mercredi 1 décembre 2010

Enquêtes : Du saumon très chargé en toxiques !

Enquêtes : Du saumon très chargé en toxiques !

A quelques jours des fêtes de fin d’année, le saumon tient une nouvelle fois le haut du pavé. Mais, cette fois-ci il s’agit d’un véritable pavé dans la mare !!! Deux enquêtes émettent de sérieux doutes sur ce pavé de saumon qui serait « poêlé avec des épices détonantes » (1).

La première enquête concerne un saumon d’origine chilienne : « Manger du saumon chilien n’est plus si sûr ». La deuxième, un saumon d’origine européenne : « Menus toxiques ».

« Manger du saumon chilien n’est plus si sûr »

La société danoise « Vega salmon » accuse l’entreprise chilienne Multiexport de lui avoir vendu des saumons qui n’étaient pas destinés à la consommation humaine.

Francisco Pinochet, avocat de la compagnie danoise, a donc affirmé que l’entreprise a payé à l’avance pour un saumon de qualité « premium » mais « a reçu un saumon qui, selon les informations dont nous disposons, n’est pas destiné à la consommation humaine... c’est un poisson dégoutant ».

Santiago, Chili, 01 décembre 2010. (Ecocéanos News) – Ces dernières semaines sont apparues deux centres de préoccupations sanitaires dans lesquelles est impliquée l’industrie chilienne du saumon. Si on pense au fait que les spécialistes affirment que, tous les deux ans, les élevages industriels de cette espèce exotique devront affronter une nouvelle maladie, les conditions sanitaires de la commercialisation sont également une cause du rejet par le marché international de ce saumon en provenance d'Amérique du Sud.

Après la crise sanitaire, environnementale et sociale générée par la mortalité massive des saumons atteints par le virus de l’Anémie Infectieuse du Saumon (virus ISA), une compagnie danoise accuse maintenant l’entreprise chilienne Multiexport de lui avoir vendu des saumons qui n’étaient pas destinés à la consommation humaine....Suite Ecocéanos News

Les spécialistes norvégiens ont confirmé la mauvaise qualité du saumon chilien exporté en Europe : Le travail d’évaluation de Newfoundland Marine Group Ltda en association avec le vétérinaire Jan Gjerde et l’ingénieur-conseil Magnar Bruvik d’Aqua-Lab AS mettent en évidence que la cause de la mort des saumons en question n’était pas leur extraction et leur traitement mais diverses maladies, c’est-à-dire que les poissons étaient morts ou mourants au moment de leur traitement. Néanmoins, les saumons ont été congelés pour leur exportation, pour être vendus aux consommateurs européens. Suite….

Menus toxiques : Enquête sur les substances chimiques présentes dans notre alimentation

L’enquête « Menus toxiques » menée par l’association Générations futures (GF ex-MDRGF) et le réseau européen Heal (Health & Environment Alliance) (2), concerne les repas pris par n’importe quel enfant au cours d’une journée. Des repas tout à fait ordinaires mais au combien détonants.

Détails des menus

Matin : Thé avec du Lait (eau chauffée dans une bouilloire en plastique), pain de mie, beurre, confiture, jus de fruit (raisin) ;

En-cas 10h : pomme (fruit frais) ;

Midi : salade composée (salade verte, tomate, thon) ; haricots verts / steak ; baguette ; raisin (fruit frais) ;

Goûter : smoothies aux fruits rouges ;

Soir : salade verte, saumon/riz (plat servi dans une assiette en plastique alimentaire) ; citron pour le saumon ; fromage fondu; pêche (fruit frais) ; pain

1 fois dans la journée : chewing-gum pour enfant

Toute la journée : eau du robinet

Résultats

128 résidus chimiques dans la journée qui représentent 81 substances chimiques différentes !

La palme : 36 pesticides différents ingérés en une seule journée !

47 substances différentes cancérigènes suspectées et 37 perturbateurs endocriniens suspectés en une seule journée !

Deux produits de la mer

Le thon entier en boite mangé en salade est dans la moyenne avec 5 résidus détectés :

2,4,4'-TriBDE (BDE-28)

Arsenic

Cadmium

Mercure

PCB 167

Le Saumon origine Europe mangé le soir avec du riz bat tous les records avec 34 résidus (dont 23 cancérigènes et 24 perturbateurs endocriniens) !

2,2',4-TriBDE (BDE-17)

2,4,4'-TriBDE (BDE-28)

2,2„,4,4„-TetraBDE(47)

2,2',4,5'-TetraBDE (BDE-49)

2,3„,4,4„-TetraBDE(66)

2,2„,4,4„,5-PentaBDE(99)

2,2',4,4',6-PentaBDE (100)

2,2„,4,4„,5,5„-HexaBDE(153)

2,2',4,4',5,6'-HexaBDE(154)

2,2',3,3',4,4',5,5',6-NonaBDE (BDE-206)

DecaBDE(209)

DDT (total)

Dieldrin

p,p'-DDE

Arsenic

2,3,7,8-TCDD

1,2,3,7,8-PeCDD

1,2,3,6,7,8-HxCDD

2,3,7,8-TCDF

1,2,3,7,8-PeCDF

2,3,4,7,8-PeCDF

2,3,4,6,7,8-HxCDF

PCB 77

PCB 81

PCB 105

PCB 114

PCB 118

PCB 123

PCB 126

PCB 156

PCB 157

PCB 167

PCB 169

PCB 189

(1) Dans cette étude, le saumon est le seul à révéler des "composés perfluorés (PFC) : le cas du PFOA (teflon) : Vous pouvez choisir des poêles sans PFOA dont certaines marques font déjà un argument de vente et qui portent le logo « No PFOA ». Le meilleur ustensile de cuisson semble être ceux en acier inoxydable qui certes attache plus mais sont facilement nettoyable."

(2) En partenariat avec le réseau Environnement Santé (RES), le Cniid et le WWF France

Philippe Favrelière (texte complété le 19 décembre 2010)

Autres articles :

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Saumon d'élevage : des poissons finalement assez conservateurs

Emission ABE - A Bon Entendeur

Télévision Suisse TSR1

30 novembre 2010

Après les antibiotiques, les polluants comme les PCB, A Bon Entendeur a découvert un agent conservateur douteux utilisé dans la nourriture des animaux. Les échantillons de saumon testés étaient tous contaminés même les saumons Bio et les risques pour la santé ne sont pas évalués.

L'agent conservateur douteux, c'est l'Ethoxyquine, un produit de synthèse à la fois pesticide et antioxydant.

Patrick Edder, chimiste cantonal à Genève ne cache pas sa surprise : « On ne s’attendait pas à retrouver de telle substance, puisque notre recherche initiale concernait des pesticides pour des traitements contre le poux de mer. Et c’est par hasard que l’on est tombé sur l'Ethoxyquine. Donc on a du rechercher la pertinence de retrouver cette substance dans le saumon. Et après quelques recherches on a vu que c’était un additif antioxydant pour l’alimentation des poissons. »

Ethoxyquine, pesticide et antioxydant à la fois...

l'Ethoxyquine a été synthétisée dans les années 50 par la firme américaine Monsanto. Employée pour le traitement des fruits, notamment contre le brunissement des poires, on la trouve parfois aussi comme conservateur dans certaines épices. Elle est surtout très utilisée comme anti-oxydant dans la nourriture pour animaux.

C’est donc une substance bien connue, mais dont la toxicité n’a curieusement pas été complètement évaluée, comme nous le confie Patrick Edder. « On n’a pas de certitude sur la toxicologie de ce produit et d’ailleurs le dernier rapport de l’autorité européenne de sécurité alimentaire montre bien que l’on ne peut pas conclure si le produit est dangereux ou s’il ne l’est pas car il nous manque les trois quarts des études toxicologiques. Alors après c’est une question de principe de précaution : Est-ce que l’on prend des mesures immédiates pour interdire cette substance; ou est-ce que l’on attend tranquillement qu’on ait une évaluation pour prendre une série de mesures. Apparemment, l’EFSA a plutôt choisi cette dernière solution. »

En jetant un coup d’œil sur les législations suisses et européennes, on trouve tout de même une valeur-limite pour les résidus dans les viandes, mais seulement pour les animaux terrestres. En gros, en Suisse et en Europe, on a une norme pour les kangourous et les serpents, mais pas pour les saumons....

.... Pour prévenir de possibles explosions dans le transport maritime de la farine de poisson

A l’Institut national de la nutrition et de la recherche sur les produits de la mer (INES) de Bergen (Norvège), Anne-Katrine Lundebye Haldorsen, directrice des recherches sur la sécurité alimentaire explique la présence d’Ethoxyquine dans l’alimentation des poissons d’élevage : «L’Ethoxyquine est un anti-oxydant de synthèse, il est ajouté à la farine de poisson pour prévenir de possibles explosions ».

Voilà le fin mot de l’histoire. La farine de poisson et l’huile de poisson qui entrent dans la composition de la nourriture des saumons d’élevage, proviennent en bonne partie de la pêche minotière d’Amérique du Sud, et elles sont livrées par cargo aux fabricants de croquettes du Nord. Mais ce long voyage comporte un risque: l’auto-combustion par oxydation. On asperge donc la matière première d’antioxydants.

Et Anne-Katrine Lundebye Haldorsen de rappeler que : « L’Organisation Maritime Internationale a approuvé seulement deux antioxydants synthétiques : l’Ethoxyquine, qui est le plus efficace, mais aussi le BHT.»

De l’Ethoxyquine dans le saumon Bio !

L’année dernière, nous avions filmé pour A Bon Entendeur une ferme à saumons bio irlandaise, en insistant sur le fait que la production de saumon bio était plus respectueuse de l’environnement et des animaux que la production conventionnelle, mais qu’elle n’était évidemment pas parfaite.

Et effectivement, nous avons retrouvé cette année dans nos résultats 242 microgrammes par kg d’Ethoxyquine et de dimère d’Ethoxyquine dans un saumon bio provenant du même groupe de producteurs que celle-ci.

Nous sommes allés demander à ces fermiers de la mer ce qu’ils pensaient de nos analyses. Eugene Casey, éleveur Mannin Bay Co. Admet que ses poissons peuvent contenir de l’Ethoxyquine : « Nous sommes obligés d’utiliser une petite quantité de farine de poisson sud-américaine au début de la vie de nos poissons pour des raisons de santé et à cause de cela, je pense qu’il reste des petites quantités d’Ethoxyquine dans le saumon à la fin de leur cycle de croissance. »

Et les certificateurs bio acceptent l’utilisation de l’Ethoxyquine ?

« Nous en avons discuté avec eux, ils préféreraient que nous n’en utilisions pas, mais ils ont reconnu qu’il était essentiel que nous donnions un peu de farine de poisson sud-américaine à nos saumons. Ils ont donc accepté un peu d’Ethoxyquine. »

La loi du marché semble la plus forte...

L’Ethoxyquine pourrait être remplacée en transportant la farine de poisson sous atmosphère contrôlée, avec un ajout d’antioxydants provenant des algues, mais encore faut-il le vouloir.

Et la loi du marché semble la plus forte selon Colin Mair, directeur technique Ocean Harvest Technology, « Le marché des saumons d’élevage est dirigé par le volume et les coûts. Tous les gens dans ce jeu, des fabricants de farine aux fermiers sont vraiment concentrés sur chaque centime d’économie possible et un changement n’est introduit que lorsqu’il est nécessaire. Nous remarquons que le public commence à se rendre compte des problèmes liés à l’élevage du saumon et c’est une forme de pression pour que cela change. »

L’Ethoxyquine n’est qu’un petit exemple parmi tous les produits de synthèse que nous ingérons chaque jour dans notre nourriture, mais elle nous rappelle que, puisque nous sommes ce que nous mangeons, il nous faut aussi nous préoccuper de ce qu’a mangé notre nourriture avant de finir sur notre table.

Pour Patrick Edder, : « Les grands derniers scandales alimentaires ont presque tous commencé avec la nourriture pour animaux. Encore aujourd’hui, on voit que des substances présentent dans l’alimentation des animaux se retrouvent dans le produit fini, qu’on a pas évaluées, dont on ne connaît pas la toxicologie et pour lesquelles ont prend peu de mesures. »

Pour visionner l'émission cliquer ABE

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Révélations incendiaires sur le poisson d'élevage, pas très bio !

Quand les armateurs se couvrent, les consommateurs s’empoisonnent à l’éthoxyquine....

Anne-Katrine Lundebye Haldorsen, directrice des recherches sur la sécurité alimentaire en Norvège nous explique la présence d’éthoxyquine dans l’alimentation des poissons d’élevage : « L’éthoxyquine est un anti-oxydant de synthèse, il est ajouté à la farine de poisson pour prévenir de possibles explosions ».

Voilà le fin mot de l’histoire. La farine de poisson et l’huile de poisson qui entrent dans la composition de la nourriture des saumons d’élevage, proviennent en bonne partie de la pêche minotière d’Amérique du Sud. Elles sont livrées par cargo aux fabricants de croquettes du Nord. Mais ce long voyage comporte un risque : l’auto-combustion par oxydation. On asperge donc la matière première d’antioxydants.

Et Anne-Katrine Lundebye Haldorsen de rappeler que : « L’Organisation Maritime Internationale a approuvé seulement deux antioxydants synthétiques: l’éthoxyquine, qui est le plus efficace, mais aussi le BHT.»

Et les certificateurs bio acceptent l’utilisation de l’éthoxyquine ? « Nous en avons discuté avec eux, ils préféreraient que nous n’en utilisions pas, mais ils ont reconnu qu’il était essentiel que nous donnions un peu de farine de poisson sud-américaine à nos saumons. Ils ont donc accepté un peu d’éthoxyquine. »...

Lire l’article de Cedepa : Vous avez dit « bio »?

Visionner le reportage de la télévision suisse tsr.ch de novembre 2010 : Norvège et Irlande : lefjord de l’angoisse et la tempête de croquettes bio

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Nos assiettes ne sont pas très nettes (L’Humanité)

Manger peut-il nuire à la santé ? Un documentaire de France 3

C’est ce qui s’appelle payer de sa personne. Isabelle Saporta est journaliste spécialisée, trentenaire, et elle s’alimente plutôt sainement. Une prise de sang va révéler la présence d’arsenic, de plomb, de mercure, de dioxine, de furane, PCB et autres pesticides. Au total, une quarantaine de pesticides différents. Avec Éric Guéret, l’auteur du documentaire, elle signe cette enquête dans nos assiettes, Manger peut-il nuire à la santé ?, diffusée ce soir, sur France 3. Elle publie chez Fayard un ouvrage approfondissant les grands thèmes de l’émission, le Livre noir de l’agriculture, sous-titré Comment on assassine nos paysans, notre santé et l’environnement. Ce qui répond à la question de départ. Pomme, blé, saumon, et pain, quatre aliments ordinaires dans notre alimentation, contiennent des résidus de substances toxiques. Avec quelque 76 000 tonnes de pesticides utilisés par an, la France est le plus gros utilisateur en Europe. La moitié des antibiotiques de France seraient consommés par des porcs. Avec 136 200 tonnes consommées en 2010, la France est le plus gros marché d’exportation de ces poissons engraissés en Norvège aux farines de poissons et aux huiles végétales. Claude Baudry

Pour aller plus loin....

Autres sons de cloche sur le net : Des contre-enquêtes financées par le Centre des Produits de Mer de Norvège.

« BuzzEcolo c’est vu invité (début Octobre 2010) par Le Centre des Produits de la Mer de Norvège à une petite excursion au creux des Fjords pour découvrir et échanger autours des méthodes pêche et d’aquaculture en Norvège. »

Enquête de BuzzEcolo : Notre Saumon de Norvège

Le Saumon, un poisson gras aux vertus nutritives importantes, que l’on aime consommer de multiples façons et à diverses occasions. Devenu rare à l’état sauvage, l’élevage l’a rendu de nouveau populaire et plus accessible à la consommation …

Enquête de Notre Planète – info : Faut-il avoir peur du saumon d’élevage ?

A l'approche des fêtes de fin d'année, les étals des poissonneries proposent davantage de produits alimentaires festifs comme le saumon. Si les Français en sont friands, la majeure partie du saumon qui nous est proposée provient d'élevages dont les conditions laissent les consommateurs dans la perplexité voire la méfiance. Faut-il en avoir peur ? Nous sommes partis enquêter en Norvège…..

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Notre-Planète.Info protège quelle planète ?

Après avoir fait l'apologie du saumon de Norvège dans un article du 30 novembre 2010 « Faut-il avoir peur du saumon d’élevage ? », le site web Notre-Planète.Info, Le site de référence en environnement et sciences de la Terre depuis 2001, publie deux jours plus tard un article dénonçant les produits toxiques dans les aliments consommés par les enfants et tout particulièrement dans le saumon : Menus toxiques : un enfant ingère plus de 80 substances chimiques différentes dans la journée !

Avoir un esprit critique serait bon pour notre planète !!!

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Consommons du saumon sauvage du Pacifique Nord !

Après ces enquêtes et ces contre-enquêtes, ne vaudrait-il pas mieux consommer du saumon sauvage du Pacifique (Alaska, Russie ou Canada) dont la production est historique en 2010 avec des quantités presque équivalentes à celles du saumon d’élevage. D’ailleurs, la multinationale norvégienne Marine Harvest (Premier producteur mondial de saumon d’élevage) propose maintenant du saumon sauvage d’Alaska sous la marque Kritsen en France.

Le saumon sauvage capturé par les amérindiens alaskiens est écolabellisé Pêche durable MSC (Marine Stewardship Council) : Avec leurs saumons, les indiens Metlakatla vise une reconnaissance mondiale !

Photographie d'Ecoceanos : Saumon d'élevage chilien contaminé (virus ISA)

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Le 15 avril 2011

Trop d'antibiotiques tue les antibiotiques (Europarlement)

« Les antibiotiques, c'est pas automatique ! » Le slogan a été largement diffusé en Francepour alerter sur les risques d'une consommation trop régulière d'antibiotiques. Ce que l'on sait moins, c'est qu'ils sont également utilisés à grande échelle sur les animaux. A la fin de la chaîne alimentaire, c'est la santé humaine qui est mise en danger. Les députés réfléchissent à un encadrement plus strict des pratiques en Europe, notamment dans le secteur de l'élevage.

S'ils sont trop souvent en contact avec des antibiotiques, microbes et virus développent des résistances et sont plus difficiles à combattre. En conséquence, on déconseille d'en prescrire si ce n'est pas absolument nécessaire. De plus, la moitié des antibiotiques utilisés pour les animaux sont les mêmes que ceux utilisés chez l'homme… or ces médicaments sont utilisés à grande échelle dans le secteur de l'élevage, tant pour le traitement que la prévention des maladies.

L'utilisation d'antibiotiques dans la chaîne alimentaire pose donc, in fine, un risque de santé pour l'homme. Les virus deviennent plus résistants et les hommes peuvent être mis en contact avec ceux de leurs animaux domestiques. Par ailleurs, des résidus d'antibiotiques sont présents dans la nourriture et diminuent les défenses immunitaires.

Un rapport de l'Italien Paolo de Castro (Socialistes et démocrates) demande ainsi « une utilisation appropriée des antimicrobiens sur les animaux » afin qu'ils « demeurent un outil efficace pour combattre la maladie, tant chez les animaux que chez l'homme ». Il prône une production animale dépourvue d'antimicrobiens et préconise des alternatives telles que la vaccination et le contrôle des maladies infectieuses chez les animaux. Enfin, il demande un travail statistique approfondi pour avoir une idée plus claire de l'état de la situation dans l'Union européenne.

Le rapport de Paolo De Castro, adopté en commission parlementaire de l'agriculture, doit encore être adopté en séance plénière pour devenir la position officielle du Parlement européen.

Proposition de résolution déposée à la suite de la question avec demande de réponse orale B7-000/2011 conformément à l'article 115, paragraphe 5, du règlement sur la résistance aux antibiotiques/Paolo De Castro au nom de la commission de l'agriculture et du développement rural

http://www.europarl.europa.eu/meetdocs/2009_2014/documents/agri/re/859/859185/859185fr.pdf

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Résistance aux antimicrobiens (EFSA)

Les antimicrobiens sont des substances utilisées pour tuer les microorganismes ou pour enrayer leur croissance et leur multiplication. Ils sont généralement utilisés pour traiter des maladies infectieuses dans les médicaments à usage humain et vétérinaire, par exemple sous la forme d’antibiotiques. Les traitements antimicrobiens sont également utilisés pour les plantes et les denrées alimentaires, par exemple, sous la forme de biocides pour combattre des microbes pathogènes dont certains – tels Salmonella, Campylobacter et Listeria – sont responsables d’infections d’origine alimentaire.

L’on entend par résistance aux antimicrobiens l’aptitude qu’ont les microbes à résister aux traitements antimicrobiens. Ce phénomène préoccupe les scientifiques et les décideurs politiques car l’utilisation abusive ou à mauvais escient d’antibiotiques est connue pour favoriser l’émergence et la propagation de microbes résistants, rendant ainsi les traitements contre ces microbes inefficaces. Cette situation peut constituer un risque important pour la santé publique. Un exemple bien connu en est la bactérie du Staphylococcus aureus résistant à la méthicilline (SARM), dont certaines souches ont été signalées comme résistantes à plusieurs classes d’antimicrobiens….

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Résistance aux antimicrobiens (Commission Européenne)

L'action de l'UE

Depuis leur introduction il y a 70 ans, les agents antimicrobiens, comme les antibiotiques, ont permis de réduire considérablement le nombre de décès dus à des maladies infectieuses. Toutefois, ces agents tendent à être utilisés d'une manière abusive ou à mauvais escient et de nombreux micro-organismes sont devenus résistants à ce type de traitement, à tel point que nous devrons peut-être nous en passer à l'avenir.

Cette situation est d'autant plus grave que ces produits sont devenus des outils essentiels pour la médecine moderne. Certaines interventions chirurgicales seraient impossibles à réaliser sans le recours à des agents antimicrobiens. La résistance antimicrobienne se traduit par une augmentation à la fois des décès et des dépenses de santé…

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Chili : Les cages en cuivres ouvrent une nouvelle phase de l’aquaculture du saumon (CPD)

EcoSea Farming, une entreprise qui développe les premières cages en cuivre pour l’aquaculture pouvant être installées dans les profondeurs, vient de se lancer. Ces cages sont plus résistantes que les cages traditionnelles et ont des propriétés bactéricides et virucides. Ce mois-ci, une cage aux mailles de cuivre de 20 mètres de diamètre, 10 pieds de long et pesant 4 tonnes a été installée à 30 m de profondeur. EcoSea espère installer au Chili 400 fermes d’aquaculture selon ce nouveau système dans les 4 prochaines années.

Source : Analia Murias, FIS,

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Le 5 mai 2011 : article de Cedepa

Aquaculture aux antibiotiques

Au menu des poissons :

Acide oxolinique amoxicyline, ampicillin, azaméthiphos, benzylpénicilline, bronopol, chlortétracycline, cloxacilline, dicloxacilline, diflubenzuron, emamectine benzoate, florfénicol fluméquine, oxacilline, oxytétracycline , pénéthamate, sarafloxacine, somatosalm, sulfamides (tous les), teflubenzuron, tétracycline, thiopental, toschloramide, tricaïne méthanesulfonate, tricaïne mésylate, triméthroprime

Au dessert :

Chloramphénicol, formaldéhyde, ormétoprim, sulfadiazine, sulfadi-méthoxine, trifluralin, triméthoprime, tripolyphosphate de sodium…

Les antibiotiques, c’est pas automatique …. pour l’homme

Mais la FAO nous explique que c’est « obligé » pour l’aquaculture.

S’il me venait l’idée saugrenue de pratiquer le cyclisme, je serais « obligé » de me doper… si je ne fais pas de cyclisme intensif mais du vélo, ces prétendues « obligations » s’estompent.

Les antibiotiques sont « obligatoires ». Cette obligation s’associe à certains types d’élevages alors que d’autres n’y ont jamais recours. Pourquoi ?

Il serait grand temps de s’interroger sur les process d’élevage au lieu de se convaincre que les intrants sont devenus obligatoires.

Cet état des lieux de la FAO a le mérite de nous renseigner.

Il a aussi l’inconvénient de nous inquiéter :

  • hormis 4 ou 5 pays développés « équipés » d’experts qui se consultent une fois/an, les apprentis sorciers utilisent des tonnes de produits sans réglementation particulière ni contrôle…l
  • les règles internationales ont du mal à s’harmoniser et sont surtout très lentes à entrer en vigueur…. et quand on sait que les approvisionnements s’effectuent sur le marché mondial on imagine que les pays au stade d’une réglementation préhistorique ne vont pas se priver de vendre…

Résidus d’antibiotiques dans les produits de l’aquaculture…

Le problème :

Comme dans les autres secteurs de la production animale, des antibiotiques sont utilisés en aquaculture, tant pendant la production qu’au stade de la transformation, tant pour prévenir (usage prophylactique) que pour traiter (usage thérapeutique) des maladies bactériennes. Les antibiotiques ont aussi été recommandés et utilisés comme désinfectants dans la manutention du poisson mais cette pratique s’est révélée peu efficace et n’est généralement pas approuvée par les services d’inspection du poisson. Les antibiotiques n’ont pas toujours été utilisés à bon escient en aquaculture, et l’on connaît divers cas dans lesquels les contrôles effectués n’ont pas toujours donné l’assurance que les risques pour l’homme étaient correctement évités.

La FAO, l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Office international de épizooties (OIE) et plusieurs gouvernements ont déjà soulevé la question de l’utilisation irresponsable des antibiotiques dans tous les secteurs de production, eu égard en particulier aux risques potentiels pour la santé publique. De nombreux gouvernements dans le monde ont introduit, concernant l’emploi des antibiotiques dans l’agriculture en général et dans le secteur aquacole, des réglementations nationales, les ont modifiées ou rendues plus strictes. Suite CEDEPA

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Le 2 juillet 2011

Substances chimiques et métaux lourds garnissent vos repas (Le Post)

L'enquête de l'Agence de sécurité sanitaire de l'alimentation (Anses) remet son rapport sur plus de 20.000 produits après plusieurs années de travail.

C'est pas moins de 20.000 produits qui ont été préparés et testés tels que vous les consommez dans vos assiettes.

Au menu : du plomb et du cadmium dans le pain, de l'aluminium dans les pâtes, du cuivre dans le café, de quoi ouvrir l'apétit et sur ce point l'Anses déclare : si l'on mange de tout et sans excès, il n'y a rien à craindre, les risques pour la santé sont "bien maîtrisés".

Et ce n'est pas tout : le lait contient du plomb, arsenic inorganique, dans les frites des mycotoxines et de l'acrylamide, il y a du sulfite dans le vin, les dioxines et le PCB relève les poissons gras et le mercure organique assaéssone le thon etc...

C'est plus de 361 substances à risque toxicologique qui se retrouve chaque jours des les assiettes, peut être pas tous en même temps mais sûrement une partie....

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Le 24 novembre 2012

Santé et alimentation animales

Antibiorésistance, travaux et surveillance

La résistance aux antibiotiques remet en question l’efficacité de ces traitements tant chez l’Homme que chez l’animal. Nécessitant l’intégration et l’interaction de compétences et connaissances multiples, les travaux menés par l’Anses, organisés en cinq axes, impliquent les laboratoires de Ploufragan-Plouzané, de Fougères, de Maisons-Alfort, de Dozulé et de Lyon, la Direction de l’évaluation des risques et l’Agence nationale du médicament vétérinaire.... Pour accéder au directement dossier, cliquer Anses

Troisième édition de la journée Anses sur l'antibiorésistance en santé animale : des progrès sensibles mais les efforts restent à poursuivre
19 novembre 2012

L'antibiorésistance est reconnue comme un problème majeur en termes de santé humaine et animale au niveau international, avec l'émergence et la diffusion croissante de souches de bactéries résistantes aux antibiotiques. Depuis 2009, l'Anses réunit, à l'occasion de la journée européenne d'information sur les antibiotiques, l'ensemble des parties prenantes intéressées par cette thématique, sur le volet santé animale. Cet évènement désormais ancré dans le paysage de la recherche et de l'évaluation des risques avait lieu aujourd'hui. Il a permis de faire le bilan annuel des travaux de l'Agence et de ses partenaires dans le champ de l'antibiorésistance. Si les effets des efforts menés depuis quelques années commencent à apparaitre, notamment en termes d'exposition des animaux aux antibiotiques, les efforts engagés restent à poursuivre.

Au cours de ces dernières années, l'émergence de bactéries résistantes aux antibiotiques, tant chez l'homme que chez l'animal, est devenue une préoccupation majeure en santé publique et en santé animale. En effet, certaines de ces émergences peuvent se traduire par des impasses thérapeutiques qui conduisent à des situations dramatiques dans le traitement de certaines infections graves. Cette problématique fait, ainsi, l'objet d'une mobilisation importante que ce soit au plan international ou français... Suite Ici

Cliquer Ici pour télécharger le dossier des participants à la journée sur l’antibiorésistance en santé animale / Rencontre scientifique de l’Anses – Novembre 2012

Résapath. Réseau d’épidémiosurveillance de l’antibiorésistance des bactéries pathogènes animales

Bilan 2011 / Anses - novembre 2012

Trente années de surveillance de l’antibiorésistance des bactéries pathogènes animales, tout d’abord chez les bovins - le Résabo a été créé en 1982 pour cette filière -, puis en 2001 chez le porc et la volaille, et plus récemment (2007) chez un nombre croissant d’espèces animales, dont les carnivores domestiques, les équidés, les ovins et caprins ou les animaux de parcs zoologiques. A l’évidence, ces trente années d’existence et les évolutions du réseau illustrent l’ancrage historique d’un dispositif consolidé au cours du temps, et devenu désormais central en France à l’heure d’une prise en charge politique forte de la question de l’antibiorésistance animale....

Le réseau Résapath collecte les données d’antibiogrammes des bactéries pathogènes animales en France. Les vétérinaires praticiens sont amenés à procéder, dans le cadre de leur activité de clientèle, à des prélèvements sur des animaux malades pour la réalisation d’un isolement bactérien et d’un antibiogramme. Toutes ces données d’antibiogrammes, effectués dans les laboratoires d’analyses vétérinaires publics ou privés qui participent volontairement au Résapath, sont collectées par le réseau par voie informatique ou papier....

Poissons

Description des données

Les antibiogrammes relatifs aux poissons d'élevages adressés au Résapath en 2011 sont au nombre de 205, soit une progression de 93 % par rapport à 2010 en raison de l'apport de données d'un nouveau laboratoire adhérant au réseau. L'ensemble des antibiogrammes provient de neuf laboratoires dont trois qui représentent 94 % des données.

L'espèce animale n'est pas précisée dans 69 % des antibiogrammes. Dans la proportion restante, les bactéries ont été majoritairement isolées de truites (18 %) et de turbots (7 %) (Annexe 8 – Figure 1).
La pathologie ou la nature du prélèvement ne sont pas indiqués pour 91 % des antibiogrammes (Annexe 8 – Figure 2).

Comme les deux années précédentes, Aeromonas et Yersinia ruckeri représentent la majorité des antibiogrammes, respectivement 38 % et 20 %. En revanche, le genre Vibrio qui était en troisième position est, en 2011, remplacé par le genre Vagococcus (13 %). (Annexe 8 –Tableau 1).

Antibiorésistance

Les données colligées ne permettent pas actuellement de présenter des résultats d'antibiorésistance en raison du faible nombre d'isolats à l'échelon d'une espèce bactérienne donnée.

Cliquer Ici pour télécharger le document "Réseau d’épidémiosurveillance de l’antibiorésistance des bactéries pathogènes animales"

L’Anses publie pour la première fois un bilan détaillé des effets indésirables liés aux médicaments vétérinaires (bilan 2011 de la pharmacovigilance)

À travers l’Agence nationale du médicament vétérinaire, l’Anses a pour mission l’évaluation et la gestion du risque pour le médicament vétérinaire en France. Elle est notamment chargée de la mise en œuvre du dispositif de pharmacovigilance vétérinaire, visant à recueillir les signalements d’effets indésirables liés à l’utilisation des médicaments vétérinaires. Complémentaires des données fournies à l’appui des demandes d’autorisation de mise sur le marché (AMM), ces données de suivi post-AMM sont essentielles pour adapter les mesures de gestion des risques permettant une utilisation sûre des médicaments.

Le bilan 2011 du dispositif de pharmacovigilance vétérinaire montre que le système mis en place permet une remontée efficace des signalements, plaçant la France dans le peloton de tête des pays européens pour le nombre de déclarations faites au niveau communautaire. Par ailleurs, plusieurs mesures de gestion ont été prises sur la base de ces signalements, pour réduire les risques liés aux médicaments vétérinaires en cause.

Enfin, compte tenu du faible nombre de déclarations émanant de certaines filières (porcine et avicole notamment) et de l’importance de maintenir la motivation des déclarants, deux thématiques vont à présent être développées : la communication vis-à-vis des vétérinaires en matière de pharmacovigilance vétérinaire et la promotion des déclarations dans les filières hors-sol.... Suite


L’étude de l’usage des antibiotiques en médecine vétérinaire repose en France sur la complémentarité de deux dispositifs : des études ponctuelles réalisées en élevages ou auprès des praticiens vétérinaires et un suivi annuel des ventes de médicaments vétérinaires contenant des antibiotiques. Les résultats 2011 de ce suivi sont publiés aujourd’hui. Ils montrent, notamment, une diminution de l’exposition globale des animaux aux antibiotiques sur ces 5 dernières années et semblent confirmer l’impact positif des différentes actions menées récemment en matière d’usage raisonné des antibiotiques.

 Principaux résultats

· Volumes de ventes
En 2011, le volume total des ventes d'antibiotiques s'élève à 913,6 tonnes, il s'agit du tonnage le plus faible enregistré depuis le début du suivi. Les résultats de l’année 2011 confirment la diminution des volumes de ventes observée les années précédentes (-31,2 % depuis 1999, -31,1 % sur les 5 dernières années, -9,9 % entre 2010 et 2011).
Compte tenu des différences d’activité et de posologie entre les différents antibiotiques, les tonnages vendus ne traduisent pas précisément l’utilisation des antibiotiques. Ainsi, les antibiotiques récents sont généralement plus actifs et nécessitent l’administration d’une quantité plus faible d’antibiotiques. Pour évaluer l'exposition des animaux aux antibiotiques, il est nécessaire de prendre en compte, en particulier, la posologie et la durée d'administration, mais aussi l'évolution de la population animale au cours du temps.

· Exposition des animaux aux antibiotiques
L’exposition globale a augmenté de 1999 à 2007, depuis on constate une diminution de l’exposition. En 2011, l’exposition des animaux aux antibiotiques a diminué de 3,7 % par rapport à l’année précédente. Cette évolution globale doit être nuancée en fonction des espèces de destination et des familles de molécules. Pour les bovins, porcs, lapins, volailles et carnivores domestiques, l’exposition aux antibiotiques a diminué sur les 5 dernières années, avec des diminutions importantes de l’exposition pour les porcs et les lapins (respectivement - 28,8 % et - 26,0 %).
Entre 2010 et 2011, l’exposition aux antibiotiques a diminué de 8,6 % pour les porcs, de 6,9 % pour les lapins, de 4,0 % pour les volailles, de 3,6 % pour les bovins et de 1,5 % pour les carnivores domestiques.

· Focus sur les antibiotiques d’importance critique
Les céphalosporines de 3ème et 4ème générations et les fluoroquinolones sont considérées comme particulièrement importantes en médecine humaine car elles constituent l'alternative ou une des seules alternatives pour le traitement de certaines maladies infectieuses chez l'homme. Selon les recommandations européennes, ces antibiotiques dits "d’importance critique" doivent ainsi être réservés au traitement curatif en deuxième intention. Dès 2006, dans son rapport "Usage vétérinaire des antibiotiques, résistance bactérienne et conséquences pour la santé humaine", l’Agence alertait sur la nécessité de réduire l’utilisation des antibiotiques à titre préventif et sur la nécessité de surveiller en particulier ces deux familles d’antibiotiques et les résistances qui leur sont associées.

Sur les treize années de suivi, le nombre d’AMM de médicaments vétérinaires contenant des fluoroquinolones ou des céphalosporines a augmenté. Le niveau d'exposition des animaux aux fluoroquinolones a quasiment été multiplié par deux et l'exposition aux céphalosporines a quant à elle été multipliée par 2,5. Sur les 5 dernières années, l’exposition aux céphalosporines de 3ème et 4ème générations a augmenté de 9,4 % et l’exposition aux fluoroquinolones a augmenté de 7 %. Après une période de forte augmentation de l’exposition des animaux à ces deux familles d’antibiotiques l’exposition semble s’infléchir, la tendance étant à la stabilisation.

Cependant, selon les filières, ces résultats ne sont pas homogènes et appellent à la poursuite des actions engagées. L’initiative de la filière porcine de restriction volontaire de l’utilisation des céphalosporines de dernières générations a eu indiscutablement l’effet escompté, l’exposition estimée des porcs à cette famille d’antibiotiques a diminué de 51,8 % entre 2010 et 2011. Au contraire, entre 2010 et 2011, pour certaines espèces telles que les bovins et les carnivores domestiques, l’exposition aux céphalosporines de dernières générations a augmenté (respectivement de 8,5 % et 33,9 %). L’Anses rappelle donc à la vigilance des vétérinaires, notamment de ville, l’importance d’un usage prudent de ces antibiotiques.

Les volailles sont quant à elles chaque année plus exposées aux fluoroquinolones (+ 6,9 % entre 2010 et 2011). Un renforcement des actions mises en œuvre pour préserver l’efficacité de ces antibiotiques est donc souhaitable en filière volailles.

Conclusions

En France, de nombreuses initiatives ont été mises en place depuis fin 2010 en particulier pour promouvoir l’usage prudent des antibiotiques :

- initiative de la filière porcine sur la limitation de l’utilisation des céphalosporines,

- charte de bon usage des traitements médicamenteux en élevage cunicole,

- sensibilisation dans de nombreuses filières sur les bonnes pratiques et l’utilisation raisonnée des antibiotiques,

- mise en place en médecine vétérinaire du plan national Ecoantibio 2017 qui vise une réduction de 25 % de l’usage en 5 ans,

- auto saisine de l’Anses sur l’évaluation des risques d’émergence d’antibiorésistance liés aux modes d’utilisation des antibiotiques dans le domaine de la santé animale.

De façon concomitante, il apparait que sur les 5 dernières années, l’exposition globale des animaux aux antibiotiques a diminué de 15,3 %. Certaines filières (notamment les filières porcine et cunicole) qui ont engagé des actions pour promouvoir l’usage prudent des antibiotiques connaissent des diminutions plus importantes de leur exposition aux antibiotiques. Ces observations semblent confirmer l’impact positif des différentes actions menées en matière d’usage raisonné des antibiotiques. Cependant, les efforts engagés restent à poursuivre.

Source : Anses

Pour en savoir plus

> Le rapport  "Suivi des ventes de médicaments vétérinaires contenant des antibiotiques en France en 2011" (Volumes et estimation de la consommation d’antibiotiques chez les animaux / Anses - Octobre 2012)

· Pourquoi suivre les ventes d'antibiotiques ?
Les informations recueillies sont un des éléments indispensables, avec le suivi de la résistance bactérienne, pour permettre une évaluation des risques liés à l'antibiorésistance, mais aussi pour proposer des mesures de gestion de ce risque et pour suivre l'évolution des pratiques afin d'évaluer leur efficacité.

· Comment est réalisé ce suivi?
Ce suivi est basé sur les recommandations de la ligne directrice de l'OIE "Contrôle des quantités d'agents antimicrobiens utilisées chez les animaux dont la chair ou les produits sont destinés à la consommation humaine et détermination des profils d'utilisation". Il est réalisé en collaboration avec le Syndicat de l'Industrie du Médicament Vétérinaire et réactif. Ce suivi est basé sur une déclaration annuelle des ventes d'antibiotiques par les laboratoires qui les commercialisent. Ces données peuvent être croisées avec d'autre sources d'informations (déclaration des chiffres d'affaire, enquêtes de prescription,…).

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