lundi 7 décembre 2009

Copenhague : Grève de la viande !….. Et de l’aquaculture ?

L’élevage émet davantage de gaz à effets de serre que tous les transports réunis. Pourtant, le rôle majeur de la surconsommation de viande et de l’élevage est systématiquement ignoré. Des solutions simples existent mais vont à l’encontre d’intérêts économiques. Face à l’inertie des pouvoirs publics, des citoyens, des personnalités et des organisations se mobilisent.

Fabrice Nicolino, Pierre Rabhi, Allain Bougrain Dubourg, Jean-Marie Pelt, Corinne Lepage, Jean-Paul Jaud, Jean-Claude Pierre, Sandrine Bélier, Jean-Paul Besset et Franck Laval sont en grève de la viande pour briser le silence !

Ils exigent dès aujourd’hui une reconnaissance de l’impact de la viande sur l’environnement, la sous-alimentation et la souffrance animale. Ils réclament un moratoire sur l’élevage intensif et des mesures énergiques pour faire baisser la consommation de viande.

Lancement d’un site Internet sur les aberrations de la viande : viande.info

La surconsommation de viande passée sous silence face au pouvoir des filières agroalimentaires

L’élevage industriel intensif gagne l’ensemble du monde. Considérés comme de simples protéines sur pattes, les animaux souffrent en intensité et en nombre comme jamais. Rien n’est venu enrayer l’extension de ce modèle et la toute puissance des filières agroalimentaires qui le portent.

Aujourd’hui, la sous-alimentation et la crise environnementale s’aggravent et les responsables politiques français ne s’aventurent toujours pas sur ces questions : l’éthique passe après la viande ; la souffrance et l’environnement après les intérêts économiques. Ce système industriel perdure contre toute logique et contre l’opinion publique, en bénéficiant largement de l’argent des contribuables et de la complicité des pouvoirs publics.

L’échec du Sommet de Rome sur la sécurité alimentaire et la nomination de Luc Guyau, ancien président de la FNSEA, à la présidence du Conseil de la FAO sont de mauvais augure.

Même si des initiatives se dessinent aujourd’hui pour freiner la catastrophe écologique, le gouvernement français passe sous silence un élément majeur de notre responsabilité : la surconsommation de viande. La production mondiale de viande a quintuplé entre 1950 et 2000. Celle de l’aquaculture est passée quant à elle de 1 million de tonnes en 1950 à 52 millions de tonnes en 2006.

Commentaire : Il y a aquaculture et aquaculture

En englobant l’ensemble des productions aquacoles, les porteurs de la campagne « Grève de la viande ! » trompent le public.

L’aquaculture rassemble les productions végétales comme les algues et les productions de coquillages qui sont fixatrices de CO2 et dont l'empreinte carbone est comparable à des productions végétales terrestres. Dans l’aquaculture mondiale, l’algoculture se place au second rang de toutes les productions aquacoles, l’élevage de coquillages en troisième position. En premier, les élevages de poissons en eau douce qui s’appuient encore sur des systèmes empiriques d’agro-pisciculture (par exemple : les carpes sont élevées à partir de déchets agricoles comme le son de riz, le lisier de porc et autres chiantes de volailles,…). Toutes ces productions aquacoles qui représentent près de 80% de l'aquaculture mondiale et qui dépendent essentiellement de la richesse naturelle du milieu aquatique, ne sont pas comparables à des élevages de bovins et autres élevages terrestres conditionnés à des intrants exogènes.
Philippe FAVRELIERE (modifié le 9 décembre 2009)

Autres articles :

Autres informations :

Voir le site : Viande.info

Le 8 décembre 2009 : Controverse sur l'impact de l'acidification des océans

CO2 ?... La langouste en raffole ! (Agoravox)

Les conséquences de l’augmentation du CO2 sur la vie marine auraient-elles été exagérées ?Une étude scientifique du "Woods Hole Oceanographic Institution" - Cette institution n’est pas spécialement rangée parmi les "sceptiques") - apporte, dans le débat sur les conséquences du CO2, des éléments nouveaux assez inattendus.L’étude du WHOILes chercheurs ont soumis des organismes marins (algues, crustacés, coraux ...) à des eaux contenant des concentrations croissantes de CO2, parfois jusqu’à 7 fois les concentrations normales, afin d’en observer directement les effets sur la vie marine.Les résultats obtenus sont décoiffant, et de plus parfaitement incongrus à une semaine de Copenhague !...Quelques échantillons des résultats (le copyright interdit la simple traduction, et même celles des illustrations). Allez les voir sur l’adresse donnée au début, vous aurez des surprises.

A) Jusqu’à trois fois les concentrations actuelles, le corail, le clam, la moule, la langouste et bien d’autres s’en fichent royalement.

B) Au-delà de trois fois, la langouste est toujours très contente (je préfère le homard, surtout Breton, mais les gens du WHOI ne doivent pas le savoir).....

Le 9 novembre 2009 : Grève de la faim aussi !

Un mois sans nourriture pour sauver la planète (IPS/TerraViva)
Par Nasseem Ackbarally
Il y a trente-trois jours depuis que plusieurs jeunes de différentes nationalités refusent de s’alimenter, sauf en eau. Leur but est de réveiller les politiciens appelés à prendre une décision importante au Sommet de Copenhague qui se poursuit actuellement dans la capitale danoise.

“Climate Justice Fast” est une grève de la faim lancée au niveau international le 6 novembre dernier, inspirée par les besoins d’une action immédiate, courageuse et morale afin d’éviter la catastrophe climatique et assurer un avenir durable.

Des centaines de personnes se sont jointes à ce mouvement de par le monde, solidaires avec ces grévistes de la faim.
“Le changement climatique est un défi pour notre génération”, déclare Sara Svenson, cette jeune activiste suédoise de 25 ans, présente en compagnie de ses autres collègues à Copenhague.
“Une grève de la faim symbolise clairement la valeur de la vie et des vies qui sont menacées. Elle symbolise également l’urgence avec laquelle nous devons agir. Je jeûne pour payer la pénitence pour la façon avec laquelle j’ai contribué à cette injustice climatique. J’appelle les gouvernements, les familles et toute la population mondiale à agir avec leur conscience, à se joindre à la science et à s’unir dans la création d’un avenir durable”, déclare-t-elle.
A l’intérieur du Bella Center où se tient cette conférence sur le climat, la fondatrice de l’Indian Youth Climate Network, Deepa Gupta, et deux membres de Greenpeace, entre autres personnes, ne s’alimentent pas pendant les douze jours que durent ces discussions….. Suite….

Le 4 février 2010

Lodève. Éthique : Un débat autour de l'abolition de la viande (Midi Libre)
Dimanche après-midi, dans le cadre des journées mondiales pour l'abolition de la viande, un forum-débat organisé par le Clam (collectif libération animale de Montpellier) s'est tenu aux Moulinages du Lodévois.
Autour d'une exposition de photos chocs d'élevages ou d'abattoirs, provenant de l'association L214 (en référence à l'art. L214-1 du code rural ), le débat s'est instauré sur la nécessité ou non de manger de la viande, mais surtout sur la manière dont les hommes se sont appropriés le droit de vie ou de mort sur ces animaux, des poulets aux poissons, en passant par les porcs, les ovins ou les bovins, dans le seul but de consommer leur viande.
Selon Dominique Joron, membre du Clam, « le fait que nombre de ces animaux souffrent de leurs conditions de vie et de mise à mort, alors qu'en tant qu'êtres sensibles ils ne devraient pas être maltraités ou tués sans nécessité, devrait suffire pour abolir l'élevage intensif, la pêche ou la chasse des animaux pour leur chair. » Six millions d'êtres sensibles sont ainsi tués chaque heure dans le monde.....

Le 16 mai 2010

Débat : « De l'assiette à la planète, enjeux&éthique »
Yves Cochet (Député de Paris), Geneviève Gaillard (Députée des Deux-Sèvres), François Grosdidier (Député de Moselle) et Jacques Muller (Sénateur du Haut-Rhin) organisent un buffet-débat intitulé :
"De l'assiette à la planète, enjeux&éthique" qui aura lieu le 19 mai 2010 à 18h30 à Paris, Hôtel de la Questure (appt 3G / 3ème étage) Assemblée Nationale
Yann Arthus Bertrand (président de la Fondation GoodPlanet) et Serge Orru (directeur du WWF) seront les grands témoins de cette soirée.

Claude Aubert (Ingénieur agronome et Co-fondateur de Terre Vivante) présentera l'impact de la surconsommation et surproduction de viande et autres produits d'origine animale sur l'environnement, les animaux, la santé publique et la faim dans le monde (dossier complet sur viande.info).
Il sera également question d'un jour végétarien hebdomadaire dans la restauration collective comme dispositif simple et concret pour accroître la part des produits végétaux dans notre alimentation. Jacques Boutault (maire du 2ème arrondissement) témoignera de son expérience sur la mise en place d'une telle journée dans les restaurants scolaires de son arrondissement.
Le buffet végétarien sera préparé par Jean Montagard (chef de cuisine, formateur et conseiller culinaire).
L'ensemble des députés et des sénateurs ont été invités à participer au débat.

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Le 2 janvier 2011

Faut-il manger les animaux ? L’essai de Jonathan Safran Foer qui suscite passions et polémiques dans le monde (Cdurable)

Déjà couvert d’éloges (en particulier ceux de J.M. Coetzee), best-seller aux États-Unis, en Italie et en Allemagne, ce premier essai de Jonathan Safran Foer est un coup de maître. Les questions qu’il pose – et les réponses qu’il propose – sont universelles : pourquoi l’homme est-il carnivore ? Cet usage est-il moralement légitime ? Et surtout : comment traitons-nous les animaux que nous mangeons ?

Extrait….

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Le 6 janvier 2011 : Critique dans Le Monde

"Faut-il manger les animaux ?", de Jonathan Safran Foer : on achève bien les animaux (Le Monde)

Adieu dinde, foie gras, saumon fumé ? Quelques jours seulement après les agapes de fin d'année, la lecture du dernier livre de Jonathan Safran Foer risque de provoquer des haut-le-coeur chez un certain nombre de lecteurs, y compris - et surtout - parmi ceux qui ne se sont jamais vraiment posé la question du végétarisme. Faut-il manger les animaux ? C'est à partir de cette question, simple en apparence et pourtant révolutionnaire, que l'écrivain américain s'est livré à un impressionnant travail d'enquête et de réflexion. Connu jusqu'ici pour deux romans qui avaient mis en évidence la force de son écriture et la vigueur de son imagination, ce jeune auteur (il a 33 ans) s'est attaqué, cette fois, à un sujet extra-littéraire, totalement dénué de poésie.

Son livre, cependant, n'est pas un essai classique. Bien qu'il ait amassé des quantités de données considérables, bien qu'il se soit rendu sur le terrain pour visiter des élevages (y compris de nuit, à l'insu des propriétaires), bien qu'il ait interrogé de nombreux acteurs du secteur aux Etats-Unis, Jonathan Safran Foer n'a pas écrit un livre de journaliste, pas plus qu'un traité scientifique. Et pas un livre de philosophe non plus, bien que les questions d'éthique y tiennent une place importante. Cet ouvrage "hybride", selon sa propre expression, est l'essai d'un écrivain non spécialiste, qui s'est senti concerné par un problème banal et très largement ignoré : avons-nous le droit de faire souffrir et mourir des êtres vivants pour notre plaisir collectif, alors que notre survie n'est pas en jeu ? Pouvons-nous sans "honte" supporter la cruauté, mais aussi les problèmes sanitaires qu'engendre une recherche de productivité (et donc de profit) frénétique ?...

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Le 15 janvier 2011

Pour préserver la planète, l'homme devra modifier son alimentation (Le Monde)

"Dès que le régime alimentaire est caractérisé par une forte part de calories animales, la pression sur les ressources naturelles est beaucoup plus importante", notent des chercheurs de l'INRA.

Selon un rapport présenté mercredi 12 janvier par des chercheurs français, les pays riches devront mettre moins de viande dans leur assiette et en finir avec le gâchis pour nourrir neuf milliards d'individus en 2050, tout en préservant les ressources de la planète.

Examinant la question de la subsistance alimentaire des êtres humains à l'horizon 2050, le rapport "Agrimonde", fruit de travaux lancés en 2006, répond par deux scénarios : l'un privilégie le bien-être immédiat et l'autre, le développement durable. Et ce dernier suppose "une vraie rupture", souligne cette étude réalisée par l'Institut national de la recherche agronomique (INRA) et le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad).

"Evidemment, ce n'est pas parce que je vais moins manger que quelqu'un du Sahel va mieux manger", nuance Sandrine Paillard, responsable de l'unité prospective de l'INRA. "Mais il est clair que si toute la planète mange comme on mange, et notamment autant de viande, la pression sur les ressources naturelles ne sera pas tenable". En moyenne, un individu a à sa disposition 3 000 kilocalories par jour. Mais les disparités sont fortes : on atteint les 4 000 dans les pays riches de l'OCDE, et même 4 500 aux Etats-Unis, contre seulement 2 300 en Afrique sub-saharienne.

Diminuer la consommation de viande…

L'écologie intensive s'impose dans la recherche (Ouest France)

Les chercheurs de l'Inra et du Cirad unissent leurs forces. Avec un enjeu : nourrir neuf milliards d'êtres humains en 2050 sans détruire la planète. Lancée en 2006 conjointement par les deux plus grands centres de recherche agronomique française, l'Inra (Institut national de la recherche agronomique) et le Cirad à Montpellier (Centre international pour la recherche et le développement) la recherche Agrimonde, a abouti à la rédaction d'un livre publié aux éditions Quae. Son sous-titre est explicite : scénarios et défis pour nourrir le monde en 2050. Les deux instituts prennent en compte la pluralité des agricultures du monde et la diversité des modes d'alimentation des peuples de la terre….

Comment ? En s'appuyant sur les richesses des écosystèmes et les principes de l'écologie intensive, estiment les chercheurs. Ceci permettrait de proposer des solutions adaptées. Car l'environnement et les aléas climatiques restent deux défis majeurs. Possible mais bigrement compliqué, comme le montre la « foultitude » de données collectées par Agrimonde. Cela oblige aussi la recherche agronomique à se remettre en question et à travailler différemment.

Ce travail réfléchi aborde aussi nos comportements alimentaires. Si dans les pays du Sud près d'un milliard de personnes souffrent de malnutrition, il y a parallèlement dans les pays développés 700 millions d'obèses. L'Inra et le Cirad abordent la question de l'équilibre nutritionnel et la lutte à mener contre le gaspillage. En Afrique ou en Asie, il faut en revanche arriver à limiter les pertes liées aux difficultés logistiques et de stockage….

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Briefing de Bruxelles -"la Géopolitique de l'alimentation" - 2 Février 2011

Le Briefing sur le développement n.21 sera sur "Géopolitique de l'alimentation" et aura lieu le 2 Février 2011 (8h30-13h00). Nourrir le monde n'est plus seulement une question d'augmentation de la production agricole et du commerce mais une question politique. Dans un monde globalisé, la complexité des questions en jeu dans le système alimentaire mondial est en augmentation, les liens entre les secteurs qui influencent et sont influencés par l'agriculture et les relations entre les acteurs deviennent très importants. La crise alimentaire, financière et énergétique, les effets du changement climatique et les politiques globales ont et auront un impact sur la production alimentaire et le type de future agriculture. Dans ce contexte en mutation, quelles sont les conséquences pour l'agriculture ACP et quel avenir pour les agriculteurs les plus vulnérables? Quelles nouvelles politiques et quelle architecture globale de l'aide seraient nécessaires ?

Pour plus d'informations veuillez contacter: boto@cta.int ou lopes@cta.int

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Le 19 septembre 2011

Semaine Mondiale pour l’Abolition de la Viande (SMAV) : 23-30 septembre 2011 (Vegmag)

Pour la troisième fois cette année est organisée une Semaine Mondiale d’actions pour l’Abolition de la Viande (SMAV), du 23 au 30 septembre 2011.

L’élevage, la pêche et la chasse occasionnent en permanence un préjudice immense à un nombre incalculable d’êtres sentients qui souffrent et sont tués pour fournir de la viande.

Plus de 60 milliards d’animaux terrestres sont tués chaque année dans le monde pour être mangés. Infiniment supérieur encore, le nombre de poissons pêchés ou élevés pour finir dans les assiettes.

Les personnes qui refusent de cautionner l’exploitation des animaux pour leur chair sont de plus en plus nombreuses de par le monde. Néanmoins, le nombre de victimes de l’exploitation croît de façon exponentielle : toujours plus d’animaux sont élevés en batterie, toujours plus de poissons sont pêchés…

Ces Semaines Mondiales d’actions pour l’Abolition de la Viande sont l’occasion d’affirmer publiquement que la consommation de produits animaux n’est pas un choix personnel : la question de la souffrance et de la mort que nous infligeons à des myriades d’autres êtres sentients engage évidemment les valeurs de notre société.

La légitimité morale de l’exploitation des animaux élevés, chassés et pêchés doit faire l’objet d’un débat de société.

Nous affirmons qu’aucun argument convaincant ne justifie ce massacre permanent : le plus grand carnage ayant jamais existé à la surface de notre planète doit cesser au plus vite.

Nous agirons sans relâche jusqu’à ce que le débat devienne possible et que nos sociétés en tirent les conséquences politiques.

Nous parions que le XXIème siècle sera celui de l’abolition de "la viande", c’est-à-dire de l’interdiction des produits de la chasse, de la pêche et de l’élevage.

Pour de plus amples informations sur la démarche de la revendication de l’abolition de la viande :

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Le 2 novembre 2011

Le décret Cantines scolaires fait des remous chez les végétariens

Plusieurs associations demandent l'abrogation d'un décret (et arrêtés publiés au Journal officiel du 2 septembre 2011) rendant obligatoire la présence de produits d'origine animale dans les repas servis dans les cantines scolaires....

Des végétariens, mais aussi des militants du bien-être animal qui luttent contre la souffrance des animaux d'élevage et des poissons de pêche....

fishcount.org.uk est un site web consacré à la souffrance des poissons. Il a pour objectifs d’accroître la compréhension à la sensibilité des poissons, de sensibiliser et de promouvoir des solutions à la souffrance des poissons dans la pêche professionnelle.

Il est important pour cette association britannique (relayée en France par les cahiers antispécistes) d'expliquer pourquoi le pire a lieu en mer :

Les "sans-viandes" de tous bords mènent la bataille des cantines scolaires (Le Monde)

Plusieurs associations ont manifesté, mercredi, pour demander l'abrogation d'un décret rendant obligatoire la présence de produits d'origine animale dans les repas servis dans les cantines scolaires.

Plusieurs associations, dont celle de protection des animaux L214 et l'Initiative citoyenne pour les droits des végétariens, ont organisé, mercredi 26 octobre, un rassemblement devant la Direction générale de l'alimentation (DGAL) du ministère de l'agriculture pour protester contre le décret et l'arrêté du gouvernement sur les règles nutritionnelles dans le cadre de la restauration scolaire, publiés au Journal officiel du 2 septembre.

La manifestation n'a rassemblé qu'un petit nombre de personnes, mais les associations sont convaincues de pouvoir compter sur un important soutien national et international. "Nous n'étions pas très nombreux au rassemblement du 26 octobre, reconnaît Brigitte Gothière, porte-parole de L214. Mais il faut dire que nous sommes retrouvés à Paris, en pleine semaine et en période de vacances."

Les textes à l'origine de cette mobilisation rendent obligatoire la présence de produits d'origine animale dans chaque repas proposé, qui doit ainsi comporter un "plat protidique", dont les protéines sont d'origine animale (viande, poisson, œuf ou fromage), ainsi qu'un produit laitier pour couvrir les besoins en calcium. Ils précisent également à quelle fréquence minimum certaines viandes et poisson doivent figurer au menu. Déjà en vigueur dans les structures servant plus de 80 couverts par jour, cette réglementation devrait entrer en application dans les établissements plus petits à compter du 1er septembre 2012. Les associations mobilisées contre le projet sont cependant en train de préparer un recours en annulation devant le Conseil d'Etat.

Modèle alimentaire

Certains élus n'ont pas hésité pas à monter au créneau contre cette nouvelle réglementation, à l'instar des écologistes Sylvain de Smet, conseiller régional du Val-d'Oise et Annie Pournisoff, députée des Yvelines, présents mercredi. S'il n'a pu assister au rassemblement, le maire (EELV) du 2e arrondissement de Paris, Jacques Boutault, a réaffirmé au Monde.fr son soutien à la demande d'abrogation des textes, qui ne correspondent selon lui à "aucune nécessité sanitaire et de santé".

Pour les associations et les édiles qui demandent l'abrogation de ce décret et de cet arrêté, le ministère "impose un modèle alimentaire". "Il n'est pas normal que le gouvernement interdise aux mairies de proposer des menus végétariens, comme le font Strasbourg et Marseille", estime Brigitte Gothière. M. Boutault dénonce quant à lui, sur son blog, un système "privilégiant l'élevage animal coûteux en terme d'empreinte écologique, au détriment d'une agriculture tout aussi riche en éléments nutritionnels, mais plus respectueuse de l'environnement".

Si le décret en l'état ne prohibe pas de servir un repas végétarien hebdomadaire, il ne permet pas aux structures de restauration collective d'en servir plusieurs sur la semaine, explique l'élu. "Nous avions pour objectif de proposer sur la semaine [dans les cantines du 2e arrondissement de Paris] plusieurs alternatives végétariennes aux repas carnés, dont les apports nutritionnels seraient contrôlés par une diététicienne. Un projet rendu impossible par ces nouveaux textes." Par ailleurs, bien que minoritaires, les élèves soumis à un régime végétalien – qui exclut tout produit d'origine animal – se voient doublement pénalisés par ces dispositions, ajoute M. Boutault.....

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