lundi 9 novembre 2009

Huître : 10% en 2009, puis 50% en 2010 et enfin 75% en 2011 ?

10%, 50% et 75%. C’est la chute prévisible des ventes d’huîtres pour les trois prochaines campagnes. Après deux années de mortalité massive de naissain, les ostréiculteurs français ne survivent maintenant que sur les stocks des années antérieures.

Un comité de survie de l’ostréiculture vient de se créer en Bretagne Sud. Des ostréiculteurs veulent savoir pourquoi leurs huîtres meurent massivement. Ils interrogent les Autorités dans un communiqué adressé à la presse : Cahier de Revendications.

Cahier de revendications pour connaitre la vérité

Ce courrier est destiné à faire prendre conscience aux pouvoirs publics de la gravité de la situation ostréicole en France.

La Section Régionale de la Conchyliculture a organisé, lundi 12 octobre 2009, une réunion d’information au sujet des mortalités 2009. Les professionnels, les centres de gestion et les banques qui ont trouvé le courage d’assister à cette réunion, celles et ceux qui pensent qu’il existe un espoir ont eu les jambes coupées.

Quels sont les constats :
  • Malgré la présence forte d’OSHV1 dans la quasi totalité des échantillons prélevés, personne n’est capable d’affirmer qu’elle est la cause des mortalités de naissains et autres classes d’âge.
  • Des quantités d’analyses ont été réalisées, tant publiques que privées, et aucune conclusion ne peut être tirée.
  • Seul, l’OSHV1 ne peut être tenu responsable des pertes, à ce jour.
  • Seule, la qualité du milieu ne peut être tenue responsable des pertes.
  • Seules, nos pratiques d’élevage ne peuvent être la cause des mortalités.
Sans jeter la pierre à qui que ce soit, les ostréiculteurs sont tous aujourd’hui dans le même bateau, un navire sans destination, sans avenir. Sauf miracle de la nature, le milieu et le produit étant atteints d’un mal inconnu, notre avenir est sans appel....

Qu’attend-on pour sauver l’ostréiculture ?

Parmi les dix principaux produits de la mer consommés en France, l’huître est le seul produit à couvrir les besoins nationaux, alors que les autres grèvent sérieusement la balance commerciale comme le saumon, la crevette, la saint-jacques, le cabillaud, le colin, la moule,... En termes d’emplois et de chiffre d’affaires, 10.000 personnes pour 300 millions d’euros CA, l’ostréiculture est de loin l’activité halieutique la plus importante dans l’hexagone. On peut dire que de nombreuses régions littorales sont structurées et même rythmées (par les marées) autour de cette activité.

Prendre exemple sur le saumon canadien

Suite à la disparition du saumon rouge cet été et sous la pression des pêcheurs, des associations environnementales et des Peuples Premiers regroupés au sein de la Coalition pour la survie de la pêche en Colombie-Britannique, le gouvernement fédéral canadien a nommé un juge pour mener une enquête judiciaire. Lire : Avis de recherche : Fraser attend toujours près de 9 millions de Sockeye

L'initiative du gouvernement qui a été annoncée le 5 novembre 2009 par le Premier ministre Stephen Harper, a été accueillie avec satisfaction par les professionnels de la pêche.

« C'est une très grande nouvelle », s'est réjoui dans une déclaration Phil Eidsvik, porte-parole de la Coalition pour la survie de la pêche en Colombie-Britannique. « Je ne connais aucun autre gouvernement au monde qui aurait lancé une enquête judiciaire pour examiner sa propre politique de pêche. La plupart des gouvernements, y compris tous les gouvernements canadiens précédents, ont tout fait pour dissimuler leur mauvaise gestion de la pêche », a-t-il dit.

« Cela évitera peut-être au saumon de Colombie-Britannique de connaître le sort de la morue de l'Atlantique », a ajouté M. Eidsvik. Le gouvernement canadien a interdit en 1992 la pêche à la morue sur sa façade atlantique après un effondrement des stocks consécutif à la surpêche.
Affaire à suivre….

Autres articles :

Photographie : coquilles d'huître sur un rocher (wikipedia)

Autres informations :

Livre blanc de la conchyliculture en Charente-Maritime
La conchyliculture française, surtout dans le domaine ostréicole, subit une crise majeure qui par certains aspects rappelle l'épizootie dramatique du début des années 70.
La section maritime de la Confédération paysanne de Charente-Maritime essaye dans ce document de lister tous les problèmes actuels de la production ostréicole, activité indispensable pour l'économie littorale, et de mettre en évidence les différentes solutions qui pourraient permettre la pérennité de l'ostréiculture en Poitou-Charentes..... Téléchargez le Livre Blanc ici.

IFREMER – Observatoire Conchylicole : Synthèse de la mortalité dans les différents sites d'observation au 31 octobre 2009

Résumé de la situation actuelle vue par l’Observatoire :
L'objectif de l'Observatoire Conchylicole est de pouvoir caractériser la dynamique spatio-temporelle des phénomènes de mortalités, afin de pouvoir en expliciter les causes. L'Observatoire n'a pas pour vocation de tester l'origine des différents cheptels utilisés.
L’épisode 2009 des mortalités d’huîtres creuses Crassostrea gigas , vu par l’Observatoire National Conchylicole, a démarré brutalement début mai en Méditerranée et a touché progressivement les autres bassins ostréicoles de la façade Atlantique en mai selon une progression du Sud vers le Nord. Courant juin, le phénomène est apparu en Manche (d’abord sur la Côte Ouest Cotentin, puis en Baie du Mont Saint Michel), puis fin juin - début juillet, les premières mortalités ont démarré en Baie des Veys et dans la région de Morlaix (sites plus frais). Enfin, à la mi-juillet, les mortalités ont démarré sur le dernier site épargné jusqu’alors : le site en eau profonde de la Baie de Quiberon.... Suite Ifremer

Ifremer : Bilan des « Journées Surmortalité des huîtres creuses, Crassostrea gigas » du Programme P7 « Aquaculture Durable » des 8 et 9 décembre 2009
Ce bilan comprend deux parties : la première est dédiée à une synthèse des travaux présentés lors des journées « Surmortalités des huîtres creuses, Crassostrea gigas » les 8 et 9 décembre 2009 et, la seconde partie, à une proposition d'un projet de recherche spécifique 2010-2012 en complément des propositions de « sortie de crise ».
Contexte
Les mortalités estivales de l'huître creuse, Crassostrea gigas, sont décrites depuis une vingtaine d'années en France mais également au Japon, en Corée, aux USA et en Australie. Ces phénomènes ou « syndrome des mortalités estivales » ont fait l'objet d'une étude pluridisciplinaire en France entre 2001 et 2006 (Défi MOREST). Toutefois, en 2008 et 2009, l'ostréiculture française a du faire face à deux épisodes de surmortalités particulièrement importantes (de 60 à 80%) des juvéniles d'huîtres creuses, C. gigas, qui d'une part, se distinguent des épisodes de mortalité étudiés au cours du défi MOREST (2001-2006) et, d'autre part, ne présentent pas entre eux les mêmes caractéristiques.

Bilan des « Journées Surmortalité des huîtres creuses, Crassostrea gigas » du Programme P7 « Aquaculture Durable » des 8 et 9 décembre 2009 (Ifremer - Janvier 2010)
Contributeurs : N. Cochennec-Laureau, J.P. Baud, E. Bedier, P. Boudry, A. Huvet, J.L. Nicolas, J.F. Pepin et B. Petton (Ifremer)

Le 10 décembre 2009

Les conchyliculteurs de la Confédération Paysanne reçus au Ministère

Le 2 décembre dernier, une délégation de conchyliculteurs charentais de la section maritime de la Confédération Paysanne 17, accompagnés de membres du secrétariat national de la Confédération Paysanne ont été reçus au ministère de l’agriculture par Monsieur Quimbert, conseiller technique pour l’aquaculture auprès du ministre de l’agriculture, et Madame Bigot directrice adjointe de la Direction des Pêches Maritimes et de l’Aquaculture.
• Les discussions ont permis de faire ressortir le lien entre les pratiques de transfert et l’extension géographique du phénomène et surtout de réaffirmer l’importance capitale de préserver la source d’approvisionnement de naissain naturel. En ce qui concerne la production de naissain d’écloserie (environ 30% des apports), nos interlocuteurs ont montré un vif intérêt à ce qu’on leur fasse remonter des propositions concrètes pour une meilleure transparence des pratiques des écloseries.
• Au sujet des indemnisations,….. Suite du Communiqué de presse

Compte-rendu de la rencontre du 16 novembre 2009 entre le Président du CNC et le Comité de Survie de l’Ostréiculture

Le Comité a exposé, au Président du CNC, sa vision de la situation actuelle et future que traverse la profession ostréicole. Ce constat, alarmiste, est validé par G. BREST.

G. BREST a fait le point sur les causes des mortalités, les aides en cours de validation, ainsi que les pistes de travail « produit » en cours d’élaboration. Ces points seront développés en annexe.

Le Comité constate que l’ensemble des aides proposées par l’état reste bien en dessous du besoin réel. En effet, la profession devra survivre plusieurs années en attendant le résultat des plans de sauvegarde étudiés en ce moment, si un jour un espoir se profile…

A ce jour, les revendications portées par le Comité n’ont pas été évoquées entre les représentants professionnels et l’Etat.

Le CNC et les SRC pourront le faire le 25 novembre prochain lors de la réunion avec le Ministre…. Suite du Compte-Rendu

Revue de Presse :

Le 19 décembre 2009 : Pourquoi des vols d'huîtres ?

Marennes-Oléron : Les derniers réveillons de l'huître creuse (Sud-Ouest)
Il manquera entre 50 % et 70 % d'huîtres sur le marché à partir de l'année prochaine, et les prix risquent de s'envoler. Dernier calme avant la tempête
Dans cette claire d'affinage, il bichonne ses plus belles huîtres. Calibre numéro 3, le plus recherché par le consommateur : coquille résistante et joliment coffrée, mollusque charnu, robe verdie dans le respect des standards de la marque Marennes-Oléron. Une huître creuse japonaise haut de gamme. Elle régalera durant les fêtes, puis, le moment venu, sera dirigée vers le concours général du Salon de l'agriculture, pour tenter d'épingler une nouvelle médaille au palmarès de cette entreprise ostréicole du Château-d'Oléron.

Dans la nuit de mardi à mercredi dernier, le rideau d'arbres qui abrite l'endroit a été percé. 800 kilos de ces pépites ont été volés, soit le tiers du contenu de la claire. Détail irritant, celui ou ceux qui ont commis ce délit ont pris tout leur temps pour vider une à une les 100 poches qui renfermaient ces fines de claire. Benoît Massé a porté plainte à la gendarmerie et analyse la situation : « Ce qui me fait peur, c'est que ce n'est qu'un début. Non pas que les ostréiculteurs soient voleurs par nature. Mais quand les banques ne suivent pas et que tes mômes ont faim... » Ainsi, dans l'esprit de ce jeune professionnel oléronnais, ce vol agirait comme un révélateur des difficultés que traverse actuellement l'ostréiculture. Si de belles claires bien garnies excitent la convoitise, c'est parce que ces fêtes de fin d'année seront bien les derniers réveillons de l'abondance ostréicole et des prix encore acceptables pour l'huître.....

Le 9 novembre 2009

Aquitaine. Mortalité inquiétante des jeunes huîtres (La Dépêche)
Rien ne va plus du côté des producteurs d'huîtres de Marennes-Oléron qui enchaînent ces jours-ci les réunions sur la mortalité des naissains et les conséquences de cette situation sur la profession : « Nous représentons avec le Bassin d'Arcachon le seul lieu de naissance naturelle d'huîtres en France. Sur notre seul secteur nous avons déjà perdu 38% des naissances de juillet dernier avec des pics sur les parcs installés plus au sud ». Ostréiculteur à Marennes et représentant de la profession auprès de la confédération paysanne Jacques Baron sort d'une réunion animée. Objectif : envisager les conséquences de cette mortalité sur la pérennité des entreprises : « La conséquence de cette situation est immédiate : 50% de tonnage en moins en 2010 au niveau national et 75% en 2011. Les petits peuvent sans doute résister encore un peu mais les plus grosses entreprises ne pourront maintenir leurs salariés… ». En attendant, les ostréiculteurs qui mettent tous leurs espoirs « dans la découverte de nouvelles espèces résistant mieux aux modifications du climat » lancent un cri d'alarme. Car pour nombre d'entre eux « le réchauffement des eaux est à l'origine de ces bouleversements ».

La mortalité des jeunes huîtres inquiète le secteur (Agro-alimentaire)
Les producteurs d'huîtres de Marennes-Oléron ont entamé une série de réunions sur la mortalité des naissains et les conséquences de cette situation sur la pérennité du secteur.
« Nous représentons avec le bassin d'Arcachon le seul lieu de naissance naturelle d'huîtres en France. Sur notre seul secteur nous avons déjà perdu 38% des naissances de juillet dernier avec des pics sur les parcs installés plus au sud », a rapporté Jacques Baron, ostréiculteur à Marennes et représentant de la profession auprès de la confédération paysanne.
Les premiers effets de la mortalité inexpliquée des jeunes huîtres se font déjà ressentir, tandis que les estimations prévoient une diminution de 50% de tonnage en 2010 au niveau national, et de 75% en 2011.

Un laboratoire à Noirmoutier pour sauver l’ostréiculture (Ouest France)
Stéphane Angeri et Jacques Sourbier coupent un ruban qui va peser dans l’avenir de la profession à la recherche d’une huître résistante.
Les locaux de la Sélection française de l’huître (SFC) ont été officiellement inaugurés à Noirmoutier-en-l’Île. Ce laboratoire permettra de sélectionner des souches d’huîtres plus résistantes.
Il est né grâce à 4 des 8 écloseries que compte la France, regroupées pour créer la SFC.

Ces quatre « mousquetaires » sont trois écloseurs vendéens (Vendée Naissain, France Turbot, Sodabo) et un écloseur normand (Satmar, dans la Manche). L’enjeu de cette mission de longue haleine représente un investissement de 3 millions d’euros sur 5 ans, avec l’embauche d’un biologiste.
But de la SFC : effectuer un travail de sélection à partir de 480 familles d’huîtres issues du milieu sauvage. Ces familles feront un naissain qui sera répertorié et remis en mer pour suivi de comportement. Le biologiste recruté sera alors épaulé par le Sysaaf (Syndicat avicole et aquacole de sélection), organisme référent qui établira un nouveau plan de sélection. Et d’ici 4 à 5 ans, en trois générations, une huître aux « caractères de survie » devrait voir le jour. « Cette sélection n’est pas simple à mettre en route. Car il nous faut éviter la consanguinité en respectant la variabilité génétique », prévient Stéphane Angeri, président de SFC.
Il faut noter que le président de la section d’Arcachon et le vice-président de la section de Marennes-Oléron étaient présents à cette inauguration. Ainsi que Jacques Sourbier, président de la section Vendée-Atlantique qui devait se réjouir que la profession « s’engage fortement dans cette volonté de sélection génétique. Mais elle nécessite un certain temps et nous devons faire face au très court terme de ces trois années à venir ». Philippe GILBERT.

Le 17 novembre 2009

L'huître creuse, espèce en danger ? (Ouest France)
L'ostréiculture française est affaiblie depuis une dizaine d'années par les mortalités estivales des jeunes huîtres japonaises sur le littoral atlantique. Depuis 2008, une recrudescence des mortalités du naissain a été observée sur l'ensemble des sites de production et fait craindre une fragilisation préoccupante de cette espèce.
Face à ce problème, comment s'organisent les professionnels de l'ostréiculture, quelles sont les perspectives ? Jean-Pierre Baud, biologiste de la qualité des procédés aquacoles à l'Ifremer Nantes, responsable du programme national Ifremer « Aquaculture durable » et Alain Dréano, secrétaire général de la section régionale conchylicole de Bretagne Sud sont les invités des Mardis de La Thalassa.

Réponse dans le Télégramme :

Mortalité des huîtres. L'un des facteurs : un virus (Le Télégramme)
Un virus mutant a été identifié dans les lots d'huîtres victimes de mortalité massive. C'est un facteur.Il n'est pas le seul. Une solution : trouver des huîtres résistantes.
Le promeneur du dimanche peut le constater facilement. Les huîtres sauvages se développent massivement sur les rochers. La rade de Lorient en est un bon exemple. Dans le même temps, les ostréiculteurs observent une mortalité exceptionnelle de leur cheptel, deux années de suite.
2.000 emplois concernés
Paradoxe? Certainement, mais l'ostréiculture, activité économique qui emploie plus de 2.000 salariés en Bretagne-Sud, est très inquiète. Au début de l'année prochaine, la faiblesse des stocks risque d'abattre certains chantiers. 50% sont déjà fragilisés. 23% des exploitations sont déjà en grande difficulté. Pourquoi cette mortalité de jeunes huîtres? Quelles solutions possibles? Mardi soir, à la Thalassa, à Lorient, Jean-Pierre Baud, biologiste de l'Ifremer spécialisé dans l'aquaculture, a présenté les travaux des scientifiques.
Plusieurs facteurs…..

Le 1 décembre 2009

L'ostréiculture en danger cherche des solutions (Les échos)
Introduite en France au début des années 1970 pour remplacer sa cousine portugaise, l'huître creuse dite japonaise subit depuis deux ans de fortes mortalités. La profession redoute une nouvelle épizootie.
Comme en 2008, des mortalités massives de naissains et jeunes huîtres ont touché au printemps 2009 l'ensemble des bassins ostréicoles français. En quelques semaines, un phénomène d'une grande ampleur et d'une impressionnante virulence a détruit 60 % à 100 % des lots de jeunes Crassostrea gigas, l'huître creuse qui peuple plus de 90 % des parcs français.

Après deux épisodes mortifères, la profession, à genoux économiquement, sait déjà qu'elle ne pourra proposer en 2010 et 2011 qu'un volume restreint d'huîtres sur le marché. Trois ans sont en effet nécessaires pour produire une huître de taille commercialisable. Les perspectives d'avenir ne sont pas rassurantes pour les ostréiculteurs qui peinent déjà à surmonter leurs problèmes de trésorerie afin de regarnir leurs parcs. La profession se montre d'autant plus désemparée que les explications des mortalités sont complexes et que l'origine du phénomène n'est pas encore élucidée par les chercheurs.

Hypothèse multifactorielle
« Nous avons beaucoup de suspects mais peu de coupables », résume ainsi Jean Prou, chef de la station Ifremer de La Tremblade. L'hypothèse multifactorielle, déjà étudiée lors du programme Morest sur les mortalités estivales de 2001 à 2006, reste l'explication privilégiée des spécialistes. De juin à septembre, l'huître, coquillage hermaphrodite cyclique, est en plein effort de reproduction et relâche dans le milieu des milliards de larves qui se fixeront sur les collecteurs. L'élévation de la température de l'eau, combinée à d'autres facteurs de risque (pluviométrie abondante, bloom phytoplanctonique…), participe alors au stress du bivalve qui succombe ensuite à un virus opportuniste tel que le OsHV-1. « Nous en savons beaucoup plus notamment sur la transmission horizontale du virus de l'huître contaminée vers l'huître saine , précise Jean Prou. La courantologie et les transferts de cheptels expliquent aussi la rapidité à laquelle le virus se propage. » La science avance donc, même si elle ne peut apporter de remède à l'heure actuelle.

Des remises en cause....

Le 18 décembre 2009

Y aura-t-il encore des huîtres à Noël 2010 ? (Les Echos)
Après les problèmes récurrents de toxicité supposée qui ont frappé les parcs ostréicoles du bassin d'Arcachon, une crise bien plus grave se profile pour la profession. De la Méditerranée à la mer du Nord, une mortalité sans précédent frappe les jeunes huîtres. Si, cette saison, la production sera bien au rendez-vous, l‘année prochaine risque d'être placée sous le signe de la pénurie.

Des causes mal identifiées
De la Méditerranée jusqu'en mer du Nord et dans le reste de l'Europe, la totalité de la production d'huîtres creuses est gravement touchée depuis l'été 2008. « Le phénomène n'est pas nouveau. Cela fait des années que le naissain (les larves d'huîtres) est fragile sans que l'on ait défini les causes exactes du problème. Mais celui-ci a pris une ampleur catastrophique depuis deux ans », explique Goulven Brest, président du Comité national de la conchyliculture. « Désormais, le taux de mortalité des juvéniles atteint 70 % », poursuit ce responsable professionnel, ostréiculteur en baie de Morlaix. Un « pépin » confirmé par les chercheurs de l'Ifremer. « Cela fait une dizaine d'années que l'on travaille sur l'huître. L'Ostreid Herpès virus (OsHV), spécifique à l'huître, a été identifié dès 1992. Mais il n'est pas seul en cause. Le phénomène est multifactoriel, d'où la difficulté de trouver une solution », explique Maurice Heral, directeur de la prospective et de la stratégie à l'institut. Les scientifiques ont identifié près de 70 facteurs, à l'origine de cette mortalité, dont la présence du virus OsHV-1, le réchauffement de l'eau et les hivers trop doux.

« Chez nous, 80 % du cheptel juvénile est mort entre mi-juin et mi-août 2008 et, cet été, c'était à peine moins », confirme Marc Vivier, qui note que l'hécatombe a aussi « touché 40 % des huîtres de dix-huit mois ». Pour compenser la mortalité de l'année, il a racheté du naissain naturel à raison de 12 euros pour 1.000 bébés huîtres. « Comme une partie de ces nouvelles juvéniles meurent aussi, ce n'est pas une solution. Et cela double nos investissements. » Même avec les aides gouvernementales, pour une exploitation qui réalise un chiffre d'affaires de 1,1 million d'euros avec une dizaine de salariés, il est difficile de faire face à ce genre d'aléa financier.

La cinquantaine de chercheurs de l'Ifremer qui travaillent sur le dossier propose à la filière, dès 2010, de nouvelles souches résistantes, les triploïdes (dotées de 10 triplets de chromosomes, au lieu de 10 paires comme les huîtres non modifiées). « C'est un choix fondamental pour la profession, car ces huîtres sont stériles, ce qui contraindra les ostréiculteurs à renoncer à collecter du naissain naturel. Ils feront comme les agriculteurs qui, chaque année, achètent leurs semences », admet Maurice Heral.
Dans l'immédiat, bien que cette mortalité touche l'ensemble des producteurs, elle n'aura pas d'incidence sur l'offre de produits de l'Atlantique pour les fêtes de Noël, compte tenu du cycle de production des bivalves. Ce mollusque est en effet vendu dans sa troisième année d'élevage. « Pour la fin de l'année, on a les quantités et la qualité. Les huîtres sont excellentes. Mais, l'an prochain, ce sera autre chose. Les consommateurs se battront pour en trouver », prédit Younick Vallégant, producteur d'huîtres en eau profonde dans le golfe du Morbihan.... Texte Intégral sur les Echos

Le 20 décembre 2009

Sélection génétique - L'huître de la reconquête (Sud-Ouest)
L'huître qui résisterait à l'herpèsvirus ne sera pas disponible avant 2015
Les chercheurs de l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer) ont identifié près de 70 facteurs à l'origine de la mortalité des jeunes huîtres. Parmi lesquels l'herpèsvirus. Le consommateur ne semble pas avoir encore pris conscience de la gravité de la situation. Pourtant, si les huîtres creuses sont encore présentes sur les tables des fêtes, cette année, elles n'en seront probablement plus les reines dès l'an prochain.

« Les situations sont encore disparates », estime Jacques Baron. L'ostréiculteur marennais, membre de la Confédération paysanne, produit 20 tonnes par an. Petite cabane, réseau de distribution court. « Mais, quelle que soit la taille de notre établissement, nous sommes tous d'accord pour dire que nous passons ces fêtes et qu'après, il n'y aura plus d'huître de taille marchande. » La question de la survie des entreprises est directement posée. Jacques Baron a entendu un expert-comptable, spécialiste des établissements conchylicoles charentais, énoncer ce cas d'école : « Un couple produit 44 tonnes d'huîtres sur 3 hectares de parcs. L'entreprise type. Une année de production normale, elle dégage un bénéfice avant impôt. Si la production chute de seulement 16 %, ce résultat financier devient négatif. » Or la baisse de volume annoncée est d'une tout autre échelle : - 50 % l'année prochaine, - 70 % en 2011. Les repères sont posés.

Le 15 mars 2010

Ostréiculture : 2010 ne sera pas mieux (Ouest France)
Les jeunes huîtres meurent en masse depuis 2008. L'année 2010 ne s'annonce pas mieux avec des contrats de travail non renouvelés, une mortalité probable et des questions toujours sans réponses.
L'emploi souffre. La section régionale conchylicole a envoyé un questionnaire aux employeurs pour évaluer les conséquences de la mortalité massive des jeunes huîtres sur l'emploi. Le résultat est attendu courant mars. « Nous rentrons dans le dur, assure Joseph Costard, président de la section. L'emploi saisonnier a été faible en 2009. Des CDD n'ont pas été renouvelés. Nous voulons éviter les licenciements. Mais du chômage partiel est envisagé. »
Mortalité prévisible en 2010. La perspective ne fait guère de doute pour Joseph Costard : « Vraisemblablement, nous aurons de la mortalité cet été. Tous les signes vont dans le même sens. » Et notamment une plus forte présence de l'agent pathogène dans les poches témoins par rapport à 2009. « L'enjeu est de gagner 10 % de survie. » Les professionnels déplorent la lenteur de la recherche. « Tout et son contraire a été dit. Mais rien n'a été trouvé ! »
Jeunes ostréiculteurs. Ce sont les plus fragiles. « Mes parents paient mes emprunts », témoigne un jeune ostréiculteur. « Quand tout allait bien, les concessions se vendaient cher », observe l'un de ses aînés. Pour Joseph Costard, « nous sommes tous responsables : la profession bien sûr, mais aussi les centres de gestion, les comptables, les banques... »
Pas d'immersion l'été. Les préfets de la Manche et du Calvados ont pris un arrêté interdisant l'immersion d'huîtres juvéniles dans les parcs du 1er mai au 31 août, pour « éviter d'alimenter la mortalité. C'est une proposition de la section régionale et d'Ifremer, propre à la Normandie, explique le président. Je compte sur l'auto-discipline. Cela soulève des oppositions mais la proposition a été validée par la base. On revient aux mois sans « R », dont les anciens disaient qu'ils étaient à risques... »
Jachère. L'idée de mettre en jachère des parcs ostréicoles a été lancée au niveau national, avec une indemnisation à la clef. Reste à la mettre en pratique. « On essaie d'expliquer la méthode mais je ne sais pas si ce sera possible, reconnaît Joseph Costard. On s'entend dire partout qu'il n'y a pas d'argent. »Élections....

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