samedi 17 mai 2014

Pisciculture en étang d’eau douce : La carpe ou le cormoran ?

Pisciculture en étang d’eau douce : La carpe ou le cormoran ?

Ou comment valoriser les étendues d'eau douce ?

France, pays aux milles étangs, bassins, canaux et rivières pourquoi tournes-tu le dos à ta pisciculture millénaire ? Au Moyen-Âge, tes plans d'eau nourrissaient les populations. Aujourd'hui, tes pisciculteurs de l'intérieur des terres veulent continuer à produire propre et proche. Activité mise à mal par un oiseau gourmand. Ils pensent qu'à l'heure où la pêche en mer s'épuise, les étangs pourraient être un pourvoyeur naturel de poisson : « Le potentiel existe. Il faut arrêter de l'abîmer. »

La France, ce pays aux milliers d’hectares d’étangs, de lacs et de bassins, ce pays aux milliers de kilomètres de canaux et de rivières, a probablement le potentiel piscicole en eau douce le plus important en Europe… Un potentiel aquacole bien supérieur aux pays sans littoral de l’Union Européenne en réunion le 21 février 2011 avec la commissaire européenne aux affaires maritimes et de la Pêche, Maria Damanaki, pour discuter de l’avenir de l’aquaculture en eau douce. Autriche, Hongrie, Luxembourg, Slovaquie et Tchéquie ont remis à Maria Damanaki une « Déclaration commune sur le rôle futur de l'aquaculture d'eau douce et la pêche continentale au sein de la réforme de la Politique Commune de la Pêche ».

Déclaration sur le rôle futur de l’aquaculture d’eau douce 

La proposition de ces 5 pays enclavés pourrait très bien s’étendre à l’ensemble des pays de l’UE avec ou sans façade maritime. Des régions françaises comme la Bresse, les Dombes, la Brière et tout autre région de marais, d'étangs ou de canaux, pourraient très bien être associées à la réflexion de ces pays et « échangées leurs vues sur les perspectives de l'aquaculture d'eau douce et sa contribution à l'approvisionnement de produits de la pêche de haute qualité pour les consommateurs, à la croissance économique et l'emploi dans les zones rurales et à la préservation de l'environnement et de la biodiversité...»

Ils ont convenu que l'aquaculture d'eau douce devrait être prioritaire dans le cadre de la future politique commune de la pêche et ses instruments de financement. Les pays sans littoral ont des surfaces d'eau et des réseaux fluviaux importants. Ils possèdent une longue tradition dans l'aquaculture continentale (lacs, étangs, rivières), des plans d’eau qui ont aussi des fonctions non-productives, comme la lutte contre les inondations, la rétention d'eau, l'aménagement paysager et le développement rural. Ils produisent ensemble environ 40.000 tonnes de poisson (3% de la production de l'UE). Ils reçoivent du Fonds européen pour la pêche une aide financière de 81 millions d'euros pour la période 2007-13. Source : Europa

Des initiatives piscicoles encourageantes….

En Charente, la ferme céréalière de La Jaufrerie se diversifie dans la pisciculture.... Destinés au départ à l'irrigation, les étangs de la ferme ont permis de se lancer dans l'aquaculture. Avec un certain succès.
« Cette période hivernale est propice et nous avons fait une bonne récolte, confie le jeune propriétaire, Sylvain Rondeau qui a repris depuis 2007 l'exploitation familiale. Cette année, les gardons se sont remarquablement bien reproduits. Quelques black-bass aussi et du sandre ».


Le premier étang a été aménagé en 1976, à l'origine pour l'irrigation sur une exploitation à vocation surtout laitière et céréalière. « Ce n'est qu'en 1992, lorsque la chambre d'agriculture a eu réalisé une section piscicole destinée à développer l'aquaculture en Charente, que nous avons tenté cette diversification grâce à laquelle un petit revenu complémentaire apparaissait » commente Jean-Yves Rondeau, le père retraité du propriétaire. En même temps, un second étang était créé en aval du premier, les deux totalisant une surface voisine de deux hectares….

Depuis 2004, un pisciculteur local, bien équipé de bassins dans sa ferme de «Givrezac» a pris en main la collecte, le stockage et la commercialisation du poisson d'eau douce du groupement de valorisation des étangs charentais qui s'est alors constitué. Présidée par Fabrice Blanchard, la structure rassemble une centaine de propriétaires à travers le département. « Certains ne vidangent leur étang que tous les deux ans, nous, c'est chaque année » commente Jean-Yves Rondeau. En deux à trois semaines, alimentés par une dérivation du ruisseau du moulin de Belvaud, les deux étangs vont peu à peu lentement retrouver leur niveau. « Il sera alors temps de rempoissonner, avec environ 80 kilos d'alevins par plan d'eau » explique le jeune pisciculteur.

« Nourrir les poissons, avec du blé et du maïs est une activité assez ludique et très proche de la nature, qui m'incombe le plus souvent et qui me plaît vraiment, avoue le retraité, mais lesdits poissons pourraient aussi pratiquement se débrouiller seuls ». La pêche annuelle est aussi l'opportunité pour faire appel à la main d’œuvre fournie par les voisins, dans la convivialité…. Source : La Charente libre

….Qui ne demandent qu’à être épaulées notamment face aux prédateurs

Jean-Claude Gandon, 41 ans, exploite avec sa femme, Aurélie, un étang de 25 ha niché au pied du château de Montjean, en Mayenne. Cet aquaculteur en eau douce (il en reste une douzaine en Pays de la Loire) pratique un métier ancestral. « Nous sommes de purs écolos. Nous n'utilisons aucun intrant et respectons d'autant plus la nature qu'elle nous nourrit », explique Philippe Relot, son homologue de Missillac, en Loire-Atlantique. Ces pisciculteurs de l'intérieur des terres (Mayenne, Sarthe, nord-est de la Loire-Atlantique, Nord-Vendée...) sustentaient les populations locales : « Dans les campagnes à sol granitique ou schisteux, aux cultures céréalières aléatoires, l'étang était une activité appréciée et souvent la seule source de protéines », souligne Pascal Trintignac, biologiste au Syndicat mixte pour le développement de l'aquaculture et de la pêche en Pays de la Loire (Smidap).

Pour vivre de son métier, dont le pic est saisonnier (la pêche se pratique d'octobre à février, par vidange de l'étang), Jean-Claude Gandon gère plusieurs plans d'eau. Gardons, tanches, broches, sandres, carpes, élevés extensivement, sont vendus vivants, pour rempoissonnement, aux sociétés de pêche de loisir. Or, l'aquaculture devient un peu galère : « Au moins 30 % des étangs piscicoles ont été abandonnés ces douze dernières années », se navre Bertrand de la Rivière, président des syndicats des étangs de la Mayenne et de la Sarthe.

En cause, des rendements en forte baisse, qui font perdre sa viabilité économique à l'activité... Le grand cormoran, qui avale en moyenne 450 g de poisson par jour, est montré du doigt. « Dans un secteur de la Brière, les 400 spécimens repérés font des ravages », s'inquiète Roland Mallard, pisciculteur à Pontchâteau (Loire-Atlantique). Les professionnels réclament la régulation de cette espèce non autochtone, qui s'est sédentarisée : « En Suède, Allemagne et Danemark, on a le droit de tirer le cormoran, de détruire les oeufs et les géniteurs. Pourquoi nous l'interdit-on chez nous ? » Les pisciculteurs se plaignent également de l'empilement des textes réglementaires (sur les barrages, l'eau...) qui menacent d'aggraver leurs charges financières.

Ils râlent d'autant plus fort qu'ils se savent utiles : « Nous ne fournissons pas la demande. L'Europe de l'Est et l'Asie importent en masse. » Et bonjour le bilan carbone, quand l'intérêt écologique de l'étang n'est plus à prouver : « L'étang a un rôle épurateur. Il entretient l'écosystème.... Ils pensent qu'à l'heure où la pêche en mer s'épuise, les étangs pourraient être un pourvoyeur naturel de poisson : « Le potentiel existe. Il faut arrêter de l'abîmer. » Source : L'aquaculture en étang menacée par le cormoran (Ouest France) 

Philippe Favrelière (publié le 12 mars 2011) (4246) 

Autres articles :

Photographie Wikipedia : Canal du Marais Poitevin

Pour aller plus loin...

Le 30 Janvier 2015

Connaissance des facteurs influençant la biodiversité des étangs piscicoles

D’essence artificielle, l’écosystème « étang » a été créé pour la production piscicole. Des générations de pisciculteurs se sont succédées pour entretenir ces étangs, en Brenne, en Sologne, en Bresse et ailleurs. Actuellement, les pisciculteurs sont les premières victimes de la richesse biologique de ces zones humides : Pisciculture en étang d'eau douce : la carpe ou le cormoran ?

Quand ils seront disparus, qui entretiendra ces zones humides afin que la biodiversité ne disparaisse ensuite ?


L'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) a publié une brochure de 62 pages présentant ses connaissances sur la biodiversité des étangs piscicoles, cumulées sur les 20 dernières années. Ces travaux s'inscrivent dans le cadre de ses missions de connaissance, de gestion de la faune sauvage et de ses habitats. En effet, pour l'ONCFS, les étangs ont un rôle stratégique en termes d'accueil de l'avifaune et de réservoirs de la biodiversité.

Le rapport "Connaissance des facteurs influençant la biodiversité des étangs piscicoles : quelques principes de gestion issus des travaux de l’ONCFS" présente les résultats des études menées par l’ONCFS et ses partenaires.

Les étangs par l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS)

En 2011, dans le cadre de son contrat d’objectifs, l’ONCFS a décidé de mettre en œuvre un pôle thématique interne sur les étangs. Son objectif est d’établir, par la recherche et l’expérimentation, des références techniques sur la gestion des étangs (génie écologique, gestion piscicole, etc.) qui ont ensuite vocation à être transférées auprès des gestionnaires et intégrés dans les politiques publiques.

La validation et la promotion des modes de gestion favorables à la biodiversité sont actuellement au cœur des projets du "Pôle étangs continentaux" dans plusieurs régions d’étangs piscicoles.


Connaissance des facteurs influençant la biodiversité des étangs piscicoles

Les complexes d’étangs piscicoles constituent des réservoirs majeurs de biodiversité en Europe. D’essence artificielle, l’écosystème « étang » a été créé pour la production piscicole.

De nombreux travaux ont été menés depuis une vingtaine d’années par l’ONCFS et ses partenaires, visant à définir, en concertation avec les gestionnaires, des modèles permettant de maintenir l’équilibre entre les activités humaines (pisciculture, chasse, agriculture) et la préservation de cet écosystème.

La gestion d’un écosystème aussi complexe que celui de l’étang piscicole suscite de nombreuses questions pour l’usager ou le propriétaire conscient de l’importance de prendre en compte les exigences de la biodiversité dans ses pratiques. Par exemple :
  • Quelle surface minimale doit avoir une roselière pour optimiser l’accueil des oiseaux d’eau ?
  • Jusqu’à quel seuil le chargement piscicole est-il compatible avec la biodiversité ?
  • Quelle serait la fréquence optimale d’assec pour le bon fonctionnement écologique de l’étang ?

Plusieurs documents pédagogiques existants rassemblent les connaissances acquises à l’usage des gestionnaires des étangs. Toutefois, ces divers documents n’intègrent pas les résultats des recherches conduites par l’ONCFS et ses partenaires dans plusieurs régions d’étangs et laisse en suspens un certain nombre de questions que peuvent se poser les gestionnaires confrontés à l’évolution actuelle des pratiques.

Il était donc nécessaire de réaliser une compilation des résultats d’études de l’ONCFS, avec un triple objectif :
  • rassembler et synthétiser les connaissances scientifiques et l’expérience acquises par l’ONCFS sur son cœur de métier « faune sauvage-habitat »,
  • proposer les grandes lignes d’orientations de gestion qui en résultent,
  • contribuer a l’identification des pistes de recherche et d’expérimentation prioritaires pour les prochaines années.

L'ONCFS présente les grands habitats des étangs : végétation aquatique, sédiment, vasières et habitats périphériques (prairie et champs). Le gros du document repose sur l'évaluation des conditions nécessaires à la présence et à la préservation des habitats de la faune et la flore de ces zones humides. Il s'agit notamment de la gestion de la végétation aquatique, de la pratique de l'assec, d'une herbivorie limitée, de la qualité physico-chimique du sédiment et de la transparence de l'eau favorable aux herbiers aquatiques, de la qualité de l'eau du bassin versant ou encore de l'agriculture riveraine.

L'ONCFS identifie également trois acteurs de la gestion des étangs : le pisciculteur, le chasseur et l'agriculteur. L'étang est pour le premier un outil de production, pour le second un support pour la chasse et un lieu de reproduction du gibier, et pour le dernier un lieu de production dans le cas de la culture du fond de l'étang en assec ou un débouché du fumier. L'office promulgue pour chacun des conseils spécifiques. D'après Actu-Environnement : Etang piscicole : l'ONCFS diffuse ses recommandations en matière de biodiversité


Cliquer Ici ou pour télécharger "Connaissance des facteurs influençant la biodiversité des étangs piscicoles : quelques principes de gestion issus des travaux de l’ONCFS"

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Le 5 Novembre 2014

Joli coup de filet à l'étang du Blizon


Les carpes représentent le plus gros volume de la pêche. - Les carpes représentent le plus gros volume de la pêche. Les carpes représentent le plus gros volume de la pêche.

Plusieurs dizaines de personnes ont participé à la fameuse pêche au filet à l’étang du Blizon. Dans la grande tradition brennoise.

La saison de la pêche des étangs est maintenant lancée en Brenne. A tour de rôle, les plans d'eau se vident, pendant que d'autres se remplissent. Situé au plus bas du canal des cinq bondes, l'étang du Blizon est parmi les plus beaux et plus grands de La Brenne, avec ses 94 hectares d'eau. Un mois a été nécessaire pour le vider, dans les meilleures conditions, afin d'effectuer cette « récolte » de poissons à l'ancienne.

La pisciculture représente une source économique non négligeable pour la Brenne. Le Blizon, lui, affiche une production annuelle d'environ trente tonnes de poissons. « Carpes, brochets et gardons sont destinés au rempoissonnement des petits étangs. D'autres alimenteront le marché des pêcheurs à la ligne. Les carpes sont stockées dans des bassins, pour fournir tout au long de l'année l'entreprise locale de transformation Fish Brenne. Le reste sera vendu à notre prestataire, la Pisciculture Couturier », souligne le propriétaire des lieux. « Nous exportons de moins en moins à l'étranger. Les pisciculteurs des pays de l'Est – de plus en plus compétitifs – inondent le marché allemand depuis plusieurs années », constate le pisciculteur, Jean-Pierre Darrault.


à suivre

Prochaines pêches

> Lundi 10 novembre. Étang Piégu (Mézières-en-Brenne).
> Jeudi 13 novembre. Étang de Gabriau (Lingé).
> Vendredi 21 novembre. Étang Bénisme (Rosnay).
> Lundi 1er  décembre. Étang du Coudreau (Rosnay).
> Vendredi 5 décembre. Étang Barineau (Rosnay).
> Samedi 13 décembre. Étang Pifaudière (Rosnay).
> Lundi 15 décembre. Étang de la Gabrière (Lingé), avec vente de poissons.
Les dates indiquées peuvent changer en fonction du temps ou des besoins du propriétaire.

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Dombes : Des étangs, des hommes et un savoir-faire ancestral



Une image traditionnelle de la pêche en Dombes, le pêcheur muni d’un arpic « fait guerre »...

Source : JSL

La tradition piscicole de la Dombes, pays du département de l’Ain, perdure depuis plus de 1 000 ans en respectant le milieu naturel et la biodiversité de l’environnement. Le poisson de la Dombes est l’emblème d’un territoire. L Association de Promotion du Poisson des Étangs de la Dombes, (APPED) a pour but de faire perdurer cet emblème. Elle a créé la marque Poissons de Dombes afin de valoriser ce produit noble et la filière dans son ensemble, les propriétaires d’étangs, les exploitants, les collecteurs, les transformateurs, les distributeurs et les restaurants.

« La marque possède un cahier des charges qui reprend les engagements de tous les acteurs de la filière et garantit ainsi la qualité des poissons de Dombes », explique-t-on à l’Association.

« Garantir une traçabilité de l’étang à l’assiette. De l’écloseur au transformateur en passant par le pisciculteur et le collecteur, le poisson est « tracé » afin de garantir sa provenance et le respect du cahier des charges. »

« Assurer une production de qualité tout en préservant l’environnement. Les exploitants d’étangs alternent 3 à 4 années d’eau, l’« évolage », et une année d’« assec » où l’étang est maintenu sans eau afin de régénérer les sols, assurer l’entretien des berges et de l’ensemble des ouvrages de l’étang. Les poissons sont produits dans les étangs de manière extensive et ont une alimentation naturelle à base de zooplancton principalement. »

« Assurer la pérennité de la filière piscicole. Dans le respect de la réglementation, la filière fait perdurer la tradition piscicole tout en se professionnalisant et en assurant la notoriété de la marque « Poissons de Dombes ».

L’APPED a lancé le projet de l’étang à l’assiette qui a pour objectif « de mieux faire connaître et révéler le Poisson de Dombes. L’ensemble des acteurs se mobilise pour faire connaître la filière piscicole de l’étang à l’assiette. »

Le public a été dernièrement sensibilisé à l’histoire des étangs à leur fonctionnement et à leurs trésors culinaires.

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Indre : La pêche des étangs de Brenne

Les brochets, carpes et gardons sont au rendez-vous.

Source : La Nouvelle République

Mézières-en-Brenne. La pêche du plan d’eau de Bellebouche se poursuit aujourd’hui. Sitôt sortis des filets, les carpes, brochets et gardons sont vendus au public sur la chaussée.

La pêche des grands étangs de Brenne a débuté ce week-end à Bellebouche. Cette tradition annuelle, réalisée par le pisciculteur local, Alexis Boely, emploie une vingtaine de personnes sur deux jours, après la vidange du plan d'eau de cent hectares, amorcée début octobre.

L'été indien qui accompagne cet automne complique l'opération. « C'est un peu délicat, explique le coordinateur de l'opération. Le poisson se fatigue beaucoup plus vite et la pêche se termine plus tôt. On préférerait avoir dix degrés de moins ! » Les pêches effectuées dans des étangs de moindre importance ont néanmoins été satisfaisantes et la tendance se vérifie à Bellebouche. Les brochets, les gardons, les carpes sont au rendez-vous.
Leur vente, sur la chaussée, toujours très prisée, contribue au folklore d'une manifestation qui permet également de déguster des frites de carpe accompagnées d'une boisson chaude sur le stand de l'association La bonté du Père Noël.

Début de la pêche à 7 h 30. Vente sur la chaussée à partir de 8 h 30.

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Dans les mailles du filet !



D’ABORD une lumière hésitante qui peine à transpercer la brume. Puis les rayons du soleil qui finissent par craquer le ciel pour venir s’exploser sur l’étang de Lachaussée. On ne distingue encore que des moitiés de silhouettes qui avancent l’une à côté de l’autre ; on croirait voir arriver les sept mercenaires cheminant de village en village. Romain, les deux Fabrice, Laurent, Elliot, Julien et Paul, progressent doucement mais sûrement vers le rivage. Les pieds sont englués dans la vase, toutes les forces sont requises pour s’en extraire et faire avancer le filet qu’ils tirent.

Source : Est Républicain

Sur la berge, on assiste au spectacle dont la lenteur poétique est proportionnelle à l’exaltation enfantine que créé l’attente. Voir apparaître, les « monstres » lacustres de Lachaussée, de surcroît de cette façon traditionnelle, est un moment rare qui se savoure. Ca y est ! Le filet est dans l’écluse, celle qui sépare l’étang de la pêcherie où seront vendus les poissons. Ca bulle en surface et grouille sous l’eau mais c’est la pause… repas, dieu sait que les forçats de Lachaussée l’ont bien mérité. « On pêche environ 1,5 tonne de poisson à chaque sortie », indique Paul Boyer, fromager de profession qui pose, depuis cinq ans, des congés pour faire partie de l’équipe des pêcheurs. Lequel fait remarquer que « depuis le début de cette nouvelle campagne, les filets sont surtout remplis par de la friture ; les gros poissons sont encore dans les profondeurs, cette année l’eau étant encore trop haute » et d’ajouter « mais ils devraient faire leur apparition dans les prochaines pêches ».

« La Big Mama »

La Fête du Poisson cessera cette année, le dimanche 16 novembre, le temps donc, de voir, peut-être, apparaître dans les filets, « la Big Mama », une carpe de 34 kilos, sortie des flots, en 2012. Le cyprinidé avait été remis à l’eau à l’instar de tous les gros poissons pêchés : « On les sort, on les pèse puis ils vont dans le petit étang qui voisine avec la pêcherie, après quoi nous les ressortons en mars où nous les pesons à nouveau, puis nous les remettons dans le grand étang », explique Paul Boyer.

Hier, point de « Big mama », ni de « très grosses prises », un filet toutefois bien garni, qui a permis à Franck, pêcheur de brochet, de « faire le plein » de vifs vendus 1 euro les quatre.

Avec ses herbes folles et hautes, sa faune et sa flore, la Fête du Poisson à l’étang de Lachaussée donne, indubitablement, à voir, un coin de Camargue en plein cœur de la Lorraine et dès qu’on lui tourne le dos, par l’apparition de la pêcherie, des cirées jaunes et des hommes en waders (salopettes imperméables), il convoque l’imagerie d’un petit port de pêche de Bretagne. Là est aussi la force de cet endroit et de cette Fête qui fait rimer économie avec écologie.

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Dordogne : 9 tonnes de poissons pêchées à Rouffiac



9 tonnes de poissons pêchées à Rouffiac Techniciens et bénévoles se sont affairés pendant une semaine pour pêcher dans le plus grand plan d’eau de Dordogne.

Source : Sud Ouest par Pierre Thibaud

La pêche de l'étang de Rouffiac s'est terminée vendredi dernier (lire « Sud Ouest » de mardi). Le pêcheur professionnel de Creysse, Frédéric Delmarès, qui officie sur les différents plans d'eau appartenant au Conseil général, avait rassemblé autour de lui une équipe d'une quinzaine de personnes, secondées par plus de 20 bénévoles des associations agréées pour la pêche et la protection des milieux aquatiques (AAPPMA) du secteur. Le président de la fédération départementale de pêche, Jean-Marie Rampnoux, présent sur le site, ainsi que le directeur Jean-Christophe Bout, se sont également beaucoup investis, tout comme les services concernés du Conseil général, propriétaire de l'étang de Rouffiac.

Dans le cadre de la préparation à cette pêche, des travaux d'aménagement, tel un important bassin de décantation en aval de l'étang, ont été réalisés. Rouffiac n'avait pas été vidé et pêché depuis sept ans. Il semble que ce laps de temps soit celui retenu à l'avenir pour une gestion pérenne du site.


Des chats envahissants

Vendredi dernier, Frédéric Delmarès a fait le bilan global de cette pêche : « Nous avons pêché entre 9 et 10 tonnes de poissons, soit à peu près la même quantité qu'en 2007. Il s'agit globalement de la même architecture piscicole en termes d'espèces. Le gros morceau revient aux poissons blancs, en particulier aux gardons de belle taille. Nous en avons pris 5 tonnes. Bien sûr, il y a aussi un nombre important de brèmes et des fameux “chats” qui envahissent. Le poison chat, c'est le chiendent de nos étangs ! Ils sont cependant en diminution de plusieurs tonnes à Rouffiac par rapport à 2007. Nous avons saisi plus de 700 kg de sandres, 150 kg de brochets et autant de black-bass. De notre point de vue, c'est une belle pêche, réalisée dans d'excellentes conditions. »

Les poissons péchés ne seront pas vendus, mais remis dans des étangs à eau libre (sans grilles de rétention) du Département. D'autres seront déversés à Rouffiac une fois la remise en eau effectuée. En attendant, le plus grand lac de Dordogne offre la vision singulière. Celle d'une immense cuvette brunâtre ponctuée des taches blanches des cygnes et canards sauvages qui s'ébattent sur les filets d'eau retrouvés du Coulon et du Blame, ruisseaux qui alimentaient jadis deux forges ancestrales sur le site même de Rouffiac.

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Le 16 Juin 2014

Pisciculture en Dombes : un avenir à construire au jour le jour


La Dombes : 1er espace de pisciculture d'eau douce en France.

Source : Voix de l'Ain

Le Syndicat des propriétaires et exploitants d’étangs de la Dombes et l’Association de promotion du poisson des étangs de la Dombes (APPED) travaillent main dans la main.

Une volonté  concrétisée par la présence des représentants de l’APPED à l’assemblée générale du Syndicat.

Ensemble, ils essaient de juguler la baisse d’activité piscicole.

C’est dans ce but également que le Conseil général, la Chambre d’agriculture et l’APPED ont rédigé un livre blanc sur la pisciculture, opérationnel depuis le début de l’année 2014. Celui-ci s’accompagne de fonds versés pour soutenir la production à travers des aides à l’investissement pour les pisciculteurs et les propriétaires ; l’accompagnement des différents acteurs avec de la formation ; et grâce à un financement en matière de recherche et développement afin de trouver de nouveaux produits (carpe sans arête…) destinés au grand public et à la restauration collective.

Marque et notoriété

Car comme l’ont démontré Nathalie Chuzeville, directrice de l’APPED*, et Sylvain Bernard, conseiller piscicole à l’APPED, à travers une présentation de la filière piscicole dans le monde, en France et en Dombes, celle-ci a un avenir. La consommation de poissons issus de l’aquaculture augmente en France et une part prépondérante de ces poissons est importée (90 %). Reste donc aux pisciculteurs de la Dombes à développer leur production, mais aussi à se faire connaître et à faire reconnaître la qualité de leurs produits à travers une marque notamment.

Et il faut enfin travailler sur la notoriété de ces produits et de cette marque. Des démarches sont par exemple entreprises auprès des restaurateurs de la Dombes pour les inciter à proposer des poissons de la région. Parmi les actions de communication encore, la journée découverte du poisson de Dombes.

Samedi 18 octobre, 3 pêches commentées seront organisées sur 3 étangs différents, avec vente, visite d’atelier de transformation, dégustation chez des producteurs, partenariat avec des restaurateurs. « Nous avons un consommateur écolo dans le sens noble du terme.

Il veut un poisson élevé près de chez lui et dans des conditions saines », a commenté Roland de Barbentane, président de l’APPED. Un atout pour une filière qui défend une production respectueuse de l’environnement, ont souligné les défenseurs de cette filière.

Travailler sur l’image du poisson de la Dombes

Se faire connaître c’est aussi travailler sur l’image. Or, a fait remarquer un propriétaire d’étang, « le nourrissage a une assez mauvaise image ». La complémentation alimentaire ne représente qu’une faible partie de l’alimentation des poissons de Dombes, « dans certaines phases de vie », a rassuré Roland de Barbentane. « Nous n’avons pas à en rougir ! » D’autant que cette complémentation permet au poisson d’avoir les caractéristiques nécessaires pour plaire au consommateur et est indispensable à certaines périodes de l’année où le plancton se fait plus rare, ont rappelé des exploitants.

« Le nourrissage complémentaire est nécessaire si l’on veut un poisson de qualité !  » Et les pisciculteurs de la Dombes restent dans les normes d’une aquaculture extensive, a souligné Jean-Luc Payet-Pigeon.

Cormorans et écrevisses : les principaux prédateurs

Autres préoccupations des pisciculteurs, le cormoran et l’écrevisse de Louisiane. Un propriétaire dans l’assistance a alerté sur le problème que pourrait représenter cette dernière. Elle est présente en périphérie et a commencé à s’implanter en Dombes. « C’est une écrevisse qui monte très vite », souligne Jean-Luc Payet-Pigeon.

La solution pourrait être, comme c’est le souhait des pisciculteurs en Brenne, de tirer un bénéfice commercial de cette écrevisse (bisque…). Mais il est interdit de transporter l’animal vivant. Or il ne peut être cuisiné que juste après avoir été tué. « Dans le département la solution est donc pour l’instant de la détruire ». Lorsqu’elle sera véritablement installée, « il faudra essayer de la rentabiliser », souligne Jean-Luc Payet-Pigeon.

La préservation de la pisciculture a un intérêt qui dépasse celui des pisciculteurs, a souligné Gilbert Limandas, président de la Chambre d’agriculture : « Elle concilie économie, richesse des écosystèmes, mais aussi les intérêts de la pisciculture, de l’agriculture, de la chasse… ». Roland de Barbentane insistait également : « La pisciculture est un vecteur d’équilibre et de valorisation de notre écosystème. Il faut une écologie responsable, une écologie qui permet de valoriser la chasse. Et une économie, car le seul moyen de survie, c’est de valoriser notre patrimoine ».

* L’APPED effectue des diagnostics d’exploitations afin de dresser un état des lieux de la filière en Dombes. L’association propose également d’accompagner les propriétaires et exploitants d’étangs qui en ont besoin.

La carpe à 2 €

1,10 € environ, c’est aujourd’hui le prix d’une carpe. Un chiffre qui n’a pas varié depuis plusieurs dizaines d’années, affirme Stéphane Mérieux, trésorier du syndicat. « Quand on aura la carpe à 2 €, on va gagner de l’argent !  », a promis le président de l’APPED, Roland de Barbentane. Car aujourd’hui, selon le rendement à l’hectare, la pêche d’étangs en Dombes peut ne pas être une activité très lucrative.

Plus d’informations dans notre version papier du vendredi 20 juin.

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Le 15 Mai 2014

Prolifération des cormorans dans le département de la Creuse

Surpopulation de cormorans




 
Question écrite n° 06754 de Mme Renée Nicoux (Creuse - SOC)
publiée dans le JOSénat du 06/06/2013 - page 1687

Mme Renée Nicoux attire l'attention de Mme la ministre de l'écologie, du développement durable et de l'énergie sur les dégâts causés par la prolifération des cormorans, en particulier en Creuse. Cette espèce protégée depuis 1979, date à laquelle elle était en voie d'extinction, a vu sa population croître de façon exponentielle et est devenue invasive. Avec un nombre d'oiseaux estimé à un millier dans le département de février à avril, la quantité de poissons prélevés ou blessés peut être évaluée à 50 tonnes soit un préjudice de l'ordre de 350 000 euros pour la filière piscicole d'eau douce. Cette situation conduit à l'abandon de l'exploitation de nombreux plans d'eau, avec les conséquences négatives que cela entraîne sur la fréquentation touristique, la pêche étant un des principaux atouts du territoire. Au-delà de ces pertes de ressource halieutique considérables, c'est toute la biodiversité aquatique qui est menacée du fait de la disparition progressive d'autres espèces (anguille, saumon, brochet, …) dont certaines sont elles-mêmes protégées. C'est pourquoi, elle lui demande si elle envisage, dans le cadre des dérogations autorisées pour la régulation, d'allonger la période où le tir est autorisé (de mars à fin avril) et d'augmenter les quotas, sachant toutefois que ces mesures ne seront pas suffisamment efficaces et qu'il est indispensable qu'une action soit conduite au niveau européen (traitement des œufs, destruction des nids…).

Transmise au Ministère de l'écologie, du développement durable et de l'énergie

Réponse du Ministère de l'écologie, du développement durable et de l'énergie publiée dans le JO Sénat du 15/05/2014 - page 1131

Le cormoran est protégé au titre du régime général de protection de toutes les espèces d'oiseaux visées à l'article 1er de la directive 79/409 relative à la conservation des oiseaux sauvages. Conformément au code de l'environnement, il est toutefois possible de déroger à l'interdiction de destruction des spécimens, pour prévenir des dommages importants aux piscicultures ou aux espèces de poissons protégées. Ces dérogations, dont le cadre général est fixé par un arrêté du 26 novembre 2010, peuvent être accordées par les préfets des départements dans lesquels ont été constatés des dégâts sur les piscicultures ou les eaux libres.

S'agissant plus particulièrement du département de la Creuse, après analyse des données à disposition des services de l'État et avis du Conseil national de la protection de la nature, il a été décidé d'attribuer à ce département un quota de tirs de 490 oiseaux. Il a été tenu compte des demandes exprimées localement, dans la limite et le respect des équilibres à préserver à l'échelle nationale : cette attribution est ainsi en augmentation par rapport à la période 2012-2013, pour laquelle un quota de 470 cormorans avait été attribué au département de la Creuse. Les quotas départementaux dans les limites desquelles des dérogations peuvent être octroyées sont fixés par arrêté ministériel. L'arrêté relatif à la période 2013-2014, daté du 16 août 2013, a fait l'objet d'une publication au Journal officiel du 22 août 2013. Ce calendrier a pu permettre une mise en œuvre efficace et réactive des campagnes de prélèvement. Ce cadre national prévoit d'ailleurs des modalités d'intervention allant dans le sens des requêtes exprimées dans la question : pour limiter la sédentarisation des cormorans à proximité des piscicultures, il est possible de faciliter l'intervention sur les sites de reproduction, en complément des tirs autorisés pour l'élimination des adultes. Dans les zones où la contribution de la pisciculture extensive à l'entretien des milieux est reconnue, un allongement de la période de tir pour l'élimination des cormorans adultes est également autorisé, afin de limiter l'installation des nicheurs. Enfin, il est également possible d'autoriser par arrêté motivé des opérations de destruction de nids et d'œufs de cormorans à proximité des piscicultures, après consultation locale des partenaires concernés. La ministre de l'écologie, du développement durable et de l'énergie partage le constat de la pertinence et de l'importance d'une action à conduire au niveau européen. La France continuera à affirmer lors des discussions techniques organisées par la Commission européenne la nécessité d'une action coordonnée : aucune intervention sur les cormorans n'est en effet mise en œuvre à ce jour dans les États membres abritant d'importantes zones de nidification.

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Piscicultures : le poisson de demain

Piscicultures : le poisson de demain

Jérôme Lazard, René Lésel

Cahiers Agricultures - Vol. 18, N°2/3, mars-avril/mai-juin 2009

Éditeur John Libbey Eurotext, juillet 2009, 232 p.

Au cours des trente dernières années, la consommation de protéines animales, relativement stable dans les pays développés, a plus que doublé dans les pays en développement. Les produits aquatiques y ont apporté une contribution notable (doublement de la consommation au niveau mondial, de 6 à 14 kg/personne/an), comparable à celle des porcins.

Les prospectives à échéance 2020 montrent que produits de la pêche et produits d'aquaculture contribueront à égalité à l'alimentation mondiale. Dans l'avenir, la pisciculture se présente donc comme une option majeure pour les pays émergents et en développement. Réussir un tel projet nécessite de privilégier les axes de recherches tels que la nutrition et l'alimentation des poissons, la domestication de nouvelles espèces, l'optimisation des systèmes d'élevage, la co-construction d'innovations et la mise en place de démarches de développement durable.

Les enjeux

La pisciculture joue, et jouera encore plus dans l’avenir, un rôle essentiel dans l’alimentation du monde. Selon nombre de nutritionnistes, le poisson est un vecteur de l’ensemble des nutriments et sa consommation est de ce fait qualitativement un facteur d’équilibre nutritionnel incontournable. Par ailleurs, le calcul rapide du volume des besoins mondiaux fixés par cette exigence nutritionnelle comparé à nos capacités de production, montre que ces deux données sont du même ordre de grandeur. Toutefois, si tout est mis en œuvre au plan mondial pour assurer la ressource, sa couverture dépend de façon très rigide de la pisciculture.

Pour faire face à ces enjeux nutritionnels, la pisciculture ne peut pas ne pas être relativement intensive. Se pose alors la question de sa durabilité. Comment faire pour ne pas épuiser les ressources génétiques ? Comment faire pour ne pas créer de nuisances environnementales préjudiciables, à terme, à la production elle-même ? Comment répartir la richesse que pourrait créer la pisciculture de façon suffisamment harmonieuse pour favoriser l’entreprise sans provoquer de l’exclusion ?

Ce numéro des Cahiers Agricultures n’élude aucune de ces questions. Il a été réalisé à l’initiative de, et en collaboration étroite avec, Jérôme Lazard chercheur au Cirad et spécialiste international de la domestication et l’élevage d’espèces vivant en eaux chaudes.

Les éléments essentiels de ces problématiques sont rassemblés dans ce numéro thématique exceptionnel des Cahiers Agricultures qui regroupe 30 articles en un corpus unique de 232 pages. Source : CIRAD

Pour accéder à l’ensemble des articles, cliquer Piscicultures : le poisson de demain

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Le Burkina Faso demande la création de fonds pour développer l’aquaculture dans les pays sans littoral

FAO - Comité des pêches 2012 : Le Burkina veut un fonds pour développer son aquaculture

Source : lefaso.net

Le Burkina Faso demande la création de fonds pour développer l’aquaculture dans les pays sans littoral. C’est à l’occasion de la trentième session du Comité des pêches de l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), tenue du 9 au 13 juillet 2012 à Rome.

Le Comité des pêches (COFI), un organe consultatif du Conseil de la (FAO) a tenu sa trentième session du 09 au 13 juillet 2012 à Rome en Italie. Environ 120 pays, 64 organisations intergouvernementales et organisations non gouvernementales ont pris part à ce forum intergouvernemental mondial pour examiner les grands problèmes des pêches et de l’aquaculture dans le monde. Actualité oblige, les travaux du COFI 2012 s’inscrivent dans la suite logique du sommet mondial sur le développement durable, Rio+20, tenu au Brésil en juin passé. D’où l’appel du directeur général de la FAO, le Brésilien, José Graziano Da Silva, au respect des engagements pris à Rio et la mise en œuvre des idées émises pour une meilleure sécurisation des produits de la mer, jouant un rôle essentiels dans la sécurisation de l’alimentation des populations. « On ne peut pas avoir un développement durable quand des hommes et des femmes vivent dans une pauvreté extrême », a-t-il indiqué.

Des records pour la pêche

Les débats sur la situation mondiale des pêches et de l’aquaculture ont mis en exergue l’importance de ce secteur pour l’humanité toute entière. Les pêches et l’aquaculture sont une source essentielle d’aliments et de protéines pour des milliards de personnes dans le monde. Plus d’une personne sur dix dans le monde tirent leurs moyens d’existence de ce secteur. En 2011, le poisson et les produits de la pêche figuraient parmi les produits alimentaires les plus commercialisés à travers le monde. Après avoir chuté en 2009, les échanges mondiaux de poisson ont connu une hausse en 2010 et en 2011. Pour cause, une demande soutenue, des politiques de libéralisation du commerce, la mondialisation des systèmes, etc. Il ressort des débats que plus que jamais, il est nécessaire de coopérer au niveau international pour une gestion durable mondiale des pêches et pour la préservation de la biodiversité. Les délégués s’accordent pour reconnaitre que le code de conduite de la FAO pour une pêche responsable et les plans d’action internationaux ainsi que les directives techniques qui les encadrent, peuvent contribuer grandement à la mise en place d’un système mondial de production durable de ressources halieutiques.

Le Burkina au rendez-vous

Le Burkina Faso, pays sans littoral, plus consommateur que producteur de poisson, a tout de même tenu le pari de la participation au COFI. Le pays était représenté par Laurent Diandioua Coulidiati, Conseiller près l’ambassade du Burkina Faso en Italie, représentant permanent adjoint auprès de la FAO. A côté d’autres délégations comme celles des Etats Unies d’Amérique ou de la république Chine composées d’une dizaine d’experts ou diplomates au moins. Aucun professionnel de la pêche du Burkina n’y était présent. « Bien que nous n’ayons pas de mer, nous consommons beaucoup de produits qui viennent de la mer. Aujourd’hui on parle de pêche responsable, il y a aussi les aspects sanitaires et autres par rapport à ce que nous consommons en termes de poissons et autres fruits de mer. Par rapport à cela nous trouvons que nous avons notre place quand même dans les discussions, bien que 75% des discussions concernent la grande pêche, maritime notamment », précise Laurent Diandioua Coulidiati.

La demande de poisson au Burkina se situe entre 25000 et 30000 tonnes par an, alors que la production nationale atteint à peine 10000 tonnes. « Pour combler ce gap, la solution préconisée c’est surtout l’aquaculture qui consiste à élever certains produits provenant de l’eau, depuis le poisson que tout le monde connait en passant par les grenouilles et aussi les crabes d’eau douce », fait comprendre le présentant du Burkina au COFI. Selon le rapport sur la situation mondiale des pêches et de l’aquaculture en 2012, l’aquaculture est l’un des secteurs de production d’aliments qui croissent le plus. Le Burkina Faso a préconisé la mise en place de fonds pour permettre aux pays sans littoral de développer l’aquaculture et aussi de mieux organiser les acteurs de la pêche artisanale. Le Burkina a également souhaité un transfert de technologies en matière d’aquaculture.

« Les autorités burkinabé s’appuient souvent sur l’exemple du Brésil où l’aquaculture se déroule exactement comme on élève les poulets chez nous dans les villages. Nous avons demandé qu’il y ait un transfert de technologie vers le Burkina pour permettre à nos populations locales de maîtriser la technique », explique Laurent Diandioua Coulidiati. Le Burkina Faso est reconnu pour ses nombreux barrages. Une aubaine pour le pays qui pourrait envisager l’association de l’agriculture irriguée à la pisciculture. Sur ce plan, le représentant du Burkina au COFI se veut rassurant. « Depuis un certain temps, on tient compte de la production de poisson dans la conception des différents barrages », déclare-t-il.

Il poursuit en ces termes : « Il est question de revoir le processus de pêche, de la gouvernance responsable de cette pêche au niveau de la pêche artisanale pour voir dans quelle mesure organiser les acteurs sur le terrain et même comme on le fait depuis longtemps pour la chasse, prendre une période pour suspendre la pêche pour permettre aux poissons de se reproduire et éviter le tarissement des ressources au niveau de nos plans d’eau ».Un autre aspect important soulevé par le Burkina au COFI est le financement des activités de recherche sur la pêche.« On a constaté que les sous-secteurs pêche et aquaculture sont les parents pauvres de la recherche développement au Burkina Faso. Quand on regarde toutes les productions, ce sont essentiellement les différents mémoires des étudiants et aussi quelques études commandées. Il n’y a pas de structure de recherche spécialement orientée sur la pêche et l’aquaculture », regrette Laurent Diandioua Coulidiati.

Au terme de la semaine de débats interminables, souvent marqués par des positions inflexibles de certains pays, le Burkina sort satisfait. Satisfait d’avoir pu faire entendre sa voix auprès de grands pays de la pêche. Satisfait d’avoir pris une part active dans le déroulement des travaux en tant que membre de la commission chargée de la rédaction du rapport de la 30e session du COFI.
Inoussa MAÏGA

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Revue de presse

Le 16 avril 2011

Sur les coteaux de l'Astarac, le réseau des mares présente un fort potentiel économique trop souvent ignoré. Il faut parfois réparer des injustices… Pourquoi n'y en aurait-il que pour le lac aristocrate et l'étang bourgeois, tandis que la mare devrait nécessairement se résumer aux canards ? On le sait peu, mais les mares ont été classées parmi les grands biomes aquatiques par le WWF (Wolrd Wildlife Fund). Or, il se trouve que les coteaux de l'Astarac en sont parsemés et que les mares y forment un réseau particulièrement dense.

Autrefois dédiées à l'abreuvement des animaux, au lavage du linge ou bien même à la pêche, la plupart de ces mares sont, aujourd'hui, progressivement abandonnées avec leur usage.

Gérer sa mare, c'est facile et gratuit - Pour bénéficier de l'assistance technique offerte par l'Adasea et obtenir un plan de gestion des mares, il convient de contacter la Cellule d'assistance techniques aux zones humides du Gers, à l'Adasea du Gers au 05 62 61 79 50, ou se rendre à la permanence qui a lieu tous les premiers jeudis du mois à la mairie de Simorre de 9 heures à 12 heures. Cette opération concerne les bassins versants amonts Osse, Baïse, Gers, Arrats, Gimone et Save.

« Pourtant, ce réseau de mares présente un fort potentiel économique et environnemental pour l'Astarac, souligne Agnès Sabel de la Cellule d'assistance technique aux zones humides rattachée à l'Adasea (1). Les mares du sud du département constituent en effet une zone de stockage des eaux de ruissellement qui a pour effet de limiter l'érosion des sols, d'amoindrir le débit des cours d'eau en période de crue et de générer des microclimats. »... 

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Le 18 avril 2011

Il convient d’examiner, dans le cadre de la réforme de la politique commune de la pêche, la règlementation de la pêche de l’Atlantique et de développer l’aquaculture en eau douce. Telle est la conclusion de la réunion du Conseil « Agriculture et Pêche » du 14 avril 2011 à Luxembourg. Le rôle que l’innovation peut jouer dans la préservation du mode de vie rural traditionnel était également à l’ordre du jour.....

Cinq Etats membres dépourvus de littoral appellent à la promotion de l’aquaculture en eau douce

Présentée en février et destinée à développer et à promouvoir l’aquaculture en eau douce et la pêche dans les eaux intérieures, la déclaration commune de cinq Etats membres dépourvus de littoral était au cœur des discussions menées par les ministres. Signée par l’Autriche, le Luxemburg, la Hongrie, la République Tchèque et la Slovaquie, cette déclaration a suscité un large intérêt, les représentants de 19 Etats membres ayant déclaré qu’ils y étaient favorables.

Les intervenants ont souligné que le développement de l’aquaculture en milieu d’eau douce était de l’intérêt non seulement des pays dépourvus de littoral, mais également de celui des autres Etats membres, dans la mesure où l’Union européenne dépend considérablement de l’importation en ce qui concerne les produits dérivés du poisson. Le développement de la production halieutique en eau douce pourrait contribuer à satisfaire une demande européenne croissante sans nuire aux ressources naturelles. Il serait possible, de par une meilleure utilisation des produits de l'aquaculture en eau douce, d’atténuer les effets néfastes du changement climatique et d’encourager le développement régional. Selon la déclaration publiée par ces cinq pays, il importe de soutenir les producteurs afin qu’ils puissent se positionner sur le marché avec des produits de l'aquaculture en eau douce qui soient compétitifs par rapport aux importations de poisson.

Représentant la Hongrie, György Czerván, ministre délégué en charge de l’agriculture du ministère du développement rural, s’est déclaré favorable à ce que la nouvelle politique commune de la pêche promeuve l’utilisation du potentiel de développement de l’aquaculture en milieu d’eau douce.

Lors de la conférence de presse qui s’est tenue à la pause, Maria Damanaki, commissaire en charge des affaires maritimes et de la pêche, a déclaré que le développement de l’aquaculture en eau douce ouvrait de nouvelles perspectives dans la mesure où elle pouvait constituer une alternative dans un contexte de surexploitation des stocks, palier l’importation de poissons et créer des emplois. Il s’agit d’une perspective intéressante pour les Etats membres dépourvus de littoral etil convient donc de la promouvoir, a ajouté la commissaire.

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Le 30 avril 2011

Le jeudi 21 avril, dans le cadre du Printemps des Landes, de nombreux randonneurs se sont déplacés pour la marche des étangs. Par ce bel après-midi printanier, une trentaine d'amoureux de la nature a pu ainsi découvrir la faune, la flore et le patrimoine liés au Grand Étang et à l'étang de Lamarque. Fabrice Garrabos, garde-nature au Conseil général, a encadré cette visite et a apporté de nombreuses précisions sur la faune et la flore spécifiques de ces deux plans d'eau, créés au Moyen Âge. Ces étangs construits en premier lieu, pour alimenter les moulins, serviront aussi pour la pisciculture et le maraîchage. Le moulin de la Houn à l'étang de Lamarque sera utilisé jusque dans les années 30.

Nature préservée - Les promeneurs ont aussi pu découvrir les habitants de ces lieux, les tortues cistude, espèce commune à la région, les grenouilles vertes, les oiseaux d'eau, bon nombre d'invertébrés mais aussi les plantes particulières vivant dans ces milieux aquatique.

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Le 2 décembre 2011

La saison des vidanges a pris du retard à cause du manque d'eau, mais la ferme aquacole maintient sa vente de poissons sur la chaussée.

Si la sécheresse a affecté la quantité de poisson, elle n'a pas eu de conséquence sur sa qualité.

La ferme aquacole de Thierry Matignon, au village de Givrezac sur la commune du Tâtre, s'anime chaque dernier week-end de novembre autour d'une vente de poissons sur la chaussée.

Une pêche qui est le résultat des vidanges du groupement de valorisation des étangs charentais. Présidé par Fabrice Blanchard, le groupement rassemble une centaine d'adhérents à travers le département.

Exceptionnellement cette année la vente sera décalée d'une semaine. Elle se déroulera, samedi 3 et dimanche 4 décembre. En cause : la sécheresse qui affecte également l'aquaculture. « J'ai reçu l'autorisation de vidanger qu'à partir du mardi 15 novembre, alors que d'habitude je commence à sortir le poisson dès le mois d'octobre. »

Autre contrainte pour le pisciculteur, chargé des vidanges et de la commercialisation du poisson pour le compte du groupement : l'interdiction de remplir l'étang la vidange aussitôt terminée.

L'arrêté préoccupe notamment les propriétaires d'étangs affectés aussi à l'irrigation. Il file pour l'instant jusqu'au lundi 5 décembre. « Mais si la météo reste au beau fixe, un nouvel arrêté pourrait prolonger l'interdiction », craint Thierry Matignon.

Une baisse de 10 à 15 %

Quant à la production, elle marque le pas. Une situation comparable à celle qu'il a trouvée en 2004 quand il a intégré le groupement. Ce dernier venait alors de connaître un petit passage à vide.

Le manque de pluie a limité l'apport en nourriture et le niveau d'eau trop bas a eu des conséquences sur la reproduction. « J'ai récupéré beaucoup moins de poissons et surtout moins d'alevins que d'habitude. Une baisse de 10 à 15 % par rapport à l'an passé déjà touché par une forte chute, de plus d'une tonne. »

Si, ce week-end, l'offre s'annonce parcimonieuse, « mais de qualité avec du goujon, de la truite, du sandre, du brochet, de la tanche, du gardon, de l'esturgeon et un peu de carpe », détaille l'aquaculteur, la demande est très forte avec le risque de voir se vider les bassins de la ferme aquacole dès le premier jour.
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Le 20 juillet 2012

Le Burkina Faso demande la création de fonds pour développer l’aquaculture dans les pays sans littoral

FAO - Comité des pêches 2012 : Le Burkina veut un fonds pour développer son aquaculture

Source : lefaso.net

Le Burkina Faso demande la création de fonds pour développer l’aquaculture dans les pays sans littoral. C’est à l’occasion de la trentième session du Comité des pêches de l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), tenue du 9 au 13 juillet 2012 à Rome.

Le Comité des pêches (COFI), un organe consultatif du Conseil de la (FAO) a tenu sa trentième session du 09 au 13 juillet 2012 à Rome en Italie. Environ 120 pays, 64 organisations intergouvernementales et organisations non gouvernementales ont pris part à ce forum intergouvernemental mondial pour examiner les grands problèmes des pêches et de l’aquaculture dans le monde. Actualité oblige, les travaux du COFI 2012 s’inscrivent dans la suite logique du sommet mondial sur le développement durable, Rio+20, tenu au Brésil en juin passé. D’où l’appel du directeur général de la FAO, le Brésilien, José Graziano Da Silva, au respect des engagements pris à Rio et la mise en œuvre des idées émises pour une meilleure sécurisation des produits de la mer, jouant un rôle essentiels dans la sécurisation de l’alimentation des populations. « On ne peut pas avoir un développement durable quand des hommes et des femmes vivent dans une pauvreté extrême », a-t-il indiqué.

Des records pour la pêche

Les débats sur la situation mondiale des pêches et de l’aquaculture ont mis en exergue l’importance de ce secteur pour l’humanité toute entière. Les pêches et l’aquaculture sont une source essentielle d’aliments et de protéines pour des milliards de personnes dans le monde. Plus d’une personne sur dix dans le monde tirent leurs moyens d’existence de ce secteur. En 2011, le poisson et les produits de la pêche figuraient parmi les produits alimentaires les plus commercialisés à travers le monde. Après avoir chuté en 2009, les échanges mondiaux de poisson ont connu une hausse en 2010 et en 2011. Pour cause, une demande soutenue, des politiques de libéralisation du commerce, la mondialisation des systèmes, etc. Il ressort des débats que plus que jamais, il est nécessaire de coopérer au niveau international pour une gestion durable mondiale des pêches et pour la préservation de la biodiversité. Les délégués s’accordent pour reconnaitre que le code de conduite de la FAO pour une pêche responsable et les plans d’action internationaux ainsi que les directives techniques qui les encadrent, peuvent contribuer grandement à la mise en place d’un système mondial de production durable de ressources halieutiques.

Le Burkina au rendez-vous

Le Burkina Faso, pays sans littoral, plus consommateur que producteur de poisson, a tout de même tenu le pari de la participation au COFI. Le pays était représenté par Laurent Diandioua Coulidiati, Conseiller près l’ambassade du Burkina Faso en Italie, représentant permanent adjoint auprès de la FAO. A côté d’autres délégations comme celles des Etats Unies d’Amérique ou de la république Chine composées d’une dizaine d’experts ou diplomates au moins. Aucun professionnel de la pêche du Burkina n’y était présent. « Bien que nous n’ayons pas de mer, nous consommons beaucoup de produits qui viennent de la mer. Aujourd’hui on parle de pêche responsable, il y a aussi les aspects sanitaires et autres par rapport à ce que nous consommons en termes de poissons et autres fruits de mer. Par rapport à cela nous trouvons que nous avons notre place quand même dans les discussions, bien que 75% des discussions concernent la grande pêche, maritime notamment », précise Laurent Diandioua Coulidiati.

La demande de poisson au Burkina se situe entre 25000 et 30000 tonnes par an, alors que la production nationale atteint à peine 10000 tonnes. « Pour combler ce gap, la solution préconisée c’est surtout l’aquaculture qui consiste à élever certains produits provenant de l’eau, depuis le poisson que tout le monde connait en passant par les grenouilles et aussi les crabes d’eau douce », fait comprendre le présentant du Burkina au COFI. Selon le rapport sur la situation mondiale des pêches et de l’aquaculture en 2012, l’aquaculture est l’un des secteurs de production d’aliments qui croissent le plus. Le Burkina Faso a préconisé la mise en place de fonds pour permettre aux pays sans littoral de développer l’aquaculture et aussi de mieux organiser les acteurs de la pêche artisanale. Le Burkina a également souhaité un transfert de technologies en matière d’aquaculture.

« Les autorités burkinabé s’appuient souvent sur l’exemple du Brésil où l’aquaculture se déroule exactement comme on élève les poulets chez nous dans les villages. Nous avons demandé qu’il y ait un transfert de technologie vers le Burkina pour permettre à nos populations locales de maîtriser la technique », explique Laurent Diandioua Coulidiati. Le Burkina Faso est reconnu pour ses nombreux barrages. Une aubaine pour le pays qui pourrait envisager l’association de l’agriculture irriguée à la pisciculture. Sur ce plan, le représentant du Burkina au COFI se veut rassurant. « Depuis un certain temps, on tient compte de la production de poisson dans la conception des différents barrages », déclare-t-il.

Il poursuit en ces termes : « Il est question de revoir le processus de pêche, de la gouvernance responsable de cette pêche au niveau de la pêche artisanale pour voir dans quelle mesure organiser les acteurs sur le terrain et même comme on le fait depuis longtemps pour la chasse, prendre une période pour suspendre la pêche pour permettre aux poissons de se reproduire et éviter le tarissement des ressources au niveau de nos plans d’eau ».Un autre aspect important soulevé par le Burkina au COFI est le financement des activités de recherche sur la pêche.« On a constaté que les sous-secteurs pêche et aquaculture sont les parents pauvres de la recherche développement au Burkina Faso. Quand on regarde toutes les productions, ce sont essentiellement les différents mémoires des étudiants et aussi quelques études commandées. Il n’y a pas de structure de recherche spécialement orientée sur la pêche et l’aquaculture », regrette Laurent Diandioua Coulidiati.

Au terme de la semaine de débats interminables, souvent marqués par des positions inflexibles de certains pays, le Burkina sort satisfait. Satisfait d’avoir pu faire entendre sa voix auprès de grands pays de la pêche. Satisfait d’avoir pris une part active dans le déroulement des travaux en tant que membre de la commission chargée de la rédaction du rapport de la 30e session du COFI.
Inoussa MAÏGA

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Le 31 Janvier 2015

Sortie de la revue Étangs


L’équipe d’Aquafilia est fière de vous annoncer le lancement de sa nouvelle revue, Étangs !

Étangs, c’est :
  • seize pages d’articles de fond et de fiches techniques dédiés à la gestion de votre étang, de son entretien à sa valorisation ;
  • des contenus rédigés par des professionnels de la filière.

Vous y trouverez 11 thématiques qui sauront vous intéresser : Écosystème, Espèce, Nuisible/Pathologie, Ouvrage, Gestion piscicole, Matériel/Produit, Législation, Diversification, Parcours de pêche, Marché et

Profitez  de l’occasion et envoyez-nous les vôtres ! Elles paraîtront avec le numéro 1 d’Étangs. Sortie prévue, mi-mars.

Pour plus d'informations : Aquafilia

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L'aquaculture, une "schizophrénie française"

http://www.cipa-pro.fr/web/index.php


La schizophrénie est un trouble mental sévère et chronique appartenant à la classe des troubles psychotiques. Ce trouble apparaît généralement au début de l'âge adulte et affecte environ 1% de la population. Comme les autres psychoses, la schizophrénie se manifeste par une perte de contact avec la réalité et une anosognosie, c'est-à-dire que la personne qui en souffre n'a pas conscience de sa maladie (à tout le moins pendant les périodes aiguës). Cette particularité rend difficile l'acceptation du diagnostic par la personne schizophrène et son respect du traitement. (Source : Wikipedia)

L'aquaculture, une "schizophrénie française"

Mal vue, empêtrée dans la bureaucratie, et pourtant souvent high-tech, l'aquaculture reste confidentielle en France, alors que la deuxième puissance maritime mondiale importe la majorité de sa consommation de produits de la mer.

Source : Courrier Picard / AFP

"Il y a une vraie schizophrénie française: la consommation de poisson a augmenté de 50% en dix ans, mais nous ne sommes autosuffisants que pour 20%. Il n'y a pas les politiques pour qu'on puisse produire", tempête Jean-Sébastien Bruant. Ce pisciculteur de l'île d'Oléron en sait quelque chose: 40 millions d'alevins de daurades éclosent chaque année dans sa ferme. Ils seront exportés à 90% vers le bassin méditerranéen. Nés grâce à des technologies de pointe, ces poissons grossissent ensuite en Grèce, Turquie ou Espagne. Qui les revendent à la France une fois arrivés à maturité.

Qu'est-ce que la pisciculture ?



CIPA

Savez-vous ce qu'est la pisciculture ? C'est tout simplement l'élévage de poissons. Grâce à cette vidéo, découvrez de manière simple et ludique la filière piscicole en France, les étapes de l'élevage des poissons, le métier de pisciculteur mais aussi les différentes espèces de poissons que vous pouvez retrouver sur les étals de votre poissonnier ou en grande surface. Vous verrez quelle est la recette d'un poisson aux bienfaits nutritionnels et gustatifs assurés, il y en a pour tous les goûts ! Et si vous voulez en savoir plus sur la filière, optez pour l'aqua-tourisme !


D'où un déficit commercial énorme pour le secteur des produits aquatiques: 3,6 milliards d'euros en 2013. La France importe 80% de sa consommation de produits marins issus de l'élevage. Il pourrait difficilement en être autrement: aucun élevage de poissons marins n'a vu le jour en France depuis 15 ans, selon l'INRA. Ceux qui existent couvrent seulement 15 hectares du territoire métropolitain, dont cinq en mer. Les poissons d'eau douce ne sont pas mieux lotis. La production de truites a diminué de près de moitié en quinze ans, selon le Comité interprofessionnel des produits de l'aquaculture (CIPA).

Pourtant, l'aquaculture explose au niveau mondial. La production a doublé entre 2000 et 2012, atteignant 90 millions de tonnes. Pour la première fois en 2014, le poisson vendu sur le marché mondial est venu en majorité de l'aquaculture et non de la pêche, selon la FAO (l'Organisation des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation). L'Asie, Chine en tête, produit 90% des produits marins d'élevage, contre 2% pour l'UE.

- Concurrence avec le tourisme -

Mais la concurrence du poisson chinois bon marché n'est pas la seule explication du retard de la France. La géographie de l'Hexagone ne facilite pas l'installation d'élevages de poissons marins, avec une côte Atlantique sujette aux tempêtes et des fonds peu profonds. En Bretagne et en Manche, les eaux sont trop froides l'hiver pour élever des bars et des daurades, explique Olivier Poline, responsable aquaculture de la plateforme d'innovation Nouvelles Vagues, à Boulogne-sur-Mer. La Méditerranée est plus propice mais "il y a des problèmes d'accès aux terrains, car on préfère privilégier le tourisme", ajoute-t-il. Ainsi la Corse n'élève que 1.500 tonnes de bars et daurades par an, alors qu'elle a le potentiel pour 10.000, regrette le spécialiste.

Découverte de la ferme aquacole du golfe d'Ajaccio



Pavillon France : Cap sur la pêche française (émission 38)

Surtout, les entreprises doivent faire face à moultes "réglementations sanitaires et environnementales, alors que ce sont souvent de petites exploitations avec une capacité d'investissement limitée", déplore Marine Levadoux du CIPA. "Pour créer un nouveau site en France, c'est l'aventure", résume Marc Lamothe, le président du même syndicat. Le gouvernement le reconnaît aussi : "la situation n'est pas normale et le dispositif auquel nous sommes parvenus est trop complexe", soulignait en novembre Alain Vidalies, le secrétaire d'Etat à la pêche, devant la commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale.

"La pisciculture fait les frais de sa petite taille. La réglementation est faite sans tenir compte des éleveurs", estime Marc Vandeputte, chercheur à l'INRA. Les investisseurs restent frileux. La pisciculture, à la merci de la moindre épidémie dans un élevage, est "une activité avec un retour sur investissement assez lent", souligne Thierry Missonnier, directeur du pôle de compétitivité Aquimer, à Boulogne-sur-Mer.

- Maternité aquatique -

Localement, des craintes de pollution par les rejets d'élevage sont souvent invoquées pour refuser de nouveaux sites. "On part d'une très petite production, donc le moindre accroissement est suspecté de causer des dommages irréversibles. C'est un peu exagéré", selon M. Vandeputte. Un avis partagé par le président de France Nature Environnement, Denez L'hostis, pour qui l'aquaculture "n'est pas à éliminer d'un revers de manche". Les élevages de poissons marins sont soumis à des études d'impact très poussées pour qu'il y ait assez de courant et de profondeur pour disperser leurs déjections. A l'heure actuelle, tous les sites existants respectent ces critères et n'ont "pas beaucoup de densité de poisson", assure M. Poline.

Manual de la acuicultura europea de peces del programa Fishfarm Europe



Sources : Acuicultura Marine et Plateforme européenne Fishfarm

Malgré ces difficultés, le point fort de la France reste la technologie.

La ferme marine du Douhet, sur l'île d'Oléron en est un exemple éclatant. Construite sur un ancien élevage ostréicole, l'entreprise est aujourd'hui l'une des plus grandes écloseries d'Europe. Cette maternité aquatique "fait naître les bébés poissons mais aussi leurs biberons", du zooplancton nourri par des algues cultivées dans des laboratoires aseptisés, surveillées comme le lait sur le feu par des employés ultra-spécialisés, explique Jean-Sébastien Bruant. Quinze ans de prévention sanitaire minutieuse ont fait chuter drastiquement le taux de mortalité des alevins, sans utiliser d'antibiotiques. Un enjeu financier important: les microscopiques daurades, très vulnérables aux germes, sont facturées à la pièce. Pour les protéger, l'eau de mer pompée pour faire fonctionner le site est pasteurisée, filtrée et soumise aux rayons ultra-violets. Le tout fonctionne en circuit fermé, sur la terre ferme, un système qui recueille de plus en plus de suffrages. "On recycle l'eau, que l'on peut refroidir ou réchauffer. On peut aussi récupérer les rejets et les boues pour les transformer en engrais pour l'agriculture", explique Olivier Poline.

Meralliance, le plus gros producteur de saumon fumé français, espère commencer à produire des saumons dans un élevage de ce type début 2017, près du port breton du Guilvinec. Près de Dunkerque, le plus gros élevage français de bars et daurades, Aquanord, fonctionne grâce à l'eau chaude rejetée par la centrale nucléaire de Gravelines. Les circuits d'eau, très surveillés, évitent la partie radioactive de l'installation.

- Haut de gamme -

L'avenir pourrait aussi prendre la forme de plateformes off-shore, à une centaine de kilomètres des côtes, qui élèveraient en symbiose poissons, algues et coquillages. Le secteur travaille aussi à améliorer la nourriture des élevages. Actuellement composée de farines à base de poissons sauvages, elle menace la survie des stocks en mer. "Nous travaillons sur de nouvelles matières premières: protéines et huiles à base d'algues ou farines d'insectes riches en protéines", explique Olivier Poline. L'INRA (Institut national de la recherche agronomique) essaie d'adapter la génétique des poissons à ces nouveaux aliments. "La recherche est performante mais c'est difficile de passer le cap au niveau économique", résume Thierry Missonnier, qui "compte bien mobiliser" les fonds alloués à la France par Bruxelles dans le cadre de la nouvelle Politique commune des pêches.

Un "plan stratégique" national est en préparation. Il table notamment sur la qualité des produits . "On ne pourra jamais avoir une production de masse et concurrencer les Chinois. Il faut aller vers le haut de gamme", préconise M. Missonnier.

Reste à convaincre les consommateurs que les poissons d'élevages sont aussi goûteux que leurs congénères sauvages. C'est la "différence entre un faisan et un poulet de Bresse", assure M. Bruant. A Oléron, il n'hésite pas à faire goûter ses daurades à des chefs.

Heureux comme un poisson dans l'eau



Source : Arte - Jeudi 29 janvier à 14h05 (42 min)

Surpêche, pollution des mers, conditions d'élevage scandaleuses : s'il semble inévitable d'interroger nos habitudes de consommation, faut-il renoncer à manger du poisson ?

Documentaire de Frank Diederichs (Allemagne 2013, 42 mn).

L’aquaculture : aubaine ou catastrophe écologique ?

Face à l’appauvrissement de la biodiversité marine, pourquoi ne pas simplement faire de l’élevage de poisson ? La plupart des saumons commercialisés en Allemagne proviennent de l’aquaculture. Or cette pratique présente de gros inconvénients : les éleveurs ont presque toujours recours aux médicaments et les eaux sont polluées par les déchets organiques (aliments et excréments des poissons). Malgré tout, certains experts sont persuadés que les fermes aquacoles seraient non seulement un moyen de protéger les océans, mais également de nourrir la population mondiale en constante augmentation.

Source : Arte - Théma "Surpêche"

Une source de protéines

Dans l’alimentation humaine, le poisson est d’ores et déjà la première source de protéines au monde, devant les viandes de volaille et de porc. Il permet déjà à près de 17 % des êtres humains de couvrir l’essentiel de leurs besoins en protéines : dans 10 à 15 ans, la demande aura plus que doublé. « Sans élevages de poissons, impossible de répondre aux besoins protéiniques d’une population en pleine croissance », affirme Ulfert Focken, expert en élevage et alimentation aquacoles au Thünen-Institut d’Ahrensburg en Allemagne. L’aquaculture est en effet bien plus avantageuse que l’élevage porcin ou bovin, car les poissons et autres organismes marins s’alimentent moins que les animaux terrestres.

Pour produire un kilo de viande de bœuf par exemple, il faut 15 fois plus de nourriture que pour produire un kilo de carpe. Les poissons consomment en effet moins d’énergie que les animaux terrestres, et ce pour deux raisons. D’une part, ce sont des animaux à sang froid : leur température interne suit à peu près celle de leur environnement. Ils n’ont donc pas besoin de la réguler comme les mammifères ou les oiseaux. D’autre part, se mouvoir en milieu aquatique leur demande peu d’efforts.

Un poisson sur deux provient de l’élevage

D’après l’Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), la moitié des poissons qui arrivent jusque dans nos assiettes de nos jours ne sont pas des poissons sauvages (données 2010). Cependant, l’importance de l’aquaculture diffère d’un pays à l’autre. En Europe centrale, comme en Allemagne, les poissons sauvages sont les plus prisés. En revanche, en Chine, la culture aquacole est une tradition millénaire qui remonte aux débuts de la domestication des carpes. Jusqu’à présent, la Chine est sans conteste le premier pays dans cette filière, fournissant près des deux tiers de l’ensemble de la production mondiale de poisson d’élevage.

Une pratique de plus en plus critiquée par les écologistes

À mesure que l’aquaculture se développe, elle suscite de plus en plus de critiques de la part des écologistes, car elle a aggravé le problème de la surpêche au lieu de le résoudre. En effet, la plupart des espèces d’élevage étant carnivores, elles se nourrissent d’autres espèces qui sont pêchées dans leur milieu naturel. L’élevage de thon en aquaculture est le plus catastrophique, car contrairement au saumon, cette espèce ne peut se reproduire en captivité. Les éleveurs capturent donc de jeunes thons sauvages et les nourrissent de poissons coûteux pêchés en mer. Enfermés dans des cages, les thons n’ont pas la moindre possibilité de se reproduire.

Le bilan est bien plus positif chez d’autres espèces carnivores. « Le saumon d’élevage a aussi besoin de poisson dans son alimentation pour pouvoir grandir, mais la quantité a pu être réduite, au point qu’il est aujourd’hui possible de produire 1 kg de saumon avec 1,2 kg de poisson », indique Michael Ebeling, économiste spécialisé dans l’aquaculture, Institut Thünen de Hambourg. Dans les fermes aquacoles, les poissons reçoivent plus d’aliments d’origines végétales et leurs besoins en apport énergétique sont moins importants qu’à l’état sauvage, car leurs efforts sont réduits. En revanche, les saumons en liberté se nourrissent d’une grande variété de poissons.

« Dans ce contexte, il serait judicieux de réduire l’aquaculture des espèces carnivores et de se concentrer sur les poissons qui se nourrissent essentiellement de plantes, comme les carpes », suggère Michael Ebeling. Mais les Européens, et parmi eux beaucoup d’Allemands, apprécient justement la chair des poissons marins carnivores, ce qui fait croître la demande sur ce marché peu écologique. Par ailleurs, la question de la provenance des aliments se pose aussi dans le cas des espèces herbivores. Michael Ebeling explique : « Si la production aquacole requiert d’augmenter la culture de soja, qui elle-même conduit à la déforestation, alors les conséquences pour l’environnement sont aussi destructrices que la pêche de poissons sauvages destinés à l’aquaculture ». 

L’élevage intensif et ses conséquences

L’aquaculture présente un autre inconvénient : l’élevage intensif, dont les conséquences sont les mêmes qu’il s’agisse d’animaux marins ou terrestres. Les poissons d’élevage, vivant nombreux dans un espace réduit, sont plus exposés aux maladies que leurs congénères sauvages. En 2011, au Mozambique, la quasi-totalité de la production de crevettes a été détruite par un virus. En 2012, les fermes aquacoles situées sur les côtes de Madagascar ont à leur tour été contaminées. Pour éviter ce genre de scénario, les éleveurs d’Asie du Sud-Est donnent aux poissons des antibiotiques ou d’autres médicaments. Or ces antibiotiques ne font déjà plus effet, car les agents pathogènes sont devenus résistants. De plus, lorsque l’élevage se fait dans des cages placées directement en mer, les poissons sauvages peuvent également être contaminés.

Par ailleurs, les excréments des poissons, riches en nutriments, sont responsables de l’eutrophisation des eaux, que l’élevage soit en mer ou en eau douce. Dans les mangroves d’Asie du Sud-Est, les écosystèmes des cours d’eau ont ainsi été asphyxiés. À cela s’ajoute la déforestation de grande ampleur qui a été nécessaire pour faire de la place aux fermes. D’après les données de la FAO, 3,6 millions d’hectares auraient été déboisés depuis 1980 en faveur de l’aquaculture.

L'aquaculture durable, c'est possible

Entre temps, certains pays ont déjà montré qu'une autre voie était possible. Ainsi, en Norvège, les méthodes de production de saumon d'élevage ont été optimisées. Notamment, des vaccins ont permis aux éleveurs de renoncer presque entièrement à l'utilisation d'antibiotiques. De plus, les poissons nourris grâce à d’autres méthodes rejettent moins d'excréments.

En mettant en pratique les bonnes idées, il est également possible de préserver les milieux aquatiques : « au lieu de laisser les nutriments des fermes aquacoles se mêler aux eaux non polluées, on peut les utiliser intelligemment », déclare Werner Kloas de l'Institut Leibniz dédié à l’écologie aquatique et de pêche côtière, chef du projet « Tomatenfisch » (littéralement, « poissons-tomates »). Ainsi que son nom le laisse deviner, le but de ce projet est de coupler l'élevage de poisson à la culture de légumes. Werner Kloas explique : « l'eau est utilisée deux fois. Une première fois dans les bassins d'élevage, puis une deuxième fois pour l'irrigation et la fertilisation des plants de légumes, comme les tomates ». Sur les parois des serres où poussent les tomates, l’eau se condense. Elle est récupérée et réutilisée dans les bassins à poissons. Le chef de projet ajoute : « en comparaison avec des écosystèmes semblables, le nôtre gaspille beaucoup moins d’eau ». Ainsi, 220 litres d’eau suffisent à produire 1 kg de poisson et 1,6 kg de tomates. Dans les écosystèmes traditionnels, il faut 600 à 1000 litres d’eau pour 1 kg de poisson et environ 1000 litres pour 1,6 kg de tomates. Les « poissons-tomates » ont déjà éveillé l’intérêt des industriels. D’après Werner Kloas, les premiers écosystèmes devraient être opérationnels d’ici un an.

Les choses bougent du côté des industriels, mais aussi du côté des consommateurs. « Les clients font beaucoup plus attention et achètent du poisson d’origine contrôlée », affirme Michael Ebeling. Garantissant un poisson élevé dans le respect de l’environnement, les labels « Bioland » et « Naturland » ont été créés il y a quelques années déjà pour guider les consommateurs en Allemagne. En outre, le label européen « Aquaculture Stewardship Council » (ASC) a été mis en place en 2012, certifiant une aquaculture durable. Les producteurs et distributeurs qui souhaitent acquérir ce label doivent non seulement respecter la protection des espèces, de l’environnement et de l’eau lors de l’élevage, mais également des normes sociales strictes.

Inka Reichert, le 6 septembre 2013

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