samedi 21 avril 2012

Parc naturel marin d'Iroise : Cap sur la pêche et l’aquaculture !

Le parc naturel marin d'Iroise mise sur la pêche et l’aquaculture !

Au moment où le décret de création du parc national des Calanques signe l’arrêt de mort de la pêche artisanale aux portes de Marseille, le parc naturel marin d’Iroise lance un appel à projets pour dynamiser la pêche et l’aquaculture dans les îles finistériennes localisées au cœur de la plus vaste aire marine protégée de l’hexagone.

Sont-ils devenus fous ces bretons qui veulent laisser se saccager falaises, plages et fonds marins, au seul profit d’une activité de pêche qui n’a plus d’avenir ? Activité de cueillette d’un autre âge vouée à disparaitre !

Relancer la pêche et l’aquaculture dans le parc naturel marin d’Iroise, cela revient à mettre un renard dans le poulailler !

L’avenir, c’est la biodiversité, les paysages, les énergies renouvelables, la croissance bleue…
A coup de "biodiversité", de "chalut", de "surpêche", les organisations internationales et/ou environnementales ont réussi à discréditer les activités halieutiques au seul profit des activités touristiques (par ailleurs beaucoup plus destructrices et surtout très déstructurantes vis-à-vis de l'aménagement d'un territoire).

Le Finistère avec ses îles pourvoyeuses en marins au long cours, a vécu de plein fouet la globalisation des transports maritimes en jetant de nombreux insulaires sur les hauts-fonds du chômage… Miser sur le tourisme… Le Finistère a de sérieux atouts avec ses îles sauvages dans le prolongement de ses caps rocheux…. Mais, le premier département halieutique de l’hexagone, représenté tout particulièrement par les pêcheries de son pays bigouden et sa rade de Brest, et par la conchyliculture de l'Aven belon, des pays de Morlaix et des Abers, veut conserver ce leadership. Le Finistère ne renie pas ses activités ancestrales et garde le cap halieutique…

Activité de pêche diversifiée et particulièrement structurante pour le territoire…

Créé en 2007, le Parc naturel marin d’Iroise protège 3500 km² d’espace marin sur un périmètre qui s’étend du sud de l’île de Sein au nord d’Ouessant et atteint, au large, les limites des eaux territoriales françaises. Le Parc a pour finalités de mieux connaitre le milieu marin, de le protéger et de développer durablement les activités dépendantes de la mer.

La mer d’Iroise présente une formidable richesse en ressources halieutiques, caractéristique qui a soutenu le développement d’une activité de pêche diversifiée et particulièrement structurante pour le territoire. Conscient de l’importance de maintenir un équilibre entre un bon état des ressources et la pérennité des activités économiques qui se développent en son sein, et particulièrement sur les îles où les contraintes d’exploitation se trouvent accrues, le Parc naturel marin d’Iroise s’est doté d’un plan de gestion qui intègre à la fois le soutien à la pêche côtière professionnelle, le soutien aux activités sur les îles et l’exploitation durable des ressources halieutiques.

Dans cette optique, le Conseil de gestion a décidé de lancer un appel à projets qui permettrait d’encourager l’esprit entrepreneurial en milieu insulaire dans le respect des principes du développement durable. Cette démarche rejoint l’Axe 2 du Plan d’engagement avec les îles finistériennes du Conseil général dont le deuxième enjeu consiste à conforter l’activité économique sur les îles.

Appel à projets 2012 : Pêche et Aquaculture

Dans le cadre du programme d’actions 2012, le conseil de gestion du Parc naturel marin d’Iroise a souhaité encourager les porteurs de projets dans le secteur de la pêche ou de l’aquaculture en milieu insulaire.

L’appel à projets « Développement de l’activité économique liée à la pêche ou l’aquaculture sur les îles» s’adresse aux professionnels de la pêche et de l’aquaculture désirant se lancer dans une activité d’exploitation de ressources halieutiques, une activité de récolte d’algues de rive, une activité aquacole ou consolider/diversifier leur activité existante en lien avec une île située dans le PNMI. Pour plus d’informations sur le dossier d'inscription, cliquer PNMI

Autres articles :


Pour aller plus loin....

30 ans que le Parc Marin donne la pêche à la Côte Bleue !


Le Parc Marin de la Côte Bleue fête ses 30 ans cette année. Cette réserve qui s'étend sur 25 km entre le golfe de Fos et la rade de Marseille allie un écosystème riche, des activités humaines tournées vers la mer tout en collaborant avec les pêcheurs pro.

Source : Maritima.info par  C. Pietri le 10 septembre 2013

La réserve de Carry le Rouet a bien grandi depuis 30 ans. Créée sur proposition du Conseil Régional Provence-Alpes-Côte d'Azur avec les communes de Sausset-les-Pins, Carry-le-Rouet, Ensuès-la Redonne, le Rove et avec le soutien du Conseil Général des Bouches-du-Rhône, elle s'est étendue en 1993 à la commune de Martigues en permettant la création, 3 ans plus tard, de la réserve du Cap Couronne.

L'objectif reste depuis l'origine la protection du milieu marin allié à des programmes d'éducation des scolaires grâce aux classes de mer notamment. Frédéric Bachet est fier de la réussite de cet outil : "Ce qui était une expérience a pris corps avec le temps, avec la participation des communes et l'engagement des pêcheurs qui a été déterminant. Ils ont joué le jeu en acceptant les réserves et en faisant des propositions pour gérer le milieu". Une association qui fonctionne tellement bien que ce sont les pêcheurs, eux-mêmes qui ont proposé la création de la deuxième réserve du Cap Couronne.

"Les réserves sont des sites où la faune peut retrouver un équilibre au niveau des proportions mâles-femelles, gros individus-petits individus qui est optimale pour produire du poisson et essaimer à l'extérieur des réserves. Cela permet au milieu de se repeupler", explique Frédéric Bachet. Après trente ans d'existence, les agents de la réserve peuvent se réjouir de belles retombées. "On voit une diversité de poissons, la taille des espèces qui est beaucoup plus imposante qu'en extérieur, hors réserve. L'effet réserve fonctionne aujourd'hui", se félicite Virginie Stemer, écogarde, agent de surveillance sur la réserve de Carry-le-Rouet-Cap Couronne.

Agence des aires marines protégées


Agence des aires marines protégées

La recherche de l’équilibre entre développement durable des activités maritimes et préservation de l’environnement représente l’un des enjeux majeurs au sein des aires marines protégées. Si les parcs naturels marins, les parcs nationaux et les sites du Conservatoire du littoral peuvent avoir pour objectif le maintien d’une pêche professionnelle dynamique tout en maîtrisant l’impact sur l’environnement, d’autres catégories d’aires marines protégées sont aussi susceptibles de mettre en place des collaborations étroites entre gestionnaires et professionnels de la pêche. La réserve naturelle des Bouches de Bonifacio en est l’exemple. Elle illustre l’utilité de cette contribution positive à la gestion des ressources halieutiques.

Collaboration et concertation

Le maintien d’une activité maritime dynamique, la maîtrise de l’impact des activités de pêche professionnelle sur l’environnement marin, ainsi que l’apport de la connaissance des marins pêcheurs sont autant de raisons qui invitent à une collaboration étroite entre gestionnaires d’aires marines protégées et professionnels de la pêche. La place des pêcheurs professionnels est essentielle au sein des aires marines protégées. Selon les régions, l’activité est capitale : traditionnelle et principale source d’alimentation dans certaines zones géographiques ou pêche industrielle, principale activité économique dans d’autres.

Contribution des aires marines protégées à la gestion des ressources halieutiques

Ce qu’apportent les aires marines protégées

Les aires marines protégées sont des zones privilégiées d’amélioration de la connaissance et de tests de mode de gestion respectueux de l’environnement marin.

La pêche professionnelle étant fortement liée à la qualité du milieu marin, les objectifs de préservation des écosystèmes marins adoptés au sein des aires marines protégées rejoignent les préoccupations des marins pêcheurs.

Deux exemples avec les orientations de gestion adoptées au sein des parcs naturels marins d’Iroise et de Mayotte illustrent :
  • l’importance de la pêche professionnelle dans les espaces protégés ;
  • l’intérêt de l’accompagner vers un développement raisonné et durable.
  • Les orientations « pêche » du PNM Iroise*Exploitation durable des ressources halieutiques
  • Soutien de la pêche côtière professionnelle
  • Exploitation durable des champs d'algues
  • Soutien aux activités maritimes sur les îles afin d'y maintenir une population d'habitants permanents
Exemple d’action : programme de marquage de bars afin d’améliorer la connaissance sur cette espèce emblématique de la zone du Parc

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L’aquaculture marine est soumise à des contraintes d’espace et des difficultés dans la gestion des impacts potentiels, freins à son développement. La mise en place du réseau d’aires marines protégées vise à accompagner les professionnels de la pisciculture marine et de la conchyliculture et à valoriser et développer leurs bonnes pratiques. La collaboration entre les gestionnaires d’aires marines protégées et les aquaculteurs est indispensable à une gestion efficace qui prenne en compte les connaissances, les contraintes des aquaculteurs et maîtrise au mieux les impacts potentiels de leur activité.

L’aquaculture marine dans les eaux françaises

L’aquaculture marine revêt des formes très diverses dans les eaux françaises : conchyliculture (élevages d’huîtres, de moules ou encore de coques et palourdes), pisciculture marine (élevages de turbots, daurade, bar, saumon, maigre, esturgeon en métropole mais aussi ombrine en outre-mer), et élevages de crevettes japonaises dans certains étangs et marais salés. La production des élevages marins français reste artisanale, locale et menée dans un souci de reconnaissance d’un produit de qualité. La conchyliculture française se place au 2ème rang européen. L’ostréiculture représente à elle seule 65% de la production de la filière.

Pour en savoir plus sur les exploitations françaises :

> élevages marins sur le site du Comité National des Pêches Maritime et des élevages marins (CNPMEM)
> la pisciculture marine et nouvelle sur le site du Comité interprofessionnel des produits de l’aquaculture (CIPA)
> Comité national de la conchyliculture
En 2009, la Commission Européenne a publié une communication afin de donner un nouvel élan au développement durable de l’aquaculture européenne.
> stratégie de l'UE en matière d'aquaculture

L’aquaculture dans les aires marines protégées

La mise en place du réseau d’aires marines protégées français doit pouvoir accompagner les professionnels de la pisciculture marine et de la conchyliculture pour valoriser et développer leurs bonnes pratiques.

Les aquaculteurs, présents sur les littoraux maritimes sont des interlocuteurs privilégiés des gestionnaires. Leurs connaissances du fonctionnement des milieux marins et l’observation de leurs évolutions sont autant d’informations utiles à la gestion d’une aire marine protégée.

Des partenariats constructifs

L’Agence des aires marines protégées contribue à l’étude des interactions entre les macreuses noires et les élevages de moules entre le Mont Saint-Michel et le littoral du Calvados. La zone d’étude concerne plusieurs sites Natura 2000 et le projet de parc naturel marin du golfe normand-breton.

Aquaculteurs et leur prise dans le filet

Une orientation « aquacole » pour le Parc naturel marin de Mayotte

Le décret de création du Parc adopté le 18 janvier 2010 prévoit : « de développer les filières aquacoles respectueuses de l'environnement, en particulier celles qui bénéficient directement aux populations locales ».

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Gestion - Natura 2000

Dans le cadre du dispositif Natura 2000, plusieurs documents ont été rédigés pour aider les opérateurs à organiser la gestion des activités humaines au sein des nouveaux sites marins.

Parmi eux : trois référentiels pour les activités de cultures marines, de sports et loisirs nautiques et de pêche professionnelle.

Ces référentiels proposent :
  • une identification et une description des interactions potentielles entre les activités étudiées et les habitats et espèces Natura 2000,
  • une présentation des dispositifs de gestion (administratif, réglementaire, financier),
  • des mesures / des orientations de gestion sur lesquelles appuyer le système de charte et contrat préconisé au niveau national pour la gestion des sites Natura 2000.
Au-delà des orientations de gestion et /ou mesures préconisées, des analyses plus précises, à l’échelle de chaque site, seront nécessaires pour qualifier localement l’intensité de la pression exercée par chaque activité. Les interactions de chaque activité avec le milieu sont assez complexes à appréhender : les sources d’impacts sont très diversifiées et l’interaction dépend de la nature des pressions, de l’intensité de la pression mais également de la vulnérabilité spécifique des habitats et espèces présents localement.

A télécharger :

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Revue de presse


Le 16 mai 2012

Finistère. Bientôt un label bio pour les algues du rivage (Ouest France)

Celles qui poussent dans le Parc marin d'Iroise, au large du Finistère, devraient obtenir le précieux label en 2012. Une première en France.

Un label après des études poussées

Elles sont utilisées principalement pour l'alimentaire et la cosmétique. Les algues marines récoltées sur le rivage et poussant sur l'estran (la partie du littoral découverte à marée basse) de la pointe de la Bretagne garderont le même goût et la même couleur... Ce qui change tout, c'est qu'avant la fin de l'année, elles vont obtenir le label « bio ». Une bonne nouvelle annoncée lundi soir lors du conseil de gestion du Parc marin d'Iroise au Conquet. Le parc englobe une zone allant de la pointe du Raz au nord de l'île d' Ouessant.

Ce gros dossier, mis sur pied avec la chambre syndicale des algues marines, a nécessité des études poussées de l'Ifremer (Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer). Elles ont notamment passé au crible les zones de récolte. L'ensemble du parc marin est concerné et aussi, dans un second temps, six autres zones situées en Finistère nord (île de Batz), dans les Côtes-d'Armor et en baie d'Audierne.

Un enjeu économique

« L'enjeu économique est de taille, a souligné Pierre Maille, président du conseil général du Finistère, et du Parc marin. C'est une vraie reconnaissance pour le métier de récoltant d'algues. Il concerne cinquante récoltants dits professionnels, et plusieurs centaines d'emplois saisonniers. »

Dans la course à la reconnaissance de ces algues marines de rive (douze espèces), les Espagnols arrivent en tête devant l'Islande et l'Argentine. « Ils ont obtenu le label bio et taillent des croupières à nos récoltants lors des salons internationaux », rappelle Christine Bodeau, représentante de la chambre syndicale professionnelle. Le classement des algues du parc a été rendu possible grâce à la très bonne qualité écologique et chimique des eaux, validée par des études poussées et des prélèvements, avec aussi un classement pointu des zones conchylicoles....

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Dans les Côtes-d'Armor et le Finistère surtout, la filière emploie 1 000 personnes, dont 500 saisonniers. La cueillette à pied se professionnalise et espère décrocher un label bio.

La filière algues emploie environ 1 000 personnes en Bretagne, dont 650 à la production et environ 300 dans une trentaine d'entreprises de transformation. 70.000 tonnes ont été produites en 2011. 90 % sont récoltés en mer par 35 bateaux goémoniers, pour l'essentiel dans le Finistère nord et notamment dans l'archipel de Molène.

« Loin d'être en déclin, nous sommes une filière extrêmement dynamique », insiste Yvon Troadec, représentant au comité régional des pêches. Les pêcheurs ciblent avant tout la Laminaria digitata et dans une moindre mesure la Laminaria hyperborea.

« La récolte est adaptée, il n'y a pas de surexploitation, précise Martial Laurans, spécialiste du suivi à l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer). L'outil est assez sélectif. Les jeunes plants ne sont pas arrachés. »

Deux usines, Danisco (groupe Dupont de Nemours) à Landerneau et Cargill à Lannilis, en extraient les alginates utilisés comme épaississants et gélifiants. Ces deux usines pèsent 20 % des alginates pharmaceutiques et alimentaires produits dans le monde.

Une pêche à pied professionnelle

Le Chondrus crispus ou « p'tit goem'» ou encore « pioca » fut longtemps récolté à pied, hors cadre légal, par les enfants, retraités ou toute personne souhaitant arrondir ses fins de mois. Ils étaient plus de 2000 estimés, il y a 20 ou 30 ans.

C'est fini. Depuis une réglementation de 2009, l'État contrôle. Résultat, 65 petites entreprises sont nées, surtout en Finistère et Côtes-d'Armor. Elles emploient une centaine de permanents. Environ 500 saisonniers travaillent aussi avec le système des Chèques emplois services agricoles (Tesa).

Tous ciblent une vingtaine d'algues utilisées en cosmétique, pharmacie, alimentation ou comme engrais. « On veut pérenniser la profession. On veut de nouveaux arrivants », dit André Berthou, membre du syndicat de récoltants d'algues de rive en Bretagne.

Le label bio est convoité dans ce domaine proche du bien-être et de la santé. Problème : des algues vertes en fond de baies ou des pollutions à proximité des villes déclassent d'immenses zones englobant des champs d'algues, pourtant sains, battus par les vagues.

Précieux label

La Chambre syndicale des algues bataille pour définir un zonage spécifique avec des prélèvements et analyses réguliers qui permettront aux organismes certificateurs de donner ou non le précieux label. Ces analyses coûteront cher. La filière algues compte sur un soutien de la collectivité.

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Approche des animaux, classement des algues en mer d'Iroise et résultats de l'étude et de l'impact de la controversée bolinche en baie de Douarnenez. Le menu du dernier conseil de gestion du parc marin était copieux.

Une charte de bonnes pratiques afin de ne pas déranger les animaux peuplant le parc marin a été validée. Elle s'adresse prioritairement aux prestataires touristiques qui recevront une formation spécifique. Ces professionnels seront identifiés comme «partenaires du parc naturel marin d'Iroise». Par exemple, la mise à l'eau avec les phoques sera soumise à des conditions particulières afin d'éviter de les déranger et de les accoutumer à la présence humaine. Un régime d'autorisation spécifique devrait suivre dans le cadre des activités de découverte du milieu marin. Le débarquement des visiteurs sur des îlots susceptibles de déranger les animaux (dont les nombreuses espèces d'oiseaux) sera également soumis à réglementation.....

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Bolinche: «Impact négligeable»

La pêche à la bolinche (poissons bleus) en baie de Douarnenez avait occasionné des critiques et des crispations avec les autres professionnels du secteur. Les prises de daurades et de bars dans ces grands filets, ainsi que la découverte de certains poissons rejetés morts à la mer, avaient secoué le milieu. Afin de se forger un avis objectif, les techniciens du parc ont effectué 64 embarquements à bord de 13 bolincheurs. «L'impact de la senne sur les petits fonds a été jugé négligeable (peu de remontée d'organismes vivant au fond), les rejets étant considérés comme faibles puisque la technique de pêche offre la possibilité de relâcher le poisson non visé». «Les résultats de cette étude, livrée dans un climat apaisé, ont montré une pratique professionnelle et respectueuse», appuyait Pierre Maille, rappelant le rôle d'arbitre que peut jouer, dans ce genre de conflit, le parc marin.

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Le 21 octobre 2012


Le Parc marin d'Iroise n'échappera pas au tour de vis, décidé par le gouvernement. Pierre Maille, président du parc, l'a annoncé lors d'une réunion du comité de gestion, où il a indiqué que le budget annuel de 1,5M€ (hors rémunération des 22agents) va subir une baisse d'environ 200.000€. Entièrement financé par l'État, le parc va donc revoir à la baisse sa programmation 2013 pour tenir compte du resserrement de crédits et se concentrer sur les opérations les plus ciblées, notamment celles ayant trait au soutien aux activités de pêche. Ce tour de vis budgétaire ne devrait cependant pas constituer un frein au projet de Parc marin Bretagne-Normandie, actuellement à l'étude, pour lequel l'expertise finistérienne est sollicitée, comme ce fut déjà le cas pour d'autres projets de parcs. Pierre Maille ira prochainement en parler au conseil général des Côtes-d'Armor.

Molène au peigne fin


Outre les actions déjà en cours, le parc va prochainement mener une étude de gestion intégrée des activités dans l'archipel de Molène, l'un des secteurs prioritaires. Sur cette zone à la biodiversité particulièrement riche, cohabitent des activités (pêche, exploitation des algues, tourisme, sports nautiques...) qui nécessitent une bonne articulation pour une meilleure protection de l'environnement. Et donc pour assurer le renouvellement des ressources exploitables, notamment par la pêche. Par ailleurs, le parc a mené une étude de l'impact de la grande régate Brest-Douarnenez, en juillet. Des préconisations vont être adressées aux organisateurs de la prochaine édition pour limiter les vols d'hélicoptères au-dessus de certaines zones de nidification, les mouillages de bateaux sur les zones d'herbiers de zostère ou encore pour interdire le débarquement sur certains îlots.

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Le 4 novembre 2012


Le parc marin d'Iroise a cinq ans. Premier du genre créé en France, il navigue en eaux calmes alors que sa création avait été précédée de sérieux coups de tabac. Depuis, d'autres parcs ont été créés. Et un projet se profile entre Bretagne et Normandie.

Le contraste est saisissant. Pendant près de vingt ans, le projet de parc marin d'Iroise avait agité la pointe bretonne et suscité de vives tensions et manifestations. Depuis sa création, il y a tout juste cinq ans, le calme règne. Le parc vogue sereinement, il est devenu une référence nationale et certains de ses plus farouches adversaires, notamment sur les îles, ont fini par adhérer à une démarche dont ils ont compris qu'elle présentait bien plus d'intérêts que d'inconvénients.

Une loi inadaptée

Il faut dire qu'à l'époque, l'État était arrivé avec de gros sabots au lieu de chausser une bonne paire de bottes. En voulant faire un copier-coller de la loi sur les parcs terrestres, avec toutes les contraintes qu'elle suppose, l'État oubliait que la mer n'est pas un espace que l'on peut sanctuariser tant elle est porteuse d'activités humaines. Il fallut du temps pour rectifier le tir et sortir une nouvelle loi bien mieux adaptée et donc plus acceptable. Notamment par les marins-pêcheurs, conscients de l'intérêt, pour eux, d'une meilleure protection du milieu qui les fait vivre. Dans ce dossier, ils auront, du reste, joué un rôle décisif. Au moment où tout tanguait, c'est leur adhésion qui a fait la différence. S'ils s'y étaient opposés, le parc d'Iroise ne serait probablement pas sorti de l'eau. Et visiblement, ils ne le regrettent pas. «Rien à redire, ce parc est une bonne chose», tranche Bruno Claquin, l'un des représentants des pêcheurs au comité de gestion. «Par exemple, depuis longtemps nous nous demandions comment faire pour réintroduire la coquille Saint-Jacques dans la baie de Douarnenez. C'était trop compliqué pour nous. Avec le soutien du parc, des études des fonds ont pu être menées et nous venons de lancer la première opération de réensemencement. Sans le parc, on n'y serait pas arrivé.»

«Pas là pour tout réglementer»

Pierre Maille, le président du parc et du Conseil général du Finistère, se félicite, lui aussi, de l'adhésion que suscite le parc:«Les gens ont compris que nous n'étions pas là pour tout réglementer. D'ailleurs, nous n'avons pas de pouvoir de réglementation. Nous ne sommes là que pour donner des avis à l'État. C'est lui qui réglemente». Avec toutefois une nuance: ces avis peuvent parfois être «conformes», c'est-à-dire qu'ils s'imposent à l'État, comme ce fut le cas pour l'affaire la plus retentissante depuis la création du parc: l'opposition à l'extension d'une porcherie à Plonévez-Porzay, secteur très touché par les algues vertes. Elle avait suscité deux grands rassemblements sur le site, à l'initiative des agriculteurs d'un côté, des protecteurs de l'environnement de l'autre. Mais ils étaient restés à distance. Et la tension est retombée

Pierre Maille se félicite également du bon fonctionnement du comité de gestion: «Ce parc a donné l'opportunité de dialoguer à des acteurs qui n'avaient pas l'habitude de se rencontrer. Des pêcheurs, des scientifiques, des associations, des collectivités locales et même des opposants puisque l'Advili (association opposée au parc) a un siège». Parmi les plus farouches adversaires figure Bernard Le Bihan, ex-président de l'Advili. «J'ai refusé de siéger et je suis toujours opposé au fonctionnement de ce parc. C'est une structure qui fait doublon avec ce qui existe déjà, comme l'Ifremer. Et je trouve qu'elle n'est pas transparente, notamment sur l'attribution de subventions à certaines associations. Les séances devraient être publiques, comme un conseil municipal.»

«Un modèle pour les autres»

Un doublon? Ce n'est pas l'avis de Loïc Antoine qui représente justement l'Ifremer au comité de gestion: «Il n'y a aucun doublon, tranche-t-il. L'Ifremer n'a ni la vocation ni les moyens de gérer une structure de ce type. Nous sommes en revanche très complémentaires et nous servons de modèle aux autres projets qui comprennent que ce parc n'est ni un sanctuaire ni une réserve d'Indiens. Nous menons beaucoup d'actions ensemble en termes de soutien aux activités de pêche, d'organisation de l'exploitation des ressources et de protection d'une biodiversité unique en son genre. Ce parc est une première expérience réussie». Avec toutefois une ombre au tableau: l'État vient d'annoncer une restriction de crédits. Le budget annuel du parc (1,5milliond'euros, hors rémunération des 22 salariés) va subir une ponction de près de 200.000 euros, ce qui oblige à revoir à la baisse le programme 2013.

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Des langoustes aux dauphins,en passant par les ormeaux, les coquilles, les algues, la qualité de l'eau ou les programmes éducatifs, le parc marin intervient à tous les niveaux.

«C'est comme un tableau impressionniste. Rien de spectaculaire, mais une accumulation de petites touches qui constituent un ensemble cohérent et un gros travail de fond». C'est ainsi que Thierry Cantéri décrit le parc marin qu'il dirige. «Il faut, ajoute-t-il, que toute la population de la pointe bretonne se l'approprie et se sente concernée par l'avenir de ce milieu, remarquable à tous points de vue». Dans le sillage de Thierry Cantéri, un petit tour d'horizon d'actions entreprises depuis cinq ans.

Environnement.
Suivi de la qualité des eaux en lien avec les collectivités locales qui le souhaitent. Trois opérations sont actuellement lancées avec des communes pour déterminer l'origine de pollutions. Humaines ou animales?

Grands mammifères.
Suivi naturaliste des phoques et des dauphins mais également des oiseaux hivernants et des habitats (champ de blocs de Molène, herbiers de zostère...).

Langoustes.
Avec les pêcheurs, gestion et suivi du cantonnement de langoustes rouges de l'île de Sein pour tenter de reconstituer le stock disparu.

Coquilles Saint-Jacques.
Opérations récentes de réensemencement en baie de Douarnenez et à Molène, en collaboration avec les comités des pêches.

Ormeaux.
Soutien aux activités de pêche à Molène, avec obtention d'un label, et de pêche à la telline, sur le gisement de Pentrez. Refonte de la réglementation de la pêche de loisir à l'ormeau, sur l'archipel de Molène.

Bolinches.
Médiation dans le conflit entre pêcheurs côtiers et bolincheurs. Désormais, la zone du parc ne peut plus être fréquentée que par vingt bolincheurs au maximum. Des agents du parc ont également effectué une cinquantaine d'embarquements sur des bateaux de pêche pour un meilleur suivi de l'activité.

Algues.
Soutien aux professionnels du ramassage (avec obtention d'un label) et à une meilleure gestion du stock par cartographie complète du champ d'algues de Molène.

Mouillages de bateaux.
Tests et conseils pour limiter les dégâts causés par les mouillages sur des herbiers dont la fonction est vitale pour certaines espèces.

Sensibilisation.
Programmes d'éducation à l'environnement pour les scolaires, notamment sur l'île Tristan, à Douarnenez, où des salles ont été équipées pour l'accueil des classes.

Patrimoine.
Expositions et publication d'un livre sur les gardiens de phare. Le parc suit aussi de très près certaines activités de loisirs pour lesquelles son autorisation est requise. «Nous avons ainsi opposé notre refus immédiat, indique le directeur, à une société qui voulait lancer la découverte de l'archipel de Molène en jet ski...»
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La baie de Douarnenez s’expose sur l’Île Tristan

Du 30 mars au 28 juin 2013 / Ile Tristan à Douarnenez

En partenariat avec la ville de Douarnenez et le Conservatoire du littoral

S’il fallait qualifier la baie de Douarnenez, on mettrait en avant son caractère multiple de par la variété des paysages qu’elle nous offre, les nombreuses espèces qu’elle abrite et la diversité des activités professionnelles et de loisirs qu’elle accueille. Une zone unique en son genre qui fait tout le paradoxe de la baie, à la fois plurielle et singulière.

Ces différentes facettes de la baie de Douarnenez sont dévoilées dans le cadre d’une exposition réalisée par le Parc naturel marin d’Iroise et présentée sur l’Ile Tristan à Douarnenez du 30 mars au 28 juin 2013.

De la baie refuge à la baie plaisir
Cette exposition, composée de dix panneaux, présente la baie de Douarnenez à travers différentes thématiques.

La baie refuge : Du plancton, aux différents poissons en passant par les oiseaux qui y trouvent refuge, et la présence de quelques mammifères marins, toute la chaîne alimentaire est présente en baie de Douarnenez.

La baie paysage : Du Cap de la Chèvre à la pointe du Van, panorama des différents paysages de la baie avec ses grandes plages, ses grottes à marée, les tombants rocheux…

La baie nourricière : Qu’est-ce qu’on pêche dans la baie de Douarnenez et comment ? Zoom sur la sardine, la bolinche, la telline…

La baie plaisir : Plaisir du vent, plaisir des vagues avec les différentes activités nautiques, la pêche de loisir. Cette thématique rappelle la qualité balnéaire de la baie et évoque les artistes que la baie de Douarnenez a inspirés.

Les actions du Parc naturel marin d’Iroise : Cette exposition a pour objectif de sensibiliser le public à la richesse mais aussi à la fragilité de la baie de Douarnenez. Un trésor qu’il faut préserver. Un objectif mené au quotidien par les équipes du Parc naturel marin d’Iroise et des actions menées en faveur de la qualité de l’eau, de la conservation des écosystèmes (suivi des nourriceries, suivi des oiseaux, zone de mouillages non-impactants sur les herbiers de zostères…)

Pour les P’tits mousses aussi
Parallèlement, l’exposition propose un parcours destiné aux enfants. Avec des supports adaptés, une série de questions sur des thèmes (le plancton, la pêche, les oiseaux…) leur sera posé et ils devront trouver les réponses dans les panneaux de l’exposition. Une façon ludique pour découvrir la baie de Douarnenez tout seul, comme un grand, ou avec l’aide des parents !

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Le 29 Mai 2015

Langouste rouge : population en hausse en mer d'Iroise

850 tonnes pêchées après guerre. Seulement 15 tonnes aujourd'hui, dont la moitié en mer d'Iroise, la langouste rouge s'est raréfiée de manière spectaculaire. Depuis 2007, les pêcheurs, Ifremer et le Parc marin d'Iroise ont pris des mesures pour tenter à terme de relancer l'espèce.



Intervenants : Claire Laspougeas, chargée de mission pêche professionnelle Parc marin d'Iroise - Images Agence des aires marines protégées - Martial Laurans, chercheur Ifremer Brest - Erwan Quemeneur, technicien comité des pêches du Finistère / Reportage : J. Le Bot - C. Aubaile - P. Pasco

Source : France 3 Bretagne    Publié le 29/05/2015

Au seul nom de langouste, on s'imagine des pays lointains exotiques. Et pourtant, la langouste rouge est un crustacé présent naturellement en Bretagne. Depuis longtemps, les langoustes sont recherchées pour la délicatesse de leur chair.

Bien trop pêchées en Finistère

Extrêmement abondante mais beaucoup trop pêchée en Finistère depuis la fin du XIXe siècle, l’espèce s'est fait très rare. Conscients de la surpêche des années 50, les marins pêcheurs ont alors décidé d'un cantonnement dans la chaussée de Sein début 2007, une zone interdite à la pêche à la langouste rouge. Un suivi scientifique a également été instauré grâce au Parc marin d'Iroise et Ifremer.

Suivi scientifique

Les langoustes capturées pour ce suivi sont mesurées, pesées et marquées avant d’être rejetées à la mer. Les pêcheurs professionnels et plaisanciers, associés à ce programme préviennent Ifremer et le Parc naturel marin d’Iroise s’ils attrapent une langouste marquée. L'objectif est de compter ces crustacés, de connaître leurs déplacements, et de savoir si elles se reproduisent.

Des résultats encourageants

Les premiers résultats ont permis de noter une abondance en hausse. Il y a davantage de langoustes aujourd"hui qu'en 2007. A plusieurs reprises, l’abondance, en quelques points (c'est-à-dire les zones de pêche expérimentale définies au sein du cantonnement), dépasse les 20 kg, ce qui est rare lors d’une pêche professionnelle. A trois reprises, au cours des deux dernières années (2013 et 2014), elle est égale ou supérieure à 30 kg, atteignant en 2014, la valeur record de 55 kg. L'avenir des stocks de langouste, encore marginaux en France est pris très au sérieux par la profession. Dès 2009, le comité des pêches national avait décidé d'augmenter la taille minimale de capture (11 cm), au delà de la norme européenne (9,5 cm).

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