages de lisier qu'adorent les touristes et les riverains, championne des algues vertes aussi! la Bretagne aussi de Ouest France, premier quotidien régional qui sait si bien ménager la chèvre et le choux, cultiver le fait divers et les petits potins de chacune de nos communes .. mais qui traite parfois à la sauvette les problèmes de fond, sans doute parce que trop complexes pour ses lecteurs ou trop dérangeants pour les pouvoirs en place .

Un petit exemple. Nous (quatre associations du sud-est du Morbihan) souhaitions faire passer un communiqué de presse dans O.-F. pour faire savoir que nous avions adressé une lettre ouverte au préfet du Morbihan sur la question de la reconquète de la qualité de l'eau.

Nous résumions les enjeux et les arguments adressés au préfet ..Mais jamais ce communiqué n'est passé...

Bref !

Alors si cela vous intéresse, voici quelques données sur le problème de la qualité de l'eau...

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Le 20 décembre 2010

Toxicité de l'irgarol pour les huîtres du bassin d'arcachon

Questions orales sans débat à l’Assemblée Nationale du 7 décembre 2010

Élisabeth Guigou, présidente

La parole est à M. François Deluga, pour exposer sa question, n° 1195.

François Deluga

Je souhaite appeler l'attention de Mme la ministre de l'écologie sur la présence croissante d'irgarol dans le bassin d'Arcachon et sur la menace qu'elle représente pour la qualité des eaux et l'ostréiculture.

La fin du test dit « de la souris » représente une grande avancée pour les ostréiculteurs. Après quatre ans de bataille, le ministère de l'agriculture a supprimé ce test pour le remplacer par un test chimique que les professionnels et les élus réclamaient à cor et à cri. Depuis la mise en place de ce test fiable, une seule fermeture a été prononcée contre une vingtaine précédemment, ce qui démontre que les précédentes fermetures étaient infondées.

Cette victoire ne doit pas nous faire oublier que c'est aujourd'hui le manque de naissain et la mortalité massive des jeunes huîtres qui mettent en danger toute l'ostréiculture. En effet, depuis 2008, les mortalités d'huîtres juvéniles sont importantes. L'herpès virus OsHV-1 est certes identifié depuis longtemps, mais il est loin d'expliquer toutes les mortalités estivales.

En 2009, les analyses réalisées par le Réseau de recherche littorale aquitain dans le cadre du programme ASCOBAR ont mis en évidence la présence de molécules indésirables dans l'eau et surtout d'irgarol dans les huîtres du bassin d'Arcachon. L'irgarol est un biocide pesticide algicide puissant, intégré dans les peintures antifouling. Dans les milieux où l'eau est peu renouvelée, comme dans le bassin d'Arcachon, l'effet algicide de l'irgarol peut avoir des impacts directs importants sur le phytoplancton et sur la chaîne alimentaire. Or, comme le démontrent les résultats d'ASCOBAR, si l'irgarol est peu présent dans les huîtres du secteur océanique, il est en revanche fortement détecté en zone interne dans les huîtres. Certes, il reste encore en dessous des seuils sanitaires, mais sa présence est en croissance forte et continue.

La commercialisation de ce composé pose problème depuis plusieurs années. Le 2 octobre 2007, il était déjà alarmant d'entendre Mme la secrétaire d'État chargée de l'écologie indiquer que ce type de produit « potentiellement toxique » n'était « pas encore soumis à autorisation de mise sur le marché en France », ce qui signifiait « assez curieusement qu'il pouvait être librement mis en vente sur le territoire ».

Aujourd'hui, l'interdiction de ce composé des peintures antisalissure s'impose. Il ne s'agit évidemment pas de mettre en cause la plaisance : la réussite de la cohabitation entre toutes les activités du bassin dépend au contraire de la résolution de ce type de problème, qui ne fait qu'exacerber la tension entre utilisateurs et professionnels de la mer.

Pour ces raisons, au nom du principe de précaution et au vu des résultats scientifiques, je vous demande de bien vouloir interdire la commercialisation et l'utilisation de l'irgarol dans la composition des peintures antisalissure.

Élisabeth Guigou, présidente

La parole est à M. Benoist Apparu, secrétaire d'État chargé du logement.

Benoist Apparu, secrétaire d'état chargé du logement

Monsieur Deluga, vous avez appelé l'attention du Gouvernement sur les questions que soulève l'utilisation de l'irgarol, substance qui entre dans la composition des peintures antisalissure destinées aux coques des bateaux, et notamment sur les effets néfastes qu'elle peut exercer sur la faune et la flore marines, en particulier sur les huîtres du bassin d'Arcachon.

Vous le savez mieux que moi, au milieu des années soixante-dix, les peintures utilisées étaient à base de composés dont il a été prouvé au cours des années quatre-vingt-dix qu'ils causaient des ravages sur la reproduction et la croissance de divers organismes marins. Cette découverte a conduit à l'adoption de réglementations au niveau communautaire et international, visant à interdire les peintures à base de ces composés. C'est alors que des molécules de substitution, dont l'irgarol, sont apparues.

Cette substance est aujourd'hui suspectée, en raison de son écotoxicité importante pour les micro-algues, de menacer le phytoplancton et d'induire des perturbations endocriniennes chez les huîtres et chez d'autres organismes invertébrés.

Vous le savez, son utilisation, puisqu'il s'agit d'une substance dite biocide, est encadrée par une directive communautaire. Aux termes de cette directive, seuls sont autorisés les produits disposant d'une autorisation de mise sur le marché. Or, parmi les conditions d'attribution d'une autorisation à un produit, il faut que les substances actives qu'il contient figurent sur une liste de substances autorisées au niveau communautaire après évaluation des risques.

Les Pays-Bas évaluent actuellement l'irgarol afin de décider s'il doit être ou non inscrit sur la liste communautaire. Ce travail s'effectue sur le fondement d'un dossier déposé en avril 2006 par la société CIBA. En 2007, nous avons prévenu les autorités néerlandaises des préoccupations que nous inspirait cette substance. En 2008, ces autorités étaient sur le point de déposer un rapport d'évaluation soulignant les risques de perturbations endocriniennes.

Des discussions approfondies se sont finalement tenues entre CIBA et les autorités néerlandaises, qui, afin de lever définitivement le doute, ont demandé à cette société de produire une batterie de tests complémentaires. Ces tests ont été réalisés, et leurs résultats communiqués début novembre ; ils sont en cours d'examen par les autorités concernées, qui transmettront leur rapport d'évaluation à la Commission européenne au cours des tout prochains mois.

De son côté, et afin de définir sa position sur cette substance, le Gouvernement a demandé à l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail d'expertiser à son tour ce dossier.

Il est par ailleurs intéressant d'observer que la société BASF, qui a repris le dossier relatif à l'irgarol depuis la récente cession d'actifs de CIBA, ne défendrait l'utilisation de cette substance que pour le carénage des gros navires, ce qui exclurait ses applications privées, destinées à des navires de plaisance. Nous ne pouvons que nous en féliciter de cette initiative, et j'espère que BASF la concrétisera dans les meilleurs délais par une mesure d'étiquetage obligatoire et prescriptif, que nous envisageons d'imposer par voie réglementaire dans le cas contraire.

Notons enfin qu'en complément du dispositif d'encadrement découlant de l'application de la directive dite « biocides », la Commission européenne pourrait proposer d'ajouter l'irgarol, entre autres substances, à la liste annexée à la directive cadre de la loi sur l'eau ; cette liste énumère les substances qui doivent faire l'objet d'un suivi dans l'eau, et, le cas échéant, d'un programme de réduction. Le gouvernement français soutient cette démarche.

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Le 1 septembre 2011

Résumé des règlements européens relatifs aux pesticides

Mise à jour : juin 2011.

Source : PIP (financé par le Fonds Européen de Développement)

Pour accéder aux sites internet pertinents de l’Union européenne, cliquer Europa

Les règlements européens concernant l’utilisation des produits phytopharmaceutiques couvrent deux domaines principaux :

1- l’évaluation, la commercialisation et l’utilisation des pesticides;

2- les limites maximales des résidus de pesticides présents dans les produits d’origine végétale et animale.

Évaluation, commerce et utilisation des pesticides

Les règlements européens que nous présentons ici concernent l’évaluation, la commercialisation et l’utilisation des produits phytopharmaceutiques uniquement à l’intérieur de l’Union européenne (UE).

Ils ne s’appliquent pas aux pesticides destinés à être exportés vers des pays tiers, par exemple les pays ACP, qui disposent en général de leur propre réglementation.

Jusqu’au 14 juin 2011, l’évaluation, la commercialisation et l’utilisation des pesticides dans l’Union européenne étaient régies par la directive 91/414/CEE. A partir de cette date, elle sera remplacée par le règlement sur les produits phytopharmaceutiques (Règlement CE N°1107/2009).

La Commission européenne a publié tous les règlements relatifs à cette nouvelle législation le 11 juin 2011.

Veuillez consulter la page :

http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=OJ:L:2011:153:0001:0186:FR:PDF

Règlement d’exécution (UE) N°540/2011 de la commission du 25 mai 2011 portant application du règlement (CE) no 1107/2009 du Parlement européen et du Conseil, en ce qui concerne la liste des substances actives approuvées (Texte présentant de l'intérêt pour l'EEE)

Directive 91/414/CEE

Jusqu’au 14 juin 2011, l’évaluation, le commerce et l’utilisation des pesticides (herbicides, insecticides, fongicides, etc.) à des fins phytopharmaceutiques dans l’UE étaient régis par la Directive la Directive 91/414/CEE du Conseil.

Cette directive fixe la procédure à suivre pour l’évaluation des risques et pour l’approbation de nouvelles substances actives et des substances existantes, et des produits contenant ces substances.

Avant qu’une substance active pesticide ne puisse être commercialisée et utilisée dans l’UE, elle doit être soumise à une procédure d’autorisation et son utilisation doit être approuvée officiellement. Pour qu’une substance active soit approuvée, sa sécurité sur le plan de la santé humaine, des résidus présents dans la chaîne alimentaire, de la santé animale et de l’environnement doit être démontrée. Il incombe au secteur phytopharmaceutique d’apporter la preuve de la sécurité de chaque substance.

La première étape du processus d’évaluation est réalisée par un État membre rapporteur. Les résultats de cette première évaluation sont transmis à l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA), qui procède à son tour à une évaluation scientifique plus détaillée des risques, impliquant la participation de tous les Etats membres. Si ces évaluations indiquent que la substance n’exerce aucun effet nocif sur la santé humaine ou animale et qu’elle n’exerce aucun effet inacceptable sur l’environnement, elle peut alors être approuvée. Les produits contenant ces substances actives sont ensuite évalués et autorisés au niveau des Etats membres, selon les principes décrits dans cette Directive.

Le processus d’examen

Avant la Directive 91/414/CEE, les substances actives et les produits étaient évalués et autorisés au niveau national avec des exigences et des procédures propres à chaque Etat membre. Une fois que la Directive 91/414/CEE est entrée en vigueur, en vue d’harmoniser les évaluations et les autorisations octroyées selon l’ancien système, il était stipulé qu’une révision de toutes les substances actives existantes au sein de l’UE devait être entreprise.

Lors de l’adoption de la Directive, on comptait quelque 1 000 substances actives (et des dizaines de milliers de produits contenant ces substances) sur le marché. Une période d’examen de 12 ans a été programmée, à compter de deux ans après la notification de la Directive. Cette période a été prolongée et s’est achevée officiellement le 31 décembre 2008. Les substances qui n’avaient pas fait l’objet d’une décision définitive à cette date devaient être présentées à nouveau et évaluées pour le 31 Décembre 2010 au plus tard. Cette période de décision a été prolongée jusqu’à fin 2012.

Cet examen a débouché sur le retrait de nombreux pesticides anciens ou obsolètes, Parmi les substances actives commercialisées dans au moins un État membre avant 1993, seuls 26 % (environ 250 substances) ont passé le cap de l’évaluation. La majorité des substances existantes (67 %) ont été éliminées parce que les dossiers y afférents soit n’avaient pas été soumis, soit étaient incomplets, ou avaient été retirés par l’industrie. Quelque 70 substances n’ont pas réussi l’examen et ont été retirées du marché parce que l’évaluation n’a pas indiqué que leur utilisation était sûre sur le plan de la santé humaine et de l’environnement….

Suite Ici

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Le 20 octobre 2011

Charente-Maritime : L'impossible partage de l'eau (Sud Ouest)

Agriculteurs, conchyliculteurs, pêcheurs... Comment arbitrer la bataille de l'eau entre usagers ?Pluviométrie. Printemps et été records à La Rochelle et Jonzac. Saintes s'en sort à peine mieux.

Année record. 2011 a été très sec, trop sec en Charente-Maritime. De mémoire de météorologiste, printemps et été n'ont jamais été aussi peu pluvieux à La Rochelle et Jonzac. En attestent les relevés, éloquents, de Météo France depuis leur création en 1955 et 1969.

Le pire, c'est que ce n'est pas un épiphénomène. « 2003, 2005, 2006, 2009, 2010… Et maintenant 2011 ». Luc Servant, président de la chambre d'agriculture, égrène la funeste litanie des années sans pluie. « En blé, pois et orge, ce sont les plus mauvais rendements depuis trente ans. En secteurs irrigués, heureusement que les pluies d'été ont pris le relais des pompes. À l'est du département, sur les bassins du Mignon et de l'Antenne, là où l'interdiction d'irrigation a été totale, dès le 18 mai, la baisse des rendements est très nette », précise encore Luc Servant.

Trop de dérogations...

Déficit pluviométrique, températures anormalement élevées, niveaux des nappes et débit des rivières poussent en effet la préfecture à agir tôt, très tôt.....

Urgence du terrain contre vision à long terme de l'administration. Survie au quotidien de son pré carré contre réglementation garante d'un avenir collectif. « Des interdictions tôt dans la saison, c'était une position courageuse. Mais les arrêtés n'ont pas été tenus. Il y a eu trop de dérogations. On satisfait uniquement les besoins des agriculteurs sans tenir compte de la ressource et des autres utilisateurs », regrette Gilles Brichet, président de Fédération de pêche de la Charente-Maritime.

500 km à sec...

Nature et culture, travail et loisirs. Le manque d'eau a des conséquences dramatiques sur terre et aussi en mer. Premières victimes : les éleveurs de moules et d'huîtres. Le cycle est connu : « Les bassins versants enrichissent les zones côtières en éléments nutritifs qui nourrissent le phytoplancton dont ont besoin les coquillages », résume Jean Prou, de l'Ifremer, à La Tremblade.

En fin de chaîne

« Le déficit de croissance est catastrophique. Les poches d'huîtres font le même poids à l'automne qu'au printemps ! constate, effaré, Michel Grasset, président du syndicat ostréicole de Port-des-Barques. On est en fin de chaîne. Tout le monde a besoin de vivre ».

Encore une fois, les 1 700 agriculteurs irrigants du département sont dans le collimateur. « Grâce à la diversification des cultures et l'amélioration des techniques, on ne pompe plus que 60 millions de mètres cubes par an contre 100 millions il y a dix ans. Mais seuls 40 millions seront autorisés par l'administration à l'horizon 2015. La survie de certaines exploitations est en jeu », se défend Luc Servant....

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Moëlan-sur-Mer et Riec-sur-Bélon. Reprise de la pêche dans la rivière du Bélon (Ouest France)

Le préfet autorise la reprise des activités de pêche, ramassage, purification et expédition des coquillages fouisseurs, dans la zone de production « Rivière de Belon aval », sur les communes de Riec-sur-Belon et Moëlan-sur-Mer. Les dernières analyses effectuées par l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer) sur les coques prélevées le 17 octobre 2011 n’ont pas confirmé la persistance de la contamination bactériologique.

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Lever le tabou sur la dégradation de l’eau en France (Univers Nature)

Depuis trois ans, le WWF enquête sur le dispositif français d’analyse de la qualité des eaux souterraines et de surface, et l’exploitation des données collectées dans les publications officielles. Or, il s’avère que les divers protocoles de mesure de la qualité de l’eau ont largement perdu de leur rigueur depuis une dizaine d’années. Au regard de quoi, l’ampleur de la pollution des eaux de surface et des nappes phréatiques est aujourd’hui gravement sous-estimée. En se basant sur des données de 2007, le WWF a établi des cartes de contamination. Il en ressort, à titre indicatif car sous-estimé, un « cocktail global des contaminations des eaux souterraines », composé à 55 % de métaux, à 38 % de pesticides de synthèse et à 7 % d’autres substances organiques.

Présidente du Comité Scientifique du WWF France et spécialiste au CNRS de l’évaluation des effets des substances chimiques dans les écosystèmes aquatiques, Hélène Roche explique ainsi que certaines rivières officiellement déclarées « en bon état chimique » sont, en réalité, contaminées par des substances qui passent au travers des protocoles de mesure déficients. Cette défaillance s’explique à la fois par l’insuffisance du nombre de substances toxiques recherchées, des protocoles de mesure inadaptés, en particulier pour les micropolluants chimiques, et une mauvaise analyse des données collectées. Outre un coût environnemental majeur, cette politique de l’autruche implique de lourdes retombées économiques à court, moyen et long termes. Selon le rapport, qui ne prend en compte que les pollutions agricoles, la décontamination des eaux souterraines se chiffrerait ainsi entre 522 et 847 milliards d’euros. Or, plus on minimisera la dégradation généralisée des cours d’eau et des nappes phréatiques, plus chère sera la note finale, et ce à tous points de vue.

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Le 29 juin 2012

Pont-l'Abbé. Espace pur, une entreprise qui innove et s'exporte (Ouest France)

Béatrice Cornic, gérante de cette société bigoudène, a reçu un prix. Son nom : Femmes entrepreneures en Bretagne.

Jeudi, Béatrice Cornic, gérante de l'entreprise Espace pur à Pont-l'Abbé (Finistère), a reçu le prix du jury du concours Femmes entrepreneures en Bretagne. L'entreprise commercialise la technique Stabiplage. Inventée et brevetée à la fin des années 90 par Jean Cornic, le père de Béatrice, elle permet de limiter l'érosion marine, fluviale et lacustre. Grâce à des sacs perméables à l'eau et remplis de sable, Stabiplage va capter les sédiments et ainsi recréer naturellement la plage.

Des chantiers au Vietnam

L'entreprise Espace pur a été créée en 1997 et le premier Stabiplage a été installé à Arzon (Morbihan) en 1999. « L'ouvrage est toujours en parfait état », souligne Béatrice Cornic. Même s'il est, pour l'instant, difficile de se prononcer sur la durée du Stabiplage, tout a été étudié pour qu'il résiste le plus possible aux UV, à l'abrasion, à la houle ou encore à la traction. L'entreprise emploie, à l'heure actuelle, cinq personnes et travaille essentiellement avec des collectivités locales, en France mais aussi au Vietnam et en Afrique....

La technologie STABIPLAGE®

La technologie du STABIPLAGE® a été mise au point dans la perspective d’offrir une méthode douce de protection contre l’érosion. A ce titre les ouvrages sont conçus pour s’intégrer de façon optimale dans l’écosystème : intégration dans la dynamique sédimentaire naturelle, respect de la biomasse et des usagers.

Le STABIPLAGE® ne bouleverse pas la nature.

Il ne bouleverse pas non plus les équilibres qui la régissent, il les assiste.

La technique a été développée à partir d’une bonne connaissance des environnements côtiers, fluviaux et lacustres. Elle s’appuie sur l’utilisation de matériaux de haute qualité pour créer des ouvrages inédits adaptés à chaque site, à chaque écosystème et à chacun de ses besoins.

Le STABIPLAGE® est fabriqué, dimensionné et posé selon les besoins :

  • En domaine maritime ou lacustre

Capteurs de sédiments, type « épis »

Ouvrages immergés, type butée de pied ou encore brise lames (sans les effets négatifs),

Ouvrages en pied de dune, avec possibilité de recouvrement,

Création de spots de surf artificiels : sports de glisse aquatique sur déferlement provoqué.

  • En domaine fluvial ou lacustre

Consolidation de berges,

Capteurs de sédiments, type « épis »,

Création de berges artificielles,

Lutte contre les inondations,

Création de seuils hydrauliques,

Ouvrages déflecteurs,

Création de batardeaux.

  • Implantation

Immergé ou émergé,

Perpendiculairement ou parallèlement au trait de côte,

Perpendiculairement ou parallèlement aux berges d’un fleuve,

Avec ou sans ancrage selon le type de mer, de marnage ou d’hydrodynamique.

Pour plus d’informations, cliquer Ici

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