dimanche 13 mai 2012

Extraction de sable en Baie de Lannion : Touche pas à mon lançon !

Baie de Lannion : Touche pas à mon lançon !

Dimanche 13 mai 2012 sur la plage de Tresmeur.

« Touche pas à mon lançon ! » crie une foule de macareux, turbots, bars, merlus, pêcheurs professionnels et de loisirs réunie à Trébeurden en baie de Lannion. Ils dénoncent l’ouverture d’un chantier d’extraction de sables coquilliers par la Compagnie Armoricaine de Navigation (CAN), filiale du Groupe Roullier de Saint-Malo.

Pour plus d'informations sur l'appel à manifester du collectif Peuple des dunes (regroupant 45 associations), cliquer Ici

Les experts n’ont pas jugé bon de mesurer les conséquences de l'extraction de sable sur la ressource en lançon dans l’étude d’impact suite à la demande de concession minière d’ouverture de travaux, d’exploitation et d’autorisation d’occupation domaniale en vue d’exploiter un gisement de sable coquillier. (1)

« Le lançon est un poisson très sensible à la granulométrie des fonds marins ; il a besoin d'un sable fin dans lequel il peut s'enfoncer... » explique Claus Stenberg, biologiste danois, spécialiste du lançon, la principale pêcherie au Danemark.

Le lançon, un grain de sable du peuple des dunes marines…

Le lançon qui peuple les dunes sous-marines, est contre toute attente le grain de sable dans l’extraction des sables coquilliers en baie de Lannion.

Le lançon, ce poisson inconnu de nos étals, est l’un des maillons forts de la chaine alimentaire marine et aviaire…

Au Japon, le lançon fut la première victime des rejets radioactifs de la centrale nucléaire de Fukushima. Met de choix à la sortie de l’hiver, le lançon a été interdit de commercialisation trois semaines après la catastrophe japonaise du 11 mars 2011. Met de choix pour les espèces marines, le lançon a contaminé toute la chaine alimentaire marine. A ce jour, près de 30 espèces de poissons « explosent » les normes sanitaires sur la côte nord-est du Japon (depuis mars 2012, la norme sanitaire est fixée à 100 béquerels de césium radioactif par kilo de poisson). Cabillaud, flétan, rascasse et autre saumon sont impropres à la consommation après s’être gavés de lançons bourrés de radionucléides…

Le lançon porte mieux son nom anglais « Sand-eel » ou « anguille des sables ». Au Danemark, le lançon est le poisson de 1e choix de la pêcherie minotière. Cette industrie a passé au crible le programme éolien, au moment de l’installation des premières éoliennes offshore sur les vastes bancs de sable de la côte ouest…

Quels impacts auraient ces éoliennes sur la ressource en lançon ?

Après 10 ans de fonctionnement, les biologistes danois ont comparé les données recueillies avant la mise en service des éoliennes avec celles d’aujourd’hui... « Notre étude a montré que les turbines n'ont pas affecté la vie des poissons dans la zone », explique Claus Stenberg, biologiste de DTU Aqua.

Les chercheurs avaient hâte de savoir comment les espèces qui vivent sur les immenses fonds sableux comme le lançon, seraient impactées par les turbines... Le lançon est la principale ressource en poisson pour l'industrie minotière au Danemark.

« L'étude montre que les parcs éoliens ne sont pas une menace, et tout particulièrement pour le lançon. Ce poisson, très sensible à la granulométrie des fonds marins, a besoin d'un sable fin où s'enfoncer... Les "machines" n'ont pas eu d'incidence sur la taille des grains de sable dans le fond, pas plus que sur le nombre de lançons », explique le biologiste....

Manifestation citoyenne à Trébeurden

Faire l’impasse sur le lançon dans l’étude d’impact d’un chantier d’extraction de sables (1), c’est se mettre à dos, les oiseaux de mer, les poissons, les plongeurs, les pêcheurs professionnels et de loisirs de toute la baie de Lannion.


Le Peuple des dunes en Trégor appelait ce dimanche la population à manifester en nombre, ce dimanche, sur la plage de Tresmeur, à Trébeurden, pour s'opposer au projet d'extraction de sable coquillier. Environ 3.000 personnes ont répondu à l'appel.

Ce dimanche, à partir de 11h30, le collectif Le Peuple des dunes en Trégor (45 associations) organisait une grande manifestation sur la plage de Tresmeur, à Trébeurden. Il s'agit pour le collectif de s'opposer au projet d'extraction de sable coquillier en baie de Lannion porté par la Compagnie armoricaine de navigation (groupe Roullier). Qualifié de «rassemblement citoyen», cet événement soutenu par Lannion-Trégor Agglomération et les treize communes littorales veut faire pression sur les services de l'État pour qu'aucun titre minier ne soit délivré à l'exploitant qui fournit, entre autres, de l'amendement à l'agriculture bretonne....

(1) Avis négatif de l’Ifremer sur l’étude d’impact….

« Beaucoup d’imprécisions et d’erreurs demeurent dans la connaissance de la faune benthique. Au final, le document n’apporte que peu d’éléments sur la fonctionnalité de l’habitat que représentent les sables coquilliers, notamment vis-à-vis de la ressource en lançons qui caractérise le site….
Dans ces conditions, sur la base du dossier reçu et de l’expertise réalisée, l’Ifremer émet :
  • Un avis réservé à la demande de concession ;
  • Un avis très réservé à l’autorisation d’ouverture des travaux d’exploitation…. »
Document sur l’avis de l’ifremer quant à la demande de concession, d’autorisation d’ouverture de travaux (…) sur le site de la « Pointe d’Armor » en baie de Lannion, déposée par la Compagnie Armoricaine de Navigation (CAN), signé le 24 janvier 2011 par Jean-Yves Perrot, Pdg de l’Ifremer. Pour accéder au document de l'Ifremer, cliquer Ici


Plus déterminés que jamais, les pêcheurs professionnels du Trégor sont bien décidés à continuer le combat si, malgré des avis largement défavorables (élus, associations et citoyens ont fermement exprimé leur désaccord lors de l'enquête publique et Ifremer s'est dit très réservé), le titre minier d'extraction de 400.000m³ de sable par an est accordé à la Compagnie armoricaine de navigation.

«Notre profession est directement menacée»

Jean-Jacques Tanguy, président du Comité départemental des pêches du Finistère, s'apprête à rejoindre le mouvement. «Notre profession est directement menacée car la zone convoitée par la CAN est un habitat privilégié pour le lançon dont se nourrissent le lieu ou le bar qui partiront ailleurs s'il disparaît. Mais nous sommes aussi très inquiets par la turbidité provoquée par l'exploitation d'une telle ampleur (l'équivalent de la tour Montparnasse par an tout de même !). Ce phénomène remet en suspension dans l'eau les dépôts et les boues qui se déposent ensuite sur la flore et l'asphyxient. Véhiculées par les courants, les deux zones Natura 2000 jouxtant cette zone subiraient, bien sûr, de plein fouet, les conséquences de la turbidité mais aussi la pêche professionnelle sachant que la faune se trouverait alors sans habitat et sans nourriture», s'inquiète le pêcheur trébeurdinais Philippe Priser.....


Pêcheurs, gardiens des écosystèmes côtiers

Dans une résolution adoptée le 16 février 2012, les eurodéputés insistent sur le fait « que la réforme de la PCP doit remettre l'accent sur le rôle de gardien et de gestionnaire des ressources marines que joue le secteur (de la pêche), en vue de créer une économie plus efficace, plus écologique et plus compétitive. » (Le Parlement européen a adopté une résolution sur la contribution de la politique commune de la pêche à la production de biens publics.)

D’autre part, les parlementaires européens ont déclaré que le poisson était un bien commun. (Déclaration du Parlement européen du 18 avril 2012 sur le poisson en tant que bien commun)

Conclusion : Les pêcheurs jouent le rôle de gardiens sur le poisson en tant que bien commun. Ils sont les gestionnaires des ressources marines en vue de créer une économie plus efficace, plus écologique et plus compétitive.

Philippe Favrelière

Autres articles :
Photographie : Macareux (Ron Le Valley / IRD)

Pour aller plus loin....

Lannion. Alain Cadec, député Européen, s'oppose à l'extraction de sable

Source : Le Télégramme  (22 mai 2013)



"Non à l'extraction massive de sable en Baie de Lannion !" peut-on lire sur le blog d'Alain cadec
 

Alain Cadec, député européen, réaffirme son soutien au collectif "Le peuple des dunes en danger en Trégor" qui s'oppose au projet d'extraction de sable en baie de Lannion et a appuyé leur demande au Parlement européen.

"La baie de Lannion est un site remarquable avec un écosystème vulnérable dont les dunes sous-marines de sable coquiller constituent le véritable poumon", constate d'entrée Alain Cadec, le député européen UMP. "Aussi, écrit- il, je soutiens pleinement le collectif "Le peuple des dunes en danger en Trégor" dans son combat contre leprojet d'extraction de sable en baie de Lannion. Ce projet démesuré concerne en effet un espace maritime situé entre deux zones classées Natura 2000. Il consisterait à prélever 8 millions de mètres cube de sable coquillier... Rien de moins ! ".

"Impact négatif"

"Il aurait pour conséquence la disparition pure et simple, au terme de l'exploitation, de ce "banc de sable" indispensable à la reproduction de nombreuses espèces: lançon, lieu, bar etc... Ce projet aurait ainsi un impact négatif direct sur toutes les activités dans la baie de Lannion comme la pêche, le tourisme, la conchyliculture...", poursuit Alain Cadec

Il note encore : " L'effondrement de cette dune sous-marine de 10.000 ans aurait donc des effets dévastateurs sur ce bout de littoral préservé, qui regorge encore de ressources naturelles très riches. L'intérêt économique de cette opération ne peut pas justifier une telle destruction".

Un courrier à la commission des pétitions

"Le Peuple des dunes a déposé une pétition au Parlement européen que je soutiens. J'ai adressé en ce sens un courrier à la commission des pétitions. Je serais très attentif à l'évolution de ce dossier: Le poumon de la baie de Lannion ne doit pas disparaître", conclut l'élu européen.

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Le 8 octobre 2013

Attention à la destruction de la baie de Lannion


Quand le dernier oiseau de la réserve naturelle nationale des Sept-Iles, au large de Perros-Guirec (Côtes-d'Armor), disparaîtra-t-il du ciel ? Quand le dernier pêcheur de la baie de Lannion remisera-t-il ses filets ? Quand les plages de sable blanc qui ourlent le littoral du Trégor laisseront-elles place à des grèves de cailloux ? Si le projet de dragage d'un haut fond de sable coquillier situé entre deux zones Natura 2000 censées protéger le site de la baie de Lannion est autorisé par les pouvoirs publics, la réponse est: quelques dizaines d'années tout au plus.

Source : Le Monde par Collectif

Les habitants de cette extrémité ouest des Côtes-d'Armor et ceux qui, côté Finistère, vivent sur les bords de la baie de Lannion, ce "Peuple des dunes en Trégor", avec ses élus municipaux unanimes, tous s'y opposent.

Les amoureux du Trégor qui viennent de toute la France y passer leurs vacances, les millions de touristes qui arpentent le sentier des douaniers à Ploumanac'h et s'extasient devant les fous de Bassan de l'île Rouzic, personne ne se résigne au désastre environnemental et économique annoncé.

D'une part, la prospérité d'un des pays de la Bretagne Nord, le Trégor, assise sur l'exploitation raisonnée, pêche et tourisme, de son littoral, sur l'agriculture maraîchère et l'élevage, sur les industries nées des télécommunications dont Lannion est devenue la capitale en France. A la grande pauvreté qui a sévi jusqu'au début du XXe siècle a succédé, cent ans plus tard, une réussite régionale exceptionnelle.

D'autre part, le projet de la Compagnie armoricaine de navigation (CAN), filiale du Groupe Roullier de Saint-Malo : extraire 8 millions de mètres cubes de sable coquillier accumulé par des millénaires de sédimentation et le jeu des courants dans une dune sous-marine située par 35 m de fond à moins de 5 km des côtes, en plein milieu de la baie de Lannion.

Pas de garanties minimales On le sait maintenant : le sable est une ressource finie, non renouvelable à l'échelle humaine. Dragué en mer, il disparaît des rivages. La Californie, la Floride, la Malaisie en sont témoins. Qu'adviendra-t-il de la faune et de la flore, lorsque disparaîtra un maillon de la chaîne alimentaire ? En baie de Lannion, un minuscule poisson, le lançon, qui vit par millions dans des sables légers, tel le sable coquillier des hauts fonds, est le "fourrage" des poissons et des oiseaux marins.

Les hommes, pêcheurs, professionnels du nautisme, du tourisme, vivent eux aussi de cette ressource naturelle. Ils refusent l'extraction prédatrice des sables où elle prend naissance.

Avec le bouleversement des fonds sous-marins, qu'adviendra-t-il lors des grandes tempêtes telle celle du 10mars 2008, dont la côte trégoroise porte les traces ? La faune sera très affectée, voire disparaîtra sur les 4 km² de la zone d'extraction. Mais la turbidité générée par les particules fines remises en suspension et rejetées par le dragage iront se redéposer jusqu'à 100 km2 alentour, dans les zones calmes de Natura 2000 (zone d'intérêt communautaire) du pourtour de la baie menaçant d'autres écosystèmes.

L'enquête publique, appuyée sur une étude d'impact indigente, n'apporte pas les garanties minimales d'une décision rationnelle et démocratique. Elle n'informe ni sur les solutions alternatives de lieu d'extraction ni de matériau, ni sur les effets négatifs du projet. Au nom de 29 emplois annoncés par le Groupe Roullier, les pouvoirs publics peuvent-ils programmer la disparition de centaines d'emplois de la pêche, du nautisme et du tourisme ? Au nom de besoins allégués de sables coquilliers pour amender la terre maraîchère, peut-on détruire la mer ? Il serait tout de même incohérent et irresponsable, de la part des pouvoirs publics, de donner à une entreprise privée l'autorisation de se livrer à une exploitation destructrice de ce milieu naturel à la sauvegarde duquel ils ont puissamment contribué. Nous adjurons le gouvernement de faire prévaloir la sauvegarde d'une région, de sa faune, de sa flore, de ses côtes, de ses habitants, sur les intérêts financiers d'une seule entreprise privée.

Collectif

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Le 12 octobre 2012

Frédéric Cuvillier, ministre délégué aux Transports, à la Mer et à la Pêche, sera à Perros-Guirec, le19octobre. Pour le Peuple des dunes en Trégor, qui s'oppose au projet d'extraction de sable coquillier en baie de Lannion, c'est l'occasion de «demander au ministre quelle est clairement sa position sur le dossier. Suivant sa réponse, on remettra la pression comme on a su le faire avec le rassemblement de mai dernier (4.500 manifestants réunis sur la plage de Trébeurden, NDLR)», prévient Alain Bidal. Pour le porte-parole du collectif de plus de 30 associations, ce n'est «pas le moment de mollir». Surtout quand des bruits faisant état d'un titre minier en voie d'obtention par la Compagnie armoricaine de navigation circulent. Tel mercredi au conseil municipal de Trébeurden, par la voix d'Odile Guérin, élue à l'environnement et, par ailleurs, membre du collectif frondeur. Info, rumeur? Pour Alain Bidal, «rien n'est encore acté. Il est encore temps de se faire entendre auprès du ministre».

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22 mai : Journée internationale de la Biodiversité

22 mai 2012 : Journée internationale de la biodiversité marine...

La Biodiversité marine est le thème choisi pour la Journée internationale de la biodiversité (JIB) de cette année. Le choix du thème de la JIB 2012 soit le thème des écosystèmes marins fournit aux Parties à la (CDB) et à tous ceux qui s'intéressent à la vie marine, l'opportunité d'augmenter la sensibilisation du public sur cette question et de favoriser les actions concrètes.

Quelle est la diversité de la vie se trouvant dans les océans ?

De 2000 à 2010, une collaboration sans précédent à l'échelle mondiale entre les scientifiques du monde a tenté de déterminer l'ampleur des formes de vie dans les océans.

Le projet surnommé "Recensement de la vie marine" impliquait 2,700 scientifiques provenant de plus de 80 nations ayant participé à 540 expéditions à travers le monde entier. Ils ont étudié la surface des eaux des océans, sondé les profondeurs obscures des océans, vogué sur les mers tropicales et exploré les océans parsemés de glaces en Arctique et en Antarctique.

Au moment où le recensement a pris fin, 1,200 espèces nouvelles ont été ajoutées à liste connue des espèces marines et les scientifiques continuent d'étudier 5,000 spécimens supplémentaires afin de déterminer si elles sont véritablement de nouvelles espèces . Le nombre estimé d'espèces marines connues, les espèces ayant été identifiées ainsi que celles qui ont été documentées mais pas encore classifiées a augmenté jusqu'à 250,000, un résultat direct des efforts menés dans le cadre de ce projet de recensement. (Ce total n'inclut pas les formes de vie microbiennes tels les virus marins) Dans son rapport final, l'équipe du recensement suggère que celles-ci seraient environ un million. D'autres pensent que ce nombre pourrait être deux fois plus grand.

Pour plus d'informations : Convention de diversité biologique

Forum national des pêcheurs (NFF)
(Confédération nationale de syndicats régionaux, Inde)
Le 7 avril 2012

Appel à mobilisation pour la journée mondiale de la biodiversité

Le 22 mai 2012 sera Journée mondiale de la biodiversité.

Cette année, elle aura pour thème La biodiversité marine et côtière.

Les communautés de pêche traditionnelles de la côte sont les enfants de la mer. Elles vivent des ressources côtières et marines, qui sont essentiellement les produits de la biodiversité.

Dans la bande côtière, les stocks sont pratiquement épuisés. Les pêcheurs traditionnels, en tant que sauveteurs de la mer, ont lancé le slogan suivant : Sauvons l'eau, sauvons la côte, sauvons les gens de la côte !

Ces populations de pêcheurs côtiers traditionnels – principaux utilisateurs et gardiens naturels des ressources côtières – sont menacées d'extinction.

A. À l'intérieur des aires protégées marines et côtières, il leur est interdit de pêcher, au nom de la conservation de la nature.

B. À l'extérieur des aires protégées marines et côtières, on empiète sur leur territoire, on les chasse au nom du développement : centrales thermiques et nucléaires, ports, industries, tourisme, pêche industrielle destructrice...

Le NFF lance un appel à toutes les populations de pêcheurs côtiers traditionnels et à leurs organisations, notamment celles qui sont affiliées au NFF, pour qu'elles réaffirment, à l'occasion de cette Journée mondiale, leur droit de protéger la diversité biologique et leur droit d'utiliser de manière durable ses produits.

Le 22 mai 2012, tout au long des côtes, les communautés de pêche traditionnelles devraient se faire entendre dans les formes qui conviennent au contexte local (réunions, manifestations, plantation de mangrove, protestations contre la pollution, les méthodes de pêche destructrices, le saccage de la diversité biologique...) et soumettre leurs pétitions aux autorités des divers États concernés et au Gouvernement central.

Rambhau Patil, Secrétaire général
Vasudev Boloor, Secrétaire / T. Peter, Secrétaire / Pradip Chatterjee, Secrétaire

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20 octobre 2012

On peut être ministre de la Mer et ne pas trop vouloir se mouiller. Hier, à Perros-Guirec(22), Frédéric Cuvillier a préféré laisser un de ses conseillers s'entretenir avec le Peuple des Dunes en Trégor, collectif opposé auprojet d'extraction de sable en baie de Lannion.

«On a écrit, cet été, à Delphine Batho (ministre de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie). On n'a pas obtenu de réponse. Le ministre de la Mer pourra bien faire le facteur...». 10h, hier, sur le perron de la mairie de Perros-Guirec. Sourire en coin, Alain Bidal, président du collectif Le Peuple des Dunes en Trégor, a la formule facile. S'il n'a pas vu Frédéric Cuvillier en personne - le ministre délégué clôturait, hier, le congrès de l'Association nationale des élus du littoral - le porte-parole des opposants au projet d'extraction de sable coquillier en baie de Lannion (400.000m³ par an) a pu faire passer le message au représentant du gouvernement.

«Ne pas opposer les emplois»

C'est François Lambert, conseiller «mer» auprès du ministre, qui a joué les intermédiaires. «Le cabinet du ministre avait peur que nous manifestions, il nous imaginait peut-être comme des écolos tout fous, des gens trop "clivants". Mais il a bien compris que nous n'étions pas dans ce registre», résume Alain Bidal. Entouré de Philippe Priser, voix des pêcheurs professionnels, et de Patrice Desclaud, administrateur d'Eau et rivières de Bretagne, le porte-parole explique avoir, d'emblée, cherché à évacuer toute méprise. «Le Peuple des Dunes n'est pas là pour dire non à l'extraction de sable mais seulement pour dire non à l'exploitation à cet endroit-là», martèle le militant qui rappelle que le gisement, visé par la CAN (groupe Rouiller), ne se trouve qu'à 6km des côtes de Trébeurden, dans une dent creuse, située entre deux zones Natura2000. «On ne veut pas davantage opposer les emplois. Mais quand le groupe Roullier parle de 25 salariés dans la balance, nous, on peut parler des 100 bateaux de pêche qui travaillent sur la zone, de la plaisance, du tourisme... Le conseiller du ministre a bien compris que ce ne sont pas des emplois délocalisables». Alors que Claudy Lebreton, président du département, dit «non», que les treize communes littorales concernées, l'agglo trégorroise, la députée Erhel, mais aussi les comités des pêches partagent la même unanimité, le Peuple des Dunes s'est senti, hier, «encouragé» dans sa démarche.

«Continuer à alimenter le débat»

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Le 16 novembre 2012


La Commission européenne a adopté ce vendredi un plan d’action pour lutter contre les captures accidentelles d’oiseaux marins par les engins de pêche.

Des preuves scientifiques indiquent que de nombreuses espèces d’oiseaux marins, notamment les albatros, les pétrels, les puffins, les pingouins, les canards marins et les plongeons, se font prendre chaque année par des engins de pêche. « Les mesures prises jusqu’ici pour empêcher les oiseaux de mer de s’emmêler dans les engins de pêche se sont révélées inefficaces » estime la Commission.

Le nouveau plan d’action vise à établir un cadre de gestion, « afin de ramener les prises accessoires d’oiseaux marins à des niveaux aussi bas que possible ». Il met l’accent sur les pêcheries palangrières et à filets fixes, « où les prises accessoires d’oiseaux marins sont connues pour être les plus importantes ». Il couvre également d’autres engins de pêche tels que les chaluts et les sennes tournantes.

Trente recommandations

Ce plan comporte aussi un large éventail d’éléments contenus dans une trentaine de recommandations (1). Elles combinent mesures contraignantes et non contraignantes. « Ces règles s’appliqueront aux navires de pêche de l’UE à l’intérieur et en dehors des eaux de l’Union, ainsi qu’aux navires non UE opérant dans les eaux de l’Union. »

Le plan est établi en conformité avec les objectifs et les principes de la réforme de la politique commune de la pêche (PCP) actuellement en cours de négociation. « Il encourage la gestion des écosystèmes, dans toutes leurs composantes et met en avant une approche ascendante régionalisée. Cette démarche vise à donner de plus grandes responsabilités aux états membres et aux parties prenantes. »

Maria Damanaki, commissaire chargée des affaires maritimes et de la pêche, considère que ce plan d’action « donnera une vision claire et complète de la situation actuelle et des progrès nécessaires pour parvenir à une gestion cohérente et efficace destinée à minimiser les prises accessoires d’oiseaux marins ».

49 espèces menacées

Les interactions entre la pêche et les oiseaux de mer entraînent des taux de mortalité accidentelle qui représentent une menace pour de nombreuses populations d’oiseaux marins. Elles ont aussi des effets négatifs sur la productivité et la rentabilité de la pêche.

D’après les estimations du Conseil international pour l’exploration de la mer (CIEM), plus de 200 000 oiseaux de mer au bas mot meurent chaque année du fait d’interactions avec la flotte de pêche de l’UE dans les eaux UE et dans les eaux en dehors de l’Union. Au moins 49 espèces d’oiseaux marins faisant l’objet de captures accidentelles sont considérées dans un état de conservation préoccupant.

Il s’agit notamment du puffin des Baléares, du puffin fuligineux, du puffin yelkouan et du goéland d’Audouin, qui sont capturés accidentellement dans les pêcheries palangrières dans les eaux de l’UE, et de l’eider de Steller, du plongeon catmarin, du plongeur arctique, du grèbe esclavon et du harle piette, qui se font capturer dans les pêcheries à filets fixes, principalement en mer Baltique.

(1) Voir la liste complète des actions proposées

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