dimanche 10 avril 2011

Rejets radioactifs de Fukushima : Bioaccumulation ou dispersion océanique ?

Rejets radioactifs de Fukushima : Bioaccumulation ou dispersion océanique ?

Ce dimanche 10 avril 2011, les ouvriers de l'opérateur Tokyo Electric Power (Tepco) doivent terminer le déversement dans la mer de 11.500 tonnes d'eau radioactive afin de faire de la place pour stocker des eaux fortement polluées. Ils ont par ailleurs commencé à installer une barrière à sédiments, sorte de rideau descendant jusqu'au fond de la mer et maintenu en surface grâce à des flotteurs, afin de réduire la pollution radioactive au large....

La dispersion des rejets radioactifs dans l’océan dilue la pollution selon Tepco, l’exploitant de la centrale de Fukushima Daïchi… Alors que la dispersion biologique diffuse puis concentre la pollution radioactive dans la chaîne alimentaire marine selon des biologistes marins…

Deux thèses s'affrontent... Dilution radioactive dans l’océan et bioaccumulation dans la chaîne alimentaire...

Réflexion d’un lecteur de La Tribune de Genève : Fukushima Daiichi au Japon et Le voyage des poisons.

Assis devant son écran, bien tranquillement, ordispectateurs nous allons vous présenter le voyage des poisons.

Cela commence avec les anguilles : L’anguille d'Europe ou anguille commune (Anguilla anguilla) est une espèce de poisson serpentiforme mesurant de 40 cm à 150 cm et pesant jusqu'à 4 kg pour les femelles.

L’anguille est une voyageuse et son territoire est vaste.

L’anguille se nourrit de "vase" et absorbe déjà en grande quantité des produits reprotoxiques plomb ou des perturbateurs endocrininiens dont le mercure ou certains PFC dangereux pour l’humain (....). Des études écotoxicologiques récentes laissent penser que l'anguille pourrait transmettre à ses œufs et à la génération suivante une partie de sa charge en certains polluants persistants. Lorsque les adultes repartent "pondre" en mer, ils consomment leurs réserves de graisses, lesquelles avaient concentré de nombreux polluants.

Vous vous imaginez bien que si c’est valable pour l’anguille ce n’est pas différent pour les autres poissons.

L’anguille ne fait pas que transmettre à travers les nouvelles générations certains polluants persistants, les anguilles ont des prédateurs qui ont eux-mêmes absorber des polluants.

Et ainsi de suite....

Alors vous imaginez bien que nos anguilles japonaises et ses copains les autres poisons vont traverser les océans et se faire manger par des prédateurs et vont continuer à pondre des œufs radioactifs à trois têtes, avec un cancer ? Quand nous parlons de prédateurs nous incluons les prédateurs volants comme les mouettes ou autres oiseaux à trois becs. Et aussi les prédateurs terrestres comme vous et moi et les animaux qui nous entourent à six pattes.

Puis vous les hommes vous vous croyez à l’abri à quelques milliers de kilomètre parce que l’on interdit certains produits japonais et que l’on vous tient un discours fait pour endormir les enfants ?

Foutaise !

Dans votre assiette va se retrouver l’anguille, mangée par un thon que vous retrouverez dans votre salade…. Suite dans la Tribune de Genève, cliquer Ici

Foutaise tout ceci ! Doivent penser certains spécialistes en radio-écologie marine….

Lire l’article publié le 6 avril 2011 dans la revue scientifique étatsunienne Science : Primer: Will Radiation Lay Waste to Japan's Fish?

Beaucoup de scientifiques ne croient pas que des niveaux élevés de radioactivité dans les poissons puissent nuire à la santé humaine. Par exemple : Il ne faut que 8 jours pour que l'iode 131 perde la moitié de sa radioactivité… Il suffit donc d’attendre et tout disparaitra… Cependant, le Césium 137 qui peut s'accumuler dans les muscles, pose plus de problème du fait qu’il ne perd la moitié de sa radioactivité qu’au bout de 30 ans….

De plus, les crustacés qui vivent dans l'océan, sont extrêmement robustes et résistants aux radiations, selon le radio-écologue marin Bruno Fievet de l'IRSN, l'Institut français de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire. « Le niveau de rayonnement nécessaire pour tuer les espèces marines ou même les blesser, est dans un ordre de grandeur qui ne peut pas nuire à un être humain », dit Fievet, qui étudie les effets des centrales nucléaires sur le développement des larves de crustacés. Lorsque les chercheurs étudient l'impact des radiations sur les espèces marines, ils les exposent aux rayons gamma, le même type de rayonnement utilisé pour stériliser le matériel ou la nourriture. Le niveau de rayonnement utilisé par Fievet dans son laboratoire est beaucoup plus élevé que le rayonnement de l'eau autour de Fukushima.

Dilution dans l’océan ou bioaccumulation dans les algues brunes

Mais, la vie marine dans la zone côtière est exposée à un rayonnement à travers une « route » plus directe. Contrairement aux rayons gamma qui traversent les cellules, les particules de césium et d'iode radioactifs sont absorbées par les plantes et les animaux qui fixent ces isotopes directement dans leurs tissus. Cette irradiation de l'intérieur peut causer des modifications génétiques et nuire à la croissance et à la reproduction, même si elle n'est pas assez puissante pour tuer. « Cependant, les scientifiques ne savent pas quels seront leurs effets », dit Fievet, « parce que ces radionucléides sont tout simplement trop difficiles à manipuler de manière efficace et en toute sécurité dans un laboratoire ».

Dans le monde entier, des radio-écologues de l'IRSN, de laboratoires étatsuniens et d’universités spécialisées dans l'énergie atomique, commencent à programmer des travaux pour connaitre l’influence de la radioactivité dans la chaine alimentaire et son accumulation dans les organismes, ce qu’on appelle la « bioaccumulation »... Certaines espèces, comme les algues brunes sont extrêmement efficaces en matière de bioaccumulation. Dominique Boust, un autre radio-écologue marin à l'IRSN, dit que les algues peuvent stocker l'iode 137 dans leurs tissus à une concentration 100.000 fois plus grande que l'eau de mer...

En fait, la culture d'algues brunes au large des côtes de Fukushima a même été envisagée comme moyen d'épuration de l'eau, bien que la plupart des scientifiques ne croit pas en cette solution. Le meilleur nettoyant selon Fievet, est la dilution massive dans l'océan Pacifique...

Philippe Favrelière

Autres articles :

Pour aller plus loin....

Le 22 mai 2011

Selon Tepco, les radionucléides ne se dispersent au large que depuis le 11 mai !!!

« Ne vous inquiétez pas, les éléments radioactifs déversés en mer sont dispersés dans le vaste océan par le courant de Kuroshio ! », nous répétaient les autorités nucléaires depuis le début de la catastrophe de Fukushima.

Or, il n’en était rien !

Selon Tepco, les éléments radioactifs déversés en mer par la centrale de Fukushima Daiichi n’ont commencé à se disperser dans l’océan Pacifique qu’à partir du 11 mai 2011.

La simulation publiée par Tepco et présentée à la télévision japonaise NHK le 22 mai 2011 : Radioactive sea water simulation, indique que l’eau contaminée a d’abord progressé le long du littoral au sud de la centrale de Fukushima avec des concentrations très élevées en radionucléides jusqu’au 11 avril 2011. L'eau radioactive a atteint un point situé à environ 150 km au sud de la centrale avant que le taux de radioactivité ne diminue le 1 mai. A partir du 11 mai, l'eau a commencé à s'étendre vers l'est entrainée par le courant Kuroshio. Tepco estime que la pollution radioactive se dissipe maintenant plus loin, mais affirme qu'il continuera à surveiller la dispersion de l'eau contaminée

Tepco estime que la radioactivité totale cumulée dispersée en mer s’élève à plus de 4.700 milliards de becquerels.

La simulation publiée le 9 mai 2011 par le ministère de l'éducation, des sciences et des techniques confirme que la radioactivité est restée concentrée sur le littoral pendant les deux premiers mois de la catastrophe nucléaire. (graphique ci-dessous tiré du document : Simulation of Radioactivity Concentrations in the Sea Area (the fourth report) / May 9, 2011 / Ministry of Education, Culture, Sports, Science and Technology)

Depuis le 11 mars, pendant ces deux mois de contamination marine, où sont donc passés tous ces milliards de becquerels s’ils n’ont pas été dispersés au large comme le prétendait au départ les autorités nucléaires ?

Bioaccumulation des radionucléides dans l'écosystème marin côtier !!!

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Japon : Pays de Minamata et maintenant de Fukushima

Le pays de la maladie de Minamata nie la bioaccumulation des radionucléides dans le poisson !

Le schéma mis en ligne par le ministère de l’agriculture et de la pêche japonais (Radionucleotides in fish) explique que le poisson n’accumule pas les radionucléides…. Si internet avait existé 50 années plus tôt, ce même ministère aurait probablement mis en ligne le même schéma pour expliquer que le mercure ne s’accumulait pas dans la chair de poisson ?

Souvenirs d’étudiant : Dans les années 70, quand le nucléaire commençait à faire débat dans les amphis, nous découvrions les premières images des ces pêcheurs japonais défigurés par lamaladie de Minamata et la cruauté d’un propriétaire d’usine qui avait préféré pour des questions lucratives construire un hôpital plutôt que d’arrêter la pollution mortelle… Les victimes habitaient le village de Minamata au sud-ouest de l’archipel nippon.

Alors que les scientifiques du monde entier se posent des questions sur les incidences des déversements d’eaux radioactives de la centrale de Fukushima Daiichi à l'encontre des écosystèmes marins et notamment sur « l’empoisonnement » des produits de la mer, et qu’ils constatent un manque criant d’études sur le sujet, l’administration japonaise évacue le problème en expliquant que les poissons n’accumulent pas les éléments radioactifs comme le césium !

A Minamata au cours du siècle dernier, une usine chimique a déversé pendant des décennies ses eaux résiduelles chargées de mercure dans une rivière alors que les populations riveraines consommant le poisson manifestaient des symptômes très spécifiques et très graves. Il a fallu attendre plus d’un demi siècle pour que les familles atteintes de la maladie de Minamata gagnent leurs procès contre les propriétaires de l’usine très proches du Pouvoir et qu’elles soient ensuite indemnisées…

En ligne de Fisheries Agency (FA) : Radionucleotides in fish ou télécharger le document en japonais

Lire cette étude étatsunienne avec ses nombreuses interrogations : Les effets des Radiations de Fukushima Daiichi sur l'environnement marin américain

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Courantologie : Calme plat en face de la centrale de Fukushima Daiichi

Ce que ne dit pas le hors-série de Science et Vie « Nucléaire, Le choc »

Science et Vie propose sous le titre « Nucléaire, Le choc » un numéro hors série spécial consacré à la catastrophe de Fukushima. C'est l'occasion de faire un point sur le parc nucléaire français et sur les leçons de Tchernobyl. On y trouve aussi un article sur les différentes filières nucléaires en activité dans le monde.

Selon Didier BARTHES du blog « Economie durable » il s’agit d’« Un bon dossier pour qui, sans être spécialiste, veut aller un peu au delà des informations télévisées. »

Toutefois, le petit paragraphe consacré aux rejets d’eau radioactive en mer « Fukushima : Un e première dans la pollution maritime » reprend la version officielle à savoir que les radionucléides sont dilués dans le vaste océan avec la force des marées et le fort courant chaud de Kuroshio.

En réalité, les radionucléides (iode, césium et autres) évacués en mer restent sur la bordure côtière. Depuis la catastrophe du 11 mars 2011, les courants restent très faibles sur la bordure côtière où est installée la centrale nucléaire. (Ci-dessus la simulation selon le modèle Sirocco montre que les radionucléides restent sur la côte).

(cliquer sur la carte pour agrandir)

D’une part, la centrale de Fukushima Daiichi est construite dans une zone où le marnage ne dépasse pas 2 mètres au moment des plus grandes marées (par comparaison à Flamanville dans la Manche, le marnage peut atteindre 12 mètres).

D’autre part, le courant chaud de Kuroshio qui longe la côte sud-est du Japon, n’atteint pas encore la zone de Fukushima ; il oblique vers l’est au niveau du département d’Ibaraki, 100 km au sud de la centrale. L’interprétation de la photo satellite des températures fournie par l'administration état-sunienne (NOAA) montre un calme « plat » sur la carte à proximité de la centrale. Les courants forts se situent actuellement plus au nord (froid) et plus au sud (chaud)…

« La centrale se trouve à la frontière entre 2 grands systèmes océaniques, ce qui complique la simulation de la dispersion en mer des radio-éléments » explique Claude Estournel du Groupe SIROCCO. « Les eaux chaudes du Kuroshio, homologue pacifique du Gulf Stream, y côtoient des eaux plus froides. »

Une situation océanique complexe qui joue sur la dispersion selon le Groupe SIROCCO

Depuis les débuts de l’accident nucléaire japonais, le groupe SIROCCO à Toulouse, sous tutelle du CNES, simule la dispersion de la contamination en mer grâce aux images des satellites Jason et Envisat. A la demande de l’IAEA (International Atomic Energy Agency), le groupe produit, depuis les 1ers jours de l’accident à la centrale nucléaire japonaise de Fukushima-Daiichi, un modèle prévisionnel de dispersion en mer des radioéléments, tel le Césium 137.

« Pour ne rien arranger, la région étudiée se situe à la frontière entre 2 grands systèmes océaniques » rappelle Claude Estournel du Groupe SIROCCO. Les eaux chaudes du Kuroshio, homologue pacifique du Gulf Stream, y côtoient des eaux plus froides. « Les écarts de température, de l’ordre de 12 à 15°C créent de gros tourbillons, qui participent à la dispersion des radioéléments vers le nord ou vers le sud » souligne Claude Estournel.

Les images satellites des régions où la circulation océanique est particulièrement intense permettent d'anticiper à plus long terme les trajectoires. A l’heure actuelle, la contamination en mer est principalement localisée le long des 50 km de côte au nord et au sud de la centrale. Suivant la distance, les mesures s’échelonnent de quelques 10 000 Bq/L à 100 Bq/L. La dilution au large est, proportionnellement, 10 fois plus importante.

L’IRSN et l’IAEA, tous 2 intéressés par le modèle du groupe SIROCCO, soulignent la nécessité d’étudier l’impact de la pollution radioactive sur les chaînes alimentaires. Pour plus de renseignements, lire l'article du CNES : Fukushima : prévoir la dispersion de la radioactivité en mer

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Radioactivité : l'océan contaminé pour longtemps (Ouest France)

« La mer est toujours considérée comme une poubelle. » Il y a de l'amertume dans les propos de Jacky Bonnemains, de l'association écologiste Robin des Bois. « Ce qui se passe dans le Pacifique n'est ni excusable ni banalisable, comme le font bien des scientifiques. » Au Japon, l'argument des puissants courants marins jouant les grandes lessiveuses est à nouveau avancé.

La chaîne alimentaire menacée - Le problème, c'est la longévité des radionucléides et leur accumulation. « Certes, souligne Jacky Bonnemains, l'iode a une période de huit jours, mais il faut tout de même une année pour l'éliminer totalement. Quant au césium, il faut 300 ans. » Pour le plutonium, on frise l'éternité. Alors, quand les experts officiels évoquent des doses mille fois ou dix mille fois supérieures à la norme, on s'interroge pour la faune et la flore marine.

« À court terme, l'ensemble des maillons des chaînes trophiques (relations alimentaires entre les espèces) du domaine côtier risque d'être impacté », indique l'IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire). Les algues brunes, dont sont friands les Nippons, vont se gorger de radioactivité. Le plancton aussi et, avec lui, toute la chaîne alimentaire.

« Des phénomènes de remise en suspension des sédiments contaminés pourraient contribuer à maintenir des niveaux de concentration significatifs dans l'eau et certaines espèces vivantes », prédit l'IRSN, qui n'a pas pour habitude d'être alarmiste. « L'accumulation dans les espèces vivantes pourrait aussi conduire à des concentrations supérieures à celles mesurées dans les eaux. » D'un facteur 10 à quelques milliers....

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Interdiction des rejets radioactifs dans les eaux européennes

Communiqué de l’association « Robin des Bois » - La mer est toujours considérée comme une poubelle. Les lâchers radioactifs japonais sont renforcés par le relâchement de la vigilance. Ce qui se passe dans l’Océan Pacifique est peut-être inéluctable. Ce n’est pas pour autant excusable et banalisable comme le font bien des scientifiques experts en dispersion et en comparaisons hasardeuses. Une telle pratique serait impossible dans l’Atlantique du Nord Est. Les Etats-Membres de la convention OSPAR y suivent pas à pas le lent cheminement jusqu’en Arctique de l’iode 131, du césium 137 et du plutonium rejetés par les installations nucléaires dans la Manche et la Mer du Nord.

Pour réduire les risques de contamination radioactive des ressources marines, la stratégie d’OSPAR, à laquelle se conforment chacun des 15 Etats-membres, dont la France et la Grande Bretagne vise à accéder en 2020 à des rejets radioactifs ou à des émissions et pertes radioactives proches de zéro. Après un évènement analogue à celui du Japon, la pêche serait progressivement interdite dans la Manche, la Mer du Nord, les eaux subarctiques et arctiques.

L’Asie n’a pas ce privilège et ce bouclier. C’est chacun pour soi et le nucléaire pour tous. L’Etat japonais dégaine encore une fois le coup du cercle parfait qui exclut la pêche dans un rayon de 20 km autour du site nucléaire de Fukushima Daiichi. Est-ce que les poissons migrateurs, les dauphins, les crustacés et les courants sont aussi exclus de cette zone ?... Suite sur le site de Robin des bois

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Le 10 juillet 2011

Une étude révèle la présence de radiation dans du plancton | NHK WORLD French

Une étude scientifique a détecté des substances radioactives dans du plancton provenant des eaux au large de la préfecture de Fukushima.

Une équipe de chercheurs de la faculté des Sciences et Technologies marines de l'Université de Tokyo a terminé vendredi une étude menée sur 8 jours. L'objectif de cette étude était d'étudier la propagation des matériaux radioactifs dans l'océan Pacifique depuis la centrale nucléaire Fukushima Dai-ichi. Le groupe a prélevé des échantillons dans le fond marin sur 120 kilomètres au large de la côte de Fukushima.

Du césium radioactif a été détecté dans du plancton animal collecté 35 kilomètres au large de la ville de Iwaki. Son taux atteignait 6 becquerels par kilogramme.

L'équipe de chercheurs a déclaré que ce niveau n'excède pas la norme de sécurité nationale. Ils ont ajouté qu'il serait également en dessous de la limite, même si le césium venait à être détecté dans de plus gros poissons qui consomment ce plancton contaminé. Source : Scoop.it

Des concentrations variables selon les espèces

Dans l’océan, toutes les espèces animales et végétales ne concentrent pas les radionucléides de la même manière. « Leur capacité d’accumulation dépend du radionucléide et de l’espèce, précise Dominique Boust. Des phénomènes d’accumulation dans les espèces vivantes pourraient conduire à des concentrations supérieures à celles que l’on a mesurées dans l’eau. » Et ces différences pourraient aller « d’un facteur 10 à un facteur de quelques milliers, selon le radionucléide et l’espèce considérés », souligne l’IRSN.

« Par exemple, une exposition à 1 becquerel par litre d’iode 131 dans l’eau peut entraîner une concentration de 10 à… 100 becquerels par kilogramme dans un poisson », précise Jean-Marc Peres. Pour ce radionucléide dont la demi-vie est de huit jours à peine, elle pourrait toutefois décroître en quelques mois. Mais pour d’autres éléments comme le césium 137 dont la demi-vie est de trente ans, le problème se posera sur le long terme...

« Ces phénomènes d’accumulation sont de nature à justifier la mise en place de programmes de surveillance radiologique », note l’IRSN. Les zones géographiques à étudier, tout comme les espèces végétales et animales entrant directement ou indirectement dans la chaîne alimentaire humaine, doivent toutefois encore être déterminées. Les experts précisent en outre qu’« une attention particulière devra être apportée aux installations aquacoles (algues, mollusques et poissons) situées sur le littoral proche de la centrale nucléaire ».

Dans toutes les mers du globe ?

Quel risque y aura-t-il à présent à consommer du poisson pêché dans le Pacifique, comme le saumon sauvage ? « Avec le temps de transfert des masses d’eau, la dispersion et la dilution des éléments dans l’océan, les concentrations radioactives devraient être, selon nos estimations, très faibles dans les espèces marines situées à distance », explique Jean-Marc Peres. De plus, « les espèces mobiles sont naturellement exposées pendant une période plus courte que les sédiments et les algues, à la pollution radioactive», ajoute Dominique Boust.

Les spécialistes estiment à environ dix ou quinze ans le temps nécessaire pour que l’eau de mer transfère la pollution du Pacifique nord-ouest à la zone équatoriale. Par ailleurs, une partie des eaux du Pacifique nord passe dans l’océan Indien en traversant les mers indonésiennes… avant d’être transportée vers l’Atlantique sud. La période de transfert est alors estimée à tente-quarante ans environ. « Lorsque les différentes sources de rejet en mer seront mieux évaluées, les simulations de dispersion marine devraient permettre d’améliorer l’estimation de l’évolution à moyen terme des concentrations en radionucléides », ajoute l’IRSN. Les inconnues sont donc encore nombreuses… Source : Radioactivité dans les océans : quelles conséquences ? (Futura Science)

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Le 16 juillet 2011

Il ne fait pas bon être une baleine au Japon (Metro)

La 63e Commission baleinière ouvre lundi à Jersey. Une ONG s'inquiète de l'impact du tsunami et de la radioactivité sur les cétacés

Comment les géants des mers ont-ils été affectés par le tsunami et la catastrophe nucléaire du 11 mars au Japon? C'est la question que pose l'ONG Robin des bois à la commission baleinière internationale, qui se réunit lundi à Jersey.

"Au sommet de la chaîne alimentaire"

L'association de défense de l'environnement s'inquiète d'abord des conséquences des rejets radioactifs massifs en mer au large de Fukushima. "Les baleines sont au sommet des chaînes alimentaires marines et leurs voies de contamination sont multiples : contact permanent avec la radioactivité artificielle, ingestion de plancton, de proies et de déchets contaminés, transmission de la radioactivité aux baleineaux pendant la période d’allaitement", note Robin des bois.

Certaines espèces, comme les rorquals communs, longent la côte est du Japon en avril-mai. Deux d'entre eux, capturés au large d'Hokkaido, présentaient des teneurs de 30 becquerels par kilos de césium 137.

Ingestion de débris

Le tsunami a également charrié des milliers de tonnes de déchets en tout genre, qui dérivent dans le Pacifique. Les débris sont ingérés par les cétacés, provoquer des occlusions intestinales ou la mort. D'autres substances (PCB, hydrocarbures, métaux lourds) contaminent toute la chaîne alimentaire marine. Une étude présentée lundi par la Société pour la conservation des dauphins et des baleines confirme le danger des plastiques pour les cétacés.

Robin des bois exhorte le comité scientifique de la commission baleinière à réaliser des études sur l'impact du tsunami sur les baleines du Pacifique nord......

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Baleines, algues, moules : océan radioactif au large de Fukushima (Rue 89)

Quatre mois après le séisme et le tsunami qui ont ravagé les côtes nord-est du Japon, la centrale nucléaire de Fukushima, détruite, vomit encore chaque jour d'importantes quantités de radioactivité dans l'environnement.

A cause des tonnes d'eau déversées lors d'une improvisation de la dernière chance pour refroidir les réacteurs blessés, c'est l'océan tout proche qui a surtout récupéré les radio-éléments.

Si des tentatives de Tepco et d'Areva sont encore en cours pour limiter les rejets et colmater les fuites, la centrale ne peut pas être étanche. Or, il faut continuer à refroidir les cœurs et le combustible usé. Alors de l'eau radioactive s'écoule toujours en mer. Personne n'y peut rien.

Dilution des rejets toxiques… et concentration

Bien sûr, les courants transportent et diluent les rejets toxiques dans l'immensité de l'océan, mais il faut compter avec la vie qui a une tendance naturelle à lutter contre l'entropie… Sur la côte justement, il y a de la vie : des algues, des moules, des poissons, des mammifères marins, participant tous à une chaîne alimentaire complexe.

Chacun de ces organismes, à son niveau, capte et retient les particules présentes dans l'eau et se nourrit de l'étage inférieur. De proies en prédateurs, il y a concentration des éléments radioactifs.

Plus ils sont hauts dans la chaîne, plus ils risquent d'être contaminés. Outre les filtreurs, comme les moules, qui par définition vont retenir tous les polluants, les poissons carnivores, prédateurs, comme les thons ou les requins, sont particulièrement vulnérables.

Or, ce sont des prises et des mets de choix pour les populations humaines…

Une faune et une flore radioactives

Pour l'instant, en plus des détections directes d'iode 131, de césium 134 et de césium 137 dans l'eau de mer à 40 kilomètres de la centrale, ce sont les algues qui inquiètent : comme les champignons sur la terre ferme, les algues concentrent fortement les radioéléments. Et les grands mammifères marins avalent quotidiennement des tonnes de petits organismes qui se nourrissent de ces algues…

Mi-juin, dix-sept baleines ont été abattues au large d'Hokkaido dans le cadre du « programme de recherche » japonais sur les cétacés – une couverture pour de la chasse commerciale. Après analyse de six d'entre elles, deux se sont révélées contaminées au césium. Le gouvernement a interdit la pêche autour de la centrale. Les autorités et les responsables des pêcheries effectuent des contrôles du niveau d'irradiation de la pêche le long de la côte….

2 commentaires:

Pêche dans le sud de la France a dit…

Bonjour
Je suis tombé par hazard sur cet article sur les effets de la radioactivité sur les poissons, et je suis déprimé... Passionné de pêche, je suis très inquiet pour notre faune aquatique... Je me permets de glisser le lien de mon site sur la pêche en France.
Félicitations pour votre site.

Anonyme a dit…

Bonjour
Tout ces commentaires me donnent des frissons. J'achète du saumon sauvage pour mes enfants en pensant que c'est meilleur pour eux et aujourd'hui, je lis un article sur un journal qui me fait froid dans le dos au sujet de Fukushima. C'est très angoissant tout ça. A quand un monde meilleur sans nucléaire. Il est temps que ceux qui nous gouvernent se réveille si nous voulons sauver notre planète.