lundi 20 avril 2009

"Save the Mekong", une coalition pour maintenir le fleuve en vie

Avez-vous entendu parler du Mékong ? Probablement, car c’est l’un des fleuves dans le monde le plus médiatisé « touristiquement », mais c’est aussi le fleuve du Panga dont les filets ont conquis la plupart des étals de nos pays.

Le Mékong est l’un des plus grands fleuves du monde ; il parcourt 4 350 km et draine un bassin de 795 000 km2. Aviva Imhof, de l’IRIN, en fait une belle description : « le fleuve Mékong est un kaléidoscope de cultures, de géographies et d’êtres vivants, animaux et végétaux. N’étant qu’un mince filet d’eau au Tibet, il prend bientôt de la vitesse et creuse des gorges magnifiques à travers la province de Yunnan en Chine, pour devenir ensuite ce qu’il est pendant le reste de son parcours : un fleuve sinueux, au cours rapide, qui constitue le cœur et l’âme de l’Asie continentale du Sud-Est ».

Le système du fleuve est aussi la base de la sécurité alimentaire régionale, puisque sa riche diversité biologique aquatique, que seule dépasse celle de l’Amazone, non seulement comprend des populations de poissons migrateurs et des espèces menacées mais constitue l’un des lieux de pêche continentaux les plus productifs du monde, surtout pour la pêche artisanale. En outre, les agriculteurs tirent profit de la culture du riz non irrigué et de la pêche de poissons d’eau douce. Ainsi, plus de soixante millions de paysans chinois, birmans, thaïlandais, laotiens, cambodgiens et vietnamiens qui habitent à côté et autour du Mékong en sont tributaires ; pour eux, l’eau est plus qu’une source de vie, elle est un mode de vie.

Or, faisant la sourde oreille aux avertissements et fermant les yeux aux dangers potentiels pour la richesse biologique et culturelle du fleuve et pour la survie des villages, les gouvernements du Cambodge, du Laos et de la Thaïlande prévoient de construire une série de onze grands barrages hydroélectriques dans la partie inférieure du Mékong. Leur intention est de répondre à la demande croissante d’électricité et même d’en exporter vers des villes éloignées. Les grands consortiums d’entreprises d’hydroélectricité doivent se frotter les mains devant la perspective des gros profits qu’ils obtiendront en remplaçant un « fleuve de vie » par une série de lacs artificiels industrialisés.

Les barrages mettent en péril non seulement les écosystèmes fluvial et forestier du système hydrographique du Mékong mais aussi la vie des millions de riverains qui en dépendent pour leur subsistance et leur sécurité alimentaire. Tous les projets de développement des ressources hydriques proposés pour le bassin du Mékong sont potentiellement nuisibles pour l’écologie. Les évaluations faites par le Centre de ressources du Mékong ont confirmé que les barrages menacent la viabilité et la durabilité futures de la pêche et des poissons du Mékong car ils vont empêcher la migration de ces derniers, dégrader l’habitat aquatique et perturber le régime du fleuve. Les recherches ont révélé aussi qu’il « n’existe aucune technologie efficace pour éviter l’effet barrière des barrages conventionnels sur les migrations de poissons » et que « le remplacement de cette ressource essentiellement gratuite par une autre source d’aliments, de revenus et d’emplois aurait un coût prohibitif. Il est donc clair que la conservation de la pêche est cruciale pour sauvegarder la sécurité alimentaire et la stabilité sociale ».

La génération d’énergie à grande échelle (pour qui et pour faire quoi ?) à un endroit lointain et son transport jusqu’au consommateur par des lignes de transmission de longue distance est un des problèmes fondamentaux.

En réponse, des organisations non gouvernementales, des habitants de la région, des universitaires, des journalistes, des artistes et des gens des pays du Mékong et de l’étranger, qui partagent les mêmes inquiétudes sur l’avenir du fleuve, se sont unis pour créer une coalition, ‘Save the Mekong’, dans le but de « protéger le fleuve, ses ressources et les moyens de vie de la population, et pour encourager les décideurs à adopter des moyens plus durables de satisfaire les besoins d’énergie et d’eau ».
Source : WRM - Mouvement Mondial pour les Forêts Tropicales

Pour plus d'informations sur la campagne : "Save the Mekong"
La coalition a créé un site internet, "Save the Mekong", et elle a organisé une campagne pour exhorter les Premiers ministres du Cambodge, du Laos, de la Thaïlande et du Vietnam à laisser le Mékong couler librement. En mars et en avril, les membres de la coalition vont collecter des cartes postales signées par des habitants de ces pays qui seraient affectés par les projets et par des personnes du monde entier. Ils vous invitent à soutenir cette campagne en ajoutant votre nom à la pétition en ligne (http://tinyurl.com/Save-the-Mekong) où on demande aux gouvernements de sauver le Mékong et de protéger les moyens d’existence de ceux qui en sont tributaires.

Pour aller plus loin....

29 juillet 2009 - Mékong : une étude intergouvernementale pour mesurer l’impact de barrages (TV5 Monde)
Un organe intergouvernemental régional, la Mekong River Commission (MRC), a annoncé vendredi avoir lancé une étude d’impact des nombreux projets de barrages sur le Mékong, qui menacent, selon les écologistes, l’une des biodiversités les plus riches du monde.
A l’heure actuelle, 11 projets de barrages sont à l’étude au Cambodge, au Laos et en Thaïlande... En amont, en Chine, où le fleuve prend sa source sur le plateau du Tibet, huit autres sont aussi planifiés ou existent déjà.
L’étude (...) doit aider les gouvernements du bassin du Mékong à décider, ou non, de mettre en oeuvre des plans qui affecteraient plus de 60 millions de personnes.
De l’énergie hydraulique est déjà produite sur des affluents du Mékong, mais "ce qui est nouveau, c’est l’intérêt du secteur privé pour le développement de projets" sur le fleuve lui-même...
L’étude se penchera sur les conséquences des projets de barrages sur la pêche, la migration des poissons, la biodiversité, le lit du fleuve, la qualité de l’eau ou encore la vie des populations locales.

Crédit photographique : Save the Mekong

Carte du Bassin du Mékong : Wikipedia

Revue de presse :

Le 5 novembre 2009 : document très complet sur la pêche dans le Mékong

Pour tout l'or du Mékong (Notre Planète)
A notre arrivée sur le Mékong il y a trois mois, nous savions vouloir travailler sur un des programmes menés par la Commission du Mékong ou MRC. Très vite, la pêche s'est imposée comme un sujet incontournable dans la région. En occident, nous imaginons souvent la pêche comme une activité de loisir avec des bottes et un ciré. Mais dans la région, ce domaine prend une toute autre ampleur, celle de la survie. Le bassin compte plus de 60 millions d'habitants dont les trois-quarts dépendent directement ou indirectement de cette ressource. Le poisson est la première source d'alimentation, le revenu du foyer et donc la base de la vie.

Tandis que les pêcheries d'eau douce mondiales rassemblent une production totale de 8 millions de tonnes, le Mékong à lui seul représente 2,6 millions de tonnes (données de la MRC), soit près de 30% des pêcheries fluviales au monde ! Lorsque l'on écoute les experts, on se rend rapidement compte que la quantité de poisson dans le principal fleuve du sud-est asiatique dépasse tout entendement : elle est si élevée qu'elle est presque incalculable et a longtemps été considérée comme inépuisable. Ainsi, de nombreuses mauvaises pratiques s'y sont développées : les pêcheurs se sont mis à employer des méthodes barbares comme la dynamite ou les électrochocs à l'aide de batteries de voitures ou à utiliser des filets à très petits maillages. Des espèces exotiques, comme la carpe indienne ou le tilapia nilotique, ont également été introduites qui ont contribué à détruire l'écosystème.

Le 15 novembre 2009

La biodiversité de la sous-région du Mékong, un trésor à protéger (Le Courrier Vn)
La sous-région du Mékong, englobant 6 pays (Chine, Myanmar, Thaïlande, Laos, Cambodge et Vietnam), est connue pour être un milieu abritant une biodiversité peu commune et l'une des dernières zones de biodiversité de la Terre. D'énormes efforts doivent y être déployés pour protéger l'écosystème, aussi la pêche et l'agriculture.

Mékong : un fleuve, lien des pays riverains (Le Courrier Vn)
Le Mékong, le 4e fleuve d'Asie et le 10e du monde par son débit, traverse 6 pays que sont la Chine, le Myanmar, la Thaïlande, le Laos, le Cambodge et le Vietnam. L'exploitation des ressources en eau du Mékong donne du fils à retordre aux pays riverains dont les intérêts ne convergent pas toujours et qui fond face à 2 questions incompatibles : développement socio-économique et protection environnementale.

4 janvier 2010

L'eau du Mékong coule de moins en moins en aval (Courrier du Vietnam)
Avant de se jeter dans la mer, le Mékong a formé une plaine fertile en aval. C'est le delta du Mékong du Vietnam, le plus important grenier à riz du pays, avec une production annuelle de 25 millions de tonnes, qui lui permet de non seulement satisfaire ses besoins domestiques, mais aussi d'en exporter.
Cependant, depuis une dizaine d'années, l'exploitation et l'utilisation inappropriées du cours d'eau du Mékong, dont la construction de barrages hydrauliques pour les réserves d'eau des pays riverains du Mékong, ont entraîné à l'heure actuelle une pénurie d'eau douce pendant la saison sèche, ce qui affecte gravement la production agricole et diminue considérablement les produits aquatiques. Durant la saison sèche, de janvier à avril, l'eau de mer envahit souvent profondément la terre ferme du delta du Mékong, causant de plus en plus de lourds dégâts à la riziculture et à l'aquaculture.....

Mékong : des efforts pour sauver un poisson menacé de disparition
Surnommé poisson roi par les pêcheurs vietnamiens pour sa grande taille (un individu pesant jusqu'à 100-200 kg) et sa chair délicieuse, le cá hô vit essentiellement dans le Vàm Nao, confluent du Tiên et du Hâu, 2 bras du Mékong, dans la province vietnamienne d'An Giang. Le lit du Vàm Nao, un petit cours d'eau, est truffé de profonds trous, lieu d'habitat de prédilection des cá hô vivant au fond de l'eau et provenant du Tonlé Sap cambodgien lors de la saison des crues.
Non seulement le ca hô, mais aussi le cá vô co (pangasius sanitwongsei), le cá trach lâu (mastacembelus favus), le cá trà noc (probarbus jullieni sauvage), cá suu (boesemania microlepis bleeker), le cá bông lau (pangasius krempfi fang & chaux), le cá vô dem (pangasius larnaudii bocourt), le cá leo (wallogo attu bloch & schneider), le cá chiên bac (bagarius yarrelli sykes)…, qui peuplaient jadis le Mékong qui arrose 6 pays, sont condamnés à la disparition en raison de la pollution de l'eau, du changement du débit et du courant du Mékong, leur habitat naturel. Depuis 10 ans, on n'arrive plus, ou presque, à pêcher de cá hô. Le dernier à avoir été capturé par un pêcheur de Cho Moi, province d'An Giang, remonte en 2004. Il pesait 153 kg. Nombreux sont les riverains pratiquant cette pêche qui ont dû se reconvertir, le Mékong ne leur donnant presque plus de cá hô.....

Le 26 mars 2010

Les Laotiens sont préoccupés par la baisse du Mékong (IPS)
Cette fois, ce n'est pas seulement les agriculteurs et les pêcheurs qui se plaignent du faible niveau du Mékong, l'élément vital pour l’Indochine. Au Laos par exemple, les villageois ne peuvent plus prendre une douche à n'importe quel moment du jour tandis qu’il n’y a plus non plus de brise fraîche qui arrive jusqu’aux rives de ce grand fleuve historique.
De nombreux habitants de Vientiane, la capitale du Laos, passent leur soirée dans l'un des nombreux restaurants le long du Mékong. Quand le soleil se couche, une brise arrive généralement pour offrir un petit rafraîchissement mais depuis peu il fait chaud partout quasi en permanence. «Depuis que l'eau a commencé à baisser de manière significative, elle est devenue insupportable", estime Packno, une étudiante en sciences de l'environnement.
Les citadins avaient déjà remarqué depuis février dernier que quelque chose n'allait pas. «Certains jours, on n’avait plus d’eau les matins ou les soirs dans les robinets », se souvient Somsin Thammachaleun, un DJ. "Le soir pour prendre une douche, j'ai dû attendre presque minuit. Maintenant, le gouvernement annonce avoir déployé plus de pompes et que l'arrivée d’eau va s’améliorer."

Espaces asséchés
Tous les pays en aval du Mékong ont connu des niveaux d'eau exceptionnellement bas ces dernières années. Les résidents du Laos au nord comme au sud, en milieu rural, se plaignent d’avoir moins de poissons et de cultures à cause de la baisse des eaux. Certains pêcheurs ont complètement abandonné leurs jardins potagers.
Le niveau d'eau dans le Mékong chute chaque année en pleine saison sèche. Avril et mai sont généralement considérés comme les mois de basses mers. Mais cette année, le débit de la rivière a commencé à chuter de façon inattendue beaucoup plus tôt, ce qui a surpris plusieurs. Du coup, le pays fait face à des péniches coincées par des espaces asséchés qui deviennent de plus en plus grands. Et autour des stations de pompages, il a fallu installer de nouveaux barrages pour maintenir les pompes en marche…..

Le 1 août 2010

Fleuve du Mékong : les poissons géants en danger (ANE)

Un tout nouveau rapport du WWF Mékong déclare que le fleuve du Mékong constitue l’habitat d’un grand nombre de poissons géants d’eau douce, parmi lesquels quatre des six plus grands et plus lourds du monde.

Le fleuve abriterait plus d’espèces de poisson géant que nul autre fleuve, notamment lesants du Mékong. Le record pour un animal d’eau douce est détenu par ce poisson-chat péché en 2005 dans le Mékong, qui pesait 293 kg. Il existe aussi la raie géante Himantura chaophraya dont un spécimen péché le 28 janvier 2009 dans le Mékong a été estimé entre 250 et 350 kg pour une longueur sans la queue de 2,01 sur 2,10 mètres.

Le poisson-chat géant du Mékong (Pangasianodon gigas) est une espèce de grand poisson-chat appartenant à la famille des pangasiidés d'eau douce. Il est le seul représentant de son genre, Pangasianodon. Ce poisson-chat détient le record mondial du plus grand poisson-chat jamais pêché en eau douce: 3m pour 300kg. Le poisson-chat géant du Mékong est l'espèce la plus grande et la plus rare d'Asie du sud-est. Endémique à la moitié inférieure de la rivière du Mékong, ce poisson-chat est en danger d'extinction à cause de la surpêche, ainsi que la diminution de la qualité de l'eau due au développement et des barrages à l'amont . La Liste rouge de l'UICN le recense comme une espèce de poisson en danger critique d'extinction, alors que le nombre de spécimens vivant dans la nature n'est pas connu. Les données relatives aux captures indiquent que la population a chuté de 80% au cours des 14 dernières années. Il est également inscrit à l'Annexe I de la CITES, stipulant l'interdiction de la commercialisation internationale de cette espèce. Dans la Anthropologists' Cookbook (1977) Jessica Kuper note l'importance de la pa Beuk pour le peuple lao et a fait remarquer: «Dans le passé, cet énorme poisson, qu'on trouve uniquement dans le Mékong, a été assez abondant, mais ces dernière années, le nombre de prises esttombé à quarante puis, trente puis vingt, et en 1976 peut-être encore moins. C'est triste car il s'agit d'un poisson noble et mystérieux, vénéré par les Lao."….

Le 10 août 2010

Les barrages toujours pas si propres (Jdle)

La construction de grands barrages continue de susciter bien des critiques, tant environnementales que sociales. La lutte contre les changements climatiques provoque, elle aussi, des dégâts collatéraux. Confrontés à une hausse de la demande d’électricité et à l’impérieuse nécessité de réduire leurs émissions de gaz carbonique, nombre d’Etats et de compagnies électriques renouent avec une technique décriée : les grands barrages. Depuis des décennies, les organisations de protection de l’environnement et des peuples indigènes rappellent les conséquences engendrées par la construction et l’exploitation de ces grands ouvrages. A commencer par la destruction de l’environnement. Les barrages hydroélectriques noient des surfaces, parfois considérables, de terres agricoles, de forêts ou d’espaces urbanisés. Des fleuves voient leur cours séculaires modifié, ce qui bouleverse des biotopes, parfois menacés. La mise en eau des réservoirs peut s’avérer « climatiquement » contre-productive. Souvent, la décomposition des végétaux noyés par la montée du niveau des eaux produit des volumes considérables de méthane, un gaz à effet de serre 25 fois plus puissant que le gaz carbonique.

A en croire Survival International, la construction de ces nouveaux barrages jetteraient sur les pistes près de 400.000 indigènes, au Brésil, en Ethiopie, en Malaisie. Au Brésil, où GDF Suez compte bien mettre en service en 2012 le barrage de Jirau (3.300 MW), bon nombre des Indiens risquant d’être déplacés n’ont jamais eu de contact avec le monde extérieur. Ce qui réduit leur possibilité d’adaptation dans un nouvel environnement. Ces problèmes ne concernent généralement pas les promoteurs. « Il y a une tendance endémique dans l’industrie des barrages à sous-estimer de manière significative le nombre de personnes concernées par ses projets », affirme l’ONG.

http://www.dams.org/report/contents.htm

http://assets.survivalinternational.org/documents/373/Serious_Damage_final.pdf

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Le 18 avril 2011

Le poisson-chat géant vit peut-être ses derniers jours dans le Mékong (7sur7)

Cette semaine, les yeux sont tournés vers le Laos où doit se prendre la décision finale concernant un projet de barrage qui mettra en danger l'un des plus gros poissons d'eau douce au monde. Les écologistes préviennent que ce barrage de 820m de long menace directement le poisson-chat, mais pour le gouvernement laotien, les avantages économiques l'emportent sur l'impact environnemental.

La Commission de la Rivière Mékong se rassemblera demain, à Vientiane, pour examiner le cas du barrage Xayaburi. Vendredi, ils donneront leurs recommandations finales aux quatre États membres: la Thaïlande, le Laos, le Cambodge et le Vietnam. Ce sera la plus grande décision jamais prise par cette commission, créée en 1995 pour protéger les ressources du plus grand fleuve d'Asie du Sud-Est.

Il semble cependant que la décision finale soit déjà prise: le barrage se fera et les relocalisations des habitants de la région auraient déjà débuté. "Cette Commission est une vaste blague. Un simulacre de consultation, la pire façon de procéder! Les autorités impliquées devraient avoir honte de tromper leur peuple de cette manière".

Forte possibilité de disparition

La Commission reconnaît bien qu'il y a une "forte possibilité" que le poisson-chat géant disparaisse et que la migration d'une centaine d'espèces soit menacée, mais rien qui ne puisse empêcher la construction du barrage... Les scientifiques et les groupes environnementaux se sont unis pour condamner le projet, sans effet pour le moment.

"Le WWF craint une répétition, à plus grande échelle, des dommages environnementaux du barrage sur la rivière Mun, en Thaïlande, un affluent-clé du Mékong". Celui-ci a eu un impact sur 85% des espèces de poissons présentes avant la construction du barrage, avec 56 espèces entièrement disparues et une baisse de population pour 169 autres espèces....

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Le 26 avril 2011

La Chine risque de provoquer des conflits en finançant des projets de barrage (ANE)

Si les projets de barrage que le pays mène dans son territoire sont déjà controversés, les projets hydroélectriques que la Chine finance à l’étranger le sont encore plus et pourraient bien déclencher de véritables guerres civiles.

Le soutien de la Chine à des projets très controversées de construction de barrages dans le monde risque de produire une réaction de la part des communautés affectées voire une explosion de violence à cause du manque de transparence et de l’indifférence du gouvernement aux souhaits des habitants, d’après ce que des militants ont déclaré mercredi.

Les compagnies et les banques chinoises sont de plus en plus impliquées dans de tels projets en Afrique et en Asie, et malgré le fait qu’elles prennent conscience du fait qu’elles doivent être plus transparentes et responsables dans leurs activités, cela est très rarement le cas, d’après ce que des militants ont indiqué. « Nous sommes consternés de constater l’imprudence des compagnies » a déclaré au Club de Correspondants Etrangers de la Chine, Peter Bosshard, directeur de politique pour le groupe International Rivers, basé en Californie.

« Il y a encore souvent un manque complet de transparence et de consultation, surtout avec les groupes de la société civile dans les pays d’accueil » a-t-il ajouté. Le gouvernement de la Chine affirme que les compagnies chinoises ayant des activités à l’étranger doivent se conformer aux lois nationales en vigueur et qu’elles doivent respecter les habitants et l’environnement du pays en question. D’après les groupes militant pour les droits de l’homme, ces principes sont largement ignorés.

A Myanmar, des compagnies chinoises construisent ou financent des projets de barrages particulièrement controversés, d’après Peter Bosshard. « Si de tels projets d’infrastructure sont développés, l’armée de Myanmar prendra le pouvoir et occupera les villages » a-t-il déclaré. « Il ne fait aucun doute que les populations indigènes sont très mécontentes de ces projets qu’elles considèrent comme une extension du pouvoir militaire à Burma, et que cela conduira à un conflit grave »….

1 commentaire:

Xavier a dit…

Bonjour,
merci pour ce doc intéressant

Je travail au Vietnam en tant que consultant en aquaculture durable...

c`est vrai que c`est tout a fait d`actualite ce sujet!

j`ai pas mal de doc sur le sujet (mekong et pollution, utilisation des eaux, etc) si le sujet vous interesse, n`hesite pas a me contacter

A+
Xavier