mardi 14 juin 2011

France. Politique maritime d'auto-approvisionnement en poisson

France. Politique maritime d'auto-approvisionnement en poisson

A quand le Jour de l’Indépendance en poisson ? ou Comment atteindre l'autosuffisance en produits de la mer ?

A partir d’aujourd’hui, la France mange du poisson étranger…

Aujourd'hui, 13 juin, la France ne consomme plus que du poisson étranger…. La France a déjà épuisé ses réserves de poissons.... L’Europe dépend trop des poissons des autres… Les Français mangent trop de poissons… Quelques titres relevés dans la presse française en ce deuxième jour de dépendance du poisson....

Le 13 juin 2011, c'est le « Fish dependance day », jour à partir duquel la France devrait se passer de poisson jusqu'à la fin de l'année si elle ne disposait que du produit de sa propre pêche. C'est le résultat d'une étude menée par deux associations, la New Economics Foundation (Nef) et Océan 2012 « Fish dependence - 2011 update / The increasing reliance of the EU on fish from elsewhere »

Alors que la France dispose du 2e espace maritime dans le monde, plus de 11 millions de km2 répartis sur 4 océans, ce pays n’est pas auto-suffisant en poisson ! Le plus inquiétant en matière de sécurité alimentaire, la France doit s’approvisionner de plus en plus dans les pays étrangers. Et ce n’est pas le Conseil Interministériel de la Mer du 10 juin à Guérande qui enrayera cette dépendance de la France en poisson vis-à-vis de l’étranger. François Fillon vient de définir une politique maritime de la Friche halieutique poussée en cela par NKM qui demande toujours plus d’aires marines protégées. Que fait donc notre ministre de l’agriculture et de la pêche pour donner un nouveau souffle à la pêche et à l’aquaculture nationales et prendre le cap de l’auto-approvisionnement alimentaire en poisson ?


Selon Ocean 2012, c’est la faute à la surpêche !!!

« Nous sommes de plus en plus tributaires du poisson importés en raison de la surpêche, » en conclut l’organisation Ocean 2012, co-auteur de l’étude. Des organisations environnementales utilisent cette date de dépendance en poisson « Fish dependance day » pour développer la thèse de la surpêche et exiger tout un arsenal de mesures "anti-pêche" au moment de la réforme de la politique commune de la pêche : diminution des quotas de pêche, mise à la casse des bateaux, augmentation des réserves marines,… Ces mêmes organisations qui ne prennent pas position sur la privatisation de la ressource halieutique avec la mise en place des quotas individuels transférables (QIT), ne proposent aucune alternative halieutique !

Pendant ce temps, la consommation en poisson s’accroit dans l’ensemble des pays européens. Et la dépendance des pays européens aux poissons étrangers va augmenter dans les années à venir pour le plus grand profit des grandes puissances halieutiques exportatrices et surtout des "négociants/transformateurs" de produits aquatiques.

Mise en valeur de la friche marine française

La France possède de nombreux atouts pour développer ses activités halieutiques : grande diversité d’écosystèmes marins et aquatiques, recherche à la pointe des activités halieutiques et aquacoles et professionnels à l’affut de toutes innovations…

Quelques propositions :

  • Développement du pacage marin en prenant exemple sur les ensemencements de coquilles saint-jacques en Bretagne et Normandie,…
  • Aménagement de récifs artificiels,
  • Développement de l’aquaculture marine et d’eau douce en s’appuyant sur des espèces au bas niveau trophique (coquillages, crustacés, algues, poissons herbivores et omnivores,…)
Philippe Favrelière

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Le 15 juin 2011 : Analyse marocaine sur la dépendance de la France en poisson étranger dont celui du Maroc

Dépendance française au poisson étranger (aufaitmaroc)

Depuis le lundi 13 juin 2011, la France ne consomme plus que du poisson étranger car elle a épuisé ses quotas de pêche dans les eaux de l’Union européenne, selon l'agence France Presse. Le poisson consommé dorénavant en France provient donc des côtes du Pacifique, des eaux asiatiques et africaines, ce qui touche forcément le Maroc, qui a signé un accord de pêche avec l’Union européenne à hauteur de 44.000 tonnes de poissons par an.

La surpêche, une demande de plus en plus importante, des quotas inappropriés, sont entre autres causes de cette dépendance française au poisson étranger, d’après les ONG de protection des ressources halieutiques. Sauf que ces facteurs ne sont pas inhérents à la France, qui est aujourd’hui obligée d’aller racler d'autres fonds marins où la surexploitation fait rage et où le besoin de conserver les ressources halieutiques devient criant.

C’est le cas des eaux marocaines qui serviront à garnir un tant soit peu les assiettes des Français, et où les pêcheurs ont constaté une baisse des stocks de poissons et un déplacement de plus en plus vers le sud de la très convoitée sardine marocaine, si l’on en croit une étude de la FAO (Organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture). Ce qui ne manquera pas d’avoir des incidences sur le coût d’exploitation de ces pêcheurs obligés d’aller chercher de plus en plus loin leur poisson.

Cette dépendance française au poisson étranger doit donc interpeller, non seulement les autorités françaises pour qu’elles revoient leur politique de pêche mais également les dirigeants marocains et du monde en général. Les stocks de poissons diminuent à travers le globe et la demande s’accroît également: nourrir davantage de bouches avec peu de ressources, telle est l’équation à résoudre.

Au Maroc, la résolution commencerait bien avec une définition des quotas de pêche qui tient compte de la diminution de la ressource et l’adoption d’autres types de pêche que le chalutage très usité dans notre pays... Sans quoi, le Maroc ira chercher son poisson à l’étranger, à l’instar de la France aujourd’hui, malgré ses 1.500 km de littoral.....

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