jeudi 18 juin 2009

Récif artificiel : aménager plutôt que sanctuariser les fonds marins

« Le processus du « grenelle de la mer » est lancé depuis plusieurs semaines et démontre que l’environnement est devenu une composante primordiale du monde de la pêche. Nous l’avions déjà pressenti lors des travaux concernant notre candidature Axe 4 mais aujourd’hui, le fait est incontournable. Les professionnels devront participer et être vigilants car une tendance naturelle de la pensée actuelle est la sanctuarisation de l’espace marin. Nous devrons démontrer ce que nous savons profondément, c’est-à-dire qu’une bonne gestion de cet espace implique la pérennité des activités de pêche, non seulement compatibles, mais aussi indispensables. » Serge Larzabal - Président du Comité Local des Pêches de Bayonne

Dans le dernier numéro de l’Echos des Quais, le bulletin d’information des pêcheurs basques et landais présente une initiative originale qui va dans le sens d’une meilleure gestion de l’espace côtier voire d’une amélioration des potentialités halieutiques : l’implantation de récifs artificiels.

Un récif artificiel se définit comme « une structure immergée, placée délibérément sur le fond pour mimer des caractéristiques des zones naturelles ». Le concept est très ancien. Il a été découvert par des pêcheurs qui ont constaté qu’au voisinage d’épaves, la pêche était plus abondante.

Alors que plusieurs pays asiatiques ont développé depuis des décennies des programmes d’installation de récifs artificiels formant maintenant de véritables cordons sur l’ensemble des côtes, en France et même dans l’ensemble des pays européens, ces programmes restent anecdotiques. Au Japon, Corée du Sud et Taïwan, ces installations en augmentant la production halieutique ont permis de maintenir une activité de pêche artisanale très dense.

Au Japon, des milliards d'euros dans l'étude et la construction des récifs artificiels

Au Japon, seul pays a avoir réussi à quasi-stabiliser et localement restaurer sa ressource halieutique marine, environ 350 modèles de récifs répondant aux besoins de différentes espèces et aux conditions de milieu ont été construits sur environ 20 000 sites (en 2001, avec un budget annuel d'un milliard d'euros pour l’étude et bio-aménagement des fonds marins) après des travaux empiriques, puis scientifiques, basés sur l’étude in situ des comportements, besoins et capacités de migration/recolonisation des espèces locales. Ces récifs protègent et attirent aujourd’hui des dizaines de millions de poissons et crustacés. Les plus grands de ces récifs mesurent plusieurs milliers de mètres cubes et 80 mètres de haut. (Wikipedia)

Portés le plus souvent à bout de bras par des passionnés, biologistes et plongeurs, en général des amoureux des fonds marins auxquels s’associent des marins-pêcheurs, les programmes de récifs artificiels ne font malheureusement pas partie des stratégies de développement des activités halieutiques en France, pays où l’on souhaite plus la sanctuarisation des fonds marins que leur aménagement.

En France toujours au stade expérimental avec l’association Aquitaine Landes Récifs...

Créée en 1996 à l’instigation de quelques militants pour la protection de la faune et de la flore, et de quelques pêcheurs, Aquitaine Landes Récifs (ALR) est une association de loi 1901.

L’implantation de récifs artificiels menée par l’ALR mobilise de nombreuses personnes sous la présidence de M. Gérard Fourneau : pêcheurs professionnels, pêcheurs de Surf Casting, plaisanciers, biologistes, plongeurs, collectivités locales, département, région, Europe

L’ALR a pour vocation la création de récifs artificiels sur le littoral aquitain et d’assurer leur gestion par des études en plongée sous-marine. L’objectif de ces récifs artificiels est de créer des conditions favorables au repeuplement et au maintien de la faune et de la flore marine.

Un récif artificiel crée une discontinuité physique sur le fond qui entraîne toute une série de modifications physiques et biologiques du milieu et permet l’installation de réseaux trophiques créant un nouvel écosystème. Il devient un nouvel abri, une aire de ponte, de fixation et d’alevinage, une aire de grossissement.

Les sites d’implantation sont au nombre de trois : Capbreton, Soustons et Vieux-Boucau, Messanges et Moliets et Maa. Les matériaux utilisés sont des buses cylindriques d’une tonne en béton non armé, non polluant pour l’environnement. De part leur forme et leur disposition sur le fond, les buses offrent divers habitats colonisables par la faune et la flore. La méthode d’immersion a été améliorée au cours de l’implantation des modules sur les différents sites. Sur le site de Capbreton (en 1999), l’immersion se faisait à l’aide d’une barge et les modules étaient immergés individuellement. Par la suite, pour optimiser l’empilement des modules et augmenter la hauteur disponible pour la faune, ils sont largués sur le site de Soustons et Vieux-Boucau (2001-2002) en grappe de cinq buses. Cette opération est effectuée par l’Aquitaine Explorer, navire de la Délégation Générale de l’Armement, guidé par GPS (positionnement par satellite).

Cet empilement constitue la base physique d’un nouvel écosystème...

La procédure d’immersion a été identique sur les sites de Messanges et Moliets/ Maa, où les éléments de béton sont liés par 10. Un bilan positif depuis 2006, « Océanide », bureau d’études spécialisé en environnement marin installé à Mont de Marsan, effectue le suivi scientifique des récifs artificiels des Landes gérés par l’ALR. En 2007, le suivi scientifique habituellement réalisé en plongée sous-marine a été complété par une pêche expérimentale sur les sites de Vieux Boucau, Messanges, Azur et Moliets. Cette pêche avait pour objectif d’obtenir une vision plus juste des populations de poissons présentes sur ces récifs et de collaborer plus fortement avec les pêcheurs professionnels de Capbreton.

En 2007, vingt espèces de poissons dont 63 % d’espèces commerciales ont été observées au cours des 20 plongées effectuées sur les récifs de Capbreton. Le chapon (Scorpaena scrofa) y a été vu pour la première fois. Lors des 2 plongées organisées sur les récifs de Soustons/Vieux Boucau, 7 espèces de poissons ont été observées. 5 d’entre elles (71 %) présentent un intérêt commercial. Lors des 4 plongées organisées sur les récifs de Messanges/Azur/Moliets, 7 espèces ont été observées, 6 d’entre elles (85,7 %) présentent un intérêt commercial et 3 nouvelles espèces ont été vues cette année sur ce site (le baliste Balistes capriscus, le griset Spondylosoma cantharus et le sar commun Diplodus sargus).

Lors de la pêche expérimentale du 17 novembre 2007, 297 individus, répartis en 31 espèces, représentant un poids de 155,85 kg ont été capturés. Trois espèces se détachent largement: le tacaud (Trisopterus luscus), le maigre (Argyrosomus regius) et le griset (Spondylosoma cantharus). Elles représentent respectivement 31,3 % (93 individus), 5,4 % (16 individus) et 13,5 % (40 individus) du nombre total d’individus capturés et 21,1 % (32,9 kg), 13,5 % (21,1 kg) et 12,3 % (19,2 kg) du poids total pêché. Le merlu (Merluccius merluccius) représente 8,4 % (25 individus) du nombre total d’individus capturés. Au cours de cette pêche, 11 nouvelles espèces ont été répertoriées sur les récifs et n’avaient jamais été observées en plongée sous-marine. Sur le plan physique, la tenue à la mer des récifs artificiels est satisfaisante (absence de signe de dégradation extérieure).

En augmentant la diversité des espèces et en fixant les espèces commerciales sur la zone d’immersion, les récifs artificiels de la côte Sud des Landes soutiennent la pêche côtière artisanale. Dans une problématique actuelle de baisse des stocks de poissons, les récifs artificiels sont des outils de gestion importants dans le cadre du développement durable des activités de pêches côtières.

Autres articles en relation avec récifs artificiels, les opérations de repeuplement des mers :

Pour aller plus loin....

Photo Wikipedia dans la rubrique : Récif artificiel

Un aménagement possible du milieu côtier : récifs artificiels et repeuplement (Ifremer)

Les aménagements physiques du milieu côtier peuvent prendre deux aspects : les récifs artificiels et/ou le repeuplement.

Les récifs artificiels : ce sont des habitats "en dur" pouvant constituer pour les animaux marins une attraction, une possibilité de concentration ou de simple protection et, dans certains cas, provoquer une augmentation de la biomasse. Les matériaux employés, les types de structure et leur agencement jouent un rôle important dans l’efficacité de cet aménagement. Il peut surtout avoir un effet dissuasif pour certaines méthodes de pêche, agissant comme des "chevaux de frise" répartis sur l’aire à protéger, du chalutage, par exemple.

Le repeuplement vise à augmenter le nombre de juvéniles (produits en fermes aquacoles) en les réintroduisant dans le milieu naturel lorsqu’ils ont atteint de bonnes chances de survie. Cette réinsertion doit être satisfaisante en terme d’adaptation à la vie sauvage et en termes économiques. En cas de succès, c’est la possibilité d’un développement spectaculaire d’une production, mais les réalisations effectives n’existent actuellement qu’en petit nombre.

Une bonne maîtrise de ces deux techniques permet de les combiner dans certains projets d’aménagement.

Qu’en est-il hors de France ? Exemples de l’Espagne et du Japon.

En Espagne, 90 projets ou réalisations ont été lancés ou mis en oeuvre entre 86 et 96, pour un total de 100 000 m3 immergés, la plupart sur la côte méditerranéenne, avec comme objectif majeur la protection de la bande côtière, très altérée par le chalutage illégal. Les actions portent sur la pose de récifs de dissuasion (modules en béton de plusieurs tonnes) dans lesquels sont fichés des morceaux de rails de chemin de fer. L’efficacité anti-chalut est reconnue ; ces structures autorisent, cependant, l’exploitation des eaux côtières par les "petits métiers", entre 15 et 50 m de fond. Les pêcheurs reconnaissent, avec le temps, le bien-fondé de cette protection des nourriceries.

Au Japon, les récifs et le repeuplement font partie de la politique d’aménagement depuis la fin de la guerre. C’est pour les Japonais une bonne réponse à la dégradation du littoral afin de conserver la qualité des zones marines proches. Les modèles de récifs sont très variés car l’expérience a permis de les adapter à des fonctions et des espèces particulières. Les principales sont, en matière de repeuplement, la coquille St-Jacques (3 milliards de juvéniles relachés chaque année), le saumon (2 milliards). Viennent ensuite la crevette japonaise (320 millions) le crabe bleu, l’ormeau, l’oursin, la dorade et le turbot.

En France, peu de projets ont été engagés. Néanmoins, nous disposons, pour chaque technique, d’exemples précis : d’une part les 33000 m3 de récifs immergés en Méditerranée (régions Paca et Languedoc-Roussillon), pour lesquels tout indique une bonne colonisation pour la plupart des formes et des modules d’assemblage. A l’initiative de syndicats de pêcheurs et de promoteurs variés, de nouveaux projets sont en cours d’examen. D’autre part, en matière de repeuplement, l’exemple de la coquille Saint-Jacques en rade de Brest, donne des résultats très positifs.

L’Ifremer devrait remettre un rapport sur ce sujet au début de l’année 2000. Mais, déjà, on peut conclure à l’absence de modèle général d’aménagement, tout site étant unique et original.
Source : Ifremer dans le dossier « Mise en valeur et gestion intégrée des zones côtières » Lettre aux Médias n°53 de Juin 1999

Information ajoutée le 20 août 2009

Morbihan - Presqu'île de Rhuys. Des récifs en mer? (Le Télégramme)
Peut-on installer des récifs en mer, au large de la presqu'île de Rhuys, pour faire revenir le poisson? C'est la proposition du président d'une association de pêcheurs- plaisanciers de Sarzeau.

Alain Garraud étudie depuis dix ans le sujet et il a commencé à rassembler de la documentation sur les récifs artificiels en mer. Il préside l'Association des plaisanciers et pêcheurs de Penvins, à Sarzeau, 140 membres. Parmi eux, des anciens et inconditionnels des sorties en mer qui peuvent ainsi voir les évolutions ces dernières années. Et ces pêcheurs-plaisanciers font le constat que la ressource est en berne. Quand ils se rappellent leur pêche d'autrefois, ils ont de l'émotion dans la voix. À qui la faute? Les questions de surpêche par les professionnels, d'envasement, de réchauffement sont les principales causes avancées. À vrai dire, il est difficile d'être catégorique sur l'un ou l'autre de ces différents points.
Pour favoriser un retour du poisson, Alain Garraud plaide pour la création de nurseries, sous la forme des récifs artificiels en mer.

Des nurseries à poissons
«On aurait, dit-il, la possibilité d'en faire une au large de la presqu'île de Rhuys, où existe déjà une zone où le chalutage est interdit». Zone qui a aussi servi, au printemps, à la première phase du «clapage» (*) des boues prélevées dans le port de LaTrinité. Alain Garraud défend sa proposition au sein d'un groupe de travail qui s'est constitué dans la communauté de communes de la presqu'île de Rhuys (Sarzeau, Arzon, Saint-Gildas, Saint-Armel, Tour-du-Parc) dans l'optique d'un mini Grenelle de l'environnement, prévu pour la fin du mois d'octobre. Ces récifs artificiels se présentent sous la forme de structures en béton spécial, que l'on immerge au fond de l'eau. «Ils servent non seulement de nurserie mais de protection contre la prédation humaine», souligne Alain Garraud, en précisant qu'«à Mimizan où on a fait cela il y a plusieurs années, sur des fonds sableux, le poisson de roche s'est développé au bout de cinq ans».

Un dossier difficile
Le poisson cherche en fait des abris et, à travers ces récifs, il s'agit de reproduire des zones d'habitat naturel. À condition de choisir des zones bien oxygénées par les courants et donc riches en nourriture pour faciliter la colonisation de la faune et de la flore. Alain Garraud ne cache pas que le dossier est difficile. Il faut convaincre les autorités maritimes, les pêcheurs, les navigateurs. Mais des pays comme le Japon ont adopté cette méthode depuis longtemps», relève-t-il.

La pêche artisanale
«Ces récifs ont aussi une action sur la protection de l'environnement côtier, ils servent à faire revenir les espèces en voie de disparition, à lutter contre le problème de la surpêche dans les frayères, c'est une protection mécanique contre le chalutage illégal et c'est un soutien à la pêche artisanale», argumente le président des pêcheurs-plaisanciers de Penvins.

Le 7 septembre 2009

Récifs artificiels : un prototype immergé mardi (Midi libre)
Premier port de pêche de Méditerranée française, Sète n'est pas en pointe en terme d'immersion de récifs artificiels. De là à penser que c'est parce que sont amarrés sur l'île plus de chaluts que de petits métiers, il n'y a qu'un pas que nous ne franchirons pas. Bref, ce n'est donc pas à Sète mais au Cap d'Agde que sera immergé mardi le tout premier prototype d'un habitat artificiel nouvelle génération, « fabriqué en béton écologique intégrant des coquilles d'huîtres ». Le résultat d'un partenariat entre le Département de l'Hérault et la société montpelliéraine Egis Eau, qui sera immergé par 15 m de fond, « protégeant contre le chalutage, permettant le développement d'une production de poisson - sauvage - et de la biodiversité... »

Cap d'Agde - Pêche : des récifs artificiels immergés (Midi Libre)
Ce matin, la société Buesa a procédé à l'immersion du premier récif artificiel de la campagne 2009. Le premier d'une longue série puisque 99 buses et paniers en acier vont être disposés au large du Cap d'Agde, entre 10 et 15 mètres de profondeur. Ils serviront d'abri aux poissons, crustacés et autres espèces aquatiques. Deux modules expérimentaux, faits d'un alliage de béton et de débris de coquillages mis au point par l'Ecole des Mines d'Alès, Sylvain Pioch et la société Bec, vont également être mis à l'eau.

Le 23 novembre 2009

Maurice expérimente un prototype de récif artificiel dans le lagon (Malango)
Un prototype de récif corallien artificiel est actuellement testé dans le lagon mauricien par le Mauritius Oceanography Institute (MOI).
Le prototype est composé à partir de boutures de coraux, cultivées hors lagon et en pépinières en mer.
Ce projet, dirigé par le Dr Ruby Moothien-Pillay, directrice de recherche scientifique (Océanographie biologique), est en fait la préparation de la deuxième phase du projet sur la culture de coraux hors sol, dont l'objectif est de restructurer certains récifs de Maurice qui ont subi des dégradations climatiques importants.
Après que les premiers résultats des travaux concernant la culture des coraux hors sol se soient révélés concluants, une nouvelle étape se profile ainsi à l'horizon : celle de prototypes de récifs construits dans le but de réhabiliter nos lagons.
Cet essai, qui se déroule dans le lagon de la région d'Albion (ouest de l'île), est effectué avec des échantillons de différentes espèces de coraux.

Le 28 novembre 2009

Cagnes-sur-Mer - Sept récifs-« nurseries » pour la zone marine protégée (Nice Matin)
Une barge amarrée au large de l'hippodrome permet aux techniciens d'immerger sept récifs artificiels en béton qui abriteront les espèces dans un site remarquable en terme de biodiversité : une opération de protection de l'environnement et de soutien à la pêche.
« Nous voulons créer une pépinière de la mer. Cette quatrième zone marine protégée est un espace de protection des sols marins, de l'environnement et de la faune. Elle doit favoriser la protection et la reproduction des espèces. Les mouillages, la pêche et la plongée y sont interdits. » Ce souhait d'Eric Ciotti, président du conseil général des Alpes-Maritimes, est en passe de se réaliser. Hier, il est venu assister à la deuxième phase de la mise en oeuvre de cette réserve : l'immersion de récifs artificiels(1).
Un habitat adapté aux poissons : 960 000 euros TTC

Le 26 février 2010

Roussillon - Récifs artificiels : tenue en mer et peuplement satisfaisants (Midi Libre)
Depuis 2008, le suivi scientifique des récifs artificiels, immergés au large de Valras-Plage, est réalisé par le bureau d'études Océanide (Perpignan), l'association Adena (Agde) et le laboratoire Ecosystèmes aquatiques tropicaux et méditerranéens (Perpignan).
Pour mémoire, l'ensemble des récifs artificiels (double buse sur un tapis anti-enfouissement, double buse, récif panier acier et 3 récifs paniers acier empilés) représente un volume de 950 m 3 , au sein de deux zones correspondant à deux bandes perpendiculaires à la côte.
Le but de l'opération, qui a reçu le soutien de la prud'homie de Valras, est de favoriser le maintien de la pêche artisanale sur une partie du littoral languedocien. Elle est financée par la commune de Valras-Plage, le conseil général de l'Hérault et le conseil régional du Languedoc-Roussillon.Ce suivi scientifique, qui s'étale sur 5 années, est effectué lors de deux campagnes de plongée, effectuées en périodes froide.....

Le 5 mars 2010 : Ile d'Yeu

Au pied des éoliennes, des HLM à poissons (Ouest France)
Les récifs artificiels sont efficaces, mais il faudrait qu'ils soient plus nombreux. Cette structure coûte un peu cher. Pourquoi ne pas la financer grâce aux énergies renouvelables, suggèrent les pêcheurs ?
« En 2004, du tacaud et des crustacés sont apparus, en 2005, du homard et du congre, en 2006, du lieu. L'année dernière, les lieus avaient atteint une taille respectable de 70 à 90 cm. » Devant le Syndicat mixte pour le développement de l'aquaculture et de la pêche en Pays de la Loire (Smidap), le biologiste Julien Duprès, du cabinet In Vivo, a dressé un bilan encourageant de la colonisation progressive des récifs artificiels expérimentaux de l'île d'Yeu. Des structures en béton immergées en 2003, dans le cadre d'un projet du Comité régional des pêches.

Le 23 avril 2010

Des récifs artificiels en béton pour protéger le poisson (Sud-Ouest)
Une étude pour l'implantation de récifs artificiels sur le littoral de la Charente-Maritime est lancée. Le 3 mai prochain, le chargé de mission recruté pour conduire cette mission commandée par le Conseil général de Charente-Maritime prendra ses fonctions au sein du Centre régional d'expérimentation et d'application aquacole (Creaa), un centre technique porté par la Région Poitou-Charentes.
Évoquer le sujet, c'est imaginer des abris en béton aux abords et dans lesquels le poisson se concentre, comme il le fait naturellement sur une épave. Bien avant la réflexion lancée en Charente-Maritime, le Languedoc-Roussillon, pionnier en France en ce domaine, les Landes, sur plusieurs sites expérimentaux, et Marseille, avec un champ de 220 hectares, testent déjà ces « îlots » où faune et flore se fixent. « En Charente-Maritime, on est encore loin d'une décision d'immerger ces récifs, prévient Philippe Blachier, le directeur du Creaa. Il s'agit pour l'instant de regarder de quelle façon c'est envisageable. »....

31 avril 2010

La Réunion - Si la MCUR se meurt, d'autres projets naissent... (Zinfos 974)
L'association Nautilus vient de soumettre à la Région deux projets qui remplaceraient la MCUR : la réalisation d'un musée qui retracerait l'histoire maritime de l'île sur le site de l'ancienne Maison des Civilisations, et la mise en place d'un récif artificiel dans l'Ouest à partir de la coque dépolluée du porte-hélicoptère Jeanne d'Arc.

"La création à Saint-Paul du plus fantastique récif artificiel de l'Océan Indien"

Un deuxième projet est soumis par l'association : la réalisation d'un récif artificiel entre le Cap La Houssaye et le Cap Homard. "La création à Saint-Paul, dans la baie dite du meilleur ancrage, du plus fantastique récif artificiel de l'Océan Indien de 181 mètres de long et 24 mètres de large, après l'immersion par - 40 mètres de la coque R 97, dépolluée selon les règles de l'art, du porte-hélicoptères Jeanne D'arc, construit à Brest et qui doit être déclassé dans les prochains mois".

"Ce navire emblématique de notre Marine Nationale qui au cours de ses 40 années de service actif a formé des milliers d'officiers de toutes les marines du monde et qui à chacune de ses escales autour du globe a suscité un engouement extraordinaire des populations concernées. Souvenons-nous des milliers de Réunionnais montés à son bord l'année dernière lors de son dernier passage chez nous. Un espace dans le musée retracera les différentes escales dans les pays concernés par ses missions, il leurs sera demandé, symboliquement, un bloc de pierre qui sera immergé avec la coque afin de contribuer à donner la vie aux fonds marins d'une zone non récifale, désespérément triste, qui deviendra alors une incroyable nursery géante".

La Région n'a pas encore émis d'avis sur ces projets soumis récemment. Mais le porteur du projet, Guy Markoz, assure "qu'en aucun cas ils seront une charge supplémentaire pour la Collectivité" dans la forme où ils seraient réalisés.

Le 13 mai 2010

Association Aquitaine Landes Récif : un nouveau récif bientôt immergé (Sud-Ouest)
Aquitaine Landes récifs (ALR) a confirmé l'info la semaine dernière, lors de la présentation des nouveaux panneaux d'exposition, à la Capitainerie. Début juin, le nouveau récif appelé Typi sera immergé sur les trois sites d'implantation de l'association : Capbreton, Soustons-Vieux-Boucau et Messanges-Azur-Moliets. D'une hauteur de 2,6 m et d'un diamètre de 4,6 m, ce gros bébé en béton pèse pas moins de 15 tonnes. « L'avantage ? On peut habiller l'intérieur pour pouvoir accueillir des espèces et pour installer du matériel d'études de la faune marine », explique Gérard Fourneau, président de l'ALR depuis 16 ans.
Ce type de récif est d'origine japonaise et le moule est terminé, comme le rappelle Elodie Rubio, assistante à l'ALR…..
Des marins-pêcheurs de Capbreton, présents pour l'exposition, confirment les effets bénéfiques de ces récifs. Une à deux fois par an, l'association organise des pêches expérimentales et capture de nouvelles espèces.

Le 23 juillet 2010

Narbonne. Leucate : Les poissons aiment leurs récifs artificiels (Midi Libre)

Depuis 2005, six zones de récifs artificiels ont été immergés au large de Leucate et le Barcarès

L'idée n'a rien de révolutionnaire. Au contraire, elle apparaît comme presque banale sur une côte sablonneuse peu propice à la reproduction de nombreuses espèces de poissons.

C'est ainsi que des récifs artificiels ont été immergés en plusieurs endroits de la côte. Mais c'est la première fois qu'une étude aussi longue - contrepartie d'un financement par des fonds européens - vient confirmer l'hypothèse émise au départ.

Le suivi scientifique a été réalisé sur 5 ans par l'équipe de Philippe Lenfant, du laboratoire Biologie et écologie tropicale et méditerranéenne, en collaboration avec une société d'expertise. Mardi 6 juillet, c'était l'heure des résultats.

Ces derniers se sont révélés tout à fait satisfaisants sur tous les aspects étudiés. C'est ainsi que la première constatation a concerné la résistance de l'ensemble qui aurait pu s'enfouir dans le sable au fil du temps, ou se disloquer sous le coup des tempêtes. « Il n'en a rien été, tout fonctionne parfaitement » , confirme le chercheur du CNRS.

Leur objectif principal étant de favoriser la protection et le renouvellement des poissons, cet aspect a été examiné avec une grande attention. « Dès la première année, les récifs ont été colonisés. Puis des gorgones (des coraux cornés) se sont installées et enfin des espèces plus commerciales comme les loups, rougets, dorades qui font le bonheur des petits métiers » , résume Philippe Lenfant.

L'étude a en outre été complétée par un suivi des débarquements de pêcheurs professionnels entre Port-Leucate et Port-Vendres, pendant trois ans : il a révélé que les points de pêche à proximité du site montrent une biodiversité importante et une quantité de poissons parfois plus importante que sur des sites naturels.....

Capbreton : Des tipis pour poissons mis en place (Sud Ouest)

L'immersion de ces nouveaux récifs devrait améliorer le peuplement de l'océan. Ils l'ont fait ! Depuis le temps qu'ils en parlaient, trois ans pour être exact. Le projet était de toutes les conversations et il vient de se concrétiser mercredi dernier. Le baliseur océanique « Le Gascogne » a immergé trois gros récifs artificiels de 13 tonnes au large des côtes landaises. L'équipe d'Aquitaine Landes Récifs était sur « les ponts » (trois autres bateaux de pêche ont escorté « Le Gascogne ») pour assister à l'événement : départ du port de Capbreton à 8 heures.

9 heures : au large des côtes capbretonnaises, entre le Centre européen de premier secours et la passe, le premier « Tipi » (son nom propre) a été posé à 18 mètres de fond grâce à une chaîne déroulante, là où d'autres récifs servent déjà d'habitations à diverses espèces marines.....

Le 11 août 2010

Thaïlande : des chars jetés à la mer pour protéger les poissons (Rue 89)

Les carcasses de 25 chars d'assaut de l'armée thaïlandaise ont été immergées lundi dans le golfe de Thaïlande. Leur mission : sauvegarder l'écosystème. Ces vieux chars T69-2, achetés à moitié prix à la Chine en 1987, devraient servir de récifs artificiels pour les poissons du golfe. (Voir la vidéo en anglais)….

Initié par la reine Sirikit, ce programme de préservation de la biodiversité est-il un acte insolite ? Réponse de Yvon Morizur, de l'Ifremer (Institut français de recherche sur l'exploitation de la mer) : « En France, jusque dans les années 90, nous immergions des épaves de bateau pour servir de refuge aux poissons. Les différentes espèces sont attirées par l'enceinte qui leur sert d'abri. » L'idée : créer un environnement semblable à celui d'un récif de corail avec des espèces qui recouvrent les parois. Aujourd'hui, en France, la tendance est davantage à la construction de structures en béton avec des alvéoles. Un programme est mené à l'île de la Réunion depuis 2007. Le biologiste de l'Ifremer ajoute toutefois : « Après, dans le cas de gros tas de ferraille, il peut y avoir des risques de pollution. Certaines pièces se détachent et s'échouent sur les plages. »….

Le 17 août 2010 : A Paimpol, éoliennes offshore avec récifs artificiels

« Le parc éolien est une belle opportunité » (Ouest France)

Sur la carte, la zone proposée par l'État, en rouge, au nord-est du Grand-Léjon. Et celle proposée début juillet par le comité régional des pêches, « de moindre contrainte », en bleu, au nord de la zone. Yannick Hémeury a choisi la première. Yannick Hémeury, président du comité local des pêches de Paimpol, explique pourquoi, selon lui, le projet de parc éolien en baie de Saint-Brieuc est une chance, même près des côtes. Pourquoi ? Comment ?

Quel est l'état actuel du projet ? L'État a proposé deux zones en Bretagne pour accueillir un parc éolien : face à Saint-Brieuc et Saint-Malo. En juillet, le comité régional des pêches a proposé qu'elles soient fusionnées en une seule grande zone de « moindre contrainte », plus au large. « Mais à ce moment, nous n'avions pas encore toutes les cartes en main », affirme Yannick Hémeury. Depuis, deux réunions à la préfecture de région ont précisé le cahier des charges du projet, après proposition des pêcheurs.

Quelles sont les avancées ? « Il y a de nombreuses évolutions positives, l'État lâche du lest dans les négociations. » Yannick Hémeury cite notamment l'autorisation de pêcher autour des éoliennes à 50 m, l'installation d'un observatoire maritime pour mesurer l'impact du parc... Et bien sûr, la question des indemnisations. « Le porteur du projet devra payer une indemnisation annuelle d'environ 1,1 million d'euros. 35 % seront versés directement au comité national des pêches, et dirigés vers des actions collectives en faveur des pêcheries impactées. » Il souhaite en outre réclamer une indemnisation supplémentaire de 10 % du chiffre d'affaires de chaque pêcheur pendant l'exploitation du parc…..

Et il rappelle que le cahier des charges impose la création de récifs artificiels au pied des éoliennes pour augmenter la biomasse des homards. Ce qui permettrait, là aussi, aux pêcheurs de compenser leur perte de revenus.

Le 25 août 2010

Capbreton : Pêcher sans pécher (Sud-Ouest)

Les pêcheurs landais perpétuent une tradition ancestrale grâce à une activité raisonnée. De la « ville aux mille capitaines », il ne reste plus que 17 garants d'une tradition vieille de plus de six siècles. Autour du port de Capbreton, le nombre de pêcheurs a donc décliné au fil des décennies pour se réduire aujourd'hui à la portion congrue d'une activité devenue presque folklorique par rapport à ce qu'il pouvait s'y passer au Moyen Âge. Toutefois, cette culture a, au moins, eu le mérite de se perpétuer dans l'unique port de pêche du département. De plus, sa pratique s'inscrit dans un cadre raisonné où la sauvegarde de l'écosystème et la reproduction de la faune aquatique tiennent une place prépondérante......

Écosystèmes respectés - « Nous pêchons dans une zone comprise entre Labenne et Vieux-Boucau, à 2 milles maximum (environ 4 kilomètres) des côtes. Les 200 à 250 jours de pêche nous permettent de ramener 100 à 150 kilos de poissons au quotidien. Nous travaillons principalement au filet, mais aussi à la ligne pour attraper les plus gros poissons. » Ce qu'affirme l'ancien capitaine de « l'Arc-en-ciel » Michel Duhaa, Florent Michaut, biologiste marin et responsable des aquariums de l'écomusée de la ville, nous le confirme : « Actuellement, les deux méthodes de pêche utilisées sont restées les mêmes depuis plusieurs siècles. La seule différence, c'est que l'on attrape la même quantité de poissons aujourd'hui, avec 150 filets, qu'il y a des centaines d'années avec trois. » Les prises sont donc de moindre quantité mais la qualité et la diversité de ces dernières permettent encore de vivre de ce travail pour le marin capbretonnais : « Selon l'époque, on peut pêcher des bars, des congres ou de la dorade, mais à chaque fois, nous utilisons des filets adaptés à l'espèce qui nous intéresse pour que les autres poissons puissent survivre. Il m'est parfois arrivé de rejeter de magnifiques spécimens car ils étaient tout simplement beaux. Il faut s'efforcer de faire attention car cela peut paraître bête, mais plus on pêche de poissons et moins il y en a, ce qui rend leur survie plus difficile. Nous pratiquons donc une pêche raisonnée, à la différence des chalutiers », qui, selon Florent Michaut, « portent atteinte à l'environnement en raclant les fonds marins, ce qui détruit les œufs de poissons qui y sont déposés. »

Pour assurer la survie des différentes espèces, pêcheurs, scientifiques et autorités locales, réunis autour de l'association Landes Récifs, ont mis en place des buses en béton au large des côtes, créant ainsi un environnement propice à la reproduction des poissons.

L'écocitoyenneté et le respect de la nature passeraient donc avant la productivité, dans une profession rendue difficile par une concurrence basque ou girondine aux moyens sans commune mesure. Dans ce monde de requins, l'initiative des pêcheurs landais, préférant la vision de l'horizon à celle de leur portefeuille, est donc à saluer.....

Le 29 août 2010

Planteur de récifs (Le Monde Magazine)

Un plongeur, lors de l'installation de trois récifs artificiels Typi supplémentaires à Capbreton, le 30 juin.

Gérard Fourneau a deux passions : la chasse à la bécassine dans les marais de l'Adour et le surf casting sur la côte landaise. C'est la pêche au lancer depuis le bord de mer. "De préférence la nuit, de préférence à partir d'octobre. On lance dans la vague à 100-120 m avec des plombs de 125-150 g. C'est physique." Bars, soles, dorades, congres, maigres, petits turbots, bonites ne manquaient pas et le plaisir était d'autant plus grand que la pièce était grosse et combative. "Jusqu'en 1993, je n'étais jamais bredouille. Après cinq ou six heures de pêche, je ramenais toujours quelque chose." Et puis les prises se font plus rares, il doit se rendre à l'évidence : le poisson est parti. Retraité du personnel civil de l'armée, ce n'est pas un homme à se laisser abattre. Comment faire revenir la faune sur les fonds plats et sableux des Landes ? Gérard Fourneau avait entendu parler des récifs artificiels que les Japonais installent apparemment avec succès autour de leur archipel.

En 1996, il crée une association loi 1901 – Aquitaine Landes Récifs (ALR) – regroupant des pêcheurs traditionnels et de surf casting, des plaisanciers, des plongeurs, des biologistes, tous mobilisés pour la protection de la faune avec le soutien de la région et du département. Sa mission : installer des récifs artificiels sur la côte landaise, favoriser le repeuplement et protéger la faune et la flore marines.

Un récif artificiel se définit comme une "structure immergée, placée délibérément sur le fond de la mer pour mimer les caractéristiques des zones naturelles". Elle entraîne toute une série de modifications physiques et biologiques du milieu et permet l'installation de réseaux trophiques créant un nouvel écosystème. Le récif devient un nouvel abri, une aire de ponte, de fixation, d'alevinage et de grossissement…..

En novembre 2007, avec l'aide de Patrick Trentin, un patron pêcheur de Capbreton, une pêche expérimentale a été réalisée autour des récifs de Soustons – Vieux-Boucau et Messanges – Moliets. "Nous avons mis trois filets de 400 mètres sur chaque récif, un au milieu, un vers la côte et un vers le large ainsi que sur une zone témoin entre les deux concessions." Bilan : 160 kilos pêchés et 31 espèces recensées avec, aux trois premières places, le tacaud, le maigre et le griset (dorade grise) – mais aussi de la baudroie, de la seiche, du saint-pierre, du grondin, du merlu, de la raie, de la bonite, du lieu, du bar…

Aquitaine Landes Récifs Site Web : www.aquitaine-landes-recifs.fr

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Le 8 décembre 2010

Sète. Sylvain Pioch : « Il y a ici les fonds rêvés pour implanter des récifs » (Midi Libre)

A Sète, la pêche chalutière est souvent montrée du doigt quand il s'agit d'expliquer l'absence de récifs artificiels. Qu'en pensez-vous ? Je n'adhère pas à cette thèse. Les patrons de chalutiers sont des pêcheurs comme les autres : ils croient en ce qu'ils voient. À partir du moment où l'efficacité d'un dispositif est prouvée, ils n'ont aucune raison de ne pas y adhérer. Entre Agde et Marseillan (où des récifs artificiels ont été implantés dès le milieu des années 1990, Ndlr), on a constaté le retour des poissons 'de sable', soles, turbots, ainsi que des pointus (les escargots, Ndlr) qui constituent une véritable richesse pour les petits-métiers. Même si ce sont là des retours empiriques, issus des constats faits par les pêcheurs et dont ils discutent entre eux. Pour les preuves scientifiques, il faudra attendre encore un peu, mais ce dont on est sûr, c'est qu'il ne s'agit pas d'une concentration ponctuelle, qui évoluerait, mais bien d'une 'production' liée aux récifs. Ces premiers constats démontrent aussi deux choses : d'une part que l'implantation de récifs n'a pas généré de destruction des fonds meubles et qu'il faut en revanche établir un plan de gestion des zones ainsi protégées pour éviter un afflux trop important de pêcheurs.

Existe-t-il des récifs adaptés au chalutage ? À ma connaissance non. Il y a certes des récifs qui ne feront pas couler le navire mais celui-ci laissera tout de même son filet au fond. Quant aux récifs plats testés jusque-là, ça ne marche pas. La solution pour s'adapter au chalutage serait d'implanter les récifs par lignes, pour chaluter au centre, ou en îlots. Mais on peut aussi imaginer essaimer des récifs sur des zones inintéressantes pour les chalutiers, celles qui sont couvertes de vase par exemple. Au Japon, ça chalute énormément plus qu'ici et, même si les fonds ont été malmenés, comme partout, il reste des espèces côtières. Mais cela a un prix : ils ont mis en place une gestion draconienne de la ressource, qui permet à 500 000 pêcheurs d'en vivre.

Pensez-vous que la côte sétoise est adaptée à la mise en place de récifs artificiels ?....

Nous (la société Egis Eau, Ndlr) avons mis au point des récifs de 2e génération très ciblés et déposé le brevet de structures composées d'un béton mêlé de coquilles d'huîtres du bassin de Thau.

Avez-vous eu à ce jour des contacts avec des pêcheurs ou des élus sétois ?...

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Le 28 janvier 2011

Récifs artificiels en Charente-Maritime (Sud-Ouest)

« Depuis que nous avons immergé les récifs artificiels, il y a deux fois plus de poisson. » Le comptage de Gérard Fourneau n'est pas, à proprement parler, scientifique.

Mais toutes les plongées effectuées sur les sites que l'association Aquitaine Landes Récifs (ALR) a retenus ont conclu à l'abondance du poisson sur ces installations inspirées de techniques où les Japonais excellent.

La première immersion a eu lieu en 1999. En une décennie, ALR a mis à l'eau 2 200 mètres cubes d'installations, des abris béton en forme de tipi. Trois sites ont été retenus, à Capbreton, Soustons-Vieux-Boucau et Messanges-Moliets.

Acteurs côtiers - Des structures immergées au fond pour mimer les caractéristiques des zones naturelles. Ainsi se définissent ces récifs artificiels avec lesquels l'ALR a ouvert une voie sur le golfe de Gascogne.

L'initiative pourrait faire école. Gérard Fourneau recevait cette semaine la visite de Cédric Hennache, qui, depuis le printemps dernier, est chargé d'étudier les possibilités d'aménager la bande côtière en Charente-Maritime. Une mission qui échoit au Centre régional d'expérimentation et d'application aquacole (CREAA), un centre technique basé au Château-d'Oléron. Le département de la Charente-Maritime et le Conseil régional Poitou-Charentes sont parties prenantes.La première étape de cette prospection a consisté à rencontrer les acteurs côtiers. Marins pêcheurs professionnels, pêcheurs de loisir, conchyliculteurs, plongeurs, scientifiques, universitaires, fonctionnaires de la Direction des territoires de la mer ont fourni leur perception des richesses et des faiblesses de la côte, ils ont livré leur perception des interactions entre les différents usagers, et ont donné leur sentiment sur les récifs et leur éventuelle installation en Charente-Maritime….

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Le 3 février 2011

Récif artificiel : Le projet "Corail Guadeloupe" est lancé ! (EDF Archipel Guadeloupe)

A l’instar de ce qu’elle fait à la Réunion, EDF va contribuer à la reconstitution du milieu corallien en Guadeloupe à partir de poteaux électriques recyclés.

EDF a noué, le 18 janvier 2011, un partenariat avec le Port Autonome et le Comité des Pêches de Guadeloupe pour créer des zones de récifs coralliens artificiels grâce à l’immersion de ses anciens poteaux électriques en béton (matériau inerte, qui ne pollue pas les fonds marins). Préalablement concassés, ces poteaux sont déposés au large des côtes de façon à fournir aux poissons des conditions de protection comparables à celles des barrières de corail, hélas fortement endommagées sous l’effet des pollutions et du réchauffement climatique.

A la Réunion, où est né ce projet « Corail », l’opération a montré ses bienfaits sur la biodiversité marine : deux ans après l’implantation de récifs artificiels près du littoral, les associations de pêche constatent un regain des ressources halieutiques. L’opération, dont l’intérêt environnemental est évident, a également un impact économique positif : les activités de pêche et de plongée bénéficient en effet directement de la vie sous-marine (faune et flore) qui vient se fixer le long des structures de béton.

En Guadeloupe, comme à la Réunion, les immersions des pylônes recyclés d’EDF se feront en concertation étroite avec tous les acteurs locaux, en particulier avec les associations de pêcheurs et les autorités portuaires.

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Le 28 février 2011

Agde. Dans les récifs artificiels cohabitent près de 50 espèces (Midi Libre)

Près d'un an et demi après l'immersion de nouveaux récifs artificiels au large du Cap d'Agde, une réunion s'est tenue mercredi matin, en mairie. Elle concerne le suivi scientifique de cette opération, mené en grande partie par l'équipe de l'Adena, dirigée par Renaud Dupuy de la Grandrive. Une étude qui se veut la plus complète possible puisque des relevés ont été effectués au préalable en 2009, avant l'installation des récifs, puis un an plus tard, pour évaluer avec précision l'impact du projet sur le milieu naturel.

Face aux élus de la commune - Sébastien Frey, Richard Druille, Christian Théron - et les représentants des divers organes consultés, comme le premier prud'homme pêcheur d'Agde, Guy Mirette, Sylvain Blouet a rappelé : « Cette immersion a deux buts : écologique mais aussi professionnel, avec la volonté de soutenir la pêche locale ».

Les premières constatations effectuées par les scientifiques sont très positives....

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Le 27 avril 2011

Quand des rames de métro deviennent des récifs artificiels (20 Minutes)

INSOLITE - Question: qu'est-ce qui, en 7 ans, a permis de multiplier par 400 la quantité de nourriture marine dans une zone marine? Réponse: des rames de métro usagées. Depuis 2001, la faune marine se réjouit des récifs artificiels qui lui servent d'abris...

Des centaines de rames du métro New-yorkais se sont retrouvées à 25 mètres sous l’eau, à quelques 30 km au large du Delaware. Elles aident à transformer un fond stérile de l’océan en un riche milieu aquatique rempli de moules, d’éponges marines et autres mollusques. «C’est une résidence de luxe pour poissons», explique au New York Times Jeff Tinsman, qui dirige le programme de récif artificiel du Département des ressources naturelles et du contrôle de l’environnement du Delaware. Au cours des dernières années, les récifs artificiels ont attiré des poissons de haute mer qui y chassent de petites proies. Les écologistes se posent néanmoins des questions concernant la pollution. L’American Littoral Society, une association de protection du littoral, préfère les rochers naturels et les blocs, plus sûrs. Elle est opposée à l’usage des rames à cause de l’amiante présente dans la colle des parois. Les autorités régionales et fédérales ont cependant approuvé l’usage des vieilles rames. Selon elles, seule la présence de l’amiante dans l’air est toxique pour l’homme. D’autres états américains sont aussi intéressés par l’utilisation des vieilles rames de métro. Mais un problème de taille se pose: y aura-t-il assez de vieux wagons?

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Le 10 juin 2011

Valras-Plage. Une matinée de pêche sur les récifs artificiels (Midi Libre)

L'association de protection plaisance pêche (APPP) s'est fortement investie pour la mise en place de récifs artificiels au large de Valras-Plage, grâce au financement de la commune, aidée par les subventions européennes, départementales et régionales. "Après quinze années de procédures et l'opiniâtreté de l'adjoint Henri Caumes, les premiers modules ont été immergés en septembre 2006, sur deux zones de notre littoral", rappelle Jean-Paul Palacio, président de l'association des pécheurs plaisanciers.

Afin d'évaluer l'impact qu'apportent ces structures sur la faune, la flore et les différentes espèces, un suivi scientifique de cinq ans a été mis en place par la Ville. Une étude confiée a un organisme scientifique spécialisé, l'Adena.

Deux plongées sont programmées, une en hiver, l'autre en été ; des prélèvements spécifiques sont également effectués par les pécheurs professionnels. "Mais nous sommes fortement impliqués dans ce suivi (pêches orientées, prélèvements, contrôles, sorties spécifiques…) et participons chaque année à une réunion, au cours de laquelle, nous prenons connaissance des remarques observées durant la saison, avec projections de films sur les récifs, etc. Cette année encore, nous allons apporter notre concours lors d'une matinée spéciale pêche, ce samedi 11 juin, à l'issue de laquelle, les prélèvements seront enregistrés".....

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Le 24 octobre 2011

Fécamp : une colonisation abondante sur les récifs artificiels (Paris Normandie)

Les premières images des récifs artificiels du site d'Etretat viennent d'être projetées à la CCI de Fécamp/Bolbec (Chambre de commerce et d'industrie). Après trois années d'immersion les scientifiques ont pu constater que les structures (1 gros module de 54 m³ et 9 ans chaotiques de 16 blocs de 1 m³) sont d'une part en bon état et d'autre part ont été colonisées par des espèces pérennes avec l'apparition d'une anémone de mer « C'est un fait remarquable », note Didier Grosdemange, directeur de la société In Vivo en charge du suivi scientifique de l'opération menée par la CCI Fécamp/Bolbec et soutenue par la Région et le Département. Coupler les projets en mer Julien Dubreuil, chargé du projet pour In Vivo expliquait ce qu'il avait pu observer sur le site d'Etretat lors de deux plongées cet été avec le club subaquatique de Fécamp : « Ces anémones montrent que le processus de colonisation de la faune fixée est bien avancé et a recouvert l'ensemble des structures amenant la faune mobile abondante composée de crustacés et de poissons, des espèces d'intérêt commercial à forte valeur comme pour les homards, le bar etc. »

Fort de ces premières constatations le comité de pilotage peut envisager un avenir pour ce projet et se rapprocher notamment d'autres projets comme ceux des éoliennes en mer qui pourraient servir de support à ces récifs permettant ainsi le développement de ressource halieutique pour les pêcheurs mais présentant également un intérêt pédagogique que ne manqueront pas d'exploiter les spécialistes pour sensibiliser la population à ces réserves qui sont des zones interdites à la pêche....

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Le 15 novembre 2011

La Côte d'Ivoire lorgne sur les récifs artificiels du Cap Ferret (Sud Ouest)

Thérèse Ouattara est venue étudier les récifs artificiels du Cap Ferret avec l'association Scaphpro. La Côte d'Ivoire pourrait transposer le modèle sur ses côtes.

Elle reconnaît faire partie du « clan Ouattara » (1) et avoir « des liens sur plusieurs plans » avec l'actuel président de la Côte d'Ivoire (elle est notamment membre du parti écologique ivoirien). Mais c'est en sa qualité de représentante de l'organisation non gouvernementale (ONG) Jeunesse agricole africaine que Thérèse Ouattara est venue jeudi et vendredi au Cap Ferret.

Son but ? Étudier les récifs artificiels installés depuis 2001 par l'association Scaphpro en vue de développer le projet dans son pays. Les récifs artificiels sont des structures immergées délibérément sur le fond marin et dont les objectifs sont la protection, la régénération, la concentration, le développement des espèces.

« Nous en sommes à la phase de contacts techniques. À mon retour, je vais soumettre le projet au gouvernement et s'il l'accepte je reviendrai en mission officielle », explique cette quadragénaire qui se partage entre la Suisse où elle travaille comme assistante marketing et son pays où elle milite dans diverses associations venant en aide aux femmes.

Contactés sur Facebook

C'est à travers les réseaux sociaux que Thérèse Ouattara a découvert il y a quatre mois le travail de Scaphpro et s'est mise en relation avec son président Jean-François Marailhac. « Cela faisait longtemps que je cherchais un moyen de revitaliser nos fonds sous-marins, lutter contre l'érosion et la pollution des eaux, renouveler les espèces en voie de disparition et proposer une sortie de crise pour les jeunes en difficulté », explique Thérèse Ouattara....

------ 8 décembre 2011 ------

A Tanger, le Roi du Maroc fait coup double dans la pêche : Un port et des récifs artificiels....

Un nouveau port de pêche...

Tanger en phase de reconquérir sa place de pôle de pêche (Aufaitmaroc)

Le nouveau port de pêche de Tanger, dont les travaux de construction ont été lancés le 6 décembre 2011 par le Roi Mohammed VI a pour objectif de redynamiser une activité de première importance pour l'économie de la région et qui pâtit de l'insuffisance des infrastructures dédiées. Une enveloppe de plus d'un milliard de DH a été allouée au projet. La capacité actuelle dédiée à la pêche, soit 710 mètres linéaires de quais, 4,5 hectares de terre-pleins et 6 hectares de bassins, est devenue trop exiguë.

Selon les chiffres de la délégation régionale des pêches, plus de 7.000 marins exercent sur une flotte locale de quelque 430 bateaux de pêche côtière et hauturière, 412 bateaux de pêche artisanale et 7 corailleurs. La zone portuaire compte 28 usines liées aux produits de la pêche, employant quelque 6.000 ouvriers. Les prises annuelles enregistrent une moyenne de 12.000 tonnes de poissons.

Le nouveau port de pêche sera adossé à l'actuelle zone portuaire Tanger-ville et offrira 1.167 mètres linéaires d'ouvrages de protection, 2.537 mètres linéaires de quais et d'appontements, 11 hectares de bassin et 12 hectares de terre-pleins.

Des récifs artificiels....

Le Roi lance les travaux d'aménagement et d'immersion d'un récif artificiel à Martil (Aufaitmaroc)

Le chef de l'Etat a procédé, hier mercredi, au lancement des travaux d'aménagement et d'immersion d'un récif artificiel du type industriel au large de la ville de Martil, d'un coût global de 37,5 millions de dirhams (MDH).

S'inscrivant dans le cadre de la mise en œuvre du programme portant sur le renforcement des outils et moyens de protection des ressources halieutiques nationales de la nouvelle stratégie de développement du secteur de la pêche maritime, Plan Halieutis, ce projet sera réalisé sur une superficie totale de 52 ha, à environ un kilomètre de la côte, au Sud-Est de Capo Negro et à une profondeur variant entre 21 et 40 mètres. La pose des récifs devra prendre fin en mars 2012.

Ce projet sera financé par le Fonds de développement des pêches.

Le Roi s'est enquis par la même occasion du programme d'aménagement des pêcheries à travers des récifs artificiels, qui mobilise des investissements de 500 MDH. Ce programme prévoit la création, à l'horizon 2020, de 19 récifs artificiels de type artisanal et de 10 récifs artificiels de type industriel.

Le Souverain a suivi également des explications sur le programme de repeuplement des récifs artificiels en poissons, doté d'une enveloppe budgétaire de 100 MDH destiné à assurer le renouvellement des ressources halieutiques des zones côtières marocaines. Ce programme vise notamment la reconstitution des populations des espèces en déclin (mérou, denté, loup, maigre)....

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Martil : Des récifs artificiels pour repeupler les fonds (L’Economiste)

Les récifs artificiels seront installés à un kilomètre de la côte, à proximité de vue de la Koudia Taifour à Cabo Negro

C’est un projet original et inédit que celui initié à Martil par le département de la Pêche. Il s’agit de l’installation près du littoral de récifs artificiels à Martil. Le projet, mené conjointement avec l’Institut national de la recherche halieutique (INRH), a pour objectif d’aider à la reconstitution et la réhabilitation du milieu marin. Il devra aussi aider à la préservation et au renforcement de la biodiversité marine ainsi que l’exploitation rationnelle des ressources biologiques de la région de Martil. Par ricochet, le projet devra aussi aider à améliorer le revenu des pêcheurs de la zone tout en développant des activités ludiques comme la plongée sous-marine.

A Martil, le site ciblé, dont les travaux d’immersion ont été lancés par le Souverain hier mercredi, aura une superficie de 52 hectares avec des profondeurs variant entre 21et 40 mètres. La «plantation» sous-marine est située à un kilomètre au sud-est des côtes de Cabo Negro. Les travaux ont été confiés à la société Somagec-sud. Cette dernière utilisera sa base au niveau du port militaire de Ksar Sghir, dont elle vient de finaliser les travaux pour fabriquer les modules des récifs et les acheminer ensuite par voie terrestre vers le port de Mdiq et de là, via des barges dédiées, au site en question.

L’agencement comprend une ceinture de protection réalisée à l’aide de simples tétrapodes comme ceux utilisés pour les travaux maritimes. L’espace de vie sera fait avec des cubes en béton de 1,5 mètre de côté. Ces cubes disposent de perforations de diamètres différents pour permettre aux différentes espèces de poisson d’y trouver refuge. L’aménagement de ces récifs s’est fait en tenant compte des spécificités des différents types de poisson ciblés. Dans le cas des récifs de Martil, c’est le mérou qui est en tête des espèces à protéger. Ce poisson évolue dans des profondeurs différentes en fonction des stades de vie et des saisons. En résumé, le mérou préfère évoluer dans des profondeurs plus basses en hiver. D’où l’aménagement en deux niveaux de récifs artificiels, un à 20 mètres et l’autre à 42 mètres, reliés par un corridor. Les sites conservent malgré tout un potentiel d’accueil important pour d’autres espèces de poissons, selon les promoteurs du projet. Le coût total de l’opération est de 37,5 millions de DH et les travaux de pose devraient être finalisés dès le mois de mars 2012….

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Le 17 décembre 2011

Sanguinet : Des récifs artificiels créés dans le lac (Sud-Ouest)

Sur un naturel aux caractéristiques remarquables de par son étendue de plus de 5 500 hectares et dont la topographie est assez uniforme avec peu de relief marqué, « les poissons ont besoin de trouver, au cours de leur cycle biologique et des saisons, des habitats de différentes natures et structures pour s'épanouir ». L'AAPPMA locale, avec la collaboration de la Fédération départementale de pêche des Landes et la mairie de Sanguinet, afin de remédier à la faiblesse d'habitats présents, a décidé d'améliorer le potentiel d'accueil en réalisant des récifs artificiels.

« Ce type d'expérience, précisent les responsables de la Fédération landaise, a déjà été expérimenté en mer, notamment à Hossegor, Mimizan et Capbreton, mais également en eau douce sur le lac de Mimizan. Techniquement, cela va consister en la création d'une dizaine de récifs par empilement aléatoire de plusieurs centaines de blocs de béton de tailles différentes. Il faut savoir que le béton a été retenu car c'est un matériau inerte qui possède une très bonne tenue dans la durée sans aucun échange néfaste à l'environnement. »

Initiée en 2010, la démarche de création de récifs au fond du lac aura duré plus d'un an pour régler partie administrative et technique. Aujourd'hui, les pêcheurs sont passés à l'action pour une première opération (1) réalisée la semaine dernière (entre le 6 et 9 décembre) dans des conditions météo relativement difficiles.

16 tonnes de béton

Une dizaine de bénévoles ont été mobilisés pour larguer les 16 tonnes de béton acheminés au port de l'Estey. Pour ce faire, le Centre de recherche et d'études scientifiques de Sanguinet (CRESS) a collaboré en fournissant sa barge, son annexe et une aide humaine, ainsi que les plongeurs indispensables au suivi technique des récifs. Financièrement, cela a nécessité un budget d'environ 5 000 euros réparti entre la mairie, l'AAPPMA, la Fédération départementale et la Fédération nationale pour la pêche en France (FNPF). Dans le temps, des opérations de plongée sont prévues afin de suivre le devenir des récifs et leur colonisation tant par la flore que la faune pour composer de nouvelles chaînes alimentaires et voir prospérer la vie piscicole. Francis Nin

(1) Une seconde opération aura lieu en juin 2012

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Le 21 février 2012

La Mairie de Marseille porte un projet de récifs artificiels !

L'opération, d'un coût total de 8 millions d'euros s'étend sur une zone de 200 hectares, située entre les îles du Frioul et la baie du Prado. Elle constitue le plus grand récif artificiel constitué d'Europe....

Récifs artificiels à Marseille: la biodiversité en hausse de 30% (AFP)

L'immersion de près de 30.000 m3 de récifs artificiels au cours de l'été 2008 dans la rade de Marseille a donné lieu, trois ans plus tard, à une hausse de 30% de la biodiversité, a annoncé jeudi Emilia Medioni, ingénieur en charge du suivi du projet.

La présence de ces quelque 200 hectares d'habitat artificiel pour la faune et la flore, situés entre les îles du Frioul et la baie du Prado, constitue le plus grand récif artificiel constitué d'Europe, a précisé Didier Réault, conseiller municipal (UMP) délégué au nautisme, aux plages et au parc national des Calanques, lors d'une conférence de presse.

Grâce à cet aménagement marin immergé à 30 mètres de profondeur, la quinzaine d'espèces commerciales les plus importantes et les plus prisées des pêcheurs, parmi lesquelles les mostelles, les congres, les sars, les daurades, ont fait leur retour dans la rade, a ajouté Mme Medioni, du service mer et littoral de la ville de Marseille.


Récif artificiel de Marseille une 1ère en France par yannaki

Selon M. Réault, on est dans un peuplement similaire à de l'habitat littoral marin, qui a été beaucoup plus rapide que ce qu'espéraient les scientifiques et les pêcheurs professionnels ou amateurs.

On constate le retour du mérou, lentement, mais c'est un très bon signe, s'est-il félicité, ne pensant pas voir autant d'espèces, en si grand nombre et si rapidement.

Pour expliquer cette rapide acclimatation, M. Réault a mis en avant un système de protection respecté et la situation de la zone sur une branche du courant ligure qui amène beaucoup d'espèces.

L'élu a écarté l'éventualité d'un accès des pêcheurs à la zone. A l'origine du projet, deux zones de même taille étaient prévues: l'une sanctuaire, où toutes les activités étaient proscrites à l'exception de la navigation de surface, et une seconde, où les activités étaient interdites jusqu'au 31 décembre 2012 avant de devenir une zone de pêche réglementée.

L'expérience marseillaise s'inspire du modèle japonais, qui compte 20 millions de m3 de récifs artificiels. Différence notable, ils sont installés dans une logique de production et financés par les coopératives de pêche.

L'opération, d'un coût total de 8 millions d'euros (dont 2 millions pour le suivi), est financée par le fonds européen pour la pêche (40%), l'agence nationale de l'eau (30%), la ville de Marseille (20%) et la région (10%).

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Le 20 mai 2012


L’année 1968. C’est aussi celle d’une révolution, certes nettement plus modeste : pour la première fois en Europe, un récif artificiel est immergé, au large de Palavas.

Un bric-à-brac "de vieux bureaux d’écoliers et de carcasses de voitures", se souvient l’élu régional André Lubrano qui y a participé. "Tous les acteurs sont en train de repenser la politique d’immersion du littoral languedocien qui compte 30 000 m3 de récifs, soit 12 piscines olympiques, pour un coût de 8 M€, dont 1,8 M€ de la région", confirme André Lubrano.

En clair, ça a démarré fort mais la France a pris du retard par rapport à d’autres pays : Etats-Unis (20 000 km2 aménagés, 80 plateformes pétrolières coulées, 17 millions de pêcheurs récréatifs et un chiffre d’affaires 7 fois supérieur à la pêche pro), Portugal (volonté de doubler les 42 km2 actuels), Espagne, Italie...

Sur notre côte, plusieurs communes, à l’instar de Saint-Cyprien et Argelès, ont des projets. Les petits métiers de la pêche voient d’un bon œil ce vivier à portée de main. Un aquarium en mer attire aussi plongeurs et pêcheurs plaisanciers.

La négociation sur les financements, y compris européens - qui s’étaient taris - bat son plein. Mais il faut d’abord définir une politique globale, élaborer un plan de gestion pour limiter les conflits d’usage et mettre au point une évaluation scientifique standardisée. C’est pourquoi la Région finance une étude (230 000 €) sur l’efficacité de ces habitats artificiels.

Sous l’égide de Philippe Lenfant, chercheur à l’Université de Perpignan, deux scientifiques étudient deux sites pilotes : à Agde dans la réserve naturelle gérée par une association, l’Adéna, et à Argelès-sur-Mer.

Le fruit de leur travail sera connu fin 2012. Les premiers résultats sont concluants : des bancs de poissons, notamment de sars (à 15 €/kg, c’est économiquement intéressant), se sédentarisent, certaines espèces de poissons de roches ou de poissons plats y sont bien présentes (rougets, soles). Ils ont le couvert en plus du gîte.

"Les sars ont été équipés d’émetteurs. On a eu ainsi pendant des mois leur position en temps réel. Ce qui a permis de savoir combien de temps ils restent dans les récifs ; le nombre d’échanges qu’ils ont eus et le temps qu’ils passent de la zone naturelle à la zone artificielle."

Mieux, "la ressource qui y est produite a l’air de compenser les aléas de la pêche et la raréfaction de la ressource. Les pêcheurs locaux vivent moins difficilement de leur pêche", note Philippe Lenfant.

Le chercheur précise que ces récifs, qui ne sont pas que des concentrations de poissons, ont une action bénéfique sur les zones sablonneuses. "Ces modules semblent avoir une fonction de protection de la biodiversité." L’avenir est aux récifs très élaborés avec tailles et formes adaptées aux espèces.

Du sur-mesure et un espoir pour la Méditerranée.

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22 juin 2012

Des récifs artificiels pour le poisson charentais (Sud Ouest)

Ils seront immergés au large de la pointe d'Oléron, à titre expérimental.

Petit poisson deviendra grand. A fortiori s'il trouve un abri où se réfugier. « Quand un poisson se sent en sécurité, il reste. » Foi de marin pêcheur. Commentaire du président du Comité régional des pêches maritimes de Poitou-Charentes, pour être précis. On comprend donc tout l'intérêt que Michel Crochet porte à l'expérimentation de récifs artificiels dans les eaux charentaises-maritimes. À l'initiative du Conseil général de la Charente-Maritime, le Centre régional d'expérimentation et d'application aquacole du Château-d'Oléron travaille depuis deux ans sur le projet d'implanter ces structures modulaires en béton.

Une « enquête patrimoniale » a tout d'abord été réalisée auprès des acteurs de la bande côtière, notamment les pêcheurs professionnels et les pêcheurs de loisirs. Elle a fait émerger un avis favorable au principe, à 87 %. Il s'est agi, dans une deuxième phase, d'identifier quel objectif était souhaité.

« Booster les populations »

« En Méditerranée, par exemple, les récifs sont installés pour réhabiliter des habitats dégradés. Le problème ne se pose pas vraiment en Charente-Maritime, explique le chargé de mission Cédric Hennache. En revanche, il apparaît ici l'envie de tester les récifs dans l'optique de booster les populations halieutiques. » La voie est donc tracée. Et un site a été retenu, en concertation avec le Comité régional des pêches : un carré de 500 mètres de côté délimiterait la concession dans laquelle seraient déposés les récifs, sur un carré de 50 mètres de côté. Le tout est localisé en bordure du plateau de Chardonnière, dans le nord-ouest d'Oléron, à une dizaine de kilomètres de la côte, et sur une profondeur de 30 mètres. Des fonds sableux et nets, proches d'une épave qu'ont colonisée plusieurs espèces de poissons et crustacés.

« Cette proximité est importante pour les professionnels, souligne Michel Crochet, soucieux de conjuguer l'avancée technique et les habitudes des patrons de pêche. Les récifs ne leur poseront pas de contraintes supplémentaires : ils les éviteront en même temps que l'épave. » Le président du Comité régional imagine déjà, dans ce schéma de gestion raisonnée de la mer, « la recrudescence du homard », par exemple, que travaillent quelques bateaux cotinards.

Phase expérimentale

Sur l'échéancier, la phase expérimentale à proprement parler doit s'ouvrir dans les douze prochains mois. Une étude de référencement sera alors réalisée. C'est un état zéro qui pose la photographie des espèces et des densités présentes. Si les financements suivent, 2014 verrait la fabrication des récifs. Déjà, des élèves du lycée de l'Atlantique de Royan planchent sur l'un des modèles envisagés pour le test. L'année 2015, elle, serait consacrée au suivi du récif et à la comparaison de son peuplement avec les résultats de l'étude de référencement....

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En France, les premiers récifs ont été immergés dans les années 1990. La très grande majorité des sites sont situés sur la côte méditerranéenne (une vingtaine). Les plus gros projets, au large de Marseille, couvrent plus de 200 hectares. Tandis qu'en Atlantique et Manche, il n'existe que quelques sites, de taille bien plus modeste.

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Colloque euro-méditerranéen sur la gestion des récifs artificiels

Du 5 au 8 février 2013

Marseille (13) - France

Marseille accueille le 1er colloque euro-méditerranéen de gestion des récifs artificiels.

Gestionnaires de sites de récifs artificiels, élus, porteurs de projets, pêcheurs, plongeurs, scientifiques, éducateurs de l'environnement, institutionnels : venez partager votre expérience dans un forum et participer dans les ateliers à une réflexion partagée sur les récifs artificiels et leur gestion...

Pour toutes informations, cliquer Ici

Présentation

Marseille met en œuvre depuis plus de 10 ans une politique de préservation et de valorisation de son littoral et du milieu marin. Une des premières actions phare a été l'opération RECIFS PRADO, le plus important, en terme de volume, programme d'immersion de récifs artificiels de Méditerranée. Elle gère cette zone au quotidien et a constaté un réel besoin de mettre en contact les gestionnaires de récifs artificiels et de créer un lieu d'échanges et de rencontres. Elle a donc décidé d'organiser un colloque euro-méditerranéen sur les récifs artificiels pour :
  • échanger sur le rôle des récifs artificiels pour une gestion durable et responsable des ressources et les indicateurs nécessaires,
  • créer un lieu de rencontres pour les porteurs de projets, les gestionnaires, les pêcheurs,
  • échanger sur les expériences de chacun et comparer les actions développées dans chaque pays,
  • élaborer des propositions concrètes.
De nombreuses zones de récifs artificiels manquent d'outils et de moyens pour assurer leur suivi. Le colloque doit permettre de confronter les méthodologies de gestion et de suivi des zones de récifs AMP, voire établir des jumelages techniques afin de créer des solidarités entre gestionnaires de sites.

Il existe un réseau de chercheurs sur les récifs artificiels (EARRN). L'objectif serait d'obtenir à l'issue du colloque la création d'un réseau complémentaire de gestionnaires des sites de récifs artificiels au niveau méditerranéen et européen.

Contexte national et international

Au niveau national, l'Etat français a engagé en 2011 une concertation pour définir sa doctrine et ses orientations stratégiques pour les récifs artificiels sur la façade méditerranéenne française a rendu ses conclusions fin 2011. Une journée de rencontres a été organisée en octobre 2011 avec les gestionnaires français.

Début 2012 a été organisé en Italie un workshop de la FAO sur les récifs artificiels par la Commission Générale des Pêches.

Au niveau international, en 2013, se tiendra en Turquie le 10ème CARAH (conférence internationale sur les récifs artificiels et les habitats artificiels).

Dates et lieu

Le colloque se tiendra à Marseille, au palais du Pharo, du 5 au 7 février 2013 (sortie de terrain le 8 février).

A qui est destiné ce colloque ?

Cette manifestation est réservée aux professionnels, avec obligation de s'inscrire à l'avance.

Vous êtes :

        un gestionnaire d'un site de récifs artificiels,
        un porteur d'un projet,
        un représentant d'une institutionnel publique,
        un scientifique impliqué dans les programmes de suivi,
        une structure animatrice pédagogique,
        un représentant d'instance de pêche professionnelle, de loisirs, ou de plongée sous-marine,
        un élu d'une collectivité intéressé par les récifs artificiels,
        une entreprise spécialisée

Ce colloque vous intéressera et vous mettra en contact avec des professionnels, des gestionnaires de récifs artificiels et des décideurs.

Eco responsabilité et utilisation d’une taxe carbone pour le milieu marin

Ce colloque se veut être autant que possible un évènement exemplaire sur l’éco-responsabilité. L’empreinte carbone de ce colloque sera évaluée et les crédits carbones compensateurs seront investis dans un projet de création d'un sentier sous-marin équipé de récifs artificiels, répliques à taille réduite de ceux immergés au large de Marseille.

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