lundi 21 juin 2010

La mytiliculture, l'invitée de marque aux assises de la conchyliculture ?

Des assises de la conchyliculture suite aux cris de désespoir des ostréiculteurs frappés pour la troisième année consécutive par la mortalité massive des jeunes huîtres. Des assises de l’ostréiculture, mais aussi de la mytiliculture l’autre branche importante de l’élevage des coquillages en France.

Le comité de survie de l’ostréiculture (CSO) souhaitait des assises réservées exclusivement aux problèmes des huîtres, le Ministère de l’Agriculture et de la Pêche a contourné le problème en invitant la mytiliculture dans le débat.

L’élevage des moules ne serait-elle pas la porte de sortie au chaos ostréicole ?

C’est ce que suggère l’article très intéressant du journal économique « Les Echos » : Et si la moule était l'aliment de demain ?

« Il faudra pourtant compter sur elle (moule ndlr) lors des premières assises de la conchyliculture, qui s'ouvrent demain à Paris. Elle pourrait apporter une solution durable ou transitoire à la crise que vit l'ostréiculture depuis trois ans déjà. Une terrible mortalité des essaims d'huîtres a décimé jusqu'à 80 % des juvéniles. Cette profession exsangue a imposé au gouvernement des assises pour remettre la culture des coquillages à flot. Les professionnels redoutent de revivre l'hécatombe de l'huître plate, dont la production est passée de 20.000 tonnes annuelles en 1980 à 1.500 tonnes aujourd'hui. Celle de l'huître creuse, qui culminait à 150.000 tonnes avant la crise, aurait déjà fortement régressé.

Une solution de diversification : La culture des moules, elle, traverse sans peine les crises sanitaires et se maintient au niveau de 64.000 tonnes. Comme tous les coquillages, sa récolte essuie de nombreux jours d'interdiction chaque année, en fonction des zones, du climat. Mais l'impact est sans commune mesure. « C'est une solution intéressante de diversification pour la profession », juge Jean-Pierre Baud, responsable du programme « Aquaculture durable » à l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer). »

Ce que ne dit pas l’article des Echos

La mytiliculture a connu une crise très importante dans les années 1950-60. La crise du mytilicola avait forcé les mytiliculteurs à coloniser d’autres territoires : déplacement des charentais en baie du Mont-Saint-Michel et en baie de Saint-Brieuc. Mais, cette crise allait aussi déclencher un sursaut dans la profession mytilicole. Les mytiliculteurs ont remis en cause leurs pratiques d’élevage de moules sur bouchot.

Sans une discipline collective, la mytiliculture aurait probablement sombré à l’image de l’ostréiculture actuelle. De plus, les entreprises mytilicoles ont fait preuve d’initiatives collectives avec le développement de l’élevage de moules au large…. De même, la profession a refusé collectivement l'introduction des moules triploïdes.

Par ailleurs, la mytiliculture française est beaucoup mieux structurée que l’ostréiculture, tant au niveau de la production qu’au niveau de la commercialisation. Les entreprises mytilicoles disposent de moyens d'exploitation bien plus importants que la plupart des entreprises ostréicoles....

Autres articles :

Assises régionales de la conchyliculture

Ouvertes à Paris le 22 juin 2010, les Assises de la Conchyliculture, se poursuivent en Région au cours du mois de septembre. 4 réunions pour 4 façades maritimes et 4 thèmes.

- Fouras le 14 septembre

- Blainville/mer le 15 septembre

- Rennes le 15 septembre

- Mèze le 21 septembre

4 thèmes : (1) Piste de sortie de crise, (2) Recherche et appui technique, (3) Enjeux environnementaux et sanitaires, (4) Mise en marché et valorisation des produits

Pour plus de précisions, contacter les Sections Régionales

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Novembre 2011

France : Présentation de la pêche maritime et de l’aquaculture (Agreste)

En 2009, les navires français métropolitains ont pêché près de 437 000 tonnes de poissons, crustacés, coquillages et autres produits de la mer. Les captures françaises ont été réalisées pour 76,3% en Atlantique nord - Manche – Mer du Nord, 12,1% dans l’Océan indien, et 4,5% en Méditerranée. La pêche métropolitaine est en recul depuis 2003 et la baisse des prises des thoniers de l’océan indien continue. La pêche congelée et transformée représente 35% de la production française mais seulement 18% de la valeur totale.

Le chiffre d’affaires des pêches métropolitaines atteint 930 millions d’euros, soit une baisse de 4,2 % par rapport à 2008. Les premières espèces commerciales en valeur restent le thon, la baudroie, la sole, le bar, la coquille Saint-Jacques, le merlu et la langoustine. À elles seules, ces sept espèces représentent 55,5 % de la valeur des ventes….

Aquaculture

La France est le deuxième producteur en aquaculture dans l’Union européenne. La conchyliculture est l’activité aquacole dominante en métropole (186 300 tonnes), suivi de la pisciculture en eau douce, avec 44 300 tonnes de ventes dont plus des trois quarts de truite arc-en-ciel….

Conchyliculture

Les entreprises conchylicoles sont en majorité des entreprises individuelles (71 %), les EARL représentant 13 %. Leur nombre est de 2 952 en 2009.... Les ventes sont assurées par d’importantes unités : 20% des expéditeurs commercialisent 74% des huîtres ou 98 % des moules pour la consommation.

La conchyliculture emploie 17 840 personnes en 2009 dont 53 % sont des permanents. Les saisonniers ou occasionnels (8 310 personnes) travaillent surtout chez les ostréiculteurs et assurent 11 % de la charge de travail….

Huîtres creuses. Les entreprises de Poitou-Charentes commercialisent 48 % des expéditions, celles de Bretagne et de Normandie 33 %. Ces deux dernières régions produisent des tonnages importants, 62 % des ventes entre professionnels, en réalisant les phases intermédiaires d’élevage des huîtres, l’affinage final étant concentré dans les « claires » de Marennes-Oléron.

Les moules (83.000 tonnes) sont davantage vendues à partir de leurs lieux de production. La Bretagne Nord avec 25.900 tonnes est la première zone expéditrice de moules de bouchot, devant les régions conchylicoles Nord-Normandie et Poitou-Charentes. Les entreprises de la Méditerranée commercialisent 15.900 tonnes de moules, essentiellement des « galloprovincialis » ou moules d’Espagne.

Pour télécharger l'intégralité du document, cliquer Agreste

Pour accéder à l'ensemble des statistiques du Ministère de l'Agriculture, cliquer : Agreste

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Photographie de Wikipedia : Elevage de moules sur bouchot

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