lundi 7 février 2011

Forum Social Mondial Dakar 2011 : « Un nouveau monde de la pêche est possible »

Dakar accueille le Forum Social Mondial 2011 du 6 au 11 Février 2011

En 2001, Porto Alegre (Brésil) lançait le 1e Forum Social Mondial. Dix ans après, Dakar (Sénégal) accueille le 8e Forum Social Mondial (le second sur le continent africain après Nairobi en 2007).

Le Forum réunit plusieurs centaines de personnes de partout dans le monde autour d’« Un autre monde est possible ». Il se déroule du 6 au 11 février sur le Campus universitaire Cheikh Anta Diop.

Un "Village Pêche" rassemble les organisations du secteur de la pêche sénégalaise. Les pêcheurs de l'Afrique l'Ouest sont représentés par la Confédération Africaine des Organisations professionnelles de la Pêche Artisanale (COAPA) qui regroupe des associations de pêcheurs du Sénégal, de Mauritanie, de Guinée Bissau, de Guinée, du Cap Vert, de Gambie, de Sierra Leone, du Liberia et de Côte d’Ivoire.

Le programme général de l'événement est organisé de la manière suivante :

  • 1er jour (06/02/2011) : Marche d’ouverture
  • 2ème jour (07/02/2011) : Journée sur l’Afrique et les diasporas
  • 3ème jour (08/02/2011) : Activités auto-organisées
  • 4ème jour (09/02/2011) : Activités auto-organisées
  • 5ème jour (10/02/2011) : Assemblées de convergence pour l’action
  • 6ème jour (11/02/2011) : Assemblées de convergence pour l’action / Assemblée des assemblées

« Un nouveau monde de la pêche est possible »

L'édition 2011 du Forum social mondial s'est ouverte ce dimanche 6 février 2011 à Dakar par une grande marche qui a convergé vers l'université Cheikh Anta Diop. Une foule bigarrée, à l'image du mouvement altermondialiste : diversité des origines, diversité des luttes. Tous ces militants seront réunis dans la capitale sénégalaise jusqu'au 11 février afin de se pencher sur l'état du monde, mais également afin d'échanger sur leurs méthodes et leurs objectifs…

Diversité des pays, diversité des luttes

Un homme exhibe une maquette de pirogue qui proclame : « Un nouveau monde de la pêche est possible ».

« Stop. Ne donnons plus aux enfants dans les rues », affichent les tee-shirts d’une organisation sénégalaise qui se bat contre la mendicité.

« C’est intéressant de voir que certains problèmes se posent en plusieurs endroits de la planète comme le problème du droit à la terre. Il y a des déplacements et des évictions, explique un altermondialiste malaisien. Pendant ce forum nous allons pouvoir échanger avec d’autres organisations du Brésil, de l’Inde et de la Thaïlande ». Source : Coup d'envoi du forum social mondial 2011 à Dakar (RFI)

Mobilisation des acteurs de la pêche : « Non aux accords secrets »

« Il faut cesser de signer les accords secrets de pêche. Il faut limiter les accords bilatéraux qui n'enrichissent pas le pays, mais qui nous font perdre nos ressources. Il faut cesser l'exploitation de nos produits halieutiques. Faisons une pêche durable à travers une restauration côtière et marine pour assurer la sécurité alimentaire de nos marchés locaux », tel est le message on ne peut plus clair que le président de l'association Forum permanent des acteurs de la pêche artisanale en Afrique (Fora-Sénégal) a voulu faire passer lors de la gigantesque parade des alter mondialistes à travers les rues de Dakar.

Debout à l'angle d'une rue sur l'avenue Blaise Diagne de la Médina, qui a connu une effervescence à nul autre pareil, Mamadou Diop Thioune portait sur sa tête une petite pirogue peinte en vert sur laquelle il est écrit en blanc : « Non aux accords secrets de pêche ». Cet acteur de la pêche ne cache pas son insatisfaction face aux politiques menées actuellement par les autorités du pays et qui sont, à ses yeux, en porte-à-faux avec une stratégie de prévention des ressources halieutiques de nos eaux qui sont l'une des plus poissonneuses au monde....Suite sur Walfadjri

Philippe Favrelière (actualisé le 10 février 2011)

Autres articles :

Pour plus d’informations :

  1. Forum social étendu : Participez au Forum Social Mondial 2011 depuis là où vous vivez et agissez pour un autre monde ! Lire Cdurable : Les enjeux du Forum Social Mondial de Dakar- Le 9 février 2011, RDV pour une visioconférence en direct de Dakar

  2. Oxfam/Agir Ici : Forum Social Mondial : Dix ans déjà !
  3. Le réseau CADTM se mobilise pour la réussite du FSM de Dakar !
  4. Forum Thématique
  5. Le WRM animera un atelier "L’expansion des plantations d’arbres en Afrique et ses effets sur les moyens de subsistance des populations locales" le 8 février de 8 h 30 à 11 h 30.
  6. A qui appartient le poisson ? Sécurité alimentaire et Pêche artisanale : L'événement «Pêche et Sécurité Alimentaire", co-organisé par l'EED et la CAOPA (Confédération des Organisations Professionnelles Africaine de Pêche Artisanale), se déroulera le 9 février 2011 dans le cadre du Forum Social Mondial de Dakar. Pour plus d’informations, cliquer Ici
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Interventions des acteurs de la pêche

Forum Social Mondial de Dakar du 06 au 11 février 2011

L’accaparement des ressources marines ouest africaines

L’accaparement des ressources marines ouest africaines : Sociétés mixtes de façade et licences de complaisance - Expériences du Sénégal et de la Mauritanie.

Mamadou Lamine NIASSE et Madieng SECK

EED, CAOPA, CAPE - Janvier 2011

L’accaparement des terres en Afrique par les investisseurs étrangers, au détriment des communautés locales, est dénoncé de manière croissante par la société civile africaine. Denrée la plus commercialisée au monde,- plus que le cacao et le café-, le poisson africain attire lui aussi la convoitise des investisseurs étrangers, et l’accès aux zones de pêches africaines, en particulier les eaux ouest africaines qui sont parmi les plus poissonneuses du monde, est devenu un enjeu stratégique pour de nombreux pays grands consommateurs de poisson, comme l’Union européenne ou la Chine....

La pêche en Afrique de l’Ouest est un secteur qui pendant longtemps a été accaparé par les flottilles de pêche lointaine ayant un libre accès aux ressources halieutiques de la région. Le développement des industries nationales de pêche ne démarre qu’après les indépendances des pays de la région, dans les années 1970.

Mais les flottilles industrielles sont coûteuses, inadaptées au contexte local. Les états s’impliquent donc dans les entreprises de pêche, souvent de manière excessive. L’échec de ce modèle de développement industriel de pêche a contribué aux déséquilibres macro économiques à l’origine des programmes d’ajustement structurel(PAS) des années 1980 et aux documents cadres de réduction de la pauvreté actuels, accentuant les besoins en devises des états, qui ont dès lors privilégié des systèmes d’exploitation des ressources permettant les rentrées en devises, soit en privilégiant les exportations, ou encore en signant des accords de pêche d’accès comprenant une compensation financière.

Au niveau des sociétés mixtes de pêche de la région, il y a une prévalence des sociétés mixtes d’armement, dont les activités de capture produisent pour les marchés étrangers. Les entreprises visant à fournir des produits à forte valeur ajoutée sont peu développées, car les marchés internationaux, comme l’Europe, sont plutôt demandeurs de matières premières…. Pour télécharger le document cliquer Ici

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La pêche artisanale de petits pélagiques, un filet de sécurité alimentaire pour l’Afrique

Intervention de Gaoussou Gueye, Secrétaire Général CAOPA

En Afrique, particulièrement en Afrique de l’Ouest, les petits pélagiques, - les sardinelles en particulier-, fournissent des protéines à bas prix, accessibles en particulier aux groupes les plus défavorisés de la population. Les petits pélagiques jouent ainsi un rôle de ‘filet de sécurité alimentaire’. Du point de vue de la sécurité alimentaire, les petits pélagiques sont donc une ressource stratégique. Le secteur de la pêche et de la transformation artisanale ouest africaine joue un grand rôle dans cette pêcherie et, grâce au travail des femmes transformatrices de nos pays, permet une distribution des petits pélagiques sous forme braisée, salée, séchée ou fumée et, de façon croissante, également en frais….

Mais une grave menace pèse sur les petits pélagiques ouest africains, celle d’une exploitation industrielle irresponsable qui semble se développer avec des armements russes et chinois (China fishery / Pacific Andes). Il y a quelques mois, cinq navires usines russes, dans le cadre d’accords secrets, étaient au large des eaux sénégalaises pour l’exploitation des espèces pélagiques telles que les sardinelles. Les professionnels artisans ont tiré la sonnette d’alarme par rapport à ces navires qui sont interdits par la législation sénégalaise vu le risque qu’ils mènent à une surexploitation de ces ressources…. Intervention intégrale, cliquer Ici

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Les conséquences de l’investissement direct (IDE) pour les communautés de pêche artisanale en Afrique

Présentation par Sid’Ahmed Sidi Mohamed Abeid, président de la Confédération africaine des organisations de pêche artisanale (CAOPA)

Le secteur des pêches en Afrique occupe des millions d’hommes et de femmes et constitue leur seule ressource de vie. Il représente dans certains pays plus de 50 % du chiffre d’affaire à l’exportation, contribue largement au PIB et au budget des états.

La position stratégique du continent le plus prés de l’Europe et de l’Amérique et l’abondance des ressources halieutiques diversifiées lui attire le plus d’investisseurs. Le flux des investissements étrangers direct (IDE) en Afrique a connu des hausses importantes au cours de ses dernières années dans le secteur des pêches particulièrement des investisseurs Chinois, Européens, et cela grâce aux facilités accordées par les Gouvernements de nos pays. Nos gouvernements ont souhaité attirer ces investisseurs afin d’augmenter les recettes des Etats, lutter contre le chômage, créer des emplois et de la valeur ajoutée, afin de contribuer à la stabilité sociale, économique et politique de nos pays.

Dans le secteur des pêches ces investissements direct étrangers peuvent être négatifs voire destructeurs s’ils ne sont pas contrôlés, et s’ils contribuent à exploiter nos ressources qui sont, pour beaucoup d’espèces pleinement exploitées, et pour d’autres espèces surexploitées… Suite…

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Autres interventions et manifestations

Dans le cadre du Forum Social Mondial de Dakar, la question de la gestion durable des ressources se pose encore plus que les dernières éditions. La localisation de cette ville focalise l’attention sur la problématique des ressources halieutiques. Rencontres lors de liaisons en visio-conférence entre des ONG à Dakar et le Lycée de la Mer de Bourcefranc en Charente-Maritime. Le Thiof est le poisson à la base du plat traditionnel sénégalais thiéboudjenn. Le prélèvement intensif de ce poisson pour l'alimentation nationale et internationale a progressivement provoqué sa disparition. La raréfaction du Thiof a multiplié le prix par 20, le rendant inaccessible pour la plupart de la population. Il y a 4 ans des milliers de sénégalais ont fui par pirogues pour fuir la faim et la crise afin de rejoindre les îles Canaris pour rejoindre l'Espagne – une grande partie était des pécheurs.....

Lors du FSM, ces questions sont posées par des mouvements sociaux et des coopératives de pêcheurs. Des associations locales comme Océanium développe des programmes de concertation pour permettre la préservation des écosystèmes et proposer des nouvelles alternatives économiques. Jean Goepp le coordinateur des programmes pour Océanium nous a présenté une partie de ces actions lors d'une visio-conférence avec des lycéens du Lycée de la Mer de Bourcefranc de Charente-Maritime.....

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L'organisation écologiste Greenpeace Afrique a exhorté "les gouvernements et populations africaines à être plus attentifs aux problèmes de la surpêche et de la pêche illégale dans les eaux ouest-africaines", vendredi, à la fin du Forum social mondial (FSM) à Dakar.

Dans un communiqué, Oumy Sène Diouf, chargée de campagnes Océan pour Greenpeace Afrique, a souligné que "le peuple sénégalais avait longtemps manifesté son intérêt à préserver ses océans et ses ressources halieutiques". Mais "il est grand temps de prendre conscience de la problématique de la surpêche, qui non seulement vide nos mers, mais aussi, aggrave la situation de la sécurité alimentaire des peuples de la côte", a-t-il ajouté.

Greenpeace Afrique avait présenté à Dakar un rapport intitulé "Cette l'Afrique qui nourrit l'Europe", exposant les résultats d'une expédition du bateau "My Arctic Sunrise", en 2010, dans les eaux mauritaniennes et sénégalaises…. Voir : Greenpeace Afrique

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Sénégal : En prélude au forum social mondial - Les problèmes de la pêche en débat

L'association pour le développement de la pêche en Afrique de l'Ouest (Adepa) a rassemblé à Mbour avec ses partenaires (Wwf Wamer, Réseau des politiques de pêche en Afrique de l'Ouest- Repao) une cinquantaine de participants venus d'Afrique de l'Est et de l'Ouest depuis le jeudi 3 février 2011. Il s'agit pour ces différentes délégations de mutualiser leurs connaissances dans le but de faire des propositions concrètes au forum social mondial qui s'ouvre à Dakar ce dimanche pour trouver des solutions aux problèmes qui gangrènent le secteur de la pêche.

« Se découvrir les unes les autres. Mutualiser les connaissances et faire ensemble des propositions concrètes. Lancer les bases d'un réseau d'échange entre les participants ».

C'est en substance les principaux objectifs assignés à l'atelier lancé jeudi passé à Mbour par l'association pour le développement de la pêche en Afrique de l'Ouest (Adepa), en partenariat avec le Wwf Wamer et le Réseau des politiques de pêche en Afrique de l'Ouest (Repao)....

S'exprimant à l'occasion de l'ouverture de cet atelier qui prend fin aujourd'hui à Mbour, Nedwa Moctar Nech, Secrétaire générale de l'Adepa, a signalé que cette rencontre est « une occasion de témoignage, de découverte, d'échange, de partage et d'apprentissage mutuel entre les acteurs issus de différents horizons sur la manifestation de ces phénomènes sur leurs différents métiers ».

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Forum social Mondial de Dakar: marche de soutien à la cause sahraouie

Une imposante marche de soutien au peuple sahraoui (Sahara Occidental) a été organisée, jeudi à Dakar, au 5e jour du Forum social mondial avec la participation de plusieurs ONG, associations, sympathisants et d’éminentes personnalités, saluant la grande mobilisation qui se poursuit autour de la question du Sahara occidental occupé.

Intervenant dans un contexte marqué par des agressions répétées menées par des « extrémistes marocains bien encadrés » contre les membres de la délégation sahraouie, cette marche a été saisie par les centaines de participants pour rappeler « la légalité et la légitimité du combat du peuple sahraoui pour l’autodétermination et l’indépendance »….

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Ses mers pillées et vidées : La pêche africaine noyée par les étrangers (Le Quotidien)

La pêche artisanale fait vivre des millions de personnes en Afrique. Au Sénégal, ce secteur est un maillon essentiel de l’économie nationale. Or, il s’agit d’un maillon de plus en plus menacé par des intérêts français, espagnols ou chinois… Dans le cadre du Forum social mondial, une conférence sur Le pillage des mers a été organisée, mardi, au Centre Lebret à Dakar. A cette occasion, Mamadou Lamine Niasse de l’organisation International collective in support of fisherworkers (Icsf) a mis l’accent sur la problématique des «sociétés mixtes». Des pays comme le Sénégal, riches en ressources halieutiques, attirent de nombreuses flottes étrangères, européennes et asiatiques, qui veulent en profiter. L’ennui est que cette politique des sociétés mixtes, dans lesquelles la majorité des parts (51% au minimum) est tenue par des nationaux, est souvent utilisée de manière abusive par ces Etats pour contourner les accords internationaux.

Du point de vue européen, ce système de société mixte sert plusieurs objectifs comme la réduction des surcapacités de la flotte européenne ou la préservation des emplois et l’approvisionnement des marchés de l’Union européenne. Et c’est surtout la possibilité d’accès aux eaux des pays d’Afrique, Caraïbes et Pacifique (Acp), qui compte pour ces pays prédateurs. Au Sénégal, 130 projets de société mixte ont été agréés dans le domaine de la pêche industrielle ; le nombre de bateaux impliqués actuellement s’élève à 41. Un deal rentable, car pour chaque euro investi, un profit de 3,1 euros vont dans les poches des investisseurs européens. Quant à l’industrie de transformation des produits halieutiques, M. Niasse a constaté que beaucoup ont fait faillite au Sénégal. Les investisseurs étrangers tiennent à ce que le processus de transformation soit fait dans leur pays d’origine….

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Regard géographique sur la mondialisation halieutique

Regard géographique sur la mondialisation halieutique

L’altermondialisation et les formes de résistance des « Pêches artisanales »

Julien NOEL

Thèse de doctorat en Géographie, présentée le 14 janvier 2011

Université de Nantes / IGARUN / Géolittomer LETG UMR 6554-CNRS

Cette thèse souhaite apporter un éclairage géographique, tant spatial que scalaire, sur le phénomène contestataire singulier que constitue l’altermondialisation halieutique. Plus précisément, notre objectif consiste à démontrer en quoi ce mouvement social de soutien à la pêche artisanale engage une réappropriation socio-spatiale d’un processus de mondialisation halieutique profondément inégalitaire. Pour comprendre ces interactions, deux terrains halieutiques militants font plus particulièrement l’objet d’une analyse comparée : la pêche artisanale française et la pêche traditionnelle malgache. Il nous faut en premier lieu saisir le passage de la mondialisation à la globalisation halioaquacole en retraçant les principales étapes géohistoriques de la mise en place d’un système-monde aquatique afin de mieux comprendre par la suite sa structuration contemporaine ainsi que ses dysfonctionnements spatiaux actuels. La mise en évidence de ses inégalités nous conduit alors à analyser les multiples dimensions spatiales de l’altermondialisation halieutique, ce qui revient à interroger les caractéristiques de ce mouvement contestataire, à savoir l’organisation de son système d’acteurs, ses stratégies ainsi que ses dynamiques. Pour finir, nous interrogeons conjointement les politiques de durabilité mises en œuvre par ces deux systèmes halieutiques d’amont en aval de la filière halieutique. De cette confrontation entre échelles spatiales globalisantes et échelles localisées (territorialisantes), nous concluons sur la nécessité d’adopter une démarche résolument transcalaire et cosmopolitique dans la régulation de cette mondialisation halieutique.

Pour télécharger le rapport, cliquer Ici

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Les intérêts économiques espagnols dans les négociations commerciales entre l’Europe et l’Afrique. Cas de la pêche au Sénégal

Les intérêts économiques espagnols dans les négociations commerciales entre l’Europe et l’Afrique. Cas de la pêche au Sénégal

Análisis de Usuarios leídos en Intereses económicos españoles en las negociaciones comerciales Europa - África. La pesca en Senegal

SETEM Catalunya 2009

Ce document examine quels sont les acteurs espagnols les plus importants dans les négociations des accords commerciaux (APE) entre l'UE et les pays d'Afrique de l'Ouest. L’étude mesure l’impact de ces accords sur les deux parties en prenant le cas de la pêche au Sénégal.

Pour télécharger le document aller sur le site de Pesca : El portal critico de la pesca espanola


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Nos terres, nos territoires, nos vies ne sont pas à vendre

Pour stopper les accaparements de terres et la spoliation des communautés rurales et maritimes :

Nous, réunis en ce mois de juillet 2011, sur le plateau du Larzac pour célébrer le quarantième anniversaire de l’entrée en résistance des paysans, proclamons notre profonde indignation envers les innombrables spoliations et expropriations massives dont sont victimes dans le monde entier des populations rurales et maritimes pour causes de spéculation foncière, de monocultures industrielles, de production d’agrocarburants, de mines à grande échelle, de pêche industrielle, de tourisme, d’urbanisation.

Ce phénomène, par son ampleur et sa nature, revit de nos jours un caractère particulièrement dramatique et fait courir des risques majeurs à l’humanité (la Banque Mondiale évalue à cinquante six millions d’hectares la surface accaparée en quelques mois).

- il est en premier lieu responsable de l’exode rural, de l’émigration de vastes couches de populations, de l’hypertrophie urbaine, du cortège de souffrance indicibles qui en découlent, et de déséquilibres sociopolitiques ingérables.

- il piétine des communautés présentant souvent de fortes identités ethniques, écologiquement exemplaires, socialement stables, et porteuses de savoir-faire et de valeurs inestimables

- il néglige le caractère limité des ressources naturelles, des espaces, de l’eau, et de la faculté de réponse des écosystèmes aux agressions.

- il ignore la législation internationale et les avancées du Droit environnemental et du Droit indigène.

- il va à l’encontre des grandes conquêtes éthiques de l’esprit humain survenues depuis la deuxième guerre mondiale, telles que la Déclaration Universelle des Droits Humains.

Nous refusons de nous résigner à tant de souffrances des uns, de mépris des autres, de méconnaissance et d’indifférence de la plupart et, en définitive, de la négation pure et simple d’une partie de l’humanité.

La logique de l'argent comme moteur central de l’activité humaine met en cause les éléments les plus fondamentaux de la vie en société monde.

Nous n'acceptons pas que l'on spécule sur l'alimentation et sur la faim d'une partie de l'humanité.

Nous refusons la destruction des ressources naturelles, de la biodiversité, de territoires entiers, l'atteinte à la sécurité et à la souveraineté alimentaires et, en définitive, à la vie de ces communautés.

Résister aujourd'hui contre les accaparements de terres, contre les spoliations de ressources naturelles et de territoires, c'est éviter de prolonger un développement destructeur pour l'humanité.

Une nouvelle civilisation est nécessaire, prenant en compte les limites des ressources naturelles, en cherchant une nouvelle relation entre les hommes et la nature, une nouvelle relation des hommes entre eux.

Nous incitons les organisations internationales à mettre en place une législation qui protège les communautés paysannes et indigènes, et les Etats à donner à ces dernières les moyens de travailler dignement au bien commun et à la transition vers une société plus viable et équitable.

Nous considérons l’appel de Dakar sur les accaparements de terres comme l’une des bases de convergence pour l’action et la réflexion.

Ici, aujourd’hui sur le Larzac, en signant solennellement ce texte, nous nous engageons ensemble dans une voie de résistance et de solidarité.

A La Banquière du Larzac, le 17 juillet 2011.

Merci de signer l'appel en cliquant Ici

Pour plus d'information, cliquer Gardarem la terre et la mer

Manifeste

En 1971, 103 paysans du Larzac s'engageaient à ne jamais vendre leurs terres, face au projet d'extension du camp militaire de 3.000 à 17.000 ha. Cet engagement fondateur a été soutenu pendant plus de dix années par un formidable mouvement Larzac. En mai 1981, François Mitterrand, nouveau Président de la République a tenu son engagement d'arrêter ce projet.

Mais depuis les années 70-80, le vent de la libéralisation économique s'est développé au niveau mondial. Un modèle de développement hyper consommateur en matières premières, en ressources naturelles s'est imposé au niveau de la planète aussi bien dans les pays développés (USA, Europe, Japon...) que dans les pays en transition (Chine, Inde, Brésil....). Les capitaux se déplaçant de plus en plus librement à travers la planète, en recherche de profit à court terme, se sont abattus sur les terres agricoles, sur les matières premières agricoles, sur les ressources halieutiques, minérales ou naturelles.

Suite du manifeste : Gardarem la terre et la mer

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Mars 2011

Accord de pêche UE/Mauritanie : Accaparement des eaux mauritaniennes ?


L’UE ne veut pas se laisser distancer par les grandes pêcheries internationales (notamment les armements chinois) dans son pré-carré de l’Afrique de l’Ouest. Après le Maroc, l’UE souhaite se tailler la part du lion dans les eaux mauritaniennes…

En grand défenseur de la pêche durable, l’Europe donne des conseils à la Mauritanie !

Lire l’article de l’Université Robert Schuman de Strasbourg :

« Un accord de pêche durable avec la Mauritanie »

Maria Damanaki s’engage à trouver l’équilibre entre l’intérêt des poissons, ceux de la Mauritanie et ceux des pêcheurs européens. Éviter la surpêche, investir dans des infrastructures portuaires et lutter contre la concurrence déloyale dans les eaux mauritaniennes : ce sont les trois grands objectifs du futur accord de pêche UE-Mauritanie annoncés par la commissaire européenne Maria Damanaki lundi 7 mars au Parlement européen.

Cet accord, le plus important avec un pays tiers, permet aujourd'hui à une centaine de navires européens, dont quelques thoniers français, de pêcher en eaux mauritaniennes dans la limite de quotas reglementés. En contrepartie l'Union a versé une contribution de 305 millions d’euros pour la période 2008-2012, ce qui représente 1/3 du budget du pays. Pour le renouveler, il faut trouver « un équilibre entre les ressources mauritaniennes et les intérêts des navires des pays-membres », a déclaré Maria Damanaki

La Commission tiendra compte des récents avis scientifiques sur la situation critique des stocks pélagiques, qui auraient baissé de 30% sur les côtes ouest-africaines. Le poulpe, très convoité par les chalutiers espagnols, est par exemple de plus en plus menacé par la pêche intensive, tout comme les sardines, maquereaux et anchois.....

La Commission souhaite par ailleurs mieux contrôler la destination des contributions de l'Union en faveur du secteur de pêche de la Mauritanie.....

Enfin, pour lutter contre la pêche illégale et la concurrence déloyale, la Commission souhaite renforcer les contrôles des licences, garantes du paiement par les armateurs de leur redevance d’accès à la zone de pêche.....

En acceptant l’idée d’intégrer «une clause de démocratie et des droits de l’homme» dans le prochain accord, la Commissaire a approuvé la quasi totalité des demandes formulées par les eurodéputés. Ceux-ci se prononceront sur ses propositions lors de la plénière des 23-24 mars.Entré en vigueur le 1er août 2008, l’accord de pêche actuel expirera le 1er août 2012. Les négociations sur le nouveau protocole devraient commencer en avril prochain. Une fois finalisé, l’accord devra obtenir le consentement du Parlement pour entrer en vigueur. Suite et texte intégral de Clara Lecocq Reale, Cliquer Ici

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Des filets vides, un futur compromis

Des filets vides, un futur compromis

Comment la surpêche et le changement climatique accélèrent la dégradation des richesses marines en Afrique de l’Ouest

Greenpeace Afrique

Rapport Afrique de l’Ouest - Septembre 2011

Des Solutions Existent

Loin de se limiter à une simple cartographie des problèmes, notre rapport propose une série de solutions pour aller vers des pêcheries plus durables en Afrique de l’Ouest.

C’est ainsi qu’il promeut la mise en place d’accords de pêche plus équitables et responsables entre les pays de la sous-région et des pays tiers. Ces accords doivent impérativement prendre en compte les intérêts des communautés de pêcheurs.

Il en ressort également des pistes de solution pour la pêche artisanale qui doit faire l’objet d’une meilleure réglementation afin d’assurer son maintien.

Enfin, Greenpeace appelle à la création d’un réseau de réserves marines couvrant au moins 40% des surfaces marines mondiales pour permettre aux stocks de poissons de se reconstituer. Source : Greenpeace Afrique

Pour télécharger le document, cliquer Filets vides

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Le 13 avril 2012

Les femmes transformatrices de produits halieutiques rencontrent « de sérieuses difficultés » dans leurs activités en raison notamment de la rareté de la ressource causée par « le pillage des eaux sénégalaises » par des bateaux étrangers, a confié à l’APS Adja Fatou Kiné Diop, présidente de l’Union locale des femmes transformatrices de Bargny.

« Nous pouvons rester un mois sans travailler parce qu’il nous est parfois difficile de trouver des produits. Ce qui ralentit considérablement notre activité », a dit Adja Fatou Kiné Diop.

Regroupées au sein de la Fédération des groupements d’intérêts économiques de pêche du Sénégal (FENAGI-Pêche), elles sont présentes à la 13ème édition de la Foire internationale de l’agriculture et des ressources animales (FIARA) ouverte jeudi à Dakar.

Spécialisées dans la transformation et la commercialisation des produits de la mer, les femmes dont l’organisation fédère 55 GIE dans toutes les régions du Sénégal peinent à mener correctement leurs activités.

« Nous demandons à l’Etat de revoir les accords avec les bateaux étrangers qui raclent le fond marin et à qui on brade presque la ressource. Le kilogramme de pélagique leur est cédé à 15 francs alors que nous achetons 3 pélagiques à 500 francs », se plaint Mme Diop. Elle a rappelé l’importance de cette activité pour les femmes qui constituent, dans leur grande majorité, des responsables de familles sur qui reposent principalement les charges familiales et l’éducation des enfants. Adja Fatou Kiné Diop a en outre demandé le contrôle et la protection des ressources halieutiques.

Elle a indiqué que cette situation impacte négativement sur leur travail, car elles n’arrivent pas à honorer des commandes et leurs revenus ne font que baisser. « Si vous trouvez difficilement les produits frais, il va s’en dire que les prix seront chers et souvent les consommateurs ne peuvent pas suivre avec la cherté de la vie actuellement », a encore insisté la présidente des femmes transformatrices.

Aussi, elles réclament « des sites répondant aux normes européennes avec des équipements performants pour répondre aux exigences de qualité imposées à l’exportation », a dit leur présidente. « Sur les plans sécuritaire et sanitaire, nous devons respecter un certain nombre de choses pour répondre à la qualité mais nous n’avons pas encore ces sites », a-t-elle expliqué.

Photo : Femme transformatrice de poisson à Kafountine (Casamance)
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La stratégie maritime de l’Afrique prend-elle l’eau ?


Source : Green et Vert

L’Union africaine s’est fixé 2050 comme date limite pour sécuriser les eaux territoriales du continent. Une date qui risque de se révéler utopique.

Des 54 pays qui composent l’Afrique, 38 ont des littoraux ou sont des îles. Avec ses 42 000 km de littoraux, c’est la dernière grande région sans protection maritime. Sans une stratégie exhaustive pour faire respecter les lois, surveiller et promouvoir l’économie maritime et ses ressources, l’Afrique perd des milliards de dollars chaque année et est la proie de nombreux criminels.

“L’Afrique reste encore le continent le plus touché par la pêche illégale, les actes de pirateries, le trafic de drogue, d’armes, d’humains, sans parler des mauvais bateaux et des vieux ports” déclare Annette Leijenaar, Directrice du département de gestion de conflits et d’installation de la paix à l’Institute for Security Studies (ISS), à Pretoria.

42 000 km de littoraux sans défense ou presque

Sur le milliard d’habitants que compte l’Afrique, environ 70 % dépendent du poisson pour avoir des protéines. Johan Potgieter, un des cadres d’ISS, envoie un message aux politiques :   “ Ne pensez pas à combien coûte une flotte. Pensez plutôt à combien cela va vous coûter de nourrir une population quand il n’y aura plus de poissons ?». 

Les pertes globales causées par la pêche illégale coûtent entre 10 et 23.5 milliards de dollars par an. Les prises illégales sont en train de devenir la norme. Les super-chalutiers étrangers n’hésitent pas à piller des centaines de tonnes de poisson par jour pour les exporter en Europe, tandis que les prises des pêcheurs locaux sont limitées en général à ce qu’ils peuvent ramener sur des pirogues de 8 m.
Par ailleurs, les opérations anti- pirates au large de la Somalie en 2011 ont couté environ 6,9 milliards de dollars. Pour Potgieter, les opérations anti-pirates d’Afrique de l’Est les ont repoussé vers la côte est de Madagascar, qui est relativement déserte. Les pirates y sont tranquilles pour établir de nouvelles bases. Cela ne règle pas le problème.

Des flottes à coûts exorbitants

Un bâtiment coûte des millions de dollars et il en faut 3 pour former une unité opérationnelle. Par exemple, trois bâtiments de patrouille de 80 m de la British Royal Navy coûtent 32 millions de dollars par an. Mais en dépit de ces sommes astronomiques et du manque d’expérience des officiers en commande, plusieurs nations ont commencé à acquérir des bateaux. Le Nigéria a prévu 49 bâtiments et 42 hélicoptères sur les 10 ans à venir. Le pays a aussi construit son propre bâtiment de patrouille de 31 m, le NNS Andoni.

Le Ghana a acquis deux anciens bâtiments d’attaque allemands et a commandé quatre nouveaux bateaux patrouilleurs à la Chine.  La Namibie a acheté un bâtiment chinois de 100 m et a renforcé les patrouilles autour des ports.

Potgieter explique ”Pour faire des arrestations, il faut un avion ou un drone et un bateau. C’est là que réside le problème. Ce n’est pas bon marché. Et si nous détectons un problème de l’autre côté de Madasgascar, il faut collaborer avec d’autres ! Peut-être les Français sont-ils les mieux placés pour agir. Mais il faudrait qu’on leur parle pour ca ! ”.

Une législation qui diffère de pays en pays

Il est nécessaire d’harmoniser les règles et les lois de chaque ministère de tous les pays de l’UA. Une tâche qui prendra environ 10 ans. Selon l’ISS, il faut une bonne gouvernance, une infrastructure solide, une compétence technologique, des mécanismes efficaces de partage d’informations, et une volonté politique forte. Très peu de pays africains possèdent ces éléments.

“La plupart des pays ne vont même pas vous autoriser à traverser leurs eaux si vous n’avez pas eu leur permission à l’avance. Nous avons besoin d’assumer la responsabilité pour le domaine maritime africain collectivement,” explique Potgieter.

Pour aller plus loin : Sommet sur la piraterie maritime au Cameroun en avril 2013 (gabonactu)

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