jeudi 29 janvier 2015

Pêches continentales : 13 à 30 millions de tonnes de poisson d'eau douce !

«Les pêches continentales constituent une source de nutrition et d'emplois précieuse mais souvent négligée dans le monde», a rappelé M. Árni M. Mathiesen, Sous-Directeur général de la FAO responsable du Département des pêches et de l'aquaculture lors de la conférence mondiale "Global Conference on Inland Fisheries". «Mais jusqu'à présent, l'effort international visant à intégrer efficacement la pêche continentale dans l'agenda mondial du développement n'a pas tenu ses promesses.» En Europe, la pêche continentale (y compris la pisciculture en eau douce) est la grande oubliée de la réforme de la Politique Commune de la Pêche...

A Bogota (Colombie), le marché de gros aux poissons d'eau douce était beaucoup plus important que celui des produits de la mer, dans les années 1990...

La surface de la Lune est mieux connue que les grands fonds marins, ces fosses océaniques présentées comme la dernière frontière de l’exploration de notre Planète. Mais connait-on mieux les eaux continentales, fleuves, lacs et rivières, qui nous sont pourtant plus proches ?

Quand la FAO annonce des productions halieutiques continentales comprises dans une plage de 13 à 30 millions de tonnes pour une année, nous sommes en droit de nous poser des questions sur les statistiques en matière de pêches continentales dans le monde et plus généralement en ce qui concerne les captures totales (mer + continent). Les productions continentales sont agrégées aux pêcheries maritimes pour nous donner ce chiffre qui revient dans toutes les études : 90 millions de tonnes de captures mondiales.

« La pêche professionnelle en eau douce est le secteur oublié du monde de la pêche » nous rapporte le Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE) dans une étude sur la situation de la pêche continentale dans le monde « Blue Harvest – Inland fisheries as an ecosystem service ». Pourtant, les captures dans les lacs, fleuves et rivières atteindraient entre 20 et 30 millions de tonnes chaque année ce qui n’est pas rien comparé aux 90 millions de tonnes de la pêche mondiale.

Plus de 2 millions de tonnes dans le bassin inférieur du Mékong, plus d’un million de tonnes dans le lac Victoria ou sur l'ensemble du bassin du fleuve Niger,…


L'importance vitale de la pêche continentale pour l'alimentation et les revenus des habitants des pays en développement est fortement mise en évidence dans ce nouveau rapport du PNUE. Globalement les rivières et les lacs offrent 13 millions de tonnes de poisson par an, peut-être même 30 millions si l'on tient compte des captures non déclarées. Cette activité génère 60 millions d'emplois à temps plein et partiel dans le secteur pêche, mais aussi dans d'autres secteur qui en dépendent tel que le traitement. La moitié de ces emplois sont occupés par des femmes.

Environ 70% des pêches sont en Asie, 25% en Afrique, et environ 4% en Amérique latine. Il s'agit en grande partie de produits consommés à l'échelle nationale, ce qui souligne l'importance vitale de ce type de pêche pour les populations et l'économie des pays en voie de développement. Cette étude, compilée par le Pnue et le World Fish Center, souligne également l'importance des pêches continentales dans l'alimentation et, l'apport de protéines, surtout chez les enfants. « En plus des protéines, le rôle des pêches continentales dans l'apport de micronutriments, notamment la vitamine A, le calcium, le fer et le zinc, est vital » dit le rapport Blue Harvest : Inland Fisheries as an Ecosystem…. 

Philippe Favrelière (actualisation de l'article publié le 4 novembre 2010 à partir du communiqué du Pnue : Nagoya 2010 : Il est temps de se concentrer sur les domaines "oubliés" de la pêche) (3770)


Autres articles :

Pour aller plus loin....

Photographie de Philippe Favrelière : Poissons du fleuve Magdalena dans le marché aux poissons d'eau douce de Bogota (Colombie)

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Le 29 Janvier 2015


Lacs et rivières sont essentiels pour les moyens d’existence de millions de personnes


Copie d'écran du portail de la conférence internationale Global Conference on Inland Fisheries

Une conférence mondiale "Global Conference on Inland Fisheries" appelle à la reconnaissance et à une meilleure gestion des pêches continentales

Les pêches continentales - le réseau de lacs, rivières et cours d'eau qui alimentent en eau douce et en poissons des millions de personnes à travers le monde  - méritent d'être mieux gérées afin de préserver leur contribution à une bonne nutrition et à l'économie, notamment dans les pays en développement.

Source : FAO

Telle est l'une des principales recommandations d'un groupe d'experts internationaux réunis cette semaine à Rome dans le cadre d'une conférence mondiale sur les pêches continentales. Au cours des discussions, d'éminents chercheurs dans le domaine de la pêche et de la gestion de l'eau ont, tout comme des groupes de peuples autochtones, averti que le manque de données et de politiques judicieuses empêchent les décisions relatives au développement de prendre en compte l'impact négatif de certains facteurs sur les pêches continentales.

A Bogota (Colombie), le marché de gros aux poissons d'eau douce était beaucoup plus important que celui des produits de la mer, dans les années 1990...

Les lacs et les rivières sont une source essentielle de protéines, d'oligo-éléments, de vitamines et de graisses, en particulier dans les pays en développement où plus de 60 millions de personnes en tirent leurs moyens d'existence. Quelque 71 pays à faible revenu produisent actuellement près de 7 millions de tonnes par an, soit 80 pour cent des captures mondiales dans les eaux intérieures.

Mais ces eaux sont souvent utilisées pour couvrir d'autres besoins humains, notamment la création d'énergie, le tourisme et il convient de citer aussi la concurrence pour l'eau douce.

«Les pêches continentales constituent une source de nutrition et d'emplois précieuse mais souvent négligée dans le monde», selon M. Árni M. Mathiesen, Sous-Directeur général de la FAO responsable du Département des pêches et de l'aquaculture. «Mais jusqu'à présent, l'effort international visant à intégrer efficacement la pêche continentale dans l'agenda mondial du développement n'a pas tenu ses promesses.»

Au plan mondial, quelque 70 pour cent des réserves d'eau douce disponibles sont actuellement utilisés pour l'agriculture. La pollution et la construction de barrages hydro-électriques et de canaux affectent de plus en plus la disponibilité et la qualité des eaux intérieures qui abritent divers types de poissons.



La coopération internationale est essentielle

«Nous entendons beaucoup dire que les récifs coralliens sont menacés, mais ce sont les  poissons d'eau douce qui sont le groupe de vertébrés les plus menacés par le genre humain», soutient M. Mathiesen.

C'est pourquoi la gestion de l'eau et de la pêche doivent aller de pair. Cela va également sans dire que la coopération internationale est essentielle.

«Si un pays construit un barrage en amont d'une rivière ou draine une zone humide, la gestion de la pêche en aval devient pratiquement inutile», explique, pour sa part, M. Devin Bartley, expert en ressources halieutiques à la FAO.

Actuellement, moins de la moitié des organismes internationaux d'eaux intérieures ou partagées sont gérés par des accords internationaux et seulement 11 pour cent ont un mandat couvrant les poissons.

Les experts ayant participé à la réunion sont favorables à l'augmentation du nombre d'accords internationaux pour s'assurer que les ressources en eau douce sont utilisées de manière durable et intelligente, surtout à la lumière de la demande croissante de nourriture dans un monde qui comptera neuf milliards en 2050.

Les experts sont également favorables au renforcement des institutions nationales et internationales capables de résoudre les problèmes de la pêche continentale et d'aider à mieux intégrer la filière dans les programmes de développement mondiaux.

La reconnaissance de la valeur des connaissances locales et traditionnelles et le respect des cultures autochtones sont essentiels pour que cette intégration se fasse de manière durable.


De meilleures données pour de meilleures politiques

La plupart des activités de la pêche continentale étant à petite échelle, une grande partie n'est pas signalée et les données relatives à ce secteur sont incomplètes. De ce fait, la contribution de la pêche continentale aux décisions relatives à la gestion et au développement de l'eau est sous-évaluée.

D'ailleurs, la recherche suggère que les captures signalées dans les rivières ne représentent que 30 à 50 pour cent du butin que les pêcheurs ramènent à la maison.

Des données plus fournies et plus précises sur la contribution de la pêche continentale à la nutrition et à l'économie locale, ainsi que sur l'impact environnemental qu'elle subit du fait d'autres industries, permettraient aux décideurs de faire des choix plus stratégiques.


Un nouveau  partenariat

La conférence mondiale sur les pêches continentales était organisée conjointement par la FAO et l'Université d'Etat du Michigan (Etats-Unis). Les deux institutions ont signé un protocole d'entente sur un nouveau partenariat visant à rehausser le profil international des pêches continentales.

«La nutrition humaine, la durabilité de l'environnement et la prospérité des collectivités sont étroitement liées à la santé des pêches en eau douce à travers le monde», selon la Présidente de l'Université d'Etat du Michigan Lou Anna K. Simon.

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Le 4 octobre 2013

L’impact minoré du changement climatique sur l’extinction des poissons d’eau douce


Des chercheurs du laboratoire BOREA (CNRS / IRD / MNHN / UPMC)1, de l’Université Toulouse III - Paul Sabatier et de l’Université d’Utrecht (Pays-Bas) viennent de montrer que les extinctions actuelles des poissons d’eau douce dues aux pressions anthropiques seraient bien supérieures à celles générées par le changement climatique. Ces résultats, qui contrastent avec les précédentes estimations, sont publiés dans Journal of Applied Ecology.

Les modèles utilisés jusqu’à présent prévoient que la réduction de l’habitat de certaines espèces provoquée par le changement climatique serait l’une des causes majeures de leur extinction. Mais ces modèles négligent le facteur temps et ne précisent pas la date de réalisation des prédictions, élément pourtant essentiel pour déterminer les causes d’extinction d’une espèce2.

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Ces résultats montrent qu’à moyen terme, le changement climatique ne représenterait pas la principale menace sur la biodiversité des poissons. Les extinctions actuelles provoquées par la pollution, la dégradation de l’habitat, les introductions d’espèces ou encore la fragmentation liée aux barrages sont très largement supérieures à celles qui seraient dues au changement climatique. Les auteurs mettent en évidence la nécessité d’agir dès à présent pour préserver l’intégrité des cours d’eau. Ils incitent à concentrer les efforts de conservation sur les impacts actuels et directs des activités humaines, pour préserver plus efficacement les espèces de poissons d’eau douce.

Cliquer Ici pour le communiqué intégral du Cnrs 

Les poissons d’eau douce disparaissent moins à cause du climat que par la pollution et la transformation des rivières

Source : Reporterre d'après Museum national d’Histoire naturelle

A moyen terme, le changement climatique n’est pas la principale menace pour la biodiversité des poissons. Une étude scientifique montre que l’extinction des poissons d’eau douce est avant tout la conséquence des actions directes de l’homme (pollution, dégradation de l’habitat, fragmentation liée aux barrages), et qu’il faut agir dès maintenant si l’on veut préserver l’intégrité des cours d’eau.

Des chercheurs de l’Université Toulouse III [1] et de l’Université d’Utrecht (Pays-Bas) viennent de montrer que les extinctions actuelles des poissons d’eau douce dues aux pressions anthropiques seraient bien supérieures à celles générées par le changement climatique. Ces résultats, qui contrastent avec les précédentes estimations, sont publiés dans le Journal of Applied Ecology [2].

Les modèles utilisés jusqu’à présent prévoient que la réduction de l’habitat de certaines espèces provoquée par le changement climatique serait l’une des causes majeures de leur extinction. Mais ces modèles négligent le facteur temps et ne précisent pas la date de réalisation des prédictions, élément pourtant essentiel pour déterminer les causes d’extinction d’une espèce. Plusieurs décennies, voire plusieurs millénaires, peuvent en effet s’écouler avant l’extinction d’une espèce, celle-ci pouvant être due à d’autres facteurs que le changement climatique.

En intégrant cette dimension temporelle dans leur étude, une équipe internationale de chercheurs, dirigée par Thierry Oberdorff [3], vient de montrer que les effets du changement climatique n’augmenteront les taux d’extinction naturelle chez les poissons d’eau douce que très marginalement, excepté dans les régions semi-arides et méditerranéennes, de l’ordre de 7 % en moyenne.
Taux d’extinction 150 fois plus rapide que naturellement

Les taux d’extinction provoqués par les activités humaines au cours des deux derniers siècles sont quant à eux beaucoup plus préoccupants : en moyenne 150 fois plus importants que les taux d’extinction naturelle et 130 fois plus importants que les taux d’extinction prédits en fonction du changement climatique.

Dans cette étude, les chercheurs ont utilisé un modèle empirique associant taux d’extinction et réduction des surfaces en eau des bassins. L’analyse à l’échelle mondiale de 90 000 cours d’eau révèle qu’à l’horizon 2090, seulement 7 % d’entre eux auront diminué de surface du fait du changement climatique.

Dans les régions semi-arides et méditerranéennes (sud-ouest des Etats-Unis, Mexique, sud de l’Amérique Latine, nord-est du Brésil, extrêmes nord et sud de l’Afrique, Europe du Sud, Asie centrale et orientale, Australie), qui totalisent le plus grand nombre d’extinctions, ce même phénomène n’entraînera qu’une faible répercussion sur les taux d’extinction naturelle.

Ainsi, dans les 1010 rivières pour lesquelles la richesse en espèces est connue, les scientifiques prévoient l’extinction, en tout et pour tout, d’une à cinq espèces dans seulement une vingtaine de cours d’eau d’ici à 2090.

Ces résultats montrent qu’à moyen terme, le changement climatique ne représenterait pas la principale menace sur la biodiversité des poissons. Les extinctions actuelles provoquées par la pollution, la dégradation de l’habitat, les introductions d’espèces ou encore la fragmentation liée aux barrages sont très largement supérieures à celles qui seraient dues au changement climatique.

Les auteurs mettent en évidence la nécessité d’agir dès à présent pour préserver l’intégrité des cours d’eau. Ils incitent à concentrer les efforts de conservation sur les impacts actuels et directs des activités humaines, pour préserver plus efficacement les espèces de poissons d’eau douce.

Notes
[1] Laboratoire BOREA (Biologie des organismes et écosystèmes aquatiques)
[2] Tedesco, P.A, Oberdorff, T. et al., "A scenario for impacts of water availability loss due to climate change on riverine fish extinction rates" Journal of Applied Ecology, 50, 1105 (2013)

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Journée Internationale d'Action Pour Les Rivières

14 mars 2011 : 14e Journée internationale d'action pour les rivières !

Mobilisez les forces créatrices de notre mouvement collectif pour les rivières et les droits.

Le 14 mars 2011, joignez-vous aux communautés de partout dans le monde et faites partie de la 14e Journée internationale d'action contre les barrages et pour les rivières, l'eau et la vie. Laissez-vous inspirer pour réaliser votre propre action créative: exprimez votre amour pour les rivières au travers de la musique et de la danse, protestez contre les violations des droits humains à l'aide de la peinture et de la photographie, et faites appel à un meilleur modèle de gestion de l'eau et de l'énergie par la poésie et des mots.
Pour plus d’informations, cliquer Ici


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Intervention de l’Union Européenne dans la pêche continentale


Intervention de l’Europe dans la pêche continentale 

“Studies linked to the implementation of the European Fisheries Fund” 

EU intervention in inland fisheries

European commission / Directorate general for maritime affairs and fisheries EU wide report – final version

Un document de 132 pages avec pour objectifs :
- Définir la pêche continentale,
- Clarifier l’importance socio-économique de la pêche en eau douce,
- Identifier les actions qui pourraient bénéficier des fonds européens pour la pêche.

The goal of the survey was to determine the elements that will justify the added value of the Community intervention as regards Inland Fishing.

The main objectives of the survey were to:
- Provide a definition of inland fishing and evaluate its limits;
- Clarify the socio-economic importance of inland fishing;
- Define the framework of the Article 33 of the EFF;
- Identify the appropriate actions that should benefit from the EFF support.

The framework of this EU-wide report provides an integrated analysis of the definition and the socioeconomic importance of commercial inland fishing at the EU level.

The rationale of the analysis developed in each chapter is to highlight the differences and similarities between the MS and regions, regarding structures and needs of the sector, and to identify subsequent challenges and fields for EU intervention.

Pour télécharger le document, cliquer DGMARE




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Le 30 Janvier 2015

Connaissance des facteurs influençant la biodiversité des étangs piscicoles

D’essence artificielle, l’écosystème « étang » a été créé pour la production piscicole. Des générations de pisciculteurs se sont succédées pour entretenir ces étangs, en Brenne, en Sologne, en Dombes et ailleurs. Actuellement, les pisciculteurs sont les premières victimes de la richesse biologique de ces zones humides : Pisciculture en étang d'eau douce : la carpe ou le cormoran ?

Quand ils seront disparus, qui entretiendra ces zones humides afin que la biodiversité ne disparaisse ensuite ?


L'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) a publié une brochure de 62 pages présentant ses connaissances sur la biodiversité des étangs piscicoles, cumulées sur les 20 dernières années. Ces travaux s'inscrivent dans le cadre de ses missions de connaissance, de gestion de la faune sauvage et de ses habitats. En effet, pour l'ONCFS, les étangs ont un rôle stratégique en termes d'accueil de l'avifaune et de réservoirs de la biodiversité.

Le rapport "Connaissance des facteurs influençant la biodiversité des étangs piscicoles : quelques principes de gestion issus des travaux de l’ONCFS" présente les résultats des études menées par l’ONCFS et ses partenaires.

Les étangs par l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS)

En 2011, dans le cadre de son contrat d’objectifs, l’ONCFS a décidé de mettre en œuvre un pôle thématique interne sur les étangs. Son objectif est d’établir, par la recherche et l’expérimentation, des références techniques sur la gestion des étangs (génie écologique, gestion piscicole, etc.) qui ont ensuite vocation à être transférées auprès des gestionnaires et intégrés dans les politiques publiques.

La validation et la promotion des modes de gestion favorables à la biodiversité sont actuellement au cœur des projets du "Pôle étangs continentaux" dans plusieurs régions d’étangs piscicoles.


Connaissance des facteurs influençant la biodiversité des étangs piscicoles

Les complexes d’étangs piscicoles constituent des réservoirs majeurs de biodiversité en Europe. D’essence artificielle, l’écosystème « étang » a été créé pour la production piscicole.

De nombreux travaux ont été menés depuis une vingtaine d’années par l’ONCFS et ses partenaires, visant à définir, en concertation avec les gestionnaires, des modèles permettant de maintenir l’équilibre entre les activités humaines (pisciculture, chasse, agriculture) et la préservation de cet écosystème.

La gestion d’un écosystème aussi complexe que celui de l’étang piscicole suscite de nombreuses questions pour l’usager ou le propriétaire conscient de l’importance de prendre en compte les exigences de la biodiversité dans ses pratiques. Par exemple :
  • Quelle surface minimale doit avoir une roselière pour optimiser l’accueil des oiseaux d’eau ?
  • Jusqu’à quel seuil le chargement piscicole est-il compatible avec la biodiversité ?
  • Quelle serait la fréquence optimale d’assec pour le bon fonctionnement écologique de l’étang ?

Plusieurs documents pédagogiques existants rassemblent les connaissances acquises à l’usage des gestionnaires des étangs. Toutefois, ces divers documents n’intègrent pas les résultats des recherches conduites par l’ONCFS et ses partenaires dans plusieurs régions d’étangs et laisse en suspens un certain nombre de questions que peuvent se poser les gestionnaires confrontés à l’évolution actuelle des pratiques.

Il était donc nécessaire de réaliser une compilation des résultats d’études de l’ONCFS, avec un triple objectif :
  • rassembler et synthétiser les connaissances scientifiques et l’expérience acquises par l’ONCFS sur son cœur de métier « faune sauvage-habitat »,
  • proposer les grandes lignes d’orientations de gestion qui en résultent,
  • contribuer a l’identification des pistes de recherche et d’expérimentation prioritaires pour les prochaines années.

L'ONCFS présente les grands habitats des étangs : végétation aquatique, sédiment, vasières et habitats périphériques (prairie et champs). Le gros du document repose sur l'évaluation des conditions nécessaires à la présence et à la préservation des habitats de la faune et la flore de ces zones humides. Il s'agit notamment de la gestion de la végétation aquatique, de la pratique de l'assec, d'une herbivorie limitée, de la qualité physico-chimique du sédiment et de la transparence de l'eau favorable aux herbiers aquatiques, de la qualité de l'eau du bassin versant ou encore de l'agriculture riveraine.

L'ONCFS identifie également trois acteurs de la gestion des étangs : le pisciculteur, le chasseur et l'agriculteur. L'étang est pour le premier un outil de production, pour le second un support pour la chasse et un lieu de reproduction du gibier, et pour le dernier un lieu de production dans le cas de la culture du fond de l'étang en assec ou un débouché du fumier. L'office promulgue pour chacun des conseils spécifiques. D'après Actu-Environnement : Etang piscicole : l'ONCFS diffuse ses recommandations en matière de biodiversité


Cliquer Ici ou pour télécharger "Connaissance des facteurs influençant la biodiversité des étangs piscicoles : quelques principes de gestion issus des travaux de l’ONCFS"

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Revue de presse :

10 novembre 2010


Le Ministre de Commerce et de l’Industrie, Youssouf Abbassalla chargé de veiller à l’application des textes régulant les prix des denrées alimentaires sur les marchés a rencontré ce vendredi 06 novembre 2010, les acteurs impliqués dans la vente de poissons. Présente également à cette rencontre, la ministre de la micro finance et de la lutte contre la pauvreté Mme Fatimé Tchombi….

Les arguments des commerçants - Des fournisseurs en passant par les grossistes aux détaillants, ce sont les mêmes problèmes. Le poisson coûte cher parce que nos cours d’eau et même le Lac Tchad n’en fournissent pas assez. Aussi, le coup de transport du poisson du Lac Tchad jusqu’à N’Djaména et vers d’autres villes du Tchad est-il très élevé. A ces difficultés s’ajoutent, les multiples taxes. Un fournisseur a déclaré : « les pécheurs vendent aujourd’hui environ 35 Kg de poisson à 80.000 ou 100.000 Frs, le transport de ce même poids est de 2.500 Frs et à chaque poste de contrôle forestier, de la brigade ou de police les convoyeurs déboursent entre 3000 et 6000 Frs.» Pour ne pas courir le risque de perte, nous sommes obligés de vendre aux grossistes également cher, a-t-il ajouté.
Réponse du berger à la bergère, les femmes grossistes et détaillantes accusent les fournisseurs d’entretenir cette situation en exagérant les prix. C’est pour ne pas perdre qu’elles revendent également cher a indiqué l’une d’elles sous l’anonymat. Les vendeuses de poisson demandent au gouvernement de prendre des mesures adéquates. Car, la plupart d’entre elles sont veuves et c’est du revenu de ce commerce du poisson qu’elles vivent....

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Le 28 novembre 2010 : Lac d'Annecy en France


Un rapport confidentiel, produit par le Sila (syndicat mixte du lac d'Annecy), préconise de diminuer la pression globale de la pêche notamment sur le corégone et sur l'omble.Il dénonce les pratiques de la pêche amateur. Il préconise de revoir le nombre de jours de pêche, les quotas journaliers et le nombre ou la forme des hameçons. Un rapport qui pourrait bien raviver les tensions existantes entre les amateurs et la poignée de professionnels qui officient sur le lac. (Selon le rapport, la chute des ombles ne peut leur être imputée compte-tenu des méthodes qu'ils utilisent.)


La population de féra (corégone) du lac d’Annecy est en chute depuis dix ans, mais les pêcheurs amateurs (ici Guy Favre et Jean-Luc Gassmann, de Sevrier Loisir Pêche), ne veulent pas être considérés comme les seuls responsables du phénomène….

En bref... Amateurs ou pros?? : Plusieurs centaines de pêcheurs amateurs (à la ligne) et quatre professionnels (au filet) pêchent aujourd’hui en bateau dans le lac d’Annecy. En terme de nombre de féras (corégones) pêchées, le bilan est comparable. Les “pros” ont tendance à en prendre un peu plus, sauf années exceptionnelles (1999). Les amateurs pêchent par contre beaucoup plus d’ombles et de truites que les professionnels. Il y a dix ans, le nombre total de captures oscillait autour de 25?000 par an. Il est de 15?000 aujourd’hui.

La féra ou corégone est un salmonidé présent dans les lacs alpins? Il se reproduit naturellement dans le lac d’Annecy (pas d’alevinage) et se nourrit principalement de plancton.

La réglementation : La taille limite de capture pour la féra dans le lac d’Annecy est de 38 cm, dans la limite de 8 poissons par jour et 200 par an pour les amateurs qui doivent consigner chaque sortie et chaque prise dans un carnet. Les amateurs pêchent à la ligne (sonde ou traîne), les professionnels au filet flottant (“pic”?: 120 m de long, 14 de haut et maille de 60 mm) ou profond (“araignée”?: 80 m de long, 4 m de haut et maille de 30 ou 39 mm), posés le soir et relevés le matin......


Trois experts halieutiques suisses et allemands (MM. Roesch, Pattay et Mueller) se sont rendus à Annecy, les 18 et 19 novembre 2010, dans le cadre d’une mission d’expertise sur la pêche au lac d’Annecy, a-t-on appris par un communiqué de la préfecture de Haute-Savoie. Ils ont pris connaissance à cette occasion de l’ensemble des données techniques et scientifiques et ont pu en débattre avec les membres du comité scientifique halieutique du lac d’Annecy, qui regroupe des représentants de plusieurs organismes de recherche. Ces deux journées ont également été l’occasion de rencontrer les représentants des pêcheurs amateurs et professionnels. Leurs conclusions sont attendues pour le début du mois de décembre…

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Le 7 janvier 2011


Le comité de gestion du périmètre aquacole d'intérêt économique de Bagré a tenu le 27décembre 2010 à Tenkodogo, sa septième session ordinaire.Présidé par le gouverneur de la région du Centre-Est, Siméon Sawadogo en présence de son collègue de la région du Centre-Sud, Raymond Edouard Ouédraogo et de la directrice générale des ressources halieutiques, Kadiatou Kaboré, cette session a permis aux membres du comité d'examiner et d'adopter le rapport bilan des activités menées en 2009 par l'unité technique dudit périmètre, suivi d'un exposé sur le bilan des activités des unions des femmes transformatrices de poisson, des unions des pêcheurs et du comité de surveillance….

Au titre de l'année 2009, l'unité technique du périmètre aquacole d'intérêt économique de Bagré a délivré 628 titres d'exploitation de pêche toutes catégories confondues. L'ensemble de ces titres délivrés et des recettes ont rapporté au Trésor public une somme de 4 193 000 F CFA. La collecte des statistiques de capture initialement estimée à 1 500 tonnes de poisson par an. En 2009, les captures sont de l'ordre de 500 tonnes, ce qui correspond au tiers du potentiel exploitable.

C'est ainsi que face à la baisse de capture, une proposition pour la fermeture temporaire du lac à la pêche du 1er juillet au 15 août 2011 a été acceptée par l'ensemble des acteurs. Selon les techniciens, c'est pour permettre la reconstitution du potentiel halieutique.

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Quoi qu'en pensent les négationnistes du réchauffement climatique global actuellement en cours, la planète se réchauffe et, même s'il est impossible de déterminer la part anthropique, les activités humaines y contribuent et s'en trouvent également perturbées. Un des derniers exemples en date provient d'une étude de la NASA, menée sur la température de 167 lacs d'au moins 500 kilomètres carrés de surface et répartis sur l'ensemble de la planète. En moyenne, la température de ces grands lacs a augmenté en moyenne de 0,45°C par décennie depuis 25 ans….

Si ces valeurs peuvent sembler faibles, nombre d'écosystèmes présentent pourtant un impact déjà identifiable. C'est notamment le cas du Tanganyika, un des plus grands lacs du monde, qui a vu la température de ses eaux s'élever de 0,9°C au cours des dix dernières années. D'une surface légèrement supérieure à la Belgique, pour une profondeur maximale de 1433 m, ce géant voit en conséquence le brassage de ses eaux de surface, avec celles de profondeur, se ralentir, orientant son exceptionnelle production piscicole à la baisse, tandis que des algues nocives pour la faune s'y développent. Pascal Farcy

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Le 8 février 2011 : Quand surpêche, malnutrition...


Les riverains de l'Ouest du lac Kivu, condamnés à ne manger que des légumes depuis que les sambaza sont trop chers pour leur bourse, souffrent de malnutrition, surtout les enfants. Trop pêchés, malgré les interdictions, ces petits fretins sont devenus rares.

"La faim a élu domicile dans les familles du littoral ouest du lac Kivu", constate Jules Kanjira, coordonnateur d’Action pour la paix, l'éducation et le développement (APED). Les populations riveraines du lac de Kabare et de Kalehe (dans les environs de Bukavu au Sud-Kivu), incapables d'acheter de la viande ou du poisson devenus trop chers pour elles, s'étaient rabattues sur la consommation de petits fretins (sambaza) pour se procurer des protéines d'origine animale. Mais, depuis deux ans, la perturbation des saisons, le nombre incontrôlé de pêcheurs, le non-respect des périodes d'arrêt de pêche et l'usage de filets aux mailles trop serrées qui capturent d'énormes quantités d'alevins, ont diminué les prises de sambaza.

Pour décourager les pêcheurs récalcitrants "la division provinciale de l'Environnement a fait brûler une vingtaine de filets interdits", se félicite Symphorien Mwandulo, le président de la Coopérative des pêcheurs aux filets maillants (Copefima) au Sud-Kivu, tout en exprimant sa frustration. Car, derrière le dos des autorités, "des pêcheurs utilisent ces filets, avec la bénédiction de certains agents du service de l'environnement, pêche et forêt", dénonce-t-il.

Auparavant, les pêcheurs ramenaient en moyenne 5 kg de sambaza par sortie et par pirogue. Désormais, ils n'en prennent plus que 2 kg dans leurs filets, constate Symphorien Mwandulo. Une situation qui a conduit une majorité d'entre eux à fuir la côte ouest du lac. "Nous avons poussé jusqu'à Nkuvu, sur l'île Idjwi où la capture est encore passable", révèle Jules Barhebana, un pêcheur. D'autres se sont reconvertis en laboureurs en attendant que les choses s'améliorent.
Alimentation déséquilibrée

La rareté du fretin a modifié le circuit économique de certains insulaires et de riverains du lac Kivu. "Un tas de 30 petits sambaza coûte actuellement 3 000 Fc (3,4 $) deux fois plus qu'il y a deux mois", déplore Déo Muhindo, pêcheur au filet maillant depuis 12 ans. Du coup, les vendeuses s'approvisionnent en face, au Rwanda.....

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Le 13 juillet 2011


La surexploitation du fleuve Amou-Daria qui traverse l'Afghanistan, le Tadjikistan, l'Ouzbékistan et le Turkménistan, constitue une menace pour la sécurité de ces pays dont les populations souffrent de plus en plus de la raréfaction de ses eaux, a prévenu le 11 juillet l'ONU.

Dans un rapport intitulé "Environnement et sécurité dans le Bassin de l'Amou-Daria", le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) s'alarme de décennies de "surexploitation et de distribution inefficace" des eaux du fleuve, qui court sur quelque 2.500 km en Asie centrale.

Les raisons remontent il y a quelques décennies, avec le lancement de la culture massive de coton dans la région. Très consommatrice en eau, la culture du coton a également nécessité de nombreux produits chimiques (pesticides et fertilisants), polluant sols et rivières.

À cela se sont ajoutés des décennies d' "utilisation intensive" pour l'énergie hydraulique.

Ainsi, depuis sa source dans les montagnes du Pamir en Afghanistan et Tadjikistan, "la rivière est détournée de toutes parts pour irriguer champs et barrages", explique la responsable des programmes de l'initiative "Environnement et Sécurité" (ENVSEC), Laura Rio. "Et plus le fleuve va vers la mer (d'Aral où il se jette), plus il est détourné par des canaux", a-t-elle insisté expliquant qu'au final, "plus rien n'arrivait jusqu'à la mer" (d'Aral).

Résultat, non seulement la mer d'Aral a été divisée par dix entre 1988 et 2008, selon le PNUE, mais les pénuries en eau ne font que s'aggraver pour les populations qui autrefois vivaient de la pêche et souffrent désormais de ses problèmes de qualité, ayant des conséquences notables pour la santé. "Les gens vivent maintenant dans un désert alors qu'avant ils étaient des pêcheurs", a insisté Mme Rio. "C'est une situation très dramatique", a-t-elle souligné en estimant que l'état de la mer d'Aral est révélateur "de la maladie" de l'Amou-Daria.

De fait, selon Mme Rio, cette surexploitation et mauvaise distribution "pourraient constituer une menace sur la stabilité à long-terme" de la région. "Déjà en 1994, les recherches ont identifié le delta de l'Amou-Daria comme un point chaud pour l'environnement et la sécurité", a abondé le patron du PNUE, Achim Steiner, cité dans un communiqué….

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Le 17 novembre 2011

La sécurité alimentaire menacée dans des bassins d’Afrique


Changement climatique

Bien que l'Afrique ait réussi à éviter les conflits sur les cours d'eau partagés, elle aura besoin d’une diplomatie plus grande pour maintenir cette paix puisqu’une nouvelle étude indique que les changements climatiques auront une incidence sur la productivité alimentaire.

"Les changements climatiques introduisent un nouvel élément d'incertitude juste au moment où les gouvernements et les donateurs commencent à avoir des discussions plus ouvertes sur le partage des ressources en eau et à envisager des investissements à long terme pour renforcer la production alimentaire", a déclaré Alain Vidal, directeur du Programme de défi pour l'eau et l’alimentation (CPWF) du Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (CGIAR), à plus de 300 délégués participant au troisième Forum international sur l'eau et l'alimentation qui se tient à Pretoria, en Afrique du Sud, du 11 au 18 novembre.

Le GCIAR réunit les organisations de recherche agricole avec les donateurs.

"Pour éviter que cette incertitude sape les accords et engagements clé, les chercheurs doivent développer une base fiable pour des décisions, qui prenne en compte les effets variables des changements climatiques sur les bassins fluviaux".

Des scientifiques à ce forum mondial de l'eau ont ajouté que les changements climatiques augmenteront la pression de l'eau sur les bassins déjà sous pression du Limpopo, du Nil et de la Volta, dont dépendent plus de 300 millions de personnes.

Vidal a indiqué que de nouveaux aperçus sur l'effet des changements climatiques sur les bassins fluviaux demandent que l’on repense les hypothèses concernant la disponibilité de l’eau. Toutefois, un investissement dans la recherche, pour soutenir les politiques de l'eau adoptées avec prévoyance, donnera aux décideurs les informations dont ils ont besoin pour relever les défis introduits par les changements climatiques qui pourraient autrement entraver les accords et investissements dans la sécurité alimentaire, a-t-il expliqué.

Dans le cadre d'un projet de recherche mondiale sur cinq ans, des scientifiques, venus de plus de huit grandes institutions de recherche à travers le monde, ont examiné l’effet potentiel que les températures plus élevées et le changement des précipitations - causés par les changements climatiques - auraient sur les bassins fluviaux dans le monde en 2050. Les scientifiques du CPWF affirment que certains scénarios troublants ont émergé pour des parties de l'Afrique, particulièrement dans le bassin du Limpopo, en Afrique australe, qui abrite 14 millions de personnes.

(....)

Les résultats qui seront présentés à ce forum mondial indiquent que les changements climatiques pourraient également introduire des incertitudes dans la politique de l'eau du bassin du Nil. L'analyse du CPWF montre que des températures plus élevées - les températures devraient augmenter de deux à cinq degrés Celsius d'ici à 2050 - pourraient entraîner une augmentation de l'évaporation de l'eau et "réduire l’équilibre de l’eau du bassin du haut Nil bleu".

Busani Bafana Pretoria, Afrique du Sud, 17 novembre 2011 pour IPS

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Trois mois avant le début de la saison pluvieuse écoulée, Jacob Tumbulto, directeur par intérim de l’observatoire de l’Autorité du bassin de la Volta (VBA), et ses collègues des institutions sous régionales, avaient prédit lors d’une rencontre à Niamey une quantité d’eau légèrement au dessus de la moyenne dans le bassin de la Volta en prenant en compte la pluviométrie.

Mais dès le mois de juin, Tumbulto et ses collègues se sont ravisés et ont informé les pays du bassin de la Volta d’un changement notable dans les prévisions.

"Les prévisions ont changé rapidement car la quantité d’eau allait être en deçà de la normale", explique Tumbulto à IPS. Ils ont souhaité alors l’utilisation des variétés qui produisent à 90 jours ou 60 jours au lieu de 120 jours.

En effet, le barrage hydroélectrique de Bagré, dans l’est du Burkina, dont les vannes ont été ouvertes ces deux dernières années pour laisser l’excédent d’eau s’échapper vers le Ghana est à son plus bas niveau de remplissage de ces dix dernières années.

Le plus grand barrage du Burkina, celui de la Kompienga également construit sur la Volta, présente lui un déficit de 431 millions de mètres cubes, selon le ministère de l’Agriculture et de l’Hydraulique du Burkina.
"C’est la preuve que les changements climatiques que nous avons toujours évoqués sont à nos portes et cela signifie que pendant des années nous allons avoir très peu d’eau dans nos retenues", s’alarme Tumbulto. "Donc nous devons tout faire pour avoir davantage de retenues pour mobiliser les eaux pluviales, mais aussi aménager les vallées des fleuves afin qu’elles recueillent beaucoup d’eau qui peut être utilisée pendant la saison sèche."

Selon Tumbulto, plus de 80 pour cent des eaux qui tombent dans la région du bassin s’évaporent et selon les estimations, seulement 14 pour cent des eaux sont stockés.

L’eau s’évaporant dans la partie en amont du lac de la Volta représente dix fois celle utilisée dans tout le bassin de la Volta, indique en outre la VBA.

Le bassin couvre une superficie totale de 412.000 km² dont 85 pour cent se trouvent au Burkina et au Ghana, les 15 pour cent restants se trouvent entre les quatre autres pays que traverse le fleuve: le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Mali, et le Togo.

Environ 20 millions de personnes vivent dans ce bassin dont 70 pour cent habitent en milieu rural et dépendent des retenues d’eau pour la production agricole qui est essentiellement pluviale avec des précipitations variant entre 500 et 1.100 mm par an....

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Le 25 novembre 2011

Lac Édouard : de plus en plus de poissons pour les pêcheurs responsables


Les pêcheurs de l'est du lac Édouard, à l'extrême est de la RD Congo (zone sud-est sur la carte ci-dessous), pratiquent une pêche responsable qui a permis d'augmenter leurs prises. Mais ceux de l'ouest, soutenus par des groupes armés et militaires incontrôlés, continuent à frauder. Les patrouilles mises en place pour les en empêcher ont bien du mal à agir efficacement.



Si les efforts d'information et de lutte contre la pêche au filet à petites mailles par des patrouilles mixtes -gardes de l'ICCN (Institut congolais de conservation de la nature) et militaires FARDC –ont commencé à porter leurs fruits à l'est du lac, à l'ouest les pêcheurs résistent.


Les pêcheries illicites y sont encouragées par les groupes armés installés là - FDLR et Maï Maï - aux côtés de militaires incontrôlés. (....) Cette pêche incontrôlée a fait baisser les prises à Vitshumbi à l'est du lac : de 11.725 t de poissons en 1990 à 4 500 t en 2005. Depuis lors, grâce au suivi des méthodes de pêche, la situation s'est stabilisée.

Retour de l'abondance à l'est


Sur la côte est, le poisson est plus abondant. L'ambiance est d'ailleurs animée à la pêcherie de Vitshumbi quand les pêcheurs arrivent sous le vent matinal, certains grelottant de froid au milieu des cris des hippopotames, des clapotis des eaux du bord du lac. Hommes, femmes, enfants, jeunes et vieux se précipitent ainsi que des agents de l'agri pêche pour avoir des poissons. Chaque matin et début d’après-midi, les pirogues accostent.

Ici les pêcheurs respectent le code de la pêche et n'utilisent que des filets à larges mailles. Ils ne comprennent pas l'impunité dont semblent bénéficier ceux qui ne le font pas. "Nous déplorons cette discipline à double vitesse : on exige de nous de respecter les normes de la pêche, mais d'autres font du désordre. Ca nous décourage. L'autorité doit se manifester. Trop c'est trop !", se révolte un pêcheur. "Chaque fois qu'on arrête les pêcheurs illicites, quelques jours plus tard, on les voit libres !", déplore un autre en train de préparer ses filets.

Difficile travail des forces de l'ordre

Certains apprécient toutefois les mesures prises. "Pour moi, la patrouille mixte est une bonne chose. Si l'on parvient à arrêter la multiplicité des pêcheries illicites sur les côtes ouest du lac, on pourrait desservir toute la province du Nord Kivu en poissons", estime Paul Kasereka, un pêcheur. A l'ouest du lac, de nombreuses pirogues pêchent en effet sans discontinuer et viennent même vendre leurs prises aux habitants de l'est. Ces pêcheurs détruisent l'écosystème et pèsent sur la ressource en ne laissant pas le temps aux poissons de se reproduire. Ils prennent même à partie les associations qui luttent contre ces pratiques : "Ces hors la loi malmènent nos pêcheurs. Ils en ont déporté plusieurs fois vers l'ouest du lac Édouard et exigent ensuite que nous payions une rançon pour libérer nos collègues pris en otage", témoigne un membre de la Coopevi, la coopérative des pêcheurs de Vitshumbi.

Pourtant, plusieurs fois, des pêcheurs ont été arrêtés. "En juin dernier, nous avons réussi à mettre la main sur 50 pirogues illicites et des alevins. Dix sept sennes de plage (Ngurura), 380 filets à mailles prohibées et plusieurs nasses ont été détruits par nos services", indique Kasongo Simba, officier de pêche à l'Agri pêche. "Mais la justice a relâché les contrevenants, malgré l'effort périlleux que nous avions fourni", regrette-t-il. "En dépit de la complicité de certains militaires incontrôlés et de hors-la-loi qui ont squatté les côtes ouest, nous demandons que cette partie du lac Édouard soit libérée pour augmenter la ressource ce qui est possible si tout le monde respecte les normes de la pêche", conclut-il.

Quant aux revendeurs et consommateurs de Goma, Kiwanja et Kanyabayonga, ils apprécient déjà d'avoir du poisson frais, même si les quantités ne sont pas encore suffisantes, comme en témoigne un revendeur de Goma. 

Alain Wandimoyi (Syfia Grands-Lacs/Rd Congo)

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Le 13 septembre 2012

Afrique du Nord : l’extinction des poissons d’eau douce menace les activités halieutiques !

Assessment of the socio-economic value of freshwater species for the northern African region

IUCN avec l'appui financier de l’Agence Espagnole de Coopération Internationale pour le Développement (AECID)
Edited by Diego Juffe-Bignoli and William R.T. Darwall

Extinction des espèces d’eau douce : une double perte

Source : IUCN

C’est la première fois qu’une étude qui regroupe et intègre l’information sur la valeur socio-économique des espèces d’eau douce et leur menaces au nord de l’Afrique est effectuée.

Les écosystèmes d’eau douce au Nord de l’Afrique, comme cela est le cas dans d’autres parties du monde, abritent des espèces dont les retombées socio-économiques sont directes et importantes pour les communautés locales. En effet, les espèces d’eau douce sont bien souvent source de nourriture, de matériaux de construction, de matières premières pour l’artisanat et de médicaments. Cependant, les espèces d'eau douce d'Afrique du Nord sont également confrontées à l'un des plus hauts niveaux de menace en Afrique continentale, avec 28% de tous les poissons, mollusques, crabes, libellules, hippocampes, et plantes aquatiques menacés d’extinction.

Télécharger le rapport, cliquer IUCN

Les résultats de cette étude coordonnée par le Centre de Coopération pour la Méditerranée de l’UICN et supervisée par le Programme des Espèces de l'UICN, sont édifiants. La valeur socio-économique élevée des espèces d'eau douce est clairement démontrée, puisque qu’environ 46% des poissons et 28% des plantes sont utilisés d'une manière ou d'une autre par les populations. Malheureusement, les espèces d'eau douce qui constituent les écosystèmes des zones humides tendent à disparaître rapidement en raison de l'activité humaine, avec 25% de toutes les espèces utilisées en danger.

En ce qui concerne les poissons d'eau douce, au moins 378 000 personnes en Egypte dépendent directement des activités liées à la pêche et / ou à l'aquaculture en eau douce, une activité qui a généré 355,7 millions de dollars en 2009. Dans les pays du Maghreb, la pêche continentale et l'aquaculture sont moins importantes qu’en Egypte, mais constituent encore une contribution importante à la vie de milliers de personnes.

Plus du quart des espèces de plantes d’eau douce autochtones du Nord de l’Afrique sont utilisées directement par les habitants de la région, et plus de 20% de ces espèces utilisées sont menacées d’extinction à un niveau régional. Les montagnes du Rif et la côte méditerranéenne du Maroc, la zone de la région de Kroumirie en Algérie jusqu’à la région de Sejenane en Tunisie, ainsi que la zone du Delta du Nil abritent un grand nombre de plantes ayant une valeur socio-économique mais qui sont malheureusement menacées. Parmi les plantes inclues dans cette étude, 66% sont des parents sauvages des espèces cultivées («Crop Wild Relatives» ou CWR, en anglais), et dont la valeur est évidente, puisqu'elles fournissent le patrimoine génétique dont dépendent de nombreuses espèces cultivées.

L'objectif de cette étude est de relier les données de la Liste Rouge de l'UICN portant sur les risques d'extinction de 877 espèces d'Afrique du Nord, avec des informations sur la valeur socio-économique de ces espèces d'eau douce. Pour cela, 646 espèces ont été sélectionnées, dont les 128 poissons natives et 518 plantes aquatiques, en évaluant ainsi les niveaux de dépendance vis-à-vis des services dérivés des écosystèmes d'eau douce. Cela a permis l'identification des espèces qui sont menacées d'extinction et qui ont également une grande valeur socio-économique.

« Les espèces identifiées comme menacées et de grande valeur socio-économique devrait être une priorité lorsqu'il s'agit de promouvoir des initiatives de conservation visant à réduire au minimum ou atténuer les impacts sur leurs habitats, à travers des initiatives de gestion intégrée à l'échelle du bassin ou sous-bassin », affirme Diego Juffe-Bignoli de l’Unité de la Biodiversité d'Eau Douce du Programme des Espèces de l'UICN et coordinateur de la publication.

« Cette étude montre clairement les synergies entre les objectifs de conservation de la biodiversité et les objectifs pour la protection des moyens de subsistance durables basées sur l'utilisation des ressources naturelles », a déclaré William Darwall, directeur de l'Unité de la Biodiversité d'Eau Douce du Programme des Espèces de l'UICN.

« Les espèces et les écosystèmes doivent être protégés non seulement parce qu'ils sont utiles pour les humains, mais parce que la biodiversité soutient toute vie sur terre, y compris l'humanité », explique Catherine Numa du Programme de l'UICN des Espèces du Centre de Coopération pour la Méditerranée de l’UICN.

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Le 14 septembre 2012


Les Grands Lacs, présents sur les territoires américain et canadien, sont composés de cinq lacs : Supérieur, Michigan, Huron, Erié et Ontario. Ils occupent une superficie de plus de 240.000 km2 pour un volume d'eau douce de près de 23.000 km3 ce qui représente 18% des réserves d'eau douce mondiales. Ces lacs sont une véritable ressource aquacole mais représentent également d'importantes voies de communication fluviale.

Comme nous l'évoquions dans notre précédent communiqué en date du 7 septembre dernier, des chaleurs extrêmes, avec des températures supérieures à 100°F (soit 37,8°C), ont frappé les Etats-Unis durant cet été. Celles-ci ont entrainé de lourdes conséquences sur l'activité agricole mais devraient également en engendrer sur l'économie liée aux Grands Lacs.

La baisse du niveau des lacs et l'augmentation des températures

Le Service National Océanique (National Ocean Service), sous tutelle de l'Administration Nationale des Océans et de l'Atmosphère (National Oceanic and Atmospheric Administration) est en charge de la mesure et du contrôle du niveau des Grands Lacs sur le territoire américain au travers de 31 points de contrôle. Selon les projections des Ingénieurs de l'US Army (U.S. Army Corps of Engineers), les Grands Lacs, et notamment les lacs Huron et Michigan, devraient atteindre, d'ici le mois de novembre, le niveau le plus bas jamais atteint. Les précédents records de niveau atteints avaient été relevés en 1964 et 1965, avec un déficit de 42 cm en deçà du niveau annuel moyen qui est de 176 m au-dessus du niveau de la mer. D'après les derniers relevés, les lacs Huron et Michigan devraient perdre 61cm par rapport au niveau annuel moyen, le lac Supérieur 28 cm, et les lacs Erié et Ontario 20 cm. Les données indiquent une baisse notable, visible sur le graphique ci-dessous, des niveaux des eaux des lacs Michigan/Huron et Erié entre septembre 2011, septembre 2012, et les prévisions pour octobre 2012.

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Le 18 avril 2013

Soudan du Sud. Du matériel de pêche pour survivre...

Sud Soudan. Ces dernier mois, la violence a obligé des milliers d'habitants de zones reculées à abandonner leur foyer et leurs biens, et à renoncer aux activités qui assuraient leur survie. Le Comité International de la Croix Rouge (CICR) leur a récemment apporté une assistance vitale. Il a distribué du matériel de pêche aux personnes démunies parmi les communautés locales et les déplacés. Les équipements de pêche sont légers et facilement transportables, ce qui est un avantage lorsque les gens doivent se déplacer pour des raisons de sécurité.

Dans l'État du Jonglei, le CICR a distribué des kits de pêche pour venir en aide à 12 000 personnes démunies parmi les communautés locales et les déplacés à Pibor et à Gumuruk, les deux principales villes du comté de Pibor. Combinée aux inondations saisonnières, la violence armée a durement éprouvé les habitants de ces régions, qui dépendent aujourd'hui dans une large mesure de la pêche pour se nourrir. « L'accès aux terres agricoles a été considérablement entravé, tandis que la flambée des prix des denrées alimentaires a empêché les gens d'acheter ce dont ils avaient besoin pour survivre », précise encore M. Mabeck.

« Les bouleversements que cela suppose pour les personnes déplacées et pour les communautés locales qui les accueillent sont considérables, explique Melker Mabeck, chef de la délégation du CICR au Soudan du Sud. Se procurer de l'eau potable, des vivres ou un abri sont une véritable gageure dans des endroits où les biens de première nécessité sont déjà très rares en temps normal. »

Pénuries d'eau et de vivres dans d'autres régions. Les mauvaises récoltes, la pénurie de vivres et l'insécurité ont bouleversé l'existence de nombreuses communautés dans d'autres régions du Soudan du Sud, également. Sur la rive occidentale du Nil, au nord de Malakal, une région accessible principalement par bateau, le CICR procède actuellement à des distributions de secours en faveur de quelque 25 000 personnes. Cette assistance, dont le volume varie de famille en famille, comprend des vivres, des outils agricoles, des semences, des kits de pêche et des articles ménagers. « L'aide que nous fournissons aux agriculteurs arrive juste avant la saison des pluies, qui est aussi celle des semailles », relève Ana Gerlin Hernandez, coordonnatrice des activités d'assistance du CICR.

Les équipements de pêche sont légers et facilement transportables, ce qui est un avantage lorsque les gens doivent se déplacer pour des raisons de sécurité, ce qui a récemment été le cas pour beaucoup de personnes dans plusieurs région du Soudan du Sud. D'après l'agence de presse : Soudan du Sud : des dizaines de milliers de personnes subissent toujours les effets de la violence

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Le 4 octobre 2013

L’impact minoré du changement climatique sur l’extinction des poissons d’eau douce

Des chercheurs du laboratoire BOREA (CNRS / IRD / MNHN / UPMC)1, de l’Université Toulouse III - Paul Sabatier et de l’Université d’Utrecht (Pays-Bas) viennent de montrer que les extinctions actuelles des poissons d’eau douce dues aux pressions anthropiques seraient bien supérieures à celles générées par le changement climatique. Ces résultats, qui contrastent avec les précédentes estimations, sont publiés dans Journal of Applied Ecology.

Les modèles utilisés jusqu’à présent prévoient que la réduction de l’habitat de certaines espèces provoquée par le changement climatique serait l’une des causes majeures de leur extinction. Mais ces modèles négligent le facteur temps et ne précisent pas la date de réalisation des prédictions, élément pourtant essentiel pour déterminer les causes d’extinction d’une espèce2.

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Ces résultats montrent qu’à moyen terme, le changement climatique ne représenterait pas la principale menace sur la biodiversité des poissons. Les extinctions actuelles provoquées par la pollution, la dégradation de l’habitat, les introductions d’espèces ou encore la fragmentation liée aux barrages sont très largement supérieures à celles qui seraient dues au changement climatique. Les auteurs mettent en évidence la nécessité d’agir dès à présent pour préserver l’intégrité des cours d’eau. Ils incitent à concentrer les efforts de conservation sur les impacts actuels et directs des activités humaines, pour préserver plus efficacement les espèces de poissons d’eau douce.

Cliquer Ici pour le communiqué intégral du Cnrs 

Les poissons d’eau douce disparaissent moins à cause du climat que par la pollution et la transformation des rivières

Source : Reporterre d'après Museum national d’Histoire naturelle

A moyen terme, le changement climatique n’est pas la principale menace pour la biodiversité des poissons. Une étude scientifique montre que l’extinction des poissons d’eau douce est avant tout la conséquence des actions directes de l’homme (pollution, dégradation de l’habitat, fragmentation liée aux barrages), et qu’il faut agir dès maintenant si l’on veut préserver l’intégrité des cours d’eau.

Des chercheurs de l’Université Toulouse III [1] et de l’Université d’Utrecht (Pays-Bas) viennent de montrer que les extinctions actuelles des poissons d’eau douce dues aux pressions anthropiques seraient bien supérieures à celles générées par le changement climatique. Ces résultats, qui contrastent avec les précédentes estimations, sont publiés dans le Journal of Applied Ecology [2].

Les modèles utilisés jusqu’à présent prévoient que la réduction de l’habitat de certaines espèces provoquée par le changement climatique serait l’une des causes majeures de leur extinction. Mais ces modèles négligent le facteur temps et ne précisent pas la date de réalisation des prédictions, élément pourtant essentiel pour déterminer les causes d’extinction d’une espèce. Plusieurs décennies, voire plusieurs millénaires, peuvent en effet s’écouler avant l’extinction d’une espèce, celle-ci pouvant être due à d’autres facteurs que le changement climatique.

En intégrant cette dimension temporelle dans leur étude, une équipe internationale de chercheurs, dirigée par Thierry Oberdorff [3], vient de montrer que les effets du changement climatique n’augmenteront les taux d’extinction naturelle chez les poissons d’eau douce que très marginalement, excepté dans les régions semi-arides et méditerranéennes, de l’ordre de 7 % en moyenne.
Taux d’extinction 150 fois plus rapide que naturellement

Les taux d’extinction provoqués par les activités humaines au cours des deux derniers siècles sont quant à eux beaucoup plus préoccupants : en moyenne 150 fois plus importants que les taux d’extinction naturelle et 130 fois plus importants que les taux d’extinction prédits en fonction du changement climatique.

Dans cette étude, les chercheurs ont utilisé un modèle empirique associant taux d’extinction et réduction des surfaces en eau des bassins. L’analyse à l’échelle mondiale de 90 000 cours d’eau révèle qu’à l’horizon 2090, seulement 7 % d’entre eux auront diminué de surface du fait du changement climatique.

Dans les régions semi-arides et méditerranéennes (sud-ouest des Etats-Unis, Mexique, sud de l’Amérique Latine, nord-est du Brésil, extrêmes nord et sud de l’Afrique, Europe du Sud, Asie centrale et orientale, Australie), qui totalisent le plus grand nombre d’extinctions, ce même phénomène n’entraînera qu’une faible répercussion sur les taux d’extinction naturelle.

Ainsi, dans les 1010 rivières pour lesquelles la richesse en espèces est connue, les scientifiques prévoient l’extinction, en tout et pour tout, d’une à cinq espèces dans seulement une vingtaine de cours d’eau d’ici à 2090.

Ces résultats montrent qu’à moyen terme, le changement climatique ne représenterait pas la principale menace sur la biodiversité des poissons. Les extinctions actuelles provoquées par la pollution, la dégradation de l’habitat, les introductions d’espèces ou encore la fragmentation liée aux barrages sont très largement supérieures à celles qui seraient dues au changement climatique.

Les auteurs mettent en évidence la nécessité d’agir dès à présent pour préserver l’intégrité des cours d’eau. Ils incitent à concentrer les efforts de conservation sur les impacts actuels et directs des activités humaines, pour préserver plus efficacement les espèces de poissons d’eau douce.

Notes
[1] Laboratoire BOREA (Biologie des organismes et écosystèmes aquatiques)
[2] Tedesco, P.A, Oberdorff, T. et al., "A scenario for impacts of water availability loss due to climate change on riverine fish extinction rates" Journal of Applied Ecology, 50, 1105 (2013)

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2 commentaires:

Pier-Juan a dit…

Souvent dans nos esprits la pêche en eau intérieure est pensée seulement comme loisir, c'est une bonne idée de nous signaler qu'elle peut être aussi une "activité commerciale" ou du moins vivrière.

Alain Le Sann a dit…

merci de rappeler l'importance des pêches en eaux douces, comme enseignant de géographie, je rappelais toujours cette importance alors que les programmes n'évoquent ce sujet que sous l'angle étroit de la ressource en eau. Il faudrait vraiment changer cette approche trop marquée d'une vision de pays du Nord.

C'est toujours la question du lien entre la question environnementale et la question sociale. L'approche sociale passe trop souvent à la trappe.