mardi 17 mai 2011

Afrique/UE : Des accords de pêche pour des intérêts bilatéraux très privés !!!

Afrique/UE : Des accords de pêche pour des intérêts bilatéraux très privés !!!

Au moment où le Sénégal prie ses morts en souvenir des drames (maritimes) de l’émigration clandestine, la France, l’Espagne et le Portugal font pression sur la commission européenne pour renouveler et même étendre les accords de pêche avec les pays africains…

Dans la banlieue de Dakar, Thiaroye-sur-Mer a perdu un grand nombre de ses « Enfants », 220 morts et 640 portés disparus, des hommes et des femmes partis avec l’espoir de rejoindre l’Europe, des naufragés sur des pirogues de pêche devenues pour beaucoup la seule voie d'une vie meilleure puisque la mer ne leur permet plus de vivre…

Malgré cela, La France, l’Espagne et le Portugal en veulent toujours plus dans cette mer africaine épuisée qui ne donne plus assez de poisson à ses enfants pour survivre… (Le Télégramme : Accords de pêche. Madrid et Paris font pression)

Les accords de pêche entre l’Union Européenne et des pays tiers - ces accords de partenariat qui donnent accès à des armements sous pavillon des Etats membres de l’UE aux ressources halieutiques en dehors des eaux communautaires - sont officiellement présentés comme un partenariat avantageux pour l’UE (déficitaire en produits de la mer) et pour les pays d’accueil compensés financièrement (comme aides au développement).

France, Espagne et Portugal pour des intérêts particuliers !

En réalité, ces accords de partenariat de pêche (APP) permettent à un petit nombre d'armements industriels européens d’exploiter à bon compte des ressources halieutiques précieuses sur le marché international : thon, crevette, poulpe, maquereau… et ce avec le concours des contribuables européens.... Les contribuables européens contribuent chaque année à hauteur de 158 millions d’euros pour permettre l’accès des chalutiers et autres thoniers-senneurs aux zones de pêche étrangères. Selon les statistiques fournies par l’UE, cette flottille "lointaine" pêche environ 1,2 millions de tonnes de poissons par an à l’étranger dont 400.000 tonnes proviennent essentiellement de la côte de l’Afrique de l’Ouest. (Afrique en Ligne : Greenpeace-Afrique dénonce les accords de pêche UE-Afrique)

Des centaines de milliers de tonnes de petits pélagiques capturés au large de la Mauritanie par d’immenses chalutiers européens sont conditionnés à bord des navires pour être écoulés dans d’autres pays africains comme la Côte d’Ivoire, le Nigéria ou le Cameroun…

Le thon capturé par les armements français pour près de 100.000 tonnes en Atlantique équatoriale et dans l’Océan Indien est exporté en grande partie dans les pays africains où sont installées des conserveries, autres sociétés de la filière thon qui écoulent ensuite leurs produits sur le marché international…

En fait, ces accords de pêche ne concernent que des intérêts bilatéraux très privés, quelques armements industriels européens d’un côté, des monarques de l’autre…. Ces accords de pêche sont un moyen pour l’Union Européenne d’aider des armements industriels face à des armements internationaux notamment chinois qui viennent maintenant dans leur pré carré…

Le Groupe China Fishery s'installe en Mauritanie

Les activités principales du groupe China Fishery se répartissent entre le chalutage (Pacifique nord et sud, et Mauritanie depuis fin 2010) et la pêche minotière au Pérou, respectivement 91,5% et 8,5% du CA.

Au cours des 6 derniers mois, le chiffre d’affaires du groupe a atteint 300 millions US dollars pour un bénéfice brut de 108,3 millions US dollars ! Le CA a progressé de 8,9% malgré une chute de moitié de la production de farine et huile du Pérou suite à la fermeture des pêcheries pour reconstituer les stocks d’anchois. Le chiffre d'affaires des campagnes de chalutage a grimpé de 19,2% pour atteindre 274,4 millions USD, en raison des volumes de capture supérieurs dans le Pacifique Nord et le Pacifique Sud et l’ouverture d’une nouvelle pêcherie en Mauritanie.

La Chine reste toujours le principal marché du Groupe basé à Singapour avec 63,1% des rentrées, devant l’Afrique avec 13,4%, le Japon et la Corée avec 11,9%, l'Europe 8,2%, l’Asie du sud-est et autres 3,4%. FIS : China Fishery reports mixed financial results

Philippe Favrelière

Autre articles :

Pour aller plus loin....

Cape, Transparentsea et ClientEarth essaient de lever le voile sur les accords de pêche !

Actuellement, l’organisation Transparentsea mène une étude sur les accords de pêche entre l’UE et les pays africains pour le compte de la Coalition des accords de pêche équitable (Cape) sur des financements de la Société suédoise pour la conservation de la nature.

Cette étude dont les résultats devraient être publiés fin 2011, concerne les dépenses des bailleurs de fonds en Afrique pour la pêche et les projets de protection marine. Le but de ce travail est de fournir une vue globale des dépenses par les organismes d'aide multilatérale et bilatérale, et d'analyser les niveaux de transparence et de responsabilité : New study on aid transparency and accountability in marine fisheries and conservation

Avoir accès à des documents dits "confidentiels"

Pour cela, Transparentsea a demandé auprès de la Commission l’accès à des documents sur les accords de pêche, des documents considérés confidentiels par la Direction des Pêches (DG Mare) : European Commission grants access to confidential files.

Malgré les réticences de la DG Mare « au motif que la libération de ces documents pourraient menacer les intérêts commerciaux de l'industrie de la pêche européenne et qu'elle pourrait nuire aux relations internationales de l'UE», Transparentsea, travaillant avec l'aide juridiqueClientEarth, a contesté cette attitude car elle contredit la Convention d'Aarhus.

A partir de là, la CE a révisé sa position et a accepté de rendre public 16 évaluations. Les ONG ont donc fait plier la Commission en levant le voile sur des renseignements concernant les évaluations des accords de pêche avec 16 pays africains…. Les ONG espèrent que la CE va donner l’autorisation à l'ensemble des évaluations…. Vous pouvez visualiser les 16 documents ici.

Lire aussi : Les pêcheurs souffrent de l'opacité de la vie politique

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Les intérêts économiques espagnols dans les négociations commerciales entre l’Europe et l’Afrique. Cas de la pêche au Sénégal

Les intérêts économiques espagnols dans les négociations commerciales entre l’Europe et l’Afrique. Cas de la pêche au Sénégal

Análisis de Usuarios leídos en Intereses económicos españoles en las negociaciones comerciales Europa - África. La pesca en Senegal

SETEM Catalunya 2009

Ce document examine quels sont les acteurs espagnols les plus importants dans les négociations des accords commerciaux (APE) entre l'UE et les pays d'Afrique de l'Ouest. L’étude mesure l’impact de ces accords sur les deux parties en prenant le cas de la pêche au Sénégal.

Pour télécharger le document aller sur le site de Pesca : El portal critico de la pesca espanola


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Pour plus d'informations sur les accords de pêche dans le cadre de la réforme de la PCP :

COM(2011) 424 — Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions sur la dimension extérieure de la politique commune de la pêche / 13 juillet 2011

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En Afrique, la disponibilité de poisson diminue !

L’Afrique est le seul continent où la disponibilité de poisson par habitant est en baisse.

L’Afrique connaît actuellement une crise de la disponibilité du poisson. L’Afrique est la région du monde où la consommation de poisson par habitant est la plus faible, la seule région du monde aussi où elle est en baisse. Cette diminution est due essentiellement à la stagnation des prises alors que la population continue d’augmenter. Pour maintenir le niveau actuel de disponibilité du poisson en Afrique subsaharienne (6,6 kg/personne/an) d’ici à 2015, la production (pêcheries de capture et aquaculture) devra augmenter de 27,7 % au cours de cette période, ce pourcentage étant calculé sur la base d’un taux de croissance démographique annuel moyen de 1,9 % sur la période 2002–2015 (Banque mondiale 2004b).

Malheureusement, les bénéfices des pêcheries stagnent en Afrique et l’accès à l’alimentation, aux revenus et aux moyens d’existence des pêcheurs artisanaux qui en dépendent sont menacés. Avec l’augmentation de la demande de poisson et l’intensification de la concurrence pour l’accès aux zones de pêche, ces groupes à bas revenu risquent de se voir marginalisés et remplacés par des groupes plus puissants qui s’intéressent de plus en plus la rente de cette ressource naturelle devenue rare.

Contribution directe du poisson à la sécurité alimentaire et nutritionnelle

La FAO estime que le poisson constitue 22 % de la ration protéinique en Afrique subsaharienne. Cependant, dans les pays les plus pauvres, ce taux peut dépasser 50 %, en particulier lorsque les autres sources de protéines animales sont rares ou chères. Dans les États côtiers de l’Afrique de l’Ouest, où le poisson occupe une place centrale dans l’économie locale depuis des siècles, la proportion de protéine animale provenant du poisson est extrêmement élevée : 47 % au Sénégal, 62 % en Gambie et 63 % en Sierra Léone et au Ghana. La contribution calorique du poisson est d’égale importance. En l’absence d’autres protéines provenant de la production locale et/ou lorsque la population a acquis une préférence pour le poisson, l’apport calorique du poisson peut atteindre 180 calories par habitant et par jour.

Le poisson : Aliment riche pour les populations pauvres

Dans de nombreuses régions de l’Afrique subsaharienne, la pêche de subsistance joue un rôle crucial pour la santé et le bien-être des populations humaines. Pour les ménages qui n’ont pas les moyens d’acheter de la nourriture, et en particulier de la viande, les prises de poisson résultant de leurs activités de pêche (pêche de subsistance) sont essentielles; ce sont elles qui permettent de faire la différence entre une bonne et une mauvaise nutrition, entre la guérison et la maladie prolongée, entre la sécurité alimentaire et la famine….

Worldfish : Le poisson et la sécurité alimentaire en Afrique

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Rapport sur les accords de pêche de l’Union européenne en Afrique de l’Ouest

Menés en bateau

Rapport sur les accords de pêche de l’Union européenne en Afrique de l’Ouest

Association suédoise pour la protection de la nature

Stockholm, 2009

En 2009, les « accords de partenariat dans le domaine de la pêche » (APP) coûtent 150 millions d’euros à l’UE, soit 16,8 % du budget total de la pêche. Ceci permet de répondre aux besoins d’approximativement 718 navires (dont 59 % en provenance d’Espagne, 14 en provenance de France et 10 du Portugal). 25 % de la contrepartie financière est affectée à la mise en œuvre des objectifs de la politique de la pêche dans les pays tiers. Les accords les plus importants ont été conclus avec les pays d’Afrique de l’Ouest et font écho à une longue tradition de pêche européenne dans la région. Afin de comprendre comment les contreparties financières sont utilisées et comment les Africains de la région perçoivent ce « par tenariat », l’Association suédoise pour la protection de la nature (Naturskyddsföreningen) s’est rendue dans quatre pays d’Afrique de l’Ouest – la Mauritanie, la Guinée-Bissau, le Sénégal et la Guinée (Conakry) – pour y rencontrer des hommes et des femmes travaillant dans le secteur de la pêche, mais aussi des représentants des autorités et des membres du gouvernement.

Les résultats sont décevants. L’essentiel des espèces démersales d’Afrique de l’Ouest sont surexploitées. En outre, on ignore la situation de bon nombre d’autres stocks. Très souvent, il n’existe donc pas ou peu de possibilités d’augmenter les capacités de pêche et d’octroyer par exemple un accès aux navires étrangers ; il convient bien au contraire de réduire ces capacités. À cela s’ajoute le fait que nous ayons peu d’indices indiquant que le secteur de la pêche en général, et la pêche artisanale en particulier, ait bénéficié des deniers européens versés dans le cadre des accords. Même si, depuis la réforme de 2002, les accords de pêche mettent davantage l’accent sur le volet développement, les « accords de partenariat » restent fondés sur une relation commerciale entre vendeur et acheteur, et donc tributaires de la présence de stocks viables pouvant faire l’objet d’une transaction. Le rôle capital joué par la pêche pour assurer la sécurité alimentaire semble oublié.

De retour d’Afrique de l’Ouest, nous nous sommes rendus à la DG Mare (Direction générale des affaires maritimes et de la pêche) à Bruxelles, où la Commission nous a fait part du manque de suivi de l’aide sectorielle. Afin de tester la transparence des accords, si souvent invoquée par la Commission en réponse à la critique, nous avons demandé l’accès à un certain nombre d’informations primordiales concernant les accords et la pêche qui en résulte. Pour différentes raisons, aucune des informat ions requises ne nous a été fournie.

La Commission est chargée par les États membres d’élaborer les APP conformément aux objectifs de la politique extérieure de la pêche. Tous les États membres ont la possibilité de participer au processus de négociation des accords et des protocoles. Cependant, il est communément admis que les États pêcheurs pèsent plus lourds dans la discussion. Les initiatives des autres États membres, dont la Suède, restent sporadiques, même si la Commission les encourage à s’engager davantage.

Pour beaucoup de ceux que nous avons rencontrés au cours de notre voyage, le travail en vue de la réforme de 2012 a déjà commencé. En Afrique de l’Ouest, les représentants du secteur de la pêche des différents pays aiguisent dès à présent leurs arguments en faveur d’une coopération de longue haleine dans le domaine de la pêche et d’investissements visant à soutenir la pêche à petite échelle et l’industrie de transformation. La réforme 2012 offre une opportunité de remédier à l’échec de la politique extérieure de la pêche adoptée en 2002. Il est temps de mettre en place une coopération en faveur de la pêche et du développement qui fasse véritablement la différence pour les hommes, les femmes et les enfants tributaires de la pêche dans des pays comme la Mauritanie, la Guinée-Bissau, le Sénégal et la Guinée....

Suite et téléchargement du rapport, cliquer Accord de pêche UE /Afrique

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Les accords de partenariat européen dans le domaine de la pêche porte sur l’achat par l’Union européenne (UE) de droit d’accès à la pêche, notamment en Afrique de l’Ouest. Ce « partenariat » implique que l’UE contribue au développement durable dans les pays tiers concernés. Après avoir voyagé à travers l’Afrique de l’Ouest et l’Europe et nous être entretenus avec des travailleurs de la pêche, mais aussi avec des représentants des autorités et des gouvernements, force est de constater que le prétendu partenariat n’est qu’illusion. Les fonds versés n’atteignent pas leurs objectifs, on observe une réduction des stocks de poissons et la situation des travailleurs de la pêche des pays tiers se dégrade. La Commission européenne reconnaît son échec - échec auquel la Suède a d’ailleurs participé – et invite toutes les parties concernées à participer à l’élaboration d’une politique de la pêche durable dans le cadre de la réforme de 2012. Dans le présent rapport, nous décrivons comment un partenariat responsable doit être mis en place. Il est temps que le gouvernement suédois s’attèle à cette tâche.

Dans le cadre de son programme de protection du milieu marin, l’Association suédoise pour la protection de la nature œuvre pour qu’après 2012, la politique commune de la pêche de l’UE cesse de défavoriser les communautés de pêche d’Afrique de l’Ouest. À travers la Coalisation pour des Accords de Pêche équitables, CAPE, nous appuyons le développement des capacités et la coordination, tant régionale que nationale, entre les organisations regroupant les travailleurs de la pêche à petite échelle des pays d’Afrique. Nous voulons que les voix de ces hommes et de ces femmes soient entendues à la table des négociations et dans les arènes où sont élaborés les règles qui régissent la pêche lointaine. L’Association suédoise pour la protection de la nature collabore également avec d’autres organisations environnementales du Sud engagées dans des questions relatives aux milieux marins et côtiers, mais aussi a l’agriculture, aux forêts, au changement climatique, à la gestion des produits chimiques, au commerce et à la sécurité alimentaire. Au total l’Association suédoise pour la protection de la nature coopère avec une soixantaine d’organisations dans plus de 20 pays différents. Notre action est en grande partie financée par l’ASDI.

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Pêcheurs bretons et piroguiers africains sont dans la même galère !

« Un cri d'alerte est lancé par nos amis africains », a souligné Yannick Hémeury, président du comité local des pêches de Paimpol. « Nous pouvons leur apprendre à se structurer car avec leurs associations, ils se font bien balader ! ».

Si le système des Quotas individuels transférables devient la règle dans les eaux européennes, le modèle breton (mis en avant dans l'article du Télégramme "Pêche. Le modèle breton au secours de l'Afrique ?") sera confronté à la loi du marché imposé par les grands armements européens ou asiatiques, ceux-là même qui pillent les eaux africaines.

Les pêcheurs bretons n’ont pas de leçon à donner aux pêcheurs africains. Tous les pêcheurs artisanaux sont dans la même galère ; ils doivent s’associer !

Pêche. Le modèle breton au secours de l'Afrique ?

Des licences. Des quotas. Un poids politique et économique fort. Hier, au comité local, Yannick Hémeury recevait un Mauritanien et un Sénégalais. Les deux hommes effectuent un séjour en Europe pour évoquer leurs lourdes difficultés.

De plus en plus de bateaux de pêche industriels européens opèrent dans les eaux des pays en développement, menaçant les ressources des pêcheurs locaux alors que ces derniers dépendent directement du poisson pour vivre et se nourrir, eux et leurs familles. Victimes du pillage de leurs ressources, deux pêcheurs effectuent actuellement un séjour en Europe. Il s'agit du Mauritanien, Ismael Lebaye et du Sénégalais, Ameth Wade. À l'invitation de Greenpeace, ils ont rencontré Yannick Hémeury au comité local hier. Aujourd'hui, ils seront à Audierne.....SuiteLe Télégramme


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Mars 2011

Accord de pêche UE/Mauritanie : Accaparement des eaux mauritaniennes ?


L’UE ne veut pas se laisser distancer par les grandes pêcheries internationales (notamment les armements chinois) dans son pré-carré de l’Afrique de l’Ouest. Après le Maroc, l’UE souhaite se tailler la part du lion dans les eaux mauritaniennes…

En grand défenseur de la pêche durable, l’Europe donne des conseils à la Mauritanie !

Lire l’article de l’Université Robert Schuman de Strasbourg :

« Un accord de pêche durable avec la Mauritanie »

Maria Damanaki s’engage à trouver l’équilibre entre l’intérêt des poissons, ceux de la Mauritanie et ceux des pêcheurs européens. Éviter la surpêche, investir dans des infrastructures portuaires et lutter contre la concurrence déloyale dans les eaux mauritaniennes : ce sont les trois grands objectifs du futur accord de pêche UE-Mauritanie annoncés par la commissaire européenne Maria Damanaki lundi 7 mars au Parlement européen.

Cet accord, le plus important avec un pays tiers, permet aujourd'hui à une centaine de navires européens, dont quelques thoniers français, de pêcher en eaux mauritaniennes dans la limite de quotas reglementés. En contrepartie l'Union a versé une contribution de 305 millions d’euros pour la période 2008-2012, ce qui représente 1/3 du budget du pays. Pour le renouveler, il faut trouver « un équilibre entre les ressources mauritaniennes et les intérêts des navires des pays-membres », a déclaré Maria Damanaki

La Commission tiendra compte des récents avis scientifiques sur la situation critique des stocks pélagiques, qui auraient baissé de 30% sur les côtes ouest-africaines. Le poulpe, très convoité par les chalutiers espagnols, est par exemple de plus en plus menacé par la pêche intensive, tout comme les sardines, maquereaux et anchois.....

La Commission souhaite par ailleurs mieux contrôler la destination des contributions de l'Union en faveur du secteur de pêche de la Mauritanie.....

Enfin, pour lutter contre la pêche illégale et la concurrence déloyale, la Commission souhaite renforcer les contrôles des licences, garantes du paiement par les armateurs de leur redevance d’accès à la zone de pêche.....

En acceptant l’idée d’intégrer «une clause de démocratie et des droits de l’homme» dans le prochain accord, la Commissaire a approuvé la quasi totalité des demandes formulées par les eurodéputés. Ceux-ci se prononceront sur ses propositions lors de la plénière des 23-24 mars.Entré en vigueur le 1er août 2008, l’accord de pêche actuel expirera le 1er août 2012. Les négociations sur le nouveau protocole devraient commencer en avril prochain. Une fois finalisé, l’accord devra obtenir le consentement du Parlement pour entrer en vigueur. Suite et texte intégral de Clara Lecocq Reale, Cliquer Ici

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Le 15 juin 2011

Bissau veut reconduire son accord de pêche avec l’Union Européenne et obliger son riche partenaire à payer le reliquat dû. Bruxelles fait la sourde oreille. Histoire de sous, histoire de sourds.

L’Etat bissau-guinéen monte aux filets. Le bras de fer engagé depuis lundi dernier contre l’Union Européenne, après plusieurs rounds de négociations infructueuses entre les deux parties, ressemble à une dernière carte. Bruxelles s’était engagée au terme de l’accord de pêche sur la période 2007- 2011, de verser 28 millions d’Euros (soit 500 000 euros par an) à son partenaire. Après quatre ans de pêche fructueuse dans les eaux bissau-guinéennes, l’Union Européenne n'a versé que 7,5 millions d’Euros au Trésor public de Bissau, soit beaucoup moins que ce que prévoyait l’accord.

Très en verve à l’issue du dernier conseil des ministres, le premier ministre, Cadogo Gomez Junior a exigé la renégociation de l’accord et le paiement du reliquat de la compensation financière par l’UE si celle-ci voudrait bien rester dans les eaux bissau-guinéennes. Un coup d’épée dans l’eau ?

Soutenu par le chef de l’Etat, Malam Bacaï Sangha et le Parlement, le chef du gouvernement, à défaut d’un compromis immédiat, devrait se rendre à Bruxelles les jours à venir, accompagné du ministre de l’Economie, du secrétaire d’Etat chargé de la Pêche, et du Directeur du port de Bissau, déclare-t-on à Les Afriques.

« Nous allons réclamer une hausse de la compensation que nous verse l’Union Européenne. Bruxelles doit comprendre que le pouvoir a changé de main entre temps depuis 2007. Nous ne laisserons pas faire dans les négociations post accord 2007. Tout est à revoir » a commenté ce mardi un officiel bissau-guinéen joint au téléphone.

L’Union européenne avait ouvert un premier round de négociations courant mai dernier avec les nouvelles autorités de Bissau. Sans succès. De négociations en négociations jusque là infructueuses, Bissau est décidé à vendre plus chères ses côtes poissonneuses à Bruxelles.

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Le 25 juin 2011

Accord avec Sao Tomé et les Seychelles

Dans l’accord avec Sao Tomé, les possibilités de pêche ont été ramenées de 8 500 tonnes/an (accord précédent) à 7 000 tonnes à répartir entre l’Espagne, la France et le Portugal. La compensation financière totale s’élève à 682 500 euros/an, dont 455 000 euros/an au titre des droits d’accès aux eaux territoriales et 227 500 euros/an au titre de l’aide au développement d’une politique locale de pêche.

L’accord avec les Seychelles fixe les possibilités de pêche pour 60 navires (48 senneurs et 12 palangriers) d’Espagne, de France, d’Italie et du Portugal. Le total des captures autorisées est de 52 000 tonnes/an (contre 63 000 tonnes), la contribution financière de l’UE étant elle aussi réduite de 4,095 millions d’euros à 3,380 millions d’euros/an. Une aide additionnelle de 22 000 euros/an est par ailleurs prévue pour la mise en œuvre d’une politique maritime et de pêche locale. Source : Europolitique

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30 juin 2011

Plus de poisson en Afrique vers 2030 (SudOnline)

Dans le cadre de la présentation de ses activités en Afrique de l'Ouest, Greenpeace a organisé hier, mercredi 29 juin 2011 une manifestation publique, à la Maison de la culture Douta Seck. Une rencontre qui a permis à plusieurs spécialistes de la pêche de prédire l'épuisement du poisson d'ici 2030. Et l’Union Européenne est désignée comme la principale menace pour la pêche et les ressources halieutiques dans la sous région.

Le respect de la parole donnée et la promotion de la démocratie récompensés

Toujours méconnus des usagers après huit éditions

« D’ici 2030, il n’y aura pas de poison en Afrique ». C'est Diop Thioune, porte-parole de la pêche pêche artisanale qui attire ainsi l'attention des autorités sur les menaces et conséquences de surpêche dans les eaux du contient favorisée par les licences de pêche. Il s'exprimait hier, mercredi 29 juin à la Maison de la culture Douta Seck lors d'une manifestation publique à l'initiative de Greenpeace.

Cette situation s'explique par le fait que chaque année, des chalutiers géants et des bateaux usines massifs vident les eaux de l’Afrique de l’Ouest des produits halieutiques. Ce pillage orgagnisé, estime-t-il, qui nourrit les consommateurs européens « entraîne la rareté et parfois la disparition de certaines espèces de poisons comme le thiof »

C'est pour cerner cette menace et aider les Etats prendre conscience du danger que constituent ces chalutiers que les bateaux de Greenpeace d’Europe et d’Afrique ont uni leurs forces dans un projet intitulé voix Africaines. Mieux, six pêcheurs Africains ont été choisis pour rencontrer les ministres, des Parlementaires de l’Union européenne et de la société civile.

Les voix Africaines ont saisi cette occasion pour décrire à la Commission européenne les effets néfastes de la surpêche des flottes étrangères sur les moyens de subsistance des populations. Abdou Karim Sall, président de l’Association des jeunes pêcheurs, faisant parti de la délégation des six pêcheurs, déclare qu’au moment où les jeunes africains se regroupent pour rechausser le secteur de la pêche « des navires européens occasionnent des dégâts matériels, des conflits, entre pêcheurs africains, entre autres ».

Même son de cloche chez Ahmet Wade, acteurs émergeants des pêcheurs, selon qui, « la pêche est un métier menacé actuellement ». Or, cette activité est un patrimoine mondial et chacun doit jouer son rôle « avant que les futures générations ne subissent le même sort ».

C’est dans ce sillage que Raoul Monsembula, chargé de campagne Océans à Greenpeace invite « l’Union Européenne à garantir un accord de partenariat de pêche plus équitable et plus durable ». Pour Raoul Monsembula, « Greenpeace est témoin de la surpêche dans les eaux de l’Afrique de l’Ouest. Cette Ong s’est rendu compte que cette surpêche est causée par l’Union européenne avec les 16 accords de pêche octroyés partout dans le monde dont 7 pour l’Afrique ».

Selon toujours le chargé de campagne Océans à Greenpeace « Maria Damanaki, commissaire aux affaires maritimes et pêches de l’Union Européenne déclare que cette situation de la pêche va entrainer la mal nutrition et la faim »....

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Le 4 juillet 2011

Pêche : âpre bataille pour le poisson ouest africain (Ouestafnews)

Le contrôle du poisson pêché sur les côtes ouest africaines continue de faire l’objet d’une âpre bataille entre divers acteurs, à l’heure où l’Union européenne (U.E), principale partenaire des pays côtiers d’Afrique de l’ouest dans ce domaine, est en train de mettre sur pays une nouvelle politique.

Au même moment, certains experts n’hésitent pas à brandir la menace d’une possible « rareté de la ressource », elle-même résultat de la « surpêche » pratiquée par les bateaux européens.

La branche africaine de l’organisation écologiste internationale, Greenpeace Afrique a proposé lors d’une rencontre tenue le 29 juin 2011 à Dakar, la mise en place de « contrats de pêche » équitables entre les différentes parties pour enrayer la menace qui pourrait naître de la mise en œuvre de la nouvelle politique européenne.

« Il s’agit d’influencer cette nouvelle politique qui entrera en vigueur en 2013 afin qu’elle assure des revenus et des emplois aux populations locales (africaines), garantisse le droit d’accès aux ressources et assure la sécurité et la souveraineté alimentaire des populations », a expliqué Raoul Monsembula, chargé de campagne à Greenpeace Afrique.

Afin de sensibiliser les décideurs de l’UE sur l’impact du problème et la nécessité d’une pêche « équitable et durable », une série de rencontres a été initiée entre avril et mai 2011 entre des responsables l’UE et Greenpeace Afrique qui s’est rendu en Europe avec une délégation de pêcheurs artisanaux issus du Cap-Vert, de la Mauritanie et du Sénégal qui ont plaidé leur cas devant le Commissaire européen en charge de la Pêche Maria Damanaki, a affirmé M. Monsembula.

Selon le mouvement écologiste, l’U.E dispose de 16 accords de pêche dans le monde, dont 7 avec des pays d’Afrique de l’ouest, « souvent négociés dans l’opacité la plus totale avec les gouvernements locaux ». Ces accords qui représentent au total une flotte de 718 bateaux constituent, selon Greenpeace, la principale cause de la surpêche qui vide les mers à tel point que la nature n’est plus capable de se régénérer, provoquant la disparition de plusieurs espèces utilisés pour la consommation locale.

Lors de la même conférence, des échanges avec un public composé d’experts et de journalistes ont permis de souligner la nécessité aussi pour Greenpeace de s’entretenir avec les gouvernements africains, les pays émergents comme la Chine, par exemple.

« Il est aussi judicieux d’engager le dialogue avec nos gouvernants car se sont eux qui sont garants de nos ressources », a estimé Lamine Niasse, un acteur de la pêche locale au Sénégal. Une préoccupation partagée par le professeur Omar Thiaw du Centre de pêche et d’aquaculture de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad) qui se demande : « si nous pouvons parler à l’Union européenne et qu’elle comprenne notre message, qu’en est-il nos hommes politiques. »

Pour plusieurs experts et acteurs de la pêche, le problème ne vient pas seulement de l’U.E, mais aussi des autorités locales qui distribuent des licences de pêche sans tenir compte de l’état des ressources et de l’impact éventuel sur la pêche locale.

Au Sénégal par exemple, le secteur qui fait vivre directement ou indirectement 600.000 personnes (dont 400.000 pêcheurs artisanaux) a fait ces derniers mois l’actualité avec la décision controversée du gouvernement sénégalais d’accorder une vingtaine de licences de pêche pélagique (petits espèces) à des compagnies étrangères, et notamment européennes.

Cette décision a été vigoureusement dénoncée par beaucoup d’organisations dont Greenpeace d’ailleurs, comme un « bradage des ressources halieutiques » du pays, appelant les autorités sénégalaise à surseoir à leur décision qui risque de consacrer la disparition des espèces pélagiques, qui constituent une bonne part de la capture artisanale.

Une situation similaire s’est aussi présentée en Mauritanie, notamment avec l’accord de pêche signé en juin 2011 par le gouvernement avec une compagnie chinoise dénommée Poly Hondone Pelagic pour une vingtaine d’années, soulevant la protestation de ces mêmes organisations qui mettent en avant la raréfaction des stocks halieutiques dans les côtes mauritaniennes…

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Le 7 août 2011 : Accords poisson contre armes ?

Mauritanie : Les accords de pêche avec les Chinois auront des retombées hautement positives (Afriquinfos)

NOUAKCHOTT (Xinhua) - Le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz a loué, vendredi soir, les rapports de coopération entre son pays et la Chine, notamment en matière de pêche.

Le chef de l'Etat mauritanien, qui s'exprimait au cours d'une émission radiotélévisée a précisé: « les Chinois peuvent attester que les études ont établi que cette société (Poly Handong Fishery) aura des retombées hautement positives sur les citoyens mauritaniens ».

Il a ajouté que « ceux qui s'opposent à la société en question sont des individus qui profitaient, à titre personnel et égoïste, de licences de pêche obscures accordées, sous leurs noms, à des sociétés étrangères, et qui ont été suspendues ».

Poly Handong Fishery est un groupe chinois de Poly Technology inc (ou Poly Technologies, Inc, un groupe chinois impliqué dans l’industrie militaire ; ce groupe a même de grande compétence dans le commerce des armes cliquer Ici ndlr), ayant récemment signé une convention avec le gouvernement mauritanien pour un investissement de 100 millions de dollars dans le domaine de la pêche de fond.

Cette convention a fait l'objet d'une vaste campagne de dénigrement et de critiques au sein de l'opposition et de la part de médias européens, la qualifiant de "pillage systématique des ressources mauritaniennes.

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Quand la Chine pêchera (Adrar.info)

Depuis plus de trois semaines, on ne parle que d’elle. La presse en a fait ses choux gras. Le Calame lui consacre, cette semaine, une enquête fouillée. L’Assemblée en a débattu, de long en large, évoquant ses effets pervers et ses désastreuses conséquences. Avant de l’approuver, grâce à une majorité qui n’en finit pas d’avaler des couleuvres. Elle, c’est la convention de pêche que la Mauritanie vient de signer avec une société chinoise. Poly-HonDone Pelagic Fishery Co., c’est son nom, à qui l’Etat octroiera 60.000 mètres carrés, à Nouadhibou, pour ses installations, bénéficiera d’un quart de siècle de passe-droits mirobolants et d’énormes avantages, avec des garanties juridiques appuyées: exonération de l’Impôt Minimum Forfaitaire (IMF); déduction annuelle de 20% des investissements, pendant cinq ans, sur le bénéfice imposable; réduction de 50% de la Taxe de Prestation de Service (TPS), sur le coût des opérations bancaires contractées auprès des institutions nationales; exemption totale de patente ou tout autre impôt pouvant s’y substituer. En plus de la possibilité de pêcher, piller devrais-je dire, presque tout ce qui bouge dans nos eaux territoriales.

Du coup, Poly-HonDone constituera, grâce à ce sésame, une petite enclave chinoise de non-droit en Mauritanie. Tout ça pourquoi ? Parce que sa compagnie-mère vend des armes dont notre armée a besoin. Quitte à épuiser nos ressources halieutiques? A tuer tout un pan de notre économie? A envoyer des milliers de gens au chômage? A condamner, à terme, des sociétés nationales, des bateaux, des usines de transformation et de stockage, à mettre la clé sous la porte? Parce que notre armée, dont la seule vocation, depuis 32 ans, est de se maintenir au pouvoir, veut des armes, le pays peut être bradé. Le poisson, le fer, l’or, le cuivre, tout le budget de l’Etat, s’il le faut. Pourvu que nos soldats obtiennent ce qu’ils désirent. Et en dehors de tout contrôle, s’il vous plaît. L’inspection d’Etat, la Cour des comptes et la Police économique sont réservées aux civils. Nos chefs militaires sont soit étrangers – donc non soumis à la législation mauritanienne – soit tous honnêtes et n’ont pas besoin d’être contrôlés. Ne dit-on pas, à juste titre, que la Mauritanie est le seul Etat au monde où l’armée a son pays et en fait ce qu’elle veut?

Autre exemple de l’intrusion de l’armée dans le secteur de la pêche: la délégation qui négocie le nouvel accord avec l’Union européenne est dirigée par un lieutenant-colonel, retraité et parachuté conseiller du ministre des Pêches, et comprend un colonel en exercice, dont la fonction équivaut à un chargé de mission, au même département. Une entorse au règlement militaire et au statut de la Fonction publique. Le premier round des négociations, qui vient de se dérouler à Nouakchott, n’a été qu’une formalité. Notre négociateur en chef a demandé qu’on passe, directement, aux annexes, comme si les termes de l’ancien accord étaient reconduits tels quels, sans considération d’une quelconque évaluation. Seule «nouveauté»: certains bateaux européens seront, désormais, obligés de débarquer à Nouadhibou. Leurs produits ne seront, pourtant, ni traités ni stockés, dans cette ville, et leur vente ne passera pas par la SMCP. Ils paieront, juste, les frais d’accostage au port, en attendant que leur cargaison soit transbordée vers le navire qui l’amènera en Europe ou au Japon.

Les militaires et le poisson, la nouvelle idylle de l’été. Suivant l’exemple chinois. Mais nos képis étoilés doivent juste garder en tête que, quand la Chine pêchera, la ressource, à coup sûr, périra…

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Septembre 2011

Mauritanie/UE : Interdiction de la pêche pour les chalutiers congélateurs de pêche pélagique

Le règlement (UE) n° 793/2011 de la commission du 5 août 2011 interdisant la pêche, dans la zone économique mauritanienne, aux navires de la catégorie 9 «chalutiers congélateurs de pêche pélagique» battant pavillon d’un État membre de l’Union européenne.

Le règlement (CE) n°704/2008 du Conseil du 15 juillet 2008 relatif à la conclusion du protocole fixant les possibilités de pêche et la contrepartie financière prévues par l'accord de partenariat dans le secteur de la pêche entre la Communauté européenne et la République islamique de Mauritanie pour la période allant du 1e août 2008 au 31 juillet 2012 (2) a limité les possibilités de pêche pour la catégorie 9 (chalutiers congélateurs de pêche pélagique) à un tonnage de référence de 250.000 tonnes.

(2) Sur la base de l'article 2, paragraphe 3, du règlement précité, un quota supplémentaire de 50.000 tonnes a été attribué pour la période allant du 1e août 2010 au 31 juillet 2011, ce qui porte le tonnage de référence total à 300 000 tonnes.

(3) D'après les informations reçues par la Commission, les captures déclarées dans cette catégorie de pêche par les navires battant le pavillon des États membres concernés ou enregistrés dans ces États membres ont épuisé le quota pour la période de référence susmentionnée.

(4) Il est donc nécessaire d’interdire les activités de pêche pour cette catégorie de pêche,

A ADOPTÉ LE PRÉSENT RÈGLEMENT:

Article premier : Épuisement du quota

Le quota de pêche attribué aux États membres concernés est réputé épuisé à compter du 19 juillet 2011.

Article 2 : Interdictions

Les activités de pêche menées dans la catégorie 9 par des navires battant le pavillon des États membres concernés ou enregistrés dans ces États membres sont interdites du 19 au 31 juillet

2011. En particulier la détention à bord, le transfert, le transbordement et le débarquement de poissons prélevés par lesdits navires sont interdits durant cette période.

Article 3 : Entrée en vigueur

Le présent règlement entre en vigueur le jour suivant celui de sa publication au Journal officiel de l’Union européenne.

Le présent règlement est obligatoire dans tous ses éléments et directement applicable dans tout État membre.

Fait à Bruxelles, le 5 août 2011

Source : Europa

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24 septembre 2011

Des accords qui privent les pêcheurs mauritaniens de leur travail ?

Négociations pour un accord de pêche entre la Mauritanie et l’Union européenne (Cridem)

Les pêcheurs mauritaniens s'inquiètent du fait qu'un nouvel accord de pêche passé avec l'Union européenne puisse les priver de leur travail. Les Mauritaniens travaillant dans le secteur de la pêche demandent qu'un nouvel accord passé avec l'Union européenne (UE) puisse leur offrir de plus grandes opportunités d'emploi.

Des responsables mauritaniens et européens se sont rencontrés à Nouakchott du 13 au 15 septembre afin d'évoquer les détails de cet accord, qui devrait expirer au mois de juin 2012.

"Les deux parties sont parvenues à un ensemble d’accords, notamment en ce qui concerne le débarquement des prises des navires de fonds européens, en plus du pélagique au port de Nouadhibou", a déclaré Cheikh Ould Ahmed, conseiller technique du ministre mauritanien de la Pêche et de l’Economie maritime.

Ould Ahmed a ajouté que "l’accord qui sera conclu permettra un accroissement appréciable du commerce mauritanien à bord des navires européens, ce qui engendrera de nouvelles recettes de devises pour le pays."

Pour sa part, Alexandro Constantine, président de l’unité de pêche du Marché européen, a indiqué que "les négociateurs des deux pays sont convenus que la partie européenne se chargera de l’amélioration des systèmes de communication maritime et de contrôle."

"Les divergences de vue sur la définition des positions des navires par le recours à des systèmes technologiques surviennent partout dans le monde. La partie européenne oeuvre à combler les lacunes existantes à travers l’amélioration des systèmes de contrôle", a expliqué Deby Stéphane, directeur-général des accords de pêche sur le Marché européen.

"Aux termes de cet accord, des licences seront attribuées à près de 200 bateaux européens pour pêcher dans les eaux territoriales mauritaniennes", selon l'économiste Sidati Ould Ahmed.

"En contre-partie de ces licences, la partie européenne a versé à la partie mauritanienne respectivement 86 millions d’euros, 76 millions euros et 73 millions d’euros au cours de la première, de la deuxième et de la troisième année de l’accord. Elle doit aussi verser 70 millions d’euros pour la présente année", indique-t-il.

El Hadj Ould Yeslem, employé sur un bateau, déclare que "le problème avec ces accords avec l’Union européenne, c’est qu’ils n’offrent pas assez d’emplois aux marins mauritaniens sur les navires européens opérant dans les eaux nationales."

"Je ne vois pas à quoi servent tous ces accords. Les Européens envoient des centaines de gros bateaux chez nous pour pêcher, mais malgré tout, le taux de chômage reste très élevé, surtout à Nouadhibou", déplore Moktar Ould Heiba, marin au chômage.

En revanche, le professeur Cheikh Touré affirme que "l’accord de pêche avec l’Europe constitue un grand atout pour la Mauritanie, car il permet de générer des ressources très importantes en devises. Cela permet de soutenir la croissance."

En novembre dernier, une délégation de parlementaires européens s'était rendue en Mauritanie dans le cadre du renouvellement de cet accord. Ces parlementaires militent pour "un accord de pêche équitable".

Carmen Fraga Estevez, qui dirigeait cette délégation, avait annoncé que l’objectif des parlementaires était "d’améliorer les conditions des accords de pêche avec la Mauritanie pour les rendre plus équitables".

A l’occasion d’un discours en séance plénière du parlement européen, Maria Damanaki, la commissaire en charge de la pêche et des affaires maritimes, a souligné que l’UE souhaitait, au travers du prochain accord de pêche avec la Mauritanie, "remédier aux déficiences", précisant que "un nouveau [compte fiduciaire], le CAS... avait été mis en place. L'instauration de ce nouveau compte spécial contribuera de manière substantielle à assurer que l’allocation des fonds ira directement au soutien sectoriel."

La commissaire a également rappelé que " les investissements du secteur européen de la pêche seront fait conformément au plan d’action mauritanien, visant notamment à faciliter la création d’entreprises privées européennes et d’entreprises mixtes entre des opérateurs mauritaniens."

Abordant la question des emplois sur les bateaux européens, Dia Mohamed, opérateur dans le secteur, assure que "cette question est prise en compte par la partie mauritanienne. Et le prochain accord permettra d’embaucher un quota plus élevé de personnel mauritanien."

Par Bakari Guèye pour Magharebia à Nouakchott

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Le 11 octobre 2011

Une nouvelle base pour les accords de pêche ACP-UE (Agritrade/Cta)

Une entrevue avec Stefaan Depypere, Directeur des affaires internationales et des marchés, DG Mare

Qu’est-ce-qui va changer concrètement ? Comment seront gérées les activités des flottes externes européennes pêchant en dehors des accords de pêche ? Comment l’UE va-t-elle développer des stratégies régionales pour les relations de pêche entre l’UE et les partenaires des pays tiers ? Est-ce que l’"augmentation des standards de production" n’est pas susceptible de devenir un obstacle pour le commerce des pays ACP ? Comment la promotion de la bonne gouvernance va-t-elle se concrétiser dans les futurs accords ? Lisez l’entrevue avec Stefaan Depypere, Directeur des affaires internationales et des marchés à la Direction générale des Affaires maritimes et de la Pêche de la Commission européenne. Auparavant, il a travaillé à la Direction générale du commerce, sur les instruments de défense commerciale.

Q : Dans ses propositions de réforme de la PCP, la Commission insiste sur le fait que les navires de l'UE pourront seulement accéder au surplus de ressources qui ne peuvent pas être capturés localement. Mais une telle condition existait déjà par le passé. Donc, qu’est ce qui va changer concrètement ?

Le modèle proposé par la Commissaire est d'améliorer, en collaboration avec les instituts de recherche locaux, la recherche scientifique et l'exactitude de l'évaluation de l’état des stocks de poissons. Ce qui aidera à assurer qu'il y a suffisamment de connaissances pour déterminer si, oui ou non, il existe un surplus. En outre, les futurs accords de pêche reposeront sur l’approche de précaution : pas de surplus clair, pas d'accès pour les navires de l'UE.

Nous devons également envisager l'existence d’un surplus dans la dimension temporelle : par exemple, les céphalopodes ont un cycle de vie court – l'appréciation de l'existence d'un surplus pour une certaine période sera différente de celle concernant d'autres espèces à long cycle de vie.

Il y a une autre question cruciale que nous devons envisager à l'avenir, si nous voulons assurer que nos flottes accèdent uniquement au surplus de ressources : nous devons connaître l'effort de pêche cumulé, déployé par les flottes locales et étrangères dans les pêcheries ciblées par les navires de l'UE. Souvent, cette connaissance manque, parfois parce que les pays tiers n'ont pas la capacité de gérer l'effort de pêche total dans leurs eaux, parfois parce qu'ils ne révèlent pas toute l'information dont ils disposent. Par conséquent, nous voulons introduire une clause de transparence dans nos futurs accords, afin qu'il y ait la clarté pour toutes les parties concernées à propos de qui pêche quoi dans les eaux des pays tiers avec lesquels nous négocions un accord de pêche durable.

Q : Mais ces accords de pêche durables ne couvriront pas toutes les activités des flottes européennes actives dans les eaux des pays ACP. Comment seront gérées les activités des flottes externes européennes pêchant en dehors des accords de pêche ?

Une chose que nous voulons absolument éviter, c'est le re-pavillonnement abusif de navires européens vers des pays tiers dans les cas où leurs activités ne seraient pas en accord avec une exploitation durable des ressources.

A l’heure actuelle, nous avons une clause d'exclusivité dans les APP qui empêche les navires de l'UE de pêcher à l'extérieur de l'accord de pêche avec un pays tiers. Pour empêcher le contournement de cette clause d'exclusivité par le re-pavillonnement, les futurs accords devraient inclure une disposition stipulant qu'un navire de l'Union européenne qui change de pavillon pour échapper à ses obligations ou pour obtenir des possibilités de pêche supplémentaires ne sera plus autorisé à pêcher dans la ZEE du pays partenaire.

Nous avons également un règlement concernant les autorisations de pêche, qui s'applique également pour les activités de pêche se déroulant à l'extérieur des eaux européennes, dont l'objectif est d'assurer que les opérations de nos navires de pêche européens sont durables.

Q : La commissaire a également souligné que certaines enjeux-clés abordés par la réforme, comme l'élimination de rejets, seront défendus aussi vigoureusement dans la dimension externe de la PCP…

(Q) L'appui financier accordé à la zone de protection marine du Banc d'Arguin, dans le plus récent protocole de l’APP UE-Mauritanie est une expérience intéressante : pourquoi ne pas accorder plus de soutien pour la création d’aires marines protégées bien conçues dans le cadre de nos accords de pêche futurs ? Pourquoi ne pas envisager les possibilités de mieux intégrer les opérations de nos flottes avec le tourisme local, les activités des communautés côtières, etc ?

Q : La proposition de la CE souligne également l'importance de développer des stratégies régionales pour les relations de pêche entre l’UE et les partenaires des pays tiers. Quels sont les aspects que vous allez prendre en compte dans l'élaboration de cette approche régionale ?

Q : Une autre partie de la réforme concerne la réforme de la politique des marchés. La proposition de la CE met l'accent sur un approvisionnement des marchés européens par des produits de la pêche durables. Est-ce que cette ‘augmentation des standards de production’ n’est pas susceptible de devenir un obstacle pour le commerce des pays ACP ?

Q : Un pilier de la réforme de la dimension externe de la PCP est également la promotion de la bonne gouvernance. Comment cela va-t-il se concrétiser dans les futurs accords ?

Q : Auparavant, le paiement des coûts d’accès des opérateurs européens par des fonds publics a été considéré par certains comme une subvention aux flottes européennes….

Pour cet aspect de la réforme de la dimension extérieure PCP, comme pour tous les autres que nous avons discutés, ce que nous proposons est un saut qualitatif, qui, avec l'aide de nos partenaires de pays tiers, apportera une contribution à la bonne gouvernance et à une gestion des pêches durable.

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Le 12 octobre 2011

Mauritanie : Pas de poisson sur les marchés !

Selon la Fao, la pêche industrielle représente 90 % des captures en Mauritanie, dont une très grande partie ne touche pas le sol mauritanien (accord de pêche et licences libres de pêche des espèces pélagiques).

Rareté du poisson dans les marchés mauritaniens : La nationalisation du secteur pointée du doigt (walf.sn)

Trouver du poisson frais à bon prix devient aujourd’hui mission impossible pour de nombreux ménages. Le poisson est devenu rare sur les étals, depuis le mois de juin, correspondant (avec les mois de septembre et d’octobre) à la période d’arrêt biologique. La ‘mauritanisation’ des emplois de la pêche artisanale commence à se faire sentir, selon de nombreux ménages.

(Correspondant permanent à Nouakchott) - Les marchés de la capitale mauritanienne sont peu approvisionnés en poisson depuis quelques semaines. Les céphalopodes (poulpe, calamar, seiche) et les poissons demerseaux (merlu, dorade, sole, capitaine) atterrissent vers d’autres cieux. Jadis réservées à la bourse moyenne, les espèces de petites pélagiques (les sardinelles, les sardines, le chinchard), sont devenues introuvables dans les sites de débarquement (Nouakchott, Nouadhibou). Poussées par la rareté du poisson, de nombreuses familles ont changé leurs habitudes culinaires. Le poisson fumé ou séché revient dans les menus. Il constitue, dans certains ménages, une autre alternative pour combler le manque de poisson.

A Teyarett, quartier situé dans la banlieue de Nouakchott, les femmes sont obligées de se lever à 06 h 00 du matin pour deux kilos de poisson congelés. Des chinchards vendus au marché du coin à 50 Um le kilo, sous une ambiance électrique, marquée par une forte affluence des pauvres. Une situation embarrassante, imputée, par certaines femmes que nous avons rencontrées sur les lieux, au bannissement des étrangers dans le secteur de la pêche artisanale.

L’arrêté du ministre de la pêche mis en cause

Au mois de juin 2011, le ministère mauritanien des Pêches et de l’Economie maritime avait interdit, par arrêté, le travail des étrangers à bord des pirogues de pêche artisanale. Une mesure présentée par son département comme une action qui vise à ‘mauritaniser’ les équipages des embarcations mauritaniens, afin de lutter contre le chômage des jeunes.

A la place des pêcheurs, les pirogues n’arrivent plus à aller au large faute d’équipage. Ce qui constitue un manque à gagner énorme pour les mareyeurs et autres vendeurs de poisson de la place. Dans ces lieux aussi, les langues commencent à se délier. Les pêcheurs mauritaniens que nous avons rencontrés sur place estiment que les bateaux étrangers sont responsables de cette pénurie de poisson. Ils ont cessé de pointer un doigt accusateur à l’utilisation du mono-filament comme étant la principale responsable.

Selon la Fao, la pêche industrielle représente 90 % des captures en Mauritanie, dont une très grande partie ne touche pas le sol mauritanien (accord de pêche et licences libres de pêche des espèces pélagiques).

Les accords de pêche décriés

Au mois de juin, l’Assemblée nationale mauritanienne a voté un projet de loi autorisant la ratification d’une convention de pêche avec la Chine. La convention, d'une durée de 25 ans, porte sur l'exploitation des stocks de petits pélagiques. La convention garantit une immunité à l’investisseur, Poly-Hondone Pelagic Fishery, aux membres de son conseil d’administration, aux actionnaires et aux personnes étrangères qu’il emploie légalement. Pour écumer les fonds marins, la société chinoise dispose d'une flotte navale composée de 47 navires.

En septembre 2011, un accord de pêche a été signé avec l’Ue. Aux termes de cet accord, des licences de pêche ont été attribuées à plus de 200 bateaux européens pour pêcher dans les eaux territoriales mauritaniennes.

Un autre accord signé entre la Mauritanie et le Sénégal porte aussi sur l’octroi de 300 licences de pêche à la partie sénégalaise, avec obligation de débarquement de 15 % des captures en Mauritanie, et de 10 licences au profit de bateaux de pêche industrielle thonière avec obligation de recruter des travailleurs mauritaniens à bord.

Avec 720 km de côtes maritimes, la Mauritanie reste l’un des pays les plus poissonneux du monde. Ces eaux maritimes sont balayées par le courant froid des Canaries qui descend du Nord vers le Sud et le courant marin de Guinée qui remonte du sud vers le nord, assurant ainsi la formation des pêcheries productives grâce à la présence du phénomène d’upwelling autrement dit la remontée en surface de masses d’eaux marines profondes riches en matières premières.

Mame Seydou DIOP

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Le 13 octobre 2011

Mauritanie-Espagne: Visas diplomatiques contre Poulpes? (rejoprao)

En conformité avec la résolution du Parlement Européen, les négociations en cours entre l'Ue et la Mauritanie, entendent préserver les stocks surexploités à l'armement national. Il en est ainsi de celui des espèces démersales, notamment l'espèce lucrative du Poulpe. Une éventualité que tente d'exorciser le gouvernement espagnol dépêchant sa secrétaire d'Etat aux affaires maritimes, Mme Vilamiz Iglesias. Mieux encore, une mission de scientifiques espagnols, devrait séjourner à Nouakchott, à partir de mardi, pour "convaincre" les scientifiques mauritaniens, échaudant une nouvelle thèse en contradiction avec le constat de surexploitation du poulpe déjà observé par l'Imrop.

Les négociateurs mauritaniens et les scientifiques de l'Institut Mauritanien de Recherches Océanographiques et des Pêches (IMROP) sont avertis. Le gouvernement espagnol, sous la pression du gouvernement des Iles canaries et des armateurs espagnols, tente de les faire capituler sur le constat de surexploitation des ressources démersales notamment celle du poulpe. A noter que la thèse des scientifiques espagnols n'est pas validée le Comité Scientifique et Technique sur la pêche (CSTEP) de l'UE, l'instance de référence en ce domaine.

L'impact de la résolution du PE

En effet, la résolution votée par le Parlement Européen, prise en mai dernier, a balisé les nouveaux contours des APP avec les pays tiers. Elle avait notamment insisté sur le développement du secteur des pêches en Mauritanie, par le biais de l’infrastructure, et la restriction de l’accès des navires européens aux seules ressources «excédentaires» ou celles qui ne sont pas ciblées par les pêcheurs mauritaniens. Une résolution vite combattue par la France et surtout l'Espagne dont l'armement constitue la majeure partie des bateaux en activité en Mauritanie (voir tableau). Cette résolution a été prise inévitablement à l'encontre des espagnols qui ne ménageront aucun effort pour puiser dans le stock des céphalopodes. L'Espagne quoique mieux lotie quela Grèce ou encore le Portugal traverse une crise financière et économique insidieuse. Le secteur des pêches et l'industrie en annexe notamment le rôle du Complexe frigorifique de Las Palmas ainsi que les usines subiraient probablement le contrepoids d'une telle restriction. La nouvelle politique de débarquement prévue dans les futurs accords ainsi que l'exclusivité éventuelle à l'armement national pourraient laisser sur les carreaux le secteur des pêches espagnols qui peine à se restructurer.....

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Le 27 octobre 2011

Accord de pêche avec l’UE : Les pêcheurs mauriciens demandent des comptes !

« Nous en avons assez de ces gros bateaux qui prennent nos poissons »

Exploitation de la zone pêche : Contestation de l’accord entre l’Etat mauricien et l’UE

Le Syndicat des pêcheurs demande au gouvernement d’arrêter d’allouer des contrats d’exploitation de la zone de pêche à l’Union Européenne. Les représentants de cette association ont tenu un point de presse, ce jeudi 27 octobre 2011 au centre social Marie-Reine-de-la-Paix, Port-Louis.

« Nous en avons assez de ces gros bateaux qui prennent nos poissons », s’exclame le président du Syndicat des pêcheurs, Judex Ramphul. Ce dernier fait ressortir que plusieurs gros navires de pêche sillonnent les eaux mauriciennes privant ainsi les pêcheurs de leurs prises habituelles. Et c’est également ce qu’avance Mohamedally Lallmohamed, secrétaire du Syndicat des pêcheurs. « L’Union Européenne renouvelle régulièrement son accord avec Maurice afin de pouvoir pêcher dans notre territoire. En échange, elle alloue une somme d’argent à l’Etat, mais nous n’avons jamais bénéficié de quoi que ce soit », explique-t-il.

Privilégier la pêche artisanale

Selon les pêcheurs, l'accord qui autorise les bateaux de pêches européens à exercer dans les eaux mauriciennes endommage l'écosystème marin et occasionne un gaspillage des ressources.

Le SPM demande au gouvernement de résilier cet accord dans les plus brefs délais et de privilégier la pêche traditionnelle. "Chaque fois que l'accord est renouvelé, l'Etat empoche des sous mais les pêcheurs ne touchent rien. C'est sans compter les dégâts immenses qu'occasionne les gros bateau à l'écosystème marin ", explique Mohammed Lallmamode, secrétaire du SPM. De son côté, Judex Ramphul, président du SPM, s'insurge contre le fait qu'une fois les cales des bateaux de pêche européens remplis, les surplus des prises sont carrément rejetés à l'eau, d' où un gaspillage des ressources. Un gaspillage qui est également dénoncé par les organisations comme Greenpeace, selon M. Ramphul.

Le SPM prône un retour à la pêche traditionnelle qui permettra à la fois de préserver l'écosystème marin et les emplois des pêcheurs mauriciens, aujourd'hui menacés de disparition

« les fausses promesses du gouvernement »

Lors de ce point de presse, le Syndicat des pêcheurs a également fait mention de ce qu’il appelle « les fausses promesses du gouvernement ». Judex Ramphul fait référence aux compensations promises par l’Etat aux pêcheurs de Poudre-d’Or et à ceux dont les bateaux ont été endommagés lors du raz-de-marée qui a sévi récemment dans la région sud du pays. Les syndicalistes rappellent que le ministre de la Pêche, Nicolas Von-Mally, avait assuré aux pêcheurs de Poudre-d’Or qu’ils recevraient Rs 300 de compensation chaque jour que le cargo panaméen Angel 1 resterait au large de cette région. « Jusqu’à présent, ces pêcheurs attendent toujours leur compensation. Il faut cesser de jouer avec les gens. Voilà deux mois que le cargo panaméen est coincé dans les récifs de Poudre-d’Or et les pêcheurs ne peuvent pas travailler », affirme Judex Ramphul.

Un autre sujet a été à l’agenda de cette conférence de presse. Il s’agit du sort des pêcheurs sur les bancs qui se plaignent du fait que les navires étrangers aient des permis d’opération dans les zones de pêche et qui refusent d’employer des pêcheurs mauriciens.

Ces pêcheurs songent même à une grève de la faim pour faire agir le gouvernement. Ils accordent donc un délai d’un mois au ministre de la Pêche pour que leurs revendications soient satisfaites. Sources : L'Express.mu et Les pêcheurs mauriciens contestent l'accord avec l'UE (Xinhua)

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Le 28 octobre 2011

Gabon : Désaccord avec l’Union européenne sur le partenariat de la pêche au thon (Gaboneco)

A deux mois de la péremption de l’accord de pêche en cours entre le Gabon et l’Union européenne, les discussions entamées à Libreville entre les deux parties pour trouver un nouvel accord de partenariat pour la pêche au thon coincent.

Les discussions entamées entre l’Etat gabonais et l’Union européenne en vue des accords de partenariat sur la pêche n’ont pas aboutit sur plusieurs points du document de partenariat.

Selon le ministère de la Pêche, les négociations ont notamment buté sur la volonté de la partie européenne d’inclure un point relatif au respect des droits de l’homme, ce que les négociateurs gabonais ont refusé.

De plus, les experts gabonais ne sont pas tombés d’accord sur le montant que l’UE doit verser pour la contribution portant sur le tonnage de référence. Les pourparlers se déroulent autour de 465 millions FCFA (environ 715 000 dollars).

La ressource thonière est pour l’instant est techniquement non accessible aux pêcheurs nationaux du fait du manque d’équipement adapté pour ce type de pêche en haute mer.

L’accord actuel prend fin en décembre 2011. Le premier accord de pêche entre l’UE et le Gabon avait été conclu en décembre 1998. Les discussions en vue de trouver un troisième accord de 6 ans, ont été reportées pour novembre.

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Le 21 novembre 2011

Conseil des Ministres de l’Agriculture et de la Pêche

Bruxelles, le 14 novembre 2011

Président : M. Marek SAWICKI

Ministre du développement rural de la Pologne

Dimension extérieure de la politique commune de la pêche

Le Conseil a procédé à un échange de vues sur la communication de la Commission relative à la dimension extérieure de la politique commune de la pêche (PCP) (doc. 12517/11) dans le cadre de l'examen des propositions visant à réformer la PCP.

La plupart des délégations ont relevé que la dimension extérieure de la PCP joue un rôle important pour contribuer à l'approvisionnement en produits de la pêche et faire en sorte que la politique de l'UE en matière de développement durable s'applique à l'intérieur et à l'extérieur de l'UE. En outre, elles ont insisté sur le rôle essentiel que devraient jouer les organisations régionales de gestion des pêches (ORGP) et les accords bilatéraux, en particulier dans la lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée.

Figure au nombre des questions jugées importantes la transparence en ce qui concerne les niveaux d'exploitation dans les eaux relevant de la juridiction des États côtiers et en ce qui concerne l'évaluation des accords bilatéraux, y compris l'évaluation scientifique des stocks.

En ce qui concerne l'introduction d'un droit d'accès à la haute mer pour les armateurs, les États membres se sont montrés dubitatifs s'il doit s'agir d'une mesure unilatérale, ce qui pourrait diminuer la compétitivité des flottes de l'UE et par conséquent, la présence de l'UE dans les eaux internationales. S'agissant de la proposition de la Commission visant à augmenter progressivement le droit d'accès des armateurs aux eaux côtières faisant l'objet d'accords bilatéraux, les États membres ont des avis partagés quant à la viabilité économique de nouvelles augmentations des coûts.

En revanche, le découplage du soutien sectoriel du paiement des droits d'accès pour les États côtiers faisant l'objet d'accords bilatéraux a reçu un accueil favorable. Parallèlement à ce découplage, la plupart des États membres ont demandé que la conditionnalité soit plus stricte et orientée vers les résultats en ce qui concerne la pêche durable au niveau local et régional, et certains États membres ont demandé une plus grande cohérence avec la politique de développement dans son ensemble.

La majorité des délégations ont considéré que des conditions de concurrence équitables vis-à-vis des pays tiers constituaient une dimension essentielle de la future PCP. Certains États membres ont insisté sur le rôle des mesures commerciales en tant qu'instrument de défense de la PCP.

Enfin, certains États membres se sont prononcés en faveur de conclusions du Conseil sur le modèle de celles qui ont été adoptées en 2004 à propos des accords de partenariat dans le domaine de la pêche mais la plupart des délégations préféreraient que les principaux éléments de la dimension extérieure de la PCP soient introduits dans les propositions législatives.

Lors de la session du Conseil "Agriculture et pêche" de juillet 2011, le Conseil a lancé le processus de réforme de la PCP en procédant à un échange de vues public sur les propositions de la Commission dans ce domaine (doc. 13028/11 Conseil des Ministres du 19 juillet 2011). À cette occasion, plusieurs États membres ont noté que ces propositions accordaient une place spécifique à la politique extérieure de l'UE en matière de pêche.

Dans sa communication sur la dimension extérieure de la PCP, la Commission a noté que, dans un contexte où 85% des stocks halieutiques mondiaux déclarés sont soit entièrement exploités, soit surexploités, l'UE est, du fait de ses flottes et de ses investissements, des accords bilatéraux qu'elle a conclus avec les pays tiers et de sa participation aux principales ORGP, l'un des très rares acteurs de premier plan à maintenir une présence forte dans l'ensemble des mers et des océans de la planète.

Elle constitue également, du point de vue de la consommation et des importations, un marché important pour les produits de la pêche. Tout cela lui confère la responsabilité de contribuer à la durabilité à long terme au niveau mondial moyennant un renforcement de l'efficacité des ORGP et une amélioration du fonctionnement des accords de pêche bilatéraux.

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doc. 12517/11

Conseil de l’Europe

Bruxelles, le 14 juillet 2011

Communication de la Commission au Parlement européen, au conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions relative à la dimension extérieure de la politique commune de la pêche

La présente communication expose les nouvelles orientations qui gouverneront la dimension extérieure de la politique commune de la pêche (PCP) réformée.

Elle repose sur de nombreuses consultations et évaluations menées par les services de la Commission dans le cadre de la réforme. La réforme de la PCP vise à assurer une exploitation durable des ressources vivantes de la mer tout en contribuant à la réalisation de bonnes performances économiques, d'une croissance qui profite à tous et d'une plus grande cohésion dans les régions côtières. Les nouvelles orientations relatives à la dimension extérieure de la PCP réformée ont pour objectif d'étendre ces principes au niveau international et de contribuer à la mise en place d'un système international de gouvernance des pêches qui soit plus responsable, de manière à parvenir d'ici 2015 à une exploitation durable des stocks halieutiques à l'échelle mondiale en ramenant les taux de mortalité par pêche à un niveau compatible avec le rendement maximal durable (RMD), tout en atténuant l'incidence des activités de pêche sur l'écosystème marin. En définitive, c'est l'avenir des pêcheurs de l'Union et des pays tiers que ce mécanisme préserve.

Ces orientations prévoient également de plus grandes synergies avec la politique maritime intégrée (PMI) de l'UE, ce qui permettra à cette dernière d'adopter en matière de gestion des pêches une approche davantage fondée sur les écosystèmes et de s'attaquer aux problèmes généraux exerçant une influence sur les stocks halieutiques internationaux, comme le changement climatique et la pollution.... Suite doc. 12517/11

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Le 22 février 2012


UE/Guinée Bissau. Un accord de pêche de type colonial et des peanuts....

La Guinée Bissau a un potentiel halieutique énorme, le pays partage avec son voisin de Conakry, le plus grand plateau continental de toute l’Afrique de l’Ouest et du Golfe de Guinée.

Que représentent les 9,2 millions d’euros ? Cette compensation financière qui donne le droit à la flottille européenne (notamment française, portugaise, grecque, italienne et espagnole…), à près de 70 chalutiers industriels, crevettiers et thoniers de pêcher du poisson, des poulpes, des crevettes et du thon dans les eaux territoriales bissau-guinéennes.

9,2 millions d’euros, c’est l’équivalent des débarquements à la criée de La Rochelle classée 23e port de pêche français en 2011, 1/3 de la criée de La Cotinière (7e), 1/4 de la criée d’Erquy (5e), 1/7 de Lorient (3e), Le Guilvinec (2e) ou Boulogne (1e)… A titre de comparaison, l'UE verse chaque année 36 millions d'euros au Maroc pour 119 bateaux européens....

Le protocole d'accord entre l'Union européenne et la République de Guinée-Bissau fixant les possibilités de pêche et la contrepartie financière prévues dans l'accord de partenariat de pêche entre les deux parties actuellement en vigueur, ne fait mention que des capacités de captures de la flottille communautaire : nombre de thoniers ou jauge des chalutiers. (2)

9,2 millions d’euros pour quelle quantité ?

L’Europe Bleue des TAC et Quotas de pêche ne s’impose aucune limite dans les eaux bissau-guinéennes. Toutefois, les armements doivent verser de leurs côtés une contribution supplémentaire, des peanuts calculés sur les captures : Thoniers canneurs : 25 € par tonne et Thoniers senneurs et palangriers : 35 € par tonne pêchée / Crevettiers : 307 € par tonne / Autres chalutiers (poissons et poulpes) : 229 € par tonne.

L’aide financière est considérée importante pour l'écologiste Jean-Paul Besset, « pour la Guinée-Bissau, elle fournit environ 7,3% du budget de l’Etat et la contribution au secteur a représenté 88% des dépenses inscrites au budget de la pêche. Au total, le protocole a contribué pour environ 1% du PIB du pays. La majorité des parlementaires a déduit que ce protocole peut contribuer à la stabilité macroéconomique et budgétaire de la Guinée-Bissau. »

Cependant, cet accord ne permet pas à la Guinée-Bissau de développer sa propre capacité de pêche en vue d’exploiter directement les potentialités énormes de ses eaux territoriales. Cet accord maintient le pays en situation de survie avec des droits et des devoirs en sus qui perpétuent le caractère colonial de ce type d’accord. Mais il faut le dire, l’UE se porte garant d’une pêche durable et elle soutient les autorités guinéennes dans la lutte contre la pêche illégale de tous ces armements asiatiques qui pillent les eaux bissau-guinéennes....

(1) Pêche UE-Guinée Bissau : Une évolution positive du traditionnel accord

(2) Recommandation sur le projet de décision du Conseil concernant la conclusion du protocole d'accord entre l'Union européenne et la République de Guinée-Bissau fixant les possibilités de pêche et la contrepartie financière prévues dans l'accord de partenariat de pêche entre les deux parties actuellement en vigueur (15178/2011 - C7-0003/2012 - 2011/0257 (NLE)), cliquer : Europarlement

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Afrique de l'ouest. Les pêcheurs artisanaux demandent l'arrêt de la pêche industrielle étrangère, notamment européenne...


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Dans l'Océan Indien, les pêcheurs mauriciens demandent un débat national sur les accords de pêche

Les eaux territoriales de Maurice et Rodrigues sont vastes (ZEE : 1,287 million de km2). Elles attirent de nombreuses flottilles de pêche étrangères notamment européennes.

Des négociations sont en cours entre le gouvernement mauricien et la commission européenne dans le but de conclure de nouveaux accords de partenariat dans le domaine de la pêche.

Ashok Subron, le négociateur du Syndicat des pêcheurs, a demandé au gouvernement d’inviter les pêcheurs, les scientifiques, ainsi que les océanographes à prendre part au débat. « Il faut un débat national sur ce sujet, afin de permettre aux Mauriciens de bénéficier de tout éventuel partenariat. Les derniers accords avaient en effet ignoré les intérêts des Mauriciens », a laissé entendre le syndicaliste.

Les syndicalistes réclament le gel des contrats des opérateurs de pêche (lexpress.mu)

Le Syndicat des pêcheurs lance un appel au gouvernement pour que les contrats des opérateurs de pêche soient gelés aussi longtemps que ces derniers n’auront pas trouvé un terrain d’entente avec les pêcheurs.

Le gel des contrats des opérateurs de pêches qui exploitent les eaux mauriciennes. C’est ce que réclame Ashok Subron, le négociateur du Syndicat des pêcheurs. Il s’exprimait en présence du président de l’association, Judex Ramphull, ce mercredi 22 septembre, lors d’une conférence de presse.

En effet, les syndicalistes constatent que les compagnies de pêche essayent de gagner du temps lors des réunions tripartites. « Ils ont recours à un delaying tactics pour retarder les négociations », a expliqué Ashok Subron. Il faut souligner que ce comité tripartite avait été institué par le ministre du Travail, Shakeel Mohamed, à la demande du Premier ministre. Cette instance a pour but d’examiner l’une des principales préoccupations des pêcheurs, c''est-à-dire les difficultés qu’ils éprouvent à trouver de l’emploi sur les bateaux de pêche qui ont tendance à privilégier les marins-pêcheurs étrangers dont les services sont moins chers.

« Nous dénonçons aussi l’arrogance des opérateurs lorsqu’il s’adressent aux pêcheurs. C’est tout à fait révoltant. Le mieux serait de suspendre leurs permis d’opération, et cela les pousserait à reprendre les négociations plus sérieusement », a fait ressortir Ashok Subron.

Les syndicalistes ont aussi commenté les négociations en cours entre le gouvernement et la commission européenne dans le but de conclure de nouveaux accords de partenariat dans le domaine de la pêche. Ashok Subron a ainsi demandé au gouvernement d’inviter les pêcheurs, les scientifiques, ainsi que les océanographes à prendre part au débat. « Il faut un débat national sur ce sujet, afin de permettre aux Mauriciens de bénéficier de tout éventuel partenariat. Les derniers accords avaient en effet ignoré les intérêts des Mauriciens », a laissé entendre le syndicaliste.

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La Guinée Conakry veut en savoir plus sur les potentialités halieutiques de ses eaux territoriales

Pêche et Aquaculture en Guinée: Lancement de la campagne de recherches halieutiques (Radio Kankan)

Le ministre de la Pêche et de l’aquaculture vient de lancer une campagne de recherches halieutiques sur les côtes de Conakry.

C’est environ 32 km qui serviront de cadre à cette campagne qui sera supervisée par des cadres des centres halieutiques de Boussoura et de SERESCOR de Rogbanê à Ratoma.

L’objectif visé est de pouvoir se rendre à l’évidence, les possibilités naturelles des différentes pêcheries, notamment les pêches artisanales et industrielles aux larges des côtes guinéennes.

Les opérations qui sont menées se déroulaient grâce au bateau de recherche dénommé ‘’Général Lansana Conté ‘’.

Selon l’avis d’un cadre de CERESCOR, la dite campagne sera menée conjointement, le centre de recherche halieutique s’occupera des aspects halieutiques des eaux guinéennes en la capacité de pêche et de poissonnerie, tandis que CERESCOR s’intéressera à l’aspect de suivit et de contrôle, notamment de piraterie qui s’effectue souvent dans les eaux territoriales guinéenne.

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Le 28 février 2012 : Île Maurice

Accord de pêche d'un montant de 1,98 million d'euros entre Maurice et l'Union européenne (Afriquinfos)

L'île Maurice et l'Union européenne ont signé un accord de partenariat de pêche d'un montant de 1,98 million d'euros à Port-Louis, a appris Xinhua mardi 28 février.

L'accord a été signé par le secrétaire permanent du ministère des Pêches, M. Abdool Cader Moosuddee, et le Directeur des affaires internationales et des marchés, de la Direction générale des affaires maritimes et des Pêches de la Commission européenne, M. Stefaan Depypere, en présence du ministre des Pêches, M. Nicolas Von Mally-, et l'ambassadeur de l'UE à l'île Maurice, M. Alessandro Mariani.

Selon cet accord, l'UE s'engage à fournir une contribution financière totale de 1 980 000 d'euros. Le montant correspond à 357 500 euros par an, correspondant à l'accès à un droit de pêche équivalent à un tonnage de référence de 5 500 tonnes et 302 500 euros par an, correspondant à un montant spécifique pour le soutien et la mise en oeuvre de politique sectorielle des pêches mauricien visant à promouvoir une pêche durable dans les eaux mauriciennes.

L'Accord de Partenariat de Pêche établit également les principes et les règles régissant la coopération économique, financière et scientifique entre Maurice et l'UE dans le secteur de la pêche, en vue de garantir la conservation et l'exploitation durable des ressources halieutiques et le développement du secteur de la pêche à l'île Maurice.

En plus des avantages économiques, l'accord prévoit un cadre politique et un instrument efficace pour les deux parties pour superviser et faire appliquer le respect d'une pêche responsable par les opérateurs, et ainsi assurer la pérennité de la pêche au thon dans l'océan Indien Sud-Ouest.

====== 26 juin 2012 ======

Trop petit pour l'UE....

Plan stratégique pour promouvoir le secteur de la pêche kittitien-et-névicien

Suite à la 3e réunion des ministres ACP (Afrique-Caraïbes-Pacifique) en charge de la pêche, sur le thème des « Partenariats pour le développement durable dans le secteur de la pêche dans les pays ACP » (lire plus bas Sommet sur la pêche au Fidji) et lors de laquelle les ministres de la région ACP ont discuté des problèmes actuels liés à la pêche, Dr. Timothy Harris, le délégué de Saint-Kitts-et-Nevis a affirmé qu’il s’attendait à ce que sa région bénéficie des stratégies convenues pendant les discussions.

« Cette réunion devrait avoir des retombées au profit de Saint-Kitts-et-Nevis, en particulier notre communauté de pêche puisque les stratégies fournissent un projet d’action de coopération entre les Etats membres ACP. Nous avons l’intention d’optimiser les opportunités afin d’augmenter la participation du personnel et des pêcheurs en formation avec les Etats d’Afrique, du Pacifique et des Caraïbes », a-t-il explique au journal The Observer.

Il a conclu sur une note positive que la Fédération recevrait une assistance technique en aquaculture. L’aquaculture et les activités aquicoles incluent la culture en eau douce et en eau salée de populations de poissons, crustacés, mollusques et plantes aquatiques aux conditions de contrôle qui s’opposent à la pêche commerciale en libre parcours. Source : CTA

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ACP. Sommet sur la pêche au Fidji (CTA)

La bonne gestion des ressources de la mer (telles les poissons) sera le point principal de l’ordre du jour du 3e sommet des ministres responsables de la pêche au sein de l’ACP (Afrique-Caraïbes-Pacifique). Le sommet de deux jours se déroulera à Nadi, au Fiji les 18 et 19 juin 2012.

Dans un document émanant du gouvernement est écrit que pendant le sommet la centaine de participants des pays de l’ACP vont se concentrer sur la bonne gestion du stock de poissons parmi plusieurs thèmes reliés à la pêche.

Il y aura aussi des discussions sur la population et la nutrition en tenant compte de la sécurité alimentaire, l’augmentation des revenus des activités de la pêche, l’aquaculture et mariculture.

L’ACP a félicité le Fiji pour l’organisation de ce sommet, et le Secrétaire Général de l’ACP a eu ceci à dire : « la contribution du gouvernement du Fiji envers l’organisation de ce sommet est très bien apprécié. »

Le sommet sera aussi l’occasion pour les ministres de finaliser les propositions pour le plan stratégique de la pêche et l’aquaculture pour une période de 5 ans dans la région de l’ACP.

Lors de leur deuxième sommet qui s’était tenu à Mahé, aux Seychelles, les ministres de la pêche des Etats membres de l’ACP avaient adopté une résolution adressant le changement de climat, et la pêche illégale et non-enregistrée, parmi d’autres sujets.

Dans une résolution, les ministres avaient reconnu l’importance de l’aquaculture pour combler le manque de protéine en raison de la diminution du stock de poissons en résultat de la surexploitation, le changement climatique, la pollution, et la destruction de l’habitat. Ils ont aussi exprimé leurs concernes par rapports aux changements climatiques sur les secteurs de la pêche et de l’aquaculture, avant de conclure que l’identification et l’implémentation des mesures coûteront très chers pour les pays vulnérables. Pour plus d'informations : CTA

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Le 5 juillet 2012

L'Union européenne accusée de pêcher à Madagascar sans payer le juste prix (Jeune Afrique)

L'Union européenne (UE) exploite les ressources de poissons malgaches sans en payer le juste prix, accuse une étude de plusieurs instituts de recherche et de l'ONG britannique Blue ventures, parue cette semaine.

"L'Union européenne exploite les ressources malgaches, c'est choquant car ce n'est pas dans les principes de l'UE qui devrait agir dans l'intérêt des pays pauvres", a expliqué à l'AFP l'écologiste britannique Alasdair Harris, membre de Blue ventures.

Selon cette étude, réalisée par l'université canadienne British Columbia avec des chercheurs français et de la Banque mondiale, et publiée dans la revue Marine Policy, les quotas de pêche européenne en eaux malgaches ont augmenté de 30% depuis 1986.

Mais les versements effectués en contrepartie par l'UE ont diminué de 20%. Et les revenus annuels de la pêche perçus par Madagascar ont régressé de 90% entre 1986 et 2010.

"Les contrats ne sont pas transparents et souvent injustes, Madagascar a un des plus mauvais contrats de la région", ajoute M. Harris.

L'UE a des accords de partenariat de pêche avec plusieurs pays. L'objectif est de permettre aux navires de l'UE d'exploiter les ressources excédentaires de ces pays partenaires en échange de droits d'accès à la Zone Economique Exclusive (ZEE) et d'un soutien financier au développement de la pêche durable dans ces pays.

L'accord avec Madagascar vient d'être renouvelé en mai pour la période 2013-2014.

Signe de l'importance de ce sujet de la pêche, le Premier ministre malgache Jean Omer Beriziky y a consacré l'un de ses principaux rendez-vous à Bruxelles où il était en visite officielle lundi et mardi. Il a rencontré Maria Damanaki, la Commissaire européenne aux Affaires maritimes.

Selon l'étude, les trois quarts des ressources halieutiques de l'Union européenne sont épuisées. Plus de 50% des ressources halieutiques de l'UE provient d'autres pays.


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Le 15 novembre 2012

Thon tropical. Les stratégies régionales de pêche de l’UE 

Une entrevue avec Michel Goujon, directeur d'Orthongel

En France, Orthongel est la plus grande organisation de pêche lointaine (en dehors des eaux communautaires). C'est l'organisation française des producteurs de thon congelé et surgelé (association de la loi 1901). Orthongel représente les intérêts d’une flotte de 22 thoniers senneurs, actifs en Océan indien et Océan atlantique pour une production de plus de 100 000 tonnes de thon tropical chaque année.

Orthongel est membre d’Eurothonet a contribué à mettre sur pied l’Association des opérateurs thoniers de l’Océan indien (AOTOI). Ses missions sont d'améliorer les conditions de vente de la production de ses adhérents, d'encourager les méthodes de pêche qui favorisent une pêche durable et responsable, de contribuer à la gestion de la pêcherie et de représenter, défendre et promouvoir les intérêts généraux des armateurs de thoniers congélateurs et surgélateurs tropicaux.

Orthongel est, aussi, membre d'Eurothon, du CNPMEM, du Cluster maritime et du CCR Pêches Lointaines.

Les armements adhérents d'Orthongel sont :
  • la Compagnie Française du Thon Océanique (créée en janvier 2011 par la fusion des armements France-Thon, Cobrecaf et Cobrepêche)  
  • Saupiquet  
  • Sapmer S.A.

Pour en savoir plus, cliquer Orthongel

Les stratégies régionales de pêche de l’UE devraient se centrer sur l’appui à l’harmonisation et à la spécialisation


Dr Michel Goujon, ingénieur-docteur en halieutique, est directeur d’Orthongel, l’organisation française des producteurs de thon congelé et surgelé...

Q : Il y a deux ans, vous avez participé à la création de l’Association des opérateurs thoniers de l’Océan indien (AOTOI). A quoi correspond cette démarche ?

C’est une initiative des conserveries de la région océan indien et des armateurs de pêche à la senne qui y opèrent. On retrouve aujourd’hui dans l’association toutes les conserveries des pays de la COI – Maurice, Seychelles, Madagascar, Comores – ainsi que tous les armements thoniers européens.

La création de l’AOTOI correspond à une période où certains groupes environnementalistes donnaient aux consommateurs, surtout en Grande Bretagne, une image négative de la filière de la pêche du thon à la senne, incitant à ne consommer que du thon pêché à la ligne. La pression des consommateurs, relayée par les importateurs, s’exerçait directement sur les conserveurs, pour que ceux-ci ne s’approvisionnent qu’en thons provenant de ce type de pêche.

Pour nos partenaires de l’Océan indien et aussi pour nous, il était important de recréer la confiance et de démontrer, sur base d’éléments objectifs, que la pêche à la senne peut se faire de façon tout à fait durable.

En effet, au niveau environnemental, la sélectivité de la senne est bonne – comme cela a été documenté pour l’Océan Indien par les scientifiques de la CTOI. Celle-ci résulte notamment du comportement des thons qui se déplacent en bancs. Le repérage du poisson à vue et au sondeur permet aussi aux pêcheurs qui le veulent d'éviter la capture de poissons trop petits. Par ailleurs, le poisson est embarqué vivant, il est alors possible de remettre à l'eau, avec d'excellentes chances de survie, d'éventuelles captures accidentelles comme les requins ou les tortues. Dans le Pacifique est, où les thons sont souvent associés aux dauphins, une méthode est utilisée avec succès pour permettre aux dauphins de s’échapper de la senne.Par ailleurs, opérant en surface et loin des côtes, la senne n'a pas d'impact sur les fonds marins.

Bien sûr, des améliorations des pratiques peuvent toujours se faire, et c’est aussi à cela que nous travaillons au sein de l’AOTOI.

Nous avons d’ailleurs fait tout un travail de préfiguration d’une labellisation, même si ce n’est pas l’objectif premier de l’association.

Q : S’agirait-il là d’un écolabel de plus ?

Nous avons défini un cahier des charges qui est axé sur des aspects tant environnementaux que sociaux, de qualité du produit ou encore de transparence. Au niveau environnemental, par exemple, nous nous engageons à ne pas produire de rejets, exceptés pour les animaux relâchés vivants. Au niveau social, nous nous engageons à respecter les droits des travailleurs, le salaire minimum, la couverture sociale, etc. Pour les bateaux européens pêchant sous accord de partenariat de pêche, cela correspond par exemple à la mise en oeuvre de la clause sociale. Pour les conserveries, il y a aussi des engagements concernant la chaîne du froid, l’évacuation correcte des déchets, etc.

Mais l’AOTOI est aussi une plateforme pour réfléchir et promouvoir des améliorations techniques, comme par exemple le développement et la généralisation de l’utilisation de dispositifs de concentration de poissons (DCP) écologiques afin de minimiser l’impact environnemental de cette technique. En France, nous avons mené un programme pour le développement de ce genre de DCP qui, à terme,seront standardisés et assemblés à terre, ce qui permettra aussi un meilleur contrôle du nombre de DCP mis en mer.

Q : C’est un enjeu central, pour vous, de minimiser l’impact environnemental des DCP, notamment les prises accidentelles de requins et tortues et les captures de juvéniles ?

Oui, c’est vraiment une conviction du secteur. Nous sommes bien conscients que, même si les prises accidentelles sont déjà faibles pour la pêche à la senne, améliorer la sélectivité des engins, c’est tout bénéfice : un écosystème en bonne santé est plus productif, une meilleure sélectivité réduit la charge de travail, etc, sans compter l’amélioration de notre image. Avec les améliorations que nous proposons, nous voulons démontrer que la pêche sur DCP écologiques, bien contrôlée, est une pêche responsable.

Dans ce débat un peu manichéen entre une pêche sur DCP (qui serait mauvaise), et une pêche sans DCP (qui serait bonne), il faut prendre en compte des enjeux techniques et économiques. Il n’est pas possible pour une flotte entière d’être rentable en pêchant uniquement sans DCP. Ce que l’on capture sous DCP, c’est essentiellement du thon listao, qui contribue pour au moins 50% de la matière première des conserves de thon. Ces captures sous DCP sont donc un élément essentiel de la rentabilité, et donc les senneurs qui s’engagent dans la pêche sans DCP ne feront qu’une partie de leurs captures de cette manière. Il faudra donc prévoir des cuves séparées pour stocker le thon pris avec et sans DCP, et organiser une traçabilité sans failles.

De notre point de vue, en plus des améliorations techniques visant à une meilleure sélectivité, d’autres approches sont efficaces pour éviter de pêcher des juvéniles de thon, notamment dans la façon de rémunérer les équipages. Nous payons les équipages au prorata de la valeur du thon capturé, pas au volume de captures. De plus, tout thon capturé de moins de 1,5kg n’est pas payé. Avec ce système, il est évident que les pêcheurs vont cibler les plus gros thons, et pas les juvéniles.

Q : Les DCP sont également un paramètre important qui augmente la capacité de pêche…

Effectivement, c’est un aspect important qui doit être pris en compte lorsqu’on développe des systèmes de gestion de la capacité de pêche thonière au niveau des Organisations régionales de pêche (ORGP).

Dans le cadre du Conseil consultatif régional pour la pêche lointaine (CCRPL) de l’Union européenne, nous avons réfléchi sur les enjeux liés à l’utilisation des DCP, avec l’ensemble de l’industrie et les ONG. La principale recommandation qui en est sortie, c’est qu’il faut adopter un plan international de gestion des DCP, qui devra être appliqué au niveau de toutes les ORGP thonières, afin de gérer l’ensemble de leurs impacts, y compris sur la capacité de pêche.

Cela exigera le recueil continu de données sur l’utilisation des DCP qui viendra s’ajouter au recueil déjà réglementaire de la composition des captures par taille et par espèce et des captures accessoires.

Nous avons demandé à l’UE de porter cette recommandation et de promouvoir cette approche au sein des ORGP thonières.

Q : L’UE est en train de reformer sa politique de pêche et, concernant la pêche lointaine, elle propose de définir des stratégies régionales. Qu’est-ce que cela vous inspire ?

C’est essentiel de développer ces stratégies régionales pour la pêche thonière. Et il faut que ces stratégies aient pour objectif d’appuyer les pays d’une région donnée à harmoniser leurs politiques, notamment en ce qui concerne les conditions d’accès pour les flottes de pêche lointaine, la coopération scientifique et la lutte contre la pêche illégale.

Un autre aspect qui devrait être considéré par les pays partenaires de l’UE, en particulier ceux qui ont des accords de partenariat thoniers avec l’UE, c’est l’intérêt qu’il peut y avoir à développer des spécialisations au sein d’une même région. En effet, il n’est de l’intérêt de personne de construire des usines de transformation semblables partout, si, au bout du compte, les pays ne peuvent les faire fonctionner à plein rendement.

Une concertation entre les états riverains pour déterminer comment répartir de manière juste les divers bénéfices de l’exploitation thonière par les flottes de pêche lointaine serait sans doute salutaire. Si la question de l’installation des usines de transformation est un élément clé à discuter dans ce cadre, le paiement de coûts d’accès harmonisés, représentant une part raisonnable de la valeur des captures réalisées, est un autre élément important à discuter au niveau régional.

D’autres propositions pourraient aussi être faites, pour que certains pays se spécialisent pour devenir, par exemple, des centres régionaux pour la formation d’observateurs, la formation de marins, le Suivi, Contrôle et Surveillance, etc. Ce qui me semble évident, c’est que le développement de stratégies régionales pour la future politique européenne de la pêche doit prendre aussi bien en compte les besoins et les priorités des pays tiers que les contraintes d’exploitation durable des senneurs.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

J'ai monofilament que j'utilise dans l'eau salée chaque année pendant un mois et ensuite le stocker dans un endroit frais et sombre après avoir été lavé à l'eau douce. Combien de fois ai-je besoin de changer la ligne? Il ressemble toujours à nouveau et n'est pas délavée ou cassants.