vendredi 26 août 2011

Instinct de survie : Petits poissons deviendront Grands !

Instinct de survie : Petits poissons deviendront Grands !

Survie entre chaos et scientisme. Le chaos d’une espèce au bord de l’extinction… La survie d’une espèce dans la combinaison complexe des paramètres d’un modèle de dynamique des populations, moult hypothèses et RMD comme planche de salut.

Quant à l’instinct de survie ?

Le merlu européen résiste à la pêche !

Certaines espèces fuient la chaleur et migrent vers les eaux froides de l’Arctique. Présence de plus en plus fréquente d’espèces tropicales dans nos eaux réchauffées. Contre toute attente, le merlu tire profit de ce réchauffement. Plus prolifique, il ferait mieux que résister à la pression de la pêche.

Le merlu européen (Merluccius merluccius), stimulé par le réchauffement de l’eau de mer, s’affranchirait-il des lois convenues de l’écologie marine ?

« Bien qu’exploitée intensivement, la pêcherie de merlu se porte relativement bien…. La nature est parfois capable de corriger les erreurs humaines », explique bermeotarra Nerea Goikoetxea, chercheur basque à l'AZTI-Tecnalia. Elle vient de présenter sa thèse de doctorat « Influence of the northeastern Atlantic oceano-metereological variabillity on the northern hake ». Selon Goikoetxea, il est nécessaire de sortir des modèles conventionnels pour étudier la dynamique des populations de merlu européen. Elle a vérifié que les facteurs environnementaux étaient déterminants, bien plus que l’effort de pêche. « Des températures plus élevées sont « bénéfiques » aux merlus, notamment dans les premiers stades de leur vie. Les larves grandissent plus vite et leur taux de survie augmente avec le raccourcissement de la période de vulnérabilité. »

Depuis les années 1990, les conditions environnementales sont « favorables » aux merlus ce qui explique que le merlu résiste bien à la pêche. « L’augmentation de la température de l'eau dans l'Atlantique aurait « plus d'impact » que les conséquences négatives de la pêche », explique-t-elle. De quoi refroidir, les spécialistes qui soutiennent par modèle mathématique interposé que la ressource de merlu est au plus mal ! D'après l'article du Faro del Vigo : El calentamiento del mar favorece una mayor abundancia de merluza del norte

Le saumon argenté est de retour dans la rivière de Russie !

Quand l’aquaculture se met au service de la pêche, une espèce sauvage quasiment disparue peut renaître. C’est le cas du saumon argenté dans la rivière de Russie !

Le saumon argenté (ou coho) fait partie des cinq espèces commerciales de saumon sauvage les plus importantes du Pacifique nord. Son habitat naturel s’étend depuis Hokkaido - la grande île au nord du Japon - jusqu’à la Californie (USA), en passant par la Russie, l’Alaska et le Canada…

Dans cette région océanique, la plus riche en matière de pêche, la pisciculture marine n’est pas du goût des populations autochtones qui vouent un culte particulier aux espèces sauvages…. Les saumons sauvages font partie des totems de nombreux peuples premiers…

Cette année, de nombreux saumons argentés remontent de l’océan pour frayer dans la rivière de Russie. Du jamais vu depuis 10 ans. Une lueur d’espoir que le programme d’écloserie, dans la relance d'une espèce menacée.

Il y a dix ans, le nombre de saumon coho était proche de zéro. C’est à ce moment-là que des biologistes ont commencé à élever des saumons. A partir d’une écloserie sur le lac de Sonoma, ils ont "lâché" des jeunes saumons dans la rivière de Russie. Depuis 2001, pas plus de 4 saumons adultes étaient dénombrés. Mais, cette année, les biologistes du California Sea Grant estiment qu'il y a eu plus de 190 adultes dans le bassin versant de la rivière.

Vous aurez compris que nous ne sommes pas en Russie mais en Californie. Sur les côtes sibériennes, les populations de saumon sauvage sont parmi les plus denses au monde. Elles se comptent par centaines de millions d'individus comme en Alaska ou au Japon. La rivière de Russie (ou Russian river) est un fleuve de Californie. Dans cet Etat fortement marqué par les activités agricoles, l'irrigation, l'urbanisation et de nombreux barrages, les populations sauvages de saumon ont quasiment disparu à l’image du saumon atlantique en Europe. D'après un article de The Fishsite : Coho Salmon Runs Improve In Russian River

Philippe Favrelière

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Lueur d'espoir pour le retour de la morue

Les petits poissons ont cessé de manger les gros au large de la Nouvelle-Écosse, ce qui fait naître l'espoir d'un éventuel retour en force de la morue dans l'Atlantique, selon une recherche canadienne publiée dans Nature.

Depuis l'effondrement des stocks de morue au début des années 90 et la mise en place subséquente d'un moratoire sur la pêche, les communautés côtières du Canada atlantique espèrent un retour de cette espèce emblématique ainsi que d'autres poissons de fond comme l'aiglefin. Selon certaines hypothèses scientifiques, la morue ne reviendra jamais, ce qui serait une des pires catastrophes écologiques de l'histoire du Canada. Mais ce n'est pas ce que concluent les chercheurs.

«À la question cruciale de savoir si ces dommages aussi profonds dans la dynamique de grands écosystèmes marins sont réversibles, la réponse est assurément oui», affirment les chercheurs de l'Université Queen's et de l'Institut océanographique Bedford, à Dartmouth, dans leur étude publiée cette semaine. Ils constatent que des tendances néfastes pour les poissons de fond sont en train de s'inverser dans les eaux au large de la Nouvelle-Écosse.

Par exemple, des poissons fourragers qui ont remplacé les poissons de fond depuis 20 ans sont en déclin. Au tournant des années 2000, à la faveur de la disparition de leurs prédateurs comme la morue, leur nombre s'était multiplié par neuf. À tel point que ces poissons, comme le capelan et le hareng, mangeaient les petites morues, une situation que les chercheurs appellent un «renversement prédateur-proie». Mais depuis 2006, les stocks de poissons fourragers sont revenus à des niveaux comparables à ceux qui prévalaient avant l'effondrement du nombre de poissons de fond. Suite dans Cyberpresse

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15 septembre 2011. Réchauffement en Atlantique nord : Des espèces plus petites à croissance rapide !

Une nouvelle étude révèle que les stocks halieutiques en Atlantique nord ont changé avec le réchauffement des mers. « Nous constatons que les espèces d'eau chaude se portent bien sur le plateau continental européen méridional, mieux qu’au nord avec les espèce adaptées aux eaux froides froides », a déclaré Stephen Simpson de l'Université de Bristol. « Cela signifie des espèces de plus petites tailles, à croissance rapide avec des temps de génération plus courts, et une biodiversité potentiellement accrue. » Sciencedaily : In Rapidly Warming Seas, Some Fish Lose While Others Gain

Journal Reference : Stephen D. Simpson, Simon Jennings, Mark P. Johnson, Julia L. Blanchard, Pieter-Jan Schön, David W. Sims, and Martin J. Genner. Continental Shelf-Wide Response of a Fish Assemblage to Rapid Warming of the Sea. Current Biology, 2011.

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