lundi 26 septembre 2011

Nouvelle-Zélande : Hoki et Haka au pays des Maoris

Nouvelle-Zélande : Hoki et Empereur au pays du Haka

Ou comment les pêcheurs bigoudens (*) peuvent devenir les futurs Maoris de la pêche française !

Avant le match de rugby contre les All Blacks de Nouvelle-Zélande, les joueurs français répétaient que le haka, marque de reconnaissance de l’équipe néozélandaise, ne pouvait pas les ébranler. Cette danse guerrière ancrée au plus profond de la mémoire Maori, peuple autochtone de la Nouvelle-Zélande, n’est-elle pas l’expression d'une révolte, la volonté de ce peuple opprimé de sortir de la soumission imposée depuis l'époque coloniale ? « Plus que tout autre aspect de la culture Māori, cette danse complexe est une expression de la passion, de la vigueur et de l'identité de ce peuple.... » (Wikipedia)

Quelle place aux droits coutumiers Maoris dans la pêche néo-zélandaise soumise aux QITs ?

Dépossédés de leurs territoires ancestraux de pêche, les Maoris doivent lutter pour faire valoir leurs droits coutumiers. Depuis la privatisation de la ressource halieutique avec la gestion des pêcheries par le système des Quotas Individuels Transférables (QIT) en 1986, les Maoris sont relégués dans les « pêcheries accessoires » : « la pêche récréative et les pêches non commerciales en général (dont la pêche coutumière des Maoris, par exemple) (Kerr et al, 2004). »

Répartition des quotas de pêche néozélandais pour la campagne 2011/2012 :

  • Pêche commerciale : 670.818 tonnes, pêche coutumière Maoris : 4.522 tonnes et pêche récréative : 11.055 tonnes,
  • Les Maoris ont un droit de pêche de 20 tonnes de Hoki (comparé au 120.010 tonnes de la pêche commerciale),
  • Pêche commerciale a un droit de pêche de 8.221 tonnes d’Empereur (Hoplostète orange) contre Zéro pour les Maoris qui n’ont pas les moyens de pêcher cette espèce profonde.

Voir la répartition des TAC par espèce : Ministère de la Pêche

Présentation de la filière halieutique néo-zélandaise : Seafood New Zealand

La Nouvelle-Zélande gère ses ressources halieutiques à partir de quotas individuels depuis 1986, date de la « fisheries Amendment Act », pour les principales espèces commerciales comme le Hoki et l’Empereur. Les quotas individuels étaient initialement alloués sous forme de tonnage annuel fixe permanent basé sur le niveau moyen de capture historique. Ce système devait permettre au gouvernement de racheter des quotas s’il voulait réduire le niveau de capture totale d’une pêcherie. Mais les coûts se sont avérés beaucoup trop lourds à supporter pour l’Etat qui change alors le système en 1990. En transformant les Quotas Individuels non plus en volume fixe mais en parts d’un quota global pour le pays (ou Total Admissible de Capture – TAC), la charge des risques associés à l’incertitude du prochain niveau de TAC est transférée de l’Etat vers l’industrie (OCDE, 2004).

Fin 2004, 95 espèces étaient gérées de cette manière, ce qui représentait la quasi-totalité des prises (85%). Lors de la mise en place des QIT, les objectifs affichés étaient de limiter la pêche à des niveaux soutenables à long terme pour les stocks. Les plafonnements de capture doivent permettre d’atteindre le niveau de Production Maximale Soutenable (PME) et de limiter la surcapitalisation de la filière. Les quotas individuels transférables font partis d’un système plus large de gestion des pêches par quotas, le Quota Management System, incluant des contrôles sur les zones, les techniques et les saisons de pêche. (Kerr et al, 2004).

La mise en place des QIT aurait accru de manière importante la rentabilité des pêcheries néo-zélandaises. La concentration de la propriété des quotas, et la rationalisation économique traduise à la fois les capacités d’investissements de certains détenteurs de quotas et une amélioration de l’efficacité économique du secteur mais aussi une perte d’emploi pour un nombre important de petits pêcheurs.

Sanford, le géant de la filière halieutique néo-zélandaise

En Nouvelle-Zélande, depuis l’introduction des QIT, les secteurs de la transformation et de la commercialisation ont vu leurs performances économiques progresser. Le niveau d’emploi dans ces secteurs s’est accru et a pu absorber les pertes d’emplois issues de la concentration des quotas. Il est toutefois difficile d’attribuer ce phénomène à la seule introduction des QIT. Les conditions de stabilité macroéconomique de l’économie néo-zélandaise à cette même période participe sans doute également aux effets constatés (OCDE, 1997).

Sanford Limited est probablement la société qui a tiré le plus d’avantage de la privatisation de la ressource halieutique néo-zélandaise. En novembre 2007, l’armement Sanford Limited disposait d’un quota global de 137.749 tonnes sur un total national de 552.221 tonnes soit un quart de la production de la pêche soumise au Qit (qui représentait plus de 85% des captures nationales)

Sanford Limited est une société cotée à la bourse de Hong Kong qui appartient au Groupe néo-zélandais Amalgamated Dairies Ltd., société spécialisée dans l’exportation des produits agricoles néo-zélandais et qui ne cache pas ses succès commerciaux sur son site internet :

  • 1920 à 1950 : Expédition de produits laitiers en Grande-Bretagne,
  • 1934 : Première expédition de produits laitiers au Japon.
  • 1953 : Première vente d’agneau néozélandais aux Antilles.
  • 1955 : Première vente d’agneau néozélandais au Canada.
  • 1958 : Première vente de bœuf néozélandais aux États-Unis.
  • 1969 : Première vente de viande néozélandaise (bœuf et mouton) à l'Union soviétique (URSS) qui lui a probablement donné le goût des produits de la mer.
  • 1973 : Création d’Amalgamated Marketing Ltd au sein du Groupe Amalgamated Dairies pour la commercialisation des produits de la mer qui depuis 20 ans est devenue l’activité exclusive du Groupe Amalgamated Dairies Ltd.
  • 1979 : Entrée dans l'industrie de la pêche néozélandaise par l’affrètement de chalutiers soviétiques.
  • 1980/1990 : Affrètement de chalutiers soviétiques pour répondre à la demande en poisson dans le monde entier.
  • 1983 : Création de l’armement Amaltal Fishing Company, à part égale entre Amalgamated Marketing Ltd et Talleys Fisheries Ltd de Motueka
  • Année ? : Création ou acquisition de Sanford limited qui est devenu le fleuron du Groupe avec une production de 200.000 tonnes de produits halieutiques....

Sanford Limited qui produit plus de 200.000 tonnes de poissons, coquillages et crustacés par an, est de plus en plus impliqué dans l'aquaculture (conchyliculture et salmoniculture) :

  • Les captures annuelles s'élèvent à plus de 150.000 T avec les espèces phares, Hoki, Empereur (1.500 T), Thon (25.000 T),
  • et l’aquaculture : Moule verte (40.000 T), Saumon (en démarrage 3.000 T) et Huître…
(*) et pêcheurs bretons, basques, normands, corses, varois, sétois, vendéens,...
Philippe Favrelière

Autres articles :

Pour aller plus loin....

"Il faut interdire la pêche en haute mer !"

Un groupe de scientifiques vient de publier un rapport accablant concernant la pêche en haute mer et appelle les autorités internationales à l'interdire, d'après le Washington Post.

Dans leur rapport, ces scientifiques décrivent les fonds marins, autrefois luxuriants et remplis de vie, comme des déserts d'où toute vie marine a disparu ou presque.

Les pêcheurs se sont déplacés au large des côtes à la recherche de stocks de poissons, comme le loup de mer chilien ou l'hoplostète orange. Pour eux, quasi toutes les espèces marines sont désormais en danger de disparition, la surpêche les empêchant de reconstituer les populations de manière à ce que celles-ci restent viables.

Une catastrophe

"Vu que les pêcheurs ne trouvent plus de poissons le long des côtes, ils avancent au large et déciment le peu de poissons encore en vie. Les gens doivent réaliser que les stocks de poissons ne sont pas inépuisables. Que feront tous ces gens et ces pêcheurs quand il n'y en aura plus aucun? Il est déjà presque trop tard pour enrayer la machine. C'est pourquoi il faut interdire tout de suite la pêche en haute mer!"préviennent ces scientifiques.

Ils soulignent également les dégâts faits sur les récifs de corail, des dommages qui mettront des milliers d'années à se réparer, s'ils y parviennent un jour... "Les gens s'obstinent à ne pas comprendre l'importance des coraux dans les écosystèmes marins, ni des conséquences de leur consommation de poisson". Le fameux "bah, c'est pas pour un... De toute façon, il est déjà mort puisqu'on me le propose dans le menu" qui ne permette pas de changer la donne.

"Pour permettre à la vie marine de se reconstituer, il faut interdire toute pêche en haute mer, ça peut paraître radical, mais c'est la seule solution", mettent-ils en garde. "Quand le poisson aura disparu, comment les gens feront-ils pour se nourrir? Une fois que les poissons auront disparu, ça sera définitif! Les pêcheurs et les consommateurs auront beau se plaindre, ils seront les seuls responsables de ce gâchis" concluent-ils. Source : 7sur7.be

Lire le communiqué de Marine Conservation

Pour télécharger l'étude pilotée par Elliott A. Norse : Sustainability of deep-sea sheries

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Le 21 février 2012



Au cœur de la nature…

Les eaux de la Nouvelle-Zélande regorgent de poissons, coquillages et crustacés en tous genres. Alevins, truites, anguilles, langoustes sont monnaie courante en Aotearoa.

Laissez-vous tenter par la fraicheur des coquilles Saint-Jacques et des moules de Marlborough, directement pêchées dans les fjords Marlborough Sounds, ou par les huitres de Bluff, ville située tout au Sud de l’île.

Vous ne manquerez pas de goûter l’incontournable paua, coquillage incontournable de la culture maorie dont la coquille aux reflets irisés est recyclée en bijou et en ornement. Enfin, et les tuatua et les toheroa, coquillages extrêmement prisés en Nouvelle-Zélande, raviront les papilles des amateurs.

Vous y trouverez également les typiques kumaras, patates douces de la Nouvelle-Zélande. A l’origine polynésiennes, elles ont été importées par les Maoris. Leur spécificité vient notamment du fait que leur goût varie en fonction de leur couleur : variant du jaune au rouge, les kumaras oranges sont les plus douces et veloutées. Le Rewena paraoa, très apprécié pain maori au kumara, sucré et fondant, est confectionné pour accompagner les repas.

Enfin, Aotearoa foisonne de kiwis, fruits néo-zélandais par excellence, appréciés pour leur goût sucré et acidulé. Longtemps appelé « Groseille de Chine », le mot « kiwi » a été attribué au fruit en référence à l'oiseau emblématique du pays de la Nouvelle-Zélande. Laissez-vous surprendre par les différentes formes que prend le kiwi sur l’île : il se déguste nature ou sous forme de gelée, de confiture, de marinade, de chutney ou même de vin !

Idée voyage : pour découvrir la Nouvelle-Zélande par sa gastronomie, Zest Food Tours propose des randonnées « gourmet » autour d’Auckland, à découvrir !

La tradition maorie

Le hangi, le repas néo-zélandais traditionnel, est une expérience à ne pas manquer. A Rotorua, venez participer à la dégustation de ce plat, longtemps cuit à l’étouffée dans des paniers placés sur un tapis de pierres volcaniques chauffées, placées au fond d’une fosse creusée dans le sol. Plus qu’un repas, vous partagerez un véritable moment de spectacle : musique et danse sont toujours au rendez-vous lors d’un festin maori.

L’héritage britannique

Les amateurs de viande seront eux aussi servis : la réputation de la viande d’agneau tendre et fine de Nouvelle-Zélande n’est plus à faire. Les habitants la dégustent en général très cuite et accompagnée de légumes croquants.

La viande de chevreuil compte également beaucoup d’amateurs parmi les néo-zélandais, et vous saurez en apprécier la qualité. La pavlova, dessert meringué d’origine britannique, saura ravir tous les gourmands. Son nom est un hommage à la danseuse Anna Pavlova et à son tutu. Spécialité pâtissière en Nouvelle-Zélande, elle se compose d'une couche généreuse de meringue rehaussée d'une crème chantilly recouverte de fruits et de coulis.

Modernité et mélange des cultures

La cuisine néo-zélandaise ne se résume pas aux traditions maories ni à l’héritage britannique ; le multiculturalisme qui y existe a su créer une cuisine riche en saveurs et en différences : toutes les grandes gastronomies du monde y sont représentées (chinoise, indienne, japonaise, européenne, américaine…).

Enfin, la Nouvelle-Zélande compte son nombre de grands chefs mondialement reconnus, tel Michael Coughlin. Reconnu par 4 fois ambassadeur du Bœuf et de l’Agneau néo-zélandais, si vous passez par Dunedin, arrêtez-vous sans hésiter au Pier 24 pour lui passer le bonjour et goûter à ses délicieuses recettes…

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