lundi 27 septembre 2010

Des huîtres aux poissons panés : L’envolée des prix sur les marchés

15% - 20, 25% - 15% et 35%.... Qui dit mieux ?

Findus France qui fustige la raréfaction des ressources halieutiques, annonce 15% de hausse sur le tarif de ses poissons panés au début de l’année 2011. D’ici les fêtes, le prix des huîtres devrait augmenter de 15% selon le Comité national de la conchyliculture (CNC), plutôt de 20 à 35% selon le Comité de survie de l’ostréiculture (CSO)….

Rachita Dati, ancienne Garde des sceaux, est passée par le journal de Canal+ pour nous ouvrir les yeux sur les marchés… « Quand je vois certains (ndlr fonds d’investissements) qui demandent des taux de rentabilité à 20, 25 %, avec une fellation quasi-nulle... » Voir Sud-Ouest : Le lapsus de Rachida Dati déclenche l'hilarité sur le web

Question de survie pour les ostréiculteurs

Les ostréiculteurs sont dans l’obligation d’augmenter le prix de vente des huîtres pour une question de survie de leurs entreprises. Compenser la diminution de production d’huîtres après la mortalité massive du naissain par une hausse des tarifs à la douzaine d’huîtres.

Question de rentabilité pour les investisseurs de Findus France

Findus France invoque la raréfaction des ressources halieutiques pour annoncer une augmentation de ses prix de 15% en moyenne. Le groupe explique que le poisson sauvage se raréfie, alors que la demande mondiale explose. La situation n'est guère meilleure du côté du poisson d'élevage. Le saumon est victime cette année d'une chute de la production au Chili et en Norvège…..

Mais, Findus France devrait aussi expliquer que le fonds d’investissements britannique Lion Capital (1) qui détient le Groupe de surgelés, lui impose 15% de croissance annuel ! « Si Lion Capital n'a pas réussi à mettre la main sur Findus Italie, il peut se targuer d'avoir hissé la marque en France au premier rang du marché, devant Maggi (Nestlé) et McCain. Findus France, qui a réalisé l'an passé 180 millions de chiffre d'affaires, s'est fixé un objectif de croissance de 15 % par an d'ici à 2013. » Le Figaro du 20 juillet 2010 : Unilever met fin à son aventure dans les surgelés

(1) Le fonds d’investissement Lion Capital vient d’acquérir le distributeur français Picard Surgelés qui compte plus de 850 magasins et a réalisé un chiffre d'affaires de 1,15 milliard d'euros en 2009, pour une valeur de 1,5 milliards d’euros à BC Partners qui avait lui-même racheté le distributeur français en 2004 pour 1,3 milliard d'euros.


Autres articles :

Revue de Presse :
  • Le 2 novembre 2010 : L'industrie de la transformation Adepale prévoit une hausse des prix

La demande en poissons et produits de la pêche de toutes espèces ne cesse d'augmenter sur le marché communautaire comme sur le marché mondial, traduisant l'intérêt des consommateurs pour les aliments d'origine marine et pour des protéines à coût abordable…..

A côté de ces situations, on note des cas de pêcheries ou de zones d'élevage en grave déficit intrinsèque (ex. anchois du Maroc, saumon du Chili) alors que les possibilités de substitutions peuvent entraîner des frais douaniers importants, en raison de la sortie du cadre des régimes à taux préférentiels. Par ailleurs, les industriels acheteurs de matières premières sur les marchés mondiaux se trouvent confrontés à une forte concurrence aux achats de la part des industries des autres continents (Asie, Amérique, marché émergents), elles mêmes désireuses d'alimenter leurs propres consommateurs. Ce phénomène de " ciseaux ", entre des disponibilités limitées et des marchés en expansion, a un fondement structurel, préfigurant une situation durable de déficit de la ressource par rapport aux besoins du marché. Dans ces conditions, l'offre tend à se réduire, et les industriels qui transforment ces produits sont obligés de prendre pleinement en compte les nouvelles problématiques d'approvisionnement, les hausses généralisées et durables des coûts de leurs matières premières, et même d'intégrer dans certains cas des risques de ruptures d'approvisionnements.

Les métiers de la transformation du poisson rassemblés au sein de l'ADEPALE représentent les fabricants de conserves de poissons, de semi-conserves d'anchois, de surimi, de saumon et truite fumés, de crevettes cuites, et de produits traiteurs de la mer. Ils représentent un CA cumulé de près de 2 milliards d'euros et environ 8.000 emplois directs. www.adepale.org

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  • Le 25 octobre 2010 : Plus grosse opération 2010

Le fonds Lion Capital s'empare des surgelés Picard pour 1,5 milliard d'euros (La Voix du Nord)

Le fonds d'investissement britannique Lion Capital a finalisé le rachat de Picard, spécialiste français des produits surgelés, pour 1,5 milliard d'euros, soit l'une des plus importantes opérations du secteur cette année en France.

« Lion Capital et BC Partners (actionnaire majoritaire du groupe français) ont bouclé la cession de Picard », a déclaré un porte-parole du distributeur français, confirmant une information du Figaro. Le même porte-parole a toutefois refusé de dévoiler les détails de la transaction.

« La cession est effective depuis le 14 octobre », a confirmé une porte-parole de BC Partners, par ailleurs propriétaire de Findus. Selon une source proche du dossier, cette opération s'élève à 1,5 milliard d'euros, dont près de 600 millions ont été versés en liquide, tandis que le reste est financé par emprunt auprès des banques et des marchés. « La croissance de l'activité permettra de générer du cash pour rembourser la dette », a déclaré le PDG de Picard, Philippe Pauze, jeudi au Figaro. Souvent décrit comme une success-story à la française, Picard, qui compte aujourd'hui 823 boutiques en France, dont plus d'une centaine à Paris, et 30 en Italie, change de propriétaire pour la troisième fois en dix ans.

Sur cette période, la chaîne de surgelés, qui emploie 4 000 salariés, a doublé son chiffre d'affaires. Celui-ci a atteint 1,15 milliard d'euros l'an dernier, et ce malgré la crise économique. La petite entreprise de pains de glace, créée en 1906 par Raymond Picard sous le nom des « Glacières de Fontainebleau », envisage désormais d'accroître encore sa taille, en ouvrant de nouveaux points de vente en France (95% de son chiffre d'affaires) et en pénétrant la Scandinavie. « Il y a un potentiel pour 250 à 300 magasins de plus (en France, ndlr), dont une vingtaine à Paris, mais surtout dans les grandes villes de province et celles de moins de 100.000 habitants », indique son PDG. Picard entend par exemple intégrer davantage de produits régionaux dans sa gamme pour séduire plus de monde en province.

Livraison à domicile…

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Lion Capital s'offre les surgelés Picard pour plus d'1,5 milliard d'euros (Agefi)

Le fonds a fait une offre, dont le financement, de l’ordre de 60% en dette, est assuré par Credit Suisse, Morgan Stanley et Citigroup. Les surgelés Picard, détenus par BC Partners, vont passer dans le giron du fonds britannique Lion Capital. Au coude à coude avec plusieurs candidats, notamment CVC et Bain Capital dans la dernière ligne droite, Lion Capital est entré en période de négociation exclusive avec l’actuel actionnaire en vue de la signature d’un accord au cours du quatrième trimestre 2010. Si le montant de l’opération n’a pas été divulgué, plusieurs sources proches du dossier s’accordent sur un prix légèrement supérieur à 1,5 milliard d’euros. Aux côtés des fonds propres apportés par Lion Capital, le financement, assuré par trois banques – Credit Suisse, Morgan Stanley et Citigroup–, est constitué de dette à hauteur de 60% environ, n’incluant pas de mezzanine…..

BC Partners avait acquis Picard en 2004 pour 1,3 milliard d’euros, sur la base d’un multiple de 12 fois l’Ebitda. Si l'opération se finalise, «les fonds conseillés par BC Partners auraient réalisé, en prenant en compte le remboursement de la dette, une plus-value raisonnable. Face à notre durée d’investissement de six ans, il s’agirait d’une bonne opération de fond de portefeuille dans le contexte de crise que nous avons connu», estime André François-Poncet, associé-gérant de BC Partners.

Le rachat de Picard par Lion Capital, qui représente l’une des plus importantes opérations de capital investissement en France depuis la crise, constitue le troisième LBO de l’histoire du distributeur de surgelés. BC Partners avait en effet racheté Picard à un groupe d’actionnaires composés de Candover, Montagu Private Equity et Chevrillon. Avec une mise de 910 millions d’euros, ces derniers avaient alors réalisé une belle plus-value…. BC Partners était conseillé sur l’opération par Rothschild & Cie et Crédit Agricole sur le plan financier, et par Cleary Gottlieb Steen Hamilton sur le plan juridique. Citigroup et SJ Berwin ont assuré le conseil de Lion Capital, respectivement dans les domaines financier et juridique.

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Picard teste l'appétit des investisseurs pour la dette obligataire dans les LBO (Agefi)

Le montage financier, qui intègre 990 millions d'euros de dette, inclut un mélange innovant d'obligataire et de prêts seniors. Le financement du rachat de Picard Surgelés (Picard) par Lion Capital, dans le cadre d’un LBO tertiaire, pourrait servir de test à l’appétit des investisseurs pour la dette obligataire. Le montage financier repose en effet sur un mélange, rarement utilisé dans le cadre de financement LBO, d’obligations et de dette bancaire senior. «L’utilisation de dette obligataire est très nouvelle dans ce type de montage, qui intégrait plutôt auparavant de la dette mezzanine. Or, la profondeur du marché high yield (obligation à haut rendement, ndlr) est très importante et les taux et marges y sont plus compétitifs que pour la mezzanine», explique un banquier spécialisé dans les financements LBO….

Le financement de Picard, valorisé à un peu plus de 1,5 milliard d’euros, intègre près de 990 millions d’euros d’endettement. Une dette senior d’un montant de 675 millions, qui intègre 225 millions d’euros de tranche A, 400 millions de tranche B ainsi qu’une ligne de crédit revolving, est «actuellement en cours de syndication, explique une source bancaire proche du dossier. «Les banques et les fonds de CDO doivent rendre leurs engagements d’ici à la fin de la semaine. Au plus tard, en début de semaine prochaine». Aux 675 millions d’euros de dette senior, s’ajoute une dette obligataire de 300 millions d’euros de maturité huit ans, dont le placement se déroule jusqu’à la fin de la semaine, ainsi qu’une ligne de financement immobilier de 13 millions d’euros. «L’ensemble du financement repose sur un levier de 5,6 fois l’Ebitda, dont un multiple de 3,8 fois sur la dette senior», explique une source bancaire. Par ailleurs, «l’application d’un reverse flex (technique permettant au prêteur de réduire le coût des tranches de dette selon le succès de la syndication, ndlr) n’est pas à l’ordre du jour», ajoute-t-il, contredisant ainsi certaines rumeurs circulant sur le marché.

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Le 10 août 2011 : Moins de RTT pour se sauver durablement ?

11 millions d'euros investis : Findus reste à Boulogne (Semaine dans le boulonnais)

Les salariés ont consenti à rendre un tiers de leurs RTT, contribuant ainsi au sauvetage de leur entreprise.

L'usine, d'où sortent notamment les bâtonnets panés Croustibat, échappe à la délocalisation grâce à un investissement consenti par son propriétaire britannique, aidé des pouvoirs publics. 200 emplois sont préservés et d'autres seront créés

Voilà une bonne nouvelle pour le Boulonnais, et plus particulièrement pour le port : le fonds d'investissement britannique Lion Capital, propriétaire de Findus, a annoncé un investissement de 11 millions d'euros pour le site de production de Boulogne-sur-Mer.

Un accord syndical portant sur la réduction des RTT permet également d'assurer la pérennité d'une usine qui emploie 200 personnes sur le port de Boulogne.

« C'est une vieille histoire et une inquiétude qui prend fin », souffle Frédéric Cuvillier, président de la communauté d'agglomération du Boulonnais.

Cuvillier loue « le sens des responsabilités » des salariés La puissance politique a elle aussi été mise à contribution pour sauver le site de la délocalisation. La CAB, la Région et l'État ont été sollicités et vont répondre favorablement pour contribuer à hauteur de 15 % du plan d'investissement. Soit un peu plus de 1,5 million d'euros.

Ce n'est pas la première fois que la CAB, via sa compétence développement économique, et la Région, apportent leur aide à des sociétés dans l'expectative.

Le jeu en vaut la chandelle, à entendre Frédéric Cuvillier, rappelant que Findus entend, à terme, créer « 30 à 50 emplois supplémentaires à Boulogne ».

Dans une interview au Figaro, Matthieu Lambeaux, Pdg de Findus France se réjouit de l'accord boulonnais : « Nous avons montré que dans une région industrielle avec 25 % de chômage, nous étions capables, en respectant la législation sociale, d'améliorer notre efficacité. » Car c'est bien de productivité et de rentabilité dont il s'agit. Souvent comparé à l'autre usine du groupe, près de Newcastle, le site de Boulogne affichait, en sa défaveur, des coûts de production plus élevés que sa voisine britannique.

La société, qui produit notamment les bâtonnets de poisson panés Croustibat et transforme le merlu, le colin et le cabillaud, prévoit une augmentation de sa production de 25 % provenant de ses chaînes boulonnaises (environ 20 000 tonnes actuellement).

« Findus joue aussi sur la crédibilité de son site boulonnais, notamment sur la réglementation européenne », se réjouit Frédéric Cuvillier, qui a rencontré le patron international de Findus à l'Assemblée nationale.

Pour l'élu socialiste boulonnais, « la bonne nouvelle » résulte aussi « du sens des responsabilités » dont ont fait preuve les salariés, en acceptant de rogner sur un tiers de leurs RTT. Tout comme sur les temps de pause.

« Les dirigeants de Findus France ont pu présenter à leur direction un accord signé par les forces syndicales et cela a eu un poids certain pour peser dans la balance », indique Frédéric Cuvillier.

L'usine a été créée voilà près de 50 ans. Elle appartenait au groupe Nestlé, avant d'être rachetée par Lion capital en 2006.

L'investissement de 11 millions d'euros permettra d'écrire une nouvelle page de Findus à Boulogne-sur-Mer.

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FranceAgriMer : Situation des marchés

Situation des marchés / Conseil spécialisé de FranceAgriMer du 22 juin 2011

Conjoncture internationale

Vente en criées de janvier à mai 2011

Prix du gazole

Commerce extérieur (Importations/exportations)

Consommation des ménages

Le marché de la truite

Le baromètre d’image des produits de la mer : Perception confiance et intention d’achat

Pour télécharger la Situation des marchés / Conseil spécialisé de FranceAgriMer du 22 juin 2011, cliquer Ici

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Poisson ou viande, est-ce seulement une question de prix ?


Poisson ou viande, est-ce seulement une question de prix ?

Les synthèses de FranceAgriMer

Produits Pêche et Elevage

Décembre 2011

Au cœur du repas quotidien, la viande et le poisson sont deux types de produits directement substituables. Les Français consomment l’un ou l’autre, rarement les deux au cours du même repas. La présente synthèse a pour objet d’éclairer cette consommation à partir d’une analyse des prix d’achat de ces deux grandes familles de produits. Ce travail est réalisé à partir des données sur les achats des ménages français issues du panel Kantar Worldpanel pour les produits carnés et aquatiques. On regardera en particulier s’il peut être répondu à la question fréquente : Le poisson est-il plus cher que la viande ?

Un ménage moyen français, composé de 2,3 personnes, a consacré annuellement en moyenne, entre 2008 et 2010, 1 033 € pour ses achats cumulés de viande et de poisson. Il en a dépensé 76 % pour les produits carnés et 24 % pour ceux aquatiques. Au cours des trois dernières années, la part de ces derniers dans les dépenses est en progression de près de 1 point.

Pourquoi consomme-t-on moins de poisson que de viande ? Parmi d’autres explications telles que la difficulté d’approvisionnement, de préparation et le goût, le prix d’achat élevé est une des raisons fréquemment avancée. Le poisson est réputé plus cher que la viande. C’est ce que confirme, en mai 2011, le Baromètre de la pêche et de l’aquaculture réalisé par la société MICA RESEARCH pour FranceAgriMer. Sur 700 personnes interrogées, 66 % estimaient que le poisson était plus cher que la viande, contre seulement 11 % moins cher.

Cette perception globale peut paraître surprenante dans la mesure où, il existe une grande dispersion des prix, tant au sein des produits carnés que des produits aquatiques, selon les espèces et les morceaux choisis. Par exemple, pour les poissons frais, le prix moyen d’achat en 2010 se situe entre 4,9 €/kg pour la sardine fraîche et 19,6 €/kg pour la sole (toutes présentations) ; pour les viandes fraîches, entre 5,8 €/kg pour le poulet et 14,5 €/kg pour le veau.

Pour affiner l’analyse, il est intéressant de rapporter le prix moyen d’achat des ménages à des produits entièrement consommables, c’est-à-dire des morceaux de viande fraîche sans os comme les steaks et les escalopes, d’une part, et les découpes de poisson frais, soit sans tête et dans la plupart des cas sans arête (filet, darne, pavé), d’autre part.

Il a également été choisi de centrer l’analyse sur les produits carnés à griller ou rôtir pour qu’ils correspondent mieux aux produits aquatiques substituables, qui sont peu concernés par des cuissons longues....

Les facteurs qui influencent le prix du poisson

Le prix de vente du poisson frais en halle à marée est extrêmement volatil, et de nombreux facteurs l’influencent, au jour le jour.

Tout d’abord, le prix moyen varie sous l’effet d’une offre très aléatoire : variations difficilement prévisibles des quantités d’une espèce débarquée dans la halle à marée, mais aussi par l’offre présente dans une halle à marée voisine, ainsi que par les importations quotidiennes sur la même espèce ou des espèces concurrentes.

L’offre est dépendante de facteurs journaliers (météo), saisonniers (présence des stocks de poisson) ou plus structurels (quotas, plans de sortie de flotte des navires de pêche, arrêts temporaires de captures).

La demande est davantage prévisible mais aussi variable selon le jour de la semaine (plus de demande en fin de semaine), de la météo, des périodes de congés. Les clients (grande distribution, restauration, exportations) sont également déterminants sur l’évolution du prix moyen : promotions de la grande distribution, besoins des pays étrangers, situation économique globale conduisant à des arbitrages des ménages…

D’un point de vue plus global et sur le moyen terme, l’évolution de la ressource, du prix du gazole, de la demande en produits aquatiques des pays émergents et l’augmentation de l’offre aquacole ont un impact sur le prix du poisson.

Pour télécharger le document, cliquer FranceAgriMer

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