lundi 15 novembre 2010

Pisciculture, la future vache à lait de l’agro-business ?

La pêche européenne est encadrée par des quotas de plus en plus restreints. Le marché européen est de plus en plus demandeurs en poissons, crustacés et coquillages. L’aquaculture devient donc un secteur économique de plus en plus porteur notamment pour approvisionner le plus grand marché mondial des produits aquatiques qu’est l’Union Européenne. Deux réunions se penchaient sur cette problématique la semaine dernière. Le mercredi 10 novembre 2010 à Bruxelles, 80 acteurs de l’aquaculture communautaire étaient réunis lors d’une conférence sur le thème : « Comment l'aquaculture européenne peut-elle contribuer à la sécurité alimentaire en Europe ? ». Les 9 et 10 novembre 2010 à Genève, les plus grands financiers et agro-businessmen du monde ont tiré des plans sur la planète aquacole lors de la conférence Global AGInvesting Europe 2010 à l’Hôtel Intercontinental (devant lequel plusieurs organisations des Droits de l’Homme ont manifesté contre ces accapareurs de terres).

L’industrie piscicole européenne en quête de développement

Au cours de la réunion de Bruxelles présidée par l’eurodéputé breton, Alain Cadec, les représentants des organisations professionnelles de la pisciculture ont présenté leurs doléances face aux multiples problèmes rencontrés par les différentes filières piscicoles : saumon, truite, bar, dorade et turbot. Pour beaucoup, la principale barrière au développement de l'aquaculture en Europe est le manque de sites appropriés : « Nous possédons la technologie, l’expérience, des eaux de qualité, le marché et les consommateurs, mais nous n’avons pas le soutien des gouvernements pour nous attribuer les concessions et les sites propices à une aquaculture compétitive ». Quant à Pier Antonio Salvador, représentant de COPA - COGECA et FEAP, il considère qu’« il est très difficile d’être aquaculteur en Europe étant donné toute la bureaucratie qui encadre l’activité. » « La loi ne doit pas étouffer les producteurs, » s’insurge Javier Ojeda, directeur d’Apromar en Espagne.

De son côté, Lara Barazi, vice-présidente d’EATIP et représentante de la fédération grecque des mariculteurs, explique que : « l'aquaculture peut être une source de vitalité économique dans les zones rurales et peut être une alternative au tourisme » ; elle ajoute : « En Grèce, les élevages de bar et de dorade génèrent actuellement 10.000 emplois directs, dont 6.500 sur les exploitations aquacoles localisées en zones non-urbaines. »

C’est probablement Courtney Hough, secrétaire général du FEAP, qui pose le mieux la problématique de l’aquaculture européenne en insistant sur la question commerciale : « Le consommateur ne demande pas d’espèces nouvelles, il veut des filets de poisson blanc » (entretien au journal en ligne misPeces). En d’autres termes : « Qu’importe le poisson, la consommation de masse souhaite des filets blancs. » En effet, c’est dans ce créneau commercial que le panga du Vietnam et le tilapia de Chine ont déjà trouvé leur place sur les étals étatsuniens et européens, à côté de la perche du Nil.

Le poisson au menu des géants de l’agro-industrie

Au même moment se tenait à Genève la conférence « Global AGInvesting Europe 2010 » qui a réuni sur le bord du lac Léman les plus grandes sociétés mondiales de l’agro-industrie, des fonds d’investissement, des compagnies d’assurance et des banquiers. Régulièrement, tout ce beau monde se donne rendez-vous avec comme objectifs communs : Investir dans l’agro-alimentaire partout dans le monde et saisir toutes nouvelles opportunités en matière agro-industrielle et alimentaire…

Quand les géants de l’agro-industrie se rencontrent de quoi parlent-ils ? De café, cacao, blé, maïs, riz, viande, sucre, huile de palme, soja, lait.... Tous ces produits agricoles dont le commerce mondial était contrôlé jusqu’à peu par quelques sociétés de négoce la plupart nord-américaines comme Cargill et ADM.

Depuis l’arrivée des « hedge funds » (ou fonds alternatifs) sur le marché des denrées alimentaires, les négociants traditionnels ont tendance à délaisser le commerce international pour se consacrer à la production agricole. Ils achètent donc des terres afin de ne pas manquer de matières premières, et les plus grands groupes investissent dans des usines de transformation. Ce qui explique que maintenant une grande partie de la production agricole mondiale soit entre les mains de grandes sociétés. 30% de la production de viande (porc, volaille et bœuf) serait contrôlée par des grands groupes (voir graphique). Mais leur appétit est insatiable. La pisciculture pourrait être leur future vache à lait blanc comme des filets de Tilapia (Conférence Tilapia 2010).

Après l’accaparement des terres dans les pays du Sud, ces géants de l’agro-industrie vont-ils faire main-basse sur leurs eaux ? Réponse dans cet article de Reuters : Fish as farmed food: aquaculture draws investors d'un représentant de Cargill (société basée aux USA qui emploie près de 300.000 personnes dans 66 pays dans le monde pour plus de 100 milliards de chiffre d'affaires). Philippe Favrelière

Autres articles :

Pour aller plus loin...

Un document avec une chapitre sur l'international : Analyse comparée de la compétitivité des industries agroalimentaires françaises par rapport à leurs concurrentes européennes – Rapport établi par Philippe ROUAULT – Délégué Interministériel aux Industries Agroalimentaires et à l’Agro-industrie - Octobre 2010. Pour télécharger le document cliquer Ici

  • Tout savoir pour nourrir le monde : Biotechnologie, OGM, Pesticides, Irrigation, Pêche durable, Aquaculture,… Télécharger le document « Food Security : (96 pages) How Government, organisations and business are addressing the major food security issues affecting us today » en cliquant Ici
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Le 28 juillet 2012

L'industrie du Soja mise sur la pisciculture marine ?

Après avoir imposé son modèle intensif dans les élevages terrestre (sur la complémentarité "Tourteau de Soja - Ensilage de Maïs"), l'industrie agro-alimentaire étatsunienne pointerait maintenant la pisciculture marine...

2 juillet 2012

Usine d'aliment piscicole - Comment l'industrie du soja prend la mer

En 2010, le chef de la direction de l'Association américaine de soja a rapporté que l'organisation a suivi de près les progrès accomplis dans l'élaboration de la législation de la pisciculture en mer et s'est entretenu avec les fonctionnaires du Congrès à ce sujet.

En mars 2011, elle a approuvé un plan controversé qui permettrait la pisciculture dans le golfe du Mexique. En Septembre 2011, un communiqué de presse a été publié pour annoncer un projet nouveau de pisciculture marine qui "révolutionnerait l'aquaculture durable."...

Suite sur FWW

A télécharger le rapport complet de Food and Water Watch :Factory-Fed Fish - How the soy industry is expanding into the sea (Usine d'aliment piscicole - Comment l'industrie du soja prend la mer)

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Perspectives agricoles de l'OCDE et de la FAO 2012-2021


Juillet 2012

La production agricole devra augmenter de 60 % sur les quarante prochaines années pour répondre à la demande croissante de produits alimentaires. Il sera essentiel d’accroître la productivité pour contenir les prix alimentaires, compte tenu de l’aggravation des contraintes de ressources, et pour réduire l’insécurité alimentaire mondiale.

Les prix agricoles se maintiennent à un palier plus élevé

Si, d’après les projections, les prix mondiaux de nombreux végétaux vont rester élevés, ils vont cependant baisser à court terme par rapport aux niveaux atteints en 2011, la production mondiale continuant de réagir aux prix élevés des dernières années, les stocks se reconstituant et la demande augmentant moins vite, dans un premier temps, sous l’effet de conditions macroéconomiques moins favorables. Suite…

Poissons - Perspectives agricoles de l'OCDE et de la FAO 2012-2021

Le secteur du poisson devrait entrer dans une décennie marquée par des prix, mais aussi des coûts de production, plus élevés.

Situation du marché

Après la reprise de 2010, le secteur de la pêche et de l’aquaculture a continué de se développer en 2011 et début 2012, comme en témoigne l’augmentation de la production, de la demande, des échanges et des prix du poisson et des fruits de mer. Selon les données préliminaires, la production totale a atteint 154 Mt en 2011, la pêche de capture progressant de 2 % et l’aquaculture de 6 % par rapport à 2010. Les exportations totales de poisson frais et transformé (farine et huile de poisson comprises) ont battu un nouveau record en 2011, puisqu’elles ont représenté plus de 126 milliards USD, soit 16 % de plus qu’en 2010.

Compte tenu de la hausse de la demande, la consommation apparente de poisson par habitant dans le monde a atteint pour la première fois 18.8 kg (équivalent poids vif). Le poisson a constitué environ 16 % de la consommation mondiale de protéines animales et 6 % de la consommation totale de protéines.

En 2011, les prix du poisson ont tout d’abord enregistré une forte hausse pour ensuite s’infléchir légèrement en fin d’année et au début de l’année 2012, restant toutefois toujours plus élevés que ceux des années précédentes. L’indice FAO des prix du poisson indique qu’en moyenne les prix courants du poisson ont atteint des niveaux sans précédent, en passant par un record absolu en août 2011 (14 % de plus qu’en août 2010), après quoi les niveaux agrégés d’indice ont lentement régressé.

Durant les dernières décennies, les marchés mondiaux du poisson frais et transformé ont considérablement évolué. Depuis un certain temps en effet, les opérateurs de la filière (pêcheurs, aquaculteurs, négociants, transformateurs et détaillants) cherchent à exploiter de nouveaux créneaux, à réduire leurs coûts de production et à opérer des investissements rentables dans un cadre d’activité de plus en plus internationalisé. Les nouveaux produits et méthodes de production, la fragmentation et l’externalisation des activités de production, de même que la modification des chaînes de valeur témoignent de l’évolution et de l’adaptation permanentes des marchés mondiaux du poisson. Les pêcheries ont pour particularité de faire partie du patrimoine commun et leur gestion nécessite une coopération régionale et internationale pour assurer que les stocks de poissons sont exploités de façon durable et responsable.


Principaux éléments des projections

Selon les projections, la production halieutique et aquacole mondiale devrait atteindre environ 172 Mt en 2021, ce qui marque une hausse de 15 % par rapport au niveau moyen de 2009-11. Cette hausse est à mettre au compte principalement de l’aquaculture, qui augmentera de 33 % pendant la période couverte par les Perspectives, la pêche de capture progressant quant à elle de 3 %. Cependant, la croissance de l’aquaculture devrait marquer le pas, le taux de croissance annuel moyen, qui était de 5.8 % durant la dernière décennie tombant à 2.4 % pendant la période considérée.

La production de poisson est l’une des sources de protéines animales qui se développe le plus vite. La production halieutique et aquacole mondiale devrait augmenter de 15 % pendant la période de projection. Cependant, avec une croissance de 33 % de sa production, l’aquaculture surclassera la pêche proprement dite et deviendra la principale source de poisson destiné à la consommation humaine en 2018.

Le secteur du poisson devrait entrer dans une décennie marquée par des prix, mais aussi des coûts de production, plus élevés. Sous l’effet de l’augmentation des prix des farines de poisson, de l’huile de poisson et des autres produits d’alimentation animale, le prix moyen des espèces d’élevage devrait connaître une hausse un peu plus élevée que celui des espèces sauvages pendant la période couverte par les Perspectives.

La mondialisation de la filière se poursuivra, une grande partie de la production totale de poisson (34%) étant destinée à l’exportation.

La consommation apparente de poisson par habitant devrait atteindre 19.6 kg en 2021, soit 16% de plus que le niveau moyen pour 2009-11. En raison de la hausse des prix du poisson, la croissance de la consommation de poisson devrait diminuer de 0.3 % par an durant la période de projection contre 1.7 % par an au cours de la précédente décennie.

Les économies émergentes s’arrogeront une part croissante du commerce mondial de produits agricoles, lui même en augmentation. Figureront au premier plan des pays comme le Brésil, l’Indonésie, la Thaïlande, la Fédération de Russie et l’Ukraine, qui investissent beaucoup dans l’agriculture pour stimuler leur capacité de production. En 2021, les pays en développement assureront la majeure partie des exportations de riz, de graines oléagineuses, d’huile végétale et d’huile de palme, de tourteaux protéiques, de sucre, de viande bovine, de volaille, et de poisson frais et transformé. Source : Ocde

Pour aller plus loin....

Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO 2012-2021

La dix-huitième édition des Perspectives agricoles, élaborée conjointement pour la huitième fois avec l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) présente des projections à ...

Perspectives agricoles de l'OCDE et de la FAO 2012 | OECD Free preview | Propulsé par Keepeek Logiciel Photothèque professionel pour entreprises et collectivités

Poissons et fruits de mer (cliquer sur les images pour lire)

Poissons et fruits de mer | OECD Free preview | Propulsé par Keepeek Logiciel Photothèque professionel pour entreprises et collectivités

Graphiques :

  • Hausse des prix du poisson résultant de l'augmentation des prix de l'alimentation animale et de la forte demande
  • La hausse des coûts enraye la baisse des prix du poisson
  • L'aquaculture permet de maintenir le volume total de la production de poisson au-dessus de celui de la production de viande de bœuf, de porc et de volaille
  • Les produits de l'aquaculture devancent ceux de la pêche dans la consommation humaine
  • Une part croissante de la farine de poisson est tirée de déchets de poisson
  • Croissance de la consommation par habitant, à l'exclusion de l'Afrique
  • Volume des produits certifiés par le MSC

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Qui contrôlera l'économie verte ?

ETC Group

Alors que les gouvernements s’apprêtent à consacrer l’Économie verte lors du Sommet Rio+20, ETC Group présente une réévaluation du pouvoir des entreprises et émet un avertissement selon lequel la course pour le contrôle de la biomasse perpétuera plutôt une économie motivée par la cupidité.

Le contrôle des terres et des mers

La demande en aliments, fourrages et autres formes de biomasse végétale – ainsi que pour les ressources stratégiques telles que les minerais et le bois – stimule la mainmise internationale sur les terres. Le contrôle des ressources aquatiques constitue une autre importante motivation. Les organisations de la société civile ont éloquemment documenté les dangers inhérents à Qui contrôlera l’Économie verte? l’accaparement massif (d’ailleurs en cours) des terres et des eaux à travers le monde (respectivement documentés par l’organisation internationale GRAIN et l’Institut Polaris basé au Canada, par exemple)....

Exemple : Les producteurs d’aliments industriels pour animaux (dt animaux aquacoles)

L’élevage industriel et la bioéconomie

Les modalités de fonctionnement de l’élevage industriel – ce que consomment les animaux d’élevage, qui les contrôlent, les intrants nécessaires à leur production (aliments, produits pharmaceutiques, matériel génétique) – influent grandement sur la sécurité alimentaire, l’évolution des changements climatiques, la santé humaine et la bioéconomie. Selon une estimation, l’élevage du bétail et la gestion de leurs sous-produits génèrent annuellement une quantité effarante de dioxyde de carbone, soit 32,6 milliards de tonnes, ce qui représente 51 % des émissions annuelles mondiales de GES. Au moins le tiers des terres arables de la planète servent à produire des aliments pour les animaux d’élevage. Si les grains qui y sont cultivés servaient à nourrir les gens plutôt que les animaux, leur quantité serait suffisante pour répondre aux besoins caloriques annuels de plus de 3,5 milliards de personnes. Produire un seul hamburger selon les méthodes employées en élevage industriel requiert 2.500 litres d’eau.

Feed International effectue un suivi des 56 plus grands fabricants d’aliments pour animaux au monde, soit les entreprises qui ont produit plus d’un million de tonnes d’aliments composés pour animaux en 2009 (les aliments composés pour animaux sont des aliments commerciaux destinés aux animaux d’élevage qui contiennent un mélange de grains tels que le soya – sous forme de farine –, le maïs, le sorgho, l’avoine et l’orge, et des additifs tels que des vitamines, des minéraux, des antibiotiques, etc.). Selon les données compilées par Feed International, les dix plus grandes entreprises d’aliments industriels pour animaux détiennent environ 52 % du marché mondial des aliments pour animaux. Les trois plus grandes entreprises en détiennent le quart (24,6 %). En août 2010, le deuxième plus grand producteur d’aliments pour animaux, Cargill, a annoncé qu’il ferait l’acquisition de l’entreprise néerlandaise de nutrition animale Provimi pour la somme de 2,1 milliards de dollars.

Des dix secteurs industriels les plus importants, celui des aliments pour animaux est probablement le plus mondialisé – chez les entreprises qui vendent et achètent des aliments pour animaux, la production d’animaux d’élevage, l’explosion de la demande pour la viande et le poisson d’élevage de même que le pouvoir de marché colossal des marchés en émergence sont les reflets des changements démographiques radicaux. Le plus important conglomérat produisant des aliments pour animaux est Charoen Pokphand Foods PLC (Thaïlande), qui étend ses activités à la Russie ainsi qu’à certaines parties de l’Afrique et de l’Inde. Trois des dix plus grandes entreprises d’aliments pour animaux sont situées en Chine. Le Brésil héberge la sixième plus importante entreprise du secteur.

Source : Qui contrôlera l’économie verte ? / ETC Group

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Piscicultures : le poisson de demain


Piscicultures : le poisson de demain

Jérôme Lazard, René Lésel

Cahiers Agricultures - Vol. 18, N°2/3, mars-avril/mai-juin 2009

Éditeur John Libbey Eurotext, juillet 2009, 232 p.

Au cours des trente dernières années, la consommation de protéines animales, relativement stable dans les pays développés, a plus que doublé dans les pays en développement. Les produits aquatiques y ont apporté une contribution notable (doublement de la consommation au niveau mondial, de 6 à 14 kg/personne/an), comparable à celle des porcins.

Les prospectives à échéance 2020 montrent que produits de la pêche et produits d'aquaculture contribueront à égalité à l'alimentation mondiale. Dans l'avenir, la pisciculture se présente donc comme une option majeure pour les pays émergents et en développement. Réussir un tel projet nécessite de privilégier les axes de recherches tels que la nutrition et l'alimentation des poissons, la domestication de nouvelles espèces, l'optimisation des systèmes d'élevage, la co-construction d'innovations et la mise en place de démarches de développement durable.

Les enjeux

La pisciculture joue, et jouera encore plus dans l’avenir, un rôle essentiel dans l’alimentation du monde. Selon nombre de nutritionnistes, le poisson est un vecteur de l’ensemble des nutriments et sa consommation est de ce fait qualitativement un facteur d’équilibre nutritionnel incontournable. Par ailleurs, le calcul rapide du volume des besoins mondiaux fixés par cette exigence nutritionnelle comparé à nos capacités de production, montre que ces deux données sont du même ordre de grandeur. Toutefois, si tout est mis en œuvre au plan mondial pour assurer la ressource, sa couverture dépend de façon très rigide de la pisciculture.

Pour faire face à ces enjeux nutritionnels, la pisciculture ne peut pas ne pas être relativement intensive. Se pose alors la question de sa durabilité. Comment faire pour ne pas épuiser les ressources génétiques ? Comment faire pour ne pas créer de nuisances environnementales préjudiciables, à terme, à la production elle-même ? Comment répartir la richesse que pourrait créer la pisciculture de façon suffisamment harmonieuse pour favoriser l’entreprise sans provoquer de l’exclusion ?

Ce numéro des Cahiers Agricultures n’élude aucune de ces questions. Il a été réalisé à l’initiative de, et en collaboration étroite avec, Jérôme Lazard chercheur au Cirad et spécialiste international de la domestication et l’élevage d’espèces vivant en eaux chaudes.

Les éléments essentiels de ces problématiques sont rassemblés dans ce numéro thématique exceptionnel des Cahiers Agricultures qui regroupe 30 articles en un corpus unique de 232 pages. Source : CIRAD

Pour accéder à l’ensemble des articles, cliquer Piscicultures : le poisson de demain

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Oxfam : Cultiver un avenir meilleur

Le rapport Cultiver un avenir meilleur

Oxfam - mai 2011

La campagne CULTIVONS. La Terre. La vie. Le monde.

Dans un nouveau rapport publié le 31 mai 2011, Oxfam souligne que les défaillances de l’actuel système alimentaire mondial et les conséquences du changement climatique vont entrainer de nouvelles crises marquées par l’épuisement des ressources naturelles et l’augmentation du nombre de personnes souffrant de la faim dans le monde.

Aujourd’hui, près d’un milliard de personnes se couchent avec la faim au ventre. Et bientôt, nous serons 9 milliards. Pourtant, notre planète a les moyens de tous nous nourrir. Mais pour cela, il faut changer le système alimentaire global, qui creuse les inégalités et détruit les ressources naturelles. Le rapport Oxfam "Cultiver un monde meilleur : la justice alimentaire dans un monde aux ressources limitées" donne le coup d’envoi d’une campagne sur 4 ans pour changer le système alimentaire mondial....

Contre la faim, changer le système alimentaire mondial

Le rapport dénonce les gouvernements dont les politiques inefficaces accentuent la défaillance du système alimentaire ainsi que les grandes entreprises tirant bénéfice de ces politiques et faisant pression pour leur maintien.

Bien que la croissance économique indienne ait plus que doublé entre 1990 et 2005, le nombre de personnes souffrant de la faim dans ce pays a augmenté de 65 millions - soit plus que l’ensemble de la population française. Un développement économique et des systèmes de sécurité sociale excluant les populations pauvres en milieu rural en sont les principales causes. Aujourd’hui, une personne sur quatre souffrant de la faim dans le monde vit en Inde.

Dans le même temps, les politiques menées par les États-Unis font que 15% des quantités mondiales de maïs sont utilisées comme carburant, même en période de forte crise alimentaire, alors que la quantité de céréales nécessaire pour faire le plein d’éthanol d’un 4x4 peut nourrir une personne pendant un an.

Quatre entreprises internationales concentrent entre leurs mains les décisions relatives au système alimentaire mondial. Trois entreprises seulement – Archer Daniels Midland, Bunge et Cargill - contrôlent environ 90% du commerce mondial de céréales. Leurs activités entraînent la volatilité des prix alimentaires dont elles profitent largement : lors du premier trimestre de 2008, en pleine hausse mondiale des prix alimentaires, les profits de Cargill avaient augmenté de 86%. Et l’entreprise connait des profits records cette année grâce à des ruptures d’approvisionnements au niveau mondial.

"Depuis trop longtemps, les gouvernements font passer les intérêts des grandes entreprises et des élites au-dessus de ceux des 7 milliards d’entre nous qui cultivons et consommons la nourriture. Les gouvernements du G20 qui se réunissent en France cette année doivent encourager le changement de notre système alimentaire mondial pour enfin lutter efficacement contre la faim dans le monde", conclut Jean-Cyril Dagorn. Pour plus d’informations sur Cdurable, cliquer : Contre la faim, changer le système alimentaire mondial

Accéder à la campagne "Cultivons. La terre. La vie. Le monde" et signer la pétition, cliquer :Oxfam

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Le 20 août 2011 :

Avant de s'engager dans la pisciculture, Cargill investit dans l'alimentation animale.....

Cargill acquiert Provimi pour 1,5md € (Le Figaro)

Le groupe américain Cargill va racheter le spécialiste français de l'alimentation animale Provimi pour 1,5 milliard d'euros, ont annoncé lundi les deux entreprises.

La transaction permettra au fonds de capital investissement Permira, propriétaire de Provimi depuis 2007, de gagner plus de 2,3 fois son investissement initial. La société a publié un Ebitda de 86 millions d'euros au premier semestre, soit une hausse de 20,3%.

"Cargill nous a proposé un dossier clair et convaincant et nous pensons que l'association de son activité d'alimentation animale avec Provimi créera une plus forte activité", a déclaré le PDG de Provimi, Ton van der Laan.

Provimi avait attiré les convoitises en juin dernier de DSM, Nutreco et du chinois New Hope.

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En Suisse, la banque Sarasin jauge l’aquaculture !

Pour les investisseurs désireux de participer à l'évolution de l’industrie en plein essor de l'aquaculture, cela signifie qu'il faut clairement privilégier les titres d’entreprises qui suivent une stratégie résolument durable...

Banque Sarasin – Private banking suisse durable depuis 1841

La Banque Sarasin & Cie SA est l'une des premières banques privées de Suisse. Son engagement pour une orientation durable constitue un élément essentiel de sa philosophie d'entreprise. Spécialisée dans le conseil en placement et la gestion de fortune, elle offre un service compétent et des produits de qualité à une clientèle privée et institutionnelle.

Sustainability Spotlight : L’aquaculture – la solution durable au problème de la surpêche ?

29.08.2012

L'aquaculture est un marché de protéines animales en plein essor qui croît plus rapidement que celui de la viande ou du lait. Avec le déclin du volume de pêche, les élevages de poissons se sont multipliés ces 40 dernières années. Dans son dernier commentaire "Sustainability Spotlight", la Banque Sarasin met en lumière les risques de durabilité de la pisciculture. L'aquaculture présente en effet de gros inconvénients: les poissons d'élevage sont nourris avec des poissons sauvages et les éleveurs utilisent fréquemment des antibiotiques et des hormones de croissance. L’entreprise chinoise Dalian Zhangzidao Fishery Group est l'une des rares firmes à avoir développé une approche intéressante de l’élevage intégré.

En Suisse, la consommation moyenne de poissons et de fruits de mer se situait vers 9,3 kg en 2011, ce qui correspond à une progression d'environ 50% depuis 1988. Aucun autre secteur alimentaire n'a enregistré une croissance comparable. La pêche industrielle a cependant conduit à une augmentation inquiétante de la part des zones de pêche proches de l'épuisement. Selon les estimations, les mers seront vides en 2050 si les quotas de capture restent inchangés. Ce sont des signes alarmants pour tous les secteurs économiques qui dépendent de la pêche. Si l'on considère les effectifs de poissons sauvages menacés, la pisciculture semble être la solution logique au problème. Le succès de ces dernières décennies a cependant un mauvais côté: contrairement aux attentes, l'élevage de poissons n'a pas mis un terme à la surpêche, mais au contraire renforcé les pressions sur les effectifs de poissons sauvages. Pourquoi? Parce que les poissons d'élevage se nourrissent de poissons sauvages. En moyenne mondiale, les aliments pour l’aquaculture sont issus à hauteur de 60% des captures sauvages.

L'alimentation des poissons d'élevage fait pression sur la faune aquatique sauvage

Les pressions sur la faune aquatique sauvage ne se sont donc pas relâchées. L'aquaculture est un élevage intensif impliquant le recours aux antibiotiques et à d'autres médicaments; des hormones de croissance sont même administrées à certaines espèces. L'utilisation d’antibiotiques est très critiquable, notamment en raison du risque de développer une résistance à ces médicaments. C'est pourquoi il faut s'attendre à un durcissement des conditions de production dans la branche et à une augmentation des coûts engendrés par les contrôles. Il se peut aussi que la confiance des consommateurs dans certaines espèces soit ébranlée par des articles négatifs dans les médias.

Une stratégie durable est essentielle pour les investisseurs

Pour les investisseurs désireux de participer à l'évolution de l’industrie en plein essor de l'aquaculture, cela signifie qu'il faut clairement privilégier les titres d’entreprises qui suivent une stratégie résolument durable. Cette stratégie doit tenir compte des principaux risques de durabilité de l'aquaculture, notamment de la part des poissons sauvages dans l'alimentation ou du recours aux antibiotiques. La Banque Sarasin a pris un petit nombre d'entreprises sous la loupe afin d'analyser leur façon de gérer les principaux risques de durabilité. Actuellement, seules quelques-unes d'entre elles sont qualifiées pour figurer dans l'univers durable. L'entreprise chinoise Dalian Zhangzidao Fishery Group, qui a développé une approche intéressante de l'élevage intégré, en fait partie. Le groupe est en outre spécialisé dans les fruits de mer pouvant être élevés dans des conditions écologiques. Source : Banque Sarasin

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