vendredi 6 mars 2009

Choisir les produits de la mer selon leur empreinte carbone

Selon, le rapport de la FAO « Situation mondiale des pêches et de l’aquaculture – 2008 », les activités de pêche et d’aquaculture entrent pour une part mineure mais non négligeable dans les émissions de gaz à effet de serre au cours des opérations de production, de transport, de transformation et de stockage du poisson.

D’un sous-secteur à l’autre, et d’une espèce pêchée ou élevée à l’autre, les différences dans le volume des émissions sont considérables.

Pêche : choisir les produits issus du secteur artisanal

On a estimé à 3 tétragrammes de CO2 par millions de tonnes de combustible utilisé, le rapport moyen carburant/émissions de dioxyde de carbone pour les pêches de capture. Une bonne gestion des pêches permettra d’améliorer sensiblement l’efficacité énergétique de l’ensemble du secteur. Surcapacité et surpêche aboutissent à une réduction des prises par unité d’effort et par conséquent à une moindre efficacité énergétique, tandis que la concurrence entre pêcheurs favorise la recherche de moteurs plus puissants.

Elevage : choisir les poissons omnivores, les coquillages et les algues

La consommation d’énergie dans le secteur aquacole, y compris celle utilisée dans la production d’aliments à base de poisson, tend à être plus élevée dans les élevages de crevettes et de poissons carnivores, et moindre dans les élevages de poissons omnivores, de mollusques, de bivalves et dans la production d’algues.
Selon les estimations disponibles, le rapport entre la production d’énergie sous forme de protéines alimentaires et la consommation d’énergie industrielle pour ces espèces, varie dans une fourchette comprise entre 1,4 et plus de 100 pour cent.

Choisir les poissons, les coquillages et les crustacés produits localement

Comme dans tous les secteurs de la production alimentaire, la récolte est suivie d’activités de stockage, d’emballage, de transport et de production de déchets après consommation, toutes émettrices de CO2. Parmi celles-ci, on relèvera le transport aérien auquel est associé un niveau particulièrement élevé d’émissions par kilogramme de produits aquatiques. Les émissions liées au fret aérien intercontinental peuvent s’élever à 8,5 kg de CO2 par kilogramme de poisson transporté, soit un niveau 3,5 fois supérieur à celui du fret maritime et plus de 90 fois supérieur à celui du transport local du poisson consommé dans un rayon de 400 km du lieu de capture.

L’internationalisation constante du commerce du poisson, qui représente une source précieuse de recettes d’exportation pour nombre de pays en développement, s’accompagnera d’une augmentation du volume des émissions de CO2 imputables à la pêche. Il faudra par conséquent envisager les arbitrages éventuels à faire entre les avantages à l’exportation pour les pays en développement et les efforts de limitation des émissions du transport aérien. Toutefois, il ne faut pas perdre de vue naturellement la part relativement faible du secteur des pêches et de l’aquaculture dans le volume total des émissions de gaz à effet de serre.
Source : FAO (sauf titre et sous-titres)

Pour plus d'informations :

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La moule, un produit naturel avec un excellent Bilan carbone®

C’est la divine surprise de ce bilan, la moule est un produit naturel qui a un excellent Bilan carbone®. C’est une très bonne source de protéines qui génère 40 fois moins de CO2 qu’un kilo de bœuf et 100 fois moins qu’un kilo de veau. Tout aussi diététique, son impact est comparable à celui des légumes. Elle se nourrit de phytoplancton, des micro-algues marines produites naturellement dans le milieu où elle vit et ne nécessite aucun traitement chimique. La moule est facile à cultiver, très résistante aux maladies, les mytiliculteurs doivent simplement éviter de trop intensifier leurs parcs, parce qu’elle est très vorace. Source : L’Hotellerie : Faites le Bilan carbone® de votre restaurant / Un exemple très instructif : Léon de Bruxelles

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7 septembre 2012

Petite crevette, mais énorme empreinte carbone (7/7)

D'un point de vue écologique, un simple cocktail de crevettes devrait être le plat le plus cher d'un restaurant, selon des scientifiques réunis samedi à la réunion annuelle de l'Association américaine pour la promotion de la science (AAAS), à Vancouver.

Un sachet de 450 grammes de crevettes surgelées produit une tonne de dioxyde de carbone: c'est l'une des comparaisons établies par le biologiste J. Boone Kauffman, qui mène des recherches en Indonésie pour l'Université de l'Etat d'Oregon.

Le biologiste explique que 50 à 60% des élevages de crevettes sont implantés en bord de mer dans les pays asiatiques, souvent dans des secteurs où les mangroves (forêts côtières) ont été rasées.

"L'empreinte carbone de crevettes produites sur ce type de terrain est environ dix fois plus importante que la quantité équivalente de boeuf produite en zone de forêt tropicale", sans compter les émissions de gaz à effet de serre de l'élevage, la nourriture, le conditionnement, le stockage et l'expédition des marchandises, martèle J. Boone Kauffman dans un article.

Ces élevages sont peu efficaces: ils ne produisent qu'un kilo de crevettes sur 13,4 m2 de mangrove. Et les propriétaires de ces exploitations abandonnent les bassins d'élevage après 3 à 9 ans de production, souvent à cause des maladies qui s'y développent, de l'acidité et de la contamination du sol, écrit le biologiste. Il faut ensuite entre 35 et 40 ans au terrain pour se régénérer. (belga)

Autre source : Tiny shrimp leave giant carbon footprint: scientist (phys.org)

Référence : Kauffman, B. (2012). Presentación. Jumbo-sized carbon footprint of farmed shrimp tracked by scientist. American Association for the Advancement of Science, 2012.

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Photo : Dominique Baron-Richiero, Présidente de l'association des ostréicultrices du bassin de Marennes-Oléron, prépare des huîtres pour la vente

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