lundi 24 octobre 2011

Saumon d'élevage : Monsanto s’incruste dans le monde aquatique !


Monsanto s’incruste dans le monde aquatique !

Dans le monde agricole, Monsanto est "célèbre" pour ses semences OGM et son herbicide total Roundup. Auparavant, il avait fait un "malheur" chez les militaires avec son agent orange et le bonheur des électriciens avec son pyralène, ces PCB retrouvés dans les rivières et maintenant en mer et qui se concentrent dans la chair de la vie aquatique au grand dam des pêcheurs : multiplication des interdictions de capture, anguille, sardine, crabe….

Moins connue du grand public, l’éthoxyquine, une autre trouvaille de la multinationale… A la fois antioxydant et pesticide, cette substance de synthèse vient d’être interdite sur le marché européen. Comme les PCB dans la chair des poissons sauvages, l’éthoxyquine s’est incrustée dans la chair de tous les poissons d’élevage…

Depuis le 3 septembre 2011, les autorisations de mise sur le marché des produits phytosanitaires contenant de l’éthoxyquine sont retirées sur décision de la Commission Européenne du 3 mars 2011 (1).

Question : Les poissons d’élevage qui contiennent cette substance active seront-ils retirés du marché ?

Une étude norvégienne indique la présence d'éthoxyquine dans tous les poissons d'élevage : saumon, truite, cabillaud, flétan... : Teneurs en antioxydants de synthèse (éthoxyquine, BHT (butyl-hydroxy-toluène) et BHA (butyl-hydroxy-anisole) dans les aliments pour poissons et dans les poissons commerciaux d'élevage

Pour en savoir plus sur l'éthoxyquine : Enquête de "A Bon Entendeur", une émission de la Télévision Suisse Romande TSR1

Saumon d'élevage : des poissons finalement assez conservateurs

Après les antibiotiques, les polluants comme les PCB, A Bon Entendeur a découvert un agent conservateur douteux utilisé dans la nourriture des animaux. Les échantillons de saumon testés étaient tous contaminés même les saumons Bio et les risques pour la santé ne sont pas évalués.

L'agent conservateur douteux, c'est l'Ethoxyquine, un produit de synthèse à la fois pesticide et antioxydant.

Patrick Edder, chimiste cantonal à Genève ne cache pas sa surprise : « On ne s’attendait pas à retrouver de telle substance, puisque notre recherche initiale concernait des pesticides pour des traitements contre le poux de mer. Et c’est par hasard que l’on est tombé sur l'Ethoxyquine. Donc on a du rechercher la pertinence de retrouver cette substance dans le saumon. Et après quelques recherches on a vu que c’était un additif antioxydant pour l’alimentation des poissons. »

Ethoxyquine de la firme américaine Monsanto ...

L'Ethoxyquine a été synthétisée dans les années 50 par la firme américaine Monsanto. Employée pour le traitement des fruits, notamment contre le brunissement des poires, on la trouve parfois aussi comme conservateur dans certaines épices. Elle est surtout très utilisée comme anti-oxydant dans la nourriture pour animaux.

C’est donc une substance bien connue, mais dont la toxicité n’a curieusement pas été complètement évaluée, comme nous le confie Patrick Edder. « On n’a pas de certitude sur la toxicologie de ce produit et d’ailleurs le dernier rapport de l’autorité européenne de sécurité alimentaire montre bien que l’on ne peut pas conclure si le produit est dangereux ou s’il ne l’est pas car il nous manque les trois quarts des études toxicologiques. Alors après c’est une question de principe de précaution : Est-ce que l’on prend des mesures immédiates pour interdire cette substance; ou est-ce que l’on attend tranquillement qu’on ait une évaluation pour prendre une série de mesures. Apparemment, l’EFSA a plutôt choisi cette dernière solution. »

En jetant un coup d’œil sur les législations suisses et européennes, on trouve tout de même une valeur-limite pour les résidus dans les viandes, mais seulement pour les animaux terrestres. En gros, en Suisse et en Europe, on a une norme pour les kangourous et les serpents, mais pas pour les saumons....

.... Pour prévenir de possibles explosions dans le transport maritime de la farine de poisson

A l’Institut national de la nutrition et de la recherche sur les produits de la mer (INES) de Bergen (Norvège), Anne-Katrine Lundebye Haldorsen, directrice des recherches sur la sécurité alimentaire explique la présence d’Ethoxyquine dans l’alimentation des poissons d’élevage : «L’Ethoxyquine est un anti-oxydant de synthèse, il est ajouté à la farine de poisson pour prévenir de possibles explosions ».

Voilà le fin mot de l’histoire. La farine de poisson et l’huile de poisson qui entrent dans la composition de la nourriture des saumons d’élevage, proviennent en bonne partie de la pêche minotière d’Amérique du Sud, et elles sont livrées par cargo aux fabricants de croquettes du Nord. Mais ce long voyage comporte un risque: l’auto-combustion par oxydation. On asperge donc la matière première d’antioxydants.

Et Anne-Katrine Lundebye Haldorsen de rappeler que : « L’Organisation Maritime Internationale a approuvé seulement deux antioxydants synthétiques : l’Ethoxyquine, qui est le plus efficace, mais aussi le BHT.»

De l’Ethoxyquine dans le saumon Bio !

L’année dernière, nous avions filmé pour A Bon Entendeur une ferme à saumons bio irlandaise, en insistant sur le fait que la production de saumon bio était plus respectueuse de l’environnement et des animaux que la production conventionnelle, mais qu’elle n’était évidemment pas parfaite.

Et effectivement, nous avons retrouvé cette année dans nos résultats 242 microgrammes par kg d’Ethoxyquine et de dimère d’Ethoxyquine dans un saumon bio provenant du même groupe de producteurs que celle-ci.

Nous sommes allés demander à ces fermiers de la mer ce qu’ils pensaient de nos analyses. Eugene Casey, éleveur Mannin Bay Co. Admet que ses poissons peuvent contenir de l’Ethoxyquine : « Nous sommes obligés d’utiliser une petite quantité de farine de poisson sud-américaine au début de la vie de nos poissons pour des raisons de santé et à cause de cela, je pense qu’il reste des petites quantités d’Ethoxyquine dans le saumon à la fin de leur cycle de croissance. »

Et les certificateurs bio acceptent l’utilisation de l’Ethoxyquine ?

« Nous en avons discuté avec eux, ils préféreraient que nous n’en utilisions pas, mais ils ont reconnu qu’il était essentiel que nous donnions un peu de farine de poisson sud-américaine à nos saumons. Ils ont donc accepté un peu d’Ethoxyquine. »

La loi du marché semble la plus forte...

L’Ethoxyquine pourrait être remplacée en transportant la farine de poisson sous atmosphère contrôlée, avec un ajout d’antioxydants provenant des algues, mais encore faut-il le vouloir.

Et la loi du marché semble la plus forte selon Colin Mair, directeur technique Ocean Harvest Technology, « Le marché des saumons d’élevage est dirigé par le volume et les coûts. Tous les gens dans ce jeu, des fabricants de farine aux fermiers sont vraiment concentrés sur chaque centime d’économie possible et un changement n’est introduit que lorsqu’il est nécessaire. Nous remarquons que le public commence à se rendre compte des problèmes liés à l’élevage du saumon et c’est une forme de pression pour que cela change. »

L’Ethoxyquine n’est qu’un petit exemple parmi tous les produits de synthèse que nous ingérons chaque jour dans notre nourriture, mais elle nous rappelle que, puisque nous sommes ce que nous mangeons, il nous faut aussi nous préoccuper de ce qu’a mangé notre nourriture avant de finir sur notre table.

Pour Patrick Edder, : « Les grands derniers scandales alimentaires ont presque tous commencé avec la nourriture pour animaux. Encore aujourd’hui, on voit que des substances présentent dans l’alimentation des animaux se retrouvent dans le produit fini, qu’on a pas évaluées, dont on ne connaît pas la toxicologie et pour lesquelles ont prend peu de mesures. »

Pour visionner l'émission de TSR, cliquer ABE

(1) Les autorisations de mise sur le marché (AMM) des produits phytopharmaceutiques contenant la substance active éthoxyquine sont retirées pour tous les usages agricoles et non agricoles. Les AMM seront retirées au plus tard le 2 septembre 2011. La date limite de commercialisation est fixée au 29 février 2012. La date limite d'utilisation au 31 août 2012. Les décisions individuelles de retrait d'autorisation de mise sur le marché de chaque produit sont notifiées aux sociétés détentrices. Le Ministère de l'Agriculture rappelle que les spécialités concernées, détenues par les distributeurs après la date limite de commercialisation et par les utilisateurs après la date limite d'utilisation, sont des déchets. Le détenteur de ces déchets est responsable de leur élimination et est tenu d'y procéder conformément aux prescriptions contenues dans le Code de l'environnement. Source : Phytopharmaceutiques : l'éthoxyquine retirée du marché

Autres articles :

Photographies :
  • Saumon en élevage : Captage écran de ABE / TSR
  • Chargement de sacs de farine de poisson dans le port de Talcahuano au Chili (Philippe Favrelière)

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Le 24 juin 2014

Empois(s)onneur ! : Saumon bio ou pas bio

Mes Courses pour la Planète (après avis de Seaweb) nous dit de choisir du saumon d'élevage bio pour les sushis... 

Les tests de l'association "60 millions de consommateurs" révèlent que ce saumon bio est le plus chargé en pesticides et autres métaux lourds !... 

A lire les mots clés de l'article du Figaro (ci-dessous), le saumon entrerait plutôt dans la liste des poisons violents !

Tout n'est pas bon dans le saumon

Mots clés : Saumon d'élevage, Saumon sauvage, Aquaculture, PESTICIDES, Métaux lourds, Mercure, Arsenic, pollution, alimentation, nutrition

Source : Le Figaro par Anne-Laure Lebrun - le 24/06/2014

Sauvage ou en provenance d'élevage, étiqueté bio ou non : 60 millions de consommateurs a passé au crible des filets de saumon, avec des résultats parfois surprenants.

Qu'il soit d'élevage ou sauvage, surgelé ou frais, le saumon est l'un des poissons préférés des Français. Mais, régulièrement montré du doigt en raison des substances toxiques qu'il contient, il n'est plus numéro un, battu par le cabillaud. L'inquiétude des consommateurs et les interrogations autour de l'aquaculture intensive - en particulier en Norvège - ont entaché l'image du saumon. Cela a conduit l'association 60 millions de consommateurs à mener ses propres analyses sur dix-huit filets de saumon d'élevage (Chili, Écosse, Irlande, Îles Féroé et Norvège) et cinq filets de saumons sauvages pêchés dans le Pacifique. L'étude, parue dans le numéro de juillet-août 2014, rapporte une pollution modérée des saumons d'élevage et des résultats contrastés pour les saumons labellisés Agriculture biologique.

Saumon. Sushis : Les conseils de "Mes Courses pour la Planète" pour tuer la belle-mère !



• Près de cinq pesticides dans un même pavé

Sur les dix-huit saumons d'élevage testés, seulement quatre sont exempts de pesticides alors que «sept références contiennent jusqu'à cinq pesticides différents», affirme 60 millions de consommateurs. Bien que les traces retrouvées soient infimes, le magazine souligne que la réglementation européenne ne précise pas de quantités maximales autorisées dans le poisson. En appliquant donc la limite la plus faible autorisée pour la viande animale, 60 millions de consommateurs a calculé «que la contamination peut aller jusqu'à 30 % de cette limite, et ce pour le saumon frais Carrefour agir bio». Si les doses sont donc loin d'être alarmantes, elles interpellent tout de même puisque le label Agriculture biologique impose des critères stricts, notamment l'absence de pesticides.

La présence de ces produits dans les élevages bio peut être due à une contamination environnementale. En effet, 60 millions de consommateurs explique que dans certains États membres de l'Union européenne, les fermes bio sont très proches des élevages standards. Un échange d'eau, contaminée par les pesticides, est donc probable.

• Les métaux lourds retrouvés principalement dans les saumons bio

L'arsenic, le cadmium, le mercure, le plomb… sont des composés chimiques présents naturellement dans l'environnement (air, sol et eau) et peuvent, de fait, se retrouver dans les denrées alimentaires. Par ailleurs, l'activité humaine telle que l'agriculture ou l'industrie peut elle aussi être à l'origine de ces métaux lourds, nocifs pour l'organisme lorsque l'exposition est importante.

Pour quantifier les risques associés à ces contaminants, les experts évaluent la dose journalière ou hebdomadaire tolérable (respectivement DJT ou DHT). 60 millions de consommateurs a retrouvé des métaux lourds dans les 23 saumons testés. Toutefois, les teneurs sont variables et globalement, les résultats ne sont pas alarmants.

Concernant le mercure - toxique, entre autre, pour le développement de l'enfant in utero - la teneur est «largement en deçà de la limite réglementaire», affirme l'association. Paradoxalement, les doses les plus importantes ont été retrouvées dans le saumon Carrefour Agir bio d'origine Norvégienne. Il contient sept fois plus de mercure que le saumon surgelé Pescanova pêché dans l'Atlantique et élevé au Chili.

Quant à l'arsenic, «la plus mauvaise note revient au pavé Casino bio dont la teneur atteint 9 % de la DJT». Quatre autres produits, dont trois saumons bio, reçoivent un «insuffisant». Cependant, «dans les produits de la mer, on retrouve principalement l'arsenic sous forme organique, moins toxique», explique l'Organisation mondiale de la santé. Ce composé est neurotoxique et peut favoriser le diabète et des maladies cardiovasculaires.

Les mieux notés sont les saumons surgelés sauvages pêchés dans le Pacifique: le pavé de saumon rose avec peau de Leader Price, le filet de saumon rose d'Iglo, le pavé d'Intermarché top budget, le filet de Findus et le pavé de saumon argenté de Picard.

• Aucune trace d'antibiotique

«Aucun des produits issus de l'élevage ne contient de résidus d'antibiotiques quantifiables», affirme 60 millions. Une bonne nouvelle pour les consommateurs, d'après le magazine. A juste titre car l'utilisation inadéquate des antibiotiques favorise le développement de la résistance chez les bactéries infectant les poissons et les humains. Un mésusage qui réduit l'efficacité de ces médicaments et qui pousse à une utilisation raisonnée et maîtrisés des antibiotiques au sein des aquacultures mais également des élevages et productions agricoles.

• Le saumon reste un aliment santé

Malgré ces résultats contrastés, en particulier pour les saumons bio vendus chez les grandes enseignes, la qualité nutritionnelle du saumon reste réelle. Le saumon est source d'acides gras essentiels (oméga 3 et 6) de bonne qualité. Il contient également des vitamines A, B et D ainsi que des minéraux comme le calcium et le phosphore.

Il n'est donc pas nécessaire d'écarter le saumon de nos assiettes. Il faut simplement varier les espèces et diversifier les lieux d'approvisionnement. Afin de limiter la surexposition aux contaminants et couvrir les besoins nutritionnels, l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) recommande de consommer du poisson deux fois par semaine dont un poisson gras (saumon, sardine, maquereau…).

Par ailleurs, les femmes enceintes ou allaitantes ainsi que les enfants de moins de trois ans doivent éviter «certains poissons comme l'espadon, le merlin, le requin et le siki car ils sont fortement contaminés en méthylmercure», explique l'Anses. Les poissons crus ou fumés sont également à proscrire. Il est également conseillé de limiter à deux fois par mois sa consommation de poissons d'eau douce (anguille, barbeau, brème, carpe et silure) car ces poissons sont fréquemment en contact avec des PCB, des perturbateurs endocriniens.

Lire le dossier de 60 millions de consommateurs

Peut-on encore manger du poisson ?

Alimentation - juillet 2014

60 millions de consommateurs

n° 495 - juillet 2014
Alimentation : quels poissons manger ?

Il est réputé bon pour la santé, mais renferme parfois beaucoup de polluants. Ses ressources sont menacées mais on nous recommande d’en manger. Difficile de ne pas nager dans les contradictions, quand on choisit son poisson.

Au sommaire de ce dossier :

Quels poissons manger ?

Nos analyses : le saumon entre deux eaux

Cet essai est disponible en achetant la version numérique du n°495 de 60 Millions de consommateurs (juillet-août 2014). Les abonnés pourront télécharger le PDF de l'article à partir du 15 juillet après s'être identifiés.

Nos tests de saumon : du bon et deux questions préoccupantes

60 Millions a comparé 23 filets de saumon frais et surgelés, d’élevage et sauvage. Le constat est en demi-teinte : globalement, les saumons testés sont de bonne qualité, mais nous avons identifié deux points noirs qui posent question.

Source : 60 millions de consommateurs

Que trouve-t-on sous les écailles ? 60 Millions de consommateurs a analysé l’un des poissons les plus consommés en France : le saumon. Nous avons étudié dix-huit filets de saumon d’élevage (Chili, Écosse, Irlande, Iles Féroé, Norvège) et cinq filets de saumon sauvage pêché dans le Pacifique. Cliquer Ici pour accéder aux résultats du test (à partir du 15 juillet 2014)

Aucune trace d’antibiotiques dans les poissons d’élevage

À chaque fois, nous avons recherché la présence de pesticides, antibiotiques, métaux lourds, éthoxyquine, PCB et colorants. Nos résultats apportent trois bonnes nouvelles. Tout d’abord, aucun des produits issus de l’élevage ne contient de résidus d’antibiotiques quantifiables. Ensuite, les saumons présentés comme « sauvages » le sont vraiment, comme le confirme notamment leur faible teneur en oméga 6.

Enfin, les saumons d’élevage chilien s’avèrent exempts de toute substance polluante. Pourtant, ces dernières années, les fermes aquacoles chiliennes étaient dans le viseur des associations de protection de l’environnement après la survenue de l’épidémie du virus AIS (anémie infectieuse du saumon). Il faut peut-être voir là les résultats des efforts de ce pays sur l’aquaculture.

Pesticides et métaux lourds dans quatre saumons bio sur six

En revanche, notre étude soulève deux points noirs. Le saumon bio se révèle beaucoup moins sain qu’attendu. Sur six saumons bio analysés, quatre se révèlent contaminés par des pesticides et quatre par des métaux lourds.

Selon nos experts, cette contamination a très probablement une origine environnementale. On sait notamment que les fermes de poissons bio peuvent, dans certains États membres de l’Union européenne, être installées au voisinage d’élevages conventionnels… avec le risque d’échange d’eau entre les deux unités.

L’éthoxyquine, un antioxydant inquiétant

Deuxième source d’inquiétude : la présence d’éthoxyquine dans six échantillons sur les dix-huit d’élevage étudiés, avec pour trois d’entre eux une présence à un taux assez élevé, voire très élevé pour un échantillon.

Cette substance est incorporée aux huiles et farines de poissons servant à nourrir les saumons afin d’éviter qu’elles ne s’oxydent durant leur transport : cette nourriture issue de la pêche minotière est en effet menée dans des zones souvent éloignées des fermes aquacoles.

Or l’innocuité de l’éthoxyquine n’a pas été évaluée pour l’homme alors même qu'elle a été interdite en tant que pesticide dans l'agriculture. Il n’existe pas de limite réglementaire maximale de résidus dans la chair du saumon consommée (alors qu’elle existe pour l’alimentation animale !).

Nous demandons une évaluation de sa toxicité

Didier Ortelli, chimiste au service des affaires vétérinaires du canton de Genève, souligne : « C’est le flou artistique au niveau de la législation européenne ; il n’y a jamais eu d’évaluation sur sa présence dans le poisson destiné à la consommation humaine. »

Alertés, des députés européens ont interrogé la Commission européenne en novembre 2013 sur ce sujet, pour l’instant sans réponse. 60 Millions demande également une évaluation de la toxicité de cette substance pour l’homme.

Patricia Chairopoulos et Fabienne Loiseau

Le projet de "Mes Courses pour la Planète" ne serait pas financé.... Les belles-mères sont sauves !


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Utiliser les effluents des bassins d’élevage de poissons pour nourrir des plantes tout en retraitant naturellement l’eau : tel est le principe de l’aquaponie. C’est aussi un projet ambitieux intitulé Apiva (Aquaponie, innovation végétale, aquaculture). Il réunit le Lycée de la Canourgue en Lozère, l’Itavi, le Cirad de Montpellier et de Bangkok et de nombreux professionnels de l’aquaculture.

Le Cirad et son Unité mixte de recherche Intrepid, Intensification raisonnée et écologique pour une pisciculture durable, se sont donc investis pour cette technique innovante d’aquaculture qui associe à bénéfices réciproques des élevages aquacoles avec la l’hydroponie (cultures hors-sol sur solutions nutritives).
L’initiative vise aussi à développer une plateforme innovante de recherche et d'enseignement autour de cette nouvelle forme d'aquaculture intégrée . Un important partenariat s’est également développé à ce jour entre des centres de recherche et de développement, des lycées agricoles, des universités françaises et internationales, des entreprises, des organisations professionnelles et des représentants des pouvoirs publics.

Le principe

Dans un système aquaponique, les cultures végétales traitent l’eau en prélevant l’azote et le phosphore produits par les élevages aquatiques. L’atelier aquacole fournit quant à lui les éléments fertilisants nécessaires à la croissance des plantes, grâce aux déchets d'élevage qui sont alors valorisés au lieu d'être rejetés et de polluer l'environnement. Le système peut alors fonctionner en circuit fermé, avec recyclage intégral de l'eau.

La technique connaît un engouement important, notamment en Australie et aux Etats-Unis, mais aussi dans les zones arides où l’eau est rare et dans les zones urbaines où le foncier est coûteux.
Environnement....

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Le 16 février 2012


Ancien géant de la chimie, Monsanto est aujourd'hui le leader mondial des OGM et l'un des premiers semenciers de la planète.
La condamnation, lundi 13 février, du géant américain de l'agroalimentaire Monsanto, poursuivi par un petit agriculteur charentais intoxiqué par un herbicide, est une première en France. A l'échelle de l'histoire de la multinationale, centenaire, cette condamnation ne constitue qu'une péripétie judiciaire de plus dans un casier déjà très chargé.

PCB, agent orange, dioxine, OGM, aspartame, hormones de croissance, herbicides (Lasso et Roundup)… nombre de produits qui ont fait la fortune de Monsanto ont été entachés de scandales sanitaires et de procès conduisant parfois à leur interdiction. Mais rien n'a jusqu'ici freiné l'irrésistible ascension de cet ancien géant de la chimie reconverti dans la biogénétique et passé maître dans l'art du lobbying. Portrait d'une multinationale multirécidiviste.

Un géant de la chimie… explosif

Depuis sa création en 1901 à Saint-Louis, le petit producteur de saccharine devenu un des principaux semenciers de la planète n'a cessé de défrayer la chronique depuis soixante ans. Au lendemain de la seconde guerre mondiale, l'explosion accidentelle d'une usine de plastique Monsanto provoquée par celle d'un cargo français chargé de nitrate, qui fit 500 morts à Texas City en 1947, est ainsi restée dans les annales comme l'un des premiers désastres de l'industrie chimique.

Deux ans plus tard, c'est au tour d'une deuxième usine de la firme, à Nitro en Virginie, de partir en fumée. Cette fois-ci, la responsabilité de l'entreprise est engagée. Plus de deux cents ouvriers développent des chloracnés, un trouble aussi rare que sévère de la peau, rapporte Marie-Monique Robin, lauréate du prix Albert-Londres, dans son documentaire Le monde selon Monsanto.

L'accident révèle que le produit phare de la marque, l'herbicide 2,4,5-T, contient des niveaux élevés de dioxines, des substances hautement toxiques et cancérigènes, de composition assimilable à celle des polychlorobiphényles (PCB). La première étude suggérant la dangerosité potentielle de la dioxine était connue de Monsanto dès 1938 : la commercialisation de l'herbicide se poursuivra pourtant pendant près de quarante ans, avant son interdiction dans les années 1970.

Monsanto, qui a dirigé l'usine de Nitro entre 1934 et 2000, a par ailleurs fait l'objet d'une plainte déposée en 2007 par 77 habitants de Virginie atteints de cancer, qui accusent la compagnie d'avoir diffusé "illégalement" de la dioxine dans les environs de l'usine.

PCB : le procès de la honte

En 2001, 3 600 habitants de la ville d'Anniston, en Alabama, attaquent Monsanto pour une contamination aux PCB. Selon un rapport déclassifié de l'Agence de protection de l'environnement des Etats-Unis (EPA), Monsanto a déversé pendant près de quarante ans des milliers de tonnes de déchets contaminés dans un ruisseau et une décharge à ciel ouvert, au cœur du quartier noir de la ville.

La façon dont The Washington Post rapporte l'histoire est édifiante : "Des milliers de pages de documents de Monsanto – dont beaucoup sont estampillés 'CONFIDENTIEL : lire et détruire' – montrent que pendant des décennies, la multinationale a dissimulé ce qu'elle faisait et surtout ce qu'elle savait. En 1966, des responsables de l'entreprise avaient découvert que des poissons immergés dans ce ruisseau se retournaient sur le dos en moins de dix secondes, pissant le sang et perdant leur peau comme s'ils avaient été bouillis vivants. Ils ne l'ont dit à personne", raconte le quotidien américain.

En 1975, une étude menée par Monsanto révèle que le PCB provoque des tumeurs chez le rat. La multinationale décide d'en changer les conclusions, de "légèrement tumorigènes" à "n'apparaît pas cancérigène". "Nous ne pouvons nous permettre de perdre un seul dollar" : ainsi se conclut l'un des mémos consultés par The Washington Post.

Monsanto a finalement été jugée coupable en 2002 d'avoir pollué "le territoire d'Anniston et le sang de sa population avec les PCB". La firme sera condamnée à payer 700 millions de dollars de dommages et intérêts et à assurer le nettoyage de la ville. Aucune peine de prison n'a été retenue contre les responsables de l'entreprise.

En février 2007, The Guardian révèle que le géant agrochimique a appliqué les mêmes méthodes sur plusieurs sites en Grande-Bretagne entre 1965 et 1972. Le quotidien a eu accès à un rapport gouvernemental montrant que 67 produits, dont l'agent orange, la dioxine et des PCB, ont été identifiés dans une carrière au pays de Galles. En France, la fabrication et l'utilisation des PCB sont interdites depuis 1987.
Agent orange : condamné pour "empoisonnement"

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