lundi 2 janvier 2012

Pêche minotière. A M. Philippe Cury, directeur de recherche à l’Ird: «Il faut appeler un chat un chat!»

A M. Philippe Cury, directeur de recherche à l’Ird : « Il faut appeler un chat un chat ! »

Le 1 janvier 2012, le Danemark a pris la présidence de l’Union Européenne. Au cours de son mandat de 6 mois, ce grand pays de pêche veut convertir l’Europe à l’économie verte.

Spécialisé dans les pêcheries de petits pélagiques (capelan, hareng, sprat…), le Danemark est concerné de près par l’étude internationale « Global Seabird Response to Forage Fish Depletion—One-Third for the Birds » publiée en décembre 2011 dans la revue Science et coordonnée par le français Philippe Cury, directeur de recherche à l’Ird (Institut de recherche pour le développement).

Avant de donner des leçons de pêche durable aux autres pays de l’Europe Bleue, les danois feraient bien de lire attentivement cette étude… Lire attentivement la globalité de cette étude et non le communiqué de presse ambigu de l’Ird : La surpêche menace la survie des oiseaux marins, qui parle de « Surpêche » des petits pélagiques (sardine, anchois, hareng…) sans citer une seule fois « Pêche minotière », vocation première des petits pélagiques dans le monde et grande spécialité de l’industrie danoise (qui transforme plus de la moitié de ses captures en farine et en huile pour l’alimentation des poissons d’élevage).

Une étude internationale sur la "faim" des oiseaux marins coordonnée par Philippe Cury, chercheur à l'IRD, a été publiée le 23 décembre 2011 dans la revue de référence Science sous le titre « Global Seabird Response to Forage Fish Depletion—One-Third for the Birds » (que l’on peut traduire en reprenant l’article de la revue Pour la science : Réserver un tiers des poissons aux oiseaux marins)

La conclusion principale de cette étude est « Lorsque le stock de poissons (petits pélagiques) baisse en deçà du tiers de sa capacité maximale, les oiseaux de mer sont directement touchés et le nombre des oisillons chute. »

Par exemple, les Macareux (photo ci-dessus) ont quasiment disparu des côtes norvégiennes en raison de l’exploitation intensive du hareng…. Ce qui aurait pu être le cas en France sans l’intervention des pionniers de la LPO qui ont protégé ces oiseaux marins en Bretagne non pas du filet des pêcheurs mais du feu des chasseurs… Lire : Perros-Guirec : Quand les macareux étaient menacés d'extinction (Ouest France)

L'IRD communique sur la surpêche....

Dans le même temps, l’IRD informe la communauté francophone de cette publication prestigieuse pour son auteur dans un communiqué de presse sous le titre « La surpêche menace la survie des oiseaux marins »

Et voilà le résultat dans la presse française.... A l'exception de la revue scientifique "Pour la Science", tous les médias ont titré sur la surpêche avec des amalgames dans le texte. Au même moment, l'ONG Ocean 2012, satellite de la richissime fondation étatsunienne Pew trust, sortait un rapport avec une tout autre version de la surpêche : Surpêche : Quelles conséquences pour nous ? Festins d'antan... combien de recettes culinaires à base de poisson avons-nous perdues?


La Pêche minotière menace la survie des oiseaux marins et des communautés de pêcheurs

En parlant de Surpêche qui menace la survie des oiseaux marins, Philippe Cury fait un sacré raccourci qui induit le grand public en erreur. L’étude coordonnée par le directeur de recherche à l’Ird de Sète (reconnu pour son pessimisme voire son catastrophisme : Une mer sans poissons) concerne plus spécifiquement les ressources de petits pélagiques (sardine, anchois, hareng,…) dont se nourrissent les oiseaux marins et qui sont exploitées intensivement par les pêcheries minotières pour la fabrication de farine et huile de poisson.

Ces petits pélagiques essentiels à la biodiversité aviaire et marine ainsi qu'à la survie de nombreuses communautés de pêcheurs artisanaux et des populations dans les pays du Sud. Sardines, sardinelles, chinchard et autres anchois représentent des protéines alimentaires à bas prix dans les pays les plus démunis.

Le problème n’est pas la surpêche, mais bien l’existence de cette activité minotière qui affame les oiseaux marins et toutes les communautés côtières…

Au moment de la sortie de cette étude, les autorités du Chili (deuxième producteur mondial de farine de poisson après le Pérou) se posent la question d’abattre les lions de mer qui épuiseraient les ressources halieutiques selon l’industrie minotière…. Cette proposition a fait montée au créneau les ONG environnementales et la Conapach, principale organisation de pêche artisanale du pays, qui demandent plutôt une limitation de la pêche industrielle … Lire l’article : Au Chili, les lions de mer sont menacés‎.

Philippe Favrelière (texte modifié le 3 janvier 2012)

Autres articles :

Pour aller plus loin....

Le 2 Mai 2014

Déclin du Fou des Galapagos : Surpêche ou/et Cycle naturel de la sardine

Qui croire ?

Le journaliste de l'Afp rapporte que " le fou à pieds bleus, a vu sa population dangereusement décliner, probablement en raison de la surpêche..."

Les chercheurs indiquent dans le résumé de leur étude que " le nombre de sardines (nourriture principale des fous NDLR) a diminué dramatiquement durant les quinze dernières années, selon un cycle bien documenté et apparemment naturel. Il est donc possible que ce changement cyclique de l’abondance des poissons soit responsable des changements démographiques récents observés chez le Fou à pieds bleus des Galápagos."

Illustration tirée de l'article de Galapagos Conservancy : Ecosystem Restoration: Blue-footed Booby Population Analysis

Inquiétude pour le fou aux pieds bleus, un des symboles des Galapagos

Quito (AFP) - Une espèce d'oiseau marin emblématique de l'archipel équatorien des Galapagos, le fou à pieds bleus, a vu sa population dangereusement décliner, probablement en raison de la surpêche, ont affirmé mercredi les autorités locales.

Source : Sciences et avenir

"Nous sommes extrêmement préoccupés par ce que qui se passe avec cette population", a déclaré à l'AFP Victor Carrion, responsable de l'écosystème du Parc national des Galapagos, un ensemble d'îles situées dans l'océan Pacifique, à 1.000 kilomètres au large de l'Equateur.

Selon une étude de la revue scientifique "Avian Conservation and Ecology", publiée partiellement dans le quotidien El Comercio de Quito, le nombre de fous à pieds bleus a chuté de 20.000 en 1960 à 6.400 en 2012.

Une des causes probables serait une pénurie de sardines, estiment les experts, qui n'écartent pas la possibilité d'une maladie affectant l'espèce.

"La surpêche dans le nord du Pérou, où les courants apportent les aliments aux fous à pieds bleus pourrait être une raison de la diminution de la population", selon M. Carrion.

Le responsable du parc équatorien estime toutefois possible d'inverser cette tendance à travers des mesures de protection qui devraient permettre d'éviter l'inscription de ces oiseaux dans la liste des espèces en danger.

Classées au Patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco depuis trois décennies, les îles des Galapagos constituent une réserve naturelle exceptionnelle et célèbre pour avoir inspiré la théorie de l'évolution des espèces du naturaliste britannique Charles Darwin.

Absence chronique de reproduction chez le Fou à pieds bleus des Galápagos et déclin inhérent de la population

Résumé : Un inventaire du Fou à pieds bleus (Sula nebouxii excisa) dans l’ensemble de l’aire occupée aux Galápagos, en Équateur, fait état d’~6 400 adultes, comparativement aux ~20 000 estimés grossièrement dans les années 1960. Seulement quelques couples se sont reproduits en 2011-2013 et presque aucun oiseau en plumage juvénile n’a été observé. Les données à long terme indiquent que la reproduction est mauvaise depuis 1998. Le manque de recrutement durant la période 1998-2013 laisse supposer que la population actuelle serait surtout constituée de vieux individus aux performances reproductrices déclinantes en raison du phénomène de sénescence.

Les causes de source anthropique, comme les prédateurs introduits, n’expliquent vraisemblablement pas ce déclin, car toutes les îles, avec ou sans prédateurs, présentent le même faible taux de reproduction. Ce faible taux semble plutôt lié à l’alimentation. Ainsi, des études antérieures ont révélé que les sardines et les harengs (Clupeidae) constituaient la base de l’alimentation d’individus s’étant reproduits avec succès dans le passé; or, ces poissons étaient pratiquement absents de l’alimentation des fous lors de notre étude, hormis dans le centre des Galápagos où la plupart des tentatives de reproduction se sont produites. Ailleurs dans l’est du Pacifique, le nombre de sardines a diminué dramatiquement durant les quinze dernières années, selon un cycle bien documenté et apparemment naturel. Il est donc possible que ce changement cyclique de l’abondance des poissons soit responsable des changements démographiques récents observés chez le Fou à pieds bleus des Galápagos. Qu’elles soient de source naturelle ou anthropique, les répercussions du déclin des capacités de reproduction et de la survie des individus attribuables à la sénescence sont désastreuses pour cette icône de la biodiversité et de l’écotourisme génétiquement distincte.

Source : Galapagos.org "Avian Conservation and Ecology" - Résumé en français de l’étude  publiée en anglais : Chronic lack of breeding by Galápagos Blue-footed Boobies and associated population decline

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2012


Imposer des quotas de pêche aux oiseaux marins !


Dans les Côtes d'Armor, la réserve des Sept Iles, 40000 couples d'oiseaux, soit 80000 volatiles.

Chacun mange environ 500 Grammes de poisson par jour, sur environ 200 jours, ce qui représente 8000 tonnes de poisson.

Les pêcheurs locaux, environ une dizaine, prélèvent pour 1000 tonnes de poissons... Lesquels sont les prédateurs..?

Autre détail, on accuse les agriculteurs avec les nitrates, alors dites vous bien que ces mêmes oiseaux rejettent à la mer environ 200 Grammes de guano soit un total de 3200 tonnes de nitrates directement dans la mer....!

Poisson fourrage, peut être, mais est-on surs que les oiseaux font une différence entre ce qui est nommé poisson fourrage dans l'article et les alevins de poissons tel le Bar ou le Lieu par exemple ? Les Cormorans déclarés oiseaux protégés il y a déja longtemps, qui emmigrent de manière massive dans les terres, et font des dégâts importants dans les rivières, les étangs, les pisciculteurs subissent une perte de 6000 tonnes par an...!!!!!!!!!!

Commentaire sur le site Notre planète : Les océans : berceau et avenir de l'humanité

il y a marcel qui dit : qu'il va falloir imposer des quotas de pêche aux oiseaux (voir les phoques et autres) pour suivre les demandes du consommateur français qui consomme le double de ce que l'on pêche.

Photo Wikipedia : Macareux de Norvège - Atlantic Puffin (Fratercula arctica)

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Le 4 avril 2012

Diminuer de moitié les captures de petits pélagiques !


Little fish - Big impact (Petits poissons - Gros impacts)

A summary of new scientific analysis

Little fish - Big impact

Managing a crucial link in ocean food webs

Summary of a report from the Lenfest Forage Fish Task Force

Les poissons « fourrage », ou bancs de petits poissons comme les anchois et les sardines, jouent un rôle essentiel dans la chaîne alimentaire marine en tant que proie pour les gros poissons, les oiseaux de mer et les mammifères marins. Le marché de la farine et de l’huile de poisson en direction de l'aquaculture et des élevages de bétail a placé ces espèces de petits pélagiques sous une pression commerciale croissante.

Le groupe de chercheurs « The Lenfest Forage Fish Task Force » présidé par Ellen Pikitch (Institute for Ocean Conservation Science – New York), a été créé pour élaborer des normes en matière de gestion durable des pêcheries de petits pélagiques.

Treize éminents scientifiques (dont Philippe Cury de l'Ird et Daniel Pauly de l'Ubc), experts dans un large éventail de disciplines, ont procédé à un examen exhaustif de la gestion des populations de poissons « fourrage ». Leur recherche a porté sur la gestion conventionnelle de ces espèces. Représente-t-elle un risque important pour cette ressource et contribue-t-elle à la baisse de leurs prédateurs ?

Principale conclusion : Les captures de petits pélagiques (sardine, anchois, chinchard, sprat, capelin ou hareng), utilisées pour fabriquer farine et huile de poissons, devraient être divisées par deux, selon ces scientifiques, si l’on veut protéger à la fois les ressources en petits poissons mais aussi leurs prédateurs naturels qui en dépendent. Cette étude « Little fish, big impact » (petits poissons, gros impacts) financée par la fondation Pew a été publiée dimanche 1er avril.

Pour télécharger le résumé très illustré, cliquer « Little fish, big impact »

Pour télécharger le rapport intégral, cliquer Little fish - Big impact

Pour plus de renseignements, cliquer The Lenfest Forage Fish Task Force

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Le 15 mars 2012

Philippe Cury: «Il faut revenir à une pêche artisanale plus lente» (20')


Dans le cadre de la campagne de Humanité et biodiversité (ex Ligue ROC), qui va comparer les programmes des candidats à la présidentielle sur le thème de la biodiversité, «20 Minutes» revient sur les enjeux. Cette semaine, comment concilier pêche et préservation des écosystèmes...

On a sonné le glas du tarama: la surpêche serait responsable, selon de nombreuses études, de la disparition de l’esturgeon, mais aussi des requins, des tortues marines, et peut-être bientôt des saumons sauvages. Pourtant, la pêche est une activité qui, si elle est pratiquée raisonnablement, peut se concilier avec la préservation des espèces. Philippe Cury, Directeur de recherche à l’Institut de recherche pour le développement (IRD) et expert en gestion écosystémique des ressources marines, nous explique comment.

Pêche et préservation de la biodiversité, est-ce forcément contradictoire?

Non, pas si on exploite les espèces et les stocks de façon raisonnable. En Europe, et en France en particulier, les pêcheries sont très mal gérées, alors qu’il suffirait de s’adapter au taux de renouvellement de la ressource. On peut restaurer la productivité des océans en pêchant moins, mais aussi en changeant les modes de pêche: ils sont aujourd’hui technologiquement trop puissants, on est devenus trop forts par rapport à la nature. En 24h ou en un mois, on a pêché pour un an! Il faut revenir à une pêche artisanale plus lente.

Comment concilier cette lenteur et les impératifs économiques pour les pêcheurs ?

Cette phase de transition sera difficile pour les pêcheurs mais elle est indispensable pour reconstruire la productivité des milieux naturels. Pour les aider, il faut mettre en place des subventions, mais ils ont tout à y gagner car s’il n’y a plus de poissons, il n’y aura plus de pêcheurs! Par exemple, en Namibie, la surexploitation des sardines et anchois est allée tellement loin que l’écosystème s’est cassé la figure et produit maintenant 20 à 40 millions de tonnes de méduses. La surpêche rend les écosystèmes improductifs. Déjà à Sète, les bateaux partent à la casse car il n’y a plus de poissons.

Y a-t-il des espèces de poissons pour lesquelles il est déjà trop tard?

L’esturgeon, le saumon, les tortues marines… Dans le milieu marin, on parle plutôt de raréfaction que de disparition, mais on atteint des niveaux tellement bas que les problèmes d’extinction vont bientôt arriver.
Le poisson d’élevage peut-il être une solution pour restaurer les stocks de poissons sauvages ?

Non, car l’aquaculture vit sur le poisson sauvage: 37% des captures mondiales de sardines, anchois, harengs, servent à fabriquer la farine de poissons qui nourrit les porcs, les poulets et les poissons d’élevage. C’est un cercle vicieux: on déshabille Pierre pour habiller Paul! En Asie, où se pratique 90% de l’aquaculture mondiale, on a transformé les carpes en poissons carnivores pour les faire «pousser» plus vite avec de la farine. Une fois de plus, on a fait des montages spéculatifs sur le vivant: le système capitaliste s’alimente sur la destruction de la nature. Il faut lui donner une valeur pour cesser de la piller, et nous attendons des candidats à la présidentielle en France qu’ils aient une vision de ce qu’on va faire de nos ressources, renouvelables ou pas.

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Dans le golfe de Guinée, la ressource en petits pélagiques est vitale...


Source : Fishing for Feed or Fishing for Food: Increasing Global Competition for Small Pelagic Forage Fish / Albert G. J. Tacon and Marc Metian / Royal Swedish Academy of Sciences 2009 - Ambio Vol. 38, No. 6, September 2009… A télécharger Ici

Autres publications de Tacon, cliquer Ici

Autres publications sur les problématiques « Petits pélagiques », cliquer Lenfest Ocean Program

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Le 15 avril 2012


Les petits poissons – sardines, harengs, anchois et leurs semblables – ont cette particularité qu'ils se meuvent en bancs très compacts, appelés "baitballs" (littéralement "boules d'appât"). Naturellement, donc, ils s'avèrent très faciles à attraper, moins pour la consommation directe que pour fabriquer de la farine destinée à nourrir les poissons d'élevage. Une pratique responsable du déclin rapide de ces espèces, préviennent treize scientifiques internationaux, auteurs d'un nouveau rapport, Little Fish, Big Impact, financé par la fondation Lenfest.

Jusqu'à récemment, les petits poissons n'étaient pas surexploités, en raison de l'absence de réels débouchés pour cette pêche. Mais aujourd'hui, ces "poissons-fourrage", comme on les surnomme, sont largement utilisés dans l'agriculture et l'aquaculture : 90 % sont broyés et transformés en farine de poisson et huile de poisson, aliments pour le bétail et les fermes d'élevage – qui produisent la moitié des poissons et fruits de mer consommés dans le monde –, contre seulement 10 % pour la consommation humaine. Résultat : les petits poissons représentent actuellement 37 % de l'ensemble de la pêche dans le monde contre 8 % il y a cinquante ans.....

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Le 4 mai 2012

Pérou. Océan mortifère dans la région de Païta

Un mort et 20 blessés parmi les pêcheurs qui exigent des quotas de merlu pour survivre...

500 pélicans morts, 800 dauphins échoués... mystère autour d'une hécatombe


Des affrontements entre pêcheurs en colère et forces de l'ordre ont fait au moins un mort et 20 blessés jeudi à Paita, dans le nord du Pérou, où une grève des pêcheurs a été entamée lundi pour exiger le relèvement des quotas de pêche au merlu (8.000 à 14.500 tonnes).

"Les affrontements se sont produits jeudi devant le commissariat de Paita, au moment où les pêcheurs ont tenté d'investir le bâtiment afin de libérer leurs compagnons incarcérés pour avoir bloqué des routes" plus tôt dans la semaine, a déclaré à la presse César Orrego, représentant local du Médiateur. M. Orrego a précisé qu'il s'était joint aux autorités locales pour demander aux pêcheurs de suspendre leur mouvement. "Nous avons obtenu du gouvernement la promesse d'émettre une résolution relevant le quota de la pêche au merlu, mais (les pêcheurs) n'en ont pas tenu compte", a-t-il regretté. La Chambre de commerce de Paita a publié jeudi un communiqué établissant à 2,5 millions de dollars les pertes quotidiennes dues à cette grève. (SLE)


Des pêcheurs ont découvert des pélicans morts au large des plages de Piura et de Lambayeque, dans le Nord du Pérou, le 30 avril 2012.
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De quoi souffre la faune maritime du Pérou ? C'est la question que se posent des scientifiques après la mort de centaines de pélicans ces derniers jours. Quelque 538 oiseaux ont été retrouvés morts sur des plages du nord du pays, aux alentours de la ville de Chiclayo, rapporte lundi 30 avril la BBC (article en anglais). Les médias locaux évoquent, eux, 1 200 spécimens décimés dans cette région.

Parmi les thèses évoquées, un virus ou les conséquences d'un forage pétrolier en pleine mer arrivent en tête. Selon les premiers éléments de l'enquête, rien n'indique toutefois que les oiseaux sont morts en mer. Des tests supplémentaires doivent être effectués.

54 fous à pieds bleus, 5 lions de mer, une tortue...

Les autorités péruviennes se disent "extrêmement préoccupées" par cette hécatombe. D'autant que les scientifiques ont également découvert, sur cette même plage, les carcasses de 54 fous à pieds bleus, cinq lions de mer et d'une tortue.

Ces étranges découvertes interviennent quelques temps après l'échouement de plus de 800 dauphins, entre janvier et avril, sur les plages de Lambayeque, dans cette même région.

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Le 16 novembre 2012


La Commission européenne a adopté ce vendredi un plan d’action pour lutter contre les captures accidentelles d’oiseaux marins par les engins de pêche.

Des preuves scientifiques indiquent que de nombreuses espèces d’oiseaux marins, notamment les albatros, les pétrels, les puffins, les pingouins, les canards marins et les plongeons, se font prendre chaque année par des engins de pêche. « Les mesures prises jusqu’ici pour empêcher les oiseaux de mer de s’emmêler dans les engins de pêche se sont révélées inefficaces » estime la Commission.

Le nouveau plan d’action vise à établir un cadre de gestion, « afin de ramener les prises accessoires d’oiseaux marins à des niveaux aussi bas que possible ». Il met l’accent sur les pêcheries palangrières et à filets fixes, « où les prises accessoires d’oiseaux marins sont connues pour être les plus importantes ». Il couvre également d’autres engins de pêche tels que les chaluts et les sennes tournantes.

Trente recommandations

Ce plan comporte aussi un large éventail d’éléments contenus dans une trentaine de recommandations (1). Elles combinent mesures contraignantes et non contraignantes. « Ces règles s’appliqueront aux navires de pêche de l’UE à l’intérieur et en dehors des eaux de l’Union, ainsi qu’aux navires non UE opérant dans les eaux de l’Union. »

Le plan est établi en conformité avec les objectifs et les principes de la réforme de la politique commune de la pêche (PCP) actuellement en cours de négociation. « Il encourage la gestion des écosystèmes, dans toutes leurs composantes et met en avant une approche ascendante régionalisée. Cette démarche vise à donner de plus grandes responsabilités aux états membres et aux parties prenantes. »

Maria Damanaki, commissaire chargée des affaires maritimes et de la pêche, considère que ce plan d’action « donnera une vision claire et complète de la situation actuelle et des progrès nécessaires pour parvenir à une gestion cohérente et efficace destinée à minimiser les prises accessoires d’oiseaux marins ».

49 espèces menacées

Les interactions entre la pêche et les oiseaux de mer entraînent des taux de mortalité accidentelle qui représentent une menace pour de nombreuses populations d’oiseaux marins. Elles ont aussi des effets négatifs sur la productivité et la rentabilité de la pêche.

D’après les estimations du Conseil international pour l’exploration de la mer (CIEM), plus de 200 000 oiseaux de mer au bas mot meurent chaque année du fait d’interactions avec la flotte de pêche de l’UE dans les eaux UE et dans les eaux en dehors de l’Union. Au moins 49 espèces d’oiseaux marins faisant l’objet de captures accidentelles sont considérées dans un état de conservation préoccupant.

Il s’agit notamment du puffin des Baléares, du puffin fuligineux, du puffin yelkouan et du goéland d’Audouin, qui sont capturés accidentellement dans les pêcheries palangrières dans les eaux de l’UE, et de l’eider de Steller, du plongeon catmarin, du plongeur arctique, du grèbe esclavon et du harle piette, qui se font capturer dans les pêcheries à filets fixes, principalement en mer Baltique.

(1) Voir la liste complète des actions proposées

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