vendredi 3 septembre 2010

Attaque contre le poisson MSC sur le front de la pêche durable !

Après une période d’observation, plusieurs pêcheries françaises ont fait le choix de la certification « Pêche durable » sous le logo MSC (Marine Stewardship Council)…. Labellisés en 2010 : Lieu noir de l’armement boulonnais Euronor et sardine de bolinche en Bretagne Sud. En cours de labellisation : Lieu noir de Compagnie des Pêches Saint Malo et Scapêche (groupe Intermarché), homard de la Manche et cabillaud d’Euronor / Compagnie des Pêches Saint Malo,… Quant aux députés européens de la commission pêche, ils pencheraient plutôt pour un étiquetage à caractère public face à la prolifération et au manque de transparence des étiquettes à caractère privé…

Pendant ce temps sur le front de la pêche durable….

La semaine a été marquée par une attaque surprise du poisson MSC. Depuis la côte ouest du Canada, l’Université de Colombie Britannique (UBC) a lancé ses plus grands spécialistes de la pêche à l’assaut du Marine Stewardship Council, dépositaire de l’écolabel MSC. Dans une tribune publiée par la revue scientifique Nature « Seafood stewardship in crisis », les chercheurs du Centre des pêches de l’UBC, Daniel Pauly, Jennifer Jacquet et quatre autres collègues dénoncent le laxisme et l'inefficacité du label MSC censé protéger les ressources marines. Ils affirment que cette organisation doit se réformer si elle veut promouvoir et garantir une pêche réellement durable.

Si cette prise de position a fait grand bruit dans les médias anglo-saxons, peu d’écho dans la presse française. Un article dans le Figaro : Les écolabels ne garantiraient pas contre la surpêche, une allusion dans le Journal de l’Environnement : Le krill d’Antarctique menacé par le boom de la pêche.

Les scientifiques expliquent que plusieurs pêcheries et non des moindre n’auraient jamais du être certifiées. Par exemple le colin d’Alaska de la mer de Béring, la plus grande pêcherie au monde de poisson blanc avec un quota de près d’1 million de tonnes, a été certifié en 2005 alors que les stocks se sont effondrés. De même pour une pêcherie de merlu du Pacifique, certifiée l'an dernier bien que l'espèce soit en chute libre de 89% par rapport aux années 1980. Ils évoquent aussi les pêcheries de l’Antarctique comme le krill et la légine.... C'est pourquoi ils demandent une refonte de cette organisation avec plus de représentants du monde scientifique et des pays du Sud.

Rivalité entre les prétendants de la pêche durable

Derrière cette attaque, surprise pour beaucoup, se cacherait une rivalité de plus grande ampleur. Deux organisations internationales s’affronteraient pour le "leadership" de la défense de l’environnement marin ? D’un côté, The Pew Charitable Trusts. De l’autre, WWF international.

The Pew Charitable Trusts est une fondation étatsunienne dont la « fortune » s’élève à plus de 5 milliards de dollars. Dans le domaine halieutique, cette organisation soutient des campagnes d’opinion, des laboratoires de recherche, des spécialistes de la pêche en Amérique du Nord et en Europe. C’est le cas de Daniel Pauly et Jennifer Jacquet à travers le projet Sea Around Us du Centre des pêches de l’Université de Colombie Britannique (UBC). En Europe, Pew Environment Group (branche environnement) soutient le programme Océan 2012 dans le cadre de la réforme de la politique commune de la pêche.

Le Fonds Mondial pour la Nature (WWF) est une fondation ayant son siège en Suisse dont les ressources financières proviennent d’après Wikipedia : « de ses adhérents, d'activité commerciale de promotion (magazines et d'objets fétiches), de subvention gouvernementale, de partenariat avec les entreprises qui s'engagent résolument dans la protection de l'environnement, de dotation du WWF Mondial. » En effet, c’est en partenariat avec Unilever, l’un des tout premiers groupes de l’industrie alimentaire que le WWF a été à l’initiative de l’éco-label MSC (pêche durable) en 1997. Jusqu’à aujourd’hui, ce label MSC trouve ses plus fidèles partisans dans les plus grands groupes halio-alimentaires mondiaux. En France, Findus s’est engagé à se fournir à 100% de produits de la mer MSC… En Suisse, WWF recommande le poisson MSC : « Afin que les consommateurs sachent quels poissons acheter en toute bonne conscience, le WWF a réédité son «Guide d'achat poissons et fruits de mer». Pour le poisson sauvage, le WWF recommande de se limiter aux espèces arborant le label MSC (Marine Stewardship Council), de privilégier les poissons d'élevage portant le label bio et de se tourner vers les poissons d'eau douce indigènes. » Source : WWF: La consommation de poisson atteint un niveau record en Suisse.

La course à l’éco-certification des ressources halieutiques

Les scientifiques de l’UBC contestent cette course à la certification des ressources halieutiques qui couvrent dès lors 6,3 millions de tonnes de produits de la mer (10% des captures mondiales hors pêche minotière). En d’autres termes, ils s’insurgent contre cette fuite en avant dans le seul but d’alimenter l’appétit de plus en plus grand de l’industrie halio-alimentaire et de la grande distribution qui ont trouvé un intérêt commercial dans le « système ». C'est pourquoi ils demandent une refonte de cette organisation avec plus de représentants du monde scientifique et des pays du Sud. « Si le MSC ne se réforme pas, il y a des moyens plus efficaces de protéger les océans comme de demander l'arrêt des subventions à la pêche et la mise en place d'aires marines protégées », estime Jennifer Jacquet. Très préoccupée par le maquis des étiquettes dans le domaine de la pêche, elle a récemment publié avec son collègue Daniel Pauly une étude montrant qu'aux États-Unis, un tiers des espèces de poissons sont commercialisées sous des faux noms (Marine Policy, mai 2008). Des pratiques courantes en Europe aussi, qui échappent à la vigilance de la plupart des consommateurs.

Etiquetage à caractère public au niveau européen

Toujours dans un souci de clarification, les députés européens demandent d’examiner l’opportunité d’un étiquetage écologique à caractère public devant la prolifération des étiquettes à caractère privé. Le financement d’un projet pilote « Étiquetage écologique communautaire de produits de la pêche et de l’aquaculture » a été demandé par la commission pêche du Parlement sur le futur budget de la pêche (Réunion du 30/08/10 de la commission pêche : Amendements budgétaires / rapporteur : Ulrike Rodust)

Les parlementaires européens se justifient : « L’UE représente le premier marché mondial de produits de la pêche, avec une tendance à la hausse. Il importe de renforcer les mesures qui permettront d’accroître la valeur ajoutée des produits de la pêche communautaire. Par ailleurs, on voit proliférer des étiquettes à caractère privé, obtenues selon des modalités qui ne sont pas suffisamment transparentes, ce qui est une source de confusion pour les consommateurs. Il convient par conséquent d'examiner l'opportunité d'instaurer un étiquetage écologique à caractère public. »

Philippe Favrelière (modifié le 5 septembre 2010)

Autres articles :

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Certification et normes privées dans la pêche et l’aquaculture

Une analyse sur la certification et les normes privées dans la pêche et l’aquaculture

FAO pêche document technique

La certification et normes privées deviennent de plus en plus des facteurs de décision dans la commercialisation et les échanges internationaux des produits de la mer, en plus de la qualité sanitaire des produits, les questions environnementales se posent pour la pêche et l’aquaculture.

Mais la prolifération des normes privées est source de confusion pour de nombreux intervenants. Ce document de la FAO « Private standards and certification in fisheries and aquaculture » fait le point sur la situation des certifications et des écolabels dans la pêche et l’aquaculture :

  • Pratiques actuelles et enjeux nouveaux,
  • analyse des deux principaux types de normes privées (MSC et FOS) - écolabels et sécurité alimentaire et normes de qualité - leur impact sur le commerce du poisson…

Résultat de 5 ans d’études, le document aborde des questions en liaison avec le développement des normes privées et de gouvernance (implications politiques, implications financières). Il examine aussi les défis et opportunités pour les pays en développement.

Pour télécharger le document de la FAO « Private standards and certification in fisheries and aquaculture », cliquer Ici

==== 1 juin 2011 ====

Ecolabel : Food & Water Europe pour des règles normalisées au niveau international

Ecolabel : Food & Water Europe (1) plaide en faveur de règles normalisées au niveau international

Acheter du poisson « durable » n’est pas chose aisée et le consommateur européen qui s‘engagerait dans cette voie est confronté à une multitude de systèmes de certificats privés. Pour tenter d’y voir plus clair, l’organisation Food & Water Europe a publié, le 5 mai 2011, un rapport et un guide sur l’achat de produits de la mer « De-Coding Seafood Eco-labels : Why we need public standards ». Des avancées sont en gestation côté européen : des dispositions en la matière devraient être incluses dans les propositions de réforme de la politique commune de pêche (PCP).

L’organisation procède à une analyse critique de ces programmes et des critères d’évaluation appliqués y compris ceux du Marine Stewardship Council (MSC), de Global Aquaculture Alliance (GAA) et de Friends of the Seas (FOS), et constate que le manque de normes d’étiquetages officielles a permis à des écolabels privés de capturer d’importantes parts de marché tout en ne fournissant pas d’indications précises permettant au consommateur de faire des choix « durables ». L’ONG relève notamment, des lacunes en ce qui concerne les exigences en terme de respect des normes environnementales, de la responsabilité sociale, des règlementations du travail, du droit international et de transparence.

Food & Water Europe plaide donc en faveur de règles normalisées au niveau international. Une demande qui pourrait être, au moins en partie, rencontrée au niveau européen. S’il n’est pas question de créer un écolabel européen pour les produits de la pêche, on confirme de source proche de la Commission qu’il y aura bien, dans la proposition de réforme de la politique commune de pêche qu’elle devrait présenter le 13 juillet prochain, des dispositions relatives à l’étiquetage des produits. Source : Des normes d’étiquetage des produits de la mer dans la PCP (Europolitique)

(1) Food & Water Europe est la base avancée européenne de l'association de consommateurs étatsunienne Food & Water Watch (FWW)

Pour télécharger le guide, cliquer : « De-Coding Seafood Eco-labels : Why we need public standards »

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Pour aller plus loin...

  • Daniel Pauly : « Le poisson n'est pas un produit de masse, mais un produit occasionnel qui doit rester festif »
  • Polémique autour de la pêche certifiée "durable" (Le Monde) : L'achat de poissons issus d'une pêche certifiée "durable" est-il une réelle garantie que l'espèce consommée n'est pas en danger ? La réponse est non, selon le scientifique Daniel Pauly, directeur du Fisheries Centre de l'université de Colombie-Britannique (Canada), internationalement reconnu comme l'un des plus grands spécialistes des ressources marines….
  • Le label MSC critiqué (zegreenweb) : Très présent dans les pays anglo-saxons mais aussi au Japon, le label MSC garantit une pêche durable et bien gérée. Il a toutefois été jugé trop laxiste par certains experts et par Greenpeace, qui redoutent que le MSC manque à son devoir de préservation des espèces marines. Pendant marin du Forest Stewardship Council (FSC), le Marine Stewardship Council (MSC) a été sévèrement tancé par le scientifique Daniel Pauly, reconnu comme étant l'un des plus grands experts mondiaux des ressources halieutiques...
  • Pêche : le label écolo en question (Rtl Matin) : Le label écolo sur la pêche va-t-il finir en queue de poisson ? Au rayon poissonnerie, de plus en plus de marques revendiquent un petit logo respectueux des océans et des poissons, mais des scientifiques de renom le remettent en cause. La chronique de Virginie Garin. Ecoutez…
  • Pêche – Le WWF défend l’écolabel MSC (Enviro2b) : A l'origine de cette certification, le WWF affirme que le programme MSC (Marine Stewardship Council) représente le meilleur programme d’éco-labellisation dans le domaine de la pêche. Selon l'association éconlogiste, le MSC est toujours arrivé loin devant les autres dans les différents rapports techniques d’évaluations des programmes d’éco-labellisation (Accenture, FranceAgriMer)….. Si le WWF et Unilever sont à l’origine du Marine Stewardship Council, depuis 1999 le MSC, organisation à but non lucratif, est totalement indépendante tant d’Unilever que du WWF, rappelle l'ONG spécialisée dans la protection de la biodiversité. Pour Charles Braine, Responsable Pêche Durable du WWF-France “le programme MSC n’est certainement pas parfait et doit être encore amélioré mais en l’état actuel, il reste la meilleure certification pour les produits de la mer issus de pêcheries durables”.
  • Durable ou pas, la pêche labellisée MSC ? (Le Télégramme) : D'après six experts, le macaron « Marine Stewardship Council » ne garantit pas que la survie de l'espèce pêchée n'est pas menacée…..Le label ne tient pas ses promesses, soulignent les scientifiques. Exemple avec le colin d'Alaska, certifié MSC,… Les chercheurs demandent également l'interdiction de la certification aux compagnies qui pêchent pour produire des farines de poissons ou qui pratiquent le chalutage de fond, très dommageable pour l'environnement….
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Revue de presse

Le 7 janvier 2011

Queue de poisson pour le label de la pêche durable (Le Monde)

Après le maintien de la pêche au thon rouge et la poursuite de la chasse à la baleine l’an dernier, un nouveau coup de harpon vient d’être porté aux ressources halieutiques. Cette fois-ci, c’est un écolabel qui est ferré, celui du Marine Stewardship Council (MSC). Cet organisme, chargé de certifier de manière indépendante que la pêche a été réalisée de manière durable, et d’assurer la traçabilité des produits de la mer, est accusé de tromper les consommateurs en délivrant son label à des pêcheries dont les stocks s’écroulent.

A l’origine de cette prise, le Guardian, qui a interrogé des experts et ONG. Parmi les décisions controversées de l’organisme, qui a depuis sa création récompensé une centaine de pêcheries, figure en premier lieu l’attribution du label MSC pour à la pêche de morue antarctique, une espèce encore méconnue des scientifiques et pour laquelle il est impossible de déterminer l’état des stocks.

Les autres labellisations incriminées portent notamment sur le thon et l’espadon au large des côtes des États-Unis, le lieu noir dans la mer de Béring, dont les stocks ont diminué de 64 % entre 2004 et 2009, ou encore le merlu du Pacifique, qui a subi une chute de 89 % de sa population depuis 1989.

Pour Richard Page, un militant de Greenpeace océans, les décisions de certifier ces pêcheries portent gravement atteinte à la crédibilité du MSC : “Les consommateurs sont trompés lorsqu’ils pensent acheter des espèces de poissons qui parviennent à maintenir leur population à un niveau correct.”

Si le MSC assure que ses évaluations scientifiques sont sérieuses et permettent de vérifier la soutenabilité des ressources halieutiques, des scientifiques lui reprochent de n’être pas si indépendant qu’il le prétend. Ainsi, Chris Pincetich, biologiste marin au sein d’une ONG américaine, a déclaré au Guardian : “Le MSC s’est empressé d’accepter les candidatures de centaines de pêcheries dans le monde entier afin de faire croître leur entreprise et leur réseau. Or, certaines de ces pêcheries sont loin d’être durables.”

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Le 1 mars 2011

Pêche durable : MSC, l'écolabel qui encourage le massacre (Rue 89)

Par Amelie Lescroel et Sylvain Angerand | Chercheur en écologie et co-signata

Amelie Lescroel est chercheur en écologie et co-signataire de la lettre ouverte « Fishing for Data in the Ross Sea » (Science, décembre 2010). Sylvain Angerand est chargé de campagne pour les Amis de la terre France. Ils ont envoyé cette tribune à Rue 89.

Chez Carrefour, le poisson est à la fête : du 17 au 23 février, l'enseigne de distribution lance sa semaine de communication « Les Jours bleus ». L'objectif est de promouvoir l'écolabel MSC censé garantir aux consommateurs que leur poisson est issu d'une pêche durable. Problème : depuis quelques mois, ce label est au cœur d'une controverse scientifique grandissante.

MSC, cela veut dire Marine Stewardship Council ; on peut traduire ça par « pêche durable ». Parce que du poisson, justement, il n'y a en a plus beaucoup : l'effondrement des stocks à cause de la surpêche est l'un des principaux problèmes écologiques actuels.

Or, pour continuer à vendre, il faut rassurer le consommateur. Créé en 1997 par le WWF et Unilever, ce label a mis du temps à trouver ses marques. Mais depuis quelques années, le logo en forme de petit poisson bleu et blanc se multiplie sur les boîtes de poisson pané et autres étalages des grandes surfaces.

Des autorisations injustifiées

Au départ, les scientifiques étaient plutôt enthousiastes à l'idée de mieux encadrer la pêche et d'encourager la pérennité des populations. Mais rapidement, les premiers couacs sont apparus. Il y a eu la certification, en 2004, d'une pêcherie de merlu en Afrique du Sud alors que le stock est considéré comme effondré. Rebelote en 2009 avec une autre pêcherie de merlu du Pacifique.

Plus récemment, une polémique a éclaté sur le colin d'Alaska, un poisson en bonne place sur les étals de Carrefour. Aujourd'hui, les tensions se cristallisent autour de la pêche à la légine antarctique. Ce poisson de luxe est devenu, en quelques années, une cible privilégiée de l'industrie halieutique avec une explosion de la pêche illégale….

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Le 22 mars 2011

Certification et normes privées dans la pêche et l’aquaculture

Certification et normes privées dans la pêche et l’aquaculture

FAO pêche document technique

La certification et normes privées deviennent de plus en plus des facteurs de décision dans la commercialisation et les échanges internationaux des produits de la mer, en plus de la qualité sanitaire des produits, les questions environnementales se posent pour la pêche et l’aquaculture.

Mais la prolifération des normes privées est source de confusion pour de nombreux intervenants. Ce document de la FAO « Private standards and certification in fisheries and aquaculture » fait le point sur la situation des certifications et des écolabels dans la pêche et l’aquaculture :

  • Pratiques actuelles et enjeux nouveaux,
  • analyse des deux principaux types de normes privées (MSC et FOS) - écolabels et sécurité alimentaire et normes de qualité - leur impact sur le commerce du poisson…

Résultat de 5 ans d’études, le document aborde des questions en liaison avec le développement des normes privées et de gouvernance (implications politiques, implications financières). Il examine aussi les défis et opportunités pour les pays en développement.

Pour télécharger le document de la FAO « Private standards and certification in fisheries and aquaculture », cliquer Ici

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Le 10 mai 2012

L'Hotellerie-Restauration remet les pavillons de la pêche durable....

Le journal des restaurants, hôtels et cafés qui propose toutes les informations nécessaires aux métiers de la restauration et de l'hôtellerie, est bien ancré dans la pêche durable...

Lors du Seafood de Bruxelles, l'Hotellerie-Restauration a fait le tour des stands et a distribué les pavillons de la pêche durable....

Des résultats sans appel !...

Pavillon rouge pour FranceAgriMer....

"... le pavillon Français sous l'égide de FranceAgriMer avec une quarantaine d'exposants, communique très peu sur une approche Pêche Durable. Au total seulement 3 exposants affichent discrètement le label MSC (Marine Stewardship Council) et les Huîtres Marennes Oléron leur label Rouge. Mieux, la responsable d'Algues de Bretagne m'explique à mon grand désappointement que sa préoccupation ce n'est pas le Développement Durable mais le goût et la qualité de ses produits. Son approche est totalement louable, mais avec ses excellents produits à base d'algues, il me semble que d'autres perspectives se dessinent dans un futur durable."

Pavillon vert pour Norge et Unima

"Heureusement quelques entreprises adoptent une attitude responsable et proposent une alternative séduisante à l'exploitation inconsidérée d'une ressource vitale. Ainsi dans le pavillon Norvégien, le Centre de Produits de la Mer Norge, explique comment une action conjointe de tous les acteurs de la filière poisson a permis de reconstituer les stocks de Cabillaud. Ils sont fiers que leurs produits de la mer aient été pour la cinquième année consécutive choisis comme produits officiels des Bocuse d'Or sous l'impulsion de leur chef emblématique Eyvind Hellstom du restaurant Bagatelle d'Oslo (Relais & Châteaux). Enfin, à côté du Cabillaud, du Saumon, des Crevettes, du Crabe Royal et des Saint-Jacques, ils font actuellement la promotion d'un nouveau produit de qualité : la Truite des Fjords.

Dans un autre hall, UNIMA met en avant la qualité gustative de ses crevettes haut de gamme de Madagascar et son partenariat avec le WWF qui lui a permis depuis 2007 de construire un éco modèle d'aquaculture douce. Cette crevette Label rouge est élevée dans la mangrove et pêchée de façon responsable. Une stratégie de filière intégrée permet ensuite à son usine basée à Isques près de Boulogne-sur-Mer, de proposer à ses clients, dans les meilleures conditions de fraîcheur, un produit sain et goûteux. Un partenariat avec l'ONG Blue Ventures dans la baie de Mahajamba permet non seulement de lutter contre la déforestation, de préserver la mangrove mais aussi d'améliorer les conditions de vie des populations locales par la création communautaire de dispensaires, d'écoles et du 1er lycée de brousse."

Pavillon hors catégorie pour Oso

"Enfin le "must" est atteint avec le stand d'OSO®, la marque durable et responsable du groupe R&O SEAFOOD GASTRONOMY. Ce groupe, comme l'explique Mathias Ismaïl, son directeur général, souhaite avec ses 1 300 collaborateurs, dont 450 en France, être "une référence pour un prix accessible de produits de la mer durables, au goût et à la fraîcheur inégalés, en toute sécurité alimentaire". R&O SEAFOOD GASTRONOMY est la parfaite intégration de deux univers à cheval sur deux hémisphères, le nord et le sud : Reynaud® qui est "la" marque de la haute gastronomie de la mer et OSO® qui est totalement dédiée à l'aquaculture Bio et la pêche durable. Reynaud® avec son savoir-faire reconnu depuis 1924, peut répondre à toutes les demandes les plus exigeantes de la gastronomie. La marque OSO® de façon subtile, peut prendre plusieurs significations et en particulier OrganicSustainableOnly (exclusivement bio et durable), c'est la marque du premier producteur mondial de Gambas en aquaculture Bio-AB (1 600 tonnes annuelles) qui pratique également une pêche durable certifiée MSC pour ses espèces sauvages. Au catalogue de R&O SEAFOOD GASTRONOMY, environ 500 références mais surtout 7 d'entre elles qui représentent les deux tiers du chiffre d'affaires, des marques OSO® et Reynaud® : le Saumon et le Cabillaud sauvage du Cercle Polaire, les Gambas déjà citées en aquaculture bio AB ou sauvage de Madagascar, le Bar et la Daurade en aquaculture durable dans le Golfe de Corinthe, le Thon de ligne de l'océan indien et une succulente huître française : La Perle Blanche®, autre marque de R&O SEAFOOD GASTRONOMY. Pour sa contribution à l'aquaculture durable et responsable certifiée BIO-AB, OSO® a obtenu en 2009 la distinction de "Seafood Champion" de l'ONG international SeafoodChoices Alliance. C'est le fruit d'une intégration totale de la filière à tous les stades : l'écloserie, le grossissement, le conditionnement, la cuisson, la distribution et la maîtrise du dernier kilomètre pour la livraison. En parallèle, l'entreprise vient d'installer à Rungis un laboratoire de préparation culinaire dirigé par Bruno Gauvain (MOF). Cet atelier lui permet de répondre sur mesure aux besoins des chefs dans un rayon de 200 kilomètres autour de Paris avec une garantie fraîcheur, de qualité et de livraison. Une assistance Qualité opérationnelle 24 h sur 24 permet également de garantir une totale sécurité alimentaire."

A partir de l'article de l'Hotellerie : La pêche durable bien représentée au Salon Européen 2012 à Bruxelles

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Le 9 mai 2012

Aquaculture : L’industrie de la crevette en plein greenwashing ? (basta)

Les crevettes peuvent-elle être écolos ? Après le soja et l’huile de palme « responsables », c’est la crevette qui attire les critiques contre le WWF, qui travaille à une certification « écologique » de la filière. Une centaine d’ONG ont remis à l’association environnementale une lettre ouverte [1] pour dénoncer le Dialogue autour de l’aquaculture de la crevette [2], qui vise à créer une nouvelle certification afin de réduire l’impact environnemental de l’industrie de la crevette.

D’après le WWF, cinq millions de tonnes de crevettes sont consommées chaque année. Une consommation qui ne cesse de progresser. Un tiers des crevettes provient des fermes aquacoles, principalement de Chine, mais aussi de Thaïlande, d’Indonésie, d’Inde, du Vietnam, du Brésil, d’Équateur et du Bangladesh. Le développement de cette aquaculture s’exerce au détriment des mangroves, détruites pour faire place à de nouveaux bassins. À cela s’ajoute une pollution de l’eau et des terres côtières due aux déchets organiques rejetés par les crevettes, à l’eau salée, aux produits chimiques et aux antibiotiques utilisés par cette industrie. Les populations locales sont parfois privées de leur accès aux zones côtières.

Les standards de certification impulsés par le WWF permettront-ils une production plus respectueuse de l’environnement ? La certification provoquera plus de dommages locaux, estiment les associations dans leur lettre ouverte. En cause, notamment : la méconnaissance des conséquences de l’industrie sur les populations locales, la surreprésentation de l’industrie dans les négociations et des standards trop faibles. Ces derniers auraient été nettement affaiblis, au fil de leur élaboration, afin de s’assurer « qu’au moins 20 % de la production industrielle de crevettes puissent être immédiatement certifiés une fois les standards publiés ». En plaçant « un timbre vert » sur la crevette tropicale, le label du WWF pourrait aussi accentuer la demande de ce produit, critiquent les signataires de la lettre ouverte. Et donc finalement promouvoir et accélérer l’expansion de cette industrie.

[1] Lettre diffusée le 24 avril 2012. Une première version de la lettre avait déjà été publiée en mai 2011, cliquer Coalition contre ASC Crevette

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L’arnaque des écolabels sur les stocks de poissons (National Geographic)

Une étude révèle que certains stocks de poissons certifiés “durables” sont en réalité surexploités par la pêche.

Acheter des produits de la mer labellisés “durables” serait éco-responsable ? Faux ! Car un quart des stocks de poissons vendus comme tels ne méritent pas cette appellation. En témoigne une récente analyse du biologiste marin allemand Rainer Froese. Ce dernier prend pour cible les deux principaux organismes responsables de cette labellisation et prouve la fraude.

Rainer Froese s’attaque particulièrement au Marine Stewardship Council (MSC) et à la marine-conservation organisation Friend of the Sea (FOS). Deux organisations qui distribuent des logos estampillés “durables” à différents stocks de pêche, dans le but d’aider les consommateurs et les exploitants à lutter contre la pêche excessive.

Chacune d’elle a pourtant accolé son logo à des produits de la pêche loin d’être “eco-friendly”, tout en affirmant le bien fondé scientifique de leur processus de labellisation. Rainer Froese a alors confronter leurs évaluations à celles, indépendantes, de biologistes marins et d’associations pour la gestion de la pêche. Conclusion : 31% des stocks de la MSC dits “durables”, et 19% de ceux certifiés par la FOS, ne méritent pas le logo, selon Rainer Froese. Ces marges d’erreurs ahurissantes proviennent en partie de données invalides. La MSC, comme la FOS, testaient en effet les pêcheries à partir de données récoltées cinq ans auparavant. Loin d’être à la page.

La hausse des prix et de la demande des consommateurs pour ces produits étiquetés “durable” pousse souvent les entreprises à augmenter le nombre de certifications.

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