jeudi 25 février 2010

Les PCB débordent dans la mer….

L’association Robin des Bois suit depuis plusieurs années la propagation terrestre des sites pollués aux PCB en France. Depuis le 8 février 2010, il faut y ajouter une première zone marine côtière, avec l'arrêté préfectoral interdisant la pêche à la sardine en baie de Seine….

Interdits à la vente en France depuis 1987, les polychlorobiphényles (PCB), plus connus sous le nom de pyralènes, présentent des risques pour la santé en cas d'ingestion « régulière et sur une longue période », selon l'Agence française pour la sécurité sanitaire des aliments (Afssa). Ils peuvent entraîner des problèmes de fertilité, de croissance ou des cancers.

Robin des Bois publie la nouvelle édition de l’inventaire des sites terrestres pollués aux PCB. Cet outil est utile. Il permet aux riverains et aux élus de s’informer et aux services de l’Etat d’intégrer dans la banque de donnée BASOL des sites qui n’étaient pas jusqu’à lors catalogués comme pollués aux PCB. Il est illustré par de nombreuses archives iconographiques.

Le 1er inventaire publié en mai 2008 faisait état de 361 sites. Cette nouvelle version en compte 404.

La propagation se confirme...

Les PCB sortent des parcelles initialement polluées, se répandent dans les caniveaux, contaminent les sédiments des ruisseaux et se concentrent dans les vases des cours d’eau et des estuaires puis dans les chaînes alimentaires aquatiques et marines. Il y a à ce sujet une divergence entre le Ministère de l’Ecologie et Robin des Bois. Le premier dit que le traitement à grande échelle des sédiments contaminés n’est pas possible et ne fait rien, le second prétend qu’à petite échelle, pour les lots les plus contaminés, le traitement est urgent et possible.

Deux nouveaux sites ouvrent la voie à une filière de contamination. Courtage Négoce International (77) a démantelé des lots de transformateurs électriques suspects. Après une vidange sommaire et un découpage au chalumeau sur terre battue, le cuivre a été envoyé pour deuxième fusion dans des fonderies et les huiles dirigées vers Spirel (60) régénérateur d’huile et fabricant de graisses et lubrifiants à usage industriel. Depuis des lustres, cette trinité – ferrailleur, métallurgie, recyclage des huiles usagées – permet aux PCB d’emprunter les chemins de traverse et de s’échapper des filières d’élimination. Un des exemples représentatifs de cette carence est le site pollué de Dieulouard (54) - voir la fiche BASOL du site.

Une nouvelle tendance consiste dans le cadre de la politique de relance de l’économie nationale à « revitaliser » des friches industrielles urbaines en affaiblissant les niveaux d’exigence environnementale et sanitaire. C’est ainsi que dans la lugubre friche de la SNCF de Drancy (93) les remblais contaminés aux PCB resteront sur place pour des raisons avouées d’économie.

Au début du 20ème siècle, les PCB étaient considérés comme un produit miracle et polyvalent. Cent ans plus tard les PCB se comportent en déchet infernal qui s’insinue partout même dans les sardines dont le régime alimentaire est fondé sur le plancton.

Toujours à la poursuite des PCB, Robin des Bois a porté plainte contre X devant les Tribunaux de Grande Instance de Paris, Rouen, Le Havre, et Lille, Valenciennes, Douai, Béthune pour pollution des eaux douces et salées et mise en danger de la vie d’autrui. En effet, Paris et les départements du nord de la France sont cernés par des sites pollués aux PCB et les activités de pêche n’y sont pas encore interdites, tant sur la Seine que sur les 680 km de canaux et de rivières du Nord et du Pas-de-Calais. (source : communiqué de presse de Robin des Bois du 23/02/10)

Autres articles :

Sites de suivi PCB et sécurité sanitaire

  • Situation en octobre 2010 : Robins des bois - Octobre 2010 : Atlas des sites pollués aux PCB
  • Site de l'Onema
  • Que dit l'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire) : Manger du poisson : Pourquoi ? Comment ? (Anses (ex Afssa)) Cliquer Ici
  • Mai 2011 : Anses – Saisine n° 2011-SA-0047 concernant les PCB en Baie de Seine : Avis de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) relatif à une demande d’interprétation des résultats d’analyse en dioxines et PCB des poissons, crustacés et mollusques pêchés en zone FAO VII D (Baie de Seine) et à l’évaluation du risque sanitaire lié à leur consommation. Pour télécharger le document, cliquer ANSES

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Etat de la contamination en PCB de l’estuaire de la Seine

La problématique de la pollution par les polychlorobiphényles (PCB) est complexe. Issus de pollutions chroniques et accidentelles historiques, les PCB ont une forte persistance dans l’environnement avec une tendance à la bioaccumulation dans les organismes vivants et la chaîne alimentaire. Leur toxicité est reconnue et l’alimentation explique essentiellement l’exposition principale.

A la suite d’analyses qui ont conduit à déceler des teneurs en PCB dépassant les seuils sanitaires dans la chair de certains poissons d’eaux douces, les pouvoirs publics ont mis en place en début d’année 2008 un plan national d’action sur les PCB pour renforcer la connaissance sur leur devenir, résorber les rejets actuels et adopter des mesures de gestion des risques sanitaires et environnementaux appropriées. A l’échelle de la Haute-Normandie, un plan régional PCB a été décliné et acté par le préfet de la région Haute-Normandie le 31 mars 2008 et son pilotage a été confié à la DREAL Haute-Normandie qui assure la mise en oeuvre d’un plan d’actions.

Dans ce cadre, une étude de synthèse des connaissances sur la contamination de la Seine et de la baie de Seine « Les polychlorobiphényls dans le bassin de la Seine et son estuaire » a été menée par le GIP Seine-aval sous- maîtrise d’ouvrage de la DREAL Haute-Normandie en complément de suivis déjà effectués par l’IFREMER et l’Agence de l’Eau Seine-Normandie sur les organismes marins.

Un livret « 25 questions sur la contamination en PCB de l’estuaire de la Seine » fait une synthèse ce cette étude et en récapitule les points clés. Il présente les recommandations d’actions à mener afin d’approfondir la connaissance sur certains milieux, de gérer les points hautement contaminés et de réduire l’exposition humaine. Source : DREAL Haute Normandie

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Consommation des poissons, mollusques et crustacés : Aspects nutritionnels et sanitaires pour l’Homme

Aspects nutritionnels et sanitaires pour l’Homme

ANSES 2010

La production, la transformation et la commercialisation des poissons, mollusques et crustacés (PMC) obéissent à des pratiques très diverses liées aux espèces aquatiques concernées, aux modes d’approvisionnement (aquaculture, pêches artisanales, industrielle et de loisirs) et au milieu aquatique (eau de mer, eau douce, eau saumâtre). Ils sont cependant présentés sous une dénomination commune auprès des consommateurs.

L’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments, Anses depuis le 1er juillet 2010, a souhaité, par décision du 21 février 2006, s’auto-saisir sur les aspects sanitaires et nutritionnels liés à la consommation de ces produits d’origine aquatique afin :

  • D’établir un état des lieux des pratiques d’alimentation des poissons, mollusques et crustacés ;
  • D’évaluer l’impact des pratiques d’élevage sur la qualité nutritionnelle des poissons, mollusques et crustacés ;
  • D’évaluer les aspects nutritionnels et sanitaires pour le consommateur, liés à la consommation des poissons, mollusques et crustacés ;
  • D’envisager une analyse bénéfice/risque de la consommation de ces produits.

Il convient de noter que les aspects de santé et de bien-être des animaux n’ont pas été inclus dans le champ d’évaluation. L’évaluation de l’impact des pratiques de pêche et d’élevage sur l’environnement n’a pas été traitée. Néanmoins quelques éléments sont évoqués en matière de gestion durable des ressources halieutiques.

Ce rapport a été réalisé dans le cadre d’un groupe de travail rassemblant notamment des experts des Comités d’experts spécialisés (CES) « Alimentation animale », « Nutrition humaine », « Microbiologie », et « Résidus et contaminants chimiques et physiques ». Ce groupe de travail a procédé à l’analyse des documents scientifiques et techniques collectés et a également auditionné des personnalités susceptibles d’apporter des compléments d’informations utiles à la réflexion engagée. Ce rapport a été présenté puis soumis à la relecture des quatre CES impliqués entre mars et avril 2008.

Ce rapport présente les différentes ressources des poissons, mollusques et crustacés les plus consommés en France, leurs modes de production, de transformation et de distribution aux consommateurs, et apporte des éléments de réponse aux interrogations posées sur la qualité nutritionnelle et sanitaire de ces produits.

Parallèlement à cette démarche, l’agence a rendu le 14 juin 2010 un avis relatif aux bénéfices/risques liés à la consommation de poisson, en s’appuyant notamment sur les réflexions apportées par le présent rapport, alors en cours de finalisation.

Pour télécharger le document, cliquer Anses

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Hazardous substances in Europe's fresh and marine waters

Hazardous substances in Europe's fresh and marine waters — An overview

Chemicals Water Coasts and seas

Technical report No 8/2011

Chemicals are an essential part of our daily lives and are used to produce consumer goods, to protect or restore our health and to boost food production, to name but a few examples. Some chemicals, however, are hazardous, raising concerns for the environment and human health. Hazardous substances are emitted to fresh and marine waters via a number of pathways and can have detrimental effects on aquatic biota. Humans can be exposed to hazardous substances in water through the ingestion of contaminated drinking water and the consumption of contaminated freshwater fish and seafood. A wide range of legislation now exists in Europe to address the release of hazardous substances to the environment, including water. New challenges exist, however, including the issues of chemical mixtures and emerging pollutants.

Published by EEA (European Environment Agency) / Jul 15, 2011

Pour accéder au document cliquer EEA

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Revue de presse :

Le 1 mars 2010

Le Havre - Les doutes des pêcheurs (Paris Normandie)
Les marins craignent que l'interdiction de pêche de la sardine touche, à terme, d'autres espèces. «Le marin pêcheur est une espèce en voie de disparition. » Sur les quais du port de pêche du Havre, le moral est au plus bas. Entre colère et résignation, les pêcheurs sont au bout du rouleau. Avec l'interdiction de pêcher la sardine en baie de Seine, la profession vient de recevoir un nouveau coup de massue. Le préfet a décidé d'interdire cette pêche à cause d'une contamination au PCB, identifiée par les prélèvements de l'Ifremer et analyses de l'AFSSA, (Agence française de sécurité sanitaire des aliments). Un coup qui s'ajoute au prix du gazole, aux quotas, au nombre réduit de jours de pêche.
La zone concernée est comprise entre les méridiens de Barfleur et de Dieppe. Même si la sardine ne fait pas partie des prises des bateaux de la porte océane, patrons et matelots ne se font guère d'illusion. Ils redoutent que l'interdiction soit étendue à d'autres espèces.
Métier en danger
« Nous avons peur que d'autres poissons viennent allonger la liste », confie Yann. Le propriétaire du Led Zeppelin, une petite embarcation de 7,80 mètres, craint la mort du métier. « Il y a trois ans, déjà à cause des PCB, on nous a supprimé l'anguille. Elle n'est jamais revenue. Ce qui nous désole aujourd'hui c'est que nous sommes complètement étrangers à cette histoire. Les pêcheurs n'ont pas déversé les PCB mais ils sont victimes. Comme tout le monde, nous entendons parler des pollueurs payeurs, maintenant on voudrait bien voir. »Inquiet pour son avenir, le monde de la pêche pense au pire. « Le prochain poisson sur la liste, le maquereau, c'est aussi un poisson gras, puis viendra le bar.....

Sardines au PCB et Bigorneaux au TBT : Bon appétit ! (Fréquence Terre)
Sardines au PCB et Bigorneaux au TBT… hum, appétissant ! Bien sûr, il ne s'agit nullement d'épices. Mais de produits toxiques. Qu'on retrouve malheureusement de plus en plus dans nos poissons.

Interdites depuis 1979, mais… Selon les spécialistes de la faune marine ces polychlorobiphényles se sont « accumulées au fil du temps dans les sédiments des fleuves » autrement dit dans la vase. Et en conséquence, elles peuvent être « consommées par les poissons ».
Et donc « se fixer dans leur graisse » …
Le cas de la sardine normande au PCB n'est pas unique. Loin s'en faut. En Bretagne du Sud, l'Ifremer a réalisé des analyses dans la zone du Mor Braz au large de la presqu'île de Quiberon. Elles ont révélé que les coquilles Saint-Jacques avaient des teneurs « significatives » en TBT. Or le TBT, alias le Tributylétain, est un produit également très toxique. Aujourd'hui interdit.
Et pour cause : Ce produit était largement utilisé, jusqu'en 1982, dans les peintures antifouling dont sont badigeonnées les coques de bateaux pour éviter que les coquillages ne s'y collent. Jusqu'à ce que l'on s'aperçoive que ce fameux TBT « stoppait la croissance des huîtres creuses… » rappelle Le Canard enchainé (11/02/10) « tout en les remplissant d'une substance gélatineuse »......

PCB : la pêche à la sardine interdite en baie de Seine (Actu-Environnement)
Depuis le 8 février, un arrêté de la préfecture de la région Haute-Normandie interdit la pêche à la sardine en baie de Seine entre Dieppe (Seine Maritime) et Barfleur (Manche), pour cause de contamination aux PCB (polychlorobiphényles).
Les résultats d'analyses, effectuées par l'agence française de sécurité des aliments (Afssa) sur les poissons et mollusques pêchés en baie de Seine, ont montré que la sardine était ''en dépassement de la norme sur l'ensemble de la zone''. ''Cette contamination peut constituer un risque potentiel pour la santé humaine en cas de consommation réitérée'', a prévenu la préfecture.
En revanche, la coquille Saint-Jacques, la sole, le merlan et le grondin ont été déclarés conformes. Un seul armement basé à Fécamp, spécialisé dans la pêche à la sardine, serait pénalisé.
Pour l'organisation environnementale WWF, ''cette nouvelle interdiction ne fait que ramener en pleine lumière un problème de santé majeur. Depuis deux ans, la pollution aux PCB est devenue un drame récurrent qui touche de plus en plus de professionnels de la pêche et de l'agriculture'', a dénoncé l'organisation.
Le WWF regrette….

Le 3 mars 2010

Oméga-3: PCB dans plusieurs marques de compléments d'huile de poisson (psychomedia)
Un groupe environnementaliste poursuit en justice des fabricants et distributeurs pour la toxicité présumée de compléments d'huile de poisson de marques populaires. Ils contiennent des PCB (polychlorobiphényles) qui sont des produits chimiques cancérigènes bio-accumulatifs (qui se dégradent difficilement).
La poursuite, déposée mardi à la Cour suprême de San Francisco, vise 8 fabricants ou distributeurs - CVS Pharmacy, Rite Aid, General Nutrition Corp., Solgar, Twinlab, Now Health, Omega Protein and Pharmavite - pour violation présumée de la loi Californienne "right-to-know" qui requière que les consommateurs soient informés sur les expositions chimiques.
Le groupe écologique Mateel Environmental Justice Foundation, l'un des trois plaignants, a testé 10 suppléments d'huile de poisson sur plus de 100 sur le marché. Les 10 produits testés contenaient des PCBs. Les niveaux variaient grandement, d'environ 12 nanogrammes par dose recommandée à 850 nanogrammes…..

Le 14 mars 2010

PCB : les poissons de la baie de Seine touchés par la pollution (Paris Normandie)
Ça devait bien arriver un jour. Un arrêté préfectoral pris le 8 février interdit la pêche à la sardine en baie de Seine pour cause de contamination aux PCB, ces produits chimiques toxiques plus connus sous le nom de pyralène entre autres et prohibés depuis les années 80. Après la Seine et les poissons d’eau douce, la mer est donc touchée à son tour, mais faut-il vraiment s’en étonner ?
La Seine, cet égout à ciel ouvert, est le fleuve d’Europe le plus plombé aux PCB. C’est juste connu depuis vingt ans. Vingt ans aussi que l’Ifremer observe de forts taux de concentration en PCB dans les moules et les huîtres de la baie de Seine. Aujourd’hui, des analyses réalisées par l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) en 2009 révèlent que la sardine est dans le rouge, et demain ce sera peut-être au tour du maquereau ou du bar de faire l’objet d’une interdiction de pêche. Deux espèces qui mangent de la sardine, le souci étant que les PCB ont pour particularité la bioaccumulation dans les graisses au fil de la chaîne alimentaire. Pour l’instant, un armement fécampois est affecté, mais c’est toute la filière pêche régionale (132 navires, 600 emplois de marins) qui tremble à l’idée que l’interdiction puisse être étendue.....

La Seine : vallée-poubelle de Paris (Paris Normandie)
Les PCB, qu’est-ce que c’est ? Les PCB ou polychlorobiphényles sont des dérivés chimiques chlorés classés parmi les polluants organiques persistants du fait de leur très lente biodégradabilité. Sans odeur ni saveur, ils étaient l’isolant parfait, utilisé massivement entre 1930 et les années 1980, principalement pour lubrifier les transformateurs électriques et les systèmes hydrauliques industriels. Jusqu’à ce qu’on décèle leur toxicité pour l’homme et pour l’environnement. Interdits aux Etats-Unis depuis 1979, en France depuis 1987, les PCB n’ont pas fini de nous empoisonner : accumulés dans les sédiments, ils sont solubles dans les graisses et contaminent la chaîne alimentaire.
Quelles sont les sources de contamination ou de rémanence ?

Le 31 mars 2010 : Les premières victimes de la sardine au PCB

Fécamp - Vers le chômage technique (Paris Normandie)
50 emplois directs sont menacés par l'interdiction européenne de pêcher la sardine en baie de Seine. Avec leur direction, les salariés d'Ecopromer sont descendus hier dans la rue. Leur avenir est en jeu.
La sardine est-elle trop polluée qu'on ne puisse plus la vendre et si oui que pêcher d'autre ? Telle est la double question qui met en péril deux entreprises de Fécamp : Spes-Armement, d'une part, qui, avec ses deux chalutiers, approvisionne et, d'autre part, l'usine de transformation Ecopromer.
Hier vendredi, « les Ecopromer » sont descendus dans la rue, au cri de « plus de quota, moins de chômage, Ecopromer en colère ». Depuis le siège du quai de la Marne, le cortège réunissait la direction, les équipages des chalutiers Spes et Symbiose et les ouvriers de l'usine. Une délégation a été reçue au matin par Denis Hervieux, directeur adjoint de la chambre de commerce.
Le tract distribué à la population est explicite : « Il est surprenant de voir que dans plusieurs pays européens, les analyses sont effectuées sur du poisson en filet, et qu'en France elle le soit sur du poisson entier », peut-on lire. Ce qui change tout, comme le souligne le pdg Yvon Neveu qui a commandité ses propres analyses dans un labo indépendant de Lyon. Ses conclusions vont dans ce sens.....

Le 28 avril 2010

La pêche aux anguilles interdite dans l'estuaire de la Gironde (Sud-Ouest)
La pêche aux anguilles est interdite jusqu'à nouvel ordre dans l'estuaire de la Gironde (Photo
Les préfectures de Gironde et de Charente-Maritime ont interdit mardi la pêche, la consommation et la commercialisation des anguilles de l'estuaire de la Gironde en raison d'une contamination aux pyralènes.
"Il a été mis en évidence une contamination par les PCB dans la chair de ces poissons", ont annoncé les préfectures, sans indiquer jusqu'à quelle date courait cette interdiction ni d'où provenait cette contamination.
"La consommation fréquente de poissons contaminés constitue un risque potentiel pour la santé humaine, en particulier chez les femmes en âge de procréer et les enfants de moins de trois ans", a-t-on encore précisé.

Le 29 avril 2010

L'Onema ouvre un site sur la pollution aux PCB des cours d'eau français (Actu-Env)
L'Office national de l'eau et des milieux aquatiques (Onema) a mis en ligne un site d'information présentant la teneur en PCB des poissons et des sédiments dans les cours d'eau et plans d'eau français. Le site a été réalisé en partenariat avec les ministères de la santé, de l'environnement, de l'agriculture et l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa).
Il permet de visualiser les données issues des prélèvements réalisés sur plus de 100 sites d'échantillonnage en 2008 par bassin hydrographique ou par région. Les analyses des prélèvements effectués en 2009 sur 104 sites sont en cours d'interprétation et seront publiées par la suite.

Site de l'Onema

Le 4 mai 2010 : Selon les chercheurs américains, les apports positifs du poisson sur la santé seraient supérieurs aux effets négatifs des métaux lourds en prenant exemple sur le mercure.

La consommation de poissons resterait bénéfique malgré la contamination (Futura Sciences)
Bien que certaines espèces de poissons soient probablement contaminées par le mercure et d'autres toxines, les bénéfices de la consommation des produits de la mer continuent à surpasser les risques, a indiqué un groupe de scientifiques à la rencontre annuelle de l'American Association for the Advancement of Science.
Phil Davidson, de la Medical School de l'Université de Rochester, a présenté, à cette occasion, les résultats d'une étude unique portant sur plus de 700 enfants vivant aux îles Seychelles, sur une période de 10 ans. Les mères des enfants consommaient en moyenne du poisson 12 fois par semaine, soit 10 fois la moyenne des habitants des Etats-Unis. Les poissons contenaient de hauts niveaux de méthylmercure.
Les tests cognitifs sur les enfants, conduits à de multiples reprises, n'ont pas permis de déceler de défauts cognitifs ou d'autres maladies normalement attribuées à l'absorption de mercure. "Les résultats sont très intéressants," note Michael T. Morrissey, de l'Oregon State University's Seafood Laboratory (Astoria, Etats-Unis). "Y aurait-il quelque chose de profitable dans la consommation de poissons qui annulerait tout effet adverse du mercure ?" s'interroge-t-il. "Les études existantes suggèrent que les produits de la mer jouent un rôle dans la réduction des maladies neurodégénératives et des maladies coronariennes," indique-t-il. "Les recherches récentes confirment le rôle de la consommation de ces produits dans l'évolution du cerveau et la santé mentale," confirme Michael Crawford, de l'Institute of Brain Chemistry and Human Nutrition à la Metropolitan University (Londres).....

Le 22 mai 2010

Pêche en Ile-de-France : les poissons ne sont plus consommables (Robin des bois)
Les analyses réalisées par l’ONEMA (*) en application du plan national d’actions sur les PCB décidé par le ministère de l’Ecologie sont catastrophiques pour ce qui concerne la Seine en amont de Paris, en aval et dans la capitale. La Marne elle aussi est touchée.
Ces résultats corroborent les inventaires des sites terrestres pollués aux PCB régulièrement réalisés par Robin des Bois. Alors que sur l’ensemble du territoire de nombreux arrêtés préfectoraux interdisent ou restreignent la pêche de loisirs et la pêche professionnelle ou encore informent les pêcheurs des risques sanitaires dus à la consommation des poissons toxiques, le préfet de police de Paris, la Mairie de Paris et les préfets des Hauts-de-Seine, du Val-de-Marne et des Yvelines restent silencieux à ce sujet.
La norme européenne fixe une limite maximale de 12 pg/g pour la somme des concentrations en dioxines, furannes et PCB dioxin like dans la chair des anguilles et de 8 pg/g pour les autres espèces. Au-delà de ces seuils, les poissons doivent être considérés comme impropres à la consommation. Les PCB sont des micropolluants persistants et accumulatifs. Perturbateurs endocriniens, ils induisent des troubles de la fertilité et de la reproduction. Ils ont des effets négatifs sur les paramètres immunitaires des enfants y compris pendant la gestation et sur le développement mental et moteur. C’est un cancérogène avéré pour les animaux, et probable pour l’homme.

A Ablon (94), l’anguille atteint les sommets de l’imprégnation ; sans doute un record national avec 301 pg/g.
A Paris 12ème, les brèmes et les gardons dépassent de 3 à 5 fois le seuil réglementaire de conformité.
A Nanterre (92), 90% des poissons analysés, anguilles et gardons, sont impropres à la consommation.
A Gargenville (78), les anguilles ne doivent pas être consommées, ni par les pêcheurs, ni par leurs voisins, ni par les chats ; la contamination moyenne des anguilles est de 8 fois le seuil réglementaire.....

Le 28 juin 2010

Assiettes au goût de soufre (20 minutes)
Pour les autorités, le poisson vendu sur les étals est sans risque. Dur à digérer « Pièces à conviction » lance l'alerte alimentaire
Saumons intoxiqués aux pesticides, porcs gavés d'antibiotiques, fraises saupoudrées d'engrais interdits… C'est le menu que vous dégusterez cet été. A quelques jours des vacances et des joies du barbecue, « Pièces à conviction » (à 20 h 35 sur France 3) lance l'alerte alimentaire : la pêche à la sardine a déjà été interdite en baie de Seine. Le pyralène menace ­désormais d'autres poissons.
« Bruno Le Maire, ministre de l'Agriculture et de la Pêche, m'a fait comprendre que l'interdiction de pêche du maquereau et du bar normand pourrait être décrétée en octobre, explique la présentatrice et rédactrice en chef de l'émission, Elise Lucet. Mais en attendant les résultats d'un nouveau rapport, on va manger des poissons gavés de pyralène durant tout l'été. »
Interrogé par 20 Minutes, le ministère reconnaît les problèmes, mais se veut rassurant. « Il ne faut pas avoir peur de manger le poisson qui est sur les étals car les con­trôles sont stricts », ­explique le conseiller du ministre Bertrand Sirven.

Le 29 juin 2010 : Réponse du Ministère à l'émission de France 3

« Pièces à conviction » sur la sécurité sanitaire, réaction du ministre de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche (Agrisalon)
Le Ministère de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche est le premier à réagir à l'émission de France 3 , "pièces à conviction" diffusée ce lundi, une émission se voulant axée sur la "sécurité alimentaire ", mais mettant surtout en scène par une enveloppe sonore, un ton de commentaire des plus anxiogènes une "insécurité alimentaire".
Bruno LE MAIRE, Ministre de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche, dans un communiqué, " réaffirme l’engagement du gouvernement et des autorités sanitaires en France pour garantir au consommateur une sécurité sanitaire optimale ".

Le communiqué du Ministère…

Sur les sujets abordés dans l’émission :

1/ Concernant la production de saumon en Norvège, Bruno LE MAIRE a saisi son homologue norvégienne....

2/ Les polychlorobiphényls (PCB) ont été utilisés par l'industrie pour leurs propriétés isolantes (transformateurs électriques) ainsi que leur stabilité chimique et physique (encres, peintures). Leur production et leur utilisation ont été interdites en 1987. Stables chimiquement et peu biodégradables, ces molécules sont classées parmi les polluants organiques persistants qui se sont accumulés dans l'environnement, en particulier dans certains réservoirs comme les sédiments marins ou de rivière.
Des teneurs maximales en PCB ont été fixées pour chacun des aliments suivants : viandes de bovins, ovins, volailles, porcs, foies de ces animaux, chair des poissons et produits de la pêche, chair des anguilles, lait et produits laitiers, oeufs et produits dérivés, graisses de bovins, ovins, volailles et porcs et graisses animales mélangées, huiles et graisses végétales, huiles de poisson. Si ces seuils sont dépassés, les aliments sont considérés comme impropres à la consommation et leur vente interdite.
La Direction Générale de l'Alimentation met en oeuvre des plans de contrôle annuels. Sur les 1 800 analyses réalisées en 2008 seules quatre non-conformités ont été relevées et ont fait l'objet d'une enquête épidémiologique sur l'origine de la pollution. En 2009, 2 415 analyses ont été réalisées au stade de la commercialisation ; un seul prélèvement s’est avéré non-conforme.
Pour gérer les contaminations des fleuves, rivières et zones estuariennes, un plan national d'actions « PCB » est conduit depuis 2008 par les trois Ministères chargés de l'Ecologie, de la Santé et de l'Agriculture. Ce plan comprend un programme de réduction des sources de pollution, un inventaire de l'état des cours d'eau et de la contamination des poissons. Il se traduit par différentes mesures :
arrêtés préfectoraux d'interdiction de pêche en vue de la consommation et de la commercialisation, aides aux pêcheurs professionnels, augmentation des contrôles des zones. La fermeture de la pêche de certaines espèces dans les zones d’estuaire (baie de Seine, estuaire de la Gironde) a été ordonnée. Malgré l’impact économique pour les professionnels, le gouvernement a systématiquement mis en oeuvre les avis et recommandations scientifiques émis par l’Afssa. La dernière expertise scientifique rendue le 23 novembre 2009 sur la situation en baie de Seine, intégrant les données de l’IFREMER, concluait qu’en raison du faible effectif d’analyses disponibles pour certaines espèces (dont le bar), il convient de réaliser des analyses complémentaires pour conclure. Une nouvelle campagne de pêche demandée à l’IFREMER est en cours. L'Afssa et l’INVS suivent enfin régulièrement le niveau d’exposition de la population, en constante amélioration....

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Le 16 octobre 2010

La France reste contaminée aux PCB (Jdle)

Robins des bois publie la 5e édition de son « Atlas des sites terrestres et des eaux adjacentes pollués aux PCB ». 416 sites en France s’avèrent touchés. Les plus concernés sont les bassins de la Seine et du Rhône, les lacs alpins, le Rhin, la Moselle, la Somme et leurs affluents, de même que le Nord/Pas-de-Calais et ses canaux. 24 sites de production, 41 sites de regroupement, de maintenance et d’élimination, 281 sites et remblais pollués, 70 récupérations non autorisées de cuivre… Au total 416 sites qui connaissent une pollution aux polychlorobiphényles (PCB). Sous ce vocable se cachent des « composés aromatiques chlorés, également connus en France sous le nom de pyralènes », selon la définition de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). La famille des PCB regroupe 209 molécules.

Situation en octobre 2010 : Robins des bois - Octobre 2010 : Atlas des sites pollués au PCB

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Le 26 octobre 2010

Pollution des estuaires. Le CNPM porte plainte (Le Télégramme)

Les PCB, ces dérivés chimiques chlorés, contaminent les estuaires. Et donc les poissons. Le Comité national des Pêches a décidé de porter plainte. Une première. Le constat du Comité national: 80% de la pollution maritime côtière provient des pollutions terrestres et des fleuves. Les premiers concernés et touchés sont les pêcheurs professionnels. Dans leur ligne de mire: les PCB, ou polychlorobiphényls, des contaminants chimiques persistants fabriqués par l'industrie et qui sont aujourd'hui la principale cause de pollution des estuaires. Le Comité national des pêches, par son représentant, le président, Pierre-Georges Dachicourt a décidé de porter plainte contre X «pour délit de pollution des eaux maritimes et fluviales» auprès du TGI de Paris, pôle santé et environnement. Un juge d'instruction va ainsi être désigné. Le CNPM estime que «des mesures de protection des estuaires et littoraux doivent être engagées».

Aujourd'hui, des arrêtés préfectoraux ont été pris en Gironde où la commercialisation et la consommation de l'anguille et de l'alose sont interdites. Conséquence: neuf bateaux ont été contraints de sortir de la flotte. La Baie de Seine est aussi touchée. L'arrêté concerne la sardine. Deux conserveries de la zone ont ainsi des problèmes d'approvisionnement. Des résultats sont attendus sur le bar et le maquereau. La Bretagne n'est pas concernée, tout du moins pour l'instant. Ce que souhaite le CNPM: sensibiliser les pouvoirs publics et l'opinion publique car «il faut savoir que ce que l'on jette dans un fleuve se retrouve à la mer». Catherine Magueur

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Le 17 décembre 2010

Lutte contre les pollutions marines liées aux polychlorobiphényles (PCB)

Question écrite n° 15834 de M. Marcel Rainaud (Aude - SOC) publiée dans le JO Sénat du 04/11/2010 - page 2864

M. Marcel Rainaud interroge M. le ministre d'État, ministre de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de la mer, en charge des technologies vertes et des négociations sur le climat, sur les pollutions marines liées aux polychlorobiphényles.

Le Comité national des pêches maritimes et des élevages marins, instance qui représente les pêcheurs en mer français, entend en effet déposer une plainte contre X pour pollution des fleuves et des mers par les polychlorobiphényles, composés chimiques toxiques persistants.

Selon les études menées par ce comité, « 80% de la pollution marine côtière provient des pollutions terrestres, via les rivières et les fleuves ».

L'association Robin des bois avait précédemment publié un atlas répertoriant 416 sites identifiés par cette association comme contaminés.

Il lui demande de préciser les mesures qu'il entend mettre en œuvre afin de lutter efficacement contre ces pollutions.

Réponse du Ministère de l’écologie, du développement durable, des transports et du logement publiée dans le JO Sénat du 16/12/2010 - page 3256

La prise de conscience de l'impact des polychlorobiphényles (PCB) sur le territoire national a conduit les ministres en charge de l'agriculture, de la santé et de l'écologie à présenter le 6 février 2006 un ambitieux plan national d'actions qui s'articule autour des axes suivants : intensifier la réduction des rejets de PCB, améliorer les connaissances scientifiques sur le devenir des PCB dans les milieux aquatiques et gérer cette pollution, renforcer la surveillance des milieux aquatiques et des produits de la pêche mis sur le marché et adopter les mesures de gestion des risques, améliorer la connaissance du risque sanitaire et sa prévention et, enfin, accompagner les pêcheurs professionnels et amateurs impactés par les mesures de gestion des risques. Le Comité national de suivi du plan s'est réuni une première fois le 17 décembre 2008 sous la présidence conjointe de Mesdames Roselyne Bachelot et Nathalie Kosciusko-Morizet, et une seconde fois le 27 avril 2010. Les principales actions mises en oeuvre ont porté sur : la réduction des rejets de PCB (actions de l'inspection des installations classées sur les activités industrielles actuelles et les contaminations historiques) et l'élimination des appareils contenant des PCB (plan national de décontamination et d'élimination). Ainsi, le plan national de décontamination et d'élimination des appareils contenant des PCB, approuvé par arrêté ministériel en 2003, prévoit un calendrier général d'élimination des appareils contenant des concentrations en PCB supérieures à 500 mg/kg au plus tard le 31 décembre 2010. En 2010, l'inspection des installations classées est chargée de contrôler l'ensemble des détenteurs d'appareils pollués ou suspectés de l'être qui n'auront pas répondu aux sollicitations de l'État ou qui n'auront pas transmis les justificatifs de traitement attendus. De plus, les contrôles sont renforcés sur les sites de stockage des équipements pollués en attente de traitement et sur les entreprises agréées de traitement des appareils pollués. Enfin, une surveillance des rejets des stations de traitement des eaux usées devrait être mise en place ; concernant les sites et sols pollués, le budget alloué à l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME) pour la mise en sécurité des sites à responsable défaillant a été porté à 35 M€ en 2010, conformément aux engagements du Grenelle de l'environnement. Ceci a permis d'accélérer la mise en oeuvre d'opérations de dépollution récurrentes telles que l'élimination des appareils pollués aux PCB sur les sites orphelins. De plus, une action de sensibilisation vis-à-vis des mandataires liquidateurs est en cours afin notamment de prévenir les actes de vandalisme ; une analyse des poissons et sédiments ainsi que des produits de la pêche a été lancée sur tous les bassins versants, en démarrant par les zones les plus contaminées. Ces différents contrôles ont permis aux préfets de prendre les mesures de gestion des risques adaptées : interdictions de pêche totales ou partielles par espèce et/ou par zone de pêche ou interdictions de consommation. Au 1er février 2010, 80 arrêtés avaient été pris ; un accompagnement des pêcheurs avec la nomination de deux référents nationaux : les échanges se poursuivent avec les professionnels pour apporter une réponse durable et adaptée à chaque situation ; l'étude d'imprégnation des consommateurs réguliers de poissons d'eau douce est en cours. Il est à noter que les niveaux d'imprégnation de la population générale sont en diminution par rapport aux années 1980 ; divers travaux scientifiques sur le devenir des PCB (eaux douces et eaux marines coordonnées par un comité scientifique) et les voies de dépollution (pôle de compétitivité AXELERA) ont été lancés.

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Le 3 janvier 2011

Contrôle des Pollutions aux PCB (ANE)

La ministre de l'Écologie, du Développement Durable, des Transports et du Logement, Mme Nathalie Kosciusko-Morizet, vient de rappeler que tout transformateur ou condensateur contenant des PCB à des concentrations supérieures à 500 ppm doit être décontaminé avant le 31 décembre 2010. En effet, Mme Nathalie Kosciusko-Morizet vient de présenter l'opération nationale de contrôle des appareils contenant des PCB, peut on lire dans un communiqué de presse.

Les PCB, ou PolyChloroBiphényles, plus connus en France sous le nom de pyralènes, contaminent depuis des dizaines d'années rivières et poissons d'eau douce. Une pollution particulièrement tenace : ces dérivés chimiques chlorés, longtemps utilisés dans l'industrie pour leurs qualités d'isolation électrique, de lubrification et d'ininflammabilité, sont des polluants organiques persistants très peu biodégradables.

Contrôle des Pollutions aux PCB…

Pourtant, les premiers résultats montrent que de nombreux détenteurs pourraient être en retard dans la mise aux normes de leurs équipements.

L’Union Européenne a revu à la baisse les concentrations maximales admissibles de PCB dans les poissons destinés à être mangés par l'homme, ce qui a localement induit des interdictions de pêche et/ou de commercialisation de poissons en vue de la consommation (dont sur le Rhône, la Seine et l'Oise). En Europe, l’utilisation des PCB dans les applications ouvertes telles que les encres d’imprimerie et les adhésifs a été interdite en 1979. La vente et l’acquisition de PCB ou d’appareils contenant des PCB ainsi que la mise sur le marché de tels équipements neufs sont interdites en France depuis 1987. En France, un plan national de décontamination et d’élimination des appareils contenant des PCB a été élaboré et approuvé par l’État en 2003. Conformément à la législation communautaire, ce plan impose l’élimination des appareils pollués au-delà de 500 ppm, au plus tard le 31 décembre 2010, apprend t on dans le communiqué de presse.

En attendant, à l’approche de l’échéance du 31 décembre, l’inspection des installations classées réalise actuellement 393 contrôles auprès de ces détenteurs. Les retards constatés sont sanctionnés et les procédures administratives engagées imposent au détenteur le traitement des appareils les plus contaminés ou, pour les équipements moins pollués, des dispositifs de prévention et de protection contre les risques d’incendie et de dispersion des polluants dans l’environnement. De son côté, le ministère appelle les détenteurs d’appareils pollués aux PCB à faire traiter rapidement leurs équipements par des sociétés agréées....

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Le 27 avril 2011

Utilisation des polychlorobiphényls (Sénat)

Question écrite n° 16819 de M. Roland Courteau (Aude - SOC) publiée dans le JO Sénat du 20/01/2011 - page 130

M. Roland Courteau expose à Mme la ministre de l'écologie, du développement durable, des transports et du logement que l'utilisation des polychlorobiphényls (PCB) employés par l'industrie pour leurs propriétés isolantes (transformateurs électriques) et leur stabilité chimique et physique (encres, peintures) a été interdite en 1987.

Or ces molécules, particulièrement stables chimiquement et peu biodégradables, se sont accumulées dans l'environnement et, plus particulièrement, dans les fonds marins ou de fleuves. Pour gérer ces contaminations, un plan national d'actions « PCB » est engagé depuis 2008 par les ministères de l'écologie, de l'agriculture et de la santé.

Il lui demande de bien vouloir lui communiquer toutes précisions sur les grands axes de ce plan, ses objectifs, et quel premier bilan il peut en être fait.

Réponse du Ministère de l'écologie, du développement durable, des transports et du logement publiée dans le JO Sénat du 21/04/2011 - page 1040

Deux plans d'actions sont actuellement menés par les pouvoirs publics concernant les PCB, ou polychlorobiphényles : Le plan national de décontamination et d'élimination des appareils contenant des PCB/PCT, élaboré en 2003, et répondant à des exigences européennes ; le plan national d'actions interministériel sur les PCB : compte tenu de la contamination des sédiments et de certains poissons par les PCB dans plusieurs cours d'eau, les différents ministères concernés (environnement, santé, agriculture) ont souhaité élaborer un plan d'actions plus global destiné à identifier et réduire les impacts écologiques, économiques et sanitaires de cette pollution. Ce dernier plan a officiellement été lancé, le 6 février 2008, lors du premier comité national de pilotage et de suivi. Il s'articule autour de six axes principaux : intensifier la réduction des rejets de PCB ; améliorer les connaissances scientifiques sur le devenir des PCB dans les milieux aquatiques et gérer cette pollution ; renforcer les contrôles sur les poissons destinés à la consommation et adopter les mesures de gestion des risques appropriées ; améliorer la connaissance du risque sanitaire et sa prévention ; accompagner les pêcheurs professionnels et amateurs impactés par les mesures de gestion des risques ; évaluer et rendre compte des progrès du plan. Le troisième Comité national de pilotage et de suivi du plan national sur les PCB s'est réuni le 27 avril 2010 en présence des parties prenantes : l'État, les élus, les établissements publics chargés de l'expertise, les associations, les représentants des pêcheurs professionnels et amateurs et ceux des entreprises. Ce comité a pu vérifier que la mise en oeuvre du plan national d'actions a conduit à des avancées significatives sur les 6 axes du plan. Le détail des actions menées peut-être consulté sur le site Internet du ministère de l'écologie, du développement durable, des transports et du logement (MEDDTL) http ://www.développement-durable.gouv.fr/Documents-lies.html. Le renforcement des contrôles des poissons destinés à la consommation s'est traduit par un vaste plan national d'échantillonnage à la fois des sédiments et des poissons dans les milieux aquatiques, effectué sur trois ans (2008 à 2010). Ce plan a été mis en oeuvre par l'Office national de l'eau et des milieux aquatiques (ONEMA) sur la base de l'avis de l'Agence française de sécurité sanitaire (ANSES) du 5 février 2008. Le but est d'obtenir une cartographie de la contamination des poissons et des sédiments afin de permettre une évaluation du risque sanitaire et ainsi prendre les mesures de gestion les plus appropriées, notamment en matière d'interdictions ou de restrictions de pêche en vue de la consommation de certaines espèces de poissons. L'ONEMA a ouvert un site d'information accessible à l'adresse suivante, www.pollutions.eaufrance.fr/pcb, présentant les résultats de ce plan national d'échantillonnage.

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Le 4 août 2011

Estuaires, déversoirs de la pollution terrestre : Cadmium en Gironde, PCB en Baie de Seine,....

PCB dans les tourteaux : pêche interdite (France 3 Normandie)

La pêche et la consommation des tourteaux et étrilles est interdite depuis hier (30 juillet 2011 ndlr) dans l'Estuaire de la Seine.

Suite à près de 400 prélèvements dans la Baie de Seine, l'agence Nationale de Sécurité Sanitaire avait mesuré chez ces crustacés une teneur en PCB supérieure à la limite réglementaire. Dans ses conclusions, elle recommandait l'interdiction de la commercialisation et de la consommation des tourteaux et étrilles. Un avis suivi par la préfecture.

La zone d'interdiction s'étend de Houlgate dans le Calvados à Fécamp, en Seine-Maritime….

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Lesparre-Médoc : Le vieux port se réveille (Sud Ouest)

Laissé à l'abandon pendant plusieurs années, l'ancien port à huîtres est redevenu un lieu de vie où se pressent chaque soir les estivants. (....)

« Ici », c'est le vieux port à huîtres du Verdon, cœur économique du village par le passé. Des huîtres, cela fait bien longtemps qu'on n'y en ramasse plus. La faute au cadmium, cet élément chimique proche du zinc, qui a pollué l'estuaire de la Gironde, mettant un terme à la culture ostréicole depuis le début des années 1970. Du coup, le port a été progressivement laissé à l'abandon, devenu le terrain d'accueil des déjections canines.

Cette « phase d'oubli », Jacques Bidalun, maire du Verdon, a voulu y mettre un terme. Depuis 2008, il s'active « pour redonner une âme à ce trésor » (....)

Seules quelques cabanes d'ostréiculteurs encore présentes perpétuent la mémoire du lieu....

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Les crabes de la Manche sont-ils intoxiqués au PCB ? (Paris Normandie)

Environnement. Les crabes du littoral sont épinglés pour leur forte teneur en PCB. Malgré une étude alarmante, autorités et pêcheurs relativisent...

Une vague après l’autre, la connaissance des conséquences de la pollution aux PCB, ces produits chimiques toxiques, plus connus sous le nom de pyralène entre autres, avance sur le littoral normand. Après l’interdiction pure et simple de la pêche à la sardine en février 2010, une nouvelle analyse de l’Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’environnement et du travail, l’Anses, sème le trouble. A partir de plus de 400 prélèvements de poissons et crustacés, elle préconise tout simplement la non-commercialisation et la non-consommation des tourteaux sur l’ensemble de la Manche-est, de Cherbourg (Manche) au Tréport (Seine-Maritime), et celles des étrilles, de Houlgate à Fécamp. De quoi faire frémir le milieu de la pêche haut-normande tout entier car, contrairement à la sardine, les crustacés font vivre à titre principal ou accessoire nombre de pêcheurs. Quelque 76 navires seraient concernés sur la côte d’Albâtre.

L’éventualité d’un arrêté total ou partiel d’interdiction de la commercialisation a été combattue pied à pied par les pêcheurs ces dernières semaines. Le mercredi 13 juillet dernier, ils ont obtenu gain de cause : à l’issue d’une réunion les associant aux côtés des administrations concernées, il a été décidé… de ne rien décider….

« Les chiffres ont besoin d’être complétés avec une plus grande participation du monde de la pêche. L’Etat a bien compris qu’il fallait prendre en compte les endroits où sont effectués les prélèvements. Cela serait absurde d’interdire sur toute la zone » argumente Etienne Capra, responsable Ressources et Réglementation à la direction interrégionale à la Mer, au Havre. « On ne peut pas faire les choses à la légère » insiste-t-il. « L’aide des pêcheurs professionnels a été requise. On demande leur participation pour des prélèvements ».

Bref, les pêcheurs ont gagné cette première manche, réussissant à faire douter l’administration de la pertinence des études qu’elle (la direction générale de l’Alimentation) a elle-même commandées. Un camouflet pour l’Anses qui, pourtant, persiste et signe, dans la pertinence de ses conclusions (....).

En première ligne sur ce dossier des PCB, l’association Robin des Bois qualifie ce « retard à l’allumage » de l’Etat comme « une faute. Ce sont des denrées impropres à la consommation et il est inadmissible d’entendre dire qu’il faut encore des études ! » tonne Christine Bossard, chargée de campagne.

Ce dossier empoisonnant des PCB sur le littoral normand tombe également mal pour le port de Rouen qui défend actuellement les projets stratégiques d’approfondissement du chenal de la Seine et d’un nouveau site d’immersion des boues de dragage.

Selon Robin des Bois, « environ 10 tonnes de PCB purs ont été dispersées dans la baie de Seine pendant la décennie 2000-2010 par le cumul des boues de dragage remobilisées par les ports de Rouen et du Havre. » Et il suffirait d’un milliardième de gramme pour transformer un crabe ou un poisson en denrée alimentaire à risque…

La validité des études remise en cause

Président du Comité régional des pêches de Haute-Normandie, Alexis Maheut s’est particulièrement mobilisé pour éviter une mesure d’interdiction de la commercialisation des tourteaux et étrilles. « Cela aurait été une catastrophe ! Le problème de fond, c’est que nous n’avons pas de garanties sur les conditions dans lesquelles sont faites ces analyses, sur quels bateaux et l’échantillon est largement insuffisant. Ce n’est pas sérieux ! On ne peut pas fermer toute une pêcherie parce qu’il y a un hareng contaminé ! Si c’est vrai, c’est vrai, mais il faut qu’ils travaillent avec nous. »

Peut-on en effet interdire la consommation et la commercialisation du tourteau de Fécamp au Tréport alors que sur cette zone seuls deux spécimens (pour 33 pour l’ensemble de l’étude) ont été prélevés et analysés ? L’extrapolation semble incongrue et pourtant à l’Agence nationale de sécurité alimentaire on assure de la pertinence de la méthode. « On se base sur l’analyse globale qui permet de valider la non-conformité aux limites réglementaires. Statistiquement, nous avons toutes les garanties que les conclusions sont robustes et représentatives de ce qui se passe. Nous avons d’ailleurs déjà rendu une vingtaine d’avis en suivant cette procédure depuis 2007 », assure un représentant. « En règle générale, nos recommandations ont toutes les chances d’être suvies d’effet » rappelle-t-il. (....)

Bonnes nouvelles. Si l’étude de l’Anses confirme la contamination des sardines de la Manche aux PCB, elle juge conforme aux limites réglementaires les bars, calmars, harengs, seiches et les maquereaux dont la taille est inférieure à 40cm. Un soulagement pour les pêcheurs de bars, poissons dont la contamination avait été jugée il y a un an et demi fortement probable. Thierry Delacourt

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Le 9 septembre 2011

Alerte à la pollution sur le fleuve Adour (Sud Ouest)

Un taux anormalement élevé de PCB a été relevé. Consommation et commercialisation de six poissons, dont l'anguille, sont interdites. L'interdiction de la pêche à l'anguille dans les eaux de l'Adour a été officialisée hier. De nouveaux prélèvements seront effectués afin d'évaluer l'évolution de la pollution.

L'Adour était le seul estuaire de France où toutes les pêches étaient encore autorisées… Ce n'est plus le cas depuis la publication d'un arrêté inter-préfectoral interdisant la consommation et la commercialisation de l'anguille en raison d'une pollution au PCB, ou pyralène, un dérivé chimique potentiellement dangereux dont l'utilisation est interdite en France depuis 1987.

Le document cosigné par les préfectures des départements des Landes, des Pyrénées-Atlantiques et des Hautes-Pyrénées et présenté hier à Mont-de-Marsan cible trois cours d'eau : l'Adour (uniquement en aval de la confluence avec les gaves réunis et jusqu'à l'embouchure, NDLR), le gave de Pau, et les gaves réunis. L'interdiction, qui ne concerne pas des anguilles au stade de l'alevin dites pibales ou civelles, est en revanche étendue aux poissons dits de fonds du seul Adour que sont les barbeaux, brèmes, carpes, vairons et silures.

Pas de raison de paniquer

Très peu solubles dans l'eau, les PCB, pyralènes, ou polychlorobiphényles, descendent au fond des rivières puis se stockent dans les chairs et graisses des espèces dites bio-accumulatrices ansi que dans celles de leurs prédateurs, dont l'homme. S'il n'y a pas de risque de contamination toxique directe, ni par contact cutané, ni par ingestion, une consommation répétée des poissons contaminés par ce produit cancérigène est susceptible d'entraîner divers troubles de la santé (éruptions cutanées, troubles digestifs et occulaires, etc.). Le risque est augmenté chez les femmes enceintes et les enfants de moins de trois ans. Aucun empoisonnement lié à une consommation excessive de PCB n'a toutefois été déploré à ce jour.

Informés et associés aux différentes études effectuées depuis la première découverte d'un taux anormalement élevé de PCB sur des poissons de l'Adour, en juin 2011, les pêcheurs noteront pour seule consolation que la pêche loisirs demeure autorisée, « à condition toutefois que le poisson ne fasse pas l'objet d'une consommation humaine ».....

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Le 13 septembre 2011

Pollution aux PCB: procès en mai 2012 à Paris de Chimirec et de son PDG (AFP)

La société de traitement de déchets industriels Chimirec, son PDG et six cadres de l'entreprise comparaîtront en mai devant le tribunal correctionnel de Paris, poursuivis pour avoir délibérément laissé partir dans la nature des déchets pollués aux PCB.

La 11e chambre correctionnelle a décidé mardi, à l'occasion d'une audience de fixation, que ce procès se tiendrait sur cinq demi-journées, les 14, 15, 16, 21 et 22 mai.

Les polychlorobiphényles (PCB), plus connus en France sous le nom de pyralènes, sont des dérivés chimiques utilisés à partir des années 30 et pendant des décennies dans l'industrie, comme isolants dans les transformateurs électriques, comme lubrifiants dans les turbines ou comme composants dans les peintures. La vente de produits contenant des PCB est interdite depuis 1987.

Ces molécules sont très stables dans l'environnement. Dans l'eau, elles peuvent se fixer dans l'organisme des poissons, entraînant ainsi un risque pour l'homme en cas de consommation réitérée.

Le PDG de Chimirec, Jean Fixot, et six de ses cadres sont soupçonnés par l'accusation d'avoir éliminé de façon irrégulière des déchets nuisibles par la dilution d'huiles polluées aux PCB dans trois de leurs usines situées à Domjevin (Meurthe-et-Moselle), Dugny (Seine-Saint-Denis) et Grez-en-Bouère (Mayenne) sur une période s'échelonnant de 2000 à 2006.

Selon l'accusation, les prévenus auraient également exploité ces installations classées sans disposer de l'autorisation requise, fourni des informations inexactes à l'administration, voire falsifié certains documents destinés à leurs clients ou aux agences environnementales.

L'enquête avait été ouverte à la suite de dénonciations d’anciens salariés….

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Le 3 octobre 2011

Les rivières de la région sont toxiques pour les poissons (Sud Ouest)

Interdites depuis 24 ans, les substances toxiques telles que les PCB s'infiltrent dans le gras des poissons. De l'Adour à la Charente, les anguilles sont particulièrement touchées.

Des techniciens de l'Association des pêcheurs professionnels en eau douce de la Gironde et de l'association Migado capturent des anguilles sur la Garonne, à Cadillac, pour vérifier la présence de spécimens marqués l'année précédente....

La question n'est plus de savoir où il y a des polychlorobiphényles (PCB). Le jeu consiste plutôt à découvrir les cours d'eau où il n'y en a pas. « Avec Loire Bretagne, Adour Garonne était le bassin de référence, censé être épargné. Suite à des prélèvements effectués en 2008, il a pourtant fallu interdire la consommation des anguilles de Garonne. On était sur des teneurs légèrement supérieures au seuil toléré, de 14 à 20 picogrammes par gramme de poisson frais. Loin des 60 à 80 pg/g relevés sur les poissons de la Seine ou du Rhône. Mais la contamination était réelle », retrace Lydie Laurent, chargée de mission environnement et développement durable auprès du préfet de Région Aquitaine.

Des pêches complémentaires sur le gave de Pau ont ramené d'autres nouvelles, aussi mauvaises qu'étonnantes. La rivière qui dégringole des Pyrénées a taillé son lit au milieu d'un environnement préservé, au moins sur son cours amont. Pourtant, les anguilles sont là aussi contaminées, et ce jusqu'à l'embouchure de l'Adour. « Sur le gave de Pau, la surprise a été complète », confesse Philippe Chapelet, le chef du service prévention des risques à la Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (Dreal) Aquitaine.

Les interdictions

Une rafale d'arrêtés

Charente le 14 septembre, Charente-Maritime le 12 septembre (la Charente et ses affluents), Gironde et Dordogne le 9 juin (estuaire de la Gironde, Garonne, Isle et Dordogne), Lot-et-Garonne le 9 septembre, Tarn-et-Garonne le 29 août (Garonne et une partie du canal latéral), Landes, Pyrénées-Atlantiques et Hautes-Pyrénées le 9 septembre (Adour en aval de la confluence avec les gaves, Gaves réunis, gave de Pau) : tous ces départements ont pris ces derniers temps des arrêtés limitant ou interdisant la commercialisation et la consommation des anguilles.

L'alose feinte est également concernée en Gironde, dans le Lot-et-Garonne et le Tarn-et-Garonne. Sur la partie de l'Adour visée par l'arrêté interpréfectoral, l'interdiction est étendue aux poissons de fond : barbeaux, brèmes, carpes, vairons et silures.

Les PCB sont partout alors qu'ils sont censés n'être nulle part. Les polychlorobiphényles, souvent appelés pyralènes, ont été définitivement interdits en 1987 en raison de leur toxicité. Certaines de leurs applications étaient prohibées depuis 1979. Ces molécules potentiellement cancérigènes sont aussi des perturbateurs endocriniens à faible dose. Elles doivent être traquées dans l'alimentation des femmes enceintes, car elles sont néfastes au développement cérébral du fœtus.

Jusqu'à 2 700 ans...

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Le 23 novembre 2011

Baie de Seine : Tourteaux et PCB

Chair brune : à éviter

Chair blanche des pinces et pattes : OK

L’Anses revient sur son avis rendu le 13 mai 2011qui émettait un jugement défavorable quant à la consommation des tourteaux et des étrilles en baie de Seine « Les tourteaux sont considérés en moyenne non conformes aux limites réglementaires sur l’ensemble de la Baie de Seine et leurs non commercialisation et non consommation sont recommandées »

Un nouvel avis de l'Anses du 16 novembre 2011 apporte des nuances dans la consommation des tourteaux…

Conclusion de l’étude de l’Anses

Au regard de l’ensemble des résultats d’analyse en dioxines et PCB des tourteaux et étrilles pêchés dans la zone FAO VII D (Manche Est), l’Agence nationale de la sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail estime que les tourteaux et étrilles sont conformes à la nouvelle réglementation portant sur la chair blanche des pinces et pattes, quelle que soit la zone de prélèvements et peuvent être commercialisés et consommés.

L’agence confirme que, au regard de l’analyse de l’effet matrice (pinces et pattes vs pinces et pattes + thorax), la conformité de la chair blanche issue des pinces et pattes, faisant l’objet de la nouvelle réglementation, est représentative de l’ensemble de la chair blanche incluant la chair de thorax.

Concernant la chair brune des crabes pêchés en Manche Est, l’Agence recommande, au vu des données disponibles présentant un niveau de contamination très supérieur à celui observé dans la chair blanche (jusqu’à un facteur 20), de ne pas la consommer (sous forme brute ou transformée).

Par ailleurs, l’agence note que comme la chair brune pour des produits mal préparés et précuits peut rendre la chair blanche du thorax impropre à la consommation, il est recommandé qu’un soin particulier soit apporté à la préparation de ce type de chair blanche et que son utilisation comme aliment ou comme ingrédient alimentaire devra utiliser des procédés alimentaires sous démarche HACCP pour des Guides de Bonnes Pratiques d’Hygiènes (GBPH) ou Programme Pré-requis Opérationnel (PrPO) incluant un point critique à ce sujet.

Source : Avis de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail relatif à une demande d’interprétation des résultats d’analyse en dioxines et PCB des étrilles et tourteaux pêchés en zone FAO VII D (Manche Est) et à l’évaluation du risque sanitaire lié à leur consommation / Anses – Saisine n° 2011-SA-0277

Une explication à cette différenciation morphologique des autorités sanitaires européennes dans une note d'information relative à la présence non pas de PCB mais de cadmium dans la «chair brune de crabe»

«Consommation de «chair brune de crabe»

1. La présente note d’information relative à la présence de cadmium dans la «chair brune de crabe» vise à sensibiliser l’ensemble des autorités, institutions et associations nationales qui sont responsables de la santé publique ou qui communiquent des informations sur la sécurité aux consommateurs.

2. Les crabes et autres crustacés apparentés peuvent contenir des quantités élevées de cadmium dans la partie principale de leur corps, à savoir le céphalothorax. Le contenu de cette partie est souvent appelé «chair brune de crabe» en raison de son apparence brun vert. Il ne s’agit pas, à proprement parler, de «chair». Le céphalothorax contient l’organe digestif du crabe – l’hépatopancréas – qui accumule le cadmium en raison de sa fonction digestive. Les concentrations de cadmium dans la chair des pattes et des pinces de crabe (souvent appelée «chair blanche») sont faibles.

3. L’Union européenne a fixé une teneur maximale en cadmium pour les pattes et les pinces (la chair blanche), de sorte que leur consommation ne présente pas de problème sanitaire. Les pattes et les pinces sont les seules parties des crabes qui soient mangées dans la plupart des États membres de l’Union.

4. Certains consommateurs mangent également la «chair brune» dans quelques pays. Les consommateurs qui mangent régulièrement cette «chair» peuvent être exposés à des teneurs élevées en cadmium

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Le 1 décembre 2011

Contamination du bar de nos côtes ! Consternant !

Joseph Schnitzler, chercheur au laboratoire d'océanologie de l'Université de Liège (Belgique), étudie l’impact de la pollution marine sur le bar :« Si vous consommez trois fois sur un mois du bar provenant des régions côtières de la Seine ou de l'Escaut, vous dépassez la dose de PCB considérée comme nocive pour la santé. Et certains poissons de mer, comme le thon, le saumon ou l'espadon, sont encore plus contaminés. »

Des polluants relâchés dans l’environnement depuis plusieurs dizaines d’années se sont accumulés dans nos mers et nos océans. Toute la chaîne alimentaire marine est contaminée. Et les organismes vivants qui sont en bout de chaîne sont particulièrement contaminés : les ours polaires, les grands cétacés, les poissons prédateurs… Plusieurs études réalisées à l’université de Liège ont mesuré l’impact de certains polluants organiques sur la thyroïde du bar, un poisson très présent le long de nos côtes, mais aussi dans nos assiettes. Les résultats ne sont pas rassurants…

Perturbation du système endocrinien

Joseph Schnitzler a étudié l'impact des polluants organiques sur la thyroïde du bar :

  • des bars prélevés au niveau de cinq estuaires européens : la Gironde, la Charente, la Loire, la Seine et l'Escaut. Après analyse, le chercheur liégeois peut affirmer que le muscle des bars provenant des deux derniers estuaires, qui sont aussi les plus pollués, contient sensiblement plus de PCB que les autres. D'autre part, les bars auraient une plus grande activité thyroïdienne dans les estuaires plus pollués.
  • des bars d'élevage soumis à des degrés de pollution différents confirmeraient les analyses in vivo....

« Le problème des polluants organiques, explique Joseph Schnitzler, c'est qu'ils ressemblent aux hormones. Ils ont donc tendance à perturber le fonctionnement de certaines glandes comme la thyroïde, les ovaires ou les testicules. Les fonctions biologiques menacées sont essentielles : reproduction, régulation de la chaleur, croissance, etc. »…

Cela dit, il serait imprudent d'attendre les conclusions définitives de ce genre d'étude pour réduire la production de polluants organiques. Certes, nous ne produisons plus de PCB ou même de DDT, mais l'industrie chimique invente chaque jour de nouvelles molécules qui les remplacent et causent le même type de problème….

Source : Les polluants organiques contaminent les poissons (BE Belgique)

Article intégral sur le site de l’Université de Liège : Polluants organiques: la mer boit la tasse

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Le 24 janvier 2012

Normandie : l'art d'accomoder le crabe pollué aux PCB (Paris Normandie)

Pêche. Le crabe de la baie de Seine est propre à la consommation, mais pas tant que ça : pêcheurs et autorités sanitaires composent avec les polluants. Les amateurs normands de tourteaux doivent désormais faire le tri entre la chair blanche et la chair brune fortement contaminée aux PCB et aux dioxines

La pêche n’a pas été miraculeuse mais ce samedi matin-là, sur le marché aux poissons du Havre (Seine-Maritime), il y a du tourteau. A 5 euros le kilo sur l’étal de cette mareyeuse, les rares crabes sont partis comme des petits pains.

« S’ils ont réautorisé la pêche, c’est que tout est bon », pense naïvement la commerçante. Que la chair brune des tourteaux et des étrilles de la baie de Seine soit contaminée par les PCB ? « Je ne suis pas au courant de ça. » Les clients non plus donc, la plupart ignorant les recommandations des autorités sanitaires qui conseillent de ne pas consommer cette chair brune constituée des branchies, des gonades et de l’appareil digestif contenus dans le thorax des crustacés. S’agissant en revanche de la chair blanche des pattes, des pinces et du thorax, on peut y aller les yeux fermés. Elle est clean. Contaminée elle aussi, mais à un degré conforme aux seuils réglementaires. La chair brune, elle, concentre jusqu’à vingt fois plus de polluants.

Alors oui, la pêche et la commercialisation de ces espèces a repris fin novembre dans l’estuaire, après quatre mois d’interdiction pour cause d’imprégnation aux PCB et aux dioxines. S’appuyant sur des enquêtes complémentaires réalisées sur des animaux prélevés à l’automne dernier dans une zone allant de Cherbourg au Tréport, l’Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a rendu le 16 novembre 2011 un avis permettant de lever les mesures d’interdiction prises le 29 juillet. Mais que penser de ce compromis fait sur le dos des tissus gras qui fixent la pollution ? Le tourteau peut-il vraiment être à moitié bon seulement ?

Pour expliquer ce virement de bord, Benoît Tribillac, directeur départemental de la protection des populations (DDPP), rappelle qu’en mai 2011, « la réglementation communautaire a changé. Auparavant, l’analyse de ces tourteaux était réalisée sur l’ensemble de la bête. Dorénavant, elle porte sur les parties les plus généralement consommées, les pinces et la chair blanche du thorax. La nouvelle campagne a conclu qu’on pouvait remettre ces produits en vente. » Pour surveiller l’évolution du taux de contamination, un programme de prélèvements se poursuit en 2012. Les crevettes et les bulots font également l’objet d’une campagne de suivi.

A la Direction interrégionale de la Mer, au Havre, l’adjoint au directeur Patrick Sanlaville traduit la décision des autorités de remise sur le marché des crabes par une sorte de réalisme pragmatique : « Mieux vaut prendre des mesures proportionnées au problème que des mesures excessives, qui tueraient la confiance des professionnels et des particuliers. On ne distinguerait plus le risque réel du risque hypothétique et ce serait au final inefficace. »

Pour l’association Robin des Bois, en pointe sur le dossier des PCB, « on ne s’attaque pas aux causes de la pollution, on s’adapte », critique la porte-parole Christine Bossard. Patrick Sanlaville le regrette aussi. « Je crois que malheureusement, les PCB, on vit avec… » Et de plus en plus même. Le projet d’amélioration des accès du port de Rouen, en cours, qui consiste à araser le chenal sur 120 km entre Honfleur et Rouen, va remuer au passage des millions de mètres cubes de sédiments contaminés.

Alexis Maheut (pdt comité régional des pêches) : "On n'a rien à cacher"

Le président du Comité régional des pêches de Haute-Normandie Alexis Maheut juge « scandaleux » que l’Agence nationale de sécurité sanitaire (*) ait mentionné la non-conformité de la chair brune des animaux pêchés dans l’estuaire de la Seine.....

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Mieux comprendre

- PCB. Les polychlorobiphényles sont des composés chimiques synthétiques longtemps utilisés pour leurs propriétés isolantes. Classés comme « cancérogènes probables » par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), ils sont interdits en France depuis 1987.

- Risque. Les PCB se concentrent dans les tissus graisseux tout au long de la chaîne alimentaire. C’est l’accumulation qui présente un risque à long terme pour les gros consommateurs.

- Tri sélectif. Dans son avis du 16 novembre 2011, l’Anses recommande de ne pas consommer la chair brune des tourteaux et des étrilles de la baie de Seine, fortement contaminée aux PCB et aux dioxines. Pour éviter une contamination de la chair blanche du thorax par la chair brune, l’Agence préconise le respect de codes d’hygiène stricts.

- Et la sardine ? Frappée d’interdiction de commercialisation depuis le 8 février 2011, la sardine pourrait bénéficier d’un retour en grâce similaire à celui du crabe. Benoît Tribillac, de la Direction de la protection des populations, indique que « des études sont en cours sur une éventuelle commercialisation sous forme de filets, sans les parties grasses. Il y a des perspectives d’évolution des réglementations, non pour aller vers moins de protection du consommateur, mais vers la valorisation des produits qui sont valorisables. »

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Le 26 janvier 2012

PCB et consommation de poissons de rivière

PCB et consommation de poissons de rivière : Résultats de l'étude nationale sur l'imprégnation aux PCB des consommateurs de poissons d'eau douce

Interdits depuis plus de 20 ans en France et dans de nombreux pays, les PCB sont des substances chimiques persistantes dans l'environnement largement répandues à la surface du globe. Au niveau européen comme international, des dispositions ont été prises pour réduire l'exposition de la population aux PCB et notamment la fixation en 2006 des teneurs maximales européennes à ne pas dépasser dans les denrées. En France, comme dans plusieurs pays européens, des dépassements de ces teneurs dans les poissons d'eau douce ont été observés dans plusieurs cours d'eau. Depuis 2006, des restrictions de pêche et des recommandations de non consommation des espèces de poissons les plus accumulatrices de PCB (anguilles, poissons gras, espèces dites fortement bio-accumulatrices) ont ainsi été prises localement, sur la base de la réglementation en vigueur. Au niveau national, il est recommandé de limiter la consommation des espèces fortement bio-accumulatrices (anguille, barbeau, brème, carpe, silure), en particulier pour les femmes en âge de procréer auxquelles il est préconisé de l'éviter. En effet, les principaux effets critiques mis en évidence sont des effets sur le développement mental et moteur chez le jeune enfant exposé pendant la grossesse ou l'allaitement.

Dans ce contexte, et dans le cadre du plan national d'actions sur les PCB, le ministère chargé de la Santé a demandé, en 2008, à l'Anses, en collaboration avec l'InVS, de réaliser une étude sur l'imprégnation aux PCB des consommateurs adultes de poissons de rivière, principalement les pêcheurs et les membres de leurs familles.

L'objectif principal de l'étude était d'identifier les déterminants prédominants de l'imprégnation sanguine aux PCB. Il s'agissait notamment de rechercher l'existence d'un lien éventuel entre la consommation de poissons d'eau douce fortement bio-accumulateurs et l'imprégnation. Cette étude devait ainsi aider à la définition de fréquences acceptables de consommation de ces poissons, c'est-à-dire sans risque pour l'homme sur le long terme.

A l'issue de plus de trois années de travail, les résultats de cette étude sont publiés aujourd'hui.

Avec la participation de la Fédération nationale de la pêche en France (FNPF) et du Comité national de la pêche professionnelle en eau douce (CONAPPED), des foyers de pêcheurs amateurs et professionnels ont pu être contactés sur six sites de niveau de contamination contrasté en PCB.

Au total, 606 pêcheurs amateurs ou membres de leur foyer et 16 pêcheurs professionnels ont été inclus dans l'étude. Pour chaque participant, les habitudes alimentaires, ainsi que les pratiques de pêche et de consommation des poissons d'eau douce ont été recueillies. En parallèle, un prélèvement sanguin a été réalisé afin de déterminer le niveau d'imprégnation aux PCB.

Il ressort de ce travail que le niveau de consommation de poissons d'eau douce est faible (en moyenne 1 fois/mois chez les pêcheurs amateurs), en particulier pour les poissons fortement bio-accumulateurs de PCB (environ 2,5 fois/an). Seuls 13% de la population des pêcheurs amateurs de l'étude consomment des poissons fortement bio-accumulateurs plus de deux fois par an.

Deuxième enseignement, cohérent avec l'observation précédente, les niveaux d'imprégnations observés chez les participants à l'étude sont similaires à ceux observés dans la population générale. Ils sont inférieurs à ceux de la population française à la fin des années 80 lorsque les PCB ont été interdits. D'un point de vue sanitaire, très peu de participants dépassent le seuil d'imprégnation critique - valeur en dessous de laquelle les risques sont écartés. Leur proportion est du même ordre de grandeur qu'en population générale et ces individus sont parmi les plus âgés.

L'étude a aussi mis en évidence que la consommation des poissons fortement bio-accumulateurs était associée à une augmentation de l'imprégnation aux PCB. Cependant, la consommation actuelle de ces poissons aurait une influence moindre sur l'imprégnation que la consommation passée, compte tenu de la diminution progressive de la contamination en PCB dans l'environnement.

Sur la base de ces résultats, l'Anses s'est auto-saisie afin de déterminer une fréquence de consommation maximale de poissons fortement bio-accumulateurs sans risque sur le long terme et, ainsi, de préciser les recommandations qu'elle avait formulées dans son avis du 14 juin 2010 relatif à l'évaluation des bénéfices et des risques de la consommation de poissons. Au regard de cette nouvelle étude spécifique au risque PCB, l'Anses recommande de limiter les consommations de poissons d'eau douce fortement bio-accumulateurs (anguille, barbeau, brème, carpe, silure) :

- à 1 fois tous les 2 mois pour les femmes en âge de procréer, enceintes ou allaitantes ainsi que les enfants de moins de 3 ans, les fillettes et les adolescentes,

- à 2 fois par mois pour le reste de la population.

Au regard des caractéristiques de cette nouvelle étude, en particulier en raison de son caractère national et global, ces recommandations ne sont pas applicables aux zones de très forte contamination pour lesquelles des évaluations de risques spécifiques ont été réalisées par l'Agence depuis 2008. Elles ne remettent donc pas en cause les recommandations locales de non consommation. Sur la base des conclusions de cette étude, l'Anses pourra proposer des recommandations complémentaires en 2012 définissant les modalités d'une surveillance dans la durée de la contamination des cours d'eau. Enfin, toujours dans le cadre de cette étude, les recherches se poursuivent en 2012 sur d'autres composés persistants, en particulier les composés perfluorés et bromés. Source : Anses

Pour télécharger le document : Anses

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PCB. Toujours pas d'anguilles (Sud Ouest)

Une enquête révèle que la population est peu touchée par les PCB. Mais la pêche à l'anguille reste encadrée.

L'anguille est le poisson gras le plus touché par la contamination aux PCB, des molécules de synthèse utilisées dans l'industrie jusqu'en 1987. Sur la base d'analyses répétées depuis 2008, la plupart des grands cours d'eau français font l'objet d'arrêtés d'interdiction ou de limitation de la pêche à l'anguille, et parfois à d'autres poissons de fond (l'alose feinte sur la Garonne, l'estuaire de la Gironde et l'aval de la Dordogne par exemple) qui, eux aussi, accumulent les PCB dans leurs tissus. C'est le cas sur le bassin Adour-Garonne, même si la contamination est nettement plus importante sur le Rhône et sur la Seine.

Une nouvelle étude vient apporter d'utiles précisions sur le sujet. Diligentée par l'Anses (Agence nationale de la sécurité sanitaire), elle porte sur les pêcheurs (amateurs et professionnels) qui sont aussi consommateurs de poissons d'eau douce. Il s'avère que leur imprégnation aux PCB n'est pas sensiblement plus importante que celle de la population générale.

Mais l'Anses tempère ce constat. D'une part, les pêcheurs ne sont pas forcément de gros consommateurs d'anguilles ou autres brèmes et silures. D'autre part, l'imprégnation d'un individu suit tout de même la courbe de sa consommation.

Aussi l'Anses n'est-elle pas favorable à la levée des mesures qui restreignent localement la pêche et la commercialisation. Contactée hier, la préfecture de la Gironde a confirmé que la réglementation ne devrait pas évoluer à court terme.

Jean-Denis Renard

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Aquaponie : on recycle les déjections de poissons ! (Cirad)

Utiliser les effluents des bassins d’élevage de poissons pour nourrir des plantes tout en retraitant naturellement l’eau : tel est le principe de l’aquaponie. C’est aussi un projet ambitieux intitulé Apiva (Aquaponie, innovation végétale, aquaculture). Il réunit le Lycée de la Canourgue en Lozère, l’Itavi, le Cirad de Montpellier et de Bangkok et de nombreux professionnels de l’aquaculture.

Le Cirad et son Unité mixte de recherche Intrepid, Intensification raisonnée et écologique pour une pisciculture durable, se sont donc investis pour cette technique innovante d’aquaculture qui associe à bénéfices réciproques des élevages aquacoles avec la l’hydroponie (cultures hors-sol sur solutions nutritives).

L’initiative vise aussi à développer une plateforme innovante de recherche et d'enseignement autour de cette nouvelle forme d'aquaculture intégrée . Un important partenariat s’est également développé à ce jour entre des centres de recherche et de développement, des lycées agricoles, des universités françaises et internationales, des entreprises, des organisations professionnelles et des représentants des pouvoirs publics.

Le principe

Dans un système aquaponique, les cultures végétales traitent l’eau en prélevant l’azote et le phosphore produits par les élevages aquatiques. L’atelier aquacole fournit quant à lui les éléments fertilisants nécessaires à la croissance des plantes, grâce aux déchets d'élevage qui sont alors valorisés au lieu d'être rejetés et de polluer l'environnement. Le système peut alors fonctionner en circuit fermé, avec recyclage intégral de l'eau.

La technique connaît un engouement important, notamment en Australie et aux Etats-Unis, mais aussi dans les zones arides où l’eau est rare et dans les zones urbaines où le foncier est coûteux.

Environnement....

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Le 16 février 2012

Monsanto, un demi-siècle de scandales sanitaires (Le Monde)

Ancien géant de la chimie, Monsanto est aujourd'hui le leader mondial des OGM et l'un des premiers semenciers de la planète.

La condamnation, lundi 13 février, du géant américain de l'agroalimentaire Monsanto, poursuivi par un petit agriculteur charentais intoxiqué par un herbicide, est une première en France. A l'échelle de l'histoire de la multinationale, centenaire, cette condamnation ne constitue qu'une péripétie judiciaire de plus dans un casier déjà très chargé.

PCB, agent orange, dioxine, OGM, aspartame, hormones de croissance, herbicides (Lasso et Roundup)… nombre de produits qui ont fait la fortune de Monsanto ont été entachés de scandales sanitaires et de procès conduisant parfois à leur interdiction. Mais rien n'a jusqu'ici freiné l'irrésistible ascension de cet ancien géant de la chimie reconverti dans la biogénétique et passé maître dans l'art du lobbying. Portrait d'une multinationale multirécidiviste.

Un géant de la chimie… explosif

Depuis sa création en 1901 à Saint-Louis, le petit producteur de saccharine devenu un des principaux semenciers de la planète n'a cessé de défrayer la chronique depuis soixante ans. Au lendemain de la seconde guerre mondiale, l'explosion accidentelle d'une usine de plastique Monsanto provoquée par celle d'un cargo français chargé de nitrate, qui fit 500 morts à Texas City en 1947, est ainsi restée dans les annales comme l'un des premiers désastres de l'industrie chimique.

Deux ans plus tard, c'est au tour d'une deuxième usine de la firme, à Nitro en Virginie, de partir en fumée. Cette fois-ci, la responsabilité de l'entreprise est engagée. Plus de deux cents ouvriers développent des chloracnés, un trouble aussi rare que sévère de la peau, rapporte Marie-Monique Robin, lauréate du prix Albert-Londres, dans son documentaire Le monde selon Monsanto.

L'accident révèle que le produit phare de la marque, l'herbicide 2,4,5-T, contient des niveaux élevés de dioxines, des substances hautement toxiques et cancérigènes, de composition assimilable à celle des polychlorobiphényles (PCB). La première étude suggérant la dangerosité potentielle de la dioxine était connue de Monsanto dès 1938 : la commercialisation de l'herbicide se poursuivra pourtant pendant près de quarante ans, avant son interdiction dans les années 1970.

Monsanto, qui a dirigé l'usine de Nitro entre 1934 et 2000, a par ailleurs fait l'objet d'une plainte déposée en 2007 par 77 habitants de Virginie atteints de cancer, qui accusent la compagnie d'avoir diffusé "illégalement" de la dioxine dans les environs de l'usine.

PCB : le procès de la honte

En 2001, 3 600 habitants de la ville d'Anniston, en Alabama, attaquent Monsanto pour une contamination aux PCB. Selon un rapport déclassifié de l'Agence de protection de l'environnement des Etats-Unis (EPA), Monsanto a déversé pendant près de quarante ans des milliers de tonnes de déchets contaminés dans un ruisseau et une décharge à ciel ouvert, au cœur du quartier noir de la ville.

La façon dont The Washington Post rapporte l'histoire est édifiante : "Des milliers de pages de documents de Monsanto – dont beaucoup sont estampillés 'CONFIDENTIEL : lire et détruire' – montrent que pendant des décennies, la multinationale a dissimulé ce qu'elle faisait et surtout ce qu'elle savait. En 1966, des responsables de l'entreprise avaient découvert que des poissons immergés dans ce ruisseau se retournaient sur le dos en moins de dix secondes, pissant le sang et perdant leur peau comme s'ils avaient été bouillis vivants. Ils ne l'ont dit à personne", raconte le quotidien américain.

En 1975, une étude menée par Monsanto révèle que le PCB provoque des tumeurs chez le rat. La multinationale décide d'en changer les conclusions, de "légèrement tumorigènes" à "n'apparaît pas cancérigène". "Nous ne pouvons nous permettre de perdre un seul dollar" : ainsi se conclut l'un des mémos consultés par The Washington Post.

Monsanto a finalement été jugée coupable en 2002 d'avoir pollué "le territoire d'Anniston et le sang de sa population avec les PCB". La firme sera condamnée à payer 700 millions de dollars de dommages et intérêts et à assurer le nettoyage de la ville. Aucune peine de prison n'a été retenue contre les responsables de l'entreprise.

En février 2007, The Guardian révèle que le géant agrochimique a appliqué les mêmes méthodes sur plusieurs sites en Grande-Bretagne entre 1965 et 1972. Le quotidien a eu accès à un rapport gouvernemental montrant que 67 produits, dont l'agent orange, la dioxine et des PCB, ont été identifiés dans une carrière au pays de Galles. En France, la fabrication et l'utilisation des PCB sont interdites depuis 1987.

Agent orange : condamné pour "empoisonnement"

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Le 9 mars 2012

« La délinquance sociale et environnementale n'est pas traitée par le code pénal» (Novethic)

Alors qu'en France, les procédures contre les victimes de l'amiante ayant reçu un trop-perçu se multiplient, à Turin, les anciens dirigeants d'Eternit, ont été condamnés à de lourdes peines de prison ferme. Une première dans le domaine de la sécurité au travail. Des avocats européens, réunis dans une nouvelle organisation, Interforum, veulent en faire un exemple et un point de départ à une pénalisation des crimes sociaux et environnementaux. Maître Jean-Paul Teissonnière défend les travailleurs de l'amiante mais aussi les salariés qui ont porté plainte contre France Télécom après la vague de suicide. Il explique à Novethic les enjeux.

Novethic. Mi-février, le procès de la fabrique d’amiante italienne Eternit, à Turin, a prononcé des peines très sévères (16 ans de prison) envers les responsables suisses et belges de la société. Dans le cas où un procès aurait lieu en France, ce qui semble compromis à court terme avec le dessaisissement de la juge d’instruction qui travaillait depuis 15 ans sur l’affaire, serait-il possible qu’il y ait des sanctions similaires ?

Jean-Paul Teissonnière. Il existe un trou noir dans le code pénal français pour traiter la délinquance sociale et environnementale. Elle est moins punie que les accidents de la circulation ! La dimension collective des victimes, par exemple, n’est pas prise en compte ni la question de l’intentionnalité, alors que dans le cas d’Eternit, elle était importante : il n’y avait pas volonté de provoquer la mort mais l’éventualité du risque était bien établie par les dirigeants. Ainsi, dans le cas où un procès pénal se tiendrait sur cette question en France, les peines seraient sans commune mesure avec celles prononcées à Turin (16 ans de prison ferme et de lourdes indemnités pour les deux dirigeants d’Eternit déclarés coupables, ndlr). Il y a donc des réformes institutionnelles à mettre en œuvre pour adapter l’échelle des peines, qui sont actuellement déséquilibrées. J’ai l’impression que la société française n’a pas pris en compte la gravité de ce type de crimes.

Il faut ajouter qu’il existe une frilosité des procureurs sur cette question en France. Ils ont une culture de la hiérarchie, de la soumission et de la dépendance au pouvoir politique. Et l’affaire de l’amiante est caricaturale de ce point de vue. Et il y a également un manque évident de moyens.

Pourquoi la tenue d’un procès pénal est-il si important ? L’Andeva (1) soulignait lors d’une conférence le 25 février (2), que le gouvernement français (qu’il soit de droite ou de gauche), rétorque toujours que les victimes de l’amiante avaient déjà obtenu des indemnisations…

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Le 7 juillet 2012

Avis aux étudiants chercheurs. Coquillages, Sédiments, Métaux lourds...

L’audition aura lieu fin Août, pour un début de thèse au 1er Octobre 2012.

Laboratoire : Géosciences marines et Géomorphologie du Littoral, LDO, UMR 6538

La pollution par les métaux lourds (mercure, cadmium, plomb, zinc, cuivre, chrome, arsenic, nickel, etc.) fait l’objet de nombreux travaux à travers le monde. Les pollutions d’origine industrielle affectent aussi bien l’air et le sol que l’eau. Une concentration anormalement élevée en métaux lourds peut être néfaste et entraîner des effets toxiques sur les organismes vivants. Les baies et les estuaires sont le siège d’une sédimentation mixte d’origine fluviatile et/ou marine. Cette sédimentation est constituée de matières minérales et/ou organiques dont les origines sont naturelles et/ou anthropiques. Les sédiments concentrent des éléments exogènes au sein des vases et/ou des sables à des concentrations qui peuvent fluctuer dans le temps et dans l’espace. Les sédiments sont alors utilisés comme marqueurs pour identifier et suivre les sources et origines potentielles de pollution des environnements côtiers. Sur la façade Atlantique de l’Europe de l’Ouest et à l’exception de la Gironde et du Nord de la Galice, très peu d’études ont été réalisées sur cette problématique. Cependant, l’impact, à court et long terme, de ces accumulations sur la qualité des milieux côtiers et estuariens (colonne d’eau, sédiments et organismes) est critique afin d’évaluer la toxicité potentielle des sédiments et leur signification sur le plan écologique.

Les questions posées dans ce projet sont multiples. Il s’agira d’abord de s’intéresser aux sédiments eux-mêmes afin de déterminer leur provenance, d’identifier l’origine des éléments métalliques qu’ils renferment et mieux comprendre la dynamique de leur transfert depuis les bassins versant jusqu’à leur dépôt en milieu marin.

Ensuite, nous souhaitons explorer les liens entre sédiments et coquilles (coquilles saint Jacques en particulier, mais aussi huîtres et moules) afin de mieux comprendre la dynamique des métaux lourds entre les compartiments minéraux et biologiques.

Plus précisément, les objectifs sont de nous intéresser à :

  1. La multiplicité des sources des sédiments et des métaux par la caractérisation géomorphologique et géochimique des bassins versants alimentant le Golfe du Morbihan et la baie de Quiberon.
  2. Les processus de transport sédimentaire et le comportement des métaux en fonction des conditions météorologiques (temps long) et de la saisonnalité (temps court). Ceci devrait nous permettre de répondre à la question suivante : les métaux lourds peuvent-ils être considérés comme des géo-marqueurs du transport sédimentaire.
  3. A l’issu de ces travaux, nous proposerons un modèle conceptuel de dynamique spatiale (en surface, prélèvements à l’interface eau/sédiments) et temporelle (en profondeur, carottage de 40 cm à 1m).
  4. Le dernier volet du projet sera consacré à la mise en relation des résultats acquis sur les sédiments et ceux acquis sur les coquilles afin de mieux comprendre les processus de transfert des métaux depuis le compartiment minéral vers la chaîne trophique

Source : sgfjeunes

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Le 17 juillet 2012

Les poissons pêchés dans le Rhône comestibles ? (France 3 Rhône-Alpes)

Par Isabelle Gonzalez

Après sept années d'interdiction à cause de la pollution au PCB, il est désormais possible de manger du poisson pêché dans le Rhône. La décision de la préfecture de région ne concerne que certaines espèces et ne s'appliquent pas partout. Mais c'est tout de même une bonne nouvelle pour les pêcheurs…

Voir la vidéo (entretien avec Philippe Giroud, pêcheur professionnel)

L’interdiction de consommation, prise en septembre 2005 a été levé en toute discrétion par la Préfecture du Rhône. C’est par un arrêté du 18 avril dernier que le Préfet du Rhône a levé l’interdiction de consommation et de vente de six espèces de poissons pêchés au Grand Large et sur le canal de Jonage (entre le barrage de Jonage et l’usine de Cusset).

Les résultats des mesures de contrôle de la pollution aux polychlorobiphényles (PCB), se seraient donc suffisamment améliorés pour que la prohibition, qui datait du 14 septembre 2005, soit ainsi abrogée.

Une décision prise à partir, notamment, de données obtenues en 2011 sur les 13 espèces de poissons pêchés sur le secteur considéré, et sur les conclusions de l’étude nationale d’imprégnation sur le risque potentiel pour la santé humaine que peut constituer la consommation réitérée de poissons contaminés.

La pollution au PCB est pourtant réputée pour être de longue durée.

Du côté de la Fédération de pêche du Rhône, on indique ne pas avoir été informé directement de cette levée partielle d’interdiction.

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Le 4 septembre 2012


Poisson méprisé par les gastronomes, le congre peut pourtant rendre de grands services à l'homme: il a été choisi comme objet d'étude pour mesurer la pollution de la baie de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), une zone très densément industrialisée.

Depuis le mois de juin et jusqu'à octobre, une quinzaine de congres, mesurant de 1m20 à 1m50, va être pêchée dans la baie à l'initiative de l'Institut écocitoyen pour la connaissance des pollutions, une structure créée par le syndicat d'agglomération d'Ouest Provence.

Objectif de cette pêche: mesurer pour la première fois le taux d'imprégnation de divers polluants sur des organismes vivants de la baie. "Une étude de 2008 a porté sur les sédiments du golfe de Fos, mais il n'y a jamais eu d'étude sur le vivant dans cette zone", indique Philippe Chamaret, directeur de l'Institut écocitoyen.

Poisson exclusivement carnivore, le congre se trouve tout au bout de la chaîne alimentaire. C'est également une espère sédentaire, qui s'éloigne rarement de plus de 100 m de son trou. Il constitue donc le client idéal pour les scientifiques, qui souhaitent disposer de données fiables sur la pollution à proximité des côtes....

L'étude cible des poissons de trois à huit ans, afin de disposer de spécimens dont les organismes ont eu le temps d'accumuler des polluants. Les échantillons tirés de ces poissons seront envoyés à la faculté de pharmacie de la Timone et à des laboratoires privés.

Les analyses permettront de déceler l'éventuelle présence des PCB, hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), dioxines et furannes, métaux lourds et autres sous-produits de chloration. Les résultats sont attendus début 2013.

"On est vraiment dans l'inconnu, on ne sait pas ce qu'on va trouver", souligne Julien Dron, responsable scientifique de l'étude.

Un lien difficile à établir

L'environnement immédiat de la baie de Fos comprend des sites industriels d'ArcelorMittal, Esso Raffinage, Lafarge Ciments et de multiples autres installations classées pour la protection de l'environnement (ICPE).

Selon le site internet de la mairie, Fos-sur-Mer représente également "la deuxième commune de France au nombre d'installations classées soumises à la directive SEVESO".

"On est la région la plus polluée d'Europe: aux particules fines, aux métaux lourds, c'est-à-dire la plus grave des pollutions pour la santé humaine", s'insurge Daniel Moutet, président de l'association de défense et de protection du littoral du golfe de Fos.

"Depuis deux ou trois ans, nous n'avons plus de naissains de moules (à Fos-sur-mer)", ajoute-t-il, avant de déplorer: "tout le monde sait qu'on est pollué mais il n'y a pas de preuve".

L'étude des congres devrait apporter une base scientifique au débat. Toutefois, "on pourra en tirer une conclusion sur la santé du milieu mais pas sur la santé humaine", explique Philippe Chamaret, de l'Institut écocitoyen. "Le lien entre le congre et l'homme est extrêmement complexe à établir, mais ces données permettront de caractériser le milieu de vie", ajoute-t-il.

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3 novembre 2012 : 

Pêche et pollution chimique des eaux en 2 Etapes

1e Etape : Contaminants chimiques dans les produits de la pêche : les instructions pour 2013


Une note du ministère de l'Agriculture précise les instructions sur la mise en œuvre du plan de surveillance des contaminants chimiques dans les produits de la pêche pour l'année 2013. Ce plan vise l'évaluation de la situation globale d'exposition du consommateur aux risques induits par les contaminants chimiques.

La présence de métaux lourds (plomb, cadmium, mercure) dans les produits de pêche est recherchée, de dioxines, de pesticides, mais aussi d'hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), de retardateurs de flamme bromés (RFB) et de perfluoroalkylés (PFA). Le plan de contrôle pour les recherches d'arsenic inorganique et d'aluminium étant achevé, il n'est donc pas repris dans le cadre de ce plan de surveillance.

Le plan répond aux objectifs fixés par le règlement européen de 2004 fixant les règles spécifiques d'organisation des contrôles officiels concernant les produits d'origine animale destinés à la consommation humaine.

Il prévoit un échantillonnage aléatoire et la réalisation de prélèvements, quelle que soit l'espèce, au niveau de la remise au consommateur final, dans l'ensemble des circuits de distribution. Sur l'année 2013, 801 prélèvements sont programmés, répartis entre les poissons de mer, les poissons d'eau douce, les crustacés et les céphalopodes. Les laboratoires doivent utiliser des matrices spécifiques constituées de la chair ou de la partie comestible des espèces concernées, c'est-à-dire celles destinées à l'alimentation du consommateur.

Graziella Dode
 
Plan de surveillance des contaminants chimiques du milieu aquatique dans les produits de la pêche –2013
Résumé : Cette note précise les instructions pour la mise en oeuvre du plan de surveillance des contaminants chimiques du milieu aquatique dans les produits de la pêche, hors coquillages en 2013. Ce plan doit être réalisé jusqu'au 31 décembre 2013 inclus. La date limite de réponse est le 15 février 2014.

Note de service DGAL/SDSSA/N2012-8225
Date: 20 novembre 2012
Date de mise en application : 01 janvier 2013
Abroge et remplace : DGAL/SDSSA/SDPA/N2011-8263
Date d'expiration : 31 décembre 2013
Date limite de réponse/réalisation : 15 février 2014
Nombre d'annexes : V
Degré et période de confidentialité : Destinataires
Objet : Plan de surveillance des contaminants chimiques du milieu aquatique dans les produits de la pêche –2013
Références : règlement (CE) n°882/2004, règlement (CE) n°854/2004, règlement (CE)
n°853/2004, règlement (CE) n°1881/2006, règlement (CE) n°333/2007, règlement (UE)
n°252/2012, Recommandation 2011/516/UE du 23/08/2011, Note de service relative aux dispositions générales des PSPC 2013.

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2e Etape : Aide à la cessation d'activité des pêcheurs professionnels en eau douce 

Source : FranceAgriMer

Le calcul de l'aide à la cessation d'activité des pêcheurs professionnels en eau douce a été modifié au profit des pêcheurs souhaitant déposerun dossier.

Le plan national de gestion de l'anguille et le plan national d'actions sur les poly-chloro-biphényles (PCB) limitant ou interdisant la pêche affectent l'activité économique de certaines entreprises qui n'atteignent plus leur seuil de rentabilité.

Afin d'accompagner les pêcheurs, une aide à la cessation d'activité a été mise en place. L'aide est calculée sur la base de 2,5 années de chiffre d'affaires moyen et non plus sur la base de 2 années, ce qui revient à mieux prendre en compte les difficultés rencontrées par les pêcheurs professionnels en eau douce.
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Du 19/06/2012 au 31/05/2014

Aide nationale

Mesure d’aide à la cessation d’activité des pêcheurs professionnels en eau douce concernés par le plan national de gestion de l’anguille ou par les interdictions de commercialisation des poissons du fait de la pollution par les PolyChloroBiphényles (PCB).

Objectifs.

Le plan national de gestion de l'anguille approuvé par décision de la Commission européenne du 15 février 2010 et le plan national d'actions sur les Poly Chloro Biphényles (PCB) limitant ou interdisant la pêche affectent l’activité économique de certaines entreprises qui n'atteignent plus leur seuil de rentabilité.

Dans ce contexte, il est mis en place un plan de cessation d’activité de la pêche à destination des pêcheurs professionnels fluviaux impactés par le plan de gestion de l’anguille ou par le plan national PCB. Ce plan de cessation d’activité est un outil complémentaire au dispositif mis en place pour accompagner les pêcheurs en eau douce : relocalisation, reconversion, etc.

Bénéficiaires.

Peuvent bénéficier de cette mesure, sous réserve du respect des critères d’éligibilité, les pêcheurs professionnels en eau douce :
  • Installés en tant que pêcheurs professionnels avant la décision de la Commission européenne en date du 25 avril 2012 ;
  • Et  Adhérents à une association de pêcheurs professionnels en eau douce et cotisants ou « cotisants solidaires » à la Mutualité Sociale Agricole (MSA), considérés comme chefs d’exploitation agricole
  • Et  Titulaires d’un bail ou d’une licence de pêche, ou pouvant justifier d’une activité régulière à la date d’entrée en vigueur des mesures d’interdiction totale ou partielle de pêche (PCB),
  • Ou Titulaires d'un bail ou d'une licence de pêche, ou pouvant justifier d’une activité régulière au moment du dépôt de leur demande d'aide, pour les pêcheurs sollicitant le plan de cessation d’activité au titre du plan de gestion de l’anguille (PGA).
Modalités.

Les pêcheurs professionnels en eau douce et les exploitants de plans d’eau doivent s’adresser à la DDT du département dans lequel se trouvent leurs lots de pêche afin de connaître les conditions générales d’accès à la mesure et retirer le formulaire de demande d’aide.

Les dossiers de demande d’aide doivent être déposés en DDTM avant le 31 octobre pour l’année 2012 et le 31 mai pour les années 2013 et 2014.

Caractéristiques de la mesure.

Pour bénéficier de la mesure les pêcheurs professionnels en eau douce à temps plein et les pêcheurs professionnels en eau douce pluri-actifs doivent vérifier un certain nombre de critères d’éligibilités définis au point 3 « Caractéristiques de la mesure » de la  décision FranceAgriMer AIDES/GECRI/D2012-27 du 19 juin 2012. L’activité du pêcheur doit vérifier, notamment et selon le cas,  un certain nombre de ratios économiques calculés sur le chiffre d’affaires.

Montant de l’aide.

Le calcul du montant de l’aide est précisé à l'article 1 de la décision FranceAgriMer AIDES/GECRI/D2012-41 du 8 novembre 2012. Il est calculé sur une base de 2,5 années du chiffre d’affaires moyen « vente poissons » et plafonné à 57 000 €. L’aide équivaut au maximum de 90% de deux années et demie de chiffres d’affaires moyen « vente de poissons ».

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