mercredi 1 juillet 2009

Avis d'experts : Ostréiculture et biotechnologies

En 2008, les productions aquacoles dans le monde ont atteint le niveau des captures de la pêche pour l’approvisionnement des marchés à vocation alimentaire humaine. 50 millions de tonnes dans l'année. Au cours des dernières décennies, les écloseries ont été déterminantes dans la croissance de l’aquaculture mondiale, notamment la progression des élevages de carpes, de crevettes, de pétoncles ou des cultures d’algues en Asie, ainsi que celle des élevages de truites, de bars, de dorades ou de saumons en Europe. Dans le secteur de la pêche, les écloseries peuvent intervenir au niveau de la reconstitution des stocks naturels comme les gisements de saint-jacques en rade Brest et dans la baie de Saint-Brieuc par l'ensemencement de petites coquilles d'écloserie.

Si la contribution des écloseries est déterminante dans la production halieutique (et dans l'approvisionnement des marchés en produits aquatiques), il ne faudrait pas pour autant évacuer certains dysfonctionnements liés à leur activité. Par exemple : des groupes environnementalistes et des associations de pêcheurs dans les pays tropicaux condamnent l’utilisation massive d’antibiotiques dans les écloseries de crevettes et qui sont rejetées directement en mer. Jusqu’à maintenant, très peu d’études ont porté sur l’impact des individus nés en écloserie vis-à-vis des populations sauvages. Toutefois, dans un prochain article, nous verrons que ce sujet commence à intéresser les chercheurs américains travaillant sur les saumons d'Alaska, notamment l'impact des smolts d’écloserie largués dans les rivières par centaines millions d’individus dans le cadre des programmes de pacages marins (ou repeuplement). Lire : Trop ensemencer modifie la diversité génétique des truites (Cyberpresse ca).

En France, "Modernes" et "Traditionnels" ?

En cette période de mortalités massives de naissain d’huître, d’écloserie et de captage naturel, et ce pour la deuxième année consécutive, un débat tout en passion refait surface. L’opposition entre huîtres triploïdes et huîtres naturelles ou encore l’opposition entre "Modernes" et "Traditionnels".

Sans entrer dans ce débat et sans explication sur l'hécatombe, il serait important de reprendre l’expertise scientifique collective entamée au milieu des années 2000. Dans le cadre d’une convention entre l’Inra et l’Ifremer, plusieurs experts avaient rassemblé en 2004 leurs premiers avis sur le thème : Ostréiculture et Biotechnologies. Le Comité d’éthique et de précaution pour les applications de la recherche agronomique (ou Comepra), créé le 24 décembre 1998, est devenu commun à l’Inra et à l’Ifremer en 2003 ; ce comité d'experts a malheureusement terminé son mandat fin 2007.

Relisez les premières conclusions du Comepra. Elles permettent de recaler le débat sur l'avenir de l'ostréiculture et de repartir sur des bases plus solides : Ostréiculture et biotechnologies - 1er avis du Comepra Ifremer - octobre 2004 (pdf)
Philippe FAVRELIERE (modifié le 18 juin 2010)

Autres articles :

Voir tous les documents sur le sujet :
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Huître hybride, une première mondiale ?

Malaisie- 20 juillet 2012

Des chercheurs malais ont réussi à produire 10.000 naissains hybrides. Une première mondiale selon les chercheurs du Fisheries Research Institute (FRI) à Penang. Ce naissain est le résultat de l’hybridation de 2 huîtres tropicales autochtones : Crassostrea iredalei et Crassostrea belcheri.

Le but de cette hybridation est d’obtenir des huîtres de meilleure qualité zootechnique : croissance, taux de chair,…

Ils ne rejettent pas la possibilité de stériliser ensuite ces huîtres en obtenant des huîtres hybrides et triploïdes...

On ne peut que leur souhaiter bonne chance...

Source : Oyster breeding breakthrough

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Les huîtres triploïdes à l'épreuve du Bac S !

Des huîtres triploïdes

Dans Annabac

Exercices corrigés / SVT Génétique et évolution Tle S

Ces huîtres sont issues de naissains (coquillages juvéniles fixés sur un support à la fin de leur phase larvaire) produits dans des écloseries (installations destinées à produire des œufs et des larves, vendus aux ostréiculteurs).

En plus, elles sont obtenues par la technique dite de polyploïdisation qui leur accorde une curieuse propriété génétique : celle d’avoir des triplets de chromosomes et non 10 paires comme les huîtres sauvages.

Leur nombre anormal de chromosomes les rendant stériles, elles ne produisent pas de laitance durant l’été (période de reproduction) et restent donc dans les critères de goût des Français toute l’année. Les huîtres laiteuses sont peu appréciées et la récolte des sauvages ne se fait donc pas l’été. De plus, une huître diploïde met trois ans pour parvenir à maturité, alors qu’une triploïde n’en met que deux. Pourtant la triploïde n’a jamais fait l’unanimité chez les éleveurs.

Il n’y a pas de doutes sanitaires : les huîtres triploïdes n’ont posé jusqu’à maintenant aucun problème de santé humaine et elles sont excellentes à déguster.

Certains défendent l’authenticité et récoltent leurs larves en mer à partir d’huîtres sauvages. Ils cherchent plutôt à développer des appellations contrôlées et apposent la mention « huître née en mer » sur leurs produits.

En 2009, les juvéniles ont été ravagés par un virus (l’herpès virus OsHV-1). Ce virus a décimé 73 % des triploïdes et seulement 35 % des diploïdes. Les huîtres triploïdes descendant toutes d’une même population de mâles tétraploïdes ont une grande homogénéité génétique qui constitue un facteur de fragilité par rapport à l’environnement. C’est leur biodiversité réduite qui fait leur faiblesse.

1. Quels sont les avantages et les inconvénients de l’élevage d’huîtres triploïdes ?

2. En temps normal les huîtres diploïdes produisent des gamètes haploïdes lors de la méiose. Décrivez et comparez les deux techniques pour obtenir des tétraploïdes en laboratoire.

3. Comment obtient-on des huîtres triploïdes en écloserie commerciale ?

4. Chaque année depuis 15 ans, 200 reproducteurs tétraploïdes sont fabriqués dans la station Ifremer de la Tremblade pour être vendus à des écloseries qui les utilisent pour obtenir des huîtres triploïdes. Chaque géniteur est équipé d’une puce électronique afin d’assurer sa traçabilité, et il est renvoyé au laboratoire après utilisation pour éviter toute dispersion dans la nature.

Pourquoi récupérer les pères tétraploïdes ?

Exercice corrigé. Pour connaitre les réponses, cliquer Annabac

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URGE : Les débuts de la recherche en génétique sur les huîtres…


Ifremer 1994. Les principaux objectifs de l'URGE (Unité de Recherche en Génétique), tels qu'ils ont été définis dans les "cahiers d'objectifs" de la DRV/RA, visent essentiellement à développer des programmes sur les mollusques bivalves, dans le domaine de la génétique quantitative, de la cytogénétique, de l'acclimatation et de l'hybridation. Les objectifs affichés sont l'obtention de lignées ou de présentant des caractères de résistances aux maladies parasitaires et/ou de meilleures performances de croissance et de qualité de chair.

Pour tenter de répondre à ces objectifs tout en tenant compte des moyens matériels et humains mis en œuvre, cinq programmes sont en cours de réalisation :

Sélection de souches d'huître plate Ostrea edulis résistantes aux parasitoses,

Sélection de souches d'huître creuse Crassostrea gigas sur des critères de qualité,

Polyploïdisation des principales espèces d'intérêt commercial,

Obtention de lignées pures et recherche de marqueurs génétiques,

Acclimatation et hybridations interspécifiques de différentes espèces du genre Crassostrea.

Rapport d'activité 1994 du Laboratoire Génétique, Aquaculture et Pathologie de La Tremblade - Bouin / Gérard André, Baud Jean-Pierre, Renault Tristan, Goulletquer Philippe...

Pour accéder au document, cliquer Archimer

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Les biotechnologies au service de l’aquaculture

Les biotechnologies au service de l’aquaculture

Atelier scientifique d’Ifremer

5 octobre 2011

La Rochelle / France

L'apport des nouvelles biotechnologies pour une aquaculture durable des espèces marines - Organisé par l’Ifremer dans le cadre du projet européen scientifique AQUAGENET, cet atelier scientifique aura pour thème : "Approches génomiques pour les espèces aquatiques : comment les nouvelles biotechnologies peuvent-elles contribuer à l’amélioration de la production et à l’exploitation durable des ressources aquatiques ?". Il réunira une centaine de participants, scientifiques français et étrangers, et acteurs de la filière piscicole et conchylicole.

Lire le communiqué de presse : Les biotechnologies au service de l’aquaculture

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Offre d'emploi : Technicien aquacole (H/F)


Technicien aquacole (H/F) ; projet sélection génétique en ostréiculture, SCORE.

Date de publication : 25/12/2011 - Expiration : 30/01/2012

Informations générales

Entreprise : Comité National de la Conchyliculture (CNC), 122 rue de Javel, 75015 Paris.

Fonction : Gestion projet / études

Secteur d'activité : Aquaculture

Présentation entreprise

Le CNC est l’organisation interprofessionnelle qui assure la représentation de tous les éleveurs, transformateurs et distributeurs de coquillages en France et qui défend les intérêts généraux des activités conchylicoles (http://www.cnc-france.com). Le CNC est chef de file d’un programme de sélection et d’amélioration de la ressource ostréicole. Ce programme mobilise tous les acteurs et partenaires institutionnels de la filière ostréicoles (Comités Régionaux de la Conchyliculture, entreprises ostréicoles, centres techniques régionaux et départementaux, Ifremer, SYSAAF) et il est soutenu par l’Etat (MAAPRAT), avec le concours éventuel des Conseils régionaux de Basse-Normandie, Bretagne, Pays de la Loire, Poitou-Charentes, Aquitaine et Languedoc-Roussillon, ainsi que par la profession.

Nature et contexte du programme

Depuis 2008, la filière ostréicole française subie chaque année des mortalités très importantes des jeunes huîtres creuses Crassostrea gigas. Dans ce contexte, la maîtrise de l’approvisionnement et le rendement biologique des stocks en élevage sont devenus des enjeux prioritaires.

Dans le cadre de la mise en place d’un programme de sélection génétique d’intérêt général en vue d’un captage orienté dans le milieu par des souches d’huître à « survie améliorée » incluant notamment la certification des naissains et la réalisation de recherches sur les liens entre environnement, pratiques culturales et comportement des coquillages (recommandation issue des Assises de la Conchyliculture tenues en 2010), un premier appel à projet a été lancé en 2011.

En réponse à cet appel à projet, le programme de sélection collective de l’huître creuse à des fins de captage orienté, « SCORE » comporte plusieurs actions couvrant :

  • la caractérisation, le suivi et la cryopréservation des ressources ostréicoles françaises ;
  • la mise en place d’une Unité de sélection collective au sein de la Plateforme de Recherche et d’Innovation de Bouin (85) pour la production de familles ;
  • la mise en œuvre d’un programme de sélection de familles d’huîtres et d’évaluation de leurs performances ;
  • une étude de faisabilité du captage orienté pour optimiser l’utilisation des familles sélectionnées;
  • l’animation et la gestion du projet.

Missions et objectifs du poste : Technicien aquacole (H/F)

Sous l’autorité du CNC, la personne recrutée en tant que technicien(ne) aquacole du programme SCORE a pour mission le fonctionnement d’une Unité de Sélection Collective qui se situe à Bouin (85). Il/elle produira en écloserie les différentes familles de Crassostrea gigas qui participeront au programme collectif de sélection. Il/elle assurera la mise en route et le fonctionnement de l’unité sous la responsabilité du cadre technique recruté par le CNC. Il/elle sera en contact avec le personnel de l’Ifremer et du SYSAAF dans le cadre de SCORE.

Profil

  • Formation initiale

IUT ou BTS en Aquaculture ou équivalent

  • Connaissances spécifiques

Bonnes connaissances en biologie animale et spécifiquement sur les mollusques et poissons

Connaissances et rigueur dans l’application des règles d’hygiène, de sécurité et de bonnes pratiques relatives à l’expérimentation et à la production animale

Connaissances en zootechnie larvaire des mollusques appréciées.

  • Expérience professionnelle

Une expérience en production larvaire est indispensable et en mollusque serait appréciée.

  • Qualités personnelles

Aptitude à travailler en équipe

Rigueur dans la programmation et la mise en œuvre des protocoles

Aptitude à synthétiser les résultats et à communiquer.

Aptitude au travail manuel (collage PVC, tuyauterie…)

Formation d’accompagnement

Une formation de production en écloserie de mollusque selon la technique « en circuit ouvert et à l’aide d’enceintes individualisées », développée par l’écloserie Ifremer d’Argenton est prévue.

Date de prise de fonction : poste à pourvoir immédiatement

Type de contrat : salarié en CDD (2 fois 18 mois et possibilité d’évolution en CDI)

Salaire / Indemnité

  • Salaire : à discuter
  • Poste basé à Bouin (85), déplacements fréquents sur le littoral français et sur les zones de travail du programme SCORE, ainsi qu’à Paris.

Source : Lycée Saint-Christophe

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Animation

Copier-cloner from louis rigaud on Vimeo.

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Reportage de France 2 – Envoyé spécial : Fermé comme une huître

Un reportage de Véronique Blanc et Frédéric Capron - jeudi 17 décembre 2009

Des Normandes d’Utah Beach, des Bretonnes de Cancale, des Méditerranéennes de l’Etang de Thau… Cette année encore, 130 000 tonnes d’huîtres seront consommées dont la majorité durant les fêtes de fin d’année. En France, sept bassins du littoral en proposent. Envoyé spécial a donc longé les côtes françaises ; s’est arrêté en Charente à la découverte de la Marennes-Oléron, la numéro 1 des ventes ; puis s’est intéressé au mal qui ronge les huîtres depuis 2 ans et met en péril l’avenir même de l’ostréiculture. Enfin, après un détour par le bassin d’Arcachon où les éleveurs contestent les tests de la souris, notre équipe s’est penchée sur les huîtres du futur. Pour voir le reportage intégral, cliquer ICI

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Informations complémentaires :


Pour tout savoir sur l’huître triploïde, son élevage et la différencier d’une huître naturelle (diploïde)

Le stade suivant des recherches de l'IFREMER a débouché sur l'étude et la maîtrise de la production d'huîtres "triploïdes". Les noyaux des cellules de la plupart des organismes vivants sont "diploïdes", c'est-à-dire qu'ils contiennent 2n chromosomes; les noyaux des cellules sexuelles (gamètes) contiennent n chromosomes dont la réunion, lors de la fécondation, donne les 2n chromosomes caractérisant l'espèce. Il existe exceptionnellement, dans la nature, des huîtres "tétraploïdes" dont les noyaux possèdent 4n chromosomes. La fécondation croisée de "tétraploïdes" et de "diploïdes" engendre des huîtres triploïdes, dont les noyaux des cellules possèdent 3n chromosomes.

Les huîtres triploïdes ne sont pas des OGM (organismes génétiquement modifiés): en effet, le changement qu'elles ont subi concerne l'appariement des chromosomes, mais les séquences de gènes sur les chromosomes ne sont pas modifiées.

Ces huîtres sont stériles, ce qui présente un intérêt pratique pour l'ostréiculture. En effet, lors de la reproduction, les huîtres sont "laiteuses" pendant une partie de l'été et certains consommateurs ne les apprécient plus du tout, d'où une désaffection préjudiciable au commerce. De plus, la ponte terminée, les huîtres sont très amaigries et il leur faut plusieurs semaines pour redevenir charnues, décevant, là encore, les consommateurs préférant les huîtres "grasses". A l'inverse, les huîtres "triploïdes", stériles, ne deviennent pas laiteuses et gardent toute l'année une qualité régulière, permettant de fidéliser les amateurs. Autre atout pour l'ostréiculture: la grande dépense d'énergie nécessaire pour la reproduction est épargnée aux huîtres "triploïdes" qui peuvent la consacrer à leur développement.

La filière commence à s'industrialiser et, au début de sa mise en vente au détail, certains ostréiculteurs proposaient ce nouveau produit sous le nom "d'huîtres des 4 saisons". Mais, entre eux, ils les appellent les "triplo".

Les huîtres triploïdes présentent une forme particulière: le talon de leur coquille, au niveau de la charnière, a tendance à se relever et à s'arrondir vers le haut. Chez certains sujets, ce phénomène est très marqué, comme le montrent les photos ci-dessous. Source : Forum 17

  • Documents Ifremer

Les huîtres triploïdes (Ifremer)
Qu’est ce que les huîtres triploïdes ?
Le matériel génétique de l’huître se compose initialement de 10 paires de chromosomes. Chez l’huître triploïde, toutes ces paires sont remplacées par des triplets soit trente chromosomes au total (3n = 30 chromosomes) à la place des doublets de l'huître diploïde (2 n = 20 chromosomes en tout).
Les huîtres triploïdes (3n) sont obtenues par croisement entre des huîtres femelles diploïdes (2n) et des mâles tétraploïdes (4n = 40 chromosomes).
L’intérêt des huîtres triploïdes c’est qu’elles ne produisent pas, ou en très faibles quantités, de produits génitaux (spermatozoïdes et ovocytes).
Dans ces conditions, l’énergie dépensée habituellement par l’huître pour sa reproduction (environ 2/3 de son énergie en utilisant ses réserves en sucre - glycogène et glucose) est réorientée vers d'autres fonctions comme la croissance. Cela confère à l’huître triploïde un avantage commercial.
L’huître triploïde est-elle stérile ?.....

  • Les huîtres triploïdes ne sont pas toutes stériles

Dans une étude publiée en 2004, plusieurs chercheurs chinois expliquent que les huîtres du Pacifique triploïdes ne sont pas toutes stériles. La fécondité relative des femelles triploïdes atteint 13,4% des huîtres diploïdes normales. Ce qui selon eux n’assure pas un confinement total des élevages de triploïdes….

Si les triploïdes étaient complètement stériles, leur utilisation en aquaculture n’aurait pas d’incidences sur les populations sauvages et la biodiversité… Dans le cas contraire où les triploïdes ne sont pas stériles, il serait pertinent de connaitre l’impact des triploïdes fertiles sur les populations sauvages. Voir l’étude : Chromosome inheritance in triploid Pacific oyster Crassostrea gigas Thunberg

Le génome de l'huître séquencé en Chine (BE)

Des scientifiques chinois ont établi la première carte de séquençage du génome de l'huître. Cette carte est la première de son type parmi les mollusques et, plus généralement, pour la faune marine. Cela ouvre ainsi de nouvelles pistes d'amélioration et de développement de l'ostréiculture. Ainsi, l'huître possédant d'excellentes propriétés de viscosité, les chercheurs ont tenté d'isoler les gènes exprimant ces propriétés pour développer de nouveaux matériaux ; ces recherches, actuellement au stade théorique, pourraient déboucher sur des applications innovantes dans la construction, la production et l'entretien de machines. Après deux ans de recherches conjointes, les équipes de l'Institut d'Océanologie de l'Académie Chinoise des Sciences (IOCAS) et de l'Institut de Génomique de Pékin (BGI) ont montré que le génome de l'huître comportait 800 millions de paires d'ADN et environ 20.000 gènes, exemple d'une grande complexité génétique des formes élémentaires de la vie marine. Les Chinois voient également dans ces connaissances la promesse d'avancées permettant une croissance plus rapide et un meilleur taux de survie de l'espèce, ainsi que son élevage sans support….. Chinese Academy of Sciences : http://english.cas.cn/Ne/headline/201008/t20100804_57124.shtml

Les écloseries : cas de l'huître creuse (Ifremer)
Les caractéristiques
L’élevage et la production d’huîtres creuses Crassostrea gigas en France repose, selon les années, pour environ 70 à 80%, sur le captage de naissain en milieu naturel et pour 20 à 30% sur la production de naissain en écloserie.De par son origine, le naissain provenant d’écloserie se distingue du captage naturel par les caractéristiques suivantes :….

Travaux sur les moules polyploïdes (Ifremer)
BLUE-SEED, projet de recherche européen
Les premiers travaux sur l’induction de la polyploïdie chez la moule ont été entrepris dans le cadre du projet BLUE-SEED (1), projet européen du 6ème PCRD dans le cadre de la coopération entre les établissements publics de recherche et des petites et moyennes entreprises des secteurs concernés.
Un des objectifs du projet était de développer une méthode de production viable de moules triploïdes, pour l’obtention de naissain stérile, et de géniteurs tétraploïdes, afin d’obtenir des produits commercialisables toute l’année.
Il a été signé le 19 août 2005 pour une durée de 2 ans. Il s’est terminé comme prévu en 2007.
L’Ifremer était partenaire de ce projet pour la partie « recherche publique » ainsi que l’ IMARES (Pays-Bas), également coordinateur du projet, le CIMA (Espagne), et l’Université du Pays de Galles-Bangor (Grande Bretagne). Les partenaires du projet pour la partie « petites et moyennes entreprises » étaient : Deep Dock (UK), l’Organisation des producteurs de moules de Galice (Espagne), Grainocean (France), AquaTT (Irlande) et Roem van Yersekee (Pays-Bas)…..

L'expertise scientifique collective (selon l'INRA)

L'expertise scientifique collective est une activité d'aide à la décision publique. Elle répond à une question posée par un commanditaire extérieur – souvent les pouvoirs publics – en dressant un état et une analyse critique pluridisciplinaires des connaissances scientifiques disponibles. Des experts d'origines différentes sont mobilisés pour ces travaux, réalisés sur la base de la bibliographie scientifique mondiale.

Éclairer la décision publique
L’activité d'expertise scientifique collective (ESCo) consiste à répondre à une question posée par un commanditaire extérieur en établissant, sur la base de la bibliographie mondiale, un état des connaissances scientifiques qui fait la part des acquis, incertitudes, lacunes et controverses. La réalisation de cette analyse est confiée à un collectif pluridisciplinaire d'experts. Depuis 2002, l'Inra comporte une unité (UESCo) dédiée à cette activité….Suite

Commentaires de l'article : Les pérégrinations de l’huître japonaise franco-irlando-britannique

Le 1 juillet 2009 : Biscay Oysters a dit…
Le rapport Chevassus dédouane un peu trop rapidement l'huitre Triploide ....On en reparlera dans pas longtemps !
Depuis 3 ans la production d'écloserie et particulièrement de Triplo a explosée ...facheuse coincidence ! Il est rapide de faire un raprochement avec les phénomènes actuels ...IFREMER par la voix d'un chef de station a confirmé que le phénomène de mortalité était bien une EPIZOOTIE . Sans + d'explications pour le moment ... A SUIVRE !
mercredi, 01 juillet, 2009

Le 7 octobre 2009 : Anonyme a dit…
Conséquences génétiques de la production intensive de larves d'huîtres en écloserie : étude des processus de dérive et de sélection liés aux pratiques d'élevage.

Afin d'étudier l'influence génétique des pratiques de production intensive en écloserie sur la phase larvaire, deux types de processus sélectifs ont été examinés : l'effet de l'élimination des plus petites larves et l'effet de la température. Une approche de familles élevées en mélange a été utilisée afin d'avoir accès à l'information génétique au stade larvaire.

Les résultats exposés montrent que l'approche de familles élevées en mélange, combinée à une assignation de parenté basée sur le pouvoir discrimimant des marqueurs microsatellites, est un outil performant quant à une étude génétique en phase larvaire. Bien qu'avantageuse d'un point de vue phénotypique, la pratique de tamisage sélectif représente aussi un risque substantiel de perte de diversité. Les larves éliminées sont importantes afin de minimiser la variabilité du succès reproducteur et de fait, de maximiser la variabilité génétique des stocks. Ces résultats corroborent les estimations de variabilité sur les stocks d'écloseries commerciales où l'on constate une diversité allélique faible, comparée à celle de population issue du milieu naturel. La température exerce également une influence sur la précocité de l'expression de la variabilité génétique. Ainsi une température élevée (26°C) associée à une procédure de tamisage peut amplifier l'effet sélectif. Enfin, la sélection de larves à croissance rapide semble démontrée, s'opposant à la l'expression présumée du fardeau génétique en phase larvaire.

Les conditions artificielles d'élevage intensif peuvent donc avoir un effet génétique significatif qui devrait être pris en considération dans les pratiques d'écloserie, notamment dans la gestion de la diversité génétique.

Des huîtres hybrides
Selon Guy Lebrun, Ingénieur aquacole, la mortalité massive du naissain « Crassostrea gigas » depuis 2 ans est due à une dégénérescence de l’espèce. L’huître devient plus fragile car ses défenses immunitaires se sont dégradées avec la consanguinité favorisée par un élevage de plus de 30 ans à partir des mêmes souches originelles. La disparition de l’huitre portugaise ou la quasi-disparition de l’huitre plate serait due au même phénomène.

Pour lui, la sélection envisagée par les écloseries ne résoudra rien. Au contraire….

Guy Lebrun propose l’hybridation, le croisement entre souches résistantes et souches du lieu d’élevage pour cumuler bonnes défenses et adaptation.

En l’absence de gigas originelle préservée, l’aquaculteur propose de relancer la filière huître plate à partir d’Ostrea edulis de Corse où les souches sont résistantes au Martelia et Bonamia. Son procédé est breveté en France, il souhaiterait que la profession s’implique… (Le Marin du 15 janvier 2010)

Dépôt du brevet à l’OMPI : Procédé d'obtention d'une huître résistante à des agents pathogènes caractérisé en ce qu'il comprend l'hybridation d'une huître Ostrea edulis de Méditerranée résistante auxdits agents pathogènes et d'une huître non résistante du sexe opposé.

Document FAO : Développement de l'Aquaculture (2000)

Développement de l’aquaculture. 3. Gestion des ressources génétiques (FAO 2009)

Ces directives techniques ont été développées en vue de soutenir les sections du Code de conduite pour une pêche responsable de la FAO sur les aspects liés à la gestion des ressources génétiques utilisées en aquaculture. Des recommandations y sont données concernant la gestion des géniteurs et la domestication, les programmes d’amélioration génétique, les programmes de dissémination destinés aux poissons génétiquement améliorés, les considérations économiques à apporter dans les programmes d’amélioration génétique, l’évaluation des risques et la surveillance, la pêche fondée sur l’élevage, la conservation des ressources génétiques halieutiques, les banques de gènes, l’approche de précaution à adopter ainsi que les relations publiques. La gestion des ressources génétiques, l’évaluation des risques et la surveillance effectuées de façon efficace peuvent contribuer à améliorer les résultats et l’efficacité de production tout en réduisant au minimum les effets néfastes sur l’environnement. Ces avantages tirés d’une application responsable des principes génétiques sur l’aquaculture devraient être divulgués aux consommateurs, aux décideurs politiques, aux scientifiques et à toute autre personne intéressée par les pêches et l’aquaculture responsables.

Document à télécharger : FAO. 2009. Développement de l’aquaculture. 5. Gestion des ressources génétiques. FAO Directives techniques pour une pêche responsable. No. 5, Suppl. 3. Rome, FAO. 160p.

Utilisation de ressources génétiques aquatiques en aquaculture, y compris en pêche fondée sur l'élevage (FAO)
(Article 9.3 du Code)
"Les Etats devraient conserver la diversité génétique et maintenir l'intégrité des communautés et écosystèmes aquatiques grâce à un aménagement approprié. Ils devraient notamment s'efforcer de réduire au minimum les effets nuisibles de l'introduction dans les eaux d'espèces non indigènes ou de stocks génétiquement modifiés utilisés en aquaculture, y compris la pêche fondée sur l'élevage, spécialement lorsqu'il existe une forte probabilité que ces espèces non indigènes ou ces stocks génétiquement modifiés se propagent dans les eaux appartenant à la fois à la juridiction de l'Etat d'origine et à celle d'autres Etats. Les Etats devraient, chaque fois que possible, favoriser la prise de mesures qui réduisent au minimum les effets négatifs génétiques, sanitaires et autres que peuvent faire courir aux stocks naturels les poissons d'élevage au cas où ceux-ci s'échapperaient."

Les ressources génétiques marines : un potentiel exceptionnel à protéger ! (Ifremer)

Une étude conjointe du CSIC (Espagne) et de l'Ifremer, parue dans le dernier numéro de Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), souligne l'urgence de la mise en place d'un cadre légal international pour la protection de la biodiversité en Haute mer et l'utilisation des ressources génétiques marines. En effet, les avancées technologiques récentes dans l'observation et l’échantillonnage de l'océan ont permis le développement considérable de la bioprospection de zones vierges d'exploration en Haute mer.

Conséquence : une augmentation spectaculaire du nombre de brevets et d'applications associées à des gènes d'organismes marins. Aujourd'hui, l'augmentation du nombre de brevets issus de ressources génétiques marines est dix fois plus rapide que la description de nouvelles espèces marines….

Une technique à développer : le télécaptage

A Asnelles, l'huître creuse est pleine de secrets (Manche Libre)

Exploité sur près de 65 ha par 22 entreprises, le bassin ostréicole d'Asnelles commercialise annuellement plus de 1 000 tonnes d'huîtres. L'exploitation des parcs a commencé en 1978 par une première expérimentation, pour connaître un essor considérable à partir de 1989. Compte tenu de sa situation géographique, en pleine mer, ce bassin est considéré comme un secteur de pousse où l'huître, avec un apport nutritionnel riche en plancton, se développe très rapidement avec un cycle de production sur trois ans. Ce coquillage a deux origines : le naissain naturel provenant des bassins de Gironde et Charente et le naissain né en écloseries. L'ostréiculture, touchée de plein fouet par les épidémies virales d'herpès, tente depuis trois ans d'enrayer le fléau. Pour maîtriser l'approvisionnement en naissain, en palliant l'insuffisance ou l'irrégularité du captage naturel en mer, les exploitants développent le télécaptage. Il contribue au développement de l'utilisation de variétés sélectionnées pour leurs bonnes performances ou leur résistance aux maladies. Annelyse Gauguelin, associée d'Emmanuel Maitre, patron de l'Huîtrière du Nordet, exploite 2 ha de parcs en Seine- Maritime qui lui ont permis de développer cette technique d'élevage et de l'employer à la base conchylicole d'Asnelles. “Nous avons une capacité de production de 200 t d'huîtres à Asnelles et 30 t à Veule-les-Roses (76). En 2008, nous avons fait 30 millions de larves par télécaptage avec un taux de réussite de 40 %. Il consiste à fixer des larves d'huîtres d'une vingtaine de jours sur un support. Nous cultivons les microalgues nécessaires à leur alimentation. En 15 jours, elle passe de 300 à 600 microns et sont placées en mer pendant trois mois avant d'êtres mises en poches de trois millimètres”. Dans une démarche de programme commun, destiné à développer des souches résistantes au virus, le télécaptage offre aux ostréiculteurs des moyens de prospection pour l'avenir.

Revue de presse :

Les triploïdes – huîtres stériles - font des petits (ribaut.blog.lemonde)
Cela semble incroyable, mais des huîtres réputées stériles, les fameuses triploïdes, se seraient reproduites récemment. Est-ce la blague de l’été ? La source est des plus fiables, mais aucune vérification, pour le moment, n’a été possible. L’information doit donc être accueillie avec les plus expresses réserves. L’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer) est silencieux. Rappelons que ce sont les chercheurs de cet organisme public qui ont réussi, en 1997, à isoler des chromosomes normalement expulsés lors de la fécondation des huîtres. Les larves tétraploïdes (à 4 jeux de chromosomes), croisées à des diploïdes normales (qui ne possèdent que 2 jeux) ont donné naissance à une nouvelle variété à 3 jeux de chromosomes : la triploïde stérile, incapable de se reproduire. Elle ne connaît pas l’état laiteux des huîtres en été. Ses avantages…..

Triploïdes : la réponse de l’IFREMER (ribaut.blog.lemonde.fr)

Réponse de l’IFREMER à la question : les triploïdes peuvent-elles faire des petits ?

Les huîtres triploïdes sont dites stériles car elles ne se reproduisent pas dans le milieu naturel. Cette stérilité est liée à une garniture chromosomique non équilibrée des gamètes. Cependant, les huîtres triploïdes peuvent parfois produire des produits génitaux (spermatozoïdes et ovocytes) mais en moins grande quantité que les diploïdes (ce qui leur confère un avantage commercial en période estivale). Dans des installations de recherche et dans des conditions particulières, il est possible de faire pondre le peu de gamètes que les triploïdes produisent. Il s’en suit un contrôle sévère des rejets de ces installations. D’autre part, pour vérifier l’absence de reproduction de ces polyploïdes dans le milieu naturel, un “réseau biovigilance” a été mis en place. Il vise, tous les ans, à rechercher dans le naissain de captage, des sites conchylicoles “naisseurs”, des animaux qui seraient suspectés d’avoir eu des parents triploïdes. Depuis 8 ans, aucun animal de ce type n’a été détecté.

Il restera à vérifier si ces éléments sont à mettre en rapport avec les désordres constatés dans les naissains depuis quelques années (J.C.R.)

Revenons trois ans avant en 2006

L’huître domestique, c’est pour demain (Ouest France)
À Argenton, les chercheurs d’Ifremer étudient la reproduction et la croissance de l’huître. La presqu’île du Vivier, c’est un petit bout du monde bien tranquille, tout près d’Argenton. Voici une trentaine d’années, Ifremer y a implanté une écloserie expérimentale de mollusques. «Au départ, il s’agissait d’une unité pilote de production de jeunes ormeaux, raconte René Robert, le responsable de la station. Sur le plan technique, ce fut un succès mais le manque de débouchés économiques a amené l’arrêt du programme. À l’époque, la législation interdisait la pêche en plongée. » Ce qui compliquait quand même un peu la cueillette des ormeaux adultes…..

Le 1 décembre 2009

La Tremblade: une nouvelle race d'huitre testée (FR3 Poitou-Charentes)
Cette souche résistante à l'herpès est issue d'un programme de recherches initié en 2001
Une note confidentielle du Comité national de la conchyliculture, datée du 6 novembre, indique qu'Ifremer a mis au point des huitres résistantes et près de 3000 géniteurs pourraient être bientôt proposés à la filière.
Mais pour l'instant Ifremer veut encore préserver cette découverte et a décidé de ne pas ouvrir ses portes. Le laboratoire de La Tremblade travaillant dans le domaine de la Génétique et de la Pathologie a été désigné depuis le 1°janvier 1997 par l'Union Européenne "laboratoire communautaire de référence pour les maladies des bivalves". Voir le reportage de FR3 Poitou-Charentes

Le 11 mars 2010

Use and exchange of genetic resources in molluscan aquaculture (revue Aquaculture - 2009)
Ximing Guo (Haskin Shellfish Research Laboratory, Institute of Marine and Coastal Sciences, Rutgers University, Port Norris, NJ, USA)
Molluscs are major aquaculture species worldwide. Molluscan aquaculture accounts for approximately 27% of the total world aquaculture production. The use and exchange of genetic resources have played an important role in the development of molluscan aquaculture. The introduction and use of nonnative species have been instrumental in oyster and scallop aquaculture; for example, the Pacific oyster, translocated from Japan, supports major aquaculture industries in many countries of North and South America, Europe, Asia and Africa. Bay scallops introduced from the USA account for an annual production of over 600.000 t in China. Non-native genetic materials have also been used for the genetic improvement of native species through interspecific and intraspecific hybridization. Unique genetic lines, such as disease-resistant strains, have been developed through selective breeding in some molluscs, although significantly more efforts are needed. Although the importance of genetic resources is apparent, the identification, protection and utilization of molluscan genetic resources remain a challenge.

Tiré de la revue Aquaculture : Genetics and biodiversity : Use and Exchange of Aquatic Genetic Resources - free downloads

20 mars 2010 : Emission sur France Culture

La conchyliculture est-elle victime des coquillages géants ? (France Culture)

Parmi les victimes de la tempête Xynthia qui a traversé la France le week end dernier, on trouve la filière conchylicole, c'est-à-dire, les éleveurs de coquillages comme les huitres ou les moules...... Cette profession n’avait pas besoin d’une telle catastrophe. En effet, elle est déjà confrontée à un problème de mortalité massive qui a touché 73% des huitres issues d’écloserie en 2009. Un phénomène qui se produit sur fond de polémique au sujet du développement des huitres dites triploïdes produites par induction chimique suivant un brevet déposé par l’Ifremer. Ce sujet est largement traité dans le dernier numéro de la revue Sciences et Avenir, partenaire de cette émission.

Que se passe-t-il avec les coquillages triploïdes, c'est-à-dire ceux dont le patrimoine génétique comprend 10 triplets au lieu de 10 paires de chromosomes ? A priori, les huitres possédant une telle caractéristique, obtenue en laboratoire, présentent plusieurs avantages. Plus grosses et stériles, elles ne produisent pas cette laitance que la plupart des consommateurs n’apprécient pas. Et cette absence processus de reproduction accélère leur croissance qui passe de 3 ans à 2 ans. Pourtant, ces huitres semblent plus vulnérables aux attaques d’un virus, l’herpèsvirus OsHV-1. En 2009, alors que 73% des huitres triploïdes y ont succombé, la mortalité des huitres traditionnelles restait limitée à 35%. D’où l’inquiétude de la filière conchylicole au moment où l’Ifremer dispose d’un brevet qui étend aux moules le procédé triploïde.
Les coquillages tétraploïdes sont-ils plus fragiles que leurs homologues naturels ?
Ne risquent-ils pas d’inquiéter les consommateurs friands de produits « authentiques » ?
Comment concilier les impératifs économiques de production avec le maintien d’une biodiversité garante de la résistance aux différentes agressions virales ?
Partenariat Sciences et Avenir

Invités :
Jean-Pierre Baud. biologiste spécialiste de la qualité des procédés aquacoles, responsable du programme national Ifremer "Aquaculture Durable"
François Bonhomme. biologiste et directeur de Recherche au CNRS, Département Biologie Intégrative Institut des Sciences de l'Evolution de Montpellier
Goulven Brest. Président du Comité national de la conchyliculture
Dominique Leglu. Directrice de la rédaction de Sciences et Avenir
Benoit Le Joubioux. Ostréiculteur au Tour du Parc dans le Morbihan, président de l'association des ostréiculteurs traditionnels

Dossier dans Sciences et Avenir mars 2010

Mollusques les gènes de la discorde (Sciences et Avenir)
L'Ifremer a déposé un brevet pour produire des moules triploïdes, stériles et dodues, à l'instar de ce qui se fait déjà pour les huîtres. Une innovation qui inquiète les professionnels.
A la station Ifremer de La Tremblade, près de Rochefort, en Charente-Maritime, Tristan Renault, chef du laboratoire de génétique et de pathologie, a du mal à dissimuler son malaise. C'est sur ses paillasses, à l'embouchure de la Seudre, au milieu des parcs à huîtres de la fameuse Marennes-Oléron, qu'une moule triploïde très controversée a vu le jour. Révélé par un article du Monde en novembre dernier, le brevet déposé par l'Ifremer pour la fabrication de ce mollusque, rendu stérile et dodu par manipulation chimique, a aussitôt entraîné une levée de boucliers dans la profession. « Une réunion de crise a été organisée au Comité national de la conchyliculture. A l'unanimité, nous nous sommes prononcés contre ces moules triploïdes. Pas question d'aller contre la nature ! », affirme Rénald Bernard, mytiliculteur à Pénestin (Morbihan). Tristan Renault reste surpris de ce tollé. « Nous sommes un laboratoire de référence européen, reconnu pour son expertise en génétique des mollusques. Il est normal que nous soyons à la pointe de la recherche ! Mais nous n'imposons rien à personne. Aux professionnels de juger si ça les intéresse ou pas », justifie-t-il. Entre 2005 et 2007, ses équipes ont en effet conduit un programme de recherches dans le cadre du projet européen Blue Seed, coordonné par un laboratoire de recherche néerlandais avec la participation d'entreprises privées. L'objectif - atteint - était de « produire des naissains de moules en écloserie » afin de réduire les aléas saisonniers de la production. Parallèlement à ce programme, l'Ifremer a déposé, seul, en mars 2007, un brevet intitulé « obtention de mollusques bivalves tétraploïdes à partir de géniteurs diploïdes », pour une nouvelle technique de production applicable à la fois aux huîtres et aux moules. Et c'est la révélation de l'existence de ce brevet qui a provoqué l'ire des mytiliculteurs et l'incompréhension du chercheur.....

Le 28 mars 2010

Triploïdes (Syndicat des Sélectionneurs Avicoles et Aquacoles Français - ssaaf)

Classiquement, le patrimoine génétique d'un individu est composé pour moitié de celui hérité de sa mère et pour l'autre moitié de celui hérité de son père. L'homme possède ainsi 46 chromosomes dont 23 proviennent de sa mère et 23 de son père. Il est dit diploïde (2n = 43 ; n = 26) :
(1) Dans la nature cette propriété biologique présente des variations. Ainsi, les champignons sont des organismes haploïdes (n) tout comme les abeilles mâles. Des populations de fourmis ou de grenouilles peuvent contenir une part non négligeable d'individus triploïdes (3n), certaines espèces de poissons étant même naturellement triploïdes.

(2) L'augmentation de ploïdie par saltation (2n, 4n, 6n, 8n) constitue un des mécanismes de l'Evolution des Espèces et que ce soit chez les végétaux ou les animaux. Il est ainsi possible de retracer la création naturelle de nouvelles espèces en suivant l'augmentation de leur nombre de chromosomes (Rosacées, Esturgeons, etc.).

(3) La polyploïdisation étant observé dans la nature, les polyploïdes ne sont pas considérés comme des OGM (Directive 90/220/CEE du 23 avril 1990, annexe 1, 2ème partie ).

(4) La polyploïdisation spontanée des végétaux, leur conférant des organes plus développés, a été utilisée dès les premiers stades de l'agriculture pour améliorer les récoltes et aujourd'hui la plupart des végétaux que nous consommons sont polyploïdes (GNIS) : triploïdes (pomme, betterave à sucre, banane, mandarine, citron vert, pamplemousse), tétraploïdes (orge, pommes de terre, blé dur (semoule et pâtes), tabac, poireau, cerise griotte, arachide, café arabica, coton, ray-grass, dactyles, fétuques, luzerne, trèfle violet), hexaploïde (blé tendre (panification, aliment du bétail), ail à grosse tête, kiwi, prune), octoploïdes (fraises) ou aneuploïdes (canne à sucre). Quand ils sont diploïdes (chou-fleur, riz, tabac, asperge, piment), ils résultent généralement de la production d'haploïdes doublés par gynogenèse ou androgenèse.

(5) Chez les animaux, les travaux du milieu du siècle ont montré que la polyploïdisation existait aussi (Breton et al., 1996 ). Elle a d'abord était maîtrisée dans un objectif agricole chez les poissons et les huîtres, de récents travaux étant aussi conduits chez les Crustacés. Les poissons 3n sont produits en conservant les deux lots de chromosomes de la mère par un traitement thermique (2° C ou supérieur à 26°) ou hyperbare (650 bars) appliqué quelques minutes après la fécondation. Les mollusques 3n sont produits soit à partir d'un traitement chimique avec une enzyme de champignon, la cytochalasine B, soit comme chez certains végétaux par croisement entre un mâle 4n et une femelle 2n. Les poissons 3n femelles sont totalement stériles et leur élevage est développé pour éviter les baisses de qualité de la chair chez la truite, alors même que ce génotype pousse 20 % moins vite que les mâles diploïdes. Les autorités australiennes soutiennent l'élevage de l'huître plate 3n plus résistante à un pathogène analogue au Bonamia qui avait décimé les populations européennes d'huître plate dans les années 1960-1970. 15 % de la production française d'huître creuse est aujourd'hui réalisée à partir d'huîtres 3n. Ces dernière, stériles, ne sont pas laiteuses en été et présentent alors une qualité supérieure.

Le 2 avril 2010

Variabilité génétique de la réponse aux organismes pathogènes : un outil pour améliorer la santé des mollusques et poissons d’élevage
E. QUILLET, P. BOUDRY, S. LAPEGUE
INRA, UR544 Génétique des Poissons, F-78350 Jouy-en-Josas, France
Résumé - L’amélioration de la santé des cheptels est une composante essentielle du développement durable des filières aquacoles. La sélection d’animaux résistants aux différents organismes pathogènes rencontrés en élevage est une des stratégies possibles, complémentaire des approches prophylactiques, médicamenteuses ou vaccinales qui sont parfois difficiles à mettre en œuvre. L’analyse de la littérature scientifique permet en effet de conclure qu’il existe, dans les espèces et populations de mollusques et de poissons, une variabilité génétique de la résistance potentiellement exploitable par sélection. Les conditions d’exploitation de ce potentiel sont analysées. Pour des caractères complexes comme la résistance aux maladies, la mise au point de « marqueurs » susceptibles de fournir de l’information sur la valeur génétique des individus sans recourir à l’épreuve par le pathogène serait une aide précieuse pour mettre la sélection en pratique. Les travaux et perspectives dans ce domaine sont présentés, et leurs répercussions sur les stratégies possibles d’amélioration génétique discutées dans le contexte des filières aquacoles françaises.....

Le 14 avril 2010

Tribune : Mortalités des huîtres : Quels risques prendre ? (Le Marin)
Le Marin du 9 avril 2010 donne la parole à Jean-François Samain, ancien directeur des recherches à l’Ifremer et responsable du programme Morest (Mortalités estivales).
Jean-François Samain livre son analyse de la situation actuelle sur les mortalités de naissain d’huîtres Crassostrea gigas. Quels risques peut-on prendre ?
Il alerte sur le choix de faire des triploïdes via le programme de réensemencement, craignant que cela crée de nouveaux foyers d’épidémie.
Jean-François Samain pense que le plan de sauvegarde défini par le Comité National de la Conchyliculture (CNC) via le programme de réensemencement de près de 3 milliards d’huîtres triploïdes, est risqué. Ces huîtres triploïdes qui n’ont jamais fait leur preuve en matière de résistance vis-à-vis des agents pathogènes, pourrait selon le chercheur avoir un effet multiplicateur épidémique. Il propose dans l’attente de mieux connaitre la résistance des triploïdes et d’une validation, de réensemencer avec des diploïdes résistantes pour le plan de sauvegarde 2010.
Pour lui, la solution n’est pas dans le « tout génétique », mais plutôt dans les mesures qui contribuent à limiter l’infection incluant les pratiques culturales. Il est important de regarder de près d’autres questions zootechniques, en particulier la taille et l’âge des naissains, leur densité en poche, le risque associé à une trop rapide croissance en milieu trophique riche. (Article intégral sur le blog du Comité de Survie de l'Ostréiculture)

Exploration fonctionnelle de gènes différentiellement exprimés entre les souches d'huîtres creuses Crassostrea gigas résistantes et sensibles à la mortalité estivale (Ifremer)
Ce travail a contribué au développement d'outils de génomique spécifiques à l'huître Crassostrea gigas et visait à identifier des déterminants moléculaires de la survie estivale chez cette espèce. Dans cette optique, un effort de séquençage a été réalisé, permettant l'obtention d'un total de 29745 unigènes, assemblées dans une base de données. 9058 d'entre eux ont été utilisées pour produire la première puce à ADNc spécifique de C. gigas, servant de support à la comparaison transcriptomique des lignées d'huîtres Résistantes (R) et Sensibles (S) à la mortalité estivale. 34 gènes sont apparus différentiellement exprimés au cours de la période précédant les mortalités. Ces gènes sont notamment associés aux processus de reproduction et de stress oxydatif, soulignant le coût de la reproduction et l'importance de la défense anti-oxydante dans l'apparition d'une déficience immunitaire avant les mortalités. Parmi eux, le gène oyster-TGFbeta-like, exprimé spécifiquement dans les cellules somatiques de la gonade, pourrait être à l'origine des différences d'investissement reproducteur observées entre les lignées R et S. Cette hypothèse ouvre de nouvelles perspectives d'étude du coût de la reproduction dans les mortalités estivales. Ces gènes font l'objet d'analyses fonctionnelles et seront cartographiés afin de comprendre leur rôle chez l'huître et de déterminer leur implication dans les mortalités
Fleury Elodie (2009). Exploration fonctionnelle de gènes différentiellement exprimés entre les souches d'huîtres creuses Crassostrea gigas résistantes et sensibles à la mortalité estivale. PhD Thesis, Université de Rennes I.

Téléchargement de l’étude : Exploration fonctionnelle de gènes différentiellement exprimés entre les souches d'huîtres creuses Crassostrea gigas résistantes et sensibles à la mortalité estivale (Ifremer)

Document FAO à lire

Ecloserie de bivalves - Un manuel pratique (FAO – 2006)
La culture des mollusques bivalves est une composante majeure de l'aquaculture mondiale. Elle est en expansion croissante et représentait environ 20 pour cent de la production du secteur aquacole en 2000, avec 14 millions de tonnes. Le gros de la production provient des gisements naturels, bien qu'ils soient épuisés pour la plupart ou sollicités au-delà de la limite d'une exploitation durable.

L'augmentation des stocks reposant sur la capture et le semis de naissain naturel, que ce soit de façon extensive ou intensive, est une pratique commune à l'échelle mondiale. Mais l'amélioration de cette production reste difficile, du fait que le recrutement naturel est hautement variable et que les conflits d'usage pour l'occupation de la zone côtière s'intensifient.

La culture en écloserie est devenue indispensable pour répondre aux demandes en naissain des espèces de bivalves d'intérêt commercial (palourdes, huîtres et pectinidés) exprimées par les conchyliculteurs. La production de naissain par les écloseries ne représente encore qu'un petit pourcentage de la demande totale, mais il est probable qu'elle devienne importante, surtout que des travaux de recherches sont en développement pour produire des souches sélectionnées dotées de caractéristiques génétiquement adaptées à des conditions particulières d'élevage.

Les écloseries ont débuté en 1960 en Europe et aux Etats-Unis d'Amérique. Depuis, la connaissance des besoins biologiques des espèces dominantes dans la production aquacole mondiale et des technologies utilisées pour les produire a évolué et continue de s'améliorer.

Ce manuel présente l'état actuel des connaissances en décrivant les différents aspects de la culture en écloserie, de l'acquisition des géniteurs jusqu'au stade où le naissain atteint une taille suffisante pour son transfert dans des installations de grossissement en pleine mer. L'accent a porté sur les méthodes d'installation et de fonctionnement de la culture intensive de bivalve en écloserie, plus que sur les méthodes de production extensive dans les systèmes d'étang à terre. Pour avoir un aperçu complet, la phase intermédiaire de production en nourricerie, qui est l'interface entre l'écloserie et le grossissement en pleine mer, ainsi que le concept du télécaptage, sont également décrits et abondamment discutés.

Ce manuel ne doit pas être vu comme un traité scientifique sur le sujet. Il vise plutôt à mettre à la disposition du lecteur un aperçu pratique sur les opérations fondamentales d'écloserie et les méthodes suivies pour la gestion des différents stades du cycle de vie de bivalves dans une écloserie. Les exemples traités sont en grande partie liés aux espèces les plus communément cultivées dans les régions tempérées, telles l'huître du Pacifique, Crassostrea gigas, l'huître d'Amérique, Crassostrea virginica, l'huître plate européenne, Ostrea edulis, la palourde japonaise, Tapes philippinarum et quelques espèces de pectinidés. La culture des espèces tropicales de bivalves est aussi traitée. Les méthodes décrites sont aussi applicables aux bivalves de moindre intérêt dans la production aquacole mondiale……

Chapitre 7 - Avenir des écloseries: développement technologique
7.1 Génétique
Jusqu'à présent, les conchyliculteurs cultivaient les bivalves de façon simple. Malgré l'exemple de l'agriculture où pendant plusieurs milliers d'années, la reproduction sélective et la génétique ont produit des plantes et des animaux beaucoup plus résistants et performants que les plantes et animaux sauvages d'origine, peu de travaux de sélection ont été entrepris en conchyliculture. Ceci est du en grande partie à la méthode de culture. En effet, les juvéniles pour la plupart des opérations conchylicoles sont obtenus à partir du captage dans les zones de reproduction naturelle. Ils sont installés dans des zones sélectionnées pour une bonne croissance et la récolte est réalisée quand ils atteignent la taille commerciale. Les bivalves, cultivés en extensif, sont essentiellement de la même origine et forment un grand groupe génétique. Le naissain de bivalves, produit en écloserie ou collecté dans la nature, est fréquemment transporté sur des distances considérables et même dans différents pays de telle sorte que le même groupe génétique puisse s'étendre sur une large aire géographique. N'importe quelle souche distincte ou race régionale, qui avait pu se développer par le passé, a rapidement été absorbé par le groupe génétique global. Dans de telles circonstances le développement de souches génétiques était difficile sinon impossible et les tentatives d'amélioration génétique étaient mineures…..

Le 18 juin 2010

Trop ensemencer modifie la diversité génétique des truites (Cyberpresse ca)
L'ensemencement massif de la truite mouchetée dans les lacs peut à long terme modifier l'intégrité génétique et mener à l'homogénéisation des populations de cette espèce. Voilà la conclusion des recherches menées par une équipe de biologistes de l'Université de Sherbrooke et de leurs collaborateurs sur les lacs du Québec.

Les résultats publiés dans le numéro de mai de Molecular Ecology pourraient modifier les pratiques d'ensemencement qui répondent aux besoins de plus d'un demi-million de pêcheurs sportifs au Québec, indique un communiqué diffusé par l'UdeS. Il s'agit de la première étude du genre réalisée sur la truite mouchetée, aussi appelée l'omble de fontaine, au Canada, ajoute-t-on.

Dans les lacs fortement ensemencés, il y a une modification importante à court terme de la diversité génétique des populations naturelles, affirme le professeur Dany Garant, un des auteurs de l'étude. Cette modification diminue le potentiel que les adaptations évolutives se produisent de manière efficace.

Le 21 juin 2010

Surmortalité des huîtres: des ostréiculteurs mettent en cause l'Ifremer (Le Monde)
Le président de l'Association pour une ostréiculture traditionnelle, Benoit Le Joubioux, a estimé lundi à Arcachon (Gironde) que l'Ifremer pourrait avoir une responsabilité dans la surmortalité des naissains d'huîtres et demandé le report d'un plan de réensemencement. "Nous refusons totalement le plan de réensemencement (mis en place pour compenser cette surmortalité, NLDR) tant que l'expert nommé par le tribunal administratif de Rennes n'aura pas rendu son rapport" sur l'éventuelle responsabilité de l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer), a expliqué à l'AFP M. Le Joubioux, à l'occasion de l'assemblée générale de son association. "L'Ifremer développe des nouvelles technologies sans se préoccuper des conséquences" et l'Institut est "juge et partie", a accusé le président de l'association qui compte une soixantaine de membres, sur tout le littoral français. L'Ifremer développe des huîtres mâles utilisées ensuite dans les écloseries françaises. Il a été chargé par le ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire de plancher sur les causes de cette surmortalité observée depuis trois ans. Défenseur d'une "ostréiculture traditionnelle" et d'"un captage naturel des naissains", M. Le Joubioux a également mis en cause "les écloseries d'huîtres triploïdes", développées par l'Ifremer. "Nous pensons que les huîtres tétraploïdes produites pour les écloseries pourraient être des catalyseurs du virus", a précisé de son côté Me Pierre-Yves Mattel, avocat de l'association, qui a obtenu en février la nomination d'un expert par le TA de Rennes, dont le rapport est espéré à la fin de l'été. "Il n'est pas exclu que l'on mette en cause d'autres administrations", a ajouté l'avocat. Le ministre de l'Agriculture a convoqué mardi à Paris des Assises de la conchyliculture, où M. Le Joubioux a refusé de se rendre.

Rappel de 2001

L'huître triploïde, perle génétique (Libération)

L'étiquetage de cette mutante, disponible toute l'année, fait polémique.

Huîtres triploïdes ou Quatre-Saisons? Depuis des années, le microcosme conchylicole se perd en débats sémantiques et génétiques. Depuis des semaines, le Conseil national de la consommation (CNC) s'écharpe sur la meilleure façon de mettre sur le marché cette huître mutante. Stérile, consacrant l'essentiel de son métabolisme à sa croissance, elle possède dès lors une double qualité: absence de substance laiteuse (supposée rebuter le consommateur), possibilité de la commercialiser tout au long de l'année. Cerise sur le gâteau, son rythme de production est boosté de 30 % à 40 %. Inconvénient: l'huître triploïde peut difficilement être considérée comme l'un des derniers produits alimentaires 100 % naturels, à l'instar des autres coquillages et crustacés.

A l'état naturel, l'huître possède deux séries de chromosomes. Comme l'homme, elle est «diploïde». D'autres organismes vivants, comme la pomme de terre, possèdent quatre lots de chromosomes (ils sont «tétraploïdes»), ou même six (le blé est «hexaploïde»). Un nombre pair est signe de fertilité. D'où la tentation de produire, pour des impératifs économiques, des êtres impairs. Ainsi, la clémentine est une mandarine triploïdée (sans pépins, puis que stérile). Après un premier échec par voie chimique, l'Ifremer (1) a mis au point une huître stérile par croisement d'huîtres diploïdes (normales) et tétraploïdes (obtenues par choc thermique doublant les lots de chromosomes).

Le 5 août 2010

Des scientifiques chinois publient la première carte de séquençage du génome de l'huître au monde (Quotidien du peuple)

Des scientifiques chinois ont établi la première carte de séquençage du génome de l'huître au monde, ouvrant ainsi de nouvelles possibilités pour augmenter l'élevage des huîtres et développer de nouveaux matériaux industriels. La carte de séquençage du génome est également la première de son genre tant pour les coquillages que pour la vie marine, a dit Zhang Guofan, scientifique en chef du Projet Séquençage du Génome de l'Huître, et chercheur à l'Institut d'Océanologie de l'Académie Chinoise des Sciences.

Après plus de deux ans, l'équipe de projet mise sur pied conjointement par Zhang Guofan et Guo Ximing, de l'Université d'Etat du New Jersey, a découvert que le génome de l'huître comprenait 800 millions de paires ADN de base, dont environ 20 000 gènes. « Cette découverte prouve que la diversité génétique des formes élémentaires de vie marine est extrêmement élevée, et elle sera d'une grande valeur pour l'élevage des huîtres », a déclaré mardi à Xinhua M. Zhang.

Plus de cent variétés du mollusque sont connues sur toutes les zones côtières du monde, à l'exception des régions polaires. L'industrie de l'élevage de l'huître est estimée à une valeur de 3,5 milliards de Dollars US par an. Près d'un quart de la production de l'aquaculture chinoise est générée par les huîtres. Li Naisheng, Vice-directeur du Départment des Sciences et Technologies de la province du Shandong, dit que l'élevage des huîtres est depuis longtemps confronté à faible taux de rendement à la surface. « Bien que les huîtres aient un taux de fertilité élevé, leur progéniture est très vulnérable et peut mourir peu après la naissance ». Source: le Quotidien du Peuple en ligne

Le 29 août 2010 : Constat sur les salmonidés

Rouze-en-donezan. Quand la pêche devient scientifique (La dépêche)

Dans les Pyrénées, la pêche de la truite est un loisir incontournable. Elle est d'une part socialement ancrée dans les mœurs et d'autre part un vecteur économique important au regard du tourisme pêche qu'elle génère. Actuellement en cours de caractérisation et donc dans l'attente des conclusions, l'unité de la Bruyante continue d'être gérée par du déversement de truitelles de souche atlantique alors qu'elle se trouve sur l'enclave ariégeoise du bassin versant méditerranéen et donc, fort vraisemblablement, avec des truites de souche méditerranéenne. À ce stade, la fédération de Pêche en partenariat avec l'AAPPMA de Quérigut souhaite donc approfondir la connaissance de l'état qualitatif des populations qu'elles gèrent….. Sur l'ensemble des six stations de pêche désignées pour ces deux jours, des échantillons d'écailles et de nageoires ont été prélevés sur 180 poissons préalablement mesurés et photographiés. Tous ces poissons ont été relâchés après l'analyse. Désormais, l'accumulation des connaissances scientifiques montre, sur des secteurs conformes ou perturbés, que la gestion patrimoniale peut se pratiquer sans crainte de voir les populations s'effondrer et cela indépendamment de la pression de pêche.

Cependant, ces pratiques d'alevinage de par leur fréquence de déversements pluriannuelles et de leur quantité peuvent avoir modifié le patrimoine génétique des truites autochtones du bassin de la Bruyante. Le but de cette étude est donc de réaliser un état des lieux qualitatif des truites de ce bassin versant afin de sensibiliser le monde de la pêche et les collectivités aux multiples enjeux inhérents à la sauvegarde d'un patrimoine génétique.

Saumon : Test génétique pour lutter contre une maladie virale

La société norvégienne Aqua Gen a mis au point un nouveau test génétique qui permet de sélectionner les saumons les plus résistants au virus à l’origine de la nécrose pancréatique infectieuse (IPN). Le lancement commercial du produit constitue un réel progrès dans la lutte contre cette maladie onéreuse. En 2007, les chercheurs des entreprises norvégiennes Aqua Gen et Nofima, et du Centre de recherche de génétique (CIGENE) ont découvert les marqueurs d'un gène qui rend les saumons plus résistants aux virus causant la nécrose pancréatique infectieuse (IPN). Les nouvelles connaissances sur ces marqueurs est maintenant appliquée à la reproduction sélective - et Aqua Gen a déjà fourni des œufs de poissons de reproducteurs QTL génétiquement résistant à l’IPN. Pour plus d’informations : Genetic Test Finds Healthiest Fish for Breeding (Sciencedaily)

Le 10 septembre 2010

Du saumon transgénique bientôt dans nos assiettes? (Protégez-vous)

Les autorités étasuniennes pourraient très prochainement autoriser la vente d’une variété de saumon transgénique. Selon l’Administration des produits alimentaires et pharmaceutiques (FDA), le saumon génétiquement modifié AquAdvantage est en tous points semblable à son cousin de l’Atlantique. Conclusion de la FDA : il existe une « certitude raisonnable » que sa consommation ne pose aucun risque pour la santé. Ce poisson d’un nouveau genre pourrait donc très vite se retrouver sur les tablettes des supermarchés chez nos voisins du Sud.

Un plus pour la chaîne alimentaire… La FDA a prévu de statuer sur le cas de cette nouvelle variété de saumon d’ici à quelques semaines. Si les autorités de régulation sanitaires donnent leur feu vert, ce sera la première fois qu’un animal génétiquement modifié va pénétrer dans la chaîne alimentaire humaine.

De son côté, Santé Canada se borne à répéter que « à l’heure actuelle, la vente d’aliments provenant d’animaux génétiquement modifiés n’est pas autorisée au Canada ». Mais le ministère prend soin de préciser qu’« il est impossible de dire, à ce stade-ci, si la vente de tels aliments sera autorisée ». Avant qu’une telle décision puisse être prise, souligne-t-il, « il faudrait procéder à une évaluation scientifique complète de leur innocuité et de leur qualité nutritionnelle »…..

La vaste majorité des associations de protection de l’environnement et de défense des consommateurs sont d’un tout autre avis. Au total, plus d’une trentaine de groupes, dont le Center for Food Safety, le Food and Water Watch et la Consumers Union, ont demandé à la FDA qu’elle rejette le saumon AquAdvantage. Ils estiment en effet qu’il représente une grave menace potentielle pour l’environnement. Et spécialement une menace de « pollution génétique » au cas où quelques spécimens de saumons s’échapperaient dans la nature et concurrenceraient leurs congénères. Ainsi, une étude publiée aux États-Unis indique que si 60 saumons modifiés génétiquement se retrouvaient dans l’océan, cela pourrait mener à l’extinction d’une population de 60 000 saumons sauvages en moins de 40 générations…..

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Le 6 octobre 2010

Sarzeau : Feu vert pour le projet d'écloserie-nurserie d'huîtres à Banastère (Ouest France)

Novostréa Bretagne projette d'implanter, à l'entrée de Banastère, en lieu et place de la ferme marine, une écloserie-nurserie d'huîtres creuses. Ce projet, après'une enquête publique au printemps, a reçu un avis favorable du commissaire enquêteur. Un avis suivi par le préfet.

Si, pour l'heure, le dossier n'a pas beaucoup avancé depuis l'obtention des autorisations réglementaires, chez Novostréa on affirme que le projet est toujours d'actualité. Sans qu'aucun calendrier ne soit pour l'heure clairement couché sur le papier. « On a mis trois ans avant d'aboutir, on n'est plus à trois mois près », estime l'un des responsables de la société.

Réticence des ostréiculteurs - Cette écloserie-nurserie aura une capacité de production moyenne de 9 000 kg de naissains par an. Elle se développera sur un terrain d'environ 9 700 m 2. Le site accueillera deux activités. Tout d'abord l'écloserie qui consiste à assurer la reproduction de l'huître et les six premières semaines d'élevage. Et la nurserie qui a pour objectif d'élever les huîtres jusqu'à la taille de 8 à 9 mm, soit environ deux à trois semaines d'élevage….. Les eaux marines issues de l'écloserie contiendront des fèces (excréments) d'huîtres ainsi que les algues non consommées par ces dernières. « Mais les rejets de l'écloserie seront bien inférieurs à ce que peut produire une exploitation ostréicole classique, sachant que l'étier de Pénerf en abrite cinquante-cinq, rassure Novostréa. Malgré la faible charge des effluents, les eaux marines rejetées par l'écloserie et une partie de la nurserie subiront un traitement par filtration mécanique et stérilisation sous UV permettant de détruire les algues non retenues par la filtration. »

Une dizaine d'emplois - Autant d'éléments qui n'ont pas suscité d'inquiétudes particulières de la part des associations de protection de l'environnement qui ne sont pas intervenues lors de l'enquête publique. En revanche, le collectif d'ostréiculteurs représenté par Benoît Le Joubioux, lui, a fait part de ses appréhensions sur les conséquences d'une telle activité sur une éventuelle surmortalité des huîtres déjà importante dans le secteur. Des craintes balayées rapidement par le commissaire enquêteur, Bernard Casabiaca : « Les installations d'écloseries nurseries existent depuis vingt ans en France et ne semblent pas avoir causé de catastrophe écologique majeure. Par ailleurs, les taux de mortalité des naissains en pleine mer et en écloserie sont équivalents. » Et d'ajouter que les installations situées en zone Natura 2000 « permettront de réhabiliter sur le plan environnemental une zone laissée à l'abandon tout en favorisant la préservation de la diversité biologique du site. »…

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Avis de Jacques Pigeot, enseignant retraité du Lycée de la Mer et du Littoral de Bourcefranc et fils d’ostréiculteur à Oléron

Tiré de « Marennes-Oléron : Des huîtres par douzaines », Caes/Cnrs publié au printemps 2007 avant le début des mortalités massives estivales….

Ces dix dernières années, plusieurs innovations ont vu le jour. Examinons leurs atouts et leurs contraintes.

Le télécaptage : les huîtres captées naturellement sont accolées les unes aux autres en paquets et elles présentent après détroquage des formes irrégulières. Le télécaptage réalisé en écloserie permet d’obtenir des huîtres qui grossissent de manière optimale en limitant la main-d’oeuvre et les coûts de production. Toutefois, une généralisation de ce mode d’obtention des jeunes huîtres n’est pas souhaitable car il rendrait la profession totalement dépendante d’une ou deux écloseries avec des conséquences économiques néfastes.

Les triploïdes : normalement, toutes les huîtres sont diploïdes, c’est-à-dire à deux lots de chromosomes (2n=20). À partir d’huîtres mâles tétraploïdes, on obtient des spermatozoïdes diploïdes qui, en présence d’ovocytes haploïdes (n=10), permettent d’obtenir des huîtres triploïdes (3n=30) incapables de fabriquer des gamètes et de se reproduire. Par suite, toute l’énergie consacrée chez les diploïdes à la reproduction est chez les triploïdes convertie en production de chair. Ainsi, les huîtres triploïdes grossissent plus vite (deux ans pour faire une huître marchande au lieu de quatre) et elles sont toujours riches en chair, d’où leur nom : huître des quatre saisons. L’appellation « triploïdes » n’a pas été conservée car elle est pour certains synonyme d’organisme génétiquement modifié, ce qui n’est pas le cas dans la mesure où l’huître triploïde n’a pas eu d’introduction de nouveaux gènes dans son génome.

La culture en eaux profondes : devant des performances de croissance relativement faibles en moyenne pour les huîtres du bassin de Marennes-Oléron, une volonté de produire en eaux profondes au nord et à l’extérieur du bassin, au large de l’île d’Aix, a vu le jour il y a une dizaine d’années. Les premiers essais expérimentaux sont positifs et, après accord sur les modalités d’exploitation (compatibilité avec la filière pêche, mise en place d’une coopérative de gestion, suivis scientifiques…), la production d’huîtres creuses en eaux profondes a commencé en 2004 sur une surface ensemencée de 100 ha.

Là aussi, affaire à suivre… Télécharger le document intégral, cliquer Ici

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27 octobre 2010

Les conseils de la Direction des Fraudes pour des fêtes réussies :Exemple des huîtres

Pour un organisme officiel aussi important que la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), que d’approximations sur la page « Huîtres » du portail de cette administration considérée sérieuse… Toutefois, on y apprend une information importante que l'huître triploïde serait en cours d'étiquetage : «.... un décret en cours d'adoption imposera l'information du consommateur sur la nature "triploïde" de l'huître, par voie d'étiquetage....» En cours d'étiquetage depuis 2004 !!!!

« Origines : Plate ou creuse, la culture de l'huître part du naissain, huîtres minuscules provenant d'établissements spécialisés dans le golfe du Morbihan, dans la région charentaise, et même du Japon ou du Canada. En fait, peu importe l'origine car c'est du lieu de production que dépendent la couleur et le goût d'une huître adulte. »

Pour la répression des fraudes, l’huître triploïde est une nouvelle variété ! : « L'huître triploïde, une nouvelle variété - L'huître triploïde possède trois lots de chromosomes alors que l'huître est naturellement biploïde (deux lots de chromosomes). Cette particularité est issue du croisement entre une huître tétraploïde (ayant subi un choc thermique agissant sur la fécondation) et une huître biploïde. Stérile, l'huître triploïde présente l'avantage de grossir plus vite et sa texture est constante toute l'année. (Elle ne représente actuellement qu'une très faible partie de la production. Saisie par la DGCCRF, l'AFSSA a confirmé l'innocuité pour le consommateur et les risques pour l'environnement. Après concertation au sein du CNC (Conseil National de la Consommation), un décret en cours d'adoption imposera l'information du consommateur sur la nature "triploïde" de l'huître, par voie d'étiquetage. »

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Le 18 novembre 2010

Deux reportages dans le centre de sélection des huîtres SFC (Sélection Française Conchylicole) créé par 4 closeries (Satmar, France Turbot, Vendée Naissain et )

Il faut sauver les huîtres ! (Vendée Tv)

Un laboratoire de recherches sur les huitres (Vendée Tv)

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Le 24 novembre 2010

Espèces exotiques et espèces localement absentes dans l'aquaculture

Le Parlement européen a modifié le règlement qui régit les pratiques aquacoles en ce qui concerne les espèces exotiques et localement absentes. La nouvelle législation offre une définition actualisée d'"installation aquacole fermée" où, sous certaines conditions, le degré de risques liés à l'utilisation d'espèces exotiques et localement absentes pourrait être réduit à un niveau acceptable. L'objectif est de rendre plus facile l'introduction d'espèces exotiques ou la translocation d'espèces localement absentes pour une utilisation dans de telles installations en les exemptant de l'obligation de permis, tout en assurant une protection adéquate de l'environnement. La résolution, rédigée par João Ferreira (GUE/NGL, PT), a été adoptée par 638 votes pour, 16 contre et 11 abstentions, Il s'agit d'un accord en première lecture avec le Conseil, qui devrait entériner le projet de règlement en temps voulu.

Réglementation européenne concernant l'utilisation en aquaculture des espèces exotiques et des espèces localement absentes

P7_TA-PROV(2010)0423 - Utilisation en aquaculture des espèces exotiques et des espèces localement absentes ***I (A7-0184/2010 - Rapporteur: João Ferreira)

Résolution législative du Parlement européen du 23 novembre 2010 sur la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil modifiant le règlement (CE) n° 708/2007 du Conseil relatif à l'utilisation en aquaculture des espèces exotiques et des espèces localement absentes (COM(2009)0541 – C7-0272/2009 – 2009/0153(COD)) 165

P7_TC1-COD(2009)0153 - Position du Parlement européen arrêtée en première lecture le 23 novembre 2010 en vue de l’adoption du règlement (UE) n° .../2010 du Parlement européen et du Conseil modifiant le règlement (CE) n° 708/2007 du Conseil relatif à l'utilisation en aquaculture des espèces exotiques et des espèces localement absentes

Pour plus d'informations et lire le texte adopté par le Parlement Européen, cliquer Ici

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Le 12 décembre 2010

La perte de la biodiversité peut accroître la transmission des maladies ou les impacts de la biodiversité sur l'émergence et la transmission de maladies infectieuses

La perte de la biodiversité favorise la propagation de maladies infectieuses (Univers Nature)

Parue dans la revue Nature, une nouvelle étude anglo-américaine a démontré que la perte de biodiversité, notamment les mammifères et les bactéries bénéfiques, entraîne une augmentation de pathogènes, les organismes responsables des maladies, et favorise leur transmission. Comme l’explique le professeur Andrew Dobson de l'université de Princeton, aux Etats-Unis : « Lorsque la diversité biologique est en déclin et que les contacts entre les hommes augmentent, vous obtenez la recette magique pour l'apparition de maladies infectieuses ».

Les scientifiques ont, en effet, mis en avant des cas de déclin de biodiversité où l’incidence des maladies augmente. Selon Felicia Keesing, écologiste du Bard College de New York, la perte de biodiversité augmente la transmission de pathogènes pour une variété significative de systèmes de maladies infectieuses. Cela se vérifie pour certains types de pathogènes, incluant les virus, les bactéries et les champignons, et pour de nombreux hôtes, tout à la fois humains, animaux et végétaux….

Pour l’heure, les scientifiques reconnaissent ne pas être en mesure d’expliquer pourquoi les espèces « survivantes » sont celles qui amplifient les pathogènes. Soulignant la complexité d’identifier les variables impliqués dans l’émergence des maladies infectieuses, le professeur Dobson reconnaît que si la biodiversité est un facteur important, il en est de même pour les changements d’utilisation des sols, la croissance de la population humaine et le comportement. De fait, la croissance de la population humaine accroît les contacts avec de nouveaux pathogènes via de nombreuses activités telles que le défrichement au profit de l'agriculture et la chasse des animaux sauvages.

Afin de réduire les probabilités que d’autres maladies infectieuses se propagent des animaux sauvages aux animaux d'élevage et à l'homme, les auteurs de l’étude appellent à la surveillance minutieuse des régions possédant de nombreuses espèces animales domestiquées. Cette vigilance vaut également pour les zones abritant des élevages de poissons.

Depuis les années 1950, la biodiversité mondiale connaît un fort déclin. Les taux d'extinction sont de 100 à 1000 fois plus rapides que dans le passé. Les experts s'attendent à ce que ces taux augmentent à plus de 1000 fois dans les 50 années à venir. Cécile Cassier

La perte de biodiversité augmenterait la transmission de maladies infectieuses (Actu-environnement)

Une étude anglo-américaine, publiée le 1er décembre 2010 dans la revue Nature, révèle que la perte de biodiversité augmenterait la transmission de maladies infectieuses chez les humains, les animaux et les plantes. Il existerait en effet des ''espèces tampons'' qui freineraient la propagation de certains pathogènes (virus, bactéries, champignons…). Leur disparition renforcerait la transmission des pathogènes via les espèces restantes. Or, ce sont ces espèces tampons qui seraient les plus menacées dans les écosystèmes et, au contraire, les espèces les plus résistantes seraient celles qui amplifient les pathogènes. Si les chercheurs précisent que de nombreuses questions restent sans réponse aujourd'hui, ils affirment que la préservation des écosystèmes et de la biodiversité endémique permettraient de réduire la prévalence des maladies infectieuses. Sophie Fabrégat

Impacts of biodiversity on the emergence and transmission of infectious diseases by Felicia Keesing, Lisa K. Belden, Peter Daszak, Andrew Dobson, C. Drew Harvell, Robert D. Holt, Peter Hudson, Anna Jolles, Kate E. Jones, Charles E. Mitchell, Samuel S. Myers, Tiffany Bogich & Richard S. Ostfeld - Nature 468, 647–652 (02 December 2010) doi:10.1038/nature09575. Pour télécharger le document payant, cliquer Ici ou gratuit, cliquer Ici

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Le 15 décembre 2010

Un virus mystérieux

Depuis trois ans, c'est le même scénario : au printemps et à l'été, les huîtres meurent en masse avant d'avoir atteint leur maturité. Le serial killer porte le nom d'OsHV-1. Combiné à des bactéries de type Vibrio, il s'en prend au système immunitaire de sa victime. « Cet herpès est spécifique à l'huître et à d'autres mollusques, il n'est pas transmissible à l'homme », rappelle Philippe Vannier, directeur de la santé animale et du bien-être des animaux à l'Agence nationale chargée de la sécurité sanitaire (Anses). Identifié depuis plusieurs années, ce virus a muté en 2008 et s'attaque désormais aux mollusques dès que l'eau atteint 16 °C.

Pourquoi ? Difficile à dire. Climat, pollution, pratiques culturales (notamment les transhumances d'huîtres de bassin en bassin) : en réalité, les explications sont multiples. Certains professionnels accusent les huîtres triploïdes, créées en écloserie, d'avoir déstabilisé l'écosystème. Ces bivalves stériles, inventés par l'Ifremer pour pouvoir être consommés toute l'année, tendent de plus en plus à remplacer les produits naturels. « La gigas crevait déjà en 1974 alors qu'il n'y avait pas d'écloseries », se défend Eric Marissal, PDG de Grainocéan, qui produit 500 millions d'huîtres par an. « Nous optimisons la nature, nous ne faisons pas d'OGM, renchérit Stéphane Angéri, patron de l'écloserie Vendée Naissain. La profession n'a pas à avoir peur de la science. »

Il y a bien ce plan de sauvegarde, qui devrait permettre aux ostréiculteurs de regarnir leurs parcs avec des huîtres "R", plus résistantes - "mais pas immortelles", prévient l'Ifremer. Mais il ne peut être qu'une réponse d'appoint. Autre piste explorée, celle du Japon : une délégation française s'est rendue au début d'octobre au pays du Soleil-Levant pour rapporter des souches a priori peu touchées. Si l'huître "nipponne" est plus apte, elle sera réintroduite. La voie scientifique reste toutefois la plus prometteuse : deux programmes de recherche privés tâchent actuellement de mettre au point une huître génétiquement très résistante. Mais elle ne sera pas disponible avant 2012-2013, voire 2014...

A Ré, il y a fort à parier que les 84 concessionnaires ne pourront pas tous survivre. "Entre les départs à la retraite et l'effet virus, pas sûr que nous soyons plus de quatre à l'horizon 2013", prédit Jean-François Beynaud, ostréiculteur à La Couarde-sur-Mer. Toutefois, le président du Syndicat des producteurs d'huîtres du territoire rhétais refuse de céder au désespoir. Debout devant ses marais, il mesure la "richesse d'être là". Son credo ? Le terroir et la qualité. "Jusqu'à la dernière douzaine vendue, nous aurons la passion", assure-t-il. Visiblement, le virus n'a pas tout détruit. Source : L’Express : Huîtres: péril en la coquille

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Mortalité des naissains : causes probables (Midi Libre)

Une réunion générale d’information a eu lieu mardi soir à Mèze sur le thème « Mortalités massives de l’Huître creuse : causes probables et perspectives ». Fabrice Pernet (Ifremer) est intervenu pour apporter des éléments de réponse. Il a présenté un inventaire des causes possibles à savoir : la présence d’agents infectieux, la saison l’âge et la taille des huitres, la ploïdie, les pratiques culturales, l’hydrodynamique. Animée par Philippe Ortin, Président du Comité régional conchylicole de Méditerranée, cette rencontre a permis à plus d’une centaine de conchyliculteurs de se retrouver pour évoquer ce problème récurrent. En fin d’exposé, une séance de questions-réponses a permis à chacun d’exprimer ses craintes et ses souhaits pour l’avenir.

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DOGMATIS : Défi des OGM aquatiques, impacts et stratégies un programme de recherche financé par l'ANR (Inra)

L’objectif du projet DOGMATIS est une analyse multidisciplinaire des impacts potentiels des poissons génétiquement modifiés (PGM) au sens large, et en particulier les conséquences d’une importation fortuite. Il regroupe biologistes, socio-économistes, juristes et philosophes, qui co-construiront les résultats suivants i) réalités techniques et évolution de la production, ii) conditions de traçabilité, iii) adaptations de la législation, iii) risques de présence fortuite incluant la perception et v) épistémologie des modèles et bioéthique.

Aux Etats-Unis, un poisson d’ornement transgénique fluorescent est autorisé à la commercialisation depuis 2003 (GloFish®) et une demande d’autorisation d’un saumon transgénique à croissance améliorée (AquAdvantage™ salmon) est en cours d’examen. Il est très peu probable que ces poissons génétiquement modifiés arrivent de manière volontaire dans notre assiette car les producteurs piscicoles français et européens en désapprouvent l'utilisation. De plus, compte tenu des lois américaines de protection sur l’environnement et des risques environnementaux encourrus, ces poissons seraient produits en circuits protégés à un coût prohibitif. Mais tous les pays n’ont pas de lois aussi drastiques ! Par conséquent, le risque de présence fortuite de ces poissons dans nos assiettes ne peut être ignoré par la recherche et le gouvernement. Nous nous sommes posé des questions simples :

  • le risque d'une présence fortuite de poissons génétiquement modifiés dans l'alimentation existe-t-il ? est-il important ?
  • Les lois et régulations françaises et européennes suffiraient-elles à nous en protéger et à protéger la filière française des produits d’aquaculture ?
  • Les dernières innovations technologiques en génie génétique vont-elles diminuer ce risque ? En particulier essaye-t-on d'améliorer des poissons sur d’autres critères que la taille ?

D'un point de vue philosophique, la technique de transgénèse est-elle une innovation comme les autres ? Comment définit-on ses risques et ses bénéfices ?

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Le 20 février 2011

Aquaculture et Espèces exotiques : Avis du Comité Economique et Social Européen (CESE) publié au Journal Officiel de l’Union Européenne du 17/02/2011

L'aquaculture est une activité en évolution constante, qui doit offrir des solutions aux demandes du marché, et notamment une diversification des espèces élevées et commercialisées.

Par le passé, l'aquaculture européenne, à l'instar des autres activités agricoles ou d'élevage, a fait bénéficier la société de l'introduction d'espèces exotiques. À l'heure actuelle, quatre des dix principales espèces produites par l'aquaculture dans l'Union européenne peuvent être considérées comme exogènes (truite arc-en-ciel, huître du Pacifique, carpe commune et palourde japonaise), et leur présence est aujourd'hui considérée comme habituelle et indispensable.

Néanmoins, l'introduction d'espèces exotiques invasives est actuellement considérée comme une des causes fondamentales de l'altération de la biodiversité à l'échelle mondiale. Les principales voies par lesquelles se produit l'entrée indésirable d'espèces exotiques aquatiques dans l'Union européenne sont les eaux de ballast des navires de grande taille, la pêche sportive et l'aquariophilie. Le changement climatique provoque également l'entrée d'espèces exotiques qui arrivent par leurs propres moyens.

Le règlement (CE) n° 708/2007 relatif à l'utilisation en aquaculture des espèces exotiques et des espèces localement absentes a fait récemment l'objet de quelques modifications, sur lesquelles le Comité a déjà émis un avis (CESE 453/2010; rapporteur: M. SALVATORE), qui a été approuvé à une large majorité et reste aujourd'hui parfaitement valable. Certaines des suggestions proposées dans cet avis, par exemple qu'il soit précisé que les installations aquacoles fermées doivent toujours être situées à terre, l'exigence d'une distance minimale de sécurité et d'une protection face aux prédateurs, etc., sont désormais reprises dans la proposition de modification (modifications de l'article trois), ce qui démontre le caractère approprié des recommandations du CESE.

Conclusions et recommandations

1. Le Comité juge appropriées les améliorations apportées à la rédaction du règlement (CE) n° 708/2007, qui rejoignent en grande partie les recommandations de l'avis CESE 453/2010, et notamment la nouvelle définition, plus précise, des "installations aquacoles fermées", fondée sur les résultats du projet IMPASSE (action concertée de recherche intitulée "Incidences sur l’environnement d’espèces allogènes utilisées dans l’aquaculture"), ainsi que la clarification sur la situation desdites installations quant à leur éloignement des eaux libres.

2. Le Comité estime que l'aquaculture doit pouvoir continuer de profiter des bénéfices apportés par l'introduction d'espèces exotiques ou l'introduction d'espèces localement absentes de l'Union européenne, à condition que soient adoptées les mesures nécessaires pour éviter toute altération des écosystèmes et de la biodiversité; cela permettrait de favoriser le développement durable de cette activité.

3. Le Comité souligne qu'il importe d'établir clairement les conditions que doivent réunir les installations aquacoles fermées, afin de réduire leurs charges bureaucratiques.

4. Le Comité est également favorable aux modifications apportées au règlement (CE) nº 708/2007 suite à l'entrée en vigueur du traité de Lisbonne, et dont la finalité principale est d'autoriser la modification des annexes I, II, III et IV en application de la procédure de "comitologie".

Voir l’intégralité de l’Avis du Comité économique et social européen sur la «Proposition modifiée de règlement du Parlement européen et du Conseil modifiant le règlement (CE) no708/2007 relatif à l'utilisation en aquaculture des espèces exotiques et des espèces localement absentes» COM(2010) 393 final — 2009/0153 (COD) (2011/C 51/16) / Rapporteur général: M. José María ESPUNY MOYANO, publié au JO de l’UE du 17 février 2011. Cliquer Ici

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Le 2 juillet 2011

Oysterecover : Génétique et biotechnologie pour relancer l’huître plate

Une équipe internationale de chercheurs travaille sur un projet de restauration de l'huître plate (Ostrea edulis).

Cette étude lancée en août 2010 regroupe des scientifiques espagnols du Centro Tecnológico del Mar-CETMO Fondation, Centre de Recherche Marine (CIMA), Université de Santiago de Compostela (USC) et de plusieurs centres de recherche publics et privés, France (Agrocampus Ouest), Irlande (University College Cork), Royaume-Uni (Centre pour la science marine et de l'Environnement, ministère de l'Environnement, l'Alimentation et des Affaires rurales), Danemark (Centre danois pour les mollusques et crustacés) et Pays-Bas (Institut d'études de la Marine et de l'environnement des Pays-Bas).

Pendant des siècles, l'huître plate a été consommée par les Européens, mais la surpêche et des épisodes de mortalité massive (Bonamia et Marteilia refringens) ont décimé les populations.

Ce nouveau projet appelé Oysterecover, a pour objectif de trouver des variétés d’huîtres plates résistantes aux maladies… Source : Genética y biotecnología ayudarán a recuperar la ostra plana en España

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Retour sur la polyploïdie : Etude d'Ifremer publiée en 2004

Impact de la dissémination accidentelle d'huîtres tétraploïdes : potentiel de dispersion et succès reproducteur

Ifremer 2004

Rapport de fin de contrat entre l'IFREMER et le CNRS concernant l'appel d'offres 2002 "Impact des biotechnologies dans les agro-écosystèmes"

Lapegue Sylvie, Heurtebise Serge, Cornette Florence, Brizard Raphael, Sharbel Tim, Boudry Pierre

L'ostréiculture française réalise une production très largement extensive, basée sur le recrutement de juvéniles dans le milieu naturel et la production sur des sites côtiers. Ainsi, l’huître est l’une des rares espèces cultivées à être encore considéré par le consommateur comme un produit alimentaire totalement « naturel ».

L'utilisation de la polyploïdisation a permis d'ouvrir une nouvelle voie dans cette filière, en permettant d'obtenir des animaux à croissance plus rapide, plus homogènes et stériles. Cette dernière caractéristique est un gage de qualité gustative et permet aussi de positionner ce produit en priorité sur les mois en "r" traditionnellement bannis à cause de la présence de laitance. Le but principal de la triploïdisation a été atteint : cette biotechnologie a permis de réorienter le flux énergétique vers la croissance somatique et non la reproduction. Avec l'arrivée des tétraploïdes, la production à grande échelle d’huîtres triploïdes est devenue plus facile grâce au croisement de ces animaux avec des animaux diploïdes.

Malgré les arguments scientifiques avancés, cette innovation engendre des questions, voire inquiète, et est le sujet d'un débat polémique dans le milieu ostréicole et depuis peu au-delà, dans un contexte actuellement globalement négatif de la perception des biotechnologies. Le but de notre étude est d'apporter des éléments de réponse aux différents acteurs du débat (pouvoirs publics, chercheurs, ostréiculteurs, et citoyens dans leur ensemble) sur les conséquences pour l'environnement d'échappements de tétraploïdes. Les deux phases de dispersion (gamètes et larves) de cette espèce animale vivant fixée seront abordées par des expériences en milieu contrôlé. La comparaison du potentiel de dispersion des huîtres diploïdes et tétraploïdes permettra d’améliorer les prédictions de l’impact de l’éventuel échappement de tétraploïdes dans les écosystèmes côtiers.

Comment citer ce document : Lapegue Sylvie, Heurtebise Serge, Cornette Florence, Brizard Raphael, Sharbel Tim, Boudry Pierre (2004). Impact de la dissémination accidentelle d'huîtres tétraploïdes : potentiel de dispersion et succès reproducteur. Pour télécharger le document, cliquer : http://archimer.ifremer.fr/doc/00043/15460/

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