vendredi 11 novembre 2011

Parc National des Calanques : En finir avec plus de 250.000 années d’histoire !


Entre Marseille et la Ciotat, le Parc National des Calanques veut en finir avec plus de 250.000 années d’histoire de pêcheries vivrières.

Ancré dans la modernité, le parc des Calanques « étouffera » petit à petit les pêcheurs traditionnels, les derniers survivants à l’homme des cavernes (côtières), chasseurs et pêcheurs : La pratique de la pêche et de la chasse date d’au moins 250 000 ans.

« Rangez vos lignes et vos filets, petits pêcheurs ! Vous qui continuez à vous accrocher à ces calanques dorénavant "Patrimoine national"… Votre activité fait maintenant partie des "Composantes du patrimoine naturel, culturel et paysager" du parc national des Calanques au même titre que les cabanons, la chasse, l’escalade, la plongée sous-marine, la pêche sportive, la plaisance…

Pendant des millénaires, vous avez écumé, raclé, gratté, tué, éviscéré, tranché… Autant d’atteintes portées à la vie marine… Dorénavant, le parc défend d’autres valeurs, le développement durable et la protection de la diversité biologique. Il protégera tous ses oursins, tous ses coraux, tous ses loups, tous ses thons rouges, toutes ses langoustes et toute cette biodiversité que vous avez dégradé depuis des temps immémoriaux.

Après tant de délits contre nature, le parc vous laisse une dernière chance... Vous réconcilier avec la biodiversité, avec une place parmi les 48 membres du conseil d’administration… Ce pêcheur représentera l’activité « carte postale », la couleur locale dans ces Calanques vidées de toute âme halieutique… » !!!


La pêche, une activité entre parenthèse dans le parc national des Calanques !

Dans le Conseil d'administration du parc, le pêcheur professionnel est en sursis... Placé entre parenthèse (1 pêche pro), il est en effet le seul producteur de poisson dans cette noble assemblée de 48 mangeurs de bouillabaisse ! (1)

A titre de comparaison : Le projet de parc naturel marin du bassin d'Arcachon avec un conseil de gestion de 47 membres prévoit 12 représentants des organisations professionnelles maritimes...

Le conseil de gestion pourrait être composé de 47 membres (le parc d'Iroise en compte 50 dont 12 représentants des organisations maritimes dont 4 des comités locaux des pêches), soit 6 représentants de l'État, 12 élus (les maires des 10 communes du Bassin et 2 élus du Conseil général et du Conseil régional), 3 représentants des organismes de gestion d'espaces protégés, 12 représentants des organisations professionnelles maritimes (dont 8 pêcheurs et ostréiculteurs), 5 représentants des loisirs en mer, 5 représentants des associations de protection de l'environnement et 4 personnes qualifiées. Sud Ouest : Bassin d'Arcachon : parc marin en vue

Survie des pêcheries artisanales en Méditerranée...

Au moment de l’enquête publique du parc national des Calanques, du 17 octobre au 17 novembre 2011, les petits métiers représentés par les prud’homies de pêche demandent le soutien de tous ceux et de toutes celles qui souhaitent la survie de ces pêcheries artisanales sur les côtes méditerranéennes.

Dernièrement, les pêcheurs du Cros-de-Cagnes dans les Alpes-Maritimes ont fait barrière à un port de plaisance. La forte mobilisation des pêcheurs professionnels avec le soutien de nombreux Cagnois et amoureux du "port-abri" a fait reculer les promoteurs de ce projet.

« Pour ou contre le projet de port de Nice-Côte d'Azur (NCA) et de l'OIN Ecovallée » : telle était la question posée par les pêcheurs professionnels du Cros.

Et ce sont près de 10.000 signatures qui ont été recueillies entre juin et juillet. De quoi réjouir Antoine Saïssy. Dans une « lettre ouverte », le premier prud'homme de pêche du port du Cros-de-Cagnes remercie tous ceux « qui ont apporté leur soutien à la défense des zones de pêche, à la défense de l'environnement maritime et montré ainsi leur affection au village du Cros-de-Cagnes ». Durant deux mois, les derniers pêcheurs professionnels ont mené un combat ponctué de manifestations et d'opérations de sensibilisation du public. Objectif : alerter l'opinion sur ce qu'ils estiment être la disparition ou du moins la dégradation de leur outil de travail. Nice Matin : Non au projet de port : 10.000 signatures recueillies et Enquête publique du PLU: le port de pêche épargné

Pour soutenir la pêche artisanale des Calanques dans une réponse à l’enquête publique avant le 18 novembre !

Le projet de parc des Calanques prévoit une immense réserve intégrale (+ 4000 ha) sur l'un des rares sites de pêche dans une zone où le plateau continental - et donc les territoires de pêche - sont étroits.

La mise en œuvre de ce projet en l'état conduirait à concentrer la pêche dans les zones littorales restantes, désorganisant la pêche entre Marseille et le Cap Sicié. C'est l'avenir de ce secteur artisanal, déjà lourdement sanctionné par des politiques productivistes favorables à la pêche et l'aquaculture industrielles, qui est en jeu. Les petits métiers de la pêche sont pourtant très bien intégrés à leur environnement physique, social, économique et culturel et les Prud'homies méditerranéennes sont un modèle de gestion des ressources marines qui a fait ses preuves au cours des siècles.

La profession des pêcheurs demande à modifier les zones prévues et à être intégrée dans la gestion du futur Parc (postes au CA, règlements prud'homaux pour la gestion des pêches...). Source : L'Encre de Mer


Pour soutenir leurs propositions, vous pouvez répondre à l'enquête publique (avant le 17 novembre inclus) : Téléchargez un modèle de lettre pour les pêcheurs professionnels (cliquez Ici) et/ou un modèle de lettre pour les non-pêcheurs (cliquez Ici). Vous pouvez mettre vos coordonnées et renvoyer la lettre signée à l'adresse mentionnée (de préférence en recommandé avec accusé de réception).


Philippe Favrelière (texte modifié le 13 novembre 2011)


Autres articles :

Pour aller plus loin....

Le 14 mars 2012
Lettre des Prud’hommes Pêcheurs sur le projet de Parc National des Calanques

Suite au projet de Parc des Calanques et aux zones de non-prélèvement (ZNP) envisagées, les Prud’hommes Pêcheurs, afin de préserver l’avenir de la pêche artisanale, proposent :
  • de déplacer la ZNP de la Cassidaigne au-dessous de la ligne de sonde des 500 mètres, ce qui permettrait de protéger les éventuelles espèces de grand fond et de faciliter le repérage de cette zone pour les navigateurs,
  • de tolérer l’usage des palangres qui n’ont pas d’impact sur les espèces de fond et qui sont susceptibles de dériver avec les courants,
  • de déplacer la ZNP de Soubeyran afin de libérer le poste de pêche des dorades (Le Gabian), l’un des 3 postes répertoriés en Prud’homie de Cassis, et qui fait partie du patrimoine des pêcheurs depuis des temps immémoriaux,
  • d’être associé au projet et à la future gestion de ce Parc.

Concernant la ZNP de La Cassidaigne, les Prud’hommes pêcheurs font remarquer les points suivants :
  • elle est d’une dimension phénoménale (33 km²), sans comparaison avec les autres réserves intégrales : Banyuls 0,65, Côte Bleue 2,95, Port-Cros 0,62, Scandola 0,671…
  • elle se trouve sur l’un des rares sites de pêche dans une région où le plateau continental est très étroit. Pour cette raison, les Prud’hommes « gèlent » rarement des zones de pêche, préférant alterner la pression sur les espèces et sur les zones par la réglementation des droits d’usage,
  • l’interdiction de la pêche sur cette zone entraînera un report sur la bande côtière et provoquera la surexploitation des espèces et des zones littorales, ainsi que la désorganisation de l’ensemble de l’activité,
  • les espèces ciblées par la pêche professionnelle (merlu, dorade rose, sabre…) sur cette zone ne sont pas inféodées au fond et ne sont pas menacées d’extinction. L’interdiction de cette pêche n’entrainera pas « d’effet réserve », elle n’est pas justifiée sur le plan scientifique, ce qui a été noté par les Commissaires enquêteurs,
  • la tolérance envisagée pour l’exercice d’un certain nombre de pêcheurs, sur une partie de la zone, est nominative et décadente. Cette mesure est discriminante à l’égard des pêcheurs qui souhaiteraient y travailler dans l’avenir. Elle condamne à terme l’activité halieutique sur la zone. Si une tolérance devait être accordée, elle devrait concerner l’ensemble des petits métiers et sans limite de temps (cf. Charte de pêche dans le Parc National de Port-Cros).

Dans le projet actuel, c’est toute la pêche artisanale entre Marseille et Toulon qui est entravée et ce, sans réelle justification scientifique. Les Prud’hommes ont su préserver les écosystèmes littoraux. Forts de leur expérience séculaire, ils demandent à être associés à cette démarche de gestion territoriale qui fait partie de leurs attributions.

Prud’homies de La Seyne sur mer, Le Brusc, Sanary, Bandol, La Ciotat, Cassis
Union Interprofessionnel des Petits Métiers de la Pêche Méditerranéenne (UIPMPM)
Contacts : Djamal Boukhenifra, Prud’homme de Cassis Tél : 06 70 16 95 93
Jean-Michel Cei, Prud’homme de Sanary Tél : 06 88 46 86 19

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Tiens, je m' f'rais bien un bout de Cassidaigne...

Publié le 7 février 2012 par Encre de mer

Ils se disent « environnementalistes »‘, rayent d’une signature l’un des rares sites de pêche artisanale dans une région où il n’y a pas de plateau continental, méprisent 800 ans d’histoire et de gestion par les Prud’homies de pêche…

Hé, Humains ! Vous mangerez quoi demain ? Les apports de la pêche et de l’aquaculture industrielles ? Z’avez pas vu que les problèmes de ressource ont surgi avec l’industrie ?

De lettres en réunions, les prud’hommes et pêcheurs artisans demandent gentiment à repousser la réserve dans les fonds de moins de 500 mètres pour conserver ‘l’affichage papier » : « le fameux 10% des zones marines en réserve ».

Celle qui est prévue n’a aucune justification scientifique, ce qui est reconnu par les Commissaires enquêteurs d’ailleurs. Les espèces ciblées par les pêcheurs artisans ne sont pas menacées, leurs engins n’ont pas d’impact sur le fond. Même en cinq ans de réserve dans cette zone profonde, on n’observera pas « d’effet réserve ». Peu leur importe.

« Faut s’presser, c’est une affaire politique, ça vient « d’en haut ». Faut signer avant les présidentielles«

Alors, en avant toute ! Faites campagne ! A défaut, demain, on pourrait bien manger des vers marins à l’ombre de nos réserves de papier.

Voir tous les autres articles du Parc des Calanques sur le site de l’Encre de Mer :


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Le parc naturel marin d'Iroise mise sur la pêche et l’aquaculture !

En Finistère, dans le plus grand département halieutique français, même un parc naturel marin peut devenir le territoire du développement de la pêche et de l’aquaculture…

Un exemple à suivre....

A une époque où la France sanctuarise de plus en plus d'espaces marins. Dernier en date, le parc national des Calanques à Marseille.
A une époque où le tourisme veut imposer sa vision du développement littoral.


Appel à projets 2012 : Pêche et Aquaculture

Dans le cadre du programme d’actions 2012, le conseil de gestion du Parc naturel marin d’Iroise a souhaité encourager les porteurs de projets dans le secteur de la pêche ou de l’aquaculture en milieu insulaire.

L’appel à projets « Développement de l’activité économique liée à la pêche ou l’aquaculture sur les îles» s’adresse aux professionnels de la pêche et de l’aquaculture désirant se lancer dans une activité d’exploitation de ressources halieutiques, une activité de récolte d’algues de rive, une activité aquacole ou consolider/diversifier leur activité existante en lien avec une île située dans le PNMI.

>> Consultez le dossier de présentation

>> Consultez le dossier d’inscription

Pour plus d’informations, cliquer PNMI

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30 ans que le Parc Marin donne la pêche à la Côte Bleue !


Le Parc Marin de la Côte Bleue fête ses 30 ans cette année. Cette réserve qui s'étend sur 25 km entre le golfe de Fos et la rade de Marseille allie un écosystème riche, des activités humaines tournées vers la mer tout en collaborant avec les pêcheurs pro.

Source : Maritima.info par  C. Pietri le 10 septembre 2013

La réserve de Carry le Rouet a bien grandi depuis 30 ans. Créée sur proposition du Conseil Régional Provence-Alpes-Côte d'Azur avec les communes de Sausset-les-Pins, Carry-le-Rouet, Ensuès-la Redonne, le Rove et avec le soutien du Conseil Général des Bouches-du-Rhône, elle s'est étendue en 1993 à la commune de Martigues en permettant la création, 3 ans plus tard, de la réserve du Cap Couronne.

L'objectif reste depuis l'origine la protection du milieu marin allié à des programmes d'éducation des scolaires grâce aux classes de mer notamment. Frédéric Bachet est fier de la réussite de cet outil : "Ce qui était une expérience a pris corps avec le temps, avec la participation des communes et l'engagement des pêcheurs qui a été déterminant. Ils ont joué le jeu en acceptant les réserves et en faisant des propositions pour gérer le milieu". Une association qui fonctionne tellement bien que ce sont les pêcheurs, eux-mêmes qui ont proposé la création de la deuxième réserve du Cap Couronne.

"Les réserves sont des sites où la faune peut retrouver un équilibre au niveau des proportions mâles-femelles, gros individus-petits individus qui est optimale pour produire du poisson et essaimer à l'extérieur des réserves. Cela permet au milieu de se repeupler", explique Frédéric Bachet. Après trente ans d'existence, les agents de la réserve peuvent se réjouir de belles retombées. "On voit une diversité de poissons, la taille des espèces qui est beaucoup plus imposante qu'en extérieur, hors réserve. L'effet réserve fonctionne aujourd'hui", se félicite Virginie Stemer, écogarde, agent de surveillance sur la réserve de Carry-le-Rouet-Cap Couronne.

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Les aires marines protégées : efficaces à des fins halieutiques ?



Un séminaire organisé par l’Institut de recherche pour le développement (IRD) à Paris devait être l’occasion de répondre à cette question.


Le 10 février 2012, s'est tenu le séminaire de clôture du projet Aires marines protégées et gestion halieutique par optimisation des ressources et des écosystèmes (Amphore), dont l'un des principaux objectifs était d'évaluer l'efficacité réelle des Aires marines protégées (AMP) à des fins de gestion des pêcheries. Il a été mené entre 2008 et 2012 dans le cadre du programme Biodiversité de l'Agence nationale de la recherche (ANR).

« L'objectif était d'étudier ce qui se passe pour les activités de pêche à l'extérieure des AMP », explique Raymond Laë, chercheur à l'Institut de recherche pour le développement (IRD) et coordinateur du projet Amphore. « Dans cette démarche, l'AMP est considéré comme un investissement réalisé par la société et qui bénéficie à certains acteurs », rappelle Jean Boncoeur, professeur au Centre de droit et d'économie de la mer (Cedem), ajoutant que les impacts positifs ne se limite pas à la pêche aux frontières de l'Aire, mais aussi aux activités récréatives et plus généralement sur le développement économique local.

Quatre AMP ont été évaluées : Le parc national de Port Cros (Var), le parc marin des Bouches de Bonifacio (Corse-du-Sud), l'AMP de Bambung (Sénégal) et le parc national du Banc d'Arguin (Mauritanie).


« Finalement, il n'y a pas de miracle à attendre », estime Didier Gascuel, chercheur au pôle halieutique de l'Agrocampus Ouest de Rennes, précisant que « ce que l'on ne peut pas pêcher dans la zone se retrouve plus ou moins à l'extérieur ».

Pour Didier Gascuel, « d'un point de vue des ressources halieutiques, si l'on pouvait contrôler strictement les prises on n'aurait plus besoin de créer des zones protégées ». Finalement, pour les chercheurs, la décision de créer une zone protégée revient à sélectionner les zones où la pêche est autorisée ou non, l'effet source compensant globalement l'interdiction de pêche dans l'AMP.

Si mettre en réserve des zones marines, sur des milliers de Km2 et pendant des décennies, donne si peu de résultats et des conclusions formulées au conditionnel, on peut se poser des questions sur l’utilité des aires marines protégées.

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Le 21 février 2012 : Aménager plutôt que sanctuariser les fonds marins

La Mairie de Marseille porte un projet de récifs artificiels !

L'opération, d'un coût total de 8 millions d'euros s'étend sur une zone de 200 hectares, située entre les îles du Frioul et la baie du Prado. Elle constitue le plus grand récif artificiel constitué d'Europe....

L'expérience marseillaise s'inspire du modèle japonais, qui compte 20 millions de m3 de récifs artificiels. Différence notable, ils sont installés dans une logique de production et financés par les coopératives de pêche.


L'immersion de près de 30.000 m3 de récifs artificiels au cours de l'été 2008 dans la rade de Marseille a donné lieu, trois ans plus tard, à une hausse de 30% de la biodiversité, a annoncé jeudi Emilia Medioni, ingénieur en charge du suivi du projet.

La présence de ces quelque 200 hectares d'habitat artificiel pour la faune et la flore, situés entre les îles du Frioul et la baie du Prado, constitue le plus grand récif artificiel constitué d'Europe, a précisé Didier Réault, conseiller municipal (UMP) délégué au nautisme, aux plages et au parc national des Calanques, lors d'une conférence de presse.

Grâce à cet aménagement marin immergé à 30 mètres de profondeur, la quinzaine d'espèces commerciales les plus importantes et les plus prisées des pêcheurs, parmi lesquelles les mostelles, les congres, les sars, les daurades, ont fait leur retour dans la rade, a ajouté Mme Medioni, du service mer et littoral de la ville de Marseille.


Selon M. Réault, on est dans un peuplement similaire à de l'habitat littoral marin, qui a été beaucoup plus rapide que ce qu'espéraient les scientifiques et les pêcheurs professionnels ou amateurs.

On constate le retour du mérou, lentement, mais c'est un très bon signe, s'est-il félicité, ne pensant pas voir autant d'espèces, en si grand nombre et si rapidement.

Pour expliquer cette rapide acclimatation, M. Réault a mis en avant un système de protection respecté et la situation de la zone sur une branche du courant ligure qui amène beaucoup d'espèces.

L'élu a écarté l'éventualité d'un accès des pêcheurs à la zone. A l'origine du projet, deux zones de même taille étaient prévues: l'une sanctuaire, où toutes les activités étaient proscrites à l'exception de la navigation de surface, et une seconde, où les activités étaient interdites jusqu'au 31 décembre 2012 avant de devenir une zone de pêche réglementée.

L'expérience marseillaise s'inspire du modèle japonais, qui compte 20 millions de m3 de récifs artificiels. Différence notable, ils sont installés dans une logique de production et financés par les coopératives de pêche.

L'opération, d'un coût total de 8 millions d'euros (dont 2 millions pour le suivi), est financée par le fonds européen pour la pêche (40%), l'agence nationale de l'eau (30%), la ville de Marseille (20%) et la région (10%).

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Agence des aires marines protégées


Agence des aires marines protégées

La recherche de l’équilibre entre développement durable des activités maritimes et préservation de l’environnement représente l’un des enjeux majeurs au sein des aires marines protégées. Si les parcs naturels marins, les parcs nationaux et les sites du Conservatoire du littoral peuvent avoir pour objectif le maintien d’une pêche professionnelle dynamique tout en maîtrisant l’impact sur l’environnement, d’autres catégories d’aires marines protégées sont aussi susceptibles de mettre en place des collaborations étroites entre gestionnaires et professionnels de la pêche. La réserve naturelle des Bouches de Bonifacio en est l’exemple. Elle illustre l’utilité de cette contribution positive à la gestion des ressources halieutiques.

Collaboration et concertation

Le maintien d’une activité maritime dynamique, la maîtrise de l’impact des activités de pêche professionnelle sur l’environnement marin, ainsi que l’apport de la connaissance des marins pêcheurs sont autant de raisons qui invitent à une collaboration étroite entre gestionnaires d’aires marines protégées et professionnels de la pêche. La place des pêcheurs professionnels est essentielle au sein des aires marines protégées. Selon les régions, l’activité est capitale : traditionnelle et principale source d’alimentation dans certaines zones géographiques ou pêche industrielle, principale activité économique dans d’autres.

Contribution des aires marines protégées à la gestion des ressources halieutiques

Ce qu’apportent les aires marines protégées

Les aires marines protégées sont des zones privilégiées d’amélioration de la connaissance et de tests de mode de gestion respectueux de l’environnement marin.

La pêche professionnelle étant fortement liée à la qualité du milieu marin, les objectifs de préservation des écosystèmes marins adoptés au sein des aires marines protégées rejoignent les préoccupations des marins pêcheurs.

Deux exemples avec les orientations de gestion adoptées au sein des parcs naturels marins d’Iroise et de Mayotte illustrent :
  • l’importance de la pêche professionnelle dans les espaces protégés ;
  • l’intérêt de l’accompagner vers un développement raisonné et durable.
  • Les orientations « pêche » du PNM Iroise*Exploitation durable des ressources halieutiques
  • Soutien de la pêche côtière professionnelle
  • Exploitation durable des champs d'algues
  • Soutien aux activités maritimes sur les îles afin d'y maintenir une population d'habitants permanents

Exemple d’action : programme de marquage de bars afin d’améliorer la connaissance sur cette espèce emblématique de la zone du Parc

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L’aquaculture marine est soumise à des contraintes d’espace et des difficultés dans la gestion des impacts potentiels, freins à son développement. La mise en place du réseau d’aires marines protégées vise à accompagner les professionnels de la pisciculture marine et de la conchyliculture et à valoriser et développer leurs bonnes pratiques. La collaboration entre les gestionnaires d’aires marines protégées et les aquaculteurs est indispensable à une gestion efficace qui prenne en compte les connaissances, les contraintes des aquaculteurs et maîtrise au mieux les impacts potentiels de leur activité.

L’aquaculture marine dans les eaux françaises

L’aquaculture marine revêt des formes très diverses dans les eaux françaises : conchyliculture (élevages d’huîtres, de moules ou encore de coques et palourdes), pisciculture marine (élevages de turbots, daurade, bar, saumon, maigre, esturgeon en métropole mais aussi ombrine en outre-mer), et élevages de crevettes japonaises dans certains étangs et marais salés. La production des élevages marins français reste artisanale, locale et menée dans un souci de reconnaissance d’un produit de qualité. La conchyliculture française se place au 2ème rang européen. L’ostréiculture représente à elle seule 65% de la production de la filière.

Pour en savoir plus sur les exploitations françaises :

> élevages marins sur le site du Comité National des Pêches Maritime et des élevages marins (CNPMEM)
> la pisciculture marine et nouvelle sur le site du Comité interprofessionnel des produits de l’aquaculture (CIPA)
> Comité national de la conchyliculture

En 2009, la Commission Européenne a publié une communication afin de donner un nouvel élan au développement durable de l’aquaculture européenne.
 
> stratégie de l'UE en matière d'aquaculture

L’aquaculture dans les aires marines protégées

La mise en place du réseau d’aires marines protégées français doit pouvoir accompagner les professionnels de la pisciculture marine et de la conchyliculture pour valoriser et développer leurs bonnes pratiques.

Les aquaculteurs, présents sur les littoraux maritimes sont des interlocuteurs privilégiés des gestionnaires. Leurs connaissances du fonctionnement des milieux marins et l’observation de leurs évolutions sont autant d’informations utiles à la gestion d’une aire marine protégée.

Des partenariats constructifs

L’Agence des aires marines protégées contribue à l’étude des interactions entre les macreuses noires et les élevages de moules entre le Mont Saint-Michel et le littoral du Calvados. La zone d’étude concerne plusieurs sites Natura 2000 et le projet de parc naturel marin du golfe normand-breton.

Aquaculteurs et leur prise dans le filet

Une orientation « aquacole » pour le Parc naturel marin de Mayotte

Le décret de création du Parc adopté le 18 janvier 2010 prévoit : « de développer les filières aquacoles respectueuses de l'environnement, en particulier celles qui bénéficient directement aux populations locales ».

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Gestion - Natura 2000

Dans le cadre du dispositif Natura 2000, plusieurs documents ont été rédigés pour aider les opérateurs à organiser la gestion des activités humaines au sein des nouveaux sites marins.
Parmi eux : trois référentiels pour les activités de cultures marines, de sports et loisirs nautiques et de pêche professionnelle.

Ces référentiels proposent :
  • une identification et une description des interactions potentielles entre les activités étudiées et les habitats et espèces Natura 2000,
  • une présentation des dispositifs de gestion (administratif, réglementaire, financier),
  • des mesures / des orientations de gestion sur lesquelles appuyer le système de charte et contrat préconisé au niveau national pour la gestion des sites Natura 2000.

Au-delà des orientations de gestion et /ou mesures préconisées, des analyses plus précises, à l’échelle de chaque site, seront nécessaires pour qualifier localement l’intensité de la pression exercée par chaque activité. Les interactions de chaque activité avec le milieu sont assez complexes à appréhender : les sources d’impacts sont très diversifiées et l’interaction dépend de la nature des pressions, de l’intensité de la pression mais également de la vulnérabilité spécifique des habitats et espèces présents localement.

A télécharger

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Revue de presse


La tension monte alors qu'approche la fin de l'enquête publique sur le parc.

A une semaine de sa clôture, l'enquête publique sur le projet de parc national des Calanques mobilise chaque jour davantage les acteurs concernés, suscitant des prises de position parfois radicales en faveur ou contre ce dossier. C'est ainsi que les pêcheurs marseillais qui avaient déjà fait connaître haut et fort leur hostilité au parc, ont confirmé hier soir par la voix de leur Premier prud'homme, Michel Meacci, qu'ils lutteraient "par tous les moyens" pour obtenir l'abandon du projet dans sa forme actuelle, jugeant "intolérable" le futur mode de gouvernance de l'établissement public et "totalement inadaptée" la configuration des zones de non-prélèvement (ZNP) où la pêche sera interdite.

Comme le soulignait l'épouse de l'un d'eux : "10% de ZNP ne représentent peut-être pas grand-chose à l'échelle du parc, mais ils constituent pour certains pêcheurs 100% de leur territoire de travail". Avec une conséquence qui irait selon eux totalement à l'encontre des objectifs de protection du site : "Pour survivre, nous allons devoir nous concentrer sur certains sites et multiplier les matériels mis à la mer". Or les professionnels affirment qu'il aurait été possible de discuter en bonne intelligence avec les promoteurs du parc pour organiser "la simple mise en jachère de certaines zones"....

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Alors que l’enquête publique touche à sa fin, les positions se radicalisent sur le projet. Entre tracts délirants, bataille de clics sur internet et ultimes débats publics.

Plus que sept jours pour aller s’exprimer sur la création du parc national des calanques et la tension monte, encore. Muets comme des tombes, les commissaires enquêteurs ne lâchent rien sur les premières tendances de l’enquête publique qui a débuté le 17 octobre dernier. Seule certitude : le sujet est toujours aussi épidermique… Jusqu’à l’intox la plus « audacieuse ». Comme ce tract, anonyme forcément, qui circulait la semaine dernière sur le marché de La Ciotat (lire également la Marseillaise du 3 novembre).

Sur le feuillet, un tissu d’âneries plutôt gonflées : est annoncé en vrac qu’avec le parc, les plages vont devenir payantes, la pêche carrément interdite, ainsi que les randonnées. Le « meilleur » se trouve en fin de liste : les chats domestiqués seront castrés, les propriétés privées annexées et les territoires communaux réquisitionnés par l’État (sic)… Du grand n’importe quoi dont on rirait volontiers si l’heure n’était pas aussi cruciale pour le projet.
A Marseille, l’ambiance est toute aussi tendue....

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Le 6 janvier 2012 : Après l'enquête publique, statu quo pour les marins-pêcheurs !!!



Le Groupement d'intérêt public des Calanques a annoncé vendredi être parvenu à un accord prévoyant l'entrée dans le coeur terrestre du parc national des espaces naturels de l'archipel du Frioul, après les réserves de la commission d'enquête publique et du maire de Marseille.


MARSEILLE (AFP) - Le Groupement d'intérêt public des Calanques a annoncé vendredi être parvenu à un accord prévoyant l'entrée dans le coeur terrestre du parc national des espaces naturels de l'archipel du Frioul, après les réserves de la commission d'enquête publique et du maire de Marseille.

Dans un communiqué, le député UMP Guy Teissier, qui préside le GIP, indique qu'il proposera, lors de la prochaine assemblée générale le 20 janvier, la réintégration en coeur du parc (zone soumise à une réglementation plus stricte) des terrains non construits du Frioul. En revanche, le village, le port et le pourtour marin de l'archipel en resteront exclus.

Autre modification apportée au projet: l'ajout dans l'aire optimale d'adhésion du lycée paysager et d'aménagement des Calanques, la partie de la copropriété du Roy d'Espagne non déjà incluse, la Cayolle (au sud de l'avenue Colgate), ainsi que plusieurs parcelles du 11e arrondissement.

Les zones de non pêche, qui s'étendaient dans la version 3 du projet sur 10% du coeur marin, "ne seront pas modifiées, afin de ne pas fragiliser les compromis actés à ce stade", souligne le GIP. Même statu quo pour la chasse qui n'est pas interdite.

Enfin, un siège sera accordé au sein du conseil d'administration pour la représentation des pêcheurs professionnels.

L'enquête publique, qui s'est tenue du 17 octobre au 17 novembre, a donné lieu à un avis favorable de la commission d'enquête publique, toutefois assorti de quatre réserves, portant notamment sur l'archipel du Frioul.

Le sénateur-maire UMP de Marseille, Jean-Claude Gaudin, qui s'était dit lundi opposé à plusieurs de ces conclusions, s'est félicité que "la sagesse ait prévalu et qu'un consensus ait pu se dégager pour faire aboutir ce dossier".

Il souligne que ses demandes "concernant Marseilleveyre, les Goudes et Pastré, qui ne sont pas en coeur de Parc, de même que la bande littorale autour du Frioul", ont été prises en compte.

"Le droit de chasse ayant été maintenu, il n'y a plus d'obstacle pour que Jean-Claude Gaudin puisse adopter la version 4 du texte", selon une réaction de l'élu transmise à l'AFP.

Ces dernières évolutions seront soumises au vote de l'AG du 20 janvier pour avis final avant transmission aux instances nationales. La signature du décret de création du parc national des Calanques devrait intervenir en avril 2012.

Le parc des Calanques - le premier créé en France métropolitaine depuis 1979 et le troisième parc périurbain au monde après Le Cap et Sidney - a pour objectif la préservation de la biodiversité, de la quiétude des lieux et du patrimoine culturel.

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Les provençaux aiment leurs pêcheurs, mais ils ne leur ont accordé qu'une seule place dans le conseil de gestion du parc des Calanques !!!


Selon une enquête, 92% des habitants de Paca disent avoir une bonne opinion de la profession...

Voilà bien longtemps que les marins-pêcheurs provençaux n'avaient été à ce point à la fête. Le sondage réalisé au début du mois de novembre dernier par l'institut Ipsos au profit du Comité national des pêches maritimes et des élevages marins montre en effet que l'image de la profession est loin d'être aussi écornée que ne le redoutaient les intéressés ; qu'elle ne correspond pas en tout cas à celle, négative, que lui collent régulièrement les autorités européennes, les associations de défense de l'environnement et une majorité de scientifiques.
C'est notamment le cas en Provence-Alpes-Côte d'Azur, l'une des neuf régions françaises que l'enquête a plus particulièrement ciblé afin de réaliser un Observatoire des pêches françaises qui sera réactualisé deux fois par an. Ainsi 92% des 103 personnes interrogées disent avoir une bonne opinion des pêcheurs, et 72% estiment que l'image de ces derniers s'est améliorée au cours des dix dernières années, notamment parce que, selon 72% des sondés, les pêcheurs ont su faire évoluer leur pratique professionnelle. 89% pensent que la pêche est indispensable au dynamisme économique du pays.

Une sensibilité aux espèces protégées

"Je suis très agréablement surpris par les résultats de ce sondage, commente Hubert Baty, patron de l'Aurelie II, à bord duquel il pratique la pêche au filet tournant, avec ou sans lumière (lamparo), ce qui lui permet de faire preuve d'une très grande sélectivité au niveau des prises de poissons bleus et de poissons de fond. Après toutes les campagnes d'intoxication qui nous ont visés, cela fait plaisir de voir que la population nous considère comme des gens normaux, passionnés par notre métier et respectueux du milieu qui nous fait vivre".....

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Le 9 janvier 2012


Suite aux modifications apportées par la loi Grenelle 2, un décret du 29 décembre 2011 actualise les règles communes des parcs nationaux français, en particulier la procédure d'adhésion à la charte du parc, et pour l'Outre-Mer l'articulation avec le schéma d'aménagement régional mis en révision.

Le décret du 29 décembre dernier précise les règles présidant à la création des parcs nationaux. La durée de la consultation institutionnelle locale (communes, départements, régions, associations, milieu socioprofessionnel, etc.) est ainsi fixée à deux mois (le silence vaut avis favorable, article R.331-4 du Code de l’environnement). Il appartient au groupement d'intérêt public d’élaborer le projet de charte du parc national, de procéder à son évaluation environnementale et de le transmettre pour avis aux personnes morales mentionnées à l'article R.331-4 et à l’Autorité environnementale (art. R.331-7 du Code de l’environnement). Le décret actualise également les dispositions relatives à l’enquête publique prescrite pour la création initiale d’un parc national et les chartes successives, compte tenu de la réforme des enquêtes publiques issue de la loi Grenelle 2.....

(......) Le décret intègre également le nouveau plan régional de l’agriculture durable ainsi que le schéma régional de développement de l'aquaculture marine dans la liste des planifications soumises à l’avis simple de l’établissement public du parc national pour l’aire d’adhésion, et à obligation de compatibilité avec les objectifs et mesures définies par la charte pour le coeur du parc (art. R.331-14). Le projet d'extension et, le cas échéant, de modification de la charte est adressé pour avis par le président du conseil d'administration de l'établissement public du parc national aux établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre auxquels la commune appartient ainsi qu'au département et à la région concernés (art. R.331-15). Dans les cas autres que ceux mentionnés à l'article R.331-15, la modification de la charte est approuvée par décret en Conseil d'Etat après enquête publique et après les consultations requises.

Coeur du parc

Le décret clarifie par ailleurs le régime juridique applicable à certaines activités humaines dans le coeur du parc national. Les pièces constitutives de la demande de travaux sont listées à l’article R.331-19. Un arrêté du 31 décembre fournit quant à lui les formulaires de demande.....

(....)

..... Compte tenu de la vocation de protection du coeur du parc, les véhicules terrestres ou nautiques à moteur font en effet l’objet d’une interdiction générale et absolue. Le texte complète en outre le dispositif relatif à la protection du coeur du parc national en instituant une procédure de consultation du directeur de l'établissement pour les projets de conventions pluriannuelles d'exploitation agricole ou de pâturage. Il modifie enfin le Code de l’urbanisme pour préciser que le dossier de demande d’une autorisation d’urbanisme pour des travaux projetés dans le coeur du parc doit indiquer les matériaux utilisés, les modalités d’exécution des travaux et le cas échéant d’autres documents en fonction des caractéristiques des travaux projetés.....

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Philie Marcangelo-Leos / Victoires-Editions

Références : décret n°2011-2020 du 29 décembre 2011 relatif aux parcs nationaux, JO du 30 décembre 2011, p. 22715 ; arrêté du 31 décembre 2011 relatif aux travaux dans les coeurs de parcs nationaux, JO du 6 janvier 2012, p. 266.


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Le 20 avril 2012 : Un parc sans pêcheur !


Création officielle du parc national des Calanques : Le décret portant création du parc national des Calanques a été signé ce mercredi 18 avril par le Premier ministre et ministre de l'Ecologie François Fillon. Il devrait être publié au Journal officiel le 19 avril 2012
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Quelle "engatse" (prise de tête, en marseillais) ! Ce jour-là, à l'heure de l'apéro, alors que les nuages bas semblent accrochés aux parois de la calanque de Sormiou (quelques kilomètres à l'ouest de Marseille), Mireille, Denyse, Alain et Camille partagent un rosé de Provence au cabanon. Ils attendent avec impatience la création du parc national des Calanques.

Le lendemain, à la terrasse du restaurant Le Château, au cœur de la même calanque, alors que le soleil de midi illumine les falaises de calcaire blanc, ciselant le vert des pins, embrasant la mer azur, Béatrice, François, Claude et André, eux aussi "cabanoniers" pour la plupart, savourent un vin blanc de Cassis, trinquant à la quiétude du moment et du lieu. Eux pestent contre la création du parc.

Après une douzaine d'années de travaux préparatoires, d'avancées et de reculs, le parc national des Calanques est officiellement né avec la signature, mercredi 18 avril, par le premier ministre, François Fillon, du décret de création du dixième parc national français.....

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Après des années de débat, le parc national des calanques, aux portes de Marseille, voit le jour. Le décret a été signé hier. Une nouvelle critiquée par des militants de la première heure -ce projet aura mis presque un siècle à voir le jour- et des élus écologistes.

Le décret a été signé hier. Après des années de débats, parfois houleux, le parc national des calanques, aux portes de Marseille, voit donc le jour. Il est le premier parc national «nouvelle génération» à être créé en France, depuis la loi de 2006, augmentant la place des acteurs locaux, et le troisième parc périurbain au monde après Le Cap et Sydney. Son objectif: protéger un site exceptionnel, terrestre et marin, soumis à de multiples menaces (surfréquentation, pollution...).

Un siècle entre l'idée et le décret

Ce projet aura mis quasiment un siècle à prendre forme puisque l'idée avait déjà germé dans les années 1910-1920 quand des habitants s'étaient élevés contre l'extension d'une carrière, selon Benjamin Durand, directeur adjoint du Groupement d'intérêt public (GIP) et porteur du projet. L'aventure a cependant commencé dans les années 90. Un GIP est lancé en 1999 et dix ans plus tard, un arrêté ouvre officiellement la concertation, riche de 300 réunions, suivie de l'enquête publique (plus de 4.500 contributions) pour parvenir début 2012 à la charte finale.

Un dossier qui passionne et divise

«Depuis le début, le dossier passionne... et divise», relève Benjamin Durand. D'un côté, instances environnementales et écologistes déplorent un manque d'ambition du projet; de l'autre, pêcheurs, plaisanciers, grimpeurs, cabanoniers et élus redoutent une sanctuarisation de l'espace. Mais, au final, «tous les usages qui se pratiquent déjà dans les calanques pourront continuer mais dans un cadre plus régulé», juge-t-il. Concrètement, quelles seront les conséquences sur cette zone avec la création du parc national? En mer, des espaces de non-pêche seront instaurées sur 10,5% du «coeur» du parc, les jet-skis seront proscrits, la visite en bateau se fera sans messages diffusés par haut-parleur pour respecter la quiétude des lieux. Sur terre, la chasse restera autorisée, mais avec un arrêt progressif des lâchers de tir. Les randonneurs seront, quant à eux, priés de rester sur les sentiers balisés, les pratiques sportives extrêmes seront bannies, tout comme le bivouac ou l'éclairage artificiel. Les futurs agents du parc auront pour mission première de sensibiliser le public à la protection de l'environnement, avec possibilité de verbaliser les usagers irrespectueux, et de mieux maîtriser la fréquentation (près de deux millions de personnes par an).

Des réactions mitigées chez certains

Les militants de la première heure, comme Denyse Ricard-Maubon, fondatrice du collectif «Un parc national pour les calanques», sont moins enthousiastes. «C'est un parc politique, on a tout permis à tout le monde.» Même ambivalence chez les élus écologistes marseillais qui déplorent notamment «la réduction importante de la zone coeur terrestre et maritime, la faiblesse des propositions des zones de non-prélèvement où toute forme de pêche professionnelle ou de loisirs doit être interdite, et la banalisation de l'activité de chasse en coeur de parc national».

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Le conseil des ministres, du mercredi 18 avril 2012, a entériné la nouvelle stratégie de création d’aires marines protégées, la création du parc national des Calanques et la mise à l’étude d’un parc naturel marin en Martinique. Cette nouvelle impulsion va permettre d’accélérer le processus de mise en œuvre d’un réseau cohérent et efficace d’aires marines protégées sur l’ensemble des eaux françaises.
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Fruit de deux ans de concertation dans le cadre du Grenelle de la mer, la nouvelle stratégie doit permettre de placer 20% des eaux françaises sous protection à l’horizon 2020. Elle définit plusieurs priorités, dont : la mise en place d’une nouvelle gouvernance des océans ; la mise en œuvre d’une méthode pour la création et la gestion des aires marines protégées et des priorités par façades ou bassins maritimes.

Priorités pour l’outre-mer :
  • Étendre les surfaces protégées avec la création de nouvelles aires marines protégées,
  • Améliorer les connaissances : poursuite des inventaires de caractérisation de la biodiversité marine
  • Mettre en œuvre d’actions particulières pour les espèces et habitats : plans de lutte contre les espèces exotiques envahissantes, plans de restauration des espèces ou habitats menacés ;
  • Renforcer les capacités des gestionnaires et associations ultramarines ;
  • Créer des réserves halieutiques.

Priorités dans les eaux métropolitaines :...

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Le Parc national des Calanques est avant tout un parc maritime....

Le Parc national des Calanques est avant tout un parc maritime, puisque 90% de sa surface est en mer. Il s’inscrit dans le cadre des objectifs de la stratégie nationale pour la création et la gestion des aires marines protégées, adoptée aujourd’hui par le Ministère de l’écologie, du développement durable, des transports et du logement, également chargé de la mer.

Cette stratégie définit :
  • une nouvelle gouvernance des océans, reposant sur la mobilisation des acteurs autour d’orientations partagées ;
  • une méthode pour la création et la gestion des aires marines protégées ;
  • des priorités par façade ou bassin maritimes.

Fruit de deux ans de concertation dans le cadre du Grenelle de la mer, sous la direction de Jérôme BIGNON, président des aires marines protégées, la nouvelle stratégie doit permettre d’atteindre l’objectif fixé par le Gouvernement de placer 20% des eaux françaises sous protection à l’horizon 2020. Grâce à la création de quatre nouveaux parcs marins depuis 2010, 11% des espaces maritimes sont d’ores et déjà protégés.

Trois nouveaux parcs naturels marins, Estuaires picards et mer d’Opale, Estuaire de la Gironde et des Pertuis, Bassin d’Arcachon devraient voir le jour d’ici à la fin de cette année. En outre, la mise à l’étude du parc naturel marin de Martinique vient d’être engagée par un arrêté publié aujourd’hui.


10e parc national français (le 7e en métropole, le 3e marin et le 1er périurbain).

Une surface essentiellement maritime : 158 100 ha dont 141 500 ha en mer (89,5%)

Cœur terrestre : 8 300 ha

Cœur marin : 43 500 ha

Aire Optimale d’Adhésion (AOA) : 8 300 ha

Aire Maritime Adjacente (AMA) : 98 000 ha

Au total, 7 communes sont concernées par le Parc national dont 3 pour le seul cœur : Marseille, Cassis et La Ciotat. Les Autres étant : Carnoux-en-Provence, La Penne-sur-Huveaune, Ceyreste et Roquefort-la-Bédoule.

Des milieux marins riches d’une grande biodiversité

La surface du cœur marin représente cinq fois la partie terrestre. Il regroupe quasiment toute la diversité des milieux et espèces méditerranéens, compte tenu d’une courantologie et d’une topographie particulièrement complexes, depuis les canyons profonds (jusqu’à - 1250 m) parsemés de coraux d’eaux froides, jusqu’aux petits fonds d’herbier de Posidonie, habitat prioritaire et écosystème pivot des espaces littoraux, et aux encorbellements à Lithophyllum en surface.

Cette diversité de reliefs, associée à des eaux d’une grande richesse (apport de l’embouchure du Rhône, courant ligure, « upwelling » [1] ...), fait que le cœur abrite de nombreuses espèces recouvrant l’ensemble du cycle alimentaire du phytoplancton jusqu’aux espèces prédatrices.
Malgré une importante biodiversité marine, les populations de nombreuses espèces ne présentent souvent pas un « bon état », que ce soit en termes de taille ou de quantité :
  • le Corb et le Mérou brun, espèces emblématiques de Méditerranée, qui, malgré un moratoire national institué pour ce dernier en 1993, ne présentent pas des effectifs à la hauteur de ce que l’on constate dans de nombreuses Aires Marines Protégées ;
  • la Grande Nacre, le plus grand coquillage de Méditerranée, vivant au sein de l’Herbier et dont les individus de grande taille deviennent rarissimes ;
  • l’herbier à Posidonie, « espèce pivot » de Méditerranée servant à la reproduction, de nurserie, d’habitat et dont les surfaces auraient diminué à l’échelle du cœur de 40% en une quarantaine d’années compte tenu des pressions anthropiques (mouillages) et de la pollution. L’état des lieux réalisé pour Natura 2000 a montré que seul 20% était en « bon état », notamment dans les principales calanques. La régression semble s’être stabilisée ces dernières années [2] ;
  • les Oursins, les Langoustes, etc. dont les effectifs sont en constante diminution et les individus de taille de plus en plus réduite compte tenu de la pression de prélèvement ;
  • le Corail Rouge, récolté depuis l’antiquité, dont les branches de plus de quelques centimètres se trouvent dorénavant à des profondeurs de plusieurs dizaines de mètres ;
  • l’Hippocampe dont les deux espèces de Méditerranée sont devenues particulièrement rares du fait de la dégradation des habitats (herbiers notamment) et de sa capture volontaire ou non.

Ces milieux littoraux sont représentatifs de la richesse écologique exceptionnelle du bassin méditerranéen, un des « points chauds » mondiaux de la biodiversité. Ils sont riches mais vulnérables.

Un parc national pour protéger et valoriser des patrimoines fragiles entre la terre et la mer

Ce Parc, fruit d’un long travail de concertation avec tous les acteurs concernés, a pour vocation de concilier au mieux les activités professionnelles et de loisirs (pêche, chasse, tourisme) avec la protection de ce territoire. Lutte contre les incendies, réduction de la pollution, meilleure organisation de la fréquentation du public… autant d’objectifs au cœur des missions du Parc national qui garantira un cadre structuré de gestion et de protection de ce site unique, au croisement de la terre et de la mer.

Concilier la protection des patrimoines avec le développement durable des activités socio-économiques

Une charte pour organiser l’utilisation de l’espace par les activités socio-économiques. On dénombre de multiples usages dans le cœur du parc national :

Chasse : activité traditionnelle organisée dans le cœur du parc selon les modalités définies dans la charte.

Escalade : activité sportive qui a conféré au massif des Calanques une grande part de sa renommée. Plus de 3 000 voies sont dénombrées. La charte aide à concilier cette pratique avec la présence le long des voies, des oiseaux nicheurs, des chauve-souris et des espèces végétales particulières des corniches.

VTT : activité sportive peu développée compte tenu des règlements actuellement applicables.

Batellerie : activité touristique qui permet la découverte des calanques dans le respect des joyaux sous-marins et terrestres qu’elles contiennent. Quand le milieu est trop fragile, les plus gros bateaux – plaisance comprise – ne peuvent pas accéder au fond des calanques étroites (En Vau, Port Pin par exemple).

Plaisance : activité caractéristique du parc national, qui se poursuivra selon certaines modalités simples de respect des milieux (exemple : le mouillage aura lieu en dehors des herbiers de Posidonie).

Pêche professionnelle et amateur : la pêche artisanale est très présente. La pêche amateur est également développée, ainsi que la « pêche » sous-marine. L’ensemble de ces prélèvements dans le milieu peuvent influer à la fois sur la diversité biologique et sur la ressource halieutique, dont les populations et les tailles spécifiques sont parfois en déclin. Aussi, ces activités feront l’objet d’un suivi par le parc national pour permettre de conduire des mesures de préservation des richesses et ressources marines. La suspension des « oursinades » ces dernières années du fait de l’état de la ressource, est un exemple de mesure concrète.


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Le 25 Août 2014

Ces bateaux qui font couler de l’ancre



Considérés de manière souvent abusive comme un espace de totale liberté, la mer et les fonds marins souffrent chaque été d’une surfréquentation des mouillages forains ; ces parties de plans d’eau naturellement protégées des vents dominants où les bateaux de plaisance viennent jeter l’ancre, parfois pendant plusieurs jours.

Source : La Provence

Cette affluence est particulièrement sensible en haute saison dans le coeur marin du Parc national des Calanques où selon les derniers comptages (août 2013), près de 1 200 bateaux peuvent stationner simultanément sur un même site. Avec des effets dommageables pour l’environnement qui se manifestent non seulement en surface (rejets d’eaux usées et de déchets solides) mais aussi et surtout sur le fond (labourage dévastateur du coralligène et de l’herbier de posidonies par les ancres et leur chaîne).

Le week-end du 15 août n’a pas dérogé à la règle, attirant des centaines de bateaux à moteur et de voiliers dans les secteurs les plus emblématiques que sont les calanques de Sormiou et de Morgiou et les deux archipels du Frioul et de Riou.

Une situation préoccupante à laquelle l’établissement public gestionnaire du site classé entend remédier au plus vite en multipliant notamment les « mouillages organisés ». Ces amarrages collectifs dont les premiers exemplaires ont été mis en place au début de la décennie, permettent en effet de réguler la fréquentation en limitant à la fois le nombre de bateaux et la durée de leur stationnement, avec notamment la possibilité de rendre ce dernier payant.

Selon les sites concernés, ces points d’amarrage sont constitués de bouées de surface (identifiables à leur couleur blanche), de bouées immergées entre deux eaux ou encore d’arceaux sous-marins directement fixés à la roche. Mais si cette technique a fait la preuve de son efficacité, sa diffusion reste lente. Une cinquantaine de mouillages organisés sont aujourd’hui installés ou en passe de l’être entre le Frioul et La Ciotat mais la plupart restent concentrés autour de l’Ile Verte et de la calanque de Port Miou, alors que l’on dénombre près d’une centaine de mouillages forains en coeur de parc.

« Définir une politique d’organisation des mouillages est l’un des grands chantiers qui figurent dans la charte du parc, tient à rappeler Émilie Drunat, coordinatrice du Pôle usages et activités de l’établissement public. Mais cela ne peut se faire qu’en concertation avec les autres services de l’État comme la DDTM ou la préfecture maritime, les communes concernées, les plaisanciers et les professionnels du nautisme. Nous devons déterminer avec eux les conditions de gestion et d’utilisation de ces mouillages (s’ils doivent rester gratuits ou devenir payants) mais aussi nous assurer que la pression touristique que nous retirerons d’un site, ne viendra pas se reporter sur un autre jusque-là épargné. Et pour cela, il est nécessaire de mieux connaître et comprendre la fréquentation des calanques ».

En attendant, le Parc multiplie les campagnes de prévention auprès des usagers. Un effort de pédagogie qui mobilise une grande part de ses moyens humains. Or ces derniers restent limités, notamment les écogardes qui sont alors détournés d’autres missions au moins aussi importantes.

Un bon mouilleur choisit le sable

« Jeter l’ancre » ne consiste pas à faire passer par-dessus bord l’ensemble du mouillage d’un bateau. Afin de préserver l’environnement marin et sous-marin, la manoeuvre doit en effet s’effectuer en douceur et avec précaution, en s’assurant que l’opération est réalisée sur un fond de sable (identifiable depuis la surface par sa couleur claire) et non sur un fragile herbier de posidonies (tache de couleur sombre). Concernant la remontée, elle doit s’effectuer en faisant avancer lentement le bateau jusqu’à ce que celui-ci se retrouve à l’aplomb de l’ancre afin de pouvoir hisser cette dernière à la verticale.

Deux seules mesures concernent l’interdiction faite aux embarcations à moteur d’entrer -et donc de mouiller- dans les fonds de calanques, entre les bouées jaunes qui délimitent la zone de baignade et le rivage, et d’autre part aux navires de plus de 20 m de long de pénétrer à l’intérieur des calanques d’En Vau et Port Pin. Quant aux bouées de mouillage organisé, on en dénombre actuellement une cinquantaine déjà implantée ou en cours d’installation. Le prix du stationnement pour une nuit en haute saison varie ainsi de 9,20 euros pour un petit bateau de 5 mètres, à 52,05 euros pour une unité de 16 mètres. De jour, le tarif est de 5 euros pour une unité de moins de 10 mètres et de 10 euros pour un bateau d’une taille supérieure.

A terre, la charte s’applique : aux Goudes, le bar musical s’est fait « pointer » !

Un niet ferme et (a priori) définitif. En plein cœur de l’été, le Parc des Calanques, via son directeur François Blanc, vient de prendre une décision qui met fin à des années de polémique et sonne comme un énorme soulagement pour les habitants des Goudes. Non, la discothèque ou le bar musical – selon les versions – en construction dans un ancien blockhaus de la Seconde Guerre mondiale et sur le terrain afférent, ne pourra pas ouvrir ses portes à la jeunesse dorée de la cité phocéenne. Du moins sous cette forme…

« Après consultation de son conseil scientifique et du conseil économique social et culturel, le Parc des Calanques a en effet décidé la suspension des travaux et a refusé toute autorisation à une nouvelle activité utilisant de la musique amplifiée« , tranche Didier Reault (UMP), le président du Conseil d’administration du Parc national, confirmant nos informations.
   
Les motivations de ce refus? « La création de cet établissement ne respecte par notre charte et mettrait à mal l’équilibre de la faune et la flore« . Mais aussi celui des riverains, angoissés et très remontés à l’idée qu’une nouvelle Maronaise – du nom de la célèbre discothèque des Goudes détruite en 2009 par injonction de justice – ne vienne troubler leur quiétude.

Une première fois, en mai dernier, prévenu par des inspecteurs du Parc, Didier Réault avait fait stopper le chantier. Qui avait repris quelques semaines plus tard… Alors, le propriétaire, Jean Levakis, réaffirmait son intention d’aménager « une salle de mariage et un parking » et se prévalait d’une autorisation des services de l’urbanisme de la Ville, accordé en 2008 sur le domaine maritime, pour « l’ouverture d’un restaurant« . Ou plutôt, dixit Jean-Claude Mendossa, directeur de la discothèque le Bazar et futur locataire du lieu, »d’un bar musical qui fermera à 2 heures du matin« .
    
Une ambition appuyée à mots couverts par le maire UMP du 6e/8e, Yves Moraine,regrettant l’actuel « désert nocturne » pour mieux justifier sa position de ne pas « rejeter par principe ce genre de projet… À condition que les choses se fassent dans les règles« . C’était sans compter avec le veto du Parc. Qui n’imagine pas que les propriétaires passent outre: « Ils ont fait la demande en bonne et due forme. Elle a reçu un avis défavorable. Les travaux doivent s’arrêter. Point. S’ils devaient continuer, une plainte serait déposée devant le procureur de la République« , prévient Didier Reault.

Une justice déjà passablement échaudée par l’identité de l’acquéreur d’une partie des parts de la société civile immobilière, propriétaire du terrain. Un certain Jean-Claude Pietrotti, mis en examen en 2010 par le juge Duchaine – notamment pour extorsion de fonds et blanchiment en bande organisée – dans l’un des volets de l’affaire Guérini.


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Plongeurs et plaisanciers: une si difficile cohabitation...


Malgré les bouées signalant leur présence, les adeptes de la chasse sous-marine ne se sentent plus en sécurité dans la mer. Vidéo à l’appui, ils dénoncent l’attitude irresponsable des plaisanciers.

Source : Var matin

Des vidéos (à visionner ici ou là) à vous couper définitivement l'envie de vous mettre à l'eau. C'est la façon choisie par les adeptes de la chasse sous-marine pour exprimer leur peur de se faire découper en deux par un bateau à moteur.

Président de la Fédération de Chasse Sous-Marine Passion (FCSMP), l'Ollioulais Pascal Mathieu est catégorique : «Dans le Var, comme dans les Alpes-Maritimes, où qu'on plonge, après 9 heures du matin, on est en danger !»

Ferré par des leurres

La faute à un trop grand nombre de plaisanciers. Notamment l'été. La faute surtout à leur méconnaissance de la réglementation en matière de navigation à proximité d'une bouée signalant la présence de plongeurs.

Ne lésinant pas sur les moyens - «je pêche toujours avec deux bouées, plus mon embarcation semi-rigide» -, Pascal Mathieu ne compte pourtant plus le nombre de fois où il a frôlé l'accident. «Une fois, un plaisancier a failli me couper le bateau en deux. Une autre, un voilier m'a emporté une bouée. J'étais à moins de 15 mètres de distance. Quant aux pêcheurs à la traîne, plusieurs fois leurs leurres m'ont accroché la combinaison !»

Mais la palme revient sans doute aux pilotes de scooters des mers. «Certains se servent des bouées de chasseurs sous-marins pour effectuer des virages serrés», affirme Pascal Mathieu.

Face aux multiples dangers qu'ils encourent désormais, les chasseurs sous-marins se sont adaptés. «Quand on pêche au large, on essaye, dans la mesure du possible, de laisser quelqu'un à bord du bateau afin qu'il surveille les plaisanciers alentours».

Ils ont surtout renoncé à se mettre à l'eau à certains endroits trop fréquentés par les plaisanciers.

L'autoroute tropézienne

«L'été, on ne va plus pêcher à la pointe de La Cride à Sanary. Que ce soit pour aller à Bandol ou à La Ciotat, tous les bateaux naviguent à raser la balise cardinale. Quant aux secs (un haut-fond, NDLR) au large des Embiez, c'est encore plus dangereux», dénonce le président de la FCSMP.

Et que dire du golfe de Saint-Tropez ? «Avec les basses du Né, du Verhuge ou de Can, c'est un endroit propice pour la pêche aux espèces pélagiques. Mais c'est aussi une véritable autoroute. Bien que parfaitement signalés, je connais des pêcheurs sous-marins à qui les gendarmes maritimes ont demandé de partir. Au prétexte que c'était trop dangereux du fait du trafic», lâche Pascal Mathieu.

Et de conclure, avec fatalité, «Finalement, c'est dans la bande des 300 mètres où l'on se sent le plus en sécurité. Rien d'anormal : les plaisanciers connaissent mieux la réglementation qui y est appliquée.»

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